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30 novembre 2006

Au bar avec... Bénabar!

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 Bénabar fête ses 1 an de la sortie du disque Reprise des négotiations en reprenant la première place des Charts.

medium_benabar_cd.jpgAlbum triple platine - près de 700 000 exemplaires vendus…

Une tournée triomphale de plus de 100 dates devant plus de 750 000 personnes.

J’suis content, ce soir, sa maison de disque Jive/Epic me convie (ainsi que bon nombre de journalistes, je suppose) à la date de clôture de sa tournée (d'où cette pub peu discrète sur mon blog! Notez que personne ne m'a rien demandé. Honnêtement, je suis client du monsieur). Ca se passe à Bercy...

Il y a un an, justement, j’ai rencontré le chanteur emblématique de cette fameuse « nouvelle scène française » (dont aucun protagoniste ne supporte l’appellation mais qui existe bel et bien, avec aussi des gens comme elle, elle, lui ou encore lui par exemple).

Voici mon article.

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Le précédent album du chanteur, « Les risques du métier », s’est arraché à 500.000 exemplaires. La barre était donc haute à atteindre. Non content de continuer à nous amuser, cette « Reprise des négociations » nous fait aussi pleurer et surtout réfléchir. Bénabar a de nouvelles cordes (sensibles) à son arc. Un délice.

medium_solidays_benabar2.jpgBénabar au bar avec moi. Ouais ! C’est fastoche mais c’est vrai. Je le sens détendu. « Je n’ai pas honte de dire qu’avec vous (les journalistes), il y a toujours une espèce de psychanalyse intéressante. Quand tu sors de la fin de la création d’un album, tu n’as vraiment pas une vision globale du bordel. Cette période de décrassage, de vidage de disque dur est agréable ». Ca s’appelle de la promo ! Bénabar n’a pas un ego surdimensionné et tente d’avoir un détachement sur ce qu’il commence à représenter : quelqu’un d’important dans la chanson française. « Je ne lis pas les articles qui paraissent sur moi et je relativise les compliments. Il n’y a rien de pire que de se regarder soi même, c’est stérile et surtout, tu medium_benabar1.jpgdeviens très con. » Dans cet album, Bénabar change parfois de registre. Il nous présente sa « Triste compagne ». « J’ai essayé de cibler ce que je ressens parfois. Un mélange de spleen, de mélancolie, de déprime et de mal de vivre… C’est rare quand je me laisse aller à me livrer tel quel. Bonjour, je suis le vrai Bruno ! » J’évite le mot engagé (c’est fou ce que les artistes détestent ce terme), mais il est évident que « Qu’est-ce que tu voulais que je lui dise » est une medium_photo2.jpgchanson, disons,  concernée. « J’avais peur de faire la chanson de l’homme de gauche qui donne des leçons. Je voulais simplement parler du climat social qui règne en France. Quand tu es un chanteur qui gagne bien sa vie, tu n’as pas intérêt à te planter dans ce genre d’exercice casse-gueule ! » La production est plus léchée, plus aboutie, Bénabar et son réalisateur Alain Cluzeau se sont appliqués sur le fond comme sur la forme. « Je suis un angoissé. J’ai peur de décevoir, de ne plus medium_14920-1-0164-1.jpgtoucher les gens, du désamour du public. Je sais que rien n’est acquis, qu’il faut tout remettre en question à chaque nouvel album, bref, qu’il faut mériter l’attention du public… » Il y a aussi les chansons drôles (très) qui sont la marque de fabrique de l’artiste. « La berceuse » et « Les épices du souk du Caire » sont parmi les meilleures. Rares sont les albums qui foutent la banane… Je quitte le bar saoul comme un polonais en hurlant dans la rue : « MARITIE ET GILBERT CARPENTIER, SONT HEUREUX DE VOUS PRESENTER… » Pas de doute, les chansons de Bénabar, ça colle au cerveau et la bière, j’supporte plus bien.

Mandor (Pfff... je ne signe jamais mes papiers ainsi).

Un dernier mot. L'entretien c'est déroulé au premier étage d'un bar restaurant bien sympa "Chez Bertie", le 27 septembre 2005. Bénabar et moi avons beaucoup discuté "nouvelle paternité" car c'était le cas pour l'un comme pour l'autre. Sinon, je me souviens d'un moment agréable mais sans plus de précisions. Ce blog n'existait pas, je n'ai pu coucher sur des mots, à chaud, mes commentaires.

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts...

29 novembre 2006

Yann Queffélec... l'élégance du bon vivant!

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medium_queffelec.2.jpgCe que je savais de Yann Quéffelec n’était pas grand-chose. Prix Goncourt 1985 pour Les Noces Barbares, romancier prolifique qui écrit sur la difficulté des sentiments et plus généralement sur l’Amour. Je savais aussi qu’il entretenait des rapports douloureux avec son géniteur. J’avais poussé le vice jusqu’à le regarder chez Mireille Dumas raconter son manque d’amour du père (Henri, écrivain lui aussi). C’était très émouvant et son histoire m’avait touché. Parce que tout ce qui a un rapport avec le père me touche.

Capable même de verser ma larme.

Ma rédaction me demande d’écrire un papier conséquent sur son nouveau livre. Je rechigne un peu car cette littérature là n’est pas ma tasse de thé mais comme le personnage m’intéresse et que surtout, je n’ai pas le choix, j’accepte.

Et puis, je me laisse prendre à la lecture de L’amour est fou. Que voulez-vous ? Je suis influençable et possède un cœur de midinette… Mon article est là.

J’ai rendez-vous chez son attachée de presse indépendante (c'était vendredi dernier). Elle et l’auteur ne sont pas encore là à l’heure fixée mais je suis accueilli par deux assistantes.

-Installez-vous là, ils vont arriver.

Bien, bien.

Elles continuent de vaquer à leurs occupations.

-Allo ! Bonjour, c’est (Bip !). Vous avez reçu le beau livre des frères Poivre d’Arvor, je suppose ? Oui, c’est cela, exactement. Je voulais savoir, si vous comptiez en parler prochainement dans votre magazine ?

Bref, elles font très bien leur boulot mais ne s’occupent pas du tout de bibi, encore sous le choc de la rencontre avec le « blogueur star » de mes deux (si je puis me permettre).

Pour tout dire, je commence à m’ennuyer un brin.

Je tente une réplique imparable.

-Vous en avez des personnalités sous votre férule ! C’est bien. Du beau monde quand même…

-Oui, c’est vrai.

-…

J’abandonne.

Je sens que je vais bientôt sortir les confettis et mon turlututu chapeau pointu !

Le duo arrive enfin alors que je m’étais endormi en regardant le plafond.

(Même pas vrai, j’avais mis des allumettes pour faire tenir mes paupières.)

Je propose à Yann Queffélec de sortir immédiatement dans le premier troquet venu. En expliquant medium_queffel.jpgdiplomatiquement à tout le monde qu’interroger un auteur dans un bureau ou 6 autres oreilles font semblant de ne pas écouter en s’agitant dans tous les coins n’est pas propice à une parfaite concentration de l’interviewé et de l’intervieweur.

Queffélec acquiesce, visiblement emballé par le projet.

Il sait où il va.

Pas trop loin, il connaît un bar sympa.

medium_queffelec_2.jpg-Vous prenez quoi ?

J’hésite.

-Moi, ce sera un verre de Chardonnay.

Je n’hésite plus.

-Bon… moi aussi.

(Vous ai-je déjà parlé ici de mon esprit de sacrifice ?)

Il règle dès l’arrivée des verres.

Elégant. Pas le temps de réagir. Classe !

Et nous parlons du livre, de ses sujets de prédilections que sont les sentiments, l’amour, les relations hommes-femmes, de son père et plus généralement de littérature.

Franchement bon moment.

Au deuxième verre, il se livre un peu plus. Parfois, il me dit : « Ca, vous ne le dites pas dans l’article ! »

A un moment, je ne sais plus pour quelle raison, il me parle de son déjeuner avec son éditeur Claude Durand. Il me raconte même par le menu, le menu.

(Si, cette phrase veut dire quelque chose et elle est fichtrement bien tournée… parfois, je m’impressionne.)

Yann Queffélec semble avoir une réelle admiration pour le n°1 de Fayard. Il me raconte comment il travaille avec lui.

medium_quef.jpg-Tous les jours à midi, je lui envoie ma copie. J’aime bien ce rite parce qu’il m’oblige à faire mon boulot tous les matins. Ca me permet d’avoir la conscience tranquille vis-à-vis de l’éditeur et de moi. Quand il lit, éventuellement, il y a une observation. 3 mots… mais 3 mots de Claude Durand, ça fait réfléchir. Il connaît bien ses auteurs et leurs façons de travailler, il sait donc bien comment nous motiver.

Il me fait penser à un petit écolier qui parle de son prof… Je lui dis.

-Mais vous ne croyez pas si bien dire. Claude est un ancien instituteur. Pour tout dire, je suis impressionné par lui.

Je lui demande s’il le considère comme un père de substitution.

-Il a plus l’âge d’être un grand frère mais oui, vous avez raison, un peu quand même.

Yann Queffélec à l’art d’écrire des histoires dans lesquelles chacun peut se retrouver.

C’est en tout cas ce que je lui dis.

Je brosse un peu dans le sens du poil, parfois.

-Un roman, c’est un piège, comme un attrape-mouche. Quand le tapis collant est déroulé, il y a forcément un moment où le lecteur se fait chopper, souvent lorsqu’ il ne s’y attend pas.

Pas faux.

L’attachée de presse nous rejoint. Elle s’installe à notre table et nous devisons quelques minutes supplémentaires. Je ne la connaissais pas et découvre une femme très ouverte et agréable. Un dernier coup ensemble, pour la route.

Avant de m’éclipser, elle prend quelques clichés Mandoriens, dont un que voici…

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Content de cette rencontre.

Avoir Queffélec fils comme ami doit être très agréable.

J’aime les bons vivants, je n’y peux rien.

16 novembre 2006

Abd Al Malik, gagnant du Prix Constantin!

J’ai mal aux cheveux là…

Hier soir, avant d’aller assister au Prix Constantin, mon rédac chef et son adjoint m’ont proposé de nous sustenter avant la cérémonie. Nous avons tous les trois le même défaut, nous sommes… comment dire ? De sacrés bons vivants. Donc, cela a commencé à 18h30 avec deux bouteilles de rouge.

Et ça s’est poursuivit avec trois, quatre verres de bordeaux à l’entracte puis quelques autres dans un bar à l’issue du show animé par Nagui. Pffff !

medium_abd-al-malik-1148979420-N-90-600.jpgDonc là, je suis dans un état un peu comateux et j’ai pourtant une bien longue journée qui m’attend.

Sinon, le gagnant du Prix Constantin est Abd Al Malik… Bon, j’aime bien le type (mon article est là) et je lui trouve beaucoup de talent mais il me semble pas qu’il méritait particulièrement cette récompense. C’était dans ce contexte, beaucoup trop politiquement correcte. Il prône dans ses textes des valeurs à suivre, c’est certain, mais bon, je ne sais pas trop comment expliquer les choses aujourd’hui.

Pas envie de réfléchir… Tenez, là, il y a quelques explications sur sa pensée.

Abd Al Malik est un jeune que l’on compare à Brel… Un peu excessive la comparaison, sous prétexte qu’il bosse avec Gérard Jouannest, ex musicien du dit Brel.

Je l’ai rencontré assez longuement, le 10 mai dernier, au Mac Do de l’Aquaboulevard. Je ne sais plus vraiment pourquoi là, mais c’était assez incongru comme endroit.

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Les autres nominés n’ont pas démérités. La Ruiz, la Clarika (Mandorisées toutes les deux) et surtout le génial fou Katerine ont assuré comme des bêtes. Ils auraient largement mérités, eux aussi, d’obtenir la dite récompense.

A mon avis d'alcoolique mondain.

 

J’ai conscience qu’il m’est arrivé d’écrire des analyses de soirées plus brillantes.

 

Ce soir, je me rends à la soirée de remise du premier prix du pamphlet organisée par les éditions Anabet.

J’avais fait un papier sur la question il y a quelques semaines…

Normalement, je ne boirais que de l’eau.

Normalement.

15 novembre 2006

Chimène Badi... the voice!

 

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Je décèle quelques sourires sarcastiques… L’autre, il va parler de Chimène Badi ! De la pure variétoche franchouillardemedium_chim_E8ne_20Badi.jpg. Figurez-vous que j’abhorre  les chanteuses à voix. Je n’aime pas la façon de chanter démonstratrice d’une Lara Fabian ou autre Céline Dion (même si elle est là), pour n’évoquer que les hurleuses francophones. Mais, impossible à dire pourquoi, je suis très sensible à la voix de Chimène Badi. Oui, quand elle chante, elle m’émeut. Je ne parle pas des textes, j’évoque l’émotion qu’elle dégage quand elle interprète ses bluettes. J’ai par exemple, beaucoup écouté son album live à l’Olympia. Je ne le dis à personne, donc, évidemment, ça reste « entre nous »…

La semaine dernière, Universal m’accueille bien gentiment pour que j’écoute le medium_live.jpgnouvel album de Chimène, seul enfermé dans une salle de réunion. Non, parce que, vous savez, les maisons de disques (même pas forcément les majors) n’envoient plus les disques des « stars » de la chanson française aux journalistes.

Le terrorisme du téléchargement illégal.

Pas de problème pour les nouveaux artistes, les chanteurs sur le retour, les internationaux, ça oui, j’ouvre ma boite aux lettres et il y a un peu tout ça. Mais, dès qu’il s’agit de Diam’s, Louise Attaque, Corneille, Cabrel, M.Pokora, Hallyday et Badi… hop ! Nous sommes convoqués.

Et nous venons parce que nous n’avons pas le choix.

Amen.

Bref, j’écoute l’album de la miss et je suis encore plus impressionné par ses prestations vocales que d’habitude.medium_CB_Tellement_beau.jpg Je tombe sur une chanson qui s’intitule Malgré tout et j’en reste sans voix (si je puis dire). Je la réécoute deux fois. Y a pas à dire, je suis sous le charme. L’album est ce qu’il est (variété et soul) mais, dans l'ensemble, c'est honorable.

Je suis allé chez elle pour mon article parce que sa promo officielle ne démarre que le lendemain. Je passe avant tout le monde parce qu’il y a urgence. Mon journal organise une opération spéciale pour la sortie du disque.

Son directeur artistique m’a demandé si ça ne me dérangeait pas.

Non, au contraire… Il me file l’adresse et les deux codes pour accéder à son interphone. Là encore un nombre à la place du nom.

Pas perdre le papier surtout.

Jeudi dernier (9 novembre), je me retrouve donc dans cette ville jouxtant la Défense et flâne un peu avant de me rendre chez la chanteuse. J’arrive toujours un peu en avance. J’aime ça, humer l’air des villes avant de jouer au journaliste. Une petite balade dans le quartier, un café, un clop, un livre… je patiente, regarde les gens passer, leur invente une vie, laisse mon imaginaire se mettre en route.

Je franchis donc les différents portails (porto ? Hips !) avant d’arriver à bon port.

C’est la petite sœur de Chimène qui m’accueille, puis sa maman et enfin elle même. Un temps d’observation… m’en fous, j’ai l’habitude.

Puis sourires et politesses d’usage. Discussions de tout et de rien, réprimandes au chien (Vodka, je crois) qui ne cesse de me renifler… Bonne ambiance.

medium_badi-live.2.jpgNous discutons sur le canapé du salon, en présence de sa maman qui nous écoute religieusement. Je ne peux m’empêcher, du coup, de la faire participer et elle joue le jeu. Très gentille maman. Un regard bienveillant, la franchise dans ses propos.

Chimène Badi est moins timide qu’avant et surtout, n’hésite pas à faire en sorte que l’interview se métamorphose en une discussion entre amis. C’est sa méthode. Elle fait copain copain avec les journalistes ce qui lui permet de ne pas s’ennuyer à répéter toujours les mêmes rengaines.

Et la Nouvelle Star, patati et patata, et Valéry Zeitoun, patato et patatu…

J’évite les redondances. C’est parfois duraille.

Je lui demande ce qu’elle pense des gens qui ne cessent de la complimenter, de lui dire que c’est la meilleure, la plus belle, la plus tout !

-Il y a un dicton qui dit : « dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. » Je ne peux pas encaisser les flagorneurs, ils finissent par te bousiller. Si on te répète sans cesse que tu es au top et que tu es la fille la plus formidable du monde, à un moment donné, tu finis par y croire. S’il n’y a personne qui a le courage de te dire la vérité, tu te perds.

Elle regarde sa maman :

-Ma famille ne m’épargne rien. Elle est franche avec moi. Mes amis et je pense ma maison de disque aussi. Si on ne me disait pas la vérité, il y a longtemps que je me serais cassée la figure. J’ai besoin de personnes lucides et honnêtes à mes côtés pour pouvoir avancer. Je ne veux pas avoir la tête remplie d’illusion.

medium_s4chime28.jpgElle répète qu’elle est fatiguée, elle s’en excuse « je dois avoir une sale tête ». Pas du tout en fait mais je n’ose plus dire le contraire. Je ne veux pas passer pour un « complimenteur » professionnel. Elle se serait bien passée de ces allers retours aux Etats-Unis. « Je préfère me concentrer sur la France. La promo démarre demain et je suis déjà fatigué. » Et de m’expliquer qu’elle a l’impression de passer à côté de plein de choses.

-Je ne devrais pas dire ça mais c’est dur. Je n’ai pas profité de ma jeunesse et j’ai déjà peur de louper ma vie de jeune femme. Je me demande si tout ça vaut vraiment le coup. »

Un p’tit coup de blues passager, certainement. Je lui fais remarquer que de jeunes chanteuses en herbe ou simplement des jeunes qui galèrent l’envient de son succès et que c’est un peu fort le café de tenir ce genre de propos. Chimène Badi en a parfaitement conscience.

-J’ai un âge où j’ai envie de dire ce que je pense. Je ne veux plus me cantonner à juste ânonner les choses pour rendre tout le monde content. Je prends peut-être des risques mais je veux rester fidèle à ce que je suis humainement. En disant la vérité, on se sent mieux.

Elle affirme cela sans l’once d’une prétention ou d’aigreur. Elle en a simplement marre des concessions de se medium_4.jpgmétier.

-Evidemment, je vais continuer à en faire parce que j’ai confiance en ma maison de disque, mais je vais désormais donner mon opinion. Par exemple, pour cet album dont je suis très fière, nous avons beaucoup discuté… Je me suis impliquée comme une malade et du coup, je revendique absolument tout ce qu’il y a dedans.

L’album s’appelle Le miroir parce que c’est la première chanson du disque, sorte de confession.

-J’en ai chié pour m’accepter telle que je suis. Je pense d’ailleurs que dans mon public il y a des gens qui peuvent se sentir concerné par rapport à ça. Je vais dire une évidence mais le physique n’est pas le plus important. Le plus important, c’est ce qu’il y a à l’intérieur de soi. Les valeurs, les principes… c’est ça qui peut permettre d’avancer. Vivre de son image ne m’intéresse pas, je préfère vivre par ce que je véhicule, par mes souffrances, mes joies, mes doutes… C’est ça la vie !

J’ai dépassé l’heure et quart chez elle et quand même, je ne vais pas m’incruster toute la soirée. Sa maman est adorable et nous parlons du métier, de ses travers mais aussi de ses avantages. Pas l’air blasée du tout cette famille. Contente mais prudente. Simple et accueillante aussi. J’ai du mal à partir. Nous faisons une photo Mandorienne d'usage (prise par la chanteuse) avant de regagner mes pénates. La maman me dit que je peux rester pour discuter encore.

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Non, il faut raison garder. Une femme et une petite fille m’attendent à la maison. Je suis beaucoup en vadrouille en ce moment et il ne faut pas que je tire sur la corde. Je tire déjà comme un insensé sur cette corde qui est solide.

Mais quand même.

Faire gaffe !

Sinon, ce soir, je vais assister au Prix Constantin à l’Olympia.

Et, ça n’a rien à voir mais je rencontre beaucoup d’écrivains (et vaines), exprès pour mon blog.

Bientôt en ligne, donc.

13 novembre 2006

François Berléand... un homme très visible!

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Quand j’ai vu sur les prévisions de sorties de livres que François Berléand allait sortir un roman au titre très medium_lefilsdel_hommeinvisible.jpgénigmatique Le fils de l’homme invisible, j’ai imploré le saint de tous les saints pour que mon rédac chef accepte que je fasse un papier suffisamment conséquent pour que cela nécessite une rencontre avec le comédien. (En gros, moins de 1500 signes, je reste à la maison…) Là, on me demande tout pile poil d’en écrire 1500 donc, je vais dans sa maison à lui. Berléand, (le récemment décoré, voir là) est le comédien actuel qui est, à mon humble avis, le plus performant. Ce week-end, je suis allé voir Ne le dis à personne… une fois de plus, il m’a paru magistral le type.

Bref, j’aime beaucoup cet acteur et l’idée de le rencontrer dans son antre n’était pas pour me déplaire, même si, subsistait en moi un fond d’inquiétude. Toujours un peu peur d’être déçu par les gens qu’on aime bien.

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Je débarque à Pigalle et me retrouve devant son immeuble. Evidemment, derrière la porte, il y a une arrière cour et des appartements anciens mais splendides. C’est là que vit Berléand. Au moment où je m’apprête à sonner, une charmante jeune femme arrive. Elle me signifie que je suis bien au bon endroit. Elle a les clefs, donc, je présume qu’elle est une habituée des lieux (mon deuxième prénom c’est Sherlock !). François Berléand est juste derrière la porte et m’accueille avec le sourire mais sans effusion (ce n’est pas son genre). Je le sens un peu apeuré et lui en fait la remarque avec diplomatie.

medium_berleand_3.jpg-D’habitude, je me fous complètement de faire la promo des films parce que ça ne m’implique pas directement. Là, vous êtes ma première interview pour ce livre et j’avoue que je crains les réactions d’après lecture. En fait, je suis mort de trouille…

Comment expliquer à un auteur qu’on a beaucoup apprécié son livre sans passer pour un flagorneur outrancier… Exercice insoluble mais je m’y risque. Il me croit et je sens qu’il se détend. Avant de commencer, il me fait visiter un peu son appartement et m’emmène ensuite dans la cour pour m’expliquer l’histoire de ces bâtiments, leurs structures…etc.

Je le regarde et je me fais la réflexion qu’il est comme un enfant. Fier, naïf mais d’une sincérité désarmante. Je ne m’attendais pas à ça.

Il me propose ensuite un café que j’accepte. Il file dans sa cuisine et j’en profite pour observer son salon. Des livres partout, une maquette de la fusée d’Objectif Lune et On a marché sur la lune de Tintin, et surtout des scénarii partout sur la table basse. On sent que ça bûche sévère ici…

Je ne vais pas rentrer une nouvelle fois en détail sur le sujet du livre (ma chronique est là) mais, en gros, il raconte son enfance entre 11 et 16 ans. Il était persuadé qu’il était vraiment le fils de l’homme invisible et qu’il était medium_BERLEANDFrancoisG.jpgtrisomique. En lisant cette biographie, je suis resté sur le cul (quelle fine analyse littéraire !). Comment est-ce possible ? Et bien si, c’est possible et du coup, cela explique le François Berléand d’aujourd’hui. Ce boulimique de la pellicule, cette aisance qu’il possède à enchaîner rôle sur rôle…

-Je prends cette enfance schizophrénique et paranoïaque comme un galop d’essai à mon métier. Quand j’ai rencontré la comédie, pour moi, ça a été un choc de pouvoir prendre en toute légitimité la personnalité d’un autre. C’est ce que j’ai fait toute ma jeunesse mais l’autre, c’était aussi moi. Aujourd’hui, je considère cette activité professionnelle comme un jeu d’enfant et je m’amuse, je m’amuse, vous ne pouvez pas vous imaginer. 

medium_berleand_2.jpgEt de m’expliquer quand même que rien ne fut simple pour se soigner, qu’il lui reste encore quelques traces de paranoïa mais que, depuis qu’il a fait une sérieuse analyse, il va beaucoup mieux.

Nous conversons longtemps de son livre, de ses films et de sa façon d’envisager l'existence. François Berléand n’a vraiment rien à voir avec ce qu’on s’imagine de lui en le voyant sur un grand écran…

Il est en réalité, simple, touchant, drôle mais un peu timide.

Une fois de plus, je quitte ce monsieur en remerciant je ne sais qui de me permettre de faire ce métier là.

Rencontrer de belles âmes…

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P.S : Je dédie cette note à Frédéric Ploton. Il va très bien, je vous rassure mais je sais qu’il apprécie beaucoup François Berléand… principalement pour ce rôle là !

08 novembre 2006

Emmanuel Moire... Louis XIV, sors de son corps!

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On n’a pas tous les jours l’occasion d’interviewer le Roi Soleil

Facile, je sais.

Ceci dit, ce n’est pas la première fois que je rencontre l’artiste qui tient le rôle de Louis XIV dans la comédie musicale.

medium_em_roi.jpgMon premier rendez-vous a eu lieu juste avant la première du spectacle, il y a deux ans. Emmanuel Moire faisait la promo du Roi Soleil dont personne ne pouvait prédire la destinée étincelante. Il était tout timide, à la limite de la prostration…

Allez, hop ! Voici un extrait de mon article de l’époque…

« L’interprète d’"Etre à la hauteur" ne me voit pas arriver. Il lit un pavé. Je souris en jetant un rapide coup d’oeil sur la couverture : Louis XIV de François Bluche. Waow ! Ca bûche sévère. Visiblement, quand on joue le Roi Soleil, mieux vaut être incollable sur le sujet.

Mandor : Une présentation s’impose. Personne ne te connaît ?

Emmanuel Moire : J’ai 25 ans, je viens du Mans où d’ailleurs, j’ai beaucoup chanté. En arrivant à Paris, j’ai fait des castings pour toutes les comédies musicales. Je suis devenu doublure d’Ali Baba et autres Belles, belles, belles mais je n’ai jamais eu l’occasion de remplacer quiconque sur scène.

 

M: La production loue ta gentillesse, ta simplicité et bien sûr ton talent.medium_roi_soleill.jpg

 

E.M : (Rires) Je peux te dire que le casting à duré 4 mois et que devant Albert Cohen, Dove Attia, Kamel Ouali, Pierre Jaconelli, Lionel Florence, je n’en menais pas large. Franchement, je sais que je n’étais pas forcément leur premier choix. Ils ont été longs à se décider. Je ne te dis pas le suspens dans ma vie…

 

M : Comment résumer ton rôle ?

 

E.M : C’est le parcours initiatique de Louis XIV. Sa faculté à assumer ses responsabilités, le pouvoir, ses relations avec les femmes, avec sa mère. J’incarne toutes ses facettes. »

medium_EM_Cover.jpgDeux ans ont passé depuis. Le 12 octobre dernier, à l’hôtel Acacias Etoile, j’ai rendez-vous avec Emmanuel Moire, cette fois-ci, pour la sortie de son premier album solo Là où je pars. C’est un artiste métamorphosé, souriant, à l’aise dans ses baskets qui m’accueille.

Je lui rappelle ses débuts d’interviewé terrorisé…

-Oui mais je ne savais pas à quelle sauce j’allais être mangé et ce qui allait advenir de cette expérience. J’étais loin de me douter de l’ampleur du phénomène. Vous vous rendez compte du poids énorme que j’avais sur le dos à l’époque?

Le voici donc serein et détendu.

-Depuis deux ans que je joue ce rôle, j’ai appris énormément sur mon métier de chanteur. Je prends cette expérience comme une formation accélérée. Si elle est intense, il faut savoir qu’elle n’a pas tous les jours été une partie de plaisir. Ca m’a remué dans tous les sens mais j’en sors grandi.

medium_moire.jpgQuand Emmanuel Moire parle, il est calme, simple, posé, à la limite de la douceur. Il m’explique qu’il veut à tout prix rester le garçon qu’il a toujours été…

-J’essaie d’être sincère et naturel comme si je faisais un métier banal. Je reste connecté à mon travail mais je garde les pieds sur terre. Ce n’est pas évident tous les jours de ne pas partir en live. Les sollicitations, les compliments, le public gentil et le succès en général sont de véritables pièges. Je surveille de très près mon ego.

A priori, il le surveille bien. Nous parlons donc de cet album réalisé par Pierre Jaconelli. Un disque visiblement très personnel.

-La moitié des compositions sont les miennes. Quant aux textes, j’ai travaillé les thèmes et la façon de les traiter avec les auteurs. Je me suis investi à fond et je savais parfaitement où je voulais aller. Quand j’écoute cet album, j’en suis super fier car je ne me suis pas trahi.

Bon, il y a des paroliers un peu « à la mode » : Lionel Florence et Julie d’Aimé (par ailleurs également chanteuse), mais c’est un certain Yann Guillon que je ne connais pas qui a écrit la majorité des textes.

Musicalement, il y a encore l’inévitable compo du chanteur de Kyo, Benoît Poher. C’est lent… En plus, c’est celle du premier single Le sourire.

Emmanuel Moire sait qu’il est attendu au tournant et il a pleine conscience que les chanteurs de comédie musicale ne parviennent pas souvent à poursuivre une carrière sous leur propre nom. Mais il garde une certaine confiance. La foi ?

-Comme je suis quelqu’un de très spirituel, je me pose évidemment beaucoup de questions. J’ai toujoursmedium_1857_4wxampp.jpg été très orienté vers un chemin personnel. Je pense que les choses n’arrivent pas par hasard…

Je lui parle religion.

-Je ne suis pas un adepte d’une religion par rapport à une autre. Je vais chercher des bouts de philosophie de vie un peu partout.

Emmanuel Moire me toise et finit par me demander si j’ai aimé l’album. Je déteste cette question parce qu’elle m’oblige, non pas à mentir mais a biaisé.

Parce que je ne suis pas toujours en accord avec le style musical des gens que je rencontre, je « diplomatise » ma réponse.

-Je l’ai beaucoup écouté ces derniers jours. Il est accrocheur et devrait sans nul doute trouver un public large.

Voilà, je n’ai pas menti mais je ne me suis pas beaucoup mouillé non plus. Il semble ne pas être dupe de ma réponse mais continue à se livrer, un peu.

-Là, j’ai passé deux ans à bosser comme un fou et je m’aperçois que si je veux continuer à être crédible dans mon métier il faut que je vive des choses… que je décroche un peu pour vivre une vie plus normale. En ce moment, je sens que je suis plus ouvert à ça.

medium_12.10.06_Emmanuel_Moire_2.JPG

 

Emmanuel Moire est un lucide et sympathique artiste. medium_roisoleildvd.jpg

Avant de nous quitter, il prend le disque et le regarde intensément. Il se met à disséquer la pochette de son disque (voir plus haut).

 

-Elle est très nature: l'eau, la terre, les arbres... La sérénité qui se dégage de cette photo représente bien ce que je suis aujourd'hui. Je suis quelqu'un de centré, posé même si, comme tout le monde, je peux être parfois destabilisé.

 

L'album de ce monsieur complètement normal, donc, sort lundi prochain (le 13 novembre), demain, c’est le DVD du Roi Soleil qui sera dans les bacs. Et tous les soirs, il redevient Louis XIV sur la scène du Palais des Sports…

 

07 novembre 2006

Grand Corps Malade... slam star!

 

medium_grand_corps_malade_live.jpg

Comme je m’apprête à publier deux, trois notes bien « variétés françaises », autant le préciser tout de suite, ce n’est pas mon genre musical préféré. Ce sont des personnalités fédératrices, que j’ai ou je vais rencontrer cette semaine pour mon journal…  vous en aurez donc le compte rendu, que j’espère le plus objectif possible, dans les prochains jours.

Ah oui ! Je fais un peu de teasing mais ma séquence « tout petit déjà » de samedi sera Balavoine

Yes, Daniel et Mandor en 1984.

medium_GCM.jpgCe matin, je suis sur les nerfs. Je cherche la cassette de mon interview de l'encore totalement inconnu Grand Corps Malade que j'ai réalisé pour la sortie de son album Midi 20. Je ne la retrouve plus. Je l’ai peut-être effacé pour enregistrer un autre entretien… Merdouille !

Donc, je ne vais pas pouvoir la décrypter pour le blog… Sinon, j’en avais tiré un petit article, à lire ici.

C’est le 6 mars dernier, aux éditions Raoul Breton (dans les bureaux du grand Charles Aznavour, rappelez vous cette note) que Grand Corps Malade m’attend… Ou plutôt que je l’attends. La photographe des Inrocks le shoote en bas de l’immeuble, au milieu de la rue. Elle prend son temps la demoiselle. L’attachée de presse me prévient :

-Tu sais, ce type, c’est une bombe ! Le nouveau Brassens

Et patati et patata…

Comment peut on comparer un slameur et un chanteur ? Je réponds en tout cas que je trouve Grand Corpsmedium_GCMp.2.jpg Malade exceptionnel et que je le considère comme un grand poète urbain. Pas très original mais à l’époque, personne ne parlait de lui.

Ils arrivent enfin, lui et sa copine inséparable... sa canne.

Chaleureux personnage, il me raconte sa vie pendant une heure.

Grand Corps Malade a « grandi dans une vielle femme, cette banlieue Nord qu’on appelle Saint-Denis ». Celle-ci a fait de lui un être métissé, plus particulièrement enclin à medium_Grand_Corps_malade_en_tournee.jpgl’empathie. La vie a poussé le vice à le transformer, non pas en homme diminué, mais doté -comme il le formule sur le titre du même nom- d’un « 6ème sens », celui-là même que possèdent les handicapés. D’un plongeon dans une piscine qui aurait dû lui coûter bien plus qu’une démarche claudicante, Fabien Marsaud (son vrai patronyme) retient l’envie d’aller au-delà, de provoquer le sort pour mettre en phrases ses combats.

Ce que j’apprécie particulièrement chez cet artiste, c’est qu’avec une lucidité souvent bouleversante, il évite de glisser dans l’écueil d’un donneur de leçons et s’installe, au fil de ces morceaux de vie, en observateur de ces choses les plus simples que l’on ne considère plus à sa juste valeur. Il évoque la sérénité comme une compagne de chaque instant, pose des rimes essentielles d’un timbre grave, d’un ton léger, parfois, mais jamais vulgaire. Les rares notes ainsi insérées dans sa partition en deviennent subsidiaires.

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 Cet artiste lumineux accorde une importance majeure à la narration et à un humour mêlant les clins d'oeil aux figures de style. Ses textes font preuve d'une ouverture d'esprit et d'une créativité qui sont sans doute une des causes du succès. L'album Midi20 s'est classé rapidement en tête des ventes d'albums. Aujourd’hui, ce succès public lui permet de se produire dans les salles les plus grandes. Le voir sur scène file des frissons, c'est garanti!

Pour info, Grand Corps Malade (dont ici vous trouverez le site non officiel, sacrément bien troussé) sortira un coffret de Midi 20 en édition limitée, le 4 décembre prochain. Cette édition spéciale comprendra, en plus de l’album, un livret de 32 pages avec des textes originaux, mais également un DVD bonus avec une interview, les clips des titres "Les voyages en train" et "Saint-Denis", et des extraits de son spectacle au Bataclan.

Il y a deux clips et un reportage de Sept à huit, ici même...

Perso, je suis content. Grand Corps Malade est nommé au Grand Prix Constantin 2006. Tout ça pour vous dire que je vous parlerai de cette soirée qui se tient à l’Olympia le mercredi 15 novembre prochain… je suis invité (avec bracelet pour le cocktail d’après cérémonie et tout et tout) donc, évidemment, la soirée sera « Mandorisée » le lendemain. Regardez les noms des autres sélectionnés

06 novembre 2006

Thierry Amiel... et un peu Laurent Madiot!

 

medium_Thierry-amiel-photo.jpg

J’ai rencontré vendredi dernier (le 3 novembre) un jeune garçon que le public a découvert lors de la première saison de La nouvelle star.

Thierry Amiel avait fini deuxième (derrière Jonatan Cerrada).

medium_amielthierry1.jpgLe premier album Paradoxes, très « Calogérien », qui avait suivi l’émission s’est vendu à plus de 200.000 exemplaires (double disque d’or, donc), ce qui est loin d’être négligeable.

Le chanteur à la voix aérienne, (à la limite du lyrique) a ensuite fait une tournée à guichet fermé presque partout.

Je ne sais pas si « A star was born » mais on aurait dit que…

Je débarque dans les locaux d’RCA (label de Sony BMG). Je papote avec mes amis les attachés de presse en attendant que la journaliste précédente termine son interview. Il y a 30 minutes de retard dans le planning…

-Mais tu as tout ton temps puisque que tu es le dernier journaliste de la journée.

Je déteste passer en dernier parce que, généralement, l’artiste en a marre de raconter les mêmes choses depuis des heures… raison pour laquelle je tente d’être original dans mes questions (mais pas facile tout le temps).

D’ailleurs en l’occurrence, j’adopte ma technique « mode automatique ».

Je n’ai pas de questions écrites, j’ai juste bien écouté l’album et je lui pose des questions par rapport à sa medium_amiel01.jpgpersonnalité, ses réponses et son attitude.

Thierry Amiel est très gentil mais je m’aperçois bien vite que je tourne en rond. Je ne parviens pas à trouver la faille dans laquelle m’engouffrer. Il n’arrête pas de répéter qu’il est jeune, peu sûr de lui et que de tout ça (mes questions un peu plus existentielles) il ne pourra répondre que plus tard.

Il me fait savoir indirectement que « mon coco, avec moi, tu ne sortiras pas des sentiers battus… ».

Bon, je me mets donc sur « mode promo ».

Pas grave.

medium_Album_Thierry.gifIl aime à ce que je trouve son album plus pop que le précédent. Ce qui est parfaitement vrai.

-C’est bien que vous employiez le terme pop parce que j’entends dire que mon disque est rock. Bien sûr, il y a pas mal de guitares mais je ne veux surtout pas me la jouer « jeune chanteur de variété qui fait du rock pour désormais impressionner la galerie ».

Tout à son honneur. Il me parle de ses références du moment et s’applique à m’expliquer qu’il a tenté un compromis entre tout ce qu’il aime écouter.

-Je voulais garder le lyrisme, qui reste ma marque de fabrique, un peu comme le groupe Muse et garder aussi l’émotion des grands chanteurs français : Brel, Ferré, Barbara.

Ce disque éponyme est sombre et psyché. Les sons rappellent Dépêche Mode, Taxi Girl… Bizarre pour un garçon qui est né en 1982. Il avoue ne pas comprendre pourquoi son album sonne années 80.

Ceci dit son premier single Cœur sacré est signé Daniel Darc. Vous pouvez voir le clip, ici, sur son site officiel.

-Il n’y a pas de création amnésique. Je suis sûr que j’ai choppé ces sons quelque part et qu’ils sont ressortis pendant que nous enregistrions.

Ah, les mystères de la création !

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Je trouve l’ensemble de ces 12 chansons intéressantes. Ce n’est pas l’album de l’année mais il a le mérite d’être original. Certains textes de chansons sont très mystérieux, frisant l’ésotérisme. Je redoutais le mièvre… Il est dans le rêve, l’évanescence.

Thierry Amiel mène sa barque lentement, intelligemment et sûrement.

medium_Thierry-Amiel_rca.jpgEn quittant la salle d’interview, il prend avec lui les sushis qui traînaient sur la table et me demande.

-Je ne risque pas d’être empoisonné si je les mange maintenant ?

-Ca dépend. Tu les as acheté à quelle heure ?

-A 13 heures.

-Il est 17h30. Non, je pense qu’il n’y a aucun sushi….

Preuve que c’est parfois con et lourd un journaliste.

__________________________________________________________________ 

 

 

 Sinon, mon copain Laurent Madiot (dont je cause déjà ici) se produit demain sur scène.

medium_laurentmadiot.jpg

07 Novembre 2006 à 21h
Théâtre Mouffetard
73 rue Mouffetard
75005 Paris M° Place Monge
Résa : 01 43 31 11 99 tarifs 16 et 12 €

Nous réitérons l’opération qui avait eu un grand succès la dernière fois: une place achetée, une place offerte.

Il suffit de venir à la caisse du théâtre Mouffetard et de dire "Le bal des utopies"... (titre du prochain album de Laurent).

Bon concert !

03 novembre 2006

Frédéric Ploton, auteur multi-fonctions...

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Autant le préciser tout de suite… c’est le deuxième blogueur que je rencontre en une semaine (après le très sympathique Aymeric Patricot). Bon, ils sont tous les deux écrivains donc il n’y a aucune raison que je ne les Mandorise pas. Aucune.

Par exemple, je suis tenté d’écrire une note sur un autre blogueur « littéraire » qu’il m’arrive de croiser volontairement mais je m’abstiens. Pourquoi ? Parce que prixdeflore2006 n’a pas encore sorti d’ouvrage imprimé sur du papier (ça s’appelle un livre). C’est dégueulasse de le laisser, comme ça, sur le trottoir, seul et désoeuvré (ah bon?) car il n’est pas moins intéressant, simplement, je me suis juré de ne pas tenir un endroit du genre « les blogueurs parlent aux blogueurs et s’autocongratulent ».

Pour que je me targue d’une note (essentielle ?), il me faut un disque ou un livre comme prétexte. Je ne désespère pas, pour prixdeflore2006, ça ne devrait pas tarder…

Avec Frédéric Ploton, en matière d’ouvrage, j’ai le choix. Je peux même dire que je suis un peu paumé dans ce que ce garçon propose.

medium_parfum.jpgD’abord, comment j’ai connu Frédéric ?

Je suis tombé sur son blog il y a quelques mois. Il racontait le lancement de son premier roman Son parfum, (sorti chez Ramsay) et les affres d’un écrivain « débutant » dans le milieu hostile de l’édition… J’aimais bien suivre ses aventures. Petit à petit, je m’apercevais que l’homme était un stakhanoviste de l’écriture. Au fil des jours, il avouait avec timidité les autres ouvrages qu’il avait publiés naguère et qu’il continuait à sortir régulièrement. Ce presque quadra (dans deux ans je crois) n’était donc point un écrivain « débutant ». C’est sa carrière de  romancier qui débutait, pas celle qui consiste à écrire. Et bien écrire, en plus.

Donc, à la force de le lire, le Ploton avait fini par m’intriguer (déjà qu’il ne m’en faut pas des masses). Hop là ! Un mail pour lui expliquer qui j’étais, ce que je voulais et combien j’étais prêt à le payer pour qu’il accepte un rendez-vous et le tour fut joué. (Euh, non, en fait, je ne lui ai pas proposé d’argent. ‘Suis pas Crésus moi!)

Nous parvenons avec difficulté à caler un rendez-vous pour le mardi 31 octobre (oui, nous avons tous les deux des agendas de ministre). Il me propose de nous voir au café des Editeurs, café branchouille et littéraire de la capitale. Moi, ça ne me dérange pas ces lieux là. J’aime bien même, lorsqu’il s’agit de ne pas y passer sa vie.

medium_fredopale2.2.jpgFrédéric Ploton arrive à l’heure (parisienne : 10mn en retard) mais je m’en fous parce qu’en l’attendant, j’ai écouté les conversations, contemplé (parfois avec ostentation) les gens et fini par me laisser aller à quelques pensées profondes ou indigentes, c’est selon.

Nous nous reconnaissons aisément, c’est d’ailleurs plus facile pour moi que pour lui… quoique. Un type qui lève le bras en souriant à son arrivée ne peut pas être totalement un étranger. Nous nous auto jaugeons (jolie formule !) et rapidement, je mets mon magnéto en route. Oui, c’est du boulot les amis !

Il prend un Perrier et moi un café, c’est dire si nous sommes partis sur de solides bases de personnes sérieuses et incorruptibles.

Je lui explique que, longtemps, je n’ai rien compris à ce qu’il faisait exactement étant donné le nombre élevé d’ouvrages qu’il a écrit et édité. Ca me l’a d’ailleurs rendu sympathique. Un tel touche à tout ne peut être qu’un type ouvert et curieux des autres. Pour comprendre, il faut connaître un peu son parcours.

-De 1996 à 2003 j’étais responsable éditorial de plein de sites différents. Certains consacrés à medium_Guide_des_rencontres.jpgl’informatique puis je suis passé à Allo Ciné  et aussi, pendant 3 ans, Club Internet… C’est d’ailleurs grâce à son portail dans lequel il y avait un pôle « rencontres » que j’ai pu écrire mon premier livre Le guide des rencontres sur Internet.

Avec Frédéric Ploton, toute expérience finit en livre… (Non, j’exagère mais disons que rien ne se perd, tout peut éventuellement se rentabiliser.)

Mais l’homme est un solitaire. Il aime son indépendance et veut qu’on lui foute la paix.

-Toutes mes expériences professionnelles sur Internet ainsi que dans la presse écrite m’ont bien vite convaincu que je n’étais pas fait pour le salariat.

medium_sieste.jpgPendant notre conversation, une femme élégante s’approche de nous et n’hésite pas un instant à nous interrompre. Elle s’adresse à Frédéric.

-Je vous écoute depuis un moment et vous m’intéressez.

Gasp !

Est-il entrain de se faire brancher de manière franche et déterminée ?

-Je peux m’installer avec vous ?

Je réponds que je suis en pleine interview et que si elle veut, je lui prête mon invité une fois que j’en aurais medium_pates.jpgterminé avec lui…

-Ah bon ?

Elle semble carrément surprise que je ne lui donne pas la permission de prendre place à nos côtés. Elle dit à Frédéric Ploton.

-Bon, ben, tout à l’heure… On se voit après alors ?

Le monsieur est poli. Et puis, il n’a surtout pas le choix.

J’essaie de me concentrer sur ce que nous disions... Merde, j’ai perdu le fil. C’est Frédéric qui poursuit. Il m’explique pourquoi il publie tant et dans des directions souvent opposées. (Effectivement, ne cherchez  pas le rapport entre La saga des pâtes, le Petit manuel de la siestologie et Préservatif, mode d’emploi).

medium_pre.jpg-Je vais être franc. Je suis un des rares auteurs en France qui vit de sa plume. Moi, pour gagner ma vie, je prends un peu tout ce qui se présente. En fait, mon seul vrai souci en tant qu’auteur est d’arriver avec le bon projet, au bon moment, avec le bon éditeur. Trouver la bonne oreille pour les projets que je trouve intéressants n’est pas une sinécure, crois moi.

Oui, ben, on se tutoie. Et alors ?

Frédéric Ploton sait bien que parler ainsi va énerver l’intelligentsia. Mais il semble motivé pour casser l’idée selon laquelle écrire un livre n’est qu’un métier, un pur produit intellectuel, une œuvre d’art qui éventuellement pourrait se vendre.

-L’édition en France crève de ne pas considérer le livre comme un produit. Par ma démarche, je prouve et assume le contraire.

medium_frederic-ploton.jpgEt toc ! Dans les dents !

Un serveur arrive avec deux coupes de champagne. Nous regardons la quadra. Oui, évidemment, c’est elle. Du coup, elle revient nous voir. Et papote, papote, nous raconte sa vie, son mari qui fait je ne sais plus quoi mais qu’elle désire aider en lui faisant de la pub.

Je n’en peux plus mais reste courtois. Je ne sais pas pourquoi, ce jour là, ce grain de sable dans la mécanique m’a emmerdé. Je devais être de mauvais poil. Je lui demande de nous laisser tranquille encore un quart d’heure...

Cet ultimatum semble lui convenir.

Inutile de vous dire que je ne suis plus dans le truc.

L’auteur multi cartes si. Impressionnant. Il me raconte (et je le crois parce que ça se voit) qu’il est heureux même s’il travaille de 15 à 20 heures par jour et que surtout, il n’a jamais été aussi libre.

-J’ai une liberté de mouvement, une liberté d’action, une liberté financière relative parce que j’arrive à me nourrir, une liberté de support, de ton… pourquoi, je me priverais ?

Oui, pourquoi ?

Je ne sais trop quoi penser d’un personnage comme lui et je n'aime pas ne pas cerner les gens.

Auteur, directeur de collection, il fait aussi du packaging éditorial (le packaging éditorial est à l’édition ce que les boites de prods sont à la télé…). Il me parait un bulldozer prêt à tout casser, en même temps, quand je le regarde évoluer devant moi, je sens qu’il a du cœur, qu’il a en lui une vraie générosité.

 

Ou alors, c’est un renard. Un rusé de chez rusé. Je ne le connais pas assez pour bien déterminer sa mentalité mais il m’inspire de la sympathie.

Je sens cet auteur (capable d’aborder n’importe quel sujet pour gagner sa vie) honnête.

Au fond, nous en sommes tous là quand même. Gagner notre vie avec nos talents respectifs.

medium_sex.jpgNous terminons notre conversation en évoquant ses deux récents ouvrages. So Sex, le Kama sutra d’aujourd’hui (au Seuil) un livre co écrit avec Brigitte Lahaye. Il a été son chroniqueur dans l’émission qu’elle anime sur RMC Infos. Il lui a proposé, elle a accepté. Pas plus compliqué que cela. Comme l’indique la 4eme de couverture : medium_ploton_et_Lahaye.jpg

« Il y a dans cet ouvrage 4 tests, 160 questions très personnelles pour déterminer le profil sexuel de votre couple, 18 programmes sensuels qui viennent répondre de manière précise à vos besoins et 69 positions et pratiques érotiques retenues pour votre plaisir par Brigitte Lahaye. »

medium_fuite.jpgEt puis, il sort aussi son Guide de la fuite (éditions de l’Hèbe).

-Je donne les clefs à la fois très pratiques mais aussi philosophiques sur la nécessité dans notre société de fuir. On a besoin d’ « échappement » au sens presque hydraulique du terme.

Le temps passe, je sens la mystérieuse et champagnisée femme qui trépigne à la table à côté. Je décide d’obtempérer devant la tigresse. Je sors mon appareil pour faire les photos. Je vois Frédéric qui en fait de même. Le coquin connaît mon blog. Il joue à l’arroseur arrosé. Je lui précise un peu affolé que je souhaite garder l’anonymat. Il le sait. « T’inquiètes pas ! »

Résultat, ici.

medium_31.10.06_Frederic_Ploton_avec_Mandor_.JPG

La photo de Frédéric et Mandor est prise par l’intrigante. Autant qu’elle me rende ce petit service.

Je remercie Frédéric Ploton et le laisse aux griffes de l’intruse.

Je continuerai à suivre les pérégrinations de cet homme là. Il est déterminé et talentueux, bref, il ira loin.

J’ai du flair… vous verrez.

P.S : Ceci n’a rien à voir mais j’écrivais hier que j’allais voir le soir même le concert de François Hadji-Lazaro au Café de la danse. Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai eu l’imbécile idée de m’y rendre avec Fishturn

Je l’appelle, il refuse.

« Pas envie de voir du monde Mandor. Fais pas chier avec tes conneries de concerts. On est serré comme des patates et j’aime pas ça. Faire comme tout le monde, être debout, taper dans les mains m’ennuie profondément, d’ailleurs, tu vois, je suis las en ce moment. T’as vu l’état du monde ? Société de merde...»

Et patati et patata. 

Parfois, ce mec m’exaspère.

Mais j’ai une sacrée force de persuasion et il finit par céder.

On boit une bière rue de Lappe avant le concert. 50 cl ou 25cl ? On a pris 50cl. Non, je dis ça, parfois, les détails ont de l’importance. Là, je ne crois pas mais j’ai une frénésie d’écriture à laquelle je ne peux rien donc je raconte.

On passe devant la salle. C’est blindé. Une queue digne de celle que l’on trouvait devant les boulangeries à l’époque de l’union soviétique.

On se regarde.

Et mon concert de l’ex Garçon boucher s’est transformé en un plan restau.

Besoin de refaire ce putain de monde qui tourne bizarrement.

Et c’est curieux, j’ai mal au crâne ce matin.

 

PS (bis): Je viens de m'apercevoir que Fishturn a évoqué notre soirée d'hier... Je vous mets le lien quand même ici mais bon... j'hésite, il y a un passage que je n'aime pas.

QU'EST CE QU'ELLE A LA COULEUR DE MA BAGNOLE!!!

01 novembre 2006

Alain Souchon, l'ultra moderne chanteur...

 

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Oui, ben, je sais, je suis un trentenaire qui frôle la quarantaine. Mes idoles en matière de chanson française sont celles de ma génération. Les Balavoine (bientôt, ici, une note avec photo Mandorienne, je l’ai rencontré dans des circonstances particulières), Goldman (itou), Cabrel, Jonasz, Chédid (père), Berger, Sanson, Sheller, Couture ont bercé ma prime jeunesse. Et évidemment, Alain Souchon aussi (ici son site web bucolique et campagnard).

medium_une_vie_a_travetrs.jpgJe l’ai interviewé pas mal de fois. La plus récente était le 6 juillet 2005 pour la sortie d’unmedium_1125096143-souchon.2.jpg livre Alain Souchon, une vie à travers ses chansons et d’un disque La vie Théodore (mon article est là, donc je n’y reviendrai pas). Je me souviens que c’était le jour où nous apprenions que les jeux olympiques 2012 nous passaient sous le nez. La perfide Albion avait gagné… La salope !

Je ne sais pas pourquoi, comme un sale franchouillard que je n’estime pourtant pas être, ça m’avait foutu en boule (fait chier parfois d’être un mouton de panurge !). Et donc, je suis arrivé à l’hôtel Regina, passablement énervé (mais aussi parce que j’avais eu un mal fou à garer ma titine). A la vue d’Alain Souchon, évidemment, la futilité de ses choses là m’est apparue. medium_368_654.jpg

 

Et c’est toute ma jeunesse qui est remontée à la surface.

Je crois que son album Toto 30 ans, rien que du malheur est un des disques que j’ai le plus écouté adolescent. En 1978, j’avais pris en pleine gueule, la chanson Le dégoût. Mais aussi J’étais pas là et Le Bagad de Lann Bihoue. Je me reconnaissais dans le mal être des personnages de Souchon. Oui, à 11 ans, je me demandais déjà ce que je pouvais bien faire sur cette foutue planète.

medium_doc-1429.jpgRares sont les chanteurs dont le répertoire, si on l’étudie de près, apparaît comme si noir, si désespéré, brossant le tableau d’un univers dévasté, où la jeunesse se délite avant que d’avoir été, où les grandes illusions finissent dans les caddies des supermarchés, où les couples sont rongés par la routine et l’incompréhension, où la télé bêtasse abrutit les terriens, tandis que la Terre s’asphyxie peu à peu…

Je ne sais pas ce que j’ai moi aujourd’hui, je souchonnise ma vision de la vie.

Souchon, il attrape, comme il le dit lui-même « dans son filet à papillons ce que les gens pensent tout bas », il le renvoie ensuite à chacun. Très fort Alain !

Ici, vous l’avez remarqué, il est beaucoup question de chanson française (et en particulier de la nouvelle génération, celle que je rencontre le plus, actualité discographique oblige.)medium_content.jpg

Pas égoïste pour un euro, Souchon après trente ans de carrière au sommet, ça ne l’empêche pas d’apprécier aussi la relève :

« Je suis heureux parce que j’aime énormément la chanson : c’est un art, modeste sans doute, mais qui permet à tout le monde d’avoir quelque chose en commun, quelque chose qui fait bouger la corps et remue l’âme. Une belle chanson, à la fois populaire et chic, ce n’est pas facile du tout, mais c’est là que réside la vérité de la chanson française. Les italiens ont leur chanson à eux, sensuelle, âpre, que j’aime beaucoup ; chez nous, ça se fonde davantage sur le texte, sur le récit. Alors, si l’on assiste aujourd’hui à un renouvellement des cadres, j’en suis ravi : c’est notre histoire, c’est une part de notre identité qui continuent… »

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Dans ces « chroniques de Mandor», vous continuerez à découvrir les « jeunes cadres », mais la vieille garde ne sera jamais loin. Promis.

P.S: Hier, j'ai rencontré un écrivain (qui est aussi un blogueur que je lis depuis des lustres). Je comptais écrire sur lui demain matin. Il m'a devancé... Regardez l'enfoiré ce qu'il a fait! C'est pas sympa de me prendre à mon propre piège Frédéric!!!

30 octobre 2006

Aymeric Patricot... l'horreur disséquée.

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 Les médias en font-ils trop avec la banlieue ? C’est la question à la mode en ce moment. La littérature s’y est mise également. Les essais ou les romans déguisés sur la banlieue fleurissent comme des petits pains (Quoi ? Elle n’est pas jolie cette expression ?)

Et bien la semaine dernière, j’ai rencontré par l’intermédiaire involontaire de mon ami prixdeflore2006 (d’ailleurs toi, tu l’ouvres quand ton nouveau blog ? Et je peux me permettre d’être transporté de joie par ta dernière note? Oui, je peux. Félicitations !), un jeune auteur : Aymeric Patricot.

medium_azima_bis.2.jpgCe trentenaire, diplômé d’HEC, ancien attaché culturel à l’ambassade de France au Japon, actuellement prof de français dans un  lycée de banlieue, nous a livré il y a quelques mois un roman subtil, bien écrit et à contre courant sur ce qui se dit, s’écrit, se suppose, se fantasme sur la banlieue. Voici le pitch « officiel » d’Azima la rouge (chez Flammarion) par l’auteur lui même:

« Azima raconte l’histoire d’une jeune femme sensible, vivante, intelligente, vivant en banlieue parisienne et dont le frère se révèle extrêmement possessif. Elle va commettre l’erreur, en début de roman, de croiser le regard d’un jeune homme en présence de ce frère. Elle comprendra très vite que des choses très graves lui seront infligées. Le livre est l’histoire de cette montée de la pression autour de la jeune femme, jusqu’au drame final. »

Initialement, si je n’avais pas reçu un mail d’Eymeric sur mon blog, s’il ne m’était pas paru sympathique, si ses propos ne m’avaient pas intrigués, je n’aurais pas été tenté de lire son livre. Il me l’a envoyé, je l’ai dévoré et j’ai voulu le rencontrer.

Chose faite le jeudi 19 octobre dernier, juste après ma rencontre avec Kad et Olivier (vous vous souvenez ?). medium_19.10.06_Aymeric_Patricot_3_.2.JPGRendez-vous au Virgin Café des Champs Elysées. Nous arrivons quasiment en même temps. J’ai un petit avantage… je l’observe quelques secondes. Il ne connaît pas mon visage (et pour cause !). Je lui fais signe. Il arrive, s’installe et ouf ! Nous sommes sur la même longueur d’ondes. Je dirais même que j’ai l’impression de le connaître depuis longtemps. Il y a des gens comme ça !

Petit bémol tout de même sur le choix du liquide à ingurgiter. Il prend un café allongé (enfin, lui, il reste assis), moi, un verre de Bordeaux. Je prétexte une interview précédente compliquée à gérer du coup « besoin de se détendre ». Oui, je sais… un peu facile. Il n’en reste pas moins que suis un peu déçu de constater que les écrivains ne boivent plus… (Celui qui me rappelle que j’ai raconté sur ce blog ma biture avec Nicolas Rey chez lui, deux bouteilles de rouge à deux pendant une interview (Hemingway, sort de nos corps !!!...) je lui réponds que ce n’est pas joli joli de cafter. Bref, Aymeric Patricot lui se shoote au café. « Le vin, ce n’est que le soir. » (Bukowski, rentre dans son corps !)

Nous commençons sérieusement la conversation parce que, quand même, nous sommes là pour parler littérature. Je demande à Aymeric pourquoi il va à contre courant des écrits habituels sur la banlieue :

medium_aymeric_patricot.3.jpg-D’un point de vue romanesque et dans la vie en général, j’aime bien prendre le contre-pied de ce que les gens pensent. Les clichés ont l’art de me gonfler profondément. Dans le cas présent, je ne voulais pas faire un livre sur la banlieue mais je souhaitais essayer de comprendre ce qu’il se passait dans la tête de gens qui subissent des traumatismes, mais aussi de saisir la pensée des types qui peuvent commettre des trucs infâmes.

Non, parce qu’il faut bien dire une chose, Azima est victime d’une tournante organisée par son frère. Ce qui est choquant dans ce livre (et aussi, ce qui, du coup, est original et intéressant) c’est qu’elle analyse cliniquement la situation.

-Pour supporter le cauchemar qui lui arrive, elle est obligée de prendre une distance complètement dingue. Elle poétise la chose, elle réfléchit… Comme si elle n’était plus dans son propre corps, elle laisse se dérouler les faits. Elle trouve des excuses à son frère, elle fait un effort intellectuel pour comprendre comment il a pu l’amener à faire ça. L’humilier et la faire souffrir de manière si intense.

Ce qui est troublant dans le roman d’Aymeric Patricot, c’est que tous ses personnages sont lucides sur les medium_presse_visu03_Aymeric.2.jpgévènements. Ils savent très bien ce qu’ils font, ce qui ne les empêchent pas, pour la plupart, d’être lâches et faibles… inconséquents aussi.

C’est un livre très « psychologique ». On rentre à l’intérieur du mode de fonctionnement cérébral de chaque protagoniste.

Pourquoi cette manière de traiter l’horreur dans toute sa splendeur (si je puis dire) ?

-Dans ma famille, il y a eu des évènements un peu terribles. Des suicides notamment. Je me suis rendu compte qu’on pouvait refouler le tragique en soi, rester zen malgré tout. C’est un peu ce que fait Azima. Mais pour être franc, la banlieue me sert de décors pour investir des choses personnelles, pour exorciser des angoisses profondes que j’ai en moi. C’est ce que j’appelle « l’exotisme intime ».

Ce qui est brillant dans ce tout premier roman, c’est que l’auteur raconte la même histoire à cinq voix. Ces cinq personnages expriment tour à tour leurs espoirs, leurs fantasmes et leurs peurs face à cette réalité intolérable. Un exercice de style parfaitement maîtrisé. De plus, quand on le lit, des images s’imposent à nous.

-J’ai un imaginaire visuel. J’en ai parlé avec Christine Angot, que j’ai croisé récemment à un cocktail chez Flammarion, elle me disait qu’elle fonctionnait à l’oreille. Moi, c’est tout le contraire, je fonctionne à l’image. C’est pour ça que j’aime les polars américains. La violence est particulièrement visuelle…

Inévitablement, nous finissons notre longue discussion en évoquant les blogs. Le sien est là. Et il est très littéraire. Aymeric hésite à le rendre plus personnel, à être plus incisif (alors que, déjà, il n’est pas toujours tendre). Je me fais d’ailleurs la réflexion que sous son air angélique, délicat, charmant, se cache un diablotin très énervé… un putain de maelström intérieur, je suis sûr.

medium_19.10.06_Aymeric_Patricot_4_.2.JPG-C’est dur d’être très gentil. Je fais notamment des critiques de bouquins et, une fois sur deux, je suis tenté de les descendre. Gide, de Beauvoir n’ont pas mes faveurs par exemple. Pour tout dire, je meurs d’envie de m’attaquer aux auteurs contemporains mais j’ai peur que ce soit mal perçu, que ça fasse prétentieux… un écrivain qui crache sur les autres.

Il commence à écrire aussi des billets dans lesquels il décrit sa vie de classe, il évoque aussi les banlieues, inévitablement.

-J’hésite aujourd’hui à parler politique, je tâte le terrain. En fait, j’aime bien faire de la provoc’.

De ma part, ce serait l’hôpital qui se fouterait de la charité si je lui disais de se lâcher un peu plus, de se laisser aller à écrire ce qu’il pense réellement…

Et bien, moi, qui écris sous anonymat et des choses plutôt positives, je lui dis quand même.

J’ai l’impression qu’il y viendra, qu’il prend son temps...

Vous, sans vous commander, vous feriez bien de prendre un peu de temps pour découvrir ce nouvel auteur. Le jeune homme promet. Et puis, Aymeric et moi, nous risquons bien de nous revoir.Une histoire de rencontre bloguesque littéraire... On en reparle bientôt.

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Aymeric Patricot m’a promis qu’il réagirait à cette note chez lui.

P’t’être il va dire que j’ai mal compris ses propos, p’t’être bien aussi qu’il va comptabiliser les fautes d’orthographe, de syntaxe (en bon prof de  français qui se respecte…etc., p’t’être aussi qu’il sera magnanime ? P’t’être bien, p’t’être pas. J’sais pas.

27 octobre 2006

Eric-Emmanuel Schmitt... l'homme multiple!

 

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En ce moment, je suis très Albin Michel comme gars (voir là, récemment). Je vous promets d’être très Flammarion dans les prochains jours.

Eric-Emmanuel Schmitt m’a toujours intrigué. A la fois, dramaturge, essayiste, romancier, scénariste, musicien, cet homme là n’arrête jamais et tout ce qu’il touche se transforme en or. Il n’était pas inintéressant d’aller voir ce monsieur, en vrai, en tête à tête durant une heure.

medium_p_jaketodette-web.jpgLe prétexte : son nouveau livre qui sort le 2 novembre. Un recueil de nouvelles : Odette Toulemonde et autres histoires. Huit récits, huit femmes, huit histoires d’amour. « De la petite vendeuse à la milliardaire implacable, de la trentenaire désabusée à une mystérieuse princesse aux pieds nus en passant par des maris ambigus, des amants lâches et des mères en mal de filles, c’est une galerie de personnages inoubliables qu’Eric-Emmanuel Schmitt poursuit avec tendresse dans leur quête du bonheur ». Amen. Le service de presse est efficace.

L’endroit : la maison d’édition.

Le temps : maussade.

L’humeur : comme le temps.

Le jour : mardi 24 octobre.

L’heure : 12h30.

L’auteur est un peu en retard mais l’attachée de presse me fait patienter tant bien que mal. medium_spielplan_2004_schmitt.jpg

Il arrive, souriant et chaleureux. On nous installe dans la pièce « interview » que je connais bien. Entourés de vitres, nous sommes visibles de tous. C’est toujours un problème pour moi car je suis très curieux et je ne peux pas m’empêcher de zieuter dès que quelqu’un sort d’un bureau ou passe dans le couloir… Je vois Amélie Nothomb qui passe devant nous et fait un coucou à mon interviewé. Ils se connaissent très bien et s’apprécient. J’en profite aussi pour la saluer, elle me sourit.

Eric-Emmanuel Schmitt est avenant. Le courant passe immédiatement. Je lui précise que je l’ai vu la veille, tard dans la nuit dans Vol de nuit de PPDA. Il se marre en me racontant qu’il a essayé mais qu’il s’est endormi avant. De toute manière, il n’est pas excité à l’idée se voir à la télé. Il m’explique.

-Je n’aimerais pas m’aimer et je n’aimerais pas ne pas m’aimer donc, je ne regarde pas.

Comprenne qui veut.

medium_SCHMITT.jpgUne des nouvelles de ce recueil s’intitule Odette Toulemonde. C’est aussi le titre du film qu’il vient d’achever (avec Catherine Frot et Albert Dupontel dans les rôles principaux) et qui sort en février 2007. Il s’empresse de raconter son expérience cinématographique car il est fier de cette nouvelle activité. Une nouvelle corde à son art ?

-J’ai vécu cette aventure comme un cadeau que me faisait la vie. On m’a fait confiance alors, je me suis efforcé de mériter cette confiance pendant la préparation et le tournage du film. Tout le monde a dit que le tournage avait été extrêmement serein mais en fait, moi, je bouillonnais. Je ne voulais pas décevoir l’équipe. Je me sentais en dette et c’est un très bon sentiment. Un sentiment dynamique qui m’a obligé à donner le meilleur de moi-même.

Il existe deux films connus tirés de son œuvre et réalisés par d’autres. Eric-Emmanuel Schmitt est mitigé quant aux résultats.

medium_monsieur_20ibrahim.jpg-Je suis très content de  Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran réalisé par François Dupeyron. Il a fait ce film pour de bonnes raisons… pour l’humanité qu’il y avait entre les deux personnages. Omar Sharif m’a emballé dans le rôle de Monsieur Ibrahim. Par contre, je n’ai pas aimé  Le Libertin que Gabriel Aghion a réalisé d’après une de mes pièces. Après, je suis devenu psychorigide, j’ai passé mon temps a refuser ce genre de proposition…

Et donc l’ami Schmitt s’y est mis tout seul.

-A ma grande surprise en plus, j’ai aimé ça. Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas réalisé de film avant. J’étais comme un poisson dans l’eau.

Je cherche à comprendre comment on s’improvise réalisateur du jour au lendemain.

-J’ai beaucoup travaillé de manière livresque. J’ai dévoré des ouvrages techniques pour acquérir la même langue que les techniciens. Et j’ai aussi lu beaucoup d’entretiens de cinéastes. Fuller, Truffaut, Hitchcock...

D’accord mais je présume que cela ne suffit pas. Il faut une sacrée équipe derrière.medium_schmitt_4.jpg

(Amélie n’arrête pas de nous regarder, comme ça, l’air de rien…)

-Je l’ai eu. Que des pointures et en plus j’avais le choix. J’ai sélectionné  mes collaborateurs pour leur talent mais aussi pour leur caractère. Je voulais des gens avec qui je pouvais passer 6 mois, des gens dont je percevais qu’ils étaient généreux et que ça les excitait beaucoup de faire le premier film d’un écrivain.

Il est comme ça Eric-Emmanuel Schmitt. Puisqu’il est obligé de travailler à plusieurs, autant se sentir en famille.

medium_eeschimtt.jpg-Pour moi, ça a été un vrai bouleversement de découvrir que la création n’était pas forcément solitaire. Habituellement, je crée tout seul. Si j’ai un problème, c’est entre moi et moi. Je m’arrange, il y a des armistices parce qu’il faut bien continuer à vivre.

Il dit cela en souriant. Je sais que la création chez lui passe aussi par la souffrance.

-Quand j’ai envie d’une forme et que je n’arrive pas à la maîtriser, c’est une souffrance énorme mais sous cette souffrance, il y a un rendez-vous possible. Paradoxalement, je suis quelqu’un qui compose très lentement mais qui écris très vite. Je passe des mois avec des personnages, des thèmes et tout se construit dans ma tête… je compose, règle, imagine… un jour, il n’y a plus qu’à coucher cela sur du papier.

Eric-Emmanuel me voit regarder Amélie Nothomb.

-Vous l’aimez bien elle aussi ?

J’acquiesce. Mais je lui explique que ses deux derniers romans m’ont déçu. medium_schmitt_eric.jpg

-C’est vraiment une copine. Nous avons débuté ensemble chez Albin Michel. Nous ne vendions pas encore beaucoup de livres alors notre éditeur nous faisait faire les salons et signatures ensemble. On prenait le train et buvions ensemble… C’était sympa. Du coup, maintenant, nous nous sentons liés.

Nous bavardons si agréablement que c’est son attachée de presse qui vient avec tact le délivrer de moi.

-Vous devez répondre à des interviews par téléphone je crois…

J’ai compris. Je lui demande de nous prendre en photo (vous savez pourquoi). L’auteur joue le jeu avec élégance.

-Ca vous va ? Vous en voulez d’autres.

medium_24.10.06_Eric-Emmanuel_Schmitt_1_edited.JPGJ’ai ce qu’il faut, merci !

Et au revoir.

Très sympathique cet homme là.

Pas déçu.

Du tout.

 

P.S : Sinon, son recueil de nouvelles, je le trouve sensible, intelligent et très agréable à lire. Les chutes sont inattendues et on s’attache aux héroïnes (souvent en souffrance) moins aux hommes (qui n’ont pas le beau rôle : lâche, faible, mesquin et tout et tout)… Mais chez Schmitt, ce n’est pas si simple. Il déteste le manichéisme…

Mon article pour le journal est .

23 octobre 2006

Jeanne Cherhal... fraîche et liquide.

 

medium_jeanne_cherhal_2.jpg

Celle là, je l’attendais avec impatience. J’ai demandé expressément à mon rédac chef bien aimé de me la réserver sous peine de démission immédiate dans les plus brefs délais (euh…en fait non, je me suis à genoux et j’ai pleuré et prié pour qu’il accepte, non parce que j’aime trop mon boulot pour partir, comme ça, sur un coup de tête !)

medium_j_cherhal_leau_192.4.jpgLe nouveau disque de Jeanne Cherhal, L’eau, sort donc aujourd’hui. J’ai petit déjeuné avec elle le 10 octobre dernier au bar La lubie (comme avec lui). Il faut que je vous dise, la Jeanne, je la kif totale (vous aimez quand je parle djeuns ?). J’aime ses chansons, sa personnalité et…

 

Et en plus, elle est souriante, agréable et polie. Bon, vous allez me dire, elle est normale quoi ! A cela je réponds tout de go. Oui, normale.

Mais, vous savez, dans ce métier, tout le monde ne se comporte pas de la même manière.

Après 12 fois par an, la Victoires de la Musique en 2005, catégorie artiste révélation du public propose un deuxième album vraiment différent et d’une rare sensualité. Il transpire le désir.  

-J’aime bien avancer et profiter des choses que j’apprends au contact des autres artistes. Si j’ai évolué, ce n’est pas délibéré, j’ai juste grandi. J’ai abordé l’écriture différemment, c’est moins concret et donc, très logiquement, plus abstrait.

Jeanne Cherhal est là, calme, réservée mais à l’écoute. Elle semble curieuse de ce que je peux penser de cette medium_jeanne_cherhal_02.jpgévolution. Je lui explique que j’écoute cet album depuis le début du mois de septembre et que je ne m’en lasse pas, quelque part, cela doit bien signifier qu’il est joliment troussé, non ?

Ce que je ne lui dis pas, c’est qu’en fait, il tourne en boucle. Je suis incapable d’en expliquer les raisons… bref, la solitaire a fait du bon boulot.

-C’est vrai que pour cet album, je suis partie m’isoler sur plusieurs périodes et endroits, en véritable ermite. En période de travail, j’ai besoin de me renfermer, je suis une véritable taupe.

medium_jeanne12.jpgElle ne chante plus son petit voisin et elle envoie ses talents de croqueuse de portraits au calendes grecques.

Aujourd’hui, elle nous parle du port de la bourka dans Le Tissu :

-J’ai pris ce sujet avec des pincettes. C’est très délicat en ce moment. Ce n’est pas mon rôle d’écrire des réquisitoires. J’aborde simplement ce sujet avec le regard d’une occidentale qui est complètement étrangère au port du grillage. Moi, en tant que femme ça me dérange et ça me rend triste.

Elle évoque aussi l’excision dans On dirait que c’est normal.

-Là, pour moi, c’est sans appel. C’est le mal absolu. Franchement, j’ai pris conscience de l’horreur de lamedium_jeanne_20cherhal2.2.jpg chose en jouant pendant 3 semaines la pièce Les monologues du vagin. Avant de me plonger dans ce texte, je n’avais pas compris que c’était aussi grave.

Mais, sainte Jeanne, sait aussi se faire plus coquine, dévoiler une part de son intimité. Tu m’attires en est le parfait exemple.

-C’est vraiment le genre de chanson que je n’aurais jamais assumée sur un disque il y a encore un an. C’est quand même très sensuel. Parler du corps, du rapport physique et charnel avec quelqu’un, ce n’était pas ma spécialité.

medium_jeanne.jpgMa chanson préférée de l’album est La peau sur les os. Elle parle de son amoureux (et néanmoins excellent musicien chanteur Albin de la Simone, qui réalise d’ailleurs cet album et dont j'ai chroniqué il y a deux ans son deuxième disque) et en profite pour glisser que la vie à deux n’est pas toujours simple… Qui domine qui ? That is the question.

Disséquant toutes ses chansons, je finis par lui avouer que c’est un truc que je n’aime pas faire : les explications de textes. Initialement, tout devrait être dit dans une chanson. Pas besoin d’appuyer, de surligner, de stabiloter… Mais, en tant que bon connard de journaliste, je le fais aussi, parce qu’il faut que j’écrive un putain de papier le plus précis possible (il est ici medium_cigale.jpgd’ailleurs).

-C’est vrai que la meilleure façon de dire les choses est dans nos chansons. Après, c’est délicat de les justifier. C’est sympa que vous soyez conscient de la chose… »

Ouais, ben, ça ne me plait pas toujours ce rôle là… mais bref, c’est en faisant ce métier que je peux me permettre de passer une heure avec des gens que j’admire, du moins que je respecte.

medium_10.10.06_Jeanne_Cherhal1_edited.2.JPG 

Que dire de plus ? Cet album est (pour moi) un des meilleurs de la production française actuelle. Je ne me lasse pas d’écouter Canicule, Je suis liquide ou Voilà. Le clip de Voilà est visible ici et quelques chansons écoutables là.

Jeanne Cherhal, Merci ! (Titre de l’avant dernière chanson du disque).

21 octobre 2006

Marianne Farouch... la swingueuse!

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Enfin, nous avons réussi à nous croiser! Une petite heure à L’île enchantée, bar du 10eme arrondissement de Paris. Ca fait pas mal de temps que je voulais ce rendez-vous avec Marianne Farouch (la preuve , et aussi là et encore là, j’y évoque sa dernière prestation scénique…)

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_6_edited.JPGBref, j’ai connu la jeune chanteuse en recevant son disque il y a deux ans, Le nombril du monde. J’avais beaucoup aimé la fraîcheur qui s’en dégageait. Je ne l’avais pas rencontré parce que je ne devais écrire qu'une petite chronique. La voici: 

 

"Parce qu’elle a des origines de l’Est, Marianne joue une musique qui, au regard de l’histoire qu’elle véhicule, file des frissons. Un peu Manouche, un peu Yiddish, un filet de bossa, de jazz, de tango, bref, tout ce qui swingue. Elle aime Django Reinhardt mais aussi la musique Brésilienne, John Coltrane et Jacques Higelin. Les études en musicologie de cette éclectique jeune trentenaire, sa fonction de chef de chœur, ses nombreux concerts et premières parties, font d’elle une musicienne complète et chevronnée. Elle écrit, compose, arrange et chante la plupart de ses chansons. Alexis Hk (qui fait office de parrain) a co-signé deux textes et interprète un duo avec Marianne sur la ballade « Le Funambule ». Autre chanson à deux voix, « Une journée à rien faire », avec le chanteur et guitariste brésilien Ricardo Teperman. Les chansons sucrées salées de Marianne offrent un regard positif et nostalgique sur le monde et les gens. Cerise sur le gâteau, l’amour côtoie l’humour."

 

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_2_edited.JPG Aujourd’hui, dans un contexte hors promo, je peux me pencher un peu plus sur le cas Marianne Farouch (comme je l’avais déjà fait ici même avec Jérôme Attal).

 

Et c’est toute pimpante, rayonnante et enceinte (lien de cause à effet ?) que débarque Marianne. Le feeling passe immédiatement. Un thé pour elle, Coca Light pour moi (l’importance des détails).

Très vite, nous parlons de sa page Myspace (dans lequel vous pouvez d’ailleurs écouter 3 titres tirés de son disque et une reprise d’une chanson qu’elle joue régulièrement sur scène) et de mon blog, qu’elle connaît un peu. D’ailleurs, c’est amusant parce qu’elle croyait qu’une photo Mandorienne, c’était une photo trafiquée. Pas du tout. Les gens son naïfs.

Regardez là (à droite), elle voit bien que je n’ai réellement pas de visage… et ça surprend toujours un peu au medium_11.10.06_Marianne_Farouch_5.JPGdébut.

Notez, d'ailleurs, que les formidables clichés de la demoiselle sont prises par moi même et je n'en suis pas peu fier (à part celle du haut, où elle se fait attaquer par de méchants papillons!)

 

Le premier disque du Marianne Farouch’Orchestra a « marchouillé » étant donné une promo plus qu’aléatoire. Disons qu’il ne s’est pas vendu des masses et c’est bien dommage parce que c’est un disque différent de la production française actuelle. Joyeux, émotionnel et sensible. Au pays de Marianne ça swing !

 

Normal.

 

-Mes grands-parents sont juifs polonais et j’ai bercé à la fois dans la musique yiddish et dans celle de Django Reinhardt. Mon père est un fou de jazz et comme lui, ses deux frères sont musiciens.

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_4.JPGMarianne Farouch voulait, elle aussi, faire du jazz mais aujourd’hui sa musique est puisée non seulement dans ses racines mais aussi dans la musique brésilienne.

Dans Le Nombril du monde, les chansons sont écrites par elle même et deux autres auteurs : son copain chanteur Alexis HK (dont j’ai beaucoup écouté le premier disque Belleville en 2003 mais dont j'ai zappé involontairement son L'homme du moment l'année suivante) et Vincent Rothenburger. Ses chansons lui collent à la peau et correspondent parfaitement au tempérament de feu de Marianne (je dis ça, je ne la connais pas vraiment mais c’est l’image que j’ai d’elle). Croyez moi, cet opus est peu connu mais quasi essentiel dans une bonne discothèque…medium_art_mariannefarouchorchestra.2.jpg Il est trouvable sur les sites de la fnac, ou celui de Price Minister par exemple...

Evidemment, j’ai envie de savoir si elle travaille sur un deuxième disque et évidemment, oui, bien sûr, elle travaille sur un deuxième disque. Etre enceinte n’empêche pas l’inspiration.

-Les trois premiers mois, je n’étais pas du tout inspirée. J’étais plus concentrée sur mon bébé mais depuis quelques temps je suis stimulée au niveau de la création artistique. Mes textes sont plus dans l’émotion mais la musique est plus énergique, presque plus « psyché ».

medium_Carton_marianne.jpgMarianne Farouch est loquace et j’aime ça. Nous devisons sur sa musique mais aussi sur la maternité, sur la joie qu’elle éprouve quand elle monte sur scène, sur ses « collègues » es nouvelle scène française (son préféré étant Sanseverino ») et sur ses voyages nombreux et lointains avec son compagnon…

Il n’est pas interdit de penser que Marianne va enfin se faire connaître d’un public plus large. Le contraire serait même injuste et étonnant.

Nous nous quittons, parce qu’il le faut bien. Elle remarque que je n’ai pas la version définitive de l’album (avec la jaquette et tout et tout) mais une bête copie protégée par un étui transparent en plastoque. Elle me demande de l’attendre, le temps pour elle de filer chez elle (elle habite, vous l'avez compris, à proximité du bar) afin de m’en offrir un.medium_11.10.06_Marianne_Farouch_1_edited.JPG

Petit geste appréciable.

En ce moment, elle a mis la pédale douce sur les concerts pour s’occuper de sa grossesse. Ce temps de repos, elle l’utilise pour préparer et peaufiner tranquillement l‘écriture et les compositions de son deuxième album « qui sera forcément  mieux produit ». Elle espère le sortir au printemps prochain. Moi aussi.

Longue route...

 

P.S: Je viens de tomber là dessus... une fan, je crois.

20 octobre 2006

Kad et Olivier (et Mandor) sont dans un bateau...

medium_Iznogoud.jpgHier après-midi, à l’Avenue, restaurant people de l’avenue Montaigne, je me suis posé une question.

Comment interviewer pendant une heure deux comiques quand on n’a pas grand-chose à leur dire sur l’objet de la rencontre ?

Et l’objet de la rencontre, c’est un livre humoristique : 100 bonnes façons de ne pas avoir de contraventions.

medium_1185_100bonnesfaconscontraventions.2.jpgC’est simple.

On biaise.

On évoque l’objet en dix minutes.

Tout est là… Il n’y a rien à ajouter.

Puis on part dans tous les sens.

medium_quiatuepamelarose_aff.jpgEt avec Kad et Olivier c’est facile de partir dans tous les sens.

Ils sont multifonctions.

Depuis 1991, date de leur rencontre, ils ont tout fait. Radio, télé, spectacle.

Et cinéma…

A deux : Mais qui a tué Pamela Rose et aussi  Un ticket pour l’espace.

 

Et Kad, devenu Kaddour Merad pour le cinéma en solo. Comédien qui cartonne (voir là !).

Alors, on en parle et on taquine…medium_unticketpourlespacepack.jpg

Olivier Barroux, pas jaloux de Kad ?

Olivier : Absolument pas, j’en suis même très content. Ca rejaillit sur notre duo.

Kad : (un brin ironique) Il veut faire un film avec moi alors, tant que j’ai du succès, je suis bankable pour monter son projet.

Olivier : Oui, mais en fait, je n’y arrive pas.

Kad : Parce que ton scénario est pourri.

Rires des deux.

medium_19.10.06_11_Kad_et_Olivier_edited.JPGOlivier : On a une boite ensemble. Son succès nous sert. Moi, franchement, je n’ai jamais eu de velléité à devenir comédien à tout prix.

Kad : Oui, mais tu n’es pas un bon acteur, non plus.

Re rires des deux comparses.

Kad : Pour parler sérieusement, j’ai eu un gros coup de bol de jouer dans Les Choristes. C’est ce qui a tout déclenché.

Olivier : Il n’y a pas que ça. Tu es bon comédien. Très bon même. Tu touches les gens.

Ces deux là s’aiment, ça se voit, ça se sent. Mais, la pudeur est là. L’humour reprend donc le dessus.

medium_kadetoliecrallargeself.2.jpgKad : Et puis, à un moment donné, il y en a un de nous deux qui va décéder. En plus c’est toi qui vas décéder en premier.

Olivier : C’est pas sûr ! Statistiquement, c’est toi qui as le plus de chance de partir avant moi.

Kad : Tu dis ça par rapport à ce que je bois ? C’est vrai.

Et puis, le temps s’écoule lentement… il faut continuer sans relâche à alimenter la conversation.

On parle projets.

Un « two men show » en préparation, un double DVD de tous leurs meilleurs moments à la télévision en janvier, un autre film en commun bientôt à l’écriture…

medium_La_traverse_a_l_atlanyiq.jpgQuand il faut meubler, des questions connes et inutiles sont posées. Je vous en fais grâce.

Au  bout de trente minutes. On navigue à vue. La terre est lointaine.

Au bout de quarante cinq, on sort les rames.

Au bout d’une heure. On reboit un café, on plaisante un peu et surtout…

On fait les photos Mandoriennes sans expliquer pourquoi on se fait tirer le portrait avec eux.

Du coup. On fait fan.

medium_19.10.06_13_Kad_et_Olivier_3_edited.JPG

Jamais eu peur de passer pour un fan.

Je suis fan de plein de monde.

Je revendique ma « fan attitude ».

Il y a peu de journalistes qui ose.

J’ose.

Mais parfois, j’ai un peu honte.

On se quitte en se promettant de se revoir pour la sortie du DVD.

Le pire, c’est que le cirque risque effectivement de recommencer dans 3 mois.

Peur de rien.