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21 décembre 2006

Nadj... chanteuse oniro-électrique!

 
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Quoi sur ce blog ça sent le sucre? Même pas... l'aspartam plutôt. Tout est édulcoré.

Ca dégouline de miel à chaque note. Beurk!

Ca en devient écoeurant.

Ok! Je ne suis pas le plus grand perturbateur de la blogosphère, je sais bien, alors aujourd'hui, je vais faire fort. Je vais vous donner une grande claque musicale dans la gueule!

J'ai reçu il y a près de 6 mois un album 5 titres d'une dénommée Nadj. Je mets le disque dans mon manche disque (quoi???).

Et là, je monte le volume. Ma femme m'engueule.

-T'écoutes quoi là! C'est plus de ton âge Motorhead. Bordel de merde, t'as plus 15 ans!

(Même pas, elle me parle comme ça en vrai!)

medium_982732896_l.jpgJe mets donc le disque dans mon walkman (quoi encore???) et là, mes cages à miel (salut Zégut!) partent en vrille méchamment.

Aïe, ouille!

'tain, ça déménage ce truc là.

Ensuite, j'ai mis mes écoutilles en soins intensifs.

Un bon Vincent Delerm et ça va mieux.

L'est folle cette Nadj!

Puis, il y a quelques jours, je reçois l'album (en entier) et dans la foulée, un appel de son attachée de presse m'invitant vivement à la rencontrer.

J'accepte, évidemment, parce que cette nana (la chanteuse, pas l'attachée de presse) me paraît déjantée, voire medium_816321482_l.jpgborderline (et je l'ai déjà dit ici, j'adore les gens extrêmes!).

Ainsi donc mercredi dernier (le 13 décembre) je me rends chez Warner.

L'attachée de presse et Nadj viennent me chercher à l'accueil pour m'emmener dans une petite salle au sous-sol. Comme d'habitude, nous consacrons les premières minutes à nous observer. Je lui pose des questions simples sur le début de sa carrière.

-Mon choix de faire du rock brut n'est pas calculé. Ca s'est imposé à moi. Entre 20 et 27 ans, j'ai expérimenté plein de choses et de styles différents. A un moment donné, il y a élagage, un tri qui se fait naturellement. Les racines de toi s'imposent. De plus, les gens que je connais m'ont beaucoup encouragé dans le sens que j'ai pris. « Hurle, crie, fait ce que tu veux mais c'est ça ton truc! »

Donc elle hurle, elle crie et elle fait ce qu'elle veut.

Sans concession.

medium_1058404963_l.jpg-Disons que je maintiens mon périmètre. C'est obligatoire de vouloir préserver son identité. Au début, avec ma maison de disque On Music, j'ai appris à mettre des nuances mais jusqu'à un certain point. Ca a été des débats houleux, bref, il a fallu se connaître, se rencontrer. C'est comme une rencontre avec quelqu'un. Il faut apprendre à se polir au contact de l'autre.

Mais, bon, disons le tout net, ce disque est le plus rock, punk, hard de la production française féminine.Ses copines Mademoiselle K, Katel ou Adrienne Pauly, à côté, ce sont des petites chanteuses à la croix de bois.

-Et encore, le disque est plus lisse que ce que je peux produire sur scène. On aurait pu faire un truc cent fois plus fou.

Ah bon! M'étonne-je.

-Les gens qui me connaissent sur scène trouvent que le disque est plus sage et tranquille. On sent qu'il y a du travail de production derrière.

Ah bon? Me rétonne-je.

Après un disque autoproduit et des concerts à gogo (dont des premières parties en solo pour Dominique A, Brigitte medium_1145260249_l.jpgFontaine, Arno ou en trio pour Jean-Louis Murat, Venus, Radio 4, Elysian Fields...), Nadj n'a rien à apprendre de quiconque. Dans le métier depuis 10 ans, ce premier disque « officiel » lui sert juste à accéder à l'échelon supérieur. Point barre.

-Je connais bien l'envers du décor du monde de la musique parce que je l'ai beaucoup pratiqué. Ce n'est pas parce que tu signes dans une maison de disque que tu y es arrivé!

Lucide la demoiselle.

Elle vit sa musique comme un parcours initiatique, une quête de soi.

-Le parcours d'un artiste ne peut se dérouler sans passer par de sérieuses remises en question. On passe sa vie à faire des choix pour un jour comprendre le chemin qu'il faut emprunter.

Un peu comme pour tous les métiers, suis-je tenté de préciser.

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En tout cas, la musique est salvatrice pour Nadj. Sans elle, serait-elle paumée?

-Carrément. C'est la scène qui me permet de me sentir à ma place dans cette société. J'ai mis beaucoup de temps à savoir qui j'étais. J'avais du mal à comprendre ce qu'il se passait autour de moi, ce que je foutais là... J'avais de grandes questions existentielles. Quand j'ai admis que ma place était autour de la musique, les choses ont été beaucoup plus simples pour tout le monde. Ce qui n'est pas simple après, c'est la survie. Ok! Je suis une artiste mais, qu'est-ce que je fais? Comment je vais vivre?

medium_1143350142_l.jpgJe trouve cette chanteuse très charnelle.

-Je suis contente que tu me dises ça. Mes textes ont un rapport avec le corps. Du moment que tu es connecté à ton corps, à ta réalité sensitive, à tes sensations tu ne peux pas être endormi, ni te complaire. C'est un peu le refus de l'intellect. J'ai une trop grande capacité à réflechir, à cogiter. J'ai appris à devenir une sensitive.

Son écriture en est la preuve parfaite.

-Je ne cherche pas à ce que l'on comprenne ce que j'écris. J'ai envie que mon écriture reste instinctive et qu'elle provoque plutôt une sensation qu'une réflexion. J'ai une vision des choses kaléidoscopique et hallucinante, mais (en souriant) je ne prends pas de drogue.

Ah bon??? Pourtant, elle est artiste... (Oui, ben les clichés ont la vie dure!)

-Je pense que je chope des trucs. Je suis très sensible, j'ai des antennes. Ca m'a valu des périodes assez difficiles parce que je captais pas mal de choses autour de moi. J'ai un ressenti et des intuitions très forts en présence d'autres personnes.

A ce moment là, je vois son nez qui gigote de gauche à droite très rapidement.medium_725260717_m.jpg

Mince! Ma sorcière bien aimée devant moi.

J'ai l'air de me moquer mais pas du tout en fait. Cette fille dégage un sacré truc, je vous assure.

Le charisme ça s'appelle et une espèce de folie qui m'attire.

-Il faut accepter la folie qui est en nous. Ne surtout pas l'étouffer. Quand j'ai essayé, ça finissait par ressortir quelque part. Donc maintenant, je chante et je joue de la musique. Ma folie sort par là!

Nadj, une chanteuse enragée alors?

-Enragée, je ne sais pas ce que ça veut dire. Moi, j'arrive à accepter ma puissance, à apprivoiser mes ombres. Je ne veux surtout pas me juger. Je suis plus dans la jouissance que dans la rage. Ma musique est un exhutoire qui n'est ni glauque, ni plombant, ni obscur... c'est une allée pour rejoindre la lumière et la liberté.

Après l'interview, je lui parle de mon blog. Ca l'amuse pas mal mais quand je lui demande de faire les photos nécessaires, je sens que ça la branche moyen moyen.

Mais je ne désarme pas.

Elle me dit que généralement elle s'occupe elle même de ses photos.

Négociations.

Elle accepte enfin.

Ouf!

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medium_art_couvlo37nadjb2.jpgNadj est à découvrir si vous aimez la zic forte, puissante, avec aspérités.
Rien n'est feint chez elle. Dans ce disque, la fureur sonique se mêle à des titres plus intimistes, presque acoustiques.
Comme le dit sa bio officielle: Imprévisible Nadj. Une antie-statue. Le mouvement perpétuel. Une promesse d'après. Une révélation!
Et la reprise de Ace of spades de Motorhead sur son MySpace, ça se laisse écouter aussi.
Tiens ce mois ci, elle est en couv' de Longueurs d'Ondes (ce n'est pas le joural dans lequel je travaille, je précise.)

15 décembre 2006

Ron l'infirmier... A l'écoute du monde.

 

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Voici mon 4eme blogueur écrivain Mandorisé.

Bon, il faut être honnête les amis Aymeric (), Frédéric () et Benoît (là encore), cet homme a une fréquentation quotidienne qui dépasse l’entendement même si (pour une fois) c’est mérité. Il faut être clair, nous quatre réunis on ne lui arrive pas à la cheville au niveau des stats.

Ron l’infirmier n’est pas ce qu’on peut appeler un inconnu dans cette sphère bloguienne. Non, autant le dire, il cartonne du feu de dieu.

Pour ne rien vous cacher, j’avais quelque à priori sur son blog sans l’avoir visité.

Ce qui n’est pas très malin, j’en conviens.

Un infirmier qui raconte sa vie d’infirmier n’était pas un truc qui me faisait franchement délirer (j’ai pourtant une réelle admiration pour les infirmiers. Ils doivent faire preuve d’empathie, ils accompagnent, ils soignent les blessures physiques aussi bien que celles de l’âme.)

Mais voilà, j’ai un problème avec les stars du blog… (Voir cette délicieuse note).

Et puis, étant donné ce que je pense de l’intérêt tout relatif d’un certain Loïc, je mettais un peu tout ce beau monde dans le même panier (Sauf Folie privée, Thomas, Christophe, Vinvin qui a d'ailleurs podcasté Ron et Mry).

Et Ron l’infirmier, donc.

Parce que j’ai fini par m’y rendre sur ce fameux blog.

Et j’ai compris.

Le mec à une plume.

Belle de surcroît.

Une qui frappe vite et bien, dans le sternum, le cœur  ou en pleine gueule, c’est selon.

Humanité, horreur, dérision, second degré, le tout enrobé d’une touche d’humour.

J’ai appris qu’il consignait les évènements de « sa drôle de vie d’infirmier » depuis 1996 « sur un cahier bleu Clairefontaine ». Il était alors assistant sanitaire dans une colonie de vacances en Corrèze. Il venait de sauver la vie d’un petit garçon que tout le monde pensait être un simulateur. Le gamin avait en fait une violente péritonite.

Bref, il note ses souvenirs d’infirmier depuis plus de 10 ans.

medium_ron_livre.jpgApprenant qu’il sortait un recueil de nouvelles (édité par Guy Birenbaum aux éditions Privé) tirées des histoires qu’il écrivait sur son blog, je me suis dit qu’il n’était donc pas inopportun pour moi de le rencontrer.

En début de semaine dernière. Je lui envoie une petite bafouille matinale expliquant sommairement qui j’étais et ce que je souhaitais (en lui laissant un lien sur mes chroniques).

Une heure après, réponse positive.

Il me propose des dates proches.

J’en accepte une.

Souci, je n’ai pas son livre.

Je lui explique que, sans son ouvrage, je ne peux l’interviewer.

Rencontrer un auteur sans avoir lu sa récente prose est un truc inenvisageable pour moi.

Je ne l’ai jamais fait de ma vie.

Il me répond qu’il prévient sa maison d’édition illico.

Le jour de la rencontre approche et toujours pas de La chambre d’Albert Camus et autres nouvelles dans ma boite aux lettres.

Je commence à m’énerver intérieurement.

Je le relance par mail.

Il me rétorque que ça devrait arriver, là, incessamment, puisque le livre est parti mais m’envoie un texte inédit (qui sera sur le prochain…) et un lien vers la seule nouvelle qui reste sur son blog et qui figure également sur le livre.

Je lis et ça me fait presque pleurer.

Le salaud !

Je n’aime pas ça, de bon matin, en prenant mon énième café, être chamboulé intérieurement.

Carrément duraille.

Vraiment intime.

Une des plus intimes selon Ron.

Le jour J arrive donc (mardi dernier… 12 décembre).

J’ai rendez-vous avec lui dans sa maison d’édition.

Et je n’ai pas reçu son livre…

(Note de moi-même : Je l’ai trouvé le lendemain dans mon courrier du jour. Une semaine pour faire Paris/Val d’Oise… Mazette ! Tout ça pour dire que je l’ai lu avant d’écrire cette note. C’est la moindre des choses. Merci !)

La charmante Bob m’accueille en me disant : « Bonjour, c’est moi Bob ! »

Enchanté ! Je me présente sous ma vraie identité.

« Vous venez pour Ron, je suppose ? ». medium_ron_l_infirmier.jpg

Je reste interdit devant cette clairvoyance. Ron m’est présenté et on nous emmène dans un bureau occupé par une demoiselle qui s’active au téléphone.

Donc, nous devons faire l’interview ici devant une tierce personne.

Pas question.

Je l’ai écrit maintes fois ici. Je n’aime pas ce cas de figure.

Il me faut un entretien privé (rien à voir avec le nom de la maison d’édition !)

Je lui suggère de trouver un bar proche.

Ca le gonfle peut-être mais Ron acquiesce.

Nous voilà dans la rue à chercher un bar. Nous passons devant ma voiture, qui est entrain de se prendre une prune.

Ron me dit.

-Ce n’est pas grave, elle ne sera que de 11 euros !

Effectivement, je me dis que pour lui, il y a plus grave dans la vie.

Je sens qu’il me jauge un peu. Pas question de trop en dire pour le moment donc il est poli mais pas prolixe. On trouve enfin un bar honorable.

Je ne sais pas trop comment m’y prendre parce que :

1) Je ne me sens pas assez préparé, n’ayant pas lu ses nouvelles.

2) Il me semble un peu sur la défensive. Pas une défensive agressive, une défensive prudente. Comme s’il se méfiait.

Je suis pourtant un brave garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche. A un moustique oui, je le confesse. Ayant habité 6 ans en Guyane, je suis devenu tueur en série d’insectes en tout genre.

Je branche mon magnéto. J’ai devant moi le premier blogueur édité au rayon généraliste, je prends donc le pouls de son enthousiasme.

-Ce qui m’arrive est la cerise sur le gâteau dans ma vie. Je suis déjà très heureux mais je prends cette « aventure » comme un plus.

Je sais qu’il fait tout pour relativiser, pour que toute cette agitation autour de lui ne lui monte pas à la tête.

medium_12.12.06_2_Ron_edited.JPG-J’ai effectivement des sollicitations qui arrivent de tous les côtés. Je trouve ça plaisant mais il faut que je garde le contrôle. Au fond, c’est simple. J’ai un plan B, un métier, un salaire... Si cela devient ingérable, incontrôlable, si je sens dans le regard des gens qui m’aiment et que j’aime qu’il y a une couille dans le potage, que je fais n’importe quoi, je dirai halte à tout. Tu sais, demain, je suis au boulot. A 6h30, je fais des prises de sang. Il faut se calmer. Je ne suis pas le premier ni le dernier à écrire un bouquin.

La question que tout le monde se pose (et qui à tendance à légèrement l’exaspérer) est de savoir si ce qu’il écrit est vrai ou un peu transformé voire complètement.

-Pour rendre le récit plus agréable, il m’arrive d’amoindrir les faits qui sont durs et d’accentuer les traits caricaturaux. Mais j’ai constaté que la réalité dépassait parfois largement la fiction. Mais au fond, qu’est ce qu’on en a à foutre si tout ce que je dis est la pure vérité ? Je raconte une histoire, point barre. Et si je la raconte c’est que j’ai une raison.  

Ron tient à préciser qu’il n’aime pas se mettre en scène dans ses histoires.

-Mon personnage Ron l’infirmier est très neutre, très passif. Dans Tintin c’est le capitaine Haddock ou la Castafiore qui sont intéressants, pas Tintin.

Et là, il m’explique d’où lui vient son pseudo.

-Ron, c’est le meilleur ami d’Harry Potter. Ron Weasley. Il assiste à toute l’aventure mais il est calme, très en retrait le jeune homme. Moi, c’est la même chose.

Je cherche à connaître son vrai prénom parce que ça me gène de l’appeler Ron. Il refuse de me le donner.

-Je ne l’aime pas… Je préfère Ron.

Moi, franchement, je refuse qu’on m’appelle Mandor dans la vraie vie mais lui doit avoir ses bonnes raisons…

Ses lecteurs finissent, du coup, par faire un amalgame entre lui et son personnage.

-Mais je ne m’appelle pas Ron dans la vie ! Dans ce que j’écris, il faut prendre du recul ni tout prendre au premier degré. Mes histoires ne sont que des histoires. Ce ne sont pas des témoignages ni des autofictions. Je suis juste quelqu’un qui témoigne… qui aime transmettre.

Je n’insiste pas. Enfin si, un peu. Je suis parfois un peu tenace (et chiant aussi).

-Bien sûr que je parle aussi un peu de moi mais je choisis exactement ce que je veux raconter. Je choisis l’éclairage, le maquillage, le fond… Il y a dans mes textes uniquement ce que je veux bien montrer de moi. Pas plus.

Ses témoignages en tout cas sont intenses, profonds et font réfléchir.

Je vais vous dire sincèrement les choses. Quand j’ai refermé son livre, je me suis dit que nous étions dans un monde quand même assez pourri.

Ne me prenez pas pour une quiche, je le sais depuis longtemps, évidemment, mais Ron appuie là où c’est fichtrement douloureux, il titille nos émotions et finalement nous permet d’ouvrir nos putains d’œillères.

Je n’aime pas qu’on me prouve que je ne suis qu’un sale égoïste.

Rassurez vous, vous aussi ! (Si je puis me permettre.)

D’ailleurs son livre à pour principal sujet la connerie humaine de chacun.

 

-La connerie humaine me ralentie. Je suis peut-être naïf mais je crois à des valeurs simples. Je crois à l‘amour, au partage et au don. Mais je ne suis pas non plus mère Térésa. J’ai mes côtés relou comme tout le monde mais globalement ça va. C’est pour ça que j’écris.

Je devais faire 30 minutes d’interview, nous sommes restés ensemble 1h30.

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En clair (et pour conclure), je pense que Ron l’infirmier a écrit le livre idéal pour décrire l’inhumanité de l’être humain.

Comme le dit le fameux Albert Camus de son livre : « L’homme, il est trop con. Comprend rien. »

Un autre personnage (madame Pascol) dans une autre nouvelle résume bien tout ça :

« En France, le civisme, hein, le civisme… Le regard sur autrui, l’inconnu qu’on doit aider, la bienséance, l’éducation, ou simplement les valeurs humaines. On se fiche de l’autre. L’autre n’est qu’une nuisance, un moyen ou un objet. L’autre n’est plus rien. »

Ron est réac, mais il assume.

Idéaliste aussi certainement.

Mais ce n’est pas grave. Il est bon parfois de se faire chahuter, bousculer.

Tout le monde devrait lire ce livre, histoire de voir la vie d’un autre œil et d’essayer de porter un autre regard sur son prochain.

Devenir moins con quoi.

Allez ! On the Ron again !

13 décembre 2006

Guillaume Nicloux... Auteur-réalisateur.

 

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Je suis allé voir Le concile de pierre, malgré les critiques négatives lues dans la presse.

medium_concile.jpgJe suis bien placé pour savoir qu’il faut parfois s’en méfier alors j’ai pour habitude de juger par moi-même (qui est un grand garçon).

Vous n’êtes pas sans savoir qu’ici, c’est un peu l’île aux enfants. Je n’aime pas dire du mal. Donc, il y a dans ce film de bien belles images…

Et il est intéressant de découvrir comment est Monica Bellucci au réveil, ce qui, dans la vie, n’est pas un truc qu’il m’est donné l’occasion de juger par moi-même (je suis pourtant un grand garçon, bis repetita).

Et pourtant, j’aime bien Guillaume Nicloux (tout ça pour en arriver là). Je l’ai découvert grâce à ses romans. Zoo city, notamment, est un polar bien ficelé… pour tout dire, j’ai eu ma période Nicloux.

Tout lu.

 

Bref, au cinéma, Une affaire privée, son deuxième film après Le Poulpe, m’avait vraiment intéressé. On y voyait un Thierry Lhermitte transformé en détective privé détruit par la vie et différents excès.

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De 1999 à 2003, j’étais rédacteur en chef d’une web tv (cinema-tv.com) et j’animais sur cette chaîne une émission intitulée Le film à la page. J’y recevais des personnalités qui faisaient le lien entre la littérature et le cinéma. Un auteur adapté au cinéma par exemple, un réalisateur qui tourne un film d’après un livre, un comédien qui sort une biographie et dans le cas présent un auteur qui devient réalisateur. Finalement, le choix était vaste.

Parfois, je me déplaçais sur des tournages.

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Ainsi le 7 juin 2001, Guillaume Nicloux m’a convié sur celui d’Une affaire privée.medium_une_affaire.jpg

L’occasion de discuter avec Robert Hirsch et Lhermitte mais surtout d’interroger pendant une heure le pas facile auteur réalisateur (qui n’est pas précisément un fantaisiste).

Pas mal sur la défensive, il a fini par se dire que ça ne servait à rien de s’énerver devant un type qui semblait connaître son sujet et qui est venu en ami. (On n’est pas tous les jours interviewé par Casimir tout de même !)

Donc, au final, la conversation cinémato-littéraire s’est bien déroulée. Amusant aussi d’être au milieu d’un décor (vu sur grand écran quelques semaines plus tard.)

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Moralité : C’est bien la presse écrite mais je referais bien un peu de télé moi.

Je sais. Ca fait un peu appel du pied.

Pas grave...

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05 décembre 2006

Mabrouck Rachedi... auteur très urbain!

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Le 8 novembre dernier, je reçois un mail sur l’adresse de mon blog. Un dénommé Mabrouck Rachedi me dit être un lecteur de mes chroniques, me précise qu’il est écrivain et qu’éventuellement, nous pourrions nous rencontrer…

Je tape son nom sur Google et constate qu’il y a de nombreuses critiques positives sur son roman Le poids d’une âme. Mais, bon, je reste réticent car, selon les journalistes, malgré tout le bien qu’ils en disent, c’est un roman sur la banlieue…

Je me demande s’il n’est pas souhaitable que je reste sur un bon souvenir avec celui d’Aymeric Patricot qui traitait ce sujet sous un angle original (voir ici ma rencontre avec lui). Et puis, comme je suis un incorrigible curieux, je demande à Mabrouck de m’envoyer son livre. Dès réception, la quatrième de couverture me rassure :

medium_mabrouck_livre_avec_photo.jpg« Sur le mode picaresque, les mésaventures d’un jeune homme de banlieue toujours au mauvais endroit au mauvais moment, et le chassé-croisé des hommes et des femmes qui, contre le système, contre la banlieue, contre leur quotidien, vont tenter de l’aider. »

Il y a donc du positif dans ce roman.

J'ai lu, je me suis régalé (sur un sujet qui au départ, je le rappelle au risque d'être lourd, me laissait froid.)

Hop ! C’est décidé, je prends rendez-vous avec cet écrivain qui a fait l’effort de me contacter.

C’était mardi (28 novembre), vers 19h, dans un café de le rue du capitaine Ferder. J’étais encore avec mon pote la louve. Ca faisait un moment que nous n’avions pas siroté ensemble. Mabrouck est arrivé pile poil à l’heure. Un peu gauche, timide et… pince sans rire. Curieux personnage mais tout de suite attachant. Il se joint à nous et participe à notre conversation de manière curieuse et inédite.

Une phrase = une remarque pertinente.

Pas un mot de trop.

Le bavasseur que je suis est impressionné.

Je demande à la louve de faire les photos Mandoriennes avant qu’il ne nous laisse.

L’auteur s’amuse à prendre la pose comme sur la photo de la jaquette de son livre. Je ne le sens pas très à l’aise avec ce genre de séance.

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Pas très à l’aise non plus quand je sors mon magnéto. Je lui dis de faire comme s’il n’y en avait pas tout en sachant que c’est impossible. Une conversation enregistrée n’aura jamais rien à voir avec une conversation en off. C’est comme ça.

 

Je dis à Mabrouck que, quand même, son héros a une sacrée scoumoune. Lounès, un matin comme les autres arrive en retard au lycée. Quelques heures plus tard, il se retrouve en prison, accusé quasiment de terrorisme et sous la menace d’une expulsion. Mazette ! Il aurait mieux fait de ce casser une jambe. La faute à qui ? A « pas de chance » qui traînait dans le coin. En fait, une succession de petits événements qui, assemblés, vont se transformer en engrenage infernal… « Cette histoire, je la porte depuis longtemps. La question principale est : comment un type pris dans un absurde imbroglio peut parvenir à s’en sortir ? Moi, je n’en sais rien mais j’ai essayé d’inventer. C’est mon travail d’écrivain. ».

Conseil au prochain journaliste qui rencontrera Mabrouck Rachedi, évitez de lui dire qu’il s’agit là d’un énième roman sur la banlieue… il en a un peu ras la cacahouète (quoi, elle n’est pas jolie cette expression ?) d’entendre cette remarque convenue (mais tellement tentante). Parce qu’il décrit des émeutes, une cité qui s’embrase, un bus qui flambe et autres joyeusetés déjà vu en vrai de vrai, genre fin 2005. Mais voilà, Mabrouck a écrit ce livre quelques semaines avant ces « évènements ». Est-ce être visionnaire que de décrire avant l’heure l’escalade d’une banlieue où la misère et l’ennui sont des cocktails explosifs ? Tout au moins, c’est ce qu’on appelle avoir du nez.  « Cette histoire aurait pu aussi bien se dérouler dans le 9eme arrondissement de Paris. Simplement, je raconte un environnement que je connais puisque j’en viens. »

Il n’en reste pas moins qu’on lit ce livre comme un roman policier. Un style virevoltant et haletant. Pas de temps mort, du suspens à chaque fin de ses courts chapitres et des coups de théâtre divers et variés. Malin le Mabrouck.

Bon, au final, qui sont les fautifs des (més)aventures du pauvre Lounès ?

Parce que, figurez-vous, tout le monde en prend pour son grade. A commencer par les médias qui jettent de l’huile sur le feu et cultivent la peur au point de ne pas hésiter à transformer la réalité (les salauds !). Mais la faute aussi à l’autorité parentale absente, à la police et à la justice qui ne tournent pas toujours rond et qui se foutent du respect de l’être humain (ok ! Je schématise un chouïa).

En tout cas, ce livre est plein d’espoir.

Je ne raconte pas la fin, hein ?

Mais bon sang de bonsoir, c’est bon la solidarité ! Quand un chauffeur de bus, une prof de français, un journaliste, un juge, une infirmière et quelques autres personnes désabusés mais finalement volontaires se réunissent pour combattre l’injustice, c’est fichtrement beau.

Et bravo à monsieur Rachedi d’avoir le talent de ne pas faire pleurer dans les chaumières et même de parfois nous faire un peu sourire.

En plus, il nous informe sans nous faire la leçon.

Malin le Mabrouck (bis).

Un peu fou, certes, puisqu’il m’avoue avoir abandonné son travail « officiel » dans la finance pour exercer à temps plein le métier d’écrivain. Voilà ce que dit de lui le site de JC Lattes :

Né en 1976, Mabrouck Rachedi vit à Vigneux-Sur-Seine. Bac C, DEA d'analyse économique, il a travaillé quelques années dans une société de bourse. Lassé des costumes rayés, des cheveux gominés tirés en arrière et des chaussures trop bien cirées, il a regagné sa banlieue pour se consacrer à sa passion, l'écriture.

Je lui dis que c’est un acte courageux. Il me répond qu’il espère que dans quelques années il ne dira pas que c’était un acte suicidaire.

Pour Mabrouck, un livre, un combat ?

Et lui de me citer une phrase formulée par l'écrivain Jean-Marc Parisi : « Ecrire est un acte d’engagement, on se met en première ligne… »

Je m’abstiens de lui chanter « Malbrouck s’en va-t-en guerre mironton, mironton, mirontaine… »

Non, je sais me tenir quand même.

J’arrête mon magnéto. Nous parlons encore quelques minutes puis au moment de lever l’ancre, nous nous promettons de nous revoir bientôt.

J’espère.

Ce qui est certain, c’est que je vais suivre de près l’évolution littéraire de cet écrivain en devenir.

01 décembre 2006

Edouard Baer... et François Rollin!

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Aujourd’hui, focus sur les spectacles d’Edouard Baer.

medium_dvd.jpgVient de sortir en DVD cette semaine La folle et véritable vie de Luigi Prizzoti.

C’est un spectacle de music-hall. C'est-à-dire qu'il y a de la musique (un grand orchestre de 5 musiciens avec leurs instruments) et beaucoup d’artistes iconoclastes et inventifs sur scène. Du monde qui chante, qui joue la comédie. Luigi Prizzoti c'est Edouard Baer, un maître improvisateur surdoué. Il signe, entre autres, un numéro mémorable d’imitateur pitoyable. Calembours indigestes et gags éculés (comme je les affectionne particulièrement), mais avec classe. Du grand art ! A ses côtés, on retrouve notamment l’immense Jean Rochefort dans un numéro de mime décalé.

Qui est Luigi Prizzoti ? D'où vient-il ? Pourquoi ce nom italien ? En 1h30 de folie, une succession de tableaux joués, chantés, mimés ou pourquoi pas jonglés par Edouard et tout une troupe très hétéroclite, ils vont tenter de répondre à ces questions et raconter le destin d'un homme méconnu et génial. Une délicieuse atmosphère de folie kitsch et baroque habite ce spectacle décidément inclassable.

medium_baer_rollin.jpgCe n’est pas la première fois qu’Edouard Baer monte sur scène pour un spectacle entre impros et numéros absurdes. Pendant longtemps, le dimanche soir au Théâtre du Rond-Point à Paris, se tenait un rendez-vous sacré : Le Grand Mezze, un show chaque fois différent (par ses participants, ses thématiques, sa construction…) et orchestré par Baer et son compère es humour François Rollin (le fameux Professeur Rollin, lui-même !)

A la sortie du DVD, en avril 2004, j’avais rencontré les deux lascars (le 30 mars 2004 à « En Cabine », une boite de production). J’étais un peu traqueur, vous pensez, deux fous fieffés de la sorte…

Mais Baer et Rollin en version promo sont des enfants sages. Enfin presque.

Voici mon article d’alors et la photo Mandorienne réalisée par un photographe pro, venu pour l’occasion.

Le DVD est encore en vente et ça vaut le coup d’œil, croyez-moi.

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« Eludons d’abord la grande question : Un Mezze est un ensemble de hors d’œuvre différents déposés sur une table. Les gens se servent en s’aidant de la pita libanaise. Hum ! Le tout est arrosé d’Arak (vin distillé aromatisé à l’anis). Hips !

medium_le_grandmezze.jpg« Le grand Mezze » version Baer et Rollin, c’est du pareil au même. Une scène, des artistes de sensibilités différentes : poète, fou, déjanté, sexy, décalé, nul, bon, hilarant, triste…Avec chacun son univers. Le DVD est un concentré de 210 minutes de saveurs variés et toujours pimentés composés de ces « mezzeurs ». Chefs d’orchestre : Baer et Rollin, les Marx Brothers moins deux personnes. Bon appétit !

Edouard Baer : Tu veux un Malabar ?

Mandor : Jamais pendant le service.

E B: Tu écoutes Bénabar ?

Mandor : Bon, sérieusement... Ca vous a paru comme une évidence de travailler ensemble ?

E.B : Non parce que nous n’étions pas forcément ami avant. Nous sommes devenus copains en travaillant. Mon amitié pour François est née de l’admiration.

Mandor: Chacun de vous est le souffre douleur de l’autre à un moment. Pas de problème d’ego sur scène ?medium_portrait_rollin_3.jpg

François Rollin : C’est agréable pour moi de travailler avec quelqu’un qui n’a jamais l’idée de tirer la couverture un peu plus fort. On ne se sent jamais menacé l’un par l’autre.

Mandor : vous êtes amoureux ou quoi ?

E.B : On se titille quand même un peu. Il y a une rivalité mais elle est si complice…

Mandor : Vous vous expliquez le carton du « grand Mezze » ?

F.R : Ce qui touche le spectateur, c’est le décloisonnement. Le grand Mezze est ouvert à tous. Tout le monde ne peut pas y aller, mais n’importe qui peut y aller.

E.B : À tous moments, il y a de la surprise. Ca créé de l’énergie, un danger mais aussi un enthousiasme et un bon esprit qui se ressent dans la salle et sur scène.

medium_baer_pensif.jpgMandor : François Rollin, vous pouvez me chanter « les nénés de ma nana, les tétés de ta tata, les lolos de ma Lola… » ?

(Baer est mort de rire, Rollin ne comprend pas.)

E.B : Tu sais au début du DVD, je raconte que je t’ai découvert dans les cabarets dans les années 50 en train de chanter ça ! C‘est vrai que je t’ai sorti du ruisseau.

F.R : (Haussant les épaules) N’importe quoi ! Vous feriez mieux de dire à vos lecteurs que le « Grand Mezze » reviendra bientôt ! »

30 novembre 2006

Au bar avec... Bénabar!

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 Bénabar fête ses 1 an de la sortie du disque Reprise des négotiations en reprenant la première place des Charts.

medium_benabar_cd.jpgAlbum triple platine - près de 700 000 exemplaires vendus…

Une tournée triomphale de plus de 100 dates devant plus de 750 000 personnes.

J’suis content, ce soir, sa maison de disque Jive/Epic me convie (ainsi que bon nombre de journalistes, je suppose) à la date de clôture de sa tournée (d'où cette pub peu discrète sur mon blog! Notez que personne ne m'a rien demandé. Honnêtement, je suis client du monsieur). Ca se passe à Bercy...

Il y a un an, justement, j’ai rencontré le chanteur emblématique de cette fameuse « nouvelle scène française » (dont aucun protagoniste ne supporte l’appellation mais qui existe bel et bien, avec aussi des gens comme elle, elle, lui ou encore lui par exemple).

Voici mon article.

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Le précédent album du chanteur, « Les risques du métier », s’est arraché à 500.000 exemplaires. La barre était donc haute à atteindre. Non content de continuer à nous amuser, cette « Reprise des négociations » nous fait aussi pleurer et surtout réfléchir. Bénabar a de nouvelles cordes (sensibles) à son arc. Un délice.

medium_solidays_benabar2.jpgBénabar au bar avec moi. Ouais ! C’est fastoche mais c’est vrai. Je le sens détendu. « Je n’ai pas honte de dire qu’avec vous (les journalistes), il y a toujours une espèce de psychanalyse intéressante. Quand tu sors de la fin de la création d’un album, tu n’as vraiment pas une vision globale du bordel. Cette période de décrassage, de vidage de disque dur est agréable ». Ca s’appelle de la promo ! Bénabar n’a pas un ego surdimensionné et tente d’avoir un détachement sur ce qu’il commence à représenter : quelqu’un d’important dans la chanson française. « Je ne lis pas les articles qui paraissent sur moi et je relativise les compliments. Il n’y a rien de pire que de se regarder soi même, c’est stérile et surtout, tu medium_benabar1.jpgdeviens très con. » Dans cet album, Bénabar change parfois de registre. Il nous présente sa « Triste compagne ». « J’ai essayé de cibler ce que je ressens parfois. Un mélange de spleen, de mélancolie, de déprime et de mal de vivre… C’est rare quand je me laisse aller à me livrer tel quel. Bonjour, je suis le vrai Bruno ! » J’évite le mot engagé (c’est fou ce que les artistes détestent ce terme), mais il est évident que « Qu’est-ce que tu voulais que je lui dise » est une medium_photo2.jpgchanson, disons,  concernée. « J’avais peur de faire la chanson de l’homme de gauche qui donne des leçons. Je voulais simplement parler du climat social qui règne en France. Quand tu es un chanteur qui gagne bien sa vie, tu n’as pas intérêt à te planter dans ce genre d’exercice casse-gueule ! » La production est plus léchée, plus aboutie, Bénabar et son réalisateur Alain Cluzeau se sont appliqués sur le fond comme sur la forme. « Je suis un angoissé. J’ai peur de décevoir, de ne plus medium_14920-1-0164-1.jpgtoucher les gens, du désamour du public. Je sais que rien n’est acquis, qu’il faut tout remettre en question à chaque nouvel album, bref, qu’il faut mériter l’attention du public… » Il y a aussi les chansons drôles (très) qui sont la marque de fabrique de l’artiste. « La berceuse » et « Les épices du souk du Caire » sont parmi les meilleures. Rares sont les albums qui foutent la banane… Je quitte le bar saoul comme un polonais en hurlant dans la rue : « MARITIE ET GILBERT CARPENTIER, SONT HEUREUX DE VOUS PRESENTER… » Pas de doute, les chansons de Bénabar, ça colle au cerveau et la bière, j’supporte plus bien.

Mandor (Pfff... je ne signe jamais mes papiers ainsi).

Un dernier mot. L'entretien c'est déroulé au premier étage d'un bar restaurant bien sympa "Chez Bertie", le 27 septembre 2005. Bénabar et moi avons beaucoup discuté "nouvelle paternité" car c'était le cas pour l'un comme pour l'autre. Sinon, je me souviens d'un moment agréable mais sans plus de précisions. Ce blog n'existait pas, je n'ai pu coucher sur des mots, à chaud, mes commentaires.

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts...

29 novembre 2006

Yann Queffélec... l'élégance du bon vivant!

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medium_queffelec.2.jpgCe que je savais de Yann Quéffelec n’était pas grand-chose. Prix Goncourt 1985 pour Les Noces Barbares, romancier prolifique qui écrit sur la difficulté des sentiments et plus généralement sur l’Amour. Je savais aussi qu’il entretenait des rapports douloureux avec son géniteur. J’avais poussé le vice jusqu’à le regarder chez Mireille Dumas raconter son manque d’amour du père (Henri, écrivain lui aussi). C’était très émouvant et son histoire m’avait touché. Parce que tout ce qui a un rapport avec le père me touche.

Capable même de verser ma larme.

Ma rédaction me demande d’écrire un papier conséquent sur son nouveau livre. Je rechigne un peu car cette littérature là n’est pas ma tasse de thé mais comme le personnage m’intéresse et que surtout, je n’ai pas le choix, j’accepte.

Et puis, je me laisse prendre à la lecture de L’amour est fou. Que voulez-vous ? Je suis influençable et possède un cœur de midinette… Mon article est là.

J’ai rendez-vous chez son attachée de presse indépendante (c'était vendredi dernier). Elle et l’auteur ne sont pas encore là à l’heure fixée mais je suis accueilli par deux assistantes.

-Installez-vous là, ils vont arriver.

Bien, bien.

Elles continuent de vaquer à leurs occupations.

-Allo ! Bonjour, c’est (Bip !). Vous avez reçu le beau livre des frères Poivre d’Arvor, je suppose ? Oui, c’est cela, exactement. Je voulais savoir, si vous comptiez en parler prochainement dans votre magazine ?

Bref, elles font très bien leur boulot mais ne s’occupent pas du tout de bibi, encore sous le choc de la rencontre avec le « blogueur star » de mes deux (si je puis me permettre).

Pour tout dire, je commence à m’ennuyer un brin.

Je tente une réplique imparable.

-Vous en avez des personnalités sous votre férule ! C’est bien. Du beau monde quand même…

-Oui, c’est vrai.

-…

J’abandonne.

Je sens que je vais bientôt sortir les confettis et mon turlututu chapeau pointu !

Le duo arrive enfin alors que je m’étais endormi en regardant le plafond.

(Même pas vrai, j’avais mis des allumettes pour faire tenir mes paupières.)

Je propose à Yann Queffélec de sortir immédiatement dans le premier troquet venu. En expliquant medium_queffel.jpgdiplomatiquement à tout le monde qu’interroger un auteur dans un bureau ou 6 autres oreilles font semblant de ne pas écouter en s’agitant dans tous les coins n’est pas propice à une parfaite concentration de l’interviewé et de l’intervieweur.

Queffélec acquiesce, visiblement emballé par le projet.

Il sait où il va.

Pas trop loin, il connaît un bar sympa.

medium_queffelec_2.jpg-Vous prenez quoi ?

J’hésite.

-Moi, ce sera un verre de Chardonnay.

Je n’hésite plus.

-Bon… moi aussi.

(Vous ai-je déjà parlé ici de mon esprit de sacrifice ?)

Il règle dès l’arrivée des verres.

Elégant. Pas le temps de réagir. Classe !

Et nous parlons du livre, de ses sujets de prédilections que sont les sentiments, l’amour, les relations hommes-femmes, de son père et plus généralement de littérature.

Franchement bon moment.

Au deuxième verre, il se livre un peu plus. Parfois, il me dit : « Ca, vous ne le dites pas dans l’article ! »

A un moment, je ne sais plus pour quelle raison, il me parle de son déjeuner avec son éditeur Claude Durand. Il me raconte même par le menu, le menu.

(Si, cette phrase veut dire quelque chose et elle est fichtrement bien tournée… parfois, je m’impressionne.)

Yann Queffélec semble avoir une réelle admiration pour le n°1 de Fayard. Il me raconte comment il travaille avec lui.

medium_quef.jpg-Tous les jours à midi, je lui envoie ma copie. J’aime bien ce rite parce qu’il m’oblige à faire mon boulot tous les matins. Ca me permet d’avoir la conscience tranquille vis-à-vis de l’éditeur et de moi. Quand il lit, éventuellement, il y a une observation. 3 mots… mais 3 mots de Claude Durand, ça fait réfléchir. Il connaît bien ses auteurs et leurs façons de travailler, il sait donc bien comment nous motiver.

Il me fait penser à un petit écolier qui parle de son prof… Je lui dis.

-Mais vous ne croyez pas si bien dire. Claude est un ancien instituteur. Pour tout dire, je suis impressionné par lui.

Je lui demande s’il le considère comme un père de substitution.

-Il a plus l’âge d’être un grand frère mais oui, vous avez raison, un peu quand même.

Yann Queffélec à l’art d’écrire des histoires dans lesquelles chacun peut se retrouver.

C’est en tout cas ce que je lui dis.

Je brosse un peu dans le sens du poil, parfois.

-Un roman, c’est un piège, comme un attrape-mouche. Quand le tapis collant est déroulé, il y a forcément un moment où le lecteur se fait chopper, souvent lorsqu’ il ne s’y attend pas.

Pas faux.

L’attachée de presse nous rejoint. Elle s’installe à notre table et nous devisons quelques minutes supplémentaires. Je ne la connaissais pas et découvre une femme très ouverte et agréable. Un dernier coup ensemble, pour la route.

Avant de m’éclipser, elle prend quelques clichés Mandoriens, dont un que voici…

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Content de cette rencontre.

Avoir Queffélec fils comme ami doit être très agréable.

J’aime les bons vivants, je n’y peux rien.

16 novembre 2006

Abd Al Malik, gagnant du Prix Constantin!

J’ai mal aux cheveux là…

Hier soir, avant d’aller assister au Prix Constantin, mon rédac chef et son adjoint m’ont proposé de nous sustenter avant la cérémonie. Nous avons tous les trois le même défaut, nous sommes… comment dire ? De sacrés bons vivants. Donc, cela a commencé à 18h30 avec deux bouteilles de rouge.

Et ça s’est poursuivit avec trois, quatre verres de bordeaux à l’entracte puis quelques autres dans un bar à l’issue du show animé par Nagui. Pffff !

medium_abd-al-malik-1148979420-N-90-600.jpgDonc là, je suis dans un état un peu comateux et j’ai pourtant une bien longue journée qui m’attend.

Sinon, le gagnant du Prix Constantin est Abd Al Malik… Bon, j’aime bien le type (mon article est là) et je lui trouve beaucoup de talent mais il me semble pas qu’il méritait particulièrement cette récompense. C’était dans ce contexte, beaucoup trop politiquement correcte. Il prône dans ses textes des valeurs à suivre, c’est certain, mais bon, je ne sais pas trop comment expliquer les choses aujourd’hui.

Pas envie de réfléchir… Tenez, là, il y a quelques explications sur sa pensée.

Abd Al Malik est un jeune que l’on compare à Brel… Un peu excessive la comparaison, sous prétexte qu’il bosse avec Gérard Jouannest, ex musicien du dit Brel.

Je l’ai rencontré assez longuement, le 10 mai dernier, au Mac Do de l’Aquaboulevard. Je ne sais plus vraiment pourquoi là, mais c’était assez incongru comme endroit.

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Les autres nominés n’ont pas démérités. La Ruiz, la Clarika (Mandorisées toutes les deux) et surtout le génial fou Katerine ont assuré comme des bêtes. Ils auraient largement mérités, eux aussi, d’obtenir la dite récompense.

A mon avis d'alcoolique mondain.

 

J’ai conscience qu’il m’est arrivé d’écrire des analyses de soirées plus brillantes.

 

Ce soir, je me rends à la soirée de remise du premier prix du pamphlet organisée par les éditions Anabet.

J’avais fait un papier sur la question il y a quelques semaines…

Normalement, je ne boirais que de l’eau.

Normalement.

15 novembre 2006

Chimène Badi... the voice!

 

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Je décèle quelques sourires sarcastiques… L’autre, il va parler de Chimène Badi ! De la pure variétoche franchouillardemedium_chim_E8ne_20Badi.jpg. Figurez-vous que j’abhorre  les chanteuses à voix. Je n’aime pas la façon de chanter démonstratrice d’une Lara Fabian ou autre Céline Dion (même si elle est là), pour n’évoquer que les hurleuses francophones. Mais, impossible à dire pourquoi, je suis très sensible à la voix de Chimène Badi. Oui, quand elle chante, elle m’émeut. Je ne parle pas des textes, j’évoque l’émotion qu’elle dégage quand elle interprète ses bluettes. J’ai par exemple, beaucoup écouté son album live à l’Olympia. Je ne le dis à personne, donc, évidemment, ça reste « entre nous »…

La semaine dernière, Universal m’accueille bien gentiment pour que j’écoute le medium_live.jpgnouvel album de Chimène, seul enfermé dans une salle de réunion. Non, parce que, vous savez, les maisons de disques (même pas forcément les majors) n’envoient plus les disques des « stars » de la chanson française aux journalistes.

Le terrorisme du téléchargement illégal.

Pas de problème pour les nouveaux artistes, les chanteurs sur le retour, les internationaux, ça oui, j’ouvre ma boite aux lettres et il y a un peu tout ça. Mais, dès qu’il s’agit de Diam’s, Louise Attaque, Corneille, Cabrel, M.Pokora, Hallyday et Badi… hop ! Nous sommes convoqués.

Et nous venons parce que nous n’avons pas le choix.

Amen.

Bref, j’écoute l’album de la miss et je suis encore plus impressionné par ses prestations vocales que d’habitude.medium_CB_Tellement_beau.jpg Je tombe sur une chanson qui s’intitule Malgré tout et j’en reste sans voix (si je puis dire). Je la réécoute deux fois. Y a pas à dire, je suis sous le charme. L’album est ce qu’il est (variété et soul) mais, dans l'ensemble, c'est honorable.

Je suis allé chez elle pour mon article parce que sa promo officielle ne démarre que le lendemain. Je passe avant tout le monde parce qu’il y a urgence. Mon journal organise une opération spéciale pour la sortie du disque.

Son directeur artistique m’a demandé si ça ne me dérangeait pas.

Non, au contraire… Il me file l’adresse et les deux codes pour accéder à son interphone. Là encore un nombre à la place du nom.

Pas perdre le papier surtout.

Jeudi dernier (9 novembre), je me retrouve donc dans cette ville jouxtant la Défense et flâne un peu avant de me rendre chez la chanteuse. J’arrive toujours un peu en avance. J’aime ça, humer l’air des villes avant de jouer au journaliste. Une petite balade dans le quartier, un café, un clop, un livre… je patiente, regarde les gens passer, leur invente une vie, laisse mon imaginaire se mettre en route.

Je franchis donc les différents portails (porto ? Hips !) avant d’arriver à bon port.

C’est la petite sœur de Chimène qui m’accueille, puis sa maman et enfin elle même. Un temps d’observation… m’en fous, j’ai l’habitude.

Puis sourires et politesses d’usage. Discussions de tout et de rien, réprimandes au chien (Vodka, je crois) qui ne cesse de me renifler… Bonne ambiance.

medium_badi-live.2.jpgNous discutons sur le canapé du salon, en présence de sa maman qui nous écoute religieusement. Je ne peux m’empêcher, du coup, de la faire participer et elle joue le jeu. Très gentille maman. Un regard bienveillant, la franchise dans ses propos.

Chimène Badi est moins timide qu’avant et surtout, n’hésite pas à faire en sorte que l’interview se métamorphose en une discussion entre amis. C’est sa méthode. Elle fait copain copain avec les journalistes ce qui lui permet de ne pas s’ennuyer à répéter toujours les mêmes rengaines.

Et la Nouvelle Star, patati et patata, et Valéry Zeitoun, patato et patatu…

J’évite les redondances. C’est parfois duraille.

Je lui demande ce qu’elle pense des gens qui ne cessent de la complimenter, de lui dire que c’est la meilleure, la plus belle, la plus tout !

-Il y a un dicton qui dit : « dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. » Je ne peux pas encaisser les flagorneurs, ils finissent par te bousiller. Si on te répète sans cesse que tu es au top et que tu es la fille la plus formidable du monde, à un moment donné, tu finis par y croire. S’il n’y a personne qui a le courage de te dire la vérité, tu te perds.

Elle regarde sa maman :

-Ma famille ne m’épargne rien. Elle est franche avec moi. Mes amis et je pense ma maison de disque aussi. Si on ne me disait pas la vérité, il y a longtemps que je me serais cassée la figure. J’ai besoin de personnes lucides et honnêtes à mes côtés pour pouvoir avancer. Je ne veux pas avoir la tête remplie d’illusion.

medium_s4chime28.jpgElle répète qu’elle est fatiguée, elle s’en excuse « je dois avoir une sale tête ». Pas du tout en fait mais je n’ose plus dire le contraire. Je ne veux pas passer pour un « complimenteur » professionnel. Elle se serait bien passée de ces allers retours aux Etats-Unis. « Je préfère me concentrer sur la France. La promo démarre demain et je suis déjà fatigué. » Et de m’expliquer qu’elle a l’impression de passer à côté de plein de choses.

-Je ne devrais pas dire ça mais c’est dur. Je n’ai pas profité de ma jeunesse et j’ai déjà peur de louper ma vie de jeune femme. Je me demande si tout ça vaut vraiment le coup. »

Un p’tit coup de blues passager, certainement. Je lui fais remarquer que de jeunes chanteuses en herbe ou simplement des jeunes qui galèrent l’envient de son succès et que c’est un peu fort le café de tenir ce genre de propos. Chimène Badi en a parfaitement conscience.

-J’ai un âge où j’ai envie de dire ce que je pense. Je ne veux plus me cantonner à juste ânonner les choses pour rendre tout le monde content. Je prends peut-être des risques mais je veux rester fidèle à ce que je suis humainement. En disant la vérité, on se sent mieux.

Elle affirme cela sans l’once d’une prétention ou d’aigreur. Elle en a simplement marre des concessions de se medium_4.jpgmétier.

-Evidemment, je vais continuer à en faire parce que j’ai confiance en ma maison de disque, mais je vais désormais donner mon opinion. Par exemple, pour cet album dont je suis très fière, nous avons beaucoup discuté… Je me suis impliquée comme une malade et du coup, je revendique absolument tout ce qu’il y a dedans.

L’album s’appelle Le miroir parce que c’est la première chanson du disque, sorte de confession.

-J’en ai chié pour m’accepter telle que je suis. Je pense d’ailleurs que dans mon public il y a des gens qui peuvent se sentir concerné par rapport à ça. Je vais dire une évidence mais le physique n’est pas le plus important. Le plus important, c’est ce qu’il y a à l’intérieur de soi. Les valeurs, les principes… c’est ça qui peut permettre d’avancer. Vivre de son image ne m’intéresse pas, je préfère vivre par ce que je véhicule, par mes souffrances, mes joies, mes doutes… C’est ça la vie !

J’ai dépassé l’heure et quart chez elle et quand même, je ne vais pas m’incruster toute la soirée. Sa maman est adorable et nous parlons du métier, de ses travers mais aussi de ses avantages. Pas l’air blasée du tout cette famille. Contente mais prudente. Simple et accueillante aussi. J’ai du mal à partir. Nous faisons une photo Mandorienne d'usage (prise par la chanteuse) avant de regagner mes pénates. La maman me dit que je peux rester pour discuter encore.

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Non, il faut raison garder. Une femme et une petite fille m’attendent à la maison. Je suis beaucoup en vadrouille en ce moment et il ne faut pas que je tire sur la corde. Je tire déjà comme un insensé sur cette corde qui est solide.

Mais quand même.

Faire gaffe !

Sinon, ce soir, je vais assister au Prix Constantin à l’Olympia.

Et, ça n’a rien à voir mais je rencontre beaucoup d’écrivains (et vaines), exprès pour mon blog.

Bientôt en ligne, donc.

13 novembre 2006

François Berléand... un homme très visible!

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Quand j’ai vu sur les prévisions de sorties de livres que François Berléand allait sortir un roman au titre très medium_lefilsdel_hommeinvisible.jpgénigmatique Le fils de l’homme invisible, j’ai imploré le saint de tous les saints pour que mon rédac chef accepte que je fasse un papier suffisamment conséquent pour que cela nécessite une rencontre avec le comédien. (En gros, moins de 1500 signes, je reste à la maison…) Là, on me demande tout pile poil d’en écrire 1500 donc, je vais dans sa maison à lui. Berléand, (le récemment décoré, voir là) est le comédien actuel qui est, à mon humble avis, le plus performant. Ce week-end, je suis allé voir Ne le dis à personne… une fois de plus, il m’a paru magistral le type.

Bref, j’aime beaucoup cet acteur et l’idée de le rencontrer dans son antre n’était pas pour me déplaire, même si, subsistait en moi un fond d’inquiétude. Toujours un peu peur d’être déçu par les gens qu’on aime bien.

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Je débarque à Pigalle et me retrouve devant son immeuble. Evidemment, derrière la porte, il y a une arrière cour et des appartements anciens mais splendides. C’est là que vit Berléand. Au moment où je m’apprête à sonner, une charmante jeune femme arrive. Elle me signifie que je suis bien au bon endroit. Elle a les clefs, donc, je présume qu’elle est une habituée des lieux (mon deuxième prénom c’est Sherlock !). François Berléand est juste derrière la porte et m’accueille avec le sourire mais sans effusion (ce n’est pas son genre). Je le sens un peu apeuré et lui en fait la remarque avec diplomatie.

medium_berleand_3.jpg-D’habitude, je me fous complètement de faire la promo des films parce que ça ne m’implique pas directement. Là, vous êtes ma première interview pour ce livre et j’avoue que je crains les réactions d’après lecture. En fait, je suis mort de trouille…

Comment expliquer à un auteur qu’on a beaucoup apprécié son livre sans passer pour un flagorneur outrancier… Exercice insoluble mais je m’y risque. Il me croit et je sens qu’il se détend. Avant de commencer, il me fait visiter un peu son appartement et m’emmène ensuite dans la cour pour m’expliquer l’histoire de ces bâtiments, leurs structures…etc.

Je le regarde et je me fais la réflexion qu’il est comme un enfant. Fier, naïf mais d’une sincérité désarmante. Je ne m’attendais pas à ça.

Il me propose ensuite un café que j’accepte. Il file dans sa cuisine et j’en profite pour observer son salon. Des livres partout, une maquette de la fusée d’Objectif Lune et On a marché sur la lune de Tintin, et surtout des scénarii partout sur la table basse. On sent que ça bûche sévère ici…

Je ne vais pas rentrer une nouvelle fois en détail sur le sujet du livre (ma chronique est là) mais, en gros, il raconte son enfance entre 11 et 16 ans. Il était persuadé qu’il était vraiment le fils de l’homme invisible et qu’il était medium_BERLEANDFrancoisG.jpgtrisomique. En lisant cette biographie, je suis resté sur le cul (quelle fine analyse littéraire !). Comment est-ce possible ? Et bien si, c’est possible et du coup, cela explique le François Berléand d’aujourd’hui. Ce boulimique de la pellicule, cette aisance qu’il possède à enchaîner rôle sur rôle…

-Je prends cette enfance schizophrénique et paranoïaque comme un galop d’essai à mon métier. Quand j’ai rencontré la comédie, pour moi, ça a été un choc de pouvoir prendre en toute légitimité la personnalité d’un autre. C’est ce que j’ai fait toute ma jeunesse mais l’autre, c’était aussi moi. Aujourd’hui, je considère cette activité professionnelle comme un jeu d’enfant et je m’amuse, je m’amuse, vous ne pouvez pas vous imaginer. 

medium_berleand_2.jpgEt de m’expliquer quand même que rien ne fut simple pour se soigner, qu’il lui reste encore quelques traces de paranoïa mais que, depuis qu’il a fait une sérieuse analyse, il va beaucoup mieux.

Nous conversons longtemps de son livre, de ses films et de sa façon d’envisager l'existence. François Berléand n’a vraiment rien à voir avec ce qu’on s’imagine de lui en le voyant sur un grand écran…

Il est en réalité, simple, touchant, drôle mais un peu timide.

Une fois de plus, je quitte ce monsieur en remerciant je ne sais qui de me permettre de faire ce métier là.

Rencontrer de belles âmes…

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P.S : Je dédie cette note à Frédéric Ploton. Il va très bien, je vous rassure mais je sais qu’il apprécie beaucoup François Berléand… principalement pour ce rôle là !

08 novembre 2006

Emmanuel Moire... Louis XIV, sors de son corps!

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On n’a pas tous les jours l’occasion d’interviewer le Roi Soleil

Facile, je sais.

Ceci dit, ce n’est pas la première fois que je rencontre l’artiste qui tient le rôle de Louis XIV dans la comédie musicale.

medium_em_roi.jpgMon premier rendez-vous a eu lieu juste avant la première du spectacle, il y a deux ans. Emmanuel Moire faisait la promo du Roi Soleil dont personne ne pouvait prédire la destinée étincelante. Il était tout timide, à la limite de la prostration…

Allez, hop ! Voici un extrait de mon article de l’époque…

« L’interprète d’"Etre à la hauteur" ne me voit pas arriver. Il lit un pavé. Je souris en jetant un rapide coup d’oeil sur la couverture : Louis XIV de François Bluche. Waow ! Ca bûche sévère. Visiblement, quand on joue le Roi Soleil, mieux vaut être incollable sur le sujet.

Mandor : Une présentation s’impose. Personne ne te connaît ?

Emmanuel Moire : J’ai 25 ans, je viens du Mans où d’ailleurs, j’ai beaucoup chanté. En arrivant à Paris, j’ai fait des castings pour toutes les comédies musicales. Je suis devenu doublure d’Ali Baba et autres Belles, belles, belles mais je n’ai jamais eu l’occasion de remplacer quiconque sur scène.

 

M: La production loue ta gentillesse, ta simplicité et bien sûr ton talent.medium_roi_soleill.jpg

 

E.M : (Rires) Je peux te dire que le casting à duré 4 mois et que devant Albert Cohen, Dove Attia, Kamel Ouali, Pierre Jaconelli, Lionel Florence, je n’en menais pas large. Franchement, je sais que je n’étais pas forcément leur premier choix. Ils ont été longs à se décider. Je ne te dis pas le suspens dans ma vie…

 

M : Comment résumer ton rôle ?

 

E.M : C’est le parcours initiatique de Louis XIV. Sa faculté à assumer ses responsabilités, le pouvoir, ses relations avec les femmes, avec sa mère. J’incarne toutes ses facettes. »

medium_EM_Cover.jpgDeux ans ont passé depuis. Le 12 octobre dernier, à l’hôtel Acacias Etoile, j’ai rendez-vous avec Emmanuel Moire, cette fois-ci, pour la sortie de son premier album solo Là où je pars. C’est un artiste métamorphosé, souriant, à l’aise dans ses baskets qui m’accueille.

Je lui rappelle ses débuts d’interviewé terrorisé…

-Oui mais je ne savais pas à quelle sauce j’allais être mangé et ce qui allait advenir de cette expérience. J’étais loin de me douter de l’ampleur du phénomène. Vous vous rendez compte du poids énorme que j’avais sur le dos à l’époque?

Le voici donc serein et détendu.

-Depuis deux ans que je joue ce rôle, j’ai appris énormément sur mon métier de chanteur. Je prends cette expérience comme une formation accélérée. Si elle est intense, il faut savoir qu’elle n’a pas tous les jours été une partie de plaisir. Ca m’a remué dans tous les sens mais j’en sors grandi.

medium_moire.jpgQuand Emmanuel Moire parle, il est calme, simple, posé, à la limite de la douceur. Il m’explique qu’il veut à tout prix rester le garçon qu’il a toujours été…

-J’essaie d’être sincère et naturel comme si je faisais un métier banal. Je reste connecté à mon travail mais je garde les pieds sur terre. Ce n’est pas évident tous les jours de ne pas partir en live. Les sollicitations, les compliments, le public gentil et le succès en général sont de véritables pièges. Je surveille de très près mon ego.

A priori, il le surveille bien. Nous parlons donc de cet album réalisé par Pierre Jaconelli. Un disque visiblement très personnel.

-La moitié des compositions sont les miennes. Quant aux textes, j’ai travaillé les thèmes et la façon de les traiter avec les auteurs. Je me suis investi à fond et je savais parfaitement où je voulais aller. Quand j’écoute cet album, j’en suis super fier car je ne me suis pas trahi.

Bon, il y a des paroliers un peu « à la mode » : Lionel Florence et Julie d’Aimé (par ailleurs également chanteuse), mais c’est un certain Yann Guillon que je ne connais pas qui a écrit la majorité des textes.

Musicalement, il y a encore l’inévitable compo du chanteur de Kyo, Benoît Poher. C’est lent… En plus, c’est celle du premier single Le sourire.

Emmanuel Moire sait qu’il est attendu au tournant et il a pleine conscience que les chanteurs de comédie musicale ne parviennent pas souvent à poursuivre une carrière sous leur propre nom. Mais il garde une certaine confiance. La foi ?

-Comme je suis quelqu’un de très spirituel, je me pose évidemment beaucoup de questions. J’ai toujoursmedium_1857_4wxampp.jpg été très orienté vers un chemin personnel. Je pense que les choses n’arrivent pas par hasard…

Je lui parle religion.

-Je ne suis pas un adepte d’une religion par rapport à une autre. Je vais chercher des bouts de philosophie de vie un peu partout.

Emmanuel Moire me toise et finit par me demander si j’ai aimé l’album. Je déteste cette question parce qu’elle m’oblige, non pas à mentir mais a biaisé.

Parce que je ne suis pas toujours en accord avec le style musical des gens que je rencontre, je « diplomatise » ma réponse.

-Je l’ai beaucoup écouté ces derniers jours. Il est accrocheur et devrait sans nul doute trouver un public large.

Voilà, je n’ai pas menti mais je ne me suis pas beaucoup mouillé non plus. Il semble ne pas être dupe de ma réponse mais continue à se livrer, un peu.

-Là, j’ai passé deux ans à bosser comme un fou et je m’aperçois que si je veux continuer à être crédible dans mon métier il faut que je vive des choses… que je décroche un peu pour vivre une vie plus normale. En ce moment, je sens que je suis plus ouvert à ça.

medium_12.10.06_Emmanuel_Moire_2.JPG

 

Emmanuel Moire est un lucide et sympathique artiste. medium_roisoleildvd.jpg

Avant de nous quitter, il prend le disque et le regarde intensément. Il se met à disséquer la pochette de son disque (voir plus haut).

 

-Elle est très nature: l'eau, la terre, les arbres... La sérénité qui se dégage de cette photo représente bien ce que je suis aujourd'hui. Je suis quelqu'un de centré, posé même si, comme tout le monde, je peux être parfois destabilisé.

 

L'album de ce monsieur complètement normal, donc, sort lundi prochain (le 13 novembre), demain, c’est le DVD du Roi Soleil qui sera dans les bacs. Et tous les soirs, il redevient Louis XIV sur la scène du Palais des Sports…

 

07 novembre 2006

Grand Corps Malade... slam star!

 

medium_grand_corps_malade_live.jpg

Comme je m’apprête à publier deux, trois notes bien « variétés françaises », autant le préciser tout de suite, ce n’est pas mon genre musical préféré. Ce sont des personnalités fédératrices, que j’ai ou je vais rencontrer cette semaine pour mon journal…  vous en aurez donc le compte rendu, que j’espère le plus objectif possible, dans les prochains jours.

Ah oui ! Je fais un peu de teasing mais ma séquence « tout petit déjà » de samedi sera Balavoine

Yes, Daniel et Mandor en 1984.

medium_GCM.jpgCe matin, je suis sur les nerfs. Je cherche la cassette de mon interview de l'encore totalement inconnu Grand Corps Malade que j'ai réalisé pour la sortie de son album Midi 20. Je ne la retrouve plus. Je l’ai peut-être effacé pour enregistrer un autre entretien… Merdouille !

Donc, je ne vais pas pouvoir la décrypter pour le blog… Sinon, j’en avais tiré un petit article, à lire ici.

C’est le 6 mars dernier, aux éditions Raoul Breton (dans les bureaux du grand Charles Aznavour, rappelez vous cette note) que Grand Corps Malade m’attend… Ou plutôt que je l’attends. La photographe des Inrocks le shoote en bas de l’immeuble, au milieu de la rue. Elle prend son temps la demoiselle. L’attachée de presse me prévient :

-Tu sais, ce type, c’est une bombe ! Le nouveau Brassens

Et patati et patata…

Comment peut on comparer un slameur et un chanteur ? Je réponds en tout cas que je trouve Grand Corpsmedium_GCMp.2.jpg Malade exceptionnel et que je le considère comme un grand poète urbain. Pas très original mais à l’époque, personne ne parlait de lui.

Ils arrivent enfin, lui et sa copine inséparable... sa canne.

Chaleureux personnage, il me raconte sa vie pendant une heure.

Grand Corps Malade a « grandi dans une vielle femme, cette banlieue Nord qu’on appelle Saint-Denis ». Celle-ci a fait de lui un être métissé, plus particulièrement enclin à medium_Grand_Corps_malade_en_tournee.jpgl’empathie. La vie a poussé le vice à le transformer, non pas en homme diminué, mais doté -comme il le formule sur le titre du même nom- d’un « 6ème sens », celui-là même que possèdent les handicapés. D’un plongeon dans une piscine qui aurait dû lui coûter bien plus qu’une démarche claudicante, Fabien Marsaud (son vrai patronyme) retient l’envie d’aller au-delà, de provoquer le sort pour mettre en phrases ses combats.

Ce que j’apprécie particulièrement chez cet artiste, c’est qu’avec une lucidité souvent bouleversante, il évite de glisser dans l’écueil d’un donneur de leçons et s’installe, au fil de ces morceaux de vie, en observateur de ces choses les plus simples que l’on ne considère plus à sa juste valeur. Il évoque la sérénité comme une compagne de chaque instant, pose des rimes essentielles d’un timbre grave, d’un ton léger, parfois, mais jamais vulgaire. Les rares notes ainsi insérées dans sa partition en deviennent subsidiaires.

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 Cet artiste lumineux accorde une importance majeure à la narration et à un humour mêlant les clins d'oeil aux figures de style. Ses textes font preuve d'une ouverture d'esprit et d'une créativité qui sont sans doute une des causes du succès. L'album Midi20 s'est classé rapidement en tête des ventes d'albums. Aujourd’hui, ce succès public lui permet de se produire dans les salles les plus grandes. Le voir sur scène file des frissons, c'est garanti!

Pour info, Grand Corps Malade (dont ici vous trouverez le site non officiel, sacrément bien troussé) sortira un coffret de Midi 20 en édition limitée, le 4 décembre prochain. Cette édition spéciale comprendra, en plus de l’album, un livret de 32 pages avec des textes originaux, mais également un DVD bonus avec une interview, les clips des titres "Les voyages en train" et "Saint-Denis", et des extraits de son spectacle au Bataclan.

Il y a deux clips et un reportage de Sept à huit, ici même...

Perso, je suis content. Grand Corps Malade est nommé au Grand Prix Constantin 2006. Tout ça pour vous dire que je vous parlerai de cette soirée qui se tient à l’Olympia le mercredi 15 novembre prochain… je suis invité (avec bracelet pour le cocktail d’après cérémonie et tout et tout) donc, évidemment, la soirée sera « Mandorisée » le lendemain. Regardez les noms des autres sélectionnés

06 novembre 2006

Thierry Amiel... et un peu Laurent Madiot!

 

medium_Thierry-amiel-photo.jpg

J’ai rencontré vendredi dernier (le 3 novembre) un jeune garçon que le public a découvert lors de la première saison de La nouvelle star.

Thierry Amiel avait fini deuxième (derrière Jonatan Cerrada).

medium_amielthierry1.jpgLe premier album Paradoxes, très « Calogérien », qui avait suivi l’émission s’est vendu à plus de 200.000 exemplaires (double disque d’or, donc), ce qui est loin d’être négligeable.

Le chanteur à la voix aérienne, (à la limite du lyrique) a ensuite fait une tournée à guichet fermé presque partout.

Je ne sais pas si « A star was born » mais on aurait dit que…

Je débarque dans les locaux d’RCA (label de Sony BMG). Je papote avec mes amis les attachés de presse en attendant que la journaliste précédente termine son interview. Il y a 30 minutes de retard dans le planning…

-Mais tu as tout ton temps puisque que tu es le dernier journaliste de la journée.

Je déteste passer en dernier parce que, généralement, l’artiste en a marre de raconter les mêmes choses depuis des heures… raison pour laquelle je tente d’être original dans mes questions (mais pas facile tout le temps).

D’ailleurs en l’occurrence, j’adopte ma technique « mode automatique ».

Je n’ai pas de questions écrites, j’ai juste bien écouté l’album et je lui pose des questions par rapport à sa medium_amiel01.jpgpersonnalité, ses réponses et son attitude.

Thierry Amiel est très gentil mais je m’aperçois bien vite que je tourne en rond. Je ne parviens pas à trouver la faille dans laquelle m’engouffrer. Il n’arrête pas de répéter qu’il est jeune, peu sûr de lui et que de tout ça (mes questions un peu plus existentielles) il ne pourra répondre que plus tard.

Il me fait savoir indirectement que « mon coco, avec moi, tu ne sortiras pas des sentiers battus… ».

Bon, je me mets donc sur « mode promo ».

Pas grave.

medium_Album_Thierry.gifIl aime à ce que je trouve son album plus pop que le précédent. Ce qui est parfaitement vrai.

-C’est bien que vous employiez le terme pop parce que j’entends dire que mon disque est rock. Bien sûr, il y a pas mal de guitares mais je ne veux surtout pas me la jouer « jeune chanteur de variété qui fait du rock pour désormais impressionner la galerie ».

Tout à son honneur. Il me parle de ses références du moment et s’applique à m’expliquer qu’il a tenté un compromis entre tout ce qu’il aime écouter.

-Je voulais garder le lyrisme, qui reste ma marque de fabrique, un peu comme le groupe Muse et garder aussi l’émotion des grands chanteurs français : Brel, Ferré, Barbara.

Ce disque éponyme est sombre et psyché. Les sons rappellent Dépêche Mode, Taxi Girl… Bizarre pour un garçon qui est né en 1982. Il avoue ne pas comprendre pourquoi son album sonne années 80.

Ceci dit son premier single Cœur sacré est signé Daniel Darc. Vous pouvez voir le clip, ici, sur son site officiel.

-Il n’y a pas de création amnésique. Je suis sûr que j’ai choppé ces sons quelque part et qu’ils sont ressortis pendant que nous enregistrions.

Ah, les mystères de la création !

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Je trouve l’ensemble de ces 12 chansons intéressantes. Ce n’est pas l’album de l’année mais il a le mérite d’être original. Certains textes de chansons sont très mystérieux, frisant l’ésotérisme. Je redoutais le mièvre… Il est dans le rêve, l’évanescence.

Thierry Amiel mène sa barque lentement, intelligemment et sûrement.

medium_Thierry-Amiel_rca.jpgEn quittant la salle d’interview, il prend avec lui les sushis qui traînaient sur la table et me demande.

-Je ne risque pas d’être empoisonné si je les mange maintenant ?

-Ca dépend. Tu les as acheté à quelle heure ?

-A 13 heures.

-Il est 17h30. Non, je pense qu’il n’y a aucun sushi….

Preuve que c’est parfois con et lourd un journaliste.

__________________________________________________________________ 

 

 

 Sinon, mon copain Laurent Madiot (dont je cause déjà ici) se produit demain sur scène.

medium_laurentmadiot.jpg

07 Novembre 2006 à 21h
Théâtre Mouffetard
73 rue Mouffetard
75005 Paris M° Place Monge
Résa : 01 43 31 11 99 tarifs 16 et 12 €

Nous réitérons l’opération qui avait eu un grand succès la dernière fois: une place achetée, une place offerte.

Il suffit de venir à la caisse du théâtre Mouffetard et de dire "Le bal des utopies"... (titre du prochain album de Laurent).

Bon concert !

03 novembre 2006

Frédéric Ploton, auteur multi-fonctions...

medium_31.10.06_avec_Frederic_Ploton_1_.2.JPG

Autant le préciser tout de suite… c’est le deuxième blogueur que je rencontre en une semaine (après le très sympathique Aymeric Patricot). Bon, ils sont tous les deux écrivains donc il n’y a aucune raison que je ne les Mandorise pas. Aucune.

Par exemple, je suis tenté d’écrire une note sur un autre blogueur « littéraire » qu’il m’arrive de croiser volontairement mais je m’abstiens. Pourquoi ? Parce que prixdeflore2006 n’a pas encore sorti d’ouvrage imprimé sur du papier (ça s’appelle un livre). C’est dégueulasse de le laisser, comme ça, sur le trottoir, seul et désoeuvré (ah bon?) car il n’est pas moins intéressant, simplement, je me suis juré de ne pas tenir un endroit du genre « les blogueurs parlent aux blogueurs et s’autocongratulent ».

Pour que je me targue d’une note (essentielle ?), il me faut un disque ou un livre comme prétexte. Je ne désespère pas, pour prixdeflore2006, ça ne devrait pas tarder…

Avec Frédéric Ploton, en matière d’ouvrage, j’ai le choix. Je peux même dire que je suis un peu paumé dans ce que ce garçon propose.

medium_parfum.jpgD’abord, comment j’ai connu Frédéric ?

Je suis tombé sur son blog il y a quelques mois. Il racontait le lancement de son premier roman Son parfum, (sorti chez Ramsay) et les affres d’un écrivain « débutant » dans le milieu hostile de l’édition… J’aimais bien suivre ses aventures. Petit à petit, je m’apercevais que l’homme était un stakhanoviste de l’écriture. Au fil des jours, il avouait avec timidité les autres ouvrages qu’il avait publiés naguère et qu’il continuait à sortir régulièrement. Ce presque quadra (dans deux ans je crois) n’était donc point un écrivain « débutant ». C’est sa carrière de  romancier qui débutait, pas celle qui consiste à écrire. Et bien écrire, en plus.

Donc, à la force de le lire, le Ploton avait fini par m’intriguer (déjà qu’il ne m’en faut pas des masses). Hop là ! Un mail pour lui expliquer qui j’étais, ce que je voulais et combien j’étais prêt à le payer pour qu’il accepte un rendez-vous et le tour fut joué. (Euh, non, en fait, je ne lui ai pas proposé d’argent. ‘Suis pas Crésus moi!)

Nous parvenons avec difficulté à caler un rendez-vous pour le mardi 31 octobre (oui, nous avons tous les deux des agendas de ministre). Il me propose de nous voir au café des Editeurs, café branchouille et littéraire de la capitale. Moi, ça ne me dérange pas ces lieux là. J’aime bien même, lorsqu’il s’agit de ne pas y passer sa vie.

medium_fredopale2.2.jpgFrédéric Ploton arrive à l’heure (parisienne : 10mn en retard) mais je m’en fous parce qu’en l’attendant, j’ai écouté les conversations, contemplé (parfois avec ostentation) les gens et fini par me laisser aller à quelques pensées profondes ou indigentes, c’est selon.

Nous nous reconnaissons aisément, c’est d’ailleurs plus facile pour moi que pour lui… quoique. Un type qui lève le bras en souriant à son arrivée ne peut pas être totalement un étranger. Nous nous auto jaugeons (jolie formule !) et rapidement, je mets mon magnéto en route. Oui, c’est du boulot les amis !

Il prend un Perrier et moi un café, c’est dire si nous sommes partis sur de solides bases de personnes sérieuses et incorruptibles.

Je lui explique que, longtemps, je n’ai rien compris à ce qu’il faisait exactement étant donné le nombre élevé d’ouvrages qu’il a écrit et édité. Ca me l’a d’ailleurs rendu sympathique. Un tel touche à tout ne peut être qu’un type ouvert et curieux des autres. Pour comprendre, il faut connaître un peu son parcours.

-De 1996 à 2003 j’étais responsable éditorial de plein de sites différents. Certains consacrés à medium_Guide_des_rencontres.jpgl’informatique puis je suis passé à Allo Ciné  et aussi, pendant 3 ans, Club Internet… C’est d’ailleurs grâce à son portail dans lequel il y avait un pôle « rencontres » que j’ai pu écrire mon premier livre Le guide des rencontres sur Internet.

Avec Frédéric Ploton, toute expérience finit en livre… (Non, j’exagère mais disons que rien ne se perd, tout peut éventuellement se rentabiliser.)

Mais l’homme est un solitaire. Il aime son indépendance et veut qu’on lui foute la paix.

-Toutes mes expériences professionnelles sur Internet ainsi que dans la presse écrite m’ont bien vite convaincu que je n’étais pas fait pour le salariat.

medium_sieste.jpgPendant notre conversation, une femme élégante s’approche de nous et n’hésite pas un instant à nous interrompre. Elle s’adresse à Frédéric.

-Je vous écoute depuis un moment et vous m’intéressez.

Gasp !

Est-il entrain de se faire brancher de manière franche et déterminée ?

-Je peux m’installer avec vous ?

Je réponds que je suis en pleine interview et que si elle veut, je lui prête mon invité une fois que j’en aurais medium_pates.jpgterminé avec lui…

-Ah bon ?

Elle semble carrément surprise que je ne lui donne pas la permission de prendre place à nos côtés. Elle dit à Frédéric Ploton.

-Bon, ben, tout à l’heure… On se voit après alors ?

Le monsieur est poli. Et puis, il n’a surtout pas le choix.

J’essaie de me concentrer sur ce que nous disions... Merde, j’ai perdu le fil. C’est Frédéric qui poursuit. Il m’explique pourquoi il publie tant et dans des directions souvent opposées. (Effectivement, ne cherchez  pas le rapport entre La saga des pâtes, le Petit manuel de la siestologie et Préservatif, mode d’emploi).

medium_pre.jpg-Je vais être franc. Je suis un des rares auteurs en France qui vit de sa plume. Moi, pour gagner ma vie, je prends un peu tout ce qui se présente. En fait, mon seul vrai souci en tant qu’auteur est d’arriver avec le bon projet, au bon moment, avec le bon éditeur. Trouver la bonne oreille pour les projets que je trouve intéressants n’est pas une sinécure, crois moi.

Oui, ben, on se tutoie. Et alors ?

Frédéric Ploton sait bien que parler ainsi va énerver l’intelligentsia. Mais il semble motivé pour casser l’idée selon laquelle écrire un livre n’est qu’un métier, un pur produit intellectuel, une œuvre d’art qui éventuellement pourrait se vendre.

-L’édition en France crève de ne pas considérer le livre comme un produit. Par ma démarche, je prouve et assume le contraire.

medium_frederic-ploton.jpgEt toc ! Dans les dents !

Un serveur arrive avec deux coupes de champagne. Nous regardons la quadra. Oui, évidemment, c’est elle. Du coup, elle revient nous voir. Et papote, papote, nous raconte sa vie, son mari qui fait je ne sais plus quoi mais qu’elle désire aider en lui faisant de la pub.

Je n’en peux plus mais reste courtois. Je ne sais pas pourquoi, ce jour là, ce grain de sable dans la mécanique m’a emmerdé. Je devais être de mauvais poil. Je lui demande de nous laisser tranquille encore un quart d’heure...

Cet ultimatum semble lui convenir.

Inutile de vous dire que je ne suis plus dans le truc.

L’auteur multi cartes si. Impressionnant. Il me raconte (et je le crois parce que ça se voit) qu’il est heureux même s’il travaille de 15 à 20 heures par jour et que surtout, il n’a jamais été aussi libre.

-J’ai une liberté de mouvement, une liberté d’action, une liberté financière relative parce que j’arrive à me nourrir, une liberté de support, de ton… pourquoi, je me priverais ?

Oui, pourquoi ?

Je ne sais trop quoi penser d’un personnage comme lui et je n'aime pas ne pas cerner les gens.

Auteur, directeur de collection, il fait aussi du packaging éditorial (le packaging éditorial est à l’édition ce que les boites de prods sont à la télé…). Il me parait un bulldozer prêt à tout casser, en même temps, quand je le regarde évoluer devant moi, je sens qu’il a du cœur, qu’il a en lui une vraie générosité.

 

Ou alors, c’est un renard. Un rusé de chez rusé. Je ne le connais pas assez pour bien déterminer sa mentalité mais il m’inspire de la sympathie.

Je sens cet auteur (capable d’aborder n’importe quel sujet pour gagner sa vie) honnête.

Au fond, nous en sommes tous là quand même. Gagner notre vie avec nos talents respectifs.

medium_sex.jpgNous terminons notre conversation en évoquant ses deux récents ouvrages. So Sex, le Kama sutra d’aujourd’hui (au Seuil) un livre co écrit avec Brigitte Lahaye. Il a été son chroniqueur dans l’émission qu’elle anime sur RMC Infos. Il lui a proposé, elle a accepté. Pas plus compliqué que cela. Comme l’indique la 4eme de couverture : medium_ploton_et_Lahaye.jpg

« Il y a dans cet ouvrage 4 tests, 160 questions très personnelles pour déterminer le profil sexuel de votre couple, 18 programmes sensuels qui viennent répondre de manière précise à vos besoins et 69 positions et pratiques érotiques retenues pour votre plaisir par Brigitte Lahaye. »

medium_fuite.jpgEt puis, il sort aussi son Guide de la fuite (éditions de l’Hèbe).

-Je donne les clefs à la fois très pratiques mais aussi philosophiques sur la nécessité dans notre société de fuir. On a besoin d’ « échappement » au sens presque hydraulique du terme.

Le temps passe, je sens la mystérieuse et champagnisée femme qui trépigne à la table à côté. Je décide d’obtempérer devant la tigresse. Je sors mon appareil pour faire les photos. Je vois Frédéric qui en fait de même. Le coquin connaît mon blog. Il joue à l’arroseur arrosé. Je lui précise un peu affolé que je souhaite garder l’anonymat. Il le sait. « T’inquiètes pas ! »

Résultat, ici.

medium_31.10.06_Frederic_Ploton_avec_Mandor_.JPG

La photo de Frédéric et Mandor est prise par l’intrigante. Autant qu’elle me rende ce petit service.

Je remercie Frédéric Ploton et le laisse aux griffes de l’intruse.

Je continuerai à suivre les pérégrinations de cet homme là. Il est déterminé et talentueux, bref, il ira loin.

J’ai du flair… vous verrez.

P.S : Ceci n’a rien à voir mais j’écrivais hier que j’allais voir le soir même le concert de François Hadji-Lazaro au Café de la danse. Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai eu l’imbécile idée de m’y rendre avec Fishturn

Je l’appelle, il refuse.

« Pas envie de voir du monde Mandor. Fais pas chier avec tes conneries de concerts. On est serré comme des patates et j’aime pas ça. Faire comme tout le monde, être debout, taper dans les mains m’ennuie profondément, d’ailleurs, tu vois, je suis las en ce moment. T’as vu l’état du monde ? Société de merde...»

Et patati et patata. 

Parfois, ce mec m’exaspère.

Mais j’ai une sacrée force de persuasion et il finit par céder.

On boit une bière rue de Lappe avant le concert. 50 cl ou 25cl ? On a pris 50cl. Non, je dis ça, parfois, les détails ont de l’importance. Là, je ne crois pas mais j’ai une frénésie d’écriture à laquelle je ne peux rien donc je raconte.

On passe devant la salle. C’est blindé. Une queue digne de celle que l’on trouvait devant les boulangeries à l’époque de l’union soviétique.

On se regarde.

Et mon concert de l’ex Garçon boucher s’est transformé en un plan restau.

Besoin de refaire ce putain de monde qui tourne bizarrement.

Et c’est curieux, j’ai mal au crâne ce matin.

 

PS (bis): Je viens de m'apercevoir que Fishturn a évoqué notre soirée d'hier... Je vous mets le lien quand même ici mais bon... j'hésite, il y a un passage que je n'aime pas.

QU'EST CE QU'ELLE A LA COULEUR DE MA BAGNOLE!!!

01 novembre 2006

Alain Souchon, l'ultra moderne chanteur...

 

medium_Alain_20Souchon.jpg

Oui, ben, je sais, je suis un trentenaire qui frôle la quarantaine. Mes idoles en matière de chanson française sont celles de ma génération. Les Balavoine (bientôt, ici, une note avec photo Mandorienne, je l’ai rencontré dans des circonstances particulières), Goldman (itou), Cabrel, Jonasz, Chédid (père), Berger, Sanson, Sheller, Couture ont bercé ma prime jeunesse. Et évidemment, Alain Souchon aussi (ici son site web bucolique et campagnard).

medium_une_vie_a_travetrs.jpgJe l’ai interviewé pas mal de fois. La plus récente était le 6 juillet 2005 pour la sortie d’unmedium_1125096143-souchon.2.jpg livre Alain Souchon, une vie à travers ses chansons et d’un disque La vie Théodore (mon article est là, donc je n’y reviendrai pas). Je me souviens que c’était le jour où nous apprenions que les jeux olympiques 2012 nous passaient sous le nez. La perfide Albion avait gagné… La salope !

Je ne sais pas pourquoi, comme un sale franchouillard que je n’estime pourtant pas être, ça m’avait foutu en boule (fait chier parfois d’être un mouton de panurge !). Et donc, je suis arrivé à l’hôtel Regina, passablement énervé (mais aussi parce que j’avais eu un mal fou à garer ma titine). A la vue d’Alain Souchon, évidemment, la futilité de ses choses là m’est apparue. medium_368_654.jpg

 

Et c’est toute ma jeunesse qui est remontée à la surface.

Je crois que son album Toto 30 ans, rien que du malheur est un des disques que j’ai le plus écouté adolescent. En 1978, j’avais pris en pleine gueule, la chanson Le dégoût. Mais aussi J’étais pas là et Le Bagad de Lann Bihoue. Je me reconnaissais dans le mal être des personnages de Souchon. Oui, à 11 ans, je me demandais déjà ce que je pouvais bien faire sur cette foutue planète.

medium_doc-1429.jpgRares sont les chanteurs dont le répertoire, si on l’étudie de près, apparaît comme si noir, si désespéré, brossant le tableau d’un univers dévasté, où la jeunesse se délite avant que d’avoir été, où les grandes illusions finissent dans les caddies des supermarchés, où les couples sont rongés par la routine et l’incompréhension, où la télé bêtasse abrutit les terriens, tandis que la Terre s’asphyxie peu à peu…

Je ne sais pas ce que j’ai moi aujourd’hui, je souchonnise ma vision de la vie.

Souchon, il attrape, comme il le dit lui-même « dans son filet à papillons ce que les gens pensent tout bas », il le renvoie ensuite à chacun. Très fort Alain !

Ici, vous l’avez remarqué, il est beaucoup question de chanson française (et en particulier de la nouvelle génération, celle que je rencontre le plus, actualité discographique oblige.)medium_content.jpg

Pas égoïste pour un euro, Souchon après trente ans de carrière au sommet, ça ne l’empêche pas d’apprécier aussi la relève :

« Je suis heureux parce que j’aime énormément la chanson : c’est un art, modeste sans doute, mais qui permet à tout le monde d’avoir quelque chose en commun, quelque chose qui fait bouger la corps et remue l’âme. Une belle chanson, à la fois populaire et chic, ce n’est pas facile du tout, mais c’est là que réside la vérité de la chanson française. Les italiens ont leur chanson à eux, sensuelle, âpre, que j’aime beaucoup ; chez nous, ça se fonde davantage sur le texte, sur le récit. Alors, si l’on assiste aujourd’hui à un renouvellement des cadres, j’en suis ravi : c’est notre histoire, c’est une part de notre identité qui continuent… »

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Dans ces « chroniques de Mandor», vous continuerez à découvrir les « jeunes cadres », mais la vieille garde ne sera jamais loin. Promis.

P.S: Hier, j'ai rencontré un écrivain (qui est aussi un blogueur que je lis depuis des lustres). Je comptais écrire sur lui demain matin. Il m'a devancé... Regardez l'enfoiré ce qu'il a fait! C'est pas sympa de me prendre à mon propre piège Frédéric!!!