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01 novembre 2006

Alain Souchon, l'ultra moderne chanteur...

 

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Oui, ben, je sais, je suis un trentenaire qui frôle la quarantaine. Mes idoles en matière de chanson française sont celles de ma génération. Les Balavoine (bientôt, ici, une note avec photo Mandorienne, je l’ai rencontré dans des circonstances particulières), Goldman (itou), Cabrel, Jonasz, Chédid (père), Berger, Sanson, Sheller, Couture ont bercé ma prime jeunesse. Et évidemment, Alain Souchon aussi (ici son site web bucolique et campagnard).

medium_une_vie_a_travetrs.jpgJe l’ai interviewé pas mal de fois. La plus récente était le 6 juillet 2005 pour la sortie d’unmedium_1125096143-souchon.2.jpg livre Alain Souchon, une vie à travers ses chansons et d’un disque La vie Théodore (mon article est là, donc je n’y reviendrai pas). Je me souviens que c’était le jour où nous apprenions que les jeux olympiques 2012 nous passaient sous le nez. La perfide Albion avait gagné… La salope !

Je ne sais pas pourquoi, comme un sale franchouillard que je n’estime pourtant pas être, ça m’avait foutu en boule (fait chier parfois d’être un mouton de panurge !). Et donc, je suis arrivé à l’hôtel Regina, passablement énervé (mais aussi parce que j’avais eu un mal fou à garer ma titine). A la vue d’Alain Souchon, évidemment, la futilité de ses choses là m’est apparue. medium_368_654.jpg

 

Et c’est toute ma jeunesse qui est remontée à la surface.

Je crois que son album Toto 30 ans, rien que du malheur est un des disques que j’ai le plus écouté adolescent. En 1978, j’avais pris en pleine gueule, la chanson Le dégoût. Mais aussi J’étais pas là et Le Bagad de Lann Bihoue. Je me reconnaissais dans le mal être des personnages de Souchon. Oui, à 11 ans, je me demandais déjà ce que je pouvais bien faire sur cette foutue planète.

medium_doc-1429.jpgRares sont les chanteurs dont le répertoire, si on l’étudie de près, apparaît comme si noir, si désespéré, brossant le tableau d’un univers dévasté, où la jeunesse se délite avant que d’avoir été, où les grandes illusions finissent dans les caddies des supermarchés, où les couples sont rongés par la routine et l’incompréhension, où la télé bêtasse abrutit les terriens, tandis que la Terre s’asphyxie peu à peu…

Je ne sais pas ce que j’ai moi aujourd’hui, je souchonnise ma vision de la vie.

Souchon, il attrape, comme il le dit lui-même « dans son filet à papillons ce que les gens pensent tout bas », il le renvoie ensuite à chacun. Très fort Alain !

Ici, vous l’avez remarqué, il est beaucoup question de chanson française (et en particulier de la nouvelle génération, celle que je rencontre le plus, actualité discographique oblige.)medium_content.jpg

Pas égoïste pour un euro, Souchon après trente ans de carrière au sommet, ça ne l’empêche pas d’apprécier aussi la relève :

« Je suis heureux parce que j’aime énormément la chanson : c’est un art, modeste sans doute, mais qui permet à tout le monde d’avoir quelque chose en commun, quelque chose qui fait bouger la corps et remue l’âme. Une belle chanson, à la fois populaire et chic, ce n’est pas facile du tout, mais c’est là que réside la vérité de la chanson française. Les italiens ont leur chanson à eux, sensuelle, âpre, que j’aime beaucoup ; chez nous, ça se fonde davantage sur le texte, sur le récit. Alors, si l’on assiste aujourd’hui à un renouvellement des cadres, j’en suis ravi : c’est notre histoire, c’est une part de notre identité qui continuent… »

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Dans ces « chroniques de Mandor», vous continuerez à découvrir les « jeunes cadres », mais la vieille garde ne sera jamais loin. Promis.

P.S: Hier, j'ai rencontré un écrivain (qui est aussi un blogueur que je lis depuis des lustres). Je comptais écrire sur lui demain matin. Il m'a devancé... Regardez l'enfoiré ce qu'il a fait! C'est pas sympa de me prendre à mon propre piège Frédéric!!!

30 octobre 2006

Aymeric Patricot... l'horreur disséquée.

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 Les médias en font-ils trop avec la banlieue ? C’est la question à la mode en ce moment. La littérature s’y est mise également. Les essais ou les romans déguisés sur la banlieue fleurissent comme des petits pains (Quoi ? Elle n’est pas jolie cette expression ?)

Et bien la semaine dernière, j’ai rencontré par l’intermédiaire involontaire de mon ami prixdeflore2006 (d’ailleurs toi, tu l’ouvres quand ton nouveau blog ? Et je peux me permettre d’être transporté de joie par ta dernière note? Oui, je peux. Félicitations !), un jeune auteur : Aymeric Patricot.

medium_azima_bis.2.jpgCe trentenaire, diplômé d’HEC, ancien attaché culturel à l’ambassade de France au Japon, actuellement prof de français dans un  lycée de banlieue, nous a livré il y a quelques mois un roman subtil, bien écrit et à contre courant sur ce qui se dit, s’écrit, se suppose, se fantasme sur la banlieue. Voici le pitch « officiel » d’Azima la rouge (chez Flammarion) par l’auteur lui même:

« Azima raconte l’histoire d’une jeune femme sensible, vivante, intelligente, vivant en banlieue parisienne et dont le frère se révèle extrêmement possessif. Elle va commettre l’erreur, en début de roman, de croiser le regard d’un jeune homme en présence de ce frère. Elle comprendra très vite que des choses très graves lui seront infligées. Le livre est l’histoire de cette montée de la pression autour de la jeune femme, jusqu’au drame final. »

Initialement, si je n’avais pas reçu un mail d’Eymeric sur mon blog, s’il ne m’était pas paru sympathique, si ses propos ne m’avaient pas intrigués, je n’aurais pas été tenté de lire son livre. Il me l’a envoyé, je l’ai dévoré et j’ai voulu le rencontrer.

Chose faite le jeudi 19 octobre dernier, juste après ma rencontre avec Kad et Olivier (vous vous souvenez ?). medium_19.10.06_Aymeric_Patricot_3_.2.JPGRendez-vous au Virgin Café des Champs Elysées. Nous arrivons quasiment en même temps. J’ai un petit avantage… je l’observe quelques secondes. Il ne connaît pas mon visage (et pour cause !). Je lui fais signe. Il arrive, s’installe et ouf ! Nous sommes sur la même longueur d’ondes. Je dirais même que j’ai l’impression de le connaître depuis longtemps. Il y a des gens comme ça !

Petit bémol tout de même sur le choix du liquide à ingurgiter. Il prend un café allongé (enfin, lui, il reste assis), moi, un verre de Bordeaux. Je prétexte une interview précédente compliquée à gérer du coup « besoin de se détendre ». Oui, je sais… un peu facile. Il n’en reste pas moins que suis un peu déçu de constater que les écrivains ne boivent plus… (Celui qui me rappelle que j’ai raconté sur ce blog ma biture avec Nicolas Rey chez lui, deux bouteilles de rouge à deux pendant une interview (Hemingway, sort de nos corps !!!...) je lui réponds que ce n’est pas joli joli de cafter. Bref, Aymeric Patricot lui se shoote au café. « Le vin, ce n’est que le soir. » (Bukowski, rentre dans son corps !)

Nous commençons sérieusement la conversation parce que, quand même, nous sommes là pour parler littérature. Je demande à Aymeric pourquoi il va à contre courant des écrits habituels sur la banlieue :

medium_aymeric_patricot.3.jpg-D’un point de vue romanesque et dans la vie en général, j’aime bien prendre le contre-pied de ce que les gens pensent. Les clichés ont l’art de me gonfler profondément. Dans le cas présent, je ne voulais pas faire un livre sur la banlieue mais je souhaitais essayer de comprendre ce qu’il se passait dans la tête de gens qui subissent des traumatismes, mais aussi de saisir la pensée des types qui peuvent commettre des trucs infâmes.

Non, parce qu’il faut bien dire une chose, Azima est victime d’une tournante organisée par son frère. Ce qui est choquant dans ce livre (et aussi, ce qui, du coup, est original et intéressant) c’est qu’elle analyse cliniquement la situation.

-Pour supporter le cauchemar qui lui arrive, elle est obligée de prendre une distance complètement dingue. Elle poétise la chose, elle réfléchit… Comme si elle n’était plus dans son propre corps, elle laisse se dérouler les faits. Elle trouve des excuses à son frère, elle fait un effort intellectuel pour comprendre comment il a pu l’amener à faire ça. L’humilier et la faire souffrir de manière si intense.

Ce qui est troublant dans le roman d’Aymeric Patricot, c’est que tous ses personnages sont lucides sur les medium_presse_visu03_Aymeric.2.jpgévènements. Ils savent très bien ce qu’ils font, ce qui ne les empêchent pas, pour la plupart, d’être lâches et faibles… inconséquents aussi.

C’est un livre très « psychologique ». On rentre à l’intérieur du mode de fonctionnement cérébral de chaque protagoniste.

Pourquoi cette manière de traiter l’horreur dans toute sa splendeur (si je puis dire) ?

-Dans ma famille, il y a eu des évènements un peu terribles. Des suicides notamment. Je me suis rendu compte qu’on pouvait refouler le tragique en soi, rester zen malgré tout. C’est un peu ce que fait Azima. Mais pour être franc, la banlieue me sert de décors pour investir des choses personnelles, pour exorciser des angoisses profondes que j’ai en moi. C’est ce que j’appelle « l’exotisme intime ».

Ce qui est brillant dans ce tout premier roman, c’est que l’auteur raconte la même histoire à cinq voix. Ces cinq personnages expriment tour à tour leurs espoirs, leurs fantasmes et leurs peurs face à cette réalité intolérable. Un exercice de style parfaitement maîtrisé. De plus, quand on le lit, des images s’imposent à nous.

-J’ai un imaginaire visuel. J’en ai parlé avec Christine Angot, que j’ai croisé récemment à un cocktail chez Flammarion, elle me disait qu’elle fonctionnait à l’oreille. Moi, c’est tout le contraire, je fonctionne à l’image. C’est pour ça que j’aime les polars américains. La violence est particulièrement visuelle…

Inévitablement, nous finissons notre longue discussion en évoquant les blogs. Le sien est là. Et il est très littéraire. Aymeric hésite à le rendre plus personnel, à être plus incisif (alors que, déjà, il n’est pas toujours tendre). Je me fais d’ailleurs la réflexion que sous son air angélique, délicat, charmant, se cache un diablotin très énervé… un putain de maelström intérieur, je suis sûr.

medium_19.10.06_Aymeric_Patricot_4_.2.JPG-C’est dur d’être très gentil. Je fais notamment des critiques de bouquins et, une fois sur deux, je suis tenté de les descendre. Gide, de Beauvoir n’ont pas mes faveurs par exemple. Pour tout dire, je meurs d’envie de m’attaquer aux auteurs contemporains mais j’ai peur que ce soit mal perçu, que ça fasse prétentieux… un écrivain qui crache sur les autres.

Il commence à écrire aussi des billets dans lesquels il décrit sa vie de classe, il évoque aussi les banlieues, inévitablement.

-J’hésite aujourd’hui à parler politique, je tâte le terrain. En fait, j’aime bien faire de la provoc’.

De ma part, ce serait l’hôpital qui se fouterait de la charité si je lui disais de se lâcher un peu plus, de se laisser aller à écrire ce qu’il pense réellement…

Et bien, moi, qui écris sous anonymat et des choses plutôt positives, je lui dis quand même.

J’ai l’impression qu’il y viendra, qu’il prend son temps...

Vous, sans vous commander, vous feriez bien de prendre un peu de temps pour découvrir ce nouvel auteur. Le jeune homme promet. Et puis, Aymeric et moi, nous risquons bien de nous revoir.Une histoire de rencontre bloguesque littéraire... On en reparle bientôt.

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Aymeric Patricot m’a promis qu’il réagirait à cette note chez lui.

P’t’être il va dire que j’ai mal compris ses propos, p’t’être bien aussi qu’il va comptabiliser les fautes d’orthographe, de syntaxe (en bon prof de  français qui se respecte…etc., p’t’être aussi qu’il sera magnanime ? P’t’être bien, p’t’être pas. J’sais pas.

27 octobre 2006

Eric-Emmanuel Schmitt... l'homme multiple!

 

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En ce moment, je suis très Albin Michel comme gars (voir là, récemment). Je vous promets d’être très Flammarion dans les prochains jours.

Eric-Emmanuel Schmitt m’a toujours intrigué. A la fois, dramaturge, essayiste, romancier, scénariste, musicien, cet homme là n’arrête jamais et tout ce qu’il touche se transforme en or. Il n’était pas inintéressant d’aller voir ce monsieur, en vrai, en tête à tête durant une heure.

medium_p_jaketodette-web.jpgLe prétexte : son nouveau livre qui sort le 2 novembre. Un recueil de nouvelles : Odette Toulemonde et autres histoires. Huit récits, huit femmes, huit histoires d’amour. « De la petite vendeuse à la milliardaire implacable, de la trentenaire désabusée à une mystérieuse princesse aux pieds nus en passant par des maris ambigus, des amants lâches et des mères en mal de filles, c’est une galerie de personnages inoubliables qu’Eric-Emmanuel Schmitt poursuit avec tendresse dans leur quête du bonheur ». Amen. Le service de presse est efficace.

L’endroit : la maison d’édition.

Le temps : maussade.

L’humeur : comme le temps.

Le jour : mardi 24 octobre.

L’heure : 12h30.

L’auteur est un peu en retard mais l’attachée de presse me fait patienter tant bien que mal. medium_spielplan_2004_schmitt.jpg

Il arrive, souriant et chaleureux. On nous installe dans la pièce « interview » que je connais bien. Entourés de vitres, nous sommes visibles de tous. C’est toujours un problème pour moi car je suis très curieux et je ne peux pas m’empêcher de zieuter dès que quelqu’un sort d’un bureau ou passe dans le couloir… Je vois Amélie Nothomb qui passe devant nous et fait un coucou à mon interviewé. Ils se connaissent très bien et s’apprécient. J’en profite aussi pour la saluer, elle me sourit.

Eric-Emmanuel Schmitt est avenant. Le courant passe immédiatement. Je lui précise que je l’ai vu la veille, tard dans la nuit dans Vol de nuit de PPDA. Il se marre en me racontant qu’il a essayé mais qu’il s’est endormi avant. De toute manière, il n’est pas excité à l’idée se voir à la télé. Il m’explique.

-Je n’aimerais pas m’aimer et je n’aimerais pas ne pas m’aimer donc, je ne regarde pas.

Comprenne qui veut.

medium_SCHMITT.jpgUne des nouvelles de ce recueil s’intitule Odette Toulemonde. C’est aussi le titre du film qu’il vient d’achever (avec Catherine Frot et Albert Dupontel dans les rôles principaux) et qui sort en février 2007. Il s’empresse de raconter son expérience cinématographique car il est fier de cette nouvelle activité. Une nouvelle corde à son art ?

-J’ai vécu cette aventure comme un cadeau que me faisait la vie. On m’a fait confiance alors, je me suis efforcé de mériter cette confiance pendant la préparation et le tournage du film. Tout le monde a dit que le tournage avait été extrêmement serein mais en fait, moi, je bouillonnais. Je ne voulais pas décevoir l’équipe. Je me sentais en dette et c’est un très bon sentiment. Un sentiment dynamique qui m’a obligé à donner le meilleur de moi-même.

Il existe deux films connus tirés de son œuvre et réalisés par d’autres. Eric-Emmanuel Schmitt est mitigé quant aux résultats.

medium_monsieur_20ibrahim.jpg-Je suis très content de  Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran réalisé par François Dupeyron. Il a fait ce film pour de bonnes raisons… pour l’humanité qu’il y avait entre les deux personnages. Omar Sharif m’a emballé dans le rôle de Monsieur Ibrahim. Par contre, je n’ai pas aimé  Le Libertin que Gabriel Aghion a réalisé d’après une de mes pièces. Après, je suis devenu psychorigide, j’ai passé mon temps a refuser ce genre de proposition…

Et donc l’ami Schmitt s’y est mis tout seul.

-A ma grande surprise en plus, j’ai aimé ça. Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas réalisé de film avant. J’étais comme un poisson dans l’eau.

Je cherche à comprendre comment on s’improvise réalisateur du jour au lendemain.

-J’ai beaucoup travaillé de manière livresque. J’ai dévoré des ouvrages techniques pour acquérir la même langue que les techniciens. Et j’ai aussi lu beaucoup d’entretiens de cinéastes. Fuller, Truffaut, Hitchcock...

D’accord mais je présume que cela ne suffit pas. Il faut une sacrée équipe derrière.medium_schmitt_4.jpg

(Amélie n’arrête pas de nous regarder, comme ça, l’air de rien…)

-Je l’ai eu. Que des pointures et en plus j’avais le choix. J’ai sélectionné  mes collaborateurs pour leur talent mais aussi pour leur caractère. Je voulais des gens avec qui je pouvais passer 6 mois, des gens dont je percevais qu’ils étaient généreux et que ça les excitait beaucoup de faire le premier film d’un écrivain.

Il est comme ça Eric-Emmanuel Schmitt. Puisqu’il est obligé de travailler à plusieurs, autant se sentir en famille.

medium_eeschimtt.jpg-Pour moi, ça a été un vrai bouleversement de découvrir que la création n’était pas forcément solitaire. Habituellement, je crée tout seul. Si j’ai un problème, c’est entre moi et moi. Je m’arrange, il y a des armistices parce qu’il faut bien continuer à vivre.

Il dit cela en souriant. Je sais que la création chez lui passe aussi par la souffrance.

-Quand j’ai envie d’une forme et que je n’arrive pas à la maîtriser, c’est une souffrance énorme mais sous cette souffrance, il y a un rendez-vous possible. Paradoxalement, je suis quelqu’un qui compose très lentement mais qui écris très vite. Je passe des mois avec des personnages, des thèmes et tout se construit dans ma tête… je compose, règle, imagine… un jour, il n’y a plus qu’à coucher cela sur du papier.

Eric-Emmanuel me voit regarder Amélie Nothomb.

-Vous l’aimez bien elle aussi ?

J’acquiesce. Mais je lui explique que ses deux derniers romans m’ont déçu. medium_schmitt_eric.jpg

-C’est vraiment une copine. Nous avons débuté ensemble chez Albin Michel. Nous ne vendions pas encore beaucoup de livres alors notre éditeur nous faisait faire les salons et signatures ensemble. On prenait le train et buvions ensemble… C’était sympa. Du coup, maintenant, nous nous sentons liés.

Nous bavardons si agréablement que c’est son attachée de presse qui vient avec tact le délivrer de moi.

-Vous devez répondre à des interviews par téléphone je crois…

J’ai compris. Je lui demande de nous prendre en photo (vous savez pourquoi). L’auteur joue le jeu avec élégance.

-Ca vous va ? Vous en voulez d’autres.

medium_24.10.06_Eric-Emmanuel_Schmitt_1_edited.JPGJ’ai ce qu’il faut, merci !

Et au revoir.

Très sympathique cet homme là.

Pas déçu.

Du tout.

 

P.S : Sinon, son recueil de nouvelles, je le trouve sensible, intelligent et très agréable à lire. Les chutes sont inattendues et on s’attache aux héroïnes (souvent en souffrance) moins aux hommes (qui n’ont pas le beau rôle : lâche, faible, mesquin et tout et tout)… Mais chez Schmitt, ce n’est pas si simple. Il déteste le manichéisme…

Mon article pour le journal est .

23 octobre 2006

Jeanne Cherhal... fraîche et liquide.

 

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Celle là, je l’attendais avec impatience. J’ai demandé expressément à mon rédac chef bien aimé de me la réserver sous peine de démission immédiate dans les plus brefs délais (euh…en fait non, je me suis à genoux et j’ai pleuré et prié pour qu’il accepte, non parce que j’aime trop mon boulot pour partir, comme ça, sur un coup de tête !)

medium_j_cherhal_leau_192.4.jpgLe nouveau disque de Jeanne Cherhal, L’eau, sort donc aujourd’hui. J’ai petit déjeuné avec elle le 10 octobre dernier au bar La lubie (comme avec lui). Il faut que je vous dise, la Jeanne, je la kif totale (vous aimez quand je parle djeuns ?). J’aime ses chansons, sa personnalité et…

 

Et en plus, elle est souriante, agréable et polie. Bon, vous allez me dire, elle est normale quoi ! A cela je réponds tout de go. Oui, normale.

Mais, vous savez, dans ce métier, tout le monde ne se comporte pas de la même manière.

Après 12 fois par an, la Victoires de la Musique en 2005, catégorie artiste révélation du public propose un deuxième album vraiment différent et d’une rare sensualité. Il transpire le désir.  

-J’aime bien avancer et profiter des choses que j’apprends au contact des autres artistes. Si j’ai évolué, ce n’est pas délibéré, j’ai juste grandi. J’ai abordé l’écriture différemment, c’est moins concret et donc, très logiquement, plus abstrait.

Jeanne Cherhal est là, calme, réservée mais à l’écoute. Elle semble curieuse de ce que je peux penser de cette medium_jeanne_cherhal_02.jpgévolution. Je lui explique que j’écoute cet album depuis le début du mois de septembre et que je ne m’en lasse pas, quelque part, cela doit bien signifier qu’il est joliment troussé, non ?

Ce que je ne lui dis pas, c’est qu’en fait, il tourne en boucle. Je suis incapable d’en expliquer les raisons… bref, la solitaire a fait du bon boulot.

-C’est vrai que pour cet album, je suis partie m’isoler sur plusieurs périodes et endroits, en véritable ermite. En période de travail, j’ai besoin de me renfermer, je suis une véritable taupe.

medium_jeanne12.jpgElle ne chante plus son petit voisin et elle envoie ses talents de croqueuse de portraits au calendes grecques.

Aujourd’hui, elle nous parle du port de la bourka dans Le Tissu :

-J’ai pris ce sujet avec des pincettes. C’est très délicat en ce moment. Ce n’est pas mon rôle d’écrire des réquisitoires. J’aborde simplement ce sujet avec le regard d’une occidentale qui est complètement étrangère au port du grillage. Moi, en tant que femme ça me dérange et ça me rend triste.

Elle évoque aussi l’excision dans On dirait que c’est normal.

-Là, pour moi, c’est sans appel. C’est le mal absolu. Franchement, j’ai pris conscience de l’horreur de lamedium_jeanne_20cherhal2.2.jpg chose en jouant pendant 3 semaines la pièce Les monologues du vagin. Avant de me plonger dans ce texte, je n’avais pas compris que c’était aussi grave.

Mais, sainte Jeanne, sait aussi se faire plus coquine, dévoiler une part de son intimité. Tu m’attires en est le parfait exemple.

-C’est vraiment le genre de chanson que je n’aurais jamais assumée sur un disque il y a encore un an. C’est quand même très sensuel. Parler du corps, du rapport physique et charnel avec quelqu’un, ce n’était pas ma spécialité.

medium_jeanne.jpgMa chanson préférée de l’album est La peau sur les os. Elle parle de son amoureux (et néanmoins excellent musicien chanteur Albin de la Simone, qui réalise d’ailleurs cet album et dont j'ai chroniqué il y a deux ans son deuxième disque) et en profite pour glisser que la vie à deux n’est pas toujours simple… Qui domine qui ? That is the question.

Disséquant toutes ses chansons, je finis par lui avouer que c’est un truc que je n’aime pas faire : les explications de textes. Initialement, tout devrait être dit dans une chanson. Pas besoin d’appuyer, de surligner, de stabiloter… Mais, en tant que bon connard de journaliste, je le fais aussi, parce qu’il faut que j’écrive un putain de papier le plus précis possible (il est ici medium_cigale.jpgd’ailleurs).

-C’est vrai que la meilleure façon de dire les choses est dans nos chansons. Après, c’est délicat de les justifier. C’est sympa que vous soyez conscient de la chose… »

Ouais, ben, ça ne me plait pas toujours ce rôle là… mais bref, c’est en faisant ce métier que je peux me permettre de passer une heure avec des gens que j’admire, du moins que je respecte.

medium_10.10.06_Jeanne_Cherhal1_edited.2.JPG 

Que dire de plus ? Cet album est (pour moi) un des meilleurs de la production française actuelle. Je ne me lasse pas d’écouter Canicule, Je suis liquide ou Voilà. Le clip de Voilà est visible ici et quelques chansons écoutables là.

Jeanne Cherhal, Merci ! (Titre de l’avant dernière chanson du disque).

21 octobre 2006

Marianne Farouch... la swingueuse!

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Enfin, nous avons réussi à nous croiser! Une petite heure à L’île enchantée, bar du 10eme arrondissement de Paris. Ca fait pas mal de temps que je voulais ce rendez-vous avec Marianne Farouch (la preuve , et aussi là et encore là, j’y évoque sa dernière prestation scénique…)

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_6_edited.JPGBref, j’ai connu la jeune chanteuse en recevant son disque il y a deux ans, Le nombril du monde. J’avais beaucoup aimé la fraîcheur qui s’en dégageait. Je ne l’avais pas rencontré parce que je ne devais écrire qu'une petite chronique. La voici: 

 

"Parce qu’elle a des origines de l’Est, Marianne joue une musique qui, au regard de l’histoire qu’elle véhicule, file des frissons. Un peu Manouche, un peu Yiddish, un filet de bossa, de jazz, de tango, bref, tout ce qui swingue. Elle aime Django Reinhardt mais aussi la musique Brésilienne, John Coltrane et Jacques Higelin. Les études en musicologie de cette éclectique jeune trentenaire, sa fonction de chef de chœur, ses nombreux concerts et premières parties, font d’elle une musicienne complète et chevronnée. Elle écrit, compose, arrange et chante la plupart de ses chansons. Alexis Hk (qui fait office de parrain) a co-signé deux textes et interprète un duo avec Marianne sur la ballade « Le Funambule ». Autre chanson à deux voix, « Une journée à rien faire », avec le chanteur et guitariste brésilien Ricardo Teperman. Les chansons sucrées salées de Marianne offrent un regard positif et nostalgique sur le monde et les gens. Cerise sur le gâteau, l’amour côtoie l’humour."

 

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_2_edited.JPG Aujourd’hui, dans un contexte hors promo, je peux me pencher un peu plus sur le cas Marianne Farouch (comme je l’avais déjà fait ici même avec Jérôme Attal).

 

Et c’est toute pimpante, rayonnante et enceinte (lien de cause à effet ?) que débarque Marianne. Le feeling passe immédiatement. Un thé pour elle, Coca Light pour moi (l’importance des détails).

Très vite, nous parlons de sa page Myspace (dans lequel vous pouvez d’ailleurs écouter 3 titres tirés de son disque et une reprise d’une chanson qu’elle joue régulièrement sur scène) et de mon blog, qu’elle connaît un peu. D’ailleurs, c’est amusant parce qu’elle croyait qu’une photo Mandorienne, c’était une photo trafiquée. Pas du tout. Les gens son naïfs.

Regardez là (à droite), elle voit bien que je n’ai réellement pas de visage… et ça surprend toujours un peu au medium_11.10.06_Marianne_Farouch_5.JPGdébut.

Notez, d'ailleurs, que les formidables clichés de la demoiselle sont prises par moi même et je n'en suis pas peu fier (à part celle du haut, où elle se fait attaquer par de méchants papillons!)

 

Le premier disque du Marianne Farouch’Orchestra a « marchouillé » étant donné une promo plus qu’aléatoire. Disons qu’il ne s’est pas vendu des masses et c’est bien dommage parce que c’est un disque différent de la production française actuelle. Joyeux, émotionnel et sensible. Au pays de Marianne ça swing !

 

Normal.

 

-Mes grands-parents sont juifs polonais et j’ai bercé à la fois dans la musique yiddish et dans celle de Django Reinhardt. Mon père est un fou de jazz et comme lui, ses deux frères sont musiciens.

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_4.JPGMarianne Farouch voulait, elle aussi, faire du jazz mais aujourd’hui sa musique est puisée non seulement dans ses racines mais aussi dans la musique brésilienne.

Dans Le Nombril du monde, les chansons sont écrites par elle même et deux autres auteurs : son copain chanteur Alexis HK (dont j’ai beaucoup écouté le premier disque Belleville en 2003 mais dont j'ai zappé involontairement son L'homme du moment l'année suivante) et Vincent Rothenburger. Ses chansons lui collent à la peau et correspondent parfaitement au tempérament de feu de Marianne (je dis ça, je ne la connais pas vraiment mais c’est l’image que j’ai d’elle). Croyez moi, cet opus est peu connu mais quasi essentiel dans une bonne discothèque…medium_art_mariannefarouchorchestra.2.jpg Il est trouvable sur les sites de la fnac, ou celui de Price Minister par exemple...

Evidemment, j’ai envie de savoir si elle travaille sur un deuxième disque et évidemment, oui, bien sûr, elle travaille sur un deuxième disque. Etre enceinte n’empêche pas l’inspiration.

-Les trois premiers mois, je n’étais pas du tout inspirée. J’étais plus concentrée sur mon bébé mais depuis quelques temps je suis stimulée au niveau de la création artistique. Mes textes sont plus dans l’émotion mais la musique est plus énergique, presque plus « psyché ».

medium_Carton_marianne.jpgMarianne Farouch est loquace et j’aime ça. Nous devisons sur sa musique mais aussi sur la maternité, sur la joie qu’elle éprouve quand elle monte sur scène, sur ses « collègues » es nouvelle scène française (son préféré étant Sanseverino ») et sur ses voyages nombreux et lointains avec son compagnon…

Il n’est pas interdit de penser que Marianne va enfin se faire connaître d’un public plus large. Le contraire serait même injuste et étonnant.

Nous nous quittons, parce qu’il le faut bien. Elle remarque que je n’ai pas la version définitive de l’album (avec la jaquette et tout et tout) mais une bête copie protégée par un étui transparent en plastoque. Elle me demande de l’attendre, le temps pour elle de filer chez elle (elle habite, vous l'avez compris, à proximité du bar) afin de m’en offrir un.medium_11.10.06_Marianne_Farouch_1_edited.JPG

Petit geste appréciable.

En ce moment, elle a mis la pédale douce sur les concerts pour s’occuper de sa grossesse. Ce temps de repos, elle l’utilise pour préparer et peaufiner tranquillement l‘écriture et les compositions de son deuxième album « qui sera forcément  mieux produit ». Elle espère le sortir au printemps prochain. Moi aussi.

Longue route...

 

P.S: Je viens de tomber là dessus... une fan, je crois.

20 octobre 2006

Kad et Olivier (et Mandor) sont dans un bateau...

medium_Iznogoud.jpgHier après-midi, à l’Avenue, restaurant people de l’avenue Montaigne, je me suis posé une question.

Comment interviewer pendant une heure deux comiques quand on n’a pas grand-chose à leur dire sur l’objet de la rencontre ?

Et l’objet de la rencontre, c’est un livre humoristique : 100 bonnes façons de ne pas avoir de contraventions.

medium_1185_100bonnesfaconscontraventions.2.jpgC’est simple.

On biaise.

On évoque l’objet en dix minutes.

Tout est là… Il n’y a rien à ajouter.

Puis on part dans tous les sens.

medium_quiatuepamelarose_aff.jpgEt avec Kad et Olivier c’est facile de partir dans tous les sens.

Ils sont multifonctions.

Depuis 1991, date de leur rencontre, ils ont tout fait. Radio, télé, spectacle.

Et cinéma…

A deux : Mais qui a tué Pamela Rose et aussi  Un ticket pour l’espace.

 

Et Kad, devenu Kaddour Merad pour le cinéma en solo. Comédien qui cartonne (voir là !).

Alors, on en parle et on taquine…medium_unticketpourlespacepack.jpg

Olivier Barroux, pas jaloux de Kad ?

Olivier : Absolument pas, j’en suis même très content. Ca rejaillit sur notre duo.

Kad : (un brin ironique) Il veut faire un film avec moi alors, tant que j’ai du succès, je suis bankable pour monter son projet.

Olivier : Oui, mais en fait, je n’y arrive pas.

Kad : Parce que ton scénario est pourri.

Rires des deux.

medium_19.10.06_11_Kad_et_Olivier_edited.JPGOlivier : On a une boite ensemble. Son succès nous sert. Moi, franchement, je n’ai jamais eu de velléité à devenir comédien à tout prix.

Kad : Oui, mais tu n’es pas un bon acteur, non plus.

Re rires des deux comparses.

Kad : Pour parler sérieusement, j’ai eu un gros coup de bol de jouer dans Les Choristes. C’est ce qui a tout déclenché.

Olivier : Il n’y a pas que ça. Tu es bon comédien. Très bon même. Tu touches les gens.

Ces deux là s’aiment, ça se voit, ça se sent. Mais, la pudeur est là. L’humour reprend donc le dessus.

medium_kadetoliecrallargeself.2.jpgKad : Et puis, à un moment donné, il y en a un de nous deux qui va décéder. En plus c’est toi qui vas décéder en premier.

Olivier : C’est pas sûr ! Statistiquement, c’est toi qui as le plus de chance de partir avant moi.

Kad : Tu dis ça par rapport à ce que je bois ? C’est vrai.

Et puis, le temps s’écoule lentement… il faut continuer sans relâche à alimenter la conversation.

On parle projets.

Un « two men show » en préparation, un double DVD de tous leurs meilleurs moments à la télévision en janvier, un autre film en commun bientôt à l’écriture…

medium_La_traverse_a_l_atlanyiq.jpgQuand il faut meubler, des questions connes et inutiles sont posées. Je vous en fais grâce.

Au  bout de trente minutes. On navigue à vue. La terre est lointaine.

Au bout de quarante cinq, on sort les rames.

Au bout d’une heure. On reboit un café, on plaisante un peu et surtout…

On fait les photos Mandoriennes sans expliquer pourquoi on se fait tirer le portrait avec eux.

Du coup. On fait fan.

medium_19.10.06_13_Kad_et_Olivier_3_edited.JPG

Jamais eu peur de passer pour un fan.

Je suis fan de plein de monde.

Je revendique ma « fan attitude ».

Il y a peu de journalistes qui ose.

J’ose.

Mais parfois, j’ai un peu honte.

On se quitte en se promettant de se revoir pour la sortie du DVD.

Le pire, c’est que le cirque risque effectivement de recommencer dans 3 mois.

Peur de rien.

18 octobre 2006

Aldebert, le bouffeur de bonheur...

medium_Aldebert_6.2.jpg

Mince, deux jours de retard… Je  voulais sortir cette note le jour précis de la mise en vente du nouveau et quatrième disque d’Aldebert. C’était lundi, j’ai merdé.

Pardon.

J’arrête le métier.

Non, je plaisante. Vous n’allez pas vous débarrasser de Mandor si facilement.

medium_Aldebert_3.2.jpgAldebert donc, aujourd’hui.

Un rapide retour en arrière s’impose car ce n’est pas un chanteur encore très populaire, bien qu’il joue systématiquement dans des salles bondées…

Guillaume Aldebert est né en 1973 (quel jeunot !) à Paris mais grandit à Besançon.

Entre un papa dessinateur passionné par le chant et un oncle pianiste de bar, il tombe rapidement dans l’univers de la musique (même pas mal !) bercé par les grands noms de la chanson française (Brel, Brassens, Barbara, Carlos, Gainsbourg).

Quoi ? Il y a un truc qui vous choque. Z’êtes pas tolérant vous…

L’école ne le passionne pas (moi non plus) et Aldebert commence l’apprentissage de la musique : piano, orgue, medium_Aldebert_en_concert.jpgsynthé et guitare.

Il commence dans des petits groupes puis compose et joue de la guitare pendant 7 ans dans un groupe de Rock Métal (Les White).

En 2000 sort son premier album, tout seul, comme un grand : Plateau télé, puis le jeune homme bourlingue sur toutes les scènes et festivals de France et un peu de Suisse et de Belgique.

En mars 2003 (ça va, vous ne vous ennuyez pas ?), sort son deuxième album Sur place ou à emporter et participe à un album hommage à Hubert-Félix Thiéfaine : Les fils du coupeur de joint. Après cela, il poursuit ses périples « concertiques » avec de plus en plus de succès.

medium_paris_aldebert.jpgEn octobre 2004, il sort son troisième disque L’année du singe. C’est à ce moment que je découvre ce nouvel artiste. Je le rencontre pour mon journal et tout de suite, le type me parait gentil, sincère, marrant et surtout, content de ce qui lui arrive. Je me souviens qu’il m’expliquait que le fait que des journalistes se déplacent pour lui le touchait à un point inimaginable. Jusqu’à présent, c’était lui qui tapait aux portes, qui les enfonçait même pour avoir l’espoir que quelqu’un l’écoute et parle de lui. Avant il collait les affiches lui-même… depuis qu’il est chez Warner Music France, il est pris en main (et en considération). Son label Up Music croit beaucoup en lui…

Donc, pour la seconde fois, j’ai rendez-vous avec Aldebert (le 13 septembre dernier) dans un minuscule bureau de sa maison de disque. Toujours aussi courtois, bienveillant et amical.

medium_les-paradis-disponibles.jpgJe lui explique que j’ai flashé sur cet opus, Les paradis disponibles beaucoup plus que sur le précédent. D’abord parce qu’il a laissé de côté ses petites chansons du quotidien empreintes de nostalgie, très à la mode dans la nouvelle scène française.

-Avant mes textes étaient très descriptifs, très visuels. Aujourd’hui, ils sont plus oniriques, imagés, medium_Guillaume-Aldebert1.jpgpoétiques. Je cultive un peu mon côté rêveur. Dans la vie, je ne fais pas forcément la différence entre l’imaginaire et le réel, parfois ça me pose d’ailleurs un problème. Franchement, sans être autiste, il m’arrive d’être complètement déconnecté.

Un moment de réflexion assez long puis il reprend.

Pour ce disque, je voulais enfin prendre des risques. Parler des origines de l’homme dans L’homme songe et C’est comment là-haut ? par exemple était pour moi primordial.

Je l’interroge sur ces questionnements métaphysiques tardifs.

medium_aldebert_4.jpg-J’ai grandi dans une famille assez catholique, bien que mon père soit protestant… bref, je suis allé au cathé et j’ai reçu une éducation catho. Il n’empêche que j’ai du mal avec les gens qui sont sûrs, surtout sur ce terrain là. Moi, je veux avouer mes doutes, mes incertitudes. Je me pose en agnostique en disant que je crois autant aux extra-terrestres qu’au petit Jésus.

"Les paradis disponibles résonnent comme un hymne à la vie, à l’amour, une sorte de carpe diem cher à Aldebert. Il écrit des petites phrases telles « le bonheur, c’est d’arriver à désirer ce qu’on a déjà » ou encore, « le bonheur, c’est un chagrin qui se pose » (dans Des chatons dans un panier). Son sens de la formule, son goût pour la chanson métaphorique, ses interrogations sur l’au-delà, ses réflexionsmedium_13.09.06_Aldebert_1_.JPG sur le couple et cette obsession omniprésente pour le temps qui passe font de cet album, un recueil de textes à la fois touchant et plus mâture", dixit le dossier de presse, qui est souvent concocté par quelqu'un de quand même bien renseigné et qui, de préférence, a écouté l'album.

Par exemple, moi, il m'est arrivé d'en écrire pour une maison de disque et pas forcément pour des artistes que j'appréciais... Mais Aldebert, lui, j'aime bien. Mais, on ne m'a pas proposé d'écrire le dossier de presse. Voilà, c'est comme ça. La vie est injuste et cruelle.

Quiqu'il en soit, chez Guillaume Aldebert, on sent un homme qui vise le but ultime : être heureux. Regardez, la photo Mandorienne (juste là, un peu plus haut à gauche) en témoigne, non?

Même si ses personnages sont souvent claudicants, il y a toujours l’espoir qui pointe le bout de son petit nez.

-J’aime le héros ordinaire, les personnages qui ont des failles, qui boitent dans la vie. Je les aime parce que se dégagent de ces gens là des trucs très forts. La fragilité et la naïveté mêlées à l’inconscience, la fraîcheur et l’amour de la vie.

Même musicalement, Aldebert a changé. Fini le flon flon et le bal musette (là, j’exagère un peu). Il y a ici un zest de reggae, des pincées de rock, quelques rythmes africains et quelques bons morceaux pop électriques. Ca swingue toujours autant mais en plus moderne.

medium_Aldebert_en_concert_2.jpg

Son premier single L’appétit du bonheur tourne en boucle sur les chaînes de clips et passe beaucoup à la radio… Elle est assez représentative de l’état d’esprit d’Aldebert. Un mec pas sûr de lui qui veut bouffer la vie à pleine dent.

Tendresse, rires, sourires et émotion… Voilà le programme de ce jeune homme en devenir.

Mesdemoiselles, vous serez nombreuses à rejoindre sa cohorte de fans en transe… (dans ses concerts, il n’y a que des jeunes filles, parfois accompagnées de leur copain mais rarement).

 

Aldebert est un tombeur talentueux.

 

En plus, il est aussi un dessinateur de bande dessinée très doué.

J’arrête là. Il m’énerve.

Jaloux, moi ?

Pfff !

N’importe quoi !

Mais, bon,  pour ceux et celles qui souhaitent le voir bouger, s'exprimer, chanter... , il y a une vidéo d'une interview et un documentaire très récent réalisé par France 3 Bourgogne-Franche-Comté et diffusé le 7 octobre (je ne suis pas chien.)

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Un gentil visiteur (Vincent) me signale par mail que la formule "le bonheur, c'est du chagrin qui se repose" n'est pas de Aldebert mais de Léo Ferré "un p'tit gars apparemment plein d'avenir" ajoute Vincent malicieusement. Dont acte. Mais précisons aussi qu'Aldebert lui même m'avait indiqué qu'il avait emprunté cette formule.

15 octobre 2006

James... Marianne James.

medium_mariannejames.jpg

C’est marrant, j’ai du mal à écrire cette note sur Marianne James. Ca fait un mois que je l’ai rencontré (le 11 septembre dernier) mais je ne sais pas par quel bout l’attaquer (si je puis dire). Bon, Mandor, creuse toi les méninges!

En cette journée dominicale, elle est l'invitée de Drucker dans Vivement Dimanche... c'est le jour ou jamais.

 

medium_Ulrika_2.jpgEn 1998 un pote me prie de l’accompagner à un spectacle « délirant, décapant, du jamais vu! ». Il s’agissait de « L’Ultima Récital ». Son personnage principal Maria Ulrika Von Glotte, artiste lyrique et diva tyrannique, presque aussi haute que large (2 mètres 08 au collet et 2 mètres 07 de tour de fesses) était impressionnante, déroutante, sauvage…

A la sortie, j’ai dit à mon ami : « Ah ouais, quand même ! » Ce qui en clair voulait dire : « Ce spectacle là est le truc le plus délirant que j’ai zieuté sur scène ! ». Marianne James se cachait derrière ses faux-cils, ses réparties cinglantes, ses airs de Mozart et des Sex Pistols revisitées…

Et depuis 4 ans, il y a la Marianne James membre du jury de « La Nouvelle Star », aujourd’hui, il y a celle qui sort son premier album de chansons.

 

J’ai rendez-vous avec elle dans une ancienne maison où se trouvaient naguère des jeunes femmes quemedium_Tele_7_jours_Marianne.jpg l’on pouvait qualifier « de joie ». La Villa Royale. Un petit salon kitsch et une Marianne très en verve et très « joyeuse » justement. Le matin même sortait le nouveau Télé7 Jours avec elle en couverture… Je lui mets sous le nez.

 

-C’est ma légion d’honneur à moi.  J’aime beaucoup les photos. Regarde celle là, elle est sexy, hein ?

Effectivement, elle est sexy. Elle poursuit.

-On peut être une quadra et être sexy. Tu sais, il n’y en a que pour les jeunes alors c’est une véritable résistance que d’être sexy après 40 ans pour une femme.

medium_Ulrika.jpg

Nous évoquons son passé artistique (cours de guitare avec le père du jazzman Michel Petrucciani à 11 ans, chorale et découverte de ses 3 octaves à l’adolescence, spectacles de rues, choriste et chanteuse de groupes, licence de musicologie, conservatoire, coaching vocal…) et principalement son rôle de Maria Ulrika qui lui a permis de remporter en 1999 un « Molière du meilleur spectacle musical ».

Après 11 ans de succès, elle a tué la diva teutonne fantasque. Elle n’en pouvait plus de porter ses costumes intérieurs et extérieurs…

 

-J’en avais marre d’être prise pour un travelo allemand et, en même temps, je ne voulais pas qu’Ulrika devienne démodée.

Marianne osant même la comparaison avec le destin de Marylin Monroe. Morte en plein succès.medium_Aujourd_hui_Marianne.jpg

Je ne lui pose aucune question sur La Nouvelle Star (ni d'ailleurs sur son émission sur Pink TV, là à droite). Aucune et pourtant, j’aurais bien aimé savoir pourquoi chaque année, les quatre membres du jury s’évertuent à annoncer qu’ils ne le seront plus l’année suivante… Je veux être le seul journaliste à ne pas lui poser la question mais ça me coûte. Je suis un sale curieux.

medium_11.09.06_Marianne_James_2_.JPGFranchement, elle est très sympathique la Marianne. Elle te parle comme si tu étais son meilleur ami, te livre des confidences (oui, oui, j’en sais un peu sur sa vie privée mais motus…) t’embrasse (voir photo, là, à gauche), te titille, t’interpelle, te demande des conseils, bref… casse les codes intervieweur/interviewé. Et c’est plaisant.

C’est avec enthousiasme qu’elle explique le pourquoi du comment de son premier album.

-J’ai eu plus de 800.000 spectateurs pour Ultima Récital et seulement 60.000 pour mon spectacle actuel Le caprice de Marianne. Il fallait bien que je prouve à un plus large public que je suis une medium_james-marianne-0046.jpgchanteuse. Les 6 millions de téléspectateurs qui regardent la Nouvelle Star n’étaient pas obligés de savoir que c’était ma profession officielle… Il fallait que je devienne légitime parce que la question « qu’est ce que vous faites dans la vie à part membre d’un jury ? », je l’ai prise en pleine gueule un nombre incalculable de fois… et ça m’a fait mal.

Je lui demande si elle ressent une pression énorme de présenter ses propres chansons. Passant son temps à juger les autres, elle doit bien s’imaginer qu’on l’attend un peu au tournant.

Elle rit.

 

-Mais ils peuvent y aller. Sur la justesse, la diction, la beauté de la voix, le vibrato, ah oui, ils peuvent toujours y aller !

medium_Marianne_James_8.jpgEt c’est vrai que son disque est joliment troussé. Pas révolutionnaire, mais c’est un bon album de variété française. Il est réalisé par un maître en la matière Jacques Ehrhart (Camille, Henri Salvador, Alain Chamfort…)

-Lui et mon principal auteur David André m’ont forcé à calmer ma voix. Ils me demandaient si j’étais obligée de pousser des cris en chantant. Ils ont été parfaitement intransigeants envers moi et c’est exactement ce qu’il me fallait…

Dans son album éponyme, Marianne James se présente telle qu’elle est aujourd’hui, débarrassée des artifices et des rôles à tenir. Bien sûr il y a la chanson « Les peoples » qui passe en boucle sur les chaînes musicales du groupe M6 (tiens donc !) mais vous seriez plus avisé de vous pencher sur d’autres titres bien plus sensibles et émouvants sur des airs de bossa nova, rock, blues ou pop... (Dans tes pupilles, Fragile, Corps et âmes...)

Et aussi 3.14 dont le texte est signé par sa copine Laurence Boccolini.

 

-C’est une chanson triste, je sais. 3.14, c’est le chiffre pi. La constance du cercle. Laurence, Marianne, medium_Marianne-james_3.jpgc'est-à-dire des femmes rondes qui sont au milieu de ce nulle part qui est nous même… une véritable planète avec laquelle il faut vivre. C’est une souffrance que nous avons en commun. On est amie dans la vie et je sais que nous traversons la même chose. Cachée derrière son rôle dans « Le Maillon faible », je sais pourtant l’érudite, la savante, la tendre qu’elle est. Toutes les deux on se cache. Enfin, moi, ça y est, je me mets à nu.

Comme le souligne bien la journaliste Véronique Dokan dans le dossier de presse :

« Certes, il y a du cynisme et de la colère dans les chansons de Marianne James mais aussi beaucoup de tendresse. Méfiez-vous, les coups de griffes de cette tigresse ressemblent souvent à des caresses. »

Pas mieux. Marianne James: Une chanteuse de chansons, tout simplement.

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Sinon, cette note est dédiée à Tybo, qui en parlait déjà, bien avant moi...

11 octobre 2006

Sheila, juste comme ça...

 

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medium_d06integraledetail.jpgBon, Sheila sort son premier Intégrale le 30 octobre prochain. 18CD/366 titres. Mais ce n’est pas tout, il y a aussi un Best Of Collector 2CD (44 titres remasterisés) et un coffret Long Box 3CD (67 titres remastérisés). Tout est expliqué sur son site officiel http://www.sheila2006.fr 

Alors oui, l’occasion de rencontrer cette icône française était trop belle pour ne pas la saisir.medium_ii06longbox.jpg Je ne suis pas précisément fan de la dame mais, évidemment, ses tubes ont jalonné ma petite vie à moi (principalement dans les années 70). Quelqu’un qui a vendu 70 millions de disques et interprété près de 400 chansons en 44 ans de carrière n’est pas négligeable. J’ai déjà causé ici d’artistes au passé de moindre importance !

medium_d63sheila.jpgLundi dernier (le 9 octobre), j’ai rendez-vous avec Sheila à l’hôtel Hyatt Regency du boulevard Malesherbes. J’arrive à 14 heures et l’hôtesse me fait patienter dans un fauteuil situé en face du restaurant ce qui me donne tout loisir d’observer les gens mâchouiller leurs aliments. C’est là que je remarque la présence lumineuse d’un acteur. Il a l’air en forme.  Putain, Jean-Paul Belmondo devant moi ! Je ne l’ai pas dit ici mais je suis cinéphile et principalement des policiers noirs français des années 60 et 70… Voyez ce que je veux dire ? Les films de Jacques Becker, Henri Verneuil, José Giovanni et surtout de Jean-Pierre Melville. Les Gabin, Ventura, Delon et Belmondo de cette époque là sont mes références absolues. Bref, Bébel, là, devant moi. Je me retiens de dégainer mon appareil photo numérique pour immortaliser cette vision, voire même de me faire prendre en photo avec lui. Mais je suis tiré de ma torpeur par l’attaché de presse de Sheila qui me tend la main.

-Bonjour, vous allez bien ?

-Oui, oui merci.

-Je vous fais patienter encore quelques minutes, le temps que Sheila soit prête.

Pas de souci jeune homme. Je vais continuer à mater Belmondo pendant ce temps là…medium_d71love.jpgne lui dis-je pas.

Quelques minutes plus tard, nous nous installons à une table pour deux, au coin d’un feu (qui crépite).

Je commence en lui parlant de son retour. Je crois qu’elle n’a pas goûté cette entrée en matière.

-C’est un peu ridicule de dire ça. Ca fait 44 ans que je suis dans le métier. C’est une suite, c’est tout… avec plus ou moins de temps d’arrêt.

Certes. Mais, comme je sens qu’elle est piquée au vif, je lui en demande la raison.

medium_d75bateaucompil.jpg-Aujourd’hui, moi, je vis les choses différemment. Je prends les propositions comme elles m’arrivent. Je considère que ce sont des bonus. Je n’ai pas du tout envie de me mettre en compétition. Il faut laisser la place aux jeunes et les laisser travailler. Des gens comme moi n’ont plus rien à prouver. Je me contente de revenir de temps en temps pour mon propre plaisir.

Il est vrai que Warner Music France a fait les choses en grand avec Sheila. Depuis le début de l’année, en collaboration avec l’artiste, la multinationale a lancé une vaste campagne de rééditions des albums originaux de Sheila en CD, DVD et en téléchargement. Baptisé Sheila 2006, cette opération a permis notamment de proposer pour la première fois en France le téléchargement de « Bundles », des albums digitaux agrémentés d’un livret interactif, constitués de nombreux bonus audio et vidéo. Et puis bientôt, donc cette intégrale faramineuse. Et là, elle retrouve le sourire.

-Je suis ravie que cette intégrale sorte. Ca fait 6 ans qu’on en parle et ça a été un travail énorme car medium_d76amour2.jpgnous avons eu l’honnêteté de tout mettre sans exception, jusqu’à ma première audition que ma mère avait conservée… Je me rends compte que la mémoire est très sélective parce qu’il y a des choses importantes que j’ai retenu et d’autres que j’avais complètement zappé. Tout ça me paraît être ma vie sans l’être réellement. En fait, c’est hallucinant et vertigineux quand on prend le temps de regarder le passé, ce que je fais extrêmement rarement. Je suis plutôt une femme d’avenir.

medium_d77lovemebaby.jpgJe jette un coup d’œil de temps à autre sur Belmondo qui continue à manger sans se soucier de ce con de journaliste qui interviewe Sheila. Pourquoi ne vient il pas saluer la chanteuse? Ils doivent bien se connaître un peu depuis le temps qu’ils sont dans le métier ces deux là !

Rien, nada. Je poursuis donc en demandant à l’artiste si elle assume toutes les chansons de son répertoire.

-Il y a des trucs biens et des trucs pas toujours heureux… mais j’assume l’ensemble de ma carrière. Je suis même très fière pour être franche. Et fière aussi de cette « intégrale ».

Et son public, ses fans dirais-je, quelle relation a-t-elle avec eux ?

-Au bout de 44 ans, je ne peux plus les appeler des fans. Non, plutôt des collectionneurs. Ils sont au medium_d80kingoftheworld.jpgcourant de tout. S’il me manque le moindre détail sur ma carrière, eux, ils savent. On est un peu comme deux rails de train. Nous avons des vies parallèles et sommes rassemblés par des traverses mais on ne se quitte jamais.

Ils vont être heureux les « collectionneurs », Sheila sera l’invité d’honneur de Michel Drucker dans Vivement Dimanche et Vivement Dimanche prochain le 29 octobre.

-Je suis restée pendant des années sans n’avoir plus rien dans mes casiers, là, au moins, je vais être présente. Ca m’amuse de revenir de manière soutenue… je revois les gens que j’ai connu il y a des années. Michel Drucker et moi, c’est un peu des anciens combattants qui se retrouvent. Nous nous sommes rencontrés la première fois dans les années 60, au début de nos carrières respectives.

Il n’en reste pas moins que Sheila donne l’image d’une femme moderne avec des goûts modernes et qui aime les chansons modernes.

medium_d81littledarlin.jpg-Je vais vous étonner. Dans la musique actuelle, j’aime bien Nâdiya, Mc Solar, Natalie Imbruglia, Corinne Bailey Rae et aussi Diam’s. Diam’s, il faut voir ce qu’il y a derrière ses textes. Elle représente parfaitement la jeunesse actuelle… en bien.

Ah oui, j’allais oublier. Sheila tient un blog. Le voici. Qui a dit qu’elle était dépassée ?

Ce qui est certain, c’est que j’irai la voir au Cabaret Sauvage. Elle s’y produira du 19 au 24 décembre. Elle promet plein de surprises « étonnantes » qu’elle ne souhaite pas dévoiler. Mazette ! Et puis, il y a un single inédit « L’amour pour seule prière ».

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Le temps de réaliser la superbe photo Mandorienne est arrivé (à ce propos, celle en N et B en haut est signé Jean-Marie Périer). Elle accepte. J’évite de lui dire que c’est sur sa chanson  Patrick, mon chéri que j’aimedium_3283.jpg embrassé pour le première fois une fille (avec la langue qui tournait dans tous les sens, et tout et tout). Je n’avais pas aimé du tout.

Beurk ! Ca mouille, c’est dégueulasse.

Non, ces choses là ne se disent pas.

En partant, je passe devant la table de Jean-Paul Belmondo. Je touche mon appareil photo et…

Et puis rien.

Je me tire.

Respect.

05 octobre 2006

Jamil, le fou fieffé de la chanson francophone...

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Une fois n’est pas coutume, voilà encore un coup de pub ! Je ne le fais pas souvent mais alors là, les amis, c’est du lourd…

medium_Jamil_fume.jpgJamil, qui chante depuis trois jours au Blancs Manteaux (et ce jusqu’au 21 octobre) est le chanteur le plus drôle, le plus second degré, le plus macho, le plus tendre, le plus cinglant (voire cynique) que j’ai entendu. Je vais essayer de faire court (car, « on » me dit que je livre des notes qui traînent un peu en longueur, ce qui ne doit pas être complètement faux) mais pour connaître le lascar, cliquez làou là!

Je l’ai rencontré récemment à l’occasion de la sortie de son album Pitié pour les femmes dans un bar très sympa du 14eme arrondissement de Paris, « L’entrepôt », et je suis tombé sur un fou… mais un fou génial dont on a envie de devenir l’ami (ouais parce qu’on est sûr de ne jamais s’ennuyer avec ce genre de type). Petit bémol tout de même, lorsqu’il est arrivé dans le bar, il est venu directement vers moi en me disant.

-Ce doit être vous Mandor !

-Oui, effectivement, mais comment le savez-vous ?

-J’espère que ça ne va pas vous vexer mais vous avez une tronche de journaliste…

Et ben, ça m’a vexé… « Une tronche de journaliste » ! Ca veut dire quoi cette remarque ? Bon, bref, je reste medium_Jamil_rit.jpgprofessionnel. Le type n’a pas arrêté de balancer des jeux de mots, vannes plus ou moins bonnes, refusant le jeu traditionnel du question-réponse habituel entre journaliste/artistes… Et du coup, j’avais plus l’impression de converser avec un pote que travailler réellement. Une heure à parler de sa carrière, de sa vie, de ses humeurs et à la fin, de blogs (car lui aussi en a un et il mérite le coup d’œil). Dans sa dernière note il parle de son concert de la veille. 'tain, en plus, y a du pinard servi gratos!!!

Ecoutez, un type capable de chanter des chansons comme Les glands, Je pète au lit, Je ronfle, Fuck faut que tu changes ne peut qu’avoir mon entière adhésion… Rigolez mais sous son aspect grossier (allons, allons, disons grivois), Jamil est un véritable poète avec un sens inné de la formule, des phrases qui touchent, qui font réfléchir, rire et pleurer parfois. S’il flirte avec l’absurde et le dérisoire, ce véritable acrobate de la rime va vous transporter dans son monde décalé mais réaliste.

Bref, j’adore.

medium_Jamil_sur_scene.jpgJ’y vais ce soir avec Thomas de Music Media Consulting (dont j’ai déjà parlé ici). Vous avez encore deux semaines pour découvrir cet étrange personnage qui vient du Québec, ne laissez pas l’occasion de passer une soirée « différente ».

Je sais, cette note est dithyrambique mais je suis comme ça. Un peu excessif quand j’ai des coups de cœur.

Allez, on finit avec la photo Mandorienne… « Je ne te tiens pas, tu me tiens, par la barbichette, le premier qui rira aura une tapette… »

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Dernière minute:
Le fameux Thomas R, (mais je suppose avec l'aval de Cocto, son boss, et aussi de la production du spectacle, de Jamil et du pape Benoit XVI) m'a envoyé un mail pour me signifier que je pouvais faire gagner 4 fois 2 places pour le show du chanteur sus cité.
Le principe est fastoche: Les 4 premiers qui m'envoient un mail avec:
 Nom (même un pseudo... on s'en tape le coquillard de comment vous vous appelez en vrai!) et jour préféré, remportent ce prix que même les Etats-Unis nous envient: 2 places pour aller voir Jamil aux  Blancs Manteaux.
Merci Thomas!
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Vendredi 6 octobre 2006 :

Bon, alors, je confirme.

Il faut que vous alliez voir Jamil sur scène. Ca décoiffe ! C’est bien grivois, taquin et drôle.

Après le concert, Jamil, Thomas et moi sommes allés nous sustenter pour nous remettre des quelques verres de pinard ingurgités au bar des Blancs Manteaux…

medium_O5.10.06_Jamil_2.JPGLe chanteur nous a emmené dans un restau marocain « L’Arganier » où nous nous sommes régalés et bien marrés. Le Boulaouane gris (c'est-à-dire « rosé » en vrai) m’a personnellement bien fracassé la tête et je ne sais pas trop comment je suis rentré chez moi, dans le Val d’Oise…

Je n’ai que deux mots à dire.

1) Hips !

2) Bravo Jamil !

Et la photo au restau… Jamil encore un peu net et moi encore un peu bourré.

03 octobre 2006

Bernard Werber, le marathonien...

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C'est la deuxième fois que j'évoque Bernard Werber sur ce blog... La première fois, c'était pour cette anecdote truculente...

 

Dans ma voiture, en ce mecredi 27 septembre (la semaine dernière, donc), je m’amuse à comptabiliser le nombre de fois que j’ai interviewé Bernard Werber…

Pour La Révolution des Fourmis à Limoges dans une radio locale, pour son court métrage La Reine de Nacre chez lui, pour Nous les Dieux dans un café pas loin d’Albin Michel, pour Le Souffle des Dieux de nouveau chez lui mais pas le même que pour le court (et oui, les écrivains déménagent aussi)… et enfin là pour medium_Werber_3.jpgLe Papillon des étoiles (l'ouvrage sort aujourd’hui.... comment je colle à l'actu moi!). Je jubile de trouver une place devant son immeuble. Je suis en avance mais j’en profite pour potasser encore un peu mes questions en écoutant le nouveau disque de Jeanne Balibar Slalom Dame (le 7 novembre dans les bacs)… quand la sonnerie stridente de mon portable déchire l’espace de mon véhicule en tuant la voix feutrée de la belle Jeanne. Ca me met en rogne.

-Bonjour, je suis l’attachée de presse de Bernard Werber.

Là, je me dis qu’il va y avoir du changement de dernière minute.

-J’appelle de la part de Bernard. Il me demande si ça ne vous gène pas de venir plutôt chez Albin Michel ?

-Ben non, pas du tout, j’ai juste tourné une demie heure pour me garer et comme il y a beaucoup de circulations je vais juste m’énerver avant mon interview… ne réponds-je pas.

medium_27.09.06_Bernard_Werber_5_.JPGEvidemment, j’accepte.

L’homme est faible.

Mandor est poli et met de l’eau dans son vin (même pas vrai !)

Du coup, j’arrive un peu en avance à la maison d’édition.

J’attends dans la salle d’accueil. Werber est à la bourre, il m’appelle directement et me dit.

-J’arrive, je suis coincé dans les embouteillages. Excusez-moi, franchement, je suis gêné…

Pas grave.

medium_PapillonDesEtoiles_200.jpgIl arrive enfin, comme d’habitude un sourire enfantin aux lèvres, s’excuse encore une fois et me propose de nous rendre dans un café, au bout de la rue. Nous nous installons dehors et commençons l’interview. A l’intérieur du café, je remarque deux étudiantes qui nous matent en minaudant. Enfin, j’imagine que c’est plutôt lui qu’elles ont reconnu. D’autant plus que son nouveau livre est posé bien en évidence sur le guéridon. Nous commençons d’ailleurs par l’analyser mais, bon, vous pouvez lire ma chronique ici alors je ne vais pas m’étaler. Sachez simplement, que c’est un bon cru Werberien, son Papillon des Etoiles se lit vite et le suspens est mené tambour battant.

-Moi j’ose oser ce qui n’est pas autorisé. C’est ma touche personnelle. Quand dans mon livre, le dernier survivant s’opère lui-même de la hanche, s’évanouit, puis se réveille pour continuer l’opération, je reconnais que c’est un peu gros. J’ai la volonté de prendre le maximum de surenchère de risques tout en  m’amusant avec l’outil littéraire pour ne pas m’ennuyer moi-même. Je ne veux pas faire des livres qui ressemblent à ceux des autres.

Il sait y faire le Bernard. D’ailleurs, il s’exerce comme un sportif de haut niveau pour garder le cap dans sa création littéraire.

-Pour moi la littérature, c’est un marathon. Il y a une vitesse à trouver et cette vitesse, je l’ai depuis l’âge medium_werber_.jpgde 16 ans. Dans le reste de ma vie, je suis un peu paumé. Il n’y a que sur ce rail là que je suis solide. Frédéric Dard disait : « Pour moi, être écrivain professionnel, c’est trouver une régularité quotidienne ». Quand je vois des écrivains qui font des coups, je me dis qu’ils ne savent pas que ce n’est pas un sprint, je le répète, c’est un marathon. L’imaginaire est un muscle qui s’entretient. Une fois assimilé la technique, il ne reste que l’émotion et le plaisir. Pour pouvoir embarquer le lecteur, il faut vraiment dépasser ce seuil de l’effort.

Alors, il écrit 4 heures par jour et sort un livre chaque année. Il est hors de question pour lui de ne pas suivre ce rythme.

-J’ai un contrat de régularité avec mes lecteurs et mon éditeur. Toujours ce côté marathon. Je fais ça aussi comme on rend une copie à l’école… on a envie de rendre son travail à l’heure. Je crois que l’art est servi par la contrainte… celle du temps est très intéressante. Actuellement, je pourrais sortir deux livres par an. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas le faire, mais en prenant un pseudo. En France, je crains qu’on ne me le pardonne pas. A ce sujet, aux Etats-Unis, ils sont plus tolérants.

Bernard Werber n’hésite pas à faire des révélations étonnantes…

-J’ai une relation avec mon public comme avec une maîtresse. Si je fais l’amour toujours de la même manière, au bout d’un moment, elle va en avoir marre de moi, donc il faut que je la surprenne.

Nous parlons aussi de son prochain livre, le 3eme volet de son «cycle des Dieux » qui sortira dans un an et de la sortie imminente de son premier film produit par Claude Lelouch :"Nos amis les Terriens", un documentaire extra-terrestre sur les Terriens, inspiré du court-métrage "Les Humains". La sortie en salles est prévue en janvier 2007.

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Avant de se séparer jusqu’à l’année prochaine, je lui parle de ce blog, sujet, vous vous en doutez, qui l’intéresse très franchement (si, si). Il décide de faire une séance photo devant le café où nous sommes mais plutôt que de me noircir le visage, le cacher tout simplement avec son livre. Oui, je sais… il fallait y penser…

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On peut dire ce qu’on veut sur lui, Werber suit sa route, en faisant fi des commentaires de tout poil…Chez lui, rien n’est le fruit du hasard.

Et je lui laisse le mot de la fin.

-Mes livres, mes bandes dessinées, mes films… tout est connecté pour former une méga œuvre architecturale. Le métier d’écrivain tel que je le conçois ressemble à celui d’architecte. Je place des éléments pour équilibrer, créer des harmonies, des surprises, de la lumière…

29 septembre 2006

Tété... en concert, en disque, en blog!

 

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Evidemment, j’aime Tété. Cet artiste là est une bombe à retardement. Bête de scène, voix aérienne magnifique, compositions et musiques élégantes…etc.  Il est réputé, certes, mais pas encore célébré à sa juste valeur. J’ai tout dit dans l’article que je viens de lui consacrer pour mon magazine (ici !) donc je ne vais pas m’attarder sur son disque (qui est carrément un bijou). Je vais me contenter de vous raconter ma rencontre (contenter, raconter, rencontre : très jolie phrase, pas du tout lourde) avec lui et surtout, vous donner son point de vue sur les blogs, moyens de communication qui le fait jubiler.

medium_PICT0849.JPGJ’arrive lundi dernier à 14h30 au Zébra Square. Il est là, assis à une table entrain de manger du poisson. Avec lui deux autres personnes, un homme que je ne connais pas et une attachée de presse de chez Jive Epic. Cette dernière me demande gentiment de m’assoire et de commencer l’interview.

 

-Vous allez rester là, avec nous, pendant que l’on discute ?

-Oui. Me répond-elle.

-Et bien, je vais vous dire franchement, je ne préfère pas. medium_tete_2006_240x180_1.2.jpg

- ???

-Non, mais restez là, nous on va à une autre table.

Tété me mate interloqué, genre « il n’est pas chier lui ! »

L’attachée de presse regarde son acolyte et hésite.

J’en remets une couche.

 

-Ecoutez, je sais par expérience que l’artiste est plus à l’aise quand il est en tête à tête avec le journaliste… et puis moi aussi je suis plus naturel. Je ne me sens pas épié.

Ils finissent donc par obtempérer mais pas franchement de bonne grâce. Je me confonds en excuse. Je commence en lui demandant pourquoi il n’a pas amené de caméra aujourd’hui. Une amie journaliste m’a expliqué la veille que Tété filmait parfois les entretiens.

medium_tete.jpg-J’ai hésité mais comme nous sommes dans un restau, je n’ai pas jugé opportun d’arriver ici avec tout mon matériel.

-Tant pis ! Je suis allé sur votre blog (www.tete.tv) et j’ai vu plein de vidéos très intéressantes. Notamment l’interview de mon collègue de Rolling Stone, vous en back stage, en studio, sur scène, en répétition, dans la rue … Ca m’aurait bien amusé cette expérience… même si je dois garder l’anonymat.

-Bon, ben, si j’avais su… En tout cas, ce que j’aime c’est l’immédiateté de la vidéo. Avec mon blog, j’aime communiquer avec les gens en direct, sans intermédiaire. Je trouve qu’avoir accès à des outils comme ça et ne pas s’en servir, c’est dommage.

-Ca doit vous demander du temps? J’ai constaté que vous le mettiez à jour fréquemment.

-Mais j’adore ça. Le fait de m’inscrire dans ce domaine m’oblige à plein de nouvelles choses. Dérusher mes images rapidement, décider de quoi je vais parler et comment je vais le faire… C’est finalement assez égocentrique mais à terme, je souhaiterais abandonner ma propre personne pour m’intéresser aux autres, faire des documentaires par exemple. Je m’estime un chroniqueur qui livre des constats avec un peu d’ironie mais désaffectés, comme dans mes chansons.

-Et bien, je vous tire mon chapeau…

medium_V75_Musique_Tete_photo1_Lisa_Roze_.JPGTété sourit.

-Vous savez, c’est la même énergie de proposer des chansons, de la musique, des mots ou de l’image…

Je sais, enfin, je suppose.

Après, nous avons parlé de l’album, de son amour de la scène et tutti quanti.

J’arrête mon magnéto et m’adresse à la table d’à côté.

 

-Ca y est, vous pouvez revenir, nous avons terminé…

Je m’excuse de nouveau pour ma goujaterie du début.

-Ce n’est rien, ne vous inquiétez pas.

 

J’explique à la tablée, de nouveau réunit, l’existence de mon blog… Tété me demande l’adresse et me dit :

 

-Je pourrai laisser un message après lecture ?

 

medium_25.09.06_Tete_1_edited.JPG

Bienvenu cher ami, effectivement, laisser un message est tout indiqué.

medium_0886970176828.jpg

A part ça, Le sacre des Lemmings et autres contes de la lisière est un disque à posséder IMPERATIVEMENT. 

Et moi, je vais l'applaudir lundi soir au Nouveau Casino (à Paris) pour un show case privé. J'ai hâte!

 

 

 

 

________________________________________________________

 

Et au passage je voudrais signaler l’excellentissime initiative des éditions Héloïse d’Ormesson (avec qui je n’ai pas de lien particulier, promis !)

 

J’ai reçu ce mail d’une certaine Anne-Laure Clément cet après-midi. Il était intitulé :

Une info qui mandor (ou pas)

Arf arf !

 

Alors mis à part, ce jeu de mot pourri en guise d'entrée en matière, je

voulais, cher Mandormasqué, te saluer (suis une lectrice qui oeille

régulièrement sans dire mot sur ton blog) et te signaler l'existence de

l'opération Passe-Livre des Éditions Héloïse d'Ormesson ( "la petite

maison d'édition qui a tout d'une grande" -et dont je suis chargée des

relations presse.)

medium_blog_roche2pl1.jpgle Passe-Livre, what is it ? (Un bookcrossing, si, simplement)

Nous avons abandonné, aujourd'hui, une vingtaine de livres (Une petite

fête sur la planète, Corinne Roche) aux 4 coins de la France et du

Québec. Nous avons devancé d'une semaine la sortie en librairie du

titre pour offrir une lecture inédite à ceux qui le trouveront.

Nous espérons créer une grande chaîne de lecture (initiée avec

l'abandon volontaire des Faiseurs de pluie de Tim Flannery, un essai de

géopolitique environnementale dont la lecture est simplement si medium_2350870235.jpg

essentielle qu'il faut qu'il soit lu et diffusé auprès du plus grand

nombre -ainsi nous faisons confiance au hasard des rues et à la

technologie. Un blog est dédié à l'opération

http://editionseho.typepad.fr/passelivre_eho/ comme un point de

rencontre avec nos lecteurs. J’espère que cette opération te séduira !

 

Et ben, figurez-vous qu’elle me séduit, et même drôlement en plus…

Je m’en vais même bientôt enquêter plus précisément sur cette opération. Genre interview de l’initiatrice de ce Passe-Livre qui est une sacrée bonne idée (même si je sais qu'elle n'est pas inédite)…

28 septembre 2006

Soirée Décapage décapante!

medium_Decapge.jpgAprès le concert de Laurent Madiot au Set de la Butte (dont je parlais ici il y a quelques jours), je suis passé voir mes « amis » de la revue littéraire « reconnue d’inutilité publique » Décapage. Bon, j’ai mis entre guillemet le mot ami parce que, quand même, il ne faut pas exagérer, je ne les connais pas très bien, par exemple, nous n’avons pas gardé les vaches ensemble. Je les apprécie beaucoup, ça, c’est une certitude. Le rédacteur en chef de ce magazine « décapant » est le monsieur là, à droite. Jean-Baptiste Gendarme. Ce jeune homme charmant (et par ailleurs auteur de medium_Jean-Baptiste_Gendarme.JPGdeux bons livres que je n’ai pas lu donc, je peux me permettre de vous en parler, je suis journaliste je vous rappelle…) mène son équipe avec brio, efficacité et humour (d’après mes sources qui ne sont pas très fiables mais je fais comme si). Donc, à l’occasion de la sortie du numéro 29, JB (et son équipe) a voulu fêter comme il se doit cet évènement interplanétaire (mais que vont-ils organiser pour le n°30 ?).

Ca s’est passé au K1ze (15 rue Gaillon dans le 2eme à Paris). Je suis arrivé vers 23 heures et il y avait encore du beau monde. Le gratin de la jeune littérature française était là. Celui qui n’est pas encore très connu (je veux dire le gratin) mais qui est bourré de talent, les salauds (là medium_Regis_de_Moreira_et_Guillaume_Tavard.JPGce sont les auteurs)! Eux par exemple, à gauche, Régis de Sa Moreira (dont mon article sur son livre Le Libraire est dans ma sélection de livres.) et Guillaume Tavard (qui tient un verre de jus de pomme, très certainement.). Alors, voilà, ça papotte, ça discutaille la bavette, ça s’auto congratule, ça se critique, ça échange des idées, ça rit, ça ra Bernard… bref, ça vit ! Jean-Baptiste a rempli mon verre de vin alors que je ne lui avais rien demandé, j’avais juste tendu mon verre en le regardant avec des yeux de cocker. Evidemment, j’ai croisé quelques attachées de presses et quelques éditeurs. Là, à droite, c’est le boss des éditions Le Dilettante, medium_Dominique_Gaultier.JPGDominique Gaultier. Je lui explique que je veux le prendre en photo pour mon blog, il accepte, tout sourire, et quand je veux lui montrer le résultat, il m’assène un « j’m’en fous ! » de derrière les fagots. Etant un être très sensible, je tente de me réfugier en pleurs dans les bras de Philippe Jaenada et Christophe Paviot ( à gauche). Philippe a sorti un Kleenex et medium_Philippe_Jaenada_et_Christophe_Paviot.JPGm’a mouché en me disant : « Allez, souffle ! Et ne pleurs pas, petit ! La vie est rude, le chemin sinueux, il faut être fort. » Rasséréné, je me dirige vers le bar pour réfléchir sur le sens de la vie.

Et puis, JB Gendarme s’approche de moi en me tendant une feuille de papier. Il me demande de parler ici du Prix 15 minutes plus tard. Comme, je suis un peu crevé là, je vous fais illico un copié collé piqué sur le blog de Décapage. C’est un peu long mais très instructif .

 

 

Le voici :

 

Tout savoir sur le prix du 15 minutes plus tard

Le K1ze (café parisien) et décapage s’associent pour créer un prix littéraire : “le k1ze minutes plus tard”.

“le k1ze minutes plus tard” sera remis au K1ze, 15 rue Gaillon (Paris 2), 15 minutes après l’annonce du lauréat du prix Goncourt qui se remet par tradition juste en face, chez Drouant.

Quelle est la composition finale du jury ?
Emmanuel Adely, David Foenkinos, Philippe Jaenada, Serge Joncour, Xabi Molia (voir photo à medium_Xabi_Molia.JPGgauche, il était là aussi hier soir !)  Régis de Sá Moreira, Guillaume Tavard,

Que des hommes !
Ca s’est fait comme ça. Pour ce premier jury, on a souhaité s’entourer des gens qui nous avaient soutenus spontanément quand la revue n’était pas encore vraiment au point. Mais puisque nous voulons un jury tournant, on veillera à ce qu’il y ait plus de femmes l’an prochain.

Quel genre de livre sera récompensé ?
À priori, un roman français, publié en septembre 2006. Ou des nouvelles. Pas d’essai, ni de biographie, ni de document.

En quoi consiste le prix ?
L’enjeu du prix réside dans la possibilité de trouver un roman qui saura fédérer les membres du jury. Ils sont écrivains et ont été rassemblés à l’initiative de la revue décapage. C’est un détail qui a son importance. Dans les autres prix, les jurys se forment et se déforment selon les affinités. Pour « le 15 minutes plus tard » nous réunissons des auteurs qui n’ont ni les mêmes goûts, ni les mêmes attentes. On a regardé la liste des auteurs qui avait participé à la revue et on s’est rendu compte qu’il y avait parfois une grande différence entre eux. Que ce soit dans leur travail où dans leur façon d’appréhender la littérature. Et pourtant, ça ne nous empêchait pas d’aimer leurs livres. On s’est dit qu’il était possible qu’ils tombent d’accord sur un livre. C’est le pari qu’on s’est fixé.

Qui choisit les livres en compétition et y a-t-il un nombre d’ouvrages limite ?
Les livres sont choisis par les membres du jury, sous la bienveillance de l’équipe de décapage. C’est-à-dire qu’on va veiller à ce que les membres du jury s’intéressent aux livres de jeunes auteurs. Des livres dont on n’a pas forcément parlé. Chaque membre proposera deux ou trois coups de cœur. À partir de cette liste nous établirons la première liste du prix. Entre 12 et 15 livres seront sans doute retenus.

Vous n’avez pas peur de passer pour l’anti-Goncourt ?
Non. « Le 15 minutes plus tard » n’a rien d’un anti-Goncourt. C’est un nouveau prix à part qui ne s’oppose à rien, ni à personne. Nous organisions une soirée à chaque sortie de numéro au K1ze, un bar qui se trouve juste en face Drouant. C’est comme ça que nous est venue l’idée. On souhaite juste profiter de la présence des journalistes sur place pour annoncer notre lauréat. Entre-nous, si on remet notre prix 15 minutes après la Palme d’or de Cannes, les gens diraient qu’on n’est pas bien malin. Et ils n’auraient pas tort. Contre ça : 15 minutes après le Goncourt nous paraît un bon compromis.

Que gagnera le lauréat ?
La Maison Veuve Clicquot Ponsardin offrira un magnum de Brut Carte Jaune en étui Ice Jacket (étui néoprène permettant de conserver le champagne déjà rafraîchi pendant deux heures, avec sa poignée en cuir pour le service...). Veuve Clicquot ne prévoit pas de soutenir la littérature, mais ils ont décidé « de participer pour l’audace que représente ce prix en marge des Prix. ». Et l’hôtel de luxe Sezz offrira une nuit dans l’une de ses chambres conçue par l’une des têtes d’affiche du design français : Christophe Pillet.

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Juste au dessus... 2 membres du jury et JB qui ont l'air de diablement réfléchir... Voici donc la première sélection que ce dernier m’a filé hier. (‘tain, faut que je recopie tout !)

Itinéraire Spiritueux, Gérard Oberlé, Grasset

Chaos de famille, Franz Bartelt, Gallimard, La Noire

Rhésus, Héléna Marienské, P.O.L.

Impasse, d’Antoine Choplin, La fosse aux ours

Le Patrimoine de l’Humanité, Nicolas Beaujon, Le Dilettante

La vie est un miracle, Laurent Marty, Le Cherche Midi

Ce qui est perdu, Vincent Delecroix, Gallimard

Contour du jour qui vient, Leonora Miano, Plon

Dans le foule, Laurent Mauvignier, Minuit

Marge brute, laurent Quintreau, Denoël

Le cri, Laurent Graff, Le Dilettante

Les îles éparses, Jean-Louis Magnan, Verticales

Ars Grammatica, David Bessis, Allia

Trans, Pavel Hak, Le Seuil

 

La prochaine liste sera établie le 20 octobre. Evidemment, je vous tiens au courant !

Sans rire, c’est bien ce qu’ils font dans Décapage. Pour vous procurer cette revue, c’est par ici

P.S: Et j'ai même rencontré des blogueurs que je lis dont Prix de Flore 2006. C'était sympa toutes ces billevesées sur la blogosphère... ça nous a fait du bien de le dire.

22 septembre 2006

Soirée des 10 ans d'Atmosphériques

medium_Chedid.JPGJ’ai trouvé sur le myspace du Label Atmosphériques cette présentation. Je m’en vais te la commenter (Mandor, on ne tutoie pas des gens que l’on ne connaît pas !).

 

L'acte de naissance d'Atmosphériques date très exactement du 1er avril 1996. (Ben alors, pourquoi c’est y que c’était hier soir qu’on a fêté ça en grande pompe à l’école nationale des Beaux-arts (quai Malaquais) ?) Dès les débuts, la ligne de (métro ?) conduite (merde, perdu !) du label tient en quelques mots : "artistes et nouvelles musiques" (vous vous imaginez : « loosers et vieilles musiques toutes cradingues »). Un credo qui peut paraître tout simple mais que revendique haut et fort Marc Thonon (boirais bien un verre d’eau moi !), et qui constitue d’ailleurs la base de tous les grands labels fondés dans la seconde moitié du vingtième siècle, (dites donc, ça ne nous rajeunit pas tout ça !) depuis que la musique est devenue peu à peu une industrie tout en restant un art, (ah bon ?) et qu’en Europe et aux Etats-Unis des maisons de disques intelligentes ont largement participé à la découverte et au développement de nouveaux talents. (Amen !)
A l'heure où parler de "maison d’artistes" plutôt que de "maison de disques"
(jamais entendu parler de cette nouvelle expression !) est à la mode dans le paysage français des musiques actuelles et où il est de bon ton (à ne pas confondre avec « il est de bonne daurade », parce que ça ne veut strictement rien dire…) de se revendiquer esthète plutôt que businessman, (ouais mais ça c’est les nuls qui font ça !) Marc Thonon (encore un verre ?) et son label Atmosphériques font figures de précurseurs. De Louis Chedid (j’adore et d’ailleurs, elle est belle ma photo de lui là haut, en ouverture de reportage) aux Wriggles (j’adore), de Joseph d'Anvers (j’adore) à Wallen (j’adore), des Wampas (j’adore et il est MAGNIFIQUE mon portrait de Didier là, à medium_Didier_Wampas.JPGdroite, non ?) à Tahiti 80 (j’adore), de Martin Rappeneau (j’adore… en dessous, là, à droite) à Ghinzu (j’adore) voilà des medium_Martin_Rappeneau.JPGgroupes et des chanteurs qui sont "engagés" (et que j’adore) puisque leur obsession première est la qualité de leur art (c’est pour ça que je les adore), qu’il s’agisse de son versant musical, de son pendant littéraire, voire des deux à la fois (bien dit ! Comment vous avez le bec cloué là…).

Tout ça pour dire qu’hier soir, il y avait du gratin… rarement vu autant de chanteurs, de journalistes, de gens de maisons de disques et même de comédiens (que faisait-il là l’ami Timsit ?), surtout au medium_Au_bar.JPGbar. Bon, moi j’vais vous dire franchement, je ne sais jamais ou donner de la tête tellement il y a du monde. Et que je te serre la paluche à droite et que je te claque la bise à gauche… En plus, je devais (oui, il s’agit désormais d’une mission !) prendre quelques clichés de personnalités. Là, pris en flagrante conversation avec Mandor, Gaëtan Roussel, le chanteur de Louise Attaque (évidemment, ce n'est pas moi qui ai pris cette photo, je ne suis pas un Barbapapa!)… medium_Louise_attaque_edited.JPGEt puis, je ne me suis pas gêné pour aborder un Monsieur que j’admire (mais là, sans déconner) depuis des lustres. Jean-Michel Boris. Il a dirigé la mythique salle parisienne de l’Olympia pendant près de quarante-sept ans. Mis à la retraite en mai 2001 – peu avant le rachat de la salle par le géant Vivendi-Universal – celui qui a vu passer toutes les pointures de la chanson française continue pourtant à œuvrer dans ce métier qui reste tout pour lui. Je n’arrête pas de le croiser dans les salles dans lesquelles chantent medium_Boris.JPGdes nouveaux artistes. Il tient d’ailleurs une chronique dans le trimestriel Chorus et il donne son avis sur les spectacles qu’il va voir. C’est grand et généreux. Son « coup de cœur actuel » m’a-t-il dit hier, « c’est incontestablement Abd Al Malik ». Nous avons bavardé quelques minutes et je n’ai pas arrêté de le complimenter sur son action en faveur de la chanson française. Il a eu l’air ému. Regardez sa photo, à gauche, il ne respire pas la bonté ce bon papa noël ?

medium_Marchet_et_Souchon_fils.JPGAllez, une dernière photo et après je vous laisse. Là, deux artistes « en voie de développement », Florent Marchet (j’adore) et Pierre Souchon (j’adore)… Ils sont beaux, hein ?

Maintenant, j’explique pourquoi je suis quelque peu redondant avec mes "j'adore"… Quelqu’un m’a écrit récemment : « Sur ton blog, tu dis toujours que tu aimes les gens. C’est chiant ! Et pis, du coup, comment savoir si ce que tu dis est crédible puisque tout est bien ? »

Que je dise que j’apprécie les artistes que je rencontre, c’est vrai mais il est faux de dire que je manque de discernement. Je sépare l’homme de son art. Mais sincèrement, vous ne croyez pas que c’est facile d’être méchant, ordurier, de mauvaise foi et sarcastique ? Moi, je préfère l’humour, l’ironie, l’auto dérision et la critique constructive… Voilà, je sais, c’est nul de se justifier mais il est bon de préciser les choses quand même. Il y a suffisamment de blogs où l’homme crache son venin (salut Fishturn ! Ca va ?)

20 septembre 2006

Vincent Delerm, le bobo chanteur...

 

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Le titre, c’est juste pour faire un mauvais jeu de mot et rendre hommage à la chanson de Renaud, dont je parle, ci après…

Hier soir, donc, je mate la télé et vois Vincent Delerm se faire « moquer » gentiment par la bande à Ruquier… Il est décrit comme un gars qui parle lentement, chanteur pour « intellos », négatif dans ses propos, pas très « cool » et se tenant mal à la télé. Ca m’énerve un peu mais je constate aussi que se dégagent des commentaires une certaine tendresse et un attachement pour le personnage. Le type décrit ne ressemble pas vraiment à celui medium_Restau_la_lubie.JPGavec qui j’ai partagé un coca light (c’était trop délire !) la semaine dernière (mardi 12 septembre) au bar « La Lubie » à Paris, en face de sa maison de disque tôt Ou tard…). Je suis curieux de le rencontrer parce que je ne parviens pas à me faire une opinion sur lui. Humainement, je veux dire. J’arrive un peu en avance, lui et son attachée de presse, pile à l’heure. Anne-Marie nous laisse seuls (mais pas désoeuvrés) et la souriante patronne du troquet nous installe au fond de la salle. Il est sympathique, enlève ses lunettes, comme pour mieux écouter, ne pas se laisser distraire par la vie qui bouge autour de nous. C’est idiot de le dire mais Vincent Delerm est « normal ». Pas d’esbroufe, chaleureux, attentionné, poli. Le cerveau non pollué par le succès. D’ailleurs je lui fais remarquer sa simplicité :

medium_Delerm_aglae_400.jpg-D’abord, ce n’est pas le genre de la maison d’être imbu. Et puis, aussi, tu n’as pas intérêt à faire le malin avec ton public. Les gens qui viennent me voir en concert ou qui achètent mes disques, je les considère pour la plupart comme des potes, comme des proches qui m’ont vu grandir. Ils sont comme moi. Un jour, ils peuvent me dire : « Dis donc, tu as bien changé, tu as pris le melon… » Je vais te dire franchement, je me demande si on appartient pas au public. C’est un peu fort mais c’est ça.

Il est clair que la génération montante de la chanson française a du recul sur la notoriété, le vedettariat et le star system. Ils ne sont pas dupes. Je fais observer à Vincent Delerm qu’ils regardent avec prudence, voire avec détachement, l’engouement qu’ils suscitent.

-C’est un peu vrai, avec des gens comme Jeanne (Cherhal) et Bruno (Bénabar), on parle souvent de ça. medium_12.09.06_Vincent_Delerm_1_edited.JPGPlus jeunes, nous avons certainement rêvé que ça se passe bien pour nous mais ce qu’on vit aujourd’hui reste un rêve éveillé. C’est spectaculaire! Un courant global qui a porté plusieurs personnes en même temps. D’autres générations avant nous auraient mérités d’avoir ce courant. »

Nous parlons du journal pour lequel je travaille. Il me dit qu’il le lit fréquemment et qu’il connaît bien mon nom et ma plume. Que voulez-vous ? Je suis flatté. Un chanteur en état de marche, fidèle lecteur… Allons, allons, je finis par me dire qu’il me brosse dans le sens du poil mais je ne vois pas bien pourquoi il ferait cela. Pas l’air hypocrite le gars. Et lui, de me citer un de mes articles écrit il y a deux ans. Je suis sur le popotin. J’en profite pour lui demander ce qu’il pense de ce qui est écrit sur lui dans la presse.

-Comme tu ne peux pas faire l’unanimité, satisfaire tout le monde, je tente de me préserver de la lecture des papiers sur moi. Qu’ils soient excellents ou horribles d’ailleurs. Les uns te poussent à penser que tu es le roi du monde et les autres que tu es une sous-merde. Mais au final, quoiqu’ils disent, c’est un luxe que les journalistes parlent de ton album.

medium_delermPiqures390.2.jpgJustement parlons en de cet album (ma vraie critique est dans With the stars 3eme partie) réalisé par Peter Von Poehl, (dont le disque perso Going to where the tea trees are est une petite merveille).Vincent Delerm et son acolyte nous offre un disque à l’atmosphère nouvelle, entre légèreté et profondeur, moins de ritournelles tressautantes mais toujours des mélodies douces-amères et des petits portraits au fusain, drames en esquisses délicates et chromos rétros des bonheurs passés et surtout désormais présents. Je vous rassure Vincent s’est soigné, il ne parle plus à des photos de comédiennes, cesse de fantasmer sur les filles de 1973 et ne caresse plus des chiens dégueulasses… Non, le jeune Vincent a grandi. Quant au « name dropping », il a calmé ses ardeurs :

-Mon évolution logique était d’arrêter d’utiliser les noms propres. A force d’entendre les gens m’en parler, ça a fini par me dégoûter. Bon, j’en ai laissé quelques uns, histoire de dire à mon public : « Coucou, je suis encore là… moi et mes pianos voix, ma hantise du temps qui passe et les noms de tennis women… »  »

Pendant la conversation, mon magnéto s’arrête. Sans me demander, Vincent Delerm retourne la cassette et il medium_Delerm_aglae2_400.jpgpoursuit.

-Au début je voulais carrément restreindre le piano mais Peter m’a dit non. Le piano reste présent mais on va l’utiliser autrement. Et puis, je chante un peu plus que dans les deux précédents albums…

Oui, il est devenu un crooner. Pas trop excité tout de même, il ne faut pas exagérer. Delerm fils a gardé intact son art de l’ellipse et du suggéré. C’est sa grande force et son talent immuable mais de là à le traiter d’intello, le pas a été allégrement franchit par medium_20050719_vincent_20delerm_04.jpgbeaucoup. Son œil malicieux frise.

-Quand les gens qui ne sont pas venus me voir en concert et qui ne connaissent pas mon répertoire me catalogue, c’est dans la case étudiant, intello, arts et essais, avec sa veste rouge. Je suis un peu ça mais tellement plus encore.

Et être cité dans la chanson de Renaud comme le chanteur indispensable des bobos, il réagit comment le medium_12.09.06_Vincent_Delerm_2_edited.JPGprincipal concerné ?

-Si je ne connaissais pas du tout Renaud et que je ne sache pas qu’il m’aime bien, j’aurais peut-être vécu la chanson autrement. C’est la première personne de cette génération de chanteur qui a parlé de mon premier album, un matin à la radio. Ca m’avait fait hyper plaisir. Renaud m’a fait lire le texte de Les bobos lors de la soirée hommage à Ingrid Betancourt. Et puis, sincèrement, à 15 ans, je n’aurais jamais imaginé un truc comme ça. Etre nommé dans une chanson de Renaud. Mince !

medium_j_cherhal_leau_192.2.jpgLe temps passe et soudain je m’aperçois que l’heure est presque arrivée à son terme. Je lui demande s’il est pressé. Non. Bon, on continue alors. L’est sympathique ce jeune homme ! L’interview terminé, séance photo Mandorienne. On se « shoote » mutuellement. Marrant ! Il me demande ensuite si je veux aller avec lui à la maison de disque. J’accepte et j’ai bien fait. Nous tombons sur Jeanne Cherhal… J’aime beaucoup Jeanne Cherhal. Et son album à venir L’eau (23 octobre) me laisse pantois d’admiration pour la belle. Elle, y a pas ! Faut que je la connaisse mieux. Fascinante.