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22 mars 2007

Abha Dawesar au Salon du Livre 2007!

medium_affiche_salon.jpgJe n’en peux plus de joie.

Le Salon du Livre 2007 ouvre ses portes aujourd’hui.

Chaque année, depuis 5 ans, j’y passe mes week-ends. J’aime baguenauder, m’arrêter sur un stand, discuter avec un auteur, observer, lire, fureter, acheter…

Même la foule, dans ce contexte, ne me dérange pas.

Toutes ces familles ou ces âmes solitaires qui errent dans les travées à la recherche d’on ne sait quoi…

Donc, pour fêter le Salon du Livre, ma note du jour est consacrée à une auteur(e) qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment (voir là par exemple), puisqu’elle est l’une des invitées officielles de ce salon, la nouvelle égérie indienne Abha Dawesar.

medium_ABHA_20DAWESAR.jpgElle est considérée comme le chef de file du renouveau littéraire en Inde. Au début de cette année, le new’s magazine India Time l’a retenu dans sa sélection des jeunes talents indiens, rare femme et seule écrivain.

Ce sont mes amis des éditions Héloïse d’Ormesson qui l’éditent et c’est tant mieux, car, du coup, ils m’ont organisé une rencontre aux petits oignons.

Rendez-vous avec Abha (qui parle couramment le français, ouf !) le jeudi 1er mars dans l’appartement réservé medium_dawesar_main2.jpgaux auteurs maison.

Tatiana de Rosnay m’avait largement incité à la lire puis à la rencontrer et comme je n’ai aucune personnalité, je me suis penché sur son cas.

Je ne le regrette pas.

Babyji, traduit déjà en 5 langues, est sorti le 15 mars dernier en France, mais il a été couronné par deux prix littéraires :L’American Library Association’s Stonewall Award en 2006 et le Lambda Literary Award en 2005.

-Bon d’accord Mandor, tu l’as bien vendu ce « Babyji », mais de quoi ça parle ?Parce que c’est bien joli de copier le dossier de presse, mais cela ne suffit pas à nous convaincre…

Mince ! Mais qui me parle ?

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Le sujet, en bref :

Dans les années 90, sous fond d’Inde déchirée par la violence des castes, une « lolita » rebelle n’offre son corps qu’aux femmes et casse tous les codes d’une société cloisonnée.

Un roman est à la fois subversif et érotique.

Je demande, avec un œil malicieux, comment ses écrits ont été accueillis dans son pays qui me semble être puritain.

 

-Ce livre est devenu culte. En Inde, chacun sait que la vie sexuelle existe mais personne n’en parle. Avec ce livre, les non-dits se sont envolés et les lecteurs ont apprécié qu’un auteur brise ce tabou hypocrite.

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Babyji est homosexuelle, idéaliste et moralisatrice. Elle découvre les joies de l’amour et du sexe avec 3 femmes différentes : une divorcée, créatrice en freelance (Linde), une servante magnifique (Rani), elle aussi plus âgée et une camarade de classe (Sheela).

Babyji est une jeune fille flattée si on la désire en la réduisant toute entière à son corps. « C’est mieux que d’être désirée pour mon intelligence ».medium_Abha_20Dawesar_20_20001.2.jpg

Ressemble-t-elle à l’auteur ? Sa réponse est vague et on la comprend :

-Sur certains points, mais pas complètement. Comme elle, je me suis toujours battue pour ne pas devenir une femme « qui coupe des légumes en rondelles dans la cuisine », je suis très indépendante et je sais ce que je veux.

Il faut dire qu’Abha Dawesar s’est donné les moyens d’être indépendante et de réussir… elle est diplômée de philosophie à Harvard et a travaillé dans la finance. Aujourd’hui, elle se consacre à plein temps à l’écriture. Elle a raison.

Babyji est un grand livre.

medium_babyji.jpgSur l’amour charnel évidemment, mais aussi sur la peur de grandir. Plus précisément sur la peur de découvrir que « grandir soit une  illusion, l’âge adulte un mythe, et les hommes, des petits garçons… »

Bien sûr l’Inde est décrite, mais elle est débarrassée des clichés habituels. Elle évoque les traditions, le folklore, les évènements politiques qui troublent le pays, certes, mais ce n’est pas la jolie carte postale que l’on pourrait attendre. Tant mieux.

Ce roman est une vision de l’amour très forte et originale. « L’amour ne peut exister que dans la perfection et la perfection n’existe pas », affirme Babyji.

-Elle n’est pas dupe. Babyji vit des relations sexuelles avec trois femmes aux styles et aux vies opposés, mais elle sait que ce ne sont pas les femmes de sa vie. Elle veut juste vivre des expériences pour se sentir grandir et prendre son envol.

Je ne vais pas faire un pataquès sur cet ouvrage parce que plutôt que lire une critique, mieux vaut lire un livre. J’ai toujours peur d’en dire trop (ou pas assez).

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Donc je m’arrête là.

Abha Dawesar est une personne charmante.

Nous avons aussi parlé de nos blogs respectifs.

Elle en a deux.

Un en anglais, un en français. (D’ailleurs, je lui avais demandé de le faire vivre un peu plus. J’ai été flatté qu’elle relate la chose.)

Retrouvez Abha Dawesar au Salon du Livre.

Son programme là-bas ?

Je ne sais pas mais, tenez, je vais me renseigner dans la journée…

Edit:

Voici le programme: (merci à toi Yansor!)

programme Abha salon du Livre :
Mars 23 2007 1:00P
Abha Dawesar au Studio SNCF animé par Isabelle Rabineau @ Lecteur Studio SNCF, Salon du Livre
Mars 23 2007 3:00P
Abha Dawesar "Entre les lignes" animé par Catherine Fruchon-Toussaint @ RFI en direct du salon du livre
Mars 23 2007 4:00P
BABYJI Signature au Salon du Livre @ Stand RTL/Lire

Mars 24 2007 11:00A
Les Nouvelles Voix de l'Inde @ Stand RTL/Lire
Mar 24 2007 2:00P
Terrasse politique/ Le thé des écrivains @ Terrasse politique au Salon
Mars 24 2007 3:30P
Table ronde CNL @ Salon du Livre
Mars 24 2007 4:30P
BABYJI Signature au Salon du Livre @ Stand Editis/Interforum
Mars 25 2007 10:00A
Femmes du monde @ Espace Vision du Monde

21 mars 2007

Gérard Delteil... et les coulisses du pouvoir!

 

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Ce n’est pas la première fois que je rencontre Gérard Delteil.

Plus jeune, j’ai eu ma période "auteurs gauchistes soixante-huitards".medium_delteil_photo.2.jpg

Je dévorais les Daeninckx, Jonquet, Bastid, Quaddrupani, Pouy et autres Delteil. Je faisais en sorte de les interviewer dans les médias où j’évoluais afin de comprendre qui se cachaient derrière ses écrivains de « néo polars ». Je ne sais toujours pas pourquoi aujourd’hui, mais ils me fascinaient.

Un jour, ils se sont tirés sur la gueule. (Les explications là…)

Ça m’a un peu dégoûté toutes ses histoires.

Je suis passé à autre chose, mais, de temps à autre, pour les besoins de mon travail, je ne rechigne pas à me replonger dans cet univers.

Bien au contraire.

C’est le cas avec Gérard Delteil. Il sort un livre sur les relations ambiguës pouvoir-média-justice à travers les déboires conjugaux d’un ministre de l’intérieur, candidat à l’élection présidentielle, qui ressemble diablement à notre Sarko national (cette phrase est excellente pour mes stats !)

La politique spectacle en prend pour son grade.

Un roman de circonstance qui nous éclaire sur bien des points.

(Ici, Libé.fr a critiqué le livre de manière fort pertinente).

medium_le_femme.jpgLa femme du ministre est le 35e roman de cet auteur aux nombreux prix policier.

Notamment:

Prix du Quai des Orfèvres 1993 pour Pièces détachées et Grand Prix de littérature policière 1996 pour N’oubliez pas l’artiste.

Avant-hier, dans son appartement du 19e arrondissement (11e étage), il me reçoit chaleureusement devant un bon café et un sourire franc (quoiqu’un peu carnassier). Très vite, il m’explique que, dans cet ouvrage, tout ce qu’il raconte sur le fonctionnement de l’appareil d’état est rigoureusement exact.

-Mon métier de journaliste me permet d’enquêter et d’être le plus proche possible de la réalité sociale que je décris. J’apprends d’ailleurs beaucoup de choses. Parfois, des trucs dingues. Par exemple, savez-vous qu’il y a deux sortes de RG ? Ceux de la préfecture de police et ceux de la place Beauvau. Mon livre est truffé d’informations peu connues, mais essentielles. Quand je lis mes confrères, j’ai besoin d’apprendre des choses réelles. Si c’est bourré d’erreurs, je n’insiste pas.

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Gérard Delteil se revendique d’extrême gauche, sympathisant de la LCR et de Lutte Ouvrière. Même s’il n’est pas encarté, je l’interroge sur la tentation d’aller, dans ses romans, dans le sens de ses idées politiques bien affirmées.

-Mes romans ne sont jamais des tracts politiques. Même si l’objectivité totale est difficile, je me contente d’écrire des histoires à suspense, dans l’air du temps, tout en apportant une connaissance supplémentaire aux lecteurs. Je dis ce que je ressens en m’inspirant librement de faits existants.

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Peut-être fera-t-il un jour un livre sur les mésaventures de son collègue de plumes, Cesare Battisti. Gérard Delteil fait parti de son comité de soutien et il a toujours défendu comme il a pu l’auteur italien. Détail troublant, Battisti a écrit pour medium_noir_de_tole.jpgDelteil une nouvelle dans un ouvrage sur les prisons : Noir de taule.

Je lui demande ce qu’il pense de l’arrestation de Battisti au Brésil, la veille.

-C’est un copain depuis longtemps. Ma problématique n’est pas de savoir s’il a tué ces gens, mais c’est la trahison de l’état français qui s’était engagé à lui venir en aide. La parole donnée est reprise. C’est écoeurant. Avec ceux qui le soutiennent, nous allons réagir avec nos faibles moyens. On ne sait pas encore comment, mais les possibilités sont minces. En plus, il y a un revirement des médias. Aujourd’hui, il est présenté comme un terroriste en cavale. Il y a quelques mois, les propos étaient plus nuancés.

Nous passons un long moment à parler de l’évolution du polar français. Il n’est pas tendre sur la question.

-Faire du noir sordide, de pales imitations de romans américains sur les sérial killers ne m’intéresse pas. Je ne parle pas pour tous, mais certains auteurs de la nouvelle génération ne font que ça. Pour ceux là, la seule chose qui les distingue, c’est la manière de traquer le tueur.

Après cette conversation, je lui demande de nous rendre dans son bureau pour faire quelques photos. Il accepte.

-Ne faites pas attention ! Il y a un sacré bordel !

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Effectivement, mais c’est un bordel que j’aime.

Des livres et des dossiers entassés partout.

-Pendant longtemps, je me suis targué d’avoir lu tous les romans de mes confrères de l’époque. Aujourd’hui, ce n’est plus possible, il y en a trop.

Ils ne sont pas tous bons d’ailleurs.

La femme du ministre est un roman policier passionnant et réaliste.

Du travail d’orfèvre.

Normal. Delteil est un bon artisan et ça, je le sais depuis longtemps.

20 mars 2007

Shirley sans Dino...

 

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-Ca t’intéresse, coco, de rencontrer Shirley et Dino ?

Je réponds à mon rédac-chef que ce duo n’est pas ma tasse de thé. Ils sont sympathiques, mais je suis allergique à leur humour. Pas moyen de sourire en regardant leurs prestations. Ils sont à la limite de m’insupporter.

Mais au fond, toutes les rencontres m’intéressent, alors j’accepte.

medium_Shirley_20_20Dino.jpgRendez-vous est pris la semaine dernière chez Maxim’s (mazette !) avec les rois du rire du moment, Corinne et Gilles Bénizio, alias Shirley et Dino. Donc.

Un duo révélé au grand public par de nombreux passages dans "le plus grand cabaret du monde" de Patrick Sébastien (pas Mandorisé exprès là!).

Première déception, Corinne est seule. « On se partage la promo, ça n’arrête pas en ce moment ! ».

En fait, elle m’avouera plus tard que son mari est plus introverti qu’elle. « Je n’aime pas beaucoup les interviews non plus. Je rechigne toujours, mais quand j’y suis, je suis contente ». Je me dis que tout ça commence bien.

Mais allons-y pour le portrait demandé.
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Popularisée depuis seulement cinq ans, voilà déjà bien longtemps que Shirley et Dino présentent divers spectacles tous plus ambitieux les uns que les autres, notamment avec la troupe Achille Tonic. « Grâce à Patrick, nous sommes connus nationalement, mais pendant 20 ans, on a appris notre métier. Aujourd’hui, on est capable de faire ce qu’on fait sur scène : improviser, parler aux gens, rire même parfois avec eux. On a appris à donner et aussi à recevoir.» medium_shir52.jpg

C'est sur les bancs de la fac de Censier à Paris que Corinne et Gilles se sont rencontrés. Non seulement, cette école de théâtre permettra à Gilles de le libérer d'un boulot dans les télécommunications, mais elle lui donnera aussi l'occasion d'enlever la belle Corinne de son domicile parental. Ils se marièrent en 1985 et eurent beaucoup de spectacles.

Très vite, ils rejoignent Ariane Mnouchkine au cours d'un stage qui les marquera et qui sera à la base du duo. « C’est elle qui nous a conseillé de nous remettre en question tous les soirs, faire comme si c’était le premier jour ». De salles de spectacles à bistrots du coin, ils connaissent le succès d'un jour et surtout une galère qui les contraint à travailler dans des chantiers de peinture pour lui et dans un hôtel pour elle. Mais ils ont foi dans leur duo et finissent par grappiller un à un les échelons du succès. « Nous on est vraiment parti de zéro. On ne connaissait personne et venions d’un milieu modeste. Lors de notre première tournée dans les campings et dans les bars, on était les plus heureux du monde».

Corinne veut absolument me convaincre qu’ils se moquent de la célébrité. « Pour moi, ça ne veut rien dire. On est dans un monde aujourd’hui ou on aime ce qui brille. La Jet Set est partout. Ça ne veut rien dire ! Humainement, ça ne remplit personne tout ça ! La seule fois où l’on a accepté c’était à la Première d’Alain Delon à Marigny. Nous y sommes allés pour le remercier de nous prêter la salle ses jours de relâche. Résultat on se retrouve dans les pages « people » de Paris Match ! Tout ce qu’on déteste. Il y a des gens pour qui c’est faire l’artiste qui est important, pour nous, c’est de l’être sur scène, concrètement. On aime le vrai bonheur, les enfants, la famille, les amis avec qui on aime rigoler… Le reste, je vous vous dire (elle me touche la main et me regarde droit dans les yeux), ça fait pas bander ! »

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Sur scène, Corinne est écuyère, ventriloque, musicienne, danseuse, magicienne, chanteuse, devant moi, une femme normale. Évidemment, mais Shirley lui colle tellement à la peau : « On va abandonner un jour ces costumes encombrants. On va refaire des spectacles ou nous serons d’autres personnages. On l’a déjà medium_Cabaret-paradis.jpgfait avant ».  Ses exemples d’artistes sont bien sûr ceux du music-hall, ceux qui endossaient des personnages : « Si je vous parle de Mac Roney, Gérard Séty ou Serge Davy, ça ne vous parlera pas, bien sûr ! »  Quand j’évoque le cinéma, elle s’exalte. « Je suis fan du cinéma noir américain des années 30, et encore plus du cinéma italien des années 60».  Je pose deux trois questions sur leur film sorti l’année dernière : Cabaret Paradis. Échec cuisant. Shirley explique qu’ils ont certainement fait des erreurs mais ne s’étale pas sur la question.

 

On parlerait bien des heures mais le temps est compté. 30 minutes pile poil. « Je suis désolé, je dois rejoindre Dino. Euh ! Gilles. »

On frise la schizophrénie… Au revoir Shirley. Euh ! Corinne.

P.S : Ce soir mon copain Laurent Madiot est au Café de la Danse. Venez nombreux !!!

Nous boirons un coup à la santé du chanteur !

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Il y a quelques jours, j’ai organisé un jeu-concours pour gagner des places et des disques.

Voici ceux qui ont joué le jeu (c'est-à-dire écrire une note après avoir reçu et écouté le disque).

Merci à :

Ferdie

Christine

Bridget

Et Benoît

(Il en manque une. Hum hum !)

08 mars 2007

Mylène Demongeot... Hommage de la France!

 

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Hier, la comédienne Mylène Demongeot a été élevée au rang de commandeur dans l'Ordre des Arts et Lettres par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres au cours d'un cérémonie tenue au ministère.

"Si votre nom tient une place si particulière dans le coeur de tous les amoureux du cinéma, c'est parce que par votre charme, votre regard, vous incarnez une manière d'être, de jouer et de séduire, telle une vamp blonde et lumineuse (...) typiquement française, que vous avez su faire rayonner dans la monde entier", a déclaré le ministre à Mylène Demongeot.

Tu m’étonnes, comment cette blonde platine a illuminé ma vie. J’en étais fou dans Fantomas d'André Hunebelle. Elle était la petite amie du journaliste Fandor (je le répète, rien à voir avec moi !).

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Elle n’est pas étrangère à mes premiers émois amoureux.

medium_sbdemong.jpgBref, je m’égare.

Renaud Donnedieu de Vabres a retracé le parcours de comédienne, qui fut en son temps rivale de Brigitte Bardot.

Mylène Demongeot a notamment tourné dans les Sorcières de Salem d'Arthur Miller, dans la très populaire série des Fantômas (ah! Qu’est ce que je vous disais !), mais aussi dans Explosion ou Signé Furax au côté de son mari disparu, le réalisateur Marc Simenon.

Récemment, on l'a vue dans Camping de Fabien Onteniente36 Quai des Orfèvres du sieur Olivier Marchal, ou La Californie de Jacques Fieschi, ces deux derniers films lui valant une nomination aux César.

Voilà une photo de Camping ! Elle y jouait le rôle de la femme de Claude Brasseur…

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Je suis absolument content de son retour sur le grand écran après des années d’absence et de galères.

"Artiste complète, figure impressionnante du cinéma français, vous êtes aussi une femme d'engagement, d'esprit et de coeur", a conclu le ministre avant l'accolade.

Le ministre a oublié de dire qu’elle jouait aussi les blondes ingénues dans la série des OSS 117 des années 70… Là non plus, je n’ai pas oublié.

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"Je n'ai fait que mon métier depuis un demi-siècle, et le travail m'a gardé jeune", a répondu la comédienne âgée de 71 ans, dans sa verve habituelle. medium_agr-demongeotsamlevin500-l3m.jpg

"Je n'ai pas encore accompli la moitié de ce que j'avais prévu d'accomplir: je veux aller plus haut, plus loin, plus fort et continuer à m'engager pour l'écologie et contre la souffrance animale", a-t-elle conclu, confiant à l'AP qu'elle venait de terminer "Sous les toits de Paris" du cinéaste kurde Hiner Saleem.

 

Perso, j’ai eu la chance de la recevoir dans une émission que j’animais sur une web TV dont j’étais le rédac chef : cinema-tv.com…

Le 14 septembre 2001, je l’avais invité pour qu’elle me parle de son livre de souvenirs, Tiroirs secrets.

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Après l’émission, je l’ai raccompagné chez elle dans ma bagnole toute pourrie (à l’époque, hein, parce medium_vph-demongeot-bio.jpgque maintenant, j’ai quand même une Fiat Panda bleu électrique !).

Des images remontaient à la surface de mon moi intérieur (notez là, cette phrase !) pendant qu’elle me parlait de tout et de rien.

Mais parler de tout et de rien avec une star du cinéma français, je suis toujours preneur.

En cette journée de la Femme , je voulais célébrer Mylène.

Elle que la France décide de distinguer enfin.

Il était temps !

P.S : Franchement, vous comprenez pourquoi elle me troublait cette femme ? Faut dire... j'étais sensible.

J'étais?

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07 mars 2007

Martin Monestier... écrivain de l'étrange!

 

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Je ne sais pas vous, mais moi j’adore l’émission de Paris Première, Ca balance pas mal à Paris.

Pour ses chroniqueurs principalement.

Et les trois que je prends un malin (voire malsain) plaisir à voir tirer à bout portant sur presque tout ce qui bouge, sont Philippe Tesson, Eric Naulleau et celui qui tient quasi systématiquement le rôle du "très méchant", Martin Monestier.

C’est dans son appartement (cossu, mais loué) que je suis allé, peu rassuré, le mardi 20 février dernier, à l’occasion de la sortie de son livre Les monstres (paru aux Editions Cherche Midi).

medium_V83_Livres_Martin_Monestier_cover_.jpg30 ans après sa première version, le grand prêtre des faits divers, l’encyclopédiste du bizarre, propose une édition revue et largement augmentée de cette étonnante galerie « d’hommes différents ».

Il y a, dans cet ouvrage, des pages comiques, terribles, repoussantes ou séduisantes, alternance de contemplation pénible ou admirative.

-L’individu, en général, ne supporte pas une atteinte à l’intégrité de son corps et chacun a sa limite de l’inacceptable. C’est pour cette raison que ce livre dérange et fascine à la fois.

Martin Monestier explore toujours des univers décalés, surréalistes parfois, sans jamais verser dans l’écueil de la vulgarité.

-Mes livres sont des enquêtes longues, avec un style alerte, une information toutes les deux lignes, des intertitres qui aident à la lecture… Je suis mon propre archiviste-concepteur-metteur en page. Je fais tout de A à Z.

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Je lui demande pourquoi il s’est spécialisé dans les thèmes si peu ragoûtants comme le crachat, les excréments ou les monstres…

-Je cherchais moi-même depuis l’âge de 25 ans des documents qui parlaient de ses thèmes parce qu’ils font aussi partie de la vie quotidienne et qu’ils m’intéressaient vraiment. J’ai une nature qui tend vers l’exhaustivité, donc j’ai eu le besoin intense de posséder la totalité des informations. Les sujets dont je parle ne sont pas excentrés, ils sont juste ignorés. Mes choix d’enquêtes doivent répondre à 3 critères fondamentaux. Être pris depuis les origines, dans toutes les civilisations et sur tous les continents, avoir une actualité aujourd’hui et un devenir demain.

Etait-il impératif de compléter cette « histoire encyclopédique des phénomènes humains » ?

-Une fois qu’un sujet est publié, je ne renonce jamais à eux et je continue à engranger les informations dessus. Concernant les monstres, en 30 ans, j’ai reçu et recueilli beaucoup d’autres documents inédits et mon écriture a évolué. L’idée de me replonger dans cet univers vient peut-être d’un désir d’exorciser des psychoses, des déséquilibres, des réflexions confuses sur la vie, la mort, l’amour.

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Dans chacun de ses livres, il y a l’embryon d’un autre. Quel est donc le lien entre ses 40 ouvrages?

-Même s’il faut relativiser c’est quand même la mort et la conviction que l’humanité est mauvaise.

Sympa la vision de la vie!

Pas positive, mais réaliste.

Nous parlons de sa franchise et de sa dureté à Ca balance pas mal à Paris.

-Je ne peux admettre qu’une idée ou qu’un point de vue ne puisse avoir qu’une face. Ca me choque, alors, je regarde derrière les cartes… ça devient une seconde nature. Dans Ca balance pas mal à Paris, je me suis fait en 4 ans et demi beaucoup plus d’ennemis rédhibitoires que pendant 40 ans de vie professionnelle et journalistique. Certains de l’équipe me haïssent,  par exemple. A commencer par Pierre Lescure et aussi Elisabeth Quin. Je me demande si je vais rester encore longtemps…

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Je lui fais remarquer qu’il y  a une différence ENORME entre le brave homme, accueillant, sympathique, courtois et prévenant que j’ai devant moi et l’image que j’en avais en le regardant à la télé.

 

-C’est tout mon problème et en plus, je ne m’en fous même pas. Vous savez, en vrai, je suis un sentimental. Je suis catastrophé quand les gens me détestent. Parce que moi, ce n’est pas que l’on ne m’aime pas, on me déteste. C’est pire. Je provoque les extrêmes. Pas de tiédeur dans mes relations…

Nous faisons quelques photos (beaucoup en fait) de lui à son bureau (bordélique).

Martin Monestier obéit stoïquement à tout ce que je lui demande (mais, je reste raisonnable, vous me connaissez).

Ca ne l’énerve même pas.

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Ensuite, il me propose d’aller boire un coup ensemble dans le bar d’en bas.

J’accepte avec plaisir.

La conversation devient plus intime et serait hors sujet ici.

Monestier raconte facilement des pans de sa vie privée.

J’en suis étonné.

J’ai découvert un grand écorché vif.

Mais ce nounours-là, on peut le caresser.

Il ne mord pas si on le respecte.

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Il me pose beaucoup de questions sur moi, d’où je viens, mon parcours…etc.

Très curieux et ouvert.

Remarquez, il faut l’être pour écrire ce qu’il écrit.

En partant, je me dis que, décidément, ce métier m’apprend à me méfier des apparences.

On se trompe toujours sur ce que sont réellement les gens.

Toujours.

28 février 2007

La société du spectacle selon Jean-Marie Catonné!

medium_jmcartonne_portrait.jpgJe viens de lire cette note de Yansor (Tatiana de Rosnay, dont je vantais les mérites ici récemment). Je l’ai trouvé amusante étant donné que ma rencontre avec Jean-Marie Catonné s’est tenue précisément dans le bureau dont il est question…

Fou, non ?

Là, c’est sûr, si vous ne cliquez pas chez elle, vous ne comprendrez pas grand-chose.

 

Bref, je suis loin d’être insensible à ce que publient les Éditions Héloïse d’Ormesson (d’abord mon auteur fétiche, Pierre Pelot, est dans cette maison et j’aime bien leurs deux attachées de presse, Audrey et Anne-Laure. À ce moment là de ma note, j’ai pleine conscience que je donne du grain à moudre à Wrath… "encore du copinage attachée de presse/journaliste et bla bla blab et bla bla bla…" )

J’ai souhaité interviewer Jean-Marie Catonné parce que son Double Je m’a fortement intéressé. J’apprécie beaucoup les livres qui dévoilent l’envers du décor, en l’occurrence, du milieu de l’édition, de la télévision et des médias (qui pratiquent le nivellement pas le bas), et des politiciens qui manient la langue de bois et les coups bas (libre !).

Ce jeune homme de 65 ans, prof de philo à la retraite (39 ans à l’École Alsacienne) est l’auteur de quatre romans : La Tête étoilée (1996), Portraits volés (2001), Villa les mésanges bleues (2002) et Excès de mémoire (2004) et de deux biographies : Romain Gary - Émile Ajar (1990) et Queneau (1992).

Catonné n’a jamais été nègre.

Il me l’a assuré.

Cependant, il raconte l’histoire épique d’un romancier contrarié (et naïf), Jean-Rémy, qui va découvrir à ses dépens que le monde des Lettres n’est pas gouverné pas l’amour de la littérature.

Preuve est faite qu’il ne faut pas vendre son âme au Diable.

Pas bien.

medium_eho_catonnec.2.jpgDouble Je est sous-titré : Les éditeurs ne sont pas tous des chiens.

Justement, Pierre-Ulysse Banador (PUB) est un grand éditeur parisien. Il accueille le jeune homme en lui laissant l’espoir d’une publication prochaine. En attendant, peut-être pourrait-il se faire la main en écrivant la vie des autres ? Des gens connus mais sans le talent d’écriture, en l’occurrence, une pseudo Loana, un homme politique roublard et un animateur de télévision très con (c’est le mot !). Jean-Rémy, fasciné par l’éditeur (et s’imaginant qu’il tient là le sésame pour une publication prochaine) plonge tête baissée dans un système qui finit par le dépasser. Il devra lutter pour ne pas perdre son identité personnelle, ses valeurs, ses principes, bref, son intégrité. Gagnera-t-il ce combat?

C’est toute la question.

Je demande à Jean-Marie Catonné de quel personnage se sent-il le plus proche.

-Pas celui du narrateur en tout cas. Il n’a que la trentaine et n’est pas très sympathique. Il est lâche et est prêt à tout pour réussir. Il s’illusionne sur la fait qu’on va l‘éditer grâce à toutes ses compromissions. Très curieusement, je me retrouve plus dans l’éditeur. Il est un peu cynique, certes, mais il assume ses actes.

Et l’écrivain de m’expliquer que le système économique des maisons d’édition n’est pas simple à gérer.

- Je comprends parfaitement la logique des livres « commerciaux ». Ces livres peuvent exister si l’argent recueilli sert à éditer des ouvrages plus confidentiels, mais essentiels.

C’est loin d’être un cas systématique.

Quant aux auteurs « prête-nom » (nègres, puisqu’ils s’appellent ainsi et qu'il en est fortement question dans Double Je), ils sont légions. Mais pourquoi pas après tout ?

-Un sportif ou une starlette qui donne ses confidences, ses souvenirs à quelqu’un qui les met en forme, ça n’a rien d’infamant. Chacun son métier après tout. C’est le côté hypocrite des choses qui m’exaspère.

Je lui raconte que j’ai rencontré des « vedettes » qui prétendent mordicus avoir écrit leur livre.

-Je sais. Il y en a qui vivent très mal qu’on les soupçonne de ne pas être les vrais auteurs. Ils finissent par s’auto persuader qu’ils le sont réellement… c’est très curieux ce déni.

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Nous parlons aussi des écrivains qui sortent des pavés de 700 pages tous les 3 mois… Ca commence à se voir qu’ils ne sont pas les seuls rédacteurs.

Soyez plus malin, espacez vos sorties… ce sera plus discret.

J’ai envie de donner des noms.

Mais non.

On a dit « pas de méchanceté » sur ce gentil blog.

Cette satire enlevée est, en tout cas, pleine de rebondissements, cynique et drôle (très).

-J’ai écrit une charge que j’ai voulu flamboyante contre la médiatisation à tout prix et la célébrité factice et éphémère (et donc cruelle). J’évoque les méthodes utilisées pour le devenir et les renvois d’ascenseurs lancés en permanence dans les médias.

Pas beau le royaume du paraître.

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Jeunes auteurs en soif de reconnaissance, la lecture de ce livre est un passage obligé avant de frapper à la porte des maisons d’édition.

Salutaire.

23 février 2007

Un ex FUTUR PAPA nommé Fabrice Florent...

medium_346585206_71e85ca3cc.2.jpg 

Nous nous connaissions par lecture réciproque, anonyme et silencieuse.

Lui par le biais du blog de Ron l’infirmier lorsque ce dernier m’avait ouvert ses portes 3 jours et moi par Deedee qui avait écrit une note dithyrambique sur son blog : Futur Papa.

Un blog qui racontait pendant 9 mois les émois, les doutes, les tracas, les observations et les joies d’un type tout à fait normal qui voit sa vie se bouleversifier pour cause de femme enceinte… 9 mois de grossesse racontés par un mec, c’est franchement très drôle.

medium_couv_futurpapa_170.2.jpgCe blog est devenu un livre.

Et le livre possède désormais son propre blog et son site officiel...

(Ca devient compliqué !)

Un jour, je reçois un gentil mail de sa part. Il me propose de me rencontrer lors d’un prochain aller-retour à Paris. Il habite Lille.

J’accepte. Le personnage Fabrice Florent me paraît très sympathique. Je l’ai vu dans l’émission Les maternelles sur France 5 et dans quelques magazines. Sa tête est sympa et je me fie beaucoup au physique des gens.

Parfois, c’est une grossière erreur.

Pas là.

Rendez-vous est pris pour le jeudi 15 février. Il me propose de le rejoindre à la gare du nord à 10h02, heure d’arrivée de son train.

L’idée d’aller récupérer quelqu’un que je ne connais pas personnellement sur un quai m’amuse.

Il ne m’en faut pas beaucoup, je sais.

Pour tout dire, j’habite une petite commune du Val d’Oise et il y a une gare qui est directe avec celle « du nord » en 20 minutes.

L’aubaine.

Je vais laisser ma voiture et y aller en train.

Il faut savoir parfois de grande décision dans la vie.

Et vivre courageusement aussi.

Ainsi donc, Mandor se retrouve avec le peuple et il est ravi.

Car, j’ai beau être le président de la FAPM , je n’en suis pas moins normal.

(Ceci est du second degré. En fait, dans la vraie vie, je suis parfaitement imbuvable....)

medium_346585189_9473655079.2.jpgMe voici donc devant le quai n°18. Le train arrive à l’heure pile ( la SNCF assure souvent quand elle n’est pas en grève). Fabrice Florent ne connaît pas mon visage ce qui me permet de l’observer un peu avant de le héler. Il cherche qui je peux bien être. Pas longtemps parce qu’il passe devant moi.

Je me présente et lui s’étonne de ne distinguer aucun trait sur mon visage (je l‘ai déjà dit ici, j’ai perdu mon visage un beau matin de juillet 2006, sans aucune explication et personne ne me croit). C’est quand même curieux que cette mystérieuse disparition coïncide au jour près avec la création de ce blog.

Lien de cause à effet ?

Bref, nous nous enfuyons dans le premier bar respectable venu avant que les enfants ne me jettent des pierres.

Je suis coutumier du fait. Les enfants sont méchants avec les personnes « différentes ».

 

Nous nous installons dans un coin discret du Terminus Nord et je commence mon entretien.

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En fait, nous conversons sur nos expériences respectives de futur papa. J’ai eu quelques mois d’avance sur lui et je me suis bigrement retrouvé dans ses écrits.

Tellement universelle comme expérience !

Tous les hommes futurs papas devraient lire ce livre.

Parce qu’il est tendre, émouvant, ludique, riche en informations, sarcastique parfois et surtout drôle à chaque page. De plus, l’auteur n’hésite pas à faire preuve d’auto dérision.

Tiens ! Il donne envie d’être son ami. Je veux dire, un vrai pote quoi !

Je lui dis qu’en le lisant, j’ai l’impression de ne pas avoir été moi-même un bon futur papa.

medium_346585141_78cf2b690a.2.jpg-Il ne faut pas dire ça. Le fait d’écrire au quotidien cette expérience m’a mis constamment dans une situation d’éveil…

Je prends des nouvelles du bébé et de sa maman.

Ils se portent comme des charmes, merci !

 

Pour moi, ce livre est, avant tout, une formidable lettre d’amour à sa femme. Des passages sur elle sont à pleurer tellement on sent la puissance de son amour.

-Il faudra lui dire… Franchement, tout ce qui m’importait, c’est que ce que j’écrivais lui plaise, je me moque complètement des autres critiques. Que cela devienne un livre, alors là, c’est la cerise sur le gâteau.

Et, évidemment, elle a aimé.medium_346585169_51338e67b9.3.jpg

Elle a découvert les écrits de Fabrice après l’accouchement. Elle n’a rien lu pendant la grossesse.

C'étail un deal.

Une belle histoire.

Pendant que nous devisons, Dominique Strauss Kahn s’installe avec un ami juste à la table voisine. Je ne peux m’empêcher de la zieuter.

Et si je lui demandais de venir à notre table pour parler paternité?

Non, le concept serait un peu brouillon, il me semble.

Fabrice respire.

Je n’ai pas cédé à cette envie que je lui ai pourtant suggéré.

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En fait, je n’ai pas pu interviewer sérieusement Fabrice Florent parce que j'arrive après la bataille.

Tout a été dit sur son livre.

Je n’aime pas la redondance.

Alors, voilà, aujourd’hui, c’était juste une présentation d’un personnage très intéressant.

Simple et modeste.

Et travailleur…

Fabrice Florent est le fondateur du magazine en ligne pour les jeunes femmes, madmoizelle.com et de l’agence de communication Ah ! Les jeunes…
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Petite précision primordiale:
Les photos en gros plan sont signées Jean Delmarty, les autres sont de la jeune serveuse souriante du Terminus Nord et de bibi.
Dernière minute: Fabrice me signale que les photos en gros plan ne sont pas de Jean Delmarty (je n'ai donc rien compris) mais d'un de ses potes (à Fabrice, pas à Jean Delmarty... Vous ne suivez pas?)
Jean Delmarty est donc cité 4 fois dans cette note mais c'est un erreur de ma part car il n'est pour rien dans ces photos.
Mais Jean Delmarty (5 fois) mérite quand même un coup de projecteur.
Vive Jean Delmarty! (6 fois)

 

Fabrice Florent est un gars bien.

Son prochain souhait artistique serait que son livre soit décliné en mini série télé (genre « Un gars, une fille »).

Ce serait sacrément une bonne idée !

Parce qu’il y a beaucoup à dire sur cette période là de la vie.

Intense.

 

Tiens, je viens de trouver une photo de Jean Delmerty!(7 fois)

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J'espère que j'ai bon cette fois ci...

22 février 2007

Vincent Ravalec (2eme partie)

 

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Lundi dernier (19 février), j’ai rendez-vous avec Vincent Ravalec chez Flammarion (place de l’Odéon). J’arrive 10 minutes en avance, mais son attachée de presse me fait un peu patienter en me proposant un café.

J’attends quelques instants devant la porte d’un petit bureau. L’auteur est là, seul, mais au téléphone. Je m’efforce de ne pas écouter. Il parle fort, du coup, mes écoutilles entendent des bribes de conversation.

Je n'en dis rien ici.

La porte étant ouverte, je m’éloigne un peu afin qu’il ne pense pas que je le surveille.

Il sort avec son portable.

-J’en ai pour une minute ! Excusez-moi, c’est important.

Je patiente encore un peu puis il vient me chercher. Je lui rappelle les circonstances de notre première rencontre. Très poliment, il fait semblant de s’en souvenir.

-C’est vous qui êtes marié avec une attachée de presse ? Je me souviens bien.

Ce n’est pas moi, mais peu importe.

medium_V83_Livres_Ravalec_Cover_President_.JPGSi vous ne connaissez pas Vincent Ravalec, sachez qu’il est un touche-à-tout de l’expression artistique. Il écrit des nouvelles, des romans, des poèmes, des documentaires, des scénarios de bande dessinée et des films…

Ce mois-ci, il sort un récit et un livre pour enfant. Ce dernier, Le président ne peut pas être un imbécile (chez Panama) est le deuxième de la collection qu’il lance avec ses deux jeunes héros, Arthur et Violette.

-L’idée est d’en publier deux par an avec, à chaque fois, un thème différent. Le premier, Les filles sont bêtes, les garçons sont idiots, évoquaient les relations garçons/filles, celui-ci se penche sur la cité, la politique et la démocratie. Je veux écrire des petites réflexions sur des sujets de société à travers le regard un peu en contre-pied d’un jeune collégien qui se pique de philosophie et de sa copine, un peu voyante. Le prochain sera sur l'école. Beaucoup à dire...

Ravalec, de livre en livre, à l’art de dérouter ses lecteurs et d’attaquer de front des thèmes peu abordés dans la littérature.

 

medium_V83_Livres_Ravalec_cover_Hepatite_C_.JPGDans Hépatite C (Flammarion), aussi instructif qu’amusant, il raconte les aventures picaresques d’un écrivain pris dans les affres du traitement de cette maladie (qui touche près de 700.000 personnes en France).

 

-Je ne voulais pas faire un récit, genre, « mon douloureux combat contre l’alcool » ou « ma maladie épouvantable ». Étant artiste, ma vocation est d’essayer de transformer des faits négatifs en faits positifs. Les effets secondaires décrits, les maux rencontrés par les personnages ont été amplifiés ou rendus cocasses pour les besoins du récit. Il vaut mieux sourire de cette expérience qu’en pleurer. Tous les malades du livre sont soignés. Et c’est désormais vrai dans 80% des cas dans la réalité. 

Vincent Ravalec a écrit ce livre dans l’espoir d’inciter les malades à se traiter, car les résultats sont probants. medium_19.02.07_Vincent_Ravalec_2_.JPGNon seulement, lui est complètement guéri, mais il a tiré de cette expérience un livre décapant, rocambolesque… et salvateur.

-L’intérêt de l’expression artistique est d’arriver à prendre du réel qui n’est pas extraordinaire et de parvenir à le magnifier.

 

Cet écrivain, parfois, perd le sens de la mesure. Il publie des pavés de 800 pages sur des sujets complexes.

-J’ai un peu arrêté ça. J’écris dorénavant des livres plus « grands publics » qui touchent un maximum de personnes avec des sujets plus simples et un style moins compliqué. Jusqu’à présent, mon écriture a toujours été le reflet d’un état d’être. La complexité qui transparaissait dans mes livres venait des questions que je me posais. À partir du moment où je suis arrivé au bout de certains questionnements, j’essaie de rendre mes ouvrages accessibles à tous. Actuellement, je suis plus « connu » que « vendeur de livres ». Je fais en sorte que ça change.

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De toute façon, Ravalec passe sa vie à écrire. Tout le temps et tous les jours.

-Ce que j’aime particulièrement faire, c’est de travailler avec des gens. N’importe qui me propose un projet, que ce soit pour un fanzine pas payé ou un gros truc hyper bien rémunéré, mon engouement reste le même. Je ne sors pas beaucoup, je préfère écrire, écrire, écrire.

medium_2290344850.pngParmi ses projets à court terme, il y a l’adaptation cinématographique d’un de ses livres Ma fille à 14 ans. (Le père sera joué par Daniel Auteuil) et la sortie d’une bande dessinée dont il a écrit le scénario.

Et bien sûr, toujours un roman sur le feu.

Il me parle d’ouvrir éventuellement un blog. Vous pensez bien que je n’ai pu que l’encourager dans ce sens. Il hésite.

 -Raconter ma propre vie et mes propres réflexions, c’est intéressant à travers un filtre artistique. Il faut que je trouve une idée originale.

En attendant, il tient à prendre l’adresse du mien. Il trouve mon concept « sympathique et rigolo ».

Rigolo ?
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Nous nous quittons après la séance "photos".

Poignée de main franche et promesse de se revoir bientôt.

Au Salon du Livre, certainement.

Ah, le Salon du Livre !

Mon week-end plaisir de l’année.

J’adore.

Je vous dirai pourquoi un jour.

16 février 2007

Décapage... et Jean-Baptiste Gendarme!

medium_Couv_2Bdkpg_2B30_2Bcopie.jpg 

Je vous l’avoue, cette note n’est absolument pas objective. J’adore la revue littéraire dont je vais parler ici. Je ne suis pas le seul, mon ami second flore aussi (que j’ai d’ailleurs rencontré à une « beuverie » organisée par l’équipe de ladite revue), ainsi que Thomas Clément, (que je ne connais pas encore « en vrai »…) et enfin, la sympathique rédactrice du BUZZ…littéraire (qui dresse un portrait très complet de cette revue, du coup, je suis obligé de biaiser mon papier à moi et de partir dans une autre direction pour ne pas raconter la même chose... en fait je ne remercie pas la sympathique rédactrice du BUZZ... littéraire, même si elle a un an d'avance sur moi!).

medium_2070773051.jpgBref, j’ai voulu rencontrer le rédacteur en chef de Décapage, Jean-Baptiste Gendarme. Par ailleurs, il est auteur de deux ouvrages chez Gallimard. Chambre sous oxygène (qui lui a permis d’obtenir la « Bourse écrivain » 2005 de la Fondation Jean-Luc Lagardère) et cette année, Table Rase, un livre sur le travail de deuil (mais franchement fin et amusant, parce que très second degré et recul des évènements).

Jean-Baptiste n’accepte que très peu de rencontres de ce genre, car ce jeune homme est fort occupé. Bon, je connais un peu sa dulcinée et je suis abonné à sa « revue littéraire reconnue d’inutilité publique ». Peu de journalistes le sont, je pense qu’il a voulu ainsi me remercier. (À moins qu’un peu de publicité ne lui déplaise pas trop, au fond, je ne sais pas, mais ce n’est pas très important. Voilà pourquoi, moi-même, je ne deviendrai pas écrivain, j’écris parfois pour ne rien dire... Sinon, ça va vous ? Les enfants ?)

Il me donne rendez-vous place du Châtelet jeudi dernier (8 février). Nous nous installons au Zimmer. Café feutré medium_d851b75414fc33eeed183b1ff95e2f95.jpgque j’affectionne.

-Il paraît qu’il y a beaucoup d’écrivains ici.

Je réfléchis.

A part Nora Hamdi, que j’avais interviewé dans ce lieu et dont j’étais tombé amoureux directement tellement son sourire était ravageur (elle n’en n’a jamais rien su, je ne suis qu’un poltron), je ne trouve aucune justification à cette remarque. Bon, en même temps, je n’y passe pas ma vie dans ce café.

Pas Rothschild moi !

Pour savoir ce qu’est cette revue, il vous suffit d’aller voir sur le blog prévu à cet effet. Des tas de nouveaux auteurs, des rubriques originales et souvent tordantes… un style, une signature. Toujours de qualité. Décapage est parti de pas grand-chose à la base. En 2001.

-Nous étions 3 potes à la fac de Reims au milieu de personnes qui se foutaient royalement de la littérature. Je m’évertuais à leur expliquer qu’elle n’était pas que Balzac et ce que l’on étudiait en cours. Nous avons décidé de créer une revue de 10 pages (d’où le titre) photocopiée avec uniquement des textes. Un journal pas encore très abouti, mais je voulais montrer qu’on pouvait s’intéresser à la littérature, faire une critique de livre en s’amusant, lire des textes sans que cela paraisse rébarbatif. Depuis 2001, je peux dire que le même esprit nous anime. Essayer de faire une revue avec une approche ludique.

Aujourd’hui, Jean-Baptiste Gendarme est le seul maître à bord.

-Tout passe par moi. Je suis le Tout Puissant.

Il ironise sur sa condition de rédacteur en chef.

-Il faut bien que quelqu’un coordonne la revue sinon, ce n’est plus une revue, c’est un grand n’importe quoi. Je fais le lien avec les chroniqueurs et je choisis les auteurs des nouvelles. C’est un boulot énorme de motiver les gens.

Même s’il y a des auteurs « maisons », Xabi Molia par exemple ou Guillaume Tavard, Décapage reste ouvert à tous les talents.

-J’ai une rédaction de 10 personnes qui me font des chroniques et des auteurs qui me suivent dans presque tous les numéros, mais ce qui m‘intéresse, c’est d’avoir de nouveaux auteurs à chaque fois. Mon plus gros boulot est de lire des premiers romans pour découvrir de nouvelles plumes.

Je scrute la salle. Toujours pas d’écrivain ni de Nora Hamdi.

Déception.

Elle n’est pas venue, la belle Nora. On ne sait jamais, un pèlerinage, deux ans après, dans le secret espoir de retrouver le journaliste qui lui a tant fait battre le cœur.

Hum ! Reprenons.

Dis donc, rédac-chef décideur de tout. Ce n’est franchement pas cher 3 euros. Tu t’y retrouves ?

-Pas du tout. C’est pour ça que nous comptons sur les abonnements. 20 euros les 5 numéros… J’ai fait le pari d’une revue à ce prix avec l’espoir d’un achat impulsif en librairie. Le problème, c’est qu’à part Le Dilettante à Paris et la librairie Guerlin-Privat à Reims, aucun libraire ne souhaite le vendre. Pas assez de marges !

Donc, les amis, ici, c’est jouable.

Jean-Baptiste Gendarme m’explique pourquoi il est fier que sa revue existe, malgré tout.

-Les écrivains français ne se lisent pas entre eux. Ils se négligent mutuellement et portent aux nues la littérature étrangère. L’objectif de Décapage est aussi de devenir un trait d’union entre les écrivains.

J’apprends ensuite que l’homme qui est en face de moi est une machine à travailler.

-J’écris un scénario avec un ami, je m’occupe de la revue, je finis mon nouveau roman, j’ai de nombreux projets éditoriaux  et j’ai un travail « rémunérateur ». Donc je bosse à plein temps. Je n’ai pas de week-end et peu de vie sociale… et donc, je n’accepte pas beaucoup d’interviews.

J’en suis très honoré… de Balzac.

Si, si, je l’ai faite.

Il sourit, magnanime.

Et l’on va se quitter.

Mais avant, une première mondiale sur ce blog.

L’interviewé ne souhaite pas que l’on voit sa tête (pourtant très bien faite et que l'on voit sur pas mal de sites... mais je respecte la décision.)

Donc, la photo Mandorienne donne ça !
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Jean-Baptiste Gendarme, c’est le monsieur à gauche, quant à moi, vous m’avez reconnu…

Très intéressant, vraiment, cette photo.

Je suis très fier de moi.

De mieux en mieux!

13 février 2007

Pierre Barouh... l'artiste voyageur!

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Aller chez Pierre Barouh, c’est se rendre chez un monument de la chanson française.

medium_anouk67.jpgIl est l’auteur de chansons popularisées par Yves Montand (La bicyclette), Françoise Hardy (Des ronds dans l’eau) et les films de Claude Lelouch (Un homme et une femme).

« Comme l’eau, dabada, bada », c’est lui

Il a aussi joué dans le film (photo). Il était le mari d'Anouk Aimé.

Mais c’est aussi rencontrer le premier “Sambassadeur” en France de la chanson brésilienne. Il a adapté en français, les chansons de Vinicius de Moraes et Tom Jobim (Ce n’est que de l’eau camarade) ou de Chico Buarque (La nuit des masques).

Pour moi, amoureux de la belle chanson française, son titre de gloire le plus important est celui-ci : Barouh est le créateur du label Saravah. Il en assurait la direction artistique et y a accueilli puis révélé : Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, David Mc Neil, Jean-Roger Caussimon, L’Art Ensemble of Chicago, Steve Lacy, Richard Galliano,…

Il a aussi donné crédibilité et lisibilité aux musiques du monde.

medium_barouep.jpgJe ne savais donc plus avec qui j’avais rendez-vous jeudi dernier (le 8 février).

Le chanteur, l’auteur, l’éditeur, le directeur artistique, le cinéaste, l’homme des voyages et des rencontres ?

 Je plaisante. C’était le chanteur qui m’intéressait puisqu’il a sorti son 10e album Daltonien le 9 février.

Je trouve enfin la petite rue située derrière le Panthéon. Je suis en avance donc j’attends non loin en fumant un clope et en regardant passer les jeunes demoiselles.

Malheureusement, elles sont emmitouflées.medium_barouh_pier_lepollen_101b.jpg

J’adore l’été.

Je vois passer Pierre Barouh devant moi, le visage fermé, avec un sac plastique Prisu ou Monop, je ne sais plus bien. Par respect, je ne me signale pas. Les artistes préfèrent se montrer sous leur meilleur jour.

Allez, Mandor, plus que 10 minutes et tu pourras te montrer.

« Ding Dong », ne fait pas la sonnette.

J’entends Barouh chanter dans le couloir une des chansons qui figure sur son disque : Titine

Un visage jovial, quasi enfantin, ouvre la porte. Son large sourire, absent tout à l’heure, me rassure. Si je connais parfaitement sa carrière, après tout, je ne sais rien de son caractère et de sa personnalité.

medium_barouh_pier_saudade_101b.jpgL'endroit est gigantesque, le charme suranné des vieilles maisons remplies de souvenirs. Des disques, des cassettes vidéo traînent un peu partout. Le maître des lieux m’emmène dans sa cuisine où déjeunent 4 personnes. Des amis musiciens. Tout le monde très charmant. Je comprends qu’ils enregistrent un disque pour Saravah dès le lendemain… Pierre me présente aussi l’accueillante (et fort charmante) Maïa, sa fille (dont la maman me semble être japonaise) puis me propose d’admirer son jardin aux gigantesques bambous. Impressionnant !

Nous finissons par nous installer dans le salon.

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D’abord, je l’interroge sur sa non popularité française. Beaucoup connaît son nom, mais au fond, on ne sait rien de lui.

-Je suis en cause. J’ai trop aimé la chanson pour devenir chanteur. Je n’ai jamais eu d’agent, ni d’impresario. Je n’ai aucun sens de la carrière. Je ne sollicite jamais, mais je me rends disponible. Et puis, il y a une ambiguïté par rapport à mon parcours. Peu de temps après les chansons d’Un homme et une femme, paradoxalement, moi j’ouvrais la porte à des gens qui symbolisaient la subversion totale. Higelin, Fontaine, Caussimon… Cela a créé une espèce de confusion avec les médias.

medium_barouh.2.jpgIl réfléchit. Puis reprends.

-Je n’y peux rien, j’ai toujours été plus disponible à la reconnaissance du talent des autres qu’à la mienne. Ça se prononce par un prosélytisme qui est très chiant pour ceux qui m’entourent.

Pierre Barouh est plus aimé au Québec, au Brésil, au Japon qu’en France… Blessure ?

- La France est un pays que j’adore pour pleins de raisons. On peut y vivre des amitiés qui s’étalent sur une vie, c’est remarquable. Mais mon pays me rend parfois en colère, car la tricherie y est institutionnelle. Je n’ai donc jamais pu rester plus de 4 mois en France, parce que la colère, c’est bien quand elle reste positive. Je cherche l’équilibre entre l’enthousiasme et la colère, je pars, je medium_barouhsc06.3.jpgreviens, je pars, je reviens… et tout se passe bien. La France et moi avons donc des relations prudentes.

Je me mets soudain à éternuer.

Une crise d’atchoum.

-Vous avez un chat ?

-Oui. Il dort, juste derrière vous. Vous êtes allergique ?

-Euh, oui, un peu. Atchiiiiiii !

En fait, je suis très allergique aux poils de chat. Pierre Barouh me raconte que quelqu’un de sa famille a le même problème, mais qu’aujourd’hui, elle s’y fait.

Bon, je continue.

Je lui dit que je trouve formidable que Saravah perdure avec les années. L’année dernière, Pierre Barouh a fêté medium_Les-annees-Saravah.jpgles 40 ans d’existence de la maison de disque.

-Quand je parle du temps aujourd’hui, ça prend un parfum un peu nécrologique. J’ai un théâtre qui porte mon nom en Vendée, je reçois des coups de fil de gens qui veulent écrire un livre ou tourner un film sur ma vie… Je me dis qu’il faut que je fasse gaffe en traversant. J’ai l’impression de glisser petit à petit de ce ghetto de l’utopie dans lequel on m’a toujours enfermé à celui du mythe.

-Atchiiiiiiiii ! Pardon. Vous pensez que l’on finira par reconnaître enfin votre talent. Atchiiiii !

-Vous voulez un mouchoir ?

-Non, ça ira. Snif !

-Vous savez, je suis sûr que mon statut d’auteur finira par être mis en valeur. Serais-je encore là ? Ça, par contre, ce n’est pas évident.

-A 72 ans, vous êtes encore bon pied bon œil, là !

-De toute manière, je ne connais qu’une mort, c’est celle de la curiosité. Si on perd sa faculté d’émerveillement, on peut être mort à 12 ans.

-Vous avez raison. Atchiiiii !

medium_V82_Musique_Pierre_Barouh_cover_.JPGNous parlons de son disque… 16 chansons imprégnées de ses voyages, de ses préoccupations écologiques et de ses obsessions artistiques.

-Il y aussi un hommage à Billie Holyday, une reprise de Caussimon et une adaptation de A.C Jobim… Pour moi, ce disque est le plus riche que je ’n’ai jamais fait. J’interroge la création, ma mémoire et je sonde notre avenir.

-Il paraît que vous avez du mal à écrire. Atchiiiiiiiiii !

-Je fais sortir le chat, si vous voulez.

Je regarde le félin qui se love contre mon pantalon.

-Non, ça ira. Atchiiii !

-Mon imagination est très pauvre comparée au terrain imaginatif sur lequel m’entraînent les contraintes que je m’impose pour écrire. Plus je passe du temps sur une chanson, plus à la sortie, les gens qui medium_hp_pierre_barouh_55430.jpgl’écoutent ont l’impression que je l’ai écrite en 3 minutes. C’est ça la vraie élégance…qu’on ne sente pas l’effort.

-Et dites moi... Atchiiiiiii ! Pourquoi ne posez-vous jamais vos valises ?

-Depuis ma jeunesse, je n’ai qu’un but : témoigner du monde qui m’entoure et faire circuler les émotions avec des images et des mots. Sur mon passeport, je rêve de marquer « promeneur ». À la place, il y a « auteur ». Les deux faces de ma vie…

A ce stade, je n’en peux plus. Après les éternuements, vient une difficulté à respirer.

Il faut que je m’en aille.

Pierre Barouh, quant à lui, me montre ses archives. Une nouvelle version de A bicyclette qu’il a écrite pour un ami. La vidéo de sa fille sur scène. Trente minutes.

En temps normal, je serais heureux de partager ce moment privilégié avec lui, mais là, je commence à souffrir.

Je n’aime pas ça.

Ne pas pouvoir respirer.

Heureusement, ma précieuse Ventoline est toujours à portée de main.
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Je prétexte une corvée à faire et je fuis le grand homme.

Je le regrette, mais pas moyen de faire autrement.

-Atchiiiiiiiiiiiiiii ! Et merci pour l’accueil.

Demain, jour de la Saint Valentin … Pierre Barouh sera en concert.

Là, juste en dessous, pour en savoir plus.

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08 février 2007

Lettre à Michel Delpech...

medium_133333.jpgCher Michel,

J’ai déjà écrit sur vous récemment à l’occasion de la sortie de votre album de duo (qui est aujourd’hui numéro 1 des ventes) mais j’avais envie aujourd’hui d’approfondir.

Nous nous sommes vus souvent ces temps derniers et j’y ai trouvé beaucoup de plaisir, voire de fierté. Ayant un profond respect pour vous, je n’arrive d’ailleurs pas à vous tutoyer.

Mes parents vous adoraient… je parle au passé parce que ma mère n’est plus de ce monde (ceci dit, peut-être y a-t-il des Juke-box là-haut ?).

D’ailleurs, en entendant une de vos chansons, il m’arrive de penser à elle.

Ma maman chérie est partie quand j'avais 15 ans.

Oui, bien sûr que je marche bancal maintenant...

C’est aussi un peu pour ça que j’aime vous rencontrer, vous et deux autres artistes me servez de béquilles.

Si vous saviez comme les artistes chamboulent les gens parfois ! Vous chantez vos chansons et hop ! Moi, j'effleure ma vaporeuse maman.

Tiens puisque nous sommes dans les confidences, elle était aussi très fan d’Alain Barrière et de Julien Clerc… pourquoi croyez-vous que je les ai rencontrés (ici et aussi là).

Pour que maman soit fière de son fiston.

Et béquilles, donc.

Je vous jure, Michel, je sens sa présence à mes côtés dans ces moments là.

C’est con, hein ?

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Et puis, je ne vous l’ai pas dit mais vous avez le même prénom que mon père.

Bon, lui, il est encore ici, heureusement.

Vous voyez comment vous êtes… vous me faites parler de moi et je n’aime pas ça. Tout pareil que lors de notre dernier déjeuner ensemble à la maison du Danemark (où nous avons un peu trop bu, il faut bien l’avouer. Nous sommes sortis en titubant et en riant comme des gamins sur les Champs Élysées). Vous êtes curieux et généreux et vous me touchez Michel.

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Restez comme vous êtes.

Je suis content que votre album soit la meilleure vente française du moment.

Très content même.

Je sais, les bonnes chansons ne vieillissent jamais.

Les bons chanteurs non plus.

Je viendrai vous voir le 30 mars au Grand Rex (puisque le 31 est complet !).

Je suis sûr que maman viendra s’asseoir à côté de moi.

Toute mon amitié,

Mandor, qui vous adore.

06 février 2007

Tatiana de Rosnay... son devoir de mémoire.

 

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Je l’ai expliqué ici, j’ai reçu une grosse claque en lisant le livre de Tatiana de Rosnay, Elle s’appelait Sarah. Livre magistral et universel sur un sujet qui concerne chacun de nous.

Alors qu’il n’existe que peu de documentations sur cette page noire de notre pays, écrire sur la rafle du Vél d’Hiv’ était un tour de force.

 

Il est difficile de résumer son livre sans trop déflorer l’histoire (que l’on peut d’ailleurs écrire avec un grand H).

medium_AUT00352402.jpgEn 2002, à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv, une journaliste américaine est chargée d’enquêter sur le sujet. Julia Jarmond, alors qu’elle est en pleine crise conjugale, va découvrir le calvaire inimaginable de ces familles juives… les conditions de vies dans le Vél d’Hiv’, les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers dont les trains partaient pour Auschwitz ou Drancy, les séparations des enfants de leurs parents, la police française pleine de zèle, les collabos, les délateurs…

Une horreur.

Il y a eu 11.000 enfants déportés en France.

11.000 !

Pour une raison qu’il serait complètement idiot de dévoiler ici, Julia va s’intéresser plus particulièrement au destin de la petite Sarah…

Je n’en dis pas plus.

Ce n’est donc pas le cœur léger que je pars à la rencontre de Tatiana de Rosnay. La fille du scientifique Joël de Rosnay est auteur, scénariste, journaliste, vice-présidente du Prix Lilas et… blogueuse acharnée (sous le nom de Yansor). Nous nous lisons mutuellement depuis plusieurs mois sans nous connaître « en vrai ». Donc, cette rencontre est toute particulière pour moi.

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Elle m’a donné rendez-vous dans le petit bureau que lui prête son éditrice Héloïse d’Ormesson pour écrire tranquillement. D’ailleurs, lorsque j’arrive au bon étage, Tatiana et Héloïse m’attendent devant la porte de la maison d’édition. On dirait deux sœurs. Même genre de femme. Héloïse d’Ormesson m’explique en plaisantant qu’elle voulait voir à quoi ressemblait Mandor. medium_tatianarosnay.jpg

Tatiana me fait visiter les lieux puis nous nous installons dans son bureau.

-Je viens ici tous les jours de 14 heures à 18 heures pour travailler sur un nouveau livre, pour lire les bouquins dont je vais parler dans Psychologies, pour réfléchir, pour « fuir » mes adolescents et surtout pour fuir Internet. Tu vois, là, sur le bureau, j’ai le vieil ordinateur de ma grand-mère. Je n’ai pas internet. Si je l’avais, je ne travaillerais  pas… je peux passer ma vie là-dessus. C’est affreux et dangereux.

Nous parlons longuement de ses blogs : son MySpace, son blog perso, celui de Sarah, du prix Lilas, des Blogauteurs auquel elle participe…

Tatiana est « blog addict » et elle n’y peut rien.

-Je passe généralement deux heures par jours à visiter les uns, les autres. Pas en ce moment, je n’ai plus le temps.

medium_couverture_sarah_page_1.2.jpgNous finissons par évoquer son roman Elle s’appelait Sarah.  Comment est-il né ?

-En 2002, je termine un livre en français La mémoire des murs chez Plon. J’avais donc fait une recherche sur les lieux dans Paris où ils s’étaient passés des choses abominables. Je te passe la Révolution  Française ou la Saint Barthélémy … je tombe sur la rafle du Vél d’Hiv, rue Nélaton, dans le XVe, à côté de chez moi. Je me suis rendu compte que je ne savais pas grand-chose sur cette rafle. Moi qui étais au lycée en France à la fin des années 70, je n’avais aucun souvenir de ce drame. Je commence à faire des recherches et je tombe des nues sur ce que j’apprends. Je suis à la fois effondrée, triste, choquée et honteuse de cette méconnaissance flagrante. Je finis par emmerder tout le monde dans mon entourage avec cette histoire et je me rends compte qu’ils n’en savent pas plus que moi. C’était pour moi intolérable, il fallait que je comble cette lacune commune. Pas moyen de lutter, pas question de faire autrement.

Elle s’arrête, réfléchit en buvant son eau pétillante.

Du Vichy.

 

Pas drôle.

-Je poursuis mon enquête de manière plus approfondie, j’accumule la documentation, mais je me demande comment je vais m’en sortir avec tout ça. Je ne suis pas historienne. Mon problème majeur est de savoir comment je peux donner à mon récit une signification contemporaine qui parle à toutes les générations.

Je vous assure, chers amis lecteurs, elle a trouvé. Et, il est difficile de s’en remettre. Le lien entre le passé et le présent fait froid dans le dos.

À pleurer.

-J’ai écrit ce livre dans ma langue natale, car j’avais besoin d’une distance pour me lancer dans ce sujet. Il s’agissait pour moi de me protéger et ainsi d’aller au cœur des choses. J’ai pu décrire les événements sans pathos…et Agnès Michaux en a fait une excellente traduction. Merci à elle…

Tatiana de Rosnay me raconte ensuite les difficultés rencontrées pour publier ce livre, les galères pour trouver un bon agent « c’est presque aussi compliqué que trouver un éditeur, sinon plus… », la rencontre avec Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal (épique la manière dont Gilles a insisté pour obtenir son roman par mail au plus vite et comment ses deux éditeurs ont fini par vendre le roman dans 15 pays).

Il est clair que son livre a un impact international.

-Je sais que tout ce que je vis là est unique. Cela ne va pas se reproduire. Je viens d’écrire le livre de ma vie. Je suis sur un nuage et en même temps, je suis terrorisée. La promo qui m’attend me donne un trac fou !

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Nous devisons en tout une heure et demie.

Pas envie de partir mais il faut laisser l’artiste créer. Je ne lui explique pas pourquoi cette période là de l’histoire me chamboule… mais, je l’ai écrit là.

Bravo à toi, Tatiana, et longue vie à ta Sarah qui vaut toutes les héroïnes du monde!

02 février 2007

Babet... l'ange de Dionysos s'envole en solo!

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Mercredi dernier (le 24 janvier), je suis dans ma voiture avec ma nièce de 19 ans.

Je l’adore. Elle habite à Limoges et elle est en visite chez moi une semaine.

Donc elle me suit partout.

Et ça me fait plaisir, même si ça me donne un coup de vieux.

medium_Babet_2.jpg-Tu écoutes quoi là tonton ? Ça craint !

-T’es folle ou quoi ? C’est la chanteuse des Dionysos !

-Dio quoi ?

-Aurélie, je parle des Dionysos, le groupe de rock là. Tu connais quand même ?

-Non.

Silence.

-Tu ne connais pas Dionysos ? Pas vrai ?

-Vrai tonton.

Re silence.

-Et bien Babet, c’est la seule fille du groupe. Elle sort son premier album solo…Mais dis-moi, tu écoutes quoi toi ?

-Diam’s, Sinik, Sniper, j’aime bien Vitaa aussi et M Pokora…

Re re silence.

Quoi dire ?

Je ne peux décemment la déposer au bord de la route. Nous sommes sur le périphérique et surtout, comment justifier cela à ma sœur (qui, dès qu’on touche à sa fille à un sacré mauvais caractère…)

-Bon, écoute, il va falloir que je t’explique certains trucs. Tu ne peux pas rester comme ça dans une telle inculture. C’est n’importe quoi !

-Mais tonton, pourquoi tu écris du bien sur eux dans le journal, alors, si c’est si nul ?

Elle m’énerve cette adolescente.

A ce moment, je décide de me comporter en adulte.

Je fais la gueule.

Normal, c’est moi le grand.

Je demande juste un peu de respect, c’est tout.

Je parviens à me garer tout à côté de V2 Music, ce qui est une véritable performance dans ce quartier. Je dis à Aurélie de m’attendre au café du coin le temps que je réalise mon interview.

medium_babet2.jpg-Bonjour, je suis Mandor, j’ai rendez-vous avec Babet.

-Oh, Mandor ! Le Mandor ? Je rêve, c’est le plus beau jour de ma vie. Pourriez-vous me donner un autographe ? Je lis vos chroniques depuis toujours. Mais alors… c’est vrai que vous n’avez pas de visage ?

J’adore tester ma popularité, mais je ne comprends pas pourquoi personne ne croit que mon visage est ainsi fait ?

La demoiselle me fait patienter dans le hall puis Babet et son attaché de presse arrivent.

Nous nous installons sur un canapé un peu déglingué. Je crains qu’un ressort surgisse du tissu à tout moment. Ce serait con d’achever une si brillante carrière de cette manière. Troué par un ressort de canapé.

Après 10 ans de rencontres, de tournées avec Dionysos, de rêves réalisés, Babet s’est retournée sur elle-même pour faire le point. Elle s’est demandée ce qu’elle était devenue depuis tout ce temps là. Et pour cela, pas d’autres solutions que de réaliser un disque toute seule. Une forme de thérapie.

-Tout passe par la musique chez moi, même pour dire des mots d’amour, j’ai un mal fou. Il fallait que toutes les choses que j’avais en moi sortent. Il y avait urgence, un peu comme quand une femme décide qu’elle veut un bébé. Je ne pensais qu’à ça tout le temps. Mettre des mots en musique me permet de mieux exister.

Il est vrai que trouver sa place au milieu d’un groupe de garçon pendant 10 ans n’est pas aisé.

-J’ai existé très fort dans le groupe, mais dans un rôle particulier. Très léger. Ces derniers temps, je ne voulais plus n’être que la Babet de Dionysos, il fallait que je me rende compte que j’étais aussi quelqu’un d’autre.

Cet album a été réalisé sans l’aide de quiconque, ou presque :medium_Babet.2.jpg

-Pédro à la basse, Andy à la réalisation, et Lionel, l’ingénieur du son, m’ont aidé, mais globalement, j’ai tout fait de A à Z. C’est un trait de caractère qui peut me mettre en danger, mais je suis très entière. Là, je voulais vraiment savoir jusqu’où je pouvais aller tout seule.

Babet chante dans son disque le petit bout de chemin qui est le sien, « une sorte de nécessité intérieure de raconter les choses avec mes yeux, avec mes mots, de jouer mes histoires toute seule ». C’est du folk rock et ses textes parlent de voyages, de rencontres et d’amour, « un condensé de ma vie emprisonné sur un disque de presque une heure que j’ai appelé : Drôle d’oiseau».

medium_dionysos-_Guysard2.2.jpgRassurez-vous, la belle n’a aucune intention de quitter les Dionysos.

-J’adore être en solo mais j’ai l’impression que les deux expériences se complètent parfaitement. Dans le groupe, j’ai tellement de bonheur à partager. La vie avec eux est super agréable, mais en même temps, je me régale à jouer en solo. Pour une fois, c’est moi la chef. Ca fait du bien de décider un peu… J’espère que je ne vais pas trop m’y habituer.

Rapidement, la conversation dévie sur les joyeusetés du web… Elle semble fière de sa page MySpace.

-Tu as vu ? C’est moi qui la gère entièrement. C’est du boulot, mais c’est un plaisir de parler avec des vrais gens. Quand je pars une semaine et que je rentre, je prends deux jours entiers pour répondre correctement à tout le monde. Je tiens à répondre à tous les messages et les commentaires. Un truc de fou !

Cette fille est inconsciente (mais c’est ce qui fait son charme)... elle est du genre à contacter, par le biais de son MySpace, quelques fans pour leur donner rendez-vous dans un bar quand elle s’ennuie seule à Paris.

Je lui dis que j'espère que son album (qui sort le 5 mars prochain) va bien se vendre. Je l'aime beaucoup alors, je touche du bois.

Elle me sourit et me demande si je sais pourquoi on touche du bois dans ce genre d'occasion.

J'avoue mon ignorance.

-Au Moyen Age, quand on était poursuivi par la milice, le seul endroit où on pouvait être sauf était dans l'église de la ville. A partir du moment où vous poussiez la porte en bois, vous étiez sauvé. Je trouve ça magique comme histoire!

Ce n'est pas sur tous les blogs que l'on se cultive autant. Moi même, je trouve ça impressionnant.

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Au moment où elle se plie à la séance de photo Mandorienne, la chanteuse Anaïs arrive. Elles se font la bise et papote.

 

-Tu te fais prendre en photo.

-Oui, c’est pour le blog d’un journaliste.

-Ah bon ? Ils font ça les journalistes maintenant?

Oui, enfin, je crois que je suis le seul à le faire.

Je quitte V2 Music en fredonnant Mon cœur, mon amour…

C’est malin, maintenant je vais avoir cet air jusqu’au soir.

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J'ai toujours aimé la voix de Babet et sa personnalité.

J'estempille cette note d'un "Avis positif confirmé après rencontre".

Pas toujours le cas.

Cet oiseau va s'envoler très haut.

J'en ai l'intime conviction. 

 

Je passe récupérer ma nièce.

Elle écoute son MP3 en sirotant un coca.

Je ne lui demande pas ce qu’elle écoute.

 

Au retour, la petite chipie a branché la radio sur Skyrock.

Mon dieu, je n’en peux plus.

Moi qui voulais écouter un truc intello, une émission qui m’élèverait éventuellement vers le haut…

Non, pas question d’écouter Ruquier sur Europe… place au rap !

Crotte de bique !

29 janvier 2007

Michel Jonasz... chanteur mélancolico-nostalgique!

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Attablé dans sa cuisine en l’attendant, je repense à toutes les chansons de Michel Jonasz qui ont bercé notre medium_119_5d0f3be3cd17622703a591011b2c1374.jpgvie : Je voulais te dire que je t’attendsLes vacances au bord de la mer, La boite de jazz, Super nana

Je sais, c’est dans le désordre mais la chronologie a-t-elle de l’importance en matière de chanson ?

Le temps, en tout cas, reste le sujet majeur de Jonasz.

Je suis dans son appartement, juste à côté de la place des Vosges, pour évoquer son nouveau disque. Chanson Française est un hommage à ses grands aînés. Brel, Brassens, Ferré, Piaf, Montand…

Le bluesman arrive avec trente minutes de retard, s’excuse, nous prépare un thé, ne sait pas trop pour quel journal je travaille et enfin se pose.

 

-Je reviens à l’instant de la salle de sport. A mon âge, il faut s’entretenir.

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Je lui propose une fine analyse de son album. Même quand il chante les chansons des autres, il s’en dégage une infinie tristesse. Je lui demande, un peu en rigolant, s’il va bien.

Il s’offusque.

 

-Mais moi je vais tout à fait bien ! Si vous trouvez mon disque triste, c’est que vous, vous avez de la tristesse en vous. Vous allez bien, vous ?

Jonasz poursuit :

medium_12603.jpg-Mes chansons et ma façon d'interpréter celles des autres font appel à une certaine nostalgie, mélancolie, voire tristesse, mais je ne revendique pas ça du tout de moi. Que je puisse avoir un lien avec ses musiques là, un peu déchirées, où il y a des violons qui pleurent, c’est une certitude. C’est le meilleur moyen pour exprimer des émotions sincères. Elles permettent de révéler à ceux qui écoutent, leurs propres émotions.

Jonasz me ressert un thé, je n’ose pas lui demander une sucrette pour mon régime alors je lui demande s’il a peur du temps qui passe, ce qui n’a rien à voir.

-Je sais que les apparences peuvent être trompeuses et contre moi, mais je n’ai pas peur de vieillir. Je trouve ça simplement fascinant, surtout quand on commence à dire que c’est relatif, que ça ne passe pas pareil pour tout le monde… C’est pour moi une source d’inspiration comme peut l’être le passé, ce que j’ai déjà vécu : l’enfance, l’adolescence, l’amour.

Après un moment de réflexion :

-De toute façon l’amour… on ne parle que de ça finalement. Je crois à l’amour éternel. Je m’interroge sur ce qui fait qu’un état amoureux, un jour, commence à s’étioler, que le feu s’amenuise, qu’on ne pardonne plus rien à l’autre. La fusion amoureuse est un vrai mystère. Je dis simplement « Préservez l’amour ! ».

Cet album hommage est important pour Jonasz… Ce n’est pas un disque de transition, entre deux albums originaux. Il l’explique avec émotion.medium_Michel_Jonasz.jpg

-Dans mes souvenirs, tout commence dans les années 50 au 4e étage d’un immeuble de Drancy au-dessus d’un café-tabac. Une cuisine minuscule, une seule chambre où vivaient quatre personnes : mon père, ma mère, ma sœur et moi, et un seul objet de luxe, une belle vieille radio et son cadre en bois vernis… des chansons françaises… et le dimanche les grands-parents avenue Henri Barbusse et les disques de musique tzigane hongroise. Et puis un jour Piaf sur scène… Et plus tard viendront Brel, Brassens, Ferré et les années 60, les premiers groupes de quartier. Et Ray Charles et le blues, le Golf Drouot et le rock’n’roll. Et Vigon et les Lemons et le King set, les deux premiers groupes dans lesquels j’officiais… et la suite…

Ainsi, Michel Jonasz précise que ce disque est le premier d’une trilogie qui veut rendre hommage à ses trois sources d’inspiration musicale. Chanson Française sera suivie d’un projet consacré au blues et d’un autre, comme une histoire de famille, qui sera dédié à la musique tzigane.

Avant de laisser le chanteur vaquer à ses occupations, certainement musicales, il me donne un livre édité par sa propre maison MJM. Un ouvrage sur le développement personnel… Je lui dis que je ne pense pas faire un papier dessus. Il faut que « je sente » le thème pour me lancer dans une critique. Il s’étonne de ma franchise, mais me demande de le garder et de le lire quand même.

Pour la photo, il craint de ne pas être assez élégant, là, avec son T shirt de sport. Il veut aller se changer.

-Non, il faut que ce soit naturel. Pas fabriqué… Vous êtes très bien comme ça !

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Il me propose encore un thé que je refuse. Je ne veux pas abuser. Sur le pas de la porte, il me rappelle qu’il présentera son nouveau spectacle Chanson Française au Casino de Paris en mars 2007, puis en province et à l’étranger. Ne pas oublier non plus qu’il reviendra à Paris en décembre 2007 à la salle Pleyel.

C’est dit.

Ce monsieur est un grand de cette chanson française à qui il rend hommage. C’est une fierté de l’avoir rencontré. Tout comme son pote Alain, il y a quelques mois.

26 janvier 2007

Faf Larage... de vivre et de vaincre!

 

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-Mais alors, quand tu t’es installé la première fois devant la série d'M6 et que tu t’es entendu, ça a fait quoi à ton petit cœur ?

-Je te dis pas. Toute ma famille était présente. Franchement, j’ai considéré que ce n’était pas moi cette chanson. C’est un peu comme quand tu regardes une photo, c’est difficile de se supporter. En plus, j’ai fait tellement de versions pour que les studios américains acceptent que je n’ai plus aucune objectivité sur le titre.

medium_musique.jpgQuand on a Faf Larage devant soi, on est obligé de lui poser des questions un peu bêtasses de cette nature. Prison Break, je dois dire, je suis assez fan, et ce putain de générique, je l’ai fichtrement  apprécié.

C’est ça...

 

Le grand gaillard devant moi, il est simple.

Il mange des sushis en répondant à mes questions.

-Tu m’excuses, mais depuis ce matin, on fignole l’album. Ça ne te dérange pas? Tu es sûr? Je n’ai pas eu une minute pour manger.

Effectivement, ce vendredi 12 janvier, je me trouve à Pantin au Harrys Studio ou le rappeur, met une touche finale au mixage de son deuxième album solo qui sort un mois plus tard, pile poil, Rap Stories.

Faf Larage à 35 ans. Et c’est à cet âge avancé (hum !) qu’il décroche un premier tube (et un sacré !)

-A mon âge, on a du recul sur les évènements, on s’enflamme beaucoup moins. C’est bien, je kiffe le succès de ce morceau, mais je me suis dis, dès le départ « OK ! Mais maintenant on fait quoi ? ». La méfiance et la crainte du lendemain sont inscrites dans mon code génétique.

medium_1.4.jpg Il se marre un peu parce que beaucoup de personnes pensent qu’il débute. Qu’il vient de débarquer sur la planète rap. Il en est pourtant un des pionniers.

Dans l'ombre, on peut dire qu’il a construit le hip-hop hexagonal. Au milieu des années 80, Faf Larage, marseillais, trace des plans sur la comète avec ses potes. Certains de ces irréductibles deviendront IAM, Uptown ou Soul Swing and Radical, le groupe que Faf forme avec Def Bond. Un mini album underground Le Retour de l'Ame Soul émanera de cette époque où le hip hop n'avait pas encore ses lettres de noblesse. Faf avec son frère Shurik'n, du groupe IAM, posent, en duo, un premier single La Garde Meurt Mais Ne Se Rend Pas. Les moments musicaux suivants de Faf ne sont que suite de featurings remarqués avec Kheops ou sur l'album Sad Hill ou la compil Chronique de Mars, regroupant les plus prestigieux rappeurs marseillais. En 99, Faf Larage sort son premier album solo C'est Ma Cause, un mélange d'humour, de prise de conscience et d'un flow hors du commun. Plus récemment, il apparaît sur la BO de Taxi 2 puis explose dans l’imparable duo Gomez et Dubois, avec Eben. Faf est Dubois. Un album et deux extraits qui cartonnent, dont le hit Hôtel Commissariat.

C’est lui qui a co écrit avec Michaël Youn le fameux Alphonse Brown

Contrairement aux apparences, force est de constater que le Faf Larage est aussi un sacré déconneur.

Il sourit.

 

-Tu sais, dans mon nouveau disque, je parle de cul, de nanas ( dans Le brancheur et Ta meuf) mais aussi de la famille, de la ségrégation, du rejet, du chômage, du divorce (dans Prise d’otage ou Le marketing du diable)… Je suis comme tout le monde. J’ai deux facettes.

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Faf Larage me parle de ses chansons, tout en continuant à mâchouiller son poisson cru.

Je m'abstiens de vous faire un laïus trop important sur son album car vous le verrez partout très prochainement (avec possibilité d'overdose).

 

Le rappeur est sympathique, mais crevé. medium_faflarage_2006_240x180.jpg

Un bon rhume mélangé à une période de suractivité n’arrange pas son homme…

Avant de le laisser, je lui explique mon blog, les photos à faire, etc…

Pas de problèmes.

Mais la photo en gros plan n’a pas été évidente à réaliser. Ce monsieur, tout talentueux qu’il est, a un truc irrémédiable et emmerdant.

Il ferme toujours les yeux et ne sourit jamais sur les clichés.

 

-Même pendant les séances officielles, c’est toujours l’enfer… Je t’assure, les photographes me disent tous qu’ils n’ont jamais vu ça !

Après une bonne dizaine d’essais, il a fait le maximum…

Le meilleur résultat donne ça.

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