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25 février 2008

Julien Jouanneau... un pigiste plein d'avenir!

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Julien Jouanneau, vous le connaissez peut-être sous le nom de Juju le pigiste. J’en ai déjà parlé ici, parce que je trouve ce jeune homme tout à fait intéressant et il a la faculté de me faire souvent sourire dans ses écrits.

(Même s’il m’énerve).

Lorsque je l’avais mandorisé, il avait émis la vague idée de faire éditer quelques-unes de ses chroniques publiées sur son blog, pour en faire un livre.

(Arf… proprement ridicule !)

À ce moment-là, je l’ai regardé avec beaucoup d’affection, en me disant : « oui, c’est ça bonhomme, moi, j’essaie de publier quelques-unes des miennes et je n’y parviens pas, alors pourquoi, toi, petit jeune, tu réussirais là ou j’ai lamentablement échoué? »

La réponse est simple. Parce qu’il a tenté, le salaud !

Confessions d’un pigiste, ça s’appelle.

Un livre drôle, au récit enlevé et palpitant.

Rien que ça !

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Photo: Benjamin Boccas (http://www.benjaminboccas.com/)

En plus, il m’annonce gaillardement (aucun respect pour les vieux schnocks !) que c’est en lisant cette note chez moi qu’il a eu l’idée de contacter Les éditions du Cygne.

(Le cuistre !)

L’est gonflé le Juju.

Dois-je lui rappeler que c’est moi l’ancien. Je devrais avoir une priorité à la publication.

Bon, pour lui montrer à quel point je suis grand seigneur, je lui propose une autre mandorisation.

(J’suis con, moi, parfois…)

Il me donne rendez-vous dans un bar de la rue Caulincourt, au Rêve.

Je connais bien cet établissement, Nicolas Rey m’y avait emmené après une mémorable interview très avinée… nous nous étions finis à la bière en regardant les filles passer.

Bref, rien que de pénétrer dans cet endroit, mon mal de tête est revenu.

Julien arrive à l’heure. Son petit sourire insolent et sa tête de Tintin qui aurait mangé du Brad Pitt m’incitent à repartir aussi sec. C’est qu’en plus, il a un physique de télé… il fait ça rien que pour me rendre jaloux. J’en suis sûr.

Il verra bien, lui, quand il aura 40 balais !

Oui, Juju, frime tant que tu peux encore avec ta ligne parfaite !

Pfff…

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Bref, ce qui est d’autant plus ennuyant, c’est que l’histoire de Damien Mordred (un clone de Juju), un jeune ambitieux (un clone de Juju) diplômé de « la prestigieuse Académie du journalisme », qui rentre provisoirement à Voilà Dimanche ! m’a conquis. J’aurais aimé pourtant en dire un maximum de mal.

Impossible n’est pas François, mais dans le cas présent si.

(Pour ceux qui débarquent, Mandor s’appelle en vrai François, d’où ce jeu de mots qui, je le présume, vous fait vous tordre de rire, HA  HA HA ! vous exclamez vous sans aucune retenue. Vous n’en pouvez plus! Si, je vous vois, là, à chercher votre respiration tellement vous trouvez mon humour hilarantissime.)

Ahem…

Donc, Voilà Dimanche !, c’est « LE journal people, actualités, économie, politique qui bâtit ou démolit les gens, les mord ou les caresse, les crucifie ou les ressuscite. Son directeur de la rédaction, le charismatique, tout-puissant et mystérieux Horenkryg, convoque le jeune journaliste pour une mission exclusive : il a trente jours pour rédiger l’article du siècle. En échange duquel il obtiendra le Graal journalistique : un poste permanent. »

Message personnel : Juju, tu ne veux quand même pas que je fasse d’effort pour que je raconte l’histoire. Des extraits de la quatrième de couv’, c’est largement suffisant, déjà que j’ai lu et apprécié ton livre, ne m’en demande pas trop, hein !

Je continue : « C’est le début d’un compte à rebours haletant et d’une quête singulière, cocasse, inspirée d’histoires vraies, entre désillusions et révélations, dans le monde extra (et ordinaire) du journalisme... »

Bon, puisqu’il faut que je fasse ma part de boulot, quand même, je sors mon Sanyo.

Oui, , j'ai une vieillerie de magnéto, ça tout le monde le sait, mais regardez le répertoire de Juju...

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Je lui demande si Damien Mordred, c’est un peu lui.

Message de nouveau personnel : Oui, tiens! Apprends un peu ton métier Juju et vois ce qu’est un journaliste d’investigation. Prends exemple sur moi. Une question comme ça, il fallait quand même y penser.

-A 80%, tout est basé sur des histoires réelles vécues au début de ma carrière. J’ai juste caricaturé et amplifié certaines situations. Damien Mordred est comme moi, nous sommes les Jean-Claude Dusse du journalisme. Moi, en vrai, je ne peux pas faire un reportage sans qu’il se passe quelque chose sortant de l’ordinaire.

Alors là, je dis HALTE! Une page culturelle s’impose (et qu’on ne vienne pas me dire qu’ici, on ne s’élève pas intellectuellement vers le haut).

Je dois clarifier la situation, car il y a dans cette phrase de Julien Jouanneau 3 personnages qu’il faut que je vous présente mieux..

1) Mordred :

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Dans la légende arthurienne, Mordred est le fils du Roi Arthur et de sa demi-sœur, Margawse, sœur de Morgane. Dans certains textes, il est le fils de Morgane la fée. Et bla-bla-bla et bla-bla-bla…Il devint un temps chevalier d'Arthur et participa à quelques joutes et tournois, qu'il perdit la plupart du temps. Il ne respectait d'ailleurs que très rarement les règles de courtoisie qui régissaient les tournois, ne faisant qu'augmenter sa réputation de chevalier traître et perfide. Il était fort libertin, et ne se privait pas de courtiser toutes les dames, même celles déjà mariées. Il était détesté par les autres chevaliers pour son caractère fourbe et sournois. Il tua Sir Lamorak, traîtreusement, alors que celui-ci se préparait à partir pour la Quête du Graal. Mordred blessa mortellement son père, le roi Arthur, lors de la bataille finale au Mont Badonicus pour le trône d'Albion. Celui-ci parviendra lui aussi à porter un coup fatal à son fils qui mourut après avoir dit ses "adieux" à sa mère.

(Wikipédia, on a beau dire que ce n’est pas fiable, n’empêche que je m’en sers pas mal et fort discrètement…)

2) Jean-Claude Dusse :

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C’est un héros des temps modernes, véritable icône des années 80, il représente le looser, le vrai, comme on n'en fait plus !! Pourtant, c'est le maître en la matière : ses râteaux mémorables, ses répliques dignes d'Audiard, ses coups de guigne à rendre fou de jalousie le pire des Pierre Richard, j'en passe... Bref, le personnage le plus marrant des Bronzés.

(AlloCiné, on a beau dire qu’il y a vraiment trop de publicités, n’empêche que je m’en sers pas mal et fort discrètement…)

3) Julien JOUANNEAU :

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Il est né en 1980 à Sarrebourg. Diplômé de Sciences-Po Lyon, il est journaliste-pigiste (carte de presse 106785 !) pour plusieurs titres nationaux, après avoir collaboré avec Studio Magazine et Le Progrès. Passionné de cinéma et amoureux de son métier, il poursuit sa carrière coûte que coûte.

(La quatrième de couverture, on a beau dire que parfois elle est sans intérêt, n’empêche que dans le cas présent, je l’ai utilisé deux fois…)

Ça va, vous êtes toujours là ?

J’imagine que vous êtes scié de lire une telle chronique littéraire.

Si approfondie.

Notez que le maître veut en mettre plein la vue à l’élève.

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Je ne veux pas vous ennuyer plus longtemps avec ce monsieur Jouanneau, mais sachez que ses trois rêves les plus fous seraient que son livre devienne un film, d’écrire un scénario pour le cinéma, de devenir chroniqueur dans une émission de télé et de signer (enfin) un CDI dans un journal.

Je crois savoir que l'urgence est le dernier souhait.

Et vous, professionnels qui me lisez avec avidité chaque jour, vous seriez bien inspiré de lire le site officiel de Julien Jouanneau.

Parce que j’ai beau me moquer, il le vaut bien.

(Si vous voulez le croiser, il organise une séance de dédicaces demain mardi à partir de 19 h 30 au Rêve, 89 rue Caulaincourt, Paris 18eme, M°  Lamark Caulaincourt… Bon, moi demain, je tourne de nouvelles scènes du film. Si je suis libéré à temps, je passerai faire un coucou à cet énervant énergumène.)

23 février 2008

Thomas Pitiot... ce soir, un griot entre en scène!

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Lui aussi, je le suis depuis quelques années. Bon, ce n’est pas la première fois que je dis cela d’un artiste, mais en fait, je me rends compte que j’observe de près la carrière de beaucoup. Les passionnés n’ont pas le sens de la mesure, vous savez.

9260ddafe5d56a7e842fcac3d9d0b584.jpgLa première fois que j’ai entendu Thomas Pitiot, c’est grâce à un disque enregistré en public que j’avais reçu en 2004, Le Baron Perché (juste avant, il y avait eu un premier vrai album: Le Tramway du bonheur). Un brûlot anti Antoine-Ernest Seillière, anti Universal, anti plein de trucs ! Un petit disque au tirage limité dont l’esprit contestataire m’a à la fois amusé et aussi agacé. J’aime bien ressentir ces deux sentiments ambivalents. Pour moi, ça veut dire qu’il y a quelque chose derrière.

Puis, l’année suivante, Yonel Cohen-Hadria, ami et co-fondateur avec Thomas de T’INQUIETE Productions, que je rencontre lors d’un concert, m’offre le nouveau disque de Pitiot, La Terre à Toto.c7072bc1bb2e69fc17ddaa7013c08cbb.jpg

Et là, je me dis que voilà un artiste hors normes, pas lisse, engagé et convaincant.

Je le rencontre donc très vite. J’organise en déjeuner avec lui et un autre chanteur. François Tichot, que j’apprécie beaucoup humainement et artistiquement (il sort un nouvel album ces jours-ci, à découvrir ici). Il m’arrive de faire des interviews avec deux artistes, histoire de confronter deux points de vue sur le même métier.

Un court extrait de cette rencontre (publié dans mon journal en mars 2005)…

« Thomas Pitiot est le Didier Daeninckx de la chanson française. Comme cet auteur de polar, il est du 93 et dénonce l’injustice sociale. Pitiot, dans son deuxième album, chante aussi la banlieue pas toujours rose sur une musique arc-en-ciel et voyageuse. Tichot, lui, avec sa voix gouailleuse et l’accordéon de sa belle (Caroline Varlet) raconte la vie des petites gens, d’hier et d’aujourd’hui. Il est humaniste, touchant, parfois drôle, toujours pertinent. Un grand de la chanson. Pitiot et Tichot croquent les damnés de l’amer, les forçats de la vie. Ces deux-là s’auto produisent… pas pour les mêmes raisons.

Thomas Pitiot : Moi, j’ai créé avec trois amis ma maison de production. J’ai des moyens de promos limités, mais j’ai aussi la volonté de pouvoir maîtriser de ce que je fais et de ne pas être uniquement un produit. Ainsi, je garde l’inspiration. Les gens qui sont uniquement dans leur bulle artistique sont déconnectés de la réalité.

Tichot : Franchement, si je m’auto produit, c’est parce qu’aucune maison de disque n’a répondu favorablement à mes maquettes. J’en ai envoyé très peu, mais je pense qu’il faut être à Paris pour se faire repérer, notamment sur scène. Je ne suis pas contre le fait de signer avec une major, je demande juste à ce qu’on ne m’incite pas à changer.

 

Mandor : Vous vous considérez comme « chanteur engagé » ?

 

Tichot : J’estime que je suis un chanteur dans la citoyenneté et dans l’action auprès des autres. Je ne défends surtout pas la couleur d’un parti, mais la rencontre, l’expression et l’échange avec les gens.

 

Thomas Pitiot : Moi, j’ai une fibre politique et militante. Je suis communiste. J’ai une réflexion sur « comment on va changer les autres ? » et « comment on va s’organiser ? ». Je suis dans la lutte des classes. L’injustice sociale et le rapport à la domination me sont insupportables. »

Les voici le 9 mars 2005, sur le quai de Jemmapes, à l'issue d'un bon repas.

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Je reviendrai sur Tichot prochainement… mais, aujourd’hui, c’est la sortie du troisième album de Thomas qui nous intéresse: Griot. « Plus qu’un voyage touristique en terre africaine, ce disque est une réflexion sur notre rapport au monde et à notre entourage proche. »

Pour en parler, il me demande de venir le rejoindre à Bobigny, à Canal 93 où il est en résidence pour préparer son nouveau spectacle. C’était le 16 janvier dernier… Lorsque j’arrive, il est en répétition. Il me salue, mais continue à travailler avec ses musiciens. Ce que j’entends me plait. Ça promet !

Il me rejoint et m’emmène dans sa loge. Il semble heureux, parfaitement dans son élément. Cet homme de 32 ans, libre, toujours en colère est juste un peu crevé.  Il m’explique qu’en ce moment, le rythme est soutenu, mais que le disque est à l’image de ce qu’il voulait qu’il soit... donc fatigué, oui, mais heureux.

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-Griot est dans la lignée de mes deux premiers opus. Il est plus assumé en terme d’africanité et il est surtout plus maîtrisé. J’ai le renfort de musiciens africains qui jouent des instruments traditionnels comme personne. Ce disque correspond à ce que j’ai vécu ces dernières années. Beaucoup de voyages en Afrique, beaucoup de projets avec des musiciens sénégalais, maliens… c’est le fruit de ses trois dernières années de rencontres et de voyages.

« Son disque est coloré, parfumé et syncopé comme un jour de marché à Bamako, à Banjul, à Ziguinchor ou à Aubervilliers. Cette Afrique noire éclaire Thomas Pitiot, nous illumine ». Pourquoi est-il si fasciné par l’Afrique ?

-Depuis 2001, chaque année je vais là-bas. Ma relation à ce pays est complexe, mais elle est liée aussi à ma place et à mon regard sur la diversité du département que j’habite depuis toujours, la Seine-Saint -Denis. En France, nous sommes dans une société consumériste et individualiste. C’est quelque chose que je combats depuis toujours.

Un peu gêné, je lui demande s’il sait que tout n’est pas rose, non plus là-bas...

-Je ne suis pas aveugle. Évidemment que je le sais. Il y a des choses qui me dérangent en Afrique. Des formes de hiérarchies, de relations de castes, de pressions familiales ou religieuses qui ne me conviennent pas… En tout cas, il n’en reste pas moins qu’il y a une forme d’attention à l’autre, à la famille, à la communauté et au voisinage qui est très généreuse et que nous, nous avons perdu. En Afrique, ils ont quelque chose qui les font avancer collectivement.

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« Thomas Pitiot est un griot blanc. Il se bat, sème de la prise de conscience sans être donneur de leçons ».

Se considère-t-il comme un griot blanc ?

-Ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas un africain blanc. Griot, ce n’est pas pour me travestir. Dans la chanson qui ouvre l’album, je chante que « les griots du monde entier ont le même sang. » Tu sais, un musicien, un conteur, celui qui célèbre des cérémonies, celui qui transmet la mémoire à un statut un peu particulier. Il est à la fois marginalisé, souvent précarisé, mais aussi celui qui a la possibilité d’exprimer la parole critique…

Et donc, il tente de réveiller nos consciences endolories… par la chanson et par ses engagements dans le milieu associatifs local… animations, aide aux devoirs, fêtes de quartier, militantisme avec chaque fois des passerelles vers la musique. C'est aussi lui qui est à l'origine (avec Yonel Cohen-Hadria) du Festival Aubercail, le festival des mots dits à Aubervilliers.

-Je pense être en phase avec ce que je vis, ce que je défends, ce que j’exprime dans mes chansons. Mais, je suis persuadé que la chanson ne suffit pas. On peut être vite être pris au piège par le travail. Le travail, quelque part, c’est aliénant. Si on reste dans un processus, ses tournées, sa promo…etc. finalement, on est beaucoup sur soi et peu enclin à s’occuper des autres.

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« Thomas Pitiot est un homme en colère et il est inutile de qualifier sa colère. Un homme libre, un homme qui chante n’a-t-il pas le droit d’être en révolte quand son époque enterre les valeurs de d’humanité ? »

Si.

-Ce qui me rend triste aujourd’hui, c’est que je me rends compte que la société est tellement atomisé que nous ne sommes pas en capacité de nous organiser pour résister. Aussi bien les partis de gauche que les syndicats. Entre ceux qui sont complètement mangés, voir récupérés par la stratégie de Sarkozy et puis ceux qui luttent encore pour des régimes de clocher ou de pouvoir et qui sont incapables de s’organiser pour résister collectivement, je trouve ça triste.

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Donc, l’artiste continue le combat. A l’instar d’un Ferré, en son temps.

« Ses chansons sont des chants miroirs d’Afrique, chants combats et chants poèmes humanistes. »  Il évoque les déracinés, la difficulté de l’intégration « quand beaucoup font peu l’effort de la favoriser ». Il fustige « ceux qui font des compromissions pour réussir leur carrière »,  pointe du doigt les marchands d’armes,  « se penche avec discernement sur la colère et la révolte explosive de certains jeunes des cités ».
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Les portes ouvertes, ils ne les enfoncent pas, il se contente de lorgner à travers le trou de serrure de l’état du monde et de nous raconter avec ses mots chocs, ses mots percutants qui tourneboulent… et c’est déjà beaucoup. Parce que son œil est incisif et implacable.

Bien sûr, parfois, je suis agacé par ses messages, mais au fond, ils sont si essentiels à rappeler qu’on finit par adhérer aux propos du chanteur poète.

S’il m’irrite parfois, peut-être est-ce parce qu’il secoue un peu trop ma conscience... et que je n’aime pas ça. Mais peut-être faut-il l’écouter ?

Oui, en fait, j’en suis sûr. Il y a des vérités qui sont bonnes à réécouter souvent.

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Et puis, il y a son duo avec Loïc Lantoine.

Et puis, il y a son duo avec son papa, Gérard Pitiot.

Et puis, il y a une reprise d’une chanson de François Béranger.

Et puis, il y a aussi beaucoup de talent derrière tout ça.

Et puis, il est depuis hier et encore ce soir au Café de la Danse.

Ne pas manquer le dernier des rebelles…

(Les phrases placées entre guillemet, sont tirées d’un texte d’Albert Labbouz évoquant cet album. J’adhère complètement aux propos tenus. Je voulais ainsi que vous fassiez la connaissance de ce monsieur. Ça se passe ici.)

22 février 2008

Louis Lanher... mégal'auteur?

 

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Avec un titre comme celui-ci, Louis Lanher n’avait pas intérêt à se planter. Il fallait que ce soit au moins très second degré et un peu drôle. J’espérais beaucoup de cet ouvrage parce que j’aime bien la personnalité de ce garçon.

(Dont j’ai déjà parlé récemment ici).

Je ne voulais pas être déçu.

Le romancier me donne rendez-vous dans un bar de la rue de Passy.

Bon, j’arrête le suspense tout de suite. Quand je rencontre quelqu’un, c’est que j’ai aimé ce qu’il a « produit ». Et là, je dois dire que je me suis franchement bien amusé à lire Ma vie avec Louis Lanher. Ce livre est nettement mieux écrit que les deux précédents et surtout, n’est pas du tout prétentieux.

742f64c552e3c77c9a0b22d310598c94.jpg-Je prends moins de poses que dans les précédents. Avec Un pur roman, je vivais dans l’idée que j’allais peut-être devenir un type extrêmement branché et à la mode, qui allait baiser toutes les filles, prendre plein de drogues… je me suis projeté là dedans. Quatre ans après,je suis revenu de ça. Je me suis rendu compte à quel point on pouvait être antipathique quand on rêvait de ce genre de vie. Et puis, à 31 ans, j’ai compris qu’un écrivain ne faisait plus fantasmer les filles.

Louis Lanher explique en préambule de son nouveau livre qu’il est bien le seul à pouvoir se permettre de publier son autobiographie. « Je réunis les deux conditions indispensables à l’exercice : un nom qui claque et une vie palpitante ».

-Beaucoup de romanciers qui n’écrivent qu’un livre auraient dû l’appeler« Ma vie avec moi-même », mais ils n’ont pas osé l’écrire sur la couverture. Moi, j’ai préféré assumer le truc jusqu’au bout. Sinon, en vrai, il faut saisir le second degré, de la couverture à la dernière page.

Oui, c’est un peu essentiel pour savourer ce recueil de nouvelles. Pensez, un type qui explique par le menu qu’il est l’un des deux romanciers français les plus importants de sa génération avec Houellebecq…

-Il y a une grosse dissociation entre ce que pensent les jeunes romanciers d’eux-mêmes, dans l’intimité et ce qu’ils vont affirmer en public. Avec mes affirmations, je fais juste preuve d’un petit peu moins de fausse modestie que la majorité des auteurs. Il ne faut pas se leurrer, si j’accepte d’écrire des livres et si je pousse le vice jusqu’à ce qu’ils soient publiés, c’est que je m’aime bien un minimum. La fausse pudeur affichée par mes collègues m’irrite un peu.

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La première nouvelle s’intitule : un voyou sarkozyste en milieu artistique. Il y avoue son penchant pour celui qui, à l’époque où il a écrit son livre, n’était pas encore Président de la République.

-J’ai toujours travaillé dans des médias qui étaient de gauche ou très de gauche… Quand je faisais mes chroniques culturo-humoristiques à Radio Nova et I télé, par exemple, je me voyais mal avouer que j’étais de droite. Si tu disais que tu allais voter Sarkozy, tu passais pour un homme moins intelligent que les autres, intolérant, beauf et j’en passe. J’ai écrit cette nouvelle par réaction à ma solitude d’électeur de droite dans des médias de gauche.

Depuis, je crois qu’il n’est plus aussi convaincu.

230cd51711f392fd8d6a18be2cf377c2.jpgCe que j’aime dans les écrits de Louis Lanher, c’est qu’il ne se refuse rien. Il se montre sous son moins beau jour, de surcroît, en accentuant les traits peu avouables… et toujours avec un recul qui rend les situations vécues très drôles. (Suis-je clair ? Pas sûr !)

-Dans le fond, je dis le contraire de ce que je voudrais qu’on entende de moi. Ce comportement doit certainement se psychanalyser… Si j’étais parfaitement honnête, j’aurais envie que tout le monde m’aime, qu’on m’offre une porte ouverte dans toutes les familles… En même temps, pour y arriver, je dis un peu le contraire en me foutant de la gueule de tout le monde.

Vous l’avez compris : Lanher est un grand malade. Grand malade, certes, mais sympathique et parfaitement lucide sur son cas.

-Je crois qu’inconsciemment, j’ai envie de voir jusqu’où je peux dire des horreurs, pour savoir jusqu’où on peut m’aimer… c’est un peu mon mécanisme. Par exemple, les femmes, c’est le cœur de ma vie, et bien, dans ce livre, je n’arrête pas de me moquer d’elles.

Oui, il prétend que vous n’êtes pas très futées et que vos magazines féminins non plus…

Allons, mesdemoiselles, ne vous arrêtez pas à cela. Parce qu’il y a beaucoup de tendresse dans les écrits du bon Louis. Il aime exagérer, appuyer le trait, c’est tout.

Le Lanher est un sacré farceur doublé d’un écrivain sans fioritures qui tranche dans le vif.

Je vous livre la phrase qui, au fond, explique l’œuvre, la vie et les actes du Louis Lanher d’aujourd’hui : « Elevé par une mère fusionnelle, sans père pour marquer la frontière entre nos deux êtres. Mon enfance se résumait à moi. »

Tout vient de l’enfance…

J’ai pris ce qu’il me semble être la sage décision de ne pas en raconter plus sur le livre. D’abord, parce  qu’il n’est pas très long et puis parce que, si je dis qu’il est beaucoup question de masturbation, je crains de fausser le sujet (même si sa prose est jouissive!). Parce qu’en vrai, il est question de notre société et de la place d’un homme « à la pointe de la pensée progressiste » qui y cherche sa place.

Un peu comme nous tous.
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P.S : Louis Lanher, en ce moment, est « le fils du patron », dans le Morning d’M6.

Re P.S : J’adore ce type, en fait.

(Mais vous connaissez mon objectivité légendaire, ce n’est pas pour cela que j’en dis du bien sur mon blog. Hein, je suis journaliste professionnel, je rappelle. Aheum !)

21 février 2008

Agnès Bihl... en tête!

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Ce petit bout de femme, ça faisait un moment que je la lorgnais discrètement.

Pensez… la chouchoute de Charles Aznavour, elle devait avoir un truc en plus que les autres. Aznavour, l’est pas du genre à mettre en avant quiconque. 40 ans qu’il n’avait pas de première partie.

Et là, badaboum ! « Bonjour mam’zelle Bihl, voulez-vous chanter avant moi lors de ma tournée et au Palais des Congrès ? ».

Le truc de fou pour une jeune artiste. Et moi, je vous le dis sincèrement, je m’incline devant elle. Du coup.

Merde, Charles Aznavour, quand même !

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ffacf3e443065257b467aa34ef3dbacc.jpgLe deuxième album d’Agnès Bihl, Merci maman, merci papa a remporté un succès d’estime du public, mais a aligné prix sur prix des professionnels (Grand Prix de l’Académie Charles Cros, Prix Sacem-Francis Lemarque, Prix Félix Leclerc, Prix Jean-Pierre Carrefour… non, là, je déconne). S’en est suivi une tournée de plus de cent dates.

« Agnès Bihl revient avec un disque, Demandez le programme, qui s’inscrit dans la réalité de la chanson française actuelle ». (Cette phrase, je l’ai piqué sur son site. Je trouve qu’elle ne veut pas dire grand-chose, mais, elle sonne bien. Hop ! Je la pompe !).

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La semaine dernière (le 12 février dernier), je suis convié à rejoindre la belle dans sa loge de l’Européen. Je suis venu en courant. (C’est une image).

Elle m’accueille, un sourire jusque-là. (Cette expression, à l’écrit, est tout à fait intéressante).

-Vous fumez, ça ne vous dérange pas si je fume, parce que là, j’ai bien envie de fumer ? me demande-t-elle sans que j’ai le temps de répondre que ça ne me dérange pas.

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Elle est pétillante. C’est banal comme réflexion que je me fais à moi-même tout seul, parce que c’est quand même un peu l’image qu’elle donne.

Je m’installe dans la petite (toute petite) pièce qui fait office de loge. Je lui dis que je suis fan d’Allain Leprest. C’est vrai, mais si je me permets de lui raconter ma vie, c’est que j’aimerais savoir si c’est vraiment en le voyant à La Folie en Tête, cette minuscule salle parisienne, qu’elle a eu envie de chanter.

(Rappelez-moi de faire une note sur la rencontre plus qu’alcoolisée entre Leprest, Romain Didier et Mandor…)

-En fait, c’est en voyant Allain que j’ai eu le déclic pour écrire moi-même mes textes. J’ai commencé en chantant des reprises de vieilles chansons de Paris. Du Brassens, du Ferré, du Barbara, du Renaud… lui, Leprest, il m’a fait comprendre qu’il fallait que je chante ce que je pense au plus profond de moi-même.

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Bon, en tout cas, elle excelle en la matière… et je suis ravi qu’enfin, une artiste de son acabit soit reconnue à sa juste valeur.

-Mais , ça n’a rien d’un conte de fée, croyez-moi! Ça fait 10 ans que je fais ce métier-là. D’ailleurs, je ne suis toujours pas très connue.

(Rires)

-Il est encore tout à fait le temps de me découvrir. Moi, je franchis les étapes petit à petit. Je viens de la scène et je vous assure que c’est un travail de fourmi.

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Je ne peux m’empêcher de lui parler d’Aznavour… ce dernier monstre sacré. Vraiment le dernier car, le matin même, Henri Salvador mourrait. Agnès Bihl me dit être peinée puis on revient à l’homme aux 3000 chansons.

-Il y a deux choses qui intéressent Charles. Ce sont les textes et la présence sur scène. Ce sont ces deux côtés là qui ont fait qu’il m’a pris sous son aile. Il m’a dit : « comme quoi… les grandes dames se camouflent toujours chez les petites bonnes femmes. Émanant d’Aznavour, c’est un sacré compliment.

 

 

 

 

Je lui dis, en cherchant les mots pour ne pas être maladroit, que je trouve qu’elle travaille à l’ancienne. Elle rit.

 

-C’est vrai. Je vais même jusqu’à dire que je suis une avant-ringardiste… J’adore la mythologie d’avant. Notez que, quand je fais le métier d’auteur, je ne me sens pas artiste. Non, je me sens plutôt artisan. J’ai l’impression d’assembler de la matière, travailler des matériaux, pour réussir à retranscrire précisément une émotion, un tableau, une colère, un coup de gueule ou un rire…

Elle s’arrête, puis me dit :

-Quand j’étais jeune, je voulais être danseuse de french cancan, c’est vous dire si je suis parfaitement intégrée dans mon époque. On est bien au XIXe siècle, là ?

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La dame à de l’humour. C’est d’ailleurs étonnant de constater qu’elle ressemble à ses chansons.

-J’aime bien passer du rire aux larmes. Je suis quelqu’un d’un peu cyclothymique. Je ne passe jamais une journée avec la même humeur. J’aime bien alterner des moments profonds et des moments moins graves. Pour tout dire, je me plais à faire rire les gens… ça donne une bouffée d’air. Je ne suis pas neurasthénique. 

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La chanteuse bouge beaucoup. Elle est accroupie sur sa chaise, puis s’assoie, puis se lève, puis s’accroupie de nouveau… puis se relève. Une boule d’énergie. Elle veut me prouver ses dires.

-J’écris constamment. D’ailleurs, j’ai toujours mon carnet sur moi.

Elle fouille dans son sac et me montre les premières pages.

-Il y a des phrases regardez ! Mais, approchez ! Un début de chanson là, vous voyez ? Ici, c’est une nouvelle chanson que je viens de finir… je l’ai essayé hier soir, sur scène.

Je plaisante : « c’est donc directement du producteur au consommateur ! ».

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Bouillonnante est le mot qui colle bien à ce qu’elle est sur le moment. Je tente une question sur la chanson française. Qu’en pense-t-elle et est-elle en danger ? Enfin, bref, une question très conne.

 

-Il y a suffisamment de combats dans mes chansons, d’indignations aussi, pour qu’en plus, je me fasse porte-drapeau d’un genre qui se porte très bien. La chanson française n’a jamais été malade que je sache.

Preuve en est : les compositeurs qui ont participé à l’album d’Agnès Bihl. Que du bon ! Tom Poisson, Alexis HK, Aldebert

-Il y a un absent dans cet album et je le regrette… je rêve d’avoir un titre d’Yves Jamait ou de chanter avec lui.

Tiens ! Excellente idée !

Ces deux-là ont la même sensibilité et un amour commun pour la scène et le public. Une façon entière de se livrer aux personnes présentes dans la salle.

-Quand je suis sur scène, je me sens artiste. La véritable générosité n’est pas seulement de savoir donner au public, c’est aussi de recevoir l’émotion, les rires, les applaudissements et les regards du public. Il doit y avoir du dialogue et une fusion…

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La môme Bihl boit de l’Euphon en sirop. Je lui demande pourquoi elle se drogue. Elle se marre.

-Je sors d’une énorme grippe, du coup, le boulot est de faire en sorte que ça ne s’entende pas. Lors des deux premières à l’Européen, j’avais 40 de fièvre…

J’adore la voix d’Agnès Bihl. Un peu haut perchée, un peu voilée, un peu éraillée, un peu vacillante par moments. Sur le fil du rasoir, constamment. Non, elle ne va pas décrocher… Elle chante des mots d'urgence, des mots utiles, si peu futiles... délibérément, je ne vous en dis pas plus sur les thèmes de ses textes. Il faut les découvrir. Un grand choc.

-Je vais vous dire, la vraie violence, c’est le tabou… la vraie violence, c’est de faire comme si tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je suis persuadé que l’on peut tout dire, ça dépend comment on s’y prend. On peut tout chanter, même crûment, si on reste pudique. Brassens disait : « Je préfère montrer mon cul plutôt que montrer mon cœur. »

Là, je sens que c’est l’idéal mot de la fin.

Quoi ajouter de plus ? Rien.

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Si.

Agnès Bihl est en concert à l’Européen jusqu’au 23 février.

Et puis, 15 tableaux signés Agnès Bihl sont exposés dans cet établissent. Leur univers rappelle celui de ses chansons : impertinence, jeux de mots révélateurs et indignation face à l’absurdité. J’ai parsemé cette note des 4 premières cartes postales issues de cette exposition. Disponible sur l’ensemble des concerts !

Allez, encore des petits bouts d'elle...

 

 

 

 

 

Son MySpace.

17 février 2008

Daniel Fernandez... musicien du monde à l'Européen!

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Ce n’est pas bien de ma part.

J’avais promis à l’attachée de presse de Daniel Fernandez de publier ma note sur lui quelques jours avant son concert à l’Européen.

C’est demain !

Je n’ai pas tenu ma promesse.

Parce qu’actualités chaudes, parce qu’activités imprévues aussi.

Donc, pardon Sissi !
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Photo: Patrice andrée

Je suis embêté, car, en plus, je l’ai presque harcelé pour qu’elle m’obtienne ce rendez-vous bien avant sa scène parisienne. J’ai donc rencontré Daniel Fernandez le mercredi 30 janvier dernier.

Au Chao Ba.

Le Dijonnais passait en coup de vent dans la capitale, il a pris un moment pour que l’on se rencontre. Je le vois assis dehors (pour raison nicotinienne) en compagnie de l’un de ses deux acolytes de disque et de scène, Olivier Guerbeur (qui est aussi son producteur). Nous entamons la conversation là, mais au bout d’un quart d’heure, me voyant carrément vibrer, ils me proposent de rentrer au chaud. Dès que j’ai très froid, je vibre… une tremblote impressionnante.

Daniel Fernandez est né en 1970. Il me raconte avoir grandi dans une cité, non loin de Dijon.

-Je suis né de parents espagnols. On se débrouillait comme on pouvait pour vivre le mieux possible. Mon père et ma mère ne parlaient pas bien le français… il a fallu que je me débrouille tout seul pour m’intégrer. Comme je venais d’ailleurs, je me retrouvais qu’avec des enfants dans la même situation que moi. Alors, plus tard, quand je me suis retrouvé à faire de la musique, inutile de préciser que je n’avais pas la culture rock ou chanson française qu’avaient les autres jeunes.

Très vite, en effet, Daniel Fernandez a joué dans des groupes… il en a aussi créé bon nombre.

-Évidemment, avec mes origines, je ne pouvais qu’aller vers de la musique métissée. Je ne conçois la musique qu’ainsi. La mixité.

Il sort un premier album en 2003, Son de peau. Une bonne carte de visite qui permet à Daniel Fernandez de se faire repérer. Les radios du groupe Radio France commence à le diffuser régulièrement.

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Il fait alors beaucoup de scènes, beaucoup de festivals… en France et aussi au Maroc. Il assure la soirée de clôture des « Nuits de la Méditerranée  » à Tanger. Il reviendra en 2005 grâce à l’institut français du Nord. Avec Olivier Guerbeur, ils partent s’exiler 6 semaines dans cette ville marocaine, où ils travaillent avec des musiciens arabo-andalous du conservatoire de Tanger. Le fruit de cette collaboration aboutira à une création musicale originale, fondée sur l’échange culturel…

Selon, le nouvel album de Daniel Fernandez est un disque rare.  « Une mer de sable, un univers coloré, un ailleurs de chaleur qui traite de l’origine, qu’on soit d’ici ou de là-bas, tel qu’il est écrit, « selon les jets du hasard… » ».

Quand on écoute cet album, on voyage.

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En fermant les yeux, on voit des paysages andalous, des plaines africaines et la pampa sud-américaine. On entend au loin, puis plus près, des chants africains en wolof et toutes sortes de rythmes diablement envoûtantes. Guitares, percussions, accordéon, tama, cajon… Dépaysement total.

 e7ccbae1f039e60bcc939cd05759014e.jpg-Cet album a été pensé à Tanger, cette ville réellement magique. Il y a une mixité culturelle foisonnante. Les Espagnols, les Africains, les Arabes sont mélangés. Je ne pouvais trouver mieux pour créer mes nouvelles chansons.

L’écriture du sieur Fernandez est à la fois poétique et limpide. Il s’étonne qu’on lui affirme qu’il a un style.

 -J’ai carrément des complexes au niveau de la langue française. J’ai arrêté l’école à l’âge de 15 ans. Je suis incapable d’écrire une lettre « officielle ». J’ai mis beaucoup de temps à me considérer comme auteur…

J’aime cet artiste. Il est pétri de talents, il n’en a pas encore conscience et il est gêné par sa médiatisation naissante.

 

-Déjà, de voir mon nom sur une affiche, je le vis moyennement. Je me moque d’être mis en avant. Ce n’est pas ce que je recherche. Je veux juste faire mon métier dans de bonnes conditions et pouvoir continuer à créer sans inquiétudes matérielles.
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Selon réunis encore une fois ses habituels complices, Olivier Guerbeur et Christian Léchenet, mais aussi des guests.

Parmi lesquels, Yves Jamait qui chante en duo le saisissant Vida Mia Sin Ti, Jean Fauque pour l’écriture de la chanson Mama (loin d’être la meilleure du disque) et Juan Carmona, l’un des guitaristes les plus créatifs de la nouvelle génération flamenca pour Blanco y negro.

Demain soir, lundi 18 février, Daniel Fernandez se produit à l’Européen.

Avec en première partie, un dénommé Al.

Je ne connais pas.

Je sais aussi qu’Yves Jamait participera au concert. Il vient chanter avec son pote (et pas qu'une courte apparition...)

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Moi, j’emmène un pote à moi.

Parce qu’il aime Jamait et que je veux lui faire découvrir Fernandez.

Et voir ses yeux illuminer de bonheur.

Ouais, carrément !

Allez-y vous aussi.

Et pis après, on ira tous boire un coup.

(Je ne plaisante pas.)

Pour refaire le monde, après l’avoir traversé.

C’est beau la vie, la nuit !

(Je ne suis pas un peu lyrique, là, vers la fin ?)

Son site internet (avec son clip Le tango des enfants).

Son MySpace.

J’allais oublier. Le talentueux Daniel Fernandez... un vrai gentil, humble, généreux et humain.

C’est tout ?

Oui.

14 février 2008

Florent Richard... classieux intemporel!

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En interview, Florent Richard n’est pas le garçon le plus drôle de la planète. Enfin, comme ça… quand on le rencontre pour la première fois, on ne se tape pas les cuisses d’hilarité. Mais, après tout, ce n’est pas ce qu’on lui demande.

D’abord, qui est Florent Richard ?

Un auteur, compositeur, interprète que j’ai découvert en 2005 avec son premier album, L’art et la manière… je l’avais chroniqué pour mon journal.

Mais pas rencontré.

Le second Un jour comme ça, sort dans quelques jours.

Et l’homme est en spectacle depuis hier jusqu’à demain à l’espace Kiron.

(Voir en haut).

 

c5737742341a59f0cdfbcc41667552b3.jpgPetit aparté : comme ce jeune homme est un vrai romantique, ses chansons le sont elles aussi, je ne sais pas, en ce jour de la Saint Valentin , pourquoi n’emmèneriez vous pas votre conjoint à son spectacle, ce soir ?

Cadeau original.

Je dis ça, je dis rien.

 

Bref, son actualité était l’occasion de le mandoriser.

J’ai un fait le forcing auprès de Thomas, son attachée de presse, mais le rendez-vous a bien eu lieu.

Le 21 janvier dernier, dans un endroit que le chanteur connaît bien. Le Café Laurent. J’y étais allé (avec Thomas qui m’y avait embarqué de force, presque), il y a quelques mois pour le découvrir en spectacle.

J’avais été charmé par l’originalité du personnage.

Une belle voix grave, un univers poétique, sensible, mais aussi sarcastique, à la frontière du cynisme.

Seulement à la frontière.

Avec son air de ne pas y toucher, justement, il touche.

Méfions-nous de l’eau qui dort.

Sous l’arbre se cache la forêt.

Quand va la cruche… non, ça, ça n’a rien à voir.

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Il arrive tranquillement alors que je suis déjà installé depuis 10 bonnes minutes. Nous sommes presque seuls dans l’établissement. Je lui explique qui je suis, pour quel « média » je bosse. Il me semble déceler que si je lui avais dit que je faisais un papier pour « Yokshire magazine, le magazine des cons qui ont un Yorkshire », il s’en serait foutu de la même manière.

Il est là pour que je l’interroge.

Je l’interroge, donc.

Et il se prête au jeu avec politesse, un brin détaché, mais poli. Si.

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Florent Richard a consacré « 10 années à l’apprentissage du violoncelle et du solfège, puis à découvert le jazz et la contrebasse à l‘American School de Paris. Il commence sa carrière de musicien comme contrebassiste/bassiste dans la comédie L’Air de Paris, avec Patrick Dupont, puis il enchaîne les concerts dans les salles et clubs avec diverses formations jazz et électrojazz, comme Blast ».

(Sacrément bien ficelé ce dossier de presse !)

Il devient ensuite le bassiste du groupe Les Elles (et arrangeur de leur dernier album).

 

-J’ai beaucoup plus d’expérience dans le jazz où je connais pas mal de monde. Avec mes deux albums, désormais, on me classe dans la variété. Ca me fait sourire, même si c’est un peu ce que je fais… de la chanson en langue française sur de la musique variée, mais, pour vous avouer, plus jeune, la perspective de faire le Stade de France avec Johnny Hallyday ne me faisait pas rêver.

Voyez que Florent Richard ironise. C’est sa forme d’humour. Moi, j’aime bien. Du second degré permanent. Quand il me lance une phrase, il faut que je réfléchisse pour vérifier que ce n’est pas du pipeau. C’est ce qu’on appelle une conversation ludique.

Plus sérieusement, il développe.

-J’ai toujours été un garçon très sage, très discret. Je n’ai jamais été attiré par les projecteurs. Je chante au service de l‘univers de Florent Richard. Dans ma tête, j’ai deux cases. Florent Richard, l’artiste et Florent Richard, l’arrangeur, le musicien, le mélodiste qui doit mettre en valeur le premier.

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Je lui révèle qu’à son concert, je l’avais trouvé très amusant, très pince-sans-rire entre chaque chanson.

-J’essaie de me comparer à Michael Bublé, Harry Connick, Jr, Jamie Collum ou encore à Robbie Williams… vous comprenez mon problème ? Comme je ne sais pas faire ça, je tente de trouver un décalage dans l’humour un peu anglais, un peu froid. Et, il faut que musicalement, ce soit du béton armé.

Sa musique, il n’y a pas à dire, renforce et soutient avec vigueur la fondation de son œuvre.

« Emprunt de jazz (swing ou Coltrainien) dans ses parties les plus développées, pop et romantique dans ses chansons les plus Variété.

(Sacrément bien ficelé ce dossier de presse (bis) !)

Je lui demande où il se place dans le métier de chanteur.

 

-Je suis entre la pop et le jazz. Mais, j’aime aussi beaucoup Souchon, Berger, les mélodies de Dassin… J’ai conscience d’être en total décalage entre ce que je fais et ce que j’entends dans la chanson française d’aujourd’hui ? Les gens comme M, Delerm, Bénabar, Cherhal, Aldebert sont dans quelque chose de très contemporain, ce qui n’est pas mon cas. Je ne suis pas ancré dans mon époque. Je dois la vivre et la subir… point. Vous savez, les gens comme moi, un peu rêveur, contemplatif, ils sont là sans y être vraiment.  Mais, tout le monde doit jouer un rôle clair et précis. La vie est comme une pièce de théâtre.

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Pour quelqu’un de pas bavard, je trouve qu’il développe bien ses réponses.

 

-Aujourd’hui, les gens veulent du concret, du rapide, de l’immédiat dans l’art. Moi, je ne fais pas dans l’immédiat. Mes chansons ont besoin d’être écoutées plusieurs fois avant qu’on en saisisse les nuances. Elles ne se comprennent pas toujours du premier coup.

Quand on  regarde une peinture ou quand on lit un poème… même cause et mêmes effets.

Il y a des niveaux de compréhension. 

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Florent Richard est un cas particulier dans ce métier de saltimbanque. Il est libre, classe et intemporel.

Allez, pour vous faire une première idée…

le clip de La vie d’Antoine.

 

 

Son MySpace

(Il y a quelques années, j'avais un Yorkshire... j''étais con.)

12 février 2008

Cyril Montana... histoire d'une enfance!

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J’avais déjà beaucoup apprécié Carla on my mind, le second roman de Cyril Montana. Mais alors, celui-ci, La faute à Mick Jagger, en le lisant, m’a bouleversé. Parce que si je n’ai pas eu une enfance comme la sienne, (je pense que, personnellement, je ne m’en serais jamais remis), ça m’a renvoyé à des trucs enfouis en moi.

Vous savez, des souvenirs que l’on refoule toute sa vie…

Bon, là, je vais plus vite que la musique. De quoi parle ce roman quasi autobiographique (l’auteur ne s’en cache pas) ?

Le pitch est le suivant : Les aventures du petit Simon qui essaie de devenir adulte. Pas facile quand on grandit avec des parents tout pleins de Love et de L.S.D., qui vous oublient un peu au passage.

7b8658a065b939048e313c197319b608.jpgBon, en approfondissant un peu, sachez que Simon (le narrateur) est fils de babas cool complètement irresponsables, barrés, avant-gardistes et jusqu'au-boutistes. Dans cette période (mai 68) où les gens faisaient des enfants sans réfléchir, il est complètement délaissé par eux. C’est sa gentille grand-mère ou la méchante Nina qui s’occuperont de lui. Parmi les épreuves subies, sa mère sera internée de force et il assistera son père pour passer de vie à trépas. De quoi ne pas traverser l’enfance en toute quiétude, c’est le moins que l’on puisse dire.

Je ne souhaite pas en dire plus, il faut impérativement découvrir cette vie malmenée.

Cyril Montana alterne son écriture grâce à un procédé habile de présent et de flash-back. Souvenirs d’enfance et conséquences dans une vie d’adulte, ce roman ne peut pas laisser indifférent, car il a le don de faire réfléchir sur le rapport de l’amour dans la période cruciale de l’enfance.

Il est question de l’importance magistrale qu’à ce rapport pour la vie future d’adulte.

J’ai donc souhaité rencontrer cet auteur.

Autrefois plus discret, aujourd’hui, il accepte volontiers les interviews (au passage, merci Claire, pour ton efficacité… hein ? Qui est Claire ?).
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Il me donne rendez-vous dans les locaux de l’agence Première Heure, pour laquelle il travaille. (Parce que romancier, vous le savez, ne nourrit pas son homme…). C’est un jour de pluie et de froid glacial. J’arrive tremblotant et fiévreux. Une jolie hôtesse (toutes les hôtesses sont jolies, j’ai remarqué) me fait patienter sur un canapé bizarre. Très haut. J’ai les jambes qui pendent dans le vide, comme un gamin. C’est très bien, ça me met dans l’ambiance du sujet.

Cyril Montana arrive très vite. On cherche un bureau tranquille que nous finissons par trouver. Tout de suite, je me sens bien avec ce garçon. Je lui dis combien son roman m’a marqué et touché. Il semblerait que ça ne le laisse pas insensible.

Je lui demande comment on peut s’en sortir en ayant vécu pareille enfance.

- Tous ces évènements-là m’ont touché, mais sans me détruire. Il y a deux périodes. Comment on peut s’en sortir pendant l’enfance et après, dans sa vie d’adulte ?Pour moi, ça a été la résilience et 12 ans d’analyse.

Ah oui, quand même ! 12 ans d’analyse… qu’est-ce que ça lui a apporté très exactement ?

-Le fait de pouvoir aborder mon passé de façon tout a fait naturelle, sans que cela ait un écho douloureux en moi. L’analyse te permet, sur la problématique d’une enfance difficile comme ça, de recadrer les responsabilités. Quand tu es enfant, tu n’es en aucun cas responsable de ce qui t’arrive. L’idée est de comprendre et non pas de juger. Quand on lit bien mon roman, on constate qu’il n’est pas virulent contre mes parents. Juste aujourd’hui, j’ai plein de compassions pour eux.

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Simon, le narrateur est un hyper sensible, claustrophobe, angoissé donc réceptif aux angoisses des autres. Cyril Montana aussi ?

-En analyse, on ne règle pas la sensibilité. On apprend à se connaître et à se protéger, c’est déjà énorme ! Tant que vous n’avez pas conscience des dégâts que vous avez reçus, vous n’êtes pas capable de vous pencher sur vous-même et de réparer vos blessures, vos fêlures, vos souffrances…

Je regarde Cyril Montana parler. Il a un beau visage, pas du tout marqué par son passé. Et pourtant, il m’explique que son adolescence n’a pas été de tout repos.

-J’ai pris énormément de drogues, comme mes parents justement. J’ai eu un éducateur au cul pendant 2 ans, j’ai été viré de je ne sais combien de collèges. Je vous assure, on explose à l’adolescence quand on a eu une enfance pareille.

489eb3de0f9277eb49ccb5d0c13b7f3e.jpgDans la marge, le Montana, comme Simon dans le livre…

-Il est volontairement au RMI, il passe son temps à frauder dans les trains, à se défoncer la gueule, à aller avec des filles à droite à gauche, il a du mal à prendre des décisions. Simon n’a pas résolu son problème.

Je lui réponds que c’est parce que lui, n’a pas encore fait 12 ans d’analyse.

Certes, je ne connais rien de la vie actuelle et personnelle de cet auteur (à part qu’il vit avec une chanteuse populaire), mais en apparence, il s’en sort bien. Je trouve.

Lui même est papa. Je lui demande comment il voit son rôle de père.

-À l’écoute permanente de mes enfants. Je les accompagnerai dans ce qu’ils voudront devenir. Que mon enfant devienne plombier, président de la République , avocat, médecin, je n’en ai rien à cirer. Ça ne m’intéresse pas. Par contre, je lui donnerai les clefs pour qu’il essaie ce qu’il veut. J’ai une volonté d’amour, d’écoute et de bienveillance.

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Il m'apprend ensuite qu'il a un coach littéraire. Que c'est plutôt rare, mais qu'il assume sans complexe la chose.

 

-Au début, je travaille tout seul de longs mois. Au bout de 100 pages, si je suis content de la construction et que je sais où je vais aller, j'appelle Sara Oudin. Nous discutons, elle me demande ce que je veux faire passer comme message, elle me donne des lectures en rapport avec mon roman... là, par exemple, elle m'a fait lire Boris Cyrulnik.

 

Après l’interview, je l’interroge sur ses activités au sein de cette agence qui produit des films publicitaires.

 

-Avec mon associé Stéphane Quester, je fais du hors média avec notre label Les Résidents. On monte des concepts délirants pour des marques. On a organisé, par exemple, le 1er Championnat de France de repassage pour Philips.

Je lui demande, un peu en plaisantant, s’il n’est pas tenté de faire du buzz marketing pour faire connaître son livre.

-Non. Je suis lucide, ça ne marche pas comme ça. Et puis, j’ai lu dans un magazine une interview d’une éditrice qui disait que la seule chose qui fait vendre un livre, c’est le bouche à oreille…

Puisse cette note participer à ce bouche à oreille.

Ce livre est « chamboulant » !

11 février 2008

Cyril Romoli... beau et bon à la fois!

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Lou, de temps à autre m’envoie des mails avec des liens sur des pages MySpace d’artistes qu’elle vient de découvrir.

Et souvent, j’avoue, je ne les connais pas.

Mais, il faut dire que les artistes de qualités, il y en a beaucoup.

Vraiment beaucoup.

Moi aussi j’aime bien fouiner, mais je me contente trop souvent de m’intéresser à ce que je reçois à la maison ou aux propositions appuyées des attachées de presse. Enfin, je fais le tri et je n’accepte de rencontrer que ceux ou celles qui m’intéressent (à quelques rares exceptions près…)

Donc, Lou se charge de m’emmener ailleurs.

J’ai donc décidé que lorsqu’un artiste me plairait particulièrement, nous irions à sa rencontre tous les deux.

(Avec Benoît Dorémus, c’était une autre affaire… j’ai voulu lui faire plaisir. Rencontrer son idole. Quelle fan, cette Lou!)

(Cette phrase est écrite dans l’unique but de d’agacer la demoiselle.)

Notre premier MySpacien artiste choisi est Cyril Romoli.

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Le 23 janvier dernier, rendez-vous au Vrai Paris, un des bistrots de Montmartre.

Lou est déjà là. Cyril aura un peu de retard. Un SMS nous a prévenus. C’est bien il est poli.

Et quand il arrive, houlà, je trouve qu’il est assez charismatique comme garçon.

Ça veut dire qu’il est carrément beau, je suis jaloux. Puisque c’est ça, je vais m’enfermer dans un mutisme total. Lou n’a qu’à se débrouiller avec ce beau gosse.

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Je me tais donc, pendant au moins 2 secondes. Parce que, quand même, il est très souriant et d’un abord très gentil et puis aussi, je suis un incorrigible curieux de l’être humain. Je veux tout savoir sur lui.

Je les connais ses quelques dates importantes, elles sont sur son site perso et sur son MySpace :

1975: Naissance à Paris
1986: Première scène... "Le Sexe Faible" au Théâtre Hébertot
1990: Il (re)commence le Piano
1995: Première Musique de scène, une dizaine suivront
1998: Rencontre avec Néry. Premier concert
2003: Beaucoup composé pour les autres, premières chansons pour lui.
2004: Création d'Humour Rose et Amours Noires. Concerts sur la péniche El Alamein et depuis, L'Essaïon, Le Baiser Salé, Le Théâtre 14, Le Vingtième Théâtre, Le Mery, L'Espace Jemmapes...
2006: Enregistrement public du CD Humour Rose et Amours Noires

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Photo: Philippe Albinet

Il me confie qu’il a toujours été sur scène. Il a commencé l’école des enfants du spectacle à l’âge de 9 ans, puis n’a jamais cessé de jouer la comédie sur les planches. La musique est venue  bien après. J’aime beaucoup ses chansons. Elles sont toutes teintées d’humour noir. Plus encore, elles sont souvent caustiques, ironiques et drôles, le tout mélangé avec de la tendresse et de la poésie. Ce cocktail est rare dans le monde de la chanson française. Il n’échappe pourtant pas aux comparaisons. Delerm étant la plus fréquemment énoncée.  

-Je ne comprends pas pourquoi parce qu’il y a 15 ans, William Sheller était déjà seul avec son piano, puis plus tard, Arthur H. Et ils sont loin d’être les seuls dans ce cas là. Aujourd’hui, dès qu’un chanteur est seul derrière son piano, on dit qu’il fait du Delerm. Je n’ai rien contre lui, mais, j’ai du mal à accepter cela parce que je chante ainsi depuis longtemps.

Il m‘avouera aussi que s’il se produit ainsi sur scène, c’est aussi par souci d’économie. On achète moins ses spectacles s’il y a avec lui 3 ou 4 musiciens… c’est beaucoup plus cher.

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Lou, qui est une fille parfois très cash, lui demande pourquoi il parle autant des filles dans ses chansons.

-Tu dis dans ta bio que tu aimes les femmes, ton seul clip est celui de J’me plais , tu ne joues pas un eu beaucoup de ton physique charmant ?

Je regarde Lou et me dis que ce n’est pas le tact qui l’étouffe, mais au fond, ça m’amuse… Et Cyril Romoli ne se démonte pas.

-Il faut que tu prennes J’me plais au second degré. Je suis d’ailleurs, très second degré comme garçon. Mes chansons ne sont pas nombrilistes, même si tout porte à croire le contraire. Il y a toujours un autre message que celui « évident ». Et puis, ce que tu lis sur une bio, il faut s’en méfier. Moi, cette partie là du métier, la bio, les visuels, tout ça, c’est assez nouveau pour moi et ce n’est pas ma spécialité. Je peux donc être maladroit…

Je lui parle de son album enregistré en février 2006 au Vingtième Théâtre, à Paris. Humour rose et amours noires. 15 jolies perles musicales aux textes de lui ou de Michel Derville, Éric Chantelauze, Philipp Weissert, René Ripert et Mark Marian. J’ai lu une critique, je ne sais plus où qui disait, en substance, que Cyril Romoli allait droit à l’essentiel, avec humour, pudeur , malice, inventivité et sensibilité… ce qui fait beaucoup pour un seul homme.

-J’ai grandi avec les albums concepts de Franck Zappa. Les doubles 33 tours avec d’un côté un univers et de l’autre, quelque chose qui n’a rien à voir… J’ai un peu voulu faire ça avec mon disque. Un mélange de chansons intimes et de chansons beaucoup plus loufoques.

Cyril Romoli est lucide sur la difficulté de sortir du lot. Personnellement, je pense qu’il a en a les capacités, mais lui préfère ne pas se faire d’illusion.

-Je commence à exister aux yeux de certains professionnels, mais je ne pense pas être dans un créneau particulièrement vendeur… mais, je prends un peu exemple sur Arthur H. Il a ramé un pendant un moment avant d’avoir la notoriété qu’il a maintenant et aussi la musicalité accessible qu’il a réussi à créer.

Je lui dis que je trouve son style original, qu’il se rassure.

-De toute façon, je ne suis pas dupe, tout a été écrit. C’est l’angle qui doit changer. L’amour par exemple, j’ai la prétention de croire que je ne l’aborde pas de la même manière que les autres…

Lou lui demande s’il n’a pas envie d’enregistrer un disque plus varié. Oups ! J’aime décidément bien cette façon de ne pas s’embarrasser de mots superflus pour poser une question. Je suis peut-être un peu trop diplomate, moi.

-Si. Le 20  février, je rentre en studio pour enregistrer 6 titres avec 12 musiciens. J’espère que ça va servir de « pied d’appel » pour enregistrer une suite dans de bonnes conditions...

Très sincèrement, je suis curieux de suivre le parcours de ce charmant jeune homme. Je vous invite tous à aller le voir sur scène le mercredi 13 (après-demain) et le 20 février prochain à l’espace Jemmapes. Si vous aimez la chanson française truculo-coquino-tendre (terme assez réducteur, je dois dire), vous ne devriez pas être déçu.

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J’éteins mon Sanyo et nous engageons une conversation sur les chanteurs engagés. Un long moment. Nous ne sommes pas d’accord. Moi, ma vision est simple. Je n’achète pas un disque, je ne vais pas voir un artiste sur scène pour qu’il me dise pour qui il faut voter, ce qui est bien à faire ou pas et encore moins, pour qu’il me fasse la morale. L’artiste ne devrait avoir qu’un seul but : faire rêver, nous divertir, nous sortir de notre quotidien. Point barre (et c’est déjà énorme !). Alors, le nouveau Cali ne passera pas par moi. (Et bon sang, que j’ai aimé les deux précédents…)

C’était une petite parenthèse, comme ça en passant.

Si vous voulez voir la version de cette rencontre par Lou, c'est là!

Lou et moi, nous revenons bientôt pour vous parler d’un autre artiste. Une jeune fille : L. J’ai hâte.

09 février 2008

Quand Richard Andrieux dédicace...

Tout avait pourtant bien commencé...

Hier soir, je suis allé voir mon très vieil ami (je parle de son âge, hein, parce que, moi, personnellement, je ne le connais que depuis un an!), Richard Andrieux.

Un type, malgré son âge canonique, tout à fait merveilleux.

Son talent n'égale que sa gentillesse.

Que je croyais.

Bon, je raconte.

J'arrive à la librairie Tropiques (dans le 14eme arrondissement de Paris) vers 18h.

L'auteur est déjà là, attablé devant ses nombreux exemplaires de José et son litre de jus d'orange.

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Entre deux signatures, nous parvenons à discuter un peu... je suis quand même un peu l'artisant de son immense succès.
Ah?
Oui.
Grace à ma note sur lui qui a été lu par le monde entier, et notamment par l'ensemble du milieu littéraire qui a suivi mon avis.
(Vous savez, tous les journalistes sont un peu des moutons panurges. Dès qu'un éminent confrère écrit un éloge sur un nouveau génie, les autres suivent.)
(Ca va, vous, sinon?)
Je fais une pause, parce que la suite est un peu violente...
J'organise pour vous un jeu concours au prix extraordinaire, histoire de détendre l'atmosphère.
(Qu'on ne vienne pas me dire après que je suis radin!)
Une personnalité du monde de l'écriture est passé faire un petit coucou.
Si vous devinez qui est ce(tte) brillant(e) auteur(e), visible de dos, là, sur la photo, vous gagnez son dernier livre dédicacé à votre nom.
(Je ne plaisante pas, même si ce jeu est un évènement à vous couper le souffle!)
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Bon, ensuite, l'ambiance s'est un peu gâté...
Avant de continuer, je dois vous avouer un secret.
Je rêve de devenir écrivain. Je n'en ai pas le talent, mais c'est juste pour avoir une crédibilité auprès des autres.
(Parce que journaliste, c'est d'un commun, par contre, auteur, ça en jette pas mal...)
Bref.
Je fais boire Richard Andrieux, pour l'amadouer.
(En vrai, pour lui faire faire n'importe quoi après.)
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Ne résistant pas au vin blanc, il cède à mes assauts.
Nous nous adonnons à quelques libations.
Innocemment, je lui demande s'il peut aller me chercher des clopes au tabac d'à côté.
Il accepte.
Il est gentil, à la base, je vous rappelle.
Pourquoi ai-je fait cela?
Et bien, pour prendre sa place.
Je voulais réaliser un vieux phantasme...
Je l'ai réalisé.
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Prendre sa place.
Chausser ses lunettes.
Jouer à l'auteur qui signe ses livres à de jolies filles.
(Parce que le public d'Andrieux, bizarrement, est très féminin. Pourtant, son âge devrait... enfin, je ne veux pas être lourd...)
En tout cas, les personnes présentes n'y ont vu que du feu.
J'ai signé 47 ouvrages de Richard Andrieux.
(En truffant chaque phrase de fautes d'ortographe. C'était d'un drôle.)
Quelle jouissance!
Une heure et quart plus tard, par contre, le vrai auteur est revenu.
(En fait, il n'y a pas de "bar tabac" dans le quartier... j'avais vérifié!)
Je ne sais pas, j'ai eu comme la vague impression qu'il n'avait pas bien pris le subterfuge.
Tsss... aucun humour.
Un paparazzi présent à photographié la scène...
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Je sais, c'est proprement insoutenable!
Pour me racheter, je tiens à vous signaler que Richard Andrieux sera de nouveau en "signature" cet après-midi.
A 18h, à la Bibliothèque Vaugirard : 154 rue Lecourbe dans le 15e arrondissement de Paris.
Il y aura un autre invité: Philippe Fréling, pour "Ceinture jaune", chez Arléa.

08 février 2008

Ma Valise en concert ce soir!

 

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Le lundi 21 janvier dernier, j’ai rejoint dans un bar proche de la Maison de la radio trois des cinq membres du groupe Ma Valise.

Ma Valise est un groupe Nantais qui sévit sur scène depuis 1999. S’ils ne sont pas encore très connus du grand public, nombreux sont ceux qui ont eu la chance de les découvrir sur scène. Plus de 400 concerts en tout dont plusieurs dates à l’étranger, notamment en 2006 (Allemagne, Bosnie, Maroc).

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Avec leur attachée de presse, Marie, ils m’attendent à une table. Enfin, disons qu’ils finissent de papoter avec le précédent journaliste. Ca me fait toujours tout drôle de voir des rockeurs tout sages. Je regarde sur la table… café, thé… je cherche le milk shake.
Evidemment, dans ces cas là, je reste sobre (c’est extrêmement difficile de jouer ce rôle de composition…). Hop! Un café pour Mandor.
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Je reconnais là Raphael Rialland (chant/accordéon), Ronan Niel (chant/guitare/batterie) et son frère Gweltaz Niel (contrebasse/chœurs).

Manque donc Michel Pinault (batterie/guitares/chœurs) et Donatien Pavageau (chant/tubas). Il n’y a aucune raison que je ne les cite pas.

Je dois vous  avouer que je ne suis jamais très à l’aise quand je dois interroger plusieurs personnes à la fois. Je suis un chantre du tête à tête. Mon mode de fonctionnement, je l’ai déjà dit ici, est la conversation. Faire semblant d’aller dans tous les sens pour aboutir où je veux. Je maîtrise bien le grand n’importe quoi. Les interrogés baissent la garde et ils se confient plus facilement.

Je sais faire ça.

Mais quand il y a plusieurs personnes, c’est plus délicat. Mes grosses ficelles habituelles, je ne peux pas les utiliser.
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Heureusement ses 3 musiciens là sont très sympathiques. Ils sentent bien que je ne connais pas bien leur discographie mais que j’ai potassé. Je leur parle du style du groupe. Entre rock, chanson et world… avec des sonorités africaines et latines, de la musique tziganes populaires d’Europe de l’Est et bien d’autres couleurs.

J’évite de leur demander ce que signifie le titre de ce troisième album Maya Yé ! parce que je l’avais lu dans le dossier de presse (j’ai potassé, j’vous dis !) : Maya Yé, veut dire en langue africaine dioula « voilà quelqu’un de sincère, de généreux, d’humaniste ».

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Je récite ma leçon en leur disant que leur premier album était très « nouvelle chanson française » (terme le plus con de cette décennie pour évoquer les petits nouveaux qui déboulent dans le milieu, mais, à part ça, personne ne sait trop ce que ça veut dire…), le deuxième, très world music à donf’…

Et celui là ? La synthèse des deux ?

(Là, je sens que je les impressionne.) Je ne sais plus lequel des trois me répond, mais j’ai obtenu une réponse que voici.

79f461e7cf3cdcef2995908636eb273a.gif-Dans cet album, on a surtout recherché une cohérence. Maya Yé est plus « raisonnable que les précédents ». On a mieux catalysé les influences que l’on avait de partout. Nous étions un peu trop influençables, nous avons donc décidé de ne pas trop se barrer dans la word music. Je pense qu’on a enfin notre son. Ce disque est un aboutissement.

Ce que j’aime dans Ma Valise, c’est qu’ils interprètent des chansons sérieuses et graves sur une musique festive et un ton humoristique non dénué d’intérêt. Un mélange vraiment détonnant. Attention, ils dénoncent quand même la violence et l’injustice dans le monde. Je sais, dit comme ça, on pourrait se dire : « tsss… encore un groupe démago ! ».Oui, mais non. Ils ont l’art et la manière. Il en faut de la retenue, de la délicatesse, du savoir faire pour évoquer l’immigration « forcée », les sans papiers, la chasse au faciès (par exemple) sans passer pour des donneurs de leçons (ceux là, je ne les aime définitivement pas). Avec Ma Valise, ça passe. On en redemanderait presque.

Vous pouvez ôter le « presque ».

J’apprends aussi qu’ils s’investissent dans des projets associatifs et qu’ils participent à toutes sortes d’évènements culturels portés vers « l’autre », c'est-à-dire son « prochain ».

Partout où ils passent, la mélancolie trépasse.

 

Les voici. Je constate qu'un couvre chef porté par un musicien devient ridicule porté par un journaliste...

(Qui a dit, "c'est le journaliste qui est ridicule?")

Pfff...
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Je ne vais pas en dire trop aujourd’hui.

Je tiens juste à signaler (pour les parisiens) qu’ils se produisent ce soir et demain à La Dame du Canton.

Vous trouverez les coordonnées en haut sur l'affiche qui ouvre cette note fantastique..

Et si vous avez besoin d’un peu de dépaysement, d’évasion et de musiques endiablées et ensoleillés, c’est le moment de prendre votre ticket pour ce tour du monde musical décapant.

Enfin, c’est juste un conseil.

(Sinon, à la télé, y a la Star Ac  ‘).

(C’est vous qui voyez !)

Leur MySpace.

07 février 2008

Agnès Abécassis... comiques books!

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951710bfbae446aaf5bc73fda2856e07.jpgJe connaissais Agnès Abécassis de nom, mais je ne l’avais jamais lu. J’avais un sacré à priori sur ses livres. Pas négatif, je pensais juste que c’était des livres pour femmes.

(Parce que, hein, c’est bien connu, dès que l’on écrit des comédies, ça ne concerne pas les hommes. Le sexe fort n’aime pas rire à gorge déployée quand il lit. Il y a des études qui prouvent ce phénomène. Si, si.)

Évidemment, c’est n’importe quoi !

Et puis, nous sommes devenus amis Face book. Je ne sais plus qui a fait la demande à l’autre, mais, du coup, vous pensez bien, ça nous a rapprochés !

Elle m’a envoyé son troisième roman, Toubib or not toubib, (qui vient de sortir) et je l’ai lu à la vitesse de la lumière tellement il m’a amusé.

 

C’est l’histoire de Yohanna Béhar, un(e) médecin généraliste. Elle travaille dans un petit cabinet médical parisien avec des collègues complètement barges (chacun avec son propre style). Un gynécologue bourru, une dentiste gaffeuse (et son con de chat) et un acupuncteur qui fait craquer toutes les femmes. Une de ses clientes Sonia Amram, productrice à la télé, pour la remercier de ses bons soins l’incite à participer à une émission de télé très populaire. Yohanna angoisse, mais accepte cette proposition ainsi que d’être mit en relation avec le professeur Leitner, un neuropsychologue réputé, censé pouvoir gérer son stress. Mais le psy réputé se révèlera vite très énigmatique. Les séances d’hypnoses vont transformer le mental de Yohanna. Elle va développer des pouvoirs étonnants. Elle parle japonais, devine la pensée des gens, parvient à battre deux kidnappeurs en faisant du kung-fu…

Bref, qui est vraiment cet homme ? 

Voilà, c’est la trame de l’histoire. Il y a beaucoup de rebondissements, des scènes d’anthologie (un accouchement en douleur, un mariage désastreux…), du rire à chaque page et du second degré en pagaille.

Ce livre est tordant.

Je ne regrette pas d’avoir donné rendez-vous à Agnès Abecassis. Parce qu’en fait, quand on lit un de ses livres, on a envie de la connaître. Mardi dernier (le 5 février), nous nous retrouvons dans un café du 13e arrondissement « Les funambules ».

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J’arrive en premier. Elle ne tarde pas à faire son entrée. Poignet de main chaleureuse. Je savais qu’elle me reconnaîtrait, car elle m’a avoué lire régulièrement mon blog et il se trouve que parfois, je laisse échapper un cliché ou deux me représentant. Elle est tombée dessus, je ne sais pas, par quel prodigieux hasard. (Elle a du consulter mes archives !).

Moi aussi, d’ailleurs, je lis son blog personnel (trouvable sur son site). Il me fait souvent sourire.

Première constatation, je l’aime bien.

Comme nous nous lisons respectivement, je suppose qu’on pense déjà se connaître un peu. C’est toujours étrange cette sensation.

Deuxième constatation, je sens que je ne vais pas m’ennuyer.

Le garçon vient nous déposer notre commande sur la table. Mais un geste un peu précipité a pour conséquence d’envoyer en l’air, au moins à 10 mètres, une tasse de café. Le serveur et la salle sont trempés. (Bon, relativisons ! Une tasse de café qui se renverse, on ne va pas se noyer quand même…)

Bref, ça me la rend encore plus sympathique parce que d’habitude, c’est moi qui me distingue de la sorte.

Agnès Abécassis se confond en excuse et moi je la regarde glisser sous la table de gêne.

Je la relève pour lui poser quelques questions dites « professionnelles » alors que j’ai plutôt envie de parler de tout et de rien, comme on discute entre amis.

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Photo: Franck Prignet.

Parlons donc de son écriture. Je lui demande si on est bien considéré quand on écrit des comédies… ne serait-ce pas un sous-genre?

Avouez que j’attaque fort en posant de telles questions... si provocantes.

 

-Je n’ai pas la prétention de faire autre chose que de la littérature populaire. Mais, c'est loin d'être un sous genre. Je veux faire rire les gens et je vous assure que ce n’est pas si facile que ça. La comédie me plait parce qu’on a souvent tendance à s’apitoyer sur son sort, ses petits bobos quotidiens, alors que, globalement, dans 99,9% des cas, on finit par en rigoler. Quand on regarde les choses avec le recul, le temps qui a passé, les blessures qui ont cicatrisé, on finit par se dire que ce n’était pas si grave. J’écris des livres qui permettent aux femmes qui vivent les situations que je décris et que souvent j’ai vécu, de relativiser et de moins se sentir seule.

J’ajoute que ses romans, toujours truculents, devraient être remboursés par la sécu, mais je crois que ce n’est pas le moment de soumettre cette idée officiellement.

Que pense-t-elle du milieu de l’édition ? Je sens qu’elle ne s'y sent pas au mieux.

(Je passe souvent du coq à l’âne, je sais).

-J’ai un peu de mal dans cet univers là. Depuis que je suis passé du journaliste à auteur, j’ai eu du mal à m’adapter. Ce monde est très particulier. Il y règne la superficialité, le faux semblant, les fausses émotions, les faux sentiments. J’ai souvent le besoin de me retrouver avec des gens comme moi. Authentiques.

Je ne creuse pas le sujet. J’enchaîne sur sa façon d’écrire très « cinématographique », très visuelle…

-Ça me rassure un peu d’écrire ainsi. C’est parce que je ne suis pas quelqu’un qui brille par mon assurance. Si j’exagère les situations, c’est non seulement pour créer des effets comiques, mais aussi parce que ça me donne l’impression d’être mieux comprise.

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Photo: Franck Prignet.

Je crois comprendre aussi, au fil de la conversation, que répondre à une interview ne la rend pas très à l’aise…

-Je suis une fille timide, plutôt renfrognée, pas très sociable, marchant en baissant les yeux, qui dit gentiment bonjour aux voisins, mais sans plus. De plus, je suis une angoissée chronique.

J’apprécie beaucoup les gens peu sûrs d’eux-mêmes.

Et de leur talent.

Alors qu’elle en a beaucoup. Savoir faire rire son prochain est pour moi une des plus grandes qualités. Je lui dis. Elle rougit en se tripatouillant les cheveux qu’elle a pourtant attachés.

Changeons de sujet, Agnès (c’est une amie à présent) me confie qu’elle a de bonnes relations avec ses lecteurs. Oui, j’ai bien dit « lecteurs ». Un quart de son public sont des hommes. Elle n’en ai pas peu fière.

-J’estime écrire des documentaires animaliers sur la femme. Les hommes aiment lire ce genre de livre, ils en apprennent beaucoup sur nous.

A un moment donné, je stoppe mon Sanyo. (Qui a bien fait son boulot ce jour-là). Elle se fout un peu de moi, parce qu'elle a lu ma note sur le dit objet qui m'a lâchement abandonné récemment.

J’aime ce moment.

Je lui demande, puisqu’il est 12 h 30, si elle ne veut pas rester avec moi pour déjeuner.

(Je n’ai pas d’ami).

Elle accepte. Je lui fais pitié, je pense.

 

Le reste de cette rencontre n’est pas racontable.

J’ai été martyrisé sous le prétexte que j’ai voulu…

Non, je ne dis rien.

Voyez sa version des faits dans la rubrique "blog-notes"

Elle donne quelques explications, certes, contestables sur le pourquoi de ces photos...

Le journalisme est un métier à risque...

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06 février 2008

Un moment avec M Pokora...

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« Hello Mandor,

Je propose de t’inviter à la conférence de presse que donnera M. Pokora le 05 février à 15 heures chez Emi. Il s’agit de tables rondes. M. Pokora passera de l’une à l’autre pour discuter avec les journalistes présents qui auront droit à une écoute par Share (internet) de l’album au préalable à cette rencontre. Les caméras sont les bienvenues. Pour les photos par contre, un photocall est prévu à la fin de la conférence où tout le monde pourra shooter à loisir. Merci de me prévenir au plus vite si vous souhaitez venir, vite vite, les places sont chères !

A bientôt ! »

d85bfb03be8c6624c5f09176b3509809.jpgQuand j’ai reçu ce mail, j’ai failli répondre par la négative. Je l’ai dit souvent ici, je ne fais que des entretiens en tête à tête… puis je me suis ravisé. Je ne sais même pas pourquoi. J’avais déjà une interview à 11 h 30 avec Agnès Abécassis (qui s’est gaillardement transformé en déjeuner… À ce propos, vous lirez et verrez demain comment un journaliste se fait martyriser par une auteur(e)), puis à15h30 avec Juliette (chez elle) et une soirée littéraire pour clore la journée. Autant dire que j’avais sûrement peur de m’ennuyer…

Je me suis retrouvé à l’heure prévue (17 h) à la réception d’EMI. J’ai comptabilisé 14 journalistes qui attendaient que l’attaché de presse vienne les récupérer.

On nous récupère 30 minutes plus tard…

Ce qui ne présage pas d’une exactitude parfaite dans le timing à venir.

Nous voilà donc dans la salle où se tiennent parfois des concerts privés au sein de la maison de disques. M Pokora arrive, dit bonjour à la cantonade. Il est visiblement épuisé. Mais toujours poli. Un gentil garçon. Il se prête aux desiderata des photographes présents. Pose à n’en plus finir. Moi, je prends quelques clichés des photographes. Parce que, mince, je raconte les coulisses, non ?

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Et puis, je finis par papoter un long moment avec Frédéric Vignale (que je ne cesse de rencontrer en ce moment). Nous nous auto congratulons mutuellement, ce qui, pour deux personnes aux ego surdimensionnés comme nous, est tout à fait normal.

20 minutes, plus tard. Fin de la séance. Une jeune fille qui semble gérer « l’affaire », nous intime l’ordre de sélectionner 7 d’entre nous pour nous installer autour de l’artiste. Il y aura donc deux sessions.

Vignale, le salaud, arrive à s’intégrer dans la première. Je suis moins rusé que lui…

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Les malchanceux du deuxième tour doivent quitter la salle et partent rejoindre la cafétéria, juste à côté. Moi, je pense à la soirée à laquelle je dois me rendre le soir même. C’est bibi, évidemment, qui a les invitations et il a (si, si, je parle de moi là) rendez-vous à 20h avec quelques membres de la FAPM et de Strictement Confidentiel (deux sectes très étranges…) dans un pub irlandais.

Je vais arriver en retard c’est sûr. Il est 18 h 15 et nous patientons. J’observe depuis un moment une jolie fille qui semble à la fois perdue et énervée… j’engage la conversation.

Subtilement.

-Bonjour, vous travaillez pour qui ?

-Bonjour. Pour un site qui s’appelle (Bip !).

(Je respecte l’anonymat…)

Bon, on finit par pas mal discutailler.

-On va fumer dehors ? Ça me calmera. Je n’aime pas attendre. Pfff… je n’ai pas envie d’arriver chez moi à 20 heures.

-Allons donc dehors, oui.

(Mandor, on lui fait faire tout ce qu’on veut.)

Nous nous racontons nos faits d’armes. Ça tue le temps.

18 h 35.

Je dis à la jeune fille.

 

-Bon, je vais prévenir l’attaché de presse que j’y vais. C’est trop long !

(Ouaips ! Je suis un rebelle.)

C’est à ce moment que l’on vient nous chercher.

Je me suis retrouvé avec mes collègues autour de Matt, à poser quelques questions chacun, à tour de rôle, comme en classe. D’ailleurs, les écoliers que nous sommes redevenus étaient très sages.

Je débute les festivités.

Je pose une question sans intérêt. Matt Pokora répond gentiment. J’arrive à atteindre péniblement mon quota de 3 questions. 

Ma nouvelle copine à moi que j’ai, installée juste à mes côtés, en pose deux.

Elle prend des notes.

Moi, j’ai installé mon Sanyo presque sur les jambes du "performer". M.Pokora le regarde. Je vois le rictus poindre.

Bref, je vous la fais en version accélérée. En gros, j’apprends que son nouvel album qui sort le 25 mars MP3, a été enregistré entre la France et les États-Unis. Que deux producteurs de renommées internationales y ont mis un sacré grain de sel. Timbaland (5 titres) et Ryan Leslie (2 titres). Il a signé chez Capitol pour s’ouvrir à l’international. Après, sachez qu’il « kiffe » la musique et que le reste l’importe peu.

Ah oui! J'allais oublié de vous annoncer qu'il a de nouveaux tatouages.

À 19 h 15, fin des festivités.

M Pokora accepte de poser pour moi…

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Mais je ne vais pas jusqu’à faire la photo mandorienne. Là, non, quand même… je n’ai pas osé.

Mes collègues n’auraient pas compris le truc.

Bon, en même temps, je l’ai déjà.

Pendant que j'y suis, voici son MySpace.

Bref, Matt se dirige vers le somptueux buffet dressé à notre attention.

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Il mange un truc que je n’arrive pas à déterminer. Je me dirige vers lui pour le saluer. Il me dit : « Très bien tes questions… merci à toi ! ».

Je repars rassuré sur ma qualité de journaliste d’investigation.

M Pokora me l’a affirmé. Je suis un bon. Et comme je suis un homme qui doute...

En attendant, je parle encore quelques minutes avec ma nouvelle copine puis je file retrouver mes deux groupuscules de la sphère Internet.

La suite tout à l’heure !

Merci d’avoir lu jusqu’au bout ce passionnant moment de ma vie professionnelle.

Vous êtes vraiment chouette (cria le hibou.)

 

(Et j'ai l'air, comme ça, de me moquer, d'ironiser tout ça tout ça (alors que vous savez parfaitement que je ne suis pas de ce genre là...), j'ai passé un moment sympathique et aucun journaliste n'a été maltraité.)

05 février 2008

Ce soir au Nouveau Casino... Philippe Uminski!

85451bda45a77152f1c08f6593efd03c.jpgCa faisait longtemps que je lisais son nom dans les crédits d’albums d’artistes français, que je le croisais dans les couloirs de chez Warner, qu’il me saluait toujours très gentiment. Uminski est connu dans le métier comme réalisateur et arrangeur. Les derniers albums de La Grande Sophie et de Calogero, c’est lui. Il est moins connu pour sa carrière personnelle de chanteur. Il a déjà enregistré 2 albums "rock" (voir "rock garage"). Le premier, éponyme, en 2002 et le second Sain et Sauf en 2004. Ils n’ont pas trouvé leur public.

Le 3eme opus, Les curiosités, est plus un album de variété (au sens non péjoratif du terme), très « pop-rock » raffiné et entraînant.

Parmi ses faits de gloire, Philippe Uminski est aussi l’ancien frontman du « cultissime » groupe néo-sixties Montecarl (dont certains membres font maintenant partie d’A.S Dragon).

Je voulais donc rencontrer ce personnage hors norme, qui est loin d’avoir la langue dans sa poche. On m’avait prévenu. Il est adorable et très franc.

J’adore le concept !

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Le mardi 22 janvier dernier, j’arrive donc à 17 h dans les locaux de chez Warner. Je suis crevé, parce qu’en vadrouille depuis 6 h du matin (rapport à cette note-là…). Philippe Uminski m’attend sagement dans une « salle de réunion ». Je ne sais pas pourquoi, direct, je lui explique que je suis lessivé, ce qui n’est pas très poli comme introduction de conversation. Il me répond en souriant que lui aussi est H.S parce qu’il répond aux journalistes depuis le début de la journée.

(Bon, je sais bien, nous ne sommes pas à la mine et nous n’avons aucune raison de nous plaindre. Mais, parfois, on se fout royalement (à tort) de ce détail. La fatigue, la lassitude sont les causes de cet oubli. En vrai, nous savons très bien que nous sommes des chanceux.)

(Mais l'être humain aime se plaindre pour des broutilles.)

On se regarde et je lis dans ses yeux ce que je pense… « et si nous ne la faisions pas, cette interview ? Si on rentrait chacun chez soi, tranquille Bill ! ».

Ben, non.

Personne n’ose suggérer cette idée à l’autre.

Et tant mieux parce que j’ai bien aimé ce moment.

STOP !!!!

Allez, une première pause musicale :

Un clip « maison » illustrant sa chanson Lola Lola.

 

 

 

Je me rends vite compte qu’il est parfaitement lucide sur sa carrière personnelle.

 

-Je bosse beaucoup, j’ai des activités musicales très différentes. Ça me permet d’exister alors que mes disques n’ont pas eu beaucoup de succès. C’est une chance parce que j’aurais pu, depuis longtemps, rentrer chez ma mère dans ma province. J’ai réussi d’une autre manière, mais à force, tout se rejoint…

Parce qu’à travailler avec des artistes issus de la variété française, Philippe Uminski a compris qu’il s’était un peu trompé de direction personnelle.

-Ils m’ont beaucoup aidé à enlever mon costume de rocker, à enlever des protections en fait. En bossant avec et pour d’autres compositeurs, je les ai vus plus spontanés que moi. Ils se posaient moins de questions que dans le milieu rock dans lequel j’évoluais. Ça m’a instruit.

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Le milieu du rock français, parlons-en ! Uminski ne mâche pas ses mots.

-J’ai fait partie du petit monde du rock français… et dans ce monde là, on se raconte beaucoup d’histoires, on se ment. J’ai vu défiler tous les « babys rockeurs », des mecs de 16 ans qui se là jouent Iggy Pop sans en avoir le talent. Tous les médias rock se sont jetés là-dessus, je me suis soudain demandé ce que je foutais là.

Il s’arrête un moment, bredouille un truc que je ne comprends pas, puis continue.

-C’est un milieu avec des gens pas très intéressants. Tout est très réglementé et pas très créatif. Si on a la confédération paysanne à la sortie de ses concerts et qu’on crie « altermondialiste » lors des interviews, on est plus rock qu’en jouant vraiment du rock… ça me saoulait ! »

Moi qui suis habitué, de la part des artistes, à un discours policé et convenu, je dois dire que je ne suis pas déçu. Il insiste pour me dire qu’il n’y a chez lui aucune aigreur. Juste, il veut dire les choses telles qu’elles sont.

(Vas-y mon gars ! Ne te gêne pas !)

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Mais alors, passer du rock « garage » à la variété, ce n’est pas un virage un peu casse-gueule ?

 

e3bb9db685f06bae8d83b3a2a6aef721.jpg-Non. Je dirais même que mon nouvel album colle beaucoup plus à mon identité d’aujourd’hui. Il est plus en adéquation avec ma maturité actuelle. Tu sais, dans la variété, je m’aperçois qu’il y a une gaieté, une fraîcheur, une envie que je ne retrouvais pas dans le rock. Et puis, j’ai fait le conservatoire, je sais écrire des cordes, j’écoute Brel et Trenet depuis l’âge de 5 ans, j’aime autant la musique classique que le jazz… mes influences sont multiples et je me contentais de les utiliser sur les travaux des autres. A un moment donné, je me suis dit que cette richesse-là, il fallait que je la montre dans mes chansons à moi.

Philippe Uminski insiste sur la notion de sincérité.

-Pour m’empêcher de mentir, j’ai enregistré Les curiosités, en 5 jours, en live complet. Je voulais que mon chant soit comme je parle, comprenez, que l’on reconnaisse ma voix quand je chante et quand je parle. Ce n’était pas le cas avant. Je me suis aussi obligé à écrire les musiques et les textes en même temps. Je voulais qu’une chanson soit un acte unique. C’est très difficile d’être sincère. Nous, les artistes, on se voile beaucoup la face en essayant d’être un autre. Je répète que la sincérité et la vérité doivent être les premières valeurs.

Je trouve que le gars Uminski a une belle plume.

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Je lui avoue avant de se quitter que j’ai fait mienne les paroles de sa chanson (1er single de l’album) Un jour je partirai.

Un jour je partirai,

J’irai dépenser ma chance

En vidant jusqu’à l’outrance

La coupe pleine du passé.

(Vrai !)

Et aussi

Un jour je partirai

Je m’en irai à tous les diables

Loin des abords respectables

Et des odeurs de sainteté.

(Encore plus vrai !)

Voici le clip…

 

 

 

L’album sort bientôt, mais il est déjà en vente en téléchargement légal.

Si j’écris ma note sur lui aujourd’hui, c’est qu’il se produit ce soir au Nouveau Casino.

Il m’a promis « un spectacle de dingue ! ».

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Il faut voir Uminski en concert pour comprendre ce qu’il veut dire par « dingue ».

(Non, parce que sur scène, ce type est complètement allumé. Un vrai showman !)

Pour les places, c’est .

 

MySpace de Philippe Uminski.

Son site officiel.

04 février 2008

Héléna Marienské... du sens et de l'esprit!

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Le vendredi 25 janvier dernier, j’étais à la bourre… coincé dans les embouteillages. Je ne voulais pas être en retard. Je ne sais pas pourquoi, Héléna Marienské m’a très vite imposé le respect. (Notez que je n’aime faire attendre quiconque, Héléna Marienské ou pas…). Je ne sais pas, le fait que le ramage se rapporte autant au plumage. Une belle femme avec un si grand talent, ce n’est pas rare, mais là, ça frisait la caricature. Hé, j’suis timide moi, ho !

(Quoi ? Il y en a qui trouvent que ces propos sont légèrement sexistes ? Dirais-je ça d’un homme ? Il est beau et intelligent. Et bien oui. Tenez, Nicolas Fargue, il n’est pas moche et sa plume non plus… bon, et que dire de Florian Zeller, et qu’est-ce que vous faites de Louis Lahner, Marc Lévy… etc. Liste non exhaustive. Alors ? Vous ne savez plus quoi rétorquer, hein ? Ha Ha ! Je vous ai bien eu. Et toc !)

Bref.
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Rendez-vous à 15 h aux éditions Héloïse d’Ormesson. A 15 h 10, je tournais encore pour trouver une place. J’appelle Audrey, une des deux attachées de presse de la maison. Elle me rassure en me disant que l’auteur(e) n’est pas encore arrivée. (Audrey commence à bien me connaître, elle sait qu’il faut ménager mon émotivité et ma sensibilité à fleur de peau… Mandor est fragile.)

Je cours pour arriver à l’heure, ce qui est impossible, car il est déjà 15 h 15 et ce n’est pas en courant vite que l’on remonte le temps. Tenez ! Ça n’a rien à voir, mais ça me rappelle une phrase de Pierre Dac (ou Francis Blanche, je confonds toujours) : Plus tu pédales moins vite, moins tu avances rapidement. (Avouez que ça valait le coup que je fasse cette halte culturelle !).

Devant l’immeuble, une jeune fille me tient la porte… Merci mademoiselle. La demoiselle a un visage qui ressemble fichtrement à celui d’Héléna Marienské. Bon, OK ! C’est elle. Je l’interpelle en me présentant.

Waow ! Je récapitule, elle est talentueuse, belle et en plus, sympathique. Nous prenons l’ascenseur ensemble et démarrons la conversation sur je ne sais plus quel sujet. Peut-être la difficulté de se garer à Paris ou l’importance d’arriver à l’heure à ses rendez-vous…

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Audrey nous installe dans « le bureau » de la maison d’édition… et je branche mon Sanyo pour ne pas perdre une miette de la conversation.

Mais, si vous avez lu la note de vendredi, vous avez déjà compris que rien n’a été enregistré.

Et c’est bien dommage.

Ce qui est croquignolesque dans cette mésaventure (je sais, ça fait 1000 ans que personne n’a utilisé cette expression… et alors ?), c’est que justement, j’expliquais à Héléna avant de démarrer que je ne comprenais pas comment faisaient les journalistes qui n’enregistraient pas les interviews pour rédiger leur papier quand ils rentraient chez eux.

Et elle de répondre : « Moi, je vais jusqu’à dire que ça me déstabilise quand ça arrive parce que je me demande ce qu’ils vont retenir de l’entretien… »

Gasp !

Redevenons un professionnel irréprochable. D’abord, il est important de rappeler que c’est une anecdote qu’on lui a racontée dans un café parisien, qui a déclenché l'idée d'écrire Le Degré suprême de la tendresse. Je vous la fais courte. Un homme et une femme récemment rencontrée sortent éméchés d’un bar de Bastille. Ils flirtouillent tranquillement quand le vilain et entreprenant monsieur force un peu la dame à lui administrer une petite fellation, comme ça, rapidement. La demoiselle, ayant fort peu apprécié l’aimable « plaisanterie », mordit d’un coup sec l’objet du délit. Le gland, tranché net, roula dans le caniveau, ce qui calma, je pense pouvoir le préciser sans trop me tromper, les ardeurs du facétieux bonhomme.

Comme Héléna Marienské l’écrit si bien : « …le temps n’est plus où les femmes se laissaient clouer le bec. Qu’on tente de leur encombrer la bouche, elles trancheront désormais le problème. »

Et comme elle l’explique parfaitement « la violence du sujet devait être traduite, métaphorisée par un tour littéraire ». En l’occurrence, le pastiche.

Là, je cite, de mémoire…

-Le pastiche est une forme littéraire comme une autre. Je m’approprie le style l’imaginaire et même l’inconscient des auteurs sans leur demander leur avis et ensuite, j’en fais ce que je veux.

Donc, là, elle inverse le rapport de forces. « La dominée du fait divers s’approprie par la plume de l’auteur(e) le verbe de l’autre – et par la même son pouvoir ».

-Quand j’ai écrit ce livre, je ne savais pas que j’allais l’assumer en public. Je ne pensais pas le faire éditer, ce qui m’a permis de me lâcher et d’aller loin dans les propos tenus. Je ne me suis pas freinée.

c5f5c0e0b1f2e6edec89e398a0acf721.jpgJe souris parce qu’avec son premier livre Rhésus, elle ne s’était déjà pas beaucoup freinée pour écrire cette histoire hallucinante d’un bonobo gérontophile qui met le feu aux mœurs d’une maison de retraite. (Prix du 15 minutes plus tard, la Mention spéciale du Prix Wepler Fondation La Poste et le Prix Madame Figaro/le Grand Véfour).

Héléna Marienské, même si elle s’emploie à m’expliquer le contraire est une provocatrice. Je lis dans son sourire qu’elle aime bien ça. Choquer, mettre un coup de pied dans les fourmilières, désarçonner son lecteur, s’amuser avec, écrire cru sans franchir la frontière de l’égrillard… elle s’en amuse. Mais, elle insiste sur le fait que ce livre est un livre féministe.

-Toutes les héroïnes de mon livre sont des femmes libres et libertines. Elles ne se laissent pas imposer l’acte sexuel qui serait contraire à leur désir. Elles savent dire non. Elles ont l’art d’expliquer qu’elles ont une bouche qui sert aussi à parler. Elles ne s’en privent pas.

Héléna Marienska m’expliquera aussi qu’elle a voulu venger la femme.

« Le désir de la femme si souvent puni, Sali, mais qui refuse toute facilité de l’oppression. On dérobe à la femme la parole, elle dérobe momentanément le sexe. »

L’agrégée de lettres, elle, dérobe à ses auteurs le style, le temps d’un récit.

Elle écrit donc des « horreurs » à la manière de Michel Houellebecq, Gédéon Tallemant des Réaux, Louis-Ferdinand Céline, Jean de la Fontaine , Christine Angot, Michel de Montaigne, Vincent Ravalec et Georges Perec.

Vous dire mes préférences n’aurait aucun intérêt.

Mais, vous me connaissez, je vais quand même le faire.

Jean de la Fontaine m’a bluffé, Perec impressionné (comme dans son livre La Disparition , écrire une histoire sans un seul « e », boudiou !!!) et surtout (parce que je suis fan), Ravalec m’a estomaqué. Je ne sais pas comment Héléna Marienské parvient à un tel mimétisme, mais c’est impressionnant.

Ce sont tous des textes libertins écrits sur le mode fantastico-comique, badins, désinvoltes et surtout, j’insiste car je n’utilise pas tant que cela ce mot : « jubilatoire ! »

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Je lui dis tout le respect que j’ai pour Ravalec, un auteur pas assez reconnu à sa juste valeur. Personnellement, j’ai bien fait quelques tentatives de mise en avant sur mon blog (ici et ), mais il n’a toujours pas reçu le prix Goncourt depuis.

Ce que je trouve très agaçant, à la fin !

A quoi ça sert que j’écrive des notes si Nourissier ne les lit pas (quoi, il a donné sa dém’ de l’Académie Goncourt!)

Nous parlons un long moment de Vincent Ravalec et nous échangeons nos impressions sur quelques-uns de ses livres.

Et Audrey vient pour clore l’entretien.

Ah ! Je ne suis pas tout seul sur Terre ?

D’autres journalistes souhaitaient rencontrer Héléna Marienské ?

Oui.

Bien.

Je m’efface.

À regret.

Et, je conseille à tous de lire cette performance littéraire, ses huit variations sur le même thème, ce monument de la littérature coquine et…exquise.

Allez, soyons fous ! J’estampille ce « degré suprême de la tendresse », coup de cœur du mois.

Ici, une jolie critique...

31 janvier 2008

Béni Snassen... Chevaliers des temps modernes!

  
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 Vous vous souvenez, il y a trois semaines, j'avais filé un coup de projo sur ce collectif rap...

"Il aura fallu attendre la naissance de Béni Snassen pour rendre à la culture du collectif Rap ses lettres de noblesse.

Voici donc Spleen et Idéal, le premier projet à sortir sous la bannière du nouveau label Gibraltar, porté par Abd al Malik puis nourri par la présence de Bi'lin, Wallen, les NAP, Hamcho, Mattéo Falkone et un spécial guest de choix Ali.

  

Serais-ce le premier album Hip Hop humaniste? L'approche artistique de ces chevaliers des temps modernes ne nous laisse guerre entendre autre chose. C'est une belle histoire qui commence là, le genre de récit épique où ce n'est pas l'issue du combat qui importe mais le combat lui même".*

(*Extraits du dossier de presse.)

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Voici donc la suite...

C'est parti!

1e57cdebeee51880f39564cc17ce6109.jpgIl y a une part de violence en nous que l’on ne peut ignorer…

Mais il y a aussi en l’homme cette capacité exemplaire à la maîtriser.

Woaw ! Déjà là, ça commence fort. Le slogan de Beni Snassen, il en jette un max.

Beni Snassen (un peu de culture, s’il vous plait !), c’était une confédération tribale dans l’oriental marocain. Comme l’explique le dossier de presse : « Un territoire montagneux qui accueillaient depuis des siècles des tribus bien distinctes revendiquant leur unité, n’hésitant pas à exprimer leur désaccord, leur résistance, toujours avec respect, honneur et bravoure ce qui d’ailleurs valut à un char français de porter le nom de Beni Snassen. »

 

Jeudi dernier (le 24 janvier), j’ai été convié à rencontrer trois membres de ce collectif rap. Je ne parle pas beaucoup de rap ici, parce que je n’aime pas le rap. Mais, là, c’est différent, l’un des instigateurs de cette aventure est Abd al Malik (avec sa femme Wallen et Fabien Coste).

Et Abd al Malik, je l’aime bien. Certes, qu’on le compare à Brel m’exaspère (parce que ce type de comparaison est parfaitement stupide), mais le garçon est pétri de talent, c’est sûr.

J’arrive dans une petite pièce de chez EMI ou m’attendent sagement 3 Beni Snassen. Warda (l’une des deux sœurs Bi’lin), Fabien Coste (aka Badr), le producteur du disque et Abd al Malik. Ces deux derniers, je les avais rencontrés dans des circonstances, pour le moins originales…

D’ailleurs, Fabien me fixe et finit par me dire :

-On s’est croisé où ?

-J’ai interviewé Abd al Malik pour son album Gibraltar. Vous étiez avec lui ce jour-là.

-Oui, mais c’était où ?

-Euh… au Mac Do de l’Aquaboulevard.

Les deux, de crier : « Ah, oui, c’était toi ! » 

Et Abd al Malik, d’ajouter :

-A chaque fois qu’on passe devant, on repense à ce journaliste qui a consciencieusement fait son interview, assis à une table du Mac Do… devant un chicken et un coca !

-Oui, ben, moi, c’est pareil, à chaque fois que je passe devant, je répète l’anecdote à qui se trouve à côté de moi. Quand je suis seul, je me la raconte à moi-même…j’ai une vie tout à fait passionnante.

-Tu sais que tu étais le premier, en tout cas, un des tout premiers à t’intéresser à mon disque ? Tu m’as porté chance. Merci !

(De rien, moi, si je peux rendre service !)

C’était là d’ailleurs. La top classe internationale !

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Bref, je vois Warda qui sourit à cette méga aventure pittoresque, comme si elle se détendait, genre, « bon, lui, visiblement, il va être gentil avec nous. »

Mais, je suis toujours gentil, moi, avec les artistes. Surtout avec ceux qui deux jours plus tard, sont fait « chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres » par la ministre de la Culture Christine Albanel ». C’était le cas pour Abd al Malik, dimanche, à Cannes au premier jour du Midem (Marché international du disque et de l'édition musicale).

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J’attaque en demandant au futur nouveau « chevalier » de m’expliquer le pourquoi du comment de ce collectif.

Abd al Malik : Je tiens à dire qu’avant que l’on concrétise le projet Beni Snassen, il y avait déjà un collectif. Des artistes qui gravitaient autour de mon groupe NAP. On s’était toujours promis que le premier qui aurait du succès ferait quelque chose qui permettrait de mettre en avant les autres. Notre démarche s’inscrit parfaitement dans la culture hip-hop. Le collectif. Si chacun à sa singularité, il y a une idée commune. Il s’agit de trouver l’unité dans la diversité et la diversité dans l’unité. On se connaît depuis longtemps, on est fan des uns et des autres et au final, il y a une saine compétition entre nous. On se porte tous vers le haut.

Warda précise timidement : Il n’y a ni hiérarchie, ni rivalité entre nous. Pour le duo que je forme avec ma sœur (Bi’lin), Hamcho, Mattéo Falkone et les NAP, c’est bien de travailler avec Wallen et Abd al Malik. Ils ont beaucoup d’expérience et sont très enrichissants. Ce que je trouve étonnant, c’est que nous avons écrit et composé séparément et qu’à la fin, il y a une unité à cet album. C’est parce que nous sommes dans le même état d’esprit.

Fabien Coste, acquiesce. Il n’est pas là pour décorer la salle. S’il est producteur, il est aussi l’un des concepteurs du projet, donc, il participe activement à la promo. Je le soupçonne même d’aimer ça.

-On est dans une dynamique de travail, de rigueur et de respect des choses. On veut brandir l’étendard du hip-hop pour montrer que c’est une forme culturelle musicale qui fait partie de notre patrimoine. On veut prouver qu’elle est accessible dans le fond comme dans la forme. Ce qui nous unit, c’est notre humanité. Elle va nous servir à construire un pont entre les cultures…

Abd al Malik lui coupe presque la parole.

-Oui, et nous avons écrit les textes dans une forme d’urgence. Le rap, c’est une musique qui traîne des casseroles. Nous voulons dire : « N’ayons plus peur ! Essayons d’aller voir ce qu’il y a chez l’autre, observer ce qu’il y a derrière. »

Je ne comprends pas ce qu’il vous sous-entendre par là. Les rappeurs ne sont plus considérés comme des méchants sans foi ni loi… enfin, il me semble.

-Ce n’est pas ce que je veux dire, mais enfin, les rappeurs ne sont pas en périphérie de la société et du monde. Les crissements de cette société, l’individualisme, le rapport au matérialisme, une forme de misogynie, etc…etc… on les vit. On est parfois comme ça, parce que la société est comme ça. Le rap est à l’image de la société.

Tous les artistes du collectif se retrouvent autour de ses valeurs de « chevalerie universelle » comme autour d’une source intarissable d’inspiration qui leur rappelle leur soif d’idéal.

Mais franchement, je les entends dire partout qu’ils sont les chevaliers des temps modernes. Je demande à Abd al Malik, à moitié en plaisantant, s’ils n’exagèrent pas un chouia….

-Celles et ceux qui sont une démarche d’espoir et dans une dynamique de bonté sont des chevaliers. L’idée, c’est de comprendre que lorsque l’on rêve seul, ça ne reste qu’un rêve, mais dès que l’on rêve à plusieurs, c’est le début des temps nouveaux qui sont là.

Et Fabien Coste d’ajouter :

-Le temps est neuf à chaque instant. Ce qui va être demain, c’est ce qu’on fait maintenant. Nous on veut bouleverser la société par le prisme de l’art et de la culture.

Je reste assez interloqué devant cette assurance. Je réitère différemment mes propos. ? N’ont-ils pas peur de passer pour des prétentieuses personnes pétant gaillardement un câble ?

Abd al Malik ne se démonte pas.

 

-D’abord, nous n’avons peur de rien. Des discours, on en a des merveilleux, des devises gravées dans la roche aussi. Il s’agit maintenant de rendre réelles dans le quotidien les paroles prononcées. Le changement est dans nos mains. Nous artistes, vous journalistes, le boucher, le facteur, le chômeur… tous, nous devons être acteur du changement. La communauté humaine doit être à la hauteur d’elle-même. S’il y a de la prétention à dire que, finalement, la meilleure des choses pour améliorer le monde, c’est s’améliorer soi-même, ça ne me dérange pas de passer pour un prétentieux. On est là pour agir, pas pour se demander ce qu’untel va penser de notre démarche. L’essentiel, c’est de faire avancer les choses. Nous sommes sur cette Terre pour cela.

Bon, ce qu’il y a de certain, c’est que les Beni Snassen sont bien dans leurs trucs. À fond dans le concept et les personnages. C’est bien.

A tout bien réfléchir, Beni Snassen/FAPM, même combat, sauf que nous, nous agissons dans l’ombre.

Très discrètement.

Et puis, on ne sait ni raper, ni slamer, encore moins chanter… enfin, on de débrouille comme on peut.

On mange, on boit, on refait le monde à notre façon.

Tout pareil, quoi !

Ici donc, 3 Beni Snassen et un FAPM.

(Même pas peur!)

 

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De gauche à droite, Abd al Malik, Mandor, Warda (Bil’in) et Fabien Coste (Badr).

Les nouveaux maîtres du monde (ouais, ben, j’m’inclus, si je veux !).

(Hein ? Pardon ? Je n’ai pas dit un mot sur le disque en lui-même… normal, je ne dis que du bien ici. J’ai tellement aimé Gibraltar, le disque d’Abd al Malik, que j’ai été forcément déçu par celui des Beni Snassen. Pourtant mixé et arrangé par Renaud Létang (Feist, Gonzales, Katerine) et produit par Bilal. Mais, encore une fois, le rap n’est pas ma culture, c’est presque normal que je n’apprécie guère. Si vous voulez lire une critique qui colle, à peu de choses près, à ce que je pense, petit curieux, allez lire la chronique de ma copine Marie Cartier sur Zik addict.

Allez, une autre vidéo. Les Beni Snassen dans Ce soir ou Jamais sur France 3.

 

 

 

www.myspace.com/benisnassen

Le Skyblog officel.