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02 mai 2007

Constance Amiot... la femme guitare!

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L’été 2004, je l’ai passé à faire le Tour de France à la voile pour la radio qui m’employait alors. C’est à cette occasion que j’ai rencontré le kiné de l’équipe (gagnante d’ailleurs, cette année-là) Bouygues Télécom. Benoît medium_amiot05.jpgCaillé et moi avions une amie commune et donc, nous avons sympathisé. Outre le fait que ce type était un ange (toujours d’ailleurs), il m’invitait le soir à fêter dignement les victoires de ses coéquipiers…

Pourquoi je raconte ça ?

Ah oui ! Parce que c’est lui qui m’a fait connaître Constance Amiot.

Le kiné est aussi musicien.

Il m’a filé un jour un album auto produit dans lequel il joue de l’harmonica sur des chansons d’une chanteuse que je ne connaissais pas.

Cet été-là, j’ai beaucoup écouté l’album Whisper Wood, d’une inconnue prénommée Constance. 

J’ai tout de suite eu le coup de foudre pour les chansons inspiratrices de calme et de volupté de cette beauté diaphane.

Je me disais que le folk féminin à la française était né.
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Le mois dernier, je reçois un disque qui vient de chez tôt Ou tard, maison de disque de qualité, Fairytale. Je l’écoute donc en toute confiance. Puis je me dis… mince alors, je connais ces chansons !

Je scrute en détail la pochette, les crédits…etc. et je comprends.

Constance Amiot est la Constance de mon Tour de France à la voile 2004.

(Comme quoi, parfois, on est peu de chose).

Mon pote est toujours de la partie parce qu’il est crédité.

Bon, je vais en parler pour mon journal. C’est décidé.

Quelques jours plus tard, je vais voir mon ami Jérôme Attal en concert (j’en parlais là récemment) et je tombe sur Benoît.

Retrouvailles chaleureuses. Il me présente Constance, avec qui il est venu.

Marrant parce que, deux jours plus tard, nous avions un très officiel rendez-vous pour une interview destinée à mon journal.
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Le rendez-vous s’est donc tenu le 20 avril au bar La Lubie (point de chute des artistes de cette maison de disque, comme vous pouvez le constater et également ici).

Le feeling est immédiat. Nous sommes maintenant de « vieux amis »…

Elle se moque de mon enregistreur Sanyo, certes, assez pourrave.

-Tu trouves encore des cassettes audio comme ça en magasin ?

Heureusement, je suis de bonne humeur et aucun coup bas ne m’atteindra aujourd’hui.

Je ne lui explique pas que le matériel ne fait pas le bon entretien.

Elle me raconte sa vie que je résume ici.

Elle est née de parents français à Abidjan en Côte d’Ivoire à la fin des années 70 et a passé les six premières années de sa vie à Yaoundé au Cameroun, puis les 16 suivantes dans le Maryland aux États-Unis.

À 22 ans, sur les conseils de ses sœurs, elle décide de s’installer à Paris. Elle rencontre très vite deux musiciens, Lawrence Collins et Nicolas Buffet. Ils produisent ensemble une maquette puis un album auto produit qu’elle vendra à la fin de ses concerts et sur Internet.

-C’était beaucoup d’investissements, mais une expérience très enrichissante. Ça bouffe de l’énergie et on a mis beaucoup de temps à enregistrer cet album, Whisper Wood. C’était tellement compliqué que, parfois, je me demandais si j’étais musicienne ou chef d’entreprise…

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Mais Constance ne fléchit pas. Ses parents, qui s’attendaient à ce qu’elle fasse un métier sûr puisqu’elle suivait des études dans ce sens (droit et audio-visuel), l’encouragent quand même…

Sa mère, peu avant qu'elle ne rejoigne les étoiles, fait parvenir à sa fille cette citation tirée du Prophète de Khalil Gibran : «Si tu chantes la beauté, sache que même dans la solitude du désert tu trouveras une oreille attentive».

Banco. La jeune fille comprend qu’elle ira jusqu’au bout.

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Elle fait ensuite beaucoup de scène et notamment le New Morning en 2005.

J’y étais.

Benoît m’y avait convié.

La salle était bondée.

Aujourd’hui, l’aventure continue grâce à Vincent Frèrebeau, patron de tôt Ou tard.

-Il ne m’a rien imposé contrairement à pas mal d’autres labels que j’ai pu rencontrer. Ca ne me convenait pas de ne chanter qu’en langue française. C’était pour moi un non-sens par rapport à mon histoire…Lui, au contraire, a voulu m’entendre dans les deux langues. Whisper Wood avait été si compliqué à enregistrer que pour Fairytale, j’ai enregistré en 3 jours. Il paraît que j’ai le record de rapidité chez tôt Ou tard…

Et de me préciser que Vincent Frèrebeau est un vrai directeur artistique « qui est très cash, il dit les choses sans prendre de gants ».
 
medium_V87_Musique_Constance_Amiot_cover_.JPGSi l’album s’appelle Fairytale (conte de fée) c’est que Constance a le sentiment d’en vivre un.

-Oui, mais rien n’a été simple. Je n’ai pas beaucoup galéré avant de sortir ce disque, mais j’ai dû m’accrocher. Imposer ma culture américano-française a été le plus difficile.

Constance Amiot navigue entre le folk américain, le jazz manouche et une country discrète, le tout avec un sens aérien de la mélodie. Pour elle, la place du texte n’est pas aussi importante que celle de la mélodie, m’explique-t-elle franchement.

-Mais quand même, je n’écris pas n’importe quoi. Je veux que chacun s’approprie l’histoire, alors, je fais en sorte d’installer un climat, une sensation qu’il faut déceler. (Rires). Parfois, je sais à peine ce que je veux dire…

Si elle est  l’auteur de ses chansons, il y a, tout de même, 3 textes de Jérôme Attal.

-Je suis impressionnée par lui. Il maîtrise magistralement sa plume et sait comme personne la fluidité des mots… Ses chansons ont des textes si brillants que je pourrais en changer la couleur musicale sans problème.

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Constance est une voyageuse chronique…

L’évasion est-elle essentielle pour créer ?

-Je le pense. J’ai besoin de voir le monde bouger et de vivre ma vie en mobilité permanente. C’est l’essence même de ma vie vagabonde qui m’inspire.

medium_Constance_2.JPGLaissez-vous séduire par ses textes, tendres, parfois drôles.

Touchante sur les plages intimistes, convaincante sur les glissés groove.

Le disque est dans les bacs depuis le 23 avril.

Bref, vous pouvez écouter des extraits là… et visiter son MySpace.

Le clip de Clash dans le tempo est à voir ici.

Après l’entretien officiel, nous parlons encore un peu… mais la belle doit s’en aller pour d’autres aventures extra parisiennes.

Malheureusement.

C’est bien, remarquez… Ça m’a évité de tomber amoureux.

De nouveau.

Son attachée de presse nous prend en photo.

Elle tient son disque auto produit… qu’elle s’est étonnée de me voir sortir de mon sac.
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-Tu es bien le seul journaliste à l’avoir…

-Je sais… je suis bien le seul journaliste à connaître Benoît Caillé.

Le soir, je l’ai regardé dans Taratata sur France 4.

Et, je me suis dit que je faisais vraiment un beau métier…

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25 avril 2007

Angélique Kidjo... questions épistolaires!

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Angélique Kidjo est d’origine béninoise.

Cette chanteuse et compositrice aux nombreuses récompenses a démarré sa carrière dans le village de Cotonou, à l’âge de 6 ans. Les troubles politiques dans son pays l’ont amenée à s’installer à Paris, la capitale de la World Music, puis à New York où elle réside aujourd’hui.

Sa voix impressionnante, sa présence scénique et sa faculté d’adaptation aux différentes langues et cultures lui valent d’être respectée par ses pairs et reconnue dans le monde entier. La passion qui habite les textes de ses chansons a également été remarquée par de nombreuses associations humanitaires auxquelles son nom est associé depuis longtemps.

medium_V87_Musique_Angelique_Kidjo_cover_.JPGDans son nouvel album (qui sort le 30 avril) produit par Tony Visconti (David Bowie, T.Rex, Morrissey) elle chante en duo avec de nombreuses autres stars. Alicia Keys, Joss Stone, Peter Gabriel, Amadou et Mariam, Josh Groban, Carlos Santana et Ziggy Marley.

De quoi intéresser Mandor…

-Allo ! J’appelle pour demander une interview d’Angélique Kidjo. Je dois faire un assez long papier sur son dernier album Djin Djin.

-Oh ! C’est dommage, elle est partie hier pour les États-Unis, elle ne revient que dans un mois.

-Merdouille !

Ne dis-je pas.

L’attachée de presse me propose 3 solutions :

-Attendre son retour.

Non, je dois rendre mon papier cette semaine.

-Faire un phoner. (Interview par téléphone).

Non, ça va ruiner mon forfait. 30mn aux States, mazette !

-Lui poser des questions par mail…

Oui, tiens, pourquoi pas? Je n’ai jamais fait ça.

Voici quelques extraits de ses réponses:

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-Djin Djin marque le retour à vos racines musicales. Estimez-vous que vous vous en étiez éloignées ?


-Je ne pense pas. Tous mes voyages exploraient les racines africaines d’autres musiques, celles de la diaspora. La nouveauté dans ce disque, c’est que le groupe en studio s’est constitué autour de deux percussionnistes du Gangbe Brass Band, un groupe du Benin. Ce sont eux qui ont donné la couleur originale des rythmes.


-Vous avez beaucoup chanté en français et anglais dans votre  medium_angelique-kidjo-0088-200405.jpgcarrière. Le fait de vous en tenir aux langues du Bénin, du Nigeria et du Togo donne-t-il plus d'authenticité à votre album ?


-Oui, mais ce n’était pas le but principal. J’aime beaucoup les mélanges et les rencontres… Comme les invités, sur cet album, chantaient principalement en anglais, je dialoguais avec eux en langues africaines. Mais il faut noter que certains invités chantent quelques phrases en Fon ou en Yoruba !

medium_kidjo.jpg-Même si la culture du Bénin est très présente, ce disque est universel. Vous l'avez voulu rassembleur. Est-ce pour cela qu'il y a tous ces artistes d'horizons si différents ?


-Je note souvent, dans mes concerts, que les réactions des gens, dans tous les pays que je traverse, sont presque identiques. Cela me fait penser qu’au-delà de la politique nous sommes tous beaucoup plus semblables que nous voulons le croire. Je pense qu’en musique cela fonctionne. J’aime tellement d’artistes de genres différents que c’est un rêve de les réunir sur un même disque.

-Ont-ils accepté facilement de rentrer dans l'univers de votre pays d'origine ?

-C’est ce qui les a intéressé, je crois. Si je leur avais amené un morceau R’nB, pop ou reggae, je suppose qu’ils auraient été moins motivés.

-Il y a trois reprises étonnantes : Pearls de Sade et Gimme shalter des Rolling Stones et le Boléro de Ravel.  medium_photohome2.jpgC'est, là encore, une formidable preuve d'ouverture. Pourquoi ces 3 reprises « africanisées ».

-J’ai fait, par le passé, quelques reprises, comme Voodoo Chile de Jimmy Hendrix par exemple. Pour qu’elles soient réussies, il faut que leur sujet ou leur musique ait un lien avec mon monde. Les thèmes de Pearls et de Gimme Shelter me touchent de près, car ils parlent de façon forte, mais poétique de la situation en Afrique. Quant au Boléro, je pense que c’est la première fois dans l’histoire de la musique classique que l’influence de l’Afrique se fait sentir autant. Avec notamment, l’importance donnée aux rythmes et aux mélodies modales J’ai voulu rendre hommage à Ravel pour avoir compris la beauté et la force de notre musique. 

-Dans tous vos albums, vous évoquez les joies et les peines de l'existence. Dans celui-ci la société, la jeunesse, la violence, l'argent, l'amour de la musique et ses bienfaits. S'il y avait un message précis à retenir de cet album. Quel serait-il ?

-Non au repli sur soi même. Oui à l’ouverture et aux rencontres !  Est-ce d’actualité ?

-Vous dites que « que l'on soit né en Afrique ou en Amérique, on se doit de célébrer la vie ». Pour vous, le meilleur moyen, c'est la musique ?
 
-Sans aucun doute!

23 avril 2007

Jean Guidoni... le miraculé de la chanson française!

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Je me suis trompé.

A la sortie du précédent album de Jean Guidoni, j’avais écrit que Trapèze était son disque majeur. Quittant définitivement la famille Fassbinder-Caven, les zones interlopes des Crimes passionnels (musique d'Astor Piazzola), Trapèze avait marqué la résurrection discographique et scénique d'un interprète qui servit auparavant d'une voix de soie et de mystères les poèmes de Pierre Philippe.

La preuve.

Non, quelle connerie !

Son disque majeur, c’est La pointe Rouge.

Il a fait mieux, le fou (chantant) !
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Jean Guidoni récidive aujourd’hui dans la modernité, lui qui fait aujourd'hui figure de précurseur d'une chanson française sophistiquée et rare.

Depuis Tramway Terminus Nord, je suis la carrière en dents de scie du monsieur.
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La Pointe rouge est le 21ème album du chanteur.

medium_champ_1.gifJe comptabilise ici les lives, car Jean Guidoni est un magnifique re-créateur de chansons en scène.

Il  aborde aujourd’hui un chapitre de sa carrière qui le rapproche parfois, sur le ton, de Claude Nougaro : Peintures.

Car le chanteur né à Toulon, ascendance corse, s'est trouvé une nouvelle famille : des plus jeunes adorant les eaux intermédiaires.

Il incombait aux artistes de cette génération d’accorder enfin à Jean Guidoni la place et l’influence qu’il méritait pour avoir exploré bien avant les autres des territoires d’avant-garde.
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Dominique A signe Cloaca Maxima, et chante en duo cette mélodie marquée du sceau des envolées hautes et du phrasé large de son auteur.

Katerine, décidément drôle, lui offre Un arbre en Normandie, une perle d'humour et de philosophie décalée.

Jeanne Cherhal, (Mandorisée ici) au piano et voix, qui imagine Jean enceinte Comme un autre.

Mathias Malzieu, le chanteur de Dionysos, avec une pop-rock entraînante pour Oh Loup !, livré avec admirationmedium_guidoni_malzau.jpg et force.

-J’avais envie de m’ouvrir à d’autres textes et d’autres musiques. J’étais surpris qu’ils soient très heureux de le faire. Nous n’avons essuyé aucun refus. Peut-être suis-je une référence pour tous ces artistes, en tout cas, j’ai été très étonné d’être accepté aussi facilement. C’est intéressant que ça arrive maintenant.

Ce statut de parrain, Guidoni ne semble pas lui-même en être conscient :

-Je ne me rends pas compte, j’ai toujours été à la marge. Mais je suis présent dans certaines têtes, ce qui est important. 

Le multi instrumentiste, Nicolas Deutsch, lui a composé la majeure partie des musiques. Il joue d'une énergie sans ordre et permet à Guidoni bien des audaces, des écarts de sentier, des fantaisies, des dissonances orchestrales que le chanteur à la voix vibrante sait maîtriser à la perfection.

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Jean Guidoni a repris sa plume et c’est peut-être ça le plus important…

Il s’est estimé le mieux placé pour écrire ce que le magnifique interprète qu’il est devra défendre.

Bonne idée.

medium_baniere_BN_CD.gif"Je me balance au bout d'un fil/Et qu'importe qui le coupera", conclut celui que photographièrent Pierre et Gilles en cuir, croix, rose rouge, yeux peints, tout noirs, khôl lourd et regard perdu (pour Têtu, en 1997), et qui aujourd'hui pose dans les herbes et dans le vent, en partance vers le Kerala, dangereux et fascinant, qui "s'enamourache" de Pina Bausch et s'entiche de l'exil.

A voir IMPERATIVEMENT sur scène à partir de demain jusqu’à dimanche à la Boule Noire.

Et également du 22 au 27 mai.

Chaque soir, des invités viennent chanter avec lui.

Chaque soir, vous serez transporté dans un autre monde.

Il est beau.

Découvrez le sur son MySpace...

19 avril 2007

Jérôme Attal au Réservoir!

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Je vais vous dire franchement, hier, j’avais le moral dans les chaussettes.

Je suis quand même allé voir Jérôme Attal au Réservoir parce que je ne voulais pas manquer ce rendez-vous musical et amical là.

Je l’ai déjà (et plusieurs fois) expliqué ici, je trouve que c’est l’un de nos artistes français les plus talentueux et pourtant un des plus sous-évalués.

Pas mis en évidence, en tout cas.

Dans cette petite salle parisienne, je suis venu seul, je veux dire sans Mandor, mon double qui me ressemble fichtrement.

Pas envie de futilité ce soir. Pas envie de dégainer mon appareil photo et traquer les artistes présents (chanteurs, créateurs, écrivains fort nombreux).

Mine de rien, Jérôme connaît du monde et ce monde-là se déplace pour ses rares apparitions scéniques.

Un monde fidèle.

Bref, j’ai décidé, hier soir de venir en spectateur lambda.

Juste apprécier un mec que j’aime bien.

Point barre.

En ce moment, mes futilités m’agacent.

Besoin de profondeur.

Je dois être dans ma phase obscure.

Bref, j’attends le début de spectacle, seul avec ma Desperado (chaude, les cons !).

Je croise le regard d’une fille pas mal.

-Bonjour !

-Bonsoir ! Dis-je, contrarié et contrariant.

-On se connaît ?

-Je ne crois pas non.

-Pourquoi vous me regardiez ?

-Parce que vous me regardiez.

-Ah !

-Oui.

-Vous êtes Stéphane ?

En tant normal, j’aurais dit oui parce que je suis taquin. Ca m’aurait amusé de la faire courir un peu, celle là. Mais pas hier soir.

Non.

-Non, mais tout le monde le cherche.

Il s’agit de Stéphane Million, éditeur chez Scali (notamment de la revue Bordel), la maison qui édite Jérôme Attal.

-Il est où ? Je ne connais même pas son visage mais il m’a envoyé un mail pour que je vienne ce soir impérativement.

Pas envie de creuser l’histoire. Trop confuse la demoiselle. Je prends une gorgée de mon breuvage chaudasse et je le montre du doigt (je sais, ce n’est pas poli).

-Et vous, vous êtes qui ?

-Un anonyme qui veut rester peinard ce soir. Et vous ?

-Euh… une anonyme aussi.

-Bien. Quel sens de la répartie !

Elle réfléchit.

-En fait, je suis détective privé. C’est ma première enquête ce soir.

-…

-Bonne soirée !

-…

Elle s’est isolée et a passé la soirée à mater Stéphane Million qui, visiblement, se contrefoutait de cette jeune fille.

Heureusement, j’ai croisé d’autres personnes sympathiques. Un très bon ami kiné rencontré sur le Tour de France à la Voile 2004  (j’y étais l’envoyé spécial d’RTL2 pendant un mois). Benoît est aussi musicien de Constance Amiot. Bizarre coïncidence parce que je l’interviewe vendredi après-midi pour mon journal. Elle vient de sortir un très bel album chez tôt Ou tard : Fairytale (disque contenant 3 chansons de Jérôme !). La chanteuse était là, d'ailleurs. Charmante et étonnée que le type avec qui elle a rendez-vous deux jours plus tard soit un ami de celui avec qui elle est venue voir le spectacle.

Une bise de Constance vaut tout l’or du monde.

Il y avait aussi Pierre Guimard (déjà aperçu ici), Jean-Charles de Castelbajac venu accompagner sa douce Mareva Galanter (qui a chanté quelques chansons avec Jérôme) et mon collègue de journal, Hubert Artus.

Voici quelques photos du concert.

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Sur scène, Jérôme Attal est capable de citer Michel Foucault, de se moquer de Marguerite Duras, de parler au public avec une nonchalance frisant l’insolence, de taquiner ses musiciens… mais tout ça marche diablement parce qu’il sait nous mener là où il veut nous mener. Dans son monde.
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Musicalement et textuellement, je le répète, je suis client.
Très.
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Là, avec Mareva Galanter (que vous pouvez voir aussi ici).
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Pendant ce temps là, son homme, Jean-Charles de Castelbajac prenait en photo son amoureuse.
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Après le concert, je papote assez longtemps avec Constance Amiot puis je vais saluer Jérôme.

Je ne suis pas doué pour les félicitations…

Je bredouille un truc pas très clair du genre :

-Tu m’as bien amusé.

On ne dit pas ça à un chanteur.

On dit qu’on a vibré au son de sa musique, de sa voix, de ses textes, de son jeu de scène… je ne suis pas venu voir un spectacle d’humour.

N’empêche qu’il est aussi drôle.

Volontairement, en plus.

Jérôme, magnanime, m’a regardé gentiment.

Il sait que ça ne va pas fort en ce moment et se renseigne sur ce qui me préoccupe.

Je reste évasif.

Nous nous voyons la semaine prochaine pour parler de son livre L’amoureux en lambeaux.

Donc, désolé, mais je n’en n’ai pas fini avec Jérôme Attal.

18 avril 2007

Antoine Dole... le Hulk de la littérature!

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Antoine Dole pourrait être un jeune homme énervant.

Il se présente ainsi sur son site :

        

 « Je ne cherche pas à négocier ce que je suis. Je ne cherche pas à être un bon garçon, docile et agréable. Je ne cherche pas à être exemplaire. En aucun cas. Alors, je peux dire que ça va, je suis prêt à écrire. Et ce qui est important, dans le fond, c’est les raisons pour lesquelles j’ai entrepris ce voyage dans mes profondeurs, c’est ça qui a changé qui je suis, pas l’endroit où je vais…» A.D

medium_Antoine_dole_red.jpgMais, en vrai, ce garçon de 23 ans ne l’est pas (énervant).

J’ai découvert ce nouvel auteur grâce à Olivia Michel, avec qui il dirige la revue En attendant l’or (voir leur soirée de présentation ici).

Antoine Dole, d’après ce que j’en ai lu me semble être un écorché vif  doublé d’un type pas très bien dans sa peau (ce qui, globalement, doit revenir au même...).

Du coup, il écrit.

Tout le temps.

Des nouvelles, des romans, des pensées…

Il lui est arrivé de me laisser quelques commentaires ici et le personnage a fini par m’intriguer. J’ai voulu savoir qui se cachait derrière ces mots.

Le jeune homme n’habite pas à Paris alors, j’ai attendu qu’il vienne dans la capitale pour le Mandoriser.

Le mardi 10 Avril, la chose fut faite.

Je lui ai donné rendez-vous à Porte de la Chapelle pour déjeuner.

Je sais, il y a mieux comme quartier, mais je devais faire une autre interview dans le coin peu après.

Nous rentrons dans le premier restaurant venu.

Antoine est gentil, un peu timide, mais l’esprit vif et droit. Aussi charmant à l’extérieur qu’obscur à l’intérieur. On sent en lui une certaine dichotomie.

Le bien, le mal se bousculent.

De toute manière, à la poubelle le manichéisme…

Au cours de la conversation, je constate aussi qu’il sait parfaitement ce qu’il veut et qu’il ne mâche pas ses mots. Les conséquences de ses actes, de ses écrits, il les assumera sans l’ombre d’un doute.

Et pourtant, le garçon est tenaillé par le doute.

J’adore la complexité et le paradoxe des hommes.

Beurk les gens lisses !

(Certains me considèrent ainsi d’ailleurs.

Faudrait juste avoir la curiosité de gratter un peu… je ne montre pas mon vrai jour à n’importe qui.)

Il me raconte que l’un de ses blogs était de couleur verte, comme son héros préféré.

Un héros qui lui ressemble. Un héros double.

Parfois, il est le docteur Banner, parfois il se transforme en Hulk

-Quand j’écris, c’est qu’il y a quelque chose qui sort et qui me dépasse vraiment. Je suis très violent dans les propos que j’arrive à obtenir avec mon écriture alors que je suis plus tranquille dans la vie. Tu vois, comme là, à cet instant précis.

medium_Antoine_dole_couverture_revue.jpgRapidement, la conversation porte sur la revue dont il est le fer de lance :

En attendant l’or (le rendez-vous de la scène littéraire alternative).

Antoine m’explique qu’il ne s’attendait pas à un tel retour de bâton. Les critiques, notamment sur les blogs littéraires, ont été virulentes. Il en est fort contrarié.

Touché, mais pas encore coulé.

-Je n’étais pas préparé à recevoir une volée de bois verts. Nous aurions du écrire qu’il s’agissait du « rendez-vous de l’une des scènes littéraires alternatives » car, visiblement, beaucoup ne se sont pas reconnus dans ce premier numéro. Mais je persiste à dire qu’il y a une vraie scène littéraire mise en place par le net. Avec Olivia, nous souhaitons la mettre en avant et nous réfutons la polémique qui traîne sur Internet. Nous n’avons pas pris d’amis à nous. Nous en avons démarché deux sur la toile. Pablo Krantz et Marylou Viennel, c’est tout. Les autres ont simplement répondu à un appel à texte qu’on a véhiculé sur nos sites respectifs, sur celui du Buzz littéraire  et sur celui de la revue. Nous avons reçu un peu moins de 300 textes d’une qualité inégale. Olivia et moi avons lu chacun de notre côté tous les textes. Nous avons fait ensuite une liste de 20 nouvelles chacun et étrangement, nos 20 noms étaient les mêmes. Il a fallu en éliminer 5 et c’était difficile.

Les autres sont donc : Julia Kino, Jérôme Bonneto, Caroline Petit, Patrick Tuan, Axl Cendres, Sylvie Del Nevo, Ritta Badoura, Samuel Raharison, Paul Austère, Isabelle Dumont et Laura Berent.

Olivia Michel et Antoine Dole ont également publié leur texte… histoire de mouiller la chemise…

Notons enfin la participation de Aymeric Patricot (son blog et là, sa Mandorisation), Max Monnehay, ainsi que les artistes chanteurs musiciens Mayane Delem et Louis.

Du beau monde, je vous l’assure, pour traiter le sujet imposé : L’errance.

 

Quant à ceux qui critiquent sytématiquement toutes nouvelles initiatives, je lui dis de ne pas trop en tenir compte (sauf quand elles sont constructives, ce qui est loin d'être toujours le cas).

C'est toujours comme ça.

Les gens qui ne font rien détruisent.

Comportement vieux comme le monde.

Antoine n’arrive pas à manger et à parler en même temps. Il est gêné. Ça m’amuse parce qu’il trouve que ce medium_antoine_dole.jpgn’est pas esthétique. Moi, je ne me pose pas ce genre de question. Son image lui pose des problèmes. Il me l’avoue. Bizarre, il est plutôt beau garçon et son charme est indéniable.

Il a ses raisons.

Il me les a expliqué mais c’est un peu personnel.

Mais pas sans rapport avec un roman à venir, L’âme au Napalm.

Pas une biographie, mais presque.

Duraille.

Ses états d’âme, son mal-être, il l’expulse par le biais de l’écriture.

-Ma littérature ne m’autorise aucune hésitation et aucune prudence. Il faut que j’aille dedans.

Lisez son nouveau livre, Les autopsies intimes, recueil de 33 textes, de 33 vies qui sort le 7 mai prochain :

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« Des anonymes, ou peut-être pas vraiment. Derrière la porte de votre voisin, dans la rue en bas de chez vous, cette personne que vous venez de croiser. Peut être vous, d’ailleurs. Les trente-trois pièces d’un même puzzle. Portrait de notre société.

Le point commun entre une vieille dame seule sur le sol de sa cuisine à Paris pendant la canicule de 2003 et un gosse de 6 ans pris dans l’explosion d’un train de banlieue en Espagne pendant les attentats de Madrid ? Le point commun entre cette mère qui donne la mort à son fils dans un hôpital de Berck, et ce père qui serre contre lui ce bébé qui vient de naître un matin de novembre ?

Un seul : ça pourrait être vous.

À partir de maintenant, oubliez qui vous êtes. »

Je n’ai pas lu le livre.

Pas encore reçu, donc, je ne porte aucun jugement dessus.

Ayant apprécié d’autres textes de lui, j’ai hâte de suivre ses pérégrinations littéraires, car il a une belle plume.

Fragile et forte, douloureusement ironique, même pas porteuse d’espoir.

Mais belle.

Une écriture qui trifouille l’intérieur et qui ne laisse pas de glace.

Antoine Dole ne devrait pas rester inconnu longtemps.

-J’insiste sur un point important. Je n’ai pas créé la revue pour me faire connaître. J’ai juste besoin d’entreprendre, pour les autres et pour moi. C’est viscéral !

La peur que l’on ne comprenne pas sa démarche, la peur d’être incompris en général, c’est finalement ce qui le fait avancer.

Le solitaire Antoine Dole aime le monde, mais il ne le comprend pas. C’est là tout son problème, je crois. (Merci Mandor pour cette psychanalyse de comptoir !)

Et à propos de comptoir…
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Je me pose juste une question.

Pourquoi suis-je attiré par les gens ténébreux ?

Fishturn, tu n'es pas exclu de cette remarque.

(Et pardon à toi, Antoine, si je ne t’ai pas perçu comme tu es réellement.

C’est juste ma vision. Elle est forcément faussée.)

13 avril 2007

Christophe Willem fout le souk près de chez moi!

medium_tot.jpg« Venez découvrir en live l’album de Christophe Willem le jeudi 12 avril 2007 à 19 H 30, à la Salle des Fêtes de Deuil-la-Barre, à 20 minutes de Paris.

Le show case sera suivi d’un cocktail.

Toutes informations utiles vous seront envoyées ultérieurement ».

J’ai reçu ce mail, comme bon nombre de journalistes.

Sauf que moi, pour une fois, je suis avantagé.

J’habite à deux minutes (en voiture) de cette ville (au nom qui inspire la joie de vivre, n’est-ce pas ?).

Je trouve ça très fort que Christophe Willem (dont je causais ici, il y a quelques jours) casse les habitudes du métier.

Parce qu’il a passé son enfance à Deuil-la-Barre, il fait venir par bus, peoples et journalistes, dans cette ville du Val d’Oise (autant dire, pour les Parisiens de pure souche, au bout du monde…).

Il impose qu’il n’y ai pas une goutte d’alcool (pour personne) avant son show case (à ce propos, Christophe, permets-moi de te dire que là, tu déconnes un peu !)

Il chante dans une salle des fêtes quelconque et absolument inconfortable.

Et bien, la fête a eu lieu et elle était plutôt sympathique.

Je vous raconte mon périple.

Je prends ma voiture (c’est à 20 minutes de chez moi à pied, quand même, je ne vais pas marcher si longtemps !)

J’arrive dans cette ville, qui… (comment dire ?) est plutôt calme habituellement.

Là, les services de police sont largement déployés aux alentours de la mairie et de la salle des fêtes.

Il y a Madonna dans le coin ou quoi ?

Je me fais arrêter 4 fois avant d’atteindre l’emplacement du parking réservé aux journalistes…

La cour de l’école.

Faut ce qu’il faut.

Je me dirige vers la salle des fêtes ou il y a déjà beaucoup de monde…
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Je cherche l’endroit où récupérer mon bracelet magique (vous savez, celui qui permet au pique-assiette que nous sommes, d’accéder au cocktail d’après spectacle).

-Vous êtes deux ? Vous avez deux places normalement, monsieur.

-Excusez-moi, mademoiselle, je suis venu seul. En fait, je n’ai pas d’amis et personne ne m’aime…

Ai-je envie de rétorquer à la charmante jeune fille qui vérifie les listes et qui donne les sésames.

Me voilà dans le parking de la mairie, devenu l’espace VIP de l’avant show case.

Une photo pour juger du côté pittoresque et dépaysant de l’endroit.
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Ca fait rêver, hein?
Là, je me mets en mode observation.
J’adore mater mes confrères.
Je vais vous faire une confidence. Je ne les aime pas beaucoup.
Je trouve que dans mon métier, il y en a un paquet qui se la joue.
J’ai du mal avec les comportements prétentieux et la fatuité, en règle générale.
Peut être, certains me considèrent ainsi, mais je fais tout pour que non.
Je me surveille quoi.
Mais on est toujours le prétentieux de quelqu’un (ça marche aussi avec « con » !)
Bref, il y a aussi des peoples.

medium_PICT2296.JPGJean-Claude Camus (le producteur entre autres de Johnny et de Sardou), par exemple.

Egalement Larusso (d’ailleurs méconnaissable, mais j’ai un œil de lynx pour reconnaître les célébrités de tout poil), Anggun, la très belle Julie Reins (une chanteuse qui a sorti un disque qui n’a pas fonctionné, mais que j’ai beaucoup apprécié), Murray Head, tous les élèves de la nouvelle promo de la Nouvelle Star (dont Julien qui semblait ne pas comprendre pourquoi les filles couraient derrière lui), André Manoukian, et Marianne James (plus en forme que jamais)…

Bref, pas le Pérou, mais, au moins la Bolivie.

(Retenez là, celle-là… je ne sais pas d’où je la sors, mais je trouve cette expression remarquable…)

(Sans me vanter).

On nous fait rentrer à 20 heures.

Une salle des fêtes des plus basiques.

Et hop, le show case commence à 20 h 45.

Voilà, une vue d’en haut.
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Et lui sur scène avec mon appareil photo tout pourrave, même pas capable de prendre un cliché convenable à plus de 5 mètres !
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Pour en savoir plus, c’est ici que ça se passe (comment je colle à l'actu artistique, moi!)

C’était franchement un bon moment…

Ici, des extraits de l'album et là, son clip Elu produit de l'année...

Mais, vous le savez, je préfère m’attarder sur ma vision des choses.

Après le show, le troupeau que nous formons est dirigé vers la mairie.

Au dernier étage, cocktail dînatoire.

La production n’a pas lésiné.

Je rencontre Mikis, un rédacteur en chef de 3 magazines (il me semble) que je croise constamment à chaque fois que je me rends dans une soirée de ce genre. Je ne le connais pas bien, mais nous discutons systématiquement. Comme j’ai l’impression d’être sur mes terres, je me rends plus disponible que d’habitude (rien à voir avec le fait qu’il était accompagné de Camille, une jeune journaliste stagiaire très agréable).

Non, rien à voir. Je ne suis pas comme ça.

Parfois, je les quitte pour prendre en photo quelques « peoples ».

Allez, parfois, ce blog sait ce rendre ludique.

Un petit jeu.

Qui est de dos face à Elsa Fayer (chroniqueuse de chez Ruquier) ?
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Réponse :
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André Manoukian et Stevie Boulay (et ceux qui ont répondu Pascal Obispo ont perdu !)
Deuxième jeu (qu’est-ce qu’on se marre !)
Qui fait palpiter le cœur (qu’elle porte haut, je trouve) de Virginie Efira ?
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Je ne vous donne pas la réponse, ceci doit rester secret.
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Encore un jeu ? (Oh oui ! Oh oui ! C’est génial Mandor !)
Avec qui Virginie tente de me rendre jaloux ?
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Je ne vous donne pas la réponse, ceci doit rester secret.
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Une autre! Une autre! OK! Mais, c'est la dernière. A qui appartient la chevelure flamboyante que ne regarde même pas Virginie (Quoi, j’en fais une fixation ? Mais pas du tout ! N’importe quoi !)?
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C’est elle. Marianne James (qui est déjà passée par là).
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Rappelez moi de baisser la puissance de mon flash (pauvre Virginie!)
Avant de continuer, je passe par là pour me rafraîchir le gosier.
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Après une coupe (ou deux…) de champagne, je décide de faire dans la photo artistique de qualité.
Ça donne ça.
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Balèze l’idée de prendre un téléphone portable qui prend lui même la photo des deux inconnus en arrière plan.
Parfois, je m’impressionne.
Et parfois, je me dis aussi que la vie est cruelle puisque Virginie, je ne sais trop pour quelle obscure raison, a décidé de ne pas rentrer avec moi…(ce qui tombe bien, vu que ma femme m’attend certainement dans ma maison à moi que j’ai).
Je sors de la mairie, digne et fier.
Et je vois…
Virginie et quelques beaux cavaliers, chevaliers servants d’un soir (et accessoirement membres de la police municipale), posant pour la postérité
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La photo est floue et lumineuse.
Comme Virginie.
Allez, je te le demande une dernière fois.
Tu es certaine?
Tu veux rester ici sans moi?
Oui ?
Ah bon !
Cruelle, la vie, je vous dis.

12 avril 2007

Mark Maggiori... artiste en tous genres!

medium_V86_Livres_Mark_Maggiori_Photo_1_.JPG 

Tiens, voilà encore un artiste qui a accepté de me rencontrer uniquement pour mon blog (et non pour mon journal tiré à 150.000 exemplaires). C’est idiot mais ça continue à me faire plaisir. Merci à son attachée de presse Valentine, qui n’y est certainement pas pour rien.

(Valentine, tu es la meilleure. Et puis, au final, j’ai réussi quand même à le placer dans le journal. D’une pierre, deux coups !).

Mark Maggiori vient de sortir son premier roman chez Hugo et Cie.

Helmet Boy.

Mark Maggiori est connu d’un certain public.

Celui qui aime le rock « néo métal ».

medium_Maggiori_2_Pleymo.2.jpgMark Maggiori est le leader du groupe Pleymo.

Les djeuns adorent. Plus de 300.000 exemplaires vendus pour le dernier, Alphabet prison.

Mais de Pleymo, nous ne parlerons pas car c’est l’auteur de romans qui accepte de passer un moment avec moi.

Et moi, je ne suis pas du tout du genre à mélanger les genres.

Mais alors, pas du tout.

Hum !

En plus Mark Maggiori, il est aussi peintre, graphiste et réalisateur de clips. Il vient de tourner un court métrage aux Etats-Unis intitulé Thelma. Il travaille à l'écriture de deux longs-métrages.

Bref, il touche à tout avec un certain talent (ou un talent certain, comme vous voulez).medium_Maggiori_1_Cameera.2.jpg

La terrasse d’un bar de Pigalle ( La Fourmi ), le 3 avril dernier, en fin d’après-midi. Rue des Martyrs.

Un Coca Light pour lui, une bière pour moi.(C’est la big teuf avec les rockeurs d’aujourd’hui !)

Mark est souriant et calme. Rien à voir avec les clips que j’ai visionné sur leur site officiel.

Je commence mon interview, tranquillement, avec tout le professionnalisme qui me caractérise (amen !) :

medium_V86_Livres_Mark_Maggiori_cover_.JPG-Helmet Boy est l’histoire d’un adolescent en quête de personnalité, pris dans l’engrenage de la violence urbaine. Pour s’intégrer, ton héros a eu un destin très noir…

-La noirceur ressort beaucoup dans toutes mes créations. C’est toujours plus riche de chercher ce que l’on a, au fond de nous, dans ce registre là. Pour écrire ce livre, je suis parti du concept du dernier album de Pleymo dont le thème récurrent est l’adolescence et plus particulièrement les ados qui sont influencés et influençables. J’ai vu un documentaire sur les enfants tueurs en Colombie, ça m’a tellement choqué que j’ai medium_1162369271.jpgdécidé de m’en inspirer. Mais c’est aussi un roman sur la beauté et l’apparence. J’ai été très marqué par Mort à Venise de Visconti.

- Tu décris l’ennui de la jeunesse des banlieues de Los Angeles dans les années 80.

- J’ai bouffé de la culture américaine  à 95% quand j’étais petit. J’étais, moi aussi, un skateur fou qui se cherchait. D’un certain côté, Helmet Boy me ressemble et je connais quelques aspects de l’univers que je décris. Pas tout, évidemment…

- Chanteur, réalisateur de clips et de courts métrages, peintre, graphiste et aujourd’hui romancier. Il te faut manier tous les arts ?

- Je tente de trouver un point central à tous ces médiums. Au bout de toutes ces activités, il y a la volonté de raconter des histoires. Je tisse tranquillement ma toile d’araignée. Un jour tout se rejoindra.

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J'aime bien cette photo prise sur le vif lors de l'entretien.

Bref...

Mark Maggiori n’est pas avare de confidences. Il me parle de sa jeunesse qui s’enfuit. (Il va avoir 30 ans le 16 juin prochain. Moi, 10 de plus 4 jours après lui… je dis ça, je dis rien…)

-Je suis tout juste entrain d’accepter ça. Il y a une phase intéressante à partir de maintenant… la maturité ouvre les yeux, je t’assure. Jamais plus je ne commettrai les mêmes erreurs que par le passé.

medium_V86_Livres_Mark_Maggiori_Photo_2_.JPGJe reste interloqué. Fait-il référence à ce que l’on dit de lui sur Internet ?

-À l’époque où j’avais fait mon site avec mon boulot personnel, je me suis fait atomiser. Je vais mettre 10 ans à effacer ça. Sur Internet, quand il y a des gens qui décident de te faire du mal, ils se regroupent facilement. Le côté caché est radical. Tu ne peux pas t’adresser aux gens, ni te défendre. J’ai pris le parti de ne pas me défendre et de laisser faire. Ca m’a fait très mal et en même temps, comme il y avait de la vérité, ça m’a fait du bien.

Il s’interrompt quelques secondes, boit une gorgée et poursuit :

-En fait, j’ai emprunté des raccourcis pour arriver à quelque chose qui m’est important et cher. M'inspirer fortement des autres était pour moi une façon de travailler car je n’étais pas à maturité artistique. J’avais peut-être un manque de confiance. C’est très dur de lâcher ce que l’on a vraiment en soi. J’ai appris aujourd’hui que ça ne sert à rien de faire comme untel ou untel…medium_e6_s_pleymo_1.jpg

Autre gorgée. Le sujet lui tient à cœur. Je pense qu’il sait qu’à chaque fois qu’il rencontre un journaliste, le journaliste a tapé son nom sur Google… Ça me rend ce garçon terriblement sympathique. Je préfère les failles des gens que les qualités, parfois…

-Je ne cache plus que je suis en psychanalyse depuis 2 ans. Après cette histoire d’Internet, j’ai eu envie de mettre à jour mon inconscient. Je me suis rendu compte que tout ce qu’on fait est connecté à des moments de notre vie.

Je dévie la conversation sur les blogs. Aime-t-il ce moyen de communication ? Ses fans seraient heureux qu’ils se confient dans un tel espace.

-J’ai du mal à parler de moi au quotidien. Je suis solitaire, un peu secret même. Je suis marié à une femme qui est l’inverse de moi, très sociable. Moi, j’aime raconter de la fiction… mon quotidien, je le garde pour moi.

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Il a raison au fond… Est-ce que c’est bien de se dévoiler, comme ça, sur un blog ?

Ne devrions-nous pas réinventer nos vies.

Je ne sais pas.

Je m’interroge.

Mais  JE est un autre.

( ??? vite un café !)

Quoi qu'il en soit, le roman de Mark Maggiori est une fable noire, mélancolique et violente.

Ce destin d’enfants sans repères ni barrières, sans foi ni loi, pris au piège d’une histoire trop grande pour eux prend bien aux tripes.

Une pathétique et terrifiante descente aux enfers.

Ça secoue pas mal le cœur aussi.

Et l’auteur prouve que la vie n’est pas que belle.

Je le croyais pourtant…

11 avril 2007

Monsieur Z... un Zorro dévoilé!

 

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Samedi, je suis allé faire les courses au Leclerc de Moisselles.

(Voilà une note qui commence bien. On se dit directement : "là, Mandor, il va nous intéresser, c’est sûr !" et puis aussi: "Il a une vie passionnante, le week-end!").

Donc, le temps que ma femme dévalise les boutiques de fringues (qui a dit « cliché » ?), j’emmène ma fille au centre culturel.

C’est le seul endroit dans lequel je ne m’ennuie pas dans un centre commercial et, de plus, j’ai le secret espoir que, du coup, Stella devienne une intellectuelle (comme son papa, évidemment!)

Je ne sais pas ce que j’ai moi... hum ! Un chat dans la gorge ou un truc comme ça !

Bref, je tombe nez à nez sur le livre d’un certain Monsieur Z. Ministère Amer, 3 ans chez ces fous qui gèrent la France.

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Et c’est justement, ce monsieur Z qui est mon invité du jour.

(Admirez l’introduction de cette note, pour en arriver à une transition si fine… J’suis au taquet aujourd’hui !)

medium_Ministere_amer.jpgJ’ai découvert ce livre en lisant le blog de mon ami Frédéric Ploton. Il en avait parlé chez lui car il n’est pas étranger du tout à sa publication. Il me l’envoie rapidement, et je le lis tout aussi rapidement. Ce monsieur anonyme raconte les dessous du ministère de l’agriculture sous Hervé Gaymard et Dominique Bussereau. Il y était Responsable de la mission politique Internet

Monsieur Z répond dans ce livre à quelques questions intéressantes, dont les réponses sont énervantes, voire choquantes, pour les citoyens que nous sommes.

Où partent nos  impôts et à quoi servent-ils réellement ?

« Embauché en qualité de contractuel dans le cadre d’un CDD de 3 ans » annonce la 4eme de couv’, « pétri d’illusions et de bonne volonté, convaincu qu’il peut, lui aussi, à son échelle, contribuer au bien de la collectivité, Monsieur Z va découvrir, au fil de ses 3 années, que la réalité est sensiblement différente de ce qu’il imagine ».

Je suis parfois dégoûté de ce que j’apprends, mais passionné par ces informations réelles et vérifiées.

Après une enquête d’investigation fort poussée, qui m’a mené en Afrique australe, en Égypte, en ex union soviétique, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en passant par Meaux, Palavas-les-flots et Chicago, je suis parvenu à mettre la main sur Monsieur Z.

(Quoi en vrai c’est Frédéric Ploton qui m’a filé son portable en 10 secondes ?)

Bref, Monsieur Z me donne rendez-vous le mercredi 28 mars dernier au siège de la luxueuse entreprise (côté en bourse) dans laquelle il officie désormais. Il est le responsable Internet du groupe.

Nous devions déjeuner ensemble (discrètement) mais il n’est pas là.

« En réunion » m’annonce la belle jeune fille de l’accueil.

Ah ! me dis-je.

Ça commence bien.

Je tente de le joindre sur son portable.

Sa messagerie.

Bon, je patiente un peu.

Un SMS de Monsieur Z m’explique qu’il est désolé, mais que sa réunion s’est déroulée plus longtemps que prévu, qu’il prend un taxi et qu’il me rejoint au plus vite…

Ah parce qu’en plus, il n’est pas dans la boite.

Au bout d’une vingtaine de minutes, 2e SMS.

« J’arrive tout de suite ! »

Bon, je sors du siège social et m’installe dans un bar (assez pourri), je dois dire. Je l’appelle en lui demandant de m’y rejoindre. J’ai le temps de manger un croque-monsieur et le voilà qui arrive, tout beau et pimpant. Il a une tête sympathique et se confond en excuses.

Je ne fais aucun reproche à ce Monsieur Z qui, visiblement, à une vie bien remplie.

Je lui explique que je souhaite dévoiler son identité et le prendre en photo. Thierry Picard n’y voit aucun problème alors que je m’attendais à lutter âprement pour qu’il accepte.

-Si j’ai voulu être anonyme, c’est parce que mon nom est tout relatif à l’histoire que je raconte. J’étais juste un fonctionnaire parmi deux millions. Je ne voulais pas que les gens puissent s’imaginer que je souhaitais me mettre en avant et tirer partie de quoi que ce soit… 

Son livre n’est ni une satire, ni un règlement de compte. C’est un simple témoignage sur des gens qui vident notre pays de son argent, de ses projets, de son énergie, de sa démocratie.

Rien que ça.

-Tout ce que j’ai écrit est ce que j’ai vu de mes yeux et parfaitement vérifiable. Je tiens toutefois à préciser que cette administration m’a tendu la main à un moment où j’en avais besoin, c’est pour ça que je ne veux pas lui cracher dessus. Elle m’a bien fait vivre pendant près de 4 ans alors qu’une agence privée venait de me planter. Je vous assure que j’ai aimé cette administration quand j’y travaillais. J’avais la volonté de croire que je pouvais, à ma petite échelle et mon petit niveau, participer à ce qu’on appelle la réforme de l’État.

Thierry Picard semble un garçon enclin à ne pas vouloir se froisser avec ses ex-employeurs.

-L’administration française, même si elle tourne la page très lentement, elle tourne la page…

Il n’empêche que le gaillard donne de nombreux exemples d’abus fort coûteux pour nous.

Sur Evene, le livre est très bien expliqué, je crains de faire redite si j’en rajoute.
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Thierry Picard l’affirme haut et fort : « L’argent est jeté par les fenêtres, et, qui plus est, jamais par la bonne fenêtre ni au bon moment. »

« Faut-il être surpris que l’argent soit si mal employé, quand les hommes eux-mêmes étaient si mal gérés ? » s’interroge-t-il.

Et de donner de nombreux exemples. Il nous explique pourquoi les fonctionnaires (surtout les moins performants) sont surnotés, pourquoi personne (strictement personne) n’est jamais viré, pourquoi chacun joue perso et devient un individualiste forcené... Un truc de dingue !

Voilà l’image qu’avait Monsieur Z des fonctionnaires de ce ministère : « une couvée de coucous gras et repus qui ne refusaient pourtant jamais un petit rab’ de frites. Gavés de la sorte, c’est certain, ils étaient peu enclins à la rébellion. C’est bien connu, on ne s’insurge pas (ou pas longtemps) quand on a le ventre plein. »

 

Je n’ai pas évoqué non plus les frais qu’occasionnent les déplacements des ministres en poste.

Hallucinant !

Je ne tiens pas, ici, à en dire trop. Il faut lire ce livre essentiel.

Ça ne changera rien, mais enfin, vous saurez ou passe une partie de votre argent.
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Aujourd’hui, Thierry Picard a repris le chemin du privé et il est beaucoup plus heureux ainsi.

-J’ai de nouveau un rythme trépidant et pour l’instant je m’y sens bien. Oh, c’est certain, il y aurait beaucoup à dire aussi sur ce type de « boîtes ». Il y a toujours besoin que des voix s’élèvent, même aussi faible que la mienne, pour que les organisations humaines ne broient pas ceux et celles qu’elles emploient. Dans un prochain livre, qui sait ?

On attend ça avec impatience, effectivement.

Les grosses boîtes, les groupes importants, les multinationales, ne sont pas des modèles de vertus.

Non plus.

06 avril 2007

Christophe Willem... une nouvelle star is born!

 

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Franchement, il m’était arrivé de le regarder lors de la précédente saison de la Nouvelle Star et, comme tout le monde, je me disais que ce jeune homme surnommé « la tortue » avait un petit truc en plus.

Qui s’appelle, comment déjà ?

Ah oui ! Le talent.

medium_Christophe-Willem_sonny.jpgGrâce à Christophe Willem, plus personne n’hésitait à avouer qu’il regardait cette émission. Regardez là, vous comprendrez.

Et ce concurrent un peu extra terrestre apparut soudain en 4eme de couv de Libé, dans Télérama, Les Inrocks, Technikart, voire dans la Monde Diplomatique , La vie du rail, Libertinage et philatélie, Le journal des girafes et Tracteur magazine (bref, partout).

 

Alors, oui, quand mon rédac chef m’a proposé de le rencontrer pour son premier album Inventaire, j’ai accepté sans hésiter.

De toute manière, je l’ai déjà dit, j’aime tout le monde et j’aime rencontrer n’importe qui !

Le Casimir de la blogosphère, c’est bibi.

 

(Euh… en même temps, c’est même pas vrai.)

 

En ce mardi 3 avril, j’arrive pile à l’heure à l’hôtel Hyatt de la Madeleine. medium_christophe-1.jpg

A l’entrée, je vois le Christophe, portable à la main. Je le salue, il ne me calcule pas.

Suis-je si insipide et transparent que cela ?

L’attachée de presse est là, me fait signe. Celle-ci, je ne la connaissais pas, mais elle est avenante. Elle m’explique qu’il est entrain de répondre à une interview.

Dans notre délicieux jargon journalistique, on appelle ça un « phoner ».

Il était juste concentré.

Je ne suis donc pas si insipide et transparent que cela…

L’attachée de presse m’installe dans une grande pièce avec grande table de réunion et boisson à volonté. Il est 11h30. Trop tôt pour l’apéro !

Va pour un Coca Light.

 -Moi aussi, j’veux un Coca Light. Depuis que j’ai essayé le light, je n’arrive plus à en boire du normal.

STOP

medium_willem_3.jpgA ce moment là de cette note, vous vous dites sans hésitation : « Dis donc, j’ai bien fait de venir ici. Voilà un blog où l’on apprend des choses essentielles ! »

C’est vrai.

Vous avez raison.

Christophe Willem préfère le Coca light au normal. C'est une information.

Voilà, on peut reprendre.

 

Le jeune chanteur de 23 ans s’excuse d’être en retard (5mn, ça va, je peux encore supporter un tel affront). Première constatation, c’est un vrai gars chaleureux et sympathique. L’image qu’il donnait sur les primes était donc la bonne.

Bon, je fais mon boulot.

Ca donne ça.

 -Tu es bien entouré pour un premier album : Zazie, Philippe Katerine, Gonzales, Bertrand Burgalat et Valérie Lemercier...

-Que tous ces artistes talentueux et modernes mettent leur talent à mon service, j’ai encore du mal à le croire. Je suis très satisfait du résultat car, finalement, la vraie star de ce disque, c’est la musique.

-L’ambiance est très electro-pop. C’est ton univers musical personnel ?medium_christophe-willem_1.jpg

-Je me rends compte, en tout cas, qu’il me plait beaucoup. Depuis La Nouvelle Star , je passe mon temps à m’aventurer dans des styles que je ne pensais pas chanter un jour. Cet album est vraiment à mon image car j’y dévoile mon dédoublement de personnalité très marqué.

-Le single Elu produit de l’année en a dérouté plus d’un. Pourquoi ce choix ?

-Je voulais simplement envoyer un message clair : J’ai 23 ans, j’ai gagné une émission importante, on m’a porté aux nues, j’ai un bel album… mais je ne suis pas dupe sur le fait que, l’année prochaine, quelqu’un d’autre prendra ma place. Je relativise mon succès actuel même si j’espère qu’il va durer.

medium_willem_4.jpgPuis, je décide de gratter un peu.

 

-Que veux-tu expliquer dans la chanson Double Je (le prochain single) ?

-On m’a posé des questions assez directes sur ma sexualité. Suis-je homo ou pas ? Mais qu’est-ce que ça peut bien faire ? Ma vie privée ne concerne que moi. Le jour où j’aurais envie de parler de ça, je ferais signe. Pour l’instant, je me contente de faire de la musique et point barre. Dans cette chanson, je m’amuse avec l’ambiguïté qu’on me porte. Ne donnons pas d’importance à quelque chose qui n’en n’a pas.

Il est malin Christophe Willem. Il chante cette chanson en voix de tête. Il s’amuse, j’vous dis et il me paraît avoir la tête bien sur les épaules.medium_christophe_willem_2.jpg

Sous son air de ne pas y toucher, Willem sait où il va.

Lentement mais sûrement.

Driiiiiiiiinnnnnnnnggggggg !

 

-Pardon, je décroche, c’est ma banquière !

 

J’interromps mon magnéto et tente de ne pas écouter.

Je n’ai donc pas entendu qu’il passera samedi à la banque parce qu’il a un chèque à déposer…etc. (après, c’est un peu plus confidentiel et, boudiou, je ne suis pas une balance).

Bon, au bout de 10 minutes de conversation, je commence à reluquer discrétos ma montre.

Il comprend.

Nous reprenons.

Quand l’attachée de presse entre dans la pièce nous signifier que c’est fini. Je lui dis que non. Je rattrape le temps perdu au téléphone.

 -Euh… OK ! Pas de problème !

Non mais !

Je dis ça, mais elle est très gentille la dame.

Il est temps de passer aux photos Mandoriennes.

Il veut absolument les faire lui-même.

Soit. Son bras est plus long que le mien.
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Pour résumer. L’album est bon. La voix de Christophe Willem est exceptionnelle, les compositions pas banales et les textes malins (souvent second degré quand il parle de lui).

Du kitch intelligent qui devrait en faire craquer plus d’un.

Là, c'est le "space" de son actu.

04 avril 2007

Alan Furst... thriller, espionnage sous la seconde guerre mondiale!

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Hier, je suis allé à la rencontre d’un auteur américain dont j’avais beaucoup entendu parler, mais qui, inexplicablement, n’avait jamais été traduit en français (enfin presque jamais.)

Alan Furst.

medium_V85_Livres_Allan_Furst_cover_.JPGSouriant et éloquent (et dans la langue de Molière, s’il vous plait !), l’homme est charismatique.

Pour l’interview, il a souhaité la présence d’un traducteur. En l’occurrence, celui qui a traduit ce roman, Le royaume des ombres, le jeune et sympathique Alexandre Boldrini.

C’est juste pour le rassurer, j’ai l’impression parce qu’Alexandre n’est là que pour préciser ce que veut dire Alan quand il a du mal à trouver un mot ou une expression en Français.

C’est curieux.

Ainsi, je me retrouve (dans sa nouvelle maison d’édition) devant ce maître du roman d’espionnage.

Si John Le Carré a écrit le roman de la guerre froide, Furst, lui, est l’auteur d’une œuvre entièrement consacrée à la tragédie des années 30.

« Je raconte l’histoire de cette période à travers le développement d’une activité nouvelle : l’espionnage. medium_furst184.jpgLa montée du fascisme et du nazisme, le triomphe du stalinisme en URSS, la faiblesse des démocraties face aux totalitarismes et l’imminence de la Seconde Guerre Mondiale. J’y mets de l’humanité en plus…»

Avant de continuer, une petite présentation du monsieur s’impose.

Ex collaborateur à Esquire puis chroniqueur pour l’International Herald Tribune, Alan Furst a écrit ses premiers romans dans les années 70…

« Des livres affreux… des romans policiers horribles. A 28 ans, Gallimard en a traduit un, mais je ne le compte pas. »

Mais depuis une visite en Russie en 1983,  effrayé par l’ambiance qui régnait là-bas, Alan Furst a trouvé sa raison d’écrire. Le devoir de mémoire pour que l’histoire ne se répète pas.

medium_alanfurst.jpgDu coup, l’auteur attache un soin extrême à la conformité du récit avec les évènements politiques et militaires survenus dans la période concernée. Les lecteurs avides de vérités historiques suivent donc, avec plus d’intérêt encore, les péripéties de ses héros.

Dans Le Royaume des ombres, Nicholas Morath, un officier de cavalerie hongrois qui vit à Paris, lutte contre la politique d’expansion hitlérienne. Sans aucun temps mort et en parcourant une Europe aux frontières mouvantes, il devra notamment sortir des griffes des services secrets allemands, lutter contre des agents russes du NKVD et échapper à des tueurs croates. C’est palpitant.

« Ce qui m’intéresse dans cette époque, c’est que personne n’était manichéen. Cette période trouble rendait les gens troubles. Ma grande question sera toujours : qui peut dire ce qu’il aurait fait dans cette période là ? Je trouve qu’il n’y a rien de plus exaltant que de voir des gens ordinaires, plongés dans des medium_livresalanfurst.jpgcirconstances extraordinaires, se débattre avec leurs propres faiblesses et réussir, peut-être, à peser sur le cours de l’Histoire. »

Je lui dis que j’aime son écriture.

Elle s’adresse à l’intelligence du lecteur plutôt qu’à ses fantasmes.

Il apprécie le compliment.

Alan Furst décrit comme personne la vie et les péripéties d’un espion…

« L’ambiguïté, le mensonge et la désinformation forment le quotidien des agents secrets. Ils reposent sur un ensemble de techniques, c'est-à-dire sur un travail, souvent obscur et fastidieux. »

Ses romans se déroulent tous dans la capitale française, je lui demande pourquoi.

medium_furst3.jpg« Ce n’est pas uniquement parce que je suis fou de cette ville et que j’y ai un appartement. Non. (Il sourit). Je considère cette ville comme le cœur de la civilisation, le symbole de la belle vie, de la sophistication, du bon vin, des intrigues amoureuses. C’était également le sentiment d’Adolf Hitler. Quand il s’est emparé de Paris, c’est le centre même de la civilisation européenne qu’il a occupé et qu’il s’est targué d’avoir mis à sa botte. Et quand Paris a perdu la bataille, des quantités de gens se sont suicidés un peu partout en Europe. Parce que, si Paris n’était plus, que restait-il ? »

Alan Furst me demande de ne pas trop évoquer le contenu, l’intrigue de son livre… il faut que le lecteur soit medium_book3.jpgsurpris.

Il le sera.

Moi, j’attends les autres livres de l’auteur, prévus dans quelques mois: Le correspondant étranger, et Le sang de la victoire.

Je vais devenir Furst addict

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Marc Lawson dans The Gardian écrit :

Furst est l’un des rares stylistes auprès desquels Chandler et Hemingway semblent verbeux. […] Parce qu’il sait que des millions de mots ont déjà été écrits sur cette période, il veille à n’utiliser que le strict nécessaire, chose peu commune dans le domaine du thriller. 

Pas mieux !

03 avril 2007

Daphné... mon coup de coeur à moi que j'ai!

 

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En ce moment, j’ai deux artistes francophones préférés. Le québécois Pierre Lapointe (Mandorisé ici) et la française Daphné. Un homme et une femme, chabada bada.

Deux univers singuliers qui ont le don de me transporter dans des voyages mystérieux  me remplissant d’allégresse.

Oui, carrément.

Le vendredi 23 mars dernier, je suis allé me sustenter et m’abreuver en compagnie de Daphné dans un charmant salon de thé parisien du 11e arrondissement, la Rose Thé.

medium_09.jpgJ’étais très content de la revoir parce que notre première rencontre c’était particulièrement bien déroulée. Un feeling immédiat. Son premier album L’Émeraude m’avait charmé et elle m’avait conforté dans l’idée qu’elle était une artiste hors du commun. Hors norme, dirais-je.

-Ah, bonjour (Bip !) Tu vas bien ? Et Stella ? Elle a quel âge maintenant ?

Là, stupeur.

Elle se souvient qu’il y a deux ans, ma femme était enceinte et qu’elle attendait une petite fille prénommée ainsi. J’en reste comme deux ronds de flan.

Elle vient de me conquérir à vie.

(Quoi, je suis excessif ?)

Elle ajoute :

(oui, ben, là, je me passe un peu de pommade. Ça ne fait pas de mal.)

-J’étais contente et touchée par ton article. (Note de moi : il est ici) Je me suis reconnue, pour une fois. J’aimedium_jLyKuhMjLh4uHunaqZ2Ov7iPMQaWnMb0BQ-T4g.jpg bien aimé le titre sur la couverture « Au pays de candide ». C’est tout à fait ça. Souvent, je lis des critiques qui me comparent à une fée… Ça vient du fait que je parle de sentiment ou d’émotion, sans raconter vraiment d’histoire. J’exprime des choses qui n’existent pas. Pour certains, c’est de l’ordre de l’invisible, du mystérieux. Je crée quand mon cœur déborde, lorsque le sentiment se fait tellement fort qu’il se transforme en musique et en paroles… C’est l’instinct qui me guide pour choisir mes mots et la mélodie.

Quand Daphné parle, c’est la douceur qui jaillit. Bizarre comme sa voix me fait des trucs. Pas loin de tomber amoureux moi.

(C’est une image les amis…)

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Carmin est une suite de déclarations.

Elles célèbrent l’envol ou la maladresse des premiers pas amoureux, la musique, un peuple disparu, une amitié ou tout simplement la vie…

-Il y a moins de distance que dans le premier album. Il y a moins de projections et d’imaginaires donc plus de réalités. Dans L’Émeraude, j’avais de la retenue. Ce n’était pas volontaire, j’ai donné ce que j’étais à ce moment-là. Aujourd’hui, j’ai moins peur, je suis moins timide, ma voix s’exprime donc. Ma musique, mes sons aussi. Plus on se rapproche de soi, plus on peut être précis.

C’est vrai que je la sens plus libérée, plus confiante.

C’est agréable.

medium_jean_20cocteau.jpgJe lui dis que ses chansons me font penser à l’univers de Jean Cocteau.

-Tu ne peux pas savoir comme ça me fait plaisir. J’aime tout son travail. Ses films, ses poèmes, ses dessins. Le travail d’un artiste correspond à ses intérêts et ses questionnements surtout. Moi, je me pose des questions qui sont liées à tout ce qui nous échappe.

Daphné, lors de la promo de son premier album, précisait aux journalistes ceci : elle entend des musiques quand elle voit des couleurs, au point d’être enivrée jusqu’au vertige dans les musées parce qu’il y a « des tableaux qui sont comme des symphonies ». 

Elle est comme ça.

Elle fait entrer l’ailleurs en elle.

medium_daphne_in_live.jpg-Je ne sais pas si mon système sensoriel est proche de l’animal, mais il me procure des joies très intenses tout en pouvant être handicapant, lorsqu’il me met à distance des autres. Parfois, j’ai le sentiment d’être un nez géant, d’autres fois un œil ou une oreille immenses qui absorbent tout avec des vases communicants dans les perceptions…

Daphné évoque ses goûts musicaux, très éclectiques : Kate Bush (dont on dit que la voix de cette nouvelle chanteuse hexagonale n’est pas aux antipodes, ni de celle de Björk), Stevie Wonder, Lou Reed, Cyndi Lauper, Ricky Lee Jones, Pierre Lapointe, Brigitte Fontaine, la musique classique, la world music, le blues…

Oui, tout ça.

Et oui, je me laisse de profil... et oui, j'ai un bouc...
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La voix de Daphné !

Elle s’envole, plane, plonge, vibre, tourbillonne et redécolle.

-Ma voix, mes musiques, c’est comme un pays. L’idéal serait d’emmener les gens dans ce pays particulier medium_daphne1.2.jpgqui est le mien. J’ai envie de surprendre et qu’ils se sentent bien. C’est un palliatif à l’ennui, non ?

Et de citer Rimbaud en insistant sur le fait qu’elle ne se compare pas à lui.

-Quand je le lis, je ne comprends pas tout, mais je trouve son œuvre magnifique, elle me touche sans que je sache exactement pourquoi… J’aimerais faire ressentir ce genre d’état à ceux qui écoutent mes chansons.

Je n’arrête pas de lui dire que vraiment, elle a changé. Elle ponctue ses réponses de rires, d’apartés et de confidences (toutes relatives quand même).

-Ce monde de la musique m’était complètement étranger la première fois que nous nous sommes vus. Dans ce nouveau microcosme, il fallait que je prenne mes marques en tâtonnant. Je suis comme ça dans la vie, je ne me livre pas d’un coup. J’aime bien y aller petit bout par petit bout. Comme dans la chanson Déshabillez moi, il faut une certaine progression.

(Bon, je vais prendre une douche, moi)

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L’album sort le 23 avril.

medium_02.jpgÉvidemment, je vous le conseille vivement.

Moi, je craque pour Abracadabra, Le Petit Navire et Musicamor

Son MySpace est ici.... que deux extraits. Grrr....

Elle sera en concert à la Cigale les 25 et 26 avril prochains (en première partie de Pierre Lapointe).

Comment je ne vais pas louper ça !

Et aussi, (et surtout), Daphné et son groupe en intégralité pour un concert rien qu’à elle à l’Européen le 23 mai.

Et comment, je ne vais pas louper ça (bis) !

29 mars 2007

Magyd Cherfi, artiste citoyen...

medium_V85_Musique_Magyd_Cherfi_cover_.JPG 

L’ex-parolier des Zebda est de retour avec son deuxième album solo.

medium_cite_des_etoiles.jpgLes orages passés de La cité des Étoiles, laissent la place au soleil.

La semaine dernière (le 21 mars), lors de l’interview, le silence ponctuait souvent mes questions.

Magyd Cherfi réfléchit longuement avant de se lancer dans une réponse.

Comme dans ses chansons, cet amoureux de la langue française n’a qu’une obsession : faire jaillir de sa bouche uniquement les mots justes.

Dans Pas en vivant avec son chien, il a transformé ses mots acides en mots figuratifs.

(Quelques exemples à écouter sur son MySpace)

-En sortant de l’aventure Zebda, je me suis lancé dans l’intime parce que l’on me croyait « festif ». Il y avait erreur d’identité et j’ai voulu me réapproprier ma vraie personnalité.  Aujourd’hui, j’ai compris que j’étais autant chroniqueur que conteur mais qu’il fallait poétiser les propos. Je suis capable d’évoquer des thèmes graves comme de me moquer de Delerm et Bénabar.

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Magyd à l’art de la parabole caustique et généreuse. Chanter les racines, l’identité et la fraternité sous forme de fables modernes, c’est une façon pour cet artiste, entre Desproges et Lafontaine, de faire accepter ses idées en douceur.

 

- Je place sur des musiques colorées (tango, bossa, folk, un peu façon New-Orléans) la mélancolie qui est en moi, mais aussi mon humour noir et mes chroniques sociales. Si je suis quelqu’un de moral, je ne suis pas, pour autant, un donneur de leçons.

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Très vite, la conversation dévie sur l’actualité du moment. Il s’emporte un peu puis se calme. Magyd Cherfi me confirme que parfois, il est tenté de baisser les bras devant la bêtise des hommes.

-Tous ces combats, ces luttes que nous sommes censés mener ne nous mènent nulle part justement. On n’est pas capable de porter toutes ces batailles de l’humain, de l’égalité, de la liberté, de la fraternité. Un mec comme moi, même si je suis désabusé, j’ai le sentiment de n’avoir rien lâché.

Le message qu’il veut divulguer en ce moment est simple. C’est la cause de l’immigration et les enfants de banlieue qui l‘importent.

-Nous sommes des fils d’immigrés fiers d’être français, mais nous ne nous sentons pas de Vercingétorix ou de Napoléon. On n’a pas forcément envie de se revendiquer de deux millénaires même si on aime vivre dans ce pays.

Magyd Cherfi s’implique en tout cas dans la vie citoyenne de son pays.

Son blog (Toujours un connard pour sauver la France ) propose ses débats citoyens sur Second Life.
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Dans cet album (qui sort le 10 avril), il « boit à la source des prolos et transforme les héros anonymes en combattants de l’essentiel ».

medium_livret_de_famille.3.jpg-J’ai trouvé sur ce terrain un frère de sillon avec le dessinateur Larcenet, qui m’a bâti de son trait acerbe et impitoyable un univers de gueules du peuple et de cabots. Un univers noir et un dessin ouvrier.

Ses projets sont nombreux. Une suite à son bouquin Livret de famille,  une plongée dans le répertoire de Brassens (récemment, Magyd a entrepris quelques relectures du grand Georges à Sète) et une tournée qu’il monte de A jusqu’à Z avec de nouveaux musiciens (au Café de la Danse à Paris, les 25, 26 et 27 mai prochain).

Je ne peux que vous engager à aller le découvrir ou le redécouvrir.

Il est vraiment magique Magyd !

28 mars 2007

Stephan Eicher... chanteur organique!

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« Ne pas s’arrêter, regarder et passer » est la philosophie inaltérable de Stephan Eicher. Pourtant, les années passent et le chanteur suisse, lui, ne change pas. Il se contente d’évoluer sagement. Son nouveau disque en témoigne. Eldorado est né à la fin de sa précédente tournée marathon, Taxi Europa Tour. En ce mardi 20 mars, au Pavillon de la Reine de la Place des Vosges, Stephan Eicher m’explique qu’avec tout ce bruit et cette fureur, le calme s’imposait.

« Je ne supportais plus de chanter fort. Involontairement, j’ai enregistré mes maquettes dans des lieux qui m’empêchaient de faire du bruit. En Camargue, dès que je chantais, ma voix portait un peu trop, j’entendais sur ma bande, au loin,  un chien qui aboyait. Du coup, j’ai du placer ma voix autrement. »

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C’est donc un Eicher adouci et plus intime qui chante sur ses propres textes, mais aussi sur ceux de ses fidèles auteurs, Philippe Djian (en Français) et Martin Suter (en Bernois). Mais des petits nouveaux débarquent aussi dans sa bulle.

Raphaël et Michaël Furnon (Mickey 3D).

« J’ai une grande tendresse pour Raphaël. Il traverse une période que j’ai vécu avec Engelberg. Il avale tout ça très bien. Quant à Michaël Furnon, il m’a avoué que mes 3 premiers disques l’avaient incité à se lancer dans la musique. En toute honnêteté, j’ai besoin de me nourrir du talent des autres artistes, sinon, je risque de me manger moi-même. »

Ce n’est pas pour rien que la moitié de l’album est réalisé par Frédéric Lo (accoucheur du dernier Daniel Darc).

« Entre 40 et 50 ans, c’est une phase assez critique pour les chanteurs. Il faut se réveiller. Les Bénabar et les M sont là. Moi, à leur âge je voulais bouffer les vieux ! ».

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 Entre jazz et électro-pop modéré, Eldorado a tout pour charmer son auditoire.

« L’art est basé sur des phénomènes instables. Un équilibre demande le déséquilibre. Quand l’équilibre est trouvé, le musicien donne de la joie et du repos. »

L’ami Stephan, il lui fallait de l’organique, du grain, de la matière et du toucher pour laisser plus de places aux silences, une instrumentalisation figurative, presque une vraie musique de film qui puisse raconter ce que la voix taisait.

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Dans ce disque, on sent bien qu’il  hérité de son grand-père tzigane, le culte de l’errance…

Ne cherchons plus l’Eldorado.

Cet album est déjà une pépite.

Si, si.

(Sortie le 16 avril).

23 mars 2007

Christophe Maé... frère du roi devenu phénomène!

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Bon, en ce moment, il y a une baisse de régime au niveau des commentaires. Je le comprends très bien. Que dire sur telle ou telle personnalité à part, je suis fan, j’aime bien, je n’aime pas, je déteste, j’exècre, je lui crache dessus… ?

…etc.

Pas grand chose à commenter.

Aussi, aujourd’hui, je vais employer les grands moyens pour attirer de jeunes internautes.

J’ai remarqué que dès que j’évoque une Zazie, un Calogero, un Emmanuel Moire, un M Pokora, un Thierry Amiel ou encore une Chimène Badi (liste non exhaustive), je me retrouve avec tout plein de nouveaux lecteurs qui viennent des forums des artistes sus cités. Ils ne laissent pas forcément de commentaires, mais m’envoient des mails à tire-larigot.

A tous, un grand bonjour!
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Mon préambule me paraissait important parce que certains de mes lecteurs quotidiens trouvent moyen moyen que je fasse la part belle à ce genre d’artiste. Ils préfèrent les chanteurs de la nouvelle scène française et les auteurs obscurs et désenchantés (ah bon ? N’importe quoi, moi !).

Bref, aujourd’hui, je vais vous parler d’un chanteur qui est depuis hier

1er du Top Fnac

1er du Top  Carrefour 

2ème du Top Virgin

2ème du Top  Auchan 

Ok ! Vous êtes calmés ?

D’abord, c’est son attachée de presse qui m’a envoyé un mail pour me le dire.

Mon Mandorisé du jour est donc Christophe Maé.

Qui ça ?

Ne faites pas semblant de ne pas savoir que c’est lui qui jouait dans la comédie musicale Le Roi Soleil. medium_mae_roi_soleil.2.jpg

Le frère du Roi. Un frère gay et excentrique.

Il s’est bien fait remarquer dans ce rôle là. Il était, c’est peu de le dire, le chouchou du public.

Figurez-vous que son premier album solo Mon Paradis est sorti le 19 mars (autant dire, il y a 4 jours).

Son MySpace est là.

Je suis allé le rencontrer dans sa maison de disque Warner le 26 février dernier. J’avoue que, bon, ce genre de musique n’est pas précisément ce que j’écoute spontanément chez moi, mais, depuis que je fais ce métier, j’ai toujours du m’adapter. Et le garçon me paraissait sympathique.

J’arrive un peu en avance pour discuter avec sa jolie attachée de presse (quoi ?) et elle me propose de regarder le clip de son premier single On s’attache. « Il est tout frais » qu’elle me dit,medium_V84_Musique_Christophe_Mae_cover_.JPG la demoiselle. « On vient de le recevoir à l’instant ! Christophe ne l’a pas encore vu terminé ! ».

 

Quelle exclue Lulu ! pense-je.

 

Nous le regardons quand l’artiste lui-même déboule dans le bureau. On se présente mutuellement et il demande à ce qu’on le rembobine (le clip) pour qu’il puisse le voir à son tour. Il est comme un gamin en voyant le résultat. Content quoi !

Il me raconte qu’il a tourné ce petit film musical (je dis « ce petit film musical" pour ne pas répéter le mot clip que j’ai déjà utilisé 2 fois. Z’avez vu ? Je fais des efforts, hein ?) au Brésil près de Rio, à côté des favelas. « Sans maquillage. Comme ça. Brut de pomme. Je voulais que l’ambiance soit naturelle. »

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Nous nous installons dans un studio d’enregistrement du sous-sol. Inévitablement, nous parlons de la comédie musicale dans laquelle il s’est fait repérer.

-J’ai eu la chance de jouer dans ce cadeau empoisonné. Au début, je pensais que j’allais être uniquement le bouffon du Roi pour aérer les scènes lourdes. Mais j’ai réussi à retourner ce rôle-là en ma faveur parce que je l’ai joué à 200%. J’assume cette expérience et je la revendique. Tu sais, j’ai quand même eu mon mot à dire sur le choix des chansons que je devais chanter. Dove Attia (le producteur du spectacle) m’a permis d’avoir mon mot à dire.

Il m’avouera aussi qu’il a accepté de faire Le Roi Soleil pour accélérer sa carrière qui végétait.

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Je résume grossièrement son parcours.

A 16 ans, il apprend la guitare et l’harmonica. A 18 ans, il assure environ 200 concerts par an, dans un style reggae, soul et blues. Il fait même des premières parties de concerts comme Cher et Seal. Puis vient Le Roi Soleil et aujourd’hui son disque personnel.

-Dans mes chansons qui sont très intimes, je me dévoile beaucoup. Je rends hommage à ma mère, mon père, Bob Marley, mon père spirituel, je parle des rapports passionnels et amoureux, il y a même une chanson humanitaire sur la planète… Je cherche à me retrouver et à retrouver mes racines.

medium_mae_1.jpgC’est normal. Un premier album est souvent une carte de visite.

-Je l’ai moi-même en grande partie écrit et composé tout en collaborant avec Lionel Florence et Bruno Dandrimont, mon ami de toujours, à la composition. C’est Volodia qui a réalisé le disque. C’est un maître.

Musicalement, c’est quand même très dépouillé. Trop peut-être, non ?

-Tu trouves ? Non, j’ai fait un album très simple. Basse, batterie, guitare folk, pas d’instruments qui sortent d’ordinateurs. C’est très acoustique, comme le travail de ceux que j’admire. Tracy Chapman, Ben Harper, Bob Marley. Il n’y a même pas de guitares électriques. Je voulais que ce soit très pur, roots, sans concession. Ce n’est pas formaté alors, ça passera ou ça cassera.

C’est passé ! L’album cartonne et ses dates parisiennes sont complètes. Ces deux dates à l’Élysée Montmartre (les 26 avril et le 22 mai) sont complètes, à la Cigale (le 6 juin) aussi. Sa production lui a calé une date au Zénith de Paris le 7 novembre pour contenter tout le monde.

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Christophe Maé devient en deux temps trois mouvements, un véritable phénomène.

Il a d’ailleurs été élu « Révélation francophone 2007 » aux NRJ Music Awards.

Je sais, ce n’est pas une référence.

Mais, bon…j’irais le voir le 26 avril.

Par curiosité.

Et pour tout dire, si je ne suis pas attiré par ce genre de chansons là, j’avoue que je trouve sa voix assez bluffante.

22 mars 2007

Abha Dawesar au Salon du Livre 2007!

medium_affiche_salon.jpgJe n’en peux plus de joie.

Le Salon du Livre 2007 ouvre ses portes aujourd’hui.

Chaque année, depuis 5 ans, j’y passe mes week-ends. J’aime baguenauder, m’arrêter sur un stand, discuter avec un auteur, observer, lire, fureter, acheter…

Même la foule, dans ce contexte, ne me dérange pas.

Toutes ces familles ou ces âmes solitaires qui errent dans les travées à la recherche d’on ne sait quoi…

Donc, pour fêter le Salon du Livre, ma note du jour est consacrée à une auteur(e) qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment (voir là par exemple), puisqu’elle est l’une des invitées officielles de ce salon, la nouvelle égérie indienne Abha Dawesar.

medium_ABHA_20DAWESAR.jpgElle est considérée comme le chef de file du renouveau littéraire en Inde. Au début de cette année, le new’s magazine India Time l’a retenu dans sa sélection des jeunes talents indiens, rare femme et seule écrivain.

Ce sont mes amis des éditions Héloïse d’Ormesson qui l’éditent et c’est tant mieux, car, du coup, ils m’ont organisé une rencontre aux petits oignons.

Rendez-vous avec Abha (qui parle couramment le français, ouf !) le jeudi 1er mars dans l’appartement réservé medium_dawesar_main2.jpgaux auteurs maison.

Tatiana de Rosnay m’avait largement incité à la lire puis à la rencontrer et comme je n’ai aucune personnalité, je me suis penché sur son cas.

Je ne le regrette pas.

Babyji, traduit déjà en 5 langues, est sorti le 15 mars dernier en France, mais il a été couronné par deux prix littéraires :L’American Library Association’s Stonewall Award en 2006 et le Lambda Literary Award en 2005.

-Bon d’accord Mandor, tu l’as bien vendu ce « Babyji », mais de quoi ça parle ?Parce que c’est bien joli de copier le dossier de presse, mais cela ne suffit pas à nous convaincre…

Mince ! Mais qui me parle ?

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Le sujet, en bref :

Dans les années 90, sous fond d’Inde déchirée par la violence des castes, une « lolita » rebelle n’offre son corps qu’aux femmes et casse tous les codes d’une société cloisonnée.

Un roman est à la fois subversif et érotique.

Je demande, avec un œil malicieux, comment ses écrits ont été accueillis dans son pays qui me semble être puritain.

 

-Ce livre est devenu culte. En Inde, chacun sait que la vie sexuelle existe mais personne n’en parle. Avec ce livre, les non-dits se sont envolés et les lecteurs ont apprécié qu’un auteur brise ce tabou hypocrite.

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Babyji est homosexuelle, idéaliste et moralisatrice. Elle découvre les joies de l’amour et du sexe avec 3 femmes différentes : une divorcée, créatrice en freelance (Linde), une servante magnifique (Rani), elle aussi plus âgée et une camarade de classe (Sheela).

Babyji est une jeune fille flattée si on la désire en la réduisant toute entière à son corps. « C’est mieux que d’être désirée pour mon intelligence ».medium_Abha_20Dawesar_20_20001.2.jpg

Ressemble-t-elle à l’auteur ? Sa réponse est vague et on la comprend :

-Sur certains points, mais pas complètement. Comme elle, je me suis toujours battue pour ne pas devenir une femme « qui coupe des légumes en rondelles dans la cuisine », je suis très indépendante et je sais ce que je veux.

Il faut dire qu’Abha Dawesar s’est donné les moyens d’être indépendante et de réussir… elle est diplômée de philosophie à Harvard et a travaillé dans la finance. Aujourd’hui, elle se consacre à plein temps à l’écriture. Elle a raison.

Babyji est un grand livre.

medium_babyji.jpgSur l’amour charnel évidemment, mais aussi sur la peur de grandir. Plus précisément sur la peur de découvrir que « grandir soit une  illusion, l’âge adulte un mythe, et les hommes, des petits garçons… »

Bien sûr l’Inde est décrite, mais elle est débarrassée des clichés habituels. Elle évoque les traditions, le folklore, les évènements politiques qui troublent le pays, certes, mais ce n’est pas la jolie carte postale que l’on pourrait attendre. Tant mieux.

Ce roman est une vision de l’amour très forte et originale. « L’amour ne peut exister que dans la perfection et la perfection n’existe pas », affirme Babyji.

-Elle n’est pas dupe. Babyji vit des relations sexuelles avec trois femmes aux styles et aux vies opposés, mais elle sait que ce ne sont pas les femmes de sa vie. Elle veut juste vivre des expériences pour se sentir grandir et prendre son envol.

Je ne vais pas faire un pataquès sur cet ouvrage parce que plutôt que lire une critique, mieux vaut lire un livre. J’ai toujours peur d’en dire trop (ou pas assez).

medium_01.03.07_3_Abha_Dawesar.JPG

Donc je m’arrête là.

Abha Dawesar est une personne charmante.

Nous avons aussi parlé de nos blogs respectifs.

Elle en a deux.

Un en anglais, un en français. (D’ailleurs, je lui avais demandé de le faire vivre un peu plus. J’ai été flatté qu’elle relate la chose.)

Retrouvez Abha Dawesar au Salon du Livre.

Son programme là-bas ?

Je ne sais pas mais, tenez, je vais me renseigner dans la journée…

Edit:

Voici le programme: (merci à toi Yansor!)

programme Abha salon du Livre :
Mars 23 2007 1:00P
Abha Dawesar au Studio SNCF animé par Isabelle Rabineau @ Lecteur Studio SNCF, Salon du Livre
Mars 23 2007 3:00P
Abha Dawesar "Entre les lignes" animé par Catherine Fruchon-Toussaint @ RFI en direct du salon du livre
Mars 23 2007 4:00P
BABYJI Signature au Salon du Livre @ Stand RTL/Lire

Mars 24 2007 11:00A
Les Nouvelles Voix de l'Inde @ Stand RTL/Lire
Mar 24 2007 2:00P
Terrasse politique/ Le thé des écrivains @ Terrasse politique au Salon
Mars 24 2007 3:30P
Table ronde CNL @ Salon du Livre
Mars 24 2007 4:30P
BABYJI Signature au Salon du Livre @ Stand Editis/Interforum
Mars 25 2007 10:00A
Femmes du monde @ Espace Vision du Monde