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29 juillet 2007

Julie Zenatti ouvre-t-elle la boîte de Mandor?

 

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Partout elle est, l’ex Fleur-de-Lys de Notre Dame de Paris ! Julie Zenatti envahit les écrans de télévisions depuis le début de l’été (de quoi ?). Interviewée par toutes les chaînes (voir son MySpace): hertziennes, du câble et du satellite. Elle est omniprésente dans les médias. Et principalement sur TF1 qui diffuse en boucle « Tango f33d2aa46d40c6c65a3e6a29a9f3c7bb.png(Princesse) »…Au départ, je pensais que cette chanson était, ce qu’on appelle communément, « le tube de l’été » de cette chaîne. Pas du tout. D’après ce que j’ai compris, TF1 aurait craqué sur le 4eme album de la demoiselle La boîte de Pandore (et non la boîte de Mandor… facile, je sais) et a décidé de la soutenir pour chaque nouveau single. Ceux qui n’aiment pas la Zenatti devront se faire une raison.a83ab39e12936d3cf0d634ece7a9788c.jpg

En tout cas, c’est très malin d’avoir choisi fin juillet pour sortir ce disque. Elle est donc la seule artiste de notre beau pays à faire de la promo en cette période estivale.

Moi, je l’aime bien. Enfin, parmi les chanteuses francophones à voix, c’est encore celle que je préfère. Jusqu’à présent, ses chansons trop à l’eau de rose ne me passionnaient pas outre mesure, mais je sentais qu’elle n’était pas qu’une « chanteuse pleureuse ». Dans son premier album Fragile, déjà, elle chantait en duo avec Passi, Les couloirs de la vie (qui n’est, rassurez-vous, pas ma référence absolue en matière de rap…).

Bref, son staff me donne rendez-vous avant-hier (vendredi), à 18h, dans un restaurant situé à proximité de la maison de la radio : Le Tournesol. J’arrive pile à l’heure. Son manager, Alain Hubert (accompagné notamment d’Olivier, l’attaché de presse Internet de Sony/BMG) m’accueille. Comme Julie Zenatti est déjà en train de répondre à une interview télé, ils me font patienter en m’offrant un verre de Coca Light (ce qui nous permet d’évoquer les différences entre le susnommé Coca Light et le Coca Zéro… avouez que, très rapidement, je sais tirer la conversation vers le haut !).

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L’heure est venue de m’asseoir et de me présenter. Elle est tout à fait souriante et charmante.

Je lui demande si elle ne se lasse pas de passer ses journées à répondre aux mêmes questions (espérant ainsi qu’elle comprenne qu’avec moi, il va en être autrement…).

-Non, ce n’est pas agaçant parce que je parle de ce que j’aime. C’est à moi d’être inventive et créatrice au moment où je me retrouve devant quelqu’un. Je sais mettre en avant ce dont j’ai envie, c'est-à-dire, les collaborations et les gens talentueux qui ont bossé sur l’album.

791460604a12177e914e4407ab04595f.jpgLes collaborations sont justement celles de deux artistes importants de la scène rap française. MC Solaar a écrit le texte de la chanson La boîte de Pandore, Akhenaton, lui, a écrit et composé le meilleur titre (complètement hypnotique) du disque, Si le temps me le permettait. Notons la participation active d’un autre rappeur (ami d’Akhenaton) Sako

-Cet album est un mélange de mes influences musicales : pop, R’nB, variétés. J’ai demandé leur participation à ces trois rappeurs parce que ce sont de grands auteurs. Sois sûr que ce n’est pas dans le secret espoir de récupérer leur public. Je connais Claude (MC Solaar) et Akhenaton de puis longtemps. Cela fait longtemps qu’ils m’avaient promis de travailler avec moi. Je suis vraiment très, très satisfaite et heureuse du résultat.

Dans ce disque, elle se raconte plus, elle dévoile sa face cachée. Je lui demande s’il s’est déroulé un évènement particulier, un déclic pour qu’elle se lâche ainsi :

e5b5f4b150ba1a28f428a09c33fab6a8.jpg-J’ai fait 3 albums qui se sont tous vendus à plus de 200.000 exemplaires (double disque d’or), une tournée qui a bien fonctionné partout. Mon public connaissait mes chansons par cœur et m’a donné beaucoup, beaucoup d’amour. Au bout de cette tournée, je me suis sentie vide. Quand on vit un an uniquement sous la lumière, l’existence devient complètement irréelle. J’ai été  pouponnée constamment, on a fait attention à moi, je me suis laissée diriger sans cesse. Il y a de quoi être déconnecté de la réalité. J’ai eu la sensation de perdre mon autonomie et j’avais besoin de récupérer tout ça… Le fait de revenir à la vie normale et mon besoin de me redécouvrir m’ont ramené à la source de mes envies. En a résulté cette espèce de folie qui est très présente dans ce disque et le côté glamour non exploité par moi dans mon métier. Pour être claire, je me suis arrangée pour briser la barrière que j’avais entre la chanteuse et la femme. Le temps à tout simplement fait son travail… 1b368d959bfe80c8d775a196a7907761.jpg

Elle me précise qu’elle en avait aussi un peu marre de n’être considérée que comme une « chanteuse pleureuse » (expression utilisée pour la deuxième fois, merci, je suis au courant, c’est moi qui écrit ce texte !).

-Il faut dire qu’il est arrivé fréquemment que je tende le bâton pour me faire battre (Rires). Je suis un peu sado-maso… En me voyant à la télé, je me disais toujours que je chantais bien, certes, mais qu’il manquait quelque chose... De l’énergie, du lâcher prise, de la féminité et de la folie. J’ai rectifié le tir aujourd’hui, il me semble.

734db8c6694964b37383b01670e86671.jpgIl me semble aussi.

Avant que nous nous séparions, elle me demande si j’ai trouvé la chanson cachée. Je lui réponds que je n’ai pas cherché.

-Je vais te dire où tu peux la trouver. Juste avant la chanson n°1…

D’habitude, c’est loin derrière le dernier titre.

Quelle joueuse, cette Julie !

Et hop! Merci Olivier pour le cliché...
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Pour conclure, je conseille cet album à ceux qui apprécient les belles voix féminines et la mixité musicale. Il n’est cependant pas question que je fasse croire aux amateurs de rock qu’ils y trouveront leur compte. Mais, je vous assure, cette variété là est tout à fait digeste.

Encore une fois, je n’aurais pas dit ça de ses précédents albums…

P.S : Bon sang, Si le temps me le permettait… quelle superbe chanson !

27 juillet 2007

Marie-Anne Alizon... profession: voix.

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Sans doute avez-vous compris que je suis fou de chanson française, toutes générations confondues. Mais mon plaisir absolu (professionnellement, j’entends), que ce soit pour mon journal ou pour mon blog, c’est de faire découvrir de nouveaux artistes. Ceux qui n’ont pas encore pignon sur rue. C’est le cas de cette charmante chanteuse qui vit à Strasbourg, Marie-Anne Alizon. Elle est connue en Alsace, certes mais elle mérite que la France la découvre également.

7f26c7752dce92cc1efecf3ef2f00664.gifD’abord, comment suis-je tombé sur son disque ? Son auteur compositeur, Richard Andrieux, que je connais un peu, m’a donné le disque récemment. Il est un artiste complet (musicien, chanteur) et sort d’ailleurs un livre très émouvant à la fin du mois d’août… je l’ai donc vu pas mal de fois ces derniers jours (je reparlerai ici, à la rentrée, de José, sorte de Petit Prince d'aujourd'hui).

Bref, je prends le disque de Marie-Anne poliment, en me disant, « bon, c’est un pote, voyons ça… » (Ce qui n’est pas une expression adéquate quand on parle d’un cd, je sais) .

J’écoute ce disque dans ma voiture. Je me surprends à rentrer rapidement dans cet univers très onirique avec des textes sensibles portée par une voix magnifique (dans l’émotion pure). Musique un peu bluesy, un peu trip hop, pop, électro, jazz (un mélange harmonieux, voire audacieux). Je me dis que, décidément, il y a bien des talents méconnus.

Je vous la fais courte mais après quelques coups de fil entre Marie-Anne et moi, nous calons une date pour se rencontrer à Paris.

C’était avant-hier, au Tramways de l’Est, sympathique brasserie en face de la gare de l’Est.

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Le feeling est immédiat. Pas seulement l’effet de la bière, non, une réelle connivence passe entre nous. Je sors mon fameux magnéto Sanyo (très décrié par mes moqueurs amis) et lui demande de me raconter ses débuts. Je ne sais rien d’elle ou pas grand-chose. Elle est comédienne (une des voix off d’Arte) et chante depuis 1994. C’est peu.

 

-Oui, en fait, j’ai deux casquettes. Je travaille avec ma voix parlée et avec ma voix chantée. Concernant la chanson, je suis autodidacte. J’ai étudié le piano étant petite fille et dès que j’ai su plaquer 3 accords, je me suis mise à chanter. Aujourd’hui, c’est mon métier…

Marie-Anne Alizon a commencé à faire des bals publics, des bals privés puis des pianos bars (plus jazz, là, avec un quartet). On apprend beaucoup à chanter dans des lieux  et des contextes variés… elle a même été soliste d’une grosse chorale franco-allemande de Gospel.

-Je suis une chanteuse de terrain. J’aime me qualifier ainsi. Je passe des 5 étoiles, à des festivals en passant par des « fêtes du Kouglof » dans un petit village…Très franchement, je prends du plaisir à chanter partout. L’éclectisme m’intéresse et me touche.

8e5500802aac91040837f7b82b2e2187.jpgSon premier disque solo (sans label, pour le moment) Aimer comme on se perd est une petite perle, fruit de la collaboration étroite entre Marie-Anne et Richard.

-Richard a écrit et composé tout l’album mais nous avons beaucoup travaillé ensemble. Nous sommes dans le même moule tous les deux et avons la même sensibilité. Je lui parlais de certains sujets qui me touchaient, il les mettait en forme. Richard est un vieux pote, il me connaît donc parfaitement. Je peux affirmer qu’il m’a bien cerné et ça m’impressionne par ce que c’est difficile pour un homme d’écrire pour une femme. Surtout que ce n’est pas mon homme et que je ne suis pas sa femme… notre relation est un peu maternelle/fraternelle. Richard Andrieux arrive sur ces entrefaites. Lui aussi, de passage à Paris, nous avons trouvé judicieux de nous réunir tous les trois. Les deux amis s’envoient quelques vannes bien senties.

C’est sûr, ils sont très proches.

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La conversation continue…

J’apprends notamment que Marie-Anne a eu l‘opportunité d’offrir « en main propre » son disque à Sting (à qui elle rend hommage dans la chanson J’entends Roxanne au loin), qu’elle s’est retrouvée sur des scènes avec Didier Lockwood ou Diane Reeves, qu’elle cherche un tourneur pour la France et que son souhait actuel est de faire des premières parties d’artistes connus.

 

J’aime bien Marie-Anne. Je la trouve remarquable d’enthousiasme, de lucidité et d’espoir. Elle ne demande pas à être connue, juste reconnue. Pas carriériste pour un sou, mais amoureuse de la scène.

Talent et modestie. Mon cocktail préféré.

La prochaine fois que nous nous croiserons, je l’appellerai ainsi.

« Mon cocktail préféré »…
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Pour découvrir 4 chansons de l’album, voici son MySpace.

(Je conseille à tous les alcooliques (mondains ou pas) comme moi, d’écouter Les vapeurs assassines…)

Pour en savoir plus sur l’artiste, c’est ici que ça se passe

Pour commander le disque, cliquez là !

Et enfin, pour la contacter personnellement: ma.cayrouze@free.fr

Bonne découverte !

P.S : Quant à toi, Richard, je ne t’oublies pas.

10 juillet 2007

Boris Bergman... usine à tubes!

ddfef6439f4ddda8d5a581caf5fbfddd.gifJ’ai hésité et puis j’ai capitulé. Ecrire la biographie de Boris Bergman a été fait maintes fois et particulièrement bien sur ce site très intéressant (pour peu que vous aimiez la chanson française et que vous ne soyez pas choqué de comprendre où j'ai piqué la photo à gauche, là) mais aussi ici.

Alors, je ne m’y recolle pas.

Mais, juste, dire que c’est lui qui a écrit :

Rain and Tears (Aphrodite’s Child), Fio Maravilla (Nicoletta), Gaby, oh Gaby, Vertige de l’amour (Bashung), Tu peux préparer le café noir, Lèche botte blues (Eddy Mitchell), Dégriffe-moi (Diane Tell), Tétéoù (Lio), Pleurer les rivières (Viktor Lazlo), Chienne d’idée (Maxime Leforestier).

C’est idiot de citer seulement ces titres alors qu’il écrit depuis 1967 mais bon, il s’agit là de positionner le personnage. L’homme n’est pas un branque.

(D’ailleurs, voici tous les 45 tours de sa discographie. C’est assez marrant… et kitch parfois. Page 1 et page 2)

J’aime beaucoup ce qu’en dit le site de la Sacem  :89b0701fe15f03f8bed0bedb08db0249.jpg

« Depuis Boby Lapointe, aucun auteur de chansons n'avait autant joué avec les mots de par chez nous, au point d'en faire un style (pour ses admirateurs) ou un procédé (pour ses détracteurs), voire une école (Libé aurait pu lui verser des droits d'auteurs!), quoiqu'il en soit une griffe reconnaissable entre toutes, une langue bien à lui qui n'est pas aussi facile d'accès qu'on pourrait le croire et garde toujours ses codes secrets, ses tiroirs bien clos: l'homme, qui enregistra un jour un album intitulé... «Le tzigane et la fourmi», est un tendre, chez qui l'humour est à la fois une arme et une élégance -non initiés s'abstenir-.

Et si l'on chante du Bergman un peu comme on disait du Audiard, en guettant les bons mots au détour d'une réplique ou d'un couplet, ne nous fions pas aux apparences: un (jeu de) mots peut en cacher un autre chez ce gavroche rêvant toujours de la ligne bleue de la Paramount au pied de la Butte Montmartre , qui a concocté dans ses oeuvres un savant mélange d'humour slave, british et yiddish -the "Bergman's touch" en quelque sorte-, a fait swinguer le rock français comme personne. »

C’est justement au pied de la Butte Montmartre que Boris Bergman m’a invité à me rendre. Dans son antre. Un musée du cinéma. Rien de moins.

Cheveux hirsutes et clop au bec, Boris Bergman me fait visiter son appartement. Waow !

Pas mal du tout. Des affiches de vieux films et surtout une pièce entière avec des bobines de films d’antan dans des cartons individuels. Il m’explique que c’est le meilleur moyen pour empêcher l’humidité de faire son œuvre…

Très fier de sa collec’, il est intarissable pour me parler de telle ou telle oeuvre.

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Ils s’échangent parfois des films avec Eddy Mitchell qui a la même passion que lui. Je lui demande s’il pourrait m’inviter un jour à mater Citizen Kane dans son salon (avec Eddy, de préférence). Il change de conversation. Peut-être ne m’a-t-il pas entendu…

(En vrai, jamais de la vie je taperais l’incruste ainsi. Z’êtes fou où quoi ?)

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Le truc bizarre, c’est que je viens causer chanson et que je me retrouve à évoquer les films de mon enfance. Selon Boris Bergman, de toute manière, ces deux arts sont liés :

-Je n’aurais jamais écrit les chansons qui figurent dans mon œuvre si je n’avais pas aimé ce cinéma là. J’ai même conçu souvent mes textes en pensant à un montage cinématographique. Et puis, je vais te dire, puisqu’on parle de mes influences, dans ma famille, au niveau de l’humour, j’avais au moins 3 Groucho Marx. Cet humour juif d’Europe Centrale m’a donné depuis tout petit le sens de l’absurde… 

Je précise que, s’il est né à Londres, les parents de Boris Bergman sont russes.

-Mes origines ont été dominantes dans ma façon d’aborder ma vie. Ce que je veux depuis toujours, c’est avoir plusieurs vies dans la même. Grâce à des révolutions et à des migrations diverses, je me suis retrouvé à parler une langue qui n’appartenait pas au pays dans lequel je suis né…

Plusieurs vies dans la même… c’est le moins que l’on puisse dire.

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Bergman est auteur de chansons, mais aussi écrivain, scénariste, réalisateur de courts-métrages et de clips ainsi que comédien. Tout est bien expliqué ici.

D’après ce que j’ai compris en l’écoutant, c’est qu’il souffre (sans l’avouer) de ne pas être considéré comme un intellectuel.

-Certains journalistes de ce que j’appelais « le triangle des bermudas », c'est-à-dire, des gens de chez 1151500dafd0eabde0b6ed9ef027e974.jpgTélérama, Libé et les Inrocks, m’ont un peu tué. Pour eux, j’étais l’auteur qui avait fait les vilaines chansons de Bashung. Pour les intégristes de Bashung, sa vie commence à partir de Play Blessures. Mais comme j’ai fait l’album Novices en 1989 (7 chansons en tout), ils sont bien emmerdés d’avouer que c’est le même homme qui a écrit « Gaby, Oh Gaby ! » et « Vertige de l’amour ».

Boris Bergman, me raconte longuement ses collaborations passées et celles à venir. Il me montre un texte à côté de son ordinateur.

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-C’est pour le chanteur Raphaël. Il a aimé ce que j’ai fait avec Gérard Manset et il veut absolument que je lui écrive quelques chansons pour son prochain album. Je dois lui en faire écouter deux cette semaine.

Je lui fais part de mon étonnement sur le fait que de gros tubes ont été composés par lui sans que personne ne le8f15c969bd1e5739299d4e0419953f5d.jpg sache vraiment. Je pense par exemple à Tu peux préparer le café noir et Lèche botte blues de notre ami Claude Moine

Il se marre.

-Ca vient de l’interprète qui ne s’en n’est jamais vanté… 

Et Bergman de me raconter quelques anecdotes sur certaines chansons.

5d64d933755fc13721c6bc5853b6a1b3.jpg-Comme je joue pas mal avec les mots et que j’aime les doubles sens… certaines chansons ne sont pas toujours comprises. Mon plus gros tubes actuel reste "Rain and Tears" interprété par les Aphrodite’s Child. Personne ne s’est aperçu que je raconte un trip à l’acide. Ca me fait bien marrer parfois d’entendre cette chanson à la radio.

Quel espiègle ce Boris !

Une heure trente à discuter, deux thés et 4 cigarettes fumées… je crois qu’il va falloir que je m’arrache. Je vais finir par réellement taper l’incruste.

Et ce n’est pas mon genre.

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Mais être chez un dictionnaire vivant de la chanson et du cinéma, ce n’est pas tous les jours que ça m’arrive.

Il me raccompagne après m’avoir expliqué qu’il vient de s’acheter un ordinateur portable. Son premier. Il va passer de la machine à écrire (une vieille Remington) à un PC dernier cri…

-Je ne sais pas encore me servir d’Internet mais dès que je saurai,  j’irai voir ton blog.

Moralité : Boris Bergman est poli. Parce que j’imagine que venir lire les chroniques de Mandor est absolument une priorité pour tout le monde. Hein ?

P.S: Le Tout petit déjà de samedi... pourquoi pas Bashung? Du coup.

29 juin 2007

Babx... un de mes élus "produit de l'année"!

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Hop là ! L’été est là, ce blog va tourner au ralenti… mais il ne s’arrêtera pas. Mon rythme quasi quotidien va se métamorphoser en un rythme plus raisonnable (encore non déterminé).

En attendant, je voulais vous parler d’un artiste que j’ai découvert il y a un an.

Babx.

Je le classe parmi mes 5 découvertes IMPORTANTES de cette année.

Avec Daphné, Constance Amiot, Fabien Martin et Pierre Lapointe

Voilà ce que j’en ai dit dans mon journal « gagne-pain » :
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97d8f6aef70f9092e62215f76d29449b.jpgCertes, vous l’avez remarqué, j’étais fort enthousiaste. Je le suis toujours. Hier en bagnole, j’ai écouté de nouveau ce disque et je me suis dit qu’il fallait que je vous le fasse découvrir.

Son phrasé, la sonorité de sa voix, la musicalité de ses mélodies, ses textes… j’aime tout dans le travail de ce charismatique jeune homme.

Je me demande d’ailleurs, pourquoi je n’avais pas déjà écrit une note sur lui. Peut-être parce que ce blog a débuté en juillet dernier et que son album était sorti un mois plus tôt. Peut-être.

Ou alors, un acte manqué.

Je ne sais pas.

Quoiqu’il en soit, n’hésitez pas à le découvrir, si vous aimez la chanson française, je suis prêt à parier que vous ne serez pas déçu.
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Jolie bouille, non ?

Si, en plus, vous avez la curiosité d’aller le voir sur scène, vous constaterez qu’il n’a rien à envier au plus grand.

J’veux dire, au plus grand d’avant.

Les Ferré (encore !), les Brel, les Barabara (j’ose la comparaison).

J’vais me faire engueuler par les puristes.

Pas grave.

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Tenez, pour juger par vous même. Il y a quatre extraits sur son MySpace...

 

J’attends avec impatience son deuxième album.

Juste pour conforter mon opinion.

Juste pour prendre du plaisir.

Juste, ça.

28 juin 2007

Corneille... fragile et intense!

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Le nouvel album de Corneille est en anglais. Entièrement.
The Birth of Cornelius devrait consacrer cet artiste rwandais sur la scène mondiale.
Normalement.
En tout cas, c’est le but.
Le son R&B/Pop de cet artiste fragile s’est équilibré pour aller vers un son soul purement analogique, organique. Ca sent bon l’essence old school 60’, 70’… et les amateurs de Stevie Wonderd’Al Green, des Isley Brothers ou de Sam Cooke ne seront pas dépaysés.
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J’avais hâte de le rencontrer.

L’artiste, prudent, observe son interlocuteur, débite des banalités pendant quelques minutes. Dans ce salon cosy d’un grand hôtel parisien, je ne le sens pas très à l’aise. Il lui faut un moment pour comprendre que je viens « en ami », et là, du coup, il finit par se détendre. Le chanteur blessé se méfie encore du genre humain.

-Mais, vous savez, avec tout l’amour que j’ai reçu de mon public, je commence à changer d’avis. Je constate que les gens sont bons et ont un potentiel d’altruisme énorme. Ce n’est pas vrai que les gens se foutent de ce qu’il se passe à l’extérieur de leur foyer. C’est rassurant pour l’avenir. 

Mais le doute tenaille Corneille.

-Evidemment que je suis traumatisé mais la relation amoureuse que j’ai avec mon public est mon pansement. C’est pour cela que j’ai peur qu’il me quitte. On devient vraiment accro à ce genre d’amour. 

J’hésite à lui poser la question récurrente : pourquoi ce 3eme opus est-il en Anglais ?

Bon, je ne peux vraiment pas éluder ce côté là…

-Je me suis rendu compte qu’avec le succès, on peut très vite s’égarer du pur chemin de l’art et tomber dans une espèce de mécanique où on veut plaire à tout prix. Si j’avais pensé à ma carrière avant mon art, je me serais posé la question de la barrière de la langue, parce que je sais que beaucoup de gens sont attachés à l’aspect francophone de ma musique. Mais j’ai ignoré cette pression pour me donner le plus de liberté possible. J’aurais peut-être contenté certaines personnes mais j’aurais menti, à moi-même et au public. C’est pour cette raison que je me suis donné le droit de faire un album en anglais parce que ça faisait longtemps que j’avais envie de le faire. J’ai appris à aimer la musique avec des artistes anglo-saxons. J’ai écrit mes premiers textes en anglais. J’avais le même avantage que sur le premier album, avec cette impression de repartir à zéro. La musique, l’artiste sont les mêmes. Mais cet album est bien meilleur que les deux premiers. J’ai mûri.

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Dans ce disque, il est principalement question d’amour. Oui, vous le savez, Corneille et fou de son épouse. Elle lui a inspiré une bonne partie de Birth Of Cornelius.

Il relate aussi la vulnérabilité sentimentale, évoque le racisme et sa crise identitaire et enfin, revient sur le succès et la célébrité.

c45546b85801d242a044b81ada1caa20.jpg-Avec le succès, beaucoup de choses deviennent fausses. Certaines personnes n’ont pas été vraies avec moi. Ma perception des choses et de moi-même était fausse. Ca va dans les deux sens. Il a fallu faire table rase. Je ne veux que de la vérité autour de moi.

Et toujours, la traditionnelle chanson sur le Rwanda.

-On va penser que c’est un thème récurrent, mais je le traite sous un angle complètement différent. Ce n’est pas un pays que je considère comme chez moi car j’en garde des souvenirs atroces. N’importe qui aurait vécu ce que j’ai vécu le comprendrait parfaitement. Plutôt que de rester dans une espèce d’hypocrisie qui partait d’une bonne intention mais qui n’était pas vraie, qui consistait à dire que je comptais y retourner, je préfère dire que je ne veux pas y retourner. C’est une certitude. Je changerai peut-être d’avis, mais je suis loin de la guérison.

La conversation dévie sur son histoire. Il n’évite pas le sujet.

Et il ne mâche pas ses mots. Etonnant pour un Corneille qu’on connaît modéré.

- A un moment, il a fallu que je sois honnête avec moi-même. J’ai de la rancœur, c’est indéniable. Si je rencontrais les gens qui ont assassiné ma famille, je ne sais pas le comportement que j’aurais. Je suis un être humain et mon sens moral n’est pas supérieur à celui d’un autre. On ne peut pas pardonner. J’ai choisi d’oublier pour arriver à continuer à vivre.

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A partir d’aujourd’hui, le chemin de Corneille se veut ouvert vers l’avenir. Son message est clair : « Toujours faire pencher la balance du côté de la vie ».

Avec cet album, il se lâche enfin...vraiment. Pas facile de se débarrasser de ses fantômes. Il est parvenu à zigouiller les ombres du passé.

The Birth of Cornelius sort lundi prochain. Le 2 juillet.

Pour bien  commencer l’été...

22 juin 2007

David Hallyday... met le turbo!

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David Hallyday, 20 ans de carrière, 9 albums. Ni un jeune premier, ni le premier venu. C’est le « fils de » le plus sympathique que compte notre beau pays. Son nouvel album est un retour aux sources. Plus loin, plus fort que le rock de papa.

3ed05ef4e93318aed6fde44cda98b6a6.jpgS’il a fait des concessions dans sa carrière française, David Hallyday est décidé à ne plus jouer le jeu. Il faudra désormais l’accepter tel qu’il est. Biberonnés aux sons des Rushs, Stevie Nicks, Genesis, Pink Floyd et autres U2, il est aujourd’hui résolument rock.

Le 1er juin 2004, deux jours avant son mariage, le « roi David » (comme le chantait sa maman en 1969) a dîné avec moi à l’hôtel Meurice. C’était pour la sortie de son précédent album Satellite

Extraits de la conversation :

- Tu aimes la solitude mais tu joues dans et pour des groupes. Paradoxal !

-Mais je suis paradoxal. J’ai besoin de tout pour être bien. Je ne peux pas être dans un système unique tout le temps sinon, je deviens fou. Je n’ai pas encore de base. J’aime bien les différences, je n’aime pas les habitudes.a2b8a612999f0e16c0538161ed1eeef9.jpg

-Dans de nombreux textes à toi sur tes derniers albums, tu sembles inquiet sur l’avenir des Hommes…

- Oui parce que j’ai deux enfants et qu’on vit dans un monde qui devient de plus en plus barge. Je me demande comment je vais faire pour qu’ils soient épargnés ? Je sais bien que c’est utopique parce que les gens deviennent cinglés.

-C’est un peu à la mode d’être rock, non ?

-Le rock ne se mesure pas au nombre de bracelets que tu as sur le bras. Etre rock c’est être à part, ne pas suivre les règles et rester intègre. Mon père vivait vraiment rock’n’roll. Ce n’était pas du chiqué, je peux te le dire.

Le reste évoquait principalement des textes de son précédent album.

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Aujourd’hui David à 40 ans. Il a fait un album d’un homme de 40 ans.

Il est produit par Pierre Jaconelli… une référence.

On sait également que David a fait appel à Miossec, Monsieur Clement, Jean Patrick Capdevielle et Julie d’Aymé pour les textes...
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Les commentaires sur le disque et les crédits, vous pouvez les trouver ici.

Hop ! 3 extraits sur son MySpace.

20 juin 2007

Amel Bent... artiste en pleine mutation!

da29b1f877fc6a87af670e0fdff7d28c.jpgAllez, un coup de pub… et je fais dans la variété aujourd’hui… ça faisait longtemps non, que je n’avais pas parlé d’une Chimène Badi, d’un Christophe Maé, d’un Christophe Willem, d'un Thierry Amiel ou d'un Emmanuel Moire...

Le 5 novembre 2004, dans les locaux de sa maison de disque BMG, je rencontrais Amel Bent.

A 19 ans, elle avait déjà tout d’une grande. Son premier album Jour d’été était un mélange de soul, de R’n B, teinté de variété classieuse.

Devant moi se tenait une jeune fille à la fois timide et assurée. Le mastering était en cours de finition, elle sortait85f0af5dff53d049d961436837be1e42.jpg tout juste du studio d’enregistrement. Nous avons écouté son disque ensemble. Devant moi, elle chantait, mimait les paroles, semblait impressionnée de s’entendre. Je lui en ai fait la remarque.

-Quand j’entends de la musique, quand je chante, je ne suis plus maîtresse de moi. Je rentre dans un état proche de la transe.

Comme elle le dit dans son premier single Ma philosophie (co-écrit avec Diam’s), viser la lune ne lui faisait pas peur.

- Il faut laisser l’artiste chanter comme il le sent, le laisser s’épanouir. Je fais des concessions sur des trucs tels que les photos, la promo, les interviews. La maison de disque connaît les rouages de l’industrie. Artistiquement, je gère, le reste  je ne veux pas m’en occuper !

6d9422a37dfd72e384f7026a91a11a74.jpgJe la devinais un peu effarouchée par le succès à venir. Elle jouait le jeu de la « gloire » avec parcimonie. Amel Bent, un peu mélancolique, semblait en retrait de ce tourbillon.

- J’avais un rêve, maintenant, je l’ai réalisé. Je n’en n’ai plus. C’est triste !

Il lui tardait de monter sur scène, sa passion absolue.

- J’ai tellement envie de concert, qu’il m’arrive d’aller dans des karaokés. Les gens hallucinent quand ils me voient. Après moi, personne n’ose plus chanter. Ca me fait rire ! Allez, il est 14 heures. J’ai faim.

Amel Bent, ce jour là, alors qu’elle n’avait encore aucun succès, m’a congédié sans aucune forme de procès. Elle m’a lancé un simple :

 -Et merci, c’était sympa ! J’ai de la chance, les gens sont gentils avec moi ! 

Oui, Amel... mais de toute façon, moi, je suis gentil avec tout le monde.

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97f79617187ed6655ccba2fc1da0f744.jpgC’était il y a plus de deux ans… Depuis, une certaine presse et TF1 n’ont pas été très tendres avec elle.

Et elle s’est endurcie. Pour tenir le coup, certainement.

Tout ça pour dire que le deuxième album de cette chanteuse est sorti avant-hier…

A 20 ans ! est réalisé notamment par Kore et Volodia. Ont collaboré : Pascal Obispo, Lionel Florence ou bien encore Diam's sur trois titres, dont un duo.

Une artiste à fleur de peau avec une voix superbe. Mais, bon, cela reste de la variété R’n’B à la française. Rien de révolutionnaire en quelque sorte… un petit aperçu, ici, sur son MySpace officiel.

Au programme des jours qui arrivent: David Hallyday, MC Solaar, Boris Bergman (auteur de chansons) et Virginie Talavera...

13 juin 2007

Bernard Chambaz... écrivain voyageur et sportif!

 

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Certes, Bernard Chambaz est romancier, poète, essayiste, enseigne l’histoire et a publié 27 livres. Ce n’est pas rien, mais le prix Goncourt du Premier roman (en 1993 pour L’arbre des vies) est surtout un cycliste émérite. A 58 ans, ce n’est pas rien non plus.

En 2003, il achève le Tour de France du centenaire de la Grande Boucle et en tire un livre : A mon tour. Chambaz récidive en faisant encore plus fort. En juin 2006, l’homme s’est attaqué à un autre grand tour mythique, le Tour d’Italie, le Giro. Le Giro de l’année de sa naissance : 1949. Ce même Giro du duel mythique Coppi-Bartali.

Blondin est mort, vive Chambaz !

de0ee5172dabfcb5040a4dac6cea9fd8.jpgBernard Chambaz nous propose dans Evviva l’Italia (éditons Panama) une balade littéraire palpitante, doublée d’une déclaration d’amour à l’Italie.

- Je suis fol amoureux de ce pays. J’y suis allé pour la première fois il y a 40 ans et je tente d’y retourner chaque année. Je connais mieux l’Italie que la France et je m’y sens plus à l’aise. J’aime la légèreté qui y règne. » 

Ce récit de voyage rend hommage à la culture, à la géographie, à la gastronomie, à la culture humaniste de ce pays.

-J’ai vécu, avec cette expérience, un des plus beaux moments de ma vie, un bonheur d’une formidable intensité. C’est un peu banal à dire, mais c’est un livre pour lequel j’ai une grande tendresse. 

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En ce mercredi 6 juin, l’écrivain voyageur, installé devant moi dans un bar (en face de la mairie du 18e), n’hésite pas à comparer l’écriture et le cyclisme.

-Écrire, c’est comme pédaler. En vélo, on souffre beaucoup, mais on jubile de traverser de merveilleux paysages. Lorsque l’on écrit, il faut faire des efforts conséquents, mais on traverse aussi de somptueux paysages linguistiques…

Il faut avouer que Chambaz connaît bien les subtilités de la langue française.

-Je mets de la poésie dans tous mes livres… mais chez moi, elle ne se traduit pas forcément par des rimes, mais plutôt par des sons, des assonances particulières et des images. Si j’écris avec facilité, je suis très difficile avec moi-même quant au style. 

Avant de nous séparer, il m’implore presque de lire un livre : L’usage du monde par Nicolas Bouvier, « un des plus grands écrivains du XXe siècle ! » et me raconte aussi sa jeunesse dans une famille communiste.

D’ailleurs il est l’auteur d’un livre passionnant sur le journal L’Humanité.

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Le type est passionnant. Il me raconte un peu sa vie, moi la mienne.

Et pis voilà, c’est terminé, on se quitte.

Comme d’habitude.

Parfois, c'est frustrant.

08 juin 2007

Apéros à Volo!

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Hier, l’opération promo idéale. Franchement, chapeau l’organisation !

Il s’agissait pour la maison de disque Opéra-Music (le label de music pas classic) de faire découvrir le nouvel album du groupe Volo.

Pour tout savoir sur ce duo: la page Wikipédia , leur MySpace et un site non-officiel bien ficelé.

Ce sont deux frères qui s’entendent à merveille et dont le charme opère dès qu’ils jouent ensemble. Les Volo chantent leurs histoires, leurs amours, leurs révoltes, leurs amitiés, leurs joies, leurs peines, leur vision de la politique et de la société, le tout ponctué d’humour.

C’est généreux et malin.

Dans leur deuxième vie parallèle, Frédo Volovitch est l’un des 5 membres des Wriggles (des allumés aux subtiles chansons à voir absolument sur scène) et son frère Olivier est à la régie générale du groupe lorsqu’ils sont en concert…

Bref, hier, quelques journalistes triés sur le volet, ont été conviés à ça :

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Alors, vous pensez bien… des artistes que j’aime, des cacahuètes et les boissons qui vont avec, je n’ai pas hésité très longtemps.
Je rappelle ici que j’ai un sacré esprit de sacrifice.
J’arrive le premier, comme d’habitude. Et je suis accueilli par l’attachée de presse, Marie-Claude, avec qui je travaille souvent. Elle me dirige illico vers une petite salle où je vois quelques tables attirantes, je ne sais pas pourquoi.
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Puis, elle me présente les patrons du label, les très sympathiques Patrick Dahan (chez qui nous sommes, si j’ai
bien compris) et Stéphane Douzilly (le directeur artistique). Ce sont eux.
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Ils me font visiter les studios dans lesquels leurs artistes enregistrent ou répètent… Je parle là des Joyeux Urbains, David Lafore et donc, Volo.
Ensuite, nous retournons dans la petite cour ou les deux frères Volovitch me sont présentés. Ils me posent quelques questions sur ce que je pense du disque et nous passons bien vite à autre chose. Ils ne sont pas du genre à s’épancher sur leur œuvre. Modestes les garçons.
Ils sont là avec leur verre de vin (oui, je cafte). Le gars au milieu n'est pas un troisième frère.
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Précisions : Frédo (à gauche) m’explique qu’il ne regarde jamais l’objectif quand il est un Volo et qu’il fait des
grimaces quand il est un des Wriggles. C’est une marque de fabrique… regardez la pochette du disque.
Ici, quelques fans (chanceuses) conviées par la production. Elles étaient peu nombreuses ces jeunes filles, mais visiblement conquises d’être là.
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Nous avons eu le droit ensuite à un mini concert acoustique au premier étage de cet appartement géant. Public évidemment réceptif, à juste titre.
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Attention, révélation sur un pan de ma vie privée! Je suis allergique aux poils de chats. Or, il y avait un chat qui était au courant de mon problème et donc, qui a pris un malin plaisir à se frotter à moi durant le set. Il a fini par s’installer devant mes pieds, avec l’objectif évident de me faire éternuer.
J’en suis sûr.
Regardez comment il me nargue.
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Après la prestation lumineuse de nos deux artistes, on a bu un dernier coup (pour la route) et je suis rentré chez moi, ravi de cette soirée promotionnelle parfaitement réussie.
(Si vous aimez Volo et que vous souhaitez participer à ces « apéros », contactez-moi, je peux faire quelque chose pour vous.)

30 mai 2007

Recyclage (1)... Coffe a eu ma peau!

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Oui, c'est moi qui fait ce geste très naturel et pas du tout posé.

Peu de temps après avoir ouvert mon blog (en juillet dernier), alors que personne ne lisait ma pourtant déjà subtile et intéressante prose, j’ai publié une note (le 11 août 2006) intitulée : Comment je me suis fait virer…

(Je fais d'ailleurs ici mon méa culpa. J'ai joué avec le feu. Je me suis brûlé. Pardon à celles et ceux que j'ai choqué involontairement ce jour là).

Aujourd’hui, je vous la propose de nouveau, avec les images.

Pendant deux ans (de 1997 à 1999), j’ai animé quotidiennement une émission littéraire sur la radio catholique de Paris, parfois en duo, parfois seul. Lors de ma période en solo, je n’hésitais pas à inviter des écrivains (ou des gens qui publiaient des livres, il y a une certaine nuance !!!) un peu hors norme (Didier Daeninckx, Jean-Claude Izzo, par exemple, des auteurs pas très "catholiques"…).

Je faisais en sorte qu’ils se tiennent correctement jusqu’au jour ou… le bug !

Le 26 mars 1999, je recevais l’écrivain Jean Chalon pour son livre L’ami des arbres et Jean-Pierre Coffe pour Fleur bonheur (voyez déjà la thématique prétexte tirée par les cheveux : Notre jardin, notre double ? ).

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Tout se passe bien durant une heure lorsque, sur le générique final de l’émission, j’ai l’heureuse initiative de poser à l’un et à l’autre cette brillante et ultime question : « Si vous étiez un fruit, un arbre, une fleur ou un légume, lequel seriez-vous et pourquoi? » (Aujourd’hui encore, je me demande ce que j’avais bu la veille ???)

Je ne me souviens plus de la réponse de Chalon mais celle de Coffe fut celle-ci : « Moi, ce serait une asperge parce qu’on aime les sucer… »

Le gros blanc de ma part.

Fin de l’émission (retransmise par toutes les radios chrétiennes de France).

Au sortir de ce direct, Coffe, Chalon et moi buvons un café (le verre de l’amitié ?). La standardiste me signale discrètement après le départ de mes deux invités que de nombreux appels outrés ne cessent d’affluer. Merdouille ! Pas bon pour moi ça ! La nouvelle direction de la radio qui souhaitait que j’apporte plus de « dimension chrétienne » me regardait déjà un peu de travers… mon heure va sonner.

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Bizarrement pendant 3 semaines, aucune répercussion.

Puis un beau soir, je mange devant ma télé (je me souviens parfaitement que j’ingurgitais des pâtes à la sauce tomate) et tombe en zappant (le mec qui assume) sur une émission animée par Pierre Bellemare dans laquelle un des invités était… monsieur Coffe. Je vous jure, un documentaire sur les asperges a été diffusé.

Je monte un peu le son.

Je ne sais pas... un pressentiment.

0e0312d0ef4dc504a43c86d36d2310c0.jpgAu retour antenne, Bellemare dit à Coffe : « Je crois, au sujet des asperges, que vous avez une anecdote à raconter Jean-Pierre. »

A ce niveau là de l’émission, je me demande déjà si je ne suis pas rentré dans un monde parallèle, une quatrième dimension quelconque. Ma bouche reste grande ouverte en écoutant la fameuse anecdote truculente… Et Coffe raconte exactement ce qu’il s’est passé en citant 5 fois le nom de la radio.

Bon, il y a mis sa note personnelle en précisant qu’il avait été reçu par un jeune abbé (Gloups !). Certes, j’étais ce jour-là habillé en noir, mais me faire traiter d'abbé comme ça, sur France 3 en prime time... Fichtre! Diantre! Fiente de moineau!

Mon téléphone fixe se mit à sonner et moi à refermer enfin la bouche. Je me suis débouché une bouteille de vin au lieu de répondre. Il faut ce qu’il faut.

Le lendemain matin, j’ai eu l’honneur d’être accueilli par le nouveau directeur de la station qui m’a annoncé tout de go qu’il m’attendait dans son bureau à la fin de mon émission. Je vous passe les détails mais la phrase magique de Jean-Pierre Coffe a eu pour conséquence un entretien préalable à un éventuel licenciement puis mon licenciement effectif et au finish un procès avec cette radio qui s’est terminé par un arrangement à l’amiable...

Et je ne critique pas cette radio qui m'a permis de vivre durant trois ans. Même que j'y ai passé de sacrés bons moments.

La morale de tout ça : méfiez-vous des asperges (même à la fraise) !

C’est bon, mais quand on fait pipi, ça pue !

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28 mai 2007

Alix de Saint-André... à l'ombre de Malraux!

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J’ai toujours eu beaucoup d’affection pour Alix de Saint-André… parce que, d’abord, je me souviens de ses années Canal. Dans une émission présentée par Jérôme Bonaldi, avec 5 autres chroniqueurs (dont Frédéric Taddéï), elle était chargée de traiter les informations délaissées par les journaux télévisées, en leur trouvant un intérêt. Comme elle l’explique dans son nouveau livre Il n’y a pas de grandes personnes (Gallimard) « Nous devions être prêts à nous mettre des nez rouges, sauter sur la table ou au besoin marcher à quatre pattes, dans le noble but d’instruire un public jeune et en délire… ».

Ce que j’étais sans doute, car j’adorais cette émission.

C’était dans les années 90.

Il m’est arrivé de rencontrer Alix de Saint-André, plus tard.

Comme là, le 30 novembre 1998 dans une émission de radio pour évoquer son livre Les archives des Anges (Nil éditions).
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Son cinquième livre sort ce mois-ci.

Et le sujet m’intéresse particulièrement puisque le fil rouge de ce roman ( ?) est André Malraux.

Son œuvre est ici.

11f988a75a4e9dcbed6dd9b64cc1d70e.jpgMoi, je n’ai lu que La condition humaine (prix Goncourt 1933) mais ce livre m’a marqué à tout jamais.

La barbarie des hommes…

Bref, je rencontre Alix de Saint-André chez Gallimard, le 16 mai dernier.

Sur mon calepin, j’ai noté 16 h…

J’arrive à 15 h 20 rue Sébastien-Bottin. Super ! Une place béante devant la maison d’édition.

Il faut que je surveille ma femme, dites donc.

Puisque j’ai 40 minutes d’avance (notez, au passage, mes capacités en calcul mental!), je décide d’aller rafraîchir mon gosier avec un liquide pétillant et frais fabriqué à base de houblon.

Du Pschiiit orange, voilà, c’est ça.

Je m’installe à une table dans le premier café rencontré. Je sors mes notes, vérifie quelques questions, en imagine d’autres, tout ceci, en buvant mon Seven Up.

-Patron ! Un autre verre de Banga, s’il vous plait !

À peine, posé, j’ingurgite une première gorgée quand mon portable sonne.

Tiens donc !

Il est 15 h 45.

-Bonjour, je suis l’attachée de presse d’Alix de Saint-André. Nous sommes un peu inquiètes, vous aviez rendez-vous à 15 h 30…

-Euh… oui, j’arrive tout de suite. J’étais coincé dans les embouteillages et là, je n’arrive pas à trouver une place.

-D’accord, mais faites vite. Clic !

Bon, je ne boirai pas un troisième verre de Tang et je serai plus vigilant avec les horaires.

Bref, j’arrive à l’accueil. Je me présente (je m’appelle Henri, j’voudrais bien réussir ma vie, être aiméééé.)

Vous savez quoi, on m’a fait patienter. Quelle perfide vengeance !

Enfin, l’attachée de presse me mène vers Alix qui m’attend sagement dans les jardins de chez Gallimard. Elle papote avec une amie (ou sa cousine, je ne me souviens plus bien). Je lui rappelle que nous nous sommes croisés pour quelques interviews et, bonne éducation oblige, elle fait semblant de s’en souvenir parfaitement.

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Je me mets sur le mode « professionnel » et lui pose des questions sur son cinquième livre dans lequel elle mélange souvenirs, réflexions et citations autour de « l’homme de sa vie »: André Malraux… Mais pas seulement.

Mandor: Après un polar noir, un essai théologique angélique, un roman sur le Panthéon et une 421858be67020e7a14a2b05141993a6c.jpghagiographie de votre nounou, vous vous lancez dans la biographie déguisée ?

Alix de Saint-André : C’est d’abord une histoire d’amour que j’ai eu avec l’œuvre de Malraux. La littérature et l’amour de la vie, c’est un peu la même chose. L’amour de Malraux a plus occupé mon existence que les quelques amours de ma vie. Je parle finalement de moi à travers l’existence de ce génie.

Mandor : Telle une midinette, vous considériez dès l’âge de 13 ans, que personne n’arrivait à la cheville de Malraux…

A.D.S.A :L’adolescence est le moment des grands coups de foudre littéraires. On découvre un monde plus fort que la vie, plus vrai que vrai. Un peu comme un alcool fort.

Mandor : Vous évoquez aussi Chateaubriand, Rousseau (que vous détestez) et bien d’autres écrivains. Mais c’est Proust qui occupe plusieurs pages de votre livre...

A.D.S.A : Aimer Proust, c’est une autre façon d’aimer la littérature. La lecture de ses romans peut irriguer la vie et expliquer autrement l’existence. Proust et Malraux sont de merveilleux décrypteurs du monde.

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Ce roman est passionnant. Ce que peut faire une femme amoureuse d’un écrivain…

La quatrième de couverture en témoigne…

« Pour l'amour de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole, visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d'universités new-yorkaises, tenté un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d'une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d'un roman. Jusqu'au jour où elle s'est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros... »

C’est d’ailleurs Florence Malraux qui a incité Alix à écrire ce livre. Elle a bien fait. C’est vraiment un régal pour ceux et celles qui aiment la littérature et sa « petite » histoire.

22cc68ebe789959d152818d6a9cf1731.jpgEt puis, je lui avoue que j’apprécie qu’elle rende aussi hommage à la dernière compagne  d’André Malraux, Sophie de Vilmorin (nièce de Louise de Vilmorin, la poétesse et grand amour de Malraux). Les biographes oublient tout le temps Sophie. Alix de Saint-André ne comprend pas pourquoi.

Personnellement, je l’avais reçu dans une émission pour évoquer son livre Aimer encore.

En photo, là, Sophie de Vilmorin (à gauche) accompagnée de Christiane Moatti (à l’époque directrice du centre de recherche André Malraux) et mon ami Philippe Michaël de Saint-Chéron (biographe et actuel président des « Amitiés internationales André Malraux). C’était le 28 mai 1999.

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Au sujet de Aimer encore, Alix de Saint-André écrit dans Il n’y a pas de grandes personnes:

« C’était un récit d’amour pour rétablir la vérité. En ce qui concerne la littérature, elle était claire et simple : sans Sophie, jamais Malraux n’aurait pu mener son œuvre à son terme… Elle raconte sa façon de vivre et de travailler, sa désintoxication de l’alcool, ses derniers voyages, ses derniers livres et ses dernières paroles. »

Après une heure de conversation, je commence à me dire que point trop n’en faut.

Il est temps de se séparer. Et aussi de passer à la séance photos.

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Je lui explique mon blog et les traditions qui en découlent. Elle est d’accord sur tout.

-Je peux fumer ? On n'a plus le droit nulle part. Sur un blog, on peut voir quelqu’un fumer ?

-Oui, je suppose.

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Nous sommes finalement deux sacrés rebelles.

Dans les jardins, nous faisons donc les photos qui décorent à merveille cette fin de note magistrale (et absolument pas décousue)…

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On se quitte en nous promettant de nous revoir.

Pour le prochain livre, sans doute…

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22 mai 2007

Dominique A... la chanson prend de la (h)auteur!

 

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Oui, encore une note qui me permet de placer mes anciens articles… c’est une solution de facilité, ça m’embête de l’avouer, mais je sais que vous n’êtes pas dupes.

Je n’ai que des lecteurs intelligents, n'est-ce pas ?

Alors, je suis obligé d’avouer qu’en ce moment, je travaille beaucoup et que je n’ai pas le temps d’exploiter mes interviews récentes en boite.

C’est long, vous savez.

 -Pourquoi fais-tu une note quotidienne alors, imbécile ?

Vous êtes polis, deuxième trait de caractère de mes lecteurs, alors vous ne me poserez jamais la question directement…

N'est-ce pas ?

Si.

Ah bon !

(De toute manière, je n’ai pas la réponse. Ça règle le problème.)
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Voici donc une rencontre qui ne date pas de cette année (mais qui est exclusive ici, ce n’est quand même pas du recyclage… je vous respecte, moi.)

C’était le 9 février 2004.

(Les photos sont de Valérie Archeno, ma meilleure copine à moi que j’ai et par ailleurs, excellente photographe. Cette photo, par exemple, c’est elle.)
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Quel étrage personnage que ce Dominique A!

Un espèce d’extra-terrestre doublé d’un pierrot lunaire. Je l’ai rencontré pour une double actualité : un disque et un livre, tous deux intitulés : Tout sera comme avant. Dans sa chambre de l’hôtel Home Plazza, le chanteur est assis devant un jus d’orange et quelques amuses gueules.

L’homme s’amuse de la mienne. Problèmes techniques. Magnéto en panne. Un classique du genre. « Allez, papier-crayon, comme au bon vieux temps ! » me dit-il au bout d’un quart d’heure.

Vous avez bien lu : un quart d’heure.

Bien chef ! Ça tombe bien, on parle écriture…
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Mandor : Vous avez réuni des auteurs que vous aimez bien pour ce recueil de nouvelles. L’idée était d’écrire une histoire à partir d’un titre d’une des 16 chansons de votre album. L’idée de vous transformer en écrivain vous tente?

DA : Mais alors pas du tout ! J’ai écrit Le départ des ombres parce qu’un auteur m’a fait défaut à la dernière minute. Il ne restait que 2 jours pour remplir les pages manquantes. Je m’y suis collé, c’est tout. Un écrivain est l’être le plus seul au monde. Il y a une solitude de l’écrivain qui doit l’attirer vers des métiers plus publics. Musicien par exemple. (Il sourit) Là, en revanche, les musiciens, c’est un troupeau d’égocentriques.

M : C’est pour ça que vous évitez d’écrire des chansons autobiographiques ?

D.A : Chanter est un métier d’exhibitionniste alors, si on se met à raconter sa vie… Moi, je ne pourrais pas assumer ça. Les traits autobiographiques m’échappent quand il y en a. De plus, il m’importe de ne pas impliquer mes proches.

M : Vous écrivez dans quel contexte ?

D.A : Uniquement quand j’ai envie de chanter des nouvelles choses. C’est un processus mécanique, une machine à entretenir… Il faut huiler le système. L’écriture, ce sont des moments sur plusieurs mois ou je sens que tout est prétexte à chanson. Je suis en éveil. Bizarrement, dès que j’ai matière à faire un disque, la machine se grippe.

M : Ça vous gêne si je vous dis que vous n’êtes pas franchement fantaisiste.

D.A : Ça se discute ! Il y a des chanteurs « youkaïdi - youkaïda » ou les obscurs qui voient tout en noir. Moi je suis un youkaïdi obscur ! Dans mon album, il y a des chansons beaucoup plus « variétés ». J’essaie en tout cas de varier les contraires.

M : On vous reproche parfois votre voix sans aspérité, linéaire.

D.A : La langue française gagne à être chantée avec douceur, car elle est heurtée. J’ai 6 disques à mon actif et je me rends compte que je deviens caricatural. De toute façon, les artistes sont des clichés d’eux-mêmes…

M : Allez, je vous la pose… (Prenant un air sentencieux). Ce nouvel album, c’est celui de la maturité.

D.A : Plus personne n’ose poser ce genre de question (rires). Vous savez, la maturité, c’est juste l’étape avant le pourrissement. Je veux bien être mature, mais il va falloir que le fruit finisse par tomber.

(Cette dernière question… c’était de l’humour. On est d’accord.)

318a08ba23122921069b1e6d3dc53db9.jpg

Ceci est la version courte d’un entretien beaucoup plus long, mais, j’ai décidé d’avoir la "blog attitude".

Concis, pas trop de blablas...etc.

« Mandor, il faut que je te parle marketing. Ton blog, il est bien, mais tu manques de savoir-faire concernant le marketing ! » me disent certains blogueurs qui en savent long sur la question.

J’ai déjà cédé pour les photos plus du tout masquées.

Mais, je crois que je vais m’arrêter là.

À moins que…

21 mai 2007

Guillaume Musso... profession: page turner!

medium_musso_1.jpgJe viens de finir le nouveau Guillaume Musso : Parce que je t’aime.

Il m’énerve ce type.

C’est le quatrième roman que je lis de lui, donc la totale (mon journal me demande d’écrire une critique sur chacune de ses sorties… je suis donc devenu un spécialiste de l’œuvre Mussoïenne…).

A chaque fois, l’auteur me captive. À chaque page.

Dans les pays anglo-saxons, on appelle ça un « page turner ».

-J’écris les livres que j’aimerais lire. Il faut que le lecteur vibre, pleure, rit, qu’il ait peur avec les medium_musso_sauve_moi.jpgpersonnages. J’écris donc de façon haletante, avec une tension qui doit imprégner le bouquin. 

Et ça marche diablement. Bien sûr, j’en entends qui crient à l’imposture.

Musso n’est pas Maupassant !

Qui a dit le contraire ?

medium_seras_tu_la.jpgNi Apollinaire !

A d’autres.

Je ne suis pas Albert Londres.

Mais Guillaume Musso est un phénomène… Ce jeune homme de 32 ans vend aujourd'hui autant de livres qu'Anna Gavalda, Bernard Werber ou Amélie Nothomb.

Plus de deux millions de livres vendus. Ce n’est pas un gage de qualité, certes, mais bon… respect quand même.

Après Et après (2004), Sauve-moi (2005) et Seras-tu là ? (2006), il vient de publier son quatrième titre (qui s’arrache déjà comme des petits pains !)

medium_parce_que_je_t_aime_1.gifL’intrigue de Parce que je t’aime est, comme toujours, habile et haletante.

Une fillette de cinq ans a disparu dans un centre commercial de Los Angeles. Le couple que formaient ses parents n'a pas résisté au drame, ils se sont séparés. Cinq ans plus tard, la fillette réapparaît à l'endroit même où elle avait mystérieusement disparue. Que s'est-il passé ? Où était-elle ? Avec qui ? Pourquoi est-elle revenue ?

Voilà, vous êtes déjà happé, magnétisé par l’histoire. C’est agaçant de savoir que l’on se fait balader, et pourtant, la redoutable mécanique de Guillaume Musso ne vous lâche plus.

-Sous des abords ludiques et légers, tous mes romans abordent, en toile de fond, des thèmes plus profonds. Le surnaturel, le mystère, le thriller, ne sont en fait que des prétextes pour évoquer d’autres grandes questions. Dans ce livre, j’aborde le thème de la résilience, cette capacité psychologique à résister à l’adversité, à surmonter les épreuves pour en ressortir parfois plus solide. medium_Et_apres.jpg

Guillaume Musso est traduit en 22 langues et la moitié de ses romans sont en cours d’adaptation au cinéma.

-Le tournage de Et après… débutera cet été à New York. On parle d’un très beau casting : Romain Duris, John Malkovich et Evangeline Lilly, l’héroïne de la série Lost. Seras-tu là ? va également devenir un long métrage puisque les droits du livre ont été vendus à Christian Fechner et plusieurs producteurs s’intéressent à Sauve-moi.

Marc Lévy n’a qu’à bien se tenir !

84b3c05ce7fae73d7f530630b4ab358a.jpgAllez, hop! Une ch'tite photo...

Oui, alors là, j'avoue, on fait une pause de chez pause.

Dans un bureau de chez XO Editions.

Parfaitement naturel...

medium_Musso_2.2.jpgCe qui passionne le plus Musso: « Les relations entre les gens, les sentiments, le sens que l’on donne à sa vie… ». Il pointe du doigt des questions universelles. La vie, la mort, l’amour, le destin, le hasard… ça intéresse tout le monde, non ?

Bon, en plus, dans la vie, l'homme est humble doublé d'un parfait gentil.

Il écrit des livres pour passionner le lecteur, simplement.

En langage cinématographique.

Ce n'est pas un crime, quand même...

 

14 mai 2007

Yoanna... rockeuse charmeuse!

medium_Yoanna_Francis_Vernhet.jpg 

Ne croyez pas une chose.

Qu’il est plus facile d’interviewer un jeune artiste qu’une célébrité.

Pour moi, c’est exactement le contraire.

Une personne qui a une longue carrière derrière elle, je la connais bien, les questions sont légions…

Un nouveau (dans le cas présent, en l’occurrence, une nouvelle) qui débute, c’est parfois, franchement pas facile.

Parce que timidité.

Parce que méfiance des journalistes.

Parce qu'exercice difficile d’expliquer mieux devant le micro d'un inconnu ce qui est parfaitement dit ou suggérée dans l’œuvre de la dite personnalité.

Je sais tout ça.

Mais, j’adore faire découvrir les jeunes qui débarquent sur la planète art.
medium_yo10.jpg

Celle-là, je l’ai découverte un peu par hasard et j’ai décidé de ne plus la lâcher.

Yoanna, je vous en parlais déjà là.

Vous non plus, il me semble que vous n’étiez pas resté insensible…

Le 30 avril, nous avons fini par réussir à caler une date pour nous rencontrer.

Un bar à côté du Divan du Monde (où elle se produisait une nouvelle fois).

18h, je la vois arriver avec un homme.

Son producteur, je crois.

Nous nous installons à une table.

Elle, un peu méfiante.

Observatrice en tout cas de la personne qui a voulu la rencontrer pour son blog.

medium_yo11.jpg

Elle m’avoue avoir lu ce que j’ai pondu sur elle ainsi que les commentaires.

Il était beaucoup question de son physique.

Je ne sais pas si elle a apprécié.

-Mais, vous n’allez pas vous plaindre d’être belle quand même…

Elle sourit, un peu gênée.

Je lui demande :

-Je peux vous tutoyer ?

Un temps avant la réponse.

-Exceptionnellement, oui.

J’imagine que c’est du second degré. Je lui dis que je la trouve pince-sans-rire. Sur un DVD que l’on m’a envoyé, je l’ai vu se moquer d’un journaliste en répondant systématiquement à côté des questions posées…

Pour une jeune artiste, j’avais trouvé cela gonflé.

-C’est souvent pour éviter les réponses. La promo n’est pas la partie du boulot que j’ai choisi. Je pense que je ne le fais pas très bien et qu’il faut que j’apprenne à être à l’aise dans cet exercice. C’est comme une roulette. Ca dépend sur qui tu tombes. Si je me retrouve avec quelqu’un avec qui ça ne le fait pas, j’aurai beaucoup de mal à tenir.

Il y a de la graine de star dans cette fille-là.

Bon, je me tiens à carreau.

Elle poursuit :

-Déjà, si on commence à me demander si mes chansons sont autobiographiques, je n’aime pas ça alors je réponds ce qui me passe par la tête.

Ça me titille de lui demander si ces chansons sont autobiographiques, comme ça, pour voir sa réaction.

Et puis non.

Je préfère que cela se passe au mieux entre nous.
medium_Yoanna1_Vincent_1_.Nury.jpg

Sur Yoanna, je lis souvent qu’elle est, en quelque sorte, le chaînon manquant entre Yvette Horner et les Bérurier Noir.

Quelle bêtise !

medium_yoanna_single_5titres.2.jpgLes Bérus OK ! Mais Yvette…

Toutes celles qui jouent de l’accordéon doivent être comparées a elle ?

Yoanna est jeune, moderne, jolie et aussi sensible que destroy.

Les cinq textes présents sur ce premier album autoproduit sont percutants, amusants et pleins d’entrain portés par une voix rocailleuse et intense.

La jeune femme aborde sans complaisance amour et thème social avec simplicité, sur des airs folks et une gouaille émouvante.
medium_Yoanna3_Vincent_1_.Nury.jpg

La maladie, qui ouvre l’album, est une chanson très forte dont personne ne comprend le sens exact. Tout le monde (à commencer par moi) pense qu’il s’agit d’une chanson sur une fille qui aime trop les hommes…

Euh… perdu.

-C’est en fait une chanson d’amour écrite à une femme.

Ce qui me permet de lui dire, hypocritement, que ces chansons sont poétiques (ça c’est vrai) parce que le sens des paroles ne se devine pas à la première écoute. J’hésite à lui demander si La Fleur parle bien d’un inceste.

J’ai bon.

Vous l’avez compris, les textes sont forts, mais elle fait avaler la pilule (si je puis dire) sur une musique généreuse et festive. Le mélange est, du coup, détonnant.

Je vous le dis tout net. Si on donne les moyens à cette grande artiste de se faire connaître, elle risque bien de casser la baraque.

Son producteur me confirme qu’il y a plusieurs labels sur le coup, que ce soit en distribution ou en contrat de licence. De plus, elle est entrain de finir son premier disque "officiel" (réalisé avec plus de moyens financiers et de musiciens) comprenant 13 ou 14 titres.

Bonne nouvelle donc.

Yoanna sait transmettre les émotions très facilement. D’une chanson à l’autre, on rit ou on pleure.

Sur scène, j’ai rarement vu ça.

-J’ai beaucoup d’admiration pour les one-man-show… Tous ces gens qui parviennent à faire rire allègrement toute une salle et juste après, à faire chialer, ça m’impressionne.

Je lui dis que c’est exactement ce qu’elle fait.

Elle ne sait pas quoi dire devant les compliments, elle ne dit donc rien.

J’observe cette fille en me disant que, décidément, j’ai devant moins une très forte personnalité.

En fait, je vais être clair. Je ne suis pas très à l’aise. Comme impressionné. Je ne cesse de rencontrer des artistes, tous les jours et elle, toc ! Elle me fout le trac.

Bizarre.

A-t-elle une idée de l’image qu’elle projette ?

-Je n’en n’ai aucune conscience et je ne veux surtout pas le savoir. Je me laisse aller comme je le sens. On me dit souvent que je ne fais pas comme tout le monde… moi, je veux juste faire ce que j’ai réellement envie de faire. Ce n’est pas plus compliqué !

Non, certes, mais il faut y mettre les formes, une espèce de diplomatie.

Pas sûr que la jeune Suissesse (qui vit à Grenoble) soit douée en la matière. Mais, cela n’a aucune importance.

C’est ce qui fait et fera longtemps son charme.

Une chanteuse sans concession et exigeante.

Tenez, une page de pub…

medium_Yoanna_cosmo.JPG

J’ai piqué cet article dans le Cosmo (qui vient de sortir) de ma femme.

(Penser à lui rendre.)

Maintenant, voici la photo avec l'artiste après l'entretien.

Vraiment, j'ai un peu de mal à ne plus me cacher...

medium_PICT2520.JPG

Je ne l’ai pas dit à Yoanna, car les artistes détestent les comparaisons.

Mais Piaf n’est pas loin.

Sa façon de rouler les R.

Ses débuts dans la rue et les bistrots.

Ce souci de ne rien lâcher.

Ce charisme qui saute aux yeux.
medium_yoanna_oops.jpg

Cet animal solitaire, difficile à apprivoiser (même si elle se produit parfois avec des musiciens), ira loin.

Très loin.

Je prends le pari.

Je m’engage rarement (à part sur Jérôme Attal...)

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09 mai 2007

Jérôme Attal... l'amoureux (plus) en lambeaux!

medium_24.04.07_Attal.JPG 

Si je parle souvent de Jérôme Attal (là par exemple) c’est que je pense très sincèrement (c’est mon opinion personnelle) qu’il est un de nos plus admirables auteurs (de chansons et aujourd’hui, de romans). Un vrai artiste medium_j_E9rome_attal2.jpgmusicien qui ne fait pas de concessions. Et donc, du coup, qui n’arrive pas à s’imposer dans le fabuleux milieu de la chanson française.

Il faut dire qu’il est aussi victime d’une image tranchée : il est considéré comme le dandy lettré qui tient un journal intime sur Internet depuis 1998 (donc novateur, le premier blogueur français, finalement) et accessoirement pousse la chansonnette.

Il n’est tellement pas que ça que j’ai une putain d’envie de le défendre souvent (même si je ne suis qu’une goutte d’eau dans un océan d’oreilles bouchées).

Jérôme Attal écrit en français des textes sensibles et recherchés portés par une musique influencée par le rock anglo-saxon. (Son MySpace de musicien avec des clips et des vidéos d'interviews...)

Pas Obispo, on est d’accord.

medium_9782350120864.jpgParce qu’il sait que j’aime son œuvre, il m’a envoyé il y a quelques mois son premier livre L’amoureux en lambeaux (dont voici le MySpace).

Je n’ai pas pu le lire rapidement, étant débordé par des lectures obligatoires (chroniques et articles oblige)… Du coup, comme je ne donnais pas de nouvelles, Jérôme était persuadé que je n’osais pas lui dire que je n’aimais pas.

Erreur magistrale Jérôme !

Une fois que j’ai mis mon nez dans ce roman, je me suis laissé porter, comme d’habitude, par son style littéraire, fiévreux et beau.

Poésie et images superbes sur la condition d’un homme amoureux fou.

L’amoureux en lambeaux c’est Le livre sur l’amour absolu.

On arrive à caler un rendez-vous dans un café de son quartier chéri. medium_jeromeAttal_melancolique_sepia.jpg

Saint-Germain.

C’était le 24 avril dernier.

J’aime ces moments avec lui. Ils m’enrichissent.

Je sais parfaitement que l’ « on » va encore dire, « ce Mandor, il aime tout le monde ! ».

Plus fiable, du coup.

Rien à taper.

Jérôme, pour moi, est un génie méconnu (non… mal connu).

On parle de son concert au Réservoir (dont j’avais déjà écrit certaines choses ici).

De son Koan zen lancé à son public.

"On connait le bruit de deux mains qui applaudissent

Mais quel est le bruit d'une main qui applaudit."

medium_Attal_0.4.JPGEn concert, il a toujours ce genre de drôle d’idée.

-Si le public avait été génial, il aurait applaudi deux fois plus fort. Tu sais, je suis le premier artiste qui estime que le concert est raté, aussi, parfois à cause du public…

Il sourit en disant cela. Mais il doit le penser.

Un peu.

-Non, c’était très bien, en fait. J’ai du respect pour les gens qui viennent me voir en concert. Ceux qui lisent mon journal savent qu’ils trouveront quelque chose de différent dans chacune de mes prestations scéniques. Je ne dis jamais la même chose.

Il a débuté le concert par un texte de Michel Foucault qui parle du cadavre et du miroir. Un texte qui, comme il le précise dans son journal, « dans sa puissance, sa force, son écriture et sa diction continue d'exercer une grande influence sur moi, même si je n'en partage pas forcément la conclusion. Pour moi le corps n'est pas suffisant. Aimer, faire l'amour, ne concerne pas seulement l'ici. Mais l'ici et l'ailleurs. »

Il est comme ça Jérôme. Il faut réfléchir à ses propos.

Son roman, dont il parle ici avec une animatrice de Direct 8, est un parfait manuel à l'usage des femmes curieuses du point de vue de l'homme sur l’Amour (avec un grand A).

C'est Simon et Thomas qui s'y collent à la perfection.

Simon est « chahuté d’un flot de paroles anxieux ». Thomas, lui, s’enferme dans « une dynamique aussi méditative et sévère qu’un costume de couturier ». medium_Attal_contre_mur.jpg

Jérôme est à la fois l’un et l’autre.

-Au fond de moi, je suis très Thomas. Je suis assez dur avec les choses et avec les gens. Mais pour vivre et avoir des rapports sociables, il faut que je sois aussi un peu Simon. Thomas se prend un peu pour le Christ, sauf que le Christ, lui, il pardonne.

Thomas est un homme amoureux qui ne comprend pas pourquoi son histoire avec Lysa ne fonctionne pas. Il voudrait que le monde entier pactise avec son malheur, mais ce n’est pas le cas. Il s’est donc retiré du monde et en veut à tous ses amis.

Sans l’amour de Lysa, il trouve que le monde a « une réalité basse et épuisante, une violence sans contenue ».

-Être amoureux, bien sûr, ça t’aveugle sur l’atrocité de la vie, mais en même temps, ça te fait traverser les journées comme une flèche. Quand je suis dans cet état, je peux passer ma journée à chercher un cadeau pour une fille. J’ai l’impression d’avoir travaillé autant que si j’écrivais une chanson pour elle. J’adore ça !

medium_attal_maison.jpgMais dans la vraie vie, cela doit être pesant pour une femme d’avoir quelqu’un de si démonstratif.

Il sourit.

-Tout le monde n’a pas la carrure pour être mon égérie… ce doit être certainement difficile. En fait, je ne suis pas pour le rapport de force dans un couple. Je cite Balzac : « En amour, il y en a un qui souffre, l’autre qui s’ennuie. »

Thomas dit aussi : « Je ne connais qu’un seul travail. Celui qui consiste à aimer quelqu’un. Tout le reste, à côté, est d’une vulgarité insoutenable. »

Il va jusqu’à faire dire, par le biais d’une amie de Thomas, Caroline, la constatation suivante :

« Tu sais, quand on aime plus les gens, c’est terrible, on ne voit plus que leur égoïsme. »

-C’est bien que tu cites cette phrase. C’est celle que je préfère. C’est dur, tranchant, mais c’est peut-être vrai…

Dans ce roman, Jérôme Attal évoque aussi la littérature et la musique. medium_attal_et_sa_bande.jpg

Il affirme, par exemple, qu’on écrit, car « il y a trop de distances dans le monde, des distances à réduire, ou trop de bruit dans les parages pour chuchoter quelque chose de valable… ».

Il a une haute exigence de l’écriture.

-Dans mon journal, il faut que j’ai l’impression d’être le meilleur, que je sois persuadé que personne ne pourrait écrire un truc si fort. Souvent, quelques jours après, je suis déçu de ma prose. J’ai du mal à être content dans la durée. Tu sais, je suis mon premier juge. Je suis très malheureux quand je fais des choses que je n’aime pas ?

Dans L’amoureux en lambeaux, il y a un autre personnage important : Basile Green, un chanteur de rock. Je n’en parle pas ici, mais il est l’une des pièces maîtresses de ce livre.

Il sera aussi le héros du deuxième roman, déjà terminé, de Jérôme. En tout cas, la fiction rejoint la réalité de la vie de l’auteur. À un moment Thomas affirme que « ça ne sert à rien la musique. Il y a un moment où, sans raison profonde, ça devient de la gesticulation. Et puis ça implique trop de gens qui n’y comprennent rien ».medium_comme_elle_se_donne_.jpg

Si ce n’est pas ce que pense vraiment Jérôme…

Que son album Comme elle se donne soit resté confidentiel reste pour moi un mystère, mais que pour le prochain, il ne trouve pas de label, de producteur, bref, quelqu’un pour y croire et le porter vers d'autres sphères médiatiques, ça me dépasse complètement.

-Moi, je suis victime d’un barrage que je détermine au niveau des décideurs. Je suis sûr que si l’on m’offre des moyens, marketing notamment, je fais aussi bien que d’autres qui ont signé. Mes frustrations, je les règle en travaillant pour d’autres…

Jérôme Attal est très demandé en tant qu’auteur (voir là).

Il continue.

-Quand je vois Bénabar, avec sa chanson sur les pizzas, aux Victoires de la Musique , devenir chanson de l’année, je me dis que mon œuvre ne sera peut-être reconnue que de manière posthume.

Il plaisante à moitié, là.

medium_24.04.07_Attal_et_mandor.2.JPG

Avant de la quitter, je voudrais juste demander à Jérôme un truc qui me travaille. Je le regarde droit dans les yeux.

-Qu’est-ce que tu as voulu dire quand tu as écrit dans ton livre, lors du concert de Basile : « Les journalistes au bar, plutôt bon signe : les grands fauves se tiennent toujours près du point d’eau. » ?

medium_JeromeOK.jpgIl se marre.

-Mandor, tu n’es pas au bout de tes surprises. Mon deuxième livre s’intéresse plus particulièrement à mon métier de chanteur musicien et de mon expérience avec les labels et les journalistes. C'est beaucoup plus violent que dans ce roman.

J’ai hâte.

Message personnel pour Jérôme : tu es amoureux (tu l’étais en tout cas, il y a deux semaines). Tu es plus rayonnant et sympathique dans cet état. Je ne te connaissais que Thomatisé, j’aime bien quand tu es un peu plus Simoné.

Et tu as mon indéfectible soutien.

Celui d'une goutte d'eau...