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06 avril 2007

Christophe Willem... une nouvelle star is born!

 

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Franchement, il m’était arrivé de le regarder lors de la précédente saison de la Nouvelle Star et, comme tout le monde, je me disais que ce jeune homme surnommé « la tortue » avait un petit truc en plus.

Qui s’appelle, comment déjà ?

Ah oui ! Le talent.

medium_Christophe-Willem_sonny.jpgGrâce à Christophe Willem, plus personne n’hésitait à avouer qu’il regardait cette émission. Regardez là, vous comprendrez.

Et ce concurrent un peu extra terrestre apparut soudain en 4eme de couv de Libé, dans Télérama, Les Inrocks, Technikart, voire dans la Monde Diplomatique , La vie du rail, Libertinage et philatélie, Le journal des girafes et Tracteur magazine (bref, partout).

 

Alors, oui, quand mon rédac chef m’a proposé de le rencontrer pour son premier album Inventaire, j’ai accepté sans hésiter.

De toute manière, je l’ai déjà dit, j’aime tout le monde et j’aime rencontrer n’importe qui !

Le Casimir de la blogosphère, c’est bibi.

 

(Euh… en même temps, c’est même pas vrai.)

 

En ce mardi 3 avril, j’arrive pile à l’heure à l’hôtel Hyatt de la Madeleine. medium_christophe-1.jpg

A l’entrée, je vois le Christophe, portable à la main. Je le salue, il ne me calcule pas.

Suis-je si insipide et transparent que cela ?

L’attachée de presse est là, me fait signe. Celle-ci, je ne la connaissais pas, mais elle est avenante. Elle m’explique qu’il est entrain de répondre à une interview.

Dans notre délicieux jargon journalistique, on appelle ça un « phoner ».

Il était juste concentré.

Je ne suis donc pas si insipide et transparent que cela…

L’attachée de presse m’installe dans une grande pièce avec grande table de réunion et boisson à volonté. Il est 11h30. Trop tôt pour l’apéro !

Va pour un Coca Light.

 -Moi aussi, j’veux un Coca Light. Depuis que j’ai essayé le light, je n’arrive plus à en boire du normal.

STOP

medium_willem_3.jpgA ce moment là de cette note, vous vous dites sans hésitation : « Dis donc, j’ai bien fait de venir ici. Voilà un blog où l’on apprend des choses essentielles ! »

C’est vrai.

Vous avez raison.

Christophe Willem préfère le Coca light au normal. C'est une information.

Voilà, on peut reprendre.

 

Le jeune chanteur de 23 ans s’excuse d’être en retard (5mn, ça va, je peux encore supporter un tel affront). Première constatation, c’est un vrai gars chaleureux et sympathique. L’image qu’il donnait sur les primes était donc la bonne.

Bon, je fais mon boulot.

Ca donne ça.

 -Tu es bien entouré pour un premier album : Zazie, Philippe Katerine, Gonzales, Bertrand Burgalat et Valérie Lemercier...

-Que tous ces artistes talentueux et modernes mettent leur talent à mon service, j’ai encore du mal à le croire. Je suis très satisfait du résultat car, finalement, la vraie star de ce disque, c’est la musique.

-L’ambiance est très electro-pop. C’est ton univers musical personnel ?medium_christophe-willem_1.jpg

-Je me rends compte, en tout cas, qu’il me plait beaucoup. Depuis La Nouvelle Star , je passe mon temps à m’aventurer dans des styles que je ne pensais pas chanter un jour. Cet album est vraiment à mon image car j’y dévoile mon dédoublement de personnalité très marqué.

-Le single Elu produit de l’année en a dérouté plus d’un. Pourquoi ce choix ?

-Je voulais simplement envoyer un message clair : J’ai 23 ans, j’ai gagné une émission importante, on m’a porté aux nues, j’ai un bel album… mais je ne suis pas dupe sur le fait que, l’année prochaine, quelqu’un d’autre prendra ma place. Je relativise mon succès actuel même si j’espère qu’il va durer.

medium_willem_4.jpgPuis, je décide de gratter un peu.

 

-Que veux-tu expliquer dans la chanson Double Je (le prochain single) ?

-On m’a posé des questions assez directes sur ma sexualité. Suis-je homo ou pas ? Mais qu’est-ce que ça peut bien faire ? Ma vie privée ne concerne que moi. Le jour où j’aurais envie de parler de ça, je ferais signe. Pour l’instant, je me contente de faire de la musique et point barre. Dans cette chanson, je m’amuse avec l’ambiguïté qu’on me porte. Ne donnons pas d’importance à quelque chose qui n’en n’a pas.

Il est malin Christophe Willem. Il chante cette chanson en voix de tête. Il s’amuse, j’vous dis et il me paraît avoir la tête bien sur les épaules.medium_christophe_willem_2.jpg

Sous son air de ne pas y toucher, Willem sait où il va.

Lentement mais sûrement.

Driiiiiiiiinnnnnnnnggggggg !

 

-Pardon, je décroche, c’est ma banquière !

 

J’interromps mon magnéto et tente de ne pas écouter.

Je n’ai donc pas entendu qu’il passera samedi à la banque parce qu’il a un chèque à déposer…etc. (après, c’est un peu plus confidentiel et, boudiou, je ne suis pas une balance).

Bon, au bout de 10 minutes de conversation, je commence à reluquer discrétos ma montre.

Il comprend.

Nous reprenons.

Quand l’attachée de presse entre dans la pièce nous signifier que c’est fini. Je lui dis que non. Je rattrape le temps perdu au téléphone.

 -Euh… OK ! Pas de problème !

Non mais !

Je dis ça, mais elle est très gentille la dame.

Il est temps de passer aux photos Mandoriennes.

Il veut absolument les faire lui-même.

Soit. Son bras est plus long que le mien.
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Pour résumer. L’album est bon. La voix de Christophe Willem est exceptionnelle, les compositions pas banales et les textes malins (souvent second degré quand il parle de lui).

Du kitch intelligent qui devrait en faire craquer plus d’un.

Là, c'est le "space" de son actu.

04 avril 2007

Alan Furst... thriller, espionnage sous la seconde guerre mondiale!

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Hier, je suis allé à la rencontre d’un auteur américain dont j’avais beaucoup entendu parler, mais qui, inexplicablement, n’avait jamais été traduit en français (enfin presque jamais.)

Alan Furst.

medium_V85_Livres_Allan_Furst_cover_.JPGSouriant et éloquent (et dans la langue de Molière, s’il vous plait !), l’homme est charismatique.

Pour l’interview, il a souhaité la présence d’un traducteur. En l’occurrence, celui qui a traduit ce roman, Le royaume des ombres, le jeune et sympathique Alexandre Boldrini.

C’est juste pour le rassurer, j’ai l’impression parce qu’Alexandre n’est là que pour préciser ce que veut dire Alan quand il a du mal à trouver un mot ou une expression en Français.

C’est curieux.

Ainsi, je me retrouve (dans sa nouvelle maison d’édition) devant ce maître du roman d’espionnage.

Si John Le Carré a écrit le roman de la guerre froide, Furst, lui, est l’auteur d’une œuvre entièrement consacrée à la tragédie des années 30.

« Je raconte l’histoire de cette période à travers le développement d’une activité nouvelle : l’espionnage. medium_furst184.jpgLa montée du fascisme et du nazisme, le triomphe du stalinisme en URSS, la faiblesse des démocraties face aux totalitarismes et l’imminence de la Seconde Guerre Mondiale. J’y mets de l’humanité en plus…»

Avant de continuer, une petite présentation du monsieur s’impose.

Ex collaborateur à Esquire puis chroniqueur pour l’International Herald Tribune, Alan Furst a écrit ses premiers romans dans les années 70…

« Des livres affreux… des romans policiers horribles. A 28 ans, Gallimard en a traduit un, mais je ne le compte pas. »

Mais depuis une visite en Russie en 1983,  effrayé par l’ambiance qui régnait là-bas, Alan Furst a trouvé sa raison d’écrire. Le devoir de mémoire pour que l’histoire ne se répète pas.

medium_alanfurst.jpgDu coup, l’auteur attache un soin extrême à la conformité du récit avec les évènements politiques et militaires survenus dans la période concernée. Les lecteurs avides de vérités historiques suivent donc, avec plus d’intérêt encore, les péripéties de ses héros.

Dans Le Royaume des ombres, Nicholas Morath, un officier de cavalerie hongrois qui vit à Paris, lutte contre la politique d’expansion hitlérienne. Sans aucun temps mort et en parcourant une Europe aux frontières mouvantes, il devra notamment sortir des griffes des services secrets allemands, lutter contre des agents russes du NKVD et échapper à des tueurs croates. C’est palpitant.

« Ce qui m’intéresse dans cette époque, c’est que personne n’était manichéen. Cette période trouble rendait les gens troubles. Ma grande question sera toujours : qui peut dire ce qu’il aurait fait dans cette période là ? Je trouve qu’il n’y a rien de plus exaltant que de voir des gens ordinaires, plongés dans des medium_livresalanfurst.jpgcirconstances extraordinaires, se débattre avec leurs propres faiblesses et réussir, peut-être, à peser sur le cours de l’Histoire. »

Je lui dis que j’aime son écriture.

Elle s’adresse à l’intelligence du lecteur plutôt qu’à ses fantasmes.

Il apprécie le compliment.

Alan Furst décrit comme personne la vie et les péripéties d’un espion…

« L’ambiguïté, le mensonge et la désinformation forment le quotidien des agents secrets. Ils reposent sur un ensemble de techniques, c'est-à-dire sur un travail, souvent obscur et fastidieux. »

Ses romans se déroulent tous dans la capitale française, je lui demande pourquoi.

medium_furst3.jpg« Ce n’est pas uniquement parce que je suis fou de cette ville et que j’y ai un appartement. Non. (Il sourit). Je considère cette ville comme le cœur de la civilisation, le symbole de la belle vie, de la sophistication, du bon vin, des intrigues amoureuses. C’était également le sentiment d’Adolf Hitler. Quand il s’est emparé de Paris, c’est le centre même de la civilisation européenne qu’il a occupé et qu’il s’est targué d’avoir mis à sa botte. Et quand Paris a perdu la bataille, des quantités de gens se sont suicidés un peu partout en Europe. Parce que, si Paris n’était plus, que restait-il ? »

Alan Furst me demande de ne pas trop évoquer le contenu, l’intrigue de son livre… il faut que le lecteur soit medium_book3.jpgsurpris.

Il le sera.

Moi, j’attends les autres livres de l’auteur, prévus dans quelques mois: Le correspondant étranger, et Le sang de la victoire.

Je vais devenir Furst addict

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Marc Lawson dans The Gardian écrit :

Furst est l’un des rares stylistes auprès desquels Chandler et Hemingway semblent verbeux. […] Parce qu’il sait que des millions de mots ont déjà été écrits sur cette période, il veille à n’utiliser que le strict nécessaire, chose peu commune dans le domaine du thriller. 

Pas mieux !

03 avril 2007

Daphné... mon coup de coeur à moi que j'ai!

 

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En ce moment, j’ai deux artistes francophones préférés. Le québécois Pierre Lapointe (Mandorisé ici) et la française Daphné. Un homme et une femme, chabada bada.

Deux univers singuliers qui ont le don de me transporter dans des voyages mystérieux  me remplissant d’allégresse.

Oui, carrément.

Le vendredi 23 mars dernier, je suis allé me sustenter et m’abreuver en compagnie de Daphné dans un charmant salon de thé parisien du 11e arrondissement, la Rose Thé.

medium_09.jpgJ’étais très content de la revoir parce que notre première rencontre c’était particulièrement bien déroulée. Un feeling immédiat. Son premier album L’Émeraude m’avait charmé et elle m’avait conforté dans l’idée qu’elle était une artiste hors du commun. Hors norme, dirais-je.

-Ah, bonjour (Bip !) Tu vas bien ? Et Stella ? Elle a quel âge maintenant ?

Là, stupeur.

Elle se souvient qu’il y a deux ans, ma femme était enceinte et qu’elle attendait une petite fille prénommée ainsi. J’en reste comme deux ronds de flan.

Elle vient de me conquérir à vie.

(Quoi, je suis excessif ?)

Elle ajoute :

(oui, ben, là, je me passe un peu de pommade. Ça ne fait pas de mal.)

-J’étais contente et touchée par ton article. (Note de moi : il est ici) Je me suis reconnue, pour une fois. J’aimedium_jLyKuhMjLh4uHunaqZ2Ov7iPMQaWnMb0BQ-T4g.jpg bien aimé le titre sur la couverture « Au pays de candide ». C’est tout à fait ça. Souvent, je lis des critiques qui me comparent à une fée… Ça vient du fait que je parle de sentiment ou d’émotion, sans raconter vraiment d’histoire. J’exprime des choses qui n’existent pas. Pour certains, c’est de l’ordre de l’invisible, du mystérieux. Je crée quand mon cœur déborde, lorsque le sentiment se fait tellement fort qu’il se transforme en musique et en paroles… C’est l’instinct qui me guide pour choisir mes mots et la mélodie.

Quand Daphné parle, c’est la douceur qui jaillit. Bizarre comme sa voix me fait des trucs. Pas loin de tomber amoureux moi.

(C’est une image les amis…)

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Carmin est une suite de déclarations.

Elles célèbrent l’envol ou la maladresse des premiers pas amoureux, la musique, un peuple disparu, une amitié ou tout simplement la vie…

-Il y a moins de distance que dans le premier album. Il y a moins de projections et d’imaginaires donc plus de réalités. Dans L’Émeraude, j’avais de la retenue. Ce n’était pas volontaire, j’ai donné ce que j’étais à ce moment-là. Aujourd’hui, j’ai moins peur, je suis moins timide, ma voix s’exprime donc. Ma musique, mes sons aussi. Plus on se rapproche de soi, plus on peut être précis.

C’est vrai que je la sens plus libérée, plus confiante.

C’est agréable.

medium_jean_20cocteau.jpgJe lui dis que ses chansons me font penser à l’univers de Jean Cocteau.

-Tu ne peux pas savoir comme ça me fait plaisir. J’aime tout son travail. Ses films, ses poèmes, ses dessins. Le travail d’un artiste correspond à ses intérêts et ses questionnements surtout. Moi, je me pose des questions qui sont liées à tout ce qui nous échappe.

Daphné, lors de la promo de son premier album, précisait aux journalistes ceci : elle entend des musiques quand elle voit des couleurs, au point d’être enivrée jusqu’au vertige dans les musées parce qu’il y a « des tableaux qui sont comme des symphonies ». 

Elle est comme ça.

Elle fait entrer l’ailleurs en elle.

medium_daphne_in_live.jpg-Je ne sais pas si mon système sensoriel est proche de l’animal, mais il me procure des joies très intenses tout en pouvant être handicapant, lorsqu’il me met à distance des autres. Parfois, j’ai le sentiment d’être un nez géant, d’autres fois un œil ou une oreille immenses qui absorbent tout avec des vases communicants dans les perceptions…

Daphné évoque ses goûts musicaux, très éclectiques : Kate Bush (dont on dit que la voix de cette nouvelle chanteuse hexagonale n’est pas aux antipodes, ni de celle de Björk), Stevie Wonder, Lou Reed, Cyndi Lauper, Ricky Lee Jones, Pierre Lapointe, Brigitte Fontaine, la musique classique, la world music, le blues…

Oui, tout ça.

Et oui, je me laisse de profil... et oui, j'ai un bouc...
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La voix de Daphné !

Elle s’envole, plane, plonge, vibre, tourbillonne et redécolle.

-Ma voix, mes musiques, c’est comme un pays. L’idéal serait d’emmener les gens dans ce pays particulier medium_daphne1.2.jpgqui est le mien. J’ai envie de surprendre et qu’ils se sentent bien. C’est un palliatif à l’ennui, non ?

Et de citer Rimbaud en insistant sur le fait qu’elle ne se compare pas à lui.

-Quand je le lis, je ne comprends pas tout, mais je trouve son œuvre magnifique, elle me touche sans que je sache exactement pourquoi… J’aimerais faire ressentir ce genre d’état à ceux qui écoutent mes chansons.

Je n’arrête pas de lui dire que vraiment, elle a changé. Elle ponctue ses réponses de rires, d’apartés et de confidences (toutes relatives quand même).

-Ce monde de la musique m’était complètement étranger la première fois que nous nous sommes vus. Dans ce nouveau microcosme, il fallait que je prenne mes marques en tâtonnant. Je suis comme ça dans la vie, je ne me livre pas d’un coup. J’aime bien y aller petit bout par petit bout. Comme dans la chanson Déshabillez moi, il faut une certaine progression.

(Bon, je vais prendre une douche, moi)

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L’album sort le 23 avril.

medium_02.jpgÉvidemment, je vous le conseille vivement.

Moi, je craque pour Abracadabra, Le Petit Navire et Musicamor

Son MySpace est ici.... que deux extraits. Grrr....

Elle sera en concert à la Cigale les 25 et 26 avril prochains (en première partie de Pierre Lapointe).

Comment je ne vais pas louper ça !

Et aussi, (et surtout), Daphné et son groupe en intégralité pour un concert rien qu’à elle à l’Européen le 23 mai.

Et comment, je ne vais pas louper ça (bis) !

29 mars 2007

Magyd Cherfi, artiste citoyen...

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L’ex-parolier des Zebda est de retour avec son deuxième album solo.

medium_cite_des_etoiles.jpgLes orages passés de La cité des Étoiles, laissent la place au soleil.

La semaine dernière (le 21 mars), lors de l’interview, le silence ponctuait souvent mes questions.

Magyd Cherfi réfléchit longuement avant de se lancer dans une réponse.

Comme dans ses chansons, cet amoureux de la langue française n’a qu’une obsession : faire jaillir de sa bouche uniquement les mots justes.

Dans Pas en vivant avec son chien, il a transformé ses mots acides en mots figuratifs.

(Quelques exemples à écouter sur son MySpace)

-En sortant de l’aventure Zebda, je me suis lancé dans l’intime parce que l’on me croyait « festif ». Il y avait erreur d’identité et j’ai voulu me réapproprier ma vraie personnalité.  Aujourd’hui, j’ai compris que j’étais autant chroniqueur que conteur mais qu’il fallait poétiser les propos. Je suis capable d’évoquer des thèmes graves comme de me moquer de Delerm et Bénabar.

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Magyd à l’art de la parabole caustique et généreuse. Chanter les racines, l’identité et la fraternité sous forme de fables modernes, c’est une façon pour cet artiste, entre Desproges et Lafontaine, de faire accepter ses idées en douceur.

 

- Je place sur des musiques colorées (tango, bossa, folk, un peu façon New-Orléans) la mélancolie qui est en moi, mais aussi mon humour noir et mes chroniques sociales. Si je suis quelqu’un de moral, je ne suis pas, pour autant, un donneur de leçons.

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Très vite, la conversation dévie sur l’actualité du moment. Il s’emporte un peu puis se calme. Magyd Cherfi me confirme que parfois, il est tenté de baisser les bras devant la bêtise des hommes.

-Tous ces combats, ces luttes que nous sommes censés mener ne nous mènent nulle part justement. On n’est pas capable de porter toutes ces batailles de l’humain, de l’égalité, de la liberté, de la fraternité. Un mec comme moi, même si je suis désabusé, j’ai le sentiment de n’avoir rien lâché.

Le message qu’il veut divulguer en ce moment est simple. C’est la cause de l’immigration et les enfants de banlieue qui l‘importent.

-Nous sommes des fils d’immigrés fiers d’être français, mais nous ne nous sentons pas de Vercingétorix ou de Napoléon. On n’a pas forcément envie de se revendiquer de deux millénaires même si on aime vivre dans ce pays.

Magyd Cherfi s’implique en tout cas dans la vie citoyenne de son pays.

Son blog (Toujours un connard pour sauver la France ) propose ses débats citoyens sur Second Life.
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Dans cet album (qui sort le 10 avril), il « boit à la source des prolos et transforme les héros anonymes en combattants de l’essentiel ».

medium_livret_de_famille.3.jpg-J’ai trouvé sur ce terrain un frère de sillon avec le dessinateur Larcenet, qui m’a bâti de son trait acerbe et impitoyable un univers de gueules du peuple et de cabots. Un univers noir et un dessin ouvrier.

Ses projets sont nombreux. Une suite à son bouquin Livret de famille,  une plongée dans le répertoire de Brassens (récemment, Magyd a entrepris quelques relectures du grand Georges à Sète) et une tournée qu’il monte de A jusqu’à Z avec de nouveaux musiciens (au Café de la Danse à Paris, les 25, 26 et 27 mai prochain).

Je ne peux que vous engager à aller le découvrir ou le redécouvrir.

Il est vraiment magique Magyd !

28 mars 2007

Stephan Eicher... chanteur organique!

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« Ne pas s’arrêter, regarder et passer » est la philosophie inaltérable de Stephan Eicher. Pourtant, les années passent et le chanteur suisse, lui, ne change pas. Il se contente d’évoluer sagement. Son nouveau disque en témoigne. Eldorado est né à la fin de sa précédente tournée marathon, Taxi Europa Tour. En ce mardi 20 mars, au Pavillon de la Reine de la Place des Vosges, Stephan Eicher m’explique qu’avec tout ce bruit et cette fureur, le calme s’imposait.

« Je ne supportais plus de chanter fort. Involontairement, j’ai enregistré mes maquettes dans des lieux qui m’empêchaient de faire du bruit. En Camargue, dès que je chantais, ma voix portait un peu trop, j’entendais sur ma bande, au loin,  un chien qui aboyait. Du coup, j’ai du placer ma voix autrement. »

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C’est donc un Eicher adouci et plus intime qui chante sur ses propres textes, mais aussi sur ceux de ses fidèles auteurs, Philippe Djian (en Français) et Martin Suter (en Bernois). Mais des petits nouveaux débarquent aussi dans sa bulle.

Raphaël et Michaël Furnon (Mickey 3D).

« J’ai une grande tendresse pour Raphaël. Il traverse une période que j’ai vécu avec Engelberg. Il avale tout ça très bien. Quant à Michaël Furnon, il m’a avoué que mes 3 premiers disques l’avaient incité à se lancer dans la musique. En toute honnêteté, j’ai besoin de me nourrir du talent des autres artistes, sinon, je risque de me manger moi-même. »

Ce n’est pas pour rien que la moitié de l’album est réalisé par Frédéric Lo (accoucheur du dernier Daniel Darc).

« Entre 40 et 50 ans, c’est une phase assez critique pour les chanteurs. Il faut se réveiller. Les Bénabar et les M sont là. Moi, à leur âge je voulais bouffer les vieux ! ».

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 Entre jazz et électro-pop modéré, Eldorado a tout pour charmer son auditoire.

« L’art est basé sur des phénomènes instables. Un équilibre demande le déséquilibre. Quand l’équilibre est trouvé, le musicien donne de la joie et du repos. »

L’ami Stephan, il lui fallait de l’organique, du grain, de la matière et du toucher pour laisser plus de places aux silences, une instrumentalisation figurative, presque une vraie musique de film qui puisse raconter ce que la voix taisait.

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Dans ce disque, on sent bien qu’il  hérité de son grand-père tzigane, le culte de l’errance…

Ne cherchons plus l’Eldorado.

Cet album est déjà une pépite.

Si, si.

(Sortie le 16 avril).

23 mars 2007

Christophe Maé... frère du roi devenu phénomène!

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Bon, en ce moment, il y a une baisse de régime au niveau des commentaires. Je le comprends très bien. Que dire sur telle ou telle personnalité à part, je suis fan, j’aime bien, je n’aime pas, je déteste, j’exècre, je lui crache dessus… ?

…etc.

Pas grand chose à commenter.

Aussi, aujourd’hui, je vais employer les grands moyens pour attirer de jeunes internautes.

J’ai remarqué que dès que j’évoque une Zazie, un Calogero, un Emmanuel Moire, un M Pokora, un Thierry Amiel ou encore une Chimène Badi (liste non exhaustive), je me retrouve avec tout plein de nouveaux lecteurs qui viennent des forums des artistes sus cités. Ils ne laissent pas forcément de commentaires, mais m’envoient des mails à tire-larigot.

A tous, un grand bonjour!
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Mon préambule me paraissait important parce que certains de mes lecteurs quotidiens trouvent moyen moyen que je fasse la part belle à ce genre d’artiste. Ils préfèrent les chanteurs de la nouvelle scène française et les auteurs obscurs et désenchantés (ah bon ? N’importe quoi, moi !).

Bref, aujourd’hui, je vais vous parler d’un chanteur qui est depuis hier

1er du Top Fnac

1er du Top  Carrefour 

2ème du Top Virgin

2ème du Top  Auchan 

Ok ! Vous êtes calmés ?

D’abord, c’est son attachée de presse qui m’a envoyé un mail pour me le dire.

Mon Mandorisé du jour est donc Christophe Maé.

Qui ça ?

Ne faites pas semblant de ne pas savoir que c’est lui qui jouait dans la comédie musicale Le Roi Soleil. medium_mae_roi_soleil.2.jpg

Le frère du Roi. Un frère gay et excentrique.

Il s’est bien fait remarquer dans ce rôle là. Il était, c’est peu de le dire, le chouchou du public.

Figurez-vous que son premier album solo Mon Paradis est sorti le 19 mars (autant dire, il y a 4 jours).

Son MySpace est là.

Je suis allé le rencontrer dans sa maison de disque Warner le 26 février dernier. J’avoue que, bon, ce genre de musique n’est pas précisément ce que j’écoute spontanément chez moi, mais, depuis que je fais ce métier, j’ai toujours du m’adapter. Et le garçon me paraissait sympathique.

J’arrive un peu en avance pour discuter avec sa jolie attachée de presse (quoi ?) et elle me propose de regarder le clip de son premier single On s’attache. « Il est tout frais » qu’elle me dit,medium_V84_Musique_Christophe_Mae_cover_.JPG la demoiselle. « On vient de le recevoir à l’instant ! Christophe ne l’a pas encore vu terminé ! ».

 

Quelle exclue Lulu ! pense-je.

 

Nous le regardons quand l’artiste lui-même déboule dans le bureau. On se présente mutuellement et il demande à ce qu’on le rembobine (le clip) pour qu’il puisse le voir à son tour. Il est comme un gamin en voyant le résultat. Content quoi !

Il me raconte qu’il a tourné ce petit film musical (je dis « ce petit film musical" pour ne pas répéter le mot clip que j’ai déjà utilisé 2 fois. Z’avez vu ? Je fais des efforts, hein ?) au Brésil près de Rio, à côté des favelas. « Sans maquillage. Comme ça. Brut de pomme. Je voulais que l’ambiance soit naturelle. »

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Nous nous installons dans un studio d’enregistrement du sous-sol. Inévitablement, nous parlons de la comédie musicale dans laquelle il s’est fait repérer.

-J’ai eu la chance de jouer dans ce cadeau empoisonné. Au début, je pensais que j’allais être uniquement le bouffon du Roi pour aérer les scènes lourdes. Mais j’ai réussi à retourner ce rôle-là en ma faveur parce que je l’ai joué à 200%. J’assume cette expérience et je la revendique. Tu sais, j’ai quand même eu mon mot à dire sur le choix des chansons que je devais chanter. Dove Attia (le producteur du spectacle) m’a permis d’avoir mon mot à dire.

Il m’avouera aussi qu’il a accepté de faire Le Roi Soleil pour accélérer sa carrière qui végétait.

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Je résume grossièrement son parcours.

A 16 ans, il apprend la guitare et l’harmonica. A 18 ans, il assure environ 200 concerts par an, dans un style reggae, soul et blues. Il fait même des premières parties de concerts comme Cher et Seal. Puis vient Le Roi Soleil et aujourd’hui son disque personnel.

-Dans mes chansons qui sont très intimes, je me dévoile beaucoup. Je rends hommage à ma mère, mon père, Bob Marley, mon père spirituel, je parle des rapports passionnels et amoureux, il y a même une chanson humanitaire sur la planète… Je cherche à me retrouver et à retrouver mes racines.

medium_mae_1.jpgC’est normal. Un premier album est souvent une carte de visite.

-Je l’ai moi-même en grande partie écrit et composé tout en collaborant avec Lionel Florence et Bruno Dandrimont, mon ami de toujours, à la composition. C’est Volodia qui a réalisé le disque. C’est un maître.

Musicalement, c’est quand même très dépouillé. Trop peut-être, non ?

-Tu trouves ? Non, j’ai fait un album très simple. Basse, batterie, guitare folk, pas d’instruments qui sortent d’ordinateurs. C’est très acoustique, comme le travail de ceux que j’admire. Tracy Chapman, Ben Harper, Bob Marley. Il n’y a même pas de guitares électriques. Je voulais que ce soit très pur, roots, sans concession. Ce n’est pas formaté alors, ça passera ou ça cassera.

C’est passé ! L’album cartonne et ses dates parisiennes sont complètes. Ces deux dates à l’Élysée Montmartre (les 26 avril et le 22 mai) sont complètes, à la Cigale (le 6 juin) aussi. Sa production lui a calé une date au Zénith de Paris le 7 novembre pour contenter tout le monde.

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Christophe Maé devient en deux temps trois mouvements, un véritable phénomène.

Il a d’ailleurs été élu « Révélation francophone 2007 » aux NRJ Music Awards.

Je sais, ce n’est pas une référence.

Mais, bon…j’irais le voir le 26 avril.

Par curiosité.

Et pour tout dire, si je ne suis pas attiré par ce genre de chansons là, j’avoue que je trouve sa voix assez bluffante.

22 mars 2007

Abha Dawesar au Salon du Livre 2007!

medium_affiche_salon.jpgJe n’en peux plus de joie.

Le Salon du Livre 2007 ouvre ses portes aujourd’hui.

Chaque année, depuis 5 ans, j’y passe mes week-ends. J’aime baguenauder, m’arrêter sur un stand, discuter avec un auteur, observer, lire, fureter, acheter…

Même la foule, dans ce contexte, ne me dérange pas.

Toutes ces familles ou ces âmes solitaires qui errent dans les travées à la recherche d’on ne sait quoi…

Donc, pour fêter le Salon du Livre, ma note du jour est consacrée à une auteur(e) qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment (voir là par exemple), puisqu’elle est l’une des invitées officielles de ce salon, la nouvelle égérie indienne Abha Dawesar.

medium_ABHA_20DAWESAR.jpgElle est considérée comme le chef de file du renouveau littéraire en Inde. Au début de cette année, le new’s magazine India Time l’a retenu dans sa sélection des jeunes talents indiens, rare femme et seule écrivain.

Ce sont mes amis des éditions Héloïse d’Ormesson qui l’éditent et c’est tant mieux, car, du coup, ils m’ont organisé une rencontre aux petits oignons.

Rendez-vous avec Abha (qui parle couramment le français, ouf !) le jeudi 1er mars dans l’appartement réservé medium_dawesar_main2.jpgaux auteurs maison.

Tatiana de Rosnay m’avait largement incité à la lire puis à la rencontrer et comme je n’ai aucune personnalité, je me suis penché sur son cas.

Je ne le regrette pas.

Babyji, traduit déjà en 5 langues, est sorti le 15 mars dernier en France, mais il a été couronné par deux prix littéraires :L’American Library Association’s Stonewall Award en 2006 et le Lambda Literary Award en 2005.

-Bon d’accord Mandor, tu l’as bien vendu ce « Babyji », mais de quoi ça parle ?Parce que c’est bien joli de copier le dossier de presse, mais cela ne suffit pas à nous convaincre…

Mince ! Mais qui me parle ?

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Le sujet, en bref :

Dans les années 90, sous fond d’Inde déchirée par la violence des castes, une « lolita » rebelle n’offre son corps qu’aux femmes et casse tous les codes d’une société cloisonnée.

Un roman est à la fois subversif et érotique.

Je demande, avec un œil malicieux, comment ses écrits ont été accueillis dans son pays qui me semble être puritain.

 

-Ce livre est devenu culte. En Inde, chacun sait que la vie sexuelle existe mais personne n’en parle. Avec ce livre, les non-dits se sont envolés et les lecteurs ont apprécié qu’un auteur brise ce tabou hypocrite.

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Babyji est homosexuelle, idéaliste et moralisatrice. Elle découvre les joies de l’amour et du sexe avec 3 femmes différentes : une divorcée, créatrice en freelance (Linde), une servante magnifique (Rani), elle aussi plus âgée et une camarade de classe (Sheela).

Babyji est une jeune fille flattée si on la désire en la réduisant toute entière à son corps. « C’est mieux que d’être désirée pour mon intelligence ».medium_Abha_20Dawesar_20_20001.2.jpg

Ressemble-t-elle à l’auteur ? Sa réponse est vague et on la comprend :

-Sur certains points, mais pas complètement. Comme elle, je me suis toujours battue pour ne pas devenir une femme « qui coupe des légumes en rondelles dans la cuisine », je suis très indépendante et je sais ce que je veux.

Il faut dire qu’Abha Dawesar s’est donné les moyens d’être indépendante et de réussir… elle est diplômée de philosophie à Harvard et a travaillé dans la finance. Aujourd’hui, elle se consacre à plein temps à l’écriture. Elle a raison.

Babyji est un grand livre.

medium_babyji.jpgSur l’amour charnel évidemment, mais aussi sur la peur de grandir. Plus précisément sur la peur de découvrir que « grandir soit une  illusion, l’âge adulte un mythe, et les hommes, des petits garçons… »

Bien sûr l’Inde est décrite, mais elle est débarrassée des clichés habituels. Elle évoque les traditions, le folklore, les évènements politiques qui troublent le pays, certes, mais ce n’est pas la jolie carte postale que l’on pourrait attendre. Tant mieux.

Ce roman est une vision de l’amour très forte et originale. « L’amour ne peut exister que dans la perfection et la perfection n’existe pas », affirme Babyji.

-Elle n’est pas dupe. Babyji vit des relations sexuelles avec trois femmes aux styles et aux vies opposés, mais elle sait que ce ne sont pas les femmes de sa vie. Elle veut juste vivre des expériences pour se sentir grandir et prendre son envol.

Je ne vais pas faire un pataquès sur cet ouvrage parce que plutôt que lire une critique, mieux vaut lire un livre. J’ai toujours peur d’en dire trop (ou pas assez).

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Donc je m’arrête là.

Abha Dawesar est une personne charmante.

Nous avons aussi parlé de nos blogs respectifs.

Elle en a deux.

Un en anglais, un en français. (D’ailleurs, je lui avais demandé de le faire vivre un peu plus. J’ai été flatté qu’elle relate la chose.)

Retrouvez Abha Dawesar au Salon du Livre.

Son programme là-bas ?

Je ne sais pas mais, tenez, je vais me renseigner dans la journée…

Edit:

Voici le programme: (merci à toi Yansor!)

programme Abha salon du Livre :
Mars 23 2007 1:00P
Abha Dawesar au Studio SNCF animé par Isabelle Rabineau @ Lecteur Studio SNCF, Salon du Livre
Mars 23 2007 3:00P
Abha Dawesar "Entre les lignes" animé par Catherine Fruchon-Toussaint @ RFI en direct du salon du livre
Mars 23 2007 4:00P
BABYJI Signature au Salon du Livre @ Stand RTL/Lire

Mars 24 2007 11:00A
Les Nouvelles Voix de l'Inde @ Stand RTL/Lire
Mar 24 2007 2:00P
Terrasse politique/ Le thé des écrivains @ Terrasse politique au Salon
Mars 24 2007 3:30P
Table ronde CNL @ Salon du Livre
Mars 24 2007 4:30P
BABYJI Signature au Salon du Livre @ Stand Editis/Interforum
Mars 25 2007 10:00A
Femmes du monde @ Espace Vision du Monde

21 mars 2007

Gérard Delteil... et les coulisses du pouvoir!

 

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Ce n’est pas la première fois que je rencontre Gérard Delteil.

Plus jeune, j’ai eu ma période "auteurs gauchistes soixante-huitards".medium_delteil_photo.2.jpg

Je dévorais les Daeninckx, Jonquet, Bastid, Quaddrupani, Pouy et autres Delteil. Je faisais en sorte de les interviewer dans les médias où j’évoluais afin de comprendre qui se cachaient derrière ses écrivains de « néo polars ». Je ne sais toujours pas pourquoi aujourd’hui, mais ils me fascinaient.

Un jour, ils se sont tirés sur la gueule. (Les explications là…)

Ça m’a un peu dégoûté toutes ses histoires.

Je suis passé à autre chose, mais, de temps à autre, pour les besoins de mon travail, je ne rechigne pas à me replonger dans cet univers.

Bien au contraire.

C’est le cas avec Gérard Delteil. Il sort un livre sur les relations ambiguës pouvoir-média-justice à travers les déboires conjugaux d’un ministre de l’intérieur, candidat à l’élection présidentielle, qui ressemble diablement à notre Sarko national (cette phrase est excellente pour mes stats !)

La politique spectacle en prend pour son grade.

Un roman de circonstance qui nous éclaire sur bien des points.

(Ici, Libé.fr a critiqué le livre de manière fort pertinente).

medium_le_femme.jpgLa femme du ministre est le 35e roman de cet auteur aux nombreux prix policier.

Notamment:

Prix du Quai des Orfèvres 1993 pour Pièces détachées et Grand Prix de littérature policière 1996 pour N’oubliez pas l’artiste.

Avant-hier, dans son appartement du 19e arrondissement (11e étage), il me reçoit chaleureusement devant un bon café et un sourire franc (quoiqu’un peu carnassier). Très vite, il m’explique que, dans cet ouvrage, tout ce qu’il raconte sur le fonctionnement de l’appareil d’état est rigoureusement exact.

-Mon métier de journaliste me permet d’enquêter et d’être le plus proche possible de la réalité sociale que je décris. J’apprends d’ailleurs beaucoup de choses. Parfois, des trucs dingues. Par exemple, savez-vous qu’il y a deux sortes de RG ? Ceux de la préfecture de police et ceux de la place Beauvau. Mon livre est truffé d’informations peu connues, mais essentielles. Quand je lis mes confrères, j’ai besoin d’apprendre des choses réelles. Si c’est bourré d’erreurs, je n’insiste pas.

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Gérard Delteil se revendique d’extrême gauche, sympathisant de la LCR et de Lutte Ouvrière. Même s’il n’est pas encarté, je l’interroge sur la tentation d’aller, dans ses romans, dans le sens de ses idées politiques bien affirmées.

-Mes romans ne sont jamais des tracts politiques. Même si l’objectivité totale est difficile, je me contente d’écrire des histoires à suspense, dans l’air du temps, tout en apportant une connaissance supplémentaire aux lecteurs. Je dis ce que je ressens en m’inspirant librement de faits existants.

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Peut-être fera-t-il un jour un livre sur les mésaventures de son collègue de plumes, Cesare Battisti. Gérard Delteil fait parti de son comité de soutien et il a toujours défendu comme il a pu l’auteur italien. Détail troublant, Battisti a écrit pour medium_noir_de_tole.jpgDelteil une nouvelle dans un ouvrage sur les prisons : Noir de taule.

Je lui demande ce qu’il pense de l’arrestation de Battisti au Brésil, la veille.

-C’est un copain depuis longtemps. Ma problématique n’est pas de savoir s’il a tué ces gens, mais c’est la trahison de l’état français qui s’était engagé à lui venir en aide. La parole donnée est reprise. C’est écoeurant. Avec ceux qui le soutiennent, nous allons réagir avec nos faibles moyens. On ne sait pas encore comment, mais les possibilités sont minces. En plus, il y a un revirement des médias. Aujourd’hui, il est présenté comme un terroriste en cavale. Il y a quelques mois, les propos étaient plus nuancés.

Nous passons un long moment à parler de l’évolution du polar français. Il n’est pas tendre sur la question.

-Faire du noir sordide, de pales imitations de romans américains sur les sérial killers ne m’intéresse pas. Je ne parle pas pour tous, mais certains auteurs de la nouvelle génération ne font que ça. Pour ceux là, la seule chose qui les distingue, c’est la manière de traquer le tueur.

Après cette conversation, je lui demande de nous rendre dans son bureau pour faire quelques photos. Il accepte.

-Ne faites pas attention ! Il y a un sacré bordel !

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Effectivement, mais c’est un bordel que j’aime.

Des livres et des dossiers entassés partout.

-Pendant longtemps, je me suis targué d’avoir lu tous les romans de mes confrères de l’époque. Aujourd’hui, ce n’est plus possible, il y en a trop.

Ils ne sont pas tous bons d’ailleurs.

La femme du ministre est un roman policier passionnant et réaliste.

Du travail d’orfèvre.

Normal. Delteil est un bon artisan et ça, je le sais depuis longtemps.

20 mars 2007

Shirley sans Dino...

 

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-Ca t’intéresse, coco, de rencontrer Shirley et Dino ?

Je réponds à mon rédac-chef que ce duo n’est pas ma tasse de thé. Ils sont sympathiques, mais je suis allergique à leur humour. Pas moyen de sourire en regardant leurs prestations. Ils sont à la limite de m’insupporter.

Mais au fond, toutes les rencontres m’intéressent, alors j’accepte.

medium_Shirley_20_20Dino.jpgRendez-vous est pris la semaine dernière chez Maxim’s (mazette !) avec les rois du rire du moment, Corinne et Gilles Bénizio, alias Shirley et Dino. Donc.

Un duo révélé au grand public par de nombreux passages dans "le plus grand cabaret du monde" de Patrick Sébastien (pas Mandorisé exprès là!).

Première déception, Corinne est seule. « On se partage la promo, ça n’arrête pas en ce moment ! ».

En fait, elle m’avouera plus tard que son mari est plus introverti qu’elle. « Je n’aime pas beaucoup les interviews non plus. Je rechigne toujours, mais quand j’y suis, je suis contente ». Je me dis que tout ça commence bien.

Mais allons-y pour le portrait demandé.
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Popularisée depuis seulement cinq ans, voilà déjà bien longtemps que Shirley et Dino présentent divers spectacles tous plus ambitieux les uns que les autres, notamment avec la troupe Achille Tonic. « Grâce à Patrick, nous sommes connus nationalement, mais pendant 20 ans, on a appris notre métier. Aujourd’hui, on est capable de faire ce qu’on fait sur scène : improviser, parler aux gens, rire même parfois avec eux. On a appris à donner et aussi à recevoir.» medium_shir52.jpg

C'est sur les bancs de la fac de Censier à Paris que Corinne et Gilles se sont rencontrés. Non seulement, cette école de théâtre permettra à Gilles de le libérer d'un boulot dans les télécommunications, mais elle lui donnera aussi l'occasion d'enlever la belle Corinne de son domicile parental. Ils se marièrent en 1985 et eurent beaucoup de spectacles.

Très vite, ils rejoignent Ariane Mnouchkine au cours d'un stage qui les marquera et qui sera à la base du duo. « C’est elle qui nous a conseillé de nous remettre en question tous les soirs, faire comme si c’était le premier jour ». De salles de spectacles à bistrots du coin, ils connaissent le succès d'un jour et surtout une galère qui les contraint à travailler dans des chantiers de peinture pour lui et dans un hôtel pour elle. Mais ils ont foi dans leur duo et finissent par grappiller un à un les échelons du succès. « Nous on est vraiment parti de zéro. On ne connaissait personne et venions d’un milieu modeste. Lors de notre première tournée dans les campings et dans les bars, on était les plus heureux du monde».

Corinne veut absolument me convaincre qu’ils se moquent de la célébrité. « Pour moi, ça ne veut rien dire. On est dans un monde aujourd’hui ou on aime ce qui brille. La Jet Set est partout. Ça ne veut rien dire ! Humainement, ça ne remplit personne tout ça ! La seule fois où l’on a accepté c’était à la Première d’Alain Delon à Marigny. Nous y sommes allés pour le remercier de nous prêter la salle ses jours de relâche. Résultat on se retrouve dans les pages « people » de Paris Match ! Tout ce qu’on déteste. Il y a des gens pour qui c’est faire l’artiste qui est important, pour nous, c’est de l’être sur scène, concrètement. On aime le vrai bonheur, les enfants, la famille, les amis avec qui on aime rigoler… Le reste, je vous vous dire (elle me touche la main et me regarde droit dans les yeux), ça fait pas bander ! »

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Sur scène, Corinne est écuyère, ventriloque, musicienne, danseuse, magicienne, chanteuse, devant moi, une femme normale. Évidemment, mais Shirley lui colle tellement à la peau : « On va abandonner un jour ces costumes encombrants. On va refaire des spectacles ou nous serons d’autres personnages. On l’a déjà medium_Cabaret-paradis.jpgfait avant ».  Ses exemples d’artistes sont bien sûr ceux du music-hall, ceux qui endossaient des personnages : « Si je vous parle de Mac Roney, Gérard Séty ou Serge Davy, ça ne vous parlera pas, bien sûr ! »  Quand j’évoque le cinéma, elle s’exalte. « Je suis fan du cinéma noir américain des années 30, et encore plus du cinéma italien des années 60».  Je pose deux trois questions sur leur film sorti l’année dernière : Cabaret Paradis. Échec cuisant. Shirley explique qu’ils ont certainement fait des erreurs mais ne s’étale pas sur la question.

 

On parlerait bien des heures mais le temps est compté. 30 minutes pile poil. « Je suis désolé, je dois rejoindre Dino. Euh ! Gilles. »

On frise la schizophrénie… Au revoir Shirley. Euh ! Corinne.

P.S : Ce soir mon copain Laurent Madiot est au Café de la Danse. Venez nombreux !!!

Nous boirons un coup à la santé du chanteur !

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Il y a quelques jours, j’ai organisé un jeu-concours pour gagner des places et des disques.

Voici ceux qui ont joué le jeu (c'est-à-dire écrire une note après avoir reçu et écouté le disque).

Merci à :

Ferdie

Christine

Bridget

Et Benoît

(Il en manque une. Hum hum !)

08 mars 2007

Mylène Demongeot... Hommage de la France!

 

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Hier, la comédienne Mylène Demongeot a été élevée au rang de commandeur dans l'Ordre des Arts et Lettres par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres au cours d'un cérémonie tenue au ministère.

"Si votre nom tient une place si particulière dans le coeur de tous les amoureux du cinéma, c'est parce que par votre charme, votre regard, vous incarnez une manière d'être, de jouer et de séduire, telle une vamp blonde et lumineuse (...) typiquement française, que vous avez su faire rayonner dans la monde entier", a déclaré le ministre à Mylène Demongeot.

Tu m’étonnes, comment cette blonde platine a illuminé ma vie. J’en étais fou dans Fantomas d'André Hunebelle. Elle était la petite amie du journaliste Fandor (je le répète, rien à voir avec moi !).

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Elle n’est pas étrangère à mes premiers émois amoureux.

medium_sbdemong.jpgBref, je m’égare.

Renaud Donnedieu de Vabres a retracé le parcours de comédienne, qui fut en son temps rivale de Brigitte Bardot.

Mylène Demongeot a notamment tourné dans les Sorcières de Salem d'Arthur Miller, dans la très populaire série des Fantômas (ah! Qu’est ce que je vous disais !), mais aussi dans Explosion ou Signé Furax au côté de son mari disparu, le réalisateur Marc Simenon.

Récemment, on l'a vue dans Camping de Fabien Onteniente36 Quai des Orfèvres du sieur Olivier Marchal, ou La Californie de Jacques Fieschi, ces deux derniers films lui valant une nomination aux César.

Voilà une photo de Camping ! Elle y jouait le rôle de la femme de Claude Brasseur…

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Je suis absolument content de son retour sur le grand écran après des années d’absence et de galères.

"Artiste complète, figure impressionnante du cinéma français, vous êtes aussi une femme d'engagement, d'esprit et de coeur", a conclu le ministre avant l'accolade.

Le ministre a oublié de dire qu’elle jouait aussi les blondes ingénues dans la série des OSS 117 des années 70… Là non plus, je n’ai pas oublié.

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"Je n'ai fait que mon métier depuis un demi-siècle, et le travail m'a gardé jeune", a répondu la comédienne âgée de 71 ans, dans sa verve habituelle. medium_agr-demongeotsamlevin500-l3m.jpg

"Je n'ai pas encore accompli la moitié de ce que j'avais prévu d'accomplir: je veux aller plus haut, plus loin, plus fort et continuer à m'engager pour l'écologie et contre la souffrance animale", a-t-elle conclu, confiant à l'AP qu'elle venait de terminer "Sous les toits de Paris" du cinéaste kurde Hiner Saleem.

 

Perso, j’ai eu la chance de la recevoir dans une émission que j’animais sur une web TV dont j’étais le rédac chef : cinema-tv.com…

Le 14 septembre 2001, je l’avais invité pour qu’elle me parle de son livre de souvenirs, Tiroirs secrets.

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Après l’émission, je l’ai raccompagné chez elle dans ma bagnole toute pourrie (à l’époque, hein, parce medium_vph-demongeot-bio.jpgque maintenant, j’ai quand même une Fiat Panda bleu électrique !).

Des images remontaient à la surface de mon moi intérieur (notez là, cette phrase !) pendant qu’elle me parlait de tout et de rien.

Mais parler de tout et de rien avec une star du cinéma français, je suis toujours preneur.

En cette journée de la Femme , je voulais célébrer Mylène.

Elle que la France décide de distinguer enfin.

Il était temps !

P.S : Franchement, vous comprenez pourquoi elle me troublait cette femme ? Faut dire... j'étais sensible.

J'étais?

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07 mars 2007

Martin Monestier... écrivain de l'étrange!

 

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Je ne sais pas vous, mais moi j’adore l’émission de Paris Première, Ca balance pas mal à Paris.

Pour ses chroniqueurs principalement.

Et les trois que je prends un malin (voire malsain) plaisir à voir tirer à bout portant sur presque tout ce qui bouge, sont Philippe Tesson, Eric Naulleau et celui qui tient quasi systématiquement le rôle du "très méchant", Martin Monestier.

C’est dans son appartement (cossu, mais loué) que je suis allé, peu rassuré, le mardi 20 février dernier, à l’occasion de la sortie de son livre Les monstres (paru aux Editions Cherche Midi).

medium_V83_Livres_Martin_Monestier_cover_.jpg30 ans après sa première version, le grand prêtre des faits divers, l’encyclopédiste du bizarre, propose une édition revue et largement augmentée de cette étonnante galerie « d’hommes différents ».

Il y a, dans cet ouvrage, des pages comiques, terribles, repoussantes ou séduisantes, alternance de contemplation pénible ou admirative.

-L’individu, en général, ne supporte pas une atteinte à l’intégrité de son corps et chacun a sa limite de l’inacceptable. C’est pour cette raison que ce livre dérange et fascine à la fois.

Martin Monestier explore toujours des univers décalés, surréalistes parfois, sans jamais verser dans l’écueil de la vulgarité.

-Mes livres sont des enquêtes longues, avec un style alerte, une information toutes les deux lignes, des intertitres qui aident à la lecture… Je suis mon propre archiviste-concepteur-metteur en page. Je fais tout de A à Z.

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Je lui demande pourquoi il s’est spécialisé dans les thèmes si peu ragoûtants comme le crachat, les excréments ou les monstres…

-Je cherchais moi-même depuis l’âge de 25 ans des documents qui parlaient de ses thèmes parce qu’ils font aussi partie de la vie quotidienne et qu’ils m’intéressaient vraiment. J’ai une nature qui tend vers l’exhaustivité, donc j’ai eu le besoin intense de posséder la totalité des informations. Les sujets dont je parle ne sont pas excentrés, ils sont juste ignorés. Mes choix d’enquêtes doivent répondre à 3 critères fondamentaux. Être pris depuis les origines, dans toutes les civilisations et sur tous les continents, avoir une actualité aujourd’hui et un devenir demain.

Etait-il impératif de compléter cette « histoire encyclopédique des phénomènes humains » ?

-Une fois qu’un sujet est publié, je ne renonce jamais à eux et je continue à engranger les informations dessus. Concernant les monstres, en 30 ans, j’ai reçu et recueilli beaucoup d’autres documents inédits et mon écriture a évolué. L’idée de me replonger dans cet univers vient peut-être d’un désir d’exorciser des psychoses, des déséquilibres, des réflexions confuses sur la vie, la mort, l’amour.

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Dans chacun de ses livres, il y a l’embryon d’un autre. Quel est donc le lien entre ses 40 ouvrages?

-Même s’il faut relativiser c’est quand même la mort et la conviction que l’humanité est mauvaise.

Sympa la vision de la vie!

Pas positive, mais réaliste.

Nous parlons de sa franchise et de sa dureté à Ca balance pas mal à Paris.

-Je ne peux admettre qu’une idée ou qu’un point de vue ne puisse avoir qu’une face. Ca me choque, alors, je regarde derrière les cartes… ça devient une seconde nature. Dans Ca balance pas mal à Paris, je me suis fait en 4 ans et demi beaucoup plus d’ennemis rédhibitoires que pendant 40 ans de vie professionnelle et journalistique. Certains de l’équipe me haïssent,  par exemple. A commencer par Pierre Lescure et aussi Elisabeth Quin. Je me demande si je vais rester encore longtemps…

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Je lui fais remarquer qu’il y  a une différence ENORME entre le brave homme, accueillant, sympathique, courtois et prévenant que j’ai devant moi et l’image que j’en avais en le regardant à la télé.

 

-C’est tout mon problème et en plus, je ne m’en fous même pas. Vous savez, en vrai, je suis un sentimental. Je suis catastrophé quand les gens me détestent. Parce que moi, ce n’est pas que l’on ne m’aime pas, on me déteste. C’est pire. Je provoque les extrêmes. Pas de tiédeur dans mes relations…

Nous faisons quelques photos (beaucoup en fait) de lui à son bureau (bordélique).

Martin Monestier obéit stoïquement à tout ce que je lui demande (mais, je reste raisonnable, vous me connaissez).

Ca ne l’énerve même pas.

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Ensuite, il me propose d’aller boire un coup ensemble dans le bar d’en bas.

J’accepte avec plaisir.

La conversation devient plus intime et serait hors sujet ici.

Monestier raconte facilement des pans de sa vie privée.

J’en suis étonné.

J’ai découvert un grand écorché vif.

Mais ce nounours-là, on peut le caresser.

Il ne mord pas si on le respecte.

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Il me pose beaucoup de questions sur moi, d’où je viens, mon parcours…etc.

Très curieux et ouvert.

Remarquez, il faut l’être pour écrire ce qu’il écrit.

En partant, je me dis que, décidément, ce métier m’apprend à me méfier des apparences.

On se trompe toujours sur ce que sont réellement les gens.

Toujours.

28 février 2007

La société du spectacle selon Jean-Marie Catonné!

medium_jmcartonne_portrait.jpgJe viens de lire cette note de Yansor (Tatiana de Rosnay, dont je vantais les mérites ici récemment). Je l’ai trouvé amusante étant donné que ma rencontre avec Jean-Marie Catonné s’est tenue précisément dans le bureau dont il est question…

Fou, non ?

Là, c’est sûr, si vous ne cliquez pas chez elle, vous ne comprendrez pas grand-chose.

 

Bref, je suis loin d’être insensible à ce que publient les Éditions Héloïse d’Ormesson (d’abord mon auteur fétiche, Pierre Pelot, est dans cette maison et j’aime bien leurs deux attachées de presse, Audrey et Anne-Laure. À ce moment là de ma note, j’ai pleine conscience que je donne du grain à moudre à Wrath… "encore du copinage attachée de presse/journaliste et bla bla blab et bla bla bla…" )

J’ai souhaité interviewer Jean-Marie Catonné parce que son Double Je m’a fortement intéressé. J’apprécie beaucoup les livres qui dévoilent l’envers du décor, en l’occurrence, du milieu de l’édition, de la télévision et des médias (qui pratiquent le nivellement pas le bas), et des politiciens qui manient la langue de bois et les coups bas (libre !).

Ce jeune homme de 65 ans, prof de philo à la retraite (39 ans à l’École Alsacienne) est l’auteur de quatre romans : La Tête étoilée (1996), Portraits volés (2001), Villa les mésanges bleues (2002) et Excès de mémoire (2004) et de deux biographies : Romain Gary - Émile Ajar (1990) et Queneau (1992).

Catonné n’a jamais été nègre.

Il me l’a assuré.

Cependant, il raconte l’histoire épique d’un romancier contrarié (et naïf), Jean-Rémy, qui va découvrir à ses dépens que le monde des Lettres n’est pas gouverné pas l’amour de la littérature.

Preuve est faite qu’il ne faut pas vendre son âme au Diable.

Pas bien.

medium_eho_catonnec.2.jpgDouble Je est sous-titré : Les éditeurs ne sont pas tous des chiens.

Justement, Pierre-Ulysse Banador (PUB) est un grand éditeur parisien. Il accueille le jeune homme en lui laissant l’espoir d’une publication prochaine. En attendant, peut-être pourrait-il se faire la main en écrivant la vie des autres ? Des gens connus mais sans le talent d’écriture, en l’occurrence, une pseudo Loana, un homme politique roublard et un animateur de télévision très con (c’est le mot !). Jean-Rémy, fasciné par l’éditeur (et s’imaginant qu’il tient là le sésame pour une publication prochaine) plonge tête baissée dans un système qui finit par le dépasser. Il devra lutter pour ne pas perdre son identité personnelle, ses valeurs, ses principes, bref, son intégrité. Gagnera-t-il ce combat?

C’est toute la question.

Je demande à Jean-Marie Catonné de quel personnage se sent-il le plus proche.

-Pas celui du narrateur en tout cas. Il n’a que la trentaine et n’est pas très sympathique. Il est lâche et est prêt à tout pour réussir. Il s’illusionne sur la fait qu’on va l‘éditer grâce à toutes ses compromissions. Très curieusement, je me retrouve plus dans l’éditeur. Il est un peu cynique, certes, mais il assume ses actes.

Et l’écrivain de m’expliquer que le système économique des maisons d’édition n’est pas simple à gérer.

- Je comprends parfaitement la logique des livres « commerciaux ». Ces livres peuvent exister si l’argent recueilli sert à éditer des ouvrages plus confidentiels, mais essentiels.

C’est loin d’être un cas systématique.

Quant aux auteurs « prête-nom » (nègres, puisqu’ils s’appellent ainsi et qu'il en est fortement question dans Double Je), ils sont légions. Mais pourquoi pas après tout ?

-Un sportif ou une starlette qui donne ses confidences, ses souvenirs à quelqu’un qui les met en forme, ça n’a rien d’infamant. Chacun son métier après tout. C’est le côté hypocrite des choses qui m’exaspère.

Je lui raconte que j’ai rencontré des « vedettes » qui prétendent mordicus avoir écrit leur livre.

-Je sais. Il y en a qui vivent très mal qu’on les soupçonne de ne pas être les vrais auteurs. Ils finissent par s’auto persuader qu’ils le sont réellement… c’est très curieux ce déni.

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Nous parlons aussi des écrivains qui sortent des pavés de 700 pages tous les 3 mois… Ca commence à se voir qu’ils ne sont pas les seuls rédacteurs.

Soyez plus malin, espacez vos sorties… ce sera plus discret.

J’ai envie de donner des noms.

Mais non.

On a dit « pas de méchanceté » sur ce gentil blog.

Cette satire enlevée est, en tout cas, pleine de rebondissements, cynique et drôle (très).

-J’ai écrit une charge que j’ai voulu flamboyante contre la médiatisation à tout prix et la célébrité factice et éphémère (et donc cruelle). J’évoque les méthodes utilisées pour le devenir et les renvois d’ascenseurs lancés en permanence dans les médias.

Pas beau le royaume du paraître.

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Jeunes auteurs en soif de reconnaissance, la lecture de ce livre est un passage obligé avant de frapper à la porte des maisons d’édition.

Salutaire.

23 février 2007

Un ex FUTUR PAPA nommé Fabrice Florent...

medium_346585206_71e85ca3cc.2.jpg 

Nous nous connaissions par lecture réciproque, anonyme et silencieuse.

Lui par le biais du blog de Ron l’infirmier lorsque ce dernier m’avait ouvert ses portes 3 jours et moi par Deedee qui avait écrit une note dithyrambique sur son blog : Futur Papa.

Un blog qui racontait pendant 9 mois les émois, les doutes, les tracas, les observations et les joies d’un type tout à fait normal qui voit sa vie se bouleversifier pour cause de femme enceinte… 9 mois de grossesse racontés par un mec, c’est franchement très drôle.

medium_couv_futurpapa_170.2.jpgCe blog est devenu un livre.

Et le livre possède désormais son propre blog et son site officiel...

(Ca devient compliqué !)

Un jour, je reçois un gentil mail de sa part. Il me propose de me rencontrer lors d’un prochain aller-retour à Paris. Il habite Lille.

J’accepte. Le personnage Fabrice Florent me paraît très sympathique. Je l’ai vu dans l’émission Les maternelles sur France 5 et dans quelques magazines. Sa tête est sympa et je me fie beaucoup au physique des gens.

Parfois, c’est une grossière erreur.

Pas là.

Rendez-vous est pris pour le jeudi 15 février. Il me propose de le rejoindre à la gare du nord à 10h02, heure d’arrivée de son train.

L’idée d’aller récupérer quelqu’un que je ne connais pas personnellement sur un quai m’amuse.

Il ne m’en faut pas beaucoup, je sais.

Pour tout dire, j’habite une petite commune du Val d’Oise et il y a une gare qui est directe avec celle « du nord » en 20 minutes.

L’aubaine.

Je vais laisser ma voiture et y aller en train.

Il faut savoir parfois de grande décision dans la vie.

Et vivre courageusement aussi.

Ainsi donc, Mandor se retrouve avec le peuple et il est ravi.

Car, j’ai beau être le président de la FAPM , je n’en suis pas moins normal.

(Ceci est du second degré. En fait, dans la vraie vie, je suis parfaitement imbuvable....)

medium_346585189_9473655079.2.jpgMe voici donc devant le quai n°18. Le train arrive à l’heure pile ( la SNCF assure souvent quand elle n’est pas en grève). Fabrice Florent ne connaît pas mon visage ce qui me permet de l’observer un peu avant de le héler. Il cherche qui je peux bien être. Pas longtemps parce qu’il passe devant moi.

Je me présente et lui s’étonne de ne distinguer aucun trait sur mon visage (je l‘ai déjà dit ici, j’ai perdu mon visage un beau matin de juillet 2006, sans aucune explication et personne ne me croit). C’est quand même curieux que cette mystérieuse disparition coïncide au jour près avec la création de ce blog.

Lien de cause à effet ?

Bref, nous nous enfuyons dans le premier bar respectable venu avant que les enfants ne me jettent des pierres.

Je suis coutumier du fait. Les enfants sont méchants avec les personnes « différentes ».

 

Nous nous installons dans un coin discret du Terminus Nord et je commence mon entretien.

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En fait, nous conversons sur nos expériences respectives de futur papa. J’ai eu quelques mois d’avance sur lui et je me suis bigrement retrouvé dans ses écrits.

Tellement universelle comme expérience !

Tous les hommes futurs papas devraient lire ce livre.

Parce qu’il est tendre, émouvant, ludique, riche en informations, sarcastique parfois et surtout drôle à chaque page. De plus, l’auteur n’hésite pas à faire preuve d’auto dérision.

Tiens ! Il donne envie d’être son ami. Je veux dire, un vrai pote quoi !

Je lui dis qu’en le lisant, j’ai l’impression de ne pas avoir été moi-même un bon futur papa.

medium_346585141_78cf2b690a.2.jpg-Il ne faut pas dire ça. Le fait d’écrire au quotidien cette expérience m’a mis constamment dans une situation d’éveil…

Je prends des nouvelles du bébé et de sa maman.

Ils se portent comme des charmes, merci !

 

Pour moi, ce livre est, avant tout, une formidable lettre d’amour à sa femme. Des passages sur elle sont à pleurer tellement on sent la puissance de son amour.

-Il faudra lui dire… Franchement, tout ce qui m’importait, c’est que ce que j’écrivais lui plaise, je me moque complètement des autres critiques. Que cela devienne un livre, alors là, c’est la cerise sur le gâteau.

Et, évidemment, elle a aimé.medium_346585169_51338e67b9.3.jpg

Elle a découvert les écrits de Fabrice après l’accouchement. Elle n’a rien lu pendant la grossesse.

C'étail un deal.

Une belle histoire.

Pendant que nous devisons, Dominique Strauss Kahn s’installe avec un ami juste à la table voisine. Je ne peux m’empêcher de la zieuter.

Et si je lui demandais de venir à notre table pour parler paternité?

Non, le concept serait un peu brouillon, il me semble.

Fabrice respire.

Je n’ai pas cédé à cette envie que je lui ai pourtant suggéré.

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En fait, je n’ai pas pu interviewer sérieusement Fabrice Florent parce que j'arrive après la bataille.

Tout a été dit sur son livre.

Je n’aime pas la redondance.

Alors, voilà, aujourd’hui, c’était juste une présentation d’un personnage très intéressant.

Simple et modeste.

Et travailleur…

Fabrice Florent est le fondateur du magazine en ligne pour les jeunes femmes, madmoizelle.com et de l’agence de communication Ah ! Les jeunes…
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Petite précision primordiale:
Les photos en gros plan sont signées Jean Delmarty, les autres sont de la jeune serveuse souriante du Terminus Nord et de bibi.
Dernière minute: Fabrice me signale que les photos en gros plan ne sont pas de Jean Delmarty (je n'ai donc rien compris) mais d'un de ses potes (à Fabrice, pas à Jean Delmarty... Vous ne suivez pas?)
Jean Delmarty est donc cité 4 fois dans cette note mais c'est un erreur de ma part car il n'est pour rien dans ces photos.
Mais Jean Delmarty (5 fois) mérite quand même un coup de projecteur.
Vive Jean Delmarty! (6 fois)

 

Fabrice Florent est un gars bien.

Son prochain souhait artistique serait que son livre soit décliné en mini série télé (genre « Un gars, une fille »).

Ce serait sacrément une bonne idée !

Parce qu’il y a beaucoup à dire sur cette période là de la vie.

Intense.

 

Tiens, je viens de trouver une photo de Jean Delmerty!(7 fois)

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J'espère que j'ai bon cette fois ci...

22 février 2007

Vincent Ravalec (2eme partie)

 

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Lundi dernier (19 février), j’ai rendez-vous avec Vincent Ravalec chez Flammarion (place de l’Odéon). J’arrive 10 minutes en avance, mais son attachée de presse me fait un peu patienter en me proposant un café.

J’attends quelques instants devant la porte d’un petit bureau. L’auteur est là, seul, mais au téléphone. Je m’efforce de ne pas écouter. Il parle fort, du coup, mes écoutilles entendent des bribes de conversation.

Je n'en dis rien ici.

La porte étant ouverte, je m’éloigne un peu afin qu’il ne pense pas que je le surveille.

Il sort avec son portable.

-J’en ai pour une minute ! Excusez-moi, c’est important.

Je patiente encore un peu puis il vient me chercher. Je lui rappelle les circonstances de notre première rencontre. Très poliment, il fait semblant de s’en souvenir.

-C’est vous qui êtes marié avec une attachée de presse ? Je me souviens bien.

Ce n’est pas moi, mais peu importe.

medium_V83_Livres_Ravalec_Cover_President_.JPGSi vous ne connaissez pas Vincent Ravalec, sachez qu’il est un touche-à-tout de l’expression artistique. Il écrit des nouvelles, des romans, des poèmes, des documentaires, des scénarios de bande dessinée et des films…

Ce mois-ci, il sort un récit et un livre pour enfant. Ce dernier, Le président ne peut pas être un imbécile (chez Panama) est le deuxième de la collection qu’il lance avec ses deux jeunes héros, Arthur et Violette.

-L’idée est d’en publier deux par an avec, à chaque fois, un thème différent. Le premier, Les filles sont bêtes, les garçons sont idiots, évoquaient les relations garçons/filles, celui-ci se penche sur la cité, la politique et la démocratie. Je veux écrire des petites réflexions sur des sujets de société à travers le regard un peu en contre-pied d’un jeune collégien qui se pique de philosophie et de sa copine, un peu voyante. Le prochain sera sur l'école. Beaucoup à dire...

Ravalec, de livre en livre, à l’art de dérouter ses lecteurs et d’attaquer de front des thèmes peu abordés dans la littérature.

 

medium_V83_Livres_Ravalec_cover_Hepatite_C_.JPGDans Hépatite C (Flammarion), aussi instructif qu’amusant, il raconte les aventures picaresques d’un écrivain pris dans les affres du traitement de cette maladie (qui touche près de 700.000 personnes en France).

 

-Je ne voulais pas faire un récit, genre, « mon douloureux combat contre l’alcool » ou « ma maladie épouvantable ». Étant artiste, ma vocation est d’essayer de transformer des faits négatifs en faits positifs. Les effets secondaires décrits, les maux rencontrés par les personnages ont été amplifiés ou rendus cocasses pour les besoins du récit. Il vaut mieux sourire de cette expérience qu’en pleurer. Tous les malades du livre sont soignés. Et c’est désormais vrai dans 80% des cas dans la réalité. 

Vincent Ravalec a écrit ce livre dans l’espoir d’inciter les malades à se traiter, car les résultats sont probants. medium_19.02.07_Vincent_Ravalec_2_.JPGNon seulement, lui est complètement guéri, mais il a tiré de cette expérience un livre décapant, rocambolesque… et salvateur.

-L’intérêt de l’expression artistique est d’arriver à prendre du réel qui n’est pas extraordinaire et de parvenir à le magnifier.

 

Cet écrivain, parfois, perd le sens de la mesure. Il publie des pavés de 800 pages sur des sujets complexes.

-J’ai un peu arrêté ça. J’écris dorénavant des livres plus « grands publics » qui touchent un maximum de personnes avec des sujets plus simples et un style moins compliqué. Jusqu’à présent, mon écriture a toujours été le reflet d’un état d’être. La complexité qui transparaissait dans mes livres venait des questions que je me posais. À partir du moment où je suis arrivé au bout de certains questionnements, j’essaie de rendre mes ouvrages accessibles à tous. Actuellement, je suis plus « connu » que « vendeur de livres ». Je fais en sorte que ça change.

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De toute façon, Ravalec passe sa vie à écrire. Tout le temps et tous les jours.

-Ce que j’aime particulièrement faire, c’est de travailler avec des gens. N’importe qui me propose un projet, que ce soit pour un fanzine pas payé ou un gros truc hyper bien rémunéré, mon engouement reste le même. Je ne sors pas beaucoup, je préfère écrire, écrire, écrire.

medium_2290344850.pngParmi ses projets à court terme, il y a l’adaptation cinématographique d’un de ses livres Ma fille à 14 ans. (Le père sera joué par Daniel Auteuil) et la sortie d’une bande dessinée dont il a écrit le scénario.

Et bien sûr, toujours un roman sur le feu.

Il me parle d’ouvrir éventuellement un blog. Vous pensez bien que je n’ai pu que l’encourager dans ce sens. Il hésite.

 -Raconter ma propre vie et mes propres réflexions, c’est intéressant à travers un filtre artistique. Il faut que je trouve une idée originale.

En attendant, il tient à prendre l’adresse du mien. Il trouve mon concept « sympathique et rigolo ».

Rigolo ?
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Nous nous quittons après la séance "photos".

Poignée de main franche et promesse de se revoir bientôt.

Au Salon du Livre, certainement.

Ah, le Salon du Livre !

Mon week-end plaisir de l’année.

J’adore.

Je vous dirai pourquoi un jour.

16 février 2007

Décapage... et Jean-Baptiste Gendarme!

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Je vous l’avoue, cette note n’est absolument pas objective. J’adore la revue littéraire dont je vais parler ici. Je ne suis pas le seul, mon ami second flore aussi (que j’ai d’ailleurs rencontré à une « beuverie » organisée par l’équipe de ladite revue), ainsi que Thomas Clément, (que je ne connais pas encore « en vrai »…) et enfin, la sympathique rédactrice du BUZZ…littéraire (qui dresse un portrait très complet de cette revue, du coup, je suis obligé de biaiser mon papier à moi et de partir dans une autre direction pour ne pas raconter la même chose... en fait je ne remercie pas la sympathique rédactrice du BUZZ... littéraire, même si elle a un an d'avance sur moi!).

medium_2070773051.jpgBref, j’ai voulu rencontrer le rédacteur en chef de Décapage, Jean-Baptiste Gendarme. Par ailleurs, il est auteur de deux ouvrages chez Gallimard. Chambre sous oxygène (qui lui a permis d’obtenir la « Bourse écrivain » 2005 de la Fondation Jean-Luc Lagardère) et cette année, Table Rase, un livre sur le travail de deuil (mais franchement fin et amusant, parce que très second degré et recul des évènements).

Jean-Baptiste n’accepte que très peu de rencontres de ce genre, car ce jeune homme est fort occupé. Bon, je connais un peu sa dulcinée et je suis abonné à sa « revue littéraire reconnue d’inutilité publique ». Peu de journalistes le sont, je pense qu’il a voulu ainsi me remercier. (À moins qu’un peu de publicité ne lui déplaise pas trop, au fond, je ne sais pas, mais ce n’est pas très important. Voilà pourquoi, moi-même, je ne deviendrai pas écrivain, j’écris parfois pour ne rien dire... Sinon, ça va vous ? Les enfants ?)

Il me donne rendez-vous place du Châtelet jeudi dernier (8 février). Nous nous installons au Zimmer. Café feutré medium_d851b75414fc33eeed183b1ff95e2f95.jpgque j’affectionne.

-Il paraît qu’il y a beaucoup d’écrivains ici.

Je réfléchis.

A part Nora Hamdi, que j’avais interviewé dans ce lieu et dont j’étais tombé amoureux directement tellement son sourire était ravageur (elle n’en n’a jamais rien su, je ne suis qu’un poltron), je ne trouve aucune justification à cette remarque. Bon, en même temps, je n’y passe pas ma vie dans ce café.

Pas Rothschild moi !

Pour savoir ce qu’est cette revue, il vous suffit d’aller voir sur le blog prévu à cet effet. Des tas de nouveaux auteurs, des rubriques originales et souvent tordantes… un style, une signature. Toujours de qualité. Décapage est parti de pas grand-chose à la base. En 2001.

-Nous étions 3 potes à la fac de Reims au milieu de personnes qui se foutaient royalement de la littérature. Je m’évertuais à leur expliquer qu’elle n’était pas que Balzac et ce que l’on étudiait en cours. Nous avons décidé de créer une revue de 10 pages (d’où le titre) photocopiée avec uniquement des textes. Un journal pas encore très abouti, mais je voulais montrer qu’on pouvait s’intéresser à la littérature, faire une critique de livre en s’amusant, lire des textes sans que cela paraisse rébarbatif. Depuis 2001, je peux dire que le même esprit nous anime. Essayer de faire une revue avec une approche ludique.

Aujourd’hui, Jean-Baptiste Gendarme est le seul maître à bord.

-Tout passe par moi. Je suis le Tout Puissant.

Il ironise sur sa condition de rédacteur en chef.

-Il faut bien que quelqu’un coordonne la revue sinon, ce n’est plus une revue, c’est un grand n’importe quoi. Je fais le lien avec les chroniqueurs et je choisis les auteurs des nouvelles. C’est un boulot énorme de motiver les gens.

Même s’il y a des auteurs « maisons », Xabi Molia par exemple ou Guillaume Tavard, Décapage reste ouvert à tous les talents.

-J’ai une rédaction de 10 personnes qui me font des chroniques et des auteurs qui me suivent dans presque tous les numéros, mais ce qui m‘intéresse, c’est d’avoir de nouveaux auteurs à chaque fois. Mon plus gros boulot est de lire des premiers romans pour découvrir de nouvelles plumes.

Je scrute la salle. Toujours pas d’écrivain ni de Nora Hamdi.

Déception.

Elle n’est pas venue, la belle Nora. On ne sait jamais, un pèlerinage, deux ans après, dans le secret espoir de retrouver le journaliste qui lui a tant fait battre le cœur.

Hum ! Reprenons.

Dis donc, rédac-chef décideur de tout. Ce n’est franchement pas cher 3 euros. Tu t’y retrouves ?

-Pas du tout. C’est pour ça que nous comptons sur les abonnements. 20 euros les 5 numéros… J’ai fait le pari d’une revue à ce prix avec l’espoir d’un achat impulsif en librairie. Le problème, c’est qu’à part Le Dilettante à Paris et la librairie Guerlin-Privat à Reims, aucun libraire ne souhaite le vendre. Pas assez de marges !

Donc, les amis, ici, c’est jouable.

Jean-Baptiste Gendarme m’explique pourquoi il est fier que sa revue existe, malgré tout.

-Les écrivains français ne se lisent pas entre eux. Ils se négligent mutuellement et portent aux nues la littérature étrangère. L’objectif de Décapage est aussi de devenir un trait d’union entre les écrivains.

J’apprends ensuite que l’homme qui est en face de moi est une machine à travailler.

-J’écris un scénario avec un ami, je m’occupe de la revue, je finis mon nouveau roman, j’ai de nombreux projets éditoriaux  et j’ai un travail « rémunérateur ». Donc je bosse à plein temps. Je n’ai pas de week-end et peu de vie sociale… et donc, je n’accepte pas beaucoup d’interviews.

J’en suis très honoré… de Balzac.

Si, si, je l’ai faite.

Il sourit, magnanime.

Et l’on va se quitter.

Mais avant, une première mondiale sur ce blog.

L’interviewé ne souhaite pas que l’on voit sa tête (pourtant très bien faite et que l'on voit sur pas mal de sites... mais je respecte la décision.)

Donc, la photo Mandorienne donne ça !
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Jean-Baptiste Gendarme, c’est le monsieur à gauche, quant à moi, vous m’avez reconnu…

Très intéressant, vraiment, cette photo.

Je suis très fier de moi.

De mieux en mieux!