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08 juin 2007

Apéros à Volo!

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Hier, l’opération promo idéale. Franchement, chapeau l’organisation !

Il s’agissait pour la maison de disque Opéra-Music (le label de music pas classic) de faire découvrir le nouvel album du groupe Volo.

Pour tout savoir sur ce duo: la page Wikipédia , leur MySpace et un site non-officiel bien ficelé.

Ce sont deux frères qui s’entendent à merveille et dont le charme opère dès qu’ils jouent ensemble. Les Volo chantent leurs histoires, leurs amours, leurs révoltes, leurs amitiés, leurs joies, leurs peines, leur vision de la politique et de la société, le tout ponctué d’humour.

C’est généreux et malin.

Dans leur deuxième vie parallèle, Frédo Volovitch est l’un des 5 membres des Wriggles (des allumés aux subtiles chansons à voir absolument sur scène) et son frère Olivier est à la régie générale du groupe lorsqu’ils sont en concert…

Bref, hier, quelques journalistes triés sur le volet, ont été conviés à ça :

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Alors, vous pensez bien… des artistes que j’aime, des cacahuètes et les boissons qui vont avec, je n’ai pas hésité très longtemps.
Je rappelle ici que j’ai un sacré esprit de sacrifice.
J’arrive le premier, comme d’habitude. Et je suis accueilli par l’attachée de presse, Marie-Claude, avec qui je travaille souvent. Elle me dirige illico vers une petite salle où je vois quelques tables attirantes, je ne sais pas pourquoi.
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Puis, elle me présente les patrons du label, les très sympathiques Patrick Dahan (chez qui nous sommes, si j’ai
bien compris) et Stéphane Douzilly (le directeur artistique). Ce sont eux.
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Ils me font visiter les studios dans lesquels leurs artistes enregistrent ou répètent… Je parle là des Joyeux Urbains, David Lafore et donc, Volo.
Ensuite, nous retournons dans la petite cour ou les deux frères Volovitch me sont présentés. Ils me posent quelques questions sur ce que je pense du disque et nous passons bien vite à autre chose. Ils ne sont pas du genre à s’épancher sur leur œuvre. Modestes les garçons.
Ils sont là avec leur verre de vin (oui, je cafte). Le gars au milieu n'est pas un troisième frère.
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Précisions : Frédo (à gauche) m’explique qu’il ne regarde jamais l’objectif quand il est un Volo et qu’il fait des
grimaces quand il est un des Wriggles. C’est une marque de fabrique… regardez la pochette du disque.
Ici, quelques fans (chanceuses) conviées par la production. Elles étaient peu nombreuses ces jeunes filles, mais visiblement conquises d’être là.
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Nous avons eu le droit ensuite à un mini concert acoustique au premier étage de cet appartement géant. Public évidemment réceptif, à juste titre.
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Attention, révélation sur un pan de ma vie privée! Je suis allergique aux poils de chats. Or, il y avait un chat qui était au courant de mon problème et donc, qui a pris un malin plaisir à se frotter à moi durant le set. Il a fini par s’installer devant mes pieds, avec l’objectif évident de me faire éternuer.
J’en suis sûr.
Regardez comment il me nargue.
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Après la prestation lumineuse de nos deux artistes, on a bu un dernier coup (pour la route) et je suis rentré chez moi, ravi de cette soirée promotionnelle parfaitement réussie.
(Si vous aimez Volo et que vous souhaitez participer à ces « apéros », contactez-moi, je peux faire quelque chose pour vous.)

30 mai 2007

Recyclage (1)... Coffe a eu ma peau!

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Oui, c'est moi qui fait ce geste très naturel et pas du tout posé.

Peu de temps après avoir ouvert mon blog (en juillet dernier), alors que personne ne lisait ma pourtant déjà subtile et intéressante prose, j’ai publié une note (le 11 août 2006) intitulée : Comment je me suis fait virer…

(Je fais d'ailleurs ici mon méa culpa. J'ai joué avec le feu. Je me suis brûlé. Pardon à celles et ceux que j'ai choqué involontairement ce jour là).

Aujourd’hui, je vous la propose de nouveau, avec les images.

Pendant deux ans (de 1997 à 1999), j’ai animé quotidiennement une émission littéraire sur la radio catholique de Paris, parfois en duo, parfois seul. Lors de ma période en solo, je n’hésitais pas à inviter des écrivains (ou des gens qui publiaient des livres, il y a une certaine nuance !!!) un peu hors norme (Didier Daeninckx, Jean-Claude Izzo, par exemple, des auteurs pas très "catholiques"…).

Je faisais en sorte qu’ils se tiennent correctement jusqu’au jour ou… le bug !

Le 26 mars 1999, je recevais l’écrivain Jean Chalon pour son livre L’ami des arbres et Jean-Pierre Coffe pour Fleur bonheur (voyez déjà la thématique prétexte tirée par les cheveux : Notre jardin, notre double ? ).

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Tout se passe bien durant une heure lorsque, sur le générique final de l’émission, j’ai l’heureuse initiative de poser à l’un et à l’autre cette brillante et ultime question : « Si vous étiez un fruit, un arbre, une fleur ou un légume, lequel seriez-vous et pourquoi? » (Aujourd’hui encore, je me demande ce que j’avais bu la veille ???)

Je ne me souviens plus de la réponse de Chalon mais celle de Coffe fut celle-ci : « Moi, ce serait une asperge parce qu’on aime les sucer… »

Le gros blanc de ma part.

Fin de l’émission (retransmise par toutes les radios chrétiennes de France).

Au sortir de ce direct, Coffe, Chalon et moi buvons un café (le verre de l’amitié ?). La standardiste me signale discrètement après le départ de mes deux invités que de nombreux appels outrés ne cessent d’affluer. Merdouille ! Pas bon pour moi ça ! La nouvelle direction de la radio qui souhaitait que j’apporte plus de « dimension chrétienne » me regardait déjà un peu de travers… mon heure va sonner.

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Bizarrement pendant 3 semaines, aucune répercussion.

Puis un beau soir, je mange devant ma télé (je me souviens parfaitement que j’ingurgitais des pâtes à la sauce tomate) et tombe en zappant (le mec qui assume) sur une émission animée par Pierre Bellemare dans laquelle un des invités était… monsieur Coffe. Je vous jure, un documentaire sur les asperges a été diffusé.

Je monte un peu le son.

Je ne sais pas... un pressentiment.

0e0312d0ef4dc504a43c86d36d2310c0.jpgAu retour antenne, Bellemare dit à Coffe : « Je crois, au sujet des asperges, que vous avez une anecdote à raconter Jean-Pierre. »

A ce niveau là de l’émission, je me demande déjà si je ne suis pas rentré dans un monde parallèle, une quatrième dimension quelconque. Ma bouche reste grande ouverte en écoutant la fameuse anecdote truculente… Et Coffe raconte exactement ce qu’il s’est passé en citant 5 fois le nom de la radio.

Bon, il y a mis sa note personnelle en précisant qu’il avait été reçu par un jeune abbé (Gloups !). Certes, j’étais ce jour-là habillé en noir, mais me faire traiter d'abbé comme ça, sur France 3 en prime time... Fichtre! Diantre! Fiente de moineau!

Mon téléphone fixe se mit à sonner et moi à refermer enfin la bouche. Je me suis débouché une bouteille de vin au lieu de répondre. Il faut ce qu’il faut.

Le lendemain matin, j’ai eu l’honneur d’être accueilli par le nouveau directeur de la station qui m’a annoncé tout de go qu’il m’attendait dans son bureau à la fin de mon émission. Je vous passe les détails mais la phrase magique de Jean-Pierre Coffe a eu pour conséquence un entretien préalable à un éventuel licenciement puis mon licenciement effectif et au finish un procès avec cette radio qui s’est terminé par un arrangement à l’amiable...

Et je ne critique pas cette radio qui m'a permis de vivre durant trois ans. Même que j'y ai passé de sacrés bons moments.

La morale de tout ça : méfiez-vous des asperges (même à la fraise) !

C’est bon, mais quand on fait pipi, ça pue !

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28 mai 2007

Alix de Saint-André... à l'ombre de Malraux!

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J’ai toujours eu beaucoup d’affection pour Alix de Saint-André… parce que, d’abord, je me souviens de ses années Canal. Dans une émission présentée par Jérôme Bonaldi, avec 5 autres chroniqueurs (dont Frédéric Taddéï), elle était chargée de traiter les informations délaissées par les journaux télévisées, en leur trouvant un intérêt. Comme elle l’explique dans son nouveau livre Il n’y a pas de grandes personnes (Gallimard) « Nous devions être prêts à nous mettre des nez rouges, sauter sur la table ou au besoin marcher à quatre pattes, dans le noble but d’instruire un public jeune et en délire… ».

Ce que j’étais sans doute, car j’adorais cette émission.

C’était dans les années 90.

Il m’est arrivé de rencontrer Alix de Saint-André, plus tard.

Comme là, le 30 novembre 1998 dans une émission de radio pour évoquer son livre Les archives des Anges (Nil éditions).
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Son cinquième livre sort ce mois-ci.

Et le sujet m’intéresse particulièrement puisque le fil rouge de ce roman ( ?) est André Malraux.

Son œuvre est ici.

11f988a75a4e9dcbed6dd9b64cc1d70e.jpgMoi, je n’ai lu que La condition humaine (prix Goncourt 1933) mais ce livre m’a marqué à tout jamais.

La barbarie des hommes…

Bref, je rencontre Alix de Saint-André chez Gallimard, le 16 mai dernier.

Sur mon calepin, j’ai noté 16 h…

J’arrive à 15 h 20 rue Sébastien-Bottin. Super ! Une place béante devant la maison d’édition.

Il faut que je surveille ma femme, dites donc.

Puisque j’ai 40 minutes d’avance (notez, au passage, mes capacités en calcul mental!), je décide d’aller rafraîchir mon gosier avec un liquide pétillant et frais fabriqué à base de houblon.

Du Pschiiit orange, voilà, c’est ça.

Je m’installe à une table dans le premier café rencontré. Je sors mes notes, vérifie quelques questions, en imagine d’autres, tout ceci, en buvant mon Seven Up.

-Patron ! Un autre verre de Banga, s’il vous plait !

À peine, posé, j’ingurgite une première gorgée quand mon portable sonne.

Tiens donc !

Il est 15 h 45.

-Bonjour, je suis l’attachée de presse d’Alix de Saint-André. Nous sommes un peu inquiètes, vous aviez rendez-vous à 15 h 30…

-Euh… oui, j’arrive tout de suite. J’étais coincé dans les embouteillages et là, je n’arrive pas à trouver une place.

-D’accord, mais faites vite. Clic !

Bon, je ne boirai pas un troisième verre de Tang et je serai plus vigilant avec les horaires.

Bref, j’arrive à l’accueil. Je me présente (je m’appelle Henri, j’voudrais bien réussir ma vie, être aiméééé.)

Vous savez quoi, on m’a fait patienter. Quelle perfide vengeance !

Enfin, l’attachée de presse me mène vers Alix qui m’attend sagement dans les jardins de chez Gallimard. Elle papote avec une amie (ou sa cousine, je ne me souviens plus bien). Je lui rappelle que nous nous sommes croisés pour quelques interviews et, bonne éducation oblige, elle fait semblant de s’en souvenir parfaitement.

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Je me mets sur le mode « professionnel » et lui pose des questions sur son cinquième livre dans lequel elle mélange souvenirs, réflexions et citations autour de « l’homme de sa vie »: André Malraux… Mais pas seulement.

Mandor: Après un polar noir, un essai théologique angélique, un roman sur le Panthéon et une 421858be67020e7a14a2b05141993a6c.jpghagiographie de votre nounou, vous vous lancez dans la biographie déguisée ?

Alix de Saint-André : C’est d’abord une histoire d’amour que j’ai eu avec l’œuvre de Malraux. La littérature et l’amour de la vie, c’est un peu la même chose. L’amour de Malraux a plus occupé mon existence que les quelques amours de ma vie. Je parle finalement de moi à travers l’existence de ce génie.

Mandor : Telle une midinette, vous considériez dès l’âge de 13 ans, que personne n’arrivait à la cheville de Malraux…

A.D.S.A :L’adolescence est le moment des grands coups de foudre littéraires. On découvre un monde plus fort que la vie, plus vrai que vrai. Un peu comme un alcool fort.

Mandor : Vous évoquez aussi Chateaubriand, Rousseau (que vous détestez) et bien d’autres écrivains. Mais c’est Proust qui occupe plusieurs pages de votre livre...

A.D.S.A : Aimer Proust, c’est une autre façon d’aimer la littérature. La lecture de ses romans peut irriguer la vie et expliquer autrement l’existence. Proust et Malraux sont de merveilleux décrypteurs du monde.

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Ce roman est passionnant. Ce que peut faire une femme amoureuse d’un écrivain…

La quatrième de couverture en témoigne…

« Pour l'amour de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole, visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d'universités new-yorkaises, tenté un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d'une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d'un roman. Jusqu'au jour où elle s'est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros... »

C’est d’ailleurs Florence Malraux qui a incité Alix à écrire ce livre. Elle a bien fait. C’est vraiment un régal pour ceux et celles qui aiment la littérature et sa « petite » histoire.

22cc68ebe789959d152818d6a9cf1731.jpgEt puis, je lui avoue que j’apprécie qu’elle rende aussi hommage à la dernière compagne  d’André Malraux, Sophie de Vilmorin (nièce de Louise de Vilmorin, la poétesse et grand amour de Malraux). Les biographes oublient tout le temps Sophie. Alix de Saint-André ne comprend pas pourquoi.

Personnellement, je l’avais reçu dans une émission pour évoquer son livre Aimer encore.

En photo, là, Sophie de Vilmorin (à gauche) accompagnée de Christiane Moatti (à l’époque directrice du centre de recherche André Malraux) et mon ami Philippe Michaël de Saint-Chéron (biographe et actuel président des « Amitiés internationales André Malraux). C’était le 28 mai 1999.

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Au sujet de Aimer encore, Alix de Saint-André écrit dans Il n’y a pas de grandes personnes:

« C’était un récit d’amour pour rétablir la vérité. En ce qui concerne la littérature, elle était claire et simple : sans Sophie, jamais Malraux n’aurait pu mener son œuvre à son terme… Elle raconte sa façon de vivre et de travailler, sa désintoxication de l’alcool, ses derniers voyages, ses derniers livres et ses dernières paroles. »

Après une heure de conversation, je commence à me dire que point trop n’en faut.

Il est temps de se séparer. Et aussi de passer à la séance photos.

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Je lui explique mon blog et les traditions qui en découlent. Elle est d’accord sur tout.

-Je peux fumer ? On n'a plus le droit nulle part. Sur un blog, on peut voir quelqu’un fumer ?

-Oui, je suppose.

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Nous sommes finalement deux sacrés rebelles.

Dans les jardins, nous faisons donc les photos qui décorent à merveille cette fin de note magistrale (et absolument pas décousue)…

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On se quitte en nous promettant de nous revoir.

Pour le prochain livre, sans doute…

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22 mai 2007

Dominique A... la chanson prend de la (h)auteur!

 

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Oui, encore une note qui me permet de placer mes anciens articles… c’est une solution de facilité, ça m’embête de l’avouer, mais je sais que vous n’êtes pas dupes.

Je n’ai que des lecteurs intelligents, n'est-ce pas ?

Alors, je suis obligé d’avouer qu’en ce moment, je travaille beaucoup et que je n’ai pas le temps d’exploiter mes interviews récentes en boite.

C’est long, vous savez.

 -Pourquoi fais-tu une note quotidienne alors, imbécile ?

Vous êtes polis, deuxième trait de caractère de mes lecteurs, alors vous ne me poserez jamais la question directement…

N'est-ce pas ?

Si.

Ah bon !

(De toute manière, je n’ai pas la réponse. Ça règle le problème.)
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Voici donc une rencontre qui ne date pas de cette année (mais qui est exclusive ici, ce n’est quand même pas du recyclage… je vous respecte, moi.)

C’était le 9 février 2004.

(Les photos sont de Valérie Archeno, ma meilleure copine à moi que j’ai et par ailleurs, excellente photographe. Cette photo, par exemple, c’est elle.)
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Quel étrage personnage que ce Dominique A!

Un espèce d’extra-terrestre doublé d’un pierrot lunaire. Je l’ai rencontré pour une double actualité : un disque et un livre, tous deux intitulés : Tout sera comme avant. Dans sa chambre de l’hôtel Home Plazza, le chanteur est assis devant un jus d’orange et quelques amuses gueules.

L’homme s’amuse de la mienne. Problèmes techniques. Magnéto en panne. Un classique du genre. « Allez, papier-crayon, comme au bon vieux temps ! » me dit-il au bout d’un quart d’heure.

Vous avez bien lu : un quart d’heure.

Bien chef ! Ça tombe bien, on parle écriture…
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Mandor : Vous avez réuni des auteurs que vous aimez bien pour ce recueil de nouvelles. L’idée était d’écrire une histoire à partir d’un titre d’une des 16 chansons de votre album. L’idée de vous transformer en écrivain vous tente?

DA : Mais alors pas du tout ! J’ai écrit Le départ des ombres parce qu’un auteur m’a fait défaut à la dernière minute. Il ne restait que 2 jours pour remplir les pages manquantes. Je m’y suis collé, c’est tout. Un écrivain est l’être le plus seul au monde. Il y a une solitude de l’écrivain qui doit l’attirer vers des métiers plus publics. Musicien par exemple. (Il sourit) Là, en revanche, les musiciens, c’est un troupeau d’égocentriques.

M : C’est pour ça que vous évitez d’écrire des chansons autobiographiques ?

D.A : Chanter est un métier d’exhibitionniste alors, si on se met à raconter sa vie… Moi, je ne pourrais pas assumer ça. Les traits autobiographiques m’échappent quand il y en a. De plus, il m’importe de ne pas impliquer mes proches.

M : Vous écrivez dans quel contexte ?

D.A : Uniquement quand j’ai envie de chanter des nouvelles choses. C’est un processus mécanique, une machine à entretenir… Il faut huiler le système. L’écriture, ce sont des moments sur plusieurs mois ou je sens que tout est prétexte à chanson. Je suis en éveil. Bizarrement, dès que j’ai matière à faire un disque, la machine se grippe.

M : Ça vous gêne si je vous dis que vous n’êtes pas franchement fantaisiste.

D.A : Ça se discute ! Il y a des chanteurs « youkaïdi - youkaïda » ou les obscurs qui voient tout en noir. Moi je suis un youkaïdi obscur ! Dans mon album, il y a des chansons beaucoup plus « variétés ». J’essaie en tout cas de varier les contraires.

M : On vous reproche parfois votre voix sans aspérité, linéaire.

D.A : La langue française gagne à être chantée avec douceur, car elle est heurtée. J’ai 6 disques à mon actif et je me rends compte que je deviens caricatural. De toute façon, les artistes sont des clichés d’eux-mêmes…

M : Allez, je vous la pose… (Prenant un air sentencieux). Ce nouvel album, c’est celui de la maturité.

D.A : Plus personne n’ose poser ce genre de question (rires). Vous savez, la maturité, c’est juste l’étape avant le pourrissement. Je veux bien être mature, mais il va falloir que le fruit finisse par tomber.

(Cette dernière question… c’était de l’humour. On est d’accord.)

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Ceci est la version courte d’un entretien beaucoup plus long, mais, j’ai décidé d’avoir la "blog attitude".

Concis, pas trop de blablas...etc.

« Mandor, il faut que je te parle marketing. Ton blog, il est bien, mais tu manques de savoir-faire concernant le marketing ! » me disent certains blogueurs qui en savent long sur la question.

J’ai déjà cédé pour les photos plus du tout masquées.

Mais, je crois que je vais m’arrêter là.

À moins que…

21 mai 2007

Guillaume Musso... profession: page turner!

medium_musso_1.jpgJe viens de finir le nouveau Guillaume Musso : Parce que je t’aime.

Il m’énerve ce type.

C’est le quatrième roman que je lis de lui, donc la totale (mon journal me demande d’écrire une critique sur chacune de ses sorties… je suis donc devenu un spécialiste de l’œuvre Mussoïenne…).

A chaque fois, l’auteur me captive. À chaque page.

Dans les pays anglo-saxons, on appelle ça un « page turner ».

-J’écris les livres que j’aimerais lire. Il faut que le lecteur vibre, pleure, rit, qu’il ait peur avec les medium_musso_sauve_moi.jpgpersonnages. J’écris donc de façon haletante, avec une tension qui doit imprégner le bouquin. 

Et ça marche diablement. Bien sûr, j’en entends qui crient à l’imposture.

Musso n’est pas Maupassant !

Qui a dit le contraire ?

medium_seras_tu_la.jpgNi Apollinaire !

A d’autres.

Je ne suis pas Albert Londres.

Mais Guillaume Musso est un phénomène… Ce jeune homme de 32 ans vend aujourd'hui autant de livres qu'Anna Gavalda, Bernard Werber ou Amélie Nothomb.

Plus de deux millions de livres vendus. Ce n’est pas un gage de qualité, certes, mais bon… respect quand même.

Après Et après (2004), Sauve-moi (2005) et Seras-tu là ? (2006), il vient de publier son quatrième titre (qui s’arrache déjà comme des petits pains !)

medium_parce_que_je_t_aime_1.gifL’intrigue de Parce que je t’aime est, comme toujours, habile et haletante.

Une fillette de cinq ans a disparu dans un centre commercial de Los Angeles. Le couple que formaient ses parents n'a pas résisté au drame, ils se sont séparés. Cinq ans plus tard, la fillette réapparaît à l'endroit même où elle avait mystérieusement disparue. Que s'est-il passé ? Où était-elle ? Avec qui ? Pourquoi est-elle revenue ?

Voilà, vous êtes déjà happé, magnétisé par l’histoire. C’est agaçant de savoir que l’on se fait balader, et pourtant, la redoutable mécanique de Guillaume Musso ne vous lâche plus.

-Sous des abords ludiques et légers, tous mes romans abordent, en toile de fond, des thèmes plus profonds. Le surnaturel, le mystère, le thriller, ne sont en fait que des prétextes pour évoquer d’autres grandes questions. Dans ce livre, j’aborde le thème de la résilience, cette capacité psychologique à résister à l’adversité, à surmonter les épreuves pour en ressortir parfois plus solide. medium_Et_apres.jpg

Guillaume Musso est traduit en 22 langues et la moitié de ses romans sont en cours d’adaptation au cinéma.

-Le tournage de Et après… débutera cet été à New York. On parle d’un très beau casting : Romain Duris, John Malkovich et Evangeline Lilly, l’héroïne de la série Lost. Seras-tu là ? va également devenir un long métrage puisque les droits du livre ont été vendus à Christian Fechner et plusieurs producteurs s’intéressent à Sauve-moi.

Marc Lévy n’a qu’à bien se tenir !

84b3c05ce7fae73d7f530630b4ab358a.jpgAllez, hop! Une ch'tite photo...

Oui, alors là, j'avoue, on fait une pause de chez pause.

Dans un bureau de chez XO Editions.

Parfaitement naturel...

medium_Musso_2.2.jpgCe qui passionne le plus Musso: « Les relations entre les gens, les sentiments, le sens que l’on donne à sa vie… ». Il pointe du doigt des questions universelles. La vie, la mort, l’amour, le destin, le hasard… ça intéresse tout le monde, non ?

Bon, en plus, dans la vie, l'homme est humble doublé d'un parfait gentil.

Il écrit des livres pour passionner le lecteur, simplement.

En langage cinématographique.

Ce n'est pas un crime, quand même...

 

14 mai 2007

Yoanna... rockeuse charmeuse!

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Ne croyez pas une chose.

Qu’il est plus facile d’interviewer un jeune artiste qu’une célébrité.

Pour moi, c’est exactement le contraire.

Une personne qui a une longue carrière derrière elle, je la connais bien, les questions sont légions…

Un nouveau (dans le cas présent, en l’occurrence, une nouvelle) qui débute, c’est parfois, franchement pas facile.

Parce que timidité.

Parce que méfiance des journalistes.

Parce qu'exercice difficile d’expliquer mieux devant le micro d'un inconnu ce qui est parfaitement dit ou suggérée dans l’œuvre de la dite personnalité.

Je sais tout ça.

Mais, j’adore faire découvrir les jeunes qui débarquent sur la planète art.
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Celle-là, je l’ai découverte un peu par hasard et j’ai décidé de ne plus la lâcher.

Yoanna, je vous en parlais déjà là.

Vous non plus, il me semble que vous n’étiez pas resté insensible…

Le 30 avril, nous avons fini par réussir à caler une date pour nous rencontrer.

Un bar à côté du Divan du Monde (où elle se produisait une nouvelle fois).

18h, je la vois arriver avec un homme.

Son producteur, je crois.

Nous nous installons à une table.

Elle, un peu méfiante.

Observatrice en tout cas de la personne qui a voulu la rencontrer pour son blog.

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Elle m’avoue avoir lu ce que j’ai pondu sur elle ainsi que les commentaires.

Il était beaucoup question de son physique.

Je ne sais pas si elle a apprécié.

-Mais, vous n’allez pas vous plaindre d’être belle quand même…

Elle sourit, un peu gênée.

Je lui demande :

-Je peux vous tutoyer ?

Un temps avant la réponse.

-Exceptionnellement, oui.

J’imagine que c’est du second degré. Je lui dis que je la trouve pince-sans-rire. Sur un DVD que l’on m’a envoyé, je l’ai vu se moquer d’un journaliste en répondant systématiquement à côté des questions posées…

Pour une jeune artiste, j’avais trouvé cela gonflé.

-C’est souvent pour éviter les réponses. La promo n’est pas la partie du boulot que j’ai choisi. Je pense que je ne le fais pas très bien et qu’il faut que j’apprenne à être à l’aise dans cet exercice. C’est comme une roulette. Ca dépend sur qui tu tombes. Si je me retrouve avec quelqu’un avec qui ça ne le fait pas, j’aurai beaucoup de mal à tenir.

Il y a de la graine de star dans cette fille-là.

Bon, je me tiens à carreau.

Elle poursuit :

-Déjà, si on commence à me demander si mes chansons sont autobiographiques, je n’aime pas ça alors je réponds ce qui me passe par la tête.

Ça me titille de lui demander si ces chansons sont autobiographiques, comme ça, pour voir sa réaction.

Et puis non.

Je préfère que cela se passe au mieux entre nous.
medium_Yoanna1_Vincent_1_.Nury.jpg

Sur Yoanna, je lis souvent qu’elle est, en quelque sorte, le chaînon manquant entre Yvette Horner et les Bérurier Noir.

Quelle bêtise !

medium_yoanna_single_5titres.2.jpgLes Bérus OK ! Mais Yvette…

Toutes celles qui jouent de l’accordéon doivent être comparées a elle ?

Yoanna est jeune, moderne, jolie et aussi sensible que destroy.

Les cinq textes présents sur ce premier album autoproduit sont percutants, amusants et pleins d’entrain portés par une voix rocailleuse et intense.

La jeune femme aborde sans complaisance amour et thème social avec simplicité, sur des airs folks et une gouaille émouvante.
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La maladie, qui ouvre l’album, est une chanson très forte dont personne ne comprend le sens exact. Tout le monde (à commencer par moi) pense qu’il s’agit d’une chanson sur une fille qui aime trop les hommes…

Euh… perdu.

-C’est en fait une chanson d’amour écrite à une femme.

Ce qui me permet de lui dire, hypocritement, que ces chansons sont poétiques (ça c’est vrai) parce que le sens des paroles ne se devine pas à la première écoute. J’hésite à lui demander si La Fleur parle bien d’un inceste.

J’ai bon.

Vous l’avez compris, les textes sont forts, mais elle fait avaler la pilule (si je puis dire) sur une musique généreuse et festive. Le mélange est, du coup, détonnant.

Je vous le dis tout net. Si on donne les moyens à cette grande artiste de se faire connaître, elle risque bien de casser la baraque.

Son producteur me confirme qu’il y a plusieurs labels sur le coup, que ce soit en distribution ou en contrat de licence. De plus, elle est entrain de finir son premier disque "officiel" (réalisé avec plus de moyens financiers et de musiciens) comprenant 13 ou 14 titres.

Bonne nouvelle donc.

Yoanna sait transmettre les émotions très facilement. D’une chanson à l’autre, on rit ou on pleure.

Sur scène, j’ai rarement vu ça.

-J’ai beaucoup d’admiration pour les one-man-show… Tous ces gens qui parviennent à faire rire allègrement toute une salle et juste après, à faire chialer, ça m’impressionne.

Je lui dis que c’est exactement ce qu’elle fait.

Elle ne sait pas quoi dire devant les compliments, elle ne dit donc rien.

J’observe cette fille en me disant que, décidément, j’ai devant moins une très forte personnalité.

En fait, je vais être clair. Je ne suis pas très à l’aise. Comme impressionné. Je ne cesse de rencontrer des artistes, tous les jours et elle, toc ! Elle me fout le trac.

Bizarre.

A-t-elle une idée de l’image qu’elle projette ?

-Je n’en n’ai aucune conscience et je ne veux surtout pas le savoir. Je me laisse aller comme je le sens. On me dit souvent que je ne fais pas comme tout le monde… moi, je veux juste faire ce que j’ai réellement envie de faire. Ce n’est pas plus compliqué !

Non, certes, mais il faut y mettre les formes, une espèce de diplomatie.

Pas sûr que la jeune Suissesse (qui vit à Grenoble) soit douée en la matière. Mais, cela n’a aucune importance.

C’est ce qui fait et fera longtemps son charme.

Une chanteuse sans concession et exigeante.

Tenez, une page de pub…

medium_Yoanna_cosmo.JPG

J’ai piqué cet article dans le Cosmo (qui vient de sortir) de ma femme.

(Penser à lui rendre.)

Maintenant, voici la photo avec l'artiste après l'entretien.

Vraiment, j'ai un peu de mal à ne plus me cacher...

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Je ne l’ai pas dit à Yoanna, car les artistes détestent les comparaisons.

Mais Piaf n’est pas loin.

Sa façon de rouler les R.

Ses débuts dans la rue et les bistrots.

Ce souci de ne rien lâcher.

Ce charisme qui saute aux yeux.
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Cet animal solitaire, difficile à apprivoiser (même si elle se produit parfois avec des musiciens), ira loin.

Très loin.

Je prends le pari.

Je m’engage rarement (à part sur Jérôme Attal...)

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09 mai 2007

Jérôme Attal... l'amoureux (plus) en lambeaux!

medium_24.04.07_Attal.JPG 

Si je parle souvent de Jérôme Attal (là par exemple) c’est que je pense très sincèrement (c’est mon opinion personnelle) qu’il est un de nos plus admirables auteurs (de chansons et aujourd’hui, de romans). Un vrai artiste medium_j_E9rome_attal2.jpgmusicien qui ne fait pas de concessions. Et donc, du coup, qui n’arrive pas à s’imposer dans le fabuleux milieu de la chanson française.

Il faut dire qu’il est aussi victime d’une image tranchée : il est considéré comme le dandy lettré qui tient un journal intime sur Internet depuis 1998 (donc novateur, le premier blogueur français, finalement) et accessoirement pousse la chansonnette.

Il n’est tellement pas que ça que j’ai une putain d’envie de le défendre souvent (même si je ne suis qu’une goutte d’eau dans un océan d’oreilles bouchées).

Jérôme Attal écrit en français des textes sensibles et recherchés portés par une musique influencée par le rock anglo-saxon. (Son MySpace de musicien avec des clips et des vidéos d'interviews...)

Pas Obispo, on est d’accord.

medium_9782350120864.jpgParce qu’il sait que j’aime son œuvre, il m’a envoyé il y a quelques mois son premier livre L’amoureux en lambeaux (dont voici le MySpace).

Je n’ai pas pu le lire rapidement, étant débordé par des lectures obligatoires (chroniques et articles oblige)… Du coup, comme je ne donnais pas de nouvelles, Jérôme était persuadé que je n’osais pas lui dire que je n’aimais pas.

Erreur magistrale Jérôme !

Une fois que j’ai mis mon nez dans ce roman, je me suis laissé porter, comme d’habitude, par son style littéraire, fiévreux et beau.

Poésie et images superbes sur la condition d’un homme amoureux fou.

L’amoureux en lambeaux c’est Le livre sur l’amour absolu.

On arrive à caler un rendez-vous dans un café de son quartier chéri. medium_jeromeAttal_melancolique_sepia.jpg

Saint-Germain.

C’était le 24 avril dernier.

J’aime ces moments avec lui. Ils m’enrichissent.

Je sais parfaitement que l’ « on » va encore dire, « ce Mandor, il aime tout le monde ! ».

Plus fiable, du coup.

Rien à taper.

Jérôme, pour moi, est un génie méconnu (non… mal connu).

On parle de son concert au Réservoir (dont j’avais déjà écrit certaines choses ici).

De son Koan zen lancé à son public.

"On connait le bruit de deux mains qui applaudissent

Mais quel est le bruit d'une main qui applaudit."

medium_Attal_0.4.JPGEn concert, il a toujours ce genre de drôle d’idée.

-Si le public avait été génial, il aurait applaudi deux fois plus fort. Tu sais, je suis le premier artiste qui estime que le concert est raté, aussi, parfois à cause du public…

Il sourit en disant cela. Mais il doit le penser.

Un peu.

-Non, c’était très bien, en fait. J’ai du respect pour les gens qui viennent me voir en concert. Ceux qui lisent mon journal savent qu’ils trouveront quelque chose de différent dans chacune de mes prestations scéniques. Je ne dis jamais la même chose.

Il a débuté le concert par un texte de Michel Foucault qui parle du cadavre et du miroir. Un texte qui, comme il le précise dans son journal, « dans sa puissance, sa force, son écriture et sa diction continue d'exercer une grande influence sur moi, même si je n'en partage pas forcément la conclusion. Pour moi le corps n'est pas suffisant. Aimer, faire l'amour, ne concerne pas seulement l'ici. Mais l'ici et l'ailleurs. »

Il est comme ça Jérôme. Il faut réfléchir à ses propos.

Son roman, dont il parle ici avec une animatrice de Direct 8, est un parfait manuel à l'usage des femmes curieuses du point de vue de l'homme sur l’Amour (avec un grand A).

C'est Simon et Thomas qui s'y collent à la perfection.

Simon est « chahuté d’un flot de paroles anxieux ». Thomas, lui, s’enferme dans « une dynamique aussi méditative et sévère qu’un costume de couturier ». medium_Attal_contre_mur.jpg

Jérôme est à la fois l’un et l’autre.

-Au fond de moi, je suis très Thomas. Je suis assez dur avec les choses et avec les gens. Mais pour vivre et avoir des rapports sociables, il faut que je sois aussi un peu Simon. Thomas se prend un peu pour le Christ, sauf que le Christ, lui, il pardonne.

Thomas est un homme amoureux qui ne comprend pas pourquoi son histoire avec Lysa ne fonctionne pas. Il voudrait que le monde entier pactise avec son malheur, mais ce n’est pas le cas. Il s’est donc retiré du monde et en veut à tous ses amis.

Sans l’amour de Lysa, il trouve que le monde a « une réalité basse et épuisante, une violence sans contenue ».

-Être amoureux, bien sûr, ça t’aveugle sur l’atrocité de la vie, mais en même temps, ça te fait traverser les journées comme une flèche. Quand je suis dans cet état, je peux passer ma journée à chercher un cadeau pour une fille. J’ai l’impression d’avoir travaillé autant que si j’écrivais une chanson pour elle. J’adore ça !

medium_attal_maison.jpgMais dans la vraie vie, cela doit être pesant pour une femme d’avoir quelqu’un de si démonstratif.

Il sourit.

-Tout le monde n’a pas la carrure pour être mon égérie… ce doit être certainement difficile. En fait, je ne suis pas pour le rapport de force dans un couple. Je cite Balzac : « En amour, il y en a un qui souffre, l’autre qui s’ennuie. »

Thomas dit aussi : « Je ne connais qu’un seul travail. Celui qui consiste à aimer quelqu’un. Tout le reste, à côté, est d’une vulgarité insoutenable. »

Il va jusqu’à faire dire, par le biais d’une amie de Thomas, Caroline, la constatation suivante :

« Tu sais, quand on aime plus les gens, c’est terrible, on ne voit plus que leur égoïsme. »

-C’est bien que tu cites cette phrase. C’est celle que je préfère. C’est dur, tranchant, mais c’est peut-être vrai…

Dans ce roman, Jérôme Attal évoque aussi la littérature et la musique. medium_attal_et_sa_bande.jpg

Il affirme, par exemple, qu’on écrit, car « il y a trop de distances dans le monde, des distances à réduire, ou trop de bruit dans les parages pour chuchoter quelque chose de valable… ».

Il a une haute exigence de l’écriture.

-Dans mon journal, il faut que j’ai l’impression d’être le meilleur, que je sois persuadé que personne ne pourrait écrire un truc si fort. Souvent, quelques jours après, je suis déçu de ma prose. J’ai du mal à être content dans la durée. Tu sais, je suis mon premier juge. Je suis très malheureux quand je fais des choses que je n’aime pas ?

Dans L’amoureux en lambeaux, il y a un autre personnage important : Basile Green, un chanteur de rock. Je n’en parle pas ici, mais il est l’une des pièces maîtresses de ce livre.

Il sera aussi le héros du deuxième roman, déjà terminé, de Jérôme. En tout cas, la fiction rejoint la réalité de la vie de l’auteur. À un moment Thomas affirme que « ça ne sert à rien la musique. Il y a un moment où, sans raison profonde, ça devient de la gesticulation. Et puis ça implique trop de gens qui n’y comprennent rien ».medium_comme_elle_se_donne_.jpg

Si ce n’est pas ce que pense vraiment Jérôme…

Que son album Comme elle se donne soit resté confidentiel reste pour moi un mystère, mais que pour le prochain, il ne trouve pas de label, de producteur, bref, quelqu’un pour y croire et le porter vers d'autres sphères médiatiques, ça me dépasse complètement.

-Moi, je suis victime d’un barrage que je détermine au niveau des décideurs. Je suis sûr que si l’on m’offre des moyens, marketing notamment, je fais aussi bien que d’autres qui ont signé. Mes frustrations, je les règle en travaillant pour d’autres…

Jérôme Attal est très demandé en tant qu’auteur (voir là).

Il continue.

-Quand je vois Bénabar, avec sa chanson sur les pizzas, aux Victoires de la Musique , devenir chanson de l’année, je me dis que mon œuvre ne sera peut-être reconnue que de manière posthume.

Il plaisante à moitié, là.

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Avant de la quitter, je voudrais juste demander à Jérôme un truc qui me travaille. Je le regarde droit dans les yeux.

-Qu’est-ce que tu as voulu dire quand tu as écrit dans ton livre, lors du concert de Basile : « Les journalistes au bar, plutôt bon signe : les grands fauves se tiennent toujours près du point d’eau. » ?

medium_JeromeOK.jpgIl se marre.

-Mandor, tu n’es pas au bout de tes surprises. Mon deuxième livre s’intéresse plus particulièrement à mon métier de chanteur musicien et de mon expérience avec les labels et les journalistes. C'est beaucoup plus violent que dans ce roman.

J’ai hâte.

Message personnel pour Jérôme : tu es amoureux (tu l’étais en tout cas, il y a deux semaines). Tu es plus rayonnant et sympathique dans cet état. Je ne te connaissais que Thomatisé, j’aime bien quand tu es un peu plus Simoné.

Et tu as mon indéfectible soutien.

Celui d'une goutte d'eau...

02 mai 2007

Constance Amiot... la femme guitare!

medium_amiot02.jpg 

L’été 2004, je l’ai passé à faire le Tour de France à la voile pour la radio qui m’employait alors. C’est à cette occasion que j’ai rencontré le kiné de l’équipe (gagnante d’ailleurs, cette année-là) Bouygues Télécom. Benoît medium_amiot05.jpgCaillé et moi avions une amie commune et donc, nous avons sympathisé. Outre le fait que ce type était un ange (toujours d’ailleurs), il m’invitait le soir à fêter dignement les victoires de ses coéquipiers…

Pourquoi je raconte ça ?

Ah oui ! Parce que c’est lui qui m’a fait connaître Constance Amiot.

Le kiné est aussi musicien.

Il m’a filé un jour un album auto produit dans lequel il joue de l’harmonica sur des chansons d’une chanteuse que je ne connaissais pas.

Cet été-là, j’ai beaucoup écouté l’album Whisper Wood, d’une inconnue prénommée Constance. 

J’ai tout de suite eu le coup de foudre pour les chansons inspiratrices de calme et de volupté de cette beauté diaphane.

Je me disais que le folk féminin à la française était né.
medium_amiot03.jpg

Le mois dernier, je reçois un disque qui vient de chez tôt Ou tard, maison de disque de qualité, Fairytale. Je l’écoute donc en toute confiance. Puis je me dis… mince alors, je connais ces chansons !

Je scrute en détail la pochette, les crédits…etc. et je comprends.

Constance Amiot est la Constance de mon Tour de France à la voile 2004.

(Comme quoi, parfois, on est peu de chose).

Mon pote est toujours de la partie parce qu’il est crédité.

Bon, je vais en parler pour mon journal. C’est décidé.

Quelques jours plus tard, je vais voir mon ami Jérôme Attal en concert (j’en parlais là récemment) et je tombe sur Benoît.

Retrouvailles chaleureuses. Il me présente Constance, avec qui il est venu.

Marrant parce que, deux jours plus tard, nous avions un très officiel rendez-vous pour une interview destinée à mon journal.
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Le rendez-vous s’est donc tenu le 20 avril au bar La Lubie (point de chute des artistes de cette maison de disque, comme vous pouvez le constater et également ici).

Le feeling est immédiat. Nous sommes maintenant de « vieux amis »…

Elle se moque de mon enregistreur Sanyo, certes, assez pourrave.

-Tu trouves encore des cassettes audio comme ça en magasin ?

Heureusement, je suis de bonne humeur et aucun coup bas ne m’atteindra aujourd’hui.

Je ne lui explique pas que le matériel ne fait pas le bon entretien.

Elle me raconte sa vie que je résume ici.

Elle est née de parents français à Abidjan en Côte d’Ivoire à la fin des années 70 et a passé les six premières années de sa vie à Yaoundé au Cameroun, puis les 16 suivantes dans le Maryland aux États-Unis.

À 22 ans, sur les conseils de ses sœurs, elle décide de s’installer à Paris. Elle rencontre très vite deux musiciens, Lawrence Collins et Nicolas Buffet. Ils produisent ensemble une maquette puis un album auto produit qu’elle vendra à la fin de ses concerts et sur Internet.

-C’était beaucoup d’investissements, mais une expérience très enrichissante. Ça bouffe de l’énergie et on a mis beaucoup de temps à enregistrer cet album, Whisper Wood. C’était tellement compliqué que, parfois, je me demandais si j’étais musicienne ou chef d’entreprise…

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Mais Constance ne fléchit pas. Ses parents, qui s’attendaient à ce qu’elle fasse un métier sûr puisqu’elle suivait des études dans ce sens (droit et audio-visuel), l’encouragent quand même…

Sa mère, peu avant qu'elle ne rejoigne les étoiles, fait parvenir à sa fille cette citation tirée du Prophète de Khalil Gibran : «Si tu chantes la beauté, sache que même dans la solitude du désert tu trouveras une oreille attentive».

Banco. La jeune fille comprend qu’elle ira jusqu’au bout.

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Elle fait ensuite beaucoup de scène et notamment le New Morning en 2005.

J’y étais.

Benoît m’y avait convié.

La salle était bondée.

Aujourd’hui, l’aventure continue grâce à Vincent Frèrebeau, patron de tôt Ou tard.

-Il ne m’a rien imposé contrairement à pas mal d’autres labels que j’ai pu rencontrer. Ca ne me convenait pas de ne chanter qu’en langue française. C’était pour moi un non-sens par rapport à mon histoire…Lui, au contraire, a voulu m’entendre dans les deux langues. Whisper Wood avait été si compliqué à enregistrer que pour Fairytale, j’ai enregistré en 3 jours. Il paraît que j’ai le record de rapidité chez tôt Ou tard…

Et de me préciser que Vincent Frèrebeau est un vrai directeur artistique « qui est très cash, il dit les choses sans prendre de gants ».
 
medium_V87_Musique_Constance_Amiot_cover_.JPGSi l’album s’appelle Fairytale (conte de fée) c’est que Constance a le sentiment d’en vivre un.

-Oui, mais rien n’a été simple. Je n’ai pas beaucoup galéré avant de sortir ce disque, mais j’ai dû m’accrocher. Imposer ma culture américano-française a été le plus difficile.

Constance Amiot navigue entre le folk américain, le jazz manouche et une country discrète, le tout avec un sens aérien de la mélodie. Pour elle, la place du texte n’est pas aussi importante que celle de la mélodie, m’explique-t-elle franchement.

-Mais quand même, je n’écris pas n’importe quoi. Je veux que chacun s’approprie l’histoire, alors, je fais en sorte d’installer un climat, une sensation qu’il faut déceler. (Rires). Parfois, je sais à peine ce que je veux dire…

Si elle est  l’auteur de ses chansons, il y a, tout de même, 3 textes de Jérôme Attal.

-Je suis impressionnée par lui. Il maîtrise magistralement sa plume et sait comme personne la fluidité des mots… Ses chansons ont des textes si brillants que je pourrais en changer la couleur musicale sans problème.

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Constance est une voyageuse chronique…

L’évasion est-elle essentielle pour créer ?

-Je le pense. J’ai besoin de voir le monde bouger et de vivre ma vie en mobilité permanente. C’est l’essence même de ma vie vagabonde qui m’inspire.

medium_Constance_2.JPGLaissez-vous séduire par ses textes, tendres, parfois drôles.

Touchante sur les plages intimistes, convaincante sur les glissés groove.

Le disque est dans les bacs depuis le 23 avril.

Bref, vous pouvez écouter des extraits là… et visiter son MySpace.

Le clip de Clash dans le tempo est à voir ici.

Après l’entretien officiel, nous parlons encore un peu… mais la belle doit s’en aller pour d’autres aventures extra parisiennes.

Malheureusement.

C’est bien, remarquez… Ça m’a évité de tomber amoureux.

De nouveau.

Son attachée de presse nous prend en photo.

Elle tient son disque auto produit… qu’elle s’est étonnée de me voir sortir de mon sac.
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-Tu es bien le seul journaliste à l’avoir…

-Je sais… je suis bien le seul journaliste à connaître Benoît Caillé.

Le soir, je l’ai regardé dans Taratata sur France 4.

Et, je me suis dit que je faisais vraiment un beau métier…

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25 avril 2007

Angélique Kidjo... questions épistolaires!

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Angélique Kidjo est d’origine béninoise.

Cette chanteuse et compositrice aux nombreuses récompenses a démarré sa carrière dans le village de Cotonou, à l’âge de 6 ans. Les troubles politiques dans son pays l’ont amenée à s’installer à Paris, la capitale de la World Music, puis à New York où elle réside aujourd’hui.

Sa voix impressionnante, sa présence scénique et sa faculté d’adaptation aux différentes langues et cultures lui valent d’être respectée par ses pairs et reconnue dans le monde entier. La passion qui habite les textes de ses chansons a également été remarquée par de nombreuses associations humanitaires auxquelles son nom est associé depuis longtemps.

medium_V87_Musique_Angelique_Kidjo_cover_.JPGDans son nouvel album (qui sort le 30 avril) produit par Tony Visconti (David Bowie, T.Rex, Morrissey) elle chante en duo avec de nombreuses autres stars. Alicia Keys, Joss Stone, Peter Gabriel, Amadou et Mariam, Josh Groban, Carlos Santana et Ziggy Marley.

De quoi intéresser Mandor…

-Allo ! J’appelle pour demander une interview d’Angélique Kidjo. Je dois faire un assez long papier sur son dernier album Djin Djin.

-Oh ! C’est dommage, elle est partie hier pour les États-Unis, elle ne revient que dans un mois.

-Merdouille !

Ne dis-je pas.

L’attachée de presse me propose 3 solutions :

-Attendre son retour.

Non, je dois rendre mon papier cette semaine.

-Faire un phoner. (Interview par téléphone).

Non, ça va ruiner mon forfait. 30mn aux States, mazette !

-Lui poser des questions par mail…

Oui, tiens, pourquoi pas? Je n’ai jamais fait ça.

Voici quelques extraits de ses réponses:

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-Djin Djin marque le retour à vos racines musicales. Estimez-vous que vous vous en étiez éloignées ?


-Je ne pense pas. Tous mes voyages exploraient les racines africaines d’autres musiques, celles de la diaspora. La nouveauté dans ce disque, c’est que le groupe en studio s’est constitué autour de deux percussionnistes du Gangbe Brass Band, un groupe du Benin. Ce sont eux qui ont donné la couleur originale des rythmes.


-Vous avez beaucoup chanté en français et anglais dans votre  medium_angelique-kidjo-0088-200405.jpgcarrière. Le fait de vous en tenir aux langues du Bénin, du Nigeria et du Togo donne-t-il plus d'authenticité à votre album ?


-Oui, mais ce n’était pas le but principal. J’aime beaucoup les mélanges et les rencontres… Comme les invités, sur cet album, chantaient principalement en anglais, je dialoguais avec eux en langues africaines. Mais il faut noter que certains invités chantent quelques phrases en Fon ou en Yoruba !

medium_kidjo.jpg-Même si la culture du Bénin est très présente, ce disque est universel. Vous l'avez voulu rassembleur. Est-ce pour cela qu'il y a tous ces artistes d'horizons si différents ?


-Je note souvent, dans mes concerts, que les réactions des gens, dans tous les pays que je traverse, sont presque identiques. Cela me fait penser qu’au-delà de la politique nous sommes tous beaucoup plus semblables que nous voulons le croire. Je pense qu’en musique cela fonctionne. J’aime tellement d’artistes de genres différents que c’est un rêve de les réunir sur un même disque.

-Ont-ils accepté facilement de rentrer dans l'univers de votre pays d'origine ?

-C’est ce qui les a intéressé, je crois. Si je leur avais amené un morceau R’nB, pop ou reggae, je suppose qu’ils auraient été moins motivés.

-Il y a trois reprises étonnantes : Pearls de Sade et Gimme shalter des Rolling Stones et le Boléro de Ravel.  medium_photohome2.jpgC'est, là encore, une formidable preuve d'ouverture. Pourquoi ces 3 reprises « africanisées ».

-J’ai fait, par le passé, quelques reprises, comme Voodoo Chile de Jimmy Hendrix par exemple. Pour qu’elles soient réussies, il faut que leur sujet ou leur musique ait un lien avec mon monde. Les thèmes de Pearls et de Gimme Shelter me touchent de près, car ils parlent de façon forte, mais poétique de la situation en Afrique. Quant au Boléro, je pense que c’est la première fois dans l’histoire de la musique classique que l’influence de l’Afrique se fait sentir autant. Avec notamment, l’importance donnée aux rythmes et aux mélodies modales J’ai voulu rendre hommage à Ravel pour avoir compris la beauté et la force de notre musique. 

-Dans tous vos albums, vous évoquez les joies et les peines de l'existence. Dans celui-ci la société, la jeunesse, la violence, l'argent, l'amour de la musique et ses bienfaits. S'il y avait un message précis à retenir de cet album. Quel serait-il ?

-Non au repli sur soi même. Oui à l’ouverture et aux rencontres !  Est-ce d’actualité ?

-Vous dites que « que l'on soit né en Afrique ou en Amérique, on se doit de célébrer la vie ». Pour vous, le meilleur moyen, c'est la musique ?
 
-Sans aucun doute!

23 avril 2007

Jean Guidoni... le miraculé de la chanson française!

medium_dossier_presse_cd_side.jpg 

Je me suis trompé.

A la sortie du précédent album de Jean Guidoni, j’avais écrit que Trapèze était son disque majeur. Quittant définitivement la famille Fassbinder-Caven, les zones interlopes des Crimes passionnels (musique d'Astor Piazzola), Trapèze avait marqué la résurrection discographique et scénique d'un interprète qui servit auparavant d'une voix de soie et de mystères les poèmes de Pierre Philippe.

La preuve.

Non, quelle connerie !

Son disque majeur, c’est La pointe Rouge.

Il a fait mieux, le fou (chantant) !
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Jean Guidoni récidive aujourd’hui dans la modernité, lui qui fait aujourd'hui figure de précurseur d'une chanson française sophistiquée et rare.

Depuis Tramway Terminus Nord, je suis la carrière en dents de scie du monsieur.
medium_Jean_Guidoni.jpg

La Pointe rouge est le 21ème album du chanteur.

medium_champ_1.gifJe comptabilise ici les lives, car Jean Guidoni est un magnifique re-créateur de chansons en scène.

Il  aborde aujourd’hui un chapitre de sa carrière qui le rapproche parfois, sur le ton, de Claude Nougaro : Peintures.

Car le chanteur né à Toulon, ascendance corse, s'est trouvé une nouvelle famille : des plus jeunes adorant les eaux intermédiaires.

Il incombait aux artistes de cette génération d’accorder enfin à Jean Guidoni la place et l’influence qu’il méritait pour avoir exploré bien avant les autres des territoires d’avant-garde.
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Dominique A signe Cloaca Maxima, et chante en duo cette mélodie marquée du sceau des envolées hautes et du phrasé large de son auteur.

Katerine, décidément drôle, lui offre Un arbre en Normandie, une perle d'humour et de philosophie décalée.

Jeanne Cherhal, (Mandorisée ici) au piano et voix, qui imagine Jean enceinte Comme un autre.

Mathias Malzieu, le chanteur de Dionysos, avec une pop-rock entraînante pour Oh Loup !, livré avec admirationmedium_guidoni_malzau.jpg et force.

-J’avais envie de m’ouvrir à d’autres textes et d’autres musiques. J’étais surpris qu’ils soient très heureux de le faire. Nous n’avons essuyé aucun refus. Peut-être suis-je une référence pour tous ces artistes, en tout cas, j’ai été très étonné d’être accepté aussi facilement. C’est intéressant que ça arrive maintenant.

Ce statut de parrain, Guidoni ne semble pas lui-même en être conscient :

-Je ne me rends pas compte, j’ai toujours été à la marge. Mais je suis présent dans certaines têtes, ce qui est important. 

Le multi instrumentiste, Nicolas Deutsch, lui a composé la majeure partie des musiques. Il joue d'une énergie sans ordre et permet à Guidoni bien des audaces, des écarts de sentier, des fantaisies, des dissonances orchestrales que le chanteur à la voix vibrante sait maîtriser à la perfection.

medium_Jean_Guidoni_2.jpg

Jean Guidoni a repris sa plume et c’est peut-être ça le plus important…

Il s’est estimé le mieux placé pour écrire ce que le magnifique interprète qu’il est devra défendre.

Bonne idée.

medium_baniere_BN_CD.gif"Je me balance au bout d'un fil/Et qu'importe qui le coupera", conclut celui que photographièrent Pierre et Gilles en cuir, croix, rose rouge, yeux peints, tout noirs, khôl lourd et regard perdu (pour Têtu, en 1997), et qui aujourd'hui pose dans les herbes et dans le vent, en partance vers le Kerala, dangereux et fascinant, qui "s'enamourache" de Pina Bausch et s'entiche de l'exil.

A voir IMPERATIVEMENT sur scène à partir de demain jusqu’à dimanche à la Boule Noire.

Et également du 22 au 27 mai.

Chaque soir, des invités viennent chanter avec lui.

Chaque soir, vous serez transporté dans un autre monde.

Il est beau.

Découvrez le sur son MySpace...

19 avril 2007

Jérôme Attal au Réservoir!

medium_PICT2445.JPG

Je vais vous dire franchement, hier, j’avais le moral dans les chaussettes.

Je suis quand même allé voir Jérôme Attal au Réservoir parce que je ne voulais pas manquer ce rendez-vous musical et amical là.

Je l’ai déjà (et plusieurs fois) expliqué ici, je trouve que c’est l’un de nos artistes français les plus talentueux et pourtant un des plus sous-évalués.

Pas mis en évidence, en tout cas.

Dans cette petite salle parisienne, je suis venu seul, je veux dire sans Mandor, mon double qui me ressemble fichtrement.

Pas envie de futilité ce soir. Pas envie de dégainer mon appareil photo et traquer les artistes présents (chanteurs, créateurs, écrivains fort nombreux).

Mine de rien, Jérôme connaît du monde et ce monde-là se déplace pour ses rares apparitions scéniques.

Un monde fidèle.

Bref, j’ai décidé, hier soir de venir en spectateur lambda.

Juste apprécier un mec que j’aime bien.

Point barre.

En ce moment, mes futilités m’agacent.

Besoin de profondeur.

Je dois être dans ma phase obscure.

Bref, j’attends le début de spectacle, seul avec ma Desperado (chaude, les cons !).

Je croise le regard d’une fille pas mal.

-Bonjour !

-Bonsoir ! Dis-je, contrarié et contrariant.

-On se connaît ?

-Je ne crois pas non.

-Pourquoi vous me regardiez ?

-Parce que vous me regardiez.

-Ah !

-Oui.

-Vous êtes Stéphane ?

En tant normal, j’aurais dit oui parce que je suis taquin. Ca m’aurait amusé de la faire courir un peu, celle là. Mais pas hier soir.

Non.

-Non, mais tout le monde le cherche.

Il s’agit de Stéphane Million, éditeur chez Scali (notamment de la revue Bordel), la maison qui édite Jérôme Attal.

-Il est où ? Je ne connais même pas son visage mais il m’a envoyé un mail pour que je vienne ce soir impérativement.

Pas envie de creuser l’histoire. Trop confuse la demoiselle. Je prends une gorgée de mon breuvage chaudasse et je le montre du doigt (je sais, ce n’est pas poli).

-Et vous, vous êtes qui ?

-Un anonyme qui veut rester peinard ce soir. Et vous ?

-Euh… une anonyme aussi.

-Bien. Quel sens de la répartie !

Elle réfléchit.

-En fait, je suis détective privé. C’est ma première enquête ce soir.

-…

-Bonne soirée !

-…

Elle s’est isolée et a passé la soirée à mater Stéphane Million qui, visiblement, se contrefoutait de cette jeune fille.

Heureusement, j’ai croisé d’autres personnes sympathiques. Un très bon ami kiné rencontré sur le Tour de France à la Voile 2004  (j’y étais l’envoyé spécial d’RTL2 pendant un mois). Benoît est aussi musicien de Constance Amiot. Bizarre coïncidence parce que je l’interviewe vendredi après-midi pour mon journal. Elle vient de sortir un très bel album chez tôt Ou tard : Fairytale (disque contenant 3 chansons de Jérôme !). La chanteuse était là, d'ailleurs. Charmante et étonnée que le type avec qui elle a rendez-vous deux jours plus tard soit un ami de celui avec qui elle est venue voir le spectacle.

Une bise de Constance vaut tout l’or du monde.

Il y avait aussi Pierre Guimard (déjà aperçu ici), Jean-Charles de Castelbajac venu accompagner sa douce Mareva Galanter (qui a chanté quelques chansons avec Jérôme) et mon collègue de journal, Hubert Artus.

Voici quelques photos du concert.

medium_attal_1.2.JPG 
Sur scène, Jérôme Attal est capable de citer Michel Foucault, de se moquer de Marguerite Duras, de parler au public avec une nonchalance frisant l’insolence, de taquiner ses musiciens… mais tout ça marche diablement parce qu’il sait nous mener là où il veut nous mener. Dans son monde.
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Musicalement et textuellement, je le répète, je suis client.
Très.
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Là, avec Mareva Galanter (que vous pouvez voir aussi ici).
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Pendant ce temps là, son homme, Jean-Charles de Castelbajac prenait en photo son amoureuse.
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Après le concert, je papote assez longtemps avec Constance Amiot puis je vais saluer Jérôme.

Je ne suis pas doué pour les félicitations…

Je bredouille un truc pas très clair du genre :

-Tu m’as bien amusé.

On ne dit pas ça à un chanteur.

On dit qu’on a vibré au son de sa musique, de sa voix, de ses textes, de son jeu de scène… je ne suis pas venu voir un spectacle d’humour.

N’empêche qu’il est aussi drôle.

Volontairement, en plus.

Jérôme, magnanime, m’a regardé gentiment.

Il sait que ça ne va pas fort en ce moment et se renseigne sur ce qui me préoccupe.

Je reste évasif.

Nous nous voyons la semaine prochaine pour parler de son livre L’amoureux en lambeaux.

Donc, désolé, mais je n’en n’ai pas fini avec Jérôme Attal.

18 avril 2007

Antoine Dole... le Hulk de la littérature!

medium_Antoine_dole_velkanvierge.jpg

Antoine Dole pourrait être un jeune homme énervant.

Il se présente ainsi sur son site :

        

 « Je ne cherche pas à négocier ce que je suis. Je ne cherche pas à être un bon garçon, docile et agréable. Je ne cherche pas à être exemplaire. En aucun cas. Alors, je peux dire que ça va, je suis prêt à écrire. Et ce qui est important, dans le fond, c’est les raisons pour lesquelles j’ai entrepris ce voyage dans mes profondeurs, c’est ça qui a changé qui je suis, pas l’endroit où je vais…» A.D

medium_Antoine_dole_red.jpgMais, en vrai, ce garçon de 23 ans ne l’est pas (énervant).

J’ai découvert ce nouvel auteur grâce à Olivia Michel, avec qui il dirige la revue En attendant l’or (voir leur soirée de présentation ici).

Antoine Dole, d’après ce que j’en ai lu me semble être un écorché vif  doublé d’un type pas très bien dans sa peau (ce qui, globalement, doit revenir au même...).

Du coup, il écrit.

Tout le temps.

Des nouvelles, des romans, des pensées…

Il lui est arrivé de me laisser quelques commentaires ici et le personnage a fini par m’intriguer. J’ai voulu savoir qui se cachait derrière ces mots.

Le jeune homme n’habite pas à Paris alors, j’ai attendu qu’il vienne dans la capitale pour le Mandoriser.

Le mardi 10 Avril, la chose fut faite.

Je lui ai donné rendez-vous à Porte de la Chapelle pour déjeuner.

Je sais, il y a mieux comme quartier, mais je devais faire une autre interview dans le coin peu après.

Nous rentrons dans le premier restaurant venu.

Antoine est gentil, un peu timide, mais l’esprit vif et droit. Aussi charmant à l’extérieur qu’obscur à l’intérieur. On sent en lui une certaine dichotomie.

Le bien, le mal se bousculent.

De toute manière, à la poubelle le manichéisme…

Au cours de la conversation, je constate aussi qu’il sait parfaitement ce qu’il veut et qu’il ne mâche pas ses mots. Les conséquences de ses actes, de ses écrits, il les assumera sans l’ombre d’un doute.

Et pourtant, le garçon est tenaillé par le doute.

J’adore la complexité et le paradoxe des hommes.

Beurk les gens lisses !

(Certains me considèrent ainsi d’ailleurs.

Faudrait juste avoir la curiosité de gratter un peu… je ne montre pas mon vrai jour à n’importe qui.)

Il me raconte que l’un de ses blogs était de couleur verte, comme son héros préféré.

Un héros qui lui ressemble. Un héros double.

Parfois, il est le docteur Banner, parfois il se transforme en Hulk

-Quand j’écris, c’est qu’il y a quelque chose qui sort et qui me dépasse vraiment. Je suis très violent dans les propos que j’arrive à obtenir avec mon écriture alors que je suis plus tranquille dans la vie. Tu vois, comme là, à cet instant précis.

medium_Antoine_dole_couverture_revue.jpgRapidement, la conversation porte sur la revue dont il est le fer de lance :

En attendant l’or (le rendez-vous de la scène littéraire alternative).

Antoine m’explique qu’il ne s’attendait pas à un tel retour de bâton. Les critiques, notamment sur les blogs littéraires, ont été virulentes. Il en est fort contrarié.

Touché, mais pas encore coulé.

-Je n’étais pas préparé à recevoir une volée de bois verts. Nous aurions du écrire qu’il s’agissait du « rendez-vous de l’une des scènes littéraires alternatives » car, visiblement, beaucoup ne se sont pas reconnus dans ce premier numéro. Mais je persiste à dire qu’il y a une vraie scène littéraire mise en place par le net. Avec Olivia, nous souhaitons la mettre en avant et nous réfutons la polémique qui traîne sur Internet. Nous n’avons pas pris d’amis à nous. Nous en avons démarché deux sur la toile. Pablo Krantz et Marylou Viennel, c’est tout. Les autres ont simplement répondu à un appel à texte qu’on a véhiculé sur nos sites respectifs, sur celui du Buzz littéraire  et sur celui de la revue. Nous avons reçu un peu moins de 300 textes d’une qualité inégale. Olivia et moi avons lu chacun de notre côté tous les textes. Nous avons fait ensuite une liste de 20 nouvelles chacun et étrangement, nos 20 noms étaient les mêmes. Il a fallu en éliminer 5 et c’était difficile.

Les autres sont donc : Julia Kino, Jérôme Bonneto, Caroline Petit, Patrick Tuan, Axl Cendres, Sylvie Del Nevo, Ritta Badoura, Samuel Raharison, Paul Austère, Isabelle Dumont et Laura Berent.

Olivia Michel et Antoine Dole ont également publié leur texte… histoire de mouiller la chemise…

Notons enfin la participation de Aymeric Patricot (son blog et là, sa Mandorisation), Max Monnehay, ainsi que les artistes chanteurs musiciens Mayane Delem et Louis.

Du beau monde, je vous l’assure, pour traiter le sujet imposé : L’errance.

 

Quant à ceux qui critiquent sytématiquement toutes nouvelles initiatives, je lui dis de ne pas trop en tenir compte (sauf quand elles sont constructives, ce qui est loin d'être toujours le cas).

C'est toujours comme ça.

Les gens qui ne font rien détruisent.

Comportement vieux comme le monde.

Antoine n’arrive pas à manger et à parler en même temps. Il est gêné. Ça m’amuse parce qu’il trouve que ce medium_antoine_dole.jpgn’est pas esthétique. Moi, je ne me pose pas ce genre de question. Son image lui pose des problèmes. Il me l’avoue. Bizarre, il est plutôt beau garçon et son charme est indéniable.

Il a ses raisons.

Il me les a expliqué mais c’est un peu personnel.

Mais pas sans rapport avec un roman à venir, L’âme au Napalm.

Pas une biographie, mais presque.

Duraille.

Ses états d’âme, son mal-être, il l’expulse par le biais de l’écriture.

-Ma littérature ne m’autorise aucune hésitation et aucune prudence. Il faut que j’aille dedans.

Lisez son nouveau livre, Les autopsies intimes, recueil de 33 textes, de 33 vies qui sort le 7 mai prochain :

medium_Antoine_dole_couvertureautopsies.jpg
« Des anonymes, ou peut-être pas vraiment. Derrière la porte de votre voisin, dans la rue en bas de chez vous, cette personne que vous venez de croiser. Peut être vous, d’ailleurs. Les trente-trois pièces d’un même puzzle. Portrait de notre société.

Le point commun entre une vieille dame seule sur le sol de sa cuisine à Paris pendant la canicule de 2003 et un gosse de 6 ans pris dans l’explosion d’un train de banlieue en Espagne pendant les attentats de Madrid ? Le point commun entre cette mère qui donne la mort à son fils dans un hôpital de Berck, et ce père qui serre contre lui ce bébé qui vient de naître un matin de novembre ?

Un seul : ça pourrait être vous.

À partir de maintenant, oubliez qui vous êtes. »

Je n’ai pas lu le livre.

Pas encore reçu, donc, je ne porte aucun jugement dessus.

Ayant apprécié d’autres textes de lui, j’ai hâte de suivre ses pérégrinations littéraires, car il a une belle plume.

Fragile et forte, douloureusement ironique, même pas porteuse d’espoir.

Mais belle.

Une écriture qui trifouille l’intérieur et qui ne laisse pas de glace.

Antoine Dole ne devrait pas rester inconnu longtemps.

-J’insiste sur un point important. Je n’ai pas créé la revue pour me faire connaître. J’ai juste besoin d’entreprendre, pour les autres et pour moi. C’est viscéral !

La peur que l’on ne comprenne pas sa démarche, la peur d’être incompris en général, c’est finalement ce qui le fait avancer.

Le solitaire Antoine Dole aime le monde, mais il ne le comprend pas. C’est là tout son problème, je crois. (Merci Mandor pour cette psychanalyse de comptoir !)

Et à propos de comptoir…
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Je me pose juste une question.

Pourquoi suis-je attiré par les gens ténébreux ?

Fishturn, tu n'es pas exclu de cette remarque.

(Et pardon à toi, Antoine, si je ne t’ai pas perçu comme tu es réellement.

C’est juste ma vision. Elle est forcément faussée.)

13 avril 2007

Christophe Willem fout le souk près de chez moi!

medium_tot.jpg« Venez découvrir en live l’album de Christophe Willem le jeudi 12 avril 2007 à 19 H 30, à la Salle des Fêtes de Deuil-la-Barre, à 20 minutes de Paris.

Le show case sera suivi d’un cocktail.

Toutes informations utiles vous seront envoyées ultérieurement ».

J’ai reçu ce mail, comme bon nombre de journalistes.

Sauf que moi, pour une fois, je suis avantagé.

J’habite à deux minutes (en voiture) de cette ville (au nom qui inspire la joie de vivre, n’est-ce pas ?).

Je trouve ça très fort que Christophe Willem (dont je causais ici, il y a quelques jours) casse les habitudes du métier.

Parce qu’il a passé son enfance à Deuil-la-Barre, il fait venir par bus, peoples et journalistes, dans cette ville du Val d’Oise (autant dire, pour les Parisiens de pure souche, au bout du monde…).

Il impose qu’il n’y ai pas une goutte d’alcool (pour personne) avant son show case (à ce propos, Christophe, permets-moi de te dire que là, tu déconnes un peu !)

Il chante dans une salle des fêtes quelconque et absolument inconfortable.

Et bien, la fête a eu lieu et elle était plutôt sympathique.

Je vous raconte mon périple.

Je prends ma voiture (c’est à 20 minutes de chez moi à pied, quand même, je ne vais pas marcher si longtemps !)

J’arrive dans cette ville, qui… (comment dire ?) est plutôt calme habituellement.

Là, les services de police sont largement déployés aux alentours de la mairie et de la salle des fêtes.

Il y a Madonna dans le coin ou quoi ?

Je me fais arrêter 4 fois avant d’atteindre l’emplacement du parking réservé aux journalistes…

La cour de l’école.

Faut ce qu’il faut.

Je me dirige vers la salle des fêtes ou il y a déjà beaucoup de monde…
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Je cherche l’endroit où récupérer mon bracelet magique (vous savez, celui qui permet au pique-assiette que nous sommes, d’accéder au cocktail d’après spectacle).

-Vous êtes deux ? Vous avez deux places normalement, monsieur.

-Excusez-moi, mademoiselle, je suis venu seul. En fait, je n’ai pas d’amis et personne ne m’aime…

Ai-je envie de rétorquer à la charmante jeune fille qui vérifie les listes et qui donne les sésames.

Me voilà dans le parking de la mairie, devenu l’espace VIP de l’avant show case.

Une photo pour juger du côté pittoresque et dépaysant de l’endroit.
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Ca fait rêver, hein?
Là, je me mets en mode observation.
J’adore mater mes confrères.
Je vais vous faire une confidence. Je ne les aime pas beaucoup.
Je trouve que dans mon métier, il y en a un paquet qui se la joue.
J’ai du mal avec les comportements prétentieux et la fatuité, en règle générale.
Peut être, certains me considèrent ainsi, mais je fais tout pour que non.
Je me surveille quoi.
Mais on est toujours le prétentieux de quelqu’un (ça marche aussi avec « con » !)
Bref, il y a aussi des peoples.

medium_PICT2296.JPGJean-Claude Camus (le producteur entre autres de Johnny et de Sardou), par exemple.

Egalement Larusso (d’ailleurs méconnaissable, mais j’ai un œil de lynx pour reconnaître les célébrités de tout poil), Anggun, la très belle Julie Reins (une chanteuse qui a sorti un disque qui n’a pas fonctionné, mais que j’ai beaucoup apprécié), Murray Head, tous les élèves de la nouvelle promo de la Nouvelle Star (dont Julien qui semblait ne pas comprendre pourquoi les filles couraient derrière lui), André Manoukian, et Marianne James (plus en forme que jamais)…

Bref, pas le Pérou, mais, au moins la Bolivie.

(Retenez là, celle-là… je ne sais pas d’où je la sors, mais je trouve cette expression remarquable…)

(Sans me vanter).

On nous fait rentrer à 20 heures.

Une salle des fêtes des plus basiques.

Et hop, le show case commence à 20 h 45.

Voilà, une vue d’en haut.
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Et lui sur scène avec mon appareil photo tout pourrave, même pas capable de prendre un cliché convenable à plus de 5 mètres !
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Pour en savoir plus, c’est ici que ça se passe (comment je colle à l'actu artistique, moi!)

C’était franchement un bon moment…

Ici, des extraits de l'album et là, son clip Elu produit de l'année...

Mais, vous le savez, je préfère m’attarder sur ma vision des choses.

Après le show, le troupeau que nous formons est dirigé vers la mairie.

Au dernier étage, cocktail dînatoire.

La production n’a pas lésiné.

Je rencontre Mikis, un rédacteur en chef de 3 magazines (il me semble) que je croise constamment à chaque fois que je me rends dans une soirée de ce genre. Je ne le connais pas bien, mais nous discutons systématiquement. Comme j’ai l’impression d’être sur mes terres, je me rends plus disponible que d’habitude (rien à voir avec le fait qu’il était accompagné de Camille, une jeune journaliste stagiaire très agréable).

Non, rien à voir. Je ne suis pas comme ça.

Parfois, je les quitte pour prendre en photo quelques « peoples ».

Allez, parfois, ce blog sait ce rendre ludique.

Un petit jeu.

Qui est de dos face à Elsa Fayer (chroniqueuse de chez Ruquier) ?
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Réponse :
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André Manoukian et Stevie Boulay (et ceux qui ont répondu Pascal Obispo ont perdu !)
Deuxième jeu (qu’est-ce qu’on se marre !)
Qui fait palpiter le cœur (qu’elle porte haut, je trouve) de Virginie Efira ?
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Je ne vous donne pas la réponse, ceci doit rester secret.
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Encore un jeu ? (Oh oui ! Oh oui ! C’est génial Mandor !)
Avec qui Virginie tente de me rendre jaloux ?
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Je ne vous donne pas la réponse, ceci doit rester secret.
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Une autre! Une autre! OK! Mais, c'est la dernière. A qui appartient la chevelure flamboyante que ne regarde même pas Virginie (Quoi, j’en fais une fixation ? Mais pas du tout ! N’importe quoi !)?
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C’est elle. Marianne James (qui est déjà passée par là).
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Rappelez moi de baisser la puissance de mon flash (pauvre Virginie!)
Avant de continuer, je passe par là pour me rafraîchir le gosier.
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Après une coupe (ou deux…) de champagne, je décide de faire dans la photo artistique de qualité.
Ça donne ça.
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Balèze l’idée de prendre un téléphone portable qui prend lui même la photo des deux inconnus en arrière plan.
Parfois, je m’impressionne.
Et parfois, je me dis aussi que la vie est cruelle puisque Virginie, je ne sais trop pour quelle obscure raison, a décidé de ne pas rentrer avec moi…(ce qui tombe bien, vu que ma femme m’attend certainement dans ma maison à moi que j’ai).
Je sors de la mairie, digne et fier.
Et je vois…
Virginie et quelques beaux cavaliers, chevaliers servants d’un soir (et accessoirement membres de la police municipale), posant pour la postérité
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La photo est floue et lumineuse.
Comme Virginie.
Allez, je te le demande une dernière fois.
Tu es certaine?
Tu veux rester ici sans moi?
Oui ?
Ah bon !
Cruelle, la vie, je vous dis.

12 avril 2007

Mark Maggiori... artiste en tous genres!

medium_V86_Livres_Mark_Maggiori_Photo_1_.JPG 

Tiens, voilà encore un artiste qui a accepté de me rencontrer uniquement pour mon blog (et non pour mon journal tiré à 150.000 exemplaires). C’est idiot mais ça continue à me faire plaisir. Merci à son attachée de presse Valentine, qui n’y est certainement pas pour rien.

(Valentine, tu es la meilleure. Et puis, au final, j’ai réussi quand même à le placer dans le journal. D’une pierre, deux coups !).

Mark Maggiori vient de sortir son premier roman chez Hugo et Cie.

Helmet Boy.

Mark Maggiori est connu d’un certain public.

Celui qui aime le rock « néo métal ».

medium_Maggiori_2_Pleymo.2.jpgMark Maggiori est le leader du groupe Pleymo.

Les djeuns adorent. Plus de 300.000 exemplaires vendus pour le dernier, Alphabet prison.

Mais de Pleymo, nous ne parlerons pas car c’est l’auteur de romans qui accepte de passer un moment avec moi.

Et moi, je ne suis pas du tout du genre à mélanger les genres.

Mais alors, pas du tout.

Hum !

En plus Mark Maggiori, il est aussi peintre, graphiste et réalisateur de clips. Il vient de tourner un court métrage aux Etats-Unis intitulé Thelma. Il travaille à l'écriture de deux longs-métrages.

Bref, il touche à tout avec un certain talent (ou un talent certain, comme vous voulez).medium_Maggiori_1_Cameera.2.jpg

La terrasse d’un bar de Pigalle ( La Fourmi ), le 3 avril dernier, en fin d’après-midi. Rue des Martyrs.

Un Coca Light pour lui, une bière pour moi.(C’est la big teuf avec les rockeurs d’aujourd’hui !)

Mark est souriant et calme. Rien à voir avec les clips que j’ai visionné sur leur site officiel.

Je commence mon interview, tranquillement, avec tout le professionnalisme qui me caractérise (amen !) :

medium_V86_Livres_Mark_Maggiori_cover_.JPG-Helmet Boy est l’histoire d’un adolescent en quête de personnalité, pris dans l’engrenage de la violence urbaine. Pour s’intégrer, ton héros a eu un destin très noir…

-La noirceur ressort beaucoup dans toutes mes créations. C’est toujours plus riche de chercher ce que l’on a, au fond de nous, dans ce registre là. Pour écrire ce livre, je suis parti du concept du dernier album de Pleymo dont le thème récurrent est l’adolescence et plus particulièrement les ados qui sont influencés et influençables. J’ai vu un documentaire sur les enfants tueurs en Colombie, ça m’a tellement choqué que j’ai medium_1162369271.jpgdécidé de m’en inspirer. Mais c’est aussi un roman sur la beauté et l’apparence. J’ai été très marqué par Mort à Venise de Visconti.

- Tu décris l’ennui de la jeunesse des banlieues de Los Angeles dans les années 80.

- J’ai bouffé de la culture américaine  à 95% quand j’étais petit. J’étais, moi aussi, un skateur fou qui se cherchait. D’un certain côté, Helmet Boy me ressemble et je connais quelques aspects de l’univers que je décris. Pas tout, évidemment…

- Chanteur, réalisateur de clips et de courts métrages, peintre, graphiste et aujourd’hui romancier. Il te faut manier tous les arts ?

- Je tente de trouver un point central à tous ces médiums. Au bout de toutes ces activités, il y a la volonté de raconter des histoires. Je tisse tranquillement ma toile d’araignée. Un jour tout se rejoindra.

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J'aime bien cette photo prise sur le vif lors de l'entretien.

Bref...

Mark Maggiori n’est pas avare de confidences. Il me parle de sa jeunesse qui s’enfuit. (Il va avoir 30 ans le 16 juin prochain. Moi, 10 de plus 4 jours après lui… je dis ça, je dis rien…)

-Je suis tout juste entrain d’accepter ça. Il y a une phase intéressante à partir de maintenant… la maturité ouvre les yeux, je t’assure. Jamais plus je ne commettrai les mêmes erreurs que par le passé.

medium_V86_Livres_Mark_Maggiori_Photo_2_.JPGJe reste interloqué. Fait-il référence à ce que l’on dit de lui sur Internet ?

-À l’époque où j’avais fait mon site avec mon boulot personnel, je me suis fait atomiser. Je vais mettre 10 ans à effacer ça. Sur Internet, quand il y a des gens qui décident de te faire du mal, ils se regroupent facilement. Le côté caché est radical. Tu ne peux pas t’adresser aux gens, ni te défendre. J’ai pris le parti de ne pas me défendre et de laisser faire. Ca m’a fait très mal et en même temps, comme il y avait de la vérité, ça m’a fait du bien.

Il s’interrompt quelques secondes, boit une gorgée et poursuit :

-En fait, j’ai emprunté des raccourcis pour arriver à quelque chose qui m’est important et cher. M'inspirer fortement des autres était pour moi une façon de travailler car je n’étais pas à maturité artistique. J’avais peut-être un manque de confiance. C’est très dur de lâcher ce que l’on a vraiment en soi. J’ai appris aujourd’hui que ça ne sert à rien de faire comme untel ou untel…medium_e6_s_pleymo_1.jpg

Autre gorgée. Le sujet lui tient à cœur. Je pense qu’il sait qu’à chaque fois qu’il rencontre un journaliste, le journaliste a tapé son nom sur Google… Ça me rend ce garçon terriblement sympathique. Je préfère les failles des gens que les qualités, parfois…

-Je ne cache plus que je suis en psychanalyse depuis 2 ans. Après cette histoire d’Internet, j’ai eu envie de mettre à jour mon inconscient. Je me suis rendu compte que tout ce qu’on fait est connecté à des moments de notre vie.

Je dévie la conversation sur les blogs. Aime-t-il ce moyen de communication ? Ses fans seraient heureux qu’ils se confient dans un tel espace.

-J’ai du mal à parler de moi au quotidien. Je suis solitaire, un peu secret même. Je suis marié à une femme qui est l’inverse de moi, très sociable. Moi, j’aime raconter de la fiction… mon quotidien, je le garde pour moi.

medium_Maggiori_et_Mandor.JPG

Il a raison au fond… Est-ce que c’est bien de se dévoiler, comme ça, sur un blog ?

Ne devrions-nous pas réinventer nos vies.

Je ne sais pas.

Je m’interroge.

Mais  JE est un autre.

( ??? vite un café !)

Quoi qu'il en soit, le roman de Mark Maggiori est une fable noire, mélancolique et violente.

Ce destin d’enfants sans repères ni barrières, sans foi ni loi, pris au piège d’une histoire trop grande pour eux prend bien aux tripes.

Une pathétique et terrifiante descente aux enfers.

Ça secoue pas mal le cœur aussi.

Et l’auteur prouve que la vie n’est pas que belle.

Je le croyais pourtant…

11 avril 2007

Monsieur Z... un Zorro dévoilé!

 

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Samedi, je suis allé faire les courses au Leclerc de Moisselles.

(Voilà une note qui commence bien. On se dit directement : "là, Mandor, il va nous intéresser, c’est sûr !" et puis aussi: "Il a une vie passionnante, le week-end!").

Donc, le temps que ma femme dévalise les boutiques de fringues (qui a dit « cliché » ?), j’emmène ma fille au centre culturel.

C’est le seul endroit dans lequel je ne m’ennuie pas dans un centre commercial et, de plus, j’ai le secret espoir que, du coup, Stella devienne une intellectuelle (comme son papa, évidemment!)

Je ne sais pas ce que j’ai moi... hum ! Un chat dans la gorge ou un truc comme ça !

Bref, je tombe nez à nez sur le livre d’un certain Monsieur Z. Ministère Amer, 3 ans chez ces fous qui gèrent la France.

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Et c’est justement, ce monsieur Z qui est mon invité du jour.

(Admirez l’introduction de cette note, pour en arriver à une transition si fine… J’suis au taquet aujourd’hui !)

medium_Ministere_amer.jpgJ’ai découvert ce livre en lisant le blog de mon ami Frédéric Ploton. Il en avait parlé chez lui car il n’est pas étranger du tout à sa publication. Il me l’envoie rapidement, et je le lis tout aussi rapidement. Ce monsieur anonyme raconte les dessous du ministère de l’agriculture sous Hervé Gaymard et Dominique Bussereau. Il y était Responsable de la mission politique Internet

Monsieur Z répond dans ce livre à quelques questions intéressantes, dont les réponses sont énervantes, voire choquantes, pour les citoyens que nous sommes.

Où partent nos  impôts et à quoi servent-ils réellement ?

« Embauché en qualité de contractuel dans le cadre d’un CDD de 3 ans » annonce la 4eme de couv’, « pétri d’illusions et de bonne volonté, convaincu qu’il peut, lui aussi, à son échelle, contribuer au bien de la collectivité, Monsieur Z va découvrir, au fil de ses 3 années, que la réalité est sensiblement différente de ce qu’il imagine ».

Je suis parfois dégoûté de ce que j’apprends, mais passionné par ces informations réelles et vérifiées.

Après une enquête d’investigation fort poussée, qui m’a mené en Afrique australe, en Égypte, en ex union soviétique, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en passant par Meaux, Palavas-les-flots et Chicago, je suis parvenu à mettre la main sur Monsieur Z.

(Quoi en vrai c’est Frédéric Ploton qui m’a filé son portable en 10 secondes ?)

Bref, Monsieur Z me donne rendez-vous le mercredi 28 mars dernier au siège de la luxueuse entreprise (côté en bourse) dans laquelle il officie désormais. Il est le responsable Internet du groupe.

Nous devions déjeuner ensemble (discrètement) mais il n’est pas là.

« En réunion » m’annonce la belle jeune fille de l’accueil.

Ah ! me dis-je.

Ça commence bien.

Je tente de le joindre sur son portable.

Sa messagerie.

Bon, je patiente un peu.

Un SMS de Monsieur Z m’explique qu’il est désolé, mais que sa réunion s’est déroulée plus longtemps que prévu, qu’il prend un taxi et qu’il me rejoint au plus vite…

Ah parce qu’en plus, il n’est pas dans la boite.

Au bout d’une vingtaine de minutes, 2e SMS.

« J’arrive tout de suite ! »

Bon, je sors du siège social et m’installe dans un bar (assez pourri), je dois dire. Je l’appelle en lui demandant de m’y rejoindre. J’ai le temps de manger un croque-monsieur et le voilà qui arrive, tout beau et pimpant. Il a une tête sympathique et se confond en excuses.

Je ne fais aucun reproche à ce Monsieur Z qui, visiblement, à une vie bien remplie.

Je lui explique que je souhaite dévoiler son identité et le prendre en photo. Thierry Picard n’y voit aucun problème alors que je m’attendais à lutter âprement pour qu’il accepte.

-Si j’ai voulu être anonyme, c’est parce que mon nom est tout relatif à l’histoire que je raconte. J’étais juste un fonctionnaire parmi deux millions. Je ne voulais pas que les gens puissent s’imaginer que je souhaitais me mettre en avant et tirer partie de quoi que ce soit… 

Son livre n’est ni une satire, ni un règlement de compte. C’est un simple témoignage sur des gens qui vident notre pays de son argent, de ses projets, de son énergie, de sa démocratie.

Rien que ça.

-Tout ce que j’ai écrit est ce que j’ai vu de mes yeux et parfaitement vérifiable. Je tiens toutefois à préciser que cette administration m’a tendu la main à un moment où j’en avais besoin, c’est pour ça que je ne veux pas lui cracher dessus. Elle m’a bien fait vivre pendant près de 4 ans alors qu’une agence privée venait de me planter. Je vous assure que j’ai aimé cette administration quand j’y travaillais. J’avais la volonté de croire que je pouvais, à ma petite échelle et mon petit niveau, participer à ce qu’on appelle la réforme de l’État.

Thierry Picard semble un garçon enclin à ne pas vouloir se froisser avec ses ex-employeurs.

-L’administration française, même si elle tourne la page très lentement, elle tourne la page…

Il n’empêche que le gaillard donne de nombreux exemples d’abus fort coûteux pour nous.

Sur Evene, le livre est très bien expliqué, je crains de faire redite si j’en rajoute.
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Thierry Picard l’affirme haut et fort : « L’argent est jeté par les fenêtres, et, qui plus est, jamais par la bonne fenêtre ni au bon moment. »

« Faut-il être surpris que l’argent soit si mal employé, quand les hommes eux-mêmes étaient si mal gérés ? » s’interroge-t-il.

Et de donner de nombreux exemples. Il nous explique pourquoi les fonctionnaires (surtout les moins performants) sont surnotés, pourquoi personne (strictement personne) n’est jamais viré, pourquoi chacun joue perso et devient un individualiste forcené... Un truc de dingue !

Voilà l’image qu’avait Monsieur Z des fonctionnaires de ce ministère : « une couvée de coucous gras et repus qui ne refusaient pourtant jamais un petit rab’ de frites. Gavés de la sorte, c’est certain, ils étaient peu enclins à la rébellion. C’est bien connu, on ne s’insurge pas (ou pas longtemps) quand on a le ventre plein. »

 

Je n’ai pas évoqué non plus les frais qu’occasionnent les déplacements des ministres en poste.

Hallucinant !

Je ne tiens pas, ici, à en dire trop. Il faut lire ce livre essentiel.

Ça ne changera rien, mais enfin, vous saurez ou passe une partie de votre argent.
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Aujourd’hui, Thierry Picard a repris le chemin du privé et il est beaucoup plus heureux ainsi.

-J’ai de nouveau un rythme trépidant et pour l’instant je m’y sens bien. Oh, c’est certain, il y aurait beaucoup à dire aussi sur ce type de « boîtes ». Il y a toujours besoin que des voix s’élèvent, même aussi faible que la mienne, pour que les organisations humaines ne broient pas ceux et celles qu’elles emploient. Dans un prochain livre, qui sait ?

On attend ça avec impatience, effectivement.

Les grosses boîtes, les groupes importants, les multinationales, ne sont pas des modèles de vertus.

Non plus.