Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24 octobre 2007

Saint André, c'est lui!

624d555337e5ffe0048cdb418b4101a3.jpg 

Il y a quelques semaines, je reçois un disque d’un dénommé Saint André… je le mets dans mon tas « A écouter » et je l’oublie. Et puis mercredi dernier, je me fais une séance d’écoute en prévision d’éventuelles prochaines interviews et je retombe sur cet album intitulé Le grand soir.

Je lis qu'il est réalisé, enregistré et mixé par Ian Caple (Ah, quand même! Il a produit les Tindersticks, Tricky, Alain Bashung, Yann Tiersen... ce n'est pas un branque!)

Je le mets dans mon manche disque (mais non, je n’en suis plus là !) et là, je tombe à la renverse (c’est une image !).

da229a27eb891704bb6c532ebae91fa1.jpgLa révélation ! Une voix et des textes qui me parlent au plus profond de mon moi intérieur profond (je ne sais, moi-même, pas bien ce que je veux dire dans cette formule un brin excessive et répétitive, mais il faut comprendre que j’ai accroché tout de suite… ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de cœur. Depuis Pierre Lapointe, mandorisé ici…).

Le disque tournait encore sur mon gramophone que j’appelais déjà son attachée de presse (heureusement une amie...).

-Muriel, je suis en train d’écouter Saint André. J’adooooooore !!!

Muriel connaît mes goûts et ça ne l’étonne pas plus que ça. Je lui ai déjà fait le coup avec Pauline Croze, dont elle s’occupe aussi.

Elle me promet une rencontre la semaine suivante avec Jean-Charles Santini, la tête pensante et chantante du groupe Saint André (il y a également Sam Voccia, à la guitare, Jeffo Sculfort à la basse et Thomas Jungblut à la batterie… il est bon de citer tout le monde.)

Ce que Muriel dit, Muriel fait.

Avant de continuer, voici le clip de son premier single : Un autre que moi.

Ainsi, donc, ce lundi, je me rends dans les locaux de la maison de disque Wagram. Laure (qui bosse avec Muriel) m’accueille toujours très gentiment. Elle m’offre un petit café et m’emmène dans la salle de réunion, qui est aussi la salle d’interviews.

Un peu austère, le lieu, mais tranquille.

Jean-Charles arrive. Je me présente (je m’appelle Henri !) et lui déclare tout de go que ça voix me fascine, mais qu’elle peut-être un sérieux handicap. Elle va plaire ou exaspérer.

 

-C’est ma voix naturelle, c’est d’ailleurs pour ça que je ne voulais pas chanter moi-même mes chansons. J’étais complexé de cette tessiture si « space ». Au début, je proposais mes chansons à d’autres artistes, mais ça ne fonctionnait jamais. Mes compositions étaient peut-être un peu trop personnelles et je me rendais compte qu’outre la sonorité, le timbre de la voix, il y avait un certain phrasé, une manière de faire sonner la note, la mélodie et le mot tellement instinctive que ça ne marchait qu’avec moi. Je remercie aujourd’hui les quelques personnes qui trouvaient mon style intéressant et qui m’ont incité à me lancer moi-même dans la bataille…

5619d907ea426007a784bdec2a37d001.jpg

Le parcours de Jean-Charles Santini est simple. Premières années de vie en Corse puis les hasards de l’existence le mènent à Liège. Il y trouve des musiciens, monte Saint André et réalise une démo qu’il envoie au concours Musique à la Française … Il figure parmi les lauréats. Le chanteur belge Jeronimo le voit en concert, en parle sur son blog et s’arrange pour qu’il signe dans sa maison de disque Bang !.

Pendant l’interview, je lui sors le disque de Jeronimo… (d’ailleurs, je ne vous ai jamais parlé de cet artiste Liégeois… erreur, car gigantesque le bonhomme !)

Il est visiblement touché de ce geste (que j’estime pourtant anodin). Il m’explique sa belle amitié pour lui.

-Le groupe répète chez lui, on se fait écouter nos morceaux respectifs. D’ailleurs, je peux te dire que son 3e album est vraiment démentiel. Plus ouvert que le précédent…

Je ne vais pas le louper étant donné que j’avais apprécié à sa juste valeur 12h33… (Échec total en France).

Grrr…

5325377d509a200bc878e6151f6cbdcb.jpg

Je fais en sorte qu’il ne m’explique pas que Saint André est le village corse de ses grands-parents, dans la montagne de Castagniccia, à 100 kilomètres de Bastia. Ca, je l’ai lu dans la biographie, nous n’avons pas de temps à perdre… allons à l’essentiel.

Parlons de son œuvre.

 

-Ce sont des chansons mélodiques dans un écrin pop rock qui peut-être à la fois épuré, efficace, mais aussi un peu lyrique, épique ou explosif. Toutes mes chansons sont motivées par un certain cri. L’envie de dire et de porter un message haut et fort…

Sa culture est rock, jazz, classique, tango argentin (ben oui, Astor Piazzolla, il aime beaucoup).

-C’est de ce bouillon de culture qu’émerge dans mon travail quelque chose de très personnel.

e3733275d8938997ab8d68a0e1576d2d.jpg

Je lui parle de sa réputation d’artiste exigeant, méticuleux, pointilleux qu’on lui prête déjà.

-J’ai une anecdote à ce sujet. Un grand peintre qui était exposé à Orsay est entré un jour dans le musée avec ses pinceaux pour finir son tableau. Un gardien est venu le voir pour lui dire que c’était terminé maintenant… La question est simple : quand se termine une œuvre ? Si on prend le temps de bien travailler, d’être objectif et de ne rien se pardonner, on limite grandement l’erreur. Pour mon album, j’ai été casse-couilles mais quand je l’écoute aujourd’hui, j’en suis satisfait. C’est prétentieux de dire ça, mais je le pense sincèrement. D’ailleurs, ça me met une sacrée pression sur les épaules d’être comme ça.

Jean-Charles Santini est très ambitieux. Il veut durer et donc, s’en donne les moyens.

-Je voulais un album parfait. Si c’était pour faire un petit disque dans mon coin sans y croire, autant rester à la maison. Je veux absolument que Le grand soir soit porté sur les fonds baptismaux parce que c’est un cri !

Je crains qu’en lisant ses propos vous jugiez hâtivement le personnage. Non, il n’est pas un prétentieux imbu de lui-même. J’ai en face de moi un garçon charmant, à l’écoute et sincère. Il est même gêné quand je lui dis le coup de cœur que j’ai pour cet album… dans son entier en plus.

Ce que j’apprécie particulièrement chez ce jeune homme de 28 ans, c’est que dans ses textes, il ne joue pas au super héros. Il laisse poindre à l’horizon sa fragilité et la part de féminité qui est en lui. Notamment dans Est-ce que les hommes pleurent parfois ?… que vous pouvez écouter et voir ici en très courte version acoustique.

-C’est tout à fait ce que je voulais faire passer. J’aime bien jouer avec les codes. Qui est fort ? Qui est sensible ? Certainement pas ceux que l’on croit. J’aime bien développer le côté « colosse aux pieds d’argile »… ça définit assez bien les hommes d’aujourd’hui.

Voilà un beau disque qui va faire parler de lui. On va l’aimer ou le détester, mais il ne laissera personne indifférent. Comment ne pas être touché par des textes aussi sensibles, à fleur de peau ? Ses chansons d’amour sont comme la vie. Jamais rose, ni noir… un peu entre les deux. Rien n’est simple, mais il faut gérer la complexité des sentiments. C’est tout le propos de Santini et de son groupe. Et rarement je suis senti si proche d’un univers personnel d’un artiste.

Rarement.

1fffa2f8f9f994c1d5d2af282d07d8cb.jpg

Et pour tout vous dire, humainement, je l’ai beaucoup apprécié. Encore une fois, voilà une rencontre qui me laisse sur ma faim. Je me dis que c’est tout à fait le genre de type avec qui j’ai envie d’être pote.

837abb262c9180b91dc3e478b44465a1.jpg

Sacré métier que d’être face à face avec des gens pour les interroger sur leur vie et de devoir les laisser ensuite sans, pour la plupart, jamais les revoir.

Un peu frustrant le truc.

Mais, bon, j’ai l’habitude.

19 octobre 2007

Daniel Lavoie... the piano man!

 

59a84ceb683b678f834ff42aa4cf682c.jpg

Daniel Lavoie est à l’Européen depuis lundi jusqu’à demain soir (samedi).

Ayant été invité, j’y suis allé lors de la première. Un peu à reculons, car je pensais que j’allais un peu m’ennuyer, ne connaissant pas bien le répertoire du monsieur. À part, Ils s’aiment, Je voudrais voir New York et les chansons qu’il interprétait dans Notre Dame de Paris (notamment celle-là!) ma culture « Lavoiesque » était assez réduite.

En fait, il s’en est très bien sorti et je me suis laissé piégé par son bel univers.

(Notez, que ce n’est pas pour autant que je vais courir acheter toute sa discographie).
6810bde08384d695f930a54c941abc27.jpg

Devant près de 200 personnes, le chanteur québécois a joué la carte de la simplicité.

Dès son arrivée sur la scène, il a enlevé ses chaussures (idée de Néry, son « collaborateur artistique ») et brisé le cadre qui aurait pu prendre les allures d'un récital de l'ère de Cro-Magnon.

8cdd141c7826253b811f0846b13eaf43.jpg
e95ba9587e6ebdb2fcf754e0d6741da2.jpg
Près de ses émotions, il a livré sans forcer et donné généreusement les chansons qui font les perles de son répertoire et quelques-unes de son nouvel album Docteur Tendresse.

Jean Guidoni (mandorisé ici) est venu chanter en duo la chanson La Naïade.

Très beau moment.
1ebc5d9a5da3081a49a922f629c9e92a.jpg

La formule piano-voix sied à merveille à Lavoie.

Lorsqu'il sort de scène après quelques rappels, Daniel Lavoie a réussi ce qu'il voulait: toucher et émouvoir.

Opération sincérité, sans artifice.

501397e76dac1092525af2ef07a7f897.jpg

Et c’est une jolie performance que d’attirer dans ses filets un Mandor pas fan de base, mais qui a très vite plongé.

Et qui a rendez-vous le lendemain avec lui…

 

77e53fbe0340d526920abb71b6805d1e.jpgAinsi donc, je me retrouve à 13 heures, ce mardi, rue des Abbesses.

Lors de ses venues à Paris, il loue un appartement gigantesque dans ce Montmartre si magique.

Il faut franchir deux portes avant d’atteindre son antre parisien.

Il m’ouvre (le sourire généreux), me présente les lieux puis me prépare un café. Nous nous installons dans le séjour et devisons de choses et d’autres avant de commencer réellement l’interview. Nous parlons d’abord de son spectacle de la veille. Il est très lucide :

 -Il y avait un bon noyau de fans. Ça fait longtemps que je les connais… vous savez, quand les choses vont clopin-clopant, quand la carrière est dans une période difficile, c’est très rassurant d’avoir des gens fidèles. Ils nous aident à franchir ces passes délicates.

Ce qui ne veut pas dire que c’est le cas en ce moment. Au contraire, tout va bien. « On ne me m’arrache pas ma chemise dans la rue, mais j’ai le succès modéré ! ». Un nouveau disque, une semaine de scène parisienne, il y a pire comme situation.

 

97e1a536ab47974b25d95cf16f8ad824.jpg-Après les comédies musicales Notre Dame de Paris et Le Petit Prince, j’ai réorienté ma façon d’aborder le métier. Je suis en reconstruction. Depuis quelques années j’ai quitté la pop attitude. Après 35 ans de métier, j’ai eu envie de revenir vers une chanson plus subtile, plus poétique, plus ressenti. Si on écoute mes chansons et que l’on cherche le sens, on s’y perd. Je veux procurer des cocktails d’émotion et non écrire des chansons « raisonnables ». La raison, c’est bien beau. Ca nous sert énormément à faire toutes sortes de choses et ça nous dessert souvent à faire des conneries…c7346f117ffbec3bd1029e615b50bf65.jpg

 

Ainsi, quand il n’écrit pas lui-même, il choisit des auteurs qui ont la même façon de "peindre la vie" que lui. Tout en nuance et en poésie… c’est le cas dans l’album Docteur Tendresse (le clip de la chanson titre est ici) avec des gens comme Allain Leprest ou encore Jean Rouaud et Marie Nimier

Daniel Lavoie parle de son métier d’artiste avec conviction et amour. Il est heureux d’être à la place qu’il est et a conscience chaque jour du bonheur qu’il possède.

 

-Moi, je suis un homme très libre. Je fais ce que je veux. Personne ne m’impose quoi que ce soit. Je n’ai pas envie de patron. La vie est trop courte pour se faire bousculer. Je suis un homme privilégié. Je le sais parfaitement…

 

Après 45 minutes de conversation passionnée, je demande au chanteur de prendre une photo Mandorienne. Il refuse d’abord.

 

-Je viens de me lever. J’ai les cheveux en bataille… j’ai l’air fatigué.

 

Je lui explique que c’est le principe de mon blog.

Rendre les artistes à la portée de tous. Les montrer tels qu’ils sont réellement, sans masque, ni maquillage, dans leur environnement.

Il accepte finalement, mais un peu contrarié.

Le résultat.

e31e794a21ffc24507c48309b5bece12.jpg

Vous avez encore ce soir et demain pour vous rendre à l’Européen…

Un beau spectacle, je vous assure.

 

Crédits: La photo d'ouverture est de Marie-Reine Mattera, celles du concert sont de Mandor (quoi, "ça se voit"?), celle du Petit Prince et de Notre Dame de Paris, je n'en sais fichtre rien...)

 

Et pour comprendre le titre de cette note...

16 octobre 2007

Ben Ricour... chanteur en lutte permanente!

08f9c2ace69f14a7b9c651c77b67f381.jpg 

Ben Ricour, c’est l’artiste qui monte, qui monte… doucement, mais sûrement.

La première fois que j’ai entendu ce type chanter, j’étais dans un bureau de chez Warner, à l’issue d’une interview de je ne sais plus qui. Ma copine Elodie, une de ses attachées de presse, m’oblige presque à écouter quelques morceaux de « ce jeune artiste auquel la maison de disque croit beaucoup ».

Et directement, en écoutant cette voix, j’apprécie. Musicalement, très « unplugged », j’adhère.

Elle m’envoie ensuite son premier album.

Voici son premier MySpace avec pas mal de titres de cet album-là… (je vous donne le nouveau plus bas !)

Très rapidement, je me dis que lui, c’est de la bombe.

Très rapidement je le rencontre.

Le 16 juin 2005 (deux ans déjà !).
ebaca5c73939bb2522048fdc31af1420.jpg
Très rapidement, j’écris pour mon journal, une petite bafouille.
b2f93989f66e9b535985cbf988d1e75d.jpg

Très rapidement aussi, je vais le voir sur scène à l’Européen.

Très rapidement, j’attends la suite.

Et pas très rapidement, la suite arrive.

Ainsi, donc, je reçois enfin, la deuxième mouture de Ben Ricour, Ton Image.

972c61760b3f7637d9076be5ad267f36.jpgAinsi, donc, je revois l’ami Ben une seconde fois.

(Je me répète ?)

Le 24 septembre dernier, toujours chez Warner.

-Salut ! Comment va ta fille ?

Je reste stupéfait à chaque fois que je revois un artiste et qu’il me pose cette question. Daphné m’avait déjà fait le coup (lire ici)… A croire que quand j’ai eu Stella, je l’ai crié sur tous les toits et j’ai raconté ma vie aux personnes que j’interviewais. Je suis un enthousiaste moi, sais pas me retenir.

Bref, je donne des nouvelles de ma petite famille puis nous parlons de son disque… parce que je suis un peu là pour ça, quand même.

D’abord, nous parlons de ce qui lui est arrivé depuis la dernière fois. Que de bonnes choses. De nombreux concerts et quelques chansons pour d’autres artistes. Il a notamment écrit J’traîne les pieds pour Olivia Ruiz (mandorisée ici) et Abracadabra pour Florent Pagny (mandorisé là).

ffa63780486fa8033a5e7f345c82d193.jpg

Ces deux idoles sont « Bashung pour le côté sombre, rock de son univers ; Souchon, pour le côté tranchant et léger à la fois. » (Hum! Voir aussi et ... si vous avez du temps à perdre!).

Mais on ne peut comparer Ben Ricour à personne. Il possède sa propre identité. Son deuxième album, réalisé par Patrice Renson et Olivier Lude (-M-, Vanessa Paradis…) en témoigne.

-Cet album a été épuisant à faire. Ma maison de disque m’a un peu pressé de la finir, moi qui a l’habitude de prendre mon temps… J’avais beaucoup de choses à exprimer depuis 3 ans. J’ai donné tout ce que j’avais et je suis content du travail accompli. Mes chansons sont moins naïves et innocentes que dans le premier disque. J’avais envie de partir vers des sujets plus personnels, plus profonds…

Et pour se mettre dans l’ambiance Ben Ricour à créé en 6 mois, dans l’inconfort « rassurant » d’un bout de pièce de 6m2, sans chauffage, les 11 titres pop-rock de cet album.

Des chansons très courtes.

-J’arrive pourtant avec des chansons très longues, mais on taille dedans pour ne laisser que l’essentiel. Je suis perfectionniste à l’extrême, j’essaie toujours de faire de la musique qui ne bouffe pas les mots et vice-versa. Le bon dosage est difficile à doser.

f6b5431633dcd4f8005a377d32f38c94.jpg

Notons quelques « guest », comme par exemple Michaël Furnon (Mickey 3D) qui lui a écrit Sors de l’ombre, Albin de la Simone qui joue du clavier dans quelques titres et M qui a posé une partie très personnelle de guitare dans Cinq Minutes.

Du beau monde utilisé avec parcimonie et intelligence.

J’affirme à Ben que si ce disque ne marche pas, j’arrête le métier (ce qui, en vrai, n’est pas exact parce que, dans ce milieu, il n’y a aucune règle et je tiens à continuer mon travail. Le talent n’est pas toujours récompensé à sa juste valeur…).

Ce que j’aime chez Ben Ricour, c’est son manque d’assurance et de sérénité. Il n’a pas du tout confiance en lui et c’est, me dit-il, ce qui le fait avancer.

Voyez tel qu’il se décrit.

-Je suis quelqu’un d’assez calme, assez contemplatif, très sensible. J’ai envie de me nourrir spirituellement, de rencontrer des gens qui m’intéressent, qui m’élèvent vers le haut… je suis plus à traîner sous un ciel étoilé que dans les boites de nuit.

Voilà pourquoi, en plus, j’aime bien, cet artiste.

Un type qui m’a l’air tout à fait bien, justement parce qu'il est "en lutte permanente".
fa9f2e7ed5dd948141fa837c830e53b8.jpg

Et, n’hésitez pas, vous, à traîner sur son nouveau MySpace, il y a son tout nouveau clip et quelques chansons (malheureusement, qu’une du nouvel album, son single L’heure d’hiver)…

(et de jolies photos mesdemoiselles. Je sais, la beauté est intérieure, mais quand même…)

Ton image sort le 29 octobre. Encore un peu de patience...

Et le monsieur fait quasi toutes les premières parties de la tournée de Vanessa Paradis.

Voici ses dates futures:

01/11   CAEN – Zénith  – en 1ère partie de Vanessa Paradis
02/11   ROUEN - Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
06/11   NANTES
08/11   PARIS - Le Zebre 
13/11   LE CHAMBON FEUGEROLLES – Festival Les Oreilles en Pointe
14/11   PARIS -
Zénith – en 1ère partie de Vanessa Paradis
20/11   CHARTRES
24/11   BULLY LES MINES – Espace François Mitterrand
06/12   ORLEANS – Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
07/12   LILLE - Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
08/12   MONTREUIL – L’Argo’notes
14/12   VERTOU – Salle Sevre et Maine

907adcb6c98e56f1d3e7c24844d62d9e.jpg

11 octobre 2007

Bartone cartonne!

 

83acdf779588ef27986fed99ff8d35ab.jpg

Je le répète encore une fois, j’adore suivre la carrière d’un artiste depuis le premier album. C’est le cas de celui dont je parle aujourd’hui. J’avais déjà rencontré Bartone lors de la sortie de son premier album, il y a 2 ans, Cador (souvenez-vous de la chanson France-Allemagne 82 en duo avec Clarika… un p’tit bijou !).

Il m’avait paru sympathique, mais un peu tendu. Je l’avais senti en mode « observation ». Il faut dire que ce Stéphanois avait été extirpé de sa vie de chanteur dans les bars de sa région pour rejoindre une « major » et devenir professionnel. Et donc, rencontrer des journalistes pour parler de son disque…

Mon article de l’époque 
a14a0bac2875b1a5cb4b09e06f7c41e1.jpg

Je l’ai revu récemment, dans un bar parisien (quoi encore ? Ce n’est pas moi qui décide…). Il me reconnaît aussitôt.

Très chaleureux, cette fois-ci. Je lui raconte comment je l’avais perçu.

-Oui, mais il faut se rendre compte de ce que c’est de quitter sa ville, de venir à Paris et d’être entraîné dans un espèce de tourbillon inhabituel. C’est un truc de dingue. Je ne me méfiais pas des gens, j’apprenais à faire mon métier de «  répondeur de questions ». Ce n’est pas facile de parler de soi.

Je suis bien d’accord avec lui. Le peu de fois où je me suis moi-même fait interviewer, j’ai été assez minable, il faut bien le reconnaître. C’est un boulot.

166bcad331cd6ac49c75bdf0e467a3b4.gifBartone sort donc son deuxième album, Les enracinés. Un disque qui secoue grave.

Plus authentique que le premier…

-C’est normal. Quand tu débutes, tu apprends les rouages du métier. Certes, c’était mes chansons, mais il y avait tellement d’intervenants que j’ai eu l’impression d’être dépossédé. Ce 2e disque est tout à fait le mien. On m’a fichu une paix royale.

Là, donc, guitares électriques à donf’ (comment je parle couramment le verlan !) sur des musiques mélodieuses, le tout sous la direction d’un ex Cri de la Mouche , Alexandre Azaria.

-Je veux être considéré comme un membre de la « chanson française » mais avec un fond musical pop rock. Mais, je ne veux pas faire partie de la troupe des chanteurs très introspectifs, très malheureux, très accordéon, très tradition…Il faut obligatoirement que mes chansons soient toujours un peu légères et second degré…

d3351d6179a9e925308fc306b660713f.jpg

Je lui dis que ses personnages masculins me font bien marrer tellement ils sont complètement barrés et d’une parfaite mauvaise foi, parfois même assez ignobles. Il sourit.

-J’aime bien dénoncer nos petites mesquineries, surtout dans la relation de couple. J’en ai rajouté dans le côté méchant, que je n’ai pas dans la vie.

2308d65b08da328bd69bc2a5c8330b05.jpg
Il m’apprend, au fur et à mesure des Sprite ingurgités, qu’il n’a pas trop le trac avant de monter sur scène, qu’il essaie de faire publier un roman (écrit en 1 mois et demi) qui s’intitule « A quoi jouent les garçons ? », qu’il aime BEAUCOUP Thomas Fersen et Bashung, qu’il a de quoi enregistrer 4 albums « pour moi et pour d’autres », qu’il n’est pas si féru de cinéma que les journalistes le prétendent et enfin, qu’il ne faut pas « se faire un monde de l’industrie du disque »… bref, toutes sortes de choses primordiales.
a6977703cd4ff6c0fa8022fabbd87a32.jpg

Je vous conseille d’aller voir son MySpace et de regarder ses vidéos Ma chère ex (1) et (2)… la chanson de rupture pas classe et jubilatoirement méchante !

Profitez-en pour écouter ses chansons...

L’album sort lundi.

Le 15 octobre.

1e21a271866a8f038da357aaf2a18ad7.jpg

05 octobre 2007

Imbert Imbert... le tendre révolté!

b784d3666d6c22ac2d84a0b185de85db.jpg
-Bonjour ! Nous nous sommes déjà rencontrés.

Je regarde Imbert Imbert dubitatif.

-Non, je t’ai déjà vu sur scène en première partie de quelqu'un, mais je ne sais même plus de qui ni dans quelle salle.

-Je m’en souviens parfaitement. C’était à la Maroquinerie , il y a deux ans. Je faisais la première partie de Bertrand Louis.

-… Euh… Ah oui ! C’est ça. Tout a fait !

2fd610b80bb192abe61c1a69bff1e87c.jpgEn ce vendredi 28 septembre (la semaine dernière, donc), je reste stoïque devant le Zèbre de Belleville (il y joue le soir même). Je me demande comment il a pu savoir que c’était cette soirée là. Puis il ajoute.

-Tu es venue me voir après ma prestation. C’était dans le couloir, près des toilettes. Nous étions presque dans le noir et tu m’as dit que tu avais beaucoup apprécié ma prestation… tu m’as aussi promis que quand j’aurai un « vrai » disque, tu viendrais m’interviewer. Et tu es là aujourd’hui.

Plus il avance dans sa phrase, puis je me rappelle, en effet, avoir tenu de tels propos. Je me fais vieux, je perds la mémoire… Il est vrai que j’adore aller applaudir les chanteurs qui « débutent », dans des petites salles et aller les encourager après. On croit que ce n’est pas important mais force est de constater que certains s’en souviennent.

Ça me fait plaisir d’ailleurs.

b9984a1a97a2035c55e9f62f20582086.jpgJ’ai reçu le disque d’Imbert Imbert, Débat de boue, il y a six mois (il est sorti le 26 mai dernier). J’ai pris une grosse claque en l’écoutant.

(Ça m’a fait le même effet qu’en écoutant Yves Jamait la première fois.)

L’homme est seul avec sa contrebasse. Il chante avec un esprit résolument rock et poétique (ce qui n’est pas paradoxal) des textes graves, tristes, tendres, désenchantés et surtout révoltés.

Ce type a déglingué mon petit cœur fragile.

Pas entendu une telle personnalité depuis… fiou ! Depuis longtemps !

(À part peut-être Yves Jamait… je vous en ai déjà parlé ?)

Ses chansons remuent les tripes et ne laissent personne indifférents. A commencer par le petit monde de la chanson française qui observe de loin ce nouveau venu.

Enfin, nouveau venu, c’est beaucoup dire. Après m’avoir emmené dans sa loge, en débouchant des bières, il me raconte son passé bien fourni de musicien.

ef0fe4a51504dc268ea46fea69979fde.jpg 

-Je viens de Montpellier. Je suis monté à Paris il y 6 ans pour ne faire que de la musique. J’ai été embauché très vite dans le groupe Jim Murple Memorial (rock steady, ska, rythm’n’blues) J’ai tourné pendant un an puis j’ai enchaîné directement avec Derien pendant 3 ans. En même temps, je composais mes petites chansons de mon côté.

Il oublie de me préciser qu’il a aussi joué dans un trio de free-jazz, le groupe Split.

51688e0796098a47a9cd778c8dcb5647.jpg

La contrebasse comme instrument principal s’est naturellement imposé à lui et grand bien nous fasse.

-Quand j’aurai 50 ans, peut-être que j’aurais un orchestre classique symphonique… on ne sait jamais. En 05d6a9297e0f133aaf556cd75e81381a.jpgattendant, je suis heureux de faire découvrir cet instrument plutôt rare dans la chanson française. Je pense jouer sur scène ainsi encore pendant un moment.

Sauf qu’il n’est pas improbable qu’une multinationale le repère et lui donne plus de moyens pour enregistrer … non, je dis ça parce qu’Imbert Imbert et l’artiste français qui a reçu le plus de récompenses cette année.

-Bravos du public et Bravos des professionnels à Montauban Alors Chante ! 2007

-Lauréat Fnac Indétendance Printemps de Bourges 2007.

-1er prix Le Mans Cité Chanson 2007.

-Prix du club des Entreprises Francofolies de La Rochelle 2007.

Beau palmarès !

8489c3dfafb0e31095d88913db2b18df.jpg
Pendant l’interview (presque en public, car son tourneur, son attaché de presse, son éclairagiste…etc. sont assis à côté de nous pour écouter, voire même participer !), j’apprends qu’il a écouté Renaud en boucle de 7 à 12 ans (il lui en reste quelques résidus), qu’au départ il voulait jouer de la musique « à la limite de l’inaccessible », qu’il se sent révolutionnaire dans l’âme, qu’il s’inquiète pour les générations futures, qu’il a du mal à comprendre ceux qui ont voté Sarkozy (il en fait une chanson), qu’il est heureux malgré le mal de vivre qu’il chante…
053179850a5f0b7715cb51aa9326ccfd.jpg

J’ai la curieuse sensation en l’écoutant et en l’observant, que je suis devant un futur grand monsieur de la chanson. Un futur incontournable. Un qui va marquer les esprits…

Quasi sûr de ne pas me tromper.

Là nous sommes derrière le bar du Zèbre de Belleville. Lui au champagne, moi avec ma pauvre bière...
da5c7634afff7fa18ea81a371059518b.jpg

À vous de voir ou plutôt d’écouter… sur son MySpace. Il y a 3 titres.

Précision: Imbert Imbert n'est pas Pascal Obispo.

Je dis ça, je dis rien.

3fbaf6ffefa0c2ce2a4b68ff8e40b4f3.jpg

25 septembre 2007

Les dernières giboulées de Mars!

6436c176ee32b913fd98355fac306338.jpg
Edit le 23 décembre 2007: Petite information destinée aux membres de "la Bulle Antisismique de Mélissa Mars. Je m'y fais consciencieusement accusé de plagiat.
C'est assez drôle car, si effectivement je reprends la quasi totalité de l'article en question... je m'en suis donné le droit car j'en suis l'auteur.
Mandor=François A.
Je recycle ici ce que j'écris pour mon journal, alors, pardonnez-moi de n'avoir prévenu personne de mon outrage.

Connue pour avoir rejeté le père (souvenez vous de Papa m’aime pas lalalala, dans l’album Et alors !), Mélissa Mars se paye ensuite la tête des mecs, joue la dévoreuse d’hommes, refuse de se plier aux lois terrestres et n’aime pas grand monde dans son deuxième opus La Reine des Abeilles. La voilà enfin un peu plus apaisée, mais toujours en quête d’amour. Le titre de son troisème disque (sorti le 17 septembre dernier) est évocateur : A la recherche de l’amour perdu.

59abfc801c3f57e760554737929a491e.jpgDans ce bar branchouille de la capitale, je la regarde se faire « shooter » par des photographes japonais. Elle prend un malin plaisir à pauser de table en table. Quand elle me rejoint, je lui fais remarquer qu’elle minaudait.

-Mais c’est normal,  je prends beaucoup de plaisir à ça. Le monde de l’image est celui dans lequel je me sens le plus à l’aise. 

Mélissa Mars est douce, gentille, souriante, s’esclaffant d’un pas grand-chose, un peu timide même, tout le contraire de la bad girl à la Tarantino de son deuxième album.

Nous évoquons sa manière d’utiliser sa formation de comédienne et son imagination fertile pour créer son propre univers. Un univers électro féérique, souvent un monde sale, poussiéreux, mais magique. A l’instar de Matthieu Chédid et de son personnage M, elle s’est inventée un personnage.

-Mes deux derniers  albums m’ont poussé à me poser des questions. Qu’est-ce que jouer ? Qu’est-ce 1195b8ff7d2358bf2456a36f8febf645.jpgqu’être acteur ? La question véritable est : est-ce que jouer la comédie c’est mettre un masque ou c’est justement l’enlever ? Je vais au plus profond de ces aspects qui sont en moi parce que je n’ose pas les révéler au quotidien. Je suis timide et bien élevée alors c’est un moyen de faire sortir tout ça…

Cette réflexion la replonge dans ses années bac.

-Mon sujet de philo était : « Quelle est la frontière entre l’imaginaire et la réalité ». (En riant) J’ai fait une belle thèse, résultat, j’ai eu 7 sur 20. 

bfb53e666aaa27e1f989d95f3d4e94ee.jpg

Saviez-vous que mademoiselle Mars est musicienne ?

-Je joue de la musique depuis l’âge de 6 ans. J’ai 8 ans de piano, j’ai fait des stages d’harmonica et j’apprends la guitare depuis 1 an et demi. C’est fou parce que personne n’aborde ce sujet avec moi.

Eh oui ! A trop montrer sa plastique parfaite, les repères sont biaisés. Dommage. Elle qui s’autoproclamait « diseuse » ou « conteuse » a fait de nets progrès. Sa voix a évolué, toujours coquine, mais plus agressive. Mélissa Mars gagne en assurance, ça va finir par s’appeler « un style ».

0f80a8175efbba6eb4738e788e0ac845.jpgCe nouveau disque clôture une série de 3 albums « construits comme des contes reliés les uns aux autres dans la quête initiatique d’une jeune fille en mal d’aimer… »

Dans celui-ci, du beau monde est présent : le guitariste Gary Lucas (Léonard Buckley, Lou Reed…), le groupe Pressure Zone (Depeche Mode, U2, David Bowie…) et dans un autre genre, notre Obispo national.

-Nous nous sommes isolées dans son studio perso. Là, il m’observe, il cherche… et compose pour moi, sous mon regard, des mélodies originales, sombres, pop… différentes, qui me séduisent.

Sur des paroles de sa maman (Lilas Klif) et d’elle-même, le tout donne un album au début très électro, puis pop-électro puis au final un peu plus rock live.

51568cbacd83eed35aba7038d11a2add.jpg

Jetez un coup d’oeil dans l’univers sucré salé, grinçant, sensuel, agaçant parfois, de Mélissa Mars !

(Son MySpace). Ce n’est pas l’album de l’année, certes, mais la belle suit sa route et se fout de ce qu’on en pense.

Tant mieux pour elle.

19 septembre 2007

Le mystère Pelot!

42c6e7c2ba1ea5b7893d36d8b7e41efd.jpg 

Je ne vais pas répéter ici, l’affection que j’ai pour Pierre Pelot et pour son œuvre.

Je crois avoir tout dit

Mais bon, cette fois-ci, il est question de déjeuner ensemble dans un restaurant germanopratin.

80cc58d13642dcedec1736ae9894892e.jpgJ’accepte, d’autant plus que je n’ai pas encore vraiment parlé de son dernier livre Les Normales saisonnières.

Mercredi dernier, me voilà donc à table avec Pierre, sa femme Irma et son éditeur Gilles Cohen-Solal (eh oui, encore lui !). Je précise bien que je ne ferai l’interview qu’au moment du café. En tête à tête, nous nous isolerons. Je déteste travailler en mangeant, de plus, ce n’est pas poli (ni très élégant).

Pierre Pelot, je ne l’avais jamais vu comme ça avant, n’arrête pas de faire des jeux de mots. Pas tous bons, mais ce sont ceux que je préfère. Gilles, quant à lui, est toujours aussi « haut en couleur ». Un personnage, ce monsieur. Il a d’ailleurs une forte considération pour Pelot puisqu’il ne cesse de clamer partout qu’il est le plus grand auteur français. Pierre, ça l’agace, car il est très humble, mais moi je pense comme Gilles, et ce, depuis longtemps. Je n’ai jamais compris comment un auteur si prolifique dans des genres si différents ne soit pas reconnu à sa juste valeur…

J’appelle ça « l’affaire Pelot », c’est mon éternel discours aux gens de la profession.

Ils s’en foutent.

Il n’est pas dans le « sérail », l’ami Pierre. Il ne fréquente pas (ou peu) les soirées littéraires. Son refuge, c’est sa femme, son enfant, ses chats, sa maison, ses Vosges natales… ses histoires. Le reste, d’après ce que j’ai compris de cet homme, importe peu.

b05f0d34265c4b7295032f738066dad6.jpg

Son roman est extrêmement difficile à raconter (certains s’y sont essayés brillamment, comme elle, lui et elle encore. Je leur tire mon chapeau !).

Nous suivons le héros, Cochise Datier, que l’on comprend être écrivain et scénariste, déambuler sur les rivages d’une petite ville bretonne des environs de Douarnenez. On le suit, mais on le sent aussi, on l’observe errer dans les rues de cette bourgade. Lui aussi observe. Les gens, une maison bien précise, la patronne de l’hôtel, une jeune fille qu’il veut sauver… Il semble chercher quelque chose, une arme en poche... Vengeance, amour, traque, folie? Je ne peux pas répondre, juste, il faut marcher avec lui, sans se poser de questions, sans intellectualiser le propos. Curieuse sensation de se laisser aller, de ne plus rien maîtriser de cette lecture. Comme d’habitude, qu’il écrive des fresques flamboyantes ou des romans plus introspectifs, Pelot happe toujours son lecteur pour ne plus le lâcher. Je n’ai jamais compris sa méthode, ce pouvoir qu’il a. Pelot est en fait un griot.

7a3f38acfb6104e68e95060e60245194.jpg

Ma vision de son roman, une fois en tête à tête, le fait sourire.

-Si tu savais ce que j’ai entendu sur ce livre depuis que je fais la promo… mais je suis rassuré. Dans l’ensemble, les lecteurs ont compris mon procédé, un peu cinématographique. Les personnages sont là. Ils existent à travers ce qu’ils font et ce qu’ils disent. Je ne rentre jamais dans leur tête. Jamais !

Mais, c’est curieux, car, malgré tout, on suit Datier dans ce qu’il pense alors que pas une seule fois, Pelot n’explique ce qu’il pense. Vous me suivez ? Non… et bien, pourtant, l’effet est magique.

-Je ne te cache pas qu’avec ce livre, j’avais un peu la trouille. Je me demandais comment il allait être reçu. En fait, beaucoup me disent que c’est le meilleur.

c7b4e5f5bd3dad724466998822f2f054.jpgJe ne vais pas jusque là. C’est ainsi que les hommes vivent restera pour moi, le meilleur livre de Pelot. Il n’en reste pas moins que ce roman pénétrant m’a secoué. A ne pas vouloir rentrer dans la tête de son héros, je me demande s’il ne finit pas par rentrer dans celle du lecteur…

Et hop ! Je t’emmène là, puis là, tiens, ou alors là mais des années avant, puis des années après, tout ça, sans te prévenir, bien sûr.

-Je suis persuadé que l’on peut raconter une histoire sans suivre un itinéraire de A à B. J’ai donc fait l’inverse. Une histoire est faite de moments, je pense qu’ils peuvent être racontés dans le désordre. Le lien finit par se faire.

Je vais vous dire ce que je pense. Avec Les Normales saisonnières, je n’ai pas lu un livre, j’ai vu un film.

C’est un compliment.
36a03f27143e34c0936f2963310595f5.jpg

Pierre Pelot  a désormais le souci de varier le plaisir, de ne jamais faire le même livre que le précédent. Il prend des risques.

 

-À chaque nouveau roman, je suis de plus en plus inquiet. A chaque fois que j’écris, c’est de plus en plus difficile, car je veux m’amuser et étonner le lecteur. Ce n’est pas de tout repos.

Ce marathonien des mots se lance dans une nouvelle fresque « difficile à écrire », Le bordel de Dieu, un projet qu’il ne cesse de reporter. Pour le moment, il en est au stade de la préparation.

Car les romans de Pelot, lorsqu’ils sont « historiques », sont rigoureusement exacts. Il effectue un travail de recherche digne d’un historien. Il envisage aussi d’écrire la suite de L’ombre des voyageuses

Moi, en tout cas, pas une seule seconde, je n’envisage une cure de désintoxication de ma « Pelot addict » !

Pas une seule...

13 septembre 2007

Philippe Lavil... il tape sur des congas!

7b8727fb2538132124e8895bd771291b.jpg 

J’en vois, le sourire au coin… « Oh, l’autre, hé ! Il parle de Philippe Lavil, le type qui chantait Kolé Séré, Il tape sur des bambous ou Elle préfère l’amour en mer ! De la variétoche de chez variétoche…»

Bon, déjà, le type peut se vanter d’avoir trois chansons qui sont restées dans la mémoire collective, ce qui n’est pas le cas de tous les artistes.

 

Et puis, moi, j’ai vécu des années en Martinique, Guadeloupe, Guyane, Afrique… alors, la musique des îles, je n’attrape pas de l’urticaire quand je l’écoute. Honnêtement, je ne suis pas fan de Lavil mais je respecte son travail. En plus le monsieur, je l’ai croisé pas mal de fois et il est gentil comme tout. Un mec simple qui ne se prend pas la tête. Normal, quoi !

Ma dernière rencontre avec lui s’est déroulée le 30 août dernier au bar de l’hôtel Marignan.

b14f52fc6d4211406e39f3d282a4c0a0.jpg

Cette semaine sort son nouvel album (5 ans après son Retour à la case créole qui était déjà un disque bien roots, donc authentique).

Pour la seconde fois, il met en avant ses racines. Cette fois-ci, on pourrait même ranger ce disque au rayon « musique du monde » tellement il sonne « traditionnel ».

Avant d’évoquer cet album intitulé Calypso, jouons un peu.

Au jeu des 7 erreurs.

Voici la pochette originale.
8a796602af880a1cdcbb846a994f2749.jpg

Et voici celle de Philippe Lavil.

a326bb2c51afdaea56abf60f1c23c150.jpg
Plutôt qu’un plagiat, on appelle ça un hommage…

Donc, vous l’avez compris, il s’agit d’un disque de Calypso, enregistré en quasi live avec le steelband d’Andy Narell et de nombreux autres musiciens… dont certains sont venus spécialement de Trinidad et Tobago. Il y a des chansons originales et quatre adaptations de standards de ces îles au large du Venezuela.

 -L’idée est venue de Marc Domenico, qui a produit l’album Chambre avec vue, d’Henri Salvador. Je me suis dit que c’était une sacrée bonne idée d’enregistrer un album dépouillé, sans fioritures et d’aller à l’essentiel. Mes racines. Cette musique représente toute ma jeunesse. Mes parents avaient des vinyles d’un groupe qui s’appelait Brute Force Steel Band. J’ai été élevé au son de cette musique.

Je lui demande s’il a conscience que ce genre de disque risque de ne pas trouver un public très large…

 -De nos jours, chaque disque de n’importe quel artiste représente un risque commercial. Personne n’échappe à la règle alors, autant prendre des risques…

Outre Élisabeth Anaïs qui écrit pour lui depuis plus de 10 ans, notons la présence de paroliers « guest stars » et pas des moindres. Gérard Manset, David Mc Neil et plus curieux encore, David Hallyday

Et puis aussi, ses complices antillaises Jocelyne Béroard et Marie-José Alie.
0e0e40c1c305e06d99c9778dff4235d2.jpg
Je laisse la parole à Gérard Manset qui a écrit un mot pour présenter cet album aux journalistes : « Descente aux abîmes, aux enfers… Délices parfaitement servis par l’allure douce et tendre, grave et chaude, de la joute masculine qui n’a pas pris une ride, sinon quelques jolies années pour nous les restituer en nostalgiques panoramas feutrés d’une Caraïbe-Cythère. Cela repose des guerres et des malédictions. »
0d4cd40a26ea5eac7f869f7194ad7ae8.jpg

Tout à fait.

 

Bonus track:

Deux autres rencontres (digne de figurer dans Tout petit déjà mais non… finalement).

Le 13 juillet 1986 à la Grande-Motte lors d’un podium RMC de passage dans la station balnéaire.
c5df5699129750959436afb370a41f84.jpg

Le 23 mai 1990, alors que je travaillais pour RFO Guyane. J’étais de passage à RTL (voir ici)…

93272b03620cc7e070a8dfa4518dbe4d.jpg

11 septembre 2007

Bo... pop mélodique bidouillée!

a04136fce3cbe135f3a0cd553abe4bad.jpg 

J’avais repéré le gaillard lors de la sortie de son premier album en 2004 : 323 Zap Shangaï Baseball. J’étais d’accord avec le journaliste de Rock & Folk quand il soulignait que Bo s’amusait « à baguenauder entre pop enjouée et embardées funky, au gré de textes plaisants et refrains pétillants… ».

d1ddbfb1c3bdd7d053dd17ce598051d8.jpgAvec son deuxième album, sorti il y a à peine deux semaines, cet artiste sympathiquement déjanté est resté dans son droit chemin. Koma Stadium est une merveille de pop à la fois merveilleusement ciselé et complètement foutraque. Du « plastic music », il appelle ça.

Son MySpace est là.

J’ai donc donné rendez-vous à Bo dans un bar de Pigalle. Le Chao Ba. A peu de chose près, nous nous retrouvions au Chao Bo, ce qui, il est vrai, aurait été cocasse.

J’arrive et le vois déjà attablé avec son ami de 20 ans (qui est aussi son manager) Olivier (Olaf Boldèche pour le public)…

Ils ont d’ailleurs un blog en commun (et Olaf avait gentiment écrit une note sur notre rencontre).

Les deux sont taquins, mais ils me paraissent simples et généreux. Très rapidement, nous évoquons son passé.

-Très jeune, je jouais dans un groupe à tendance progressive. Nous mettions un point d’honneur à n’interpréter que des musiques qui dépassaient les 7 minutes. Peu à peu, c’est devenu un trio un peu « cabaret dadaïste ».

f690d2471323c069bfe336c6ef86ac5d.jpgC’est Olivier (à gauche, là) qui a incité Bo à travailler tout seul. A la fin des années 90, il s’est enfermé chez lui et a travaillé sur un 8 pistes. C’est là qu’il a constaté que finalement, il s’amusait mieux seul qu’accompagné.

Bien sûr, il a quelques musiciens sur son disque et lorsqu’il se produit sur scène, mais ce sont des amis proches.

-D’abord, cela me permet de moins les payer et de pouvoir mieux les humilier parce que je connais les failles de chacun. Je suis la vedette, ils me doivent respect et servitude. C’est un truc un peu dictatorial, mais qui marche très bien.

(Ceux qui n’ont pas compris le second degré de cette affirmation peuvent aller faire un tour, boire un bol de boldoflorine et revenir dans une heure, merci !)

62d40fa3253606432bc0b52c320d80b1.jpg

Et de la scène, Bo en a mangé. Des troquets aux salles de concert « officielles », cet « adepte du gimmick53815f167d94c9d9edd8f360661d814f.jpg poétique, ce fanatique du sample aléatoire, ce prince de la mélodie imparable » tâtonne puis fini par trouver exactement son style.

Un anti morosité.

Une solution à la déprime.

Il devrait être remboursé à par la Sécu.

-Je n’arrive pas à me prendre suffisamment au sérieux. Il est impossible pour moi d’avoir des propos aiguisés et bien foutus pour décrire un pathos. Je ne peux m’empêcher de mettre de la légèreté dans mon propos et dans ma musique. Cela dit, c’est très dur de faire léger.

83ada022a5f7a847de66f522967aef46.jpg

Ses chansons si légères finissent par virevolter dans l’air… du temps.

-Même si on sent mes influences de la Pop des années 60, j’espère que l’on perçoit aussi mon goût fort prononcé pour le hip-hop et le sample. J’ai vraiment envie de m’ancrer dans l’époque. Dans mon « œuvre », c’est le son qui doit faire sens et pas l’inverse. Il faut que les paroles swinguent et groovent, sinon, je n’arrive pas à caser des mots comme rhétorique et parabole… (Rires).

8965551ff7c693e5b61c5c5cf640341d.jpg

Et dans l’émission Tracks (que vous pouvez voir ici), il explique qu’il est devenu « le Lars Von Triers de la pop underground ». Il a d’ailleurs écrit son propre dogme.

-Une liste de mots à bannir des lyrics parce qu’ils filent le bourdon. « Le sang qui coule sur le destin de la pluie ». Ce n’est pas facile à exploiter…

52b390b72e8372d6e31530bc6ae231d6.jpgGageons que ce charmeur provocateur de talent va bien finir par trouver un public plus large. Moi, j’espère sincèrement que ce sera son année.

Un showman accompli doublé d’un musicien halluciné.

Ici vous trouverez des clips de Bo... et plus si affinités.

Bo, vraiment, ça le fait !

(Une conclusion comme celle-ci, ça le fait aussi.)

(Mais, quand même, j’ai mal au crâne.)

 

(Tant de sens dans mes propos.)

 

(Impressionnant !)

 

(Amen !)

04 septembre 2007

Koxie... rappeuse Chic!

 

6995b6333bfe424f3fc7c809534a5da9.jpg

J'avais fait, il y a deux semaines un teasing sur celle qui est l'héroïne de ma note du jour.

Je trouve ce procédé un peu exagéré et facile pour attirer le chaland masculin.

Veuillez me pardonner pour cet effet marketing qui, pourtant, ne me ressemble pas.

Donc voilà.

Hum!

 

Sa chanson, Garçon, est n°1 des ventes de singles.

De nombreuses personnes adorent ce titre, d’autres sont exaspérés par sa fréquence de diffusion à la radio et sur les chaînes musicales.

Koxie, elle, est contente. Vous pensez bien… des années qu’elle trime dur pour sortir son disque.
104c79a0a5870f58c8e029866b0d2bfc.jpg

Je suis allé à sa rencontre dans une suite de l’Hôtel de Sers le 27 juillet dernier, jour de la sortie de son album (réalisé par Stéphane Bonvent dont elle ne cesse de dire le plus grand bien). C’était donc sa première journée promo.

J’arrive à la toute fin de son marathon d’interviews. Je m’attends à voir une artiste fatiguée et lassée de raconter son histoire naissante de chanteuse à succès.

Pas du tout. Fraîche comme la rose, je la croise dans l’escalier. Elle me sert la main et me dit qu’elle revient tout de suite. Pause clope, d’après ce que j’ai compris après excuses de sa part pour m’avoir fait patienter 5 minutes.
53db32e5f8c1b97a77ff7e748d2666d5.jpg

Comme d’habitude, je complimente l’artiste afin de l’amadouer un peu. C’est un mal nécessaire pour détendre l’atmosphère. J’aime quand la personne en face de moi baisse la garde.

Elle me raconte donc ses débuts. Le théâtre, le cours Florent, les cours de danse Hip Hop jusqu’à ses 20 ans. Son expérience à New York « pour apprendre le métier ». Elle y a suivi une formation d’actrice et de danseuse. Puis son retour en France pour créer le studio Fame, un centre de formation aux métiers du Spectacle, en 1998 et ses apparitions au cinéma plus récemment. Bon, tout cela, je l’avais lu sur des sites la concernant, donc rien de neuf sous le soleil mais avec quelqu’un qui débute, ce n’est pas évident d’être original.
12ce4a04aa1aa86bf0dd2b08dfc05aff.jpg

Elle s’est faite repérer grâce à Internet comme Kamini ou plus récemment Yelle. Je passe sous silence ce détail qui doit lui courir sur le système… et pourtant, elle évoque le phénomène spontanément.

-On me parle de ça sans cesse. C’est très bien ce qui m’arrive, mais je n’ai pas écrit ma chanson un jour et hop ! elle se retrouve sur Internet et hop ! elle marche directement. Il y a 10 ans de travail derrière. J’ai juste su saisir ma chance au vol. Le succès ne tombe pas du ciel !

Je lui fais remarquer qu’il est beaucoup question des relations hommes-femmes dans son disque. Elle me livre une réponse surprenante.

ab554c99675e73b275e04a6823e8f263.jpg-Il y a un inversement que je trouve dommageable dans nos rapports respectifs. Les femmes sont devenues les hommes d’aujourd’hui. Parce qu’elles travaillent et qu’elles sont indépendantes. Avant l’homme travaillait et ramenait l’argent à la maison. Il faisait vivre le foyer, c’était dans l’ordre logique des choses. À cause des féministes qui sont allés trop loin, ce n’est plus le cas et je le déplore. C’est peut-être un discours réac, mais moi j’aime être soumise à mon homme, j’adore lui faire à manger quand il rentre du boulot. Pour que les choses s’arrangent entre les hommes et les femmes, il faut revaloriser l’homme. Cesser de la castrer.

Je suis d’accord avec elle, certes (car je suis un affreux macho!), mais je reste tout de même abasourdi par ce discours. Je lui demande eea460d2e59e1dbad42e127802fce8d6.jpgpourquoi ses textes ne sont pas en accord avec ce qu’elle vient de m’expliquer. Dans Garçon, Sans essayer, par exemple, mais aussi dans Femme de football fan

-Parce que ce sont des chansons un peu caricaturales, voire radicales. Je m’adresse à tous et non en pensant à ma petite personne. J’écris des chansons que je souhaite drôles. Si tu ne vas pas à l’extrême de ce que tu veux dire, tu es tiède. Moi, j’avais envie d’être à fond dans l’ironie.

Koxie m’explique ensuite son amour, depuis toujours, de la chanson française. Elle s’est nourrie des chansons de Goldman, Balavoine, Cabrel, Berger, Brassens et Aznavour. Un peu plus tard, elle découvrira le Hip-Hop. Du coup, difficile de cataloguer cet album fort diversifié. Funk, variété, rap, gospel,  r’nb, rock, jazz…

Un disque finalement qui ratisse large. Très commercial… terme qui ne la dérange pas du tout.

82a1c198b6adefeeb5d73174ee799b1a.jpg-Au contraire. J’assume totalement. Ce que je fais est commercial. Je le revendique haut et fort et j’en suis très fier.

Selon Koxie, elle fait du « Rap Chic ». Pour conclure, je vous transmets ce qu’écrit sa maison de disque AZ sur cette appellation de « Rap Chic », parce que c’est très fort. Je cite :

« Alors évidemment ce terme ne plaira pas à tout le monde mais tant pis si Koxie gêne, la musique est son Oxygène. »

Bien obligé de se prosterner, là.

d2221ae482399b28675127b45eb5e7aa.jpg

Allez, je souhaite une bonne et longue route à cette jeune femme (très) sympathique, dynamique et ambitieuse (dont le MySpace est là!).

Mais avant de vraiment nous quitter, reprenez avec moi le refrain de son tube.

Un, deux :

28a9ac8ac3caaad03aec7da4ea3ce814.jpg« Tu sais que garçon, si t'enlèves la cédille ça fait garcon et gare aux cons ma fille, gare aux cons.
Gare aux cons, gare aux cons qui perdent leur cédille.
Garçon si t'enlèves la cédille ça fait garcon et gare aux cons ma fille, gare aux cons.
Gare aux cons, gare aux cons qui perdent leur cédille. »

P.S : Je vous rappelle que ce blog est un blog culturel.

Si.

31 août 2007

Richard Andrieux... l'enfance réinventée!

ba3c1651966cd597c1b8e685a9384849.jpg 

L’auteur et le livre d’aujourd’hui me touchent beaucoup.

Le livre parce que l’histoire est d’une grande sensibilité et l’auteur parce que l’on se connaît un peu et qu’il est comme son livre…

332b86eb2300c3ef955f16a27aebe1e0.jpgJosé de Richard Andrieux raconte la vision d’un enfant de 9 ans sur sa vie, son environnement et le monde en général.

Monde qu’il fuit en réinventant son quotidien, en s’enfermant aux autres et en niant le regard (l’existence) de sa mère. Son plaisir est « de ne pas voir ce que les autres voient ». Il se moque des autres, ne veut rien leur devoir. Il s’est construit son univers que personne ne peut pénétrer, donne des noms aux meubles et aux objets qui l’entourent. Le lit s’appelle Voyage, la bibliothèque Bataille, le plafond Nuage, le bougeoir Le colonel… dans un dictionnaire, il change le sens d’un mot pour un autre.

Le mal dont est atteint José est de l’ordre de l’autisme.

C’est un roman que je n’ai pas peur de qualifier d’ « initiatique », à l’instar d’un Petit Prince, d’un Jonathan Livingston le Goeland… en plus contemporain, évidemment.

026bcad41b31dc845a0c39b46921cda7.jpg 

Je donne rendez-vous à Richard Andrieux le 6 juillet dernier (mais il était trop tôt pour écrire cette note… aujourd’hui, ça y est, le livre est en vente) dans un café à proximité de la gare de l’est. Il repart une heure plus tard à Strasbourg où il habite.

3737339b062b2f5c5471efae2e6ba21f.jpgOn commence par se donner des nouvelles d’un ami commun, Éric Genetet, puis nous attaquons l’interrogatoire. Il a l’habitude d’être interviewé parce qu’il a eu une petite carrière de comédien (Conservatoire d’art dramatique de Strasbourg ainsi que de nombreuses pièces de théâtre) et de chanteur. En 1989, il a sorti un album chez BMG… et en 1993, il a fondé et chanté dans le groupe Tiramisu qui a eu son petit succès à l’époque. Un Olympia cette année là, ça ne s’oublie pas. Aujourd’hui, il se contente d’écrire des chansons pour les autres (en l’occurrence pour Marie-Anne Alizon, dont j’ai déjà parlé ici…)

Bref, je lui dis tout le bien sincère que je pense de son livre. Un livre sur l’enfance, le travail de deuil, la mort d’une mère, ce ne sont pas des thèmes étranger à ma propre vie.

-Tu sais, j’ai effectivement des choses à régler par rapport à la mort. Au départ, quand j’ai commencé à écrire José, je n’étais pas parti dans cette direction, mais, rapidement, je n’ai plus rien maîtrisé. L’apprentissage du deuil et la renaissance au monde se sont imposés à moi sans que je n’y puisse rien.

Je sais que Richard a écrit ce court roman dans la douleur. L’introspection est souvent une vraie déchirure, des plaies pas encore fermées que l’on ouvre de nouveau pour faire passer les souvenirs enfouis…

-J’ai travaillé plus de 2 ans sur ce livre. Je me suis investi à fond et j’ai beaucoup pleuré. Je n’ai fait que ça et l’accouchement a été difficile. J’avais José dans la tête depuis presque 7 ans. Je n’osais pas l’écrire, mais quand j’ai lu le magnifique livre d’Alexandre Jardin sur son père Le Zubial, je me suis enfin décidé à me lancer dans cette bataille.

704b54687ae524a592b00d38c7abd9fa.jpg

Le travail le plus complexe pour Richard a été de trouver le bon langage. Il a longtemps tâtonné avant de trouver le style adéquat.

-J’ai écrit ce roman en essayant d’avoir une narration complètement neutre. Si elle devait se trouver dans un camp, ce serait plutôt dans celui de l’enfant. Je ne voulais plus de regard extérieur. Ca a été très important de trouver le vocabulaire adapté à cette histoire et de ne jamais en sortir. J’espère que le lecteur parviendra à rentrer dans le monde de José. C’est ma grande angoisse.

Et José, c’est un peu Richard enfant ? Il acquiesce, mais n’en dit pas plus. Il y a écrit « roman » sur la couverture du livre. Ne pas chercher plus loin, même si…

Richard Andrieux finit par lâcher :

-J’ai encore une part de moi qui fais que quand je vais mal dans ma vie, par moment, l’imaginaire ou le rêve peut me sauver de beaucoup de choses.

Je lui réponds que c’est le propre de l’artiste.

-Oui, au fond, être artiste, c’est une demande d’amour déguisée.

Tout à fait d’accord.

4a6a18d7f238d5aa4c1301a84ae5a934.jpg

Je n’en dirai pas plus sur ce livre qui vient de remporter la semaine dernière le Prix du 1er roman de la Forêt des Livres 2007.

Il faut le découvrir ce petit José « qui tient par un fil, suspendu entre deux mondes ».

Histoire de bousculer un peu vos émotions et quelques certitudes.

Ça fait du bien parfois.

30 août 2007

Boire Tourville ou mourir! (Fin de ma saga de l'été.)

 

68cf71b03fded59eea851a85cd8a3cb2.jpg

Hé, hé !

Non, mes aventures avec Tourville (le plus gros et délirant roman de la rentrée littéraire) ne sont pas achevées.

Les précédents épisodes sont là : Premier, deuxième et troisième.

(Ceux qui ne les ont pas lus devraient s’y atteler afin de comprendre cette note.

Prévoir 4 heures de son temps.)

Il manquait dans ma saga, le principal.

La rencontre :

Alex D. Jestaire VS Mandor.
5830ee55ca23a3f24ad36018a5043a77.jpg

Le mercredi 22 août, autour d’un verre (pas solitaire) à Culture Bière (si, ça existe !) sur les Champs, nous avons conversé longuement.

Dire qu’il est arrivé plus de 30 minutes en retard ne serait pas charitable, d’autant plus qu’il avait une sacrée bonne excuse, je cite : « ‘scuse moi, j’ai mangé le réveil ! ». Expression, fort cocasse, vous en conviendrez, que je ne connaissais pas. J’ai compris que son boulot d’adaptateur de films de genre, de dessins animés pour enfants ou de mangas, l’oblige à travailler la nuit.

L’homme est donc décalé. Et un peu à la bourre.

J’avais hâte de rencontrer le fou fieffé qui a écrit ce livre dont, permettez-moi de ne pas rappeler le thème parce que :

1) Je n’ai pas envie d’avoir mal au crâne dès potron-minet (miaou !)

2) Je l’ai déjà fait 3 fois et Cointreau n’en faut…

Hips !

Mais, je ne suis pas chien, cliquez là. Un résumé vous y attend.

8c247ea01cd74ae177e2193f88b96be9.gifAlex D. Jestaire a suivi tout ce que j’ai écrit sur son livre cet été et (semble-t-il) ça l’a fait un peu marrer. (Mais peut-être était-il juste très poli en me disant cela ?)

Je lui fais remarquer qu’il faut quand même bien s’accrocher pour saisir la substantifique moelle de son histoire, souvent grand-guignolesque.

-Si on ne comprend pas tout, c’est un peu voulu, parce que mon héros ne sait pas lui-même ce qu’il vit. J’aime le côté « gonzo », à côté de la plaque.

Portait-il cette histoire de fin du monde dans une ville dont on ne peut sortir depuis longtemps ?

-Je suis quelqu’un qui rumine beaucoup de thématiques et d’idées. A un moment donné, il y a un déclic qui me porte à croire que, ça y est, toutes les pièces du puzzle sont en place. Il faut maintenant les assembler.

Bien trouvé ! C’est tout à fait un livre puzzle, aux influences très cinématographiques.

-J’adore et je déteste David Lynch en même temps. J’avais envie de jouer avec lui à ce petit jeu. Écrire une histoire très bizarre, un peu surréaliste, incompréhensible parfois, mais dans laquelle vous avez des pièces à assembler comme vous le souhaitez.

Il tient à me préciser que c’est en allant voir ses parents dans une petite ville de province qu’il a eu l’idée de ce livre. Il a eu une angoisse terrible en rentrant à Paris.

-J’ai laissé mes parents avec leurs soucis d’argent, les problèmes de chômage de mon père, de surmenage de ma mère. Ils sont en train de devenir vieux, leur ville se fascise …etc. Je me suis demandé jusqu’où ça pouvait aller. J’ai simplement imaginé le pire en créant Tourville.

Il m’avouera aussi qu’en lisant La société du spectacle de Guy Debord, le sujet de son roman s’est imposé à lui.

Tourville est notamment une charge féroce contre le pouvoir de l’image.

-J’ai écrit Tourville en 2002. Quand je l’ai terminé, j’ai débranché ma télé et je ne l’ai plus jamais rallumé. Je ne la supporte plus, ça me donne des angoisses. Aujourd’hui, nous sommes dans une cascade d’images et d’informations qui nous écrasent comme un rouleau compresseur. On peut mettre et donc ingurgiter de plus en plus de violence, de plus en plus de sexe.

Je lui fais remarquer, qu’avec son roman, il participe à cela…

Il acquiesce.

Je le sais bien,  l’être humain est bourré de paradoxe.
c9fdd79bc66bdd448ac51e75eb1810af.jpg

L’ennemi numéro un de notre société est, selon Alex D. Jestaire, certainement la télévision.

-Moi, je suis né devant la télé, j’ai grandi devant. Je me suis rendu compte qu’une quantité immense de ma vie a été vécu par procuration à travers la culture, les médias, les émissions, les films… C’est la vraie vie de l’homme moderne…

Je suis quasi certain que son langage sera lui aussi décrié par les critiques littéraires, en a-t-il conscience ?

-Mon métier consiste à bosser sur plein de produits et je me rends compte que le langage parlé, abrégé ou bordélique est la meilleure solution pour faire passer une idée. J’estime que mon livre est un livre générationnel. Le plus difficile, c’est que le livre trouve son public. Des amateurs de littérature un peu bordélique, transgressive et expérimentale. Je ne sais pas trop si ça existe…

Je l’interroge sur ses propres lectures.

-Adolescent, j’ai lu beaucoup de SF, puis récemment beaucoup d’ouvrages philosophiques et là, en ce moment, je suis dans ma période « classiques ». Rabelais, Kafka…

Comme nous sommes maintenant les meilleurs amis du monde (Hips !) je lui dis que presque 800 pages, c’est quand même un peu beaucoup.

-Au départ, le texte ne faisait que 666 pages. Le Diable Vauvert m’a demandé de le raccourcir, je l’ai retravaillé 3 fois. J’ai réussi à le raccourcir de 100 pages. Mais, bon, par le biais de la mise en page pour l’impression, il s’est redilaté en 774.

Ouais, ouais, c’est ça.

Ce livre-là ne se vendra peut-être pas beaucoup et pas très rapidement, mais je fais le pari qu’un jour il sera culte.

Et qu’il finira par trouver preneur.

Roman générationnel, on vous dit.

Merci à lui de m’avoir fait passer de bons moments cet été.

Franchement.

Et hop ! Tenez, une adresse encore un peu confidentielle. Le site de Tourville (encore en chantier jusqu’au 6 septembre, date de sortie officielle du livre).

Bon courage !

Bonus track :

Après l’interview, j’embarque Alex D. Jestaire en bas du Culture Café (ambiance beaucoup plus lounge). Bertrand Guillot (je vous ai dit que son livre était déjà en vente ?), Benoît Luciani (je m’occupe de sa Mise à mort très rapidement, ne vous inquiétez pas) et Franswa P. (mon ami Strictement Confidentiel) m’y attendent. Du coup, Alex se joint à nous pour parler littérature et boire encore un coup d’Orangina light.
71cfc0add684da10e03165c43a7cef6f.jpg

Et après, zou ! Tout le monde au resto !

Et après, zou ! Tout le monde à RTL2, pour voir mon pote Zégut (sans Alex, qui lui est retourné bosser). Franswa P. ne figure pas sur la photo car il ne figure pas sur la photo mais il était bien là.

fd2a8f425f6e3b34d38bb290cdbb165a.jpg

Et moi, je retourne regarder la télé.

Faux. J’ai quelques rendez-vous savoureux aujourd’hui…

 

Edit:

Vendredi 8H22: Le Figaro littéraire a publié un article intitulé : Connaissez-vous ses 10 nouveaux écrivains?

 

Parmi les 10 jeunes auteurs choisis, figurent les héros de mes deux dernières notes...

Voici ce qu'ils disent de Alex D. Jestaire et de Bertrand Guillot.

Ca sent bon, tout ça.

 

27 août 2007

Les inédits de l'été! (7): Christian Jacq.

03f61dcd5a0dd97c3020983fa5b0fc03.jpg 
Je vous préviens cette semaine sera très « littéraire » ici. Il y aura, au programme, trois premiers livres de cette rentrée 2007. J’ai choisi ceux de :

-Bertrand Guillot (Second Flore sur la blogosphère) Hors jeu.

-Alex D.Jestaire (que j’ai enfin rencontré lors d’une soirée épique !), pour son fameux Tourville (ma saga de l’été).

-Richard Andrieux (qui cartonne déjà en librairie) pour un très joli roman initiatique, José.

Ceux qui connaissent ce blog savent que je fréquente certains de ce trio.

Je rappelle juste que ceci n’est pas un blog professionnel, mais bien un blog personnel. Donc, je parle de ceux que j’aime (enfin, le plus souvent).

Ce qui n’empêche pas l’objectivité, soit dit en passant.

Aujourd’hui, je consacre un « inédit de l’été » à un romancier à succès.

Donc fort critiqué.

Christian Jacq.

Je l’ai rencontré le 18 janvier 2006 à l’Hôtel San Régis de Paris.

Cet auteur quasi mythique (pour beaucoup) ne donne des interviews qu’au compte-goutte.

Il déteste ça.

Voici l’article qui en a découlé :

ce62f70441d0f02fb960ad36ced75552.jpgQuand les deux passions absolues de Christian Jacq se croisent, le romancier mozartien et égyptologue écrit une saga musicale et spirituelle inspirée.

Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai jamais vu de ma vie une bibliothèque (normalement constituée) sans au moins un livre de Christian Jacq. Jamais. Adonnez-vous à cette expérience, vous serez dans l’obligation de reconnaître la véracité de mes propos… Waow ! Je vais donc rencontrer le seul français classé dans le top 15 mondial des auteurs les plus lus. Pour ceux qui vivaient sur la lune et qui viennent tout juste de revenir sur Terre, voici un récapitulatif des dix dernières années de la vie éditoriale de Christian Jacq… En 1995, il raconte la vie de Ramsès II (cinq volumes), en 2000, La Pierre de Lumière (quatre volumes), en 2002   La Reine Liberté   (trois volumes), l’ensemble de ces séries atteignant 23 millions d’exemplaires vendus à travers le monde (non, non, il n’y a pas de faute de frappe !).

En 2003 et 2004, la grande saga des Mystères d’Osiris gonflera ce chiffre.

Très franchement, quand même, je suis arrivé un chouia impressionné à la réception de l’hôtel...Un égyptologue, ce doit être quelqu’un de sérieux, lugubre, austère. De plus, l’homme est précédé d’une réputation de 694af38c209a15fed31187f861e6067e.jpgpersonnage mystérieux, peu enclin à la discussion avec les journalistes. « Il s’est fait avoir par beaucoup, il est donc devenu méfiant. À chaque fois qu’il se livre, ses propos sont déformés. On a raconté des choses parfois ignobles sur lui. » me dira une proche de l’auteur à succès. Soit. Je dois m’en tenir à évoquer uniquement sa nouvelle série romanesque en 4 volumes (dont le premier Le grand magicien est déjà sorti et dont le deuxième arrive le 27 février Le fils de lumière).

C’est un monsieur souriant, aux yeux pétillants de malice, qui s’approche de moi. Papotage quelques minutes autour d’une « cup of tea » avant de se lancer dans le vif du sujet.

ca1c1ff904d7e35915621636a8a01ad7.jpg
Christian Jacq a décidé de narrer les liens secrets que Mozart entretint avec la franc-maçonnerie et plus généralement, l’aventure spirituelle et la vie secrète de ce génie. Il s’est toujours senti très proche de Wolfgang.

-À 10 ans, sur le piano de ma grand-mère, je jouais déjà du Mozart, où plutôt, je le massacrais (rire). Une carrière de musicien m’aurait beaucoup attiré, mais c’est au moins sept heures de travail par jour et ces heures-là étaient occupées à la lecture et surtout à l’écriture…

8d72036ff175654bb0ceb88a8f62a58f.jpgPour lui, Mozart est un ami, presque un frère, quelqu’un qui lui parle, qui le touche comme aucun autre artiste. Il l’a accompagné dans son travail pratiquement tous les jours.

-Au cours de mes voyages en Égypte, il ne me quitte pas grâce à mon petit magnéto. L’un de mes plus grands rêves, c’est de voir jouer La Flûte enchantée dans le temple de Philae ou à Louxor. J’ai eu l’occasion d’en entendre une fois un extrait à l’entrée d’un temple égyptien, cela prenait tout son sens !

Le lien entre l’auteur et son sujet est très fort. Autant Christian Jacq fouille le passé, Mozart, lui, fouille les âmes… Le rapport est-il si anodin que cela ? 

-Dans mes livres sur l’Égypte, je n’aime pas faire l’inventaire des pieds de tables anciens, concernant 17232d09ba3ebfa54bb453a001573a56.jpgMozart, celui de ses manuscrits. C’est l’homme, son aventure intérieure qui m’intéresse. Comme lorsque j’écris sur un pharaon, je veux faire revivre les personnages. Là je voulais donner une vision inédite de Mozart. J’ai à peu près tout lu sur lui mais j’ai remarqué que sa vie spirituelle n’est jamais abordée en détail alors que cet aspect-là est tout sauf anecdotique.  

L’étude de Mozart est une passion de toute une vie. La méthode Jacq est celle du laboureur qui creuse son sillon lentement, du bénédictin qui passe sa vie sur ses notes. Comme il l’a fait pour l’Égypte, il a mis en fiches tout au long de sa vie ses lectures sur le musicien, en vérifiant chaque détail.

-C’était sans l’intention d’en faire un livre, juste pour mon plaisir. Ce personnage me captivait déjà beaucoup alors quand j’ai commencé à remarquer les racines avec l’Égypte, je me suis lancé dans l’aventure folle de raconter ce côté inconnu de la vie de Mozart, pourtant son engagement majeur.

f184d631a1b648ec40fde7bea13959d2.jpgVoici donc retracé dans ce premier volet le début de la vie de Joannes, Chrystomus, Wolfgang, Gottlieb Mozart. On le suit de Vienne à Prague, en passant par Milan et Paris. Avant d’être approché par les francs-maçons, on découvre un Mozart à la botte de son père Léopold  (son exigeant éducateur musical) composant sans cesse, se produisant dans différentes cours d’Europe, heureux, malheureux, acclamé ou en proie à l’indifférence… Il lutte contre l’insuccès, la jalousie, l’Église et le pouvoir pour enfin rencontrer l’homme providentiel : Thamos. Cet être imposant et mystérieux venu de Haute Égypte et chargé de retrouver « le grand magicien » (Mozart) afin de lui transmettre la sagesse d’Isis et le livre de Thot. Pendant la jeunesse du génial musicien, Thamos va le surveiller de très près, lui sauver la vie de nombreuses fois et enfin guider ses pas vers l’initiation maçonnique.

-Dans la Franc-maçonnerie de cette époque, il y a le mythe des supérieurs inconnus. Des initiés venus d’orient, porteurs d’une certaine connaissance et sagesse et qui ne se sont pas fait connaître comme tels. Ils étaient chargés de chercher des êtres extraordinaires, des grands créateurs, des grands artistes voire des grands hommes politiques. Pour moi, c’était le cas de Thamos.

Thamos, comte de Thèbes, est un personnage, non pas inventé, mais disons, deviné. Il concrétise l’apport de63ebe4e11b7d930652367a5524eb8a10.jpg l’Égypte ancienne dans la vie de Mozart, ainsi que ses liens réels avec la Franc-maçonnerie . Très jeune, le petit Wolfgang à eu des contacts avec divers Francs-maçons. Jusqu’à la commande réellement Franc-maçonne faite par le baron von Gebler. Il s’agit de Thamos, roi d’Egypte, que Christian Jacq envisage comme l’ancêtre de La Flûte enchantée.

-C’est vraiment après son initiation le 14 décembre 1784, à laquelle il s’est préparé 10 ans, qu’il écrira ses plus beaux concertos, opéras et ses symphonies les plus majestueuses.

Un des aspects les plus passionnants de cet ouvrage est sans nul doute la lutte fratricide à laquelle se sont livrés les différents (et nombreux) courants maçonniques. L’enfant prodige évolue dans ce milieu complexe, tout en trouvant l’énergie nécessaire de composer ses grands opéras (Cosi fan tutteLes Noces de Figaro) et d’échapper aux griffes de Joseph Anton, un policier méthodique qui lutte contre les sociétés secrètes. Passionnant. À la fin de l’entretien et micro coupé, Christian Jacq me dit très sérieusement :

-Croyez-moi si vous le voulez, mais j’ai écrit ses quatre ouvrages sans savoir qu’il y aurait des commémorations pour le 250e anniversaire de la naissance de Mozart. J’étais loin de m’imaginer qu’un tel chiffre se fêtait ! Vos confrères s’évertuent à ne pas me croire. Ils me traitent d’opportuniste. En France, vous savez, on n’aime pas les gens qui ont du succès et qui sont riches. Ça paraît louche.

Ah bon ?

22 août 2007

Isild Le Besco... la femme porcelaine!

a3b114b156ee45697f471bf4f7454dc1.jpg

L’idée de rencontrer Isild Le Besco m’enchantait. J’ai toujours bien aimé cette comédienne aux rôles pas toujours faciles. Rarement même.

(Voir là, sa filmographie).

La maison d’édition Anabet m’apprend qu’elle sort un ouvrage en octobre et qu’elle exposera ses peintures du 31 octobre au 17 novembre prochain dans cette galerie.

Youpla boum ! Je contacte l’attaché de presse qui me cale un rendez-vous pour la semaine suivante.

Il me fait parvenir son livre par mail (je n’aime pas trop mais il n’est pas encore imprimé).

Et je lis Sang d’encre.

Comme l’écrit Anabet, je cite (quel flemmard, ce Mandor !) : « Ecrit à l’âge de 16 ans, après avoir lu L’attrape-cœurs de J.D Salinger, Sang d’encre est un récit singulier, flagrant, rayonnant à l’image de la comédienne Isild Le Besco. Une écriture aphoristique, une ode existentielle d’un jeune homme qui peine à trouver sa place dans le monde ; une voix fragile ponctuée par la fulgurance de dessins. Dans la peau d’un garçon de 17 ans le temps de ces confessions intimes, la comédienne décrit le difficile passage entre l’adolescence et l’âge adulte mais aussi de l’absence, avec une réelle inventivité et sans jamais forcer le trait. »

Je trouve cette fiction très noire, bien menée et poétique. Evidemment, ne mettez pas le best of de La Compagnie Créole en fond musical, il y aurait une toute légère distorsion d’ambiance (c’est une image, mais je ne sais même pas si elle tient debout).

a19b1b6ee8e53c10f95fd1c6425d2eaa.jpgLe rendez-vous avec Isild (je peux l’appeler Isild, c’est une amie à présent ! Hum !) s’est tenu hier.

Au Café Bidule, rue Faidherbe. J’arrive trente minutes en avance (comme d’habitude) et traîne un peu dans le quartier… quand je vois arriver la belle demoiselle avec un homme. Je suis prêt à crier : « Hé ho ! C’est moi ! Mandor !!! On a rendez-vous ensemble ! » mais avec les années, j’ai appris à mesurer mon enthousiasme et attendre l’heure précis des rendez-vous.

Mais quand même, un quart d’heure avant, je n’y tiens plus.

Je les rejoins sur la terrasse ensoleillée d’un café proche de celui dans lequel je suis convié.

-Bonjour, je suis le journaliste avec lequel vous avez rendez-vous !

Je sens une gêne.

Je continue en leur serrant la main.

a42e33071ae8c69d7198ded694135599.jpg-Vous êtes Philippe, je présume. Vous êtes venus accompagner votre nouvelle auteur. C’est gentil ça.

Philippe est la personne que j’avais au téléphone régulièrement pour caler l’interview.

-Non, pas du tout. Je suis Benoît.

-Ah, Philippe n’a pas pu venir ?

Ils se regardent interloqués.

-Bon, je vous laisse, je vais au Bidule et vous me rejoignez quand vous voulez…79ba73b5674b813d8e58613b8c9b63af.jpg

(Notez au passage combien je suis compréhensif et poli.)

En traversant la rue, un éclair de lucidité transperce mon cerveau.

(Et ça, je ne vous dis pas comment ça fait vachement mal !)

J’suis con où quoi ? Le Benoît courroucé était le réalisateur Benoît Jacquot, dont Isild est la muse depuis quelques films…

J’ai pris Benoît Jacquot pour un attaché de presse.

Bien joué. Ca commence bien.

80dd7caa3e02f53ce1e4c4cbccb51071.jpg

Je m’installe au Bidule.

Je prends un café. Je croise le regard d’un homme qui visiblement cherche quelqu’un.

Je n’ose dire quoi que ce soit. Une bourde, ça suffit.

Lui m’interpelle.

-Vous êtes Mandor ?

-Oui.

-Je suis Philippe.

Il s’attable à côté de moi et nous devisons quelques minutes. Soudain, il me demande :

-Parlez moi de votre journal. Vous y faites quoi ?

-J’écris des articles sur la littérature et sur la chanson.

-Et comment vous appréhendez les livres ?

Je réfléchis parce que cette question, vous en conviendrez, à 10h30 du matin, comme ça, sans prévenir, pour trouver une réponse cohérente, faut s’accrocher.

Je m’accroche donc.

-Ca dépend du livre, de l’auteur, de l’interview… enfin de tout plein de choses.

Prend ça dans les dents et dépatouille toi avec !

8fb40d6144a74b8e62652ae85a899f33.jpgSur ces entre faits, Isild Le Besco arrive, tout sourire.

Elle s’assoit. Sans perdre de temps, j’enclenche mon magnéto et pose ma première question.

Après un silence, elle me dit.

-Attendez, j’essaie de comprendre. C’est vous qui allez me poser les questions ?

Là, c’est moi qui ne comprends rien.

-Euh oui… puisque je suis journaliste, c’est un peu mon métier.

-Mais qui est ce monsieur alors ?

-C’est le fameux Philippe que j’ai confondu tout à l’heure avec Benoît.

-Et qui c’est Philippe ?

-Votre attaché de presse.

D’accord, je saisis le truc. Ils ne se connaissent pas visuellement.

-Tout à l’heure, je pensais que c’était vous l’attaché de presse.

-Non, je me suis présenté en tant que journaliste mais par contre, moi, je pensais que l’homme qui était avec vous était celui qui est à notre table, là, maintenant, Philippe, là…

Et Philippe d’intervenir.

-Oui bonjour, je suis Philippe, je suis la personne chargée de faire en sorte que les médias parlent de votre livre. Enchanté.

J’ai conscience, à ce moment précis de ma note, que je suis en train de tourner en rond. Non, je raconte ça pour bien vous faire comprendre que mon métier passe parfois par des moments comme ça. A la limite du surréalisme…

-Je peux continuer maintenant que tout le monde sait qui est qui ?

-Oui.

-Alors, Sophie Marceau, vous venez d’écrire…

(Je rigole, je n’ai pas fait ça. J’ai été tenté quelques secondes mais non. Hein, il faut savoir rester raisonnable).

A partir de là, c’est sérieux. Je redeviens pro. J’veux dire, c’est moins marrant la suite.
4f566caa5af621341c33ce34fd68e4cd.jpg

Je lui demande pourquoi ce livre sort 8 ans après avoir été écrit :

-Une jeune femme, Delphine de Malherbe m’a demandé un jour de lui écrire quelque chose pour sa collection « Contre emploi » dont elle s’occupe aux éditions Anabet. J’ai répondu que je n’étais pas écrivain, mais ayant insistée un peu, je lui ai proposé ce texte de jeunesse. Il est un peu retravaillé mais très peu, finalement.

Un texte où il est question de solitude, de mal être, de mort et de suicide.

(Bonjour La Cie Créole , vous allez bien ?)

-Je n’ai pas de tendance suicidaire, je ne crois pas avoir le mal de vivre. Je suis même quelqu’un de plutôt joyeux. Et pourtant, au fond de moi, j’ai un peu tout ça dans la tête. C’est bizarre.

Et quand elle parle de la mort, à travers son narrateur Benjamin (17 ans), ça donne :

« Après la mort, c’est le trou. C’est la merde. Tu crèves et t’es dég. Il y a de la vie parce qu’après il y en a plus. »

-Je ne réfléchis pas à ce que j’écris. C’est instinctif, quasiment de l’écriture automatique. Quand je me mets à la place de Benjamin, c’est vraiment son langage. Je ne sais pas si c’est une déformation de mon travail de comédienne…

a481b0c83d8cc9670bd289df382f6ea3.jpg

Son narrateur est un jeune homme qui refuse l’amour des autres. Le thème de ce livre tient en une phrase : pour aimer les autres, il faut s’aimer soi même.

-Benjamin a une impossibilité à s’exprimer, à accepter l’amour des autres. Il est donc incapable d’en donner. Il trouve qu’il est profondément une sous-merde. Ce qui n’est plus mon cas aujourd’hui (rires). Vous savez, il y a un peu de moi dans le personnage de Benjamin mais comme il y a un peu de moi dans chaque rôle que je joue.

Pour finir, je lui demande comment elle assume le titre d’artiste « intello » qui lui colle à la peau.

-Ca m’amuse parce que je ne le suis pas. Ca vient certainement du choix des films que je tourne. Je ne lis pas beaucoup. Un peu quand même, mais pas beaucoup. Récemment, j’ai lu le livre de Delphine de Malherbe, La femme interdite, mais aussi le dernier Anne Wiazemski, Jeune fille… et là, je lis… attendez, je vous montre.

Elle sort de son sac, Lettre de guerre de Jacques Vaché.

Je trouve Isild touchante… et très belle. Un charme fou.

Il est temps pour moi d’évoquer mon blog. Elle est d’accord pour que je raconte cette rencontre comme je l’entends. Elle pose pour les photos très gentiment. Bref, adorable.
c1b33995b03c5682c629a174f0f7abed.jpg

L’heure pour moi de la laisser rejoindre Benoît est arrivée. Elle m’explique qu’ils partent faire une télé pour évoquer son deuxième film (sortie le 12 septembre) en tant que réalisatrice Charlie (qui n’est pas sans rapport avec son livre Sang d’encre.)

Avant de partir, elle me convie au vernissage de son expo de peinture. J’y serai. Evidemment.

A bientôt, vous, la fille porcelaine !

21 août 2007

Les inédits de l'été! (5): Zucchero.

 

7bc9fc52cfd7060e9df861462857836e.jpg

Mes prochains "inédits de l’été" seront très italiens (de gros poissons !)

Commençons par Zucchero.

Je l’ai rencontré dans une suite du Pavillon de la Reine le 30 mars 2004.

Comme je ne cause pas un mot d’Italien, la maison de disque a eu l’amabilité de prêter aux journalistes ignares comme moi, une traductrice.

Très sympathique.

Voilà l’article paru dans mon journal et quelques photos pendant l’entretien.

(Merci à Valérie Archeno, ma meilleure amie !)

6d70d2771ab266d8001dace51fd09ddd.jpg

L'enroué vers l'or:

Il s’appelle « Sucre », ça tombe bien, sa voix rauque chante du blues rock sucré. Zucchero Sugar Fornaciari est un artiste doué doublé d’un vendeur impénitent. En France, son premier best of sorti en 1996 avait conquis 1 millions de personnes. Souvenez-vous de  « Senza una donna », « Il volo » ou « Cosi celeste ».

De quoi s’agit-il cette fois ci ? Un Best of  n°2 ? Malheureux ! Ne dites pas ça à Zucchero, il le prendrait très mal. Ce sont plutôt des duos de succès réarrangés et re-produits. Des inédits, des enregistrements rares, parfois abîmés, qu’il a fallu « soignés » en numérique. L’italian rocker lover insiste sur l’originalité d’un concept d’une valeur artistique sûre.

dd925a6b22c9dd8bd6b9682834bf7e82.jpg

Zucchero : J’ai cherché dans mes tiroirs des morceaux enregistrés en duos dont personne ne connaissait l’existence. Certains étaient en mauvais état mais exploitables. La chanson avec Miles Davis par exemple (Dune Mosse) a été enregistré en 88, nous n’avons pu garder que sa trompette. Tout autour de ça, j’ai construit une nouvelle base musicale.

 

Mandor : Pour vous un duo, c’est comme faire un bœuf dans un bar entre potes ?

 

Z : C’est exactement ça ! J’ai d’ailleurs récupéré des enregistrements live avec BB King et Pavarotti par exemple. Ils sont dans l’album mais on dirait des morceaux studios à présent. Quel travail!

aba5ef2da7f3206ff533f527df3983e7.jpg

M : Vous ne chantez qu’avec des gens que vous aimez ?

 

Z : Pour moi, duo ne signifie pas duel. Il n’y a jamais de rivalité. Avant tout, il y a toujours de l’amitié et beaucoup d’estime entre nous.

 

M : Pour le marché français, on vous retrouve avec Johnny puis avec Cheb Mami. C’est un peu énervant ces trucs de marketing !

 

Z : L’industrie du disque est ainsi faite.

 

M: Mais enfin, pour quelqu’un qui se dit anarchiste… D’ailleurs anarchiste et chanteur à succès, c’est compatible ?

 

Z : Parlez en aux fans de Léo Ferré. (Silence, puis se justifiant). C’est dans ma façon de vivre que je suis anarchiste pas dans la musique.

9dc1bfe7bb96abcd5882cf42eb5d80e5.jpg