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04 septembre 2007

Koxie... rappeuse Chic!

 

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J'avais fait, il y a deux semaines un teasing sur celle qui est l'héroïne de ma note du jour.

Je trouve ce procédé un peu exagéré et facile pour attirer le chaland masculin.

Veuillez me pardonner pour cet effet marketing qui, pourtant, ne me ressemble pas.

Donc voilà.

Hum!

 

Sa chanson, Garçon, est n°1 des ventes de singles.

De nombreuses personnes adorent ce titre, d’autres sont exaspérés par sa fréquence de diffusion à la radio et sur les chaînes musicales.

Koxie, elle, est contente. Vous pensez bien… des années qu’elle trime dur pour sortir son disque.
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Je suis allé à sa rencontre dans une suite de l’Hôtel de Sers le 27 juillet dernier, jour de la sortie de son album (réalisé par Stéphane Bonvent dont elle ne cesse de dire le plus grand bien). C’était donc sa première journée promo.

J’arrive à la toute fin de son marathon d’interviews. Je m’attends à voir une artiste fatiguée et lassée de raconter son histoire naissante de chanteuse à succès.

Pas du tout. Fraîche comme la rose, je la croise dans l’escalier. Elle me sert la main et me dit qu’elle revient tout de suite. Pause clope, d’après ce que j’ai compris après excuses de sa part pour m’avoir fait patienter 5 minutes.
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Comme d’habitude, je complimente l’artiste afin de l’amadouer un peu. C’est un mal nécessaire pour détendre l’atmosphère. J’aime quand la personne en face de moi baisse la garde.

Elle me raconte donc ses débuts. Le théâtre, le cours Florent, les cours de danse Hip Hop jusqu’à ses 20 ans. Son expérience à New York « pour apprendre le métier ». Elle y a suivi une formation d’actrice et de danseuse. Puis son retour en France pour créer le studio Fame, un centre de formation aux métiers du Spectacle, en 1998 et ses apparitions au cinéma plus récemment. Bon, tout cela, je l’avais lu sur des sites la concernant, donc rien de neuf sous le soleil mais avec quelqu’un qui débute, ce n’est pas évident d’être original.
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Elle s’est faite repérer grâce à Internet comme Kamini ou plus récemment Yelle. Je passe sous silence ce détail qui doit lui courir sur le système… et pourtant, elle évoque le phénomène spontanément.

-On me parle de ça sans cesse. C’est très bien ce qui m’arrive, mais je n’ai pas écrit ma chanson un jour et hop ! elle se retrouve sur Internet et hop ! elle marche directement. Il y a 10 ans de travail derrière. J’ai juste su saisir ma chance au vol. Le succès ne tombe pas du ciel !

Je lui fais remarquer qu’il est beaucoup question des relations hommes-femmes dans son disque. Elle me livre une réponse surprenante.

ab554c99675e73b275e04a6823e8f263.jpg-Il y a un inversement que je trouve dommageable dans nos rapports respectifs. Les femmes sont devenues les hommes d’aujourd’hui. Parce qu’elles travaillent et qu’elles sont indépendantes. Avant l’homme travaillait et ramenait l’argent à la maison. Il faisait vivre le foyer, c’était dans l’ordre logique des choses. À cause des féministes qui sont allés trop loin, ce n’est plus le cas et je le déplore. C’est peut-être un discours réac, mais moi j’aime être soumise à mon homme, j’adore lui faire à manger quand il rentre du boulot. Pour que les choses s’arrangent entre les hommes et les femmes, il faut revaloriser l’homme. Cesser de la castrer.

Je suis d’accord avec elle, certes (car je suis un affreux macho!), mais je reste tout de même abasourdi par ce discours. Je lui demande eea460d2e59e1dbad42e127802fce8d6.jpgpourquoi ses textes ne sont pas en accord avec ce qu’elle vient de m’expliquer. Dans Garçon, Sans essayer, par exemple, mais aussi dans Femme de football fan

-Parce que ce sont des chansons un peu caricaturales, voire radicales. Je m’adresse à tous et non en pensant à ma petite personne. J’écris des chansons que je souhaite drôles. Si tu ne vas pas à l’extrême de ce que tu veux dire, tu es tiède. Moi, j’avais envie d’être à fond dans l’ironie.

Koxie m’explique ensuite son amour, depuis toujours, de la chanson française. Elle s’est nourrie des chansons de Goldman, Balavoine, Cabrel, Berger, Brassens et Aznavour. Un peu plus tard, elle découvrira le Hip-Hop. Du coup, difficile de cataloguer cet album fort diversifié. Funk, variété, rap, gospel,  r’nb, rock, jazz…

Un disque finalement qui ratisse large. Très commercial… terme qui ne la dérange pas du tout.

82a1c198b6adefeeb5d73174ee799b1a.jpg-Au contraire. J’assume totalement. Ce que je fais est commercial. Je le revendique haut et fort et j’en suis très fier.

Selon Koxie, elle fait du « Rap Chic ». Pour conclure, je vous transmets ce qu’écrit sa maison de disque AZ sur cette appellation de « Rap Chic », parce que c’est très fort. Je cite :

« Alors évidemment ce terme ne plaira pas à tout le monde mais tant pis si Koxie gêne, la musique est son Oxygène. »

Bien obligé de se prosterner, là.

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Allez, je souhaite une bonne et longue route à cette jeune femme (très) sympathique, dynamique et ambitieuse (dont le MySpace est là!).

Mais avant de vraiment nous quitter, reprenez avec moi le refrain de son tube.

Un, deux :

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Gare aux cons, gare aux cons qui perdent leur cédille.
Garçon si t'enlèves la cédille ça fait garcon et gare aux cons ma fille, gare aux cons.
Gare aux cons, gare aux cons qui perdent leur cédille. »

P.S : Je vous rappelle que ce blog est un blog culturel.

Si.

31 août 2007

Richard Andrieux... l'enfance réinventée!

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L’auteur et le livre d’aujourd’hui me touchent beaucoup.

Le livre parce que l’histoire est d’une grande sensibilité et l’auteur parce que l’on se connaît un peu et qu’il est comme son livre…

332b86eb2300c3ef955f16a27aebe1e0.jpgJosé de Richard Andrieux raconte la vision d’un enfant de 9 ans sur sa vie, son environnement et le monde en général.

Monde qu’il fuit en réinventant son quotidien, en s’enfermant aux autres et en niant le regard (l’existence) de sa mère. Son plaisir est « de ne pas voir ce que les autres voient ». Il se moque des autres, ne veut rien leur devoir. Il s’est construit son univers que personne ne peut pénétrer, donne des noms aux meubles et aux objets qui l’entourent. Le lit s’appelle Voyage, la bibliothèque Bataille, le plafond Nuage, le bougeoir Le colonel… dans un dictionnaire, il change le sens d’un mot pour un autre.

Le mal dont est atteint José est de l’ordre de l’autisme.

C’est un roman que je n’ai pas peur de qualifier d’ « initiatique », à l’instar d’un Petit Prince, d’un Jonathan Livingston le Goeland… en plus contemporain, évidemment.

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Je donne rendez-vous à Richard Andrieux le 6 juillet dernier (mais il était trop tôt pour écrire cette note… aujourd’hui, ça y est, le livre est en vente) dans un café à proximité de la gare de l’est. Il repart une heure plus tard à Strasbourg où il habite.

3737339b062b2f5c5471efae2e6ba21f.jpgOn commence par se donner des nouvelles d’un ami commun, Éric Genetet, puis nous attaquons l’interrogatoire. Il a l’habitude d’être interviewé parce qu’il a eu une petite carrière de comédien (Conservatoire d’art dramatique de Strasbourg ainsi que de nombreuses pièces de théâtre) et de chanteur. En 1989, il a sorti un album chez BMG… et en 1993, il a fondé et chanté dans le groupe Tiramisu qui a eu son petit succès à l’époque. Un Olympia cette année là, ça ne s’oublie pas. Aujourd’hui, il se contente d’écrire des chansons pour les autres (en l’occurrence pour Marie-Anne Alizon, dont j’ai déjà parlé ici…)

Bref, je lui dis tout le bien sincère que je pense de son livre. Un livre sur l’enfance, le travail de deuil, la mort d’une mère, ce ne sont pas des thèmes étranger à ma propre vie.

-Tu sais, j’ai effectivement des choses à régler par rapport à la mort. Au départ, quand j’ai commencé à écrire José, je n’étais pas parti dans cette direction, mais, rapidement, je n’ai plus rien maîtrisé. L’apprentissage du deuil et la renaissance au monde se sont imposés à moi sans que je n’y puisse rien.

Je sais que Richard a écrit ce court roman dans la douleur. L’introspection est souvent une vraie déchirure, des plaies pas encore fermées que l’on ouvre de nouveau pour faire passer les souvenirs enfouis…

-J’ai travaillé plus de 2 ans sur ce livre. Je me suis investi à fond et j’ai beaucoup pleuré. Je n’ai fait que ça et l’accouchement a été difficile. J’avais José dans la tête depuis presque 7 ans. Je n’osais pas l’écrire, mais quand j’ai lu le magnifique livre d’Alexandre Jardin sur son père Le Zubial, je me suis enfin décidé à me lancer dans cette bataille.

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Le travail le plus complexe pour Richard a été de trouver le bon langage. Il a longtemps tâtonné avant de trouver le style adéquat.

-J’ai écrit ce roman en essayant d’avoir une narration complètement neutre. Si elle devait se trouver dans un camp, ce serait plutôt dans celui de l’enfant. Je ne voulais plus de regard extérieur. Ca a été très important de trouver le vocabulaire adapté à cette histoire et de ne jamais en sortir. J’espère que le lecteur parviendra à rentrer dans le monde de José. C’est ma grande angoisse.

Et José, c’est un peu Richard enfant ? Il acquiesce, mais n’en dit pas plus. Il y a écrit « roman » sur la couverture du livre. Ne pas chercher plus loin, même si…

Richard Andrieux finit par lâcher :

-J’ai encore une part de moi qui fais que quand je vais mal dans ma vie, par moment, l’imaginaire ou le rêve peut me sauver de beaucoup de choses.

Je lui réponds que c’est le propre de l’artiste.

-Oui, au fond, être artiste, c’est une demande d’amour déguisée.

Tout à fait d’accord.

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Je n’en dirai pas plus sur ce livre qui vient de remporter la semaine dernière le Prix du 1er roman de la Forêt des Livres 2007.

Il faut le découvrir ce petit José « qui tient par un fil, suspendu entre deux mondes ».

Histoire de bousculer un peu vos émotions et quelques certitudes.

Ça fait du bien parfois.

30 août 2007

Boire Tourville ou mourir! (Fin de ma saga de l'été.)

 

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Hé, hé !

Non, mes aventures avec Tourville (le plus gros et délirant roman de la rentrée littéraire) ne sont pas achevées.

Les précédents épisodes sont là : Premier, deuxième et troisième.

(Ceux qui ne les ont pas lus devraient s’y atteler afin de comprendre cette note.

Prévoir 4 heures de son temps.)

Il manquait dans ma saga, le principal.

La rencontre :

Alex D. Jestaire VS Mandor.
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Le mercredi 22 août, autour d’un verre (pas solitaire) à Culture Bière (si, ça existe !) sur les Champs, nous avons conversé longuement.

Dire qu’il est arrivé plus de 30 minutes en retard ne serait pas charitable, d’autant plus qu’il avait une sacrée bonne excuse, je cite : « ‘scuse moi, j’ai mangé le réveil ! ». Expression, fort cocasse, vous en conviendrez, que je ne connaissais pas. J’ai compris que son boulot d’adaptateur de films de genre, de dessins animés pour enfants ou de mangas, l’oblige à travailler la nuit.

L’homme est donc décalé. Et un peu à la bourre.

J’avais hâte de rencontrer le fou fieffé qui a écrit ce livre dont, permettez-moi de ne pas rappeler le thème parce que :

1) Je n’ai pas envie d’avoir mal au crâne dès potron-minet (miaou !)

2) Je l’ai déjà fait 3 fois et Cointreau n’en faut…

Hips !

Mais, je ne suis pas chien, cliquez là. Un résumé vous y attend.

8c247ea01cd74ae177e2193f88b96be9.gifAlex D. Jestaire a suivi tout ce que j’ai écrit sur son livre cet été et (semble-t-il) ça l’a fait un peu marrer. (Mais peut-être était-il juste très poli en me disant cela ?)

Je lui fais remarquer qu’il faut quand même bien s’accrocher pour saisir la substantifique moelle de son histoire, souvent grand-guignolesque.

-Si on ne comprend pas tout, c’est un peu voulu, parce que mon héros ne sait pas lui-même ce qu’il vit. J’aime le côté « gonzo », à côté de la plaque.

Portait-il cette histoire de fin du monde dans une ville dont on ne peut sortir depuis longtemps ?

-Je suis quelqu’un qui rumine beaucoup de thématiques et d’idées. A un moment donné, il y a un déclic qui me porte à croire que, ça y est, toutes les pièces du puzzle sont en place. Il faut maintenant les assembler.

Bien trouvé ! C’est tout à fait un livre puzzle, aux influences très cinématographiques.

-J’adore et je déteste David Lynch en même temps. J’avais envie de jouer avec lui à ce petit jeu. Écrire une histoire très bizarre, un peu surréaliste, incompréhensible parfois, mais dans laquelle vous avez des pièces à assembler comme vous le souhaitez.

Il tient à me préciser que c’est en allant voir ses parents dans une petite ville de province qu’il a eu l’idée de ce livre. Il a eu une angoisse terrible en rentrant à Paris.

-J’ai laissé mes parents avec leurs soucis d’argent, les problèmes de chômage de mon père, de surmenage de ma mère. Ils sont en train de devenir vieux, leur ville se fascise …etc. Je me suis demandé jusqu’où ça pouvait aller. J’ai simplement imaginé le pire en créant Tourville.

Il m’avouera aussi qu’en lisant La société du spectacle de Guy Debord, le sujet de son roman s’est imposé à lui.

Tourville est notamment une charge féroce contre le pouvoir de l’image.

-J’ai écrit Tourville en 2002. Quand je l’ai terminé, j’ai débranché ma télé et je ne l’ai plus jamais rallumé. Je ne la supporte plus, ça me donne des angoisses. Aujourd’hui, nous sommes dans une cascade d’images et d’informations qui nous écrasent comme un rouleau compresseur. On peut mettre et donc ingurgiter de plus en plus de violence, de plus en plus de sexe.

Je lui fais remarquer, qu’avec son roman, il participe à cela…

Il acquiesce.

Je le sais bien,  l’être humain est bourré de paradoxe.
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L’ennemi numéro un de notre société est, selon Alex D. Jestaire, certainement la télévision.

-Moi, je suis né devant la télé, j’ai grandi devant. Je me suis rendu compte qu’une quantité immense de ma vie a été vécu par procuration à travers la culture, les médias, les émissions, les films… C’est la vraie vie de l’homme moderne…

Je suis quasi certain que son langage sera lui aussi décrié par les critiques littéraires, en a-t-il conscience ?

-Mon métier consiste à bosser sur plein de produits et je me rends compte que le langage parlé, abrégé ou bordélique est la meilleure solution pour faire passer une idée. J’estime que mon livre est un livre générationnel. Le plus difficile, c’est que le livre trouve son public. Des amateurs de littérature un peu bordélique, transgressive et expérimentale. Je ne sais pas trop si ça existe…

Je l’interroge sur ses propres lectures.

-Adolescent, j’ai lu beaucoup de SF, puis récemment beaucoup d’ouvrages philosophiques et là, en ce moment, je suis dans ma période « classiques ». Rabelais, Kafka…

Comme nous sommes maintenant les meilleurs amis du monde (Hips !) je lui dis que presque 800 pages, c’est quand même un peu beaucoup.

-Au départ, le texte ne faisait que 666 pages. Le Diable Vauvert m’a demandé de le raccourcir, je l’ai retravaillé 3 fois. J’ai réussi à le raccourcir de 100 pages. Mais, bon, par le biais de la mise en page pour l’impression, il s’est redilaté en 774.

Ouais, ouais, c’est ça.

Ce livre-là ne se vendra peut-être pas beaucoup et pas très rapidement, mais je fais le pari qu’un jour il sera culte.

Et qu’il finira par trouver preneur.

Roman générationnel, on vous dit.

Merci à lui de m’avoir fait passer de bons moments cet été.

Franchement.

Et hop ! Tenez, une adresse encore un peu confidentielle. Le site de Tourville (encore en chantier jusqu’au 6 septembre, date de sortie officielle du livre).

Bon courage !

Bonus track :

Après l’interview, j’embarque Alex D. Jestaire en bas du Culture Café (ambiance beaucoup plus lounge). Bertrand Guillot (je vous ai dit que son livre était déjà en vente ?), Benoît Luciani (je m’occupe de sa Mise à mort très rapidement, ne vous inquiétez pas) et Franswa P. (mon ami Strictement Confidentiel) m’y attendent. Du coup, Alex se joint à nous pour parler littérature et boire encore un coup d’Orangina light.
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Et après, zou ! Tout le monde au resto !

Et après, zou ! Tout le monde à RTL2, pour voir mon pote Zégut (sans Alex, qui lui est retourné bosser). Franswa P. ne figure pas sur la photo car il ne figure pas sur la photo mais il était bien là.

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Et moi, je retourne regarder la télé.

Faux. J’ai quelques rendez-vous savoureux aujourd’hui…

 

Edit:

Vendredi 8H22: Le Figaro littéraire a publié un article intitulé : Connaissez-vous ses 10 nouveaux écrivains?

 

Parmi les 10 jeunes auteurs choisis, figurent les héros de mes deux dernières notes...

Voici ce qu'ils disent de Alex D. Jestaire et de Bertrand Guillot.

Ca sent bon, tout ça.

 

27 août 2007

Les inédits de l'été! (7): Christian Jacq.

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Je vous préviens cette semaine sera très « littéraire » ici. Il y aura, au programme, trois premiers livres de cette rentrée 2007. J’ai choisi ceux de :

-Bertrand Guillot (Second Flore sur la blogosphère) Hors jeu.

-Alex D.Jestaire (que j’ai enfin rencontré lors d’une soirée épique !), pour son fameux Tourville (ma saga de l’été).

-Richard Andrieux (qui cartonne déjà en librairie) pour un très joli roman initiatique, José.

Ceux qui connaissent ce blog savent que je fréquente certains de ce trio.

Je rappelle juste que ceci n’est pas un blog professionnel, mais bien un blog personnel. Donc, je parle de ceux que j’aime (enfin, le plus souvent).

Ce qui n’empêche pas l’objectivité, soit dit en passant.

Aujourd’hui, je consacre un « inédit de l’été » à un romancier à succès.

Donc fort critiqué.

Christian Jacq.

Je l’ai rencontré le 18 janvier 2006 à l’Hôtel San Régis de Paris.

Cet auteur quasi mythique (pour beaucoup) ne donne des interviews qu’au compte-goutte.

Il déteste ça.

Voici l’article qui en a découlé :

ce62f70441d0f02fb960ad36ced75552.jpgQuand les deux passions absolues de Christian Jacq se croisent, le romancier mozartien et égyptologue écrit une saga musicale et spirituelle inspirée.

Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai jamais vu de ma vie une bibliothèque (normalement constituée) sans au moins un livre de Christian Jacq. Jamais. Adonnez-vous à cette expérience, vous serez dans l’obligation de reconnaître la véracité de mes propos… Waow ! Je vais donc rencontrer le seul français classé dans le top 15 mondial des auteurs les plus lus. Pour ceux qui vivaient sur la lune et qui viennent tout juste de revenir sur Terre, voici un récapitulatif des dix dernières années de la vie éditoriale de Christian Jacq… En 1995, il raconte la vie de Ramsès II (cinq volumes), en 2000, La Pierre de Lumière (quatre volumes), en 2002   La Reine Liberté   (trois volumes), l’ensemble de ces séries atteignant 23 millions d’exemplaires vendus à travers le monde (non, non, il n’y a pas de faute de frappe !).

En 2003 et 2004, la grande saga des Mystères d’Osiris gonflera ce chiffre.

Très franchement, quand même, je suis arrivé un chouia impressionné à la réception de l’hôtel...Un égyptologue, ce doit être quelqu’un de sérieux, lugubre, austère. De plus, l’homme est précédé d’une réputation de 694af38c209a15fed31187f861e6067e.jpgpersonnage mystérieux, peu enclin à la discussion avec les journalistes. « Il s’est fait avoir par beaucoup, il est donc devenu méfiant. À chaque fois qu’il se livre, ses propos sont déformés. On a raconté des choses parfois ignobles sur lui. » me dira une proche de l’auteur à succès. Soit. Je dois m’en tenir à évoquer uniquement sa nouvelle série romanesque en 4 volumes (dont le premier Le grand magicien est déjà sorti et dont le deuxième arrive le 27 février Le fils de lumière).

C’est un monsieur souriant, aux yeux pétillants de malice, qui s’approche de moi. Papotage quelques minutes autour d’une « cup of tea » avant de se lancer dans le vif du sujet.

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Christian Jacq a décidé de narrer les liens secrets que Mozart entretint avec la franc-maçonnerie et plus généralement, l’aventure spirituelle et la vie secrète de ce génie. Il s’est toujours senti très proche de Wolfgang.

-À 10 ans, sur le piano de ma grand-mère, je jouais déjà du Mozart, où plutôt, je le massacrais (rire). Une carrière de musicien m’aurait beaucoup attiré, mais c’est au moins sept heures de travail par jour et ces heures-là étaient occupées à la lecture et surtout à l’écriture…

8d72036ff175654bb0ceb88a8f62a58f.jpgPour lui, Mozart est un ami, presque un frère, quelqu’un qui lui parle, qui le touche comme aucun autre artiste. Il l’a accompagné dans son travail pratiquement tous les jours.

-Au cours de mes voyages en Égypte, il ne me quitte pas grâce à mon petit magnéto. L’un de mes plus grands rêves, c’est de voir jouer La Flûte enchantée dans le temple de Philae ou à Louxor. J’ai eu l’occasion d’en entendre une fois un extrait à l’entrée d’un temple égyptien, cela prenait tout son sens !

Le lien entre l’auteur et son sujet est très fort. Autant Christian Jacq fouille le passé, Mozart, lui, fouille les âmes… Le rapport est-il si anodin que cela ? 

-Dans mes livres sur l’Égypte, je n’aime pas faire l’inventaire des pieds de tables anciens, concernant 17232d09ba3ebfa54bb453a001573a56.jpgMozart, celui de ses manuscrits. C’est l’homme, son aventure intérieure qui m’intéresse. Comme lorsque j’écris sur un pharaon, je veux faire revivre les personnages. Là je voulais donner une vision inédite de Mozart. J’ai à peu près tout lu sur lui mais j’ai remarqué que sa vie spirituelle n’est jamais abordée en détail alors que cet aspect-là est tout sauf anecdotique.  

L’étude de Mozart est une passion de toute une vie. La méthode Jacq est celle du laboureur qui creuse son sillon lentement, du bénédictin qui passe sa vie sur ses notes. Comme il l’a fait pour l’Égypte, il a mis en fiches tout au long de sa vie ses lectures sur le musicien, en vérifiant chaque détail.

-C’était sans l’intention d’en faire un livre, juste pour mon plaisir. Ce personnage me captivait déjà beaucoup alors quand j’ai commencé à remarquer les racines avec l’Égypte, je me suis lancé dans l’aventure folle de raconter ce côté inconnu de la vie de Mozart, pourtant son engagement majeur.

f184d631a1b648ec40fde7bea13959d2.jpgVoici donc retracé dans ce premier volet le début de la vie de Joannes, Chrystomus, Wolfgang, Gottlieb Mozart. On le suit de Vienne à Prague, en passant par Milan et Paris. Avant d’être approché par les francs-maçons, on découvre un Mozart à la botte de son père Léopold  (son exigeant éducateur musical) composant sans cesse, se produisant dans différentes cours d’Europe, heureux, malheureux, acclamé ou en proie à l’indifférence… Il lutte contre l’insuccès, la jalousie, l’Église et le pouvoir pour enfin rencontrer l’homme providentiel : Thamos. Cet être imposant et mystérieux venu de Haute Égypte et chargé de retrouver « le grand magicien » (Mozart) afin de lui transmettre la sagesse d’Isis et le livre de Thot. Pendant la jeunesse du génial musicien, Thamos va le surveiller de très près, lui sauver la vie de nombreuses fois et enfin guider ses pas vers l’initiation maçonnique.

-Dans la Franc-maçonnerie de cette époque, il y a le mythe des supérieurs inconnus. Des initiés venus d’orient, porteurs d’une certaine connaissance et sagesse et qui ne se sont pas fait connaître comme tels. Ils étaient chargés de chercher des êtres extraordinaires, des grands créateurs, des grands artistes voire des grands hommes politiques. Pour moi, c’était le cas de Thamos.

Thamos, comte de Thèbes, est un personnage, non pas inventé, mais disons, deviné. Il concrétise l’apport de63ebe4e11b7d930652367a5524eb8a10.jpg l’Égypte ancienne dans la vie de Mozart, ainsi que ses liens réels avec la Franc-maçonnerie . Très jeune, le petit Wolfgang à eu des contacts avec divers Francs-maçons. Jusqu’à la commande réellement Franc-maçonne faite par le baron von Gebler. Il s’agit de Thamos, roi d’Egypte, que Christian Jacq envisage comme l’ancêtre de La Flûte enchantée.

-C’est vraiment après son initiation le 14 décembre 1784, à laquelle il s’est préparé 10 ans, qu’il écrira ses plus beaux concertos, opéras et ses symphonies les plus majestueuses.

Un des aspects les plus passionnants de cet ouvrage est sans nul doute la lutte fratricide à laquelle se sont livrés les différents (et nombreux) courants maçonniques. L’enfant prodige évolue dans ce milieu complexe, tout en trouvant l’énergie nécessaire de composer ses grands opéras (Cosi fan tutteLes Noces de Figaro) et d’échapper aux griffes de Joseph Anton, un policier méthodique qui lutte contre les sociétés secrètes. Passionnant. À la fin de l’entretien et micro coupé, Christian Jacq me dit très sérieusement :

-Croyez-moi si vous le voulez, mais j’ai écrit ses quatre ouvrages sans savoir qu’il y aurait des commémorations pour le 250e anniversaire de la naissance de Mozart. J’étais loin de m’imaginer qu’un tel chiffre se fêtait ! Vos confrères s’évertuent à ne pas me croire. Ils me traitent d’opportuniste. En France, vous savez, on n’aime pas les gens qui ont du succès et qui sont riches. Ça paraît louche.

Ah bon ?

22 août 2007

Isild Le Besco... la femme porcelaine!

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L’idée de rencontrer Isild Le Besco m’enchantait. J’ai toujours bien aimé cette comédienne aux rôles pas toujours faciles. Rarement même.

(Voir là, sa filmographie).

La maison d’édition Anabet m’apprend qu’elle sort un ouvrage en octobre et qu’elle exposera ses peintures du 31 octobre au 17 novembre prochain dans cette galerie.

Youpla boum ! Je contacte l’attaché de presse qui me cale un rendez-vous pour la semaine suivante.

Il me fait parvenir son livre par mail (je n’aime pas trop mais il n’est pas encore imprimé).

Et je lis Sang d’encre.

Comme l’écrit Anabet, je cite (quel flemmard, ce Mandor !) : « Ecrit à l’âge de 16 ans, après avoir lu L’attrape-cœurs de J.D Salinger, Sang d’encre est un récit singulier, flagrant, rayonnant à l’image de la comédienne Isild Le Besco. Une écriture aphoristique, une ode existentielle d’un jeune homme qui peine à trouver sa place dans le monde ; une voix fragile ponctuée par la fulgurance de dessins. Dans la peau d’un garçon de 17 ans le temps de ces confessions intimes, la comédienne décrit le difficile passage entre l’adolescence et l’âge adulte mais aussi de l’absence, avec une réelle inventivité et sans jamais forcer le trait. »

Je trouve cette fiction très noire, bien menée et poétique. Evidemment, ne mettez pas le best of de La Compagnie Créole en fond musical, il y aurait une toute légère distorsion d’ambiance (c’est une image, mais je ne sais même pas si elle tient debout).

a19b1b6ee8e53c10f95fd1c6425d2eaa.jpgLe rendez-vous avec Isild (je peux l’appeler Isild, c’est une amie à présent ! Hum !) s’est tenu hier.

Au Café Bidule, rue Faidherbe. J’arrive trente minutes en avance (comme d’habitude) et traîne un peu dans le quartier… quand je vois arriver la belle demoiselle avec un homme. Je suis prêt à crier : « Hé ho ! C’est moi ! Mandor !!! On a rendez-vous ensemble ! » mais avec les années, j’ai appris à mesurer mon enthousiasme et attendre l’heure précis des rendez-vous.

Mais quand même, un quart d’heure avant, je n’y tiens plus.

Je les rejoins sur la terrasse ensoleillée d’un café proche de celui dans lequel je suis convié.

-Bonjour, je suis le journaliste avec lequel vous avez rendez-vous !

Je sens une gêne.

Je continue en leur serrant la main.

a42e33071ae8c69d7198ded694135599.jpg-Vous êtes Philippe, je présume. Vous êtes venus accompagner votre nouvelle auteur. C’est gentil ça.

Philippe est la personne que j’avais au téléphone régulièrement pour caler l’interview.

-Non, pas du tout. Je suis Benoît.

-Ah, Philippe n’a pas pu venir ?

Ils se regardent interloqués.

-Bon, je vous laisse, je vais au Bidule et vous me rejoignez quand vous voulez…79ba73b5674b813d8e58613b8c9b63af.jpg

(Notez au passage combien je suis compréhensif et poli.)

En traversant la rue, un éclair de lucidité transperce mon cerveau.

(Et ça, je ne vous dis pas comment ça fait vachement mal !)

J’suis con où quoi ? Le Benoît courroucé était le réalisateur Benoît Jacquot, dont Isild est la muse depuis quelques films…

J’ai pris Benoît Jacquot pour un attaché de presse.

Bien joué. Ca commence bien.

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Je m’installe au Bidule.

Je prends un café. Je croise le regard d’un homme qui visiblement cherche quelqu’un.

Je n’ose dire quoi que ce soit. Une bourde, ça suffit.

Lui m’interpelle.

-Vous êtes Mandor ?

-Oui.

-Je suis Philippe.

Il s’attable à côté de moi et nous devisons quelques minutes. Soudain, il me demande :

-Parlez moi de votre journal. Vous y faites quoi ?

-J’écris des articles sur la littérature et sur la chanson.

-Et comment vous appréhendez les livres ?

Je réfléchis parce que cette question, vous en conviendrez, à 10h30 du matin, comme ça, sans prévenir, pour trouver une réponse cohérente, faut s’accrocher.

Je m’accroche donc.

-Ca dépend du livre, de l’auteur, de l’interview… enfin de tout plein de choses.

Prend ça dans les dents et dépatouille toi avec !

8fb40d6144a74b8e62652ae85a899f33.jpgSur ces entre faits, Isild Le Besco arrive, tout sourire.

Elle s’assoit. Sans perdre de temps, j’enclenche mon magnéto et pose ma première question.

Après un silence, elle me dit.

-Attendez, j’essaie de comprendre. C’est vous qui allez me poser les questions ?

Là, c’est moi qui ne comprends rien.

-Euh oui… puisque je suis journaliste, c’est un peu mon métier.

-Mais qui est ce monsieur alors ?

-C’est le fameux Philippe que j’ai confondu tout à l’heure avec Benoît.

-Et qui c’est Philippe ?

-Votre attaché de presse.

D’accord, je saisis le truc. Ils ne se connaissent pas visuellement.

-Tout à l’heure, je pensais que c’était vous l’attaché de presse.

-Non, je me suis présenté en tant que journaliste mais par contre, moi, je pensais que l’homme qui était avec vous était celui qui est à notre table, là, maintenant, Philippe, là…

Et Philippe d’intervenir.

-Oui bonjour, je suis Philippe, je suis la personne chargée de faire en sorte que les médias parlent de votre livre. Enchanté.

J’ai conscience, à ce moment précis de ma note, que je suis en train de tourner en rond. Non, je raconte ça pour bien vous faire comprendre que mon métier passe parfois par des moments comme ça. A la limite du surréalisme…

-Je peux continuer maintenant que tout le monde sait qui est qui ?

-Oui.

-Alors, Sophie Marceau, vous venez d’écrire…

(Je rigole, je n’ai pas fait ça. J’ai été tenté quelques secondes mais non. Hein, il faut savoir rester raisonnable).

A partir de là, c’est sérieux. Je redeviens pro. J’veux dire, c’est moins marrant la suite.
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Je lui demande pourquoi ce livre sort 8 ans après avoir été écrit :

-Une jeune femme, Delphine de Malherbe m’a demandé un jour de lui écrire quelque chose pour sa collection « Contre emploi » dont elle s’occupe aux éditions Anabet. J’ai répondu que je n’étais pas écrivain, mais ayant insistée un peu, je lui ai proposé ce texte de jeunesse. Il est un peu retravaillé mais très peu, finalement.

Un texte où il est question de solitude, de mal être, de mort et de suicide.

(Bonjour La Cie Créole , vous allez bien ?)

-Je n’ai pas de tendance suicidaire, je ne crois pas avoir le mal de vivre. Je suis même quelqu’un de plutôt joyeux. Et pourtant, au fond de moi, j’ai un peu tout ça dans la tête. C’est bizarre.

Et quand elle parle de la mort, à travers son narrateur Benjamin (17 ans), ça donne :

« Après la mort, c’est le trou. C’est la merde. Tu crèves et t’es dég. Il y a de la vie parce qu’après il y en a plus. »

-Je ne réfléchis pas à ce que j’écris. C’est instinctif, quasiment de l’écriture automatique. Quand je me mets à la place de Benjamin, c’est vraiment son langage. Je ne sais pas si c’est une déformation de mon travail de comédienne…

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Son narrateur est un jeune homme qui refuse l’amour des autres. Le thème de ce livre tient en une phrase : pour aimer les autres, il faut s’aimer soi même.

-Benjamin a une impossibilité à s’exprimer, à accepter l’amour des autres. Il est donc incapable d’en donner. Il trouve qu’il est profondément une sous-merde. Ce qui n’est plus mon cas aujourd’hui (rires). Vous savez, il y a un peu de moi dans le personnage de Benjamin mais comme il y a un peu de moi dans chaque rôle que je joue.

Pour finir, je lui demande comment elle assume le titre d’artiste « intello » qui lui colle à la peau.

-Ca m’amuse parce que je ne le suis pas. Ca vient certainement du choix des films que je tourne. Je ne lis pas beaucoup. Un peu quand même, mais pas beaucoup. Récemment, j’ai lu le livre de Delphine de Malherbe, La femme interdite, mais aussi le dernier Anne Wiazemski, Jeune fille… et là, je lis… attendez, je vous montre.

Elle sort de son sac, Lettre de guerre de Jacques Vaché.

Je trouve Isild touchante… et très belle. Un charme fou.

Il est temps pour moi d’évoquer mon blog. Elle est d’accord pour que je raconte cette rencontre comme je l’entends. Elle pose pour les photos très gentiment. Bref, adorable.
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L’heure pour moi de la laisser rejoindre Benoît est arrivée. Elle m’explique qu’ils partent faire une télé pour évoquer son deuxième film (sortie le 12 septembre) en tant que réalisatrice Charlie (qui n’est pas sans rapport avec son livre Sang d’encre.)

Avant de partir, elle me convie au vernissage de son expo de peinture. J’y serai. Evidemment.

A bientôt, vous, la fille porcelaine !

21 août 2007

Les inédits de l'été! (5): Zucchero.

 

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Mes prochains "inédits de l’été" seront très italiens (de gros poissons !)

Commençons par Zucchero.

Je l’ai rencontré dans une suite du Pavillon de la Reine le 30 mars 2004.

Comme je ne cause pas un mot d’Italien, la maison de disque a eu l’amabilité de prêter aux journalistes ignares comme moi, une traductrice.

Très sympathique.

Voilà l’article paru dans mon journal et quelques photos pendant l’entretien.

(Merci à Valérie Archeno, ma meilleure amie !)

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L'enroué vers l'or:

Il s’appelle « Sucre », ça tombe bien, sa voix rauque chante du blues rock sucré. Zucchero Sugar Fornaciari est un artiste doué doublé d’un vendeur impénitent. En France, son premier best of sorti en 1996 avait conquis 1 millions de personnes. Souvenez-vous de  « Senza una donna », « Il volo » ou « Cosi celeste ».

De quoi s’agit-il cette fois ci ? Un Best of  n°2 ? Malheureux ! Ne dites pas ça à Zucchero, il le prendrait très mal. Ce sont plutôt des duos de succès réarrangés et re-produits. Des inédits, des enregistrements rares, parfois abîmés, qu’il a fallu « soignés » en numérique. L’italian rocker lover insiste sur l’originalité d’un concept d’une valeur artistique sûre.

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Zucchero : J’ai cherché dans mes tiroirs des morceaux enregistrés en duos dont personne ne connaissait l’existence. Certains étaient en mauvais état mais exploitables. La chanson avec Miles Davis par exemple (Dune Mosse) a été enregistré en 88, nous n’avons pu garder que sa trompette. Tout autour de ça, j’ai construit une nouvelle base musicale.

 

Mandor : Pour vous un duo, c’est comme faire un bœuf dans un bar entre potes ?

 

Z : C’est exactement ça ! J’ai d’ailleurs récupéré des enregistrements live avec BB King et Pavarotti par exemple. Ils sont dans l’album mais on dirait des morceaux studios à présent. Quel travail!

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M : Vous ne chantez qu’avec des gens que vous aimez ?

 

Z : Pour moi, duo ne signifie pas duel. Il n’y a jamais de rivalité. Avant tout, il y a toujours de l’amitié et beaucoup d’estime entre nous.

 

M : Pour le marché français, on vous retrouve avec Johnny puis avec Cheb Mami. C’est un peu énervant ces trucs de marketing !

 

Z : L’industrie du disque est ainsi faite.

 

M: Mais enfin, pour quelqu’un qui se dit anarchiste… D’ailleurs anarchiste et chanteur à succès, c’est compatible ?

 

Z : Parlez en aux fans de Léo Ferré. (Silence, puis se justifiant). C’est dans ma façon de vivre que je suis anarchiste pas dans la musique.

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10 août 2007

Les inédits de l'été! (4): Véronique Sanson.

 

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Ce 4eme « inédit de l’été » est consacré à une chanteuse à la fois forte et fragile. Je l’écoute depuis toujours. Elle appartient au panthéon des artistes français que j’aime.

J’ai rencontré Véronique Sanson le 29 juin 2004 à l’occasion de la sortie, 3 mois plus tard, de son album Longue Distance.

C’était son grand retour.

Elle m'était apparue pas très en forme mais chaleureuse.

Voici l’article que j’avais écrit à l’époque :
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Véronique Sanson revient. Franchement, les nouvelles n’étaient pas bonnes. Tournée annulée, maladie incurable, dépression, divorce… La presse (people ou non) s’en donnait à cœur joie. Son nouvel album « Longue distance » est une parfaite réussite et elle est bien décidée à le défendre.

36431172eeee66a9e110e8552d6dfe67.jpgRendez-vous est pris avec la chanteuse dans une suite du Ritz. Véronique Sanson est accueillante, serviable, souriante même. De là à dire qu’elle est heureuse, je ne m’y aventure pas. Elle sait que les médias ont besoin d’être rassurés, mais elle reste sincère et honnête.

Très fort.

Mandor : Vous étiez pressée de revenir avec tous ces évènements…

Véronique Sanson : Pas du tout. Je suis passé par des moments de dépressions qui m’ont empêché d’écrire. Ca aurait été trop horrible de toute façon. J’ai passé 4 mois sans toucher mon piano.

 

Mandor : « Longue distance » est enfin là. Vous aimez beaucoup ce disque.

 

V.S : C’est un de mes meilleurs albums. Mes précédents étaient plus douloureux. Celui là est plus joyeux.

 

Mandor : Vous plaisantez ! Je le trouve d’une noirceur rare. Lourd.

 

V.S : Oui pour les textes mais la musique est gaie, non ? Lors de mon état dépressif, j’ai gardé dans ma tête des tas de trucs. Je rumine tout ça et je suis capable de les raconter plus légèrement après. 7a6a849120d334571cf755850f8e0427.gif

 

Mandor: Vous dites quand même que vous ne pouvez pas chanter des chansons heureuses. Vous préférez, je vous cite, « peindre des nuages qu’un ciel bleu ».

 

V.S : Quand tout va bien, on n’a rien envie de dire. Moi, je ne peux chanter que douleur, doutes, incertitudes, tout ce qui peut pourrir la vie.

 

Mandor: Dans « Ma vie se fuit de moi » vous n’êtes pas très optimiste sur votre avenir.

 

V.S : Ecoutez, ma maladie ne s’arrangera jamais. On n’est pas beaucoup dans mon cas. C’est un truc qu’il y a dans mon ADN. Je suis soignée tout le temps, tous les jours. C’est fatiguant. J’ai hâte que ça se finisse. J’en n’ai assez de vivre avec des prises de sang tout les semaines et un traitement lourd… Dans « Juste un peu d’amour », je dis qu’on est là que de passage et qu’il faut donc profiter de la vie. Moi, je peux très bien sauter par la fenêtre d’un coup. Vous sortez du Ritz et je ne suis déjà plus de ce monde.

 

Mandor : Bon, je préfère parler d’autre chose. Dans « Code secret » vous chantez : « J’avais rêvé d’un idéal, j’ai tout essayé, j’ai fait tout en diagonal ». Vous avez l’impression de ne pas avoir réussi votre vie ?

 

1bb7c8a1c715add06585e7d187f4069d.jpgV.S : J’ai souvent fait les choses de travioles. En tout cas, je n’ai ni remords, ni regrets. (Long silence) Des regrets, peut-être un peu.

Mandor : Dans « La douceur du danger », vous êtes franche. « Ma vie sentimentale n’est qu’un vide sidéral, y a rien à regarder dans ma boule de cristal. Adieu la vie, adieu l’amour ».

V.S : C’est un état de fait. C’est parce que je suis, enfin, j’étais une grande alcoolique. Cette chanson parle du mal que peut faire l’alcool, les fausses idées, l’impression d’être invisible. L’alcoolisme féminin est tellement fréquent. On aime « la douceur du danger », on le trouve doux, formidable. Je tiens à ce que vous insistiez bien sur ça dans l’article.

Mandor : Parlons de votre fils, Christopher Stills. C’est lui qui a composé « Longue distance ».

 

V.S : C’est ce que je vis avec lui. Si c’est une « longue distance », c’est aussi un amour fou, fusionnel. Je pense que Titou est le plus gentil garçon du monde. Le plus talentueux aussi.

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Aujourd'hui, je ne sais pas trop où Véronique Sanson en est. J'espère qu'elle va mieux.
Et qu'elle revient bientôt avec un nouvel album.
Pour tout dire, j'ai même hâte.

29 juillet 2007

Julie Zenatti ouvre-t-elle la boîte de Mandor?

 

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Partout elle est, l’ex Fleur-de-Lys de Notre Dame de Paris ! Julie Zenatti envahit les écrans de télévisions depuis le début de l’été (de quoi ?). Interviewée par toutes les chaînes (voir son MySpace): hertziennes, du câble et du satellite. Elle est omniprésente dans les médias. Et principalement sur TF1 qui diffuse en boucle « Tango f33d2aa46d40c6c65a3e6a29a9f3c7bb.png(Princesse) »…Au départ, je pensais que cette chanson était, ce qu’on appelle communément, « le tube de l’été » de cette chaîne. Pas du tout. D’après ce que j’ai compris, TF1 aurait craqué sur le 4eme album de la demoiselle La boîte de Pandore (et non la boîte de Mandor… facile, je sais) et a décidé de la soutenir pour chaque nouveau single. Ceux qui n’aiment pas la Zenatti devront se faire une raison.a83ab39e12936d3cf0d634ece7a9788c.jpg

En tout cas, c’est très malin d’avoir choisi fin juillet pour sortir ce disque. Elle est donc la seule artiste de notre beau pays à faire de la promo en cette période estivale.

Moi, je l’aime bien. Enfin, parmi les chanteuses francophones à voix, c’est encore celle que je préfère. Jusqu’à présent, ses chansons trop à l’eau de rose ne me passionnaient pas outre mesure, mais je sentais qu’elle n’était pas qu’une « chanteuse pleureuse ». Dans son premier album Fragile, déjà, elle chantait en duo avec Passi, Les couloirs de la vie (qui n’est, rassurez-vous, pas ma référence absolue en matière de rap…).

Bref, son staff me donne rendez-vous avant-hier (vendredi), à 18h, dans un restaurant situé à proximité de la maison de la radio : Le Tournesol. J’arrive pile à l’heure. Son manager, Alain Hubert (accompagné notamment d’Olivier, l’attaché de presse Internet de Sony/BMG) m’accueille. Comme Julie Zenatti est déjà en train de répondre à une interview télé, ils me font patienter en m’offrant un verre de Coca Light (ce qui nous permet d’évoquer les différences entre le susnommé Coca Light et le Coca Zéro… avouez que, très rapidement, je sais tirer la conversation vers le haut !).

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L’heure est venue de m’asseoir et de me présenter. Elle est tout à fait souriante et charmante.

Je lui demande si elle ne se lasse pas de passer ses journées à répondre aux mêmes questions (espérant ainsi qu’elle comprenne qu’avec moi, il va en être autrement…).

-Non, ce n’est pas agaçant parce que je parle de ce que j’aime. C’est à moi d’être inventive et créatrice au moment où je me retrouve devant quelqu’un. Je sais mettre en avant ce dont j’ai envie, c'est-à-dire, les collaborations et les gens talentueux qui ont bossé sur l’album.

791460604a12177e914e4407ab04595f.jpgLes collaborations sont justement celles de deux artistes importants de la scène rap française. MC Solaar a écrit le texte de la chanson La boîte de Pandore, Akhenaton, lui, a écrit et composé le meilleur titre (complètement hypnotique) du disque, Si le temps me le permettait. Notons la participation active d’un autre rappeur (ami d’Akhenaton) Sako

-Cet album est un mélange de mes influences musicales : pop, R’nB, variétés. J’ai demandé leur participation à ces trois rappeurs parce que ce sont de grands auteurs. Sois sûr que ce n’est pas dans le secret espoir de récupérer leur public. Je connais Claude (MC Solaar) et Akhenaton de puis longtemps. Cela fait longtemps qu’ils m’avaient promis de travailler avec moi. Je suis vraiment très, très satisfaite et heureuse du résultat.

Dans ce disque, elle se raconte plus, elle dévoile sa face cachée. Je lui demande s’il s’est déroulé un évènement particulier, un déclic pour qu’elle se lâche ainsi :

e5b5f4b150ba1a28f428a09c33fab6a8.jpg-J’ai fait 3 albums qui se sont tous vendus à plus de 200.000 exemplaires (double disque d’or), une tournée qui a bien fonctionné partout. Mon public connaissait mes chansons par cœur et m’a donné beaucoup, beaucoup d’amour. Au bout de cette tournée, je me suis sentie vide. Quand on vit un an uniquement sous la lumière, l’existence devient complètement irréelle. J’ai été  pouponnée constamment, on a fait attention à moi, je me suis laissée diriger sans cesse. Il y a de quoi être déconnecté de la réalité. J’ai eu la sensation de perdre mon autonomie et j’avais besoin de récupérer tout ça… Le fait de revenir à la vie normale et mon besoin de me redécouvrir m’ont ramené à la source de mes envies. En a résulté cette espèce de folie qui est très présente dans ce disque et le côté glamour non exploité par moi dans mon métier. Pour être claire, je me suis arrangée pour briser la barrière que j’avais entre la chanteuse et la femme. Le temps à tout simplement fait son travail… 1b368d959bfe80c8d775a196a7907761.jpg

Elle me précise qu’elle en avait aussi un peu marre de n’être considérée que comme une « chanteuse pleureuse » (expression utilisée pour la deuxième fois, merci, je suis au courant, c’est moi qui écrit ce texte !).

-Il faut dire qu’il est arrivé fréquemment que je tende le bâton pour me faire battre (Rires). Je suis un peu sado-maso… En me voyant à la télé, je me disais toujours que je chantais bien, certes, mais qu’il manquait quelque chose... De l’énergie, du lâcher prise, de la féminité et de la folie. J’ai rectifié le tir aujourd’hui, il me semble.

734db8c6694964b37383b01670e86671.jpgIl me semble aussi.

Avant que nous nous séparions, elle me demande si j’ai trouvé la chanson cachée. Je lui réponds que je n’ai pas cherché.

-Je vais te dire où tu peux la trouver. Juste avant la chanson n°1…

D’habitude, c’est loin derrière le dernier titre.

Quelle joueuse, cette Julie !

Et hop! Merci Olivier pour le cliché...
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Pour conclure, je conseille cet album à ceux qui apprécient les belles voix féminines et la mixité musicale. Il n’est cependant pas question que je fasse croire aux amateurs de rock qu’ils y trouveront leur compte. Mais, je vous assure, cette variété là est tout à fait digeste.

Encore une fois, je n’aurais pas dit ça de ses précédents albums…

P.S : Bon sang, Si le temps me le permettait… quelle superbe chanson !

27 juillet 2007

Marie-Anne Alizon... profession: voix.

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Sans doute avez-vous compris que je suis fou de chanson française, toutes générations confondues. Mais mon plaisir absolu (professionnellement, j’entends), que ce soit pour mon journal ou pour mon blog, c’est de faire découvrir de nouveaux artistes. Ceux qui n’ont pas encore pignon sur rue. C’est le cas de cette charmante chanteuse qui vit à Strasbourg, Marie-Anne Alizon. Elle est connue en Alsace, certes mais elle mérite que la France la découvre également.

7f26c7752dce92cc1efecf3ef2f00664.gifD’abord, comment suis-je tombé sur son disque ? Son auteur compositeur, Richard Andrieux, que je connais un peu, m’a donné le disque récemment. Il est un artiste complet (musicien, chanteur) et sort d’ailleurs un livre très émouvant à la fin du mois d’août… je l’ai donc vu pas mal de fois ces derniers jours (je reparlerai ici, à la rentrée, de José, sorte de Petit Prince d'aujourd'hui).

Bref, je prends le disque de Marie-Anne poliment, en me disant, « bon, c’est un pote, voyons ça… » (Ce qui n’est pas une expression adéquate quand on parle d’un cd, je sais) .

J’écoute ce disque dans ma voiture. Je me surprends à rentrer rapidement dans cet univers très onirique avec des textes sensibles portée par une voix magnifique (dans l’émotion pure). Musique un peu bluesy, un peu trip hop, pop, électro, jazz (un mélange harmonieux, voire audacieux). Je me dis que, décidément, il y a bien des talents méconnus.

Je vous la fais courte mais après quelques coups de fil entre Marie-Anne et moi, nous calons une date pour se rencontrer à Paris.

C’était avant-hier, au Tramways de l’Est, sympathique brasserie en face de la gare de l’Est.

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Le feeling est immédiat. Pas seulement l’effet de la bière, non, une réelle connivence passe entre nous. Je sors mon fameux magnéto Sanyo (très décrié par mes moqueurs amis) et lui demande de me raconter ses débuts. Je ne sais rien d’elle ou pas grand-chose. Elle est comédienne (une des voix off d’Arte) et chante depuis 1994. C’est peu.

 

-Oui, en fait, j’ai deux casquettes. Je travaille avec ma voix parlée et avec ma voix chantée. Concernant la chanson, je suis autodidacte. J’ai étudié le piano étant petite fille et dès que j’ai su plaquer 3 accords, je me suis mise à chanter. Aujourd’hui, c’est mon métier…

Marie-Anne Alizon a commencé à faire des bals publics, des bals privés puis des pianos bars (plus jazz, là, avec un quartet). On apprend beaucoup à chanter dans des lieux  et des contextes variés… elle a même été soliste d’une grosse chorale franco-allemande de Gospel.

-Je suis une chanteuse de terrain. J’aime me qualifier ainsi. Je passe des 5 étoiles, à des festivals en passant par des « fêtes du Kouglof » dans un petit village…Très franchement, je prends du plaisir à chanter partout. L’éclectisme m’intéresse et me touche.

8e5500802aac91040837f7b82b2e2187.jpgSon premier disque solo (sans label, pour le moment) Aimer comme on se perd est une petite perle, fruit de la collaboration étroite entre Marie-Anne et Richard.

-Richard a écrit et composé tout l’album mais nous avons beaucoup travaillé ensemble. Nous sommes dans le même moule tous les deux et avons la même sensibilité. Je lui parlais de certains sujets qui me touchaient, il les mettait en forme. Richard est un vieux pote, il me connaît donc parfaitement. Je peux affirmer qu’il m’a bien cerné et ça m’impressionne par ce que c’est difficile pour un homme d’écrire pour une femme. Surtout que ce n’est pas mon homme et que je ne suis pas sa femme… notre relation est un peu maternelle/fraternelle. Richard Andrieux arrive sur ces entrefaites. Lui aussi, de passage à Paris, nous avons trouvé judicieux de nous réunir tous les trois. Les deux amis s’envoient quelques vannes bien senties.

C’est sûr, ils sont très proches.

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La conversation continue…

J’apprends notamment que Marie-Anne a eu l‘opportunité d’offrir « en main propre » son disque à Sting (à qui elle rend hommage dans la chanson J’entends Roxanne au loin), qu’elle s’est retrouvée sur des scènes avec Didier Lockwood ou Diane Reeves, qu’elle cherche un tourneur pour la France et que son souhait actuel est de faire des premières parties d’artistes connus.

 

J’aime bien Marie-Anne. Je la trouve remarquable d’enthousiasme, de lucidité et d’espoir. Elle ne demande pas à être connue, juste reconnue. Pas carriériste pour un sou, mais amoureuse de la scène.

Talent et modestie. Mon cocktail préféré.

La prochaine fois que nous nous croiserons, je l’appellerai ainsi.

« Mon cocktail préféré »…
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Pour découvrir 4 chansons de l’album, voici son MySpace.

(Je conseille à tous les alcooliques (mondains ou pas) comme moi, d’écouter Les vapeurs assassines…)

Pour en savoir plus sur l’artiste, c’est ici que ça se passe

Pour commander le disque, cliquez là !

Et enfin, pour la contacter personnellement: ma.cayrouze@free.fr

Bonne découverte !

P.S : Quant à toi, Richard, je ne t’oublies pas.

10 juillet 2007

Boris Bergman... usine à tubes!

ddfef6439f4ddda8d5a581caf5fbfddd.gifJ’ai hésité et puis j’ai capitulé. Ecrire la biographie de Boris Bergman a été fait maintes fois et particulièrement bien sur ce site très intéressant (pour peu que vous aimiez la chanson française et que vous ne soyez pas choqué de comprendre où j'ai piqué la photo à gauche, là) mais aussi ici.

Alors, je ne m’y recolle pas.

Mais, juste, dire que c’est lui qui a écrit :

Rain and Tears (Aphrodite’s Child), Fio Maravilla (Nicoletta), Gaby, oh Gaby, Vertige de l’amour (Bashung), Tu peux préparer le café noir, Lèche botte blues (Eddy Mitchell), Dégriffe-moi (Diane Tell), Tétéoù (Lio), Pleurer les rivières (Viktor Lazlo), Chienne d’idée (Maxime Leforestier).

C’est idiot de citer seulement ces titres alors qu’il écrit depuis 1967 mais bon, il s’agit là de positionner le personnage. L’homme n’est pas un branque.

(D’ailleurs, voici tous les 45 tours de sa discographie. C’est assez marrant… et kitch parfois. Page 1 et page 2)

J’aime beaucoup ce qu’en dit le site de la Sacem  :89b0701fe15f03f8bed0bedb08db0249.jpg

« Depuis Boby Lapointe, aucun auteur de chansons n'avait autant joué avec les mots de par chez nous, au point d'en faire un style (pour ses admirateurs) ou un procédé (pour ses détracteurs), voire une école (Libé aurait pu lui verser des droits d'auteurs!), quoiqu'il en soit une griffe reconnaissable entre toutes, une langue bien à lui qui n'est pas aussi facile d'accès qu'on pourrait le croire et garde toujours ses codes secrets, ses tiroirs bien clos: l'homme, qui enregistra un jour un album intitulé... «Le tzigane et la fourmi», est un tendre, chez qui l'humour est à la fois une arme et une élégance -non initiés s'abstenir-.

Et si l'on chante du Bergman un peu comme on disait du Audiard, en guettant les bons mots au détour d'une réplique ou d'un couplet, ne nous fions pas aux apparences: un (jeu de) mots peut en cacher un autre chez ce gavroche rêvant toujours de la ligne bleue de la Paramount au pied de la Butte Montmartre , qui a concocté dans ses oeuvres un savant mélange d'humour slave, british et yiddish -the "Bergman's touch" en quelque sorte-, a fait swinguer le rock français comme personne. »

C’est justement au pied de la Butte Montmartre que Boris Bergman m’a invité à me rendre. Dans son antre. Un musée du cinéma. Rien de moins.

Cheveux hirsutes et clop au bec, Boris Bergman me fait visiter son appartement. Waow !

Pas mal du tout. Des affiches de vieux films et surtout une pièce entière avec des bobines de films d’antan dans des cartons individuels. Il m’explique que c’est le meilleur moyen pour empêcher l’humidité de faire son œuvre…

Très fier de sa collec’, il est intarissable pour me parler de telle ou telle oeuvre.

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Ils s’échangent parfois des films avec Eddy Mitchell qui a la même passion que lui. Je lui demande s’il pourrait m’inviter un jour à mater Citizen Kane dans son salon (avec Eddy, de préférence). Il change de conversation. Peut-être ne m’a-t-il pas entendu…

(En vrai, jamais de la vie je taperais l’incruste ainsi. Z’êtes fou où quoi ?)

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Le truc bizarre, c’est que je viens causer chanson et que je me retrouve à évoquer les films de mon enfance. Selon Boris Bergman, de toute manière, ces deux arts sont liés :

-Je n’aurais jamais écrit les chansons qui figurent dans mon œuvre si je n’avais pas aimé ce cinéma là. J’ai même conçu souvent mes textes en pensant à un montage cinématographique. Et puis, je vais te dire, puisqu’on parle de mes influences, dans ma famille, au niveau de l’humour, j’avais au moins 3 Groucho Marx. Cet humour juif d’Europe Centrale m’a donné depuis tout petit le sens de l’absurde… 

Je précise que, s’il est né à Londres, les parents de Boris Bergman sont russes.

-Mes origines ont été dominantes dans ma façon d’aborder ma vie. Ce que je veux depuis toujours, c’est avoir plusieurs vies dans la même. Grâce à des révolutions et à des migrations diverses, je me suis retrouvé à parler une langue qui n’appartenait pas au pays dans lequel je suis né…

Plusieurs vies dans la même… c’est le moins que l’on puisse dire.

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Bergman est auteur de chansons, mais aussi écrivain, scénariste, réalisateur de courts-métrages et de clips ainsi que comédien. Tout est bien expliqué ici.

D’après ce que j’ai compris en l’écoutant, c’est qu’il souffre (sans l’avouer) de ne pas être considéré comme un intellectuel.

-Certains journalistes de ce que j’appelais « le triangle des bermudas », c'est-à-dire, des gens de chez 1151500dafd0eabde0b6ed9ef027e974.jpgTélérama, Libé et les Inrocks, m’ont un peu tué. Pour eux, j’étais l’auteur qui avait fait les vilaines chansons de Bashung. Pour les intégristes de Bashung, sa vie commence à partir de Play Blessures. Mais comme j’ai fait l’album Novices en 1989 (7 chansons en tout), ils sont bien emmerdés d’avouer que c’est le même homme qui a écrit « Gaby, Oh Gaby ! » et « Vertige de l’amour ».

Boris Bergman, me raconte longuement ses collaborations passées et celles à venir. Il me montre un texte à côté de son ordinateur.

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-C’est pour le chanteur Raphaël. Il a aimé ce que j’ai fait avec Gérard Manset et il veut absolument que je lui écrive quelques chansons pour son prochain album. Je dois lui en faire écouter deux cette semaine.

Je lui fais part de mon étonnement sur le fait que de gros tubes ont été composés par lui sans que personne ne le8f15c969bd1e5739299d4e0419953f5d.jpg sache vraiment. Je pense par exemple à Tu peux préparer le café noir et Lèche botte blues de notre ami Claude Moine

Il se marre.

-Ca vient de l’interprète qui ne s’en n’est jamais vanté… 

Et Bergman de me raconter quelques anecdotes sur certaines chansons.

5d64d933755fc13721c6bc5853b6a1b3.jpg-Comme je joue pas mal avec les mots et que j’aime les doubles sens… certaines chansons ne sont pas toujours comprises. Mon plus gros tubes actuel reste "Rain and Tears" interprété par les Aphrodite’s Child. Personne ne s’est aperçu que je raconte un trip à l’acide. Ca me fait bien marrer parfois d’entendre cette chanson à la radio.

Quel espiègle ce Boris !

Une heure trente à discuter, deux thés et 4 cigarettes fumées… je crois qu’il va falloir que je m’arrache. Je vais finir par réellement taper l’incruste.

Et ce n’est pas mon genre.

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Mais être chez un dictionnaire vivant de la chanson et du cinéma, ce n’est pas tous les jours que ça m’arrive.

Il me raccompagne après m’avoir expliqué qu’il vient de s’acheter un ordinateur portable. Son premier. Il va passer de la machine à écrire (une vieille Remington) à un PC dernier cri…

-Je ne sais pas encore me servir d’Internet mais dès que je saurai,  j’irai voir ton blog.

Moralité : Boris Bergman est poli. Parce que j’imagine que venir lire les chroniques de Mandor est absolument une priorité pour tout le monde. Hein ?

P.S: Le Tout petit déjà de samedi... pourquoi pas Bashung? Du coup.

29 juin 2007

Babx... un de mes élus "produit de l'année"!

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Hop là ! L’été est là, ce blog va tourner au ralenti… mais il ne s’arrêtera pas. Mon rythme quasi quotidien va se métamorphoser en un rythme plus raisonnable (encore non déterminé).

En attendant, je voulais vous parler d’un artiste que j’ai découvert il y a un an.

Babx.

Je le classe parmi mes 5 découvertes IMPORTANTES de cette année.

Avec Daphné, Constance Amiot, Fabien Martin et Pierre Lapointe

Voilà ce que j’en ai dit dans mon journal « gagne-pain » :
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97d8f6aef70f9092e62215f76d29449b.jpgCertes, vous l’avez remarqué, j’étais fort enthousiaste. Je le suis toujours. Hier en bagnole, j’ai écouté de nouveau ce disque et je me suis dit qu’il fallait que je vous le fasse découvrir.

Son phrasé, la sonorité de sa voix, la musicalité de ses mélodies, ses textes… j’aime tout dans le travail de ce charismatique jeune homme.

Je me demande d’ailleurs, pourquoi je n’avais pas déjà écrit une note sur lui. Peut-être parce que ce blog a débuté en juillet dernier et que son album était sorti un mois plus tôt. Peut-être.

Ou alors, un acte manqué.

Je ne sais pas.

Quoiqu’il en soit, n’hésitez pas à le découvrir, si vous aimez la chanson française, je suis prêt à parier que vous ne serez pas déçu.
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Jolie bouille, non ?

Si, en plus, vous avez la curiosité d’aller le voir sur scène, vous constaterez qu’il n’a rien à envier au plus grand.

J’veux dire, au plus grand d’avant.

Les Ferré (encore !), les Brel, les Barabara (j’ose la comparaison).

J’vais me faire engueuler par les puristes.

Pas grave.

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Tenez, pour juger par vous même. Il y a quatre extraits sur son MySpace...

 

J’attends avec impatience son deuxième album.

Juste pour conforter mon opinion.

Juste pour prendre du plaisir.

Juste, ça.

28 juin 2007

Corneille... fragile et intense!

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Le nouvel album de Corneille est en anglais. Entièrement.
The Birth of Cornelius devrait consacrer cet artiste rwandais sur la scène mondiale.
Normalement.
En tout cas, c’est le but.
Le son R&B/Pop de cet artiste fragile s’est équilibré pour aller vers un son soul purement analogique, organique. Ca sent bon l’essence old school 60’, 70’… et les amateurs de Stevie Wonderd’Al Green, des Isley Brothers ou de Sam Cooke ne seront pas dépaysés.
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J’avais hâte de le rencontrer.

L’artiste, prudent, observe son interlocuteur, débite des banalités pendant quelques minutes. Dans ce salon cosy d’un grand hôtel parisien, je ne le sens pas très à l’aise. Il lui faut un moment pour comprendre que je viens « en ami », et là, du coup, il finit par se détendre. Le chanteur blessé se méfie encore du genre humain.

-Mais, vous savez, avec tout l’amour que j’ai reçu de mon public, je commence à changer d’avis. Je constate que les gens sont bons et ont un potentiel d’altruisme énorme. Ce n’est pas vrai que les gens se foutent de ce qu’il se passe à l’extérieur de leur foyer. C’est rassurant pour l’avenir. 

Mais le doute tenaille Corneille.

-Evidemment que je suis traumatisé mais la relation amoureuse que j’ai avec mon public est mon pansement. C’est pour cela que j’ai peur qu’il me quitte. On devient vraiment accro à ce genre d’amour. 

J’hésite à lui poser la question récurrente : pourquoi ce 3eme opus est-il en Anglais ?

Bon, je ne peux vraiment pas éluder ce côté là…

-Je me suis rendu compte qu’avec le succès, on peut très vite s’égarer du pur chemin de l’art et tomber dans une espèce de mécanique où on veut plaire à tout prix. Si j’avais pensé à ma carrière avant mon art, je me serais posé la question de la barrière de la langue, parce que je sais que beaucoup de gens sont attachés à l’aspect francophone de ma musique. Mais j’ai ignoré cette pression pour me donner le plus de liberté possible. J’aurais peut-être contenté certaines personnes mais j’aurais menti, à moi-même et au public. C’est pour cette raison que je me suis donné le droit de faire un album en anglais parce que ça faisait longtemps que j’avais envie de le faire. J’ai appris à aimer la musique avec des artistes anglo-saxons. J’ai écrit mes premiers textes en anglais. J’avais le même avantage que sur le premier album, avec cette impression de repartir à zéro. La musique, l’artiste sont les mêmes. Mais cet album est bien meilleur que les deux premiers. J’ai mûri.

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Dans ce disque, il est principalement question d’amour. Oui, vous le savez, Corneille et fou de son épouse. Elle lui a inspiré une bonne partie de Birth Of Cornelius.

Il relate aussi la vulnérabilité sentimentale, évoque le racisme et sa crise identitaire et enfin, revient sur le succès et la célébrité.

c45546b85801d242a044b81ada1caa20.jpg-Avec le succès, beaucoup de choses deviennent fausses. Certaines personnes n’ont pas été vraies avec moi. Ma perception des choses et de moi-même était fausse. Ca va dans les deux sens. Il a fallu faire table rase. Je ne veux que de la vérité autour de moi.

Et toujours, la traditionnelle chanson sur le Rwanda.

-On va penser que c’est un thème récurrent, mais je le traite sous un angle complètement différent. Ce n’est pas un pays que je considère comme chez moi car j’en garde des souvenirs atroces. N’importe qui aurait vécu ce que j’ai vécu le comprendrait parfaitement. Plutôt que de rester dans une espèce d’hypocrisie qui partait d’une bonne intention mais qui n’était pas vraie, qui consistait à dire que je comptais y retourner, je préfère dire que je ne veux pas y retourner. C’est une certitude. Je changerai peut-être d’avis, mais je suis loin de la guérison.

La conversation dévie sur son histoire. Il n’évite pas le sujet.

Et il ne mâche pas ses mots. Etonnant pour un Corneille qu’on connaît modéré.

- A un moment, il a fallu que je sois honnête avec moi-même. J’ai de la rancœur, c’est indéniable. Si je rencontrais les gens qui ont assassiné ma famille, je ne sais pas le comportement que j’aurais. Je suis un être humain et mon sens moral n’est pas supérieur à celui d’un autre. On ne peut pas pardonner. J’ai choisi d’oublier pour arriver à continuer à vivre.

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A partir d’aujourd’hui, le chemin de Corneille se veut ouvert vers l’avenir. Son message est clair : « Toujours faire pencher la balance du côté de la vie ».

Avec cet album, il se lâche enfin...vraiment. Pas facile de se débarrasser de ses fantômes. Il est parvenu à zigouiller les ombres du passé.

The Birth of Cornelius sort lundi prochain. Le 2 juillet.

Pour bien  commencer l’été...

22 juin 2007

David Hallyday... met le turbo!

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David Hallyday, 20 ans de carrière, 9 albums. Ni un jeune premier, ni le premier venu. C’est le « fils de » le plus sympathique que compte notre beau pays. Son nouvel album est un retour aux sources. Plus loin, plus fort que le rock de papa.

3ed05ef4e93318aed6fde44cda98b6a6.jpgS’il a fait des concessions dans sa carrière française, David Hallyday est décidé à ne plus jouer le jeu. Il faudra désormais l’accepter tel qu’il est. Biberonnés aux sons des Rushs, Stevie Nicks, Genesis, Pink Floyd et autres U2, il est aujourd’hui résolument rock.

Le 1er juin 2004, deux jours avant son mariage, le « roi David » (comme le chantait sa maman en 1969) a dîné avec moi à l’hôtel Meurice. C’était pour la sortie de son précédent album Satellite

Extraits de la conversation :

- Tu aimes la solitude mais tu joues dans et pour des groupes. Paradoxal !

-Mais je suis paradoxal. J’ai besoin de tout pour être bien. Je ne peux pas être dans un système unique tout le temps sinon, je deviens fou. Je n’ai pas encore de base. J’aime bien les différences, je n’aime pas les habitudes.a2b8a612999f0e16c0538161ed1eeef9.jpg

-Dans de nombreux textes à toi sur tes derniers albums, tu sembles inquiet sur l’avenir des Hommes…

- Oui parce que j’ai deux enfants et qu’on vit dans un monde qui devient de plus en plus barge. Je me demande comment je vais faire pour qu’ils soient épargnés ? Je sais bien que c’est utopique parce que les gens deviennent cinglés.

-C’est un peu à la mode d’être rock, non ?

-Le rock ne se mesure pas au nombre de bracelets que tu as sur le bras. Etre rock c’est être à part, ne pas suivre les règles et rester intègre. Mon père vivait vraiment rock’n’roll. Ce n’était pas du chiqué, je peux te le dire.

Le reste évoquait principalement des textes de son précédent album.

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Aujourd’hui David à 40 ans. Il a fait un album d’un homme de 40 ans.

Il est produit par Pierre Jaconelli… une référence.

On sait également que David a fait appel à Miossec, Monsieur Clement, Jean Patrick Capdevielle et Julie d’Aymé pour les textes...
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Les commentaires sur le disque et les crédits, vous pouvez les trouver ici.

Hop ! 3 extraits sur son MySpace.

20 juin 2007

Amel Bent... artiste en pleine mutation!

da29b1f877fc6a87af670e0fdff7d28c.jpgAllez, un coup de pub… et je fais dans la variété aujourd’hui… ça faisait longtemps non, que je n’avais pas parlé d’une Chimène Badi, d’un Christophe Maé, d’un Christophe Willem, d'un Thierry Amiel ou d'un Emmanuel Moire...

Le 5 novembre 2004, dans les locaux de sa maison de disque BMG, je rencontrais Amel Bent.

A 19 ans, elle avait déjà tout d’une grande. Son premier album Jour d’été était un mélange de soul, de R’n B, teinté de variété classieuse.

Devant moi se tenait une jeune fille à la fois timide et assurée. Le mastering était en cours de finition, elle sortait85f0af5dff53d049d961436837be1e42.jpg tout juste du studio d’enregistrement. Nous avons écouté son disque ensemble. Devant moi, elle chantait, mimait les paroles, semblait impressionnée de s’entendre. Je lui en ai fait la remarque.

-Quand j’entends de la musique, quand je chante, je ne suis plus maîtresse de moi. Je rentre dans un état proche de la transe.

Comme elle le dit dans son premier single Ma philosophie (co-écrit avec Diam’s), viser la lune ne lui faisait pas peur.

- Il faut laisser l’artiste chanter comme il le sent, le laisser s’épanouir. Je fais des concessions sur des trucs tels que les photos, la promo, les interviews. La maison de disque connaît les rouages de l’industrie. Artistiquement, je gère, le reste  je ne veux pas m’en occuper !

6d9422a37dfd72e384f7026a91a11a74.jpgJe la devinais un peu effarouchée par le succès à venir. Elle jouait le jeu de la « gloire » avec parcimonie. Amel Bent, un peu mélancolique, semblait en retrait de ce tourbillon.

- J’avais un rêve, maintenant, je l’ai réalisé. Je n’en n’ai plus. C’est triste !

Il lui tardait de monter sur scène, sa passion absolue.

- J’ai tellement envie de concert, qu’il m’arrive d’aller dans des karaokés. Les gens hallucinent quand ils me voient. Après moi, personne n’ose plus chanter. Ca me fait rire ! Allez, il est 14 heures. J’ai faim.

Amel Bent, ce jour là, alors qu’elle n’avait encore aucun succès, m’a congédié sans aucune forme de procès. Elle m’a lancé un simple :

 -Et merci, c’était sympa ! J’ai de la chance, les gens sont gentils avec moi ! 

Oui, Amel... mais de toute façon, moi, je suis gentil avec tout le monde.

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97f79617187ed6655ccba2fc1da0f744.jpgC’était il y a plus de deux ans… Depuis, une certaine presse et TF1 n’ont pas été très tendres avec elle.

Et elle s’est endurcie. Pour tenir le coup, certainement.

Tout ça pour dire que le deuxième album de cette chanteuse est sorti avant-hier…

A 20 ans ! est réalisé notamment par Kore et Volodia. Ont collaboré : Pascal Obispo, Lionel Florence ou bien encore Diam's sur trois titres, dont un duo.

Une artiste à fleur de peau avec une voix superbe. Mais, bon, cela reste de la variété R’n’B à la française. Rien de révolutionnaire en quelque sorte… un petit aperçu, ici, sur son MySpace officiel.

Au programme des jours qui arrivent: David Hallyday, MC Solaar, Boris Bergman (auteur de chansons) et Virginie Talavera...

13 juin 2007

Bernard Chambaz... écrivain voyageur et sportif!

 

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Certes, Bernard Chambaz est romancier, poète, essayiste, enseigne l’histoire et a publié 27 livres. Ce n’est pas rien, mais le prix Goncourt du Premier roman (en 1993 pour L’arbre des vies) est surtout un cycliste émérite. A 58 ans, ce n’est pas rien non plus.

En 2003, il achève le Tour de France du centenaire de la Grande Boucle et en tire un livre : A mon tour. Chambaz récidive en faisant encore plus fort. En juin 2006, l’homme s’est attaqué à un autre grand tour mythique, le Tour d’Italie, le Giro. Le Giro de l’année de sa naissance : 1949. Ce même Giro du duel mythique Coppi-Bartali.

Blondin est mort, vive Chambaz !

de0ee5172dabfcb5040a4dac6cea9fd8.jpgBernard Chambaz nous propose dans Evviva l’Italia (éditons Panama) une balade littéraire palpitante, doublée d’une déclaration d’amour à l’Italie.

- Je suis fol amoureux de ce pays. J’y suis allé pour la première fois il y a 40 ans et je tente d’y retourner chaque année. Je connais mieux l’Italie que la France et je m’y sens plus à l’aise. J’aime la légèreté qui y règne. » 

Ce récit de voyage rend hommage à la culture, à la géographie, à la gastronomie, à la culture humaniste de ce pays.

-J’ai vécu, avec cette expérience, un des plus beaux moments de ma vie, un bonheur d’une formidable intensité. C’est un peu banal à dire, mais c’est un livre pour lequel j’ai une grande tendresse. 

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En ce mercredi 6 juin, l’écrivain voyageur, installé devant moi dans un bar (en face de la mairie du 18e), n’hésite pas à comparer l’écriture et le cyclisme.

-Écrire, c’est comme pédaler. En vélo, on souffre beaucoup, mais on jubile de traverser de merveilleux paysages. Lorsque l’on écrit, il faut faire des efforts conséquents, mais on traverse aussi de somptueux paysages linguistiques…

Il faut avouer que Chambaz connaît bien les subtilités de la langue française.

-Je mets de la poésie dans tous mes livres… mais chez moi, elle ne se traduit pas forcément par des rimes, mais plutôt par des sons, des assonances particulières et des images. Si j’écris avec facilité, je suis très difficile avec moi-même quant au style. 

Avant de nous séparer, il m’implore presque de lire un livre : L’usage du monde par Nicolas Bouvier, « un des plus grands écrivains du XXe siècle ! » et me raconte aussi sa jeunesse dans une famille communiste.

D’ailleurs il est l’auteur d’un livre passionnant sur le journal L’Humanité.

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Le type est passionnant. Il me raconte un peu sa vie, moi la mienne.

Et pis voilà, c’est terminé, on se quitte.

Comme d’habitude.

Parfois, c'est frustrant.