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19 novembre 2007

Léopold... une histoire de flou!

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En ce moment, tout ce que je fais est fou.

Tout ce que je fais est flou.

Cela faisait longtemps que je tentais de contacter un jeune chanteur qui répond au doux nom de Léopold.

Je raconte ici son histoire.

(Sans rire, vous ne pouvez pas comprendre la suite de la note, si vous ne lisez pas. C'est très court.)

Je lui ai envoyé un mail sur son MySpace il y a 4 mois pour lui signifier mon soutien.

Il n’en avait peut-être pas besoin mais j’ai ressenti le besoin de le faire.

Et parfois, je fais bien des conneries quand je suis motivé.

Bref, la semaine dernière, il m’envoie un SMS.

Je l’avais presque oublié.

(J’oublie quand on ne me donne pas de nouvelles.)

Nous décidons de nous voir mercredi dernier (le 14 novembre) au bar du Lutetia.

(Je pardonne tout quand on revient vers moi.)

(Une vraie girouette, quoi !)

(Je sais bien.)

J’arrive au bar.

Il est là.

Léopold boit un café.

Je commande un Coca Light.

Il y a déjà du monde.

Les gens parlent tout bas.

Hommes d’affaires, vieux copains, jeunes femmes en quête de rencontres, working girls, écrivains, éditeurs, couples illégitimes, que sais-je ?

Le piano est seul.

Personne n'effleure ses touches en épicéa.

(Je plante le décor, l’ambiance feutrée… on s’y croirait.)

Le début de la conversation est hésitant, un peu flou, comme le but de cette rencontre.

Au fond, je viens faire quoi ?

Interviewer un artiste que sa maison de disque prend du temps à imposer à la face du monde ou, une seconde fois, l’encourager à ne pas baisser les bras.

Qui suis-je pour agir ainsi ?

(Qui suis-je tout court, d’ailleurs ?)

(C’est une question que je ne cesse de me poser.)
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Léopold a du mal à répondre à mes interrogations, car il est partagé entre le fait de parler avec sincérité et la crainte de trop en dire.

Ce qui n’est guère pratique, convenez-en, pour tirer le meilleur de chacun.

Il m’explique tout de même la raison du retard de la sortie de son disque.

Pour qu’un artiste puisse bénéficier de promo au sein de la maison de disque et que la machine se mette en route (complètement), il faut qu’une chanson de l’album passe en radio.

Ce qui n’était pas le cas.

Donc, disons que la maison de disque croit encore en lui, mais qu’elle attend de présenter un autre titre aux radios.

Léopold enregistre une nouvelle chanson actuellement.

Pour elles.

(Si on ne peut même plus faire confiance aux radios…)

Le jeune artiste, assis devant moi, ne parle pas de sa lassitude d’attendre, de sa crainte que la sortie du disque soit annulée, de son mal-être de se sentir bridé.

D’être à la merci de décisions qui ne dépendent plus de lui.

Du couperet qui tombera, ou pas.

Léopold n’en parle pas.

Mais, je le lis dans ses yeux.
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Personnellement, je fais ce métier depuis 25 ans.

(Quel métier, au fait ?)

(Je ne sais pas… observateur de la vie musicale française, par exemple).

(Par exemple, mais pas seulement.)

Et, croyez-moi, je sens quand un type à du talent.

Quand un type à tout pour plaire à beaucoup.

Sa pop française est accessible à tous, cela ne l’empêche pas d’être de haute tenue.

J’aime sa voix, j’aime ses textes, j’aime sa musique.

Je me considère comme un assez bon baromètre pour mesurer l’air du temps.

(Ce qui est parfaitement prétentieux, mais vrai. Disons que j’en ai vu passer des artistes de tout poils…)

Nous avons beaucoup évoqué sa jeunesse dans le sud-ouest (dont il est originaire), ses petits groupes entre 16 et 25 ans, sa montée à Paris à cet âge-là « pour réussir », sa première maquette 4 titres (réalisée par Philippe Uminski), sa signature chez Warner, ses premières parties de Zazie (5 Bataclan et quelques Zénith), son contrat qui lui est rendu pour d’obscures raisons toujours pas digérées aujourd’hui, ses re-galères dans les bars, son retour dans une multinationale, il y a moins d’un an, sa première partie de James Morrison à l'Elysée Montmartre le 5 juin 2007 (photo).

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Et son attente.

Toujours.

Léopold accepte ma séance de clichés mandoriens.

Mais, je le sens gêné.

Parce que son retour n’est pas encore officiel. 

Ne plus vendre la peau de l’ours…

Comme la situation est floue, notre rencontre est floue, la vie est floue, ma vie est floue, j’ai décidé de nous flouter.

Ce qui donne ses curieuses photos.

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Nous quittons le Lutétia ensemble.

Dans la rue, Léopold hésite encore à accepter que je publie ma note future.

(Qui est celle que vous lisez. Comme quoi… le futur est parfois très proche.)

Ne pas heurter la maison de disque.

Heurter de quoi ?

Je l’ai quasi harcelé pour qu’il accepte ce rendez-vous.

Mais, je sais qu’on est fragile en période transitoire.

(Je suis d’ailleurs, très, très fragile, en ce moment.)

Voilà, ma note est floue aussi.

J’en ai conscience.

Imaginez bien, en tout cas, que je vous tiendrai au courant de la suite des évènements.

Ils seront positifs.

Je le sens.

P.S: Et si je peux me permettre, je trouve juste dommage que sur son MySpace, les chansons que j’aime le plus (parfois tubes potentiels), ne s’y trouvent pas. Va, Nous n’irons plus au cirque et Profession célébrité. Heureusement, il y a L’amertume

P.S 2: Ici, une critique de l'album par un autre rare journaliste qui a pu le chroniquer.

Pas d'accord avec bon nombre de ses comparaisons.

16 novembre 2007

Deux visions d'une même soirée...

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Hier, 19h15.

Coup de chance. Je gare ma voiture juste devant l’hôtel Montalembert.

Devant. Un truc qui n’arrive que dans les films, mais certainement pas dans cet arrondissement.

J’observe l’homme à la cigarette élégante qui m’observe, lui même, effectuer mon créneau.

Il est assis sur le banc.

Il ne sourit pas et parait soucieux.

En descendant de ma voiture, je range des sacs dans mon coffre.

Il me regarde toujours aussi ostensiblement.

Je finis par lui dire : « Bonjour monsieur Sollers ».

Il me répond d’un hochement de tête.

Il retrouve le sourire.

Quelqu’un l’a reconnu.

J’ai un quart d’heure d’avance. J’appelle Franswa Perrin, ce trublion littéraire que j’aime beaucoup. Un type pétri de talent dont j’apprécie la présence, les fêlures, les excès, sa vive intelligence et la vision du monde. Implacable.

Il oeuvre sur le site de Strictement Confidentiel.

-Tu es dans le coin ?

-Oui. Je suis dans un bar, en attendant l’heure.

-Bon, viens. Je suis déjà là. Sollers et moi, nous t’attendons.

(J’aime travestir la réalité, parfois.)

Je vois débouler Franswa, la chevelure à son image. Des fils enchevêtrés que je n’aimerais pas avoir à démêler. Rebelle et anarchique, tout ça.

Franswa s’en fout et ça me fait marrer de l’emmener dans cet endroit chicos pour assister à la remise du 2eme Prix Pamphlet organisé par la maison d’édition Anabet éditions.

(J’avais parlé de la première, ici.)

Franswa, je pense pouvoir affirmer qu’il conchie les prix littéraires.

Mais il a accepté de m’accompagner.

Remarquez, j’ai eu quelques arguments imparables.

« Y aura champagne à volonté et jolies filles à gogo ».

Il m’a répondu dans la minute.

On entre dans l’hôtel.

À l’accueil, je rencontre deux personnes fort charmantes. Mais vraiment. Elles font partie de l’agence de communication Alchimia qui s’occupe des auteurs d’Anabet. Notamment d’Isild de Besco, dont elles m’affirment s’être bien amusées à lire ma note sur elle.

Ingrid et la jeune fille à ses côtés sont prévenantes avec nous et je me dis que la soirée commence bien.

Mon ego est flatté.

 

Je résume la soirée.

J’ai rencontré des attachées de presse qui sont un peu aussi des amies (notamment Anne V. qui s’occupe des livres du Diable Vauvert et de Panama et la piquante Estelle R. d’Allia).

Le jury a été un tantinet long à délibérer.

Pour finalement choisir un Dictionnaire. Les nouveaux mots du pouvoir (sous la direction de Pascal Durand), chez Aden.

Un type devant moi s’indigne de ce choix. Il crie, se scandalise. Je ne sais pas qui il est. Un auteur ou un éditeur déçu? En tout cas, ça met un peu de piquant.

J’ai aussi interviewé Noël Gaudin, parce que quand même, je le répète, j’ai une passion pour les subversifs et puis Zoé Félix, parce que quand même, je le répète, j’ai une passion pour les jolies filles.

(Boire une coupe de champagne avec la future Clara Sheller, il y a pire comme situation. A propos de Clara Sheller, il lui reste 4 jours de tournage et elle est folle de joie de reprendre ce rôle).

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Mais aujourd’hui, je vais faire court, car j’ai demandé à Franswa de me livrer sa version de la soirée.

Je savais que je n’allais pas être déçu.

Je savais aussi que grâce à lui, j’allais remporter le prix de la note la plus longue de toute la blogosphère mondiale, planétaire et intersidérale réunie.

(Lui, ce n'est pas Franswa, c'est l'entarteur, Noël Gaudin).

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Donc voici ce que j’ai trouvé ce matin dans ma boite mail.

Un récit que je vous invite à lire de A à Z.

Tranquillement, quand vous aurez le temps.

Franswa, il est comme ça. Je ne sais pas s’il connaît la demi-mesure.

« Aaaaah. Une soirée remise du prix du Pamphlet. Pamphlet, donc. Ca va dérouiller sévère, je me suis dit, ça va suinter dans les coins, pleurer des larmes de sang bien ou mal méritées, mais vivre malgré tout. Pamphlet, on a dit. Le pamphlet, c'est ce truc tordu qui sert, normalement, à faire très très mal pour arranger les choses, à terme. Pamphlet, c'est un peu mon poing dans ta gueule, mais mon poing, aussi, qui ne veut pas te la casser totalement, mais te l'améliorer pour que tu puisses vivre sereinement ta vie d'être vivant sans devoir, toutes les deux secondes, t'affaler sur tes propres genoux en concédant un "tant pis" qui n'est rien d'autre qu'une fuite presque malhonnête, finalement.
Pamphlet, donc.

Noël Godin, "l'entarteur", présent (BHL dans une cuvette, Godard en dérive, tous les péteux du monde énervés vraiment, dans le sens premier du terme - les nerfs tranchés, donc, incapables de résister autrement que par un sursaut néandertalien, des gifles futiles et des égos réduits à néant). Michaël Londsdale aussi, on m'avait dit - l'homme le plus classe du monde pour démonter les gens. Zoé Félix, enfin, donc je pensais à tort qu'elle était la nana qui avait joué dans Chacun Cherche Son Chat (mes excuses - ma culture cinématographique est à peu près aussi lamentable que la culture artistique d'un Florian Zeller - c'est dire), et dont je ne pensais pas grand chose enfin, sauf qu'elle était jolie, comme des tas de gens finalement. Philippe Harel et Jean-Pierre Mocky, enfin, dont personne ne m'avait informé de la présence, mais qui parlent l'un et l'autre comme on peut le penser : pointu et malin, pour Harel, lourd et clair, pour Mocky. Harel vous théorise les choses quand Mocky vous les réduit toutes à néant - en même temps, dans la même soirée - ce qui est joli.

Pamphlet, donc. Gifles dans la gueule du monde, et gifles intelligentes. Godin en absurde déroutant, Londsdale en faux-dandy puissant. Félix en jolie fleur incertaine d'être vraiment là. Harel en théoricien du Vide. Mocky en contempteurs des cons. Tout un programme. Sollers, enfin, qui se pointe un instant, fume son truc, et se tire. Sollers à propos duquel on peut dire des tas de trucs moches et valables, sauf qu'il ne sait pas écrire. Cinq canardeurs magiques et une Zoé jolie, mieux rôdée au "comment il faut se comporter", mais désespérément jolie quand même. On en attendait beaucoup. J'en attendais beaucoup.

Mais finalement, le Prix du Pamphlet, c'est avant tout un prix. Du pamphlet, certes. Mais un prix avant tout. J'attendais, perclus, perdu, voyeuriste sans l'ombre d'un doute, un Godin jouant les "pouic-pouic" virevoltant autour du bar, un Lonsdale faisant pleurer les jeunes filles, une Félix vénéneuse, un Harel absurde d'intelligence pure, un Mocky dégueulasse de sa propre beauté intrinsèque... mais non, en fait. La soirée fut agréable, et vraiment. Un Mandor magnifique de grâce sereine, une Anne splendide d'amour de livres, une je-ne-sais-plus-qui de chez Allia, déroutante de beauté tordue, accompagnée d'un moustachu splendide à la Fred Chichin , tout ce qui sied donc à une soirée littéraire (ou pas, d'ailleurs) agréable, mais pas de subversion - ah, ça, non, pas de subversion.

J'aime de manière générale les gens qui aiment leur métier - ou bien ceux qui, à tout le moins, savent le pratiquer proprement. Et à ce titre, je tiens à le dire : les barmen et serveuses de l'Hôtel Montalembert sont hallucinants de grâce. Tous, sans exception. Efficaces et sympathiques sans verser dans le servile, secs parfois sans être détestables - de vrais pros, donc. Au même titre, mention spéciale à Madame machin (pardon pour elle, je ne connais plus son nom), qui organise en partie la soirée mais ne s'affaisse à aucun moment dans l'ennui - une pro. Mention spéciale lamentable, en revanche, à un type, associé de je-ne-sais-plus-quoi (sans doute la maison d'édition, ou une chose comme ça), qui joue largement la carte de l'invitant people alors qu'il ne sait pas la lancer au bon moment. Et que ça crève les yeux.

Mais pas de subversion, bordel, pas de subversion. Les ors sont dorés, les zincs de chêne centenaires, les sols impeccables, les miroirs scintillants. Et personne, vraiment personne, ne semble être traversé par l'idée, pourtant peu révolutionnaire, d'écailler les ors, d'abattre les chênes, de surcharger les sols de fluides humains divers ou de plaquer deux mains grasses sur un quelconque miroir, juste comme ça, juste pour rien, juste pour distorde un instant la perfection. Un discours intervient au moment de la remise du prix. J'entrevois Godin parcourir la scène les mains sous les aisselles, prêt à pouic-pouiquer un monde qui, malheureusement, ne semble pas prêt. Une gamine bourgeoise de 23 ans lève les yeux au ciel, capte le regard de sa blaireaute d'amie, renforce le trait et la fait rire.

J'ai presque envie de pleurer. Godin se retient, visiblement, de frapper fort - il est membre du jury. Personne ne le relance (moi y compris, je le confesse). J'ai presque envie de battre le trottoir de ce septième arrondissement de mes cinq membres pour rameuter quelques tocards péteux du genre de BHL pour qu'ils viennent susciter une rage saine chez le Godin. Godin, bordel, cogne. Il y a dix BHL en puissance dans la salle, quinze écrivaillons lamentables de morgue (mais Wrath n'était pas là, en revanche - bizarre), deux vingtaines de parasites creux dans mon genre (mais Wrath n'étais pas... ah pardon, je l'ai déjà dit) - alors fais toi plaisir, bordel.

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Je suis ivre de champagne, de Ballantine's et de sourires benêts (les miens, en grande partie). Je ne dis rien. Je suis bien, en même temps, ici. D'abord parce que je suis ivre, évidemment. Ensuite parce le soirée est agréable. Enfin, parce que visiblement, et comme je le pensais initialement, il est nettement plus facile de retourner vraiment un bar  quelconque qu'un hôtel de luxe du 7ème arrondissement. J'aurais du m'en douter.

Alors je pense à Mandor, qui vaut des tas de choses. Je pense à Julien Blanc-Gras, aussi, qui a balancé aujourd'hui même des vidéos teasing franchement drôles pour la sortie de son prochain roman. Je pense à ma main qui éprouve les plus grandes difficultés à ne pas interagir avec des tas de choses.

Mais je souris quand même, et sans même trop me forcer. Parce que même si je suis déçu, je suis quand même ravi. J'aime bien les gens qui font des choses. Et ces gens-là font des choses.

Ca me suffit. Ils feraient les mêmes choses dans un rade du XXème au lieu de les caser à l'Hôtel Montalembert, Godin ferait l'avion, un pilône de signalisation sur la tête, Félix rirait vraiment, Londsdale resterait un peu plus longtemps, Harel arrêterait de parler et Mocky dormirait sur un canap', le sourire aux lèvres. Ce serait moins joli, certes, mais plus plaisant.

En même temps, ça n'était que la deuxième édition. On attend la troisième. »

Franswa P.

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13 novembre 2007

Sarcloret.. l'helvète underground!

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Quand j’ai reçu ce carton d’invitation, j’ai souri.

Que voulez-vous, j’aime l’humour noir.

Comme le café, quand il est bien fort.

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Moi, le gars Sarclo, je le classe dans la catégorie des Desproges.

Je vous assure, pas moins.

Sarcloret, je devrais dire… oui parce que depuis que nous avons un Sarko qui dirige la France , il a décidé de reprendre le nom qu’il utilisait au début de sa carrière.

Promiscuité que ce suisse ne souhaite pas.

Ouaip.

Bon, avant de continuer, je vous propose de regarder ça.

Pour comprendre un peu le personnage.

 

 Merci !

(Woaw ! Ce blog est carrément interactif !) 

 

9571a0767cab778a64610669ee706810.jpgSarcloret, donc, je l’écoute depuis longtemps.

Allez, disons depuis 10 ans.

Mais il a 25 ans de carrière.

(J’ai eu le temps d’écouter ces premières productions et ce ne sont pas ceux que j’apprécie le moins).

Ce monsieur dont Renaud dit de lui « qu’il est la plus belle invention suisse depuis le trou dans le gruyère » (ce qui pose son homme) a un style original et non conformiste, il dénonce, il balance, ose parler des problèmes sociaux dans leurs grands thèmes, loin des battages médiatiques des Star Academy et autres produits commerciaux (que je célèbre aussi ici parfois).

Il écrit simplement avec des mots de tous les jours, sans concession, égratignant çà et là les institutions avec méchanceté.

Son dossier de presse nous le présente ainsi. Je ne retire aucun mot.

« Sarcloret est un homme tendre et amoureux, un artiste ronchon et corrosif. Le tout donne des chansons qui oscillent entre la poésie et la boule puante, des chansons qui font rire ou pleurer, des chansons remarquables. Une écriture au compas, nette, tendre, pudique et impudique, une plume scandaleusement belle, de vraies chansons avec des morceaux de chansons dedans. »

J’ajoute à cela que son deuxième métier est architecte (c’est vrai.).

Il construit ses chansons comme des maisons.

Bien charpentées, solides et belles. Il y a bien quelques défauts, mais si minimes que je n’ai pas envie de les relever.

(Fastoche, je sais.)
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Tout ça pour dire que je ne me suis donc pas fait tirer l’oreille mercredi dernier pour aller applaudir Sarcloret au théâtre La Reine Blanche.

Sissi, son attachée de presse m’obtient une interview après le concert. Je sais, par expérience que ce ne sont pas les conditions idéales pour échanger, pour se concentrer, pour rencontrer l’autre (j’veux dire par là, pour être en « communion »).

On y reviendra plus tard.

Le concert d’abord.

Une première partie avec un jeune suisse, l’excellent Simon Gerber.

(Je signale au passage qu’il existe un CD-DVD, Quinzaine du blanc chez les 3 Suisses, d’un concert donné en commun entre Gerber, Sarcloret et Bel Hubert).

Pour Sarcloret, on l’a compris, la chanson est une histoire de famille.

Simon Gerber, donc, est un petit gars pétri de talent. Blues, rock, blues, chanson, blues… pendant près d’une heure.

Ça, c’est de la première partie.

J’observe ce type dont on risque de reparler (et qui me fait furieusement penser à Alexandre Astier, le roi Arthur de Kaamelott).

Tenez ! Oui ou bien ?

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Après la prestation d’Arthur, un quart d’heure d’entracte. J’en profite pour goûter le vin blanc suisse qu’a ramené Sarcloret de son fief.

Très franchement, bof !

C’est au tour du « mec avec sa guitare » (comme l’appelle le journal Chorus de l’hiver 2006) de rentrer en scène.

Il est seul avec son instrument et un ordinateur qui projette des photos durant tout son spectacle.6a51eb3ec336b93688270b9e98a31400.jpg

Des épitaphes-maison inscrites sur des pierres tombales.

Tout au long de la soirée on peut y lire des sentences du style : « 60 ans de vin rouge dans des verres à moutarde », « On peut sortir du quotidien, mais pas tous les jours », « Il voyait des nichons partout », ou encore le très subtil « c’est un miracle si on baise ce soir ».

Bon, raconté comme ça, je vous l’accorde, ce n’est pas hilarant, mais dans le contexte, on rit beaucoup.

Vous connaissez le dicton : le rire est la politesse du désespoir.

Sarcloret est très poli.

Il chante quelques anciennes chansons et la majeure partie de son nouvel album :

À tombeau ouvert (chansons posthumes, vol1).

Une heure 30 plus tard, c’est fini.

c40f14bb7e3bf97178a319bc69d3faf2.jpgPas vu le temps passé.

Je le rejoins au bar et je me présente.

-Ah oui, c’est vrai ! Bon, on va faire ça ici !

(Cache ta joie, j’en envie de lui dire.)

Donc, nous nous installons dans ce petit endroit ou 10.000 personnes viennent le saluer.

Peut-être pas 10.000 mais au moins 10, qui ne remarquent pas qu’un magnéto est posé sur la table et que Mandor fait son boulot.

(En tant que président de la FAPM , je souhaiterais un peu plus de respect.)

L’interview est fort décousue d’autant plus que je suis dur de la feuille et qu’on ne s’entend pas parler.

Je parviens à lui poser quelques questions et à obtenir des réponses.

Je lui demande si ne pas être reconnu à sa juste valeur le tue à petit feu. (Je pose des questions en rapport avec la thématique de la soirée, non, mais, dites-moi, il ne faudrait pas s’imaginer que je ne sais pas rester un vrai professionnel, même dans des conditions extrêmes, voyons !)

-On me pose souvent la question. (Et alors ? J’ai bien le droit de ne pas être original.) Je réponds qu’il y a longtemps, je pensais que je faisais des chansons plus belles que les autres et que c’était important ; il y a moins longtemps, je pensais que j’écrivais des chansons moins moches que les autres et que c’était sans importance ; et maintenant je suis juste un vieux mec avec une guitare…

Sarcloret à 56 ans, mais il ne les fait pas.

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Bref, il continue.

-Je ne ferai jamais de gros succès. Les maisons de disques veulent juste faire les poches des gamins. Je n’écris pas des gamineries, j’écris pour adulte consentant.

Comprendre par là que l’artiste aime les différents niveaux de lecture. Chez lui, c’est l’ambivalence entre ces deux aspects qui est intéressante, la tension entre la déconnade et la chose sérieuse.

a906df6df1dcbd8df560e0c0923cf84a.jpgSarcloret est subversif. Il est même le chanteur francophone le plus subversif, sans aucun doute.

-La subversion est toujours un peu noire. La différence entre un produit commercial et un artiste, c’est que l’artiste se préoccupe du monde. Il s’en moque, le bouscule, gratte pour voir ce qu’il y derrière. On peut trouver que Bénabar écrit de belles chansons, mais moi, quand je l’écoute, je m’emmerde. Je m’en tape de ce qu’il y a dans son frigo. Je n’ai rien a y manger parce que le monde est trop contemplé de manière inerte. Je n’aime pas ce qui est aseptisé. Moi, je veux subvertir le regard, relever le grain des choses.

Ceux qu’il aime, ce sont les Céline, les Topor, les Bukowski et autres Bob Dylan.

Et Pierre Desproges.

-Desproges, c’est le gars qui ne beurre pas la tartine des deux côtés.

J’ai l’air, comme ça, mais l’homme est aimable. Je le sens las de répéter ce qu’il a déjà dit 1000 fois. Il en a 4d54fdd27dc0d564d47fe5f97281c08a.gifmarre de se justifier de sa condition d’artiste honni, qui n’aime pas les journalistes.

-Je suis là. J’ai accepté de vous répondre, ça ne me dérange pas du tout. Il y a une image de Sarclo un peu casse-couilles, névropathe et chieur. Je ne le suis pas.

Il se tourne vers Simon Gerber et ses musiciens.

-Hein, je ne le suis pas ?

-Si, un peu, rétorque un des musicos.

Je comprends qu’il plaisante. Mais quand même. Simon Gerber me regarde en souriant. Du coup, je demande à Sarcloret ce qu’il pense de Simon.

-Je suis très jaloux de lui. Parce qu’il est musical, créatif, souple, ouvert… Il fait de la chanson moins racleuse que la mienne, mais il a le talent d’aller chercher les notes, d’aller chercher les instruments. C’est un type qui peut gérer un disque de A à Z.

D’ailleurs, Sarcloret ne s’est pas privé pour « employer » Simon Gerber sur son nouveau disque. Il est à la production artistique, aux guitares, à la basse, au mellotron (???), à l’orgue, aux chœurs, au violon, au violoncelle, aux arrangements et aux « musiques manquantes » (??? bis).

Sans plaisanter, le type vaut vraiment le coup d’œil.

7fa382023ca3304f7160df96d4d2a160.jpgPour finir sur une note joyeuse (alors que le patron du bar ne cesse de remplir nos verres de ce délicieux vin blanc suisse… hum !), je l’interroge sur son obsession du temps qui passe et de la mort.

-Ca me fait plaisir quand Desproges, dédicaçait son livre Vivons heureux en attendant la mort, avec la signature de Patrick Sabatier. On peut rire de la mort, vous savez. La vie une page. Si on écrit dans la page, c’est bien, si on écrit un peu dans la marge, c’est rigolo aussi. La marge, c’est la mort. Si on ne peut pas cochonner dans la marge, c’est triste. Ce disque est pour moi une façon de cautionner la mort de manière jouissive.

Il boit un coup et serre des mains, puis poursuit.

-Dans un monde où l’on est promis à la disparition, où l’idée de Dieu n’a pas à figurer au titre des réconforts et des anti-douleurs, j’ai des anti-douleurs qui sont le vin rouge, les nichons de ma femme, la chanson française de qualité et ma guitare.

Sarcloret est un personnage important de la chanson francophone. Un incorruptible, un sans concession, un vrai de vrai.

Il est donc, tous les mercredis à 20 h au Théâtre de la Reine Blanche jusqu’à la fin du mois.

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Demain, la première partie est de nouveau occupée par Simon Gerber.

C’est dit.

12 novembre 2007

L'univers unique de Pauline Croze...

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Le métier parle d’elle comme d’une valeur sûre (et durable) de la chanson française. Il semblerait même que le doute sur la question soit écarté avec véhémence.

À l’occasion de la sortie (aujourd’hui, pile-poil) de son deuxième album Un bruit qui court, jeudi dernier, chez Wagram, j’ai de nouveau interviewé Pauline Croze.

Ici son MySpace.

Et là, un site non officiel, bien ficelé.

 

Elle me dit, presque essoufflée : J’suis en retard, pardonnez-moi !

Nous avions rendez-vous à 11h15, il était 11h18.

Je réponds que « j’ai vu pire comme retard dans ma vie de journaliste à Paris »

Mais elle se justifie encore.

-Non, c’est parce qu’hier soir, j’ai chanté à la fin de l’émission de Frédéric Taddéi.

Il est vrai qu’elle a dû se coucher tard, alors.

Je suis ravi de constater qu’elle n’a pas changée.

La première fois que nous nous sommes vus, c’était pour son premier disque. Elle était toute timide dans ce petit bar de Bastille.
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Si j’ai une certaine propension à m’exalter facilement, je vous assure que Pauline Croze, elle, m’impressionne.

Sa voix est unique. Elle détend et trouble. On voudrait que jamais elle ne s’arrête, que la chanteuse poursuive et continue cette quête du beau à travers laquelle elle guide son auditoire. Comme Piaf. Elle sourit de cette comparaison.

-C’est rigolo ce que vous me dites là. Je n’ai jamais trop écouté de chansons françaises. Ce n’est pas du tout mon truc. Personnellement, j’écoute beaucoup de musique noire. Reggae, soul, funk, blues, musique africaine. 

Bon, je remets Piaf au placard de mes illusions. C’est au siècle dernier (en 1999, en fait) que Pauline écrit, compose et maquette ses premiers titres avec son ami Quito, du groupe Senor Holmes.

-J’ai fait ensuite leurs premières parties. Une cinquantaine de concerts dans les bars. Je vous assure que c’est une école très difficile. Capturer l’attention de gens qui boivent,  discutent et qui se foutent que vous soyez là, ce n’est pas une mince affaire !

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En janvier 2003 elle rencontre Édith Fambuena (arrangeuse hors pair). C’est le début d’une belle collaboration. L’une et l’autre sont exigeantes. Édith dira de Pauline :

-Derrière ses yeux candides et espiègles à la fois, se cachent de la rage, de la ferveur, de la hargne, de la colère et surtout de la passion qui se traduisent la plupart du temps par une générosité sincère qu’elle distribue autour d’elle dès qu’elle se met à chanter. 

Mademoiselle Croze s’étonne elle-même de cette sincérité absolue, elle si pudique.

-A la fin de l’enregistrement de mon album, en réécoutant tout, je me suis étonnée d’avoir dit tout ça de moi, de m’être tant dévoilée. Je donne ma vulnérabilité. Il faut pourtant  faire attention de ne pas donner sa faiblesse aux gens. 

Les chansons de Pauline sont celles d’une jeune femme un peu floue (moins dans le deuxième album, d’ailleurs), amoureuse transie ou déçue, peu enclin, en tout cas, à devenir une femme parfaite, encore moins une épouse modèle. La mélancolie n’est jamais loin.

-C’est cet état qui me pousse à écrire. Dans la vie, j’ai une part de mélancolie mais en même temps, je peux être drôle. Quand j’écoute de la musique, je n’ai pas envie qu’elle me fasse rire, sinon, je vais voir un humoriste. J’ai envie qu’on me donne du son avec les tripes, j’ai envie d’être bouleversé. Je tente donc, moi-même d’arriver à ce résultat. 

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Avec le nouvel opus, réalisé cette fois-ci par elle-même et le brillant Jean Lamoot (Salif Keita, Alain Bashung, Brigitte Fontaine, Noir Désir… excusez du peu !), on part à la découverte de Pauline Croze comme on se lance à la conquête d’horizons lointains, de contrées non explorées.

-Jean a complété la base que j’avais posée. Il a fait de la dentelle avec ma toile de jute. Notre mélange donne un résultat à la fois étonnant et détonnant.

Ce n’est pas pour rien que la belle plait tant aux rappeurs. Une histoire de flow, sans doute.

-Je trouvais jusqu’à présent ma manière de chanter trop linéaire et je voulais m’en défaire, la renouveler. J’ai donc travaillé le débit. Je voulais que mon chant soit plus « percussif » et « pulsif ». Je ne voulais plus faire celle qui se contente de chanter un texte. Il me fallait surprendre et aller dans des endroits ou il fallait recréer des repères. 

Vous dire qu’elle admire les univers de Jeff Buckley, Björk et Camille ne devrait pas vous surprendre.

Aujourd’hui, les chansons de Pauline Croze sont à la fois plus aériennes, plus légères mais aussi plus entraînantes, beaucoup plus rythmique en tout cas.

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J’ai pour habitude de poser des questions sur quelques chansons mais là, je lui explique que je n’en ai pas envie. Je ne souhaite pas nécessairement obtenir des éclaircissements sur les thèmes abordés. La poésie ne s’explique pas.

-Je vous comprends parfaitement. Il faut se laisser porter par les mots et pas forcément y coller une histoire en particulier. J’ai l’impression d’avoir laissée plus de portes ouvertes aux interprétations.

Cet album va surprendre. Il est moins accessible que le premier (qui était un peu plus connoté « chanson française »). J’ai dit à l’attachée de presse de la chanteuse après avoir écouté plusieurs fois Un bruit qui court: « c’est un disque qui se mérite ».

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Et je le pense sincèrement. Il faut, pour l’aimer vraiment, parvenir à pénétrer dans ce singulier univers. Mais une fois qu’on y est, on ne peut plus en sortir. Je vous assure, cet album envoûte d’un bout à l’autre.

 

-Ça me fait plaisir cette réflexion. Il y a parmi mes premiers auditeurs, ceux qui sont franchement emballés et il y a ceux qui sont sur une réserve. Ils ne savent pas trop quoi en penser, ni comment aborder le disque…

Un silence avant qu’elle ne reprenne.

-Je sais que j’ai pris des risques en voulant tout casser. Le premier est de décevoir mes « fans » de la première heure. Peut-être ne vont-ils pas me suivre dans cette expérience, peut-être vont-ils me laisser au bord du chemin. Pour moi, de toute manière, la relation avec son public, c’est comme une histoire d’amour. Il faut toujours se surprendre et il ne faut pas se mouler dans ce que l’autre veut voir de nous.

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Ce charmant petit bout de femme a du caractère et sait ce qu’elle veut.

Nous devons juste nous mettre à sa portée. Ce n’est pas grand-chose, après tout, de faire un effort pour approcher l’excellence.

Je trouve.

Petit rappel : l’album sort aujourd’hui.

2eme petit rappel : le monde de Croze est beau.

 

Le premier single Jour de foule en témoigne...

 

31 octobre 2007

Youssou N'Dour...artiste humanitaire!

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C’est le chanteur Peter Gabriel qui en parle le mieux : « J’ai vu Youssou N’Dour être l’objet d’une attente croissante et devenir sans effort un leader africain de premier plan. Il a imaginé avant tout le monde de lancer des campagnes pour l’élargissement des nouvelles technologies, il s’est engagé dans un combat contre le paludisme, a milité à l’Unicef. Il est pour moi une source d’inspiration, pas seulement comme artiste, mais comme individu. »

(Source : Time du 14 mai dernier, dans lequel le chanteur sénégalais figure au palmarès des cent personnalités les plus influentes de la planète.)

61416d0e5e65a11bdc325e0ef386e2c3.jpgYoussou N’Dour a sorti il y a 3 jours son nouvel album : Rokku Mi Rokka (Give and take).

Je l’ai rencontré le 10 septembre dernier à l’hôtel Napoléon à cette occasion, mais, j’avoue que celui qui m’intéressait le plus, c’est le brillant homme d’affaires qu’il est devenu et celui qui s’implique dans l’humanitaire… mais parlons musique d’abord.

Avec son nouveau né, le maître du mbalax poursuit un voyage entamé avec les albums Nothing’s in Vain et Egypte (récompensé par un grammy Award) au cœur des traditions sénégalaises.

 

-Ce qui entretient ma passion pour la musique, c’est la liberté avec laquelle je l’aborde (ma liberté). La liberté d’utiliser différents sons, d’explorer différentes sensibilités. J’ai débuté ma carrière professionnelle en interprétant de la musique cubaine, puis j’ai chanté du mbalax et de la pop et il me semble que si j’avais toujours fait la même chose, je m’en serais un peu lassé. Mais, vous savez, j’ai l’impression d’avoir apporté quelque chose de neuf, même en dehors de l’Afrique.

Youssou N’Dour ne se contente pas de continuer à explorer les traditions musicales sénégalaises, il les réinvente. 2456832ce43e3004245a017dd64c44f1.jpgCet album est inspiré de la musique du nord du Sénégal, du désert, des frontières avec le Mali et la Mauritanie.

-Certaines personnes peuvent croire que la musique sénégalaise, ce n’est que le mbalax, qui est Wolof. C’est la langue la plus importante du pays, tout le monde la parle. Mais toute ma vie, j’ai répété que nous n’avions pas qu’une seule musique au Sénégal, nous avons une palette très large de sons et de rythme. Quand j’ai commencé à écrire les chansons de cet album, j’ai voulu utiliser des sons très variés.

Il y a, dans ce disque, un peu de blues, un peu de reggae, un peu de musique cubaine.

-En Afrique, nous apprécions beaucoup ces rythmes, car nous les ressentons, ce sont les nôtres, bien qu’ils aient quitté l’Afrique avec les esclaves il y a bien longtemps.

Je ne peux pas ne pas évoquer le nouveau duo avec Neneh Cherry sur Wake Up. 13 ans après celui-là :

-Neneh et 7 seconds ont énormément compté dans ma carrière depuis 1994 et nous avons conservé un lien très fort. Neneh est comme ma sœur, nous faisons partie de ces personnes en Afrique qui essaient de délivrer un message au reste du monde. Notre intention n’était pas de faire un nouveau 7 seconds, ce titre sonne au contraire beaucoup plus africain notamment grâce à des instruments comme le kora. Neneh a vraiment apprécié cette ambiance sonore. Nous venons du même continent et nous avons un même message.

Le titre de l’album Rokku mi Rokka signifie : « Tu me donnes quelque chose, je te donne quelque chose en échange ».

-C’est ça le message de l’album : nous avons beaucoup reçu de la part des pays développés, mais nous nous souvenons que nous avons beaucoup apporté. Est-ce que cet apport a été valorisé, continue à l’être et le sera à sa juste valeur ? La personne qui est dans son village en Afrique apporte une grande contribution sur la table du développement culturel…

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Les rumeurs sur Youssou N’Dour vont bon train depuis qu’il rencontre les grands de ce monde pour tenter de faire changer les choses. Début juin, il était au G8 d’Heiligendamm, près de Rostock, en Allemagne avec ses amis Bono (U2), Bob Geldof (promoteur des shows gigantesques Live 8 en 2005, pour exiger des puissants l’abolition de la dette des pays les plus pauvres) et Richard Branson (fondateur de Virgin).

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On lui prête notamment des intentions d’occuper des responsabilités politiques. Il serait candidat à la députation, à la mairie de Dakar, à laprésidence de la République du Sénégal, çà celle de l’Union africaine… il nie tout en bloc.

22cb6cdbd59fa7273736cde3cb0657e9.jpg-Vous savez, beaucoup de problèmes en Afrique proviennent du fait que certaines personnes occupent des postes politiques très importants, alors même qu’ils n’ont aucune expérience dans ce domaine. Je m’implique dans la justice, les droits de l’homme. Ce que je fais c’est plus que de la politique et je fais de mon mieux en restant fidèle à ma première passion, la musique. Je n’ai aucun intérêt à faire de la politique. Je donne mon support à des projets et à des idées. Je ne suis pas d’accord, je le dis. J’ai la possibilité que beaucoup n’ont pas. Parler aux médias ou directement aux personnes responsables… j’utilise ce pouvoir à fond. Maintenant, si je fais peur, je m’en fous. Je fais ce que j’ai à faire…

Je sens Youssou N’Dour, un peu exaspéré de devoir se justifier. Il se tait un moment et reprends, comme pour recentrer le débat vers la musique.

-Moi, je suis simplement un militant. Ma musique a toujours été la porte pour parler aux gens. Il y a tellement de constats faits par tout le monde sans que rien ne change, qu’il faut finir par en parler, sinon, on ne va jamais avancer. Dans mon œuvre, je transmets mes messages. Mon boulot, c’est ma passion, la musique. Je n’ai pas d’ambition personnelle pour autre chose, que ce soit bien clair.

J’insiste un peu. Comme ça, pour voir où la conversation va nous mener.

-J’ai décidé depuis le début de ma carrière de rester en Afrique. Il y a énormément de choses qui me plaisent et d’autres qui me déplaisent. Je gagne de l’argent alors, j’en profite pour l’investir dans l’information. Je créé des emplois, je participe à la lutte contre le chômage, à la formation des Africains et à l’échange. Je veux rendre les gens dignes.

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Peut-on reprocher à cet artiste, toujours en mouvement de posséder un studio d’enregistrement, Xippi, un label de disque, Jojoli, une boite de nuit, la Thiossane , deux fondations humanitaires? Il a créé Joko, un réseau d’accès à Internet pour les plus démunis. Il possède aussi une radio, Radio Futur Medias, un journal, L’observateur (60 000 exemplaires par jour), regroupés au sein du groupe Futur Médias, qui emploie 104 personnes.

40f210a63a2204d27f178d5757974764.jpg(Merci à Libération pour toutes ces précisions !)

 

-Il y a des gens que je dérange, je sais bien. Je les considère comme une minorité. On ne peut pas faire l’unanimité et ça ne m’empêche pas d’avancer.

Je ne peux pas quitter Youssou N’Dour sans parler du Darfour, son nouveau combat… (alors, que le temps qui m’était imparti s’est écoulé royalement.)

-Le Darfour pose un problème à la fois ethnique, religieux et politique, qui a trait au terrorisme et à l’Islam. Ce conflit est très complexe. Il date de 2003 et implique plus de 200 000 personnes mortes et plus de 2 millions de réfugiés. Je crie au monde entier ce qu’il y a lieu de faire. Il faut pousser les Nations Unies, le plus rapidement possible, à trouver le moyen que la décision du conseil de sécurité d’envoyer des troupes pour calmer la situation soit faite immédiatement. La décision a été prise, mais l’action ne suit pas. Il n’y a rien d’autre à faire. Vous voyez, ils ont les moyens d’arrêter ce désastre, mais pour des problèmes d’intérêt, on en arrive à cette situation là.

Je sens qu’il faut que je laisse ma place au journaliste suivant. Avant de faire la petite photo habituelle, j’explique à Youssou N’Dour qu’il m’aurait fallu 2 heures pour étancher ma soif d’information à son propos.

Il me répond :

-Cette conversation était agréable, mais nous n’étions pas censés ne parler que de musique ?

-On ne m’a rien interdit, en tout cas.

8f3008abe5016c6afdb5915898db5b64.jpgL’homme est élégant, affable, il n’insistera pas.

Moi, j’ai ce qu’il me faut dans mon magnéto. Je salue la manageuse de "la figure emblématique de la word music" un peu maladroitement :

-Eh! La Gazelle , je vous écoutais sur RFI, avec Gilles O’Bringer, quand j’étais jeune.

-Ah, merci ! C’était il y a si longtemps ?

-Euh… ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Enfin, bon, j’aimais beaucoup le travail que vous faisiez tous les deux…

J’ai quitté l’hôtel, la tête basse.

Mais content, quand même…

29 octobre 2007

Lionel Froissart... raconteur de vies cassées!

 

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Quand j’ai reçu le livre de Lionel Froissart, Les boxeurs finissent mal… en général, je n’ai pas été très enthousiaste. Je n’aime pas la boxe et encore moins la littérature qui s’y rapporte. Mais, bon, en même temps, je lis Libération depuis longtemps (entre autres journaux) et je connais parfaitement sa signature puisque qu’il y écrit des articles sur le sport depuis 20 ans.

Et le monsieur fait partie de la grande confrérie des blogueurs… du coup, ça me le rend plus sympathique. (Hé ho ! Je plaisante, hein. Nous ne sommes pas dans une secte. Déjà qu’on me demande toujours ce qu’est la FAPM , dont je suis l’honorable gourou…euh… président, pardon.)

 

7211f6453188d35df9cee43190faae2c.jpgJe me plonge dans ce roman en 12 rounds (il ne faut pas dire "chapitres", c’est pour le concept).

Et hop ! Surprise, j’apprécie le premier. Coup de bol ! Je ne connaissais pas l’histoire de Harry Greb, mais elle est passionnante (et triste). Je lis ensuite le deuxième et voilà que l’auteur nous offre une version beaucoup moins édulcorée de l’histoire d’amour entre Édith Piaf et Marcel Cerdan que le récent film « évènement »… Je lis avec avidité cette vie-là, puis la suivante, puis encore la suivante… bref, vous l’avez compris, j’ai fini par lire ce livre dans son intégralité en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (ce qui est tout à fait faux parce que j’ai mis deux jours, à cause du rhume que j’ai refilé à ma fille… il a fallu que je m’en occupe parce que ma fille, elle est de mauvaise humeur quand elle est malade. Et du coup son papa, il n’est pas concentré... mais c’est bien fait, Mandor n’avait pas à refiler son rhume à Stella !)

Bref, tout ça pour dire que je n’étais pas dans de bonnes dispositions pour plonger dans ces ambiances très noires et pourtant, quelle jubilation! Parce qu’il faut bien l’avouer, la vie des boxeurs n’est pas de tout repos et encore moins rose, mais, alors, elle est souvent digne des meilleurs films de Scorcese. Lionel Froissart l’explique en 4eme de couverture : Le noble art n’est guère charitable avec ses champions. Un jour, il quitte le carré du ring, clarté d’une gloire éphémère, pour aller se fracasser sur le sombre destin qui les attend à la sortie des cordes.

C’est le moins que l’on puisse dire. La vie des boxeurs n’est qu’un uppercut dans le bide !

Moi, je suis amateur de polars et ce roman en est un (excellent, en plus). 12 nouvelles très noires avec tous les ingrédients du genre. Le fric, les gangsters, les belles pépées vénales et souvent stupides, l’alcool, la drogue, des meurtres… et la mort (souvent solitaire) au bout du couloir.

J’ai rencontré Lionel Froissart ce vendredi (le livre sortait le jour même) dans les locaux de Libération. J’arrive dans le quartier une heure avant l’heure dite. Ça m’arrange car je compte finir les deux derniers « rounds » avant de l’interroger. Je commence à lire les mésaventures de Christophe Tiozzo, quand mon portable sonne…

C’est Francis Zégut. Il me raconte des choses importantes. Je n’ai pas osé lui dire que je n’avais pas le temps de lui parler alors, j’ai sacrifié à ma règle d’or. Interviewer un auteur en ayant lu l’intégralité de son livre. Entre l’amitié et le professionnalisme, j’ai choisi l’amitié.

Pardon Lionel, mais depuis, j’ai terminé…

Je monte au 8e étage et le journaliste sportif m’accueille très sympathiquement. Il m’emmène dans une salle de réunion avec vue imprenable sur Paris (et ses toits).

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J’enclenche mon magnéto en lui demandant tout de go pourquoi, lui qui est spécialisé dans la Formule 1 (il a écrit 3 livres références sur la question), il a choisi plutôt la boxe pour écrire ces tranches de vies.

-Je ne me sentirais pas capable d’écrire une fiction sur le milieu de la Formule 1… je peux tout raconter de la réalité de ce sport, mais j’aurais vraiment du mal à inventer des faits. De plus, je pense que ça ne s’y prête pas autant que la boxe. Les destins des pilotes sont moins dramatiques et romanesques que ceux des boxeurs…

Je tente de comprendre où est la part d’enquête journalistique et la part d’imaginaire.

-Il y a des boxeurs dont je ne savais pas grand-chose, je me suis donc fortement documenté pour ne pas raconter des énormités. Je voulais que ces « rounds » soient parfaitement crédibles. Tous les faits sont réels, mais parfois je les ai enjolivés pour les rendre plus « sexy ». Un journaliste se doit de raconter la stricte vérité. Là, ça m’a fait du bien de me lâcher dans la fiction en douceur. On est proche de la réalité, mais j’ai parfois modifié un peu le décor.

Lionel Froissart me fait comprendre qu’il se lancerait bien dans le « romanesque » total. Il m’explique que tous les journalistes y pensent un jour.

Ah bon ?

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Vous qui aimez ce sport ou qui n’y connaissez rien, vous pouvez sans aucune hésitation vous lancer dans la lecture de ce livre coup-de-poing (facile, mais si je n’utilise pas cette formule parfaitement justifiée, je le fais quand ?).

Les destins de Harry Greb, Marcel Cerdan, Benny « Kid » Paret, Davey Moore, Charles Liston, Laurent Dauthuille, Deuk-Koo, Carlos Monzon, Alexis Arguello, Anthony Fletcher, Christophe Tiozzo et Mike Tyson vont vous passionner. Vous pariez ?

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Dans « ce roman d’un combat en 12 rounds » à lire avec des gants (hum !), les destins se croisent, se chevauchent et on y rencontre d’autres boxeurs de légendes comme Mohamed Ali ou Jake La Motta , tous aussi pourris et perdus les uns que les autres…

Il y a très peu d’anges au royaume du noble art.

Très peu.

Allez, régalez-vous (ou pas)!

24 octobre 2007

Saint André, c'est lui!

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Il y a quelques semaines, je reçois un disque d’un dénommé Saint André… je le mets dans mon tas « A écouter » et je l’oublie. Et puis mercredi dernier, je me fais une séance d’écoute en prévision d’éventuelles prochaines interviews et je retombe sur cet album intitulé Le grand soir.

Je lis qu'il est réalisé, enregistré et mixé par Ian Caple (Ah, quand même! Il a produit les Tindersticks, Tricky, Alain Bashung, Yann Tiersen... ce n'est pas un branque!)

Je le mets dans mon manche disque (mais non, je n’en suis plus là !) et là, je tombe à la renverse (c’est une image !).

da229a27eb891704bb6c532ebae91fa1.jpgLa révélation ! Une voix et des textes qui me parlent au plus profond de mon moi intérieur profond (je ne sais, moi-même, pas bien ce que je veux dire dans cette formule un brin excessive et répétitive, mais il faut comprendre que j’ai accroché tout de suite… ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de cœur. Depuis Pierre Lapointe, mandorisé ici…).

Le disque tournait encore sur mon gramophone que j’appelais déjà son attachée de presse (heureusement une amie...).

-Muriel, je suis en train d’écouter Saint André. J’adooooooore !!!

Muriel connaît mes goûts et ça ne l’étonne pas plus que ça. Je lui ai déjà fait le coup avec Pauline Croze, dont elle s’occupe aussi.

Elle me promet une rencontre la semaine suivante avec Jean-Charles Santini, la tête pensante et chantante du groupe Saint André (il y a également Sam Voccia, à la guitare, Jeffo Sculfort à la basse et Thomas Jungblut à la batterie… il est bon de citer tout le monde.)

Ce que Muriel dit, Muriel fait.

Avant de continuer, voici le clip de son premier single : Un autre que moi.

Ainsi, donc, ce lundi, je me rends dans les locaux de la maison de disque Wagram. Laure (qui bosse avec Muriel) m’accueille toujours très gentiment. Elle m’offre un petit café et m’emmène dans la salle de réunion, qui est aussi la salle d’interviews.

Un peu austère, le lieu, mais tranquille.

Jean-Charles arrive. Je me présente (je m’appelle Henri !) et lui déclare tout de go que ça voix me fascine, mais qu’elle peut-être un sérieux handicap. Elle va plaire ou exaspérer.

 

-C’est ma voix naturelle, c’est d’ailleurs pour ça que je ne voulais pas chanter moi-même mes chansons. J’étais complexé de cette tessiture si « space ». Au début, je proposais mes chansons à d’autres artistes, mais ça ne fonctionnait jamais. Mes compositions étaient peut-être un peu trop personnelles et je me rendais compte qu’outre la sonorité, le timbre de la voix, il y avait un certain phrasé, une manière de faire sonner la note, la mélodie et le mot tellement instinctive que ça ne marchait qu’avec moi. Je remercie aujourd’hui les quelques personnes qui trouvaient mon style intéressant et qui m’ont incité à me lancer moi-même dans la bataille…

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Le parcours de Jean-Charles Santini est simple. Premières années de vie en Corse puis les hasards de l’existence le mènent à Liège. Il y trouve des musiciens, monte Saint André et réalise une démo qu’il envoie au concours Musique à la Française … Il figure parmi les lauréats. Le chanteur belge Jeronimo le voit en concert, en parle sur son blog et s’arrange pour qu’il signe dans sa maison de disque Bang !.

Pendant l’interview, je lui sors le disque de Jeronimo… (d’ailleurs, je ne vous ai jamais parlé de cet artiste Liégeois… erreur, car gigantesque le bonhomme !)

Il est visiblement touché de ce geste (que j’estime pourtant anodin). Il m’explique sa belle amitié pour lui.

-Le groupe répète chez lui, on se fait écouter nos morceaux respectifs. D’ailleurs, je peux te dire que son 3e album est vraiment démentiel. Plus ouvert que le précédent…

Je ne vais pas le louper étant donné que j’avais apprécié à sa juste valeur 12h33… (Échec total en France).

Grrr…

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Je fais en sorte qu’il ne m’explique pas que Saint André est le village corse de ses grands-parents, dans la montagne de Castagniccia, à 100 kilomètres de Bastia. Ca, je l’ai lu dans la biographie, nous n’avons pas de temps à perdre… allons à l’essentiel.

Parlons de son œuvre.

 

-Ce sont des chansons mélodiques dans un écrin pop rock qui peut-être à la fois épuré, efficace, mais aussi un peu lyrique, épique ou explosif. Toutes mes chansons sont motivées par un certain cri. L’envie de dire et de porter un message haut et fort…

Sa culture est rock, jazz, classique, tango argentin (ben oui, Astor Piazzolla, il aime beaucoup).

-C’est de ce bouillon de culture qu’émerge dans mon travail quelque chose de très personnel.

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Je lui parle de sa réputation d’artiste exigeant, méticuleux, pointilleux qu’on lui prête déjà.

-J’ai une anecdote à ce sujet. Un grand peintre qui était exposé à Orsay est entré un jour dans le musée avec ses pinceaux pour finir son tableau. Un gardien est venu le voir pour lui dire que c’était terminé maintenant… La question est simple : quand se termine une œuvre ? Si on prend le temps de bien travailler, d’être objectif et de ne rien se pardonner, on limite grandement l’erreur. Pour mon album, j’ai été casse-couilles mais quand je l’écoute aujourd’hui, j’en suis satisfait. C’est prétentieux de dire ça, mais je le pense sincèrement. D’ailleurs, ça me met une sacrée pression sur les épaules d’être comme ça.

Jean-Charles Santini est très ambitieux. Il veut durer et donc, s’en donne les moyens.

-Je voulais un album parfait. Si c’était pour faire un petit disque dans mon coin sans y croire, autant rester à la maison. Je veux absolument que Le grand soir soit porté sur les fonds baptismaux parce que c’est un cri !

Je crains qu’en lisant ses propos vous jugiez hâtivement le personnage. Non, il n’est pas un prétentieux imbu de lui-même. J’ai en face de moi un garçon charmant, à l’écoute et sincère. Il est même gêné quand je lui dis le coup de cœur que j’ai pour cet album… dans son entier en plus.

Ce que j’apprécie particulièrement chez ce jeune homme de 28 ans, c’est que dans ses textes, il ne joue pas au super héros. Il laisse poindre à l’horizon sa fragilité et la part de féminité qui est en lui. Notamment dans Est-ce que les hommes pleurent parfois ?… que vous pouvez écouter et voir ici en très courte version acoustique.

-C’est tout à fait ce que je voulais faire passer. J’aime bien jouer avec les codes. Qui est fort ? Qui est sensible ? Certainement pas ceux que l’on croit. J’aime bien développer le côté « colosse aux pieds d’argile »… ça définit assez bien les hommes d’aujourd’hui.

Voilà un beau disque qui va faire parler de lui. On va l’aimer ou le détester, mais il ne laissera personne indifférent. Comment ne pas être touché par des textes aussi sensibles, à fleur de peau ? Ses chansons d’amour sont comme la vie. Jamais rose, ni noir… un peu entre les deux. Rien n’est simple, mais il faut gérer la complexité des sentiments. C’est tout le propos de Santini et de son groupe. Et rarement je suis senti si proche d’un univers personnel d’un artiste.

Rarement.

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Et pour tout vous dire, humainement, je l’ai beaucoup apprécié. Encore une fois, voilà une rencontre qui me laisse sur ma faim. Je me dis que c’est tout à fait le genre de type avec qui j’ai envie d’être pote.

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Sacré métier que d’être face à face avec des gens pour les interroger sur leur vie et de devoir les laisser ensuite sans, pour la plupart, jamais les revoir.

Un peu frustrant le truc.

Mais, bon, j’ai l’habitude.

19 octobre 2007

Daniel Lavoie... the piano man!

 

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Daniel Lavoie est à l’Européen depuis lundi jusqu’à demain soir (samedi).

Ayant été invité, j’y suis allé lors de la première. Un peu à reculons, car je pensais que j’allais un peu m’ennuyer, ne connaissant pas bien le répertoire du monsieur. À part, Ils s’aiment, Je voudrais voir New York et les chansons qu’il interprétait dans Notre Dame de Paris (notamment celle-là!) ma culture « Lavoiesque » était assez réduite.

En fait, il s’en est très bien sorti et je me suis laissé piégé par son bel univers.

(Notez, que ce n’est pas pour autant que je vais courir acheter toute sa discographie).
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Devant près de 200 personnes, le chanteur québécois a joué la carte de la simplicité.

Dès son arrivée sur la scène, il a enlevé ses chaussures (idée de Néry, son « collaborateur artistique ») et brisé le cadre qui aurait pu prendre les allures d'un récital de l'ère de Cro-Magnon.

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Près de ses émotions, il a livré sans forcer et donné généreusement les chansons qui font les perles de son répertoire et quelques-unes de son nouvel album Docteur Tendresse.

Jean Guidoni (mandorisé ici) est venu chanter en duo la chanson La Naïade.

Très beau moment.
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La formule piano-voix sied à merveille à Lavoie.

Lorsqu'il sort de scène après quelques rappels, Daniel Lavoie a réussi ce qu'il voulait: toucher et émouvoir.

Opération sincérité, sans artifice.

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Et c’est une jolie performance que d’attirer dans ses filets un Mandor pas fan de base, mais qui a très vite plongé.

Et qui a rendez-vous le lendemain avec lui…

 

77e53fbe0340d526920abb71b6805d1e.jpgAinsi donc, je me retrouve à 13 heures, ce mardi, rue des Abbesses.

Lors de ses venues à Paris, il loue un appartement gigantesque dans ce Montmartre si magique.

Il faut franchir deux portes avant d’atteindre son antre parisien.

Il m’ouvre (le sourire généreux), me présente les lieux puis me prépare un café. Nous nous installons dans le séjour et devisons de choses et d’autres avant de commencer réellement l’interview. Nous parlons d’abord de son spectacle de la veille. Il est très lucide :

 -Il y avait un bon noyau de fans. Ça fait longtemps que je les connais… vous savez, quand les choses vont clopin-clopant, quand la carrière est dans une période difficile, c’est très rassurant d’avoir des gens fidèles. Ils nous aident à franchir ces passes délicates.

Ce qui ne veut pas dire que c’est le cas en ce moment. Au contraire, tout va bien. « On ne me m’arrache pas ma chemise dans la rue, mais j’ai le succès modéré ! ». Un nouveau disque, une semaine de scène parisienne, il y a pire comme situation.

 

97e1a536ab47974b25d95cf16f8ad824.jpg-Après les comédies musicales Notre Dame de Paris et Le Petit Prince, j’ai réorienté ma façon d’aborder le métier. Je suis en reconstruction. Depuis quelques années j’ai quitté la pop attitude. Après 35 ans de métier, j’ai eu envie de revenir vers une chanson plus subtile, plus poétique, plus ressenti. Si on écoute mes chansons et que l’on cherche le sens, on s’y perd. Je veux procurer des cocktails d’émotion et non écrire des chansons « raisonnables ». La raison, c’est bien beau. Ca nous sert énormément à faire toutes sortes de choses et ça nous dessert souvent à faire des conneries…c7346f117ffbec3bd1029e615b50bf65.jpg

 

Ainsi, quand il n’écrit pas lui-même, il choisit des auteurs qui ont la même façon de "peindre la vie" que lui. Tout en nuance et en poésie… c’est le cas dans l’album Docteur Tendresse (le clip de la chanson titre est ici) avec des gens comme Allain Leprest ou encore Jean Rouaud et Marie Nimier

Daniel Lavoie parle de son métier d’artiste avec conviction et amour. Il est heureux d’être à la place qu’il est et a conscience chaque jour du bonheur qu’il possède.

 

-Moi, je suis un homme très libre. Je fais ce que je veux. Personne ne m’impose quoi que ce soit. Je n’ai pas envie de patron. La vie est trop courte pour se faire bousculer. Je suis un homme privilégié. Je le sais parfaitement…

 

Après 45 minutes de conversation passionnée, je demande au chanteur de prendre une photo Mandorienne. Il refuse d’abord.

 

-Je viens de me lever. J’ai les cheveux en bataille… j’ai l’air fatigué.

 

Je lui explique que c’est le principe de mon blog.

Rendre les artistes à la portée de tous. Les montrer tels qu’ils sont réellement, sans masque, ni maquillage, dans leur environnement.

Il accepte finalement, mais un peu contrarié.

Le résultat.

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Vous avez encore ce soir et demain pour vous rendre à l’Européen…

Un beau spectacle, je vous assure.

 

Crédits: La photo d'ouverture est de Marie-Reine Mattera, celles du concert sont de Mandor (quoi, "ça se voit"?), celle du Petit Prince et de Notre Dame de Paris, je n'en sais fichtre rien...)

 

Et pour comprendre le titre de cette note...

16 octobre 2007

Ben Ricour... chanteur en lutte permanente!

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Ben Ricour, c’est l’artiste qui monte, qui monte… doucement, mais sûrement.

La première fois que j’ai entendu ce type chanter, j’étais dans un bureau de chez Warner, à l’issue d’une interview de je ne sais plus qui. Ma copine Elodie, une de ses attachées de presse, m’oblige presque à écouter quelques morceaux de « ce jeune artiste auquel la maison de disque croit beaucoup ».

Et directement, en écoutant cette voix, j’apprécie. Musicalement, très « unplugged », j’adhère.

Elle m’envoie ensuite son premier album.

Voici son premier MySpace avec pas mal de titres de cet album-là… (je vous donne le nouveau plus bas !)

Très rapidement, je me dis que lui, c’est de la bombe.

Très rapidement je le rencontre.

Le 16 juin 2005 (deux ans déjà !).
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Très rapidement, j’écris pour mon journal, une petite bafouille.
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Très rapidement aussi, je vais le voir sur scène à l’Européen.

Très rapidement, j’attends la suite.

Et pas très rapidement, la suite arrive.

Ainsi, donc, je reçois enfin, la deuxième mouture de Ben Ricour, Ton Image.

972c61760b3f7637d9076be5ad267f36.jpgAinsi, donc, je revois l’ami Ben une seconde fois.

(Je me répète ?)

Le 24 septembre dernier, toujours chez Warner.

-Salut ! Comment va ta fille ?

Je reste stupéfait à chaque fois que je revois un artiste et qu’il me pose cette question. Daphné m’avait déjà fait le coup (lire ici)… A croire que quand j’ai eu Stella, je l’ai crié sur tous les toits et j’ai raconté ma vie aux personnes que j’interviewais. Je suis un enthousiaste moi, sais pas me retenir.

Bref, je donne des nouvelles de ma petite famille puis nous parlons de son disque… parce que je suis un peu là pour ça, quand même.

D’abord, nous parlons de ce qui lui est arrivé depuis la dernière fois. Que de bonnes choses. De nombreux concerts et quelques chansons pour d’autres artistes. Il a notamment écrit J’traîne les pieds pour Olivia Ruiz (mandorisée ici) et Abracadabra pour Florent Pagny (mandorisé là).

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Ces deux idoles sont « Bashung pour le côté sombre, rock de son univers ; Souchon, pour le côté tranchant et léger à la fois. » (Hum! Voir aussi et ... si vous avez du temps à perdre!).

Mais on ne peut comparer Ben Ricour à personne. Il possède sa propre identité. Son deuxième album, réalisé par Patrice Renson et Olivier Lude (-M-, Vanessa Paradis…) en témoigne.

-Cet album a été épuisant à faire. Ma maison de disque m’a un peu pressé de la finir, moi qui a l’habitude de prendre mon temps… J’avais beaucoup de choses à exprimer depuis 3 ans. J’ai donné tout ce que j’avais et je suis content du travail accompli. Mes chansons sont moins naïves et innocentes que dans le premier disque. J’avais envie de partir vers des sujets plus personnels, plus profonds…

Et pour se mettre dans l’ambiance Ben Ricour à créé en 6 mois, dans l’inconfort « rassurant » d’un bout de pièce de 6m2, sans chauffage, les 11 titres pop-rock de cet album.

Des chansons très courtes.

-J’arrive pourtant avec des chansons très longues, mais on taille dedans pour ne laisser que l’essentiel. Je suis perfectionniste à l’extrême, j’essaie toujours de faire de la musique qui ne bouffe pas les mots et vice-versa. Le bon dosage est difficile à doser.

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Notons quelques « guest », comme par exemple Michaël Furnon (Mickey 3D) qui lui a écrit Sors de l’ombre, Albin de la Simone qui joue du clavier dans quelques titres et M qui a posé une partie très personnelle de guitare dans Cinq Minutes.

Du beau monde utilisé avec parcimonie et intelligence.

J’affirme à Ben que si ce disque ne marche pas, j’arrête le métier (ce qui, en vrai, n’est pas exact parce que, dans ce milieu, il n’y a aucune règle et je tiens à continuer mon travail. Le talent n’est pas toujours récompensé à sa juste valeur…).

Ce que j’aime chez Ben Ricour, c’est son manque d’assurance et de sérénité. Il n’a pas du tout confiance en lui et c’est, me dit-il, ce qui le fait avancer.

Voyez tel qu’il se décrit.

-Je suis quelqu’un d’assez calme, assez contemplatif, très sensible. J’ai envie de me nourrir spirituellement, de rencontrer des gens qui m’intéressent, qui m’élèvent vers le haut… je suis plus à traîner sous un ciel étoilé que dans les boites de nuit.

Voilà pourquoi, en plus, j’aime bien, cet artiste.

Un type qui m’a l’air tout à fait bien, justement parce qu'il est "en lutte permanente".
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Et, n’hésitez pas, vous, à traîner sur son nouveau MySpace, il y a son tout nouveau clip et quelques chansons (malheureusement, qu’une du nouvel album, son single L’heure d’hiver)…

(et de jolies photos mesdemoiselles. Je sais, la beauté est intérieure, mais quand même…)

Ton image sort le 29 octobre. Encore un peu de patience...

Et le monsieur fait quasi toutes les premières parties de la tournée de Vanessa Paradis.

Voici ses dates futures:

01/11   CAEN – Zénith  – en 1ère partie de Vanessa Paradis
02/11   ROUEN - Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
06/11   NANTES
08/11   PARIS - Le Zebre 
13/11   LE CHAMBON FEUGEROLLES – Festival Les Oreilles en Pointe
14/11   PARIS -
Zénith – en 1ère partie de Vanessa Paradis
20/11   CHARTRES
24/11   BULLY LES MINES – Espace François Mitterrand
06/12   ORLEANS – Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
07/12   LILLE - Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
08/12   MONTREUIL – L’Argo’notes
14/12   VERTOU – Salle Sevre et Maine

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11 octobre 2007

Bartone cartonne!

 

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Je le répète encore une fois, j’adore suivre la carrière d’un artiste depuis le premier album. C’est le cas de celui dont je parle aujourd’hui. J’avais déjà rencontré Bartone lors de la sortie de son premier album, il y a 2 ans, Cador (souvenez-vous de la chanson France-Allemagne 82 en duo avec Clarika… un p’tit bijou !).

Il m’avait paru sympathique, mais un peu tendu. Je l’avais senti en mode « observation ». Il faut dire que ce Stéphanois avait été extirpé de sa vie de chanteur dans les bars de sa région pour rejoindre une « major » et devenir professionnel. Et donc, rencontrer des journalistes pour parler de son disque…

Mon article de l’époque 
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Je l’ai revu récemment, dans un bar parisien (quoi encore ? Ce n’est pas moi qui décide…). Il me reconnaît aussitôt.

Très chaleureux, cette fois-ci. Je lui raconte comment je l’avais perçu.

-Oui, mais il faut se rendre compte de ce que c’est de quitter sa ville, de venir à Paris et d’être entraîné dans un espèce de tourbillon inhabituel. C’est un truc de dingue. Je ne me méfiais pas des gens, j’apprenais à faire mon métier de «  répondeur de questions ». Ce n’est pas facile de parler de soi.

Je suis bien d’accord avec lui. Le peu de fois où je me suis moi-même fait interviewer, j’ai été assez minable, il faut bien le reconnaître. C’est un boulot.

166bcad331cd6ac49c75bdf0e467a3b4.gifBartone sort donc son deuxième album, Les enracinés. Un disque qui secoue grave.

Plus authentique que le premier…

-C’est normal. Quand tu débutes, tu apprends les rouages du métier. Certes, c’était mes chansons, mais il y avait tellement d’intervenants que j’ai eu l’impression d’être dépossédé. Ce 2e disque est tout à fait le mien. On m’a fichu une paix royale.

Là, donc, guitares électriques à donf’ (comment je parle couramment le verlan !) sur des musiques mélodieuses, le tout sous la direction d’un ex Cri de la Mouche , Alexandre Azaria.

-Je veux être considéré comme un membre de la « chanson française » mais avec un fond musical pop rock. Mais, je ne veux pas faire partie de la troupe des chanteurs très introspectifs, très malheureux, très accordéon, très tradition…Il faut obligatoirement que mes chansons soient toujours un peu légères et second degré…

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Je lui dis que ses personnages masculins me font bien marrer tellement ils sont complètement barrés et d’une parfaite mauvaise foi, parfois même assez ignobles. Il sourit.

-J’aime bien dénoncer nos petites mesquineries, surtout dans la relation de couple. J’en ai rajouté dans le côté méchant, que je n’ai pas dans la vie.

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Il m’apprend, au fur et à mesure des Sprite ingurgités, qu’il n’a pas trop le trac avant de monter sur scène, qu’il essaie de faire publier un roman (écrit en 1 mois et demi) qui s’intitule « A quoi jouent les garçons ? », qu’il aime BEAUCOUP Thomas Fersen et Bashung, qu’il a de quoi enregistrer 4 albums « pour moi et pour d’autres », qu’il n’est pas si féru de cinéma que les journalistes le prétendent et enfin, qu’il ne faut pas « se faire un monde de l’industrie du disque »… bref, toutes sortes de choses primordiales.
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Je vous conseille d’aller voir son MySpace et de regarder ses vidéos Ma chère ex (1) et (2)… la chanson de rupture pas classe et jubilatoirement méchante !

Profitez-en pour écouter ses chansons...

L’album sort lundi.

Le 15 octobre.

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05 octobre 2007

Imbert Imbert... le tendre révolté!

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-Bonjour ! Nous nous sommes déjà rencontrés.

Je regarde Imbert Imbert dubitatif.

-Non, je t’ai déjà vu sur scène en première partie de quelqu'un, mais je ne sais même plus de qui ni dans quelle salle.

-Je m’en souviens parfaitement. C’était à la Maroquinerie , il y a deux ans. Je faisais la première partie de Bertrand Louis.

-… Euh… Ah oui ! C’est ça. Tout a fait !

2fd610b80bb192abe61c1a69bff1e87c.jpgEn ce vendredi 28 septembre (la semaine dernière, donc), je reste stoïque devant le Zèbre de Belleville (il y joue le soir même). Je me demande comment il a pu savoir que c’était cette soirée là. Puis il ajoute.

-Tu es venue me voir après ma prestation. C’était dans le couloir, près des toilettes. Nous étions presque dans le noir et tu m’as dit que tu avais beaucoup apprécié ma prestation… tu m’as aussi promis que quand j’aurai un « vrai » disque, tu viendrais m’interviewer. Et tu es là aujourd’hui.

Plus il avance dans sa phrase, puis je me rappelle, en effet, avoir tenu de tels propos. Je me fais vieux, je perds la mémoire… Il est vrai que j’adore aller applaudir les chanteurs qui « débutent », dans des petites salles et aller les encourager après. On croit que ce n’est pas important mais force est de constater que certains s’en souviennent.

Ça me fait plaisir d’ailleurs.

b9984a1a97a2035c55e9f62f20582086.jpgJ’ai reçu le disque d’Imbert Imbert, Débat de boue, il y a six mois (il est sorti le 26 mai dernier). J’ai pris une grosse claque en l’écoutant.

(Ça m’a fait le même effet qu’en écoutant Yves Jamait la première fois.)

L’homme est seul avec sa contrebasse. Il chante avec un esprit résolument rock et poétique (ce qui n’est pas paradoxal) des textes graves, tristes, tendres, désenchantés et surtout révoltés.

Ce type a déglingué mon petit cœur fragile.

Pas entendu une telle personnalité depuis… fiou ! Depuis longtemps !

(À part peut-être Yves Jamait… je vous en ai déjà parlé ?)

Ses chansons remuent les tripes et ne laissent personne indifférents. A commencer par le petit monde de la chanson française qui observe de loin ce nouveau venu.

Enfin, nouveau venu, c’est beaucoup dire. Après m’avoir emmené dans sa loge, en débouchant des bières, il me raconte son passé bien fourni de musicien.

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-Je viens de Montpellier. Je suis monté à Paris il y 6 ans pour ne faire que de la musique. J’ai été embauché très vite dans le groupe Jim Murple Memorial (rock steady, ska, rythm’n’blues) J’ai tourné pendant un an puis j’ai enchaîné directement avec Derien pendant 3 ans. En même temps, je composais mes petites chansons de mon côté.

Il oublie de me préciser qu’il a aussi joué dans un trio de free-jazz, le groupe Split.

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La contrebasse comme instrument principal s’est naturellement imposé à lui et grand bien nous fasse.

-Quand j’aurai 50 ans, peut-être que j’aurais un orchestre classique symphonique… on ne sait jamais. En 05d6a9297e0f133aaf556cd75e81381a.jpgattendant, je suis heureux de faire découvrir cet instrument plutôt rare dans la chanson française. Je pense jouer sur scène ainsi encore pendant un moment.

Sauf qu’il n’est pas improbable qu’une multinationale le repère et lui donne plus de moyens pour enregistrer … non, je dis ça parce qu’Imbert Imbert et l’artiste français qui a reçu le plus de récompenses cette année.

-Bravos du public et Bravos des professionnels à Montauban Alors Chante ! 2007

-Lauréat Fnac Indétendance Printemps de Bourges 2007.

-1er prix Le Mans Cité Chanson 2007.

-Prix du club des Entreprises Francofolies de La Rochelle 2007.

Beau palmarès !

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Pendant l’interview (presque en public, car son tourneur, son attaché de presse, son éclairagiste…etc. sont assis à côté de nous pour écouter, voire même participer !), j’apprends qu’il a écouté Renaud en boucle de 7 à 12 ans (il lui en reste quelques résidus), qu’au départ il voulait jouer de la musique « à la limite de l’inaccessible », qu’il se sent révolutionnaire dans l’âme, qu’il s’inquiète pour les générations futures, qu’il a du mal à comprendre ceux qui ont voté Sarkozy (il en fait une chanson), qu’il est heureux malgré le mal de vivre qu’il chante…
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J’ai la curieuse sensation en l’écoutant et en l’observant, que je suis devant un futur grand monsieur de la chanson. Un futur incontournable. Un qui va marquer les esprits…

Quasi sûr de ne pas me tromper.

Là nous sommes derrière le bar du Zèbre de Belleville. Lui au champagne, moi avec ma pauvre bière...
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À vous de voir ou plutôt d’écouter… sur son MySpace. Il y a 3 titres.

Précision: Imbert Imbert n'est pas Pascal Obispo.

Je dis ça, je dis rien.

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25 septembre 2007

Les dernières giboulées de Mars!

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Edit le 23 décembre 2007: Petite information destinée aux membres de "la Bulle Antisismique de Mélissa Mars. Je m'y fais consciencieusement accusé de plagiat.
C'est assez drôle car, si effectivement je reprends la quasi totalité de l'article en question... je m'en suis donné le droit car j'en suis l'auteur.
Mandor=François A.
Je recycle ici ce que j'écris pour mon journal, alors, pardonnez-moi de n'avoir prévenu personne de mon outrage.

Connue pour avoir rejeté le père (souvenez vous de Papa m’aime pas lalalala, dans l’album Et alors !), Mélissa Mars se paye ensuite la tête des mecs, joue la dévoreuse d’hommes, refuse de se plier aux lois terrestres et n’aime pas grand monde dans son deuxième opus La Reine des Abeilles. La voilà enfin un peu plus apaisée, mais toujours en quête d’amour. Le titre de son troisème disque (sorti le 17 septembre dernier) est évocateur : A la recherche de l’amour perdu.

59abfc801c3f57e760554737929a491e.jpgDans ce bar branchouille de la capitale, je la regarde se faire « shooter » par des photographes japonais. Elle prend un malin plaisir à pauser de table en table. Quand elle me rejoint, je lui fais remarquer qu’elle minaudait.

-Mais c’est normal,  je prends beaucoup de plaisir à ça. Le monde de l’image est celui dans lequel je me sens le plus à l’aise. 

Mélissa Mars est douce, gentille, souriante, s’esclaffant d’un pas grand-chose, un peu timide même, tout le contraire de la bad girl à la Tarantino de son deuxième album.

Nous évoquons sa manière d’utiliser sa formation de comédienne et son imagination fertile pour créer son propre univers. Un univers électro féérique, souvent un monde sale, poussiéreux, mais magique. A l’instar de Matthieu Chédid et de son personnage M, elle s’est inventée un personnage.

-Mes deux derniers  albums m’ont poussé à me poser des questions. Qu’est-ce que jouer ? Qu’est-ce 1195b8ff7d2358bf2456a36f8febf645.jpgqu’être acteur ? La question véritable est : est-ce que jouer la comédie c’est mettre un masque ou c’est justement l’enlever ? Je vais au plus profond de ces aspects qui sont en moi parce que je n’ose pas les révéler au quotidien. Je suis timide et bien élevée alors c’est un moyen de faire sortir tout ça…

Cette réflexion la replonge dans ses années bac.

-Mon sujet de philo était : « Quelle est la frontière entre l’imaginaire et la réalité ». (En riant) J’ai fait une belle thèse, résultat, j’ai eu 7 sur 20. 

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Saviez-vous que mademoiselle Mars est musicienne ?

-Je joue de la musique depuis l’âge de 6 ans. J’ai 8 ans de piano, j’ai fait des stages d’harmonica et j’apprends la guitare depuis 1 an et demi. C’est fou parce que personne n’aborde ce sujet avec moi.

Eh oui ! A trop montrer sa plastique parfaite, les repères sont biaisés. Dommage. Elle qui s’autoproclamait « diseuse » ou « conteuse » a fait de nets progrès. Sa voix a évolué, toujours coquine, mais plus agressive. Mélissa Mars gagne en assurance, ça va finir par s’appeler « un style ».

0f80a8175efbba6eb4738e788e0ac845.jpgCe nouveau disque clôture une série de 3 albums « construits comme des contes reliés les uns aux autres dans la quête initiatique d’une jeune fille en mal d’aimer… »

Dans celui-ci, du beau monde est présent : le guitariste Gary Lucas (Léonard Buckley, Lou Reed…), le groupe Pressure Zone (Depeche Mode, U2, David Bowie…) et dans un autre genre, notre Obispo national.

-Nous nous sommes isolées dans son studio perso. Là, il m’observe, il cherche… et compose pour moi, sous mon regard, des mélodies originales, sombres, pop… différentes, qui me séduisent.

Sur des paroles de sa maman (Lilas Klif) et d’elle-même, le tout donne un album au début très électro, puis pop-électro puis au final un peu plus rock live.

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Jetez un coup d’oeil dans l’univers sucré salé, grinçant, sensuel, agaçant parfois, de Mélissa Mars !

(Son MySpace). Ce n’est pas l’album de l’année, certes, mais la belle suit sa route et se fout de ce qu’on en pense.

Tant mieux pour elle.

19 septembre 2007

Le mystère Pelot!

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Je ne vais pas répéter ici, l’affection que j’ai pour Pierre Pelot et pour son œuvre.

Je crois avoir tout dit

Mais bon, cette fois-ci, il est question de déjeuner ensemble dans un restaurant germanopratin.

80cc58d13642dcedec1736ae9894892e.jpgJ’accepte, d’autant plus que je n’ai pas encore vraiment parlé de son dernier livre Les Normales saisonnières.

Mercredi dernier, me voilà donc à table avec Pierre, sa femme Irma et son éditeur Gilles Cohen-Solal (eh oui, encore lui !). Je précise bien que je ne ferai l’interview qu’au moment du café. En tête à tête, nous nous isolerons. Je déteste travailler en mangeant, de plus, ce n’est pas poli (ni très élégant).

Pierre Pelot, je ne l’avais jamais vu comme ça avant, n’arrête pas de faire des jeux de mots. Pas tous bons, mais ce sont ceux que je préfère. Gilles, quant à lui, est toujours aussi « haut en couleur ». Un personnage, ce monsieur. Il a d’ailleurs une forte considération pour Pelot puisqu’il ne cesse de clamer partout qu’il est le plus grand auteur français. Pierre, ça l’agace, car il est très humble, mais moi je pense comme Gilles, et ce, depuis longtemps. Je n’ai jamais compris comment un auteur si prolifique dans des genres si différents ne soit pas reconnu à sa juste valeur…

J’appelle ça « l’affaire Pelot », c’est mon éternel discours aux gens de la profession.

Ils s’en foutent.

Il n’est pas dans le « sérail », l’ami Pierre. Il ne fréquente pas (ou peu) les soirées littéraires. Son refuge, c’est sa femme, son enfant, ses chats, sa maison, ses Vosges natales… ses histoires. Le reste, d’après ce que j’ai compris de cet homme, importe peu.

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Son roman est extrêmement difficile à raconter (certains s’y sont essayés brillamment, comme elle, lui et elle encore. Je leur tire mon chapeau !).

Nous suivons le héros, Cochise Datier, que l’on comprend être écrivain et scénariste, déambuler sur les rivages d’une petite ville bretonne des environs de Douarnenez. On le suit, mais on le sent aussi, on l’observe errer dans les rues de cette bourgade. Lui aussi observe. Les gens, une maison bien précise, la patronne de l’hôtel, une jeune fille qu’il veut sauver… Il semble chercher quelque chose, une arme en poche... Vengeance, amour, traque, folie? Je ne peux pas répondre, juste, il faut marcher avec lui, sans se poser de questions, sans intellectualiser le propos. Curieuse sensation de se laisser aller, de ne plus rien maîtriser de cette lecture. Comme d’habitude, qu’il écrive des fresques flamboyantes ou des romans plus introspectifs, Pelot happe toujours son lecteur pour ne plus le lâcher. Je n’ai jamais compris sa méthode, ce pouvoir qu’il a. Pelot est en fait un griot.

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Ma vision de son roman, une fois en tête à tête, le fait sourire.

-Si tu savais ce que j’ai entendu sur ce livre depuis que je fais la promo… mais je suis rassuré. Dans l’ensemble, les lecteurs ont compris mon procédé, un peu cinématographique. Les personnages sont là. Ils existent à travers ce qu’ils font et ce qu’ils disent. Je ne rentre jamais dans leur tête. Jamais !

Mais, c’est curieux, car, malgré tout, on suit Datier dans ce qu’il pense alors que pas une seule fois, Pelot n’explique ce qu’il pense. Vous me suivez ? Non… et bien, pourtant, l’effet est magique.

-Je ne te cache pas qu’avec ce livre, j’avais un peu la trouille. Je me demandais comment il allait être reçu. En fait, beaucoup me disent que c’est le meilleur.

c7b4e5f5bd3dad724466998822f2f054.jpgJe ne vais pas jusque là. C’est ainsi que les hommes vivent restera pour moi, le meilleur livre de Pelot. Il n’en reste pas moins que ce roman pénétrant m’a secoué. A ne pas vouloir rentrer dans la tête de son héros, je me demande s’il ne finit pas par rentrer dans celle du lecteur…

Et hop ! Je t’emmène là, puis là, tiens, ou alors là mais des années avant, puis des années après, tout ça, sans te prévenir, bien sûr.

-Je suis persuadé que l’on peut raconter une histoire sans suivre un itinéraire de A à B. J’ai donc fait l’inverse. Une histoire est faite de moments, je pense qu’ils peuvent être racontés dans le désordre. Le lien finit par se faire.

Je vais vous dire ce que je pense. Avec Les Normales saisonnières, je n’ai pas lu un livre, j’ai vu un film.

C’est un compliment.
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Pierre Pelot  a désormais le souci de varier le plaisir, de ne jamais faire le même livre que le précédent. Il prend des risques.

 

-À chaque nouveau roman, je suis de plus en plus inquiet. A chaque fois que j’écris, c’est de plus en plus difficile, car je veux m’amuser et étonner le lecteur. Ce n’est pas de tout repos.

Ce marathonien des mots se lance dans une nouvelle fresque « difficile à écrire », Le bordel de Dieu, un projet qu’il ne cesse de reporter. Pour le moment, il en est au stade de la préparation.

Car les romans de Pelot, lorsqu’ils sont « historiques », sont rigoureusement exacts. Il effectue un travail de recherche digne d’un historien. Il envisage aussi d’écrire la suite de L’ombre des voyageuses

Moi, en tout cas, pas une seule seconde, je n’envisage une cure de désintoxication de ma « Pelot addict » !

Pas une seule...

13 septembre 2007

Philippe Lavil... il tape sur des congas!

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J’en vois, le sourire au coin… « Oh, l’autre, hé ! Il parle de Philippe Lavil, le type qui chantait Kolé Séré, Il tape sur des bambous ou Elle préfère l’amour en mer ! De la variétoche de chez variétoche…»

Bon, déjà, le type peut se vanter d’avoir trois chansons qui sont restées dans la mémoire collective, ce qui n’est pas le cas de tous les artistes.

 

Et puis, moi, j’ai vécu des années en Martinique, Guadeloupe, Guyane, Afrique… alors, la musique des îles, je n’attrape pas de l’urticaire quand je l’écoute. Honnêtement, je ne suis pas fan de Lavil mais je respecte son travail. En plus le monsieur, je l’ai croisé pas mal de fois et il est gentil comme tout. Un mec simple qui ne se prend pas la tête. Normal, quoi !

Ma dernière rencontre avec lui s’est déroulée le 30 août dernier au bar de l’hôtel Marignan.

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Cette semaine sort son nouvel album (5 ans après son Retour à la case créole qui était déjà un disque bien roots, donc authentique).

Pour la seconde fois, il met en avant ses racines. Cette fois-ci, on pourrait même ranger ce disque au rayon « musique du monde » tellement il sonne « traditionnel ».

Avant d’évoquer cet album intitulé Calypso, jouons un peu.

Au jeu des 7 erreurs.

Voici la pochette originale.
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Et voici celle de Philippe Lavil.

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Plutôt qu’un plagiat, on appelle ça un hommage…

Donc, vous l’avez compris, il s’agit d’un disque de Calypso, enregistré en quasi live avec le steelband d’Andy Narell et de nombreux autres musiciens… dont certains sont venus spécialement de Trinidad et Tobago. Il y a des chansons originales et quatre adaptations de standards de ces îles au large du Venezuela.

 -L’idée est venue de Marc Domenico, qui a produit l’album Chambre avec vue, d’Henri Salvador. Je me suis dit que c’était une sacrée bonne idée d’enregistrer un album dépouillé, sans fioritures et d’aller à l’essentiel. Mes racines. Cette musique représente toute ma jeunesse. Mes parents avaient des vinyles d’un groupe qui s’appelait Brute Force Steel Band. J’ai été élevé au son de cette musique.

Je lui demande s’il a conscience que ce genre de disque risque de ne pas trouver un public très large…

 -De nos jours, chaque disque de n’importe quel artiste représente un risque commercial. Personne n’échappe à la règle alors, autant prendre des risques…

Outre Élisabeth Anaïs qui écrit pour lui depuis plus de 10 ans, notons la présence de paroliers « guest stars » et pas des moindres. Gérard Manset, David Mc Neil et plus curieux encore, David Hallyday

Et puis aussi, ses complices antillaises Jocelyne Béroard et Marie-José Alie.
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Je laisse la parole à Gérard Manset qui a écrit un mot pour présenter cet album aux journalistes : « Descente aux abîmes, aux enfers… Délices parfaitement servis par l’allure douce et tendre, grave et chaude, de la joute masculine qui n’a pas pris une ride, sinon quelques jolies années pour nous les restituer en nostalgiques panoramas feutrés d’une Caraïbe-Cythère. Cela repose des guerres et des malédictions. »
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Tout à fait.

 

Bonus track:

Deux autres rencontres (digne de figurer dans Tout petit déjà mais non… finalement).

Le 13 juillet 1986 à la Grande-Motte lors d’un podium RMC de passage dans la station balnéaire.
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Le 23 mai 1990, alors que je travaillais pour RFO Guyane. J’étais de passage à RTL (voir ici)…

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11 septembre 2007

Bo... pop mélodique bidouillée!

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J’avais repéré le gaillard lors de la sortie de son premier album en 2004 : 323 Zap Shangaï Baseball. J’étais d’accord avec le journaliste de Rock & Folk quand il soulignait que Bo s’amusait « à baguenauder entre pop enjouée et embardées funky, au gré de textes plaisants et refrains pétillants… ».

d1ddbfb1c3bdd7d053dd17ce598051d8.jpgAvec son deuxième album, sorti il y a à peine deux semaines, cet artiste sympathiquement déjanté est resté dans son droit chemin. Koma Stadium est une merveille de pop à la fois merveilleusement ciselé et complètement foutraque. Du « plastic music », il appelle ça.

Son MySpace est là.

J’ai donc donné rendez-vous à Bo dans un bar de Pigalle. Le Chao Ba. A peu de chose près, nous nous retrouvions au Chao Bo, ce qui, il est vrai, aurait été cocasse.

J’arrive et le vois déjà attablé avec son ami de 20 ans (qui est aussi son manager) Olivier (Olaf Boldèche pour le public)…

Ils ont d’ailleurs un blog en commun (et Olaf avait gentiment écrit une note sur notre rencontre).

Les deux sont taquins, mais ils me paraissent simples et généreux. Très rapidement, nous évoquons son passé.

-Très jeune, je jouais dans un groupe à tendance progressive. Nous mettions un point d’honneur à n’interpréter que des musiques qui dépassaient les 7 minutes. Peu à peu, c’est devenu un trio un peu « cabaret dadaïste ».

f690d2471323c069bfe336c6ef86ac5d.jpgC’est Olivier (à gauche, là) qui a incité Bo à travailler tout seul. A la fin des années 90, il s’est enfermé chez lui et a travaillé sur un 8 pistes. C’est là qu’il a constaté que finalement, il s’amusait mieux seul qu’accompagné.

Bien sûr, il a quelques musiciens sur son disque et lorsqu’il se produit sur scène, mais ce sont des amis proches.

-D’abord, cela me permet de moins les payer et de pouvoir mieux les humilier parce que je connais les failles de chacun. Je suis la vedette, ils me doivent respect et servitude. C’est un truc un peu dictatorial, mais qui marche très bien.

(Ceux qui n’ont pas compris le second degré de cette affirmation peuvent aller faire un tour, boire un bol de boldoflorine et revenir dans une heure, merci !)

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Et de la scène, Bo en a mangé. Des troquets aux salles de concert « officielles », cet « adepte du gimmick53815f167d94c9d9edd8f360661d814f.jpg poétique, ce fanatique du sample aléatoire, ce prince de la mélodie imparable » tâtonne puis fini par trouver exactement son style.

Un anti morosité.

Une solution à la déprime.

Il devrait être remboursé à par la Sécu.

-Je n’arrive pas à me prendre suffisamment au sérieux. Il est impossible pour moi d’avoir des propos aiguisés et bien foutus pour décrire un pathos. Je ne peux m’empêcher de mettre de la légèreté dans mon propos et dans ma musique. Cela dit, c’est très dur de faire léger.

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Ses chansons si légères finissent par virevolter dans l’air… du temps.

-Même si on sent mes influences de la Pop des années 60, j’espère que l’on perçoit aussi mon goût fort prononcé pour le hip-hop et le sample. J’ai vraiment envie de m’ancrer dans l’époque. Dans mon « œuvre », c’est le son qui doit faire sens et pas l’inverse. Il faut que les paroles swinguent et groovent, sinon, je n’arrive pas à caser des mots comme rhétorique et parabole… (Rires).

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Et dans l’émission Tracks (que vous pouvez voir ici), il explique qu’il est devenu « le Lars Von Triers de la pop underground ». Il a d’ailleurs écrit son propre dogme.

-Une liste de mots à bannir des lyrics parce qu’ils filent le bourdon. « Le sang qui coule sur le destin de la pluie ». Ce n’est pas facile à exploiter…

52b390b72e8372d6e31530bc6ae231d6.jpgGageons que ce charmeur provocateur de talent va bien finir par trouver un public plus large. Moi, j’espère sincèrement que ce sera son année.

Un showman accompli doublé d’un musicien halluciné.

Ici vous trouverez des clips de Bo... et plus si affinités.

Bo, vraiment, ça le fait !

(Une conclusion comme celle-ci, ça le fait aussi.)

(Mais, quand même, j’ai mal au crâne.)

 

(Tant de sens dans mes propos.)

 

(Impressionnant !)

 

(Amen !)