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18 janvier 2008

Thomas Fersen... enfin, la vidéo!

9f32aac7c21dd4b8725443ff86fd6217.jpgUne mise en scène époustanflante !

Des truquages ahurissants !

Un jeu d’acteur (avant et après l'interview du chanteur), à côté, De Niro, il peut aller se rhabiller !

Une interview de 20 minutes réduite à la tronçonneuse à 10 !

Des décors de Roger Hart !

Des costumes de Donald Cardwell !

Une musique de Thomas Fersen !

Un montage brillant de Benoît Luciani  (avec, vers la fin, en cadeau bonus des panneaux verts, hommage appuyé à la Terre qu’il faut préserver).

Des commentaires signés par la truculente plume du même Benoît.

Tournage réalisé en un seul jour (le 20 décembre 2007).

Exclusif: Une vidéo interactive!!! (Il faut monter un chouia le son au début de la conversation avec le grand Thomas.)

 

(Petite précision : ce truc que je mets en ligne (j’ai honte, vous savez) connaît une ou deux (pas plus, j’vous jure !) imperfections techniques. « C’est la faute au matos ! » me dit f63802ea6e7cc27531edfc2ad45db74d.jpgBenoît. Il tente de convertir, re convertir…etc.  mais il y a plantage systématique. Comme cela fait une semaine qu’il se penche sur la question jour et nuit, je lui ai demandé d’arrêter les frais, pour qu’il puisse continuer sa vie familiale et professionnelle (et à 500, 00 euros TTC l’heure, je pense que je vais appeler Cofidis, j’ai besoin d’aide…)

(Notice : Avant visionnage de ce chez d’œuvre (en péril ?), peut-être pourriez-vous jeter un coup d’œil ici, histoire de vous remettre un peu dans le bain.)

 


Fersen
envoyé par Capra1313
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17 janvier 2008

Fleur Gire... ce soir au théâtre de l'Essaion

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(Photo: Francis Vernhet)

C’est chez ce brave et toujours diplomate Merlin que j’ai découvert Fleur Gire. Tenaillé par la jalousie : « quoi ? Un blogueur ose évoquer une artiste que je ne connais pas ! Tsss… n’importe quoi !), j'enquête sur elle.

Et je me demande comment j’ai pu passer à côté (mais, bon, en même temps, je me pose souvent cette question…).

J’envoie un mail au bienveillant Merlin. (C’est un ami de la chanteuse.) Il me file derechef ses coordonnées. Et je décide de la rencontrer très vite afin d’avoir le temps de concocter une note pour signaler sa présence ce soir, sur la scène de l’Essaion.

Ce que je fais aujourd’hui.

Hier, 18 h 15, Place du Châtelet.

3e interview de la journée (après Thomas Pitiot et Stanislas). Clore ma journée sur une note féminine n’est pas pour me déplaire.

Nous décidons d’aller dans une brasserie (je sais, je passe ma vie dans ce genre d’établissement… mais, c’est pour le boulot, vous savez.)

 

Je suis un peu désoeuvré, car je ne connais pas bien le répertoire de mon interlocutrice. Je ne connais que ce qui est sur son site officiel et son MySpace, je vais me débrouiller ainsi.

Je lui demande de me raconter son parcours (ce qui est la question la plus banale qu’un journaliste puisse poser à un artiste, mais, je vous rappelle que je suis en fin de journée).

Elle me parle de ses études de philosophie des beaux-arts, de son expérience de mime musical en milieu carcéral (si, si), de son documentaire artistique de textes et de photos sur l’école primaire (réalisé dans différents pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine)…

Vous l’avez compris cette Fleur là à la bougeotte et accumule les expériences les plus diverses. Comme par exemple, devenir éditrice des « Editions maisons ». Elle écrivait et fabriquait des petits livres tirés à un tout petit nombre… de 10 à 100 exemplaires (il reste des traces de ce passé, là…).

Bien vite, nous revenons à la musique. Elle évoque son duo de rue (Zigzagum) avec sa cousine comédienne violoncelliste Mathilde Fourmont. Puis se souvient de sa période solo dans des cabarets (comprenez toutes petites salles). Aujourd’hui, elle joue avec une autre violoncelliste, Johanne Mathaly.

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(Photo: Tristan Sébenne)
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(Photo: Tristan Sébenne)

Elle se produit aussi toute seule (le plus fréquemment).

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(Photo: Tristan Sébenne)

Il lui arrive d'être sur scène avec un guitariste (mais très rarement). C’est un peu selon les budgets, on s’en doute.

Bon, j’ai réduit un peu sa bio… la complète est ici.

Pour celles et ceux qui aimeraient découvrir cette jeune artiste, vous pouvez vous procurez son disque ici.

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Portraits a été enregistré au Forum Léo Ferré d’Ivry en novembre 2005. « 12 chansons au climat doux amer, empreintes à la fois de tendresse et d’humour, portées par un timbre de voix très pure. » dixit Albert Weber dans le nº 57 de Chorus.

Je lui demande pourquoi elle aime chanter des portraits. (Autre question dont personne n’aurait songé à poser…)

-Parce que j’aime bien quand je chante derrière mon piano, sentir apparaître un personnage, puis le faire vivre. Je les présente parfois de l’extérieur, tel un peintre, soit tel un romancier, avec différentes focalisations…

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(Photos: Mandor)
(Parce qu'il n'y a aucune raison que je ne me crédite pas...)

Je pense à une phrase de William Sheller, qui lui sied à merveille (et je ne dis pas ça parce qu’elle aime beaucoup et depuis longtemps cet artiste) : La musique c’est l’art de décorer le silence…

Fleur Gire est une décoratrice à découvrir. Elle utilise de la peinture d’âme pour peindre les murs de la vie et des Hommes.

C’est très rare, mais c’est très beau.

(Et moi, il faut que j’arrête mes formules à l'emporte-pièce.)

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(Photo: un inconnu très sympathique, qui a mis du coeur à l'ouvrage pour appuyer sur le bouton et faire apparaître ainsi cette photo avec flash que Fleur n'aime pas trop, mais, l'autre, sans flash (que vous ne verrez pas), elle est un peu floue, dans sa taille normale. Dommage, nous avions ôté nos lunettes.)

Ce soir donc, ici.

Avec deux camarades, Vincent Gaffet et Olivier Galinou.

 

(Merlin, sur ce coup là, tu a été mon enchanteur...)

(Si tu espérais une seconde que j'allais me priver de ce jeu de mot hilarant, spirituel et tout et tout, c'est mal me connaître.)

16 janvier 2008

Julien Blanc-Gras... messager burlesque!

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Hier, midi.

 

-Prends la grande voiture, me dit ma femme. J’ai entendu à la télé que les vents allaient souffler à plus 110 km heure en Ile-de-France !

-Mais, avec la Fiat Punto , tu crois que je vais m’envoler sur le périph ?

-Je préfère que tu prennes la grande voiture.

Ce que femme veut...

Je souris en prenant « la grande voiture ». Je pars interviewer un auteur qui sort un livre sur la fin du monde.

Peut-être est-ce là un signe du destin ? Je crois beaucoup aux signes du destin.

En tout cas, je suis parti de Groslay city deux heures en avance et je suis arrivé (sans encombre) une heure avant l’heure de mon rendez-vous avec Julien Blanc-Gras.

C'est-à-dire que j’ai mis le temps habituel pour aller à Paris.

Je peux allègrement affirmer ici qu’avec ma Fiat Punto bleu métallisé, je serais arrivé également une heure avant, mais, je ne veux surtout pas en faire un fromage.

Mais, quand même, ma Fiat Punto Bleu métallisé, elle est beaucoup plus pratique que l’énorme autre voiture verte que j’ai (en cas de tempête extrême, (???) comme hier en Ile-de-France) pour se garer.

Quoi faire en attendant que je pénètre dans le bar (L’entrepot’s) où j’ai rendez-vous avec l’auteur de Comment devenir un Dieu vivant ?

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Je décide d’aller me balader dans le coin. La rue de Ménilmontant est sympathique, mais elle grimpe, et il n’y a rien de bien intéressant à mater. Si ce n’est un bar à hôtesse qui n’ouvre qu’à 16 heures et qu’il n’est que 13 h 30 et que je ne vais jamais dans un bar à hôtesse. Je suis pauvre et ça coûte cher.

(Hé ho! Second degré, hein...)

Je retourne à ma voiture (vous vous souvenez, la grande verte qui ne permet pas de se garer facilement dans les rues de Paris….) et je lis le roman de mon prochain mandorisé.

J’ai oublié mon stylo à la maison (genre, je n’ai qu’un Bic à la maison…. Tsss….), du coup, je ne peux même pas annoter des annotations (Mandor, roi de la formule appropriée) et donc, j’écoute la radio à la place.

(Je rappelle qu’ici, on évoque les coulisses du show-biz !)

Oui, bon, ça va, je sais bien qu’à ce stade-là de ma note, je n’ai pas dit un mot sur ce roman que j’ai adoré.

Mais, si vous cessiez de m’interrompre, peut-être que je pourrais avancer plus vite.

Donc, à14h31 arrive Julien Blanc-Gras.

Comme nous avions rendez-vous à 14 h 30, je peux décemment affirmer que le monsieur est ponctuel.

Pas tout à fait parce qu’il a une minute de retard, mais je n’écris pas ici pour chipoter sur des détails sans importances.

Avec moi, à chaque phrase, une information essentielle.

Je suis journaliste.

C’est très important d’aller droit au but.

Ne pas vous faire perdre votre temps à lire des inepties.

La vie est trop courte.
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Si j’écris que Julien Blanc-Gras est un type sympa, vous me direz, « c’est un peu court, jeune homme » (ce qui me fait plaisir parce que j’ai quand même 40 balais), « comme présentation du personnage. »

A cela, je rétorque tout de go et dans un esprit fort à propos doublé d’un sens de l’improvisation aiguisé :

-Ah bon ?

1198868e627a6cc17c9288eb1432c51c.jpgCe « jeune urbain trentenaire » (c’est ainsi qu’il se présente), journaliste pigiste pour quelques magazines branchés vient de sortir son deuxième roman (après Gringoland, qui soit dit en passant, va être publié au Mexique et en Russie).

Que les choses soeint claires, Comment devenir un Dieu vivant est une comédie apocalyptique.

Ce livre raconte l’histoire de William Andy. Un loser ordinaire qui devient prophète médiatique en proposant des solutions pour aborder la fin du monde sans se faire mal.

-L’idée n’était pas d’établir les causes de la fin du monde, ni de pointer des responsables ou des coupables aux chaos  et à la dégénérescence, je voulais juste aborder un état de fait. Nous sommes dans une période qui semble apocalyptique, penchons-nous sur la question.

Bon, je tiens à vous rassurer tout de suite. Ce roman n’est pas du tout anxiogène. C’est même un véritable tour de force que de parvenir à traiter un sujet aussi casse-gueule en faisant rire et surtout réfléchir.

-Le ton du bouquin est un peu burlesque. Je force le trait sur les personnages, sur les dialogues et les situations. J’ai toujours considéré que la caricature crée l’humour. Mais, il est primordial pour moi de glisser des messages dans mes romans. J’ai des choses à dire et je ne me retiens pas.

Julien Blanc-Gras enrobe ses messages sérieux dans la drôlerie.

C’est un peu comme un Treets.

Au début, c’est bon… ça fond sous la langue, c’est doucereux, puis vous tombez sur du dur, mais du craquant salé.

(Voyez l’image ?)

(Non ?)

(Pfff…)
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Bien sûr, les propos tenus par l’auteur sur la société ou sur les « gens » en général sont un brin désabusés.

« Malgré tout, les gens passaient, entendaient sans écouter. Ils avaient autre chose à faire, des enfants à nourrir, un cynisme à cultiver, une vie à rater. »

Tout est faux dans cette constatation ?

Pas vraiment (même s’il force le trait… on l’a déjà dit).

« Moi, je voulais être différent, comme tout le monde », écrit-il plus loin.

C’est le problème de tous. Se démarquer de la masse. Mais comment faire ?

C’est aussi le sujet de ce livre.

William, le héros se considère dramatiquement banal. « Or la banalité, dans une société narcissique et mégalomaniaque, vous rabaisse au rang d’anonyme. »

Et ça, on n’aime pas. Il faut bien se l’avouer.

Alors, William et sa bande (oui, j’ai oublié de le préciser, ils sont 4 !) créent une chaîne de télévision dans laquelle il ouvre l’antenne à n’importe qui pendant un quart d’heure. Sans casting. (Dis-moi oui, Andy !)

Puis, très vite, il devient gourou, faiseur de tubes, un nouveau Bono (puissance 1000)… il participe avec bonne grâce à « l’auto Orwellisation » de sa propre vie.

« Roi du monde, c’est pas mal comme métier ! » écrit avec ironie Julien Blanc-Gras.

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À l’heure où la toute-puissance télévisuelle sévit, où tout le monde veut devenir une star, je n’hésite pas à dire qu’il faut lire Comment devenir un Dieu vivant.

Histoire de calmer nos ardeurs et de nous remettre sur le droit chemin.

Ce matin, j’ai lu cette note, je lui trouve des résonances avec ce livre.

Mais, le message principal de ce roman ne serait-ce pas celui-là ?

Vivons, profitons des moments qu’il nous reste à passer avant de trépasser !

 

Si. Je crois finalement que c’est un livre positif.

Un hymne à la vie, version 2008.

D'ailleurs, William Andy conseille ceci : « Porte ta croix et cesse de gémir. On n’a plus trop le temps de s’adonner à l’apathie. Désormais, on sera peut-être malheureux, mais vivant. »

Je n’Andy pas plus.

On va encore dire que j’exagère toujours dans mon enthousiasme.

Que je ne suis pas objectif quand j’aime bien les gens.

C’est un peu vrai, mais je suis aussi capable de faire la part des choses.

Mais, tout de même, une dernière chose… ce roman est à lire, car il a été écrit pour nous.

Pauvres enfants de la mondialisation consuméristes que nous sommes…

C’est tout.

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(Je vous propose d’aller jeter un coup d’œil ailleurs parce que sur mon blog, c’est un peu le bordel pour comprendre un livre. Mon copain Franswa P. lui, sait rédiger de vraies critiques littéraires. Courtes, efficaces, sans digressions aucunes. Bref, un peu académiques et tristounettes (je le déplore), mais instructives. Voilà ce qu’il dit de Comment devenir un Dieu vivant.
C’est beaucoup mieux expliqué qu’ici.)
(Et puis chez Culture Café aussi, j'aime bien.)
Je vous laisse avec deux pages de pubs.
(Payées par l'auteur, évidemment.)
(Je plaisante!)
Ne me remerciez pas.
(message personnel à Julien Blanc-Gras: Ce n'est pas joli joli de jouer avec ses lecteurs. Inventer un mot qui n'existe pas dans chaque roman, juste pour s'amuser... Dans Gringoland, "tréplégie", dans Comment devenir un Dieu vivant, "Panorgasmique"...
Est-ce bien raisonnable?
(Le pire, c'est que ça l'amuse et qu'il va continuer!)
(Franchement...)
EDIT 22h30:
J'ai oublié de préciser que Gringoland venait tout juste de sortir en Pocket.
J'ai manqué à mon devoir de vous informer de manière rigoureuse et irréprochable.
Cet oubli est impardonnable.
J'arrête le métier.
(Jusqu'à demain, parce que là, j'suis crevé...)
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09 janvier 2008

Nicolas Cauchy... chronique d'une interview ratée.

 

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C’est un peu par hasard que j’ai découvert Nicolas Cauchy.

Je ne peux pas parler des circonstances (il n’y tient pas), mais, un jour, il répond à mon appel.

-Allo, bonjour, c’est Nicolas Cauchy !

-Ah, c’est vous qui êtes derrière… (pas le droit de le dire).

(Il m’avoue être un lecteur de la première heure de mon blog…)

Heureusement, ce nom-là me disait quelque chose. J’avais dans ma tête le souvenir d’un auteur qui avait un blog qui racontait le processus de création d’un deuxième roman.

Mais sans plus.

Nous discutons un long moment et, du coup, je lui demande de me faire parvenir son second livre.

Ce qui est fait quelques jours plus tard.

Je le lis et l’apprécie.

Vraiment.

f000e7883e476e08bd4db9c30b7ac863.jpgDe manière à connaître le jour et l’heure est un roman étrange qui a la particularité de nous envahir de sentiments confus de la première à la dernière page.

J’ai lu avec prudence et perplexité, cette histoire d’une famille bourgeoise (très Chabrolienne) qui cache ses vérités les plus sournoises. On a l’impression que l’on va vers du déjà vu. Que ce ne sera qu’une pale copie du film de Thomas Vinterberg, Festen.

J’ai franchement eu peur d’être déçu.

J’ai pensé cela lors de ma lecture des premières pages.

Et puis, insidieusement, on s’attache aux personnages. Nicolas Cauchy parvient à nous faire aimer les membres cette famille alors qu’aucun ne trouve grâce à ses yeux.

Mais, je ne suis pas parvenu à les détester, car ils sont comme nous tous, finalement. Avec leurs lâchetés, doutes, trahisons, mensonges par omission (ou non), rancoeurs, jalousies…

La trame de l’histoire frise le polar.

Pourquoi Jean (le patriarche) est-il mort 6 jours après l’intrusion d’un ex-ami de très longue date, Gabriel, à la fête de ses 54 ans ?

Nicolas Cauchy nous l’explique en faisant parler toutes les personnes présentes à cet anniversaire. Femme, fils, belles-filles, Gabriel et Jean apportent au fur et à mesure des pages leurs propres versions/visions de l’affaire.

Et évidemment, l’auteur en profite pour nous mener vers des pistes qui ne sont jamais celles à emprunter.

Il sait y faire.

Et je me suis fait prendre au jeu.

Avant-hier après-midi, nous nous donnons rendez-vous dans un bar un peu branchouille du 11eme. Avant d’attaquer l’interview, je perds un temps fou à lui parler de ce qu’il ne veut pas que j’évoque ici.

(Je sais, c’est énervant de ne pas pouvoir en savoir plus, mais ça l’est aussi de ne pouvoir en dire plus… 1 partout, la balle au centre).

C’est d’autant plus débile que je sais que je n’en tirerai rien pour cette note. Bref, nous évoquons aussi nos connaissances communes, les blogs que nous lisons et tout un tas de trucs qui ne me serviront pas plus pour ici. Et puis, surtout, je parle de moi. Un long moment.

Ce matin, en décryptant la cassette, je me suis dit : « mais qu’est-ce que c’est que cette interview de merde, Mandor ! ».

(En vrai, je ne me suis pas dit ça. J’ai eu honte. Juste ça.)

Alors qu’en plus, je lui ai précisé que lorsque je n’aimais pas un livre d’un auteur que je rencontrais, je biaisais un maximum pour ne pas en parler…

Là, c’est l’exception qui confirme la règle. J’ai beaucoup aimé son livre et je me suis perdu dans je ne sais quel méandre.

J’ai oublié de lui parler de ses livres pour enfants dont les personnages principaux sont des héros de la mythologie : Arthur | Icare | Thésée | Hercule | Jason | Ulysse .

Nada. Pas une question sur le sujet.

Très fort Mandor !

26ddd870efe4870665486dfa717c0dd3.jpgEt je lui ai juste touché deux mots sur son premier roman La véritable histoire de mon père.

Un livre que je n’ai pas lu, mais dont je sais qu’il a choqué beaucoup de lecteurs. Pensez-vous… un portrait sans concession d’un papa qui a tué sa petite fille, ce n’est pas du genre à plaire à la masse populaire…

-Je travaillais dans le marketing et ce n’était pas quelque chose qui me motivait. Je me levais très tôt pour écrire avant d’aller au travail. Il me fallait donc une histoire qui me prenne vraiment. J’avais une voix qui me disait qu’il fallait que je travaille sur cette phrase : « Vous avez commis l’irréparable ». Tout est parti de là. De plus, je savais que pour que mon premier livre se fasse remarquer, il fallait que je frappe fort.

Comme il est beaucoup question de famille dans ses romans, je lui demande si tout va bien dans la sienne.

(Encore une fulgurance de ma part.)

-Je me fais fort de n’écrire que des fictions. Donc des histoires qui n’ont rien a voir avec ma propre vie. Ma famille, si elle fait partie de la petite bourgeoisie locale, n’a aucun rapport avec celle de mon livre.

Oui, mais le papa, comment il a réagi en apprenant le titre de son premier roman.

-C’est sûr, La véritable histoire de mon père l’a interpellé. Il a même été un peu choqué. Je crois savoir qu’il a été plus sensible au roman suivant…

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Nicolas Cauchy semble très pudique sur lui-même. Je le soupçonne de préférer interroger les autres…

En ce moment, il est en pleine écriture de son nouveau roman. Il me dit qu’il compte prendre un peu plus de temps pour écrire cette histoire de 3 couples confrontés à la mondialisation.

-Je souhaite que mon prochain livre soit la somme de mon expérience des deux premiers. Je veux qu’il y ait la forme et le fond, qu’il soit plus aboutit encore. Je suis très critique sur mon travail. J’ai du mal à aimer ce que j’écris.

J’aime son écriture. Même si elle est un peu clinique, sans aspérité, je trouve qu’il écrit bien.

Il me répond : « C’est quoi pour toi un livre bien écrit ? ».

J’ai bredouillé une réponse qui n’en était pas une…

Décidément, la grande forme, moi.

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Après les presque deux heures passés ensemble, il m’a raccompagné jusqu’à ma voiture. Là, j’ai compris que je n’avais pas été bon. Pas parce qu’il m’a fait ressentir quelque chose de négatif. Pas du tout. Il a été sympathique tout le temps. Mais après toutes ces années d’expériences, de rencontres, je sais parfaitement quand j’ai loupé le coche.

Là, j'ai loupé le Cauchy.

Et c’est devant ma voiture qu’il m’a dit tout ce que j’ai écrit dans ma précédente note.

Nicolas, promis, pour la prochaine, tu auras le droit au vrai Mandor.

Là, ce n’était qu’une pâle copie.

(Mais, je ne veux plus la voir, celle-là !)

 

A lire ici, une vraie interview!

07 janvier 2008

Mabrouck Rachedi... l' éloge parlante.

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Pas très content de mon titre. (Non, vous ne lisez pas Libé!)

-Allo ! C’est Mabrouck. Tu peux venir un peu plus tôt ? Non, parce que je mange avec (BIP!!! Ca ne vous regarde pas, d'abord!) vers Saint-Germain. Viens à 15 h 30 au lieu de 16 h, si tu peux.

Je dis d’accord à Mabrouck Rachedi. Je file de chez moi fissa, pour ne pas arriver en retard, du coup.

Je trouve une place juste devant le Café de Flore. Une chance de c… chanceux.

15h25. Cool. Je suis à l’heure. Je me dirige vers l’église de Saint-Germain. 15 h 30. Personne. 15 h 35. Personne. Je suis frigorifié. 15 h 40. Personne. Je regarde mon portable, je ne l’entends jamais sonner. Pas de messages. 15 h 45. Personne. Là, je me dis qu’il a oublié qu’il avait avancé le rendez-vous. Je tape très fort ma main contre un poteau pour vérifier que j’existe encore. Je ne sens rien. Je me glaçonnise en l’attendant. 15h50. Des stalactites se forment au bord de mon nez. Soudain, je vois Mabrouck courir et passer devant moi sans s’arrêter. Certes, ceux qui ne m’ont pas vu depuis 20 ans ont une excuse pour ne pas me reconnaître, mais nous, nous nous sommes vus il y a un an.

201917ba7944aca452ce0089420c5b6a.jpgPour la sortie de son premier roman Le poids d’une âme. Je cours derrière lui en le hélant.

Ouf ! Il se retourne et me reconnaît.

 

Il bredouille une excuse que je ne comprends pas. Mes écoutilles sont gelées. Aucun son ne parvient à franchir le mur de glace qui obstrue le conduit auditif externe.

(Bon, j’exagère un peu la fraîcheur du jour, mais c’est parce que j’aime bien forcer le trait.)

Je dis à Mabrouck que je trouve amusant le fait d’aller au Café de Flore pour parler d’un livre qui s’intitule Éloge du miséreux. Il me répond que oui, mais, je le vois qui tâte son portefeuille.

(Mais, non, ce n’est pas vrai… je force le trait, là encore. Faut tout vous dire…)

De toute manière, nous allons ailleurs. Le lieu fait salle comble et nous préférons un endroit plus calme. Option sur un petit café pas loin.

Chocolat chaud pour lui et thé citron pour moi. Il fallait bien ce genre de moyen imparable pour vaincre le blizzard.

(Je sais parfaitement que dévoiler nos commandes à la face du monde est un détail qui intéresse les lecteurs exigeants que vous êtes. Place à l’information rigoureuse et exhaustive !)
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Donc, après Proudhon et sa Philosophie de la misère et Marx et sa Misère de la Philosophie , voici l’Éloge du miséreux de Mabrouck Rachedi. Un ouvrage qui, contrairement à ce qui n’est pas indiqué sur la couverture, est drôle, grinçant, distancier, satirique et plein de tendresse. Pour un tel sujet, j’avoue que c’est une performance littéraire à signaler.

-Et surtout, dis bien que je ne veux pas que l’on compare mon livre avec Moi Thierry F, chômeur professionnel. Ce n’est pas du tout la même démarche.

c6604d04dc309bc4cb02152e839c2b73.jpgCet éloge n’est pas un essai qui critique le système, c’est juste « un manuel de survie en milieu hostile qui vous enseignera l’art de bien vivre avec rien du tout » et surtout « un pamphlet qui prend à rebrousse-poil les discours moralisateurs et larmoyants sur les méfaits de l’assistanat et les dégâts collatéraux engendrés par les minima sociaux ».

Le message de ce livre est clair : « Le miséreux représente une résistance salutaire face à la société du travail et de la consommation. C’est le ventre fécond d’où naîtra l’espoir d’une vie basée sur le désir et la passion plutôt que la productivité et la compétition. »

(Mabrouck, je ne sais pas si c’est toi qui a écrit ça sur la 4eme de couverture, mais c’est beau.)

-J’ai connu tout ce dont je parle dans mon essai. Mais le narrateur n’est pas tout à fait moi. Si j’y ai placé mon côté déconneur que j’ai dans la vie, j’y ai ajouté une certaine distance et du sourire. Je ne suis pas allé jusqu’aux extrêmes que je décris. J’ai juste voulu jouer avec un certain second degré.

Mabrouck explique que la précarité est un milieu inconnu et hostile auquel il faut s’adapter rapidement sous peine de sombrer corps et âme. « C’est aussi et surtout un retour salutaire à l’oisiveté comme art consommé du bonheur » ajoute-t-il malicieux.

Parce que cet auteur est malicieux. Il raconte des choses graves en les dédramatisant avec humour.

Dans la vie, il est comme ça monsieur Rachedi. Toujours une pointe d’humour décalé au moment où on ne s’y attend pas. Par exemple, je lui demande à combien d’exemplaires s’est déjà vendu ce livre. Il me répond tout de go : « 157.000 ».

Je recrache mon thé de stupéfaction :

-Putain, c’est énorme ! je lui cris très sérieusement.

-Mais, non, je plaisante, dit-il en s’essuyant.

-Ah ! Oui, je me disais, ça fait quand même beaucoup.

J’ai tenté de faire croire que j’avais compris la blague. Échec cuisant. Cela dit, il ne m’a pas répondu sérieusement. C’est bien connu, les maisons d’édition ne donnent jamais les chiffres de vente à leurs auteurs. Ils ne tiennent pas à être responsables de suicides collectifs.

Pour finir la conversation, je lui pose des questions sur le collectif auquel il appartient Qui fait la France  ?

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b2950908ad596b91c5c773952b50dbde.jpgC’est une association qui est "le relais agissant du collectif éponyme d’écrivains de bonne volonté qui a publié en septembre dernier « Chroniques d’une société annoncée » aux éditions Stock". Ici, tout est bien expliqué.

Mabrouch Rachedi, s’il n’est pas engagé, se sent concerné et le dit.

Avant de nous quitter, je le rassure sur le fait que je n’en dirai pas beaucoup son Eloge du miséreux. Je ne veux pas le trahir.

Un essai transformé, c’est bon au rugby, mais pas en littérature.

(Celle-là, je la note, mais je ne m’en félicite pas).

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Notre séance de photos, à laquelle Mabrouck sait parfaitement qu’il n’échappera pas, je décide de ne pas la réaliser de la même manière que la dernière fois, c'est-à-dire dans le bistrot où nous nous trouvons.

Non. Je le « shoote » à l’extérieur, devant l’église.

Et, je dois dire que je suis assez fier du résultat.

Pour une fois.
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Je lui donne rendez-vous à très vite. Pour finir, je conseille vivement la lecture à ceux qui sont dans une période de recherche d’emploi (prolongée ou non). Ce livre vous parlera franchement et vous permettra de sourire d’une situation qu’on ne vit jamais posément.

Mais les autres, ceux qui sont certains que jamais, Ô grand jamais, ils ne vivront cette épreuve, vous pouvez jeter un coup d'oeil... c'est toujours intéressant d'en savoir plus sur des mondes mystérieux et inaccessibles.

Un livre salvateur.

Comme quoi, on peut rire de tout.

Les petits plus : Une interview filmée sur Auteurs TV .

Vous apprendrez notamment que c’est après avoir lu Le Père Goriot de Balzac que Mabrouck Rachedi a eu la puissante envie de devenir écrivain et que, plus généralement, il ne veut rien s’interdire dans l’écriture. Je suis tellement d’accord avec lui, quand il dit: « L’aspiration à l’universalisme, c’est une des choses que je trouve les plus belles dans la littérature. »

 

Sinon, là aussi, c'est très intéressant.

Ainsi qu'ici.

04 janvier 2008

Antoine Dole... profession (h)auteur!

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Avant-hier, j’ai rencontré Antoine Dole. Ce n’est pas la première fois que je m’entretiens avec lui d’un de ses livres. L’année dernière, c’était pour son recueil de nouvelles (enfin, pas vraiment des « nouvelles », mais le propos du jour n’est pas là...) : Les autopsies intimes.

Antoine est avec moi pour me parler de son premier roman publié dans une maison d’édition (parce qu’il en a d’autres qui traînent ici et là sur quelques sites Internet) : Je reviens de mourir.

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Il me paraît plus calme, plus serein. Allez, j’ose… presque heureux.

Ce qui n’a pas toujours été le cas chez ce garçon.

Nous nous installons à la Villa Pereire (au même endroit qu’à cette occasion).

Une menthe à l’eau pour lui, un thé citron pour moi.

(Je signale au passage que je me calme nettement au niveau de la boisson euphorisante…)

(Enfin, juste l’après-midi.)

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Nous parlons un peu de comment nous allons bien tous les deux et d’autres sujets plus confidentiels. Et puis, je sors mon Sanyo.

Antoine sourit. Il sait qu’à partir de ce moment-là, nous ne serons plus tout à fait naturels, mais que ça fait partie du jeu quand on rencontre Mandor.

Ce livre est un « conte défait ».

Il y a Marion, il y a Eve.

Marion aime Nicolas, jusqu’aux coups reçus, jusqu’aux « clients » qu’il la force à voir.

Eve est une dévoreuse d’homme (rencontrés sur Internet), jusqu’au jour où elle rencontre David. Un alter ego masculin.

Du destin de l’une dépendra la survie de l’autre… (Dixit la 4eme de couverture).

Bien sûr, c’est parfois violent, mais Antoine Dole n’en rajoute pas.

Écriture tout en parcimonie.

Prose simple, percutante et efficace… pas un mot de trop, pas de longueurs, du rythme et une diversité de style selon les personnages.

-Cette fois-ci, je me suis fait plaisir, beaucoup plus qu’avec Les autopsies intimes. Je me suis lâché en images et en métaphores.

Et notamment sur l’amour. J’ai hésité à vous donner quelques exemples, mais ce serait vous gâcher le plaisir.

Donc, je m’abstiens même si ça me démange.

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Antoine est un malin. Il nous balade.

Tant est si bien qu’il est extrêmement difficile d’évoquer ce roman, car il faut ménager le suspense, ne rien dévoiler, laisser la surprise aux lecteurs.

C’est un livre à clefs, un livre de perceptions et de fantasmes. Quelle est la vraie réalité de ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux ?

Un livre piège.

 

-Le point de départ de ce livre est venu d’une réflexion que je me suis posé à la fin d’une relation destructrice. Quelle question doit-on se poser ? Jusqu’où est-on capable d’aller par amour ? Ou bien: Jusqu’où la personne qui t’aime est capable de te laisser aller ? Mes deux héroïnes sont les pendants de ces deux questions. Marion est celle qui laisse l’autre décider et Eve, elle, décide de se poser ses propres limites.

Antoine Dole réfléchit puis reprend.

-C’est l’histoire de deux trajectoires. Deux jeunes femmes qui, à un moment de leur vie, sont liées par la notion d’incommunicabilité. Chacune en fait quelque chose de différent. Au final, elles aboutissent au même endroit.

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S’il est effectivement beaucoup question d’incommunicabilité, ce livre résume aussi une certaine philosophie sur la misère amoureuse de notre temps.

f4bc882f1936cdef8f7e303307aee893.jpgPour tout dire, Antoine est un garçon un peu dur avec l’amour, un brin désillusionné. « On est une génération qui a peur de souffrir. » Il m’explique que les jeunes de son âge, ceux qu’ils fréquentent en tout cas, ont un regard peu positif à l’égard des grandes histoires d’amour et surtout du couple.

 

-Si je parle de prostitution au sens propre dans mon livre, ce n’est pas un hasard. Au fond, dans un couple, on est tous amené à se prostituer. Mentalement, en tout cas, pour être ce que l’autre demande.

Oui, le jeune Dole est radical, violent parfois, mais sensible, beaucoup.

Un mélange aussi détonant qu’étonnant.

(Formule facile, mais, dans le cas présent, très vraie !)

Il me confie qu’une jeune comédienne est intéressée « pour porter le projet d’une adaptation cinématographique »

Je ne donne pas son nom, parce qu’il m’a prié d’être une tombe.

Ce que je sais être.

Parfois.

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Antoine file pour un autre rendez-vous. Il voit beaucoup de monde, car il fourmille de projet.

Un jeune homme dont je pressens que l’on n’a pas fini d’entendre parler.

Nous nous reverrons bientôt.

Pour son prochain livre, je pense.

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J’aime bien mon rendez-vous annuel avec lui.

Pour finir, je vous rediffuse la bande-annonce de son livre…

Bande-annonce qui fait pas mal réagir chez les blogueurs littéraires (voir et aussi ici).

 

 

Ici, le MySpace d'Antoine...

Là, son blog de "critique littéraire".

Et enfin, l'article Strictement Confidentiel de Dahlia.

03 janvier 2008

Henri Tachan... poète rebelle et éternel.

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« Crier est un remède contre les larmes. Chanter aussi, je pense ! Lorsque Tachan déboule en scène, petit et noir, étincelant comme une cassure d'anthracite, le front buté, le regard pointu, la lèvre en gouttière ; déjà en sueur, déjà écumant, j'ai chaque fois l'impression de voir surgir un tourbillon, fou furieux avant même sa sortie du torril… » (Frédéric Dard)

« D'abord Tachan, il est jamais d'accord ! Il critique tout. Les curetons, il a du mal à les encadrer ! Il fait comme Brel, il raille les bourgeois, il est pas patriote pour deux ronds . . . De là à dire qu'il aime pas la guerre, y a qu'un pas ! Il fait de la provoc systématique, il profère des gros mots, on se demande s'il le fait exprès… » (Pierre Perret)

« J'aime Tachan, insolent, triomphant. Il cogne, il mord, il ravage, il saccage, il taille en pièces, il poignarde en plein cœur… Il aime, je l'aime. » (Serge Reggiani)

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Voilà vers qui je me rends ce 13 décembre 2007.

Vers un homme que ma famille écoutait quand j’étais bambin.

(Souvent, j’aime rencontrer des artistes qui ont hanté mon enfance… celui-ci, avait un goût de "rebelle attitude" qui plaisait à mon père.)

Quarante ans de carrière.

90db84922a6c92f0405580faaaaa7745.jpgAvec une odeur de soufre qui lui colle à la peau.

Celui dont Brel, son parrain dans le métier, disait : « Le fauve est lâché ! » est un grand pourfendeur de la morale bourgeoise, bouffeur de curés jamais rassasié, antimilitariste jusqu'à l'os… il adore provoquer en exhibant ses pensées génitales.

Dans ma voiture, j’ai presque le trac en pensant à cette rencontre. L’homme m’impressionne.

Il n’est pas pro journaliste, non plus, je le sais, il l’a souvent exprimé.

(Les journalistes culturels le lui rendent bien parce qu’au final, aucun média ne parle plus de Tachan.)

Alors qu’il vient de sortir un nouveau disque : De la pluie et du beau temps.

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J’ai rendez-vous à 16 h à l’hôtel Royal Fromentin, dans le 9e arrondissement de Paris.

Il est 15 h 45, je suis bloqué par une manifestation d’Asiatiques qui marchent lentement dans le quartier de Pigalle. Je suis le cortège en pestant. Je déteste être en retard. Je tente de modifier mon chemin pour les dépasser, mais dès que je reviens sur le bon chemin, c’est pour aboutir juste derrière eux. J’arrive avec 15 minutes de retard, mais j'ai pris soin d’appeler l’attachée de presse pour la prévenir de mon problème.

Henri Tachan est assis dans le salon de l’hôtel. Il m’accueille en se foutant de ma gueule.

Genre, le coup de la manif d’Asiatiques, il n’y croit pas des masses.

En enclenchant mon Sanyo, je tremble intérieurement. Franchement, je ne suis pas rassuré.

Je lui demande comment il fait pour continuer à exister sans aucune aide de quiconque, à commencer par celle des médias.

 

-Je travaille comme dans les années 60. De manière artisanale. C’est le bouche à oreille qui prime. Les6b009f38b991f6b2cc722327d0f7f5d5.jpg médias me boudent car nous ne sommes pas tellement d’accord, mais je m’en passe totalement. Je tiens beaucoup à ma liberté. Je l’ai depuis 40 ans. Il y a un prix à payer pour cela. Le combat dans la solitude. Mais, heureusement, j’ai un public très fidèle. Au fil des années, il emmène ses enfants et petits-enfants. Évidemment, j’aimerais qu’il s’élargisse, mais il faudrait que je fasse des concessions et ça, c’est hors de question.

J’insiste un peu pour savoir si on ne finit pas par choper de l’aigreur quand on se sent victime d’injustice :

-Le succès, c’est les clefs du hasard. J’ai été très longtemps joueur. Au poker, aux courses. Ça m’a beaucoup appris. Je suis très bon perdant. Quand je gagne, je suis toujours surpris de gagner.

Dans son nouveau disque, il observe notamment, la société du spectacle d’aujourd’hui, mais il parle aussi d’amour, de la vie et de la mort. Sa plume est moins acérée, plus douce, peut-être.

-J’ai passé 40 ans à chanter « contre ». Aujourd’hui, j’ai envie de chanter « pour ». Je n’ai plus de temps à perdre pour fustiger les choses. J’ai sorti il y a deux ans, une intégrale de toutes mes chansons chez Naïve. Il y a 7 doubles albums, près de 400 chansons. Il y a là tout ce qui m’énerve et me révolte. Je ne veux plus recommencer. Je préfère désormais m’appesantir sur tout ce qui me plait dans la vie. J’ai aussi envie d’évoquer ce qui est futile. La futilité peut devenir de la poésie, je vous assure.

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Je lui pose la question qui fâche. Est-ce la vieillesse qui l’assagit ? (Il a 68 ans).

Il ne sourit plus.

-Ma tête est jeune et mon corps à son âge. On peut avoir mal au corps et avoir toujours le cœur d’un adolescent.

Il réfléchit :

-Par contre, j’ai une certaine fatigue, mais je n’ai pas perdu mon instinct de révolte. Par exemple, je suis révolté contre la vieillesse et la mort. Ça m’a toujours hanté depuis que je suis jeune. C’est mon seul ennemi préféré. La seule chose importante, c’est qu’un jour on disparaît, on perd des amis autour de soi, et que soi-même, on est programmé pour disparaître. C’est mon idée fixe.

Je sors les idées reçues qui traînent sur sa personne. Un peu pour le provoquer.

1) Tachan, chanteur engagé ?

55693af06f3a057d9fe951584abfe052.jpg-Il n’y rien de pire que cette insulte. Les artistes engagés m’emmerdent. C’est une fausse réputation que j’ai. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai écris il y a une trentaine d’année, un texte qui s’appelle « Ni gauche, ni centre, ni droite. » Après, on ne m’a plus fait chier avec ça. Sauf vous, aujourd’hui. Sachez, monsieur, que je suis en révolte permanente contre les conneries de la vie et je suis en tendresse permanente pour les belles choses de la vie. J’essaie juste de faire rêver les gens, de les faire rire parfois.

2) Tachan vit reclus loin de tout, sans personne ?

-Vous le faites exprès là ? Pourquoi dites-vous ça? Ma porte est toujours entrebâillée. Je dis comme Léautaud : on ne vit jamais seul. Je vis avec ma famille et j’ai des amis. Peu du métier certes. À part Pierre Perret et Jean-Claude Vannier.

 

3) Tachan n’aime pas les nouveaux chanteurs français. Delerm, Bénabar…

-Qui ?

-Delerm, Bénabar.

-Qui ?

Idée reçue tout a fait exacte donc. Les seuls qui trouvent grâce à ses yeux, sont Alain Souchon et Thomas Fersen qui ne sont tout de même pas les perdreaux de l’année.

J’aime Henri Tachan, parce qu’il est, avec Aznavour, le dernier des mohicans (mais personne ne le sait).

Autre point commun, ils sont arméniens tous les deux. Enfin, je présume, car le vrai patronyme de Tachan est Tachdjian.

(Et vous savez à quel point cette communauté est importante pour moi aujourd’hui…)

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Henri Tachan me dira après l’interview qu’il s’est bien amusé. Je ne sais pas comment le prendre, mais je suis de bonne humeur, je le prends donc comme un compliment (et ça m’arrange bien… je suis sensible et susceptible.)

Nous devisons encore quelques minutes avant qu’un taxi le récupère. Il s’en va au bout du monde pour un concert le soir même.

A Issy-les-Moulineaux.

Moi, je retrouve ma voiture. Un PV de 33 euros sur le pare-brise.

Youpi ! La vie est belle.

Pas d’Asiatiques sur le chemin du retour.

Je réécoute le disque de Tachan et je me dis qu’il n’est pas si terrible que ça.

Un tendre révolté.

Juste.

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P.S : Voici un documentaire très récent de 10 minutes sur lui. Regardez-le en intégralité pour comprendre le personnage.

 

 

Et , des images d’archives de lui en « tour de chant » en 1972.

27 décembre 2007

Stéphane Nolhart... écriv'ange!

 

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Le livre dont je vais parler aujourd’hui, je l’avais mis dans mes bagages, lors d’un récent départ en week-end à Dijon pour aller voir de la famille. A priori, prendre un livre quand on va voir de la famille, c’est louche.

Mais là, non. 

Je n’avais pas peur de m’ennuyer, juste, avoir un livre à portée de main me rassure.

On ne sait jamais, en cas d’insomnie…

Les Ailes de Giacomo de Stéphane Nolhart, pour tout dire, a finalement été mon médicament pendant toute une nuit.

J’étais malade comme un chien. Je vous passe les détails, mais, à cause d’une longue et insupportable quinte de toux, j’ai dû m’enfermer dans une pièce afin de ne pas réveiller ma tribu.

Étant dans l’impossibilité de dormir, j’ai pris ce roman et l’ai lu d’une traite.

Et il m’a fait du bien.

J’ai cessé de tousser.

Vrai.

En 4 heures.

(Peut-être était-ce aussi l’effet de mes nombreux « miel citron » bu tout au long de la nuit ?)

Croulant sous les livres à lire, j’avais hésité à prendre celui de ce jeune auteur.

(Enfin, jeune, nous avons quasiment le même âge. Oui, donc, jeune.)

Mais, vraiment, le thème m’intéressait.

 

Léalan d’Antoni, un petit garçon prématuré (de 6 mois) continu de vouloir vivre malgré les souffrances, sous a35056b78b72531a90b1a688aa57316c.jpgl’impulsion de son ange gardien, le plus contesté qui soit, Giacomo Casanova.

(C'est lui, à gauche).

 

Tout en croisant d’incroyables destins, Léalan  passera sa vie à chercher sa mère (prostituée) sous l’œil de cet ange iconoclaste.

Il y a, parmi les protagonistes, une chanteuse de rock alcoolique, suicidaire et nymphomane, un champion du monde de boxe, un champion du monde d’échec reconverti dans l’islam le plus radical et toutes sortes de personnages plus excessifs les uns que les autres.

Tout est crédible et rien n’est caricatural, ce qui est une performance quand on crée des héros aussi déjantés.

Hier, j’ai donné rendez-vous à Stéphane Nolhart dans une brasserie de la Porte Maillot. J’arrive un peu avant lui. Je m’adonne donc à mon activité préférée dans ce genre d’endroit. L’observation des gens.

J’adore contempler ses vies inconnues.

Une femme seule (et magnifique) est là.

Elle me sourit.

Elle doit penser que je l’allume.

A la place, elle s’allume une clope. Posture.

Elle prend son téléphone, écoute des messages en fronçant les sourcils. Posture.

Puis, elle boit son thé, l’œil méditatif. Posture.

Du coup, je ne cesse de la regarder.

Pour voir, comme ça.

Ça m’amuse.

Sachant d’autant plus que je ne l’aborderai pas.

(J’ai déjà bien assez de soucis comme ça !).

(Cœur fragile.)

Puis, un bel homme arrive et s’assoit à côté d’elle.

Puis l’embrasse sur les lèvres.

Avec avidité.

Imposture.

L’auteur arrive, lui aussi.

Heureusement, j’allais pleurer.

Il m’inspire immédiatement de la sympathie. C’est fou ce que l’on peut dégager comme ondes positives (ou pas) en quelques secondes. Je lui raconte mon histoire à Dijon.

Il sourit et me dit : « on écrit des mois et des mois et en 4 heures, le livre est ingurgité ».

Oui, mais, à moi, il m’a fait un sacré bien.

L’idée d’avoir écrit un livre salvateur lui plait.

Je lui demande ce qu’il veut boire : « Je ne sais pas, j’hésite entre un thé et une pression. »

J’appelle le garçon et commande, deux pressions.

Je lui pose des questions indiscrètes sur sa vie d’écrivain.

Il me dit en vivre.

Ce qui est si rare que je lui demande de m’en dire un peu plus.

Parce qu’il écrit depuis l’âge de 14 ans et qu’il n’a jamais cessé cette activité jusqu’à aujourd’hui.

Mais encore ?

 

-Des nouvelles, des contes pour enfants… mais j’utilise plusieurs pseudonymes. Depuis un an, j’écris des livres pour d’autres.

Autant dire qu’il est nègre, même s’il préfère le terme anglais : « écrivain fantôme ».

Stéphane Nolhart s’astreint à une discipline d’enfer rigoureuse.

-J’écris de 4 heures du matin à 11 heures. L’écriture, c’est aussi lire beaucoup et avoir un rythme de vie très carré. C’est un métier… on ne peut rien faire qui tienne la route si on ne s’y consacre pas à plein temps. Je me demande comment font les écrivains qui pondent un livre en 3 mois tout en ayant un autre travail pour gagner sa vie. Je ne cesse de rencontrer des auteurs qui parviennent à maîtriser cette double vie. Moi, ça me dépasse.

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Stéphane Nolhart a pourtant une longue vie professionnelle derrière lui : « de parachutiste à balayeur, de pigiste pour des magazines pour adultes à directeur de groupe de presse », dixit la 4eme de couverture de ce livre sorti chez Pietra Liuzzo Editions.

Ce qu’il me confirme :

 

-J’ai bien profité du début de la bulle Internet, quand tout était facile et que l’argent se ramassait à la pelle. Je suis  passé d’une boite de 30 personnes, très rapidement à une boite de 300 personnes. J’ai vu le vent tourner, j’ai tout vendu et je suis parti avec de quoi voir venir…

Je comprends qu’il a eu les moyens de se « poser ». Il s’est mis à écrire.

Un divorce et d’autres problèmes lui ont imposé une réflexion sur la vie qu’il menait. Il affirme que la littérature lui a permis de traverser certaines bourrasques du quotidien.

-La littérature peut sauver la vie comme on peut en crever. Personnellement, elle m’a sauvé. Écrire ou lire permet d’échapper à une réalité qui est parfois trop dure. Si le monde dans lequel on évolue ne nous plait pas complètement, on peut en créer un autre…

Le but étant d’écrire aujourd’hui des romans qui n’impliquent pas sa petite personne et qui fédèrent un public large…

-Je me suis attaché à essayer de prendre mon lecteur par l’épaule et à l’amener jusqu’à la fin sans qu’il ait envie de se barrer. J’ai passé beaucoup de temps sur le style et le rythme…

Pourquoi ce thème des « représentants du Seigneur qui guident et protègent » ?

-La seule chose autobiographique de ce roman, c’est que je suis moi aussi un enfant prématuré de 6 mois. Que j’ai réellement pesé 900 grammes… Je suis parti de cette question : pourquoi, alors que la vie n’est que souffrance, un petit être décide de continuer à se battre pour vivre. Et si, quelqu’un l’incitait à persister. J’ai aussi réfléchi sur l’intuition…peut-être est-ce les anges qui nous parlent ? Notre destinée, dépend- elle de la compétence des anges qui nous surveillent ? Je tente de répondre à ces questions de manière ludique et amusante. Mais je ne prétends rien.

Stéphane Nolhart, en vrai, ne croit pas précisément aux anges…

-Je crois juste en ma bonne étoile. Peut-être parce que j’estime que j’ai eu une vie assez jolie. Ça ne m’empêche pas de m’interroger sur le sens de la vie, de l’amour et de la mort… Pourquoi fait-on certains choix ? Pourquoi court-on après quelque chose ? Mais, je dois avouer que l’une de mes priorités en écrivant ce livre était de réhabiliter Giacomo Casanova. C’était un vrai philosophe, d’ailleurs, je cite beaucoup d’extraits de Histoire de ma vie. Une vie tout à fait fascinante.

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S’il y avait une morale dans Les ailes de Giacomo, ce serait : la vie est un éternel recommencement.

Pour être franc, je préfère ne pas trop en dire sur ce roman cynique et épique. Simplement, je le conseille vivement à ceux qui aiment les histoires qui sortent des sentiers battus, qui transportent le lecteur dans un monde qui n’est pas tout à fait le nôtre, sans en être, pour autant, très éloigné.

Stéphane Nolhart, ce grand et beau gaillard d’1m90 est touchant.

Il m’avouera (en off) qu’il a eu le trac avant de faire lire « les ailes de Giac… » aux êtres qui lui sont chers. Il était terrorisé de le présenter à son fils de 18 ans. Il fait des études littéraires et son jugement est souvent sévère. Le fils avait une larme à l’œil après lecture. Le père était fort ému.

Son plus beau cadeau.
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Le prochain livre de Stéphane Nolhart aura comme héros, la mort.

Un livre très drôle qui l’humanise.

Un livre pour faire aimer la mort.

En tout cas, pour avoir un peu d’affection pour elle.

Pour ne plus la regarder de la même manière.

Et quand je lui demande s’il en a peur, il cite Giacomo Casanova (ce qui boucle la boucle) :

« Finalement, mourir, c’est quitter la scène du théâtre de la vie avant que la pièce ne soit terminée. ».

Oui, enfin, moi, ça ne me console guère.

Mais j’attends avec beaucoup d’intérêt ce livre, pour le moment intitulé : L’incroyable vie de monsieur Catule LaMort.

Nous restons près de deux heures ensemble à parler ensuite de nos vies respectives.

Encore une fois, je me dis que ce type-là pourrait être un pote.

Peut-être le deviendra-t-il ?

Peut-être pas.

Les surprises de mon métier.

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On se sépare en se promettant de se revoir.

On verra.

Les surprises de la vie…

 

Important: vous pouvez commandez ce livre ici.

18 décembre 2007

Christian Olivier... Tête Raide pensante!

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C’est un truc que j’ai toujours eu du mal à comprendre (et en même temps, je comprends parfaitement, hein, c’est juste une phrase qu’on dit comme ça… je les adore, les phrases qu’on dit comme ça…). Comment Christian Olivier, qui sort des disques avec son groupe les Têtes Raides (un des meilleurs groupe français, à mon humble avis) depuis presque 20 ans, n’est pas plus respecté, reconnu à sa juste valeur. Sa notoriété « grand public », n’existe que depuis peu.

Pour être clair, depuis sa collaboration avec une ancienne fan du groupe, Olivia Ruiz, et ce clip qui tournait en boucle il y a quelques mois sur toutes les chaînes musicales, le monsieur dit vaguement quelque chose au quidam moyen…

 

 

Mais Christian Olivier est un grand…

 

Qui n’a pas écouté les albums Mange tes morts, Chamboultou, ou autre Qu’est-ce qu’on se fait chier n’a pas une grande vision de la chanson française actuelle.

(Je me surpasse aujourd’hui. Je viens d’écrire un truc très journalistico-pédant qui insinue que, tsss…, en fait, vous êtes des billes dans ce domaine, mais moi, je suis une véritable bête pour vous conduire sur le bon chemin.)

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Allez, je peux en tout cas vous dire que Banco, le dixième album studio alterne brûlots politico-poétiques tels l’emblématique Expulsez-moi, hymnes à la nuit, poésies à la veine surréaliste, et chansons d’amour, sur un fond musical toujours renouvelé, où l’accordéon retrouve sa place, au milieu d’un attirail électro-acoustique bariolé. On y croise Olivia Ruiz (ben tiens !) le temps d’un featuring sur le burlesque Plus haut. L’album comprend en outre un véritable morceau de bravoure de 20 minutes, avec une interprétation passionnée de la poésie de Stig Dagerman  Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.

Après avoir vendu plus d’un million d’albums, Têtes Raides continuent leur route unique, en dehors des ornières de la scène rock hexagonale et des sentiers bien tracés de la chanson française.

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Je suis allé à la rencontre de Christian Olivier, jeudi dernier, à la Maroquinerie dans ses bureaux de Mon Slip (le nom de son label 100% coton qui produit des artistes de la même mouvance, Jean Corti, Pusse, Mell, Lola Lafon, Loïck Lantoine…etc.).

Rendez-vous à 14 h avec lui. Son attaché de presse est devant la porte blindée et, par la même occasion, fermée. Nous attendons 10 minutes quand une jeune femme arrive, nous fait monter pour patienter. C’est très grand. Il y a tous les labels de Christian Olivier réunis à cet étage. Jamais j’dégeule (qui produit les Têtes Raides) et le bureau Mon Pauvre Ami (édition musicale et papier de Christian Olivier). C’est d’ailleurs là que l’on me propose de patienter. Christian Olivier arrive à 14h20.

Un peu confus, mais droit dans ses bottes. Je sens qu’il a bien profité de son repas (il faisait très froid, ce jour-là… fallait bien trouver le moyen de réchauffer son corps…)

C’est bizarre, j’ai rencontré pléthore d’artistes dans ma vie, mais il fait parti de ceux qui m’impressionnent réellement.

 

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Le groupe en plein travail...

Avant de brancher mon Sanyo, je lui parle des disques que j’ai aimés de lui. Bref, je le (Jean)* amadoue afin qu’il sache qu’il a devant lui un professionnel de la profession qui connaît bien son sujet. Pourquoi cherche-je (Lama)* le respect mutuel quand je suis devant des gens talentueux dans leur domaine et qui, en plus, ne sont pas du genre à juger les autres ? Je ne sais pas. C’est comme ça. Un bête complexe.

Mais, en tout cas, ça marche. Christian Oliver est délicieux. Au sens qu’il sourit, te répond droit dans les yeux en toute franchise. Il n’est pas très à l’aise en interview. Il cherche ses mots, bredouille ses mots, mais lance ses messages. Tous les poètes ne sont pas des orateurs.

Je lui demande s’ils vont bientôt fêter leurs 20 ans d’existence…

 

-Là, nous n’avons encore que 19 ans et demi de carrière. Nous fêterons cet anniversaire en 2eme partie de 2008. Nous sommes en train de préparer la pâte du gâteau, nous ne l’avons pas encore mis au four.

Christian Olivier m’explique qu’il se moque complètement de la notion de temps. Les Têtes Raides vivent les albums de sortie en sortie. Tout est à refaire à chaque fois, rien n’est gagné. C’est un travail de tous les instants.

Mais l’artiste est aussi chef d’entreprise. Je m’interroge sur les interférences que cela peut procurer par rapport à la création.

 

-C’est effectivement une charge supplémentaire. Lorsque la schizophrénie aura atteint son niveau extrême, je me poserai la question et me positionnerai clairement. Pour l’instant, je ne suis pas tout seul dans ma petite bulle. Il y a des gens qui travaillent avec moi. Dans Banco, il y a des réflexions sur comment, artistiquement, être complètement libre dans l’écriture musicale et des textes. Tu sais, quand je suis devant ma table et que j’écris des chansons, je ne pense pas à mes labels. Je ne pense qu’à ma création. Je suis dingue des mots, de la littérature, de la poésie, du style…

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S’il y a de l’artisan, du goût de l’objet, du tactile, chez Christian Olivier, c’est peut-être à son menuisier de père qu’il le doit.

-La musique, c’est très abstrait. Les mots, les mélodies, le son, c’est de la matière qui se travaille. Pour moi, c’est une passion absolue. Choisir un mot est à la fois plaisir et souffrance. Tout passe par le corps.

Il ne parle pas de « transe » mais je suis certain que ce n’est pas loin de cette idée.

Ce que j’apprécie dans l’écriture de Christian Olivier c’est l’urgence de dire, de dénoncer. Ses textes sont des cris universels.

 

-J’ai la volonté de laisser les portes grandes ouvertes pour que la personne qui lit ou entend le texte puisse l’interpréter, se raconter sa propre histoire.

Chez lui, comme pour un livre, du 1er au dernier morceau du disque, il y a une logique, un chemin à suivre.

Du bel ouvrage, je vous dis.

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Je lui montre la note que j’ai reçue avec le disque. « Banco est sans doute l’album le plus varié du groupe depuis le début de sa carrière…». Je lui dis que cette phrase est « débile », d’autant plus que je ne trouve pas que ce soit l’album le plus varié, ni le plus novateur. Le précédent Fragile, je l’avais trouvé ainsi (ce n’est d’ailleurs pas l’album qui a le mieux trouvé son public.). Celui-ci est dans une certaine continuité. À la fois personnelle et universelle dans les thèmes abordés, acoustique et électrique, bruitiste et feutrée. Il y a un mélange d’accordéon et de guitares électriques toutes griffes dehors.

Christian Olivier insiste sur un point :

 

-Mais quand même, nous avons changé de batteur. Ce n’est pas rien çà. Le son n’est plus le même à ce niveau là.

Ouaips !

À la fin de l’interview, comme je suis très intéressé par Benoît Morel (je le place à un niveau similaire au leader des Têtes Raides), je lui parle aussi des Chats Pelés. Un trio de graphistes réunissant Christian Olivier, Benoît Morel, justement, (chanteur de La Tordue) et Lionel le Néouanic (alias Zemle).

-C’est une belle aventure. C’est nous qui illustrons tous les disques des Têtes Raides et de La Tordue. C'est une autre passion. Là, non plus, je ne pourrais pas m’en passer.

Ici avec le Morel en question, le 29 juin 2006, à l'occasion de la sortie de son premier album solo Félin pour l'autre.

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Christian Olivier n’appartient à aucun clan, il désobéit à toute catégorisation.

C’est pour ça qu’il me fascine.

Le terme rebelle lui sied à merveille.

Qu’il continue sa route encore longtemps.

Une route que vous pourrez croiser prochainement.

Têtes Raides sera en tournée française à partir de février, avec une résidence parisienne au Bataclan du 25 mars au 5 avril 2008.

Nous en reparlerons.

En attendant, nous nous quittons, après avoir été dérangés par l’attaché de presse (qui fait simplement son boulot). C’est rare quand je ne respecte pas le timing imposé. Mais, là j’étais trop bien.

Après la séance de photos auquel il se prête très gentiment (et qu’il a presque dirigé) et une chaleureuse poignée de main, je m’efface dans le froid.

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Ce froid cinglant a eu raison de moi ce jour-là.

Froid perçant, moi, mal couvert.

Il est la cause de mes tourments de ces jours-ci.

Malade à cause des Têtes Raides.

Pfff…

J’ai toujours besoin de trouver un responsable à chaque problème.

Normal.

Jamais de ma faute.

Mandor ne fait jamais d’erreur.

Non.

Jamais.

Question à Thomas Clément (qui diffuse donc son interview de Stanislas avant bibi et c'est assez dégueulasse, je trouve): Comment fais-tu pour réussir les photos « à bout de bras ». Les tiennes sont réussies à chaque fois.

Moi, ça donne ça, presque systématiquement.

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Problème d’inclinaison ?

De petits bras ?

De vues déclinantes ?

D’incapacités à toutes formes d’arts primitifs ?

Franchement, là, je sèche.

(J'aime beaucoup poser des questions existentielles à mes éminents confrères es-blog)

*Jeux de mots de bon aloi. Je remets 10 francs dans le nourrain.

11 décembre 2007

Benoît Dorémus... vu, l(o)u et corrigé!

 

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Comment vais-je traiter cette note ?

Je me suis posé cette question.

J’ai rencontré le jeune Benoît Dorémus vendredi dernier (quelques heures après Vincent Delerm), à l'occasion de la sortie de son premier disque Jeunesse se passe.

Dont est tirée cette chanson J'écris faux, je chante de la main gauche.

 

 

 

 

Ayant remarqué qu’une jeune blogueuse, amoureuse de la bonne chanson française, appréciait le bonhomme, je l’ai convié à se joindre à moi pour assister à l’interview.

Ma bonté me perdra.

Bon, comme Lou est jeune, forcément, elle est pressée… (moi, je ne suis qu’un lent et vieux croûton) et donc, dès le lendemain, la jeune demoiselle avait déjà écrit sa note sur le sujet (me grillant, au passage, la priorité... mais bon, rien ne sert de s’offusquer, j’ai 20 ans de plus, donc, plus beaucoup respectable…)

(C’est à ce moment, que normalement, vous devriez crier à la face de monde : « Non, Mandor, tu es encore tout jeune et beau et talentueux et toutes sortes de compliments hypocrites, mais qui font tout de même plaisir quand on atteint un âge « canonique »)

(Je dis ça, je dis rien.)

Donc, comment traiter cette note sur le jeune Benoît Dorémus, quand tout a été presque raconté ?

(Surtout qu'elle a bien compris la notion de "coulisses du show-biz"...)

Après de longues heures de méditation.

Hop ! Un coup de tantra, un coup de yoga et pim pam poum, je trouve la solution.

Sortez les cahiers et les crayons !

Aujourd’hui, commentaire de texte.

Pauvre Lou, si tu avais su…

Voici sa note intégrale. À partir de là, ce qui est un rouge est mon apport personnel à cette magnifique prose.

 

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Lou, c'est elle.

Il était une fois...

Ça commence bien !
Un beau matin où le réveil m'apporta la surprise d'un mail :

" Ça t'intéresse de venir avec moi interviewer (ou pas) Benito le vendredi 7 décembre à 15 h 45 chez EMI ?" Je me reconnais bien là...cette espèce de proposition complètement désintéressée…
Lui, c'est
Mandor, chroniqueur et journaliste remarquable notamment pour ses goûts musicaux de qualité.

Bon là, je ne vois pas grand-chose à redire. Tout est rigoureusement exact. Principalement la dernière phrase. Le mot « remarquable » est particulièrement bien trouvé. Même à la limite, vous pourriez vous arrêter ici, la suite est beaucoup moins intéressante.
Ce matin c'est le jour J....
Mais j'ai
rien à me mettre, j'envoie un mail à Merode "Jupe ou pantalon"... il me répond pantalon... par esprit de contradiction sûrement, je me retrouve en jupe et file, en retard, au boulot.

Je ne sais pas qui est Merode mais ce garçon devrait savoir que les vieux schnocks de mon espèce préfèrent les jeunes filles en jupe. Je loue l’esprit de contradiction de Lou (ça fait 3 loups dans la même phrase : Je, Lou et loue. Je ne sais pas si à ce stade de mes commentaires, vous me suivez, mais, bon, je me comprends et c’est déjà pas si mal…)
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Quel crâneur ce Benoît! Il verra quand il aura mon âge.


 

Quelques coups de fil avec divers centres culturels français en Asie... et je tente de ne pas angoisser. Pari réussi, je pars toute zen retrouver Mandor à 15 h à l'Ouest Bar...
 « Des coups de fil avec divers centre culturels français en Asie ! ». Ça en jette pas mal comme phrase. La grande classe internationale…Je la note et tenterai de la ressortir un jour.

Sinon, j’ai choisi l’Ouest Bar car c’est le troquet le plus près de la maison de disques EMI. Et moi, j’ai un certain côté pratique. Oh ! Ce n’est rien, ne soyez pas impressionné… des années d’expérience !
Première grande rencontre, celle avec un homme souriant, généreux et humble dont on pourrait sûrement passer des soirées entières à le questionner sur ses rencontres musicales d'Obispo à
Daphné (pour aller d'un extrême à l'autre!).

Oui, mais enfin, je tiens à dire ici qu’il m’arrive de parler d’autres choses que de mes souvenirs de guerre, surtout en soirée. J’irais presque jusqu’à affirmer que je ne cause pas de mes états de service en société. Sauf, si on me pose des questions avec insistance.

Je vous rappelle que je suis humble, souriant et généreux. Doublé d’un parfait modeste. Si.
Très vite (en courant ?) on rejoint les locaux d'EMI pour rencontrer et interviewer
Benito !Anagramme de Benoît ! C’est le double du chanteur dans ces chansons. Oui, Lou, il faut préciser ce genre de détail sinon, comment veux-tu que les lecteurs comprennent ?

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1ère rencontre avec son agent de presse, fort sympathique... mais Benito est en retard dans son interview précédente.C’est assez habituelle comme circonstance. Généralement, il y a le quart d’heure de retard réglementaire. Petite précision : cette loi systématique de physique n’a qu’un défaut : elle ne fonctionne pas (du tout) à l’envers. Le journaliste se doit d’être toujours à l’heure pile. Pas avant, pas après.
Nous aurons donc 20 min, chrono en main, pour l'interviewer, avant qu'il ne parte : direction le téléthon...

1er contact...Benoît qui court, direction les toilettes "je vais faire un petit pipi et j'arrive"
Mais je t'en prie !! ...
Là, très bien. Moi aussi, je n’aurais pas hésité à souligner cette phrase. Elle n’est pas anodine, car elle prouve que le chanteur ne se la pète pas. Pas encore, en tout cas. Il est resté naturel.
Comme Mandor se l'est dit aussi, je me dis tellement de choses, vous savez, le souci avec Benoit Dorémus est de trouver un point d'entrée original pour faire son interview. Oui, que voulez-vous ? C’est mon obsession: ne pas me diriger tête baissée dans la banalité la plus confondante (voir Delerm hier). Le faire parler de lui ? Il le fait dans ses chansons... et si on écoute son album de A à Z, on aura vite découvert l'histoire de Sarclo / Renaud / la guitare / la production de l'album et le lancement de sa carrière ... Bon, en fait, pour ceux qui entendent parler de Benoît Dorémus pour la première fois, je suis quand même obligé de donner quelques éclaircissements à ce que vous venez de lire. C’est le chanteur suisse Sarcloret (voir ma note sur lui) qui s’est arrangé pour que le jeune artiste rencontre Renaud (voir ma note sur lui bis), son idole de jeunesse. Le premier lui a donné une guitare à remettre en main propre au second. Benoît en a profité pour lui donner une démo et c’est ainsi que quelques jours plus tard, Renaud, conquis par son talent, décide de produire son premier album. Mais aussi son caractère, sa façon de se protéger en nous prévenant qu'il écrit faux et chante de la main gauche (le comble étant que ce sont les plus doués qui s'excusent, quand d'autres s'affirment malgré leurs incompétences!) Bien dit !... sa peur de ce temps qui passe et qu'il aimerait parfois ralentir voir stopper !
Mais t'inquiètes Benito, t'as toujours
17 ans non ?!

Alors pour éviter de lui faire parler de Renaud, Mandor lui demande de nous raconter sa rencontre avec Sarclo...

Moi aussi, j’ai l’esprit de contradiction.

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Benoît avec Sarcloret à Genève. Septembre 2005.


 

Depuis 2003, Benoit connaît la scène... partant d'un 1er petit concert dans un bar du 11ème La Fontaine , il sillonne peu à peu les bars de la capitale, sans sono, la guitare à la main... faisant croire qu'il a 15 titres alors qu'il n'en a alors que 8... le coquin ! tentant de trouver des musiciens.

Lou ? Tu as un magnéto à la place du cerveau où quoi ? Je viens de réécouter l’interview, c’est exactement ça !
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Peu à peu il s'entoure, prend de l'assurance, et complète son carnet de bord de nouveaux textes...
Puis commençant à épuiser sa liste des bars parisiens à écumer (je passe sous silence ses confidences quant aux troquets ! ;-) ) ...Non, non, vas-y, raconte ! il s'exporte et rencontre en Suisse le fameux Sarclo.

De là découle l'histoire avec
Renaud qu'il a du tant de fois répété.
Bon, ça, je l’ai dit aussi.

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Renaud et Benoît au studio ICB de Bruxelles. Mars 2006.


Mais si on l'interroge sur ses influences, Benoit tient à en citer d'autres... Alain Souchon notamment, sans oublier Eminem.
Mandor cherche d'ailleurs à expliquer son style vocal... entre chanson française, hip-hop, slam... ? Je sais, c’est très fort comme interrogation !
et là je sens que justement ce que Benoît apprécie, c'est qu'on lui dise qu'il n'est pas complètement l'un d'eux, mais bel et bien le résultat de toutes ces influences revendiquées qui fait de lui un artiste à part entière et unique.
Amen !
On évoque également son goût pour l'écriture, et il nous parle alors de son roman « impubliable » et de sa fierté d'avoir achevé alors un projet... mais nous explique que bizarrement la versification lui sied mieux que la prose malgré les contraintes qui en découlent, justifiant cela par son goût de la rime, etc...
Il faut avouer qu'il n'en a pas que le goût mais aussi le talent !

Amen !
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Il nous parle aussi de sa jalousie... petit sourire rougissant, Benito reconnaît qu'il y a une part (petite?) d'exagération... mais c'est trop tard il s'est une fois de plus dénudé dans ses textes !
Je confirme. Ca n’a servi à rien que je me retape, ce matin, les 25 minutes d’interview, vu que Lou ressort tout par cœur.
C’est dégueulasse de me mâcher autant le travail. Je ne peux rien ajouter au débat…
Puis petite réflexion sur sa notoriété... est-ce vraiment ça qui lui plaît... la reconnaissance du public, des médias et de la critique musicale, voire littéraire ? (on passera sous silence ses relations purement sexuelles avec ses 9 fans exclusifs dont je lui avoue vouloir faire parti alors... ;) Malheureuse, ne passe pas ça sous silence ! Tout le monde aime le croustillant. Et mes stats, tu y penses à mes stats ??? Tu as une certaine propension à ne pas raconter ce qu’il y a de plus passionnant, je trouve petit clin d'oeil de Benoit... comment pourrait-on ne pas être sous le charme?) Tu n’exagères pas un peu ? Il n’est pas si beau, si sympathique et talentueux que ça. Non, son petit côté rebelle ne plait pas autant aux filles que tu le crois. Hein, les filles ? Finalement, il s'attache assez peu à cette notoriété... il est d'ailleurs subtilement humble, mais il apprécie le contact avec son public, avec ses "fans", ceux qui ne le connaissent pas d'aujourd'hui... le tout avec modestie, naturel et aisance. Un peu comme Mandor, en somme. Beaucoup de points communs avec moi, c’est fou 
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Sa fierté serait plutôt d'avoir réussi son pari... d'être enfin chanteur, reconnu, entouré et diffusé... de faire ce qui lui plaît et il faut avouer que c'est un luxe qu'il a malgré tout du mal à savourer tandis que tout s'enchaîne, lui laissant peu le répit de le faire.1ère télé en direct pour le Téléthon, c'est une nouvelle expérience qui s'ajoute à ce bout de chemin qu'on te souhaite de continuer sur ta si belle lancée.
Merci Benito !
Merci Mandor ! J'attends ton article avec impatience...

 

De rien.

Heu… pas trop déçue ?

D’aucun dirait que je ne me suis pas foulé.

Alors, qu’en vrai, si, je me suis foulé.

On se boit un dernier thé, débrieffing, réflexions... du thé, les amis ! Oui, vous avez bien lu. Pour un premier rendez-vous, je reste raisonnable…il faut avouer qu'il nous a charmé et convaincu par sa sympathie le Dorémus !

Son MySpace...

Un autre clip, celui-ci tourné avec des bouts de ficelle... J'apprends le métier. La chanson figure aussi sur l'album. 

 

 

Rendez-vous jeudi (après-demain) au Zèbre de Belleville. 

 

Oui, et puis aussi ce soir. Lou organise une petite rencontre de blogueurs (et gueuses).

Bon, franchement, c’est plus que pas mal ton compte-rendu, mademoiselle.

Sincèrement.

Et puis, ça m’a fait gagner du temps, j’ai une longue journée aujourd’hui.

Merci à toi!

10 décembre 2007

Vincent Delerm à la Cigale enchantée (part 2)!

 

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Bon.

Oui, je l’avoue, j’aime bien Delerm.

Lequel, me demanderiez-vous, si vous étiez curieux ?

Le père autant que le fils.

Moi, je suis le simple d'esprit.

Le père, c’est le premier que j’ai rencontré (voir ).

Le fils, je ne cesse de le croiser (voir ici).

Et de lui faire de la pub, tout récemment en plus.

(D’ailleurs avant de poursuivre la lecture de cette note, je vous conseille de lire ceci puisque ma rencontre avec le monsieur avait pour but d’en savoir plus sur la chose).

Tenez, je vais faire un truc nouveau (comme je sais que tout le monde ne clique pas sur les liens conseillés, (feignasses !) je vais faire un copié collé de moi-même, ce qui est un geste un peu prétentieux, je vous l’accorde, mais de toute façon, chacun l‘a compris ici, je ne suis qu’un fieffé vantard !) :

 

Vincent Delerm sort un coffret enregistré à la Cigale entre le 21 novembre et le 9 décembre dernier.

e150cd261607a3eae2ef86022f677c2d.jpgÇa s’appelle Favourite songs.

Il y a un cd simple, mais surtout, pour les fans de Vincent, le fameux coffret su cité comprenant 2 DVD + 2 CD.

Nous pouvons y admirer le concert à La Cigale et l’intégralité des 16 duos.

+ 45 minutes de bonus

Inclus 5 inédits

Un truc de dingue!

Chaque soir de concert, un invité a interprété un duo avec le chanteur. L’intégrale de ces duos inédits est disponible dans un CD simple audio ».

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Voilà, ça valait le coup de me copier-coller, car, ceci est un grand texte.

Ils devraient plaire à mes ami(e)s qui tiennent avec talent des blogs littéraires…

Bref, je suis « convié » vendredi dernier (il y a 3 jours) à prendre mon petit déjeuner en sa compagnie.

10 h du mat dans un café face à la Cigale (le QG interview de Vincent).

J’arrive à l’heure.

Personne. Enfin, ni Delerm, ni l’attaché de presse. À 10h05, le second arrive, tout sourire. À peine le temps de se saluer qu’une dame déboule vers nous en disant. « Encore vous ! La maison de disques a réservé la table à partir de 13 h. Pas à 10 h… »

L’attaché de presse, Xavier, un peu pas encore bien réveillé, bredouille un truc, même moi (qui suis pourtant parfaitement réveillé) je ne comprends pas tout.

Quoi qu’il en soit, ils ne vont pas virer des clients qui consomment, mais je me demande pour quelle raison la tenancière est en colère. Nous ne lui imposons pas la présence d’un serial killer quand même.

Je ne croyais pas Vincent Delerm capable de déchaîner de telles passions orageuses.

(J’hésite à sortir mon parapluie).

(Très drôle, cette remarque !)

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Je discute avec Xavier. Il commence à s’inquiéter du retard du chanteur. « J’espère qu’il ne croit pas que c’est à partir de 13 h… lui aussi ». Le doute s’installe en moi. Je n’aurais pas fait Groslay (c’est la ville dans laquelle je réside)-Pigalle pour rien quand même ?

Non, car je vois, au loin, baladeur sur les oreilles, marcher l’artiste sans précipitation. Il dodeline de la tête… je me demande ce qu’il peut bien écouter qui semble réellement le transporter.

 

-Bonjour, excusez-moi de mon retard, j’ai dû m’occuper de mon bébé…

(Comme il faut que je fasse mon travaille de journaliste culturel d’investigation, je peux vous indiquer, après de consciencieuses, longues et périlleuses recherches, que le trentenaire est papa d’un petit Sacha depuis juin 2007).

Je lui réponds que je comprends ça, car moi-même je suis passé par là. Je m’arrête là, remarquant subtilement que je ne suis sûrement pas le seul à avoir vécu les affres de la paternité. Donc, je ne parle pas de Stella.

(Mais boudiou, comparer les mérites de son Sacha et de ma Stella me semblait une bien belle conversation, passionnante et constructive… mais voilà, avec un chanteur, même que l’on connaît un peu, on parle métier…)

 

À peine installé, Vincent Delerm se relève. « Je vais voir si on peut fermer les portes, j’ai peur de prendre froid ».

Poliment, il demande à la tenancière et elle l’interrompt. « Non, monsieur, nous devons aérer. Et puis, en plus, vous ne deviez arriver qu’à partir de 13 h ! »

L’artiste revient, tout penaud. Bon, tu viens Mandor ? On change de bar.

J'ai le temps de voir que le disque dans son lecteur laser est son propre disque, Favourite Songs.

Vincent Delerm marchait donc tout à l'heure en s'écoutant.

 

Nous laissons Xavier attendre dans l’accueillant troquet (Au Bar des artistes qu’il se nomme, ce qui est un comble) et sortons pour nous rendre au bar qui jouxte la Cigale.

04680d369fcbf97b3c90fca02ff49946.jpgJe sais bien qu’à ce stade, je n’ai toujours pas dit un mot du coffret de Vincent Delerm à la Cigale. Je tiens juste à signaler le concept. Nous sommes dans un établissement qui touche la Cigale pour évoquer un live enregistré à la Cigale … Fort non ?

Ne m’applaudissez pas, je n’y suis pas pour grand-chose…

Le prochain live de Bénabar, il n’y pas possibilité qu’il soit enregistré en Nouvelle-Zélande ?

Bénabar devant un public de Maori, j’aime bien l’idée.

Et Mandor qui viendrait l’interviewer là-bas…

Toujours rapport au concept.

Bref, je m‘égare.

Pour le moment, nous sommes Boulevard Rochechouart  et nous y sommes bien.

Café déca pour Vincent, thé rondelle pour moi.

(Si je ne précise pas ce genre de détail, à quoi sert d’avoir intitulé mon blog : les coulisses du show-biz ?)

Vincent Delerm me dit : « Tiens, tu traînes encore avec lui ? »

Il parle de mon Sanyo. Je suis sûr que la jalousie le tenaille.

Puisqu’il ironise, je lui pose une question sacrément vacharde.

Je suis un tueur moi, quand on me cherche.

Mandor : Alors, ce coffret, marketing imposé ou souhait réel de ta part ?

(Je sais, j’ai un talent fou pour poser des questions déstabilisantes et inattendues.)

Vincent Delerm : Tu sais, le « live » ne se vend pas et coûte assez cher. Dans le cas présent, c’était assez compliqué à faire, car pour mon spectacle, on a filmé 3 soirs en intégralité et pour les duos, il y avait 3 caméras tous les soirs. Je suis donc tenté de dire que c’est un cadeau que m’a fait la maison de disques parce que, crois-moi, elle ne va pas gagner un centime sur cette opération. C’est du luxe !

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M : Ça te donne de la pression supplémentaire ces contraintes techniques lors de tes concerts ?

V.D : Oui, mais, je fais en sorte de minimaliser la gêne que cela pourrait provoquer pour le public. J’ai refusé les plans de grues, par exemple et je demande aux cameramen de filmer avec des axes qui permettent de ne pas trop bouger. Mais, malgré tout, la plupart du temps, quand il y a des captations, les gens dans la salle sont moins dans l’histoire, parce qu’ils savent que c’est filmé.

M : Il me semble qu’un concert en DVD ne reflète jamais la réalité de ce qu’il se passe sur scène…

(Lapalissade, j’en suis conscient !)

V.D : C’est exact, c’est d’ailleurs ça le problème. C’est ma crainte première. Que les images restituent autre chose que le vécu personnel de chacun. Concernant, cette captation là, pour y mettre un peu d’humanité, j’ai choisi de la faire en début de tournée. En fin de tournée, c’est super pro, bien rodé, mais il n’y a pas d’accrocs. La patine est un peu trop forte car tu maîtrises parfaitement ton concert. J’aime bien les aspérités…

M : Quel est ton rapport à l’image ?

V.D : Je n’ai aucun problème avec ça. Si je fais ce métier, je suis capable de me voir devant un écran, quand même… C’est comme d’entendre mes chansons à la radio, ça ne me dérange pas du tout. Il y a quelques fausses pudeurs chez d’autres artistes qui me font un peu sourire.

M : Tu apprécies peu la promo mais tu joues le jeu quand même. À ce propos, ta chanson (présente sur le live) en duo avec Mathieu Boogaerts : Na na na, est une diatribe bien sentie sur les questions parfois un peu répétitives et banales des journalistes… Comme on s’est vu souvent, j’ai cherché à savoir si je faisais partie du lot.

Il se marre et me répond : « Qui se sent morveux se mouche ! »

Je le regarde en me demandant s’il plaisante. Non, parce que je sais que je lui ai parlé (aussi) de tout ça.

Avant de poursuivre, voici la chanson en question.

 (Pas extraite du DVD.)

 

 

 

Nous poursuivons donc sur le sujet.

V.D : Sans plaisanter, Mathieu et moi, on a souvent les mêmes questions. Il y en a certains qui me parlent toujours des mêmes trucs. Delerm, chanteur bobo, roi du name dropping, fils à papa… Depuis la sortie de mon premier album en 2002, je t’assure que c’est rare que je tombe sur un intervieweur original.

M : En même temps, tu n’as pas une carrière gigantesque !

V.D : Non, mais là, par exemple, tu as choisi  un angle, tu t’y tiens et c’est bien.

(Je vous avais prévenu au début, je ne suis qu’un affreux vantard !)

Mais je vais te dire, en fait, c’est la promo télé le plus difficile pour moi. Sur un plateau, honnêtement, je suis comme un lapin dans les phares d’une voiture. Ce qui est souvent chiant, c’est que l’on m’impose une fois sur deux Le sketch humoristique. Comme encore il y a 4 jours, chez Ruquier. Un mec vient faire mon imitation. 40 fois ça m’est arrivé. D'abord, on m’imite avec ma voix du premier album et le type lit, soit un annuaire, soit la liste des courses, soit le catalogue Ikéa. Tu dois faire semblant de te marrer comme si c’était la première fois. Ça me fait chier que l’on m’impose ça, je ne viens pas à la télé pour faire la gueule. Parfois, je tuerais ma mère pour que ce soit vraiment drôle. Ça arrive d’ailleurs. Un jour Ariel Wizman m’a parodié, j’étais mort de rire… 

Ce qui ne fut pas le cas avec Stéphane Guillon.

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Soudain, une femme nous interrompt.

 

-Vous ressemblez beaucoup à Vincent Delerm…

 

Ne remarquant rien, Delerm fait de l’humour.

 

-Un peu plus qu’à Bénabar, en tout cas.

 

Rire poli de cette dame qui est handicapée. Son handicap est très discret. Vincent Delerm s’aperçoit très vite de sa bévue et devient tout rouge.

La dame poursuit.

-Je suis une fervente admiratrice. J’ai tous vos CD, vos DVD, j’adore la Normandie , votre père aussi. La totale quoi !

L’artiste est touché. Je sens qu’il regrette ses premières paroles.

-Vous savez, je travaille pour une radio, ajoute-t-elle.

-Ah oui ? Laquelle ?

-Vivre FM. La radio du handicap et de l’exclusion… je suis vraiment émue de vous voir. C’est tellement poétique ce que vous chantez… Comme j’habite le quartier depuis 30 ans, les rues dont vous parlez me renvoient à des images, des souvenirs. Je suis tellement contente de vous voir là, en vrai. Je n’en reviens. Je peux avoir un petit autographe ?

Les yeux de Vincent Delerm brillent.

-Évidemment. C’est pour ?

-C‘est pour un autographe.

Sans rien laisser passer, il questionne de nouveau, avec tact.

-Oui. Quel est votre prénom ?

-Christelle. K.R.I.S.T.E.L. Il n’y a pas de E à la fin.

-Allez, je vous le signe sur mon programme promo.

-Quelle joie, vraiment, je n’en reviens pas !

Je dis alors, cette phrase mémorable : « C’est le destin ! ». Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça, mais j’ai dit ça.

Parfois, je dis bien des conneries.

La femme s’en va, transportée de bonheur. Je demande à Delerm si ça lui arrive souvent.

-Deux fois par jour, à peu près. Là, je suis con, je n’avais pas vu son handicap… j’espère qu’elle n’a pas pensé que je me moquais d’elle…

Je le rassure, sur ce point. Les handicapés n’aiment pas la commisération ou la pitié. La normalité comportementale leur suffit.

(Quoi, vous pensiez que dans une si longue note, je n’allais pas laisser des messages qui font réfléchir ?)

(C’est mal me connaître).

Nous finissons l’interview, mais ce n’est plus pareil. Comme si tout ceci nous paraissait dérisoire.

C’est tellement le cas.

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Matinée tranquille à Pigalle... ce vendredi.

Je le salue ainsi que Xavier qui a fini par nous rejoindre. Il est accompagné par une jeune journaliste du Parisien.fr.

Je laisse ma place.

Et je pars en chantant, « na na na na, na na na na na… »

04 décembre 2007

Lorie... machine de guerre attitude!

Parfois j’hésite…

À accepter une interview.

À écrire une note sur le sujet ici.

Mais, au fond, j’aime bien.

Passer d’un genre à l’autre, comme ça, sans prévenir.

D’une soirée littéraire à une chanteuse populaire (plus de mon âge).

 

b2a45cc7a03a433253a579d3cae65757.jpgQuand on me demande, « tu veux rencontrer Lorie ? », je souris intérieurement.

Moi qui aime la chanson de qualité.

Mais, je finis très vite par accepter.

Je ne sais jamais trop pourquoi.

Peut-être l’envie de découvrir qui se cache derrière un personnage.

Je me dis toujours qu’il y a une bonne raison pour qu’un artiste soit aimé par un large public.

Il y a bien une explication au fait de fédérer.

On m’a filé 30 minutes, montre en main, avec Lorie.

Première constatation. La jeune fille de 25 ans est sympathique.

Tu lui tends la main, elle te claque la bise.

-Bonjour, moi, c’est Lorie.

(Ah bon ? Ça me fait toujours marrer, ce genre de présentation « évidente ».)

-Bonjour, moi, c’est Mandor.

(Une entrée en matière d’une fulgurance folle!).

Je fais démarrer mon magnéto Sanyo TCR-960c (qui devient encore plus célèbre que moi, l’imposteur !).

Allez, je me débarrasse de la promo parce que bon…

J’apprends donc que Lorie en chiffres c’est : 7 millions de disques vendus, un million seulement de DVD (ridicule !).

Elle revient avec un nouvel album 2Lorenmoi.

La demoiselle s'est forgée une double réputation : grosse machine commerciale pour les uns, chanteuse de 6f93de526d135c1d867816106cc1ef28.jpgdivertissement pour les autres.

Elle a pris la décision récente d’organiser une nouvelle structure au sein de son équipe professionnelle.

Bien la preuve qu’elle grandit.

Elle est devenue chef d’entreprise (avec papa, pas loin).

Un nouveau manager s'occupe désormais de sa carrière et sa société de production, LMD2, a signé un contrat avec le label Columbia.

 

Lorie, je le devine en filigrane, en a un peu marre d’être considérée comme une ado encore innocente. La voici donc sexy et moins cucul la praline.

Ses musiques sont « tendances » (avec de gros guillemets) pop-électro, dance et même disco ! Avec pas mal de tecktonik pour donner à l'album un aspect très actuel.

La jeune fille à son discours tout prêt, qu’elle ne change pas d’un iota.

-Je suis très fier de cet album là. J’ai travaillé dessus jusqu’au bout. Que ce soit dans les textes ou dans la musique. J’espère que les gens vont s’éclater. Qu’ils prendront autant de plaisir à l’écouter qu’on a pris du plaisir à le faire. 

Bon, je passe sur les textes, alors.

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Oui, je crois.

Mais, soyons franc, je comprends que le public jeune apprécie cette artiste. L’ensemble est très dansant et positif.

Et Lorie est restée fraîche et respectueuse de ses nombreux fans.

Ils y sont sensibles.

Dans ce genre d’interview, je me mets en pilotage automatique. Je sais quand j’arriverai à aller plus loin que la banale promo… dans le cas présent, je n’y parviendrai pas.

Je regarde son professionnalisme, du coup, je décroche un peu. Impossible de me concentrer sur ses propos assez convenus, alors, je l’observe.

Un mélange assez habile de machine de guerre médiatique et d’humanité. Généralement, l’un est incompatible avec l’autre.

Mais, chez Lorie, si.

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(Il y est mon Sanyo, cherchez bien. Capot ouvert, il parade... va falloir qu'il arrête d'avoir la grosse tête!)

Je ne vais pas aller plus loin de cette brillante analyse musicale d’un album qui fera date dans l’histoire de la chanson française… mais, je répète qu’il est bon que des artistes comme elle existe.

(En plus, ma Stellanounette (2 ans et demi) danse sur Lorie dès qu’elle entend ce morceau. Ca ne me dérange pas, c'est même assez cocasse. Par contre, elle fait les mêmes gestes que les danseurs, ce qui m'inquiète un peu. Elle adore la tecktonik, ce qui m'inquiète beaucoup.)

Un peu de légèreté dans ce monde de brute.

Allez, zou, le clip de Je vais vite.

 

 

(Sinon, je ne suis qu’un pleutre. Je n’ai pas osé poser une question sur Garou. Pas une. Vous êtes déçus ? Pardonnez-moi.)

Edit 11h47:

A lire aussi, la supplique de Ron. Elle date d'avant hier mais je viens juste de la découvrir...

27 novembre 2007

Dumas...

 

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(Photo de Tshi Zerbia)

Hier soir, je suis allé à la Cigale applaudir Dumas.

Ça fait un petit moment que j’ai repéré ce génie de la scène québécoise.

(Ici, son MySpace).

Au départ, je vous avoue, j’étais un peu dubitatif sur sa création. Je ne suis pas rentré tout de suite dans son univers.

Et puis, ça m’a pris d’un coup, je suis tombé sous le charme de sa musique et de ses textes candides et charnels.

Ces deux premiers albums étaient un (habile) mélange de new wave, pop, rock, chanson et bidouillage électro parfois hypnotique.

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Hier soir, j’ai été comblé.

Quelle énergie, quel charisme ce gars là !

Je me rends compte que la Dumanie est née. Et n'a pas fini de déferler.

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(Photos de Martin Bureau)

En regardant ce jeune homme se donner au public avec tant de vigueur, je repense à l’interview qu’il m’a accordée dans l’après-midi.

Relax, gentil, un peu ému du concert du soir et calme.

Lent.

Non, ce n’est pas le même homme qui irradie sur la scène.

Les concerts transcendent les artistes.

Je l’ai remarqué si souvent…

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(Photo de Martin Bureau)

Dans son pays, son troisième album, Fixer le temps, est déjà une référence. C’est un disque rempli de 5adf29f48963f3b6d1e2a33cce786366.jpgchansons folk et électriques dans le plus pur esprit anglo-saxon, mais également doté d’une écriture farouchement francophone. Dumas y signe textes et musiques et y propose un puissant déluge rock, des chevauchées harmoniques complètement effrénées.

Sa carrière a commencé en 2001, avec la sortie de son premier album éponyme, qui a révélé son univers original. Depuis, il n’a cessé de le travailler, creusant une veine chanson-pop originale et novatrice. Les nouveaux morceaux avec lesquels il revient, enregistrés en live, sonnent beaucoup plus rock que ces albums précédents. Il faut dire qu’il s’est entouré d'excellents musiciens - Jocelyn Tellier (guitare, tambourine), Carl Bastien (guitare, piano, orgue et tambourine), François Plante (basse) et Jean-Phi Goncalves (batterie).

Avec eux, il explore les différents sons qui l’ont influencé, notamment la musique des seventies, dont il s’est abreuvé en préparant l’album, mais aussi la pop des sixties. Certains titres rappellent U2, d’autres les Beach Boys. L’esprit de Radiohead habite certains accords. Dumas y parle de son rapport au temps, bien sûr, mais aussi de ses amours. Et surtout, il utilise sa voix comme un instrument à part entière, lançant sur les titres un doux air de liberté, dans lequel on se laisse volontiers inviter.

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(Photo de Martin Bureau)

Fixer le temps vient positionner Dumas dans une case à part dans le paysage musical québécois : un brillant auteur-compositeur-interprète, un artiste accompli et inventif, intègre et mature.

« 12 chansons, autant de tableaux impressionnistes, où le temps, thème récurrent, se fixe notamment dans des lieux de transit ; les avions, taxis ou aéroports. Après une importante période introspective d’écriture et de composition, il a eu envie d’expier le tout avec des musiciens galvanisés. » explique son site internet.

Il ajoute que « l’enregistrement, « live » en studio, s’est fait sur rubans comme on le faisait avant l’arrivée du numérique ». Résultat : une énergie pure, des ambiances fortes, un rock puissant et inspiré, de riches harmonies vocales et des envolées musicales audacieuses, presque épiques.

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(Photo de Martin Bureau)

Ce troisième album de Dumas est l’œuvre admirablement contemporaine d’un artiste accompli et inventif, intègre et mature.

Voyez son nouveau clip.

Je ne m'en lasse pas.

   

Il est évident qu’il va falloir compter sur cet artiste très longtemps.

J’espère, en tout cas.

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23 novembre 2007

Belinda... star d'amérique latine!

 

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Hier, journée, comme je les aime.

Je reviendrai sur la soirée « In live » lundi, le temps de récupérer photos et vidéos (nombreuses) de ce truc de fou.

Avant de me rendre à Chelles pour animer cette soirée, je suis allé chez EMI pour interviewer une future star internationale (c’est ce qu’on m’a prétendu, en tout cas) en début d’après-midi.

acdc906dc1c78d1d95a005343c378b90.jpgPetit retour en arrière.

Mardi, un attaché de presse de mes nouveaux amis, m’envoie un mail :

« Connais-tu Belinda ? Tornade musicale qui a déjà vendu 2 millions d’albums en Amérique latine. Et qui arrive aujourd’hui en France. »

Il m’envoie des liens pour découvrir son premier tube If we were et son site.

Son MySpace aussi.

J’écoute, je regarde.

Bon, de la musique latine, quoi.

A la différence près que la jeune fille est très jeune (née en 1989) et très belle.

Et ça voix possède un grain du voix très plaisant.

Bref, je suis un homme faible. J’obtempère.

(Ce métier est difficile !)

Je lis la suite du mail :

« Je viens d’apprendre qu’elle sera à Paris jeudi. »

Ah ouais, quand même. Il faut que je m’organise là.
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Donc, je m’organise (là).

J’appelle mon amie Marie Cartier pour lui proposer de venir avec moi. On ne sait jamais, elle pourrait éventuellement la filmer pour le site musical qu’elle a créé, Zik Addict (auquel, je collabore… j’y reviendrai bientôt plus en détail ici dans quelques jours).

Elle accepte, bien que je sache que ce genre de musique est vraiment loin d’être sa tasse de thé. Elle a sans doute pitié de moi. Me laisser seul avec une jolie fille, elle sait que c’est insoutenable pour ma petite personne.

Merci Marie.

4bb7271b549f7f1f8700a108a708735b.jpgBref, nous arrivons à la maison de disques. L’attaché de presse nous accueille très gentiment et nous emmène dans une petite pièce (une salle de réunion, je présume).

On s’installe et nous voyons au bout d’un moment arriver une chef de projet, suivie de près par un homme, une femme, un jeune homme, une jeune femme.

Nous en tirons la conclusion qu’il s’agit du papa, de la maman et de je ne sais pas qui. Et de la chanteuse elle-même.

Elle fonce sur nous pour nous claquer la bise.

(Métier difficile, je disais…)

Je comprends que je vais faire l’interview en public.

8 yeux braqués sur nous. J’adore ça.fc88e36dc8902c175eed838bb22e9bb4.jpg

Hum !

J’apprends notamment que la jeune fille est née à Madrid. Qu’elle s’est installée avec sa famille l’âge de 4 ans avec sa famille à Mexico, où elle réside encore actuellement.

Je sais, c’est dingue !

A 10 ans, elle apparaît dans sa première série télévisée, puis à 11, dans une autre, puis à 12, encore une autre. A chaque fois, elle enregistre aussi la BO des séries qui s’écoulent à plusieurs millions d’exemplaires. Grand carton en Amérique Latine, mais aussi aux États-Unis.

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Peu avant ses 14 ans, elle sort son 1er album, Belinda (1 million d’exemplaires vendus). Elle fait des centaines de concerts et reçoit des récompenses, parmi lesquelles le Female Record Of The National Auditorium à Mexico…

9aaee6cc0b348211f3ffccbdad7d329c.jpgSon nouvel album s’intitule Utopia. La date de sortie française n’est pas encore fixée (c’est la raison pour laquelle, je peux dire que cette note peut être qualifiée d’exclusive ! Je suis un peu le seul à parler de la demoiselle.) Ce disque rassemble des chansons pops produites et co-écrites avec 5 songwriters actuels (qui ont pour habitude d’écrire pour, notamment, Kelly Clarkson, Gwen Stefani, Kilie Minogue, Britney Spears, Lily Alen, Pink, Santana, Shakira, Céline Dion et Elton John).

Bref, je pense que la personne que j’ai devant moi, je n’aurai plus l’occasion, dans quelques mois, de la ré-approcher dans d’aussi bonnes conditions.

(Je le sais, des trucs comme ça, je les ai vécus 100 fois).

 

Tenez, une page de pub.

 

 

 

 

 

Bon, pour finir, Belinda me dit qu’elle adore la France. Ses grands-parents sont Français (son père me sort sa carte d’identité française). Elle est aussi mexicaine et espagnole.

Sa vision de Paris... celle des Aristochats. Pour elle, Paris, c’est le dessin animé de Disney.

Ça nous fait sourire, Marie et moi.

Bon, voilà, c’est fini.

Une demi-heure avec une star que personne ne connaît encore ici.

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De nouvelles bises et la promesse de se revoir lors de son prochain passage.

Tu parles Charles !

Voici, un de ses clips.

21 novembre 2007

Les Fleurs Noires... réinventent le tango!

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Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre un coup de projecteur sur un groupe de 11 filles. Non, pas un de ces groupes qui tournent des clips à gogo en se déhanchant lascivement sur de la musique "R’nB soupe n’roll".

(Ne me demandez pas ce que signifie cette expression, je viens de l’inventer…)

J’évoque en ce lieu saint, un groupe de tango franco-argentin qui obtient un joli succès d’estime actuellement. Les salles sont pleines à chaque apparition.

Les Fleurs Noires, donc.

Leur MySpace.

"Le tango, vous savez, cette musique masculine qui parle des femmes, d’amour, de chagrin et  de passion. En même temps, la sensualité du tango, c’est une affaire de femmes…"

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Les demoiselles de Fleurs Noires nous livrent un tango vigoureusement contemporain qui se démarque du tango traditionnel... Ce qui les caractérise c’est ce mélange de classe, d’élégance, de fraîcheur et ...de culot!

Il y a une chanteuse qui vient de Rio, Debora Russ. Pour le reste, 4 violons, 1 piano, 1 violoncelle, 1 contrebasse et 2 bandonéons.

En première ligne, Andréa Marsili (pianiste et directrice musicale du groupe).

Je l’ai interviewé hier après-midi pour en savoir plus sur ce groupe qui m’intriguait pas mal.

Elle m’explique d’abord son parcours. Je résume :

Professeur National de Musique (piano) à Rosario (Argentine), elle fait ses études de tango avec Rodolfo Mederos, Javier Lore et Pepe Ferrer puis avec Juan José Mosalini, au conservatoire de Gennevilliers. Elle est titulaire d’une Maîtrise de Musique, option piano, à l’université de Hartford (États-Unis) et elle a obtenu en 1997 le premier prix du Concours national de tango en Argentine. Pianiste de l’orchestre de tango de Rosario (Argentine), elle est aussi directrice et pianiste du quintet Gotan à Boston (USA) et joue dans le Tangazo Trio à Paris.

André Marsili, c'est elle.

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Elle m’explique pourquoi leur groupe a fait le choix d’ignorer la mixité.

-Les groupes de tango sont généralement composés uniquement d’homme. C’est un milieu extrêmement macho. Toutes les femmes, musiciennes confirmées dans les domaines classiques et populaires, qui composent Fleurs Noires, ont eu du mal, à une certaine époque, à s’imposer dans ce domaine. Les femmes, je vous l’assure, ne sont pas les bienvenues dans ce monde là. Nous émancipons donc la place de la femme dans cette musique.

De leur tango se dégage une force sensuelle, toute en nuances, qui est le fruit de la diversité de ses racines. Certains « experts » en la matière vont jusqu’à dire qu’elles sont l’avant-garde du tango.

-C’est parce que Fleurs Noires disposent d’un répertoire basé sur des compositions originales créées spécialement pour l’orchestre par des compositeurs confirmés comme Eduardo Acuna, Víctor Parma et Gerardo Jerez Le Cam. Et moi aussi. Il faut dépoussiérer un peu tout ça !

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 Bref, il est question « d’authenticité de la tradition avec une touche résolument moderne ».

Gérer un groupe de 11 personnes ne doit pas être évident.

-Ca se passe très bien. Il y a bien quelques susceptibilités à ménager mais comme dans tous les groupes. Franchement, nous nous entendons toutes à merveille.

Une telle complicité se sent, se voit et s’entend.

Les Fleurs Noires affichent leurs différences, marquent leur féminité, en jouant de l’humour et du glamour, et interprétant un tango résolument nouveau, loin du cliché…

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Leur disque est sorti chez ULM/Universal.

Mais, à mon avis, il faut les découvrir sur scène.

Elles y prennent toutes leur dimension.

Si j’en parle aujourd’hui. C’est qu’elles seront en concert samedi (le 24 novembre) à Clamart (92) Auditorium du Conservatoire.

Un avant goût.

 

 

 

Evidemment, c'est juste une petite idée de leur performance.

Rien ne vaut la réalité et l'émotion de la scène...