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12 février 2008

Cyril Montana... histoire d'une enfance!

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J’avais déjà beaucoup apprécié Carla on my mind, le second roman de Cyril Montana. Mais alors, celui-ci, La faute à Mick Jagger, en le lisant, m’a bouleversé. Parce que si je n’ai pas eu une enfance comme la sienne, (je pense que, personnellement, je ne m’en serais jamais remis), ça m’a renvoyé à des trucs enfouis en moi.

Vous savez, des souvenirs que l’on refoule toute sa vie…

Bon, là, je vais plus vite que la musique. De quoi parle ce roman quasi autobiographique (l’auteur ne s’en cache pas) ?

Le pitch est le suivant : Les aventures du petit Simon qui essaie de devenir adulte. Pas facile quand on grandit avec des parents tout pleins de Love et de L.S.D., qui vous oublient un peu au passage.

7b8658a065b939048e313c197319b608.jpgBon, en approfondissant un peu, sachez que Simon (le narrateur) est fils de babas cool complètement irresponsables, barrés, avant-gardistes et jusqu'au-boutistes. Dans cette période (mai 68) où les gens faisaient des enfants sans réfléchir, il est complètement délaissé par eux. C’est sa gentille grand-mère ou la méchante Nina qui s’occuperont de lui. Parmi les épreuves subies, sa mère sera internée de force et il assistera son père pour passer de vie à trépas. De quoi ne pas traverser l’enfance en toute quiétude, c’est le moins que l’on puisse dire.

Je ne souhaite pas en dire plus, il faut impérativement découvrir cette vie malmenée.

Cyril Montana alterne son écriture grâce à un procédé habile de présent et de flash-back. Souvenirs d’enfance et conséquences dans une vie d’adulte, ce roman ne peut pas laisser indifférent, car il a le don de faire réfléchir sur le rapport de l’amour dans la période cruciale de l’enfance.

Il est question de l’importance magistrale qu’à ce rapport pour la vie future d’adulte.

J’ai donc souhaité rencontrer cet auteur.

Autrefois plus discret, aujourd’hui, il accepte volontiers les interviews (au passage, merci Claire, pour ton efficacité… hein ? Qui est Claire ?).
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Il me donne rendez-vous dans les locaux de l’agence Première Heure, pour laquelle il travaille. (Parce que romancier, vous le savez, ne nourrit pas son homme…). C’est un jour de pluie et de froid glacial. J’arrive tremblotant et fiévreux. Une jolie hôtesse (toutes les hôtesses sont jolies, j’ai remarqué) me fait patienter sur un canapé bizarre. Très haut. J’ai les jambes qui pendent dans le vide, comme un gamin. C’est très bien, ça me met dans l’ambiance du sujet.

Cyril Montana arrive très vite. On cherche un bureau tranquille que nous finissons par trouver. Tout de suite, je me sens bien avec ce garçon. Je lui dis combien son roman m’a marqué et touché. Il semblerait que ça ne le laisse pas insensible.

Je lui demande comment on peut s’en sortir en ayant vécu pareille enfance.

- Tous ces évènements-là m’ont touché, mais sans me détruire. Il y a deux périodes. Comment on peut s’en sortir pendant l’enfance et après, dans sa vie d’adulte ?Pour moi, ça a été la résilience et 12 ans d’analyse.

Ah oui, quand même ! 12 ans d’analyse… qu’est-ce que ça lui a apporté très exactement ?

-Le fait de pouvoir aborder mon passé de façon tout a fait naturelle, sans que cela ait un écho douloureux en moi. L’analyse te permet, sur la problématique d’une enfance difficile comme ça, de recadrer les responsabilités. Quand tu es enfant, tu n’es en aucun cas responsable de ce qui t’arrive. L’idée est de comprendre et non pas de juger. Quand on lit bien mon roman, on constate qu’il n’est pas virulent contre mes parents. Juste aujourd’hui, j’ai plein de compassions pour eux.

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Simon, le narrateur est un hyper sensible, claustrophobe, angoissé donc réceptif aux angoisses des autres. Cyril Montana aussi ?

-En analyse, on ne règle pas la sensibilité. On apprend à se connaître et à se protéger, c’est déjà énorme ! Tant que vous n’avez pas conscience des dégâts que vous avez reçus, vous n’êtes pas capable de vous pencher sur vous-même et de réparer vos blessures, vos fêlures, vos souffrances…

Je regarde Cyril Montana parler. Il a un beau visage, pas du tout marqué par son passé. Et pourtant, il m’explique que son adolescence n’a pas été de tout repos.

-J’ai pris énormément de drogues, comme mes parents justement. J’ai eu un éducateur au cul pendant 2 ans, j’ai été viré de je ne sais combien de collèges. Je vous assure, on explose à l’adolescence quand on a eu une enfance pareille.

489eb3de0f9277eb49ccb5d0c13b7f3e.jpgDans la marge, le Montana, comme Simon dans le livre…

-Il est volontairement au RMI, il passe son temps à frauder dans les trains, à se défoncer la gueule, à aller avec des filles à droite à gauche, il a du mal à prendre des décisions. Simon n’a pas résolu son problème.

Je lui réponds que c’est parce que lui, n’a pas encore fait 12 ans d’analyse.

Certes, je ne connais rien de la vie actuelle et personnelle de cet auteur (à part qu’il vit avec une chanteuse populaire), mais en apparence, il s’en sort bien. Je trouve.

Lui même est papa. Je lui demande comment il voit son rôle de père.

-À l’écoute permanente de mes enfants. Je les accompagnerai dans ce qu’ils voudront devenir. Que mon enfant devienne plombier, président de la République , avocat, médecin, je n’en ai rien à cirer. Ça ne m’intéresse pas. Par contre, je lui donnerai les clefs pour qu’il essaie ce qu’il veut. J’ai une volonté d’amour, d’écoute et de bienveillance.

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Il m'apprend ensuite qu'il a un coach littéraire. Que c'est plutôt rare, mais qu'il assume sans complexe la chose.

 

-Au début, je travaille tout seul de longs mois. Au bout de 100 pages, si je suis content de la construction et que je sais où je vais aller, j'appelle Sara Oudin. Nous discutons, elle me demande ce que je veux faire passer comme message, elle me donne des lectures en rapport avec mon roman... là, par exemple, elle m'a fait lire Boris Cyrulnik.

 

Après l’interview, je l’interroge sur ses activités au sein de cette agence qui produit des films publicitaires.

 

-Avec mon associé Stéphane Quester, je fais du hors média avec notre label Les Résidents. On monte des concepts délirants pour des marques. On a organisé, par exemple, le 1er Championnat de France de repassage pour Philips.

Je lui demande, un peu en plaisantant, s’il n’est pas tenté de faire du buzz marketing pour faire connaître son livre.

-Non. Je suis lucide, ça ne marche pas comme ça. Et puis, j’ai lu dans un magazine une interview d’une éditrice qui disait que la seule chose qui fait vendre un livre, c’est le bouche à oreille…

Puisse cette note participer à ce bouche à oreille.

Ce livre est « chamboulant » !

11 février 2008

Cyril Romoli... beau et bon à la fois!

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Lou, de temps à autre m’envoie des mails avec des liens sur des pages MySpace d’artistes qu’elle vient de découvrir.

Et souvent, j’avoue, je ne les connais pas.

Mais, il faut dire que les artistes de qualités, il y en a beaucoup.

Vraiment beaucoup.

Moi aussi j’aime bien fouiner, mais je me contente trop souvent de m’intéresser à ce que je reçois à la maison ou aux propositions appuyées des attachées de presse. Enfin, je fais le tri et je n’accepte de rencontrer que ceux ou celles qui m’intéressent (à quelques rares exceptions près…)

Donc, Lou se charge de m’emmener ailleurs.

J’ai donc décidé que lorsqu’un artiste me plairait particulièrement, nous irions à sa rencontre tous les deux.

(Avec Benoît Dorémus, c’était une autre affaire… j’ai voulu lui faire plaisir. Rencontrer son idole. Quelle fan, cette Lou!)

(Cette phrase est écrite dans l’unique but de d’agacer la demoiselle.)

Notre premier MySpacien artiste choisi est Cyril Romoli.

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Le 23 janvier dernier, rendez-vous au Vrai Paris, un des bistrots de Montmartre.

Lou est déjà là. Cyril aura un peu de retard. Un SMS nous a prévenus. C’est bien il est poli.

Et quand il arrive, houlà, je trouve qu’il est assez charismatique comme garçon.

Ça veut dire qu’il est carrément beau, je suis jaloux. Puisque c’est ça, je vais m’enfermer dans un mutisme total. Lou n’a qu’à se débrouiller avec ce beau gosse.

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Je me tais donc, pendant au moins 2 secondes. Parce que, quand même, il est très souriant et d’un abord très gentil et puis aussi, je suis un incorrigible curieux de l’être humain. Je veux tout savoir sur lui.

Je les connais ses quelques dates importantes, elles sont sur son site perso et sur son MySpace :

1975: Naissance à Paris
1986: Première scène... "Le Sexe Faible" au Théâtre Hébertot
1990: Il (re)commence le Piano
1995: Première Musique de scène, une dizaine suivront
1998: Rencontre avec Néry. Premier concert
2003: Beaucoup composé pour les autres, premières chansons pour lui.
2004: Création d'Humour Rose et Amours Noires. Concerts sur la péniche El Alamein et depuis, L'Essaïon, Le Baiser Salé, Le Théâtre 14, Le Vingtième Théâtre, Le Mery, L'Espace Jemmapes...
2006: Enregistrement public du CD Humour Rose et Amours Noires

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Photo: Philippe Albinet

Il me confie qu’il a toujours été sur scène. Il a commencé l’école des enfants du spectacle à l’âge de 9 ans, puis n’a jamais cessé de jouer la comédie sur les planches. La musique est venue  bien après. J’aime beaucoup ses chansons. Elles sont toutes teintées d’humour noir. Plus encore, elles sont souvent caustiques, ironiques et drôles, le tout mélangé avec de la tendresse et de la poésie. Ce cocktail est rare dans le monde de la chanson française. Il n’échappe pourtant pas aux comparaisons. Delerm étant la plus fréquemment énoncée.  

-Je ne comprends pas pourquoi parce qu’il y a 15 ans, William Sheller était déjà seul avec son piano, puis plus tard, Arthur H. Et ils sont loin d’être les seuls dans ce cas là. Aujourd’hui, dès qu’un chanteur est seul derrière son piano, on dit qu’il fait du Delerm. Je n’ai rien contre lui, mais, j’ai du mal à accepter cela parce que je chante ainsi depuis longtemps.

Il m‘avouera aussi que s’il se produit ainsi sur scène, c’est aussi par souci d’économie. On achète moins ses spectacles s’il y a avec lui 3 ou 4 musiciens… c’est beaucoup plus cher.

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Lou, qui est une fille parfois très cash, lui demande pourquoi il parle autant des filles dans ses chansons.

-Tu dis dans ta bio que tu aimes les femmes, ton seul clip est celui de J’me plais , tu ne joues pas un eu beaucoup de ton physique charmant ?

Je regarde Lou et me dis que ce n’est pas le tact qui l’étouffe, mais au fond, ça m’amuse… Et Cyril Romoli ne se démonte pas.

-Il faut que tu prennes J’me plais au second degré. Je suis d’ailleurs, très second degré comme garçon. Mes chansons ne sont pas nombrilistes, même si tout porte à croire le contraire. Il y a toujours un autre message que celui « évident ». Et puis, ce que tu lis sur une bio, il faut s’en méfier. Moi, cette partie là du métier, la bio, les visuels, tout ça, c’est assez nouveau pour moi et ce n’est pas ma spécialité. Je peux donc être maladroit…

Je lui parle de son album enregistré en février 2006 au Vingtième Théâtre, à Paris. Humour rose et amours noires. 15 jolies perles musicales aux textes de lui ou de Michel Derville, Éric Chantelauze, Philipp Weissert, René Ripert et Mark Marian. J’ai lu une critique, je ne sais plus où qui disait, en substance, que Cyril Romoli allait droit à l’essentiel, avec humour, pudeur , malice, inventivité et sensibilité… ce qui fait beaucoup pour un seul homme.

-J’ai grandi avec les albums concepts de Franck Zappa. Les doubles 33 tours avec d’un côté un univers et de l’autre, quelque chose qui n’a rien à voir… J’ai un peu voulu faire ça avec mon disque. Un mélange de chansons intimes et de chansons beaucoup plus loufoques.

Cyril Romoli est lucide sur la difficulté de sortir du lot. Personnellement, je pense qu’il a en a les capacités, mais lui préfère ne pas se faire d’illusion.

-Je commence à exister aux yeux de certains professionnels, mais je ne pense pas être dans un créneau particulièrement vendeur… mais, je prends un peu exemple sur Arthur H. Il a ramé un pendant un moment avant d’avoir la notoriété qu’il a maintenant et aussi la musicalité accessible qu’il a réussi à créer.

Je lui dis que je trouve son style original, qu’il se rassure.

-De toute façon, je ne suis pas dupe, tout a été écrit. C’est l’angle qui doit changer. L’amour par exemple, j’ai la prétention de croire que je ne l’aborde pas de la même manière que les autres…

Lou lui demande s’il n’a pas envie d’enregistrer un disque plus varié. Oups ! J’aime décidément bien cette façon de ne pas s’embarrasser de mots superflus pour poser une question. Je suis peut-être un peu trop diplomate, moi.

-Si. Le 20  février, je rentre en studio pour enregistrer 6 titres avec 12 musiciens. J’espère que ça va servir de « pied d’appel » pour enregistrer une suite dans de bonnes conditions...

Très sincèrement, je suis curieux de suivre le parcours de ce charmant jeune homme. Je vous invite tous à aller le voir sur scène le mercredi 13 (après-demain) et le 20 février prochain à l’espace Jemmapes. Si vous aimez la chanson française truculo-coquino-tendre (terme assez réducteur, je dois dire), vous ne devriez pas être déçu.

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J’éteins mon Sanyo et nous engageons une conversation sur les chanteurs engagés. Un long moment. Nous ne sommes pas d’accord. Moi, ma vision est simple. Je n’achète pas un disque, je ne vais pas voir un artiste sur scène pour qu’il me dise pour qui il faut voter, ce qui est bien à faire ou pas et encore moins, pour qu’il me fasse la morale. L’artiste ne devrait avoir qu’un seul but : faire rêver, nous divertir, nous sortir de notre quotidien. Point barre (et c’est déjà énorme !). Alors, le nouveau Cali ne passera pas par moi. (Et bon sang, que j’ai aimé les deux précédents…)

C’était une petite parenthèse, comme ça en passant.

Si vous voulez voir la version de cette rencontre par Lou, c'est là!

Lou et moi, nous revenons bientôt pour vous parler d’un autre artiste. Une jeune fille : L. J’ai hâte.

09 février 2008

Quand Richard Andrieux dédicace...

Tout avait pourtant bien commencé...

Hier soir, je suis allé voir mon très vieil ami (je parle de son âge, hein, parce que, moi, personnellement, je ne le connais que depuis un an!), Richard Andrieux.

Un type, malgré son âge canonique, tout à fait merveilleux.

Son talent n'égale que sa gentillesse.

Que je croyais.

Bon, je raconte.

J'arrive à la librairie Tropiques (dans le 14eme arrondissement de Paris) vers 18h.

L'auteur est déjà là, attablé devant ses nombreux exemplaires de José et son litre de jus d'orange.

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Entre deux signatures, nous parvenons à discuter un peu... je suis quand même un peu l'artisant de son immense succès.
Ah?
Oui.
Grace à ma note sur lui qui a été lu par le monde entier, et notamment par l'ensemble du milieu littéraire qui a suivi mon avis.
(Vous savez, tous les journalistes sont un peu des moutons panurges. Dès qu'un éminent confrère écrit un éloge sur un nouveau génie, les autres suivent.)
(Ca va, vous, sinon?)
Je fais une pause, parce que la suite est un peu violente...
J'organise pour vous un jeu concours au prix extraordinaire, histoire de détendre l'atmosphère.
(Qu'on ne vienne pas me dire après que je suis radin!)
Une personnalité du monde de l'écriture est passé faire un petit coucou.
Si vous devinez qui est ce(tte) brillant(e) auteur(e), visible de dos, là, sur la photo, vous gagnez son dernier livre dédicacé à votre nom.
(Je ne plaisante pas, même si ce jeu est un évènement à vous couper le souffle!)
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Bon, ensuite, l'ambiance s'est un peu gâté...
Avant de continuer, je dois vous avouer un secret.
Je rêve de devenir écrivain. Je n'en ai pas le talent, mais c'est juste pour avoir une crédibilité auprès des autres.
(Parce que journaliste, c'est d'un commun, par contre, auteur, ça en jette pas mal...)
Bref.
Je fais boire Richard Andrieux, pour l'amadouer.
(En vrai, pour lui faire faire n'importe quoi après.)
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Ne résistant pas au vin blanc, il cède à mes assauts.
Nous nous adonnons à quelques libations.
Innocemment, je lui demande s'il peut aller me chercher des clopes au tabac d'à côté.
Il accepte.
Il est gentil, à la base, je vous rappelle.
Pourquoi ai-je fait cela?
Et bien, pour prendre sa place.
Je voulais réaliser un vieux phantasme...
Je l'ai réalisé.
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Prendre sa place.
Chausser ses lunettes.
Jouer à l'auteur qui signe ses livres à de jolies filles.
(Parce que le public d'Andrieux, bizarrement, est très féminin. Pourtant, son âge devrait... enfin, je ne veux pas être lourd...)
En tout cas, les personnes présentes n'y ont vu que du feu.
J'ai signé 47 ouvrages de Richard Andrieux.
(En truffant chaque phrase de fautes d'ortographe. C'était d'un drôle.)
Quelle jouissance!
Une heure et quart plus tard, par contre, le vrai auteur est revenu.
(En fait, il n'y a pas de "bar tabac" dans le quartier... j'avais vérifié!)
Je ne sais pas, j'ai eu comme la vague impression qu'il n'avait pas bien pris le subterfuge.
Tsss... aucun humour.
Un paparazzi présent à photographié la scène...
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Je sais, c'est proprement insoutenable!
Pour me racheter, je tiens à vous signaler que Richard Andrieux sera de nouveau en "signature" cet après-midi.
A 18h, à la Bibliothèque Vaugirard : 154 rue Lecourbe dans le 15e arrondissement de Paris.
Il y aura un autre invité: Philippe Fréling, pour "Ceinture jaune", chez Arléa.

08 février 2008

Ma Valise en concert ce soir!

 

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Le lundi 21 janvier dernier, j’ai rejoint dans un bar proche de la Maison de la radio trois des cinq membres du groupe Ma Valise.

Ma Valise est un groupe Nantais qui sévit sur scène depuis 1999. S’ils ne sont pas encore très connus du grand public, nombreux sont ceux qui ont eu la chance de les découvrir sur scène. Plus de 400 concerts en tout dont plusieurs dates à l’étranger, notamment en 2006 (Allemagne, Bosnie, Maroc).

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Avec leur attachée de presse, Marie, ils m’attendent à une table. Enfin, disons qu’ils finissent de papoter avec le précédent journaliste. Ca me fait toujours tout drôle de voir des rockeurs tout sages. Je regarde sur la table… café, thé… je cherche le milk shake.
Evidemment, dans ces cas là, je reste sobre (c’est extrêmement difficile de jouer ce rôle de composition…). Hop! Un café pour Mandor.
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Je reconnais là Raphael Rialland (chant/accordéon), Ronan Niel (chant/guitare/batterie) et son frère Gweltaz Niel (contrebasse/chœurs).

Manque donc Michel Pinault (batterie/guitares/chœurs) et Donatien Pavageau (chant/tubas). Il n’y a aucune raison que je ne les cite pas.

Je dois vous  avouer que je ne suis jamais très à l’aise quand je dois interroger plusieurs personnes à la fois. Je suis un chantre du tête à tête. Mon mode de fonctionnement, je l’ai déjà dit ici, est la conversation. Faire semblant d’aller dans tous les sens pour aboutir où je veux. Je maîtrise bien le grand n’importe quoi. Les interrogés baissent la garde et ils se confient plus facilement.

Je sais faire ça.

Mais quand il y a plusieurs personnes, c’est plus délicat. Mes grosses ficelles habituelles, je ne peux pas les utiliser.
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Heureusement ses 3 musiciens là sont très sympathiques. Ils sentent bien que je ne connais pas bien leur discographie mais que j’ai potassé. Je leur parle du style du groupe. Entre rock, chanson et world… avec des sonorités africaines et latines, de la musique tziganes populaires d’Europe de l’Est et bien d’autres couleurs.

J’évite de leur demander ce que signifie le titre de ce troisième album Maya Yé ! parce que je l’avais lu dans le dossier de presse (j’ai potassé, j’vous dis !) : Maya Yé, veut dire en langue africaine dioula « voilà quelqu’un de sincère, de généreux, d’humaniste ».

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Je récite ma leçon en leur disant que leur premier album était très « nouvelle chanson française » (terme le plus con de cette décennie pour évoquer les petits nouveaux qui déboulent dans le milieu, mais, à part ça, personne ne sait trop ce que ça veut dire…), le deuxième, très world music à donf’…

Et celui là ? La synthèse des deux ?

(Là, je sens que je les impressionne.) Je ne sais plus lequel des trois me répond, mais j’ai obtenu une réponse que voici.

79f461e7cf3cdcef2995908636eb273a.gif-Dans cet album, on a surtout recherché une cohérence. Maya Yé est plus « raisonnable que les précédents ». On a mieux catalysé les influences que l’on avait de partout. Nous étions un peu trop influençables, nous avons donc décidé de ne pas trop se barrer dans la word music. Je pense qu’on a enfin notre son. Ce disque est un aboutissement.

Ce que j’aime dans Ma Valise, c’est qu’ils interprètent des chansons sérieuses et graves sur une musique festive et un ton humoristique non dénué d’intérêt. Un mélange vraiment détonnant. Attention, ils dénoncent quand même la violence et l’injustice dans le monde. Je sais, dit comme ça, on pourrait se dire : « tsss… encore un groupe démago ! ».Oui, mais non. Ils ont l’art et la manière. Il en faut de la retenue, de la délicatesse, du savoir faire pour évoquer l’immigration « forcée », les sans papiers, la chasse au faciès (par exemple) sans passer pour des donneurs de leçons (ceux là, je ne les aime définitivement pas). Avec Ma Valise, ça passe. On en redemanderait presque.

Vous pouvez ôter le « presque ».

J’apprends aussi qu’ils s’investissent dans des projets associatifs et qu’ils participent à toutes sortes d’évènements culturels portés vers « l’autre », c'est-à-dire son « prochain ».

Partout où ils passent, la mélancolie trépasse.

 

Les voici. Je constate qu'un couvre chef porté par un musicien devient ridicule porté par un journaliste...

(Qui a dit, "c'est le journaliste qui est ridicule?")

Pfff...
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Je ne vais pas en dire trop aujourd’hui.

Je tiens juste à signaler (pour les parisiens) qu’ils se produisent ce soir et demain à La Dame du Canton.

Vous trouverez les coordonnées en haut sur l'affiche qui ouvre cette note fantastique..

Et si vous avez besoin d’un peu de dépaysement, d’évasion et de musiques endiablées et ensoleillés, c’est le moment de prendre votre ticket pour ce tour du monde musical décapant.

Enfin, c’est juste un conseil.

(Sinon, à la télé, y a la Star Ac  ‘).

(C’est vous qui voyez !)

Leur MySpace.

07 février 2008

Agnès Abécassis... comiques books!

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951710bfbae446aaf5bc73fda2856e07.jpgJe connaissais Agnès Abécassis de nom, mais je ne l’avais jamais lu. J’avais un sacré à priori sur ses livres. Pas négatif, je pensais juste que c’était des livres pour femmes.

(Parce que, hein, c’est bien connu, dès que l’on écrit des comédies, ça ne concerne pas les hommes. Le sexe fort n’aime pas rire à gorge déployée quand il lit. Il y a des études qui prouvent ce phénomène. Si, si.)

Évidemment, c’est n’importe quoi !

Et puis, nous sommes devenus amis Face book. Je ne sais plus qui a fait la demande à l’autre, mais, du coup, vous pensez bien, ça nous a rapprochés !

Elle m’a envoyé son troisième roman, Toubib or not toubib, (qui vient de sortir) et je l’ai lu à la vitesse de la lumière tellement il m’a amusé.

 

C’est l’histoire de Yohanna Béhar, un(e) médecin généraliste. Elle travaille dans un petit cabinet médical parisien avec des collègues complètement barges (chacun avec son propre style). Un gynécologue bourru, une dentiste gaffeuse (et son con de chat) et un acupuncteur qui fait craquer toutes les femmes. Une de ses clientes Sonia Amram, productrice à la télé, pour la remercier de ses bons soins l’incite à participer à une émission de télé très populaire. Yohanna angoisse, mais accepte cette proposition ainsi que d’être mit en relation avec le professeur Leitner, un neuropsychologue réputé, censé pouvoir gérer son stress. Mais le psy réputé se révèlera vite très énigmatique. Les séances d’hypnoses vont transformer le mental de Yohanna. Elle va développer des pouvoirs étonnants. Elle parle japonais, devine la pensée des gens, parvient à battre deux kidnappeurs en faisant du kung-fu…

Bref, qui est vraiment cet homme ? 

Voilà, c’est la trame de l’histoire. Il y a beaucoup de rebondissements, des scènes d’anthologie (un accouchement en douleur, un mariage désastreux…), du rire à chaque page et du second degré en pagaille.

Ce livre est tordant.

Je ne regrette pas d’avoir donné rendez-vous à Agnès Abecassis. Parce qu’en fait, quand on lit un de ses livres, on a envie de la connaître. Mardi dernier (le 5 février), nous nous retrouvons dans un café du 13e arrondissement « Les funambules ».

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J’arrive en premier. Elle ne tarde pas à faire son entrée. Poignet de main chaleureuse. Je savais qu’elle me reconnaîtrait, car elle m’a avoué lire régulièrement mon blog et il se trouve que parfois, je laisse échapper un cliché ou deux me représentant. Elle est tombée dessus, je ne sais pas, par quel prodigieux hasard. (Elle a du consulter mes archives !).

Moi aussi, d’ailleurs, je lis son blog personnel (trouvable sur son site). Il me fait souvent sourire.

Première constatation, je l’aime bien.

Comme nous nous lisons respectivement, je suppose qu’on pense déjà se connaître un peu. C’est toujours étrange cette sensation.

Deuxième constatation, je sens que je ne vais pas m’ennuyer.

Le garçon vient nous déposer notre commande sur la table. Mais un geste un peu précipité a pour conséquence d’envoyer en l’air, au moins à 10 mètres, une tasse de café. Le serveur et la salle sont trempés. (Bon, relativisons ! Une tasse de café qui se renverse, on ne va pas se noyer quand même…)

Bref, ça me la rend encore plus sympathique parce que d’habitude, c’est moi qui me distingue de la sorte.

Agnès Abécassis se confond en excuse et moi je la regarde glisser sous la table de gêne.

Je la relève pour lui poser quelques questions dites « professionnelles » alors que j’ai plutôt envie de parler de tout et de rien, comme on discute entre amis.

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Photo: Franck Prignet.

Parlons donc de son écriture. Je lui demande si on est bien considéré quand on écrit des comédies… ne serait-ce pas un sous-genre?

Avouez que j’attaque fort en posant de telles questions... si provocantes.

 

-Je n’ai pas la prétention de faire autre chose que de la littérature populaire. Mais, c'est loin d'être un sous genre. Je veux faire rire les gens et je vous assure que ce n’est pas si facile que ça. La comédie me plait parce qu’on a souvent tendance à s’apitoyer sur son sort, ses petits bobos quotidiens, alors que, globalement, dans 99,9% des cas, on finit par en rigoler. Quand on regarde les choses avec le recul, le temps qui a passé, les blessures qui ont cicatrisé, on finit par se dire que ce n’était pas si grave. J’écris des livres qui permettent aux femmes qui vivent les situations que je décris et que souvent j’ai vécu, de relativiser et de moins se sentir seule.

J’ajoute que ses romans, toujours truculents, devraient être remboursés par la sécu, mais je crois que ce n’est pas le moment de soumettre cette idée officiellement.

Que pense-t-elle du milieu de l’édition ? Je sens qu’elle ne s'y sent pas au mieux.

(Je passe souvent du coq à l’âne, je sais).

-J’ai un peu de mal dans cet univers là. Depuis que je suis passé du journaliste à auteur, j’ai eu du mal à m’adapter. Ce monde est très particulier. Il y règne la superficialité, le faux semblant, les fausses émotions, les faux sentiments. J’ai souvent le besoin de me retrouver avec des gens comme moi. Authentiques.

Je ne creuse pas le sujet. J’enchaîne sur sa façon d’écrire très « cinématographique », très visuelle…

-Ça me rassure un peu d’écrire ainsi. C’est parce que je ne suis pas quelqu’un qui brille par mon assurance. Si j’exagère les situations, c’est non seulement pour créer des effets comiques, mais aussi parce que ça me donne l’impression d’être mieux comprise.

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Photo: Franck Prignet.

Je crois comprendre aussi, au fil de la conversation, que répondre à une interview ne la rend pas très à l’aise…

-Je suis une fille timide, plutôt renfrognée, pas très sociable, marchant en baissant les yeux, qui dit gentiment bonjour aux voisins, mais sans plus. De plus, je suis une angoissée chronique.

J’apprécie beaucoup les gens peu sûrs d’eux-mêmes.

Et de leur talent.

Alors qu’elle en a beaucoup. Savoir faire rire son prochain est pour moi une des plus grandes qualités. Je lui dis. Elle rougit en se tripatouillant les cheveux qu’elle a pourtant attachés.

Changeons de sujet, Agnès (c’est une amie à présent) me confie qu’elle a de bonnes relations avec ses lecteurs. Oui, j’ai bien dit « lecteurs ». Un quart de son public sont des hommes. Elle n’en ai pas peu fière.

-J’estime écrire des documentaires animaliers sur la femme. Les hommes aiment lire ce genre de livre, ils en apprennent beaucoup sur nous.

A un moment donné, je stoppe mon Sanyo. (Qui a bien fait son boulot ce jour-là). Elle se fout un peu de moi, parce qu'elle a lu ma note sur le dit objet qui m'a lâchement abandonné récemment.

J’aime ce moment.

Je lui demande, puisqu’il est 12 h 30, si elle ne veut pas rester avec moi pour déjeuner.

(Je n’ai pas d’ami).

Elle accepte. Je lui fais pitié, je pense.

 

Le reste de cette rencontre n’est pas racontable.

J’ai été martyrisé sous le prétexte que j’ai voulu…

Non, je ne dis rien.

Voyez sa version des faits dans la rubrique "blog-notes"

Elle donne quelques explications, certes, contestables sur le pourquoi de ces photos...

Le journalisme est un métier à risque...

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06 février 2008

Un moment avec M Pokora...

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« Hello Mandor,

Je propose de t’inviter à la conférence de presse que donnera M. Pokora le 05 février à 15 heures chez Emi. Il s’agit de tables rondes. M. Pokora passera de l’une à l’autre pour discuter avec les journalistes présents qui auront droit à une écoute par Share (internet) de l’album au préalable à cette rencontre. Les caméras sont les bienvenues. Pour les photos par contre, un photocall est prévu à la fin de la conférence où tout le monde pourra shooter à loisir. Merci de me prévenir au plus vite si vous souhaitez venir, vite vite, les places sont chères !

A bientôt ! »

d85bfb03be8c6624c5f09176b3509809.jpgQuand j’ai reçu ce mail, j’ai failli répondre par la négative. Je l’ai dit souvent ici, je ne fais que des entretiens en tête à tête… puis je me suis ravisé. Je ne sais même pas pourquoi. J’avais déjà une interview à 11 h 30 avec Agnès Abécassis (qui s’est gaillardement transformé en déjeuner… À ce propos, vous lirez et verrez demain comment un journaliste se fait martyriser par une auteur(e)), puis à15h30 avec Juliette (chez elle) et une soirée littéraire pour clore la journée. Autant dire que j’avais sûrement peur de m’ennuyer…

Je me suis retrouvé à l’heure prévue (17 h) à la réception d’EMI. J’ai comptabilisé 14 journalistes qui attendaient que l’attaché de presse vienne les récupérer.

On nous récupère 30 minutes plus tard…

Ce qui ne présage pas d’une exactitude parfaite dans le timing à venir.

Nous voilà donc dans la salle où se tiennent parfois des concerts privés au sein de la maison de disques. M Pokora arrive, dit bonjour à la cantonade. Il est visiblement épuisé. Mais toujours poli. Un gentil garçon. Il se prête aux desiderata des photographes présents. Pose à n’en plus finir. Moi, je prends quelques clichés des photographes. Parce que, mince, je raconte les coulisses, non ?

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Et puis, je finis par papoter un long moment avec Frédéric Vignale (que je ne cesse de rencontrer en ce moment). Nous nous auto congratulons mutuellement, ce qui, pour deux personnes aux ego surdimensionnés comme nous, est tout à fait normal.

20 minutes, plus tard. Fin de la séance. Une jeune fille qui semble gérer « l’affaire », nous intime l’ordre de sélectionner 7 d’entre nous pour nous installer autour de l’artiste. Il y aura donc deux sessions.

Vignale, le salaud, arrive à s’intégrer dans la première. Je suis moins rusé que lui…

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Les malchanceux du deuxième tour doivent quitter la salle et partent rejoindre la cafétéria, juste à côté. Moi, je pense à la soirée à laquelle je dois me rendre le soir même. C’est bibi, évidemment, qui a les invitations et il a (si, si, je parle de moi là) rendez-vous à 20h avec quelques membres de la FAPM et de Strictement Confidentiel (deux sectes très étranges…) dans un pub irlandais.

Je vais arriver en retard c’est sûr. Il est 18 h 15 et nous patientons. J’observe depuis un moment une jolie fille qui semble à la fois perdue et énervée… j’engage la conversation.

Subtilement.

-Bonjour, vous travaillez pour qui ?

-Bonjour. Pour un site qui s’appelle (Bip !).

(Je respecte l’anonymat…)

Bon, on finit par pas mal discutailler.

-On va fumer dehors ? Ça me calmera. Je n’aime pas attendre. Pfff… je n’ai pas envie d’arriver chez moi à 20 heures.

-Allons donc dehors, oui.

(Mandor, on lui fait faire tout ce qu’on veut.)

Nous nous racontons nos faits d’armes. Ça tue le temps.

18 h 35.

Je dis à la jeune fille.

 

-Bon, je vais prévenir l’attaché de presse que j’y vais. C’est trop long !

(Ouaips ! Je suis un rebelle.)

C’est à ce moment que l’on vient nous chercher.

Je me suis retrouvé avec mes collègues autour de Matt, à poser quelques questions chacun, à tour de rôle, comme en classe. D’ailleurs, les écoliers que nous sommes redevenus étaient très sages.

Je débute les festivités.

Je pose une question sans intérêt. Matt Pokora répond gentiment. J’arrive à atteindre péniblement mon quota de 3 questions. 

Ma nouvelle copine à moi que j’ai, installée juste à mes côtés, en pose deux.

Elle prend des notes.

Moi, j’ai installé mon Sanyo presque sur les jambes du "performer". M.Pokora le regarde. Je vois le rictus poindre.

Bref, je vous la fais en version accélérée. En gros, j’apprends que son nouvel album qui sort le 25 mars MP3, a été enregistré entre la France et les États-Unis. Que deux producteurs de renommées internationales y ont mis un sacré grain de sel. Timbaland (5 titres) et Ryan Leslie (2 titres). Il a signé chez Capitol pour s’ouvrir à l’international. Après, sachez qu’il « kiffe » la musique et que le reste l’importe peu.

Ah oui! J'allais oublié de vous annoncer qu'il a de nouveaux tatouages.

À 19 h 15, fin des festivités.

M Pokora accepte de poser pour moi…

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Mais je ne vais pas jusqu’à faire la photo mandorienne. Là, non, quand même… je n’ai pas osé.

Mes collègues n’auraient pas compris le truc.

Bon, en même temps, je l’ai déjà.

Pendant que j'y suis, voici son MySpace.

Bref, Matt se dirige vers le somptueux buffet dressé à notre attention.

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Il mange un truc que je n’arrive pas à déterminer. Je me dirige vers lui pour le saluer. Il me dit : « Très bien tes questions… merci à toi ! ».

Je repars rassuré sur ma qualité de journaliste d’investigation.

M Pokora me l’a affirmé. Je suis un bon. Et comme je suis un homme qui doute...

En attendant, je parle encore quelques minutes avec ma nouvelle copine puis je file retrouver mes deux groupuscules de la sphère Internet.

La suite tout à l’heure !

Merci d’avoir lu jusqu’au bout ce passionnant moment de ma vie professionnelle.

Vous êtes vraiment chouette (cria le hibou.)

 

(Et j'ai l'air, comme ça, de me moquer, d'ironiser tout ça tout ça (alors que vous savez parfaitement que je ne suis pas de ce genre là...), j'ai passé un moment sympathique et aucun journaliste n'a été maltraité.)

05 février 2008

Ce soir au Nouveau Casino... Philippe Uminski!

85451bda45a77152f1c08f6593efd03c.jpgCa faisait longtemps que je lisais son nom dans les crédits d’albums d’artistes français, que je le croisais dans les couloirs de chez Warner, qu’il me saluait toujours très gentiment. Uminski est connu dans le métier comme réalisateur et arrangeur. Les derniers albums de La Grande Sophie et de Calogero, c’est lui. Il est moins connu pour sa carrière personnelle de chanteur. Il a déjà enregistré 2 albums "rock" (voir "rock garage"). Le premier, éponyme, en 2002 et le second Sain et Sauf en 2004. Ils n’ont pas trouvé leur public.

Le 3eme opus, Les curiosités, est plus un album de variété (au sens non péjoratif du terme), très « pop-rock » raffiné et entraînant.

Parmi ses faits de gloire, Philippe Uminski est aussi l’ancien frontman du « cultissime » groupe néo-sixties Montecarl (dont certains membres font maintenant partie d’A.S Dragon).

Je voulais donc rencontrer ce personnage hors norme, qui est loin d’avoir la langue dans sa poche. On m’avait prévenu. Il est adorable et très franc.

J’adore le concept !

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Le mardi 22 janvier dernier, j’arrive donc à 17 h dans les locaux de chez Warner. Je suis crevé, parce qu’en vadrouille depuis 6 h du matin (rapport à cette note-là…). Philippe Uminski m’attend sagement dans une « salle de réunion ». Je ne sais pas pourquoi, direct, je lui explique que je suis lessivé, ce qui n’est pas très poli comme introduction de conversation. Il me répond en souriant que lui aussi est H.S parce qu’il répond aux journalistes depuis le début de la journée.

(Bon, je sais bien, nous ne sommes pas à la mine et nous n’avons aucune raison de nous plaindre. Mais, parfois, on se fout royalement (à tort) de ce détail. La fatigue, la lassitude sont les causes de cet oubli. En vrai, nous savons très bien que nous sommes des chanceux.)

(Mais l'être humain aime se plaindre pour des broutilles.)

On se regarde et je lis dans ses yeux ce que je pense… « et si nous ne la faisions pas, cette interview ? Si on rentrait chacun chez soi, tranquille Bill ! ».

Ben, non.

Personne n’ose suggérer cette idée à l’autre.

Et tant mieux parce que j’ai bien aimé ce moment.

STOP !!!!

Allez, une première pause musicale :

Un clip « maison » illustrant sa chanson Lola Lola.

 

 

 

Je me rends vite compte qu’il est parfaitement lucide sur sa carrière personnelle.

 

-Je bosse beaucoup, j’ai des activités musicales très différentes. Ça me permet d’exister alors que mes disques n’ont pas eu beaucoup de succès. C’est une chance parce que j’aurais pu, depuis longtemps, rentrer chez ma mère dans ma province. J’ai réussi d’une autre manière, mais à force, tout se rejoint…

Parce qu’à travailler avec des artistes issus de la variété française, Philippe Uminski a compris qu’il s’était un peu trompé de direction personnelle.

-Ils m’ont beaucoup aidé à enlever mon costume de rocker, à enlever des protections en fait. En bossant avec et pour d’autres compositeurs, je les ai vus plus spontanés que moi. Ils se posaient moins de questions que dans le milieu rock dans lequel j’évoluais. Ça m’a instruit.

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Le milieu du rock français, parlons-en ! Uminski ne mâche pas ses mots.

-J’ai fait partie du petit monde du rock français… et dans ce monde là, on se raconte beaucoup d’histoires, on se ment. J’ai vu défiler tous les « babys rockeurs », des mecs de 16 ans qui se là jouent Iggy Pop sans en avoir le talent. Tous les médias rock se sont jetés là-dessus, je me suis soudain demandé ce que je foutais là.

Il s’arrête un moment, bredouille un truc que je ne comprends pas, puis continue.

-C’est un milieu avec des gens pas très intéressants. Tout est très réglementé et pas très créatif. Si on a la confédération paysanne à la sortie de ses concerts et qu’on crie « altermondialiste » lors des interviews, on est plus rock qu’en jouant vraiment du rock… ça me saoulait ! »

Moi qui suis habitué, de la part des artistes, à un discours policé et convenu, je dois dire que je ne suis pas déçu. Il insiste pour me dire qu’il n’y a chez lui aucune aigreur. Juste, il veut dire les choses telles qu’elles sont.

(Vas-y mon gars ! Ne te gêne pas !)

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Mais alors, passer du rock « garage » à la variété, ce n’est pas un virage un peu casse-gueule ?

 

e3bb9db685f06bae8d83b3a2a6aef721.jpg-Non. Je dirais même que mon nouvel album colle beaucoup plus à mon identité d’aujourd’hui. Il est plus en adéquation avec ma maturité actuelle. Tu sais, dans la variété, je m’aperçois qu’il y a une gaieté, une fraîcheur, une envie que je ne retrouvais pas dans le rock. Et puis, j’ai fait le conservatoire, je sais écrire des cordes, j’écoute Brel et Trenet depuis l’âge de 5 ans, j’aime autant la musique classique que le jazz… mes influences sont multiples et je me contentais de les utiliser sur les travaux des autres. A un moment donné, je me suis dit que cette richesse-là, il fallait que je la montre dans mes chansons à moi.

Philippe Uminski insiste sur la notion de sincérité.

-Pour m’empêcher de mentir, j’ai enregistré Les curiosités, en 5 jours, en live complet. Je voulais que mon chant soit comme je parle, comprenez, que l’on reconnaisse ma voix quand je chante et quand je parle. Ce n’était pas le cas avant. Je me suis aussi obligé à écrire les musiques et les textes en même temps. Je voulais qu’une chanson soit un acte unique. C’est très difficile d’être sincère. Nous, les artistes, on se voile beaucoup la face en essayant d’être un autre. Je répète que la sincérité et la vérité doivent être les premières valeurs.

Je trouve que le gars Uminski a une belle plume.

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Je lui avoue avant de se quitter que j’ai fait mienne les paroles de sa chanson (1er single de l’album) Un jour je partirai.

Un jour je partirai,

J’irai dépenser ma chance

En vidant jusqu’à l’outrance

La coupe pleine du passé.

(Vrai !)

Et aussi

Un jour je partirai

Je m’en irai à tous les diables

Loin des abords respectables

Et des odeurs de sainteté.

(Encore plus vrai !)

Voici le clip…

 

 

 

L’album sort bientôt, mais il est déjà en vente en téléchargement légal.

Si j’écris ma note sur lui aujourd’hui, c’est qu’il se produit ce soir au Nouveau Casino.

Il m’a promis « un spectacle de dingue ! ».

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Il faut voir Uminski en concert pour comprendre ce qu’il veut dire par « dingue ».

(Non, parce que sur scène, ce type est complètement allumé. Un vrai showman !)

Pour les places, c’est .

 

MySpace de Philippe Uminski.

Son site officiel.

04 février 2008

Héléna Marienské... du sens et de l'esprit!

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Le vendredi 25 janvier dernier, j’étais à la bourre… coincé dans les embouteillages. Je ne voulais pas être en retard. Je ne sais pas pourquoi, Héléna Marienské m’a très vite imposé le respect. (Notez que je n’aime faire attendre quiconque, Héléna Marienské ou pas…). Je ne sais pas, le fait que le ramage se rapporte autant au plumage. Une belle femme avec un si grand talent, ce n’est pas rare, mais là, ça frisait la caricature. Hé, j’suis timide moi, ho !

(Quoi ? Il y en a qui trouvent que ces propos sont légèrement sexistes ? Dirais-je ça d’un homme ? Il est beau et intelligent. Et bien oui. Tenez, Nicolas Fargue, il n’est pas moche et sa plume non plus… bon, et que dire de Florian Zeller, et qu’est-ce que vous faites de Louis Lahner, Marc Lévy… etc. Liste non exhaustive. Alors ? Vous ne savez plus quoi rétorquer, hein ? Ha Ha ! Je vous ai bien eu. Et toc !)

Bref.
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Rendez-vous à 15 h aux éditions Héloïse d’Ormesson. A 15 h 10, je tournais encore pour trouver une place. J’appelle Audrey, une des deux attachées de presse de la maison. Elle me rassure en me disant que l’auteur(e) n’est pas encore arrivée. (Audrey commence à bien me connaître, elle sait qu’il faut ménager mon émotivité et ma sensibilité à fleur de peau… Mandor est fragile.)

Je cours pour arriver à l’heure, ce qui est impossible, car il est déjà 15 h 15 et ce n’est pas en courant vite que l’on remonte le temps. Tenez ! Ça n’a rien à voir, mais ça me rappelle une phrase de Pierre Dac (ou Francis Blanche, je confonds toujours) : Plus tu pédales moins vite, moins tu avances rapidement. (Avouez que ça valait le coup que je fasse cette halte culturelle !).

Devant l’immeuble, une jeune fille me tient la porte… Merci mademoiselle. La demoiselle a un visage qui ressemble fichtrement à celui d’Héléna Marienské. Bon, OK ! C’est elle. Je l’interpelle en me présentant.

Waow ! Je récapitule, elle est talentueuse, belle et en plus, sympathique. Nous prenons l’ascenseur ensemble et démarrons la conversation sur je ne sais plus quel sujet. Peut-être la difficulté de se garer à Paris ou l’importance d’arriver à l’heure à ses rendez-vous…

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Audrey nous installe dans « le bureau » de la maison d’édition… et je branche mon Sanyo pour ne pas perdre une miette de la conversation.

Mais, si vous avez lu la note de vendredi, vous avez déjà compris que rien n’a été enregistré.

Et c’est bien dommage.

Ce qui est croquignolesque dans cette mésaventure (je sais, ça fait 1000 ans que personne n’a utilisé cette expression… et alors ?), c’est que justement, j’expliquais à Héléna avant de démarrer que je ne comprenais pas comment faisaient les journalistes qui n’enregistraient pas les interviews pour rédiger leur papier quand ils rentraient chez eux.

Et elle de répondre : « Moi, je vais jusqu’à dire que ça me déstabilise quand ça arrive parce que je me demande ce qu’ils vont retenir de l’entretien… »

Gasp !

Redevenons un professionnel irréprochable. D’abord, il est important de rappeler que c’est une anecdote qu’on lui a racontée dans un café parisien, qui a déclenché l'idée d'écrire Le Degré suprême de la tendresse. Je vous la fais courte. Un homme et une femme récemment rencontrée sortent éméchés d’un bar de Bastille. Ils flirtouillent tranquillement quand le vilain et entreprenant monsieur force un peu la dame à lui administrer une petite fellation, comme ça, rapidement. La demoiselle, ayant fort peu apprécié l’aimable « plaisanterie », mordit d’un coup sec l’objet du délit. Le gland, tranché net, roula dans le caniveau, ce qui calma, je pense pouvoir le préciser sans trop me tromper, les ardeurs du facétieux bonhomme.

Comme Héléna Marienské l’écrit si bien : « …le temps n’est plus où les femmes se laissaient clouer le bec. Qu’on tente de leur encombrer la bouche, elles trancheront désormais le problème. »

Et comme elle l’explique parfaitement « la violence du sujet devait être traduite, métaphorisée par un tour littéraire ». En l’occurrence, le pastiche.

Là, je cite, de mémoire…

-Le pastiche est une forme littéraire comme une autre. Je m’approprie le style l’imaginaire et même l’inconscient des auteurs sans leur demander leur avis et ensuite, j’en fais ce que je veux.

Donc, là, elle inverse le rapport de forces. « La dominée du fait divers s’approprie par la plume de l’auteur(e) le verbe de l’autre – et par la même son pouvoir ».

-Quand j’ai écrit ce livre, je ne savais pas que j’allais l’assumer en public. Je ne pensais pas le faire éditer, ce qui m’a permis de me lâcher et d’aller loin dans les propos tenus. Je ne me suis pas freinée.

c5f5c0e0b1f2e6edec89e398a0acf721.jpgJe souris parce qu’avec son premier livre Rhésus, elle ne s’était déjà pas beaucoup freinée pour écrire cette histoire hallucinante d’un bonobo gérontophile qui met le feu aux mœurs d’une maison de retraite. (Prix du 15 minutes plus tard, la Mention spéciale du Prix Wepler Fondation La Poste et le Prix Madame Figaro/le Grand Véfour).

Héléna Marienské, même si elle s’emploie à m’expliquer le contraire est une provocatrice. Je lis dans son sourire qu’elle aime bien ça. Choquer, mettre un coup de pied dans les fourmilières, désarçonner son lecteur, s’amuser avec, écrire cru sans franchir la frontière de l’égrillard… elle s’en amuse. Mais, elle insiste sur le fait que ce livre est un livre féministe.

-Toutes les héroïnes de mon livre sont des femmes libres et libertines. Elles ne se laissent pas imposer l’acte sexuel qui serait contraire à leur désir. Elles savent dire non. Elles ont l’art d’expliquer qu’elles ont une bouche qui sert aussi à parler. Elles ne s’en privent pas.

Héléna Marienska m’expliquera aussi qu’elle a voulu venger la femme.

« Le désir de la femme si souvent puni, Sali, mais qui refuse toute facilité de l’oppression. On dérobe à la femme la parole, elle dérobe momentanément le sexe. »

L’agrégée de lettres, elle, dérobe à ses auteurs le style, le temps d’un récit.

Elle écrit donc des « horreurs » à la manière de Michel Houellebecq, Gédéon Tallemant des Réaux, Louis-Ferdinand Céline, Jean de la Fontaine , Christine Angot, Michel de Montaigne, Vincent Ravalec et Georges Perec.

Vous dire mes préférences n’aurait aucun intérêt.

Mais, vous me connaissez, je vais quand même le faire.

Jean de la Fontaine m’a bluffé, Perec impressionné (comme dans son livre La Disparition , écrire une histoire sans un seul « e », boudiou !!!) et surtout (parce que je suis fan), Ravalec m’a estomaqué. Je ne sais pas comment Héléna Marienské parvient à un tel mimétisme, mais c’est impressionnant.

Ce sont tous des textes libertins écrits sur le mode fantastico-comique, badins, désinvoltes et surtout, j’insiste car je n’utilise pas tant que cela ce mot : « jubilatoire ! »

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Je lui dis tout le respect que j’ai pour Ravalec, un auteur pas assez reconnu à sa juste valeur. Personnellement, j’ai bien fait quelques tentatives de mise en avant sur mon blog (ici et ), mais il n’a toujours pas reçu le prix Goncourt depuis.

Ce que je trouve très agaçant, à la fin !

A quoi ça sert que j’écrive des notes si Nourissier ne les lit pas (quoi, il a donné sa dém’ de l’Académie Goncourt!)

Nous parlons un long moment de Vincent Ravalec et nous échangeons nos impressions sur quelques-uns de ses livres.

Et Audrey vient pour clore l’entretien.

Ah ! Je ne suis pas tout seul sur Terre ?

D’autres journalistes souhaitaient rencontrer Héléna Marienské ?

Oui.

Bien.

Je m’efface.

À regret.

Et, je conseille à tous de lire cette performance littéraire, ses huit variations sur le même thème, ce monument de la littérature coquine et…exquise.

Allez, soyons fous ! J’estampille ce « degré suprême de la tendresse », coup de cœur du mois.

Ici, une jolie critique...

31 janvier 2008

Béni Snassen... Chevaliers des temps modernes!

  
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 Vous vous souvenez, il y a trois semaines, j'avais filé un coup de projo sur ce collectif rap...

"Il aura fallu attendre la naissance de Béni Snassen pour rendre à la culture du collectif Rap ses lettres de noblesse.

Voici donc Spleen et Idéal, le premier projet à sortir sous la bannière du nouveau label Gibraltar, porté par Abd al Malik puis nourri par la présence de Bi'lin, Wallen, les NAP, Hamcho, Mattéo Falkone et un spécial guest de choix Ali.

  

Serais-ce le premier album Hip Hop humaniste? L'approche artistique de ces chevaliers des temps modernes ne nous laisse guerre entendre autre chose. C'est une belle histoire qui commence là, le genre de récit épique où ce n'est pas l'issue du combat qui importe mais le combat lui même".*

(*Extraits du dossier de presse.)

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Voici donc la suite...

C'est parti!

1e57cdebeee51880f39564cc17ce6109.jpgIl y a une part de violence en nous que l’on ne peut ignorer…

Mais il y a aussi en l’homme cette capacité exemplaire à la maîtriser.

Woaw ! Déjà là, ça commence fort. Le slogan de Beni Snassen, il en jette un max.

Beni Snassen (un peu de culture, s’il vous plait !), c’était une confédération tribale dans l’oriental marocain. Comme l’explique le dossier de presse : « Un territoire montagneux qui accueillaient depuis des siècles des tribus bien distinctes revendiquant leur unité, n’hésitant pas à exprimer leur désaccord, leur résistance, toujours avec respect, honneur et bravoure ce qui d’ailleurs valut à un char français de porter le nom de Beni Snassen. »

 

Jeudi dernier (le 24 janvier), j’ai été convié à rencontrer trois membres de ce collectif rap. Je ne parle pas beaucoup de rap ici, parce que je n’aime pas le rap. Mais, là, c’est différent, l’un des instigateurs de cette aventure est Abd al Malik (avec sa femme Wallen et Fabien Coste).

Et Abd al Malik, je l’aime bien. Certes, qu’on le compare à Brel m’exaspère (parce que ce type de comparaison est parfaitement stupide), mais le garçon est pétri de talent, c’est sûr.

J’arrive dans une petite pièce de chez EMI ou m’attendent sagement 3 Beni Snassen. Warda (l’une des deux sœurs Bi’lin), Fabien Coste (aka Badr), le producteur du disque et Abd al Malik. Ces deux derniers, je les avais rencontrés dans des circonstances, pour le moins originales…

D’ailleurs, Fabien me fixe et finit par me dire :

-On s’est croisé où ?

-J’ai interviewé Abd al Malik pour son album Gibraltar. Vous étiez avec lui ce jour-là.

-Oui, mais c’était où ?

-Euh… au Mac Do de l’Aquaboulevard.

Les deux, de crier : « Ah, oui, c’était toi ! » 

Et Abd al Malik, d’ajouter :

-A chaque fois qu’on passe devant, on repense à ce journaliste qui a consciencieusement fait son interview, assis à une table du Mac Do… devant un chicken et un coca !

-Oui, ben, moi, c’est pareil, à chaque fois que je passe devant, je répète l’anecdote à qui se trouve à côté de moi. Quand je suis seul, je me la raconte à moi-même…j’ai une vie tout à fait passionnante.

-Tu sais que tu étais le premier, en tout cas, un des tout premiers à t’intéresser à mon disque ? Tu m’as porté chance. Merci !

(De rien, moi, si je peux rendre service !)

C’était là d’ailleurs. La top classe internationale !

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Bref, je vois Warda qui sourit à cette méga aventure pittoresque, comme si elle se détendait, genre, « bon, lui, visiblement, il va être gentil avec nous. »

Mais, je suis toujours gentil, moi, avec les artistes. Surtout avec ceux qui deux jours plus tard, sont fait « chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres » par la ministre de la Culture Christine Albanel ». C’était le cas pour Abd al Malik, dimanche, à Cannes au premier jour du Midem (Marché international du disque et de l'édition musicale).

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J’attaque en demandant au futur nouveau « chevalier » de m’expliquer le pourquoi du comment de ce collectif.

Abd al Malik : Je tiens à dire qu’avant que l’on concrétise le projet Beni Snassen, il y avait déjà un collectif. Des artistes qui gravitaient autour de mon groupe NAP. On s’était toujours promis que le premier qui aurait du succès ferait quelque chose qui permettrait de mettre en avant les autres. Notre démarche s’inscrit parfaitement dans la culture hip-hop. Le collectif. Si chacun à sa singularité, il y a une idée commune. Il s’agit de trouver l’unité dans la diversité et la diversité dans l’unité. On se connaît depuis longtemps, on est fan des uns et des autres et au final, il y a une saine compétition entre nous. On se porte tous vers le haut.

Warda précise timidement : Il n’y a ni hiérarchie, ni rivalité entre nous. Pour le duo que je forme avec ma sœur (Bi’lin), Hamcho, Mattéo Falkone et les NAP, c’est bien de travailler avec Wallen et Abd al Malik. Ils ont beaucoup d’expérience et sont très enrichissants. Ce que je trouve étonnant, c’est que nous avons écrit et composé séparément et qu’à la fin, il y a une unité à cet album. C’est parce que nous sommes dans le même état d’esprit.

Fabien Coste, acquiesce. Il n’est pas là pour décorer la salle. S’il est producteur, il est aussi l’un des concepteurs du projet, donc, il participe activement à la promo. Je le soupçonne même d’aimer ça.

-On est dans une dynamique de travail, de rigueur et de respect des choses. On veut brandir l’étendard du hip-hop pour montrer que c’est une forme culturelle musicale qui fait partie de notre patrimoine. On veut prouver qu’elle est accessible dans le fond comme dans la forme. Ce qui nous unit, c’est notre humanité. Elle va nous servir à construire un pont entre les cultures…

Abd al Malik lui coupe presque la parole.

-Oui, et nous avons écrit les textes dans une forme d’urgence. Le rap, c’est une musique qui traîne des casseroles. Nous voulons dire : « N’ayons plus peur ! Essayons d’aller voir ce qu’il y a chez l’autre, observer ce qu’il y a derrière. »

Je ne comprends pas ce qu’il vous sous-entendre par là. Les rappeurs ne sont plus considérés comme des méchants sans foi ni loi… enfin, il me semble.

-Ce n’est pas ce que je veux dire, mais enfin, les rappeurs ne sont pas en périphérie de la société et du monde. Les crissements de cette société, l’individualisme, le rapport au matérialisme, une forme de misogynie, etc…etc… on les vit. On est parfois comme ça, parce que la société est comme ça. Le rap est à l’image de la société.

Tous les artistes du collectif se retrouvent autour de ses valeurs de « chevalerie universelle » comme autour d’une source intarissable d’inspiration qui leur rappelle leur soif d’idéal.

Mais franchement, je les entends dire partout qu’ils sont les chevaliers des temps modernes. Je demande à Abd al Malik, à moitié en plaisantant, s’ils n’exagèrent pas un chouia….

-Celles et ceux qui sont une démarche d’espoir et dans une dynamique de bonté sont des chevaliers. L’idée, c’est de comprendre que lorsque l’on rêve seul, ça ne reste qu’un rêve, mais dès que l’on rêve à plusieurs, c’est le début des temps nouveaux qui sont là.

Et Fabien Coste d’ajouter :

-Le temps est neuf à chaque instant. Ce qui va être demain, c’est ce qu’on fait maintenant. Nous on veut bouleverser la société par le prisme de l’art et de la culture.

Je reste assez interloqué devant cette assurance. Je réitère différemment mes propos. ? N’ont-ils pas peur de passer pour des prétentieuses personnes pétant gaillardement un câble ?

Abd al Malik ne se démonte pas.

 

-D’abord, nous n’avons peur de rien. Des discours, on en a des merveilleux, des devises gravées dans la roche aussi. Il s’agit maintenant de rendre réelles dans le quotidien les paroles prononcées. Le changement est dans nos mains. Nous artistes, vous journalistes, le boucher, le facteur, le chômeur… tous, nous devons être acteur du changement. La communauté humaine doit être à la hauteur d’elle-même. S’il y a de la prétention à dire que, finalement, la meilleure des choses pour améliorer le monde, c’est s’améliorer soi-même, ça ne me dérange pas de passer pour un prétentieux. On est là pour agir, pas pour se demander ce qu’untel va penser de notre démarche. L’essentiel, c’est de faire avancer les choses. Nous sommes sur cette Terre pour cela.

Bon, ce qu’il y a de certain, c’est que les Beni Snassen sont bien dans leurs trucs. À fond dans le concept et les personnages. C’est bien.

A tout bien réfléchir, Beni Snassen/FAPM, même combat, sauf que nous, nous agissons dans l’ombre.

Très discrètement.

Et puis, on ne sait ni raper, ni slamer, encore moins chanter… enfin, on de débrouille comme on peut.

On mange, on boit, on refait le monde à notre façon.

Tout pareil, quoi !

Ici donc, 3 Beni Snassen et un FAPM.

(Même pas peur!)

 

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De gauche à droite, Abd al Malik, Mandor, Warda (Bil’in) et Fabien Coste (Badr).

Les nouveaux maîtres du monde (ouais, ben, j’m’inclus, si je veux !).

(Hein ? Pardon ? Je n’ai pas dit un mot sur le disque en lui-même… normal, je ne dis que du bien ici. J’ai tellement aimé Gibraltar, le disque d’Abd al Malik, que j’ai été forcément déçu par celui des Beni Snassen. Pourtant mixé et arrangé par Renaud Létang (Feist, Gonzales, Katerine) et produit par Bilal. Mais, encore une fois, le rap n’est pas ma culture, c’est presque normal que je n’apprécie guère. Si vous voulez lire une critique qui colle, à peu de choses près, à ce que je pense, petit curieux, allez lire la chronique de ma copine Marie Cartier sur Zik addict.

Allez, une autre vidéo. Les Beni Snassen dans Ce soir ou Jamais sur France 3.

 

 

 

www.myspace.com/benisnassen

Le Skyblog officel.

29 janvier 2008

Ami Karim... slameur original!

 

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J’ai longtemps habité Belleville. A côté de mon ex domicile, il y a un mur où est inscrit une phrase écrite par l’artiste Ben. « Il faut se méfier des mots ».

2fbb25ef41ce8a985fa5942065dc09d5.jpgRien n’est moins vrai. L’histoire que je vais narrer aujourd’hui à un rapport avec mon introduction. La semaine dernière, j’ai fait de la pub pour un slameur qui sort prochainement un disque. Il n’est pas nouveau. Il anime avec Grand Corps Malade et John Pucc’Chocolat les soirées slams du Café Culturel de Saint-Denis depuis quelques années (un peu la référence dans ce domaine.)

A la suite de ma note, il y a eu quelques commentaires. Pas méchants, mais un avec des certitudes.

Puis, le lendemain, je reçois un mail de l’artiste en question, Ami Karim.

En me baladant sur le net, je suis tombé sur votre petite chronique annonçant la sortie de mon album. Si vous habitez en région parisienne et que votre soirée du 29 janvier est libre, ça me ferait plaisir de vous inviter au concert que je donne au Studio de l'Ermitage à 20 h 30. Si cela vous tente, envoyez-moi juste un petit mot de confirmation, et je vous inscrirai sur la liste.

Merci en tout cas, à bientôt,

Karim

Je lui envoie un mail pour le remercier de ses remerciements (oui, je sais, ça n’en finit plus…) et on décide de s’appeler.

Le jeune homme, très gentil, m’avoue que le commentaire indiquant que ce qu’il faisait ressemblait à Grand Corps Malade l’avait dérangé. Je comprends même qu’il en a été blessé. Il m’explique qu’il ne comprend pas que l’on juge un album sans l’avoir écouté.

Je suis complètement d’accord avec lui, je l’ai d’ailleurs indiqué dans ma note et dans mes propres commentaires. Nous décidons de nous voir pour discuter de tout ça tranquillement.

Ce que nous avons fait hier après-midi dans un bar de la rue des Tilleuls. Il est déjà là quand j’arrive. Il fait des mots fléchés. Poignée de main chaleureuse et franche.

J’aime.

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Nous attaquons notre conversation sur le commentaire de cette lectrice.  Je la défends en lui  précisant qu’elle est plutôt bienveillante habituellement et qu’il doit s’agir d’une maladresse.

-Oui, sans doute, mais je pars du simple principe qu’on ne peut parler des choses que quand on les connaît. Je ne comprends pas que l’on dise que mes textes ont un quelconque rapport avec ceux de Fabien (Grand Corps Malade, en vrai !). Cette lectrice ne sait pas de ce que je fais et ça me fait du tort de dire que notre travail est identique. Nous avons deux univers différents. Le phrasé du slam est le même, certes, mais pas le propos.

J’explique à Ami Karim qu’il va falloir qu’il se prépare psychologiquement à entendre cette remarque trèsec1707d3dfe4124ab18d1462bb2a7bcb.jpg souvent. Parfois, le jugement des autres est sans appel, sans profondeur, sans discernement. Il a intérêt à enfiler tout de suite une carapace de crocodile s’il ne veut pas être heurté par ce genre de réflexion. Grand Corps Malade est le seul point de repère du public non initié.

-Je sais bien que je me dois de ne pas réagir au quart de tour. Je t’assure que je suis ouvert à toutes les critiques… mais si les gens ont écouté l’album. Autrement, je trouve ça injuste. Des personnes derrière leur clavier se permettent de juger le travail de plusieurs années d’un artiste en ayant écouté juste un extrait d’un titre, j’ai du mal à le concevoir.

Le paradoxe de tout ça, c’est que Grand Corps Malade et Ami Karim sont des potes. Ils interprètent un très émouvant duo dans l’album à venir. Je t’ai croisé dans un de mes textes. Grand Corps Malade s’y dit « jaloux » du talent de son confrère es slam et c’est aussi une merveilleuse déclaration d’amitié.

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Son disque sort le 11 février. Je l’ai écouté plusieurs fois. Mais comment fait-il pour trouver toujours le mot qu’il faut ? C’est un truc de dingue ! Je ne m’en remets toujours pas. Il est percutant, drôle, poétique, émouvant et souvent surprenant. Il raconte son bus 153, sa cité (et ses habitants), son oncle mort, ses parents, sa philosophie b401bf56eca0d5cb9dd275f855b9b35f.jpgde vie, l’écriture, une professeur inoubliable, le racisme ordinaire… je suis scotché par la puissance de ses mots. De véritables skuds.

Pas de jérémiades, pas de rimes faciles.

La vie n’est pas que belle, on le sait, mais il tente de retirer de cette mélasse quelque chose de l’ordre du joli. Pas évident de rendre l’espoir dans le chaos infernal du monde actuel.

Ne vous laissez pas aller à la facilité. Ami Karim n’est pas Grand Corps Malade. L’un n’est pas meilleur que l’autre, ce sont deux poètes urbains talentueux, mais l’un n’est pas l’autre (je sais, je me répète).

J’avais dans l’intention d’aller plus loin dans ma réflexion sur ses 14 titres. Mais non. Ce serait comme raconter un film. Pas question de vous gâcher le plaisir de découvrir l’univers de cet artiste.

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00ffb22679b425f012d1ebd16a578d99.jpgJ’allais oublier d’évoquer la musique… majestueuse, variée et frissonnante (j’veux dire par là qu’elle file souvent la chair de poule…).

Ce soir Ami Karim se produit avec trois musiciens au studio de l’Ermitage.

8 rue de l’Ermitage.

75020 Paris.

Infos : 01.44.62.02.86

Ami Karim a accepté d’inviter10 blogueurs pour assister à son prochain concert.

Parce qu’il n’y a que dans ce contexte que l’on peut juger…

On en reparlera.
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La grande classe les coulisses de la photo...

Pour tous renseignements ou demandes éventuelles d’interviews, vous pouvez contacter Anne-Sarah (l’attachée de presse d’Ami Karim) sur ce mail : bysarah@wanadoo.fr

Ou le contacter directement par son MySpace. C’est lui qui le gère… et qui répond.

 

Voici 3 vidéos pour jeter un oeil sur le travail du monsieur... interviews, témoignages, extraits de titres.

 

 

 

 

 

28 janvier 2008

Le cabinet des curiosités... Coralie Trinh Thi!

 
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Photo: Lynn SK
2152916200a16ee0cc4bdb211f6e048f.jpgCette interview filmée a été conçue pour un projet bien précis de mon ami Eric Briones, le fameux Dark Planneur...
Exceptionnellement, pour ce premier numéro, je participe à l'entretien, mais j'ai laissé la réalisation et le montage à ses bons soins.
Voici le concept de ses "cabinets de curiosités", dont j'ai choppé l'explication sur son blog:

Le Cabinet des Curiosités est un rendez-vous bi mensuel, nous y travaillons avec passion. Plus qu'un énième concept d'interview podcast, Le Cabinet des Curiosités se veut une histoire toujours licencieuse, une invitation aux plaisirs de l'esprit, à la découverte des interdits contemporains.

Donc, considérez qu'il y a dans cette vidéo quelques moments, comment dire... un peu "évocateurs", mais rien qui ne vous choquera pour le restant de vos jours.
Merci à Coralie Trinh Thi pour qui j'ai beaucoup d'estime.
(Mais plus jamais, je ne boirai de Kirs aux marrons...)

25 janvier 2008

Soirée Henri Loevenbruck au 24!

Une soirée a été organisé pour fêter la sortie du nouveau thriller d'Henri Loevenbruck: Le rasoir d'Ockham.

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Et merci à l'auteur qui s'est rendu disponible toute la soirée, avec chaleur, humour et humanité.
Pour dédicacer ses livres, poser avec les forces en présences, répondre à des questions parfois avinées, parfois intéressantes....
Donc, voici un port-folio.
Hier soir, au 24.
Evidemment, comme Henri Loevenbruck évoque dans son livre, "une secte sanguinaire sortie du passé", il m'a semblé évident, en tant que président, d'inviter quelques membres de la FAPM (ceux qui n'étaient pas en mission).
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De gauche à droite: un égocentrique, Henri Loevenbruck, Magwann, Ludo FJ et Benoît Luciani.
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Ici, Ludo FJ qui confond un livre et une femme. A gauche, éventuellement la raison de sa confusion...
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De gauche à droite: Hervé Resse (qui s'est fait assaillir dès son arrivée... et présenté comme "un des plus grands blogueurs français". Je ne sais pas, "un des plus grands", mais "des plus jubilatoires", ça oui!), une perruque brune, Henri Loevenbruck et Florian Pohl.
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Le Fanta a été apprécié par tous!
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Trinquage en règle avec l'auteur et celui qu'on appelle OK Cowboy!
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Oui, il y avait plein de jeunesse à cette soirée... voici les étudiant du 3eme cycle Marketing et Commerce sur Internet (2008 Léonard de Vinci)
Les forces vives de demain.
Pfff...
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Quand les étudiantes de cette école m'ont demandé de poser avec elles, j'ai évidemment, décliné fermement cette invitation!
(Vous me connaissez... je n'aime ni les jeunes filles, ni les photos!)
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Là, toujours les étudiants, mais avec en guest (au premier plan, à gauche), Yaël Hirsh, rédactrice en chef d'"en 3 mots"...
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Avec Henri Loevenbruck (qui n'en a pas du tout marre de poser), mes amis Juju le pigiste et Frédéric Cognard.
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J'ai aussi invité mes deux collègues de Zik Addict: A droite, Marie Cartier, la "chef" et à gauche, donc, Marine Caillault, "l'esclave"...
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Henri Loevenbruck parle musique avec Marie...
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Fin de soirée:
Henri: Mais, on a combien de photos ensemble?
Mandor: Oh! Pas beaucoup. 154, à peu près...
Henri: Ah...
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Bon, sinon, faut pas déconner non plus! J'ai renvoyé manu militari les 3 Fapmiens faire dodo. Ils ont de longues journées devant eux... pas question de faire la foire toute la nuit.
Ici, Magwann (petite insolente), Ludo (qui s'est assoupi sous sa capuche) et Benoît tentaient de localiser un autre Fapmien: 4largo, de retour provisoire dans la capitale.
Je crois qu'ils y sont parvenus. Moi, je suis rentré chez moi, préparer les ordres des prochaines missions.
Sinon, petite précision pour les bienveillants qui pourraient débouler ici:
Oui, cette note à la couleur d'un publi-reportage.
Je ne fonctionne que comme ça.
Au coup de coeur!
Oui, je sais parfaitement que je n'ai pas écrit un mot sur le livre.
Non, ça ne veut pas dire que je n'ai pas aimé.
Je ne l'ai pas totalement terminé, d'ailleurs.
Ca veut juste dire que je prépare un pod-cast avec l'auteur et que, donc, nous y reviendrons dans quelques jours.
(Et je te salue Wrath, si tu passes par là!).
EDIT quelques jours plus tard:
Voici des billets concoctés par des invités. Et c'est gentil de leur part...

24 janvier 2008

Laurent Terry... le gagnant du 1er prix Blogauteurs/Plon

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Photo: Denis Guignebourt/Abacapress

 

Un flash-back s’impose. En mars 2007, le collectif d’écrivains officiant sur le blog « les Blogauteurs », a lancé le premier Prix Littéraire des Blogauteurs/Plon (le premier prix littéraire 100% issu d’Internet !).

Après des mois de suspens, de délibérations compliquées, de réactions diverses et variées (souvent houleuses), c’est un auteur de thriller qui a été choisi. Laurent le Toriellec.

Voir la vidéo des explications d’Anna Topaloff, journaliste du magazine Marianne, lors d’un déjeuner des blogauteurs… C’est assez parlant.

 


Blogauteurs
envoyé par fploton

33a397756047cc5dc9903f315b4c6758.jpgLe livre Manipulé sera donc publié chez Plon en mars prochain.

Voici « l’argumentaire » trouvé sur le site de l’auteur…

Lorsqu'il regarde dans le rétroviseur de la vie, John D. Helling n’y voit que du bonheur : un pavillon dans la banlieue résidentielle de Boston, une situation enviée de cadre dans la haute technologie, une femme charmante avec qui il construit peu à peu son avenir. Tout cela aurait dû continuer ad vitam mais un grain de sable va venir bousculer ce destin sans heurts. Une émission de télévision anodine sera l’élément déclencheur d’un tourbillon de d'événements plus terrifiants les uns que les autres et qui le conduiront à remettre en cause toutes ses certitudes. Au péril de sa vie, il devra aller jusqu'au bout pour passer de l'autre côté du miroir, celui où la vérité vous frappe en plein visage. 

Laurent est un lecteur de mes chroniques et semble pétri d’un certain talent pour raconter des histoires bien ficelées (même si je n’ai lu que les 10 premiers chapitres).

Je lui ai donc demandé s’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que nous nous croisions pour une première rencontre.

(Il y en aura une seconde à la sortie du livre).

(Pourquoi, je fais ça ? Faire de la pub en deux parties pour un auteur dont je n'ai pas lu le livre. Je ne sais pas. Tout ce que je fais n’a pas toujours de sens, mais je suis un intuitif... il doit y avoir une bonne raison, mais, je ne la connais pas encore.)

Laurent s’appelle désormais Terry. Son éditeur lui a demandé de changer de patronyme.

(Les raisons sont expliquées ici).

Vendredi dernier, nous avions donc rendez-vous au Pub Saint Germain. J’arrive avant lui, m’installe, commande un jus de raisin fermenté et patiente en regardant qui, un couple qui me semble illégitime, qui deux hommes d’affaires affairés, qui une étudiante stupide avec un homme beaucoup plus âgé…

Je ne m’ennuie jamais tout seul.

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Laurent arrive, souriant et il me sert la louche avec vigueur. On sent l’homme déterminé, l’homme de communication, l’homme qui a des fonctions importantes dans son entreprise… ce qui est le cas dans sa vie professionnelle. Il ne souhaite pas que j’en dise trop sur ses activités. Je respecte ce choix. Je ne dirai pas qu’il est dans la Télécommunication  en tant que « Marketing Coordination Manager », ce serait trahir sa confiance…

Non, je vous rassure, ça, j’ai le droit de l’indiquer, mais pas qu’il travaille chez BIP !!!

Il me demande si ça ne me gêne pas d’aller dans la salle du fond. « On voit la rue, c’est plus éclairé ! ». Pas de souci. Moi, je ne suis pas regardant.

Avant de parler de son livre, nous échangeons nos points de vues sur la blogosphère, car le monsieur est féru de la chose. Lecteur insatiable de certains d’entre nous… et lui-même très lié à l’Internet.

e1f50ed671055a7639729cd7c9d7eaba.jpgIl a son site officiel, son blog et son MySpace.

Un homme de son temps.

Mais il me précise que ce n’est pas pour autant que la blogosphère littéraire française va l’aider à promouvoir son livre.

 

-Il y a manifestement un rejet des gens qui bloguent sur le thème de la littérature en France, parce qu’ils sont loin des thématiques que j’aborde. Je compte plus sur mon réseau MySpace… mais de toute manière, très franchement, le net, pour faire connaître la littérature, c’est un canal supplémentaire, mais certainement pas le canal majeur.

Je comprends parfaitement le discours de Laurent Terry. Quand il a gagné le concours, il a eu le droit à une volée de bois vert dans les commentaires du blog. Il s’est littéralement fait incendié par pas mal d’internautes… Chat échaudé craignant l’eau froide, il n’attend plus rien de personne par ce biais là.

-Beaucoup ont été féroces avec moi. Ils ne se rendent pas compte à quel point certaines réflexions  peuvent blesser. Enfin, il faut prendre beaucoup de recul… Je sais qu’en France, le thriller est considéré comme un sous-genre, mais quand même…

Il réfléchit, puis continue :

- …alors, qu’au fond, je suis tout à fait persuadé du contraire. Les lecteurs ont envie de lire ça !

Ce livre, Laurent l’avait déjà écrit et proposé à d’autres éditeurs. Sans succès, donc, il apprécie la chance que lui a apportée ce prix.

-Il m’est arrivé d’avoir des réponses négatives en deux jours. En deux jours ! C’est très fort d’être si rapide pour lire...
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Bien sûr, il s’attend à ce qu’on lui reproche son écriture trop "américanisée", mais il m’explique que c’est sa culture personnelle.

 

-Je lis beaucoup. En majorité des auteurs américains, beaucoup de SF, de romans d’anticipation, de polars et de thrillers. Je ne peux qu’écrire ce genre de roman, je baigne dedans. J’ai compris la mécanique alors, je construis mes histoires comme un Meccano, un jeu de lego ou un puzzle… mais rassurez-vous, au final, toutes les pièces s’imbriquent ! » »

Quel est le postulat de départ de son livre ?

-C’est un homme normal, un monsieur tout le monde qui, d’un seul coup, en regardant la télé voit sa vie basculer. Il découvre que tout ce à quoi il croit, tout ce qu’il croit connaître de sa vie, de la vie en générale, n’est qu’apparence. Je voulais développer l’idée que, quelque part, ce que l’on voit n’est pas la vérité.

Je parodie X Files en prenant une grosse voix (ce qui est extrêmement difficile pour moi !) : « En somme, la vérité est ailleurs ! ».

Il me regarde bizarrement, et moi, je me demande pourquoi son auriculaire est raide.

Bref, je finis mon vert de jus de raisin fermenté et prétexte une autre interview pour filer… d’ici à ce que je vois Laurent s’enflammer dans un halo rougeâtre, il n’y a qu’un pas.

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(Sinon, là aussi, la vérité est ailleurs... nous avons longuement discuté de nos vies respectives et parlé boulot… en plus, c’est lui qui est parti parce qu’il avait rendez-vous avec son éditeur. Mais, je trouve que, comme fin de note, c’est moins fun !).

Au Salon du Livre de Paris, il est question qu’il se passe des choses autour de Manipulé et de son auteur. Mandor sera là.

(Eh oui, ça recommence, Mandor, de nouveau, parle de lui à la 3e personne…)

(J’pensais que c’était fini son "alaindelonite aiguë".)

(Ben non.)

21 janvier 2008

Stanislas... chanteur aérien!

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En ce moment, Stanislas, il faut le choper quand on vous le propose, sinon, ça retarde pas mal la prochaine échéance. La précédente date ne me convenait pas puisque je devais m’absenter de Paris. J’ai attendu un mois la suivante, bien fait pour moi ! C’était mercredi dernier (16 janvier) dans les locaux de Universal.

Stanislas, c’est le chanteur populaire qui monte. S’il en agace certains avec sa voix haut perchée, son look de jeune premier romantique, ses musiques avec des cordes virevoltantes et ses textes d’amours qui finissent mal, il plait à la majorité. Et pas qu’à un public masculin. Je ne compte plus les blogs qui ont diffusé le clip du Manège avec des commentaires élogieux sur le personnage.

 

 

Stanislas est arrivé d’un coup dans nos vies. TF1 ayant diffusé en boucle ce clip (de préférence avant les quotidiennes de la Star Ac ’), difficile d’y échapper. (Mais, je sais, vous, évidemment, vous n’avez jamais jeté un œil sur cette émission…)

Et puis un jour, je reçois le disque à la maison. J’écoute, j’aime bien. Il y a une atmosphère qui se dégage de ses chansons. Un truc indéfinissable qui n’existe pas chez les autres. Une espèce de pureté, un travail propre, soigné avec de l’émotion derrière.

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Je ne suis pas convaincu par certains textes, mais dans l’ensemble, je reste scotché par cet album. En voilà un qui essaie de se démarquer. Il y parvient.

Je lis sur le dossier de presse qui m’a été envoyé qu’il est chanteur, chef d’orchestre, enseignant, compositeur, musicien et arrangeur. « Quelqu’un qui peut diriger l’orchestre de l’Opéra de Massy et écrire des arrangements de cordes pour Calogero, Céline Dion, Kool Shen ou Charles Aznavour… tout en enseignant la gestique à l’École Normale et en oeuvrant pour que la musique classique soit accessible à tous. ».

Mazette !

Il fallait que je rencontre une telle bête musicale.

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Au dernier étage de la maison de disque, il y a une petite pièce « interview » que j’ai pas mal fréquenté. C’est là que je retrouve Stanislas. Souriant et chaleureux, tout en me serrant la main « virilement », il me demande direct si on peut se tutoyer. J’accepte, évidemment, Mandor est l’ami des stars, non ?

Non.

Ah bon ! Je me calme alors.

Il me confie qu’il tente de prendre du plaisir aux interviews, mais qu’il n’en fait jamais plus de trois consécutives dans la même journée.

-C’est difficile de parler de soi. Quand on pose son œuvre sur la table en face de soi, finalement, on finit par l’observer. On sort d’elle, on remarque des détails qu’on n’aurait pas remarqué si on n’avait pas fait le travail de formulation. Avec vous, les journalistes, c’est un peu comme si j’allais voir un psy.

Je lui dis que c’est la première fois qu’un artiste m’avoue cela. Je suis entièrement d’accord avec Stanislas, mais, habituellement, aucun interviewé ne l’admet.

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Avant de parler musique, je lui demande s’il n’est pas un peu gêné par ce passé élogieux que l’on présente systématiquement pour poser le personnage. Le côté « regardez cet homme comme il est exceptionnel », n’est-il pas un peu « too much » ?

 

Il réfléchit.

 

-On met en avant mon parcours parce que, « marketinguement » parlant, il y a des points clés qui sont glamours. J’ai chanté avec Pavarotti quand j’avais 12 ans, je suis devenu chef d’orchestre à 20 ans, j’ai fait des arrangements pour Dion, Aznavour, c’est carrément du Name Dropping… Mais, tu sais, je ne suis dupe de rien. Dans mon métier d’enseignant, j’apprends à mes élèves qu’en direction d’orchestre, ce qu’il y a d’intéressant dans la musique, ce ne sont pas les arrêtes de poisson, c’est ce qu’il y a entre les arrêtes…

Son disque est un album de variété, est-ce vraiment compatible avec ses autres activités liées à la musique classique. Je veux dire par là, excusez l’expression, « est-ce qu’il n’y a pas une couille dans le potage ? ». Il sourit.

-Si j’avais fait La danse des canards et que l’on voit que j’ai fait les choses avec cynisme, je comprendrais que l’on me critique sans appel. Je t’assure que je n’ai pas fait un coup pour vendre beaucoup et tout de suite. Je veux construire une vraie carrière, à long terme. 

Il s’interrompt et reprend :

-J’imagine qu’il y a plein de musiciens classiques qui trouvent lamentable qu’on puisse prétendre de près ou de loin que ma musique à un cousinage quelconque avec de la musique classique. Je sais que certains crient à l’usurpation et à l’imposture. Il faut qu’ils se calment, moi, je revendique juste l’utilisation d’instruments traditionnellement utilisés dans la musique classique.

Je le sens un peu blessé par certaines attaques, même s’il ne le dit pas. Je remarque aussi qu’il parle de ses chansons comme des « petites chansons ».

-Tu as raison, il faut que j’arrête ça. Je m’auto-flagelle là et j’en ai marre. Il faut que je respecte mon travail pour que les autres le respectent aussi. Je n’ai aucune honte de cet album. Il est moi-même. Si je suis comme ça, c’est que je me méfie de l’interaction de mon parcours avec la musique. Je veux simplement qu’on écoute mes chansons avant de considérer que je me la pète avec mon passé. Je comprends qu’on n’aime pas Le manège, qu’on dise que c’est trop répétitif, trop féminin, trop gnangnan… ça, il faut que je l’assume. Mais quand on dit que je suis un faiseur, un mec qui veut plaire aux filles, ça à tendance à m’énerver parce que c’est tellement aux antipodes de ce que je suis et que mon but est loin d’être celui-là !

La discussion s’arrête nette. « Toc Toc » crie la porte !

ff3f903c141db164ab6008b69184ec8b.jpg« Entrez ! » répondons-nous. Et là, nous voyons pénétrer une femme qui nous dit : « continuez, je viens prendre de la vaisselle… c’est pour la galette des rois des enfants. »

Stanislas interroge, surpris, « Vous faites une galette des enfants ici ? ». « Ben oui. Les gens, chez Universal, ils font des enfants eux aussi ! ».

Deux autres personnes débarquent, dont Carine qui nous dit : « Faites comme si nous n’étions pas là ». Stanislas préfère se lever pour nous servir un café. Les 3 membres du personnel font un terrible raffut, ça devient un grand n’importe quoi, mais ça nous amuse. Puis, il regarde mon Sanyo et me dit : « Il est analogique ton matos ? ».

Je ne réponds pas. Attention terrain glissant. J’ai peur du coup bas. Il ne va pas me vexer quand même…

Bref, le silence revient dans la salle, nous poursuivons.

 

Je lui parle de son nouveau statut de vedette. L’aime-t-il ?

 

-Franchement oui. A 20 ans, j’ai quand même essayé d’être chanteur. J’avais un groupe de rock, mais je me suis vite aperçu que j’allais plus vite qu’eux et qu’il fallait que je trace ma route seul. A l’époque, personne n’a voulu de moi. On me disait que ma voix était trop aiguë et que mes textes étaient trop compliqués. J’ai mis du temps à imposer mon style. Même aujourd’hui, mon éditeur, Pascal Obispo, a du mal à placer mes chansons pour les autres chanteurs. A croire qu’il n’y a que moi qui puisse les chanter.

On dit de Stanislas qu’il est un hyper actif. Qu’en est-il exactement ?

-Je ne sais pas si tu as vu, mais ma tête part dans tous les sens, comme un moineau. Je suis attiré par différents stimulis mais je suis surtout un anxieux et un nerveux. J’ai sûrement peur du vide. J’ai tout le temps besoin d’être en remplissage intellectuel.

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Nous parlons de ses textes. Je lui reproche (avec diplomatie) de ne chanter que des chansons d’amour tristes. La rupture est le thème majeur de son répertoire.

-Musicalement, ma musique s’accorde bien avec le fait d’aller chercher les sentiments douloureux. Mais il y a quand même de l’espoir et de la lumière derrière, tu ne trouves pas ? De toute façon, le thème de l’amour perdu est très symbolique et universel. La chanson et la littérature sont remplies de l’introspection de cette douleur.

Le temps qui passe semble aussi beaucoup le préoccuper…

-J’ai 35 ans, je ne me sens ni jeune, ni vieux. Dans ma carrière, je n’ai jamais fait les choses qui correspondaient à mon âge. L’âge, c’est la description du temps. Le temps et la musique sont intimement liés. J’aime penser que la musique, c’est la façon élégante de tuer le temps.

Et la mélancolie qui se dégage de son disque, est-elle une posture ou le fruit réel de son état d’âme ?

(Rassurez-vous, je n’ai pas posé cette question, de cette manière…)

-Oh ! Je crois que je porte sur moi le poids du péché originel. Je porte avec moi des casseroles non résolues, mais je n’ai pas l’intention de les résoudre parce qu’elles me sont bien utiles dans mon processus de création. Ce sont des briques, de la matière première pour mon travail.

Mais, j’espère quand même bien être heureux un jour…

Houlà, la confession !

-Non, enfin, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Je suis heureux là…

J’aime la fragilité des artistes.

Nous évoquons aussi les scènes à venir. Lui qui, en tant que chef d’orchestre, à l’habitude d’être dos au public, comment aborde-t-il cet aspect-là de sa vie de chanteur à succès ?

-Il va falloir que je gère mon trac parce que, comme je l’ai dit tout à l’heure, je suis très anxieux. Il faut que j’y aille sans calcul. Moi qui suis très précis, rigoureux en tout point, il ne faudra pas que je me laisse embarquer par des détails et garder une espèce de spontanéité. Ce n’est pas évident.

Le temps file. C’est terminé.

Déjà.

J’ai passé un moment fort agréable avec un artiste qui n’hésite pas à parler vrai et à montrer ses fêlures. « Bon client », comme on dit dans notre jargon.

Nous nous quittons après la séance photo que j’impose aux « mandorisés ». Il s’y prête joyeusement (mais veux quand même valider les clichés retenus…).

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Pour terminer cette note très longue, je laisse « la parole » à mon amie Lou. Cette jeune fille qui aime beaucoup la chanson française. Je lui ai demandé de m’apporter sa vision personnelle. Moins positive que la mienne puisque la variété n’est pas du tout sa tasse de thé. Je voulais un pendant à mon avis. Merci à elle d’avoir joué le jeu.

(Mais tu es dure, Lou!)

Hop ! Pour lire, c’est chez elle que ça se passe.

Ensuite, ce sera à vous de juger...

Un autre extrait de l'album pour la route (avec en guest, Calogero).

 

 

19 janvier 2008

Niobé... human song!

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Lui, ça faisait un petit moment que je l’observais de loin… que je m’intéressais à son parcours, son travail, ses disques.

104363c4dbe8a5fe00478f8e5a371f9b.jpgNiobé a sorti le 18 janvier son 4e disque.

Déjà.

Un « live » enregistré en public à Fécamp.

15 morceaux dont 11 inédits.

Et qui le resteront car ces chansons n’existeront que sur cet enregistrement.

Il est comme ça le Niobé. « Je sais bien que c’est difficile par rapport aux radios ou au bizness, mais je fais ce que je veux. Je m’autoproduis, ce n’est pas pour emprunter les mêmes routes que les autres. » m’explique-t-il. Il dit cela sans l’ombre d’un début de prétention. Non, Niobé est un homme libre. Enfin, aussi libre que l’on puisse l’être.

Il a monté sa propre structure pour se produire lui-même.

L’indépendance à tout prix…

Si je vous parle de cet auteur-compositeur-interprète aujourd’hui, c’est qu’hier soir, peu avant son concert à l’Essaion, je suis allé le débusquer. Débusquer étant un terme mal choisi car l’homme n’est pas du genre à s’enfermer dans une quelconque tanière. Il est du genre, tout à fait le contraire.

Du genre humain.

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Et, j’ai promis de lui faire un peu de pub ici. Oui, car il se produit de nouveau ce soir samedi, dans ce même petit théâtre que j’affectionne beaucoup.

J’arrive un quart d’heure avant l’heure. Il est en train de répéter avec ses musiciens. Dès qu’il me voit, il s’interrompt, vient me saluer immédiatement et me présente à toute son équipe.

« Je suis à ta disposition. Viens, on va là, c’est plus tranquille ».

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(Euh... pour mon Sanyo, là, je ne peux pas faire mieux!)
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Je me laisse porté par la vague Niobé. Je sens qu’il a l’habitude de mener sa barque tout seul. Il navigue à vue, sans ramer pour autant. Sa carrière est en train de prendre une jolie tournure, lui qui est pourtant toujours à contre-courant.

6074edf3c745df5b9a769d7aed3eadb8.jpgSon précédent disque De l'humain dans nos affaires sorti en 2004 a reçu un "choeur chorus" décerné par la revue Chorus et un coup de coeur décerné par l’Académie Charles Cros.

Ce qui, pour moi (grand amateur de la chanson française), sont de sacrées récompenses.

Permettez-moi de vous proposer un extrait de l’article de ce magazine (qui est un peu ma bible en matière de chanson française) :

« Pour ceux qu’aiment les étiquettes / Me voilà chanteur engagé / Engagé dans une conquête / Pour un peu plus d’humanité » (Allez les gars). Après deux opus déjà remarquables : Rêves de comptoirs en 95 et Le Nanalphabète en 99, Jean-Pierre Niobé le philanthrope poursuit son bonhomme de chemin. Pour ce troisième CD, il est resté fidèle à Lionel Tua qui écrit la plupart de ses textes. Des textes sur mesure, abordant des thèmes universels et tout simples : le train-train qu’il a eu envie d’envoyer balader, les gros malheurs, les petits soucis, les premiers émois, les menus plaisirs de la vie. Tantôt électrique, tantôt acoustique, l’univers proposé par Niobé s’enveloppe de swing, se nappe de samba. Cet artiste attachant met sa voix épanouie, et sa trompette allègre, au service de ces chroniques qui sont plus guillerettes que mélancoliques.

Ce que j’aime chez Niobé, c’est sa truculence et son autodérision. Mais aussi les messages qu’il ne peut s’empêcher de glisser dans ses textes.

-Avec Lionel Tua, mon parolier, nous voulons donner de la consistance à cet art qu’est la chanson. Nous souhaitons donner à réfléchir. Tu sais, dans la vie, je suis à fond dans le social et je suis très tourné vers les autres. Ce sont eux qui m’alimentent. Ce qui m’importe, c’est le respect de l’autre et le regard sur l’autre. Mes chansons sont le reflet de moi.

Ce nouvel album est fort, digne et sans démagogie, ce qui est un exploit.

-… il n’y a rien à atteindre, ni rien à réussir, il n’y a pas de finalité, pas de fortune à construire. Il y a une confiance à partager. Je donne ma vision du monde, sans artifices, conscient de la réalité sociale et politique. Je n’ai pas de regard introspectif sur mon travail, ça n’intéresse personne. Mon travail est tourné vers l’organisation du collectif humain.

Niobé est aussi un comédien de cinéma (3 films avec Chabrol), de télévision, et surtout de théâtre. Il participe aussi à quelques bandes originales de films. Bientôt, il travaillera pour le film de Robin Renucci et celui de Gilles Béhat.

L’homme a des projets à revendre.

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Personnellement, je suis très content car, ce chaleureux personnage s’inscrit tranquillement, mais sereinement dans le paysage musical.

Son MySpace.

Sa notoriété repose sur le public… et il vient de plus en plus nombreux le voir sur scène.

Soyez-en!

Ce soir.

Pour plus d’infos sur le concert, c’est ici.

 

Finissons avec un clip.

Bon samedi!