Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22 mars 2008

Habiba Mahany: kiffez son livre!

 

847180477.jpg

Habiba Mahany, cela faisait longtemps que j’en avais entendu parler. Il y avait comme un buzz littéraire autour de ce livre aussi mystérieux que jugé excellent. Pour tout dire, Kiffer sa race, je l’attendais avec impatience. Je connais un peu son frère, juste un peu, alors, vous pensez bien, opportuniste que je suis, je me suis mis à genou et j’ai prié pour qu’il me file ses coordonnées.

(Oui, c’est ainsi qu’un journaliste procède pour contacter un auteur. Prêt à toutes les bassesses, c’est bien connu.)

Mabrouck Rachedi a accédé à ma demande, mais m’a prévenu direct : « Je viens avec elle à votre entrevue, je n’ai pas confiance en toi, je préfère surveiller cette rencontre. Pas question de te laisser seul avec ma sœur. On m’en a raconté de belles sur toi ! »*

Ah !

Soit.

C’est ainsi qu’en ce jeudi 6 mars, je me retrouve devant la Gare du Nord à la recherche de Mabrouck Rachedi, le frère de…

Enfin, il arrive.

Habiba doit nous rejoindre.

Elle s’avance vers nous quelques minutes après. Un peu timide, mais résolue. Nous nous installons dans un café et nous démarrons la conversation. Mabrouck m’observe, l’œil malicieux. En fait, j’ai compris pourquoi il est venu. Pour s’amuser, parce que, sachez-le, chers lecteurs, cet écrivain est taquin.

154924876.JPG
Habiba et Mabrouck... une belle complicité.

 

Mine  de rien, je suis un rien déstabilisé. Je me concentre sur le livre (que j’ai beaucoup apprécié).

 

L'histoire: Sabrina Asraoui, élève d’une classe de première, raconte sa rentrée scolaire, ses « embrouilles avec un frère qui joue au petit chef » et sa relation avec sa grande sœur qui a changé depuis son retour du bled. Il est aussi question d’amour et d’amitié.

Et de tolérance.

 

Ce roman est bien écrit (comme dirait la critique de Marianne, « Habiba Mahany utilise le langage de Jamel Debouzze et celui de Molière », rien n’est plus vrai). Il m’a touché, car profondément humain, frais, joyeux… même si beaucoup de choses sur la société d’aujourd’hui sont dites clairement.

 

Si l’action de son ouvrage se situe dans une cité d’Argenteuil, Habiba ne souhaite pas que son livre soit catalogué comme un roman de plus sur la vie en banlieue. « C’est juste la vie d’une adolescente… ». Soit, mais elle est maghrébine et habite dans une cité… la confusion est possible.

-Justement, j’étais un peu lassée des livres où l’on représentait la jeune fille maghrébine n’osant pas sortir de chez elle, son frère l’empêchant de sortir et de « fréquenter » des garçons… tous ces clichés, j’ai voulu les tordre.

1797973746.jpg

 

Et parce que j’insiste sur le fait que ce que j’aime beaucoup, c’est qu’il n’y a aucun personnage manichéen, Mabrouck me lance, mort de rire: « Dis, tu recycles les questions que tu m’as posées pour les refourguer à ma sœur ? ».

Grrr… il m’agace avec ses plaisanteries.

Habiba regarde son frère me titiller et me répond.

-Je voulais insister sur le fait que la tolérance et l’intolérance existent partout, même dans les minorités. J’écris dans le livre que « les torts sont partagés ». J’ai voulu mettre tout le monde à la même enseigne. De toute manière, que l’on soit noir, blanc ou asiatique, nous sommes tous des êtres humains, c’est ça le principal. C’est ridicule de comparer les races.

Un bémol, cependant. Je n’aime pas le titre… je lui dis que je trouve qu’il n’est pas représentatif du contenu (parfois, oui, je suis prétentieux). Elle s’en explique ainsi dans pas mal d'interviews.

-Kiffer sa race, comme je l’entends dans le livre, c’est s’affranchir des barrières dans les têtes qui séparent. Ce n’est pas utopique. Je crois en l’être humain, au citoyen du monde. Je pense que c’est une question de temps — certes long — pour que cela se matérialise.

1277759213.JPG

Habiba Mahany, dans ce livre, crie aussi son amour de la culture en général et de la littérature en particulier. Elle affirme que « la littérature, c’est pas un truc de riche, le savoir, c’est pas qu’un domaine réservé… » (Je rappelle que c’est une ado qui s’exprime, hein… je dis ça pour les éventuels grincheux qui critiqueraient le style.)

Là, attention ! Ce n’est pas dans mes habitudes, je vais parler sérieusement.

Mon point de vue est clair. L’éducation nationale devrait s’intéresser à ce roman. Il devrait le lire, puis, éventuellement, le proposer en classe. Je vous assure qu’il pourrait faire réfléchir les jeunes d’aujourd’hui. Il n’y a pas de morale, juste du bon sens et un point de vue sur la réalité de la jeunesse d’aujourd’hui jamais évoqué.

« Sous de faux airs âpres, cette chronique pleine d’humour et de tendresse brosse le portrait d’une génération fragile et généreuse. » est-il écrit sur la quatrième de couverture. A cela, j'ajoute que Habiba Mahany nous offre une véritable bouffée d’air frais tout en bousculant certaines conventions et considérations sur la jeunesse des cités.

(Elle ne va pas aimer que j’insiste sur ce fait, mais, c’est ce que je pense.)

1227892482.JPG

Allez, voici quelques autres parenthèses, parce que je ne sais pas où placer ces commentaires et réflexions… Voyez, je suis franc avec vous.

(Vous ne vous demandez pas comment des parents pouvaient engendrer deux écrivains dans une même famille ? Moi oui. Mabrouck m’a apporté la réponse : « Nous sommes 12 enfants… proportionnellement, ce n’est pas si extraordinaire que ça ! ». Non, en effet, d’autant plus qu’un troisième enfant va sortir un livre. Une autre sœur… Tout à fait normal, le truc. D’une banalité affligeante, je dirai.)

(Qui d’Habiba Mahany ou de Mabrouck Rachedi a utilisé un pseudo ? Tiens, pas envie de répondre.)

(Mabrouck Rachedi (dont c’est le vrai patronyme) n’a pas « pistonné » Habiba. D’abord, elle n’est pas dans la même maison d’édition, de plus, contrairement à ce que « certains » pensent, les choses ne sont pas si simples. J’ajoute qu’il ne me semble pas que Mabrouck Rachedi soit un auteur très influent, pour le moment…)

(Evidement, là où il y a ce *… c’est tout à fait faux. Mabrouck n’a jamais rien entendu de négatif sur mon comportement avec les femmes dans mes interviews… (Euh… enfin, je crois.) Il est venu à ma demande, parce que je trouvais la situation amusante. Il m’en faut peu. Je sais.)

(Voici quelques liens (autrement plus sérieux) qui parlent du livre: le blog de Shyankar, le blog d'André Bonet et  le site du quotidien algérien El Watan.)

20 mars 2008

Lulu... bienvenue à ce ch'ti!

1903643383.JPG
(Pas convaincu par mon titre du jour).

 

Très honnêtement, je ne connaissais pas du tout Lulu, encore moins Nicolas Lefèvre, le leader de cette formation, originaire de Lille. Un groupe Ch’ti. Tiens ! On parle très peu de cette région en ce moment… écoutons ce qu’ils font… ces gens du nord.

(Vous avez remarqué comment je fais bien le journaliste méprisant qui habite Paris et qui se penche sur une production « locale ».)

Après la première écoute de De Bray-Dunes à Menton 2, je range mes préjugés au placard de ma connerie et j’appelle Sissi illico presto (l’attaché de presse de Lulu. Oui, parce que finalement, Lulu, c’est devenu le nom de l’artiste leader du groupe… vous me suivez là, ou je suis moyen clair ?).

 1143794905.jpg

Le 3 mars dernier, nous nous retrouvons donc au Bar des Ondes, à côté de la Maison de la Radio.

(Je ne compte plus les interviews réalisées dans cet établissement).

 

Lulu/Nicolas Lefèvre arrive, tout sourire et chaleureux. (Il faudrait faire un film sur la différence entre les gens du nord et les autres, parce qu’on pourrait éventuellement apprendre qu’ils ne sont pas comme on les imagine : tristes, austères et alcooliques. Je dis ça, je dis rien… d’ici qu’un humoriste me pique l’idée !)

Comme je ne connais pas bien l’historique de sa carrière, il me la raconte.

Nicolas Lefèvre, 34 ans, s’est lancé sérieusement dans le monde magique de la chanson française il y a 7 ans. Il est passé d’un groupe de chansons festives à des chansons plus pondérées… dans le rythme, en tout cas.

420872676.jpg

Avant, du temps du Bal des athlètes en 2003 (son premier album), il parlait du quotidien, aujourd’hui ses textes sont toujours dans le décalé et l’excès. Ça frise le surréalisme parfois.

« Le quotidien m’emmerde » ajoute-t-il malicieux.

 

Je lui sors des phrases le concernant glanées sur le net. (Mon ami Google, je t’aime !)

« Loufoque », « théâtrale », « habité », « l’ensemble évoque les films de Fellini, quand le village, entre musiques de cirque et rythmes tziganes, se rassemble pour danser », « Cet auteur, compositeur, interprète chante sérieusement des chansons décalées, sur scène, la salle rit de bon cœur ».

J’en passe et des meilleurs.

700400534.JPG

Je ne suis pas certain qu’il ne soit pas gêné par ces compliments. Ils reviennent souvent en tout cas. J’en rajoute une couche personnelle, je lui dis qu’il est un très bon représentant de cette chanson que j’aime tant. Je lui affirme (non, parce que je vous signale au passage que je m’implique dans mes interviews… j’ai le sens du risque et des prises de positions) que s’il n’est pas encore connu de la majorité, son humour, sa tendresse et sa poésie devraient vite franchir les frontières de sa région, pour s’imposer partout.

Amen !

 

Lulu joue avec les mots, les malaxe, en use et en abuse sans toutefois que l’on s’en lasse. Je ne vois pas d’autres artistes français maîtrisant si bien cet art. Enfin, j’exagère un peu, d’autres ont laissé des traces… Il me parle des Brel et Brassens habituels, mais ajoute des Arthur H ou Thomas Fersen, ce qui est moins fréquent.

Je vous assure, Lulu a son propre style. Reconnaissable rapidement. Je me suis plongé dans son album précédent De Bray-Dunes à Menton 1, il y a incontestablement une patte Lulu.

 

(Qui a dit des pâtes Lulustucru, c’est parfaitement nul !)

(J’ai honte pour vous… dans un article si sérieux… Pfff…)

542552261.JPG

J’ai oublié de préciser que le troisième album (vrai road movie musical) est la suite du second, comme son nom l’indique. Le héros reprend son voyage à partir de l’ile de Ré jusqu’à Menton. La musique est plus colorée et plus rapide que dans le premier « périple ». Entre les histoires d’amour impossibles, ses réflexions sur son métier d’artiste et d’auteur, il jette un regard amusé et désenchanté sur ses contemporains. (Sa biographie l’indique et c’est tout à fait vrai.)

 

S’il n’est pas le plus grand chanteur du monde, sa prose malicieuse et affûtée ne devrait pas vous laisser indifférent.

Nous finissons l’interview en évoquant brièvement son engagement envers les enfants des camps de réfugiés palestiniens au Liban… Grâce au journal L’Humanité, il a vendu 7000 cd 3 titres. Cela a permis d’acheter 7000 cartables avec des fournitures à 7000 de ces enfants.

 

Il ne s’étend pas sur le sujet, mais disons, que l’homme à du cœur (en plus).

346160289.jpg

Lulu n’arrête pas de tourner. C’est une bête de scène. Personnellement, je regrette (parce que je ne suis qu’un sacré égoïste) qu’il n’en fasse presque pas à Paris. Lui aussi le déplore, mais m’explique que ce n’est pas complètement de sa faute… les salles de concert de la capitale sont un peu frileuses (alors qu’il remplit les salles de sa région et de celles avoisinantes).

Avant de nous quitter, il m’explique qu’il prépare un projet auquel il tient beaucoup. Une série de concerts qui se dérouleront uniquement sur le trajet de Bray-Dunes à Menton… histoire de boucler la boucle.

1400836342.JPG

L’univers de Lulu est à découvrir. Foi de Mandor !

Voici une chanson du premier volet de De Bray-Dunes à Menton, "La sauterelle chorégraphe".

 

 

15 mars 2008

Gonzague... amusant trublion du PAF!

362976643.JPG 

Par l'entremise du sieur Clément, j'ai découvert récemment le site: Gonzague TV.

 

(Quoi ? Je commence sans parler du tournage de la veille!!! Franchement, vous n’en n’avez pas marre que je vous serine avec mes petites histoires de « Mandor dans le monde merveilleux du cinéma » ? J’ai un peu pitié de mes lecteurs, en ce moment. Aucune variété dans les sujets traités… tsss… bon, je vous dis juste que la journée fut bonne et que c’est avec une pointe de tristesse que j’ai quitté ce plateau fréquenté pendant deux semaines. Et Bry-Sur-Marne n’est pas si moche que ça… Je redescends donc sur Terre et poursuis le cours normal de mes missions… vous informer culturellement.)

 

La culture, au sens très large du terme. La culture, c’est aussi regarder la télé le matin, sur M6 (à l’époque) et se dire, « ce mec est complètement frappadingue ». Les animateurs l’appelaient « le boulet » (tiens, c’est un film avec Lanvin, ça ! Ahem… pardon !).

Or, j’apprends que « Le boulet » a un blog de défi. Je le visite et me marre franchement très souvent. Je comprends que derrière ses blagues de potaches rondement menées se cachent un mec qui à l’air d’être tout, sauf con.

 

 

J’envoie un mail au fameux Gonzague pour boire un verre avec lui. Enfin, quand même, je lui explique que je vais écrire une note sur lui de manière à lui faire un peu de pub supplémentaire. Il visite mon blog et me répond des choses très gentilles.

Nous nous voyons donc le 5 mars dernier à La Lubie.

Le mec est grand, souriant, sympa. Je n’en ai pas terminé avec ma précédente interview, je lui dis donc de s’installer, « j’arrive, j’en ai pour une minute ! ».

 

 

Il commande un truc du genre « Vittel menthe » ou je ne sais quoi, bref une boisson qui me déprime. Les provocateurs d’aujourd’hui ingurgitent vraiment n’importe quoi ! J’ai commandé une boisson d’homme. Un Orangina light, du coup.

Oui, je considère Gonzague comme un provocateur… il n’a peur de rien (que je crois !), n’hésite pas à pousser ses victimes dans leurs derniers retranchements, les pousse à bout… bref, cet interviewer ose tout.

 

-J’ai besoin de cette poussée d’adrénaline, j’ai besoin d’avoir peur. Je ne pas complètement barré, je m’inflige beaucoup de pressions. Je ne sais jamais où je vais et tout peut arriver. Ça me booste !

Gonzague m’avoue qu’il s’éclate réellement à jouer ainsi avec les gens. Il aime ses victimes et ne serait rien sans eux, mais il les titille au-delà du raisonnable. Tout son art provient de sa faculté à savoir éteindre le brasier avant qu’il ne devienne feu de forêt qui décime tout sur son passage.

-J’arrive bien à manipuler mes interlocuteurs. Je joue avec eux… Je les fais monter et puis, si je sens que ça chauffe trop, je les fais descendre. Parfois, je fais l’innocent, parfois le provocateur. Ma vraie qualité, je crois, est d’avoir une vraie personnalité et de cerner rapidement les gens qui sont devant mon micro.

Je le disais plus haut, Gonzague est un garçon instruit et intelligent (il a fait Dauphine, 3eme cycle gestion des télécoms médias… quoi, ce n’est pas un signe d’intelligence ?) et très sensitif. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer (vu qu’il n’est pas beaucoup médiatisé), le jeune homme est loin d’être un débutant.

-J’ai commencé à diffuser mes interviews filmés sur Internet il y a 5 ans et je me suis fait repérer par Karl Zéro. Il m’a engagé dans son « Journal des bonnes nouvelles ». Ensuite, je suis allé sur M6 où j’ai passé 4 ans. Cet été, on a pu me voir sur France 2. Enfin, les défis que vous pouvez voir sur mon blog, je les ai vendus à NT1…

Je me rends compte à ce moment-là de ma note que j’ai omis de vous expliquer le concept de ses interviews…

-L’idée est de faire participer les internautes. Ils me lancent des défis et je tente de les réaliser. Je t’assure, certaines propositions me font mourir de rire… L’une d’elles, par exemple, est « couper une mèche de Jean S., fils de président de la République  »…

Gonzague, c’est terrible, a une tronche de premier de la classe. Personne ne se méfie de lui.

Il en use et abuse pour amuser ses contemporains.

 

-J’ai une tête tellement classique que même si quelqu’un a discuté avec moi la veille, il n’est pas certain qu’il me reconnaisse. J’ai un physique quelconque. C’est un point qui n’est pas négatif parce que je me sers de ça pour surprendre…

 

Et les nombreux artistes piégés, après coup, trouvent ça follement amusant.

-Ils sont tellement habitués à ce qu’on leur pose toujours les mêmes questions que, lorsqu’ils voient un mec qui sort du cadre, ça les amuse et ils sont beaucoup plus naturels.

Il est possible que certains d’entre vous ne trouvent pas drôles cette forme là d’humour. Je le comprendrais parfaitement.

Personnellement, tout cas, ça me fait rire.

Beaucoup même.

1375924051.JPG

Gonzague est le roi de la télé irréalité.

La classe irrévérencieuse.

Electron libre.

J’adhère.

A fond.

(Je suis plus réservé sur son véhicule.)

1868744419.JPG

(« Je suis sûr qu’on ne me le volera jamais ! » qu’il me dit.)

(J’acquiesce en opinant du chef.)

(Z’avez vu le pare brise et la selle ?)

08 mars 2008

Edouardo... auteur masqué!

729984388.jpg
Bien sûr, on a joué le jeu...
On a fait les cons.
Parce qu'il est connu pour ça et parce qu'il ne parvient pas à faire autrement.
Un peu enfermé dans ce personnage.
Il m'a embarqué dans son délire.
Mais, je vous assure, Edouardo est un vrai artiste.
Un poète situationniste.
Pas une star de pacotille.
Non, un type qui m'impressionne.
Juste, il faut un peu gratter derrière l'apparence.
Une immense culture et un livre qui m'a presque fait pleurer.
Oui, parce qu'il dit beaucoup de choses.
Mine de rien.
Des phrases qui rentrent dans ta tête et qui n'en sortent plus.
Des phrases, courtes, incisives aussi pathétiques parfois qu'émouvantes tout le temps.
J'ai refermé ce livre et maintenant, j'aime et je soutiens Edouardo.
Surtout, je vous en conjure, ne le regardez pas comme il se montre... mais plutôt comme il écrit.
Son livre, c'est le vrai Eduardo Pisani.
Celui qui mérite autre chose que la réputation qu'il s'est lui même infligée.
 

Deux articles auxquels j'adhère. Celui-là et celui-ci.

Son site officiel.

Son blog.

Les frères Etienne.

 

(Et si le coeur vous en dit, Edouardo dédicacera son livre au salon du livre de Paris 2008.

Stand S58, le vendredi 14 mars à 18h et le mardi 18 mars à 20h sur le stand des Editions Le bord de l'eau.)

Le livre est accessible, ici.

07 mars 2008

L... et un peu Babx!

1619687510.jpg

Ma troisième aventure avec Lou.

Professionnelle l’aventure, j’entends.

Après Benoît et Cyril, voici la nouvelle proposition de la demoiselle : L.

Avant de continuer, je rappelle le principe. Lou de temps à autre, quand elle a un coup de cœur pour un artiste, m’envoie un lien avec le MySpace de « l’élu(e) » et s’il me plait, nous allons l’interviewer ensemble.

J’aime le concept.

J’ai toujours l’impression que je ne passe à côté d’aucun talent et à cause de Lou, je m’aperçois que si. Fréquemment en plus.

Aujourd’hui, l’artiste que nous avons contacté s’appelle L.

L est une femme. Belle, pétillante et surtout avec un potentiel énorme.

Son MySpace l’explique parfaitement : « ses chansons sont avant tout un espace libre pour la parole, avec tout ce qu'elle porte de sens, de sons, de formes, de poésie. Elles s'inscrivent en cela dans la tradition des "chansons à texte", mais s'attachent à lui donner des couleurs nouvelles avec un univers musical et sonore qui évoquent autant les Mornas, le Fado, le Jazz que des teintes plus électr-iques/oniques (Guitare, batterie, utilisation de samples, boucles...). »

Je vous assure, L est une pépite dans une plage de galets.

(Oui, oui, carrément).

Avant-hier (le 5 mars), nous la rejoignons à La Lubie , un sympathique bar dans lequel je fais souvent des interviews…

C’est la « cantine » d’L .

En arrivant, je la vois attablée avec un artiste qui est l’un de mes 5 coups de cœur de l’année dernière.

Babx (que j’avais donc évoqué ici même, récemment).

Babx et L, ensemble, pour nous tout seul. Une aubaine.

631186087.jpg 

De gauche à droite: Lou, Babx et L.

 

Babx n’était pas là par hasard, disons qu’il connaît très bien cette auteur(e), compositrice, interprète (très bien et depuis fort longtemps). Il n’est pas étranger à certains titres du premier album d’L. Nous lui demandons de rester pour qu’il nous raconte leur « collaboration ».

-Plus jeune, L venait prendre des cours chez ma mère, professeur de piano. A 19 ans, j’ai entendu une voix derrière la porte qui m’a scotché. Elle chantait « Mon Dieu » de Piaf. Quand elle est sortie, je lui ai conseillé de faire des chansons elle-même. A cette époque, avec une bande de copains, on a créé un « collectif ». On écrivait des chansons et on en écoutait beaucoup. Nous faisions même du militantisme chansonnier… On se faisait des écoutes de Léo Ferré jusqu’à 6 heures du matin… après, avec L, on ne s’est plus quitté. On a toujours fait de la musique ensemble avec un peu le même style.

964051386.jpg

Il est clair que la musique et le phrasé de L ne sont pas aux antipodes de ceux de Babx. La même famille d’artistes, c’est une certitude.

Babx continue.

-On avait une sensation de vivre une grande catastrophe sur ce qu’était la chanson française qui arrivait à ce moment-là. Quand on a vu débarquer ce qu’on appelle «  la nouvelle scène », on ne se sentait pas du tout dans cette mouvance là. Nous, nous étions marqués par le rapport à l’émotion et à l’écriture. Comme nos aînés. Brel, Brassens, Ferré…

L et lui (tiens, c’est joli comme formule !) vont-ils continuer à travailler ensemble où L, va-t-elle voler de ses propres L (je tiens une forme, moi !).

-Au début, L ne savait pas jouer d’instruments de musique, maintenant elle sait. Elle était persuadée qu’elle ne savait pas composer, ni écrire d’arrangements. Je lui ai donc écrit 4 chansons pour parer au plus pressé, mais aujourd’hui ma collaboration avec elle consiste à lui dire : « démerde-toi » ! Elle n’a absolument plus besoin de moi. D’ailleurs, elle m’a viré et c’est très bien comme ça. (Rires). Quand mon prochain album sortira, tu me diras peut-être que ça sonne comme les chansons de L… Bon, pour résumer, vie privée mise à part, L est la seule personne que j’ai rencontrée avec qui j’ai autant d’accointances et un même goût du bel ouvrage.

653808530.jpg 

Lou et moi décidons d’interroger la principale intéressée. Babx se retire avec élégance. Nous commençons en lui demandant d’où lui vient cet amour de la chanson à textes.

-Je chante depuis que je suis gosse. J’ai grandi dans une ambiance musicale. Mon père chantait les Beatles à la guitare, de A à Z. Ma mère écoutait beaucoup Brel, Barbara, Billie Holiday et aussi beaucoup de musique classique. Je n’ai vécu qu’avec ces références. Quand j’ai commencé à chanter plus sérieusement, je ne faisais que des reprises de ces artistes là. Mais, ça m’a bloqué dans la création. Je me disais qu’après eux, il n’y avait plus rien à écrire. Un jour, heureusement, j’ai lu qu’Aragon affirmait qu’il n’y avait jamais rien de nouveau et qu’il ne fallait pas se gêner pour pomper ce qui a déjà été fait… alors, j’ai tenté d’écrire moi aussi. Au début frileusement, puis, j’ai fini par y trouver du plaisir. C’est même devenu ludique.

 630081171.jpg

L a une exigence dans l’écriture, mais elle ne veut pas être considérée comme une chanteuse intello. Je la comprends parfaitement puisque cette remarque n’est pas justifiée. Ces chansons sont abordables pour tout le monde, universelles et intemporelles. Il en faut du talent pour réunir ces trois conditions.

-Léo Ferré a souvent été considéré comme un intello chiant. C’est le contraire de ça. La poésie, ce n’est pas intello. Je ne comprends pas pourquoi on s’évertue à expliquer le contraire… Juste, on ne se moque pas du public. On veut lui offrir de l’émotion avec un beau langage.

Si elle est un peu dure avec les chanteurs d’aujourd’hui… ceux « qui ne racontent pas vraiment d’histoire », elle est au contraire très enthousiaste quand elle évoque le hip-hop et le rap hexagonal.

-Ces musiques-là sont notre « rock » générationnel. Plus le temps passe, plus je m’inspire d’elles. Sur mon prochain album, ce sera plus évident que sur mon 6 titres. Les chansons de La Rumeur ou de MC Jean Gabin sont de pures merveilles, en terme de langue.

1547103522.jpg

En regardant L parler, je constate qu’elle est un peu timide, mais que sa forte personnalité prend parfois le dessus. Elle a tout d’une grande, mais elle ne le sait pas encore. Ce sont ces moments et ces rencontres-là que j’adore dans mon métier.

Je vous assure qu’on n’a pas fini d’entendre parler de L et de Babx. Si vous me permettez de me vanter un peu (une fois n’est pas coutume), je tiens à rappeler que je me trompe rarement sur le futur des artistes que je rencontre… (et j’en ai vu passer !). Pas une fois je ne me suis trompé… attendons 3 ans, je mets ma main à couper qu'on ne verra qu'elle.

Petite précision : s’ils ont du talent, ces deux-là se sont aussi donné les moyens de réussir. Ils ont créé un petit label perso : Karbaoui records.

-On y bosse comme des damnés pour que ça marche. On a un très beau studio d’enregistrement qui est un outil de production et de travail exceptionnel. Pour l’instant, Babx et moi, nous n’avons jamais réussi à travailler autrement qu’entre copains. Nous avions besoin de personnes ayant cette même capacité à s’investir 5 ans dans un projet…

Je leur souhaite une longue route.

Ils le méritent. Allez, je le dis. Je suis fan.

Je ne suis pas le seul.

Pour aller voir la version de Lou, certainement plus (im)pertinente que la mienne, c’est là !

05 mars 2008

Staël... human pop!

1831114613.JPG

 Le groupe Staël, il est clair que je ne pouvais passer à côté… cela fait des mois que je reçois dans ma boite aux lettres différentes versions de leur premier album. Des CD 5 titres, d’autres complets, mais pas définitifs et encore des non mastérisés… bref, tout ça pour dire que la maison de disque semble croire à la destinée de Staël. Visiblement, elle mise sur eux.

 

Ce n’était pas la peine d’insister, moi, tout de suite, j’ai mis le premier envoi dans ma pile : « à traiter ». J’attendais juste la sortie officielle. Puis, pris par tout plein de trucs à faire, j’ai laissé passer la sortie. Alors, aujourd’hui, je me rattrape parce que cet album est beau.

 

Une collection de chansons passant volontiers du pastel d’une pop nerveuse ou d’une folk enflammée à l’esquisse d’une chanson simple, intense et dépouillée. On sent dans ce combo grenoblois une solide culture rock et un goût prononcé pour la littérature.

 

Une présentation de Staël s’impose :

C’est d’abord Yann Rambaud (chant-guitares et tous les textes), Julien Silvano (basse-guitares-harmonica), Marc Di Malta (batterie, guitares, Claviers) et Damien Monet (guitares, claviers, basse, chœurs).

982286356.JPG

J’ai rencontré le leader et créateur du groupe, il y a quelques semaines dans un hôtel de Belleville. J’ai habité longtemps dans ce quartier, je ne savais pas qu’il y avait un endroit comme ça Rue Louis Bonnet. On en apprend tous les jours.

Yann Rambaud est un type souriant. La tête bien faite et bien vissée sur les épaules. Humain, quoi. Normal.

Comme l’univers de Staël.

 

-J’ai été éducateur pendant 10 ans. J’ai bossé avec des cas sociaux, des gens dont le handicap était lourd, des prostitués, bref, pour beaucoup, des cabossés de la vie. Ces années ont une incidence évidente sur mes textes de chansons.

Yann a écrit un disque généreux, sincère et authentique. Il se refuse tout cynisme ou autre ironie facile…

-Sur le cynisme, on ne construit rien. Plus que la méchanceté ou d’autres défauts humains, le cynisme est en pole position du sale côté humain.

Bien sûr, expliqué ainsi, on pourrait penser que ce discours ressemble au message véhiculé par l’Ile aux enfants. Non, parce que la gravité est présente, les travers de l’Homme ne sont pas mis à la corbeille de l’indifférence. Avec la poésie, on peut dire beaucoup de choses. Cet album est léger, mais intense.

1244184030.JPG

Yann m’éclaire un peu plus.

 

-Un disque, il ne faut pas l’absorber à la première écoute. Il faut y revenir pour s’imprégner. C’est comme la nourriture, il ne faut pas que soit trop sirupeux, trop sucré. Si on a tout de suite le goût, on est vite écoeuré. Notre musique, nous souhaitons qu’elle se déguste pour aller jusqu’à l’âme. L’âme est toujours enfouie très loin, c’est donc un long parcours…

N’allez pas croire que ce disque est inaccessible. Cette pop simple et efficace touche au cœur sans qu’on s’en aperçoive tout de suite. Curieuse sensation, je vous assure.

1610221799.jpg

Staël cultive volontiers une finesse et une subtilité toute féminine. Et les femmes hantent d’ailleurs souvent jusqu’aux titres même des chansons : Héloïse, Anna relève-toi ou Magdalène et moi, Un bouquet de fleurs pour Lucy.

 

-Il y a une certaine féminité dans ce disque. On exprime notre fascination de la femme par son exploration. Et puis, il faut bien le dire les choses, les hommes sont en perte de repères. On ne sait plus comment se positionner. Ce sujet là, s’il n’est pas original, m’inspire beaucoup. Il me permet aussi de révéler la part de féminité qui est en moi.

Et comme une femme, il est très instinctif.

-C’est marrant que tu me dises ça, parce qu’effectivement, je travaille de manière très instinctive. Et puis je n’écris jamais le texte avant la musique. La musique va m’inspirer les mots. Je me laisse porter, absorber par elle.

1544231691.JPG

Je dis à Yann Rambaud que je trouve qu’il devrait écrire pour d’autres artistes. Je ne croyais pas si bien dire…

-J’en ai extrêmement envie aussi. Des gens de ma maison de disque m’ont dit qu’il y avait une pénurie d’auteurs en ce moment. Ils partent tous peu à peu et la nouvelle génération d’auteurs ne parvient pas à les remplacer complètement. Je vous assure, les éditeurs ont du mal à trouver des personnes qui sachent vraiment écrire des textes pour chansons. Moi, j’aimerais travailler avec quelqu’un, mais pour un album entier. Un peu comme le fait Benjamin Biolay.

Voilà, je ne vais pas faire un long discours sur ce groupe. Il me fait juste penser à un slogan très mitterrandien: La force tranquille.

Staël, c’est tout à fait ça.

 

Pour clore cette note, voici leur MySpace... allez, je vous laisse découvrir leur premier clip, La disgrâce.

 

04 mars 2008

Une Cascada de plaisir!

1713977531.jpg

Savez-vous faire le grand écart ?

Moi oui et j’adore ça !

Le grand écart rédactionnellement parlant, bien sûr.

Qui peut oser enchaîner deux notes aussi aux antipodes l’une de l’autre ?

De Rodolphe Burger à Cascada vous trouverez un isthme de Gibraltar informatif.

Bon, vous, je sais bien, vous ne connaissez même pas cette Allemande qui chante sur de la dance music depuis bientôt deux ans et qui cartonne dans toute l’Europe.

Mais, appelez vos petits frères et vos frangines adolescentes, voire vos enfants… (Oui, il y a des vieux croûtons comme moi qui passent ici, je suis au courant.), vous constaterez qu’ils connaissent.

Pour votre culture personnelle, voici son MySpace français.

1141471566.jpg

Donc, quand l’attachée de presse m’a proposé de rencontrer Cascada, je ne vous cache pas que j’ai hésité (au moins 2 secondes). Les puristes de la musique rock, pop, les amateurs de la jolie chanson française, les mélomanes de tout poil allaient m’assassiner (rien que ça !), c’était sûr !

Ce 30 janvier 2008 (je n’avais pas encore rasé mon bouc pour cause de carrière gigantesque dans le monde du 7eme art !), je débarque à l’hôtel Duret (décidément, c’est un endroit ou je rencontre des vedettes étrangères). Mince, ma traductrice n’est pas encore arrivée…

-‘tain, Marine, kess tu fous ????

-Ben, je n’ai que deux minutes de retard !

-Oui, mais ils sont en avance et m’ont déjà baragouiné des trucs dans une langue inconnue. J’ai rien compris…

-Euh... Mandor, ce n’est que de l’anglais !

-Ah, c’est de l’anglais ! Peuvent pas causer la France , comme tout le monde !

(NDLR : Aucune traductrice bénévole et sympathique (et jolie) n’a été maltraitée. Ce dialogue est un dialogue fictif écrit dans le seul but de vous faire sourire et je suis sûr que le but est atteint (comme une tarte) parce que l’humour déployé ici est absolument irrésistible.)

559042043.jpg

Donc, ce que je savais de Cascada.

C’est qu’en 2007, elle avait fait sensation avec deux singles : Miracle et Everytime we touch (cliquez sur les titres pour voir les vidéos).

Vous vous en souvenez, hein ?

Oui.

Merci d’être poli.

 

Ils s’étaient vendus à plus de 450.000 exemplaires et se sont classés respectivement nº 1 et nº 2 du Top Ifop (je mets au défi quiconque de vérifier cette info que j’ai piqué dans un argu envoyé par la maison de disque mais que je prends pour argent comptant parce que dans mon pays imaginaire, le marketing n’existe pas.) Son premier album a été couronné de succès puisque disque d’or il fut.

J’ajoute que Cascada a été récompensée aux World Music Award 2007 dans la catégorie Best selling artist from germany, ce qui en jette un max, avouez-le !

Que puis-je vous dire encore sur cette jeune allemande ?

Que je la rencontre, car elle sort son deuxième album.

Perfect Day, il s’appelle.

Et, il y a déjà un clip de son nouveau tube, What hurts the most, qui tourne partout.

 

 

J’ai fait une interview, peut-être faut-il que j’en parle.

Je ne sais pas.

J’ai un peu peur de vous bouleverser. Une crainte que vous regardiez le monde d’une autre manière. Telle n’est pas la vocation de ce blog… moi, je veux juste vous instruire, rien de plus.

Ahem…

Donc, je demande à Natalie Horler (c’est le nom de la chanteuse du groupe) pourquoi, elle se présente seule sur scène ou à la télé alors qu’il s’agit d’un trio.

(Étudiants en journalisme, prenez des notes, je vous prie. Admirez ce qu’est une interview rondement menée.)

 

-Il a été décidé que je sois la seule représentante du groupe Les autres ne montent pas sur scène. Manuel Reuter et Yann sont des producteurs dj’s… des hommes de l’ombre.

(La réponse est claire, nette, sans bavures. Je me prosterne devant tant de talent.)

A moi d’être à la hauteur des réponses.

1690910289.jpg

Je poursuis mon travail de journaliste d’investigation.

Je demande à Marine de lui traduire cette question essentielle. Se remet-elle de ce succès mondial et si soudain ?

(Non, je ne donne pas de conférences, ni de cours sur l’art d’interroger des artistes qui ont des choses à dire, je garde ça pour moi. Est-ce que quelqu’un a déjà donné la recette du Coca-Cola ? Non. Ben, là, c’est pareil…)

 

-Ca n’a pas été si immédiat que cela. Avant de se faire connaître, on a tourné 3 ans et demi. Il n’y a que depuis presque deux ans que l’on cartonne.

(Voilà par l’exemple une preuve qu’il faut tenir ses fiches à jour.)

Sinon, peut-elle me raconter son passé parce qu’au fond, personne ne sait rien sur elle.

Et c’est parfaitement dommageable pour la bonne marche du monde.

 

-J’ai grandi en Allemagne, mais de parents anglais. J’ai toujours aimé la musique. Je chantais dans la chorale de l’église puis dans les cocktails (Marine, tu es sûr qu’elle a bien dit « cocktails « ? Oui ? Ah bon !), ensuite, j’ai travaillé dans des studios et rencontré des dj’s et des producteurs. Le projet Cascada est né ainsi.

Quand je pense que j’allais m’apprêter à lire tout Schopenhauer ! Je me contente de demander à sa compatriote si elle ne souhaite pas sortir de la barque Cascada.

(Parfois, il faut prendre des risques, être insolent, mais toujours garder le sourire. Tout passe mieux en gardant un visage avenant. Notez, notez…)

 

-J’ai 26 ans, je suis encore jeune. Je n’ai pas encore de projets précis pour l’instant. Mais, dans 10 ans, si je continue de chanter, il est fort possible que je fasse quelque chose dans un registre différent.

Comme il faut bien l’interroger aussi sur la raison de notre entretien (le nouvel album, je le répète pour les lecteurs qui se seraient endormis… ce qui me paraîtrait complètement incompréhensible, vu l’intérêt de cette chronique.)

599532282.jpg

Donc, Natalie, concernant la sortie de ce deuxième disque, des pressions ?

(Je n’ai pas dit dépression).

 

-Ce n’est pas la peine de s’inquiéter. Ca ne sert à rien.

En effet.

Je ne sais plus quoi ajouter.

Tout a été dit.

1435662250.JPG

(Message personnel aux gens du forum de Cascada qui vont atterrir ici très vite : je ne me moque pas de votre artiste préféré, j’écris juste une note au second degré sur un journaliste (moi) qui n’a pas assuré un caramel et qui n’a proféré qu’un tissu de banalité confondante à une artiste disponible, fraîche, sympathique, à l’énergie contagieuse. Sa musique, vous l’avez compris, n’est pas ma tasse de thé, alors, très lâchement, je fais preuve d’ironie (et surtout de beaucoup d’auto-ironie). Ne soyez pas heurtés, je respecte tous les artistes. Il en faut pour tout le monde et ce n’est pas l’auteur de ce blog très varié qui vous dira le contraire…)

(Message personnel aux personnes de la maison de disque : idem que pour ceux du forum).

(Message personnel à la famille de la chanteuse du groupe Cascada : Ca va ? Vous allez bien ?)

03 mars 2008

Rodolphe Burger... l'homme blues!

193742770.jpg

Oui, ben hein, permettez-moi parfois d’être encore impressionné. Rencontrer un type comme Rodolphe Burger, c’est impressionnant, voilà. Sa stature d’ours mal léché, ses yeux bleus perçants, sa carrure imposante et surtout son indéniable putain de talent…

 

J’ai beau avoir 25 ans d’interviews dans la tronche, parfois, je balise encore un peu. Pour moi, c’est comme si je rencontrais Gainsbourg (trop tard !), un type comme ça. Je demande, comme un débutant, à Xavier (un de ses attachés de presse) : « Mais, il est sympa le Burger ? ». Il me rassure : « oui, il est adorable. » Ah bon ?

On se fait des idées sur les gens. J’ai du mal à comprendre, avec l’expérience que j’ai, pourquoi je continue à faire des plans sur la comète sur telle ou telle personne.

Bref, ce vendredi 15 février, j’ai rendez-vous chez EMI avec l’ex leader du groupe Kat Onoma. Oui, presque une légende, quoi ! (Ceux qui connaissent le bonhomme comprendront de quoi je parle.)

L’œuvre de monsieur Burger est impossible à catégoriser. « Entre rock mutant, boucles de mélancolie obsessionnelles, jungle de samples, électronique acide ou lunaire et poésie contemporaine… » dixit sa biographie officielle.

348875049.jpg

Allez, je résume son parcours :

Prof de philo au début des années 80 tout en appartenant au groupe Dernière Bande, puis le fameux Kat Onoma.

De 1986 à 2004, ce combo strasbourgeois, dont il est le leader, a enregistré 7 albums. 7 joyaux, implacables, sans concessions, avec « une musique racée, obsédante ». J’habitais à Lingolsheim près de Strasbourg dans les années 90, c’est dire si je les ai vus sur scène à cette époque. Je ne comprenais pas tout, mais leur musique avait le don de me transporter dans un autre monde. Kat Onoma sur scène, je vous jure, c’était un choc.

Et donc, là, j’ai devant moi ce grand type qui m’impressionnait terriblement dans mes jeunes années. En vrai, un type un peu timide, qui parle tout doucement (j’ai mis le volume de mon Sanyo pour décrypter l’interview, c’est dire…), qui laisse un temps entre ma question et sa réponse (pour ne jamais dire de conneries, sans doute), qui te regarde avec bienveillance.

436900367.jpg

Je lui demande s’il sait pourquoi il n’est pas reconnu à sa juste valeur… (je veux dire par là, si vous demandez à n’importe qui, croisé dans la rue, s’il connaît Rodolphe Burger, pas sûr qu’il répondra oui.)

-Ça, je m’en fous un peu. Mais, j’aurais aimé avoir un plus large public. J’ai eu souvent un sentiment d’injustice. Je ne veux ni avoir l’air prétentieux, ni avoir l’air de me plaindre, parce que c’était une belle histoire. Kat Onoma est devenu culte, mais n’a jamais eu beaucoup de succès. On n’a pas aidé par l’époque. Dans les années 80, on était pris entre deux feux. On ne correspondait pas aux exigences du « mainstream » en France. Notre musique n’était pas politiquement correcte par rapport à la domination du modèle de la chanson française ou des groupes « alternatifs » du moment. Kat Onoma n’a jamais été branché, donc la presse branchée nous a parfaitement ignoré.

Je lui objecte qu’ils avaient beaucoup de presses, et souvent dithyrambiques.

-Non, vraiment, pas tant que ça. Tu habitais la région, alors forcément, tu as lu beaucoup d’articles sur nous dans la presse locale, mais je t’assure, on est passé à côté de beaucoup de choses. Nous, on n’avait pas envie d’être un groupe underground. Communiquer et avoir du succès ne nous aurait pas gênés… je suis sûr, qu’aujourd’hui, Kat Onoma serait plus en phase avec l’époque.

Il me raconte aussi que son groupe, c’était une croisade. Rien n’était simple…

-Chaque album était une montagne à gravir. On a été souvent paralysé par des histoires de contrats, de labels et d’autres choses emmerdantes qui ne facilitent pas la vie d’artiste. Finalement, je n’ai qu’un regret avec ce groupe, c’est de ne pas avoir eu la possibilité de plus jouer à l’étranger et de ne pas avoir été diffusé en Angleterre, par exemple. À l’époque, là-bas, c’était une tare d’être français. Depuis que Daft Punk est passé par là, ça a modifié la donne. On n’est plus regardé avec autant de condescendances.

641961428.jpg

Parallèlement à Kat Onoma, Rodolphe Burger s’est lancé dans une carrière solo (qui lui a permis de décrocher le Grand Prix de 411311115.jpgl’académie Charles Cros) et surtout, depuis le milieu des années 90, il réalise des projets avec d’autres artistes. Françoise Hardy (sur Le Danger, Clair-Obscur et Parenthèses), et Alain Bashung (sur Fantaisie Militaire)… mais son grand succès récent reste sa collaboration avec Jacques Higelin. C’est lui l’artisan de son somptueux dernier album Amor Doloroso (enregistré dans sa ferme vosgienne).

-J’ai longtemps hésité parce que l’enjeu était énorme. Je ne le connaissais pas et c’est lui qui est venu me trouver pour me proposer d’être son partenaire pour son disque. Il m’a fait comprendre qu’il avait un peu perdu les clefs…

Comprendre que le sieur Higelin n’était pas satisfait de ses précédents récents albums.

 

802256278.jpg

Avec ce troisième album solo, Rodolphe Burger nous offre l’un des plus beaux disques de ces dix dernières années. Je n’ai pas peur de dire cela. Minimaliste, sophistiqué, et blues à mourir… plus accessible que certaines de ses autres productions.

-Avec No Sport, j’ai fait table rase du passé. J’ai tout remis en question. Ce que je voulais raconter, faire, avec qui je voulais travailler… Je souhaitais faire du neuf en allant dans des endroits encore non explorés par moi. J’étais terrorisé de me répéter. C’est mon premier disque en français, je me suis mis à écrire à la première personne, il y a très peu d’artifices dans les arrangements, j’utilise moins de « machines ». Je me suis vraiment avancé, dénudé, exposé…

Pour en savoir plus, lisez la critique des Inrocks. Pour une fois, je suis d’accord avec eux.

Bon, je ne vais pas en faire des tonnes, hein, après, on va encore dire que je suis trop long quand j’aime bien quelqu’un…

C’est vrai.

Mais, je fais ce que je veux.

Si j’ai encore envie de préciser qu’il n’aime pas qu’on lui rappelle que les artistes avec lesquels il bosse avec son label perso Dernière Bande (créé en 2002), c'est-à-dire : Jeanne Balibar, le mythique guitariste free James Blood Ulmer, Erik Marchand, Bashung et sa compagne Chloé Mons, Yves Dormoy et l’écrivain Olivier Cadiot, je le précise. Na !

-Moi, je n’ai pas de famille. Si j’en ai une, elle très largement recomposée.

Et toc Mandor ! Prends ça dans ta face.

248954532.JPG

Je ne vous quitterai pas sans ajouter que Rodolphe Burger est aussi le créateur du festival Trans-genres C’est dans la vallée. 7 ans que ça bouge dans sa petite ville d’origine, Sainte-Marie-aux-Mines.

Chapeau bas, Monsieur Burger!

Pour finir, voici un avant goût de ce qui vous attend dans ce disque...

 

 

Et quelques autres teasings...

Et puis, tenez ici, voyez ce qu'a réalisé mon pote Frédéric Vignale qui était juste avant moi et qui m'a passé le relais une demie heure et retard! (oui, je ne suis qu'un cafteur!)

26 février 2008

Juliette... le joyau de la chanson française!

1142860229.jpg 

6 albums studios et 4 albums en public… 20 ans de carrière. Je ne comprends même pas comment j’ai fait pour ne la rencontrer pour la première fois que le 5 février dernier.

Ce n’est pas normal.

J’aime la chanson française, donc j’aime Juliette.

C’est forcé !

Et, là, je déboule dans son chez elle parisien, des questions à profusion dans ma besace.

Je suis un peu essoufflé quand j’arrive, car elle habite dans en endroit de la capitale où se garer est mission impossible. J’ai tourné, je ne sais pas combien de fois dans son quartier très "commerçant". Genre livraison constante. Genre arrêt au milieu de la rue. Genre l’aiguille de la montre tourne à une vitesse folle, je vais être en retard. Et là, miracle! Une place se libère, juste devant chez elle. Je suis à l’heure pile poil (et il faut que je vérifie ce que faisait ma femme à cette heure là...).

384933146.jpg

C’est Cathy Baumerder, son attachée de presse depuis 18 ans, qui m’ouvre la porte.

Juliette me lance : « c’est carrément ma directrice de cabinet… depuis le temps ! ».

Premiers mots de Juliette, une vanne… ça promet.

La chanteuse est attablée.

-Je viens d’arriver, excusez-moi, je finis de manger. Installez-vous, là. Ça ne vous dérange pas ? 

Non.

-Ni que je fume pendant l’entretien ?

Non. Moi, je m’adapte à tout et là, je dirais que c’est plutôt confortable comme situation.

 1609194379.jpg

Juliette est une des personnalités les plus marquantes de la chanson française. Depuis son premier album officiel en 1991 (je ne compte pas l’auto produit de1987) « Qué tal ? », elle impose sa voix forte et sa gouaille, avec des musiques oscillant entre mélodies traditionnelles, orchestration classique, ambiance jazzy, fanfare et un peu techno jazz…

Cela fait donc deux décennies que cette épicurienne régale son public de morceaux savoureux. Après Ma vie, mon œuvre, la compilation célébrant ses 20 ans de carrière, puis Mutatis Mutandis, Juliette est de retour depuis quelques jours avec Bijoux et babioles.

-Ces deux jolis mots font référence à une de mes chansons de l’album, La boite en fer blanc. Mais surtout, ils me semblent bien qualifier mon regard sur mes chansons, sur la chanson en général, et plus encore, sur le « métier », le spectacle, le divertissement : des bijoux et des babioles. Je revendique les uns et les autres, faire du toc n’empêche pas qu’on le fasse sérieusement, avec application et amour. Et tailler des pierres précieuses peut se faire en rigolant, non ?

Si.

Une de mes chansons préférées de son album est A voix basse. Les personnages des livres prennent vie… mais aussi, les verbes irréguliers, un article du code pénal…etc.

Bref, la littérature dépasse la fiction.

-C’est un hommage évident à la littérature. Je lis beaucoup de choses fort différentes. Je suis très curieuse et j’ai des périodes ou je suis insatiable. D’autres moins. Ça dépend le temps que j’ai. En tout cas, j’ai toujours un bouquin sur moi. Là, je viens de finir une trilogie absolument passionnante signée Franck Talis… Ça se passe à Vienne en 1900. Le détective se sert de la psychanalyse pour résoudre ses enquêtes. Sinon, j’aime aussi beaucoup Fred Vargas

 623511787.jpg

Nous parlons littérature un moment, puis, je lui demande si l’activité d’écrivain la tente.

-Ce n’est pas le même travail. Je ne dis pas que ça ne me tente pas, mais c’est encore une chose ou il va falloir que je trouve du temps. Moi, quand j’écris des chansons, il faut que je ne fasse que ça. Je ne sais pas si écrire des romans ou des nouvelles peut se caler pendant ma tournée… Je n’ai jamais essayé, mais peut-être vais-je m’y mettre. En fait, il me manque le vrai moteur qui fait qu’il y a urgence à raconter une histoire longue.

Je lui parle alors de sa réputation qui l’agace (je le sais) de chanteuse intello. Personnellement, je trouve que plus les années passent, plus elle devient populaire…

-Je ne veux pas faire de déclaration démagogique, donc, mettez de gros guillemets à ce que je vais vous dire. On évolue aussi avec le retour du public. Ce que les gens me renvoient à pour conséquence que je ne chanterai plus certaines chansons, notamment de ma période « underground ». (Rires) J’essaie d’enlever tout ce qui peut faire élitiste parce qu’au fond, ce n’est pas moi. J’ai quelques références culturelles bien ancrées en moi, mais je n’aime ni l’étalage, ni la cuistrerie. Je n’hésite pas à dire que depuis quelques albums, je veux changer mon image…

730969258.jpg

 

Elle y parvient.

A présent, penchons-nous un peu et voyons ce que la dame nous propose dans sa boite magique.

-Dans mon coffret à breloques il y a donc de tout : perle (re)pêchée en eaux troubles (Tyrolienne Haineuse de Pierre Dac écrite pendant la seconde guerre mondiale), émeraude latine (Fina Estampa de Chabuca Granda, immense auteure-compositrice péruvienne), petite broche fantaisie offerte par François Morel (Lapins !) qui vienne se mêler à mes propres créations…

Juliette oscille toujours entre le rire et les larmes, mais l’émotion est toujours là.

-Je fais très attention au dosage d’un album. Dans tous mes disques il y a toujours cette cohabitation. Je suis comme ça dans la vraie vie.

Et puis parfois, on croit qu’elle se moque, mais pas du tout. Casseroles et faussets, par exemple, au début, je pensais que c’était un règlement de compte avec ses collègues chanteuses un peu trop présentes dans les médias.

-Pas du tout. Enfin, si un peu. Mais, la conclusion de cette chanson est : « Chantez, chantons, c’est important, sans complexe et n’importe comment, ça ne sera pas pire que ce qu’on entend à la radio… parfois. » C’est juste une petite pique, car je suis un brin taquine. Je sais parfaitement, qu’en fait, la justesse dans la voix n’est pas tout.

 264921788.JPG

Madame Juliette est une patronne qui sait ardemment faire vivre son péplum musical.

Et moi, je dois laisser la place à une très jolie jeune fille qui vient d’arriver.

Pour en savoir plus sur cet album, lisez donc son (excellent) article à elle.

Je dis juste à Juliette que le temps passé avec elle était trop court.

-On se reverra, c’est sûr… qu’elle m’affirme.

-J’espère… que je me réponds.

Dernière précision : en vrai, cet album est un bijou… je n’ai pas repéré beaucoup de babioles !

La pub de l'album...

Et vous la voulez la critique de Télérama?

25 février 2008

Julien Jouanneau... un pigiste plein d'avenir!

312187781.jpg 
Julien Jouanneau, vous le connaissez peut-être sous le nom de Juju le pigiste. J’en ai déjà parlé ici, parce que je trouve ce jeune homme tout à fait intéressant et il a la faculté de me faire souvent sourire dans ses écrits.

(Même s’il m’énerve).

Lorsque je l’avais mandorisé, il avait émis la vague idée de faire éditer quelques-unes de ses chroniques publiées sur son blog, pour en faire un livre.

(Arf… proprement ridicule !)

À ce moment-là, je l’ai regardé avec beaucoup d’affection, en me disant : « oui, c’est ça bonhomme, moi, j’essaie de publier quelques-unes des miennes et je n’y parviens pas, alors pourquoi, toi, petit jeune, tu réussirais là ou j’ai lamentablement échoué? »

La réponse est simple. Parce qu’il a tenté, le salaud !

Confessions d’un pigiste, ça s’appelle.

Un livre drôle, au récit enlevé et palpitant.

Rien que ça !

 850960663.JPG

Photo: Benjamin Boccas (http://www.benjaminboccas.com/)

En plus, il m’annonce gaillardement (aucun respect pour les vieux schnocks !) que c’est en lisant cette note chez moi qu’il a eu l’idée de contacter Les éditions du Cygne.

(Le cuistre !)

L’est gonflé le Juju.

Dois-je lui rappeler que c’est moi l’ancien. Je devrais avoir une priorité à la publication.

Bon, pour lui montrer à quel point je suis grand seigneur, je lui propose une autre mandorisation.

(J’suis con, moi, parfois…)

Il me donne rendez-vous dans un bar de la rue Caulincourt, au Rêve.

Je connais bien cet établissement, Nicolas Rey m’y avait emmené après une mémorable interview très avinée… nous nous étions finis à la bière en regardant les filles passer.

Bref, rien que de pénétrer dans cet endroit, mon mal de tête est revenu.

Julien arrive à l’heure. Son petit sourire insolent et sa tête de Tintin qui aurait mangé du Brad Pitt m’incitent à repartir aussi sec. C’est qu’en plus, il a un physique de télé… il fait ça rien que pour me rendre jaloux. J’en suis sûr.

Il verra bien, lui, quand il aura 40 balais !

Oui, Juju, frime tant que tu peux encore avec ta ligne parfaite !

Pfff…

1062751169.JPG

Bref, ce qui est d’autant plus ennuyant, c’est que l’histoire de Damien Mordred (un clone de Juju), un jeune ambitieux (un clone de Juju) diplômé de « la prestigieuse Académie du journalisme », qui rentre provisoirement à Voilà Dimanche ! m’a conquis. J’aurais aimé pourtant en dire un maximum de mal.

Impossible n’est pas François, mais dans le cas présent si.

(Pour ceux qui débarquent, Mandor s’appelle en vrai François, d’où ce jeu de mots qui, je le présume, vous fait vous tordre de rire, HA  HA HA ! vous exclamez vous sans aucune retenue. Vous n’en pouvez plus! Si, je vous vois, là, à chercher votre respiration tellement vous trouvez mon humour hilarantissime.)

Ahem…

Donc, Voilà Dimanche !, c’est « LE journal people, actualités, économie, politique qui bâtit ou démolit les gens, les mord ou les caresse, les crucifie ou les ressuscite. Son directeur de la rédaction, le charismatique, tout-puissant et mystérieux Horenkryg, convoque le jeune journaliste pour une mission exclusive : il a trente jours pour rédiger l’article du siècle. En échange duquel il obtiendra le Graal journalistique : un poste permanent. »

Message personnel : Juju, tu ne veux quand même pas que je fasse d’effort pour que je raconte l’histoire. Des extraits de la quatrième de couv’, c’est largement suffisant, déjà que j’ai lu et apprécié ton livre, ne m’en demande pas trop, hein !

Je continue : « C’est le début d’un compte à rebours haletant et d’une quête singulière, cocasse, inspirée d’histoires vraies, entre désillusions et révélations, dans le monde extra (et ordinaire) du journalisme... »

Bon, puisqu’il faut que je fasse ma part de boulot, quand même, je sors mon Sanyo.

Oui, , j'ai une vieillerie de magnéto, ça tout le monde le sait, mais regardez le répertoire de Juju...

1388311270.JPG

Je lui demande si Damien Mordred, c’est un peu lui.

Message de nouveau personnel : Oui, tiens! Apprends un peu ton métier Juju et vois ce qu’est un journaliste d’investigation. Prends exemple sur moi. Une question comme ça, il fallait quand même y penser.

-A 80%, tout est basé sur des histoires réelles vécues au début de ma carrière. J’ai juste caricaturé et amplifié certaines situations. Damien Mordred est comme moi, nous sommes les Jean-Claude Dusse du journalisme. Moi, en vrai, je ne peux pas faire un reportage sans qu’il se passe quelque chose sortant de l’ordinaire.

Alors là, je dis HALTE! Une page culturelle s’impose (et qu’on ne vienne pas me dire qu’ici, on ne s’élève pas intellectuellement vers le haut).

Je dois clarifier la situation, car il y a dans cette phrase de Julien Jouanneau 3 personnages qu’il faut que je vous présente mieux..

1) Mordred :

1786473083.jpg

Dans la légende arthurienne, Mordred est le fils du Roi Arthur et de sa demi-sœur, Margawse, sœur de Morgane. Dans certains textes, il est le fils de Morgane la fée. Et bla-bla-bla et bla-bla-bla…Il devint un temps chevalier d'Arthur et participa à quelques joutes et tournois, qu'il perdit la plupart du temps. Il ne respectait d'ailleurs que très rarement les règles de courtoisie qui régissaient les tournois, ne faisant qu'augmenter sa réputation de chevalier traître et perfide. Il était fort libertin, et ne se privait pas de courtiser toutes les dames, même celles déjà mariées. Il était détesté par les autres chevaliers pour son caractère fourbe et sournois. Il tua Sir Lamorak, traîtreusement, alors que celui-ci se préparait à partir pour la Quête du Graal. Mordred blessa mortellement son père, le roi Arthur, lors de la bataille finale au Mont Badonicus pour le trône d'Albion. Celui-ci parviendra lui aussi à porter un coup fatal à son fils qui mourut après avoir dit ses "adieux" à sa mère.

(Wikipédia, on a beau dire que ce n’est pas fiable, n’empêche que je m’en sers pas mal et fort discrètement…)

2) Jean-Claude Dusse :

86421090.jpg

C’est un héros des temps modernes, véritable icône des années 80, il représente le looser, le vrai, comme on n'en fait plus !! Pourtant, c'est le maître en la matière : ses râteaux mémorables, ses répliques dignes d'Audiard, ses coups de guigne à rendre fou de jalousie le pire des Pierre Richard, j'en passe... Bref, le personnage le plus marrant des Bronzés.

(AlloCiné, on a beau dire qu’il y a vraiment trop de publicités, n’empêche que je m’en sers pas mal et fort discrètement…)

3) Julien JOUANNEAU :

1921476655.JPG

Il est né en 1980 à Sarrebourg. Diplômé de Sciences-Po Lyon, il est journaliste-pigiste (carte de presse 106785 !) pour plusieurs titres nationaux, après avoir collaboré avec Studio Magazine et Le Progrès. Passionné de cinéma et amoureux de son métier, il poursuit sa carrière coûte que coûte.

(La quatrième de couverture, on a beau dire que parfois elle est sans intérêt, n’empêche que dans le cas présent, je l’ai utilisé deux fois…)

Ça va, vous êtes toujours là ?

J’imagine que vous êtes scié de lire une telle chronique littéraire.

Si approfondie.

Notez que le maître veut en mettre plein la vue à l’élève.

1963107089.JPG

Je ne veux pas vous ennuyer plus longtemps avec ce monsieur Jouanneau, mais sachez que ses trois rêves les plus fous seraient que son livre devienne un film, d’écrire un scénario pour le cinéma, de devenir chroniqueur dans une émission de télé et de signer (enfin) un CDI dans un journal.

Je crois savoir que l'urgence est le dernier souhait.

Et vous, professionnels qui me lisez avec avidité chaque jour, vous seriez bien inspiré de lire le site officiel de Julien Jouanneau.

Parce que j’ai beau me moquer, il le vaut bien.

(Si vous voulez le croiser, il organise une séance de dédicaces demain mardi à partir de 19 h 30 au Rêve, 89 rue Caulaincourt, Paris 18eme, M°  Lamark Caulaincourt… Bon, moi demain, je tourne de nouvelles scènes du film. Si je suis libéré à temps, je passerai faire un coucou à cet énervant énergumène.)

23 février 2008

Thomas Pitiot... ce soir, un griot entre en scène!

f520fb72e85cfc59d77b27a17ed5c434.jpg 

Lui aussi, je le suis depuis quelques années. Bon, ce n’est pas la première fois que je dis cela d’un artiste, mais en fait, je me rends compte que j’observe de près la carrière de beaucoup. Les passionnés n’ont pas le sens de la mesure, vous savez.

9260ddafe5d56a7e842fcac3d9d0b584.jpgLa première fois que j’ai entendu Thomas Pitiot, c’est grâce à un disque enregistré en public que j’avais reçu en 2004, Le Baron Perché (juste avant, il y avait eu un premier vrai album: Le Tramway du bonheur). Un brûlot anti Antoine-Ernest Seillière, anti Universal, anti plein de trucs ! Un petit disque au tirage limité dont l’esprit contestataire m’a à la fois amusé et aussi agacé. J’aime bien ressentir ces deux sentiments ambivalents. Pour moi, ça veut dire qu’il y a quelque chose derrière.

Puis, l’année suivante, Yonel Cohen-Hadria, ami et co-fondateur avec Thomas de T’INQUIETE Productions, que je rencontre lors d’un concert, m’offre le nouveau disque de Pitiot, La Terre à Toto.c7072bc1bb2e69fc17ddaa7013c08cbb.jpg

Et là, je me dis que voilà un artiste hors normes, pas lisse, engagé et convaincant.

Je le rencontre donc très vite. J’organise en déjeuner avec lui et un autre chanteur. François Tichot, que j’apprécie beaucoup humainement et artistiquement (il sort un nouvel album ces jours-ci, à découvrir ici). Il m’arrive de faire des interviews avec deux artistes, histoire de confronter deux points de vue sur le même métier.

Un court extrait de cette rencontre (publié dans mon journal en mars 2005)…

« Thomas Pitiot est le Didier Daeninckx de la chanson française. Comme cet auteur de polar, il est du 93 et dénonce l’injustice sociale. Pitiot, dans son deuxième album, chante aussi la banlieue pas toujours rose sur une musique arc-en-ciel et voyageuse. Tichot, lui, avec sa voix gouailleuse et l’accordéon de sa belle (Caroline Varlet) raconte la vie des petites gens, d’hier et d’aujourd’hui. Il est humaniste, touchant, parfois drôle, toujours pertinent. Un grand de la chanson. Pitiot et Tichot croquent les damnés de l’amer, les forçats de la vie. Ces deux-là s’auto produisent… pas pour les mêmes raisons.

Thomas Pitiot : Moi, j’ai créé avec trois amis ma maison de production. J’ai des moyens de promos limités, mais j’ai aussi la volonté de pouvoir maîtriser de ce que je fais et de ne pas être uniquement un produit. Ainsi, je garde l’inspiration. Les gens qui sont uniquement dans leur bulle artistique sont déconnectés de la réalité.

Tichot : Franchement, si je m’auto produit, c’est parce qu’aucune maison de disque n’a répondu favorablement à mes maquettes. J’en ai envoyé très peu, mais je pense qu’il faut être à Paris pour se faire repérer, notamment sur scène. Je ne suis pas contre le fait de signer avec une major, je demande juste à ce qu’on ne m’incite pas à changer.

 

Mandor : Vous vous considérez comme « chanteur engagé » ?

 

Tichot : J’estime que je suis un chanteur dans la citoyenneté et dans l’action auprès des autres. Je ne défends surtout pas la couleur d’un parti, mais la rencontre, l’expression et l’échange avec les gens.

 

Thomas Pitiot : Moi, j’ai une fibre politique et militante. Je suis communiste. J’ai une réflexion sur « comment on va changer les autres ? » et « comment on va s’organiser ? ». Je suis dans la lutte des classes. L’injustice sociale et le rapport à la domination me sont insupportables. »

Les voici le 9 mars 2005, sur le quai de Jemmapes, à l'issue d'un bon repas.

67dab0f2a29628c1136eaa117a3a8596.jpg

Je reviendrai sur Tichot prochainement… mais, aujourd’hui, c’est la sortie du troisième album de Thomas qui nous intéresse: Griot. « Plus qu’un voyage touristique en terre africaine, ce disque est une réflexion sur notre rapport au monde et à notre entourage proche. »

Pour en parler, il me demande de venir le rejoindre à Bobigny, à Canal 93 où il est en résidence pour préparer son nouveau spectacle. C’était le 16 janvier dernier… Lorsque j’arrive, il est en répétition. Il me salue, mais continue à travailler avec ses musiciens. Ce que j’entends me plait. Ça promet !

Il me rejoint et m’emmène dans sa loge. Il semble heureux, parfaitement dans son élément. Cet homme de 32 ans, libre, toujours en colère est juste un peu crevé.  Il m’explique qu’en ce moment, le rythme est soutenu, mais que le disque est à l’image de ce qu’il voulait qu’il soit... donc fatigué, oui, mais heureux.

da5a86bc3cf0583d8c963e013c7e62ed.jpg

-Griot est dans la lignée de mes deux premiers opus. Il est plus assumé en terme d’africanité et il est surtout plus maîtrisé. J’ai le renfort de musiciens africains qui jouent des instruments traditionnels comme personne. Ce disque correspond à ce que j’ai vécu ces dernières années. Beaucoup de voyages en Afrique, beaucoup de projets avec des musiciens sénégalais, maliens… c’est le fruit de ses trois dernières années de rencontres et de voyages.

« Son disque est coloré, parfumé et syncopé comme un jour de marché à Bamako, à Banjul, à Ziguinchor ou à Aubervilliers. Cette Afrique noire éclaire Thomas Pitiot, nous illumine ». Pourquoi est-il si fasciné par l’Afrique ?

-Depuis 2001, chaque année je vais là-bas. Ma relation à ce pays est complexe, mais elle est liée aussi à ma place et à mon regard sur la diversité du département que j’habite depuis toujours, la Seine-Saint -Denis. En France, nous sommes dans une société consumériste et individualiste. C’est quelque chose que je combats depuis toujours.

Un peu gêné, je lui demande s’il sait que tout n’est pas rose, non plus là-bas...

-Je ne suis pas aveugle. Évidemment que je le sais. Il y a des choses qui me dérangent en Afrique. Des formes de hiérarchies, de relations de castes, de pressions familiales ou religieuses qui ne me conviennent pas… En tout cas, il n’en reste pas moins qu’il y a une forme d’attention à l’autre, à la famille, à la communauté et au voisinage qui est très généreuse et que nous, nous avons perdu. En Afrique, ils ont quelque chose qui les font avancer collectivement.

70d501968d4ca0276f26d0cbe8d2704c.jpg

« Thomas Pitiot est un griot blanc. Il se bat, sème de la prise de conscience sans être donneur de leçons ».

Se considère-t-il comme un griot blanc ?

-Ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas un africain blanc. Griot, ce n’est pas pour me travestir. Dans la chanson qui ouvre l’album, je chante que « les griots du monde entier ont le même sang. » Tu sais, un musicien, un conteur, celui qui célèbre des cérémonies, celui qui transmet la mémoire à un statut un peu particulier. Il est à la fois marginalisé, souvent précarisé, mais aussi celui qui a la possibilité d’exprimer la parole critique…

Et donc, il tente de réveiller nos consciences endolories… par la chanson et par ses engagements dans le milieu associatifs local… animations, aide aux devoirs, fêtes de quartier, militantisme avec chaque fois des passerelles vers la musique. C'est aussi lui qui est à l'origine (avec Yonel Cohen-Hadria) du Festival Aubercail, le festival des mots dits à Aubervilliers.

-Je pense être en phase avec ce que je vis, ce que je défends, ce que j’exprime dans mes chansons. Mais, je suis persuadé que la chanson ne suffit pas. On peut être vite être pris au piège par le travail. Le travail, quelque part, c’est aliénant. Si on reste dans un processus, ses tournées, sa promo…etc. finalement, on est beaucoup sur soi et peu enclin à s’occuper des autres.

ead0b7adf1f4e0e4038bb6eabe2a3851.jpg

« Thomas Pitiot est un homme en colère et il est inutile de qualifier sa colère. Un homme libre, un homme qui chante n’a-t-il pas le droit d’être en révolte quand son époque enterre les valeurs de d’humanité ? »

Si.

-Ce qui me rend triste aujourd’hui, c’est que je me rends compte que la société est tellement atomisé que nous ne sommes pas en capacité de nous organiser pour résister. Aussi bien les partis de gauche que les syndicats. Entre ceux qui sont complètement mangés, voir récupérés par la stratégie de Sarkozy et puis ceux qui luttent encore pour des régimes de clocher ou de pouvoir et qui sont incapables de s’organiser pour résister collectivement, je trouve ça triste.

1419fb1e5c272c9010791e228ac486a3.jpg

Donc, l’artiste continue le combat. A l’instar d’un Ferré, en son temps.

« Ses chansons sont des chants miroirs d’Afrique, chants combats et chants poèmes humanistes. »  Il évoque les déracinés, la difficulté de l’intégration « quand beaucoup font peu l’effort de la favoriser ». Il fustige « ceux qui font des compromissions pour réussir leur carrière »,  pointe du doigt les marchands d’armes,  « se penche avec discernement sur la colère et la révolte explosive de certains jeunes des cités ».
563aea8c94e2e37ce6d3364ab3c21447.jpg

Les portes ouvertes, ils ne les enfoncent pas, il se contente de lorgner à travers le trou de serrure de l’état du monde et de nous raconter avec ses mots chocs, ses mots percutants qui tourneboulent… et c’est déjà beaucoup. Parce que son œil est incisif et implacable.

Bien sûr, parfois, je suis agacé par ses messages, mais au fond, ils sont si essentiels à rappeler qu’on finit par adhérer aux propos du chanteur poète.

S’il m’irrite parfois, peut-être est-ce parce qu’il secoue un peu trop ma conscience... et que je n’aime pas ça. Mais peut-être faut-il l’écouter ?

Oui, en fait, j’en suis sûr. Il y a des vérités qui sont bonnes à réécouter souvent.

1b5c44753178bc5dff9545fa6e2ea86e.jpg 

Et puis, il y a son duo avec Loïc Lantoine.

Et puis, il y a son duo avec son papa, Gérard Pitiot.

Et puis, il y a une reprise d’une chanson de François Béranger.

Et puis, il y a aussi beaucoup de talent derrière tout ça.

Et puis, il est depuis hier et encore ce soir au Café de la Danse.

Ne pas manquer le dernier des rebelles…

(Les phrases placées entre guillemet, sont tirées d’un texte d’Albert Labbouz évoquant cet album. J’adhère complètement aux propos tenus. Je voulais ainsi que vous fassiez la connaissance de ce monsieur. Ça se passe ici.)

22 février 2008

Louis Lanher... mégal'auteur?

 

b8dd4945f8d770baedd80654bd5fead0.gif

Avec un titre comme celui-ci, Louis Lanher n’avait pas intérêt à se planter. Il fallait que ce soit au moins très second degré et un peu drôle. J’espérais beaucoup de cet ouvrage parce que j’aime bien la personnalité de ce garçon.

(Dont j’ai déjà parlé récemment ici).

Je ne voulais pas être déçu.

Le romancier me donne rendez-vous dans un bar de la rue de Passy.

Bon, j’arrête le suspense tout de suite. Quand je rencontre quelqu’un, c’est que j’ai aimé ce qu’il a « produit ». Et là, je dois dire que je me suis franchement bien amusé à lire Ma vie avec Louis Lanher. Ce livre est nettement mieux écrit que les deux précédents et surtout, n’est pas du tout prétentieux.

742f64c552e3c77c9a0b22d310598c94.jpg-Je prends moins de poses que dans les précédents. Avec Un pur roman, je vivais dans l’idée que j’allais peut-être devenir un type extrêmement branché et à la mode, qui allait baiser toutes les filles, prendre plein de drogues… je me suis projeté là dedans. Quatre ans après,je suis revenu de ça. Je me suis rendu compte à quel point on pouvait être antipathique quand on rêvait de ce genre de vie. Et puis, à 31 ans, j’ai compris qu’un écrivain ne faisait plus fantasmer les filles.

Louis Lanher explique en préambule de son nouveau livre qu’il est bien le seul à pouvoir se permettre de publier son autobiographie. « Je réunis les deux conditions indispensables à l’exercice : un nom qui claque et une vie palpitante ».

-Beaucoup de romanciers qui n’écrivent qu’un livre auraient dû l’appeler« Ma vie avec moi-même », mais ils n’ont pas osé l’écrire sur la couverture. Moi, j’ai préféré assumer le truc jusqu’au bout. Sinon, en vrai, il faut saisir le second degré, de la couverture à la dernière page.

Oui, c’est un peu essentiel pour savourer ce recueil de nouvelles. Pensez, un type qui explique par le menu qu’il est l’un des deux romanciers français les plus importants de sa génération avec Houellebecq…

-Il y a une grosse dissociation entre ce que pensent les jeunes romanciers d’eux-mêmes, dans l’intimité et ce qu’ils vont affirmer en public. Avec mes affirmations, je fais juste preuve d’un petit peu moins de fausse modestie que la majorité des auteurs. Il ne faut pas se leurrer, si j’accepte d’écrire des livres et si je pousse le vice jusqu’à ce qu’ils soient publiés, c’est que je m’aime bien un minimum. La fausse pudeur affichée par mes collègues m’irrite un peu.

b92186e5f05541ce69725e3370d8741a.jpg

La première nouvelle s’intitule : un voyou sarkozyste en milieu artistique. Il y avoue son penchant pour celui qui, à l’époque où il a écrit son livre, n’était pas encore Président de la République.

-J’ai toujours travaillé dans des médias qui étaient de gauche ou très de gauche… Quand je faisais mes chroniques culturo-humoristiques à Radio Nova et I télé, par exemple, je me voyais mal avouer que j’étais de droite. Si tu disais que tu allais voter Sarkozy, tu passais pour un homme moins intelligent que les autres, intolérant, beauf et j’en passe. J’ai écrit cette nouvelle par réaction à ma solitude d’électeur de droite dans des médias de gauche.

Depuis, je crois qu’il n’est plus aussi convaincu.

230cd51711f392fd8d6a18be2cf377c2.jpgCe que j’aime dans les écrits de Louis Lanher, c’est qu’il ne se refuse rien. Il se montre sous son moins beau jour, de surcroît, en accentuant les traits peu avouables… et toujours avec un recul qui rend les situations vécues très drôles. (Suis-je clair ? Pas sûr !)

-Dans le fond, je dis le contraire de ce que je voudrais qu’on entende de moi. Ce comportement doit certainement se psychanalyser… Si j’étais parfaitement honnête, j’aurais envie que tout le monde m’aime, qu’on m’offre une porte ouverte dans toutes les familles… En même temps, pour y arriver, je dis un peu le contraire en me foutant de la gueule de tout le monde.

Vous l’avez compris : Lanher est un grand malade. Grand malade, certes, mais sympathique et parfaitement lucide sur son cas.

-Je crois qu’inconsciemment, j’ai envie de voir jusqu’où je peux dire des horreurs, pour savoir jusqu’où on peut m’aimer… c’est un peu mon mécanisme. Par exemple, les femmes, c’est le cœur de ma vie, et bien, dans ce livre, je n’arrête pas de me moquer d’elles.

Oui, il prétend que vous n’êtes pas très futées et que vos magazines féminins non plus…

Allons, mesdemoiselles, ne vous arrêtez pas à cela. Parce qu’il y a beaucoup de tendresse dans les écrits du bon Louis. Il aime exagérer, appuyer le trait, c’est tout.

Le Lanher est un sacré farceur doublé d’un écrivain sans fioritures qui tranche dans le vif.

Je vous livre la phrase qui, au fond, explique l’œuvre, la vie et les actes du Louis Lanher d’aujourd’hui : « Elevé par une mère fusionnelle, sans père pour marquer la frontière entre nos deux êtres. Mon enfance se résumait à moi. »

Tout vient de l’enfance…

J’ai pris ce qu’il me semble être la sage décision de ne pas en raconter plus sur le livre. D’abord, parce  qu’il n’est pas très long et puis parce que, si je dis qu’il est beaucoup question de masturbation, je crains de fausser le sujet (même si sa prose est jouissive!). Parce qu’en vrai, il est question de notre société et de la place d’un homme « à la pointe de la pensée progressiste » qui y cherche sa place.

Un peu comme nous tous.
ffd33c65afaccd5a4ec1b49d3ada93e8.jpg

P.S : Louis Lanher, en ce moment, est « le fils du patron », dans le Morning d’M6.

Re P.S : J’adore ce type, en fait.

(Mais vous connaissez mon objectivité légendaire, ce n’est pas pour cela que j’en dis du bien sur mon blog. Hein, je suis journaliste professionnel, je rappelle. Aheum !)

21 février 2008

Agnès Bihl... en tête!

296678aecfa161123bac939f9c1b9dba.jpg

Ce petit bout de femme, ça faisait un moment que je la lorgnais discrètement.

Pensez… la chouchoute de Charles Aznavour, elle devait avoir un truc en plus que les autres. Aznavour, l’est pas du genre à mettre en avant quiconque. 40 ans qu’il n’avait pas de première partie.

Et là, badaboum ! « Bonjour mam’zelle Bihl, voulez-vous chanter avant moi lors de ma tournée et au Palais des Congrès ? ».

Le truc de fou pour une jeune artiste. Et moi, je vous le dis sincèrement, je m’incline devant elle. Du coup.

Merde, Charles Aznavour, quand même !

7268a37ae9eec1d47eea9d6186fa42ff.jpg

ffacf3e443065257b467aa34ef3dbacc.jpgLe deuxième album d’Agnès Bihl, Merci maman, merci papa a remporté un succès d’estime du public, mais a aligné prix sur prix des professionnels (Grand Prix de l’Académie Charles Cros, Prix Sacem-Francis Lemarque, Prix Félix Leclerc, Prix Jean-Pierre Carrefour… non, là, je déconne). S’en est suivi une tournée de plus de cent dates.

« Agnès Bihl revient avec un disque, Demandez le programme, qui s’inscrit dans la réalité de la chanson française actuelle ». (Cette phrase, je l’ai piqué sur son site. Je trouve qu’elle ne veut pas dire grand-chose, mais, elle sonne bien. Hop ! Je la pompe !).

9e9330f291dcc9a84343aca13152daba.jpg

La semaine dernière (le 12 février dernier), je suis convié à rejoindre la belle dans sa loge de l’Européen. Je suis venu en courant. (C’est une image).

Elle m’accueille, un sourire jusque-là. (Cette expression, à l’écrit, est tout à fait intéressante).

-Vous fumez, ça ne vous dérange pas si je fume, parce que là, j’ai bien envie de fumer ? me demande-t-elle sans que j’ai le temps de répondre que ça ne me dérange pas.

57ea589bb84648e07c4eb5635b98b606.jpg

Elle est pétillante. C’est banal comme réflexion que je me fais à moi-même tout seul, parce que c’est quand même un peu l’image qu’elle donne.

Je m’installe dans la petite (toute petite) pièce qui fait office de loge. Je lui dis que je suis fan d’Allain Leprest. C’est vrai, mais si je me permets de lui raconter ma vie, c’est que j’aimerais savoir si c’est vraiment en le voyant à La Folie en Tête, cette minuscule salle parisienne, qu’elle a eu envie de chanter.

(Rappelez-moi de faire une note sur la rencontre plus qu’alcoolisée entre Leprest, Romain Didier et Mandor…)

-En fait, c’est en voyant Allain que j’ai eu le déclic pour écrire moi-même mes textes. J’ai commencé en chantant des reprises de vieilles chansons de Paris. Du Brassens, du Ferré, du Barbara, du Renaud… lui, Leprest, il m’a fait comprendre qu’il fallait que je chante ce que je pense au plus profond de moi-même.

d354a581be6caa7574bb8dff93022bdc.gif

Bon, en tout cas, elle excelle en la matière… et je suis ravi qu’enfin, une artiste de son acabit soit reconnue à sa juste valeur.

-Mais , ça n’a rien d’un conte de fée, croyez-moi! Ça fait 10 ans que je fais ce métier-là. D’ailleurs, je ne suis toujours pas très connue.

(Rires)

-Il est encore tout à fait le temps de me découvrir. Moi, je franchis les étapes petit à petit. Je viens de la scène et je vous assure que c’est un travail de fourmi.

6869bb353d3a2fa2b6b321288a16c29f.jpg

Je ne peux m’empêcher de lui parler d’Aznavour… ce dernier monstre sacré. Vraiment le dernier car, le matin même, Henri Salvador mourrait. Agnès Bihl me dit être peinée puis on revient à l’homme aux 3000 chansons.

-Il y a deux choses qui intéressent Charles. Ce sont les textes et la présence sur scène. Ce sont ces deux côtés là qui ont fait qu’il m’a pris sous son aile. Il m’a dit : « comme quoi… les grandes dames se camouflent toujours chez les petites bonnes femmes. Émanant d’Aznavour, c’est un sacré compliment.

 

 

 

 

Je lui dis, en cherchant les mots pour ne pas être maladroit, que je trouve qu’elle travaille à l’ancienne. Elle rit.

 

-C’est vrai. Je vais même jusqu’à dire que je suis une avant-ringardiste… J’adore la mythologie d’avant. Notez que, quand je fais le métier d’auteur, je ne me sens pas artiste. Non, je me sens plutôt artisan. J’ai l’impression d’assembler de la matière, travailler des matériaux, pour réussir à retranscrire précisément une émotion, un tableau, une colère, un coup de gueule ou un rire…

Elle s’arrête, puis me dit :

-Quand j’étais jeune, je voulais être danseuse de french cancan, c’est vous dire si je suis parfaitement intégrée dans mon époque. On est bien au XIXe siècle, là ?

f413310f2adeb2a5cc2a9937a5284d9f.jpg

La dame à de l’humour. C’est d’ailleurs étonnant de constater qu’elle ressemble à ses chansons.

-J’aime bien passer du rire aux larmes. Je suis quelqu’un d’un peu cyclothymique. Je ne passe jamais une journée avec la même humeur. J’aime bien alterner des moments profonds et des moments moins graves. Pour tout dire, je me plais à faire rire les gens… ça donne une bouffée d’air. Je ne suis pas neurasthénique. 

e3fdea62d32ef016481637b9f0a4771a.jpg

La chanteuse bouge beaucoup. Elle est accroupie sur sa chaise, puis s’assoie, puis se lève, puis s’accroupie de nouveau… puis se relève. Une boule d’énergie. Elle veut me prouver ses dires.

-J’écris constamment. D’ailleurs, j’ai toujours mon carnet sur moi.

Elle fouille dans son sac et me montre les premières pages.

-Il y a des phrases regardez ! Mais, approchez ! Un début de chanson là, vous voyez ? Ici, c’est une nouvelle chanson que je viens de finir… je l’ai essayé hier soir, sur scène.

Je plaisante : « c’est donc directement du producteur au consommateur ! ».

759e1adefdd8bdf5f6230792576853ae.jpg

Bouillonnante est le mot qui colle bien à ce qu’elle est sur le moment. Je tente une question sur la chanson française. Qu’en pense-t-elle et est-elle en danger ? Enfin, bref, une question très conne.

 

-Il y a suffisamment de combats dans mes chansons, d’indignations aussi, pour qu’en plus, je me fasse porte-drapeau d’un genre qui se porte très bien. La chanson française n’a jamais été malade que je sache.

Preuve en est : les compositeurs qui ont participé à l’album d’Agnès Bihl. Que du bon ! Tom Poisson, Alexis HK, Aldebert

-Il y a un absent dans cet album et je le regrette… je rêve d’avoir un titre d’Yves Jamait ou de chanter avec lui.

Tiens ! Excellente idée !

Ces deux-là ont la même sensibilité et un amour commun pour la scène et le public. Une façon entière de se livrer aux personnes présentes dans la salle.

-Quand je suis sur scène, je me sens artiste. La véritable générosité n’est pas seulement de savoir donner au public, c’est aussi de recevoir l’émotion, les rires, les applaudissements et les regards du public. Il doit y avoir du dialogue et une fusion…

c9ee0fe1dd03f1f7b8cc7b704898d0a5.jpg

La môme Bihl boit de l’Euphon en sirop. Je lui demande pourquoi elle se drogue. Elle se marre.

-Je sors d’une énorme grippe, du coup, le boulot est de faire en sorte que ça ne s’entende pas. Lors des deux premières à l’Européen, j’avais 40 de fièvre…

J’adore la voix d’Agnès Bihl. Un peu haut perchée, un peu voilée, un peu éraillée, un peu vacillante par moments. Sur le fil du rasoir, constamment. Non, elle ne va pas décrocher… Elle chante des mots d'urgence, des mots utiles, si peu futiles... délibérément, je ne vous en dis pas plus sur les thèmes de ses textes. Il faut les découvrir. Un grand choc.

-Je vais vous dire, la vraie violence, c’est le tabou… la vraie violence, c’est de faire comme si tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je suis persuadé que l’on peut tout dire, ça dépend comment on s’y prend. On peut tout chanter, même crûment, si on reste pudique. Brassens disait : « Je préfère montrer mon cul plutôt que montrer mon cœur. »

Là, je sens que c’est l’idéal mot de la fin.

Quoi ajouter de plus ? Rien.

17d462fb42971e110a1494915e2ea51c.jpg

Si.

Agnès Bihl est en concert à l’Européen jusqu’au 23 février.

Et puis, 15 tableaux signés Agnès Bihl sont exposés dans cet établissent. Leur univers rappelle celui de ses chansons : impertinence, jeux de mots révélateurs et indignation face à l’absurdité. J’ai parsemé cette note des 4 premières cartes postales issues de cette exposition. Disponible sur l’ensemble des concerts !

Allez, encore des petits bouts d'elle...

 

 

 

 

 

Son MySpace.

17 février 2008

Daniel Fernandez... musicien du monde à l'Européen!

7191148d941bd88f893883857869f379.jpg

Ce n’est pas bien de ma part.

J’avais promis à l’attachée de presse de Daniel Fernandez de publier ma note sur lui quelques jours avant son concert à l’Européen.

C’est demain !

Je n’ai pas tenu ma promesse.

Parce qu’actualités chaudes, parce qu’activités imprévues aussi.

Donc, pardon Sissi !
759b7e6b928f1dd68c59b875dd1424f8.jpg
Photo: Patrice andrée

Je suis embêté, car, en plus, je l’ai presque harcelé pour qu’elle m’obtienne ce rendez-vous bien avant sa scène parisienne. J’ai donc rencontré Daniel Fernandez le mercredi 30 janvier dernier.

Au Chao Ba.

Le Dijonnais passait en coup de vent dans la capitale, il a pris un moment pour que l’on se rencontre. Je le vois assis dehors (pour raison nicotinienne) en compagnie de l’un de ses deux acolytes de disque et de scène, Olivier Guerbeur (qui est aussi son producteur). Nous entamons la conversation là, mais au bout d’un quart d’heure, me voyant carrément vibrer, ils me proposent de rentrer au chaud. Dès que j’ai très froid, je vibre… une tremblote impressionnante.

Daniel Fernandez est né en 1970. Il me raconte avoir grandi dans une cité, non loin de Dijon.

-Je suis né de parents espagnols. On se débrouillait comme on pouvait pour vivre le mieux possible. Mon père et ma mère ne parlaient pas bien le français… il a fallu que je me débrouille tout seul pour m’intégrer. Comme je venais d’ailleurs, je me retrouvais qu’avec des enfants dans la même situation que moi. Alors, plus tard, quand je me suis retrouvé à faire de la musique, inutile de préciser que je n’avais pas la culture rock ou chanson française qu’avaient les autres jeunes.

Très vite, en effet, Daniel Fernandez a joué dans des groupes… il en a aussi créé bon nombre.

-Évidemment, avec mes origines, je ne pouvais qu’aller vers de la musique métissée. Je ne conçois la musique qu’ainsi. La mixité.

Il sort un premier album en 2003, Son de peau. Une bonne carte de visite qui permet à Daniel Fernandez de se faire repérer. Les radios du groupe Radio France commence à le diffuser régulièrement.

a220c91e7b779e22f5de40cc0ad7916e.jpg

Il fait alors beaucoup de scènes, beaucoup de festivals… en France et aussi au Maroc. Il assure la soirée de clôture des « Nuits de la Méditerranée  » à Tanger. Il reviendra en 2005 grâce à l’institut français du Nord. Avec Olivier Guerbeur, ils partent s’exiler 6 semaines dans cette ville marocaine, où ils travaillent avec des musiciens arabo-andalous du conservatoire de Tanger. Le fruit de cette collaboration aboutira à une création musicale originale, fondée sur l’échange culturel…

Selon, le nouvel album de Daniel Fernandez est un disque rare.  « Une mer de sable, un univers coloré, un ailleurs de chaleur qui traite de l’origine, qu’on soit d’ici ou de là-bas, tel qu’il est écrit, « selon les jets du hasard… » ».

Quand on écoute cet album, on voyage.

38fb824add4c0badcec8c5d50ab47d17.jpg

En fermant les yeux, on voit des paysages andalous, des plaines africaines et la pampa sud-américaine. On entend au loin, puis plus près, des chants africains en wolof et toutes sortes de rythmes diablement envoûtantes. Guitares, percussions, accordéon, tama, cajon… Dépaysement total.

 e7ccbae1f039e60bcc939cd05759014e.jpg-Cet album a été pensé à Tanger, cette ville réellement magique. Il y a une mixité culturelle foisonnante. Les Espagnols, les Africains, les Arabes sont mélangés. Je ne pouvais trouver mieux pour créer mes nouvelles chansons.

L’écriture du sieur Fernandez est à la fois poétique et limpide. Il s’étonne qu’on lui affirme qu’il a un style.

 -J’ai carrément des complexes au niveau de la langue française. J’ai arrêté l’école à l’âge de 15 ans. Je suis incapable d’écrire une lettre « officielle ». J’ai mis beaucoup de temps à me considérer comme auteur…

J’aime cet artiste. Il est pétri de talents, il n’en a pas encore conscience et il est gêné par sa médiatisation naissante.

 

-Déjà, de voir mon nom sur une affiche, je le vis moyennement. Je me moque d’être mis en avant. Ce n’est pas ce que je recherche. Je veux juste faire mon métier dans de bonnes conditions et pouvoir continuer à créer sans inquiétudes matérielles.
8db9be771820353c973c3d3eb59f6c25.jpg

Selon réunis encore une fois ses habituels complices, Olivier Guerbeur et Christian Léchenet, mais aussi des guests.

Parmi lesquels, Yves Jamait qui chante en duo le saisissant Vida Mia Sin Ti, Jean Fauque pour l’écriture de la chanson Mama (loin d’être la meilleure du disque) et Juan Carmona, l’un des guitaristes les plus créatifs de la nouvelle génération flamenca pour Blanco y negro.

Demain soir, lundi 18 février, Daniel Fernandez se produit à l’Européen.

Avec en première partie, un dénommé Al.

Je ne connais pas.

Je sais aussi qu’Yves Jamait participera au concert. Il vient chanter avec son pote (et pas qu'une courte apparition...)

4bb41388e1553e3dd8b9d74e270f40c8.jpg
b9906659fd3b1c4eaa3b1f184965cce8.jpg

Moi, j’emmène un pote à moi.

Parce qu’il aime Jamait et que je veux lui faire découvrir Fernandez.

Et voir ses yeux illuminer de bonheur.

Ouais, carrément !

Allez-y vous aussi.

Et pis après, on ira tous boire un coup.

(Je ne plaisante pas.)

Pour refaire le monde, après l’avoir traversé.

C’est beau la vie, la nuit !

(Je ne suis pas un peu lyrique, là, vers la fin ?)

Son site internet (avec son clip Le tango des enfants).

Son MySpace.

J’allais oublier. Le talentueux Daniel Fernandez... un vrai gentil, humble, généreux et humain.

C’est tout ?

Oui.

14 février 2008

Florent Richard... classieux intemporel!

96c270de12516aa147cfa567353c83c7.jpg

En interview, Florent Richard n’est pas le garçon le plus drôle de la planète. Enfin, comme ça… quand on le rencontre pour la première fois, on ne se tape pas les cuisses d’hilarité. Mais, après tout, ce n’est pas ce qu’on lui demande.

D’abord, qui est Florent Richard ?

Un auteur, compositeur, interprète que j’ai découvert en 2005 avec son premier album, L’art et la manière… je l’avais chroniqué pour mon journal.

Mais pas rencontré.

Le second Un jour comme ça, sort dans quelques jours.

Et l’homme est en spectacle depuis hier jusqu’à demain à l’espace Kiron.

(Voir en haut).

 

c5737742341a59f0cdfbcc41667552b3.jpgPetit aparté : comme ce jeune homme est un vrai romantique, ses chansons le sont elles aussi, je ne sais pas, en ce jour de la Saint Valentin , pourquoi n’emmèneriez vous pas votre conjoint à son spectacle, ce soir ?

Cadeau original.

Je dis ça, je dis rien.

 

Bref, son actualité était l’occasion de le mandoriser.

J’ai un fait le forcing auprès de Thomas, son attachée de presse, mais le rendez-vous a bien eu lieu.

Le 21 janvier dernier, dans un endroit que le chanteur connaît bien. Le Café Laurent. J’y étais allé (avec Thomas qui m’y avait embarqué de force, presque), il y a quelques mois pour le découvrir en spectacle.

J’avais été charmé par l’originalité du personnage.

Une belle voix grave, un univers poétique, sensible, mais aussi sarcastique, à la frontière du cynisme.

Seulement à la frontière.

Avec son air de ne pas y toucher, justement, il touche.

Méfions-nous de l’eau qui dort.

Sous l’arbre se cache la forêt.

Quand va la cruche… non, ça, ça n’a rien à voir.

626d7217395ded5006f85487f7c2e924.jpg

Il arrive tranquillement alors que je suis déjà installé depuis 10 bonnes minutes. Nous sommes presque seuls dans l’établissement. Je lui explique qui je suis, pour quel « média » je bosse. Il me semble déceler que si je lui avais dit que je faisais un papier pour « Yokshire magazine, le magazine des cons qui ont un Yorkshire », il s’en serait foutu de la même manière.

Il est là pour que je l’interroge.

Je l’interroge, donc.

Et il se prête au jeu avec politesse, un brin détaché, mais poli. Si.

f7b3f1e19071c4ee9ca8cd2539f9070f.jpg

Florent Richard a consacré « 10 années à l’apprentissage du violoncelle et du solfège, puis à découvert le jazz et la contrebasse à l‘American School de Paris. Il commence sa carrière de musicien comme contrebassiste/bassiste dans la comédie L’Air de Paris, avec Patrick Dupont, puis il enchaîne les concerts dans les salles et clubs avec diverses formations jazz et électrojazz, comme Blast ».

(Sacrément bien ficelé ce dossier de presse !)

Il devient ensuite le bassiste du groupe Les Elles (et arrangeur de leur dernier album).

 

-J’ai beaucoup plus d’expérience dans le jazz où je connais pas mal de monde. Avec mes deux albums, désormais, on me classe dans la variété. Ca me fait sourire, même si c’est un peu ce que je fais… de la chanson en langue française sur de la musique variée, mais, pour vous avouer, plus jeune, la perspective de faire le Stade de France avec Johnny Hallyday ne me faisait pas rêver.

Voyez que Florent Richard ironise. C’est sa forme d’humour. Moi, j’aime bien. Du second degré permanent. Quand il me lance une phrase, il faut que je réfléchisse pour vérifier que ce n’est pas du pipeau. C’est ce qu’on appelle une conversation ludique.

Plus sérieusement, il développe.

-J’ai toujours été un garçon très sage, très discret. Je n’ai jamais été attiré par les projecteurs. Je chante au service de l‘univers de Florent Richard. Dans ma tête, j’ai deux cases. Florent Richard, l’artiste et Florent Richard, l’arrangeur, le musicien, le mélodiste qui doit mettre en valeur le premier.

3055bd1dfbb07c8221219ea244830c21.jpg

Je lui révèle qu’à son concert, je l’avais trouvé très amusant, très pince-sans-rire entre chaque chanson.

-J’essaie de me comparer à Michael Bublé, Harry Connick, Jr, Jamie Collum ou encore à Robbie Williams… vous comprenez mon problème ? Comme je ne sais pas faire ça, je tente de trouver un décalage dans l’humour un peu anglais, un peu froid. Et, il faut que musicalement, ce soit du béton armé.

Sa musique, il n’y a pas à dire, renforce et soutient avec vigueur la fondation de son œuvre.

« Emprunt de jazz (swing ou Coltrainien) dans ses parties les plus développées, pop et romantique dans ses chansons les plus Variété.

(Sacrément bien ficelé ce dossier de presse (bis) !)

Je lui demande où il se place dans le métier de chanteur.

 

-Je suis entre la pop et le jazz. Mais, j’aime aussi beaucoup Souchon, Berger, les mélodies de Dassin… J’ai conscience d’être en total décalage entre ce que je fais et ce que j’entends dans la chanson française d’aujourd’hui ? Les gens comme M, Delerm, Bénabar, Cherhal, Aldebert sont dans quelque chose de très contemporain, ce qui n’est pas mon cas. Je ne suis pas ancré dans mon époque. Je dois la vivre et la subir… point. Vous savez, les gens comme moi, un peu rêveur, contemplatif, ils sont là sans y être vraiment.  Mais, tout le monde doit jouer un rôle clair et précis. La vie est comme une pièce de théâtre.

b595e67b6740f0c9a58fef82ee90d9b3.jpg

Pour quelqu’un de pas bavard, je trouve qu’il développe bien ses réponses.

 

-Aujourd’hui, les gens veulent du concret, du rapide, de l’immédiat dans l’art. Moi, je ne fais pas dans l’immédiat. Mes chansons ont besoin d’être écoutées plusieurs fois avant qu’on en saisisse les nuances. Elles ne se comprennent pas toujours du premier coup.

Quand on  regarde une peinture ou quand on lit un poème… même cause et mêmes effets.

Il y a des niveaux de compréhension. 

ab13afa4cb0cd3390bb4cef6926608ea.jpg

Florent Richard est un cas particulier dans ce métier de saltimbanque. Il est libre, classe et intemporel.

Allez, pour vous faire une première idée…

le clip de La vie d’Antoine.

 

 

Son MySpace

(Il y a quelques années, j'avais un Yorkshire... j''étais con.)