Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25 juin 2008

Rit... un grand (mais personne ne le sait!)

Rit3.jpg
(Photo: Malou)

Rit est un grand. Cet homme orchestre marseillais est méconnu du grand public.

C’est injuste.

C’est la loi du marché, de l’industrie du disque, de la vie... bref, la faute à pas de chance.

S’il y a un artiste que je vous recommande d’écouter tout particulièrement, c’est bien lui.

Rit est un grand. Il ne faut pas passer à côté.

Rit2.jpg
(Photo: Malou)

Depuis quelques jours, j’ai installé sa musique (à écouter et éventuellement télécharger) dans la colonne de droite, chose que je ne fais jamais pour quiconque.

Pourquoi ai-je fait exception à la règle ? Parce que…

Rit est un grand.

Rit 1.jpg
(Photo: Malou)

sans tambour.jpgJ’ai connu Rit avec son deuxième album Sans tambour, ni trompette. Textes intéressants, mais musique trop dépouillé, trop minimaliste. Ce baladin manquait encore d’étoffe. Je présageais cependant qu’avec plus de moyens, Rit pourrait tout casser. Tranquillement, mais efficacement. J’avais hâte de retrouver " son goût mêlé, du reggae, du folk, du blues et de la chanson, au service d’un humanisme de rebelle zen ".

Quand j’ai reçu son Bric à Brac, j’ai été conquis immédiatement. Il était net que Rit avait progressé, qu’il était pétri de talent et qu’il fallait que cela se sache.

Ainsi quand je craque pour un artiste, je le rencontre. Je ne peux faire autrement.3700426904766.jpg

Comme mon emploi du temps est compliqué à gérer en ce moment, quand je viens à Paris, je tente de donner rendez-vous à plusieurs artistes dans le même coin.

Le 27 mai dernier, Arthur H m’ayant donné rendez-vous chez Universal, j’ai donc demandé à Rit de me rejoindre au café d’en face une heure plus tard. J’étais ravi de le choper au passage, car ce troubadour des temps nouveaux ne vient que très rarement dans la capitale…

Rit arrive, en jogging vert, la guitare à la main. Cool, zen. A l’image que je m’imaginais du personnage. Nous commandons du thé.

Rit4 vision trouble.jpg
(Photo: Vision trouble)

Je lui dis tout le bien que je pense de lui. Il me répond que son attachée de presse lui a parlé de ma bienveillance à l’égard des artistes. Je lui réponds que je ne suis pas tout le temps bienveillant. J’explique juste que je m’arrange pour ne rencontrer que des gens qui m’inspirent quelque chose de positif. Je m’aperçois en tentant une justification inutile que je suis un peu vexé. J’ai donc cette réputation-là. La bienveillance. Je décide finalement de le prendre comme un compliment.

J’interroge Rit sur son évolution.

-Ça fait presque 10 ans que j’écris des chansons. J’ai appris à écrire, puis à composer, puis à faire des concerts… j’ai fait cela dans cet ordre qui me parait logique. En ce moment, j’aimerais bien que ma situation évolue. Mon boulot, c’est d’aller de village en village, de colporter la bonne parole et le plaisir. Je suis comme un troubadour. Je constate un truc qui me chiffonne…Je suis plus connu par les professionnels que par le grand public. Il y a un problème quelque part…

J’acquiesce. Je ne trouve pas cela normal, parce que…

Rit est un grand.

Rit concert.jpg

-Au départ, je viens plutôt du rock… Led Zep, Hendrix, Red Hot… puis j’ai réellement découvert Bob Marley il y a une dizaine d’années. J’ai compris que l’on pouvait dire des choses énervées tout en étant cool, zen avec une belle mélodie, un beau message. Si le support est déjà très agréable, tu vas pouvoir écouter plus attentivement…

En discutant avec l’artiste, je comprends qu’il est dans une période charnière, qu’il souhaite que son travail soit reconnu à sa juste valeur.

-J’avais eu de très bonnes critiques pour mon précédent album. Ca met une petite pression pour le suivant. Bric à Brac, à mon avis, est moins mélancolique, moins dépouillé, moins sombre… De plus, nous avons eu plus de jours de studio. Cela permet des finitions de meilleure qualité.

Rit concert 2.jpg
(Photo: Caruel Baptiste)

Les textes de Rit ont la particularité d’être simple et de contenir un message, souvent contestataire… tout en douceur.

-J’ai un style très direct. Je ne me suis jamais considéré comme un poète. J’écris comme je parle. Je tente d’être le plus clair et le plus compréhensible possible. Il faut que ce soit mélodique, colorée, chantant... et que surtout, que mes chansons ne soient pas inutiles. Qu’elles disent quelque chose.

Rit a construit son répertoire au rythme d’une vie rétive depuis toujours à la hiérarchie et à l’autorité. Des chansons comme Robin des quoi ? (ma préférée) ou T’es qui toi ? sont de véritables charges sur la société dans laquelle nous vivons. Sans discours moraliste, sans démagogie… il fait juste des constats. C’est très fort, mais après tout…

Rit est un grand.

27.05.08 Rit 2.JPG

Et j’ai l’impression aussi qu’il est un homme libre, sans concessions.

-Je pars du principe qu’on à tous la liberté que l’on se donne. La liberté, c’est une clôture que l’on va installer, plus où moins largement. C’est quelque chose que l’on s’impose. Personnellement, très tôt, j’ai choisi de ne pas avoir de patrons, d’avoir le mode de vie que j’ai actuellement. Et je t’assure, si tu crois que c’est facile… Non, c’est dur. Très dur parfois.

Je ressens dans le regard de Rit un peu de dureté. Pas de la méchanceté, de la dureté. Même s’il sourit… Étrange mélange.

-Avec moi, je suis intraitable, c’est parfois très fatiguant d’être ainsi. J’ai plus de largesses avec les autres qu’avec moi-même. C’est pour ça que je travaille seul. Il m’arrive d’être très dur. Implacable, même parfois.

27.05.08 Rit 3.JPG

Le vrai prénom de Rit est Éric. Rit est donc un personnage. Un double de lui-même ?

-Il ne faut pas exagérer. Ça me permet juste d’avoir un garde fou. Le recul ne fait de mal à personne. Je ne sacralise surtout pas ma condition de chanteur. Au contraire, j’aurais tendance à la désacraliser. Dans la vie, je suis mon premier bouc émissaire et mon premier sujet de moqueries.

Ce que j’apprécie chez Rit, c’est qu’il ne manie pas du tout la langue de bois.

Ses collègues chanteurs en prennent pour leurs grades… écoutez ici sa participation au Fou du Roi sur France Inter, la reprise des Élucubrations d’Antoine…

27.05.08 Rit 4.JPG

Globalement, il n’aime pas certains artistes de la nouvelle scène française…

-T’as déjà écouté Bénabar ?

-Euh… non, pas souvent.

(Quel menteur ce Mandor !)

-Je respecte son art, mais quand tu écoutes une chanson, tu les as toutes entendues. Tu écoutes Renan Luce, pour moi, c’est super lisse. Il écrit bien le gars, mais il faut arrêter le côté super léché des choses pour absolument vendre. Renan Luce a un réel talent, je ne le conteste pas, mais c’est toujours les mêmes accroches de guitare, toujours les mêmes gimmicks de piano. C’est toujours pareil ! Je n’adhère pas. Par contre, un mec comme Erwan Séguillon du groupe Java, je l’admire vraiment. Il est un vrai poète, un génie de l’écriture. On fait tout un pataquès sur Raphaël, Cali et Bénabar… Ecoute Erwan, tu vas redécouvrir une manière d’écrire les choses.

Bon, puisqu’il à l’air bien parti, profitons-en. Le bienveillant que je suis lui demande ce qu’il pense de la condition d’artiste (le thé m’inspire de grandes questions…).

-Il faut arrêter de sacraliser les artistes. Il n’y a pas de métier qui est mieux que l’autre. Ce n’est pas parce qu’on est sous la lumière qu’on est différent. On est des saltimbanques, mais que faisons-nous ? On permet juste aux gens de se déconnecter pendant 5 minutes de leur condition métaphysique d’humain. Il faut arrêter le côté gros bizness ! C’est insupportable ! J’ai fait pas mal de premières parties de chanteurs " célèbres "… certains sont plus de la marchandise que des musiciens ou des chanteurs…

27.05.08 Rit 5.JPG

Marrant, je croyais Rit timide. Pas du tout.

-On dit ça souvent de moi. Rien n’est plus faux. Je suis plutôt réservé, en retrait, mais c’est parce que j’observe. Je suis un contemplatif de mes contemporains.

Nous terminons la discussion avec ses projets.

-J’en ai plus qu’avant, c’est certain. Je vais jouer avec des touaregs d’Algérie, comme je l’avais fait avec mon projet africain (l’album Voyageur, enregistré au Bénin en 2007, sous le nom de Jawa Rit… à voir là). Je vais aussi créer un conte pour enfants. Il y aussi de nombreux concerts en perspective…

A découvrir absolument parce que son disque réunissant du bricolage hip-hop blues, du folk balnéaire, des expériences dub et électro et son reggae des garrigues est magistral.

Ses textes ne le sont pas moins… magistraux.

C’est vraiment mon coup de cœur du moment parce que…

Rit est un grand.

(Son MySpace)

EDIT:
Et pour écouter le magazine de 2 minutes, tiré de cette interview... ça se passe ici (77FM).

10 juin 2008

Arthur H... artiste du monde!

l_d4d4e51b88f24368022beb8078e45958.jpg 

Sarah, de chez Spöka, (dont j’ai dit le plus grand bien ici), m’explique que le choix des sites et blogs sélectionnés pour interviewer Arthur H fut draconien. Nous n’étions que 4 ou 5, je crois.

Je le prends évidemment comme un compliment. Et je tente donc d’être à la hauteur du privilège.

(Bon, je le méritais bien au fond, j’ai teasé à mort, , et  (carrément la grosse déconne!)… et puis je viens pour ce blog, Zik Addict et 77FM, ce qui commence à faire du monde…)

(Mandor, t’arrêtes d’être prétentieux !)

Bref, rendez-vous chez Universal, le 27 mai dernier… Arthur H semble décontracté. Un peu nerveux peut-être, mais gentil.

Avant de parler de son album, regardons le clip de Dancing with Madonna.

 

arthur_h_homme_monde-cfd2d.jpgArthur H revient donc avec un album plus groovy, plus dansant, beaucoup moins introverti.

-J’ai voulu me renouveler, ne pas perdre qui je suis, mais aller dans une énergie plus ouverte. Je trouve que la société d’aujourd’hui est tellement bloquée, stressé en général… il y a une telle rage, une telle tristesse dans l’air, que j’éprouve le désir d’aller vers quelque chose de vibrant, de positif, pour foutre un peu d’air et de lumière dans ce chaos.

L’homme du monde est son tournant rock… un tournant autant personnel que musical. Arthur H prétend que ce disque lui permet de sortir du conformisme ambiant. Je lui dis que je ne l’ai jamais vraiment trouvé conformiste.

-Non, mais j’étais dans le trip : « Venez, rentrez dans mon petit cirque nocturne et merveilleux, nous allons faire des voyages incroyables. Le problème, c’est que les voyages que je proposais étaient très intérieurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le temps de faire ça. C’est le temps de danser. On n’est pas sur Terre que pour râler, on est là aussi pour vivre des moments très joyeux, pour s’amuser, pour vibrer ensemble.

l_ce721a7ecffc212be71706a3c4825d28.jpg
(Photo: Laurent Seroussi)

Arthur H a repris le meilleur de la musique de chaque époque. Le côté soul et relax des années 70 et son côté joyeux du disco également. Pour autant, on ne peut pas dire que le fils du Jacques Higelin a composé un album qui sonne seventies. Non, le style Arthur H est là et bien là. Etrange, mais envoûtant mélange.

-J’aime toutes les musiques en fait. Contre toute apparence, j’apprécie énormément celles qui se dansent. Vous savez que je danse beaucoup, seul, chez moi ? D’ailleurs, sur scène aussi, je ne m’économise pas à ce niveau-là. Pour ce disque, je voulais donc faire du groove poétique. Quelque chose qui soit à la fois dansant, sexe et en même temps qui raconte des choses. Je voulais avoir une vision poétique et rythmée sur la société. Du texte et du sexe…

l_d7a04ad5da2118901e2c8cc4afa2e9fb.jpg
(Photo: Laurent Seroussi).

Après quelques questions d’usages sur l’album, les musiciens, la séance d’enregistrement, son inspiration sous le soleil de la Grèce avec femme et enfant… que vous avez déjà lu ça et là, je lui demande s’il n’en a pas marre du service après-vente.

La promo, quoi.

-C’est quelque chose que j’apprends au fur et à mesure. La plupart du temps, c’est un échange sympathique. Si mon interlocuteur a écouté et compris mon disque, ça me donne de l’énergie. Si je mets tout mon cœur dans la création et l’élaboration d’un album, ce n’est pas pour qu’il ne soit acheté et apprécié que par 3 personnes. J’ai évidemment envie de le partager au plus grand monde. J’ai déjà fait l’expérience de jouer devant des salles à moitié vides… c’est flippant. J’ai fait aussi l’expérience contraire, là, je revis. D’arriver dans une salle bourrée à craquer, où les gens ont envie de s’amuser est plus que jubilatoire. Carrément jouissif. Il se passe quelque chose, tout le monde vibre ensemble.

Une grosse partouze, finalement !

-La musique, c’est un moyen  d’échanger de l’énergie, de l’amour et du rythme. Plus tu l’échanges avec un nombre important de gens, plus la vibration est forte.

Je sens qu’il décroche. Il commence à regarder son téléphone portable. Je change de conversation…

27.05.08 Arthur H 1.JPG

Parlons d’Internet. L’homme du monde, est-il un homme du monde moderne ?

-C’est un univers fascinant. Il est à la fois très riche et très pauvre. Il est très riche dans le sens où il y a une profusion d’informations, dont certaines sont hyper intéressantes, d’autres beaucoup moins. Il y a aussi un tel potentiel de contacts, de rencontres avec des gens, que je trouve ça fabuleux. Bien sûr, le côté parfois superficiel de la rencontre et la surabondance de l’information peuvent tuer l’intérêt, mais globalement, je trouve ça plutôt passionnant.

Je lui demande s’il surfe beaucoup.

-Pas beaucoup parce que dès que tu commences, ça prend pas mal de temps. Je vous avoue que parfois, je me perds dans MySpace. Je passe d’un artiste à l’autre et je découvre plein de gens marrants, talentueux (ou pas) et inattendus. J’aime bien cette idée de s’abandonner dans des espaces qui n’en finissent plus, qui sont quasiment infinis à notre échelle. Ca m’arrive parfois.

27.05.08 Arthur H 2.JPG

Avant de finir cet entretien, je vous rediffuse le moyen-métrage de 26 minutes qui est, en quelque sorte, la version filmée du disque…

 

Visiblement, Arthur H prend son rôle au sérieux… il m’avoue son envie de « faire l’acteur ».

-Oui, mais dans des formes créatives ouvertes. Le cinéma français est trop psychologique, trop réaliste. J’ai envie de jouer dans des films un peu fous, marrants, surprenants, non consensuels.

Pour conclure, il ajoute cette phrase qui m’incite moi-même à ne rien ajouter et à vous dire au revoir…

-Le rêve n’est pas une évasion… juste un moyen d’avoir plus d’énergie dans la vie réelle.

EDIT!!!

Si vous souhaitez écouter un magazine de 2 minutes compilant ma note Arthur Hachienne... c'est ici que ça se passe!

08 juin 2008

Whee Jay... rap classe!

Scan10010.JPG

 

Je voulais vous présenter un artiste qui n’est pas encore connu.

Il rappe.

J’aime bien son flow et son discours.

Whee Jay n’a à son actif discographique qu’une participation à la compile Rap Révolution (Wagram), pas mal de concerts et de « featuring ».

Il travaille à un éventuel nouvel album.

Son MySpace.

Vous n’êtes pas sans savoir que ce n’est pas facile en ce moment pour ceux qui n'ont pas encore un nom.

(Je veux dire par là un nom connu...)
Alors, je pointe du doigt ceux que je trouve "intéressants".

J’en rencontre et interviewe certains.

J’aime ça.

(Parfois, il faudrait que je m’abstienne, d’ailleurs)

Scan10011.JPG

Whee Jay m’a invité chez lui.

Nous sommes restés une petite heure ensemble.

Marrant parce qu’il était un peu sur la défensive… moi qui viens toujours en ami.

 

-Tu poses tes questions en tant que journaliste, je te réponds en tant qu’artiste. Il faut savoir faire la part des choses. Ne sois pas surpris, je suis très réactif.

OK man ! Sauf que je tente de ne jamais me comporter en journaliste quand j’interroge un artiste.

J’ai donc mis ce comportement sur le compte d’une certaine méfiance envers ma corporation.

Faut dire, je lui avais demandé s’il ne se posait pas en donneur de leçon. Vous savez les textes de rap sont parfois un peu ainsi… la frontière entre dire les choses et faire la morale est parfois mince.

 

 -Pour répondre à ta question, je dirais non, je mentirais. Mes propos sont du 3e degré, car je ne veux pas faire de rentre-dedans. Tu sais on est dans la matrice, on fait partie des rouages. Moi, j’essaie de dire aux gens : « ici, tu n’as qu’une vie. Si tu fais une bêtise, c’est fini. Tu dois pouvoir profiter et aimer tout de suite en respectant l’autre. Dieu a dit : Respecte ton prochain.

 

Je sais bien que Dieu a dit toutes sortes de choses intéressantes, mais quand on le cite à tout va, j’ai envie de prendre la poudre d’escampette.

Je n’y peux rien.

05.03.08 Whee Jay 1.JPG
Derrière Whee Jay, la déclaration des droits de l'homme... (punaisée dans son appartement!)

 

Je dis ça, mais, franchement, je sens bien que Whee Jay est un type sympathique.

Qu’il ne veut faire que le bien autour de lui. Son message principal est simple.

« Il faut se réveiller, faire bouger les consciences et les choses. »

Whee Jay rappe la réalité social, le monde qui va de travers… tout en laissant un message d’espoir.

J’ai capté d’autres phrases pendant l’entretien.

« Le plus important, c’est ce que tu vis. Si ton cœur ne bat pas, ne vibre pas, ça ne sert à rien… »

Pas faux.

« Les gens souffrent et comme ils souffrent, ils deviennent méchants. »

Pas faux non plus.

« Travaillons tous ensemble, pour voir ce qui ne va pas dans cette société et faire en sorte que nous tous, nous puissions aller très bien ».

Un chouia utopique, mais ça part d’un bon sentiment.

Je ne me moque pas, hein… juste, ce genre de discours glisse sur moi comme un glaçon sur sur une patinoire.

(Cette expression est de moi… et ça se voit. Ce n’est pas demain que l’on publiera un livre de mes aphorismes.).

05.03.08 Whee Jay 2.JPG
De gauche à droite: Martin Luther King, Whee Jay et Mandor.
(Quoi?)

J’sais pas… peut-être ne crois-je plus en la bonté de l’âme humaine ? Peut-être suis-je complètement désabusé par l’Homme ? Peut-être ai-je mes raisons ?

Quoi qu'il en soit, le Whee Jay, un producteur devrait s’y ntéresser.

Du rap esthète et raffiné, ce n’est pas tous les jours qu’on nous en propose…

 

 


Pardonner
envoyé par Tosma-prod
(Pour être tout à fait honnête, le réalisateur du clip est un pote de très longue date...)

30 mai 2008

Stéphanie Lapointe... chanteuse humanitaire!

652034875.JPG
504383863.3.JPG

 

« La jeune québécoise qui monte s’appelle Stéphanie Lapointe. Révélée dans son pays grâce à la « Star Académie 2004 » dont elle fut la gagnante, la jeune demoiselle nous offre là un premier album sensible et touchant. Même si elle ne cesse de s’interroger sur le temps et sur l’enfance, la douceur de sa voix et la mélancolie de ses mélodies nous attirent dans une bulle intemporelle et feutrée. Difficile de lutter. La chanteuse se montre à la fois taquine, profonde et légère. Elle joue avec pudeur de son côté femme enfant. Surtout, ne vous fiez pas à son joli minois et à sa voix enfantine, à 24 ans sa maturité et son exigence du bel ouvrage imposent le respect. Cerise sur le gâteau, la miss Lapointe est une personne engagée. Depuis l’année dernière, elle est devenue ambassadrice d’Unicef Québec. Ses prochaines chansons gagneront certainement en épaisseur… mais après tout, un peu de finesse dans ce monde chaotique, ça ne fait pas de mal. Bien au contraire. »

 

Voilà pour l’article paru (dans le Virgin du mois de mai… à ce propos, je crois que je n’en ai oublié aucun…)

708587540.jpg

.

Le 9 mai dernier, je suis allé à sa rencontre dans les bureaux de l’antenne française de sa maison de disque Exclaim. Bien sûr qu’elle avait l’air un peu fatigué. Elle était quasiment en transit après un mois passé au Darfour et deux semaines au Rwanda.

Pour en connaître les raisons, je vous conseille fortement de cliquez ici. La petite à tout d’une grande…

836482467.jpg

Bref, vous l’avez compris en lisant mon article, je suis très client de ce que fait la demoiselle. Elle m’accueille de manière fort chaleureuse et finit par me dire : « J’avais entendu toutes sortes d’histoires sur les journalistes français. Ariane Moffat ne m’avait pas rassuré sur vous… j’avais certaines craintes et en fait, tout le monde est très gentil ».

Tiens donc ! Marrant parce que j’ai interviewé Ariane Moffat pour son premier album il y a 3/4 ans et l’ambiance était effectivement très froide. C’est d’ailleurs suffisamment rare pour que je m’en souvienne parfaitement. Peut-être est-ce une question comportementale de l’artiste elle-même ? Faudrait creuser au lieu de médire sur les journalistes auprès d’autres artistes d’un autre pays. Parce que je peux dire, c’est qu’ici, on est plutôt accueillant avec les Québécois…

 

1721043154.jpgEn tout cas, Stéphanie Lapointe est si gentille et simple qu’il serait difficile d’être désagréable avec elle. On parle longuement de son album… qui date d’il y a 3 ans maintenant. Elle sort son prochain bientôt au Québec. Ici, en France, elle doit recommencer à zéro pour se faire connaître.

 

-Je suis extrêmement fébrile de venir travailler ici. Tout est à refaire, c’est pour moi un gros défi. C’est curieux de faire des interviews devant des gens qui ne me connaissent pas. Je change de rôle et de costumes d’un pays à l’autre, c’est amusant…

Nous parlons un long moment de ses chansons qui finissent toutes par faire un joli clip.

Voilà un bel exemple: Je sais déjà.

 

 

-Pour mon album, j’ai eu envie de l’imager, d’aller plus loin avec les metteurs en scène. On a tourné une dizaine de courts-métrages qui sont venus illustrer ce que les chansons voulaient dire. Dans mon frigidaire, il y avait un quart de nourriture et 3 quarts de pellicules.

Et elle rit.

Rafraîchissante la jeune demoiselle. Très naturelle, très humaine. J’apprécie le personnage.

505136869.JPG

Je ne peux passer sous silence la Star Ac de son pays.

 

-Quand on gagne cette émission, il est vrai qu’après il faut essayer rapidement de sortir des préjugés, des clichés qu’il y a autour. En même temps, beaucoup de portes se sont ouvertes. Il ne faut pas que je néglige cela.

Je ne peux m’empêcher d’évoquer mon chanteur préféré francophone du moment… et qui porte le même nom qu’elle (et que j'ai mandorisé ici).

-Moi aussi j’adore Pierre Lapointe. C’est quelqu’un d’extrêmement talentueux. Il veille à ce que tout soit bien fait dans toutes les sphères qu’il occupe. Les clips, les spectacles, les disques… Il ne fait pas partie de ma famille, mais sur un plateau de télé, les animateurs ont sorti un arbre généalogique expliquant qu’on était cousins au 16e degré. En plus, Pierre est très cultivé, gentil, humble.

Ce doit être spécifique aux Lapointe.

En tout cas, moi, je suis impressionné par la nouvelle scène québécoise… Terminée l’époque des chanteuses à voix.

 

-Je pense que chaque génération se recycle à sa façon. Il y a beaucoup de recherches dans nos créations. Nous sommes influencés par toutes sortes de courants. Mes préférés sont Pierre Lapointe justement et Ariane Moffat. J’aime aussi beaucoup Marie Jo Thério.

Moi aussi.

1387955908.jpg

Pour terminer l’entretien, je lui parle du Darfour, région agitée pour laquelle elle s’engage sans  compter… comme elle en revient, elle semble parfois encore là-bas.

-J’ai l’impression qu’il va me falloir un peu de temps pour digérer ce que j’ai vécu. Pour le comprendre aussi. Là, aujourd’hui, je suis avec vous, hier j’étais avec des petits africains… c’est un contraste bizarre. Je dois parler de moi et ça me parait tellement sans importance… Il y a quelque chose d’incompréhensible dans le fait de vivre dans deux mondes aussi différents.

Il n’en reste pas moins que Stéphanie Lapointe ne peut s’empêcher de parler de ce qu’elle a fait là bas.

-Dans les documentaires que nous tournons, nous voulions un angle qui consiste à redonner de la dignité à ces gens là. A la télévision, dans les médias en général, c’est un conflit qui a été dépeint de façon très noir et blanc, les méchants et les gentils. J’avais vraiment envie d’aller voir ce que les intéressés avaient à dire quand on leur proposait un micro.

Que tout ceci n’occulte pas le fait que le disque Sur le fil de Stéphanie Lapointe est un beau disque. Majestueux.

694980103.JPG

J’ai hâte de voir comment elle va poursuivre ses aventures musicales et humaines.

Vraiment hâte.

Allez, fait pas très beau... tant pis, je vous emmène quand même à La mer...

 

 

 

 

 

Et puis, comment écouter 35 minutes d'interviews réduites en 2 minutes pour un magazine radiophonique diffusé sur 77FM...

21 mai 2008

Victoria Tibblin: rockeuse "brut(e)"!

 

307773827.jpg

C’est marrant comme parfois, je peux passer à côté de certains artistes en ignorant complètement leur existence. Un jour, je reçois un mail m’expliquant que tel ou tel artiste est en concert à Triffouilli-les-Oies, en l’occurence, dans le cas présent, Victoria Tibblin, joue à L'Empreinte de Savigny-le-Temple, ce vendredi. Heureux de l’apprendre. Comme je suis d’une insatiable curiosité, je tape son nom sur un moteur de recherche qui commence par Go et qui finit par ogle. Son MySpace m’en apprend pas mal sur elle ainsi que son site perso.

 

Et je trouve la belle bien destroy, pas comme toutes ses chanteuses estampillées rock depuis quelques mois… vous voyez de qui je veux causer (Mademoiselle K, Ina Ich, Nadj…), elle, c’est encore plus fort, sans concessions. Du rock garage pur, dur, violent, puissant, un peu crade…

1620450752.jpg

Je me demande bien qui se cache derrière cette jeune fille de 21 ans complètement déjantée.

Ni une ni deux, je m’arrange pour (dans l’ordre) :

1557692963.jpg-Recevoir son disque illico.

-La rencontrer dans un bar de la capitale pour la mandoriser.

Ce qui fut réglé en 4 jours.

(Je me sens très fort, parfois…)

Un p’tit coup de bio avant de vous raconter notre tête à tête :

« Victoria Tibblin est Suédoise. A 18 mois sa famille déménage à Londres où elle vit jusqu'à ses neuf ans. Depuis elle habite à Paris.

Elle commence le piano à 5 ans, chante en chorale, fait de la danse classique. En arrivant à Paris elle arrête le piano puis commence à 16 ans à apprendre la guitare électrique en autodidacte avec l'instrument qu'elle reçoit en cadeau pour son anniversaire. A 17 ans elle se met progressivement à composer ses premières chansons ».

744982653.jpg

(C’est chiant ces précisions inutiles, hein ? Mais bon, j’ai copié-collé ça sur Wikipédia).

(En plus, ils ne disent même pas qu’elle a été mannequin à l’âge de 13 ans… Pfff…)

Allez, le reste de sa bio, je vais m’en charger, en presque live.

D’abord, le truc qui m’a plu, c’est qu’elle m’a donné rendez-vous dans un bar qui s’appelle Ne nous fâchons pas, comme le film de Lautner.

Des photos de cet oeuvre cinématographique partout.

419448813.jpg

Le patron me tutoie sans me connaître.

-Tu veux quoi ?

-Euh, j’attends quelqu’un. Je suis un peu en avance.

-Tu bois quoi, en attendant ?

-Une pression.

-Une pinte ou une normale?

-Une normale, parce que je ne veux pas perdre mes moyens, là.

-J’t’incite pas à la consommation, mais tu sais, c’est Happy Hour à c’t’heure ci.

-Oui, d’accord, mais je garde la normale.

-Ok ! Tu fais ce que tu veux !

Bien. Où suis-je tombé ? Et Victoria qu’est en retard. Elle ne va pas me jouer la rock’n’roll attitude quand même !

1372119124.jpg

Soudain, elle arrive.

-Excuse-moi, je me suis trompée de numéro. Je suis allée au 40.

Elle me claque la bise.

Je lui réponds.

-Moi aussi, je suis allé au 40, c’est ton attaché de presse qui m’a dit que c’était au 40. Alors qu’on est au 7. J’ai du appeler le 118 218 pour qu’on me donne la véritable adresse.

(Il y a des débuts de conversation qui sont tout bonnement passionnants…et qui installe une relation !)

1547797947.jpg

Bref, nous décidons de nous isoler en bas. On entend moins la musique tonitruante que diffuse mon meilleur ami, le patron du bar.

J’enclenche mon nouvel enregistreur (oui, j’ai un peu abandonné mon Sanyo) parce que, désormais, j’en profite pour ramener du son pour 77FM. (Je mets ici le lien de l’interview bientôt).

Donc, j’ai du matos de chez matos.

Je lui dis, tout de go, que son rock à elle, n’a rien à voir avec le rock des autres nanas.

(Ce qui est une espèce de compliment habile et discret. Ahem !)

-Je dirais qu’en ce moment, on est dans une période où c’est un peu mou. On se laisse porter par des choses faciles. Moi, je veux bousculer un peu tout ça. Sans concessions ni chichis. Dans mon album, il y a des chansons que j’ai écrites quand j’étais ado. Quand on est ado, on est révolutionnaire, on veut changer le monde. C’est clair que j’ai une rage au fond de moi, depuis que je suis toute petite…

1029016423.jpg

Je lui demande de me raconter comment est né son disque. Après une première expérience sans lendemain avec Daddy Longlegs elle rencontre Didier Odieu. C'est avec lui et Jean-Marie Aerts qu'elle prépare son premier album.

-Cet album a mis du temps à se faire. Il me fallait trouver un parolier très doué pour traduire mes mots en français. Je l’ai trouvé en la personne de Didier Odieu. Il a été parfait.

Ce que j’aime dans son album, c’est l’aspect bancal qui s’en dégage. Alors qu’il ne l’est pas. Elle montre juste l’étendue de son talent. Il est multiple.

-J’ai voulu interpréter des chansons très différentes. Je pars dans du punk et tout d’un coup, je deviens crooneuse, puis, je me plonge dans de l’émotion pure. Ça représente toutes mes facettes artistiques. Cet aspect « bancal » est d’ailleurs mal accepté. Les français, en général, aiment bien la régularité, l’aspect linéaire, sans aspérité, des choses… Bon, en même temps, on ne peut pas plaire à tout le monde.

2039142209.jpg

J’aime quand les gens sont francs, quand ils se moquent totalement de ce que pourront penser les autres… Victoria Tibblin n’a pas sa langue dans sa poche et c’est tant mieux.

-Malheureusement, je suis comme ça. Parfois, ça me joue des mauvais tours, parfois des bons. Je pense que je vais rester comme je suis, parce que, de toute façon, je ne serai jamais une plante verte. Je n’y arriverai pas. J’ai déjà essayé et c’est impossible, mon naturel revient au galop. J’ai besoin de faire ce qui me plait et de dire ce que je pense.

Du pain bénit pour un journaliste.

Plus on parle, moins j’ai justement envie de jouer mon rôle. J’ai envie de creuser, pas de poser des questions banales. Comme celle-ci (que je pose quand même) : qu’est-ce que le rock aujourd’hui ? (Oui, je suis capable de ce genre de question !)

-Ça ne veut plus rien dire. Apparemment, tu joues de la grat’ distorsionnée, t’es rock’n roll ! Pour moi, c’est plus vaste que ça. Patti Smith ou Billie Holiday sont vraiment des rockeuses dans l’âme, ou des crooneuses, ou des blues women… des femmes qui ont de l’émotion et qui savent la faire ressortir avec une rage et une volonté de persévérance.

1048968070.jpg

Je préfère lui poser des questions plus personnelles. Mais l’exercice est un peu casse-gueule. Je n’aime pas en dire plus que nécessaire sur la réalité de l’existence des artistes que je rencontre. Mais quand je lui dis que je la trouve à part des autres et que ça ne doit pas être facile à vivre tous les jours, elle se confie (un peu).

-J’ai toujours été solitaire de toute façon. Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis. Quand je suis arrivé en France, c’était d’ailleurs la grosse galère pour en trouver. Personne ne me comprend. Je ne sais pas, je dois avoir une attitude suédoise qui ne correspond pas à la mentalité française… C’est marrant, je me fais plus accepter dans des univers masculins. Nos relations sont saines. Il y a très peu de filles qui arrivent à comprendre ça. Ça vient peut-être de moi. J’ai un peu de mal avec les filles…

Je décide, au bout d’un moment, d’arrêter l’interview. En fait, je me rends compte que je suis bien, là, à cet instant précis…

Après avoir fait la photo mandorienne, elle me dit : « On remonte ? J’ai envie de fumer une clope dehors. »

 

102331054.JPG
En vrai, Victoria Tibblin est très souriante...

On a pris nos verres de bière et on a conversé un long moment à l’extérieur.

Puis nous sommes rentrés de nouveau et on a repris des verres.

On s’est raconté nos vies. Moi, j’ai même dit des trucs que pas grand monde ne sait sur moi, ma mère…

Tout ce qu’on se disait était assez personnel.

Question d’ambiance.

Je ne raconte rien ici, évidemment.

Décidément, une chose est certaine. Quand je suis avec des écorchés vifs, je me sens de la même famille.

 

 

 

 

 

EDIT:

 

Le magazine de 2 minutes diffusé sur 77FM de cette rencontre.

17 mai 2008

Marion Beaupère... plasticienne à découvrir IMPERATIVEMENT!

1249088045.jpg

Ce que j’aime dans ce métier, c’est que l’on croit avoir tout vu et BOUM ! Il y a toujours quelqu’un qui parvient à te surprendre, à t’impressionner, à te laisser pantois d’admiration.

Ce jeudi, alors que je sortais d’une interview de la maire adjointe délégué à la culture, au Patrimoine historique, au Tourisme et aux Fêtes et cérémonies de la ville de Meaux (Muriel Héricher) et du directeur des affaires culturelles (Charles Beauchard) pour évoquer « Éclats d’arts », je tombe sur une chapelle au sein même de la direction des affaires culturelles où je me trouve…

979246062.jpg

La Chapelle Marquelet de la Noue. Je rentre pour aller prier, comme à mon habitude, tous les soirs…

Bon, d’accord, je rentre parce qu’il y avait une affiche annonçant une exposition d’une certaine Marion Beaupère.

Deux jours avant, j’avais été interpellé par un article diffusé dans l’édition Seine et Marnaise du Parisien (ma nouvelle lecture quotidienne) : Marion, 16 ans, jeune plasticienne de génie.

594567367.3.JPG
504383863.2.JPG
En lisant l’article, je m’étais dit : « La pauvre fille ! Elle est jeune, très jolie, tout le monde ne va s’intéresser qu’à cette particuliarité là
plutôt qu’à son travail.

Je tape son nom sur Google, parce que, quand même, cette artiste plasticienne m’interpelle.

Je tombe sur ce site qui explique en détail son travail et sur son blog qui montre beaucoup de ses œuvres… bref, je me dis que ses toiles et le personnage sont suffisamment intéressants pour que j’aille y jeter un coup d’œil.

447804037.jpg

Et donc, complètement par hasard, je me retrouve devant cette chapelle où la demoiselle expose.

Il y a des fichues coïncidences, tout de même.

Non, sérieusement, vous ne trouvez pas ?

Je pénètre en ce lieu saint et tombe sur Marion, accompagnée du plasticien Christophe Alzetto, qui a organisé cette exposition. Bref, je parle avec eux un moment avant de visiter la chapelle dans tous les recoins.

 

1783809184.2.jpg

Je fais un singulier voyage visuel et tactile à la mise en scène étudiée, entre douceur et violence, entre abîme et profusion. J’ai l’impression d’être dans le langage sensuel et secret de la matière.

-Une chapelle est un lieu très connoté, on a donc joué avec ce fait. Il y a des échanges, beaucoup de contrastes entre plusieurs thématiques : le plein/le vide, l’intérieur/l’extérieur, l’intime/le grandiloquent, la violence/le charnel… Christophe Alzetto a élaboré pour moi une scénographie importante conçue comme un tableau où les personnes deviennent fluides et circulent à l’intérieur.

1950180565.jpg

Au début, Marion Beaupère avait construit un univers graphique à la richesse et à la méticulosité interpellantes.

1878953812.jpg

-Je dessinais sur feuille A4. C’était très sec, très plat, sans fluide, sans matière. Je cherchais comment dominer l’espace, comment le remplir. Je faisais des dessins très graphiques, maniaques, symétriques, quelque chose de très perfectionniste. En passant à la peinture, il y a deux ans, je me suis intéressée à la matière, au matériau, et principalement au cuir, qui est devenu ma marque de fabrique.

Pour ses peintures, elle utilise des tissus, des cordes et donc, du cuir qu’elle râpe, brûle, coud, extrude, comme pour en libérer l’âme secrète et enfouie.

1660475698.jpg

Là, elle est en plein travail. Dans le chœur de la chapelle, elle a installé son atelier.

(Bon, j’avoue, elle pose pour la photo… Avouez que Mandor est le roi de la mise en scène !).

956357989.JPG

Avec Marion Beaupère, « la matière craque et coule, la toile tend au monumental, l’intrusion de matières extrêmement variées et d’objets hautement connotés devient massive. Clés, cadenas, boutons, clous, chaînes, objets tranchants parlent de blessure et de cicatrice, d’ouvrir et de fermer, d’autoriser ou d’interdire, insistant à nouveau sur la question du secret et de l’indicible ». (Source : dossier de presse sur l’exposition.)

648647314.jpg

-Je veux donner à voir, à toucher, à sentir… je veux essayer de susciter tous les sens. Il faut qu’il y ait un rapport, un échange entre la toile et la personne. Une sorte d’intimité doit se créer…

675856785.jpg

Je suis stupéfait par l’aisance artistique de cette jeune fille. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il y a dans sa tête pour sortir tout ceci de son âme. L’artiste reste décidément un éternel mystère.

Christophe Alzetto me confie :

-Ce n’est pas simple pour Marion. Quand on voit son âge et son apparence, les gens ont tendance à réduire son travail à cette rareté là. C’est dommage. Ça fait partie des jeux des apparences et des médias. Marion souhaite qu’on s’intéresse plus à son œuvre.

Je la regarde. Elle confirme.

1775858924.JPG

Je me dis juste qu’elle n’est pas sortie de l’auberge. Pour le moment, elle n’est connue que dans la région, mais je suis certain qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.

Pour ses toiles, bien sûr, mais pas que.

Il va falloir qu’elle s’y fasse.

Les clichés ont la vie dure.

736274769.jpg

Christophe Alzetto a réalisé quelques clichés pour mon blog. Je le remercie chaleureusement, (ainsi que Marion), d’avoir jouer le jeu. Je présume qu’ils n’ont pas compris comment ce « localier » s’est soudain transformé en Mandor…

1482369415.JPG

Remarquez, le Alzetto, a bien des talents…

J’aime les doubles identités, les faces cachées des personnes.

Mais, la question qui me turlupine.

Qui se cache derrière la douce Marion Beaupère ? 

(Hop là ! Tenez, un nouveau cliché !)

Pour tenter de déceler le mystère, il ne vous reste plus que cet après-midi et demain de 14 h à 19 h.

Elle sera là.

Lieu : Chapelle Marquelet de la Noue 6, rue des Vieux Moulins 77100 Meaux.

Les photos du vernissage sont ....

(Sinon… je n’ai évidemment pas besoin de préciser qu’une toile en photo n’a strictement rien à voir avec une toile placée dans son lieu d’exposition…)

La dernière photo... très poétique.

81880724.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EDIT:

Voici le mini mag de 2 minutes sur Marion Beaupère, multidiffusé sur 77FM.

14 mai 2008

Damien Saez, l'incorruptible!

1087734617.jpg 

« Vous dites que je ne suis indifférent à personne. Tant mieux. Je ne puis souffrir les tièdes, et j’aime mieux être haï de mille à outrance et aimé de même d’un seul. » Cette maxime de Rousseau s’applique parfaitement à Damien Saez.

 

Globalement, il se fout de déplaire. A 30 ans, il poursuit son chemin à toute allure. Cet « homme pressé » a déjà à son actif : 4 disques : Jours étranges (1999),  God blesse (2002) et Debbie (2004), une B.O de film Femme fatale de Brian de Palma, un recueil de poésie: A ton nom chez Actes Sud. Saez revient avec un triple album de 29 titres :Varsovie-L’Alhambra-Paris (troisième du top dès sa sortie derrière Cabrel et Madonna). Et ses futurs concerts aux Bouffes du Nord affichent complet. Saez est certainement l’artiste de sa génération le plus décidé à faire parler de lui. Avec art, hargne et classe.

1698587955.jpg
L’homme m’amuse. Il ne cesse de répéter qu’il emmerde les médias. Sauf que Mandor, il s’en tape qu’on ne l’aime pas* (il s’en tape encore plus qu’on n’aime pas ses confrères qu’il ne porte pas, lui-même, en haute estime). Mais Mandor, il va au charbon quand même… et contre toute attente, il ne s’est pas fait insulter. Bon, ce n’était pas la franche rigolade, mais, j’ai connu ambiance plus pourrie (juste une fois, avec Obispo… faudra que j’vous raconte un jour…).
778524021.jpg

Mandor : Je sais que la promo n’est pas ta tasse de thé.

Saez : Je n’aime pas les explications de textes. C’est un non sens pour moi. Je choisis un mode de communication qui est une sorte de poésie populaire. L’expliquer est une mise en abîme perpétuelle.

Mandor : Mais parfois, ta poésie est telle qu’il faut s’accrocher pour saisir toutes les nuances de tes propos.

Saez : J’essaie toujours d’avoir une perspective sur ce que veut dire le texte tout en ayant plusieurs lectures. La fainéantise due à un minimum de bon sens avec une plume peut te faire reposer sur tes lauriers. Il faut éviter la démagogie de l’écriture.

1406102169.JPG

Mandor : Tu affirmes que ton dernier disque est le meilleur de toute la prod actuelle avec un tel aplomb que ça frise la prétention !

Saez : Dans mon travail, je n’ai pas de doute. Vraiment. C’est la première fois que j’ai le sentiment d’avoir fait un album qui ne fait qu’un. Un voyage du début à la fin. Ma hantise profonde et perpétuelle est de réitérer ce qu’on attend de moi. Refaire « Jeune et con » par exemple, pas question !

Mandor : La presse utilise des termes à ton endroit du genre : provocateur, engagé, rebelle, mystérieux, ténébreux, insolent…

Saez : Je ne suis arrivé de nulle part dans le monde de l’industrie du disque, sans vouloir vraiment y rentrer, en ne jouant pas le jeu. Ca a beaucoup énervé et je suis passé pour un dédaigneux, un arrogant. Je ne veux simplement pas aller faire le con à la télé. Attention, je ne parle pas seulement de la Star Ac ’, j’évoque aussi les talk shows à 3 francs. Parler de mon disque à côté d’une star du porno, je n’y arrive pas !

342822985.JPG
(Scoop! Damien Saez est capable d'un léger rictus de contentement...)

Mandor : Mais quand le lendemain du 21 avril en réaction du résultat de l’extrême droite tu écris « Fils de France » (non commercialisé mais à dispo en téléchargement sur le web), tu peux comprendre que ça agace.

Saez : Tu sais, je suis fils d’immigré (un mélange Algérien/espagnol), ça a été comme une pulsion. La limite était atteinte. Un parti fasciste au second tour, ce n’est pas rien quand même ! C’est d’ailleurs le seul acte d’engagement que j’ai fait dans ma vie. Le seul.

Mandor : Je ne te sens pas très bien dans cette époque.

Saez : Effectivement. Je ne suis pas en phase, je suis décalé. Du coup, je ne serais jamais à la mode, donc jamais démodé non plus ! J’aurais aimé vivre dans les années 70. Voir Led Zep’, grandir au son de « Paint it black »…

1263389244.jpg

Sans rires, je ne sais pas pourquoi, tout le monde me disait: "tu vas te faire jeter, Saez est détestable avec les journalistes!". 

Peut-être.

Mais là, non.

Un peu sur la défensive pendant quelques secondes, le temps d'écouter passer les premières questions.

Suis-je bienveillant où un ennemi?

Devinez?

Je crois qu'il ne s'est pas senti en danger.

En tout cas.

 

Pour en savoir plus sur l'album et le personnage, allez voir et ... et ma copine Lou, aussi.

 

Clip de "Jeunesse lève-toi".
Réalisé par Damien Saez et Régis Fourrer.
Texte et musique : Damien Saez.
Editions 16 Art © 2008.
*Même pas vrai, il ne s'en tape pas du tout. C'était pour faire genre...
PS: Non, je n'ai pas écrit qu'il faisait du sous Noir désir, qu'il chantait des chansons démagogiques d'adolescent rebelle de mes deux...etc. Ce n'est pas mon style de crier avec les loups. Nombreux.
Il me semble que ce triple album marque un sacré tournant et que le jeune homme est devenu un monsieur.
A vous de juger!
PS (bis): Toutes les photos sont de Mondino, sauf celles où j'suis dessus (c'est con!).

13 mai 2008

Rodolphe Testut... chanteur poli pas policé!

1641859870.jpg 

Quand j’ai reçu le disque de Rodolphe Testut, Jure sur ma tête, je me suis dit : « Tiens, oui, intéressant… », mais je n’avais pas approfondi l’écoute. Je me souvenais l’avoir entendu dans une compil’ CQFD 2005 des Inrockuptibles. Puis, quand j’ai été chargé (par moi-même) d’aller l’interviewer, j’ai remis le disque, en écoutant vraiment. Et je me suis dit (je me dis souvent des trucs passionnants) : « Ah ouais, quand même ! ».

Non parce que le monsieur, certes, il chante l’amour qui finit mal, mais il manie à merveille le double sens, l’ironie et le second degré. Ce n’est pas franchement pour me déplaire.

Son MySpace.

1679842699.jpg

Le 8 avril dernier, nous nous sommes donné rendez-vous devant la Flèche d’or où il devait jouer le soir même avec quelques collègues de l’écurie Warner. Je tombe sur un type sympa, avec l’accent toulousain et le phrasé de Cabrel. Je lui propose d’aller dans le bar d’à côté parce que faire une interview avec des artistes qui répètent, c’est un peu comme vouloir boire un ti punch à la cantine de la crèche de sa fille. Très difficile…

(Non, mais les images qui me traversent l’esprit, j’vous jure !)

(Ne serais-je pas alcoolique au dernier degré ?)

 

1201498020.gifBref, nous nous installons au fond d’un rade. J’aime les rades.

Il me raconte ses débuts. Il a fait ses premières armes dans différentes formations du Sud-Ouest avant de s’établir en solo.

Rodolphe a commencé en jouant du rock, dans une formation, à mi-chemin entre les Stooges et Eddie Cochran. Il frappe les fûts dans un groupe rock chantant en anglais en semaine et les week-ends, il se transforme en chanteur de folk en français, de plus en plus tenté par une carrière en solitaire.

 

-Il y a juste 7 ans que je me suis mis à chanter. En jouant dans les groupes, il y avait toujours un truc qui me gênait. Soit la voix, soit les paroles… je me disais souvent que si j’étais à la place du chanteur, je serais plus naturel, plus sincère. Je ne me planquerais pas… donc je m’y suis mis tranquillement.

Il joue de plus en plus souvent dans les bars, en interprétant des chansons dont certaines  figurent déjà sur l’album.1336457504.gif

-Pas grand monde ne croyait en moi au début. Mais ça s’est si bien passé que je me suis concentré là-dessus. 

Rodolphe Testut peaufine ses compositions à la guitare sèche, tout en s’inspirant de son expérience personnelle dans ses paroles. Mais il se fait fort de ne jamais tomber dans l’auto complaisance, ni les formules trop poétiques.

Il se dit « inspiré » par les romans de Philippe Djian. Voyez le genre de texte à quoi vous pouvez vous attendre…

802870286.gif
Un concert à ne pas louper, hein!!!

 

Et l’arrivée chez Warner ?

 

-Un coup de chance énorme. Pendant que je faisais pas mal de concerts sur Toulouse et sa région, j’ai maquetté mes titres. J’ai dit à un copain régisseur : « je te file 5 démos, dès que tu croises des gens qui peuvent être susceptible d’être intéressé, tu leur files. » Le premier mec qu’il a rencontré était quelqu’un de chez Warner… Il était vraiment très intéressé, au point de venir me voir jouer à Toulouse. J’ai trouvé que ça commençait à sentir bon.

2083816335.jpg

Très vite, on lui donne la possibilité de jouer dans d’excellentes conditions. Avec le batteur Philippe Entressangle (Ignatus, Miossec) et le bassite-guitariste Daniel Roux (Jean-Louis Aubert, les France Cartigny), il rentre en séances dans le petit studio de Tarn.

-On a bossé 15 à 16 heures par jour. Je ne voulais pas que le disque soit daté. C’est pourquoi on n’a pas mis de banjo, ukulélé ou de boucles de batterie. Une bonne chanson doit sonner avec une voix, une guitare acoustique, un tambourin et une grosse caisse. L’esprit rock ne passe pas forcément par des grosses guitares et des amplis à fond. 

Vrai.

Et le fait d’être enfin leader, est-ce appréciable ?

 

-Oui, car les places sont enfin bien définies. Dans un groupe, chacun donne son avis et ça devient vite le bordel. Aujourd’hui, même si j’écoute les conseils, les envies de chacun, c’est moi qui valide ou pas. Mes musiciens savent la place que j’occupe désormais. Beaucoup de choses reposent sur moi, donc je prends mes responsabilités.

1930990066.JPG

J’observe Rodolphe Testut se raconter. Il est fin, semble doux, gentil… je lui dis.

 

-Oui, mais ça ne m’empêche pas de savoir ce que je veux. Je suis loin d’être mou. Je suis quelqu’un qui se bat beaucoup, en fait. (Rires). Je n’ai pas de grosses facilités au départ. Je bosse, je bosse, je bosse…Mon disque est réellement à mon image. Un peu roots, un peu sensible, fragile, mais énergique aussi.

Jure sur ma tête, l’album de Rodolphe Testut est direct et très simple. Sa bio souligne qu’on peut le cataloguer entre Jonathan Richman, Violent Femmes, Louise Attaque ou Grant Lee Buffalo

Il y a de bien pires comparaisons.

1472460844.JPG

Son manager vient le chercher. « C’est à toi de répéter ! ».

« OK ! Je te libère », lui dis-je en n’ayant pas le choix. « Non, non, ça va, je prends le temps qu’il faut… ». Je l’ai libéré quand même, mais j’ai beaucoup apprécié cette réaction immédiate.

Elle est significative d’un état d’esprit.

Allez, voici son premier clip : Personne.

Quand je vous parlais de second degré…

 

 

02 mai 2008

Padam... groupe revigorant!

1879547113.JPG

 

Le journal Marianne avait écrit sur Padam : « Du Carné-Prévert revisité par Kusturica et Gatlif. Étonnant ! »

Bien trouvé.

(Allez écouter sur leur MySpace)

 

 

Enfin, je rencontre Nader Mekdachi, le leader du groupe. Ce type-là m’a toujours interpellé. Un peu grande gueule, mais la gentillesse dans le regard. Il a quelque chose de touchant et de malicieux quand il interprète ses chansons. Il  joue souvent les dragueurs maladroits et les losers magnifiques. Ça, Nader, il aime bien les losers magnifiques. Presque sa marque de fabrique.

1988632742.JPG

Malgré tout, sur cette petite terrasse ensoleillée de la rue des martyrs, le jeudi 17 avril, je lui dis que j’ai toujours un peu considéré qu’il était le Lino Ventura de la chanson française. Il se marre parce qu’avec ce qu’il chante, il ne voit pas le rapport. Je ne sais pas… un comportement général. L’aspect un peu bourru de sa personne et le côté pince-sans-rire. (Oui, Ventura avait un côté pince-sans-rire… vous l’avez déjà entendu dans des interviews ? Enfin, bref, je fais les comparaisons que je veux… Tsss…)

 

-Au fond, tu as peut-être raison, les losers que je raconte dans mes chansons, ce n’est absolument jamais moi. J’écris évidemment ce qui ne m’arrive pas. Je parle des autres.

Je ne sais pas pourquoi, je sens que c’est du second degré, toutes ses remarques.

(Mandor : 25 ans d’interviews. Pensez s’il sait déceler l’ironie…)

104278778.JPG

Mine de rien, Nader et son groupe fête cette année sa dixième année d’existence avec cet excellent 4eme album, Bonheur bordel. Fichtre, le temps a passé à une vitesse folle…

 

-Oui, parce que nous avons toujours été dans l’urgence. Nous n’avons cessé d’être en tournée, jouer des concerts et faire de la route. Après, il fallait que je recompose, qu’on enregistre, qu’on reparte en tournée… une histoire sans fin. On ne va pas se plaindre, c’est comme ça que nous aimons vivre.

Rappelons que Padam puise ses inspirations dans l’héritage de la chanson réaliste à texte, comme dans le folklore musique des Balkans, avec une petite pincée de musique orientale, de jazz et de rock électrique (mais pitié, ne dites pas que c’est un groupe « festif ». J’aime pas, moi, les groupes festifs !). C’est en tout cas un cocktail rare, percutant et qui transporte son auditoire. L’ambiance des concerts de Padam est toujours survoltée, jouissive, à la limite de l’extase.

(Hum ! Parfois, vous me dites si je me trompe, je me demande si je n’en fais pas un chouia trop. Ne me laisse-je pas dépasser par une espèce de lyrisme dégoulinant ? Je ne sais pas, je m’interroge.)

Bref, Padam, j’adhère totalement.

(Je me sens le besoin de préciser, au cas où je n’aurais pas été assez clair.)

995558218.JPG

 

Nader Mekdachi m’avoue qu’il vient de traverser une période de doute. Fallait-il continuer encore l’aventure Padam ou l’interrompre ?

(Suspens !)

 

-Au bout de 8 ans de rythme effréné, comme dans une vie de couple, il y a eu une lassitude de bosser avec les gens avec lesquels nous évoluions jusqu’à présent. Le groupe a hésité à se séparer il y a deux ans, car nous avions l’impression de tourner en rond. La routine, quoi ! Et puis, lors des dix derniers concerts de notre précédente tournée, notamment lors d’un concert en première partie de Bénabar devant 6000 personnes, ça s’est tellement bien passé, que nous avons changé d’avis. Au moment où nous avons compris que c’était la dernière ligne droite, l’enthousiasme est revenu.

Padam a juste changé de tourneur, de maison de disques, d’attachée de presse… histoire de se donner un nouvel élan. Parfois, le changement à du bon.

185695634.jpg

Nader est truculent. Il parvient à me faire marrer quand il me raconte ses voisins en colère parce qu’il fait du bruit, les plaintes adressées contre lui, les avertissements du proprio, les heures de négociations pour qu’il puisse finir de mixer…. (Oui, il fait tout dans son appartement). Nader me parle aussi de sa boite de prod. Enfin de celle qu’il possède avec ses deux frères. RNW (les initiales de chacun d’eux).

 

-C’est en plus de mes activités avec Padam. Pour faire vivre notre petite entreprise, il faut que je travaille sur d’autres projets. Je fais, par exemple, des disques de musiques instrumentales, des musiques d’ambiance pour des marques et des boutiques de fringues. Je sais bien faire ce genre de travail, même s’il est purement alimentaire !

« Mon cher Watson ! » ai-je envie de préciser.

(Parce que, hein, vous l’aviez remarqué, j’ai un humour d’une finesse rarement atteinte.)

 

Les petites histoires drôles, ironiques, parfois pathétiques de Padam, je les apprécie. Mélange d’amour et d’humour, « Nader livre une peinture acide de notre monde, de l'homme, de ses sentiments pas toujours francs, de ses défauts exacerbés ».

2043752625.JPG
Ce blog est aussi ludique: jouez au jeu des 7 différences!
51471313.JPG

La réalisation de Bonheur Bordel a mis près d’un an.

 

-L’enregistrement  a commencé dans une vaste grange abandonnée depuis 10 ans, en Touraine. On a tout réaménagé après avoir récupéré du matériel. Dans notre démarche, le système D fait la loi. Ensuite, on répété et réarrangé dans une cave, puis je suis parti m’exiler à Berlin 10 jours pour écrire les 3 derniers morceaux. J’ai fini le pré mixage chez moi. Avec les soucis que je t’ai racontés tout à l’heure…

Et il conclut ainsi.

-Toute l’année de conception n’a été que bordel et bonheur, engueulades et embrassades, orgies et indigestions.

Mazette ! Quel réjouissant programme !

1940810127.JPG

Nader Mekdachi est un type avec qui il fait bon discuter, même si je sens que nous sommes dans son quartier. Et vas y que je taille la bavette avec une serveuse (très jolie) puis avec une autre (très jolie), puis avec une passante (très jolie).

J’aime ce quartier.

Nous parlons enfin du clip à venir. Celui de « J’aime pas. ».

À l’époque, il était en phase de finalisation.

Aujourd’hui, il est prêt.

Le voici.

 

 

Merci à Nader pour sa disponibilité et d’avoir fait ce qu’il avait dit qu’il allait faire.

J’aime les gens qui tiennent parole.

Ils ne sont pas légion.

30 avril 2008

Jérôme Attal et les Beatles!

 

 

560309237.jpg
« J’ai découvert la musique des Beatles à une époque où ils étaient séparés depuis longtemps : je n’ai pas connu les frissons de l’impatience dans l’annonce d’un prochain album, ni vécu à leur rythme une décennie faite de péripéties culturelles et politiques, d’avancées et d’épiphanies musicales, d’un état d’esprit qui m’aurait permis de mieux saisir l’avènement de telle ou telle chanson. Je les ai découverts d’un bloc, dans la boulimie maladroite de deux albums de compilation, des années après la bataille. »

Ainsi s’exprime Jérôme Attal en quatrième de couverture de son nouveau livre « Les Beatles/Le rouge et le bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans l’existence ».

922124030.gif

Bon, les habitués de ce blog le savent bien, j’ai une profonde admiration pour ce garçon et je suis son travail depuis longtemps. J’ai déjà écrit deux notes sur lui. Une première qui était un portrait général de sa personne (à l’époque où je ne dévoilais pas encore ma frimousse) et la seconde pour son livre L’amoureux en lambeaux. Jérôme Attal n’est pas ce qu’on appelle un ami (parce que les circonstances, tout ça, tout ça...), mais nous aimons nous retrouver occasionnellement.

Le 9 avril dernier, nous nous donnons rendez-vous dans un pub de Saint-Germain (comme d’habitude… ce quartier est son quartier, hein, les autres ne sont que des visiteurs…). Il m’accueille en me disant :

-Ça va Mandor ? Tiens, écoute cette phrase que je suis en train de lire : « Au fond, dans le monde entier comme en France, on ne peut plus guère observer pour le moment, en matière artistique, que des manifestations individuelles reflétant l’anarchie totale des esprits ». Quand je pense que cette phrase a été écrite dans les années 20 pour évoquer la peinture… je la trouve toujours d’actualité aujourd’hui pour la culture en générale. Qu’en penses-tu ?

Et voilà, tel est Jérôme Attal. Il faut que j’en pense quelque chose, alors, je réponds quelque chose. Pas certain que je révolutionne la pensée artistique contemporaine… contrairement à Élie Faure qui a écrit notamment L’art Moderne II, dont est tirée cette phrase qui fait tant réfléchir mon invité du jour…

Bref, interviewer Jérôme n’est pas de tout repos et pourtant, je récidive à chacune de ses actualités.

1050234127.jpg

Revenons à ce petit livre jubilatoire. Précisons, pour commencer, que c’est une commande de la maison d’édition Le mot et le reste. Le premier d’une nouvelle collection qui débute avec Jérôme.

-L’idée est de demander à des écrivains et des auteurs de parler d’une émotion qu’ils ont par rapport à un groupe ou un album.

C’est donc ce qu’il a fait, mais à sa manière, très attalienne...

Récit en forme de courts textes à propos de l'existence, de la musique, des rencontres, de la passion amoureuse, de la création des chansons, de la mélancolie, de l'utopie du plaqueur d'accords pour contenir la difficulté d'être, de la vie qui se conduit comme un manche, de la cour du collège de St-Germain-en-Laye, de Bruxelles et de Londres, des rues de Paris où ce héros solitaire qui croisait votre regard vers cinq heures de l'après-midi c'était moi, de l'amour absolu, de Stendhal et de Dostoïevski, Baudelaire et Nietzsche, du premier concert de Basile Green et de pourquoi John Lennon avait tort, des filles qui passent et du souvenir qui reste, de comment écrire des chansons d'amour et de comment rater des histoires d'amour, du terrain perdu de l'enfance et du temps désemparé d'être adulte...Tout cela ponctué de chansons des Beatles. Le titre Le rouge et le bleu, outre le clin d'oeil stendhalien fait référence aux deux fameux albums de compilation du groupe de Liverpool (à ne pas traduire par : l'hiver est une piscine).

Voilà comment le MySpace officiel du livre décrit ce bijou.

Qui est ce Basile Green évoqué plus haut au milieu de ces belles références musicales et littéraires ? Le héros de son premier livre et du suivant qui arrive incessamment.

-Ça m’intéressait d’inscrire ce travail dans mon travail général. Ajouter une nouvelle qui reprend un personnage de mes romans personnels n’est pour moi que pure logique. Quand j’écris un livre, j’aime faire des liens avec les précédents, même si le thème n’a rien à voir.

Je le sais bien. Jérôme Attal tisse une toile d’araignée pour construire son œuvre.

1936003213.jpg

Dans le cas présent, je lui demande pourquoi il a choisi les Beatles. Un peu banal comme choix.

(Oui, je sais, j’ai un sacré sens de la provoc’ !)

-Quand tu commences à jouer de la guitare, les chansons des Beatles sont un régal. C’est mélodique, tu peux chanter sans savoir chanter… un peu comme les chansons de Jérôme Attal.

Pirouette cacahuète.

1872367692.jpg-Et puis je te signale, que je suis un vrai fan des Beatles. Sur le MySpace du livre, tu n’as pas vu que j’ai scanné ma carte du Club des 4 de Liverpool.

Ah oui ! Dont acte.

Un peu plus tard, dans la conversation, nous parlons de l’écriture, l’acte d’écrire… j’aime beaucoup les considérations de ce sensible artiste.

-L’écriture te permet de te rapproprier un territoire. Quand tu as des difficultés amoureuses ou personnelles, c’est souvent une perte de territoires. Tu te sens abandonné ou vacant. Ce livre est tombé au bon moment pour que je me réapproprie qui j’étais.

Mais il admet aussi que…

-Les Beatles/le rouge et le bleu aurait pu être écrit différemment à plein de moments de ma vie. Je pourrais m’y remettre indéfiniment, il serait à chaque fois un autre livre qui n’aurait rien à voir.

Un clip des Beatles: And I love her (titre d'une de ses nouvelles. La plus courte... 4 lignes.)

 

Bon, à part ça, comment va sa carrière de chanteur ?

-Je ne sais pas quoi te dire. Je n’ai plus de maison de disques. C’est désespérant, même si je ne suis pas seul dans ce cas. Heureusement, j’ai la chance d’être très demandé pour les textes, j’écris des romans, bref, je fais des tas de choses. Je n’ai pas à me plaindre, mais, quand même, j’aimerais bien continuer mon existence de chanteur.

Je lui demande pour qui il écrit en ce moment. Non parce que regardez, là… le monsieur à des références.

-Je vais être présent prochainement sur beaucoup d’albums. À part pour le prochain de mon copain Pierre Guimard, je ne peux pas t’en dire plus… tu sais comment ça se passe. Tant que les chansons ne sont pas concrètement sur les disques.

 Jérôme Attal se considère-t-il plus comme un chanteur ou un écrivain ?

-Tu es fou de me poser cette question ? Comment veux-tu que je te réponde. En tout cas, je navigue entre ces deux sphères. Ca se passe plutôt bien. Tous les gens qui écrivent me prennent pour un chanteur, tous les gens qui chantent me prennent pour un écrivain, je n’ai donc aucun problème de jalousie. Personne ne me voit comme un concurrent.

Et quand je lui demande ce qui est le plus simple, écrire une chanson où un roman, il me regarde l’air navré.

-J’ai un goût spécifique pour les chansons. J’arrive très vite à savoir si ce que j’écris me plait ou ne me plait pas. Avec les romans, j’ai envie que ça me plaise à chaque fois que je tombe sur un passage.

163172893.JPG
Calme je suis...
886700973.JPG
Calme je ne reste pas...
(Moralité fascinante: un trop plein de café tue la tranquilité comportementale.)

 

Pour clore cette note, je ne peux que conseiller la lecture de ce livre. Si vous ne connaissez pas le style Attal, c’est le moment de découvrir, si vous connaissez et que vous aimez, vous resterez dans l’allégresse habituelle.

Quoi j’exagère ?

Vous le savez bien Mandor est un enthousiaste.

D’ailleurs, il vous offre deux clips de Jérôme Attal.

Ainsi, preuve est faite qu'il aime les comédiennes de la nouvelle génération.

 

 

 

 

De nombreux autres clips sur son MySpace perso.

 

EDIT 22h00:

Je viens de lire son journal... sa dernière note, celle du 30 avril explique qu'il fait aussi parti d'un groupe...

Voici donc le premier clip de Werther or Stavroguine, projet monté par Jerome et Mondrian (Roman Oswald et Morning Crash), avec la participation de Margot Poirier du groupe Twice.

De l'arsenic elle voulait prendre.

 

26 avril 2008

Avec un Z qui veut dire Zaho!

447405641.JPG

 

Après l’interview « manipulée » de Laurent Terry, je tente une nouvelle expérience.

L’interview mauvaise foi.

Il n’y a rien de pire (en journalisme) que les phrases sorties de son contexte…

En écoutant ce matin l’interview de Zaho que j’ai réalisé le 24 janvier dernier (quoi je suis légèrement à la bourre ? L’album Dima est sorti il y a un mois, tout juste…), je me suis aperçu que ce qu’elle disait pouvait paraître prétentieux. Pendant l’entretien, je n’avais rien remarqué. Là, ça me saute aux yeux. Et pourtant, elle ne m’a pas paru imbue de sa personne. Au contraire. C’est très paradoxal. C’est pour cela qu’il faut se méfier de l’écrit, de comment sont présentées les choses… un journaliste peut rendre quelqu’un tel qu’il n’est pas.

1796808497.jpg

-J’ai fait beaucoup de featurings avec quelques amis artistes, c’est comme ça que les gens ont remarqué mon nom, mais surtout ma voix.

-Je reste fidèle à moi même dans tout ce que je fais. Je ne fais rien qui ne soit cohérent avec ma personnalité, rien qui ne me mette mal à l’aise.

-Je ne fais aucun effort pour plaire autrement que pour ma musique. Personne ne me fera mettre des décolletés pour attirer l’attention et les regards vers moi.

750347745.jpg
-Je veux la longévité, je veux avoir une carrière, je ne veux pas que mon nom traverse la vie et l’esprit des gens en coup de vent.

-Je veux que mon nom se lise sur toutes les lèvres.

-Quand j’ai commencé ma carrière alors que je n’étais connu de personne, je disais non à la plupart des propositions, car je ne voulais pas être sous les projecteurs à n’importe quel prix.

-Avant C’est chelou, les gens connaissaient de moi quelqu’un de sérieux, profond, philosophe presque, évolué et ayant la rage de vaincre et de vivre. Aujourd’hui, je montre la Zaho humoristique, celle qui peut jouer tous les rôles.

 

-Je passe pour quelqu’un d’acharné, de perfectionniste, de chiant même… Bon, je sais m’arrêter quand il le faut, mais c’est vrai que le détail compte beaucoup pour moi (pour parfaire une chanson).

-Je suis tout le temps influencée par ce que j’entends, je ressens, par les gens que je rencontre, par la vie. J’ai la volonté d’écrire autre chose et de faire avancer la marche du monde.

-Je suis consciente de la notion d’« on n’a qu’une vie ! » parce que j’ai vécu le terrorisme en Algérie, les couvre-feux…

1454687856.jpg

Parfois, les propos sont plus humbles :

-J’ai rencontré tellement d’obstacles qu’à chaque fois que je croyais que le succès arrivait, il n’arrivait pas. Aujourd’hui, je ne prends plus rien pour acquis. Je continue d’écrire, de composer comme avant et je fais comme si de rien n’était.

-Je me considère comme un produit, sinon je ne signerais pas dans une maison de disque…

Zaho est très pro en interview. Je suis passé en fin de journée, elle a tenté de rester fraîche, dispo, attentive et enjouée.

1245972342.JPG
En janvier, le bouc était encore là...

Je n’aime pas sa musique, parce que je n’aime pas ce genre-là de musique. Quoi qu'il en soit, son disque se situe entre plusieurs mondes. Teinté de Rn’B avec des flashbacks de musique arabe et une touche de hip-hop. Voix soul, flow unique entre rap et chanson.

1697679791.jpg

Une dernière réflexion de la belle…

 

-Je sais exactement ce que je veux, ce qui me met à l’aise. Je ne me définis pas comme une chanteuse de Rn’B ou de hip-hop, je préfère être difficile à décrire, et dire que je fais de la pop urbaine.

 

Son MySpace.

25 avril 2008

Une interview un peu "manipulée" de Laurent Terry

1053456483.JPG

Pub Saint-Germain : 15 avril 2008, 16h00.

Mandor : Nom, prénom, âge, profession ?

Laurent Terry : Laurent Terry, 33 ans, écrivain. J'ai un blog. Je sais que ce détail vous intéresse...

M : Mais encore ?

L.T : Je suis responsable marketing dans une grande société de haute technologie.

M : Tsss… comme John, le héros de votre premier thriller : Manipulé. Quelle coïncidence ! Bon, après vous avoir interrogé une première fois sans avoir lu votre livre, je vous convoque une seconde fois.

176594261.JPG

L.T : Alors, pas trop déçu ?

M : Non, mais je suis très énervé. J’ai commencé hier soir, je n’ai pas dormi de la nuit…

L.T : Vous avez eu peur ?

M : Non, je me suis fait prendre au piège par votre façon d’écrire. Je suis obligé de reconnaître que vous êtes un malin. Mais, bon, vous écrivez comme les auteurs de polars américains, quand même… avouez-le !

L.T : Pour moi, c’est un compliment. C’est comme ça que je l’écris et que je le pense. L’action se situe aux États-Unis, entre Boston et New York, je peux difficilement dire que je ne m’inspire pas de l’univers américain.

1294395269.JPG

M : OK ! Mais, bon, quand même, vous utilisez les ficelles du bon vieux polar !

L.T : Il y a effectivement des codes dans le thriller. D’abord, j’évite les phrases de 5 lignes, ça casse le rythme dans les scènes où il y a de l’action et du suspens. Il faut que ce soit court, nerveux, saccadé, musclé.

: Et quid du style, dans tout ça ?

L.T : Je revendique mon côté « page turner ». Il faut être efficace. Si je fais tout de même attention à écrire correctement, je m’attache plus à l’intrigue qu’à la forme. Mon obsession est de mener mes lecteurs en bateau, de le transporter rapidement de droite à gauche. C’est très difficile, vous savez.

: Vous allez faire hurler les puristes là ! Je les connais, ils y trouveront à redire.

L.T : Moi, j’aime bien la littérature dans toutes ses formes. Après, que l’on me dise que le genre de littérature dans lequel j’ai choisi de sévir est peut-être moins honorable que d’autres, ça ne me dérange pas. Chacun est libre de penser de qu’il veut. Je m’attache avant tout à ce que vont penser les gens qui lisent réellement mon livre plutôt qu’à un petit milieu qui pourrait avoir un avis sur mes écrits, sans m’avoir lu.

: C’est comme si je voyais un film en vous lisant, que dois-je en déduire ?

L.T : Quand j’écris un chapitre, je pense et vois des images, ensuite je décris ce que j’ai vu. Le passage à l’image me paraîtrait assez naturel. Vous pouvez donc en déduire que ça ne me déplairait pas d’avoir des propositions dans ce sens. J’ai d’ailleurs déjà le casting en tête. Il est très hollywoodien. Je verrais bien Ben Affleck dans le rôle de John et Halle Berry dans celui de Téa, la jeune femme qui travaille au FBI.

2078278179.jpg

M : Bon, pour finir, comment vivez-vous votre intrusion dans le monde des écrivains ?

L.T : C’est très sympa comme expérience. Ça a réellement démarré au Salon du Livre lors de la remise par Henri Loevenbruck (il y a d’ailleurs une excellente vidéo d’une interview du monsieur ici, je dis ça, je dis rien…) du premier prix Blogauteurs/Plon. Juste avant il y avait une conférence sur le thème du numérique… ça m’a plongé dans la peau d’un écrivain qui débat sur des idées. Sinon, comme le livre est sorti il y a un mois, en ce moment, je suis en pleine promo.

M : Qui consiste en quoi exactement ?

L.T : À faire le tour des salons du livre en province. J’ai mes week-ends bien occupés.

: Comment vivez-vous cette notoriété naissante ?

L.T : Avec humilité, d’autant plus que je ne suis pas Marc Lévy, ni Guillaume Musso… il faut raison garder. Le succès ne me pèse pas trop, je vous l’assure. Si je ne suis pas très connu, les réactions des lecteurs sur mon livre sont positives et cela m’enchante.

: Vous n’êtes pas vexé que je ne vous pose pas de questions sur le fond de votre roman ?

L.T : Si, beaucoup.

: À part expliquer que c’est l’histoire d’un homme qui découvre un jour qu’il est beaucoup plus intelligent que la moyenne et qu’il est victime d’une manipulation qui remet en cause jusqu’à sa propre identité, en dire plus serait criminel.

L.T : C’est vous qui voyez. Mais enfin, j'espère que vous ne vous considérez pas comme un journaliste littéraire.

M : Si, pourtant. Allez, faisons nous la bise et réconcilions-nous... j’ai amené un monitor. On va tous regarder le trailer du livre réalisé par vos soins.

L.T : Ah ! C’est gentil merci.

 

(Précision importante : J’ai un peu « habillé » le dialogue. Il fut moins « interrogatoire de police » que retranscrit ici. Nos rapports sont beaucoup plus conviviaux en vrai.)

23 avril 2008

Il donne... Le Tone!

1564772792.jpg

Il est arrivé sur la scène française en même temps que Daft Punk, Etienne de Crécy, Cassius… il a figuré sur les mêmes compiles d’il y a une dizaine d’années… et pourtant Le Tone n’est pas un musicien aussi connu que les sus-cités…

Pourquoi ?

La faute à pas de chance.

Le Tone a fait un méga carton avec son premier disque Le Petit Nabab... Grâce au titre: Joli Dragon (dont j’avais diffusé le clip récemment)… et dont voici une version récente sur scène.

 

 


Joli Dragon
envoyé par Le-TONE

 

Puis il s’est dirigé vers des projets plus « undergrounds » qui n’ont eu absolument aucune couverture médiatique… mais, de là à dire qu’il a été inactif, rien ne serait plus faux ! Il a sorti un deuxième album mais, cette fois-ci, sans clip. Force est de constater (je déteste cette expression !) que cela réduit considérablement l’exposition d’un disque. Il ne s’est d’ailleurs pas très bien vendu.

 

1451447236.jpgIl était intéressant d’aller lui poser quelques questions directement.

C’est ce que j’ai fait le 8 avril dernier chez Aktarus Productions. (Une agence à échelle humaine destinée à accompagner le développement de tout projet musical dans son intégralité.)

Le Tone est moyennement à l’heure, alors je patiente en lisant des magazines spécialisées dans la musique electro… je n’ai jamais entendu parler d’aucun artiste figurant dans les pages que je tente de comprendre.

Même Le Tone, je ne le connais presque pas. Pourquoi suis-je là, me demanderez-vous ? Par besoin de connaître des milieux, des musiques, des mondes inconnus de moi.

Il arrive enfin, le sourire aux lèvres. L’homme est sympathique, je le sens un peu taquin tout de même…

Nous nous installons un peu à part et commençons la discussion. D’abord, il m’avoue avoir jeté un œil sur mon blog. « C’est une bonne idée de poser avec les artistes… ça rend humain le truc ! »… Ouf, enfin un artiste qui me comprend…

Le Tone sort donc un disque intitulé, En Inde.

997318262.jpg
Comme l’explique le dossier de presse, il a été lauréat d’une résidence artistique initié par le Consulat de France. Il s’est envolé, courant 2005, direction Delhi, accompagné de ses inséparables synthétiseurs vintage avec la ferme intention d’arranger la rencontre de son « electro pop » et des sonorités traditionnelles hindi…

-Pour moi, c’est mon meilleur album. Je ne suis généralement jamais si sûr de moi au départ sur le concept global de ce que je veux faire. J’ai fait un album qui sonne exactement comme je voulais qu’il sonne.

117481720.jpg
Une union métissée construite au gré des rencontres dans ce pays. Ce mariage des genre aboutit à des « ritournelles aussi aériennes qu’entraînantes, bercées par la voix suave de Smitri Nocha, soutenue par des arrangements flirtant entre vibration80’s, electro, tradi ou lounge signés notamment par Olivier Libaux ou encore Albin de la Simone (récemment mandorisé ».

-Quand je pense qu’avant de rencontrer les gens de chez Aktarus, aucune maison de disque ne voulait de ce disque. J’ai eu le droit à tous les commentaires, parmi lesquelles, les classiques : Trop indien ou pas assez Le Tone. Trop Le Tone et pas assez indien. Il était temps que je trouve un partenaire idéal car ma page MySpace était consacrée à ce projet depuis 2 ans.

1644634347.jpg
Je trouve personnellement le résultat très appréciable. J’aime les gens qui se lancent à corps perdu dans des projets riches, originaux, variés et… risqués.

-Je n’appartiens à aucune scène particulière. Il y a des personnes avec lesquelles je me sens plus proche que d’autres. En ce moment, je travaille avec des groupes de rock, j’ai aussi envie de faire autre chose avec Albin de la Simone. J ’aime vraiment beaucoup ce type.

1817419485.JPG
Le Tone pose pour moi... sur une (très) vieille chaise de coiffeur.

 Je lui avoue que je trouve les personnes de son milieu un peu pédantes. Limite prétentieuses. Certes, c’est un préjugé parce qu’au fond, je n’en connais pas vraiment, mais ceux que l’on voit à la télévision, ne me paraissent pas véritablement humbles. Sébastien Tellier, par exemple…

-Tu verras si mon disque marche, comment je vais me la jouer. Je suis comme tous les artistes… un peu mégalo. Si tu ne l’es pas un minimum, tu ne peux pas projeter tes projets dans une perspective à long terme.

Il se tait, puis continue.

-Je suis un enfant de mon siècle. J’aime bien les médias, parler de ma musique, faire des concerts, parler de moi, frimer, m’acheter de belles fringues, avoir une belle caisse…

J’imagine que c’est du second degré. Pas certain.

-Par contre, quand je fais de la musique, plus rien ne peut me troubler.

1947646514.JPG

Et Le Tone, la musique, il l’a maîtrise remarquablement. (Et les dessins aussi, car tous ceux qui sont sur cette page sont de lui.)

Voici son clip.

21 avril 2008

Mary Dollinger... et Alain sont à Paris.

-Bonjour, c’est Mary. Ça y est, Alain et moi, nous savons où nous vous invitons…

Silence.

-Poch’tron.

Stupeur.

-Mais, Mary, je vous assure, je plaisante souvent sur mon blog avec le fait que je consomme de l’alcool de manière excessive… en vrai, je ne suis pas vraiment un pochtron, juste un peu.

-Mais, ça n’a rien à voir… c’est juste que, Poch’tron, c’est juste à côté de là où on nous héberge.

-…

Bon, peut-être qu’il faut que je précise qui sont Mary et Alain Dollinger.

547151203.JPG

Un charmant couple (elle anglaise, lui français) avec qui je corresponds depuis des mois.

Mary a un blog que j’aime bien, (même si elle ne l’alimente pas assez).

Et surtout, elle a écrit deux livres que j’ai particulièrement appréciés.

Au secours Mrs Dalloway et Journal désespéré d’un écrivain raté (chez Jacques André Editeur).

J’avais expliqué au mari de Mary que je ne faisais jamais de chroniques sans avoir eu, au préalable, l’auteur en face de moi.

Un principe auquel je me tiens toujours (la preuve, ).

1655445086.jpgDonc Mary et Alain Dollinger ont décidé lors de leur passage parisien très récent de m’inviter au Poch’tron !

C’était ce vendredi.

J’arrive à l’heure pile et je les vois, au fond de la salle. Il me semble qu’ils me reconnaissent, car je les vois agiter les bras dans tous les sens. Je réponds d’un signe discret.

Alain me serre la main en me disant, « on s’est permis de commander une bouteille de vin… Du rouge, vous aimez ? ».

Oui.

Et je crois qu'il le sait très bien puisqu'il lit mon blog...

Je ne sais déjà plus ce que c’était, mais l’homme a du goût.

Mary me dit : « vous êtes comme vous êtes sur votre blog ! ». Je réponds : « c’est normal puisque je suis la même personne… » (Ce qui est une réplique qui ne fait pas parti des meilleures lancées dans mon existence d’homme fin, raffiné et spirituel.)

Tout de suite, ils m’ont mis à l’aise. Je me sentais comme avec des amis de longue date. On s’est raconté nos vies, nos blogs…

J’ai mon Sanyo dans ma veste. Je n’ai pas du tout envie de le sortir. Pas du tout envie d’interviewer Mary. Je me sens si bien que je n’ai pas envie de gâcher l’instant présent. Je n’ai pas le moral au beau fixe en ce moment, ils me le remontent sans le savoir.

Pas la tête à faire mon métier.

984466417.jpg

Je pourrais lui dire que son Journal désespéré d’un écrivain raté, je l’ai fait lire à quelques amis tellement je l’ai trouvé jubilatoire. Que l’idée de considérer qu’aujourd’hui, les auteurs classiques (du XIXe siècle) ne trouveraient pas de maisons d’édition facilement est fort réaliste…  que les placer en face d’Anne Carrière et consorts est malin et amusant. Que les commentaires et prétextes de ces derniers, pour ne pas éditer les premiers, sont habiles.

(Je vous propose de lire la critique très juste de ma copine La lettrine).

Mais je ne parle pas de ses ouvrages.

C’est maladroit parce qu’on s’est vu un peu pour ça. C’était bien clair au départ. Je n’ai pas respecté la règle du jeu.

Mais qu’aurais-je pu ajouté à ce que Mary raconte ici ?

 

 

Je préfère dire que les Dollinger sont des gens affables. Que leur compagnie est fort agréable.

On se propose de se tutoyer tout en continuant à se vouvoyer. Aucun de nous ne parvenait à glisser vers ce genre de familiarité.

Trop de respect sans doute. Moi envers eux, en tout cas.

Evoquée aussi leur amitié pour Bernard Clavel et sa femme. Tandis que l’on parlait de l’œuvre du monsieur, j’ai passé sous silence Au secours Mrs Dalloway.

(La critique la plus proche de ce que j’en pense se trouve là…).

1154977597.jpg

C’est comme ça, j’ai fait la grève du « parlez-moi de votre livre ». J’espère que Mary et Alain ne m’en voudront pas en lisant cette note. Qu’ils sachent qu’ils m’ont inspiré plus une envie de « copinage » qu’une envie de « professionnalisme ». Je n’ai pas souhaité lutter entre ces deux parties là de moi, qui sont constantes quand je rencontre des artistes.

 

Je peux dire en tout cas que les livres de Mary Dollinger sont comme elle. Emprunt d’humour britannique (qui n’est donc pas qu’une légende) et d’ironie discrète. Elle écrit comme un peintre, par petites touches… (Elle a commencé Au secours Mrs Dalloway en 1984. Après un rapide calcul, elle a donc écrit 12 lignes par an ! Vous avez dit « flegme britannique ?)

Culinairement parlant (non parce que cet aspect-là est tout à fait intéressant quand on vient sur ce blog en pensant que l’on va pouvoir lire un article de fond sur un album ou un livre), j’ai horrifié Alain. J’ai commandé une salade de chèvre.

« Vous allez avoir faim, en sortant de table… non, vraiment, ce n’est pas raisonnable ! ».

Sauf que quand la salade est arrivée, elle atteignait presque le plafond. (Quoi j’exagère !). Alain s’est contenté de dire : « Ah, oui, d’accord ! ».

Sinon, pour aller à fond dans l’info primordiale, je peux vous dire aussi que Mary exige du thé Ceylan et surtout pas de l’Earl Grey et qu’Alain boit systématiquement un Perrier avec son thé.

(Lirez-vous ce genre de détail ailleurs qu’ici ?)

(Assurément non).

(Et c’est bien dommage, je sais…)

1833172621.JPG

Merci à Mary et Alain pour leur bienveillance et leur invitation.

Revenez quand vous voulez…

Edit à 22h22: La note de Mary Dollinger... sur cette même rencontre au sommet.

18 avril 2008

Première rencontre avec... Mokaiesh.

1562423494.jpg

Hier soir, mes nouveaux amis de Spöka, (je n’en remets pas une couche parce que bon, quand même…) ont convié quelques journalistes blogueurs triés sur le volet (là, je vous assure, je me retiens de faire un mauvais jeu de mots !) pour une écoute du premier album du groupe de rock Mokaiesh.

J’ai le disque depuis déjà quelques semaines, je le connaissais donc bien, mais comme on m’avait promis qu’il y aurait de quoi étancher ma soif, je suis venu.

(Rhooo… vous ne me prenez pas au sérieux, là, quand même ?)

Ça, c’est passé au Truskel

Donc, il y avait, effectivement, de quoi faire plaisir aux gosiers des journalistes (tous des poivrots, comme de bien entendu !)

Nous étions une petite vingtaine (en comptant aussi quelques personnes de chez AZ/Universal). Bref, petit comité de gens bien sous tout rapport... (il m’a semblé en tout cas).

Voici quelques photos de l’endroit et des forces en présence…

1695778987.JPG
635226422.JPG
415031430.JPG
Au premier plan: Eric Langlois conversant avec Cyril Mokaiesh...

Pendant l’écoute, j’ai entendu des commentaires plutôt élogieux et un : « Quand même, ça ressemble à Noir Dez’ ! ».

Ah d’accord, c’est du rock français très énergique et poétique, avec une voix magnifique, donc forcément, hein, ça ressemble à Noir Désir.

Moi, depuis que j’ai entendu un journaliste (si, un vrai en plus !) dire, en écoutant un tube de Yannick Noah : « Purée, on dirait vraiment du Bob Marley ! ».

Va la manger ta purée et surtout, change de métier.

561191374.jpg

« On retrouve dans les chansons de Mokaiesh l'écho lointain, mais toujours vif du fameux diptyque rock de l'idole Ferré– Amour anarchie – (68). Comme Ferré, Cyril écrit avec la rage d'un fauve déchiquetant sa proie, étrillant cette langue française avec l'amour et le respect qu'on doit à ceux qui vous nourrissent. »

C’est ce qui est indiqué sur le MySpace du groupe.

Très d'accord, je suis.

 

Je vous propose de regarder une vidéo « non officielle », Va Savoir, en version acoustique… dans les loges de la Boule Noire.

 

 

Après l’écoute, je descends dans les sous-sols du bar avec 3 membres du groupe.

Cyril Mokaiesh, le chanteur, guitariste, auteur, compositeur… Éric Langlois, le batteur et Alban Seillé, le bassiste. Manquait Jan Pham Huu Tri, retenu je ne sais plus où…

Je fais une mini interview. Parce que je ne peux m’étaler une heure dans ce genre de contexte...

1640034097.JPG
De gauche à droite: Alban Seilié, Cyril Mokaiesh et Eric Langlois.

Cyril m’explique comment tout à débuté pour lui.

-J’ai eu la révélation que je pouvais écrire des textes, puis de la musique, puis chanter des chansons à l’âge de 17 ans. Il faut dire que mes premières émotions musicales dans la chanson française sont liées aux mots. Brel, Ferré, je les ai écoutés toute ma jeunesse. Ça m’a donné envie de couper court à ce que je faisais avant.

(Note de moi-même : Le jeune homme était bien parti pour faire une belle carrière de tennisman… je ne comprends pas pourquoi il ne souhaite pas en parler…)

1432082682.jpg

-C’était une transition adolescente, mais importante pour moi. J’ai commencé à enregistrer à 17 ans, puis de manière plus professionnelle à 19 ans. J’ai cherché des musiciens et je suis « tombé » sur Jan. Une vraie complicité musicale et humaine est née à ce moment-là. Jan m’a présenté Alban et le projet est devenu collectif. J’ai abandonné l’idée d’un projet solitaire. Éric est arrivé peu après. Il nous avait été vivement conseillé par pas mal de gens.

C’est ainsi que le poids des mots de Cyril s’équilibre avec un son porteur d'une même fougue, d'un même élan volontaire et frondeur.

Du culot et de l'érudition. Voilà ce qui saute aux yeux (et aux oreilles) en les écoutant.

À 22 ans, Mokaiesh  ne manque ni de l'un ni de l'autre.

J’ai comme la vague impression que tout va vite pour eux.

Éric répond :

-L’évolution a été très rapide, mais on a beaucoup bossé. Tu sais, chacun de nous avait commencé nos vies de musiciens avant d’intégrer le groupe et on a tous pas mal d’expériences. Nous ne sommes pas des débutants.

431262705.jpg
Cyril Mokaiesh

Ce dont je ne doute pas, car je trouve leur album très abouti. Je dois dire que je suis impressionné par la maturité de Cyril qui n’a que 22 ans. Il te raconte pourtant la vie, l’amour et la société avec une poésie à la fois sensible et réaliste.

-Je lis beaucoup de poésies, très peu de romans. La poésie me permet une ouverture. J’y vois ce que je veux. C’est ce que je tente d’exprimer dans ma musique et mes textes. Je ne veux rien de figé et d’instantané. Je souhaite atteindre un mélange d’images et de formes qui laissent l’imagination vagabonder.

Il y parvient.

Avant de nous séparer, je leur dis qu’il manquait un groupe comme le leur en France.

(Parce que, en ce qui me concerne, BB Brunes et consorts… ça ne me fait pas vibrer. Mokaiesh si.)

453033041.JPG

Je vais suivre leur carrière avec attention.

Ce soir, ils seront là.

570968758.jpg

Bonne occasion de les découvrir.

Allez, en attendant un vrai clip, je vous laisse avec un « live ».

Gilet pare-balles.