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30 octobre 2008

Guillaume Cantillon... des ballons rouges, des étincelles!

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Guillaume Cantillon, vous connaissez ?
C’est le leader du groupe Kaolin.
Grâce au tube Partons Vite, le groupe est devenu l’une des révélations marquantes de l’année 2007 avec plus de 100.000 albums vendus.
Petit rafraîchissement.


3596971363123.jpgGuillaume Cantillon a sorti le 15 septembre dernier son premier album solo : Des ballons rouges.
Je ne suis donc pas en avance pour en parler.
Je sais, je sais.
On a pris notre temps pour se trouver un moment pour aller boire un coup ensemble.
En face de sa maison de disque Cinq7.

Installés devant une bonne bibinne, je lui demande si c’est salvateur d’aller voir ailleurs, de se débrancher de ses habitudes de groupe.
Il me répond :

-Oui, c’est salvateur…Adamo.


Quoi ?
Je le jauge.
Le pauvre, il ne sait pas où il met les pieds.

Je rétorque, donc, tout de go :

-Ah bon ? Tu ne trouves pas que c’est plutôt salvateur… Dali ?


D’un commun accord, nous avons décidé de nous en tenir là.
Terrain glissant.
Combat inutile.
Sagesse de quarantenaires.

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-Bon, disons que je me suis fais du bien. Je fais de la musique uniquement pour ça. Me faire du bien. Cet album n’est pas qu’une toute petite parenthèse. Pour moi, c’est très important. C’est quasiment comme si c’était mon premier disque.

Je le traite de puceau.

-Ouais… Hé ! N’exagère pas !  Bon, ceci dit, ça me fait la même excitation que lorsque nous avons sorti le premier disque de Kaolin. Le truc au bide, il est vraiment là. Je me souviens de pleins de moments où je me suis retrouvé tout seul, sans mes potes, dans un studio pour enregistrer ce disque. J’ai fais hou là là ! J’ai eu un truc bizarre, un espèce de manque. Au bout de 3 jours, heureusement, ça a disparu.

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C’est Edith Fambuena qui a réalisé l’album… elle est toujours sur les bons coups cette musicienne/réalisatrice exigeante.

-Merci pour le « bon coup » ! Edith est une personne que je respecte beaucoup, avant même la musicienne qu’elle est. On s’entend bien. Nous sommes potes. On a enregistré le disque chez un ami commun à Saint-Emilion, dans un ancien chais. Tout a été très facile parce qu’on a fait la fête… pour tout dire, on a dégusté pas mal de vins. On s’est créé une ambiance autour de l’album et des chansons…

Note de Mandor : J’aime cette façon de travailler. Je vais proposer à la radio, mais je ne suis pas certain que ça passe.
Des ballons rouges est un disque épuré. Pas de fioritures.

-Comme cet album traite pas mal de l’enfance, de mes relations amoureuses, de ma part féminine des choses,  j’ai choisi la simplicité et presque la naïveté.  D’où cette épure, cette guitare voix et pas mal de bricolages autour. Si les chansons marchent ainsi, c’est qu’on tient des chansons qui sortent vraiment de nous.

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Quoi? Surexposé? Vous trouvez?

Ses textes sont moins simplistes qu’avec Kaolin, je ne sais pas comment lui dire. Je lui dis « vos textes sont moins simplistes qu’avec Kaolin, je trouve, non ? », ce qui me paraît une formule assez honnête.

-Je me suis vraiment attaché aux paroles, aux textes… ça m’importait beaucoup. Pas uniquement la musicalité des choses ou des mots. Parfois, pour mettre en valeur un texte, il faut enlever les peintures qu’il y a autour. Je m’éloigne de plus en plus du côté lyrique des choses que ce soit pour moi ou pour le groupe. J’adore de plus en plus, le côté naïf de mes histoires. De tout dire sans métaphores… de dire vraiment sans chemins détournés.

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Bref, l’album de Guillaume Cantillon est agréable à écouter.
Du pop folk à la française… guitares revigorantes, mélodies fraîches, ambiance mélancolique.
J’adore.

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Et pour finir, son nouveau clip:
Des ballons rouges, des étincelles...


23 octobre 2008

Abd Al Malik: "ça, vraiment... c'est du lourd!"

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l_e5d8d24f2a8942c8b029f67e1032d0a0.jpgDante, le nouvel album d’Abd Al Malik sort le 3 novembre prochain. Il fera date. Le rappeur/poète/philosophe parvient à se renouveler tout en faisant plus fort que son déjà légendaire premier disque Gibraltar. Abd Al Malik dissèque la France sous toutes les coutures et toutes les cultures avec l’aide du pianiste arrangeur de Jacques Brel, Gérard Jouannest et du réalisateur de Serge Gainsbourg, Alain Goraguer. Un album choc, révolutionnaire et brillant.

Je l’ai donc rencontré hier matin. C’est la 4eme fois que je l’interviewe. On ne peut pas dire que l’on se connaît vraiment, juste, on aime bien parler ensemble. Il m’accueille invariablement en précisant aux attachées de presses présentes que je suis le premier journaliste à l’avoir interviewé pour Gibraltar.
Mon fait d’arme ? Mon titre de gloire ?
Je ne sais pas.
Mais j’ai senti que cet artiste était à part.
Il m’avait remué, pour être franc.
C’était au Mac Do de l’Aquaboulevard.
Drôle d’endroit pour une rencontre…

Ici, ma précédente note sur Abd AL Malik.

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Je précise que j’apprécie l’humanité et le talent du monsieur.
Mais je précise aussi que parfois, il m’exaspère.
Trop de name dropping, trop de discours moralisateurs… mais au final, il m’impressionne. Et on ne peut que reconnaître qu’Abd Al Malik fait avancer les choses.
Qu’il est doué.
Et que cet album est énorme.
Je vous le dis. Vous allez entendre parler de ce disque pendant de nombreuses années. Il va devenir un classique. Déjà que Gibraltar… mais alors Dante
(Je ne finis pas ma phrase. Il faut comprendre qu’il enfonce le clou. Spirituellement, musicalement et éthiquement.).

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l_1211e216618342be85cf3a7d053de2dd.jpgMandor : Un duo avec Juliette Gréco, un hommage à Nougaro, un Serge Reggiani samplé, les fantômes de Deleuze, Sartre, Camus, Malraux et Césaire, un conte en alsacien, la plume de sa femme Wallen… votre album est un album d’influences, de références et de passions.

Abd Al Malik : Nous avons un patrimoine qui est merveilleux et pour moi, ce patrimoine ne doit pas rester dans un musée. Devant ses monstres sacrés, l’idée n’est pas de dire qu’on va les égaler, mais qu’il faut être à la hauteur de l’impulsion qu’ils ont donné, tout en faisant son propre bonhomme de chemin. Autour de tous ses fantômes, je tente de trouver ma singularité. Je me nourris de ce patrimoine et j’amène ma touche en restant dans la modernité.

Mandor : Vous souhaitez élever le rap français ?
Abd Al Malik : Je souhaite porter haut et de manière décomplexée l’étendard d’une certaine idée de la culture française, de la culture populaire. J’ai envie de revivifier un état d’esprit et, humblement, en être porteur là où je suis. Avec mon histoire et mon art.

Mandor : Le duo avec Juliette Gréco… « c’est du lourd » ! Je paraphrase votre premier simple qui porte le même titre.

Abd Al Malik : Il y a longtemps que je voulais faire quelque chose avec une rappeuse. Je me suis dit que j’allais prendre la rappeuse la plus subversive et hardcore que l’on a en France depuis un petit bout de temps. Ce qui est fou avec elle, c’ets qu’elle a eu une vie incroyable. Ses amis étaient Boris Vian, Malraux, Sartre et j’en passe. Depuis 3 ans que le fréquente régulièrement, aucune fois, elle ne m’a parlé du passé. Elle est toujours dans le présent. Très actuelle.

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Mandor : Quand vous interprétez Circule, petit, circule, vous pleurez presque… c’est votre côté Brelien qui ressort ?
Abd Al Malik : Ce que j’aime chez Brel, c’est sa capacité à ne pas interpréter, sa capacité à être dans la vie. Dès qu’il arrivait sur scène, les lumières s’éteignaient et il était parti dans son monde. En studio, c’était la même chose. Il vivait ses textes. J’ai ce côté là.

Mandor : Vous évoquez les événements mondiaux de la fin des années 50 aux années 70 ? Pourquoi cette période ?
Abd Al Malik : C’est l’après-guerre. Il y a une sorte de dynamisme. Des héros incroyables vont naître. Autant aux Etats-Unis qu’en France, c’est un foisonnement incroyable, au cinéma, dans la littérature, dans la philosophie.

Mandor :
Avec votre complice de toujours, Bilal, votre musique est moderne. Avec Jouannest et Goraguer, elle est plus « à l’ancienne ».
Abd Al Malik : Je vous arrête tout de suite. La vraie musique est intemporelle. Pour moi, la modernité, c’est l’individu. Il faut juste être en phase avec le monde dans lequel on vit et être en phase avec la société. Il y a toujours quelque chose de l’ordre de l’universelle, de l’ordre de l’intemporalité.

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Mandor : Vous m’aviez expliqué pour Gibraltar, que votre écriture venait d’un jet. C’est toujours le cas ?
Abd Al Malik : Oui, plus que jamais. En fait, si dans la vie je suis quelqu’un de très patient, pas dans la musique. Pour écrire et en studio, je ne suis pas du tout patient. Ca marche que si ça vient tout de suite. J’y reviens après pour effectuer quelques retouches, mais la base doit jaillir, tel un rayon de lumière.

Mandor : La plus grande difficulté est de trouver la fluidité ?
Abd Al Malik : La fluidité est quelque chose que l’on veut avoir, mais sans avoir l’assurance de la maîtriser. C’est une méthodologie, une ergonomie de travail. Lorsque tout se passe bien au niveau de l’inspiration, on est tributaire de quelque chose. Il n’y a rien de laissé au hasard et en même temps, tout est hasard. C’est ça la magie de la musique !

Mandor : Vous n’avez pas le trac ? Je veux dire pour la sortie du disque…
Abd Al Malik : Non. Je sais ce que je sais faire. Je ne me pose pas de questions. Je ne suis pas un traqueur de nature. Je n’ai pas peur en général. Que l’on pense ci ou ça de moi ne me dérange pas. On est dans pays libre et chacun peut penser ce qu’il veut. Rien ni personne ne m’empêche d’être qui je suis.

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Hier matin... dans les locaux de Universal Music France.

Mandor : Vous mettez en avant des similitudes  entre hier et aujourd’hui, parfois, en vous prenant en exemple…
Abd Al Malik : Parce qu’un artiste n’est pas à côté ou en périphérie de la société. Il est en plein dedans. Forcément, sa vie personnelle se mêle au mouvement sociétaux. Permettez-moi de citer Gilles Deleuze : Ecrire, c’est se lancer dans une affaire universelle.

Voici le clip de C’est du lourd !

14 octobre 2008

Gabriella Cilmi...

Allez zou ! La vie continue.

The show must… comme qui disait l’ami Freddy M.

Donc, il y a 3 semaines, j’ai rencontré en exclusivité radio la jeune star australienne Gabriella Cilmi.

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17 ans la fille.

Une voix de diva, un comportement de jeune fille polie.

Pas une prétentieuse pimbêche.

Son MySpace.

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Tout avait pourtant mal commencé.

Je débarque au lieu de rendez-vous à l’heure pile.

Chez Spöka.

Les forces en présence me disent… " ce n’est pas ici, c’est à l’hôtel Trucmuche ".

Ce n’était donc pas le lieu de rendez-vous.

Non.

J’abhorre être en retard.

J’arrive en retard.

30 minutes.

Je salue des gens que je ne connais pas.

Le staff de Gabriella Cilmi.

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Je vois Sarah Ichi.

Celle qui m’a décroché l’interview.

Fondatrice avec Mathieu Bouillon de Spöka.

(J’en parle là).

Mais qui ne m’a pas donné la bonne adresse.

Ou alors, je n’ai pas fait gaffe.

Ce qui ne m’étonnerait pas de moi.

Mais je préfère accuser Sarah

C’est mieux pour ma réputation.

Et pour la crédibilité de mon blog.

Je suis en sueur.

Enervé.

Contre personne.

Contre la situation.

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Je demande : " qui me fait la traduction ? ".

Sarah s’y colle.

Bon, je lui pardonne.

A ce moment là, je considère qu’elle n’est plus tout à fait fautive.

Mais, j’espère qu’elle va assurer.

Parce que je suis une bille en anglais.

Sarah Ich a assuré.

J’ai donc pu faire une semaine spéciale Gabriella Cilmi sur 77FM.

Le résultat est là.

(5 magazines de 2 minutes 30).

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Peut-être aimeriez-voir ses deux clips officiels?
Le premier: Sweet about me.
Le second: Save The lies.

13 octobre 2008

Mort de Guillaume Depardieu.

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Je viens d'apprendre la mort de Guillaume Depardieu des suites d'une pneumonie foudroyante contractée il y a trois jours.

J'aimais bien le garçon.

Je republie sans toucher une ligne ma note sur notre rencontre.

Hommage donc.

e75394ee9763ae5d9dad789b6f22c02f.jpg Guillaume Depardieu a sorti un livre d’entretien (avec Marc-Olivier Fogiel) le 11 février 2004. J'ai déjeuné avec lui la veille.

Plutôt que Donner tout, il aurait pu s’appeler Dire tout. Il évoque avec force détail, la prostitution, la drogue, l’alcool, les relations houleuses avec son père, ses amours, mais aussi son avenir, la musique, le cinéma et surtout son nouveau combat contre les maladies nosocomiales. Quand on lui dit : paranoïa, mégalomanie, mal être, il répond : esprit rebelle, vérité et liberté. Guillaume Depardieu est complexe mais il s’en fout. S’il est loin d’être un saint, il a le mérite de la franchise. Rendez-vous chez Pépita, restaurant bien connu de la rue Bayard (avec franchement une petite crainte d’en prendre plein la gueule…son amour pour les journalistes étant plus que modéré).

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Il est attablé, seul et pensif. Lorsque je me présente, il m’observe avec acuité puis il dit, tout sourire:

Guillaume Depardieu : Tu manges avec moi sinon pas d’interview… (Est-ce du lard ou du cochon ?) Tu n’as pas le choix de toute manière ! Ils ont du fric dans ton canard. Tu feras une fiche ! (En se marrant franchement devant mon air perplexe)… et ne m’oblige pas à foutre mon pistolet sur ta tempe !

Mandor : (Comprenant la bonne blague) Mais ce sera avec plaisir… Pourquoi quelqu’un qui affirme en avoir marre qu’on évoque son passé choisi justement de le raconter.

Guillaume Depardieu: Au départ, je ne voulais pas. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’au contraire c’était une manière de botter en touche à chaque fois qu’on va m’emmerder avec ces histoires là ! Après ça, quand on me parlera de mon passé, je dirai « achetez mon livre ! ». Ca sera pratique.

: Vous avez été tenté d’enjoliver ou de dramatiser certains moments de votre vie ?

G.D : Non, c’était suffisamment fort comme ça. J’ai plutôt atténué. En fait, j’ai parlé de seulement 25% de choses qui me sont arrivées. Je ne voulais pas faire de mal à certaines personnes.

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: Vous dites dans le livre : « Le meilleur moyen de se trouver, c’était de se perdre. Quand on veut vraiment savoir qui on est, il faut tout essayer ».

G.D : L’écueil, c’est la répétition. Je ne me raconte pas d’histoire et j’essaie de profiter de mes expériences. Il faut aller de l’avant tout le temps !

: Allez, je vous cite encore : « J’étais une œuvre vivante en permanente mutation, comme tous les enfants aimeraient le rester », et de préciser : « l’erreur est d’avoir mis plus d’art dans ma vie que de vie dans mon art ».

G.D : Quand on est artiste, on a tendance à mélanger la vérité et la réalité. On est dans sa vérité. Moi, j’ai décidé de vivre complètement en adéquation avec ce que je pensais. C’est comme ça que j’en ai pris plein la tronche.

M : Parce que la société n’est pas faite comme ça…

G.D : En même temps, elle laisse un espace d’expression et de liberté qu’il faut exploiter au maximum.

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M : La liberté justement… Vous aimez dire que vous vivez dans la liberté la plus absolue.

G.D : Oui, ça me plait par ce que j’ai payé très cher cette liberté là, cette indépendance. Plus j’avance, plus je suis libre parce que je m’enlève toutes les fausses contraintes. Les vraies sont inhérentes à l’existence. Il suffit juste de les appréhender de manière saine, c'est-à-dire sans alcool. Light. Parce que moi, je n’ai vraiment pas besoin de ça !

M : Etes vous resté le même que celui dont la vie est racontée ?

G.D : Mais, bon sang, je ne changerai jamais ! Il ne faut pas confondre changement et évolution. Sur le fond, je revendique haut et fort ce que je dis et je le penserai jusqu’à ma mort. Et même après d’ailleurs…

M : Evidemment, il y a un long chapitre dans le livre sur votre accident de moto et votre amputation. Moi, je préfère insister sur votre combat actuel. Vous êtes le président d’honneur de l’association «Le lien ».

G.D : Oui, c’est une association qui vise à aider les victimes d’infections contractées dans une clinique ou un hôpital. Je leur envoie les personnes qui m’écrivent et qui ont besoin d’aide.

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: C’est pour votre fille de 3 ans que vous faites tout ça ? Ce livre par exemple, c’est pour qu’elle sache qui est son père ?

G.D : Un peu oui, mais elle n’aura pas le droit de le lire avant ses 16 ans. Vous savez, je l’ai appelée Louise. Comme Louise Michel. Ouvrez vos bouquins d’histoire les jeunes ! Voilà un exemple à suivre !

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Après l’entretien, il s’est détendu. Son secrétaire personnel, en aparté, me demande de lui envoyer mon papier avant parution. Ce que je refuse poliment. « Il va mal le prendre » me dit-il. Je demande à l’acteur :

-Vous voulez lire mon papier?

-Euh... d’habitude, oui, je l’exige… mais là, ce n’est pas la peine.

-C’est gentil de me faire confiance.

-Juste, ne me le faites pas regretter…

Guillaume Depardieu ne m’a pas cassé la gueule après parution.

Au contraire, quelques jours plus tard, j'ai reçu ce petit mot de sa part...

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Venant de lui, ça m'avait touché.

 

(Sinon, toutes les photos sont de ma copine Valérie Archeno. Merci à elle!).

(Précision du 13 octobre 2008: Attention! Les 7 premiers commentaires datent du 12 juillet 2007.)

02 octobre 2008

Nelly Olson Vs Mandor: match amical (très)!

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C’est amusant, j’ai rencontré un paquet d’artistes de tout poil et de tous les horizons sans que cela m’émeuve particulièrement.

J’aime les artistes et je passe ma vie à les rencontrer, c’est un fait établi.

Mais là, je dois dire… j’étais un peu ému.

La Nelly Oleson de mon enfance.

Celle qu’on a aimé détester en regardant La petite maison dans la prairie

Cette tête à claque de petite garce qui faisait rien qu’à embêter Laura Ingalls.

Un rendez-vous avec elle.

Hier soir.

Dingue le truc !

Tout ça parce qu’elle passe à Charny (Seine et Marne) le 17 octobre prochain.

Oui, parce que maintenant, Nelly Olson a grandi.

Et Nelly Olson, c’est pas son vrai nom.

Non.

En vrai, c’est Alison Arngrim qu’elle s’appelle.

Elle est toujours comédienne.

En ce moment, elle joue Confessions d’une garce dans la prairie dans quelques petits villages français. Comme elle me l’a expliqué, c’est un choix volontaire de sa part d’aller dans des endroits où personne ne vient jouer. Elle souhaite « une tournée familiale dans l’esprit de la série dans laquelle elle a joué et de son petit village de Walnut Grove. »

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Donc, me voici à Montreuil city.

C’est là que loge provisoirement l’ex-petite peste.

Chez une sympathique personne répondant au prénom de Gérald (et dont je n’ai pas bien compris qui il était dans l’histoire, à part un ex-fan et mon sauveur es-traductions quand je ne comprenais pas la dame.).

Accueil chaleureux, malgré mes trois quarts d’heures d’avance.

Ils venaient de rentrer de je ne sais où.

La table du salon était encore pleine de miettes.

Bon, au début, il y a eu un micmac.

Gérald pensait que je causais bien l’Angleterre.

Je cause bien mieux la France.

Donc l’interview a été réalisée dans un franglais des plus surprenants.

Mais Alison Arngrim s’est débrouillée comme elle a pu.

Bien.

Dans ce modeste appartement, je vous assure, cela me fait tout drôle de discuter avec elle.

Elle représente tellement une part d’enfance. Elle me raconte que lorsqu’elle tournait, les gens dans la rue (et principalement les jeunes) lui crachaient dessus et l’insultaient. Elle a souffert de ne pas avoir été aimée. Aujourd’hui, les choses ont changé. C’est l’effet inverse. Les gens l’adorent.

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Alison Arngrim ponctue l’interview d’interjections, de rires, de grands yeux ouverts. Elle me raconte ce qu’il y a dans son spectacle, sorte de stand up, intégralement en langue française, of course. C’est l’adaptation par elle-même et Patrick Loubatière (biographe officiel de La petite maison dans la prairie), d’un spectacle américain à succès.

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Avec Michaël Landon...

Dans ce spectacle, elle raconte comment on peut grandir avec une étiquette de garce, quelques anecdotes du tournage de la série, sa vision de la France, ses rencontres avec les célébrités françaises, les différences culturelles avec les États-Unis…le tout interrompu par des extraits sur écran géant des scènes les plus drôles de la série.

Bref, on se marre et on se souvient.

Une soirée drôlo-nostalgique.

Je tente de creuser un peu la vie qu’elle mène aujourd’hui, sa carrière de comédienne.

 

Elle me raconte le tournage du film de Mocky, Le deal (sorti en mars 2007).

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Avec Jean-François Stévenin dans Le deal.

Rien sur ce qui est d’ordre privé.

Tant mieux.

Je ne suis pas du genre.

Puis nous évoquons le fait qu’elle soit élue « garce la plus populaire de la télé » par une chaîne suisse (TV8). Edie Brit des Desperate Housewives arrive en deuxième position.

Alison Arngrim a une seconde vie. Plus humanitaire, celle-ci.

Elle est ambassadrice de la lutte contre le sida depuis 1986, et instigatrice de nouvelles lois américaines pour la protection de l’enfance (pédophilie…).

« C’est atroce, toutes ces choses ! »

Elle vient de recevoir la première « Protect National Leadership Award » et elle est la marraine de l’association belge Celebrities Unit for Child Protect.

Voyez qu’il faut gratter pour voir ce qui se cache derrière les apparences (voir note précédente).

Après l’interview, elle s’en va dans une autre pièce et reviens tout sourire avec des photos d’elle époque « petite maison ».

Je n’avais rien demandé, mais elle s’installe et me demande mon prénom.

Elle se met à dédicacer les photos.

La force de l’habitude, je suppose.

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Je lui en demande une pour ma femme qui n’en pouvait plus de savoir que j'allais rencontrer Nelly Olson.

"Tu lui diras que quand j'étais enceinte, je regardais tous les jours...".

"Oui, mon amour, compte sur moi!"

"Et puis aussi que quand j'étais jeune, je..."

"Oui, oui, promis!"

Evidemment, je n'ai pas dit tout ça.

Juste un peu.

 

(Les femmes sont impressionnables, je sais, je sais… pfff…)

Ensuite, séance photo sur le balcon.

Fait frisquet.

On se marre.

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Merci, c’était sympa, au revoir.

On se donne rendez-vous après le spectacle du 17 à Charny.

Je dis oui.

Je dis toujours oui.

Avec plaisir.

Mais, je ne viens jamais féliciter les artistes après un spectacle. Je ne sais pas quoi dire. Tout est toujours si convenu, banal que je préfère m’éclipser.

Quand je pense que, marmot, je n’avais qu’un souhait en la voyant. Lui tirer les couettes.

À la place, je lui sers la main chaleureusement.

Quelle girouette, je suis !

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(Spéciale dédicace à Ron...)

(Il existe un groupe rock bordelais qui s'appelle Nelly Olson... à découvrir ici!)

24 septembre 2008

Olivia Baum... ce soir au Réservoir!

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0602498402542.jpgJe connaissais mal Olivia Baum. Son album, Bande Originale, je l’avais pourtant reçu il y a plus d’un an et demi. Mais, la chanteuse était un peu noyée dans la masse des CD reçus.
Un de ses attachés de presse m’a incité à la rencontrer à l’occasion de la sortie d’un single inédit…Les jeux sont faits.
Je ne fais jamais ça d’habitude.
Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté.
Bon, vous me connaissez, je suis un peu curieux.
Et j’ai du mal à dire non.
C’est un problème ça, vous savez, dans la vie.

Les jeux son faits... en public!


En allant sur son MySpace, on peut y lire cette mini bio …
« Bien plus qu'une interprète du monde de la variété, Olivia Baum est en réalité une artiste complète, capable d'installer des ambiances lentes et chaudes (J'attends la balle qui m'assassine), dansantes et sucrées sur fond de sonorités soul et jazzy (Réalité(s))... De sa voix solide, elle rend hommage à des lieux et à des personnes, tout en ayant constamment à l'esprit que la musique reste un formidable catalyseur d'émotions."

Le 2 septembre dernier, j’arrive donc au Bar des Artistes.
Je l’observe à travers la vitre.
J’aime bien faire ça. C’est évocateur, un comportement pris sur le vif, je trouve.
Elle lit Courrier International.
Elle semble naturelle. Pas de posture.
Je m’approche.
Un sourire lumineux, une poignée de main et vouvoiement de rigueur.

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Pendant toute l’interview, je n’ai pas réussi à briser la glace. Je n’ai pas trouvé le chemin où m’engloutir pour obtenir ce que je voulais. Un truc un peu personnel.
Peut-être un peu crevé moi, parce qu’Olivia Baum est une fille sympathique et fraîche.
Je n’étais pas inspiré pour dépasser mon travail de journaliste.

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Elle répond à mes questions.
En pro.


-J’ai grandi avec la Malka Family. Je les côtoyais même. Mais, je suis passée à la musique professionnellement grâce aux rencontres de la vie. Des artistes talentueux m’ont aidé à franchir le pas, à faire mon album et à avoir mes propres compositions. Je peux nommer Bastien Burger. Il a cosigné les compositions avec moi et a coréalisé l’album avec Dominique Blanc-Francard. Didier Golemanas, Pierre-Dominique Burgaud et Tété m’ont signé quelques perles…


-J’ai toujours un petit carnet sur moi, je m’inspire de tout ce qui m’entoure, des gens. Je suis une contemplative.

-Pour être chanteuse, il faut se remettre en question souvent, il ne faut surtout pas oublier d’être généreuse. La musique, c’est un don de soi.

-J’ai un style clairement pop. Après, c’est au niveau des arrangements que l’on peut colorer ses chansons avec ses influences personnelles.

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-Moi, je me refuse les barrières. Je tente tout de même de créer une cohérence dans ma musique, c'est-à-dire, rester toujours très pop. Mais j’aime inclure la fusion des genres et tout ce qui est métissage musical.

-J’ai longuement hésité entre la chanson et journaliste cinématographique.

Voilà, des informations de ce genre…

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A la fin de l’interview, je lui demande ce qu’elle lit en ce moment.
J’ai beaucoup aimé sa réponse : Tonina Benacquista : Quelqu’un d’autre.

Quoi? Les photos mandoriennes?

Si, si, y en a.

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Pourquoi ne souris-je pas en si belle compagnie?


Pour découvrir la belle talentueuse demoiselle dans ses œuvres…
C’est ce soir au Réservoir.
Parfois, la curiosité est un bien joli défaut.

Le clip de : En chacun de nous.


Et youplaboum! un cadeau bonus...

23 septembre 2008

Thomas Fersen: le retour (1)

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Plus jamais, ça!

Ce matin, j'avais une heure d'avance à mon rendez-vous chez Thomas Fersen.

Je me gare devant chez lui à 10h30, pour 11h30.

Que faire, en attendant?

Je marche.

Dans son quartier.

Tombe sur un Jean-Louis David de mes deux.

J'y rentre.

Explique que je veux juste rafraîchir ma coupe.

(Non, parce que je déteste être ratiboisé...)

Et youpla boum!

Massacre à la grosse tondeuse!

Une coupe de merde de la mort qui tue.

J'arrive chez Thomas Fersen, le front plein de cheveux fins.

Quelques uns finissent par tomber sur mon nez pendant l'entretien.

J'éternue.

Cause, les cheveux qui se débrouillent pour s'incruster insidieusement dans une narine.

(Les gars de la narine, z'ont rien fait pour empêcher ça!)

(Ce jeu de mot capillo-tracté (c'est le cas de le dire!) est dédié à Largentula!)

Pfff...

Ca c'est de la note musicale, convenez-en!

Ouaips!

Je suis un pro, il est bon de le rapeller.

Sérieusement, bientôt ici, le compte rendu de cette deuxième rencontre en moins d'un an.

(Pour relire la première, c'est ici!)

Son nouvel album Trois petits tours, j'en suis dingue!

(Je l'ai chroniqué pour Virgin, ).

La suite dans quelques jours...

(en attendant, régalez-vous avec ma tête d'oeuf!)

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Ces deux photos ont été prises par bibi ce matin, dans son jardin, après l'interview.

22 septembre 2008

Mandorisation champagnisée avec Eric Genetet!

eho_genetetp.jpgPour moi, c’est un exercice extrêmement difficile. Et à chaque fois que cette situation se présente, je ne suis pas très bon. Je le sais, je n’arrive pas à faire semblant.

Interviewer quelqu’un que je connais bien n’est pas ma spécialité.

Lorsqu’il s’agit d’un véritable ami de longue date, encore moins.

Eric Genetet sort un livre. Le Fiancé de la lune.

 

En 6eme, à Freiburg (Allemagne), nous étions (très) amoureux de la même fille.

Marilyne, elle s’appelait.

Quelques années plus tard, nous nous sommes retrouvés de 1992 à 1994 à Strasbourg, lui et moi animateurs à Top Music. On aimait travailler en binome.

Il m’a hébergé chez lui quand j’ai eu quelques soucis de cœur…

Je n’ai jamais oublié qu’il m’a été d’un grand secours moral.

 

Bref, Eric Genetet sort en 2008 un livre.

Il vient d’être sélectionné parmi les auteurs défendus par les magasins Cultura.

Je leur laisse le soin de faire le pitch du livre.

Je ne peux pas passer à côté.

Je l’ai lu, j’ai aimé.

Mais, je l’ai lu en pensant à ce que je connaissais de lui.
Lecture brouillée.

Il m’a appelé, je suis venu.

 

Rencontre, jeudi soir dernier, chez Drouant (dont il est un ami personnel des patrons…)

 

Une table, un micro, du foie gras et une coupe de champagne.

 

eho_genetetc.jpg- Ça m’énerve de lire que c’est ton premier roman. J’ai chroniqué Chacun ton Foreman dans Virgin ! (Mon pote Frédéric Vignal aussi!) Je ne sais pas en quoi ça fait bien d’insister sur le fait que Le Fiancé de la lune est ta première œuvre. Je trouve ça énorme !

 

-On va en parler… L’histoire démarre il y a 3 ans avec un premier livre qui n’est pas vraiment un roman. C’était un récit. Une commande strasbourgeoise, quoi ! Le distributeur n’était pas très performant, aucune autre ville ne l’a eu dans ses librairies. À propos de ton article, je me souviens parfaitement que tu avais écrit que j’étais le nouveau Yves Simon. C’est marrant parce qu’après, j’ai vécu un rêve.

 

-Tu as rencontré Yves Simon, ton idole littéraire de jeunesse ?

 

-Mieux que ça. Pendant un an et demi, je suis venu écrire Le Fiancé de la lune à Paris dans le fameux appartement des éditions Héloïse d’Ormesson. Un jour, au Flore, Gilles Cohen Solal me présente Yves Simon. Je lui offre mon roman, euh… mon récit. Le lendemain, j’y retourne et au moment de partir, je croise Yves Simon et il me dit : j’ai lu ton livre, j’adore ton style.

Yves Simon, le mec qui m’a donné envie d’écrire.

 

-Aujourd’hui que tu as grandi, évolué, tu es toujours aussi fan de cet auteur ?

 

-Oui, mais, je ne l’ai pas relu. Le voyageur magnifique est un livre que je n’oublierai jamais. Il m’a accompagné pendant des années.

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Quel beau gosse ce type! Désormais, il me convoque chez Drouant. Classe...

 

-J’ai un peu parcouru ce que l’on dit de toi sur Internet. C’est assez dithyrambique, mais tout le monde insiste sur ton image de romantique…

 

-Cette image m’embête parce que je ne suis plus ça.

 

-Dans Le fiancé de la lune, qu’est-ce qui rapproche Arno Reyes d’Éric Genetet ?

 

-Des préoccupations similaires, peut-être. L’arrivée de l’enfant, l’angoisse du père, les questions que l’on se pose, la transformation de la relation avec la mère de l’enfant. Ça, c’est personnel, le reste non.

 

-Je suis toujours étonné par ton écriture. Épurée, pas de fioritures… elle ne correspond pas à ce que je connais de toi. Je trouve que tu es un peu plus fou fou dans la vie, malgré ton apparence calme. Cela dit, on ne se voit plus comme avant, tu t’es peut-être assagi.

 

-Ben, j’ai plus de 40 ans, j’ai changé. Mais, je suis quand même un peu d’accord avec toi. Tu sais, ce livre a été écrit avec les tripes, mais édité. C'est-à-dire qu’il y a eu un travail d’édition dessus. Quand j’ai donné ma première version, Héloïse d’Ormesson a écrit quelques notes dessus et elle m’a surtout dit un truc essentiel : tu dois passer une petite couche de vernis dessus. Pour moi, ça voulait dire épurer. Héloïse a fait son travail d’éditrice. Quand tu es sur un texte pendant deux ans, je t’assure, tu n’as plus aucun recul. Tu ne sais plus ce que tu dois écrire… Elle ne m’a rien imposé, elle m’a juste alerté sur des détails, mais j’ai tout pris en compte. J’ai rendu une deuxième version, puis une troisième. Moi, je suis très heureux d’avoir été édité par Héloïse… pas juste publié, je dis bien édité.

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C'est qu'il est fier le bougre!

 

-C’est la première fois que j’entends ce discours en interview. Un écrivain suggère généralement qu’il a tout fait lui-même sans l’aide de personne.

 

-C’est un travail de collaboration. Je le souhaite comme ça, en tout cas.

 

-Ca y est, tu es devenu une star mondiale grâce à ce livre ! Je suis fier d’être ton ami.

 

-Que t’es con ! Toi, par contre, tu n’as pas changé. Toujours ce même sens de l’humour…

 

-Mais, franchement, c’est top classe de dire que tu es écrivain, non ?

 

-J’ai trop de respect pour des gens qui écrivent toute la journée et qui publient des chefs d’œuvres… moi, j’aime bien dire que je suis auteur d’un livre. Je ne suis pas encore écrivain, je le deviendrai peut-être un jour. Je me vois plus devenir écrivain vers la fin de ma vie.

 

-Est-ce qu’être édité dans une maison d’édition reconnue te donne te l’assurance ?

 

-Ca donne confiance. J’ai déjà commencé le troisième et…

 

-Le deuxième tu veux dire. Parce que le premier était un récit, non ?

 

-Euh… oui, le deuxième.

 

-C’est difficile de faire comme si, hein ?

 

-Donc, je viens de commencer le deuxième. Hum !

 

-Bon, il faut que je te dise. J’ai eu du mal à avoir une opinion définitive avec ton livre. Parce que je te connais trop et je n’arrêtais pas de faire des rapprochements avec ce que tu es.

 

-Je te comprends bien. Surtout toi, je t’ai envoyé mes tout premiers textes pourris qui étaient les prémices de ce que je voulais faire.

 

-Ils étaient loin d’être pourris, crois-moi. J’étais déjà même un peu impressionné.

 

-Je vais encore progresser, tu verras. Je suis complètement autodidacte sur la totalité de ce que je fais dans la vie, parce que je ne suis pas allé beaucoup à l’école, je n’ai pas fait d’étude. J’ai appris les choses que je sais aujourd’hui depuis l’âge de 18ans. Je m’en fous, je suis ce que je suis, ça donne une écriture sans code, sans référence. C’est peut-être ce qui permet d’avoir une vraie sincérité.

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Là, c'était lors de l'anniversaire des 3 ans des éditions Héloïse d'Ormesson. Le 16 mars dernier.
Au centre, Isabelle Alonso.

 

-Les histoires d’amour que tu racontes ne sont jamais simples. C’est encore un rapprochement que je fais avec le Eric Genetet que j'ai toujours connu.

 

- Dans la vraie vie, la relation à deux, l’amour, ce qu’on essaie de nous faire croire depuis l’enfance n’est qu’une vaste fumisterie. Je crois profondément que les hommes et les femmes ne sont pas faits pour vivre ensemble. On tente quand même parce que l’idée est pas mal, le tableau est joli. C’est une arnaque et quand on a compris ça, je crois finalement qu’on peut finalement le vivre, parce qu’on l’aborde différemment. On ne cherche pas à être le prince charmant pour une femme ou la princesse pour un homme.

 

-Tes héros cherchent pourtant toujours leur alter ego dans tes romans/récits !

 

-Oui. Dans Le fiancé de la Lune, Giannina est une princesse. Quand Arno la voit, c’est tout de suite l’héroïne de ses rêves.

 

-Paradoxe, donc.

 

-Paradoxe, en effet.

 

-Pourquoi ce titre très énigmatique ?

 

-Depuis que je suis papa, ça fait 4 ans, je me pose une question essentielle parmi d’autres questions essentielles, c’est : jusqu’à quel point on influence la vie de nos enfants? Par nos gestes, nos mots, nos passions. Je me dis que si le papa était totalement passionné par la lune, son fils a de grandes chances d’être passionné également. Ce roman se déroule dans un futur proche. On peut voyager sur la lune. Le fils, Arno, a tout fait pour être un des premiers à être de ce voyage extraordinaire. C’est un lien avec son père. Pour comprendre mieux le titre… il faut lire le roman. Si j’explique pourquoi Le fiancé de la lune, j’en dis déjà trop.

 

-C’est vrai. Selon toi un livre doit-il s’expliquer ?

 

-Non, évidemment. Il doit se ressentir. On lit, on ressent des choses, peut-être qu’on adapte certaines situations à sa propre vie, on peut aussi trouver des réponses à deux trois petites questions de sa vie personnelle en lisant un livre. Pour mon livre, j’espère que des mecs se diront : oui, j’ai un comportement comme ça, peut-être changer quelques bricoles pour être un peu mieux.

 

-Comment réagit ta famille par rapport à ton nouveau statut d’écrivain.

 

-Je n’en sais rien. Juste ma mère m’a dit : la prochaine fois, tu éviteras de faire pleurer ta mère. Je ne suis pas dans une famille où on exprime ses sentiments. Tu les connais.

 

-Tu te souviens qu’on s’était dit naguère : le premier qui réussit en littérature aide l’autre !

 

-Oui. Mais tu connais plus de monde que moi dans ce milieu… tu connais même mon éditeur. Si tu écrivais un livre, ce serait un bon début, non ?

 

-Changeons de conversation. Tu es animateur/journaliste, tu connais toutes les ficelles du métier, ça te fait quoi de renverser les rôles ?

 

-Si le journaliste est bon, tu deviens bon. S’il est nul, tu t’embourbes. Parfois, je me demande pourquoi il pose cette question à ce moment là de l’interview et pas un peu plus tard… des détails sans importance. J’ai ma méthode d’interview, mais je tente de me détacher de cela. Ta méthode à toi est bordélique, mais diablement efficace, mon salaud. Tu conversationnes.

 

-Oui, je tente de sortir du traditionnel "question réponse".  Bon, on arrête là, ch'uis nazebroc. C’est épuisant d’interroger un pote…

 

-François, tu me promets d’être super sincère. Pas de flagornerie dans ta note !

 

-Promis, Mandor est un pro. Pas de favoritisme !

 

Pas de favoritisme, ok! mais des images qu'il n'aimerait peut-être plus voir.

Avant cela, voici quelques critiques du livre (beaucoup plus constructives que la mienne!)

Celle de Clarabel, de Daniel Riot, de Rencontresdartistes, d'à lire, d'actualité du livre, de cultura et enfin celle de ma chère amie ecaterina.

Hé hé!

 

Le voici le BONUS TRACK de la mort qui tue!

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Avec le réalisateur Alain Cavalier le 8 novembre 1993 à l'hôtel de la cathédrale.
Strasbourg.
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Avec Dany Brillant à Top Music le 15 février 1994.
Strasbourg.
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Avec Florent Pagny et un nainconnu le 16 juin 1994 à Top Music.
Strasbourg.

25 août 2008

Tatiana de Rosnay... auteur(e) mondiale!

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Vendredi dernier (22 août).

-Allo, Tatiana !

-Oui ?

-C’est François !

-Qui ?

-François Alquier !

-Qui ?

-Ben, Mandor quoi !

-Hein ?

-Tu sais le jeune, beau et brillant journaliste blogueur que tu as connu avant que tu sois un auteur best-seller ?

-Pfff… t’es con ! J’entendais très mal. Et d’abord, pourquoi ton numéro ne s’affiche pas ?

-…

-Non, parce que je tu es dedans normalement.

-Bon, je t’appelle pour te proposer un truc fou que tu es obligée d’accepter.

-C’est encore un rendez-vous improvisé et rapidement ?

-Euh… oui.

-Pour quand ?

-Euh… demain.

-Demain samedi ?

-Ben oui, tu sais, en semaine, je suis un peu bloqué sur Meaux, alors, je me disais comme ça, si tu avais un petit moment.

-Bon, je vais tenter de m’organiser. Pfff… c’est compliqué, mais je te rappelle.

(Vous le savez, quand je raconte une conversation téléphonique, je traficote un peu les propos… mais pas tant que ça !)

Et donc, Tatiana de Rosnay et moi, nous nous sommes vus samedi après-midi, au soleil, sur la terrasse d’un café de la rue Raymond Losserand  (Les Tontons).

L’excuse à ce rendez-vous était la réédition, juste avant l’été, de son livre La mémoire des murs (aux éditions Héloïse d’Ormesson) et la sortie d' Elle s’appelait Sarah au Livre de Poche.

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Je vais éviter les questions qu’elle entend systématiquement.

Pour parer aux éventuelles redondances, Tatiana de Rosnay a publié récemment sur son blog une FAQ.

À lire, donc, avant de continuer.

Ca y est ? C’est fait ?

OK !

Merci !

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Top départ :

9782253122081-G.jpg-Pourquoi la réédition d’un livre sortit en 2003 ? Un coup marketing ?

(Oui, c’est terrible… J’aime jouer au " méchant ".)

-Non, tout simplement parce que mes précédents livres sont tous épuisés. Aujourd’hui, j’ai récupéré les droits de pratiquement tous les titres. Ca a été long et compliqué, mais je l’ai fait. Tu vas les voir renaître soit en poche, soit aux éditions Héloïse d’Ormesson. Sortir La mémoire des murs était logique, puisque j’ai écrit Elle s’appelait Sarah juste après.

-Tu l’as retravaillé ?

-Non, Héloïse m’a juste demandé d’ajouter une préface afin d’expliquer comment ce livre-là a ouvert la porte à Sarah. Le texte est intégral. Je n’ai pas eu besoin de changer quoi que ce soit. En le relisant, j’ai trouvé qu’il tenait la route. On suit bien la spirale atroce de la folie de cette femme.

-Pascaline, l’héroïne de La mémoire des murs, est-elle imprégnée de ce que tu as vécu toi même ?

-Je n’ai pas vécu le drame qu’elle vit dans sa vie personnelle. Je ne suis pas non plus divorcée… Le seul lien, c’est que j’ai effectivement aménagé un jour dans un immeuble jouxtant un autre où le tueur en série Guy George a tué sa première victime. Ça m’avait horrifié. Tous les soirs, en rentrant, je voyais la lumière allumée dans la pièce où avait eu le drame. Je me suis demandé comment on pouvait habiter un endroit pareil. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de cette histoire.

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-Tu crois réellement que les murs ont de la mémoire, des âmes?

-Si on a une sensibilité prononcée, je crois qu’on peut ressentir certaines choses dans certains lieux. Moi, ça m’arrive souvent de me sentir bien ou mal quelque part, sans en connaître les raisons. Je ne préfère d’ailleurs pas savoir pourquoi. Tu sais, lors de la promo de ce livre, j’ai reçu pas mal de mails de témoignages de personnes qui ont vécu des évènements insensés et parfois terribles en aménageant dans des maisons. Je ne suis donc pas un cas unique.

-Ton livre est parfois difficile à supporter, car certaines scènes sont douloureuses à lire, surtout quand on est parent.

Ma mère n’a pas pu lire ce livre. Mon père, quand je l’ai fini, m’a demandé si je voyais un psy et si je dormais bien. Je dois t’avouer que jamais je n’ai autant souffert en écrivant un livre. Je n’étais jamais allée dans des terrains aussi noirs et sombres. J’ai dû me faire violence pour écrire certaines scènes. Elles m’effrayaient moi-même. D’habitude, quand je commence un roman, je sais où je vais. Là, non. Je partais juste de cette Pascaline qui rentre dans cet appartement où un meurtre ignoble a été commis. Ensuite, j’ai eu du mal à trouver quel chemin je devais prendre. Il fallait lier le drame de ce meurtre épouvantable à quelque chose de très personnel pour Pascaline. C’est là que j’ai compris qu’en tant que mère, en écrivant un livre comme ça, c’est une mise en danger. J’ai une fille, toi aussi. Nous savons donc que l’on vit dans la peur permanente de ce qui peut arriver à ses enfants.

(Oui, en en ce moment, Tatiana de Rosnay ne croit pas si bien dire…)

-L’écriture de La mémoire des murs fut donc une véritable épreuve ?

Franchement oui. Mais, ce livre m’a permis d’explorer l’indicible et sans lui, Elle s’appelait Sarah aurait été très édulcoré, limite à l’eau de rose.

-Ce livre, tu l’as écrit avec les tripes.

-Oui, les précédents, c’était de la gnognotte. Ils étaient gentils, inoffensifs.

grdvoisin.jpg-Puisqu’ils vont ressortir, tu n’as pas envie de les " retravailler " ?

-Non, je ne vais pas " remachiner ", " rebidouiller " des choses qui existent dans leur jus. Ces livres là correspondent à ce que j’étais à une époque. Je ne vais pas me renier. Il y en a un qui est carrément érotique, Le dîner des ex, dont à vrai dire, j’ai un peu honte aujourd’hui. Il y en a un autre, Le voisin, un pseudo polar qui est assez efficace comme ça. Bref, il faut assumer ce que l’on a écrit.

-Un jour, tu m’as dit qu’au fond, intérieurement, tu avais une certaine noirceur.

-Je ne le montre pas en tout cas. Les gens qui me connaissent dans la vie savent que je fais souvent la pitre. Je raconte des blagues, je fais des imitations… je fais parfois pleurer de rire mon entourage. J’adore ça. Dans mes livres, souvent, je suis sinistre, c’est vrai. Je pense que j’ai un fond grave et angoissé.

-Parlons chiffres, je sais que tu adores ça ! Le poche d’Elle s’appelait Sarah a cartonné il me semble…

-Tu sais très bien que je n’aime pas ce genre de questions… mais je vais te répondre. 130.000 exemplaires vendus.

-Plus 40.000 exemplaires dans la version sortie chez Héloïse d’Ormesson. Ça commence à chiffrer… et dans le monde entier ?

-Tu ne vas pas me croire, mais c’est vrai. 500.000 exemplaires. Quand on m’a annoncé ça, j’ai demandé si ce n’était pas plutôt 50.000.

-Woaw ! En plus, dans certains pays, il ne va pas tarder à sortir. Il manque encore 5 traductions.

-Je l’avoue, je n’en reviens pas.

-Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal font tout pour te garder, je présume.

-Je vais te dire. J’ai toujours été très bien traité dans cette maison d’édition. C’est vrai que je suis très sollicitée en ce moment, je ne te le cache pas, mais je n’ai aucune envie de m’en aller. Dis le bien sur ton blog. Même avec des ponts d’or, je ne partirai pas. Je suis très bien chez eux. Héloïse est une femme qui respecte infiniment ses auteurs et leurs ouvrages. Là, nous sommes en train de travailler ensemble mon prochain livre Boomerang. Il n’y a ni prise de tête, ni rapport de pouvoir. Je suis contente de l’avoir connu maintenant parce que d’ici une dizaine d’années, ce sera tellement une grosse maison, que l’on aura plus la chance et le privilège de travailler avec elle en direct. Je pense que c’est une très grande éditrice. Quant à Gilles, on l’aime où on ne l’aime pas, mais je trouve que c’est un personnage extraordinaire.

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-Parlons de Boomerang, ton prochain roman qui devrait sortir en avril 2009. Je sais juste que c’est un homme d’aujourd’hui confronté à un sombre secret de famille.

-Ce livre, c’est un gros truc et pas léger du tout. Je ne te dis rien.

Quelques secondes plus tard…

-Bon, tout ce que je peux te dire, c’est que cet homme va se retrouver coincé entre ce secret qui revient comme un boomerang (qu’il tient de sa mère qui est morte) et sa vie d’homme d’aujourd’hui. Divorcé, un boulot d’architecte qui ne lui pas beaucoup, 3 ados qui lui font mener une vie infernale…il va être pris en sandwich entre le passé qui ressurgit et le présent qui est déjà très lourd à gérer. Mais il va faire une rencontre absolument extraordinaire. Une femme. Angèle. Une thanatopractrice qui conduit une Harley Davidson. Je n’ai jamais été aussi emballé par une de mes héroïnes. Quant à mon héros, je le raconte en tant que fils, père, mari, amant. J’ai beaucoup observé les hommes de mon entourage pour construire ce personnage. Et tu sais quoi ?

-Non.

-J’ai dû écrire des scènes d’amour.

-Avec du sexe et tout et tout ?

-Oui.

-Ah ! J’ai hâte de lire ça. Il y a aussi une autre nouveauté dans ton œuvre. Il y a des passages drôles. Tu t’agnesabecassises ?

(rires)

-Tu ne crois pas si bien dire. Il y a peut-être deux écrivains qui ont déteint sur moi récemment. C’est Abha Dawesar (mandorisée ) qui m’a fait parler de cul et Agnès Abécassis (mandorisée ici) qui m’a fait mettre du rire. J’aime beaucoup ces deux personnes autant que leurs livres.

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Avec Abha Dawesar, la caution "cul".
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Et la toujours très sérieuse Agnès Abecassis, la caution "rire"...

Voilà, fin de l’interview… nous avons ensuite un peu parlé du milieu de l’édition. Sujet qui nous passionne tous deux. Puis de sa tournée américaine entre le 7 et le 14 novembre. Sept conférences en une semaine pour parler de sa Sarah. A Saint-Louis, Atlanta, Detroit, Chicago, Cincinnati, Milwaukee et Miami (peut-être pas dans l’ordre…)

Tant que j’y suis, je vous annonce qu’elle publie dans le VSD de cette semaine, une nouvelle. Amsterdamnation…

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Je ne vous quitte pas avant faire le point sur ses nombreux sites, blogs, MySpace, facebook (non, parce que faut suivre...)

Site officiel.

Blog en langue française.

Blog en langue anglaise.

Blog "international" consacré à l'aventure Elle s'appelait Sarah.

Myspace.

Facebook.

(Cadeau bonus: quelques notes mandoriennes dont elle est déjà l'héroïne: , là et ...)

19 août 2008

Amazing Grace!

Grace est une parfaite inconnue, mais risque bien de ne pas le rester longtemps. Le disque Hall of Mirrors, aux influences planétaires (rien de moins), est un disque majeur. Cette jeune femme aux allures de danseuses orientales est une Américaine (née au Canada), empreinte de spiritualité et de sagesse. C’est en tout cas ce qu’elle dégage à l’écoute de ce premier album folk- blues- reggae-soul en tout point réussit.

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Mon rendez-vous s’est tenu le 25 juillet dernier dans le bureau du président de Universal Music France, Pascal Nègre. Avant de rencontrer la belle, je patiente tranquillement sur le canapé. Un homme s’assoit à côté de moi en me disant bonjour. Je suis en train de relire mes notes. J’entends qu’il me pose une question. Sa voix me dit quelque chose.

Je réponds : « non, non, je n’attends pas monsieur X ! (je ne me souviens plus du nom…) Je patiente pour interviewer Grace. »

L’homme me dit : « Tant mieux, je suis un peu pressé, ça m’évitera d’attendre…». Il se lève, je le regarde et Florent Pagny me lance : « bonne attente ! ». Je souris en repensant à ce jour où Eric Genetet et moi, l’avions déguisé en nain lors d’une interview.

Bref, je m’égare.

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Grace m’accueille avec un sourire timide, une poignée de mains chaleureuse, mais semble trouver incongrue l’idée de devoir parler d’elle à un inconnu, même s’il est journaliste.

-C’est tout nouveau pour moi et ce n’est pas un exercice facile pour quelqu’un qui pense tout exprimer de sa vie et de sa pensée dans ses chansons.

Plutôt humble de nature, après maintes questions, la chanteuse finit par expliquer qu’elle est une enfant de la balle et que sa vie a toujours été bercée par la musique… par « les » musiques, serait plus exact.

-Mes deux parents sont des musiciens de « folk » américains et j’ai vraiment grandi en tournée avec eux. J’ai appris à marcher dans un bus.

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Je vous passe sa vie de baroudeuse en Alsace, en Californie, dans le Montana ou à Paris.

-Je n’ai pas de repère. Je me sens chez moi partout et je me sens étrangère partout. C’est paradoxal, mais je suis ainsi. Je m’identifie à une gitane.

C’est l’Afrique et l’Inde qui semblent avoir influencé sa musique et sa façon de vivre.

-Au Kenya, on a fait des rencontres absolument fabuleuses dans le désert. C’était transcendant pour un enfant de 7 ans de vivre avec la musique acoustique du désert. C’était un élément déclencheur important de mon amour pour la musique africaine.

Grace raconte ensuite ses allers-retours vers ce continent pour apprendre l’art des griots. Nomade insatiable, elle part ensuite en Inde pour s’imprégner de yoga et de musique soufie.

-Je suis un peu révolutionnaire. Je veux comprendre comment fonctionnent l’être humain et plus généralement, la marche du monde… Je lis beaucoup puis j’explore les concepts que je lis, j’écris aussi énormément. J’adore les ponts entre la musique, les gens et la littérature. La planète est tellement petite, personne ne se rend compte qu’on est tous pareils. On passe son temps à parler de nos différences alors qu’au fond, on veut tous la même chose.

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Avec une voix exceptionnelle, elle aborde dans ses chansons des thèmes universels dans lesquels l’amour, la tolérance et la fraternité dominent.

-Je me considère comme une « transmetteuse ». Avec la musique, on a une responsabilité. On doit partager des valeurs. Je ne prends surtout pas à la légère le fait d’avoir la parole, je vais en profiter pour ne pas la gâcher et pour creuser sur la vérité. Vous savez, partager et donner, c’est aussi recevoir.

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Je suis assez conquis par la demoiselle, mais son discours un chouia ésotérico-naïvo-philosophique me laisse de marbre. Je lui demande si, pour elle, faire un disque est une suite logique de son parcours de vie.

-Ma mère possède encore des chansons que je chantais quand j’avais 4 ans. Je les avais inventé moi même. Dans la famille, on écrit tous des chansons. Ca fait partie d’un fonctionnement. On digère la vie avec la réponse musicale. La musique, finalement, je l’ai apprise de manière intuitive… et non scolaire.

Elle chante donc depuis son enfance et sa guitare est toujours à portée de main.

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Aujourd’hui, Grace interprète, sans aucune once de prétention, « la sensation d’être perdu, alors qu’il suffit souvent d’ouvrir les yeux pour avancer, la difficulté des rapports amoureux, la rébellion contre l’égoïsme qui fait tourner le monde, ou l’affirmation que la vraie richesse est celle du cœur…

Le premier album de Grace Hall of Mirrors (sortie le 15 septembre) est une pépite dans laquelle chacun peut deviner son propre reflet. À découvrir impérativement !

Voici son premier (et superbe) clip: Imagine One Day.


Des extraits de concerts sont visibles sur son MySpace.
La critique élogieuse et bien sentie d'Impudique.net.

22 juillet 2008

William Baldé... MC solaire!

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"Un matin suspendu
Au fleurs de ton jardin,
Ma main sur ton petit cul,
Cherche le chemin… "

Il y a des chansons qui encombrent des carrières.

Ce tube de l’été (que l’on entend partout) va coller à la peau de William Baldé très longtemps.

Et c’est dommage parce que cet artiste là (qui n’est pas un perdreau de l’année : 43 ans et des années de carrière), vaut largement plus que cette honnête chansonnette.

Son album En Corps Etranger est un bijou reggae, pop, folk, soul.

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La Spöka team m’a arrangé un rendez-vous en deux temps, trois mouvements…

Rares sont les fois où j’arrive à la bourre à un rendez-vous, mais ce mercredi 16 juillet, ce fut le cas. Un quart d’heure de retard, ce n’est pas bien grave. Sauf pour moi. J’arrive dans la pièce où m’attend William Baldé. Il lit tranquillement un journal en m’attendant. Je lui demande de m’excuser.

Il sourit gentiment. Je crois qu’il s’en fout. Cool attitude !

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Je passe sur ses origines : " William est né à Kindia, élevé à Conakry, la capitale guinéenne par sa mère médecin, avant d’être envoyé à Dakar où vit son père, tailleur et styliste, d’origine peule et touarègue. A l’âge de 15 ans il débarque à Paris où il espère devenir avocat, mais bien vite, il fréquente des musiciens bohèmes avec qui il finira par interpréter des succès internationaux sur les marches du Sacré-Cœur, dans le métro et dans les bars ". C’est ce qu’explique, en substance, le dossier de presse.

Bon, je vais vite, parce que parfois, les bios, c’est limite lassant à lire…

l_bd7c93236f2902035a4f590b9d813d64.jpgEn 1996, le sympathique Baldé sort un disque chez EMI avec d’autres musiciens. Ils forment le groupe Yuba. Le public n’est pas au rendez-vous.

-Déjà qu’un artiste doute tout le temps, alors, quand on a l’occasion de signer dans une maison de disque et que ça ne fonctionne pas, on se remet forcément en question. Notre album était en wolof (la langue du Sénégal) et en anglais. La personne qui nous a découvert s’en fichait complètement parce qu’il aimait notre travail. A la sortie de l’album, il a été remercié et, dans le même temps, les quotas sur la chanson française sont apparus. La maison de disque n’a pas su trop quoi faire avec nous.

Pas folle la bête, le premier album solo de l’ami William est donc en langue française (à l’exception près de Sayiima lagissé et Yönn-gui, sa chanson préférée du disque…).

-C’était un défi. J’étais tellement vexé par rapport à Yuba que je me suis dis que j’allais travailler comme un fou la langue française, de manière à ne pas avoir honte de mes textes. Il faut dire que j’avais placé la barre très haute. Mes références sont Léo Ferré, Jean Ferrat, Jacques Brel et Edith Piaf. J’aime aussi beaucoup Berthe Sylva.

Je plaisante avec lui en lui suggérant de sortir un jour un disque intitulé : William Baldé chante Berthe Sylva. 

Il se marre.

Il est poli.

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Bref, je persiste à dire qu’il ne faut pas que vous vous contentiez de juger cet artiste sur Rayon de soleil. Il y a des chansons magnifiques comme En corps étranger, Sweet Lady ou Exil.

-J’ai fait des chansons sociales, parfois sombres. Je n’avais pas envie de plomber l’ambiance dès le premier disque. Que le public me découvre avec un titre léger et rigolo, ça ne me dérange pas. Je leur demande juste de faire l’effort d’écouter le reste, d’essayer de me découvrir réellement avec mes autres chansons.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’apprends par Warner que le disque est déjà disque d’or en moins d’une semaine.

N°1 des singles.

Ce qui laisse présager un score plus qu’honorable à la rentrée…

Le clip, objet du délire...

 

Comment William Baldé gère-t-il ce succès (pas si soudain que cela) ?

-Je n’en reviens pas. Heureusement que je fais de la promo, comme ça, je cours tout le temps. Je n’ai pas le temps de réaliser. En fait, ce sont les copains qui me disent qu’ils n’arrêtent pas de me voir à la télé, sur Internet, à la radio. Je pense que pour ne pas perdre la tête quand arrive un truc comme ça, il vaut mieux avoir un peu de vécu professionnel, afin d’avoir un peu de recul. Moi, j’ai eu mes années de métro, de bars... Je relativise donc un peu tout ça.

Il s’arrête, réfléchit puis ajoute.

-Je suis surpris par la réaction de mes 2 filles. Elles m’ont vu des années un peu galèrer pour jouer, mais elles me disent aujourd’hui que ce qui arrive autour de moi est une évidence. Une évidence, elles disent. C’est fou ça ! Je me dis que je ne dois pas m’affoler. Ce succès peut ne pas durer. Le marché du disque étant ce qu’il est, il faut raison garder.

Effectivement, difficile de s’enthousiasmer trop longtemps.

Le sieur Baldé tient à ce que je précise qu’il remercie Christophe Maé.

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Au milieu, ce n'est pas Louisy Joseph.

-Un jour, un mec nous a demandé de chanter avec nous. Je lui avais dit de passer en première partie. Il était étonné parce qu’on n’avait pas écouté sa musique. Je lui avais répondu que s’il tenait à chanter, c’est qu’il savait le faire… 

Vous l’aviez compris, le mec, c’était Christophe Maé. De là est né une amitié et une admiration réciproque.

-Christophe est quelqu’un d’entier. Il aime avoir sa petite famille d’amis. Il m’impressionne. Il est plus jeune que moi et il mène sa carrière de façon éclatante et simple. C’est un bel exemple de réussite.

William Baldé, à la fin de l’interview se prête au jeu des photos mandoriennes.

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Avant que l’on se quitte, il m’avoue :

-Les gamins que je croise dans la rue me demandent si c’est bien moi qui chante " ton p’tit cul " ! Je suis bien obligé de rester à ma juste place.

L’artiste est lucide, il n’en reste pas moins un songwriter inspiré et lumineux. Ses compositions sont riches en harmonies, sophistiquées et très efficaces.

Un mélange de balade au grand air et de voyage intérieur.

J’adore !

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14 juillet 2008

Une Picard, sinon rien!

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L’album de Pascale Picard est sorti il y a deux semaines (le 30 juin).

J’en suis fou.

Ici, son MySpace.

Au début, quand on m’en a parlé, j’ai répondu, intraitable : « Tu sais, moi, les folkeuses, ce n’est pas my cup of tea ».

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je parle British. Ce n’est pas bien malin parce que ça n’impressionne plus personne, de plus, c’est totalement faux !)

Et puis, comme je ne suis pas influençable, je me suis fait envoyer le squeud. J’ai kiffé grave !

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je suis jeune. Ce n’est pas bien malin parce que personne n’est dupe, par contre, c’est totalement vrai !)

(27 ans, j’ai.)

Quand je l’ai écouté, je l’ai réécouté (ainsi, plusieurs fois de suite).

Quelle voix, non de Zeus !

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je maîtrise parfaitement la mythologie grecque. Ce n’est pas bien malin parce que ça n’impressionne plus personne, de plus, c’est vrai que je pars 15 jours en Crête à la fin du mois !)

(Ce qui n’a pas un grand rapport avec une note consacrée à Pascale Picard, parce que je ne pars pas avec elle.)

Bref, OK ! donc pour une mandorisation.

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J’aime les symboles.

J’ai été convié dans un hôtel de la place Charles Dullin, à Paris, le 21 juin.

Le jour de la fête de la musique.

La chanteuse et son « band » se produiront sur le plateau Métro, place de la Bastille , le soir même.

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Ces photos de concert n'ont pas été prises à la Bastille (ne pas confondre avec "prise de la Bastille"... Ahem!), mais au Québec.
(je préfère préciser...)

Une (très) ravissante jeune fille de chez AZ m’accueille.

Elle me mène à Pascale Picard, dans le jardin. Pour le moment, elle est seule à une table. L’énergie de la jeune québécoise est communicative. Souriante, positive et un accent à couper au couteau.

Très vite, nous rentrons dans le vif du sujet.

 

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L’album Me, Myself & Us (marrant ça, c’est tout à fait un slogan qui pourrait convenir aux blogueurs…) est sorti au Québec en avril 2007. Le public comme la critique a craqué. Près de 200.000 exemplaires vendus.

Et un méga tube au texte doux amer: Gate 22.

 

Pascale Picard est devenue La révélation pop anglophone de l’année dans son pays.

-Je ne peux pas m’expliquer ce succès. Peut-être que tous les gens qui ont nous ont vu dans des petits pubs québécois ont voulu nous faire plaisir en achetant le disque… en tout cas, nous sommes ravis parce qu’on va pouvoir en faire un nouveau, assurément. Notre maison de disque doit être un peu rassurée.

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Les membres du « band » arrivent tous au fur et à mesure de l’interview. Il s’installe, écoute Pascale, parfois participe. On sent une vraie synergie/complicité entre eux.

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C’est en 2002 que la chanteuse auteur(e) rencontre Mathieu Cantin (guitare), Philippe Morissette (basse) et Stéphane Rancourt (percussions). Ils enregistrent une démo qui atterrit un jour dans une maison de disque, qui les signe immédiatement.

La miss Picard a alors 24 ans.

-Quand j’ai commencé à jouer dans les bars, j’avais 18 ans. J’étais vraiment timide. Je ne disais pas un mot entre les chansons. Avec mes musiciens, dont la plupart sont, scéniquement, beaucoup plus expérimentés que moi, j’ai appris le contact avec le public.

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Aujourd’hui, à 26 printemps, elle explique le processus de création du Pascale Picard band.

-On compose en groupe. J’arrive avec une mélodie, ou Matthieu avec un riff, on jamme, et c’est ainsi qu’une chanson va naître. Ensuite, j’affine sa structure autour du texte.

« Pourquoi chante-t-elle en langue anglaise ? » est une question qu’elle ne cesse d’entendre.

Ça ne la dérange pas de se justifier.

-Au Québec, tout le monde chante en Français, c’est donc une façon de se démarquer. Mais, ce n’est pas l’unique raison. En vrai, toute ma jeunesse, je n’écoutais que de la musique en Anglais, c’est donc une question d’influence, il ne faut pas chercher plus loin. Depuis toujours, on me disait que si je ne chantais pas en Français, ça ne fonctionnerait jamais. Je me disais : « Tant pis, si je n’ai pas de succès, c’est comme ça que je le sens, je ne peux faire autrement… ». Quand on suit son instinct, on est parfois récompensé…

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Et oui, le "Pascale Picard band" est un peu joueur!
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Ce disque a un succès si éclatant qu’il ne connaît pas d’équivalent dans l’histoire récente de la musique populaire au Québec. Pascale Picard dessine le portrait sans fard d’une fille à la fois fragile et forte. Elle raconte ce qui la blesse : l’opportunisme et la fausseté.

-La musique m’aide à prendre de la distance par rapport à certaines émotions, pour mieux les apprivoiser. Je n’ai pas composé mes chansons dans l’optique de faire un album à tout prix, mais parce que j’en ai besoin.

Si on lui demande pourquoi un titre si narcissique Me, Myself & Us (« moi, moi-même et nous »), elle répond tranquillement :

-C’est on attitude par rapport à la vie en général : seul, on n’est rien. Et si personne n’est là pour aimer ta musique, tu n’es rien non plus. 

Avec Pascale Picard, la question ne se pose plus. Le public suit en masse. Pour une fois, l’instinct grégaire, je trouve qu’il est justifié. Rallions-nous tous à son panache, la générosité de cette formidable chanteuse va conquérir le monde.

Vous pariez ?

 

 

 

(Pas mal mes photos dans le jardin, isn’t it ?)

(Concernant le titre de ma note, je présente toutes mes excuses à : l’artiste, la maison de disques, ma famille et vous !)

 

Et hop! Un dernier pour la route...

Pascale Picard chante du Portishead: Glory Box.

(Que c'est bon!)

(Vous me dites si je suis trop enthousiaste!)

 

09 juillet 2008

Comment j'ai réussi à m'engueuler avec Dany Boon...

C'était cet après-midi dans le beau village de Montévrain.

Je l'ai quand même mandorisé, mais je n'étais pas content.

Ca se voit d'ailleurs.

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Peut être un peu de ma faute, peut être un peu de la sienne...

Une belle incompréhension, en tout cas.

Demain, des explications sur: "comment se prendre la tête avec le comédien le plus gentil de sa génération".

(avec des guests en sus!)

EDIT Le 10 juillet 2008, 18h15: Les explications:  (parce que vous n'en dormez certainement plus!)

Dany Boon : Après, parce que là je dois me préparer pour tourner une nouvelle scène.

Mandor : Non ? Vous plaisantez là ?

DB : Pourquoi ?

M : Mais parce que vous m’avez dit que vous répondriez à mon interview après que vous ayez déjeuné.

DB : Non, je n’ai jamais dit ça. J’ai dit "peut-être ".

M : Non, vous m’avez dit après le déjeuner.

Dany Boon est à la porte de sa caravane loge. Il tourne à Montévrain des scènes du film De l’autre côté du lit, un film de Pascale Pouzadoux (d’après le roman éponyme d’Alix Girod de l’Ain).

Montévrain est à 17 km de Meaux. Alexandre, (un ancien stagiaire de 77FM) qui habite ce beau village nous a donné l’info qu’aucun autre média ne sait. Dany Boon, Sophie Marceau et Armelle tournent dans son fief (et, initialement, en toute discrétion).

Evidemment, le truc d’aller sur place sans prévenir quiconque pour interviewer les uns et les autres s’est imposé à nous (mon boss et moi !)

Je sais pertinemment que, dans ce genre de contexte, rien ne sert de préparer le terrain. Si je passe par les voies officielles, je n’obtiendrai pas d’accord pour faire mon boulot. Les comédiens ont autres choses à faire que de répondre aux journalistes locaux quand ils tournent un film. J’en ai pleine conscience et je le comprends parfaitement.

Mais, voilà, je me suis dit que parfois, il faut y aller au culot.

Je me suis donc rendu sur place hier en tout début d’après-midi. J’ai retrouvé le fameux Alexandre chez lui afin qu’il m’amène sur les lieux du tournage… on y retrouve un de ses sympathiques amis, François-Xavier.

On assiste à une scène du film, maintes fois répétées.

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(Photo de la scène: Alexandre Colonel)

Une heure plus tard, je vais à la rencontre de Dany Boon.

Il me signifie, charmant, qu’il se rend dans sa loge quelques minutes et qu’il viendra répondre à mes questions après.

Un type de la régie, soudain, vient me voir. Il me dit que, non, ce n’est pas possible, Dany Boon n’a pas le temps. Je tente de parlementer avec le monsieur car, c’est lui qui tiendra le rôle de l’obstacle à franchir pour interviewer le comédien. Dany Boon n’a donc pas envie de donner d’entretiens, mais a préféré me le faire savoir par une tierce personne.

Je dis au gars (pas méchant, il fait juste son boulot) que je viens de Meaux, que j’ai fait 40 bornes pour interviewer Dany Boon. Il me regarde me justifier en souriant, puis il m’assène un fort mérité: " Meaux n’est qu’à 17 kilomètres d’ici. " Merde, il est du coin.

Je bredouille un " Enfin, oui, mais je viens du Val d’Oise, là où j’habite ", ce dont le type se contrefout.

Tout ça pour dire que je reste à proximité de la loge du ch’ti. Il me voit et me dit qu’il va déjeuner et que…

Je reprends donc la conversation laissé plus haut.

Dany Boon : Mais, bon sang, ne m’énervez pas, je vais devoir tourner dans quelques minutes, il faut que je reste calme.

Mandor : Je ne veux pas vous énerver, mais je suis là depuis 3 heures et vous reportez toujours à plus tard. Je fais quoi ? Je reste stoïque à vous attendre ? Je ne peux me permettre de rester ici toute la journée.

DB : Personne ne vous oblige à rester.

Là, mon sang commence à bouillir.

M : Je ne comprends pas. Je vous observe depuis ce matin. Vous êtes quelqu’un de très sympathique. Vous parlez aux jeunes qui viennent vous voir, vous signez des autographes, vous posez avec tout le monde, le tout avec le sourire et vous refusez de prendre quelques minutes avec moi.

DB : Vous savez, je suis ENORMEMENT sollicité par les médias en ce moment. Je ne peux pas répondre à tout le monde ! En plus je me suis réveillé à 6 heures du matin !

Je ne sais plus ce que j’ai répondu, mais je crois que nos voix ont augmenté de volume puisqu’une petite troupe s’est formée autour de nous. C’est marrant, quand j’ai l’impression que l’on me prend pour un con (en l’occurrence, pour un petit journaliste sans expérience qui bosse dans une radio sans importance du coin de la rue), je perds tout sens de la mesure et j’oublie qui est en face de moi (vous ai-je raconté mon aventure avec Pascal Obispo?).

M : Je suis très déçu. Vraiment. Vous me faites mariner depuis 3 heures pour rien, ce n’est vraiment pas sympa.

(Mince, moi qui ai tourné avec Anne Marivin, sa postière préférée, interviewé son patron fictif et la femme de son patron, moi qui suis un ami de longue date de l'inspecteur de la poste qui vire son patron fictif…)

DB : Oh, mais ne jouez pas à l’homme pressé, en plus ! Si c’est ça, même plus tard, je ne répondrai pas à vos questions.

Na na na na nè-reu…

Je ne veux pas céder. Il est hors de question que je revienne bredouille à la radio, question d’honneur.

J’suis con parfois.

Je reste là avec mon micro dans les mains. Tout le monde me regarde. Je m’attends à ce qu’un service d’ordre vienne me " déloger ".

Et un miracle se produit.

DB : Allez, montez !

J’ai gagné.

Dans sa caravane nous nous expliquons plus sereinement.

Puis je lui pose des questions sur ce nouveau film.

Pas un vrai échange comme j’aime en avoir.

J’étais énervé, lui poli.

Le résultat est écoutable sur ce podcast très court:


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Je suis déçu, c’est vrai. J’aime bien cet artiste. Je crois qu’il n’en peut plus de répondre aux journalistes, de toujours entendre les mêmes questions, que la terre tourne autour de son nombril.

Curieusement, je le sens humble.

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(Un peu après tout ça... Pas rancunier et toujours souriant. Photo: Alexandre Colonel).

Je ne le plains pas, hein… Dany Boon est millionnaire, populaire, heureux en amour… mais je peux comprendre qu’il en ai ras le bol de parler de lui et de son succès.

Ce que je voulais, c’est qu’il soit franc avec moi dès le départ. Qu’il ne me fasse pas poireauter comme un abruti. Que la situation soit plus claire.

Quand j’ai quitté la caravane de Dany Boon, une jeune fille de l’équipe de tournage m’a regardé droit dans les yeux en me disant : " Ce n’est pas très classe ce que vous avez fait. Un forcing comme ça… Pfff ! ".

Grosse conne !

Le régisseur principal, lui aussi, m’est tombé dessus.

-Vous êtes qui ?

Je me présente une nouvelle fois, donc.

-Vous savez qu’il faut passer par moi pour les interviews ?

-Non. Mais, vous, vous me voyez depuis 3 heures avec mon micro à la main et faire des interviews… Vous auriez pu vous présenter à moi.

-Oui, ben, hein, c’est moyen comme façon de faire. Ne recommencez pas !

A ce moment Sophie Marceau passe à côté de nous. J’ai failli m’approcher d’elle pour lui demander une interview, je n’en ai pas eu la force.

Tout le monde m’a fatigué.

Plus d’énergie, même pour déconner.

Je suis retourné à la radio épuisé.

Vraiment.

Si je raconte ça, c’est que ce genre d’anecdotes fait aussi partie du métier.

On peut louper des rencontres.

Un artiste, même avec un cœur gros comme ça, peut ne pas vouloir se faire emmerder par un journaliste parfois un peu lourd quand il veut obtenir quelque chose.

Lourd ou tenace ?

Je ne me sens pas tout à fait fautif. 

Un peu quand même.

(Et puis, pour résumé, il n’y a pas mort d’homme…)

(Je ne vais pas en faire un plat.)

Bonus : Avant ce bordel, j’avais interviewé Armelle. La déjanté Armelle, pourrais-je dire…

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EDIT, le 11 juillet:
Sinon, le résultat de ma formidable investigation (ça va chez vous?) est écoutable ici.

08 juillet 2008

David Salsedo

 

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J’ai raconté ici dans quel contexte j’ai rencontré David Salsedo. Je n’y reviens donc pas.

(Et , j’ai publié mon article paru dans le magazine Virgin.)

Juste, je rappelle que c’était le 23 juin dernier au Door Studios.

Salsedo vient de sortir son premier album solo :Wine and Pasta. Je dis son premier album solo, car il est le leader (et chanteur) du groupe Silmarils.

Un groupe de hardcore, comme leur plus gros succès ne l’indique pas.

 

David Salsedo m’attend au premier étage du Door Studios avec son staff : manager, musiciens et alcool fort.

Il me propose de nous isoler. Ce qui est déroutant, c’est que le type est charmant, poli et pas très rassuré de la prestation qui l’attend.

 

« Pendant les répètes, je me suis rendu à l’évidence… le son est pourri. J’avais les mêmes enceintes dans ma chambre quand j’étais gosse ». 

 

Il dit ça avec le sourire.

 

-Vous savez, je ne suis pas un habitué des « sauteries », mais, là, effectivement, le concept original de la soirée me plaisait bien. 300 blogueuses rien que pour moi… en plus, le lieu est sublime. J’aime délocaliser la production. (Rires.) Tiens, je parle comme

le patron de chez Renault !

Voici le premier clip extrait de l'album.

 

l_67c67b408e9c6f5a2753edefc52e9889.jpgJe commence à lui parler des deux premiers albums de Superbus, des tubes pour Dolly, de sa chanson pour Hallyday, de ses albums « dynamites » avec Silmarils, bref de son art de ne jamais être là où on l’attend…

-J’ai toujours des besoins assez larges. Faire du hardcore avec Silmarils parce que ça me plait et de temps en temps renouer avec une certaine tradition des mélodies, de jolis arrangements. Je ne voulais pas me réveiller un matin en me disant : « je n’ai pas fait tout ce que je voulais, je n’en ai fait qu’une partie. Je ne voudrais pas avoir des regrets, je préfère avoir des remords… »

Je lui indique qu’effectivement, avec Silmarils, ce n’était pas très mélodique.

Il se marre.

 

-A l’époque, à partir du moment où il y avait 2 notes dans une chanson qui pouvaient se transformer en mélodie, je considérais que c’était un compromis vers la variété. J’ai non seulement mûri, mais aussi découvert des auteurs compositeurs qui savent faire des mélodies et de belles chansons sans se compromettre. Je suis donc revenu sur cette position stupide de jeunesse…

salsedo_wine_pasta.jpgAvec son Wine and Pasta (clin d’œil à ses origines siciliennes) il a puisé ses influences dans toutes les époques. Ce génial multi-instrumentiste et excellent songwriter nous offre un album « différent », original et très varié. Sans queue ni tête, certes, mais curieusement, qui tient parfaitement droit sur ses pattes. Pas vraiment un disque alternatif, mais un juste milieu entre le folk, le classic rock et l’indie-pop.

-Il est vrai qu’à côté de Silmarils, ce disque est moins hardcore, il est plus relax. On me parle tout le temps de Mon amour, en ce moment. Il y a des gens qui ont adhéré tout de suite et d’autres qui n’apprécient pas de me trouver dans ce répertoire là. Une chanson d’amour, pensez-vous ! Pas pour Salsedo ! Ben si, justement. Je voulais, du coup, qu’elle soit classique et y aller franchement au niveau du texte. C’est une vraie déclamation à la façon Polnareff, mais avec un environnement musical un peu épicé, relevé.

 

À ce propos, j’ai lu dans sa bio qu’il pouvait être considéré comme un fils de Polnareff et d’Higelin.

-Je trouve ça très flatteur. Cela dit, je n’ai jamais écouté Higelin de ma vie, mais c’est un bon mec rock’n’roll, donc respect. Il n’y a rien à dire. Quant à Polnareff, j’ai coutume de dire que, de son vivant, je l’aimais beaucoup.

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En tout cas, Salsedo a tenté de gommer le cynisme que était propre à Silmarils « pour le tronquer et le transformer en ironie, sans pour autant devenir un béni-oui-oui ou un ravi de la crèche. »

C’est plaisant.

Je termine en évoquant le groupe. Où en est-il avec lui exactement ?

 

-C’est juste un break. On est ensemble depuis la classe de seconde. On avait 15 ans, j’en ai 35 aujourd’hui et on n’a jamais arrêté. Les autres membres et moi avons eu besoin de souffler, de respirer. A 6 constamment, tous les jours sauf le week-end, c’est ça le quotidien de Silmarils. C’est une vraie famille. Le groupe existe encore… on reprendra quand tout le monde aura envie ensemble.

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Chaleureuse poignée de mains et promesse de se revoir  la fin de son set acoustique parce que « tu restes pour voir le show case, hein ? ».

Évidemment, avec 300 blogueuses à mes côtés, je ne risque pas de décamper.

Ce serait très mal me connaître.

Ahem…

EDIT: Pour écouter un mini mag de 2 minutes sur Salsedo, cliquez ici.

01 juillet 2008

Christophe... légende vivante!

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Aimer ce que nous sommes est sorti hier.

Un disque de toute beauté.

De Christophe.

(Ni Maé, ni Willem, je parle de THE Christophe).

La vedette des années 60, 70, 80, devenue icône branchée des années 2000 est de retour après 6 ans d’absence discographique. Il poursuit sa quête du Graal personnel : fabriquer de manière artisanale un univers parallèle fait de sons, d’images et de sensations… le tout porté par sa voix aérienne unique.

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Il fallait que je rencontre Christophe.

Ce n’est pas tous les jours que l’on papote avec une légende de la chanson française.

Avant le moment fatidique, il faut tenter de virer les clichés qui remontent à la surface quand on pense à lui. Vous savez, les grosses bagnoles, les juke-box, les nombreuses conquêtes féminines, les éternels tubes guimauves (pourtant classique indémodable), son côté ours fuyant les médias… mais ce n’est pas facile de se l’imaginer autrement.

Le 16 juin dernier, l’attachée de presse te donne rendez-vous à 22h30 à l’hôtel Costes. Tu acceptes parce que bon, quand même, c’est Christophe.

L’interprète d’Aline, des Marionnettes, des Mots bleus, de Senorita, de Petite fille du soleil, de Succès fou (je continue où j’arrête ?) arrive pile à l’heure (son heure) : 23h45.

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Marie-Pierre Chevalier, sa manageuse et néanmoins parolière de 4 de ses chansons de son nouvel album est là pour me tenir compagnie. Charmante en plus, la compagnie. Il finit par arriver tout timide, s’installe à la table et bredouille un bonjour poli. Il m’explique que ce matin, il s’est levé aux aurores (15h30) pour faire de la promo pour la télé (il a enregistré notamment le CD’aujourd’hui que vous pouvez voir là). Une coupe de champagne pour se réveiller ne lui fera donc aucun mal. (A moi non plus !)

Je lui demande pourquoi il ne boit plus de " piscines " (grand verre de champagne millésimé sur un lit de glaçon rehaussé d’un soupçon de fruit de la passion).

-Mon médecin m’a conseillé d’arrêter ça tout de suite. Les glaçons, ce n’est pas bon pour les intestins…

Je souris. Et je lui fredonne " À cause des glaçons… ".

Il me regarde curieusement.

Il ne doit pas connaître la chanson " À cause des garçons ".

Où alors, ce n’est peut-être pas drôle.

Pendant ce temps là, Marie-Pierre Chevalier nous paparazzine avec un téléphone portable. "J'aime bien prendre les journalistes qui rencontrent Christophe!" a-t-elle ajouté...

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Je lui avoue l’image que j’ai de lui et lui parle de mon étonnement de le voir joué le jeu de la promo (même s'il ne déroge en rien à ses habitudes, puisque ce sont les journalistes qui se mettent à son rythme. Très fort, ça!)

-En ce moment, il fait bon. Pas trop chaud, pas trop froid. Le moment idéal pour faire des rencontres, pour parler de soi. Je me sens bien pour faire des choses… de plus, je suis très sélectif dans mes choix d’interlocuteurs. Si on m’a conseillé d’accepter que vous soyez là, c’est que je présume que ça ira.

Euh… présumons, présumons…

-Vous avez vu l’Aston Martin garé devant le Costes ? Moi, les voitures, ça me rend fou. Je n’ai plus de permis, mais, je vais vous dire, quand je vois des voitures comme ça, ça me tue. J’ai le frisson. Je ne me suis pas soigné à ce niveau là.

Je tente de l’aiguiller sur le chemin que je veux prendre. Pas facile. Il faut être patient.

-Vous avez faim ?

-Non merci.

-Vous avez mangé avant ?

-Oui.

-C’est bien de l’avouer… j’aime bien les gens qui disent la vérité.

Il me tend la carte et me demande de choisir quand même.

-Il faut toujours manger quand on a faim. Moi, là, je ne veux pas rater mon repas. J’ai vraiment la dalle. J’aime le Costes parce que je mange d’habitude vers 2 heures du matin et parce que c’est très bon. Les pâtes sont très bonnes ici et j’adore les pâtes. Comme j’ai la flemme de les faire à la maison, je viens les manger ici.

(Pour les nouveaux venus, je rappelle qu’ici, c’est un blog dans lequel je raconte les coulisses de mes rencontres. Mine de rien, avec des détails jugés " insignifiants ", on en apprend parfois beaucoup sur les gens. Il faut juste lire entre les lignes…)

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Bon, allez, je m’y mets. Je parviens à ce qu’il me raconte, à la façon de Modiano (c'est-à-dire en parlant tout doucement, titubant vocalement et en finissant une phrase sur deux), la genèse de son album commencé en octobre 2006 et terminé seulement il y a quelques jours.

-Tout arrive comme ça… je ne prémédite rien. L’album se construit au milieu de plein de choses qui existent déjà. Moi, je ne prépare pas un disque. Je le fais, presque sans le faire exprès. Simplement avec feeling et avec passion. Je voulais une ouverture et un générique de fin. Isabelle Adjani s’est occupée de la première et Daniel Filipacchi du second.

Il s’arrête de parler, prend une bouchée de sa salade de homard et son regard se fait lointain. Ça y est, il est parti dans son monde. Je me demande, si je l’ai perdu. Non. Il reprend.

-Mon disque est conçu comme un film. Il y a bien des films sans son. Moi, j’ai fait un film sans image. 

Il m’avoue ensuite être dans un état indescriptible lorsqu’il crée.

-Je suis comme un peintre qui peint sa toile (il me cite Basquiat), comme un cinéaste qui tourne un film (il me cite David Lynch), comme un auteur qui écrit son livre (il ne me cite personne), je porte longtemps en moi ma création. C’est lourd long et très dur. Je passe par des souffrances terribles et par des bonheurs fugaces… Tout se mélange et ça me met dans un drôle d’état. Aujourd’hui, heureusement, j’ai fini et ça fait du bien.

Je lui demande pourquoi, entre deux albums, il y a ce silence si assourdissant.

-Je refuse tout ce qu’on me propose. Je veux aller à mon rythme. Je ne veux avoir de compte à rendre à personne, ni avoir le moindre contrat. Je suis dans ma bulle, j’ai ma cadence…

Il s’interrompt à nouveau. Demande de nouvelles coupes de champagne, puis il sourit et se justifie.

-Ce n’est pas une question d’argent. Je suis suffisamment inconscient pour vivre comme si j’étais le roi du pétrole. Mais, je ne suis pas le roi du pétrole, alors, j’ai des hauts et des bas. J’ai pas mal de bas d’ailleurs. Ce qui compte, c’est d’avoir de la ressource, comme sur un ring… d’avoir le deuxième souffle pour mettre KO tout le monde ! 

Allez, une pause. Une version récente des Mots bleus... Je ne m'en lasse pas.

Je lui parle du syndrome de Peter Pan.

-Moi, je vis à 63 ans exactement dans le même état qu’à 18 ans. Plus on vieillit, plus on est nostalgique de la jeunesse. Personnellement, je ne cours plus comme un lapin et ça me fait vraiment chier. Je parle toujours de mes 50 ans parce que c’était ma période préférée. Je me prenais pour un dieu.

Un silence. Puis il ajoute.

-En plus, avec la nouvelle technologie, je préférerais avoir 40 ans que l’âge que j’ai aujourd’hui.

Ce qui me donne l’occasion de lui demander ce qu’il pense de l’Internet.

-Je n’y comprends rien. Je regarde juste les vidéos sur You Tube. Euh… non ! Je regarde les vidéos sur Dailymotion. You Tube, ils m’énervent… ils n’ont pas grand-chose sur Lou Reed. Lou Reed, vous comprenez, c’est mon idole, c’est un killer…

Et je vous jure, à ce moment précis, dans les enceintes du Costes qui ne diffusaient jusqu’à présent que de la musique lounge, on entend le classique de Lou Reed… Walk on the Wilde Side.

Il me regarde et me dit. Ne vous inquiétez pas… ça m’arrive tout le temps.

Re pause... duo Christophe/Sébastien Tellier: La dolce vita.

Le disque de Christophe, Aimer ce que nous sommes, ne peut pas s’expliquer. Juste, comme il se fonde sur l’émotion, il se ressent (ce qui n’est pas pratique à décrire pour un journaliste musical.) Je ne peux que vous conseiller de pénétrer dans cette superproduction hollywoodienne dans laquelle il fait bon se perdre. Les chemins sont sinueux, tortueux, mais majestueux. Ne pas trouver la sortie est une récompense tellement il est plaisant d’évoluer dans le paysage que nous offre cet artiste unique.

-Si je vends mon album, je n’aurai pas honte. Je le mériterais. Si je ne le vends pas, je serai heureux de l’œuvre...

La nuit se poursuit.

J’apprendrai pêle-mêle qu’il n’aime bien son " œuvre " que depuis 1995 et l’album Bevilacqua, qu’il ne se considère pas comme un intellectuel (il ne sait même pas ce que c’est que d’être " intellectuel ", que sa passion pour les femmes est toujours aussi grande, qu’il est un homme libre (qui fait des choix de vie en prenant tous les risques), qu’il n’est pas branché, qu’il aime beaucoup Abd El Malik (qui a fait un disque de " différence ") et toutes sortes de choses qui aliment une conversation.

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À deux heures du matin, je dois laisser ma place à une certaine Valérie.

Qui est en fait Valéry Zeitoun (patron du label AZ, la maison de disque du chanteur) que Christophe a gaillardement fait patienter une demi-heure pour finir notre conversation et son repas.

La grande classe.

Je résume : Christophe est franc, lucide, un eu écorché vif. Mais il est surtout l’un de nos artistes français les plus originaux et essentiels…

Ici, une interview plus dans les normes sur le nouvel album..., là une chronique bien troussée et pour clore le sujet, un article intellectuellement masturbatoire.

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