Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30 avril 2008

Jérôme Attal et les Beatles!

 

 

560309237.jpg
« J’ai découvert la musique des Beatles à une époque où ils étaient séparés depuis longtemps : je n’ai pas connu les frissons de l’impatience dans l’annonce d’un prochain album, ni vécu à leur rythme une décennie faite de péripéties culturelles et politiques, d’avancées et d’épiphanies musicales, d’un état d’esprit qui m’aurait permis de mieux saisir l’avènement de telle ou telle chanson. Je les ai découverts d’un bloc, dans la boulimie maladroite de deux albums de compilation, des années après la bataille. »

Ainsi s’exprime Jérôme Attal en quatrième de couverture de son nouveau livre « Les Beatles/Le rouge et le bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans l’existence ».

922124030.gif

Bon, les habitués de ce blog le savent bien, j’ai une profonde admiration pour ce garçon et je suis son travail depuis longtemps. J’ai déjà écrit deux notes sur lui. Une première qui était un portrait général de sa personne (à l’époque où je ne dévoilais pas encore ma frimousse) et la seconde pour son livre L’amoureux en lambeaux. Jérôme Attal n’est pas ce qu’on appelle un ami (parce que les circonstances, tout ça, tout ça...), mais nous aimons nous retrouver occasionnellement.

Le 9 avril dernier, nous nous donnons rendez-vous dans un pub de Saint-Germain (comme d’habitude… ce quartier est son quartier, hein, les autres ne sont que des visiteurs…). Il m’accueille en me disant :

-Ça va Mandor ? Tiens, écoute cette phrase que je suis en train de lire : « Au fond, dans le monde entier comme en France, on ne peut plus guère observer pour le moment, en matière artistique, que des manifestations individuelles reflétant l’anarchie totale des esprits ». Quand je pense que cette phrase a été écrite dans les années 20 pour évoquer la peinture… je la trouve toujours d’actualité aujourd’hui pour la culture en générale. Qu’en penses-tu ?

Et voilà, tel est Jérôme Attal. Il faut que j’en pense quelque chose, alors, je réponds quelque chose. Pas certain que je révolutionne la pensée artistique contemporaine… contrairement à Élie Faure qui a écrit notamment L’art Moderne II, dont est tirée cette phrase qui fait tant réfléchir mon invité du jour…

Bref, interviewer Jérôme n’est pas de tout repos et pourtant, je récidive à chacune de ses actualités.

1050234127.jpg

Revenons à ce petit livre jubilatoire. Précisons, pour commencer, que c’est une commande de la maison d’édition Le mot et le reste. Le premier d’une nouvelle collection qui débute avec Jérôme.

-L’idée est de demander à des écrivains et des auteurs de parler d’une émotion qu’ils ont par rapport à un groupe ou un album.

C’est donc ce qu’il a fait, mais à sa manière, très attalienne...

Récit en forme de courts textes à propos de l'existence, de la musique, des rencontres, de la passion amoureuse, de la création des chansons, de la mélancolie, de l'utopie du plaqueur d'accords pour contenir la difficulté d'être, de la vie qui se conduit comme un manche, de la cour du collège de St-Germain-en-Laye, de Bruxelles et de Londres, des rues de Paris où ce héros solitaire qui croisait votre regard vers cinq heures de l'après-midi c'était moi, de l'amour absolu, de Stendhal et de Dostoïevski, Baudelaire et Nietzsche, du premier concert de Basile Green et de pourquoi John Lennon avait tort, des filles qui passent et du souvenir qui reste, de comment écrire des chansons d'amour et de comment rater des histoires d'amour, du terrain perdu de l'enfance et du temps désemparé d'être adulte...Tout cela ponctué de chansons des Beatles. Le titre Le rouge et le bleu, outre le clin d'oeil stendhalien fait référence aux deux fameux albums de compilation du groupe de Liverpool (à ne pas traduire par : l'hiver est une piscine).

Voilà comment le MySpace officiel du livre décrit ce bijou.

Qui est ce Basile Green évoqué plus haut au milieu de ces belles références musicales et littéraires ? Le héros de son premier livre et du suivant qui arrive incessamment.

-Ça m’intéressait d’inscrire ce travail dans mon travail général. Ajouter une nouvelle qui reprend un personnage de mes romans personnels n’est pour moi que pure logique. Quand j’écris un livre, j’aime faire des liens avec les précédents, même si le thème n’a rien à voir.

Je le sais bien. Jérôme Attal tisse une toile d’araignée pour construire son œuvre.

1936003213.jpg

Dans le cas présent, je lui demande pourquoi il a choisi les Beatles. Un peu banal comme choix.

(Oui, je sais, j’ai un sacré sens de la provoc’ !)

-Quand tu commences à jouer de la guitare, les chansons des Beatles sont un régal. C’est mélodique, tu peux chanter sans savoir chanter… un peu comme les chansons de Jérôme Attal.

Pirouette cacahuète.

1872367692.jpg-Et puis je te signale, que je suis un vrai fan des Beatles. Sur le MySpace du livre, tu n’as pas vu que j’ai scanné ma carte du Club des 4 de Liverpool.

Ah oui ! Dont acte.

Un peu plus tard, dans la conversation, nous parlons de l’écriture, l’acte d’écrire… j’aime beaucoup les considérations de ce sensible artiste.

-L’écriture te permet de te rapproprier un territoire. Quand tu as des difficultés amoureuses ou personnelles, c’est souvent une perte de territoires. Tu te sens abandonné ou vacant. Ce livre est tombé au bon moment pour que je me réapproprie qui j’étais.

Mais il admet aussi que…

-Les Beatles/le rouge et le bleu aurait pu être écrit différemment à plein de moments de ma vie. Je pourrais m’y remettre indéfiniment, il serait à chaque fois un autre livre qui n’aurait rien à voir.

Un clip des Beatles: And I love her (titre d'une de ses nouvelles. La plus courte... 4 lignes.)

 

Bon, à part ça, comment va sa carrière de chanteur ?

-Je ne sais pas quoi te dire. Je n’ai plus de maison de disques. C’est désespérant, même si je ne suis pas seul dans ce cas. Heureusement, j’ai la chance d’être très demandé pour les textes, j’écris des romans, bref, je fais des tas de choses. Je n’ai pas à me plaindre, mais, quand même, j’aimerais bien continuer mon existence de chanteur.

Je lui demande pour qui il écrit en ce moment. Non parce que regardez, là… le monsieur à des références.

-Je vais être présent prochainement sur beaucoup d’albums. À part pour le prochain de mon copain Pierre Guimard, je ne peux pas t’en dire plus… tu sais comment ça se passe. Tant que les chansons ne sont pas concrètement sur les disques.

 Jérôme Attal se considère-t-il plus comme un chanteur ou un écrivain ?

-Tu es fou de me poser cette question ? Comment veux-tu que je te réponde. En tout cas, je navigue entre ces deux sphères. Ca se passe plutôt bien. Tous les gens qui écrivent me prennent pour un chanteur, tous les gens qui chantent me prennent pour un écrivain, je n’ai donc aucun problème de jalousie. Personne ne me voit comme un concurrent.

Et quand je lui demande ce qui est le plus simple, écrire une chanson où un roman, il me regarde l’air navré.

-J’ai un goût spécifique pour les chansons. J’arrive très vite à savoir si ce que j’écris me plait ou ne me plait pas. Avec les romans, j’ai envie que ça me plaise à chaque fois que je tombe sur un passage.

163172893.JPG
Calme je suis...
886700973.JPG
Calme je ne reste pas...
(Moralité fascinante: un trop plein de café tue la tranquilité comportementale.)

 

Pour clore cette note, je ne peux que conseiller la lecture de ce livre. Si vous ne connaissez pas le style Attal, c’est le moment de découvrir, si vous connaissez et que vous aimez, vous resterez dans l’allégresse habituelle.

Quoi j’exagère ?

Vous le savez bien Mandor est un enthousiaste.

D’ailleurs, il vous offre deux clips de Jérôme Attal.

Ainsi, preuve est faite qu'il aime les comédiennes de la nouvelle génération.

 

 

 

 

De nombreux autres clips sur son MySpace perso.

 

EDIT 22h00:

Je viens de lire son journal... sa dernière note, celle du 30 avril explique qu'il fait aussi parti d'un groupe...

Voici donc le premier clip de Werther or Stavroguine, projet monté par Jerome et Mondrian (Roman Oswald et Morning Crash), avec la participation de Margot Poirier du groupe Twice.

De l'arsenic elle voulait prendre.

 

26 avril 2008

Avec un Z qui veut dire Zaho!

447405641.JPG

 

Après l’interview « manipulée » de Laurent Terry, je tente une nouvelle expérience.

L’interview mauvaise foi.

Il n’y a rien de pire (en journalisme) que les phrases sorties de son contexte…

En écoutant ce matin l’interview de Zaho que j’ai réalisé le 24 janvier dernier (quoi je suis légèrement à la bourre ? L’album Dima est sorti il y a un mois, tout juste…), je me suis aperçu que ce qu’elle disait pouvait paraître prétentieux. Pendant l’entretien, je n’avais rien remarqué. Là, ça me saute aux yeux. Et pourtant, elle ne m’a pas paru imbue de sa personne. Au contraire. C’est très paradoxal. C’est pour cela qu’il faut se méfier de l’écrit, de comment sont présentées les choses… un journaliste peut rendre quelqu’un tel qu’il n’est pas.

1796808497.jpg

-J’ai fait beaucoup de featurings avec quelques amis artistes, c’est comme ça que les gens ont remarqué mon nom, mais surtout ma voix.

-Je reste fidèle à moi même dans tout ce que je fais. Je ne fais rien qui ne soit cohérent avec ma personnalité, rien qui ne me mette mal à l’aise.

-Je ne fais aucun effort pour plaire autrement que pour ma musique. Personne ne me fera mettre des décolletés pour attirer l’attention et les regards vers moi.

750347745.jpg
-Je veux la longévité, je veux avoir une carrière, je ne veux pas que mon nom traverse la vie et l’esprit des gens en coup de vent.

-Je veux que mon nom se lise sur toutes les lèvres.

-Quand j’ai commencé ma carrière alors que je n’étais connu de personne, je disais non à la plupart des propositions, car je ne voulais pas être sous les projecteurs à n’importe quel prix.

-Avant C’est chelou, les gens connaissaient de moi quelqu’un de sérieux, profond, philosophe presque, évolué et ayant la rage de vaincre et de vivre. Aujourd’hui, je montre la Zaho humoristique, celle qui peut jouer tous les rôles.

 

-Je passe pour quelqu’un d’acharné, de perfectionniste, de chiant même… Bon, je sais m’arrêter quand il le faut, mais c’est vrai que le détail compte beaucoup pour moi (pour parfaire une chanson).

-Je suis tout le temps influencée par ce que j’entends, je ressens, par les gens que je rencontre, par la vie. J’ai la volonté d’écrire autre chose et de faire avancer la marche du monde.

-Je suis consciente de la notion d’« on n’a qu’une vie ! » parce que j’ai vécu le terrorisme en Algérie, les couvre-feux…

1454687856.jpg

Parfois, les propos sont plus humbles :

-J’ai rencontré tellement d’obstacles qu’à chaque fois que je croyais que le succès arrivait, il n’arrivait pas. Aujourd’hui, je ne prends plus rien pour acquis. Je continue d’écrire, de composer comme avant et je fais comme si de rien n’était.

-Je me considère comme un produit, sinon je ne signerais pas dans une maison de disque…

Zaho est très pro en interview. Je suis passé en fin de journée, elle a tenté de rester fraîche, dispo, attentive et enjouée.

1245972342.JPG
En janvier, le bouc était encore là...

Je n’aime pas sa musique, parce que je n’aime pas ce genre-là de musique. Quoi qu'il en soit, son disque se situe entre plusieurs mondes. Teinté de Rn’B avec des flashbacks de musique arabe et une touche de hip-hop. Voix soul, flow unique entre rap et chanson.

1697679791.jpg

Une dernière réflexion de la belle…

 

-Je sais exactement ce que je veux, ce qui me met à l’aise. Je ne me définis pas comme une chanteuse de Rn’B ou de hip-hop, je préfère être difficile à décrire, et dire que je fais de la pop urbaine.

 

Son MySpace.

25 avril 2008

Une interview un peu "manipulée" de Laurent Terry

1053456483.JPG

Pub Saint-Germain : 15 avril 2008, 16h00.

Mandor : Nom, prénom, âge, profession ?

Laurent Terry : Laurent Terry, 33 ans, écrivain. J'ai un blog. Je sais que ce détail vous intéresse...

M : Mais encore ?

L.T : Je suis responsable marketing dans une grande société de haute technologie.

M : Tsss… comme John, le héros de votre premier thriller : Manipulé. Quelle coïncidence ! Bon, après vous avoir interrogé une première fois sans avoir lu votre livre, je vous convoque une seconde fois.

176594261.JPG

L.T : Alors, pas trop déçu ?

M : Non, mais je suis très énervé. J’ai commencé hier soir, je n’ai pas dormi de la nuit…

L.T : Vous avez eu peur ?

M : Non, je me suis fait prendre au piège par votre façon d’écrire. Je suis obligé de reconnaître que vous êtes un malin. Mais, bon, vous écrivez comme les auteurs de polars américains, quand même… avouez-le !

L.T : Pour moi, c’est un compliment. C’est comme ça que je l’écris et que je le pense. L’action se situe aux États-Unis, entre Boston et New York, je peux difficilement dire que je ne m’inspire pas de l’univers américain.

1294395269.JPG

M : OK ! Mais, bon, quand même, vous utilisez les ficelles du bon vieux polar !

L.T : Il y a effectivement des codes dans le thriller. D’abord, j’évite les phrases de 5 lignes, ça casse le rythme dans les scènes où il y a de l’action et du suspens. Il faut que ce soit court, nerveux, saccadé, musclé.

: Et quid du style, dans tout ça ?

L.T : Je revendique mon côté « page turner ». Il faut être efficace. Si je fais tout de même attention à écrire correctement, je m’attache plus à l’intrigue qu’à la forme. Mon obsession est de mener mes lecteurs en bateau, de le transporter rapidement de droite à gauche. C’est très difficile, vous savez.

: Vous allez faire hurler les puristes là ! Je les connais, ils y trouveront à redire.

L.T : Moi, j’aime bien la littérature dans toutes ses formes. Après, que l’on me dise que le genre de littérature dans lequel j’ai choisi de sévir est peut-être moins honorable que d’autres, ça ne me dérange pas. Chacun est libre de penser de qu’il veut. Je m’attache avant tout à ce que vont penser les gens qui lisent réellement mon livre plutôt qu’à un petit milieu qui pourrait avoir un avis sur mes écrits, sans m’avoir lu.

: C’est comme si je voyais un film en vous lisant, que dois-je en déduire ?

L.T : Quand j’écris un chapitre, je pense et vois des images, ensuite je décris ce que j’ai vu. Le passage à l’image me paraîtrait assez naturel. Vous pouvez donc en déduire que ça ne me déplairait pas d’avoir des propositions dans ce sens. J’ai d’ailleurs déjà le casting en tête. Il est très hollywoodien. Je verrais bien Ben Affleck dans le rôle de John et Halle Berry dans celui de Téa, la jeune femme qui travaille au FBI.

2078278179.jpg

M : Bon, pour finir, comment vivez-vous votre intrusion dans le monde des écrivains ?

L.T : C’est très sympa comme expérience. Ça a réellement démarré au Salon du Livre lors de la remise par Henri Loevenbruck (il y a d’ailleurs une excellente vidéo d’une interview du monsieur ici, je dis ça, je dis rien…) du premier prix Blogauteurs/Plon. Juste avant il y avait une conférence sur le thème du numérique… ça m’a plongé dans la peau d’un écrivain qui débat sur des idées. Sinon, comme le livre est sorti il y a un mois, en ce moment, je suis en pleine promo.

M : Qui consiste en quoi exactement ?

L.T : À faire le tour des salons du livre en province. J’ai mes week-ends bien occupés.

: Comment vivez-vous cette notoriété naissante ?

L.T : Avec humilité, d’autant plus que je ne suis pas Marc Lévy, ni Guillaume Musso… il faut raison garder. Le succès ne me pèse pas trop, je vous l’assure. Si je ne suis pas très connu, les réactions des lecteurs sur mon livre sont positives et cela m’enchante.

: Vous n’êtes pas vexé que je ne vous pose pas de questions sur le fond de votre roman ?

L.T : Si, beaucoup.

: À part expliquer que c’est l’histoire d’un homme qui découvre un jour qu’il est beaucoup plus intelligent que la moyenne et qu’il est victime d’une manipulation qui remet en cause jusqu’à sa propre identité, en dire plus serait criminel.

L.T : C’est vous qui voyez. Mais enfin, j'espère que vous ne vous considérez pas comme un journaliste littéraire.

M : Si, pourtant. Allez, faisons nous la bise et réconcilions-nous... j’ai amené un monitor. On va tous regarder le trailer du livre réalisé par vos soins.

L.T : Ah ! C’est gentil merci.

 

(Précision importante : J’ai un peu « habillé » le dialogue. Il fut moins « interrogatoire de police » que retranscrit ici. Nos rapports sont beaucoup plus conviviaux en vrai.)

23 avril 2008

Il donne... Le Tone!

1564772792.jpg

Il est arrivé sur la scène française en même temps que Daft Punk, Etienne de Crécy, Cassius… il a figuré sur les mêmes compiles d’il y a une dizaine d’années… et pourtant Le Tone n’est pas un musicien aussi connu que les sus-cités…

Pourquoi ?

La faute à pas de chance.

Le Tone a fait un méga carton avec son premier disque Le Petit Nabab... Grâce au titre: Joli Dragon (dont j’avais diffusé le clip récemment)… et dont voici une version récente sur scène.

 

 


Joli Dragon
envoyé par Le-TONE

 

Puis il s’est dirigé vers des projets plus « undergrounds » qui n’ont eu absolument aucune couverture médiatique… mais, de là à dire qu’il a été inactif, rien ne serait plus faux ! Il a sorti un deuxième album mais, cette fois-ci, sans clip. Force est de constater (je déteste cette expression !) que cela réduit considérablement l’exposition d’un disque. Il ne s’est d’ailleurs pas très bien vendu.

 

1451447236.jpgIl était intéressant d’aller lui poser quelques questions directement.

C’est ce que j’ai fait le 8 avril dernier chez Aktarus Productions. (Une agence à échelle humaine destinée à accompagner le développement de tout projet musical dans son intégralité.)

Le Tone est moyennement à l’heure, alors je patiente en lisant des magazines spécialisées dans la musique electro… je n’ai jamais entendu parler d’aucun artiste figurant dans les pages que je tente de comprendre.

Même Le Tone, je ne le connais presque pas. Pourquoi suis-je là, me demanderez-vous ? Par besoin de connaître des milieux, des musiques, des mondes inconnus de moi.

Il arrive enfin, le sourire aux lèvres. L’homme est sympathique, je le sens un peu taquin tout de même…

Nous nous installons un peu à part et commençons la discussion. D’abord, il m’avoue avoir jeté un œil sur mon blog. « C’est une bonne idée de poser avec les artistes… ça rend humain le truc ! »… Ouf, enfin un artiste qui me comprend…

Le Tone sort donc un disque intitulé, En Inde.

997318262.jpg
Comme l’explique le dossier de presse, il a été lauréat d’une résidence artistique initié par le Consulat de France. Il s’est envolé, courant 2005, direction Delhi, accompagné de ses inséparables synthétiseurs vintage avec la ferme intention d’arranger la rencontre de son « electro pop » et des sonorités traditionnelles hindi…

-Pour moi, c’est mon meilleur album. Je ne suis généralement jamais si sûr de moi au départ sur le concept global de ce que je veux faire. J’ai fait un album qui sonne exactement comme je voulais qu’il sonne.

117481720.jpg
Une union métissée construite au gré des rencontres dans ce pays. Ce mariage des genre aboutit à des « ritournelles aussi aériennes qu’entraînantes, bercées par la voix suave de Smitri Nocha, soutenue par des arrangements flirtant entre vibration80’s, electro, tradi ou lounge signés notamment par Olivier Libaux ou encore Albin de la Simone (récemment mandorisé ».

-Quand je pense qu’avant de rencontrer les gens de chez Aktarus, aucune maison de disque ne voulait de ce disque. J’ai eu le droit à tous les commentaires, parmi lesquelles, les classiques : Trop indien ou pas assez Le Tone. Trop Le Tone et pas assez indien. Il était temps que je trouve un partenaire idéal car ma page MySpace était consacrée à ce projet depuis 2 ans.

1644634347.jpg
Je trouve personnellement le résultat très appréciable. J’aime les gens qui se lancent à corps perdu dans des projets riches, originaux, variés et… risqués.

-Je n’appartiens à aucune scène particulière. Il y a des personnes avec lesquelles je me sens plus proche que d’autres. En ce moment, je travaille avec des groupes de rock, j’ai aussi envie de faire autre chose avec Albin de la Simone. J ’aime vraiment beaucoup ce type.

1817419485.JPG
Le Tone pose pour moi... sur une (très) vieille chaise de coiffeur.

 Je lui avoue que je trouve les personnes de son milieu un peu pédantes. Limite prétentieuses. Certes, c’est un préjugé parce qu’au fond, je n’en connais pas vraiment, mais ceux que l’on voit à la télévision, ne me paraissent pas véritablement humbles. Sébastien Tellier, par exemple…

-Tu verras si mon disque marche, comment je vais me la jouer. Je suis comme tous les artistes… un peu mégalo. Si tu ne l’es pas un minimum, tu ne peux pas projeter tes projets dans une perspective à long terme.

Il se tait, puis continue.

-Je suis un enfant de mon siècle. J’aime bien les médias, parler de ma musique, faire des concerts, parler de moi, frimer, m’acheter de belles fringues, avoir une belle caisse…

J’imagine que c’est du second degré. Pas certain.

-Par contre, quand je fais de la musique, plus rien ne peut me troubler.

1947646514.JPG

Et Le Tone, la musique, il l’a maîtrise remarquablement. (Et les dessins aussi, car tous ceux qui sont sur cette page sont de lui.)

Voici son clip.

21 avril 2008

Mary Dollinger... et Alain sont à Paris.

-Bonjour, c’est Mary. Ça y est, Alain et moi, nous savons où nous vous invitons…

Silence.

-Poch’tron.

Stupeur.

-Mais, Mary, je vous assure, je plaisante souvent sur mon blog avec le fait que je consomme de l’alcool de manière excessive… en vrai, je ne suis pas vraiment un pochtron, juste un peu.

-Mais, ça n’a rien à voir… c’est juste que, Poch’tron, c’est juste à côté de là où on nous héberge.

-…

Bon, peut-être qu’il faut que je précise qui sont Mary et Alain Dollinger.

547151203.JPG

Un charmant couple (elle anglaise, lui français) avec qui je corresponds depuis des mois.

Mary a un blog que j’aime bien, (même si elle ne l’alimente pas assez).

Et surtout, elle a écrit deux livres que j’ai particulièrement appréciés.

Au secours Mrs Dalloway et Journal désespéré d’un écrivain raté (chez Jacques André Editeur).

J’avais expliqué au mari de Mary que je ne faisais jamais de chroniques sans avoir eu, au préalable, l’auteur en face de moi.

Un principe auquel je me tiens toujours (la preuve, ).

1655445086.jpgDonc Mary et Alain Dollinger ont décidé lors de leur passage parisien très récent de m’inviter au Poch’tron !

C’était ce vendredi.

J’arrive à l’heure pile et je les vois, au fond de la salle. Il me semble qu’ils me reconnaissent, car je les vois agiter les bras dans tous les sens. Je réponds d’un signe discret.

Alain me serre la main en me disant, « on s’est permis de commander une bouteille de vin… Du rouge, vous aimez ? ».

Oui.

Et je crois qu'il le sait très bien puisqu'il lit mon blog...

Je ne sais déjà plus ce que c’était, mais l’homme a du goût.

Mary me dit : « vous êtes comme vous êtes sur votre blog ! ». Je réponds : « c’est normal puisque je suis la même personne… » (Ce qui est une réplique qui ne fait pas parti des meilleures lancées dans mon existence d’homme fin, raffiné et spirituel.)

Tout de suite, ils m’ont mis à l’aise. Je me sentais comme avec des amis de longue date. On s’est raconté nos vies, nos blogs…

J’ai mon Sanyo dans ma veste. Je n’ai pas du tout envie de le sortir. Pas du tout envie d’interviewer Mary. Je me sens si bien que je n’ai pas envie de gâcher l’instant présent. Je n’ai pas le moral au beau fixe en ce moment, ils me le remontent sans le savoir.

Pas la tête à faire mon métier.

984466417.jpg

Je pourrais lui dire que son Journal désespéré d’un écrivain raté, je l’ai fait lire à quelques amis tellement je l’ai trouvé jubilatoire. Que l’idée de considérer qu’aujourd’hui, les auteurs classiques (du XIXe siècle) ne trouveraient pas de maisons d’édition facilement est fort réaliste…  que les placer en face d’Anne Carrière et consorts est malin et amusant. Que les commentaires et prétextes de ces derniers, pour ne pas éditer les premiers, sont habiles.

(Je vous propose de lire la critique très juste de ma copine La lettrine).

Mais je ne parle pas de ses ouvrages.

C’est maladroit parce qu’on s’est vu un peu pour ça. C’était bien clair au départ. Je n’ai pas respecté la règle du jeu.

Mais qu’aurais-je pu ajouté à ce que Mary raconte ici ?

 

 

Je préfère dire que les Dollinger sont des gens affables. Que leur compagnie est fort agréable.

On se propose de se tutoyer tout en continuant à se vouvoyer. Aucun de nous ne parvenait à glisser vers ce genre de familiarité.

Trop de respect sans doute. Moi envers eux, en tout cas.

Evoquée aussi leur amitié pour Bernard Clavel et sa femme. Tandis que l’on parlait de l’œuvre du monsieur, j’ai passé sous silence Au secours Mrs Dalloway.

(La critique la plus proche de ce que j’en pense se trouve là…).

1154977597.jpg

C’est comme ça, j’ai fait la grève du « parlez-moi de votre livre ». J’espère que Mary et Alain ne m’en voudront pas en lisant cette note. Qu’ils sachent qu’ils m’ont inspiré plus une envie de « copinage » qu’une envie de « professionnalisme ». Je n’ai pas souhaité lutter entre ces deux parties là de moi, qui sont constantes quand je rencontre des artistes.

 

Je peux dire en tout cas que les livres de Mary Dollinger sont comme elle. Emprunt d’humour britannique (qui n’est donc pas qu’une légende) et d’ironie discrète. Elle écrit comme un peintre, par petites touches… (Elle a commencé Au secours Mrs Dalloway en 1984. Après un rapide calcul, elle a donc écrit 12 lignes par an ! Vous avez dit « flegme britannique ?)

Culinairement parlant (non parce que cet aspect-là est tout à fait intéressant quand on vient sur ce blog en pensant que l’on va pouvoir lire un article de fond sur un album ou un livre), j’ai horrifié Alain. J’ai commandé une salade de chèvre.

« Vous allez avoir faim, en sortant de table… non, vraiment, ce n’est pas raisonnable ! ».

Sauf que quand la salade est arrivée, elle atteignait presque le plafond. (Quoi j’exagère !). Alain s’est contenté de dire : « Ah, oui, d’accord ! ».

Sinon, pour aller à fond dans l’info primordiale, je peux vous dire aussi que Mary exige du thé Ceylan et surtout pas de l’Earl Grey et qu’Alain boit systématiquement un Perrier avec son thé.

(Lirez-vous ce genre de détail ailleurs qu’ici ?)

(Assurément non).

(Et c’est bien dommage, je sais…)

1833172621.JPG

Merci à Mary et Alain pour leur bienveillance et leur invitation.

Revenez quand vous voulez…

Edit à 22h22: La note de Mary Dollinger... sur cette même rencontre au sommet.

18 avril 2008

Première rencontre avec... Mokaiesh.

1562423494.jpg

Hier soir, mes nouveaux amis de Spöka, (je n’en remets pas une couche parce que bon, quand même…) ont convié quelques journalistes blogueurs triés sur le volet (là, je vous assure, je me retiens de faire un mauvais jeu de mots !) pour une écoute du premier album du groupe de rock Mokaiesh.

J’ai le disque depuis déjà quelques semaines, je le connaissais donc bien, mais comme on m’avait promis qu’il y aurait de quoi étancher ma soif, je suis venu.

(Rhooo… vous ne me prenez pas au sérieux, là, quand même ?)

Ça, c’est passé au Truskel

Donc, il y avait, effectivement, de quoi faire plaisir aux gosiers des journalistes (tous des poivrots, comme de bien entendu !)

Nous étions une petite vingtaine (en comptant aussi quelques personnes de chez AZ/Universal). Bref, petit comité de gens bien sous tout rapport... (il m’a semblé en tout cas).

Voici quelques photos de l’endroit et des forces en présence…

1695778987.JPG
635226422.JPG
415031430.JPG
Au premier plan: Eric Langlois conversant avec Cyril Mokaiesh...

Pendant l’écoute, j’ai entendu des commentaires plutôt élogieux et un : « Quand même, ça ressemble à Noir Dez’ ! ».

Ah d’accord, c’est du rock français très énergique et poétique, avec une voix magnifique, donc forcément, hein, ça ressemble à Noir Désir.

Moi, depuis que j’ai entendu un journaliste (si, un vrai en plus !) dire, en écoutant un tube de Yannick Noah : « Purée, on dirait vraiment du Bob Marley ! ».

Va la manger ta purée et surtout, change de métier.

561191374.jpg

« On retrouve dans les chansons de Mokaiesh l'écho lointain, mais toujours vif du fameux diptyque rock de l'idole Ferré– Amour anarchie – (68). Comme Ferré, Cyril écrit avec la rage d'un fauve déchiquetant sa proie, étrillant cette langue française avec l'amour et le respect qu'on doit à ceux qui vous nourrissent. »

C’est ce qui est indiqué sur le MySpace du groupe.

Très d'accord, je suis.

 

Je vous propose de regarder une vidéo « non officielle », Va Savoir, en version acoustique… dans les loges de la Boule Noire.

 

 

Après l’écoute, je descends dans les sous-sols du bar avec 3 membres du groupe.

Cyril Mokaiesh, le chanteur, guitariste, auteur, compositeur… Éric Langlois, le batteur et Alban Seillé, le bassiste. Manquait Jan Pham Huu Tri, retenu je ne sais plus où…

Je fais une mini interview. Parce que je ne peux m’étaler une heure dans ce genre de contexte...

1640034097.JPG
De gauche à droite: Alban Seilié, Cyril Mokaiesh et Eric Langlois.

Cyril m’explique comment tout à débuté pour lui.

-J’ai eu la révélation que je pouvais écrire des textes, puis de la musique, puis chanter des chansons à l’âge de 17 ans. Il faut dire que mes premières émotions musicales dans la chanson française sont liées aux mots. Brel, Ferré, je les ai écoutés toute ma jeunesse. Ça m’a donné envie de couper court à ce que je faisais avant.

(Note de moi-même : Le jeune homme était bien parti pour faire une belle carrière de tennisman… je ne comprends pas pourquoi il ne souhaite pas en parler…)

1432082682.jpg

-C’était une transition adolescente, mais importante pour moi. J’ai commencé à enregistrer à 17 ans, puis de manière plus professionnelle à 19 ans. J’ai cherché des musiciens et je suis « tombé » sur Jan. Une vraie complicité musicale et humaine est née à ce moment-là. Jan m’a présenté Alban et le projet est devenu collectif. J’ai abandonné l’idée d’un projet solitaire. Éric est arrivé peu après. Il nous avait été vivement conseillé par pas mal de gens.

C’est ainsi que le poids des mots de Cyril s’équilibre avec un son porteur d'une même fougue, d'un même élan volontaire et frondeur.

Du culot et de l'érudition. Voilà ce qui saute aux yeux (et aux oreilles) en les écoutant.

À 22 ans, Mokaiesh  ne manque ni de l'un ni de l'autre.

J’ai comme la vague impression que tout va vite pour eux.

Éric répond :

-L’évolution a été très rapide, mais on a beaucoup bossé. Tu sais, chacun de nous avait commencé nos vies de musiciens avant d’intégrer le groupe et on a tous pas mal d’expériences. Nous ne sommes pas des débutants.

431262705.jpg
Cyril Mokaiesh

Ce dont je ne doute pas, car je trouve leur album très abouti. Je dois dire que je suis impressionné par la maturité de Cyril qui n’a que 22 ans. Il te raconte pourtant la vie, l’amour et la société avec une poésie à la fois sensible et réaliste.

-Je lis beaucoup de poésies, très peu de romans. La poésie me permet une ouverture. J’y vois ce que je veux. C’est ce que je tente d’exprimer dans ma musique et mes textes. Je ne veux rien de figé et d’instantané. Je souhaite atteindre un mélange d’images et de formes qui laissent l’imagination vagabonder.

Il y parvient.

Avant de nous séparer, je leur dis qu’il manquait un groupe comme le leur en France.

(Parce que, en ce qui me concerne, BB Brunes et consorts… ça ne me fait pas vibrer. Mokaiesh si.)

453033041.JPG

Je vais suivre leur carrière avec attention.

Ce soir, ils seront là.

570968758.jpg

Bonne occasion de les découvrir.

Allez, en attendant un vrai clip, je vous laisse avec un « live ».

Gilet pare-balles.

 

11 avril 2008

Lonely Drifter Karen... petite merveille!

 

1828087631.jpg

Quand j’ai reçu (et écouté) le disque de Lonely Drifter Karen, je me suis dit, tiens, une femme avec un bel univers!

Ce qui n'est pas rare, mais parfois, j'me fais ce genre de réflexions...

Sans vouloir faire de comparaisons inutiles, j’ai ressenti la même chose que la première fois que j’ai écouté Kate Bush ou plus récemment Tori Amos.

Après enquête extrêmement poussée (la biographie jointe avec le CD), j’apprends que la chanteuse s’appelle en fait Tanja Frinta et qu’elle est Autrichienne.

1692657066.jpg

J’apprends aussi qu’enfant, elle est fascinée par les comédies musicales « vues dans les théâtres et salles de cinéma ». Qu’elle aime les comédies musicales ne m’étonne pas trop, car sa musique reflète cet amour… mais je pense que le jazz et la musique tzigane ne font pas fuir la donzelle. Sous de merveilleuses mélodies, la belle Viennoise nous offre un monde proche du cabaret expressionniste, rien de moins. La voix captive, le piano s’enflamme, la guitare acoustique se fait tantôt douce, tantôt endiablée.

J’ai plongé dans cette ambiance magique.

 

Alors, oui, quand l’attaché de presse m’a proposé de l’interviewer avec le pianiste catalan Marc Melia Sobrevias, j’ai accepté. Manquait le batteur Giorgio Menossi, pour que Lonely Drifter Karen soit au complet.

1588666091.jpg

Bon, j’ai un peu honte de vous avouer ça, mais, euh… comment dire… je ne parle pas bien l’anglais (je suis même une sacrée bille !) alors, je demande toujours à quelqu’un de venir pour traduire l’interview (vous comprenez maintenant pourquoi je suis devenu un spécialiste de la chanson française!).

Cette fois-ci, j’ai demandé à ma copine Marie Cartier, la rédac-chef de Zik Addict (à ce propos, je suis assez content de la nouvelle présentation!), site musical où je recycle mes articles, de venir m’aider…

Ainsi, le 20 mars dernier, nous voici assis (bonanga) dans le salon (majestueux) de l’hôtel Britannique. Je pose des questions convenues et les réponses le sont autant. Je ne parviens pas à trouver la faille pour apporter un intérêt à mon entretien. Si je ne saisis pas sur l’instant les propos de mes invités, je n’arrive à rien. Je suis assez nul en fait. J’ai besoin de converser, pas d’interviewer.

Parfois Marie me regarde bizarrement. (Quoi? Elle est conne ma question ?).

Je me rends compte que, oui, elle est sacrément conne ma question.

1778395886.jpg

Bon, je résume ce que Marie me rapporte.

Toute petite, Tanja Frinta écoute aussi beaucoup de folk et de rock. Plus tard, elle fera même partie d’un groupe de punk rock. Difficile à envisager cela quand on écoute l’album Grass is singing.

(Tenez, allez zieuter ce que télérama.fr vous propose pour découvrir cet album!)

A 20 ans, elle fonde un trio indie-pop féminin, puis s’en va pour aller vivre en Suède, un peu plus tard, elle rejoint Barcelone. C’est là qu’elle rencontre les deux autres membres du groupe. Et là, une nouvelle aventure commence.

Lonely Drifter Karen naît.

(Je raconte super bien, je trouve.)

1967243419.jpg

De quoi parlent les textes de la chanteuse auteur(e) ?

C’est surréaliste. Limite dadaïste.

Il est question de « pieds qui deviennent des yoyos », d’ « un inventeur fou qui tombe amoureux d’un clown », des « anges qui soupirent pendant que des dames résistent à l’appel de la crème glacée », des « filles qui se transforment en éléphant », et d’ « un homme et d’une femme qui se font étouffer »… des trucs complètement normaux, quoi !

1203897310.jpg

Voilà, c’est tout ce que je peux retirer de cette rencontre.

Ah si ! Un détail. Tanja et Marc sont très sympathiques. Ils sont encore peu habitués à répondre aux questions des journalistes, mais comme l’album sort dans le monde entier, gageons que j’ai eu de la chance de les avoir rencontrés. Pas sûr que dans deux ans, on me les offre sur un si joli plateau !

Leur MySpace...

Voici la première vidéo de Lonely Drifter Karen: The Owl Moans Low.

 

 

Donc, oui, ils ont joué le jeu des photos aussi.

Sur le canapé.

392317025.JPG
704799185.JPG
383542937.JPG
Et avec Mandor, Tanja Frinta s'endort...
1299953498.JPG
Mais avec Marc Melia Sobrevios, c'est l'osmose...
182177162.JPG
Merci à Marie Cartier pour la traduction, à l'hôtel Britannique pour l'accueil, aux personnels de Crammed Discs pour l'organisation de cette rencontre au sommet, aux pervenches de la Place du Châtelet qui ne m'ont pas verbalisé alors que j'étais garé comme un âne, à mes parents sans qui je ne serais pas là et à Dieu sans qui, je n'aurais pas vu le jour non plus (d'après ce qu'on m'a dit!)
(Surtout, vous me dites si j'en fais trop!)
Amen!

10 avril 2008

Ludéal... simplifié.

1034047242.jpg

(N.D.L.R: Pour apprécier à sa juste valeur le titre de ma note, il faut connaître (un peu) le répertoire de Laurent Voulzy. Voilà, c'est comme ça... ce blog est élitiste.)

Ludéal, il m’interloquait.

Sur la pochette, une tête de Pierrot lunaire.

Mystérieux, le bonhomme.

Peu engageante, je trouvais, la pochette.

À l’écoute. Un must.

Un truc qui sonne américain avec des paroles françaises.

Jamais rien entendu d’aussi intéressant en France depuis Bashung.

Bien sûr, la presse le compare à lui.

Bien sûr, c’est souvent justifié. Ludéal en a mangé du Alain. Ludéal l’a ingurgité son Fantaisie Militaire.

Mais Ludéal, sa culture, c’est surtout Bruce Springsteen, Tom Waits et Robert Wyatt

270923954.jpg

Son univers, mélange de pop anglaise et de chanson française, est voluptueux, délicat, aérien, ambigu, complexe, tourmenté.

Ironique, élégant.

Oui, tout ça.

Y a du vécu dans les chansons de Ludéal.

Tenez, voilà un premier clip : Tout rustiné. (Tiens, au passage, je suis dans cet état d'esprit en ce moment...)

 

 

 

« On » me donne rendez-vous au Ramus, non loin de chez lui.

Je trouve une place juste devant le bistrot. En faisant mon créneau, je le vois arriver (oui, j'ai cette faculté de regarder le paysage et de réussir à garer ma voiture... un truc de fou!). Je le reconnais parfaitement, tout en me disant qu’il a une tête bien plus sympathique que sur la pochette. Beau gosse même, ce qui ne m’avait pas sauté aux yeux sur le disque.

Je le laisse saluer son attachée de presse, puis je les rejoins.

L’homme est chaleureux et semble discret. Pas frimeur pour un sou. Humble, je dirai.

Je ne trouve rien de mieux que de lui parler de sa pochette trompeuse… Il se marre. Tout le monde lui dit ça.

 

-Oui, ma tête, elle est aussi aimable qu’une porte de prison. Je voulais apporter une part de mystère. Tout le monde me dit qu’elle ne correspond pas à ce que l’on voit de moi quand on me rencontre…

Pourquoi faire une tête de Buster Keaton alors qu’on à la tronche d’un Chris Isaak qui aurait mangé un Presley (première période, le Presley !) ?

1661115439.jpg

Je ne lui fais pas part de ma réflexion.

Je ne suis pas certain qu’elle soit judicieuse.

Allez, évacuons sa jeunesse.

« Il est né à Drancy. Il découvre à douze ans dans la mince discothèque de son père, entre Elvis Presley et Les Chaussettes noires, un album de Queen qui sera son premier vrai contact avec la musique rock ». (Qu’il dit monsieur MySpace).

Bon, je résume la suite.

Il apprend la guitare sur le Song Book d’Elvis Costello. Puis il s’ouvre à d’autres artistes… Springteen ne le fait pas fuir, par exemple.

Il vit sa vie comme tout le monde, sauf que Ludéal bosse la musique comme un fou, chez lui.

 

-Je n’ai jamais caché que je travaillais depuis longtemps seul dans mon coin parallèlement à des métiers « alimentaires »… Pendant 10 ans, non-stop, je me suis entraîné, j’ai écrit et composé. Aujourd’hui, je débarque, mais avec un solide répertoire. Il fallait bien que je me décide à montrer mon travail au-delà des amis et de la famille. J’ai eu la chance de rencontrer mon éditrice.

1519010191.jpg

Son éditrice, elle s’appelle Anne Claverie. Elle et le directeur artistique Philippe Gandilhon l’ont l’emmené jusqu’à la signature chez Jive Epic.

-Je suis un miraculé. J’ai eu énormément de chance de signer, tu ne crois pas ? Des mecs comme moi, je suis sûr qu’il y en a plein.

Pas si sûr. Il y a en effet beaucoup de bons artistes en attente d’être découvert, mais, avec un album à ce point proche de la perfection, je ne sais pas. Ce disque n’est pas un premier album. Ce n’est pas possible.

Mais si, en fait.

 

-Si je m’écoutais, je réenregistrerais tout. Je ne suis jamais content. Heureusement que j’étais bien entouré...

Jean-Louis Piérot (Les Valentins, Miossec, Daho, Bashung…), et Frédéric Lo (Daniel Darc, Stéphane Eicher…) à la réalisation et Renaud Létang (Alain Souchon, Manu Chao, Feist…) au mix.

Effectivement, pas mal du tout.

826355894.jpg

Il poursuit…

 

-J’ai une vie de famille, très peu de vie sociale. Je n’ai pas le goût de sortir, je n’ai pas la télé… mais, je te rassure, je ne suis pas coupé du monde. Je suis devenu casanier et même sédentaire parce que j’ai travaillé énormément sur ces chansons. J’ai une exigence maladive avec elles. Je les ai traînés des années sous le bras sans arriver à me décider…

Au programme de cet album « 10 chansons au faux flegme romantique, genre amoureux transi, mais pas dupe, entrecoupées d’images à l’emporte-pièce, de saynètes comico-absurdes et d’une galerie de personnages que ne désavoueraient ni Lewis Carroll ni William Burroughs ». (Re merci monsieur MySpace !)

1640767414.JPG

Ludéal est un peu inquiet. Son disque sortit il y a deux mois, ne rencontre pas encore un large public. Je lui réponds que le contraire m’aurait étonné. Qui a dit que la qualité était vendeuse en ce moment ? Il va falloir qu’il soit patient. Il doit penser à se bâtir une carrière, pas à penser à « l’achat immédiat ».

Il le sait, mais bon…

 

-J’ai conscience que j’arrive à une époque très difficile pour un chanteur qui débute. J’ai fait un album honorable avec des chansons mûres… j’ai peur qu’il tombe dans l’oubli.

Moi, je pense que le succès de Ludéal ne sera pas immédiat. Mais qu’il durera très longtemps.

En attendant, allez voir son site, il y a les dates de ses prochains concerts. Pas mal de 1eres parties (de Pauline Croze, Renan Luce, Daniel Darc et même d’REM…)

Je vous laisse avec son tout nouveau clip : Costume de nonne.

 

08 avril 2008

Balbino Medellin... l'espoir fait vivre!

1253834073.jpg

La première fois que j’ai entendu la voix de Balbino Medellin, c’était en 2004, sur un album de Mano Solo : Les Animals (je l’avais chroniqué). Il chantait en duo, Barrio Barbès. Je me demandais qui était ce type avec une voix si étrange. A la fois cassée, profonde et sensible… souvent sur le fil.

Quand j’ai reçu le disque Le soleil et l’ouvrier (le deuxième du monsieur), j’ai constaté qu’en plus, le mec avait une sacrée gueule : un titi parisien qui aurait mangé du Popeye (expression assez rare, je le conçois… mais très parlante).

2036624249.jpg

Avec le disque, je reçois aussi un poster géant de Balbino. Au verso quelques témoignages d’amis artistes…

Extraits :

 

Cali : « Si on s’en remet à l’adage qui dit « Tout ce qui n’est pas déchirant est superflu », alors cet album de Balbino est essentiel. Parce qu’il y chante chaque chanson comme si c’était la dernière… même dans ses chansons les plus légères, il est un cri jusqu’à la fin. »

 

Bernard Lavilliers : « La voix de Balbino sort tout droit d’un film de Prévert ou d’un album de Doisneau, le ciel est lourd, le vent froid mais à l’horizon une ligne lumineuse grandit comme un sourire de femme… »

 

Anis : « Balbino est le vrai héritier de l’âge d’or de la chanson française, celle des années 50 à 70. Il a ce piment, cette force d’esprit, cette corrosivité… »

 

Jean-Louis Foulquier : « Francis Lemarque aurait été heureux d’accueillir ce jeune « camarade ». Bernard Lavilliers à l’œil qui frise, ça ne trompe pas. Balbino est de la trempe de ceux qui durent. »

 

N’en jetez plus, la coupe est pleine. Après lectures de ces « témoignages », je me suis demandé s’il était utile que j’intervienne dans ce concert de louanges. Si, c'est même impératif. Je l’ai rencontré le 26 mars dernier, il est normal que je me laisse aller à un « racontage » en règle.

964069875.jpg

J’ai été convié dans un « auditorium » situé à Saint Ouen. Un endroit qui ne paie pas de mine quand on arrive… mais quand on a grimpé les escaliers, on découvre un lieu convivial et pratique pour répéter. C’est ce que faisait Balbino Medellin et son comparse René Michel (co arrangeur de l’album et pianiste-accordéonniste… entre autres) quand j’ai pénétré dans cet antre. J’ai un peu l’impression de déranger, mais très vite les deux artistes arrêtent de jouer. Balbino se présente à moi. Poignée de main virile. Pas de fioritures. J’veux dire, pas de phrases inutiles, de basses flatteries, l’homme va droit à l’essentiel. J’essaie d’expliquer qui je suis. Il écoute, bienveillant. Je soupçonne qu’il s’en moque éperdument. René nous laisse en tête à tête dans le studio pour l’interview.

1097447696.jpg

Je lui dis ce que je sais de lui et que j’ai lu partout. Il a grandi en Epinay-sur-Seine et Perpignan, au sein d’une famille espagnole.

 

-Oui, cette famille était communiste et beaucoup de ses membres ont été dans les camps de concentration pour ça. Ils ont résisté, pas toujours avec succès.

C’est son oncle Michel Izquierdo (décédé l’année dernière) qui l’a élevé et qui lui a donné le goût de la musique. La communauté des gitans de Perpignan n’est pas, non plus, pour rien dans la forme de musique qu’il a choisi de jouer… « « fièvre catalane et rock’n’roll pedigree ».

916353016.jpg

Je passe les bars et les scènes ouvertes dans lesquelles il a joué, ses excès de jeunesse dans lesquelles il a failli se perdre et une vie pleine de galères mais aussi d’espoirs… typiquement ce que l’on retrouve dans ce disque.

 

-Pour faire une chanson crédible, il faut parler du vécu que l’on a. Moi, je n’ai pas fait trois fois le tour de la Terre , je suis comme plein de gens. Je n’ai pas voulu m’inventer des vies. Je suis juste inspiré par des rêves, des histoires, des regards, des rencontres… je parle des autres qui me ressemblent.

Balbino a rencontré des artistes qui l’ont aidé et surtout, qui lui ont redonné une confiance qu’il n’avait plus. C’est bien connu, quand ça ne marche pas rapidement, le doute s’installe.

Il intègre le groupe de Sergent Garcia en 2001 pour une tournée en France et en Espagne. Puis Mano Solo lui propose, non seulement de faire sa première partie, mais aussi d’enregistrer un duo avec lui. C’est en 2005 que le grand Bernard Lavilliers l’embarque sur la scène du Grand Rex. Il lui demande de chanter Les mains d’or avec lui. Les professionnels comment à le repérer et le suivre du coin de l’œil.

-Lavilliers a écouté mes maquettes avant que le 1er album Gitan de Paname soit enregistré. Il y a quelque chose qui lui a plu. D’après ce qu’il m’a dit, il a reconnu sa jeunesse… Lui et moi venons du même milieu. Il m’a dit : « entre nous, si on ne s’aide pas… ».

Ce qui est assez bluffant dans ce disque, c’est que si Balbino Medellin parle des « petites gens » et d’une vie sociale peu réjouissante, il n’y a jamais de misérabilisme…

-C’est un album d’espoir, de soleil et d’amour dans un décor du quotidien. Mon ambition était de donner une parole aux anonymes qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer. Je voulais faire passer un message simple : le bonheur est à la portée de chacun.

Ses tranches de vies sont parfois drôles, mais souvent sensibles et réalistes. Les chansons de Balbino Medellin ont l’art de faire réfléchir sur notre existence.

Le vent nous rattrape en est un parfait exemple.

 

Balbino Medellin, je vous l’assure, on va en entendre parler très longtemps.

Je ne peux que vous inciter à le découvrir.

Humain, vous avez dit humain?

Son MySpace.

 

Quoi? Oui, oui, on a fait une séance photos...

Une chronique de Mandor sans les photos dans le lieu où s'est déroulé l'interview ne serait pas une chronique de Mandor. Tsss...

99474522.JPG
1112385162.JPG
2133692218.JPG
Balbino Medellin et Bernard Lavilliers.
Non?
Ah bon!

 

04 avril 2008

Albin de la Simone... chanteur sympa mais pas que!

1241599103.JPG

Albin de la Simone n’est pas un débutant.

Loin de là.

Son MySpace.

Je ne vais pas revenir sur sa carrière de musicien, tout est très bien expliqué ici.

C’est la seconde fois que je rencontre cet auteur compositeur arrangeur interprète…etc. Il sort le 14 avril prochain son 3e album.

Je l’ai chroniqué pour mon journal…

594567367.JPG

Quand on me demande 800 signes, je ne peux qu’être très sommaire. L’intérêt de mon blog est de pouvoir creuser plus profondément.

Le jour où je suis allé à sa rencontre (le 18 mars dernier), il faisait un froid de canard. Vraiment.

Arrivé devant sa maison de disque Cinq 7, Albin de la Simone est là également. Nous prenons donc l’ascenseur ensemble. Je me présente à lui… et un ange passe. « Il fait froid, hein ? » me dit-il. Je crois qu’il fait du second degré. Il a choisi une phrase très banale, juste pour me faire sourire. Ça marche. « Oui, il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors ! » répondis-je avec un sens aigu de la répartie. Je pense que ça promet une belle interview…

1326118488.jpg

Nous arrivons dans les bureaux. Je salue Rico (attaché de presse que j’ai beaucoup pratiqué et qui est d’une sympathie à toute épreuve) et quelques autres personnes que je vois pour la première fois. L’artiste en fait de même. On nous fait grimper un étage supplémentaire pour trouver un endroit calme. Le bureau d’une « chef ». Je ne sais plus très bien chez qui nous avons posé nos valises, mais cette personne a une vue imprenable sur les toits de Paris.

Albin me donne la place du « chef ». Lui s’installe en face de moi. Comme s’il était un de mes employés. Je lui demande s’il vient pour une augmentation. Il sourit.

Un chanteur est toujours magnanime avec un journaliste, je le sais.

1001011788.jpg

Sur le bureau, je vois un disque de la chanteuse dont tout le monde parle : Berry.

Je pense intérieurement : « Tiens, elle, faut que je m’occupe de son cas ! ».

Albin lui, me montre un album de Juliette Gréco. Marrant ça, je n’ai jamais accroché. (Et pourtant, elle a un MySpace!)

Le moment fatidique arrive. Je place mon Sanyo bien en évidence. Il me lance sans réfléchir :

« Tiens ! Tu es un des derniers à utiliser ça ! ».

Ce n’est pas une question, mais une affirmation.

Je le regarde intensément. Je suis sûr qu’il a peur.

(Et là, normalement, vous vous dites : « bon, c’est ça qu’il appelle creuser plus profondément !».)

(J’adore me citer.)

Allez, attaquons le vif du sujet, vous êtes là pour ça…

Non ?

Ah bon !

Bref, je fais remarquer à Albin de la Simone que son univers me paraît plus enjoué, plus gai, plus positif que dans ces deux précédents albums.

-J’ai commencé assez tard à faire des disques. Le premier, j’avais 30 ans. C’était mon disque d’adolescence, celui où j’ai vidé mon sac. Et comme je suis un peu noir dans la tête, je ne me suis pas freiné. Le second, j’avais 33 ans, j’ai poursuivi sur ce chemin. Aujourd’hui, à 37 ans, ça va mieux, j’ai réglé quelques problèmes et j’ai décidé de parler de choses plus légères. J’ai fait le choix de partir toujours du côté le plus gai et le plus animé. J’ai envie de m’amuser et d’amuser les gens. Faire plaisir, en somme.

177436602.jpg

Il m’avoue que la scène y est également pour beaucoup.

-En concert, il m’est arrivé de lutter contre mon répertoire. Il était trop sombre, j’ai dû souvent l’égayer. Je me suis rendu compte que c’était un problème d’écriture. J’ai donc pris la résolution d’orienter mon nouveau disque ce vers quoi j’ai envie d’aller sur scène.

Albin de la Simone est un méticuleux. Il est un arrangeur hors pair et prend soin de chaque détail. Musicalement, il a placé son album sous le signe des pulsations humaines… Il y a plus de synthés, mais tout est joué en live. Il n’y a ni programmation, ni rigidité.

C’est beau un cœur qui bat !

(Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ?)

Bungalow ! raconte des petites histoires fictionnelles joliment troussées. Il joue avec les mots (maux), sans jamais tomber dans la facilité, ni dans l’exercice de style. Une gageure pour une chanson comme Vendéen (co-écrite par Jeanne Cherhal).

Enfin, il y a quand même de l’humour noir.

Catastrophe en témoigne.

Puisque l’on parle humour, à la fin de l’interview, alors que nous devisions de je ne sais plus quoi (j’avais dû lui raconter une histoire de Toto, un truc comme ça…), il m’en raconte une bien bonne : « les schtroumpfs, quand ils se font un bleu, c’est comme nous quand on ne se fait rien. ».

Après avoir médité un bon moment pour comprendre, je lui rétorque un truc de Francis Blanche (ou Pierre Dac, ne m’ennuyez pas avec ce genre de détail…) : « Plus tu pédales moins vite, moins tu avances rapidement ! ».

Ça n’a rien à voir, je vous le concède, mais en même temps, c’est tout aussi absurde.

(En plus, j’écris ce que je veux ici).

1894566424.JPG

Moi j’aime bien Albin de la Simone. Comme le dit une autre chanson de son album. Il est Sympa. Il est vraiment sympa et ça n’a rien de péjoratif.

-Oui, mais je n’en fais pas assez. Mince, je suis chanteur. Il faudrait que je prenne la pose, que je me la joue un peu plus. Un chanteur doit tenir un rôle, non ?

Là aussi, c’était de l’humour.

MDR

LOL

:o)

 

(Attention les propos développés dans les trois précédentes lignes sont à utilisées avec modération. Merci !)

Que puis-je ajouter ?

Ah oui ! Albin de la Simone est au Café de la Danse le 16 avril prochain.

Vous ne serez pas déçu, je vous l’assure.

02 avril 2008

Etyl...

 

959466857.jpg

Parfois, je suis courge…

On me donne rendez-vous avec Etyl au Zebra Square, le soir de la sortie de son deuxième disque Les souris (le 25 mars dernier). J’arrive un peu en avance et m’installe à une table. Je vois, à côté, une charmante fille qui a l’air de me regarder… avec insistance. Je connais mon charme irrésistible, mais quand même, ça devient gênant. Je ne sais pas, je suis ailleurs, je pense à autre chose. Puis je m’aperçois qu’il s’agit d’Etyl.

Son MySpace.

Elle doit se demander si je suis le journaliste avec qui elle a rendez-vous. Se regarder en chien de faïence, c’est bien, mais moi, je n’ai aucune excuse. Je connais parfaitement son visage.

Parfois, je suis courge…

1924906168.jpg

Très vite, je réagis (oui, je suis très réactif). Je me présente à elle. Elle me regarde bizarrement se demandant certainement pourquoi je ne me suis pas venu directement vers elle. Mais elle ne fait aucun commentaire.

La jeune fille est souriante. Nous discutons un peu avant de commencer l’interview. Quand elle voit mon Sanyo, elle dit tout de go :

-Oh ! Moi aussi j’ai un vieux dictaphone pourri pour mes chansons !

C’est sorti du cœur. J’hésite à me lever et à la laisser en plan. On n’insulte pas mon Sanyo impunément…

Je décide de rester quand même, parce que bon, en toutes circonstances, il faut savoir se maîtriser, rester professionnel.

Je lui dis que j’ai chroniqué son premier disque La tortue dans mon magazine (voir ma précédente note sur la dame). Elle me remercie.

-Je n’ai pas été soutenue par les radios, mais j’ai eu pas mal de «  presse »… j’ai été gâtée parce que ce n’était pas gagné.

970297990.jpg

Il faut dire qu’il y a 3 ans, le mélange chanson française, musique électro n’était pas encore très courant. J’irai jusqu’à dire que c’était inédit. Les albums succès d’Émilie Simon et de Camille n’étaient pas encore sortis. Etyl était la première à innover avec son album La tortue.

-A l’époque, ma maison de disque était totalement pétrifiée à l’idée de faire de l’électronique en chanson française. Elle me disait que c’était beaucoup trop novateur, bizarre et pas assez vendeur. Selon elle, l’électronique allait mourir 6 mois plus tard… Je n’ai pas lâché l’affaire, mais du coup, ça a pris plus de temps et le projet a été compliqué à mettre en place.

1822775357.jpg

Etyl a créé sa propre structure. Lady Blue pour pouvoir tout maîtriser de A à Z.

-Je n’aime pas dire ça, parce que ça peut jeter un discrédit artistique sur moi. Il y a des gens qui sont choqués que je sois capable de parler d’argent, de tenir un planning, de faire une fiche de paie. Le fait que je dise à d’autres artistes : « Bougez-vous, soyez indépendants, montez votre label, faites ci, faites ça… », ça ne plait pas toujours. J’ai les pieds sur Terre, mais ça n’empêche en rien la créativité. Il faut savoir que je suis devenue comme ça par la force des choses. Si j’avais été une artiste prise en main totalement, avec la capacité d’exprimer mes désirs, mes volontés et mes problèmes existentiels, je peux vous assurer que ça ne m’aurait posé aucun problème.

795422057.jpgLe deuxième disque d’Etyl est plus acoustique. Je lui demande si c’est pour toucher un plus large public…

-Il est plus consensuel, mais pas pour de mauvaises raisons. C’est la scène qui m’a poussée à faire ce choix. En concert, on se rend vite compte que quand on a le nez dans les machines, on est coupé du public. Il y a un moment, on ne peut pas avoir la double casquette de programmatrice et d’ « ambianceuse ». L’important, ce sont les gens présents dans la salle… quand on les lâche, ils le sentent tout de suite.

Est-ce donc une concession à son travail ?

-Un peu. Mais je développe aussi des projets plus expérimentaux qui sont difficiles d’accès et qui n’auront pas une existence médiatique commerciale. J’aime par-dessus tout m’amuser avec les sons, les textures de son… ça ne changera jamais. Je continuerai longtemps mes recherches. En revanche, pour exister, pour avoir un personnage cohérent, il faut bien que je sois un peu plus accessible.

J’aime beaucoup la franchise de la demoiselle. Je lui affirme, en tout cas, que je trouve qu’entre les deux albums, il y a une certaine1272438669.jpg cohérence.

 

-Ah ! Vous trouvez ? Ça me fait plaisir parce que j’avais peur de déstabiliser mon public de base. Vous savez, j’ai une ambivalence dans ma personnalité qui se retrouve dans ma musique.

Etyl est restée la même chanteuse, très organique. Son ton est resté caustique, sensuel et sensible.

-Plus encore dans Les Souris, j’ai l’impression. Dans une chanson comme Noël, je pense chanter tout haut ce que les autres pensent tout bas. Souvent, j’exprime des vérités qu’on n’a pas toujours envie d’entendre.

La chanson Noël, la voici...

 

Les chansons d’Etyl sont personnelles, mais elle fait en sorte que chacun puisse s’identifier sans que le propos soit modifié. (C’est le cas de Debout, par exemple). Pour tout dire, elle joue autant avec les sons qu’avec les mots. Un travail de longue haleine…

-Pour moi, une chanson, ça ne s’arrête pas, ça s’abandonne. Pour 80% des titres de l’album, je dois avoir 4-5 versions de chacune…

Je lui demande dans quel état elle se trouve quand elle est en mode « création ».

-Ce n’est pas toujours évident de faire sortir quelque chose de soi, surtout quand on essaie d’être honnête. De temps en temps, il y a des choses pas très jolies qui ressurgissent et qu’on n’apprécie pas toujours. Il faut faire avec. Globalement, je suis assez terrienne, casanière et épicurienne. J’aime être seule dans ces moments là et je m’arrange pour ne pas faire souffrir les gens qui m’entourent…

Pour conclure, je n’irai pas par quatre chemins, cet album est un album qui fera date. Tout est bon dans Les souris. Un véritable miracle !

 

Je lui dis en rigolant (mais pas tant que ça…) qu’elle a tout pour devenir une artiste culte. Dans deux ans, elle sera moins accessible, elle donnera des interviews au compte goutte, mais j’espère qu’elle gardera la fraîcheur et l’honnêteté qu’elle m’a donnée lors de cet entretien.

1302366103.JPG
Seule photo validée par Etyl... après l'interview.

Une chose est certaine, il est hors de question que je ne continue pas à suivre sa carrière de très près.

Parce que, personne n’a compris un phénomène essentiel : la chanson française de demain est déjà là depuis trois ans.

Elle s’appelle Etyl.

J'me fais mal est son nouveau clip.

 

 

 

Je n’exagère pas. Rendez-vous demain (jeudi 3 avril) à la Boule Noire , vous comprendrez !

(Merci à Thomas pour le rendez-vous réussi et sa présence discrète ce jour-là !)

(Thomas est l’attaché presse de l’artiste, mais aussi un type que j’aime bien.)

31 mars 2008

Laetitia Godès... femme aux 1000 vies!

786909860.gif

J’avais déjà parlé de Laetitia Godès, il y a un mois de cela… j’avais promis une mandorisation. Elle s’est tenue jeudi dernier (le 27 mars), chez l’artiste.

Je récapitule. La chanteuse se produit tous les lundis à 20h00 au Théâtre Les Déchargeurs jusqu’au 30 juin prochain. J’ai déjà dit ce que j’en pensais. Que du bien. Tout comme son disque auto produit Prière Profane.

Je trouve courageux les gens qui se jettent corps et âme dans un projet. Tout sacrifier pour concrétiser le fruit de ses rêves… c’est exactement ce qu’à fait Laetitia Godès.

281018067.png
 

Elle m’accueille chaleureusement dans son appartement. Je sens qu’elle me jauge. J’ai l’habitude. Je discute donc avant de sortir mon magnéto. Pas de précipitations. On a le temps.

La sensibilité repérée dans sa façon de chanter et dans la brillance de ses textes, je la ressens là, devant moi.

Je comprends très vite que Laetitia Godès  a eu 1000 vies… qu’elle n’hésite pas à prendre des virages radicaux quand le besoin s’en fait sentir.

-J’ai beaucoup basculé dans ma vie. Toute jeune déjà, lorsque j’étais étudiante, alors que j’étais titulaire d’un bac scientifique, un prof de philo m’a fait comprendre que j’étais faite pour les Lettres, donc j’ai fait Hypokhâgne et à 20 ans, j’entre en Maîtrise de Lettres Modernes à la Sorbonne.

Le tout, sans difficulté, mais elle me demande de ne pas le préciser. Elle poursuit.

 

-Un matin, je me suis réveillée en étant persuadée qu’il fallait que je fasse du théâtre. C’était comme une révélation. Je n’avais vu que 3 pièces dans ma vie et je n’avais pas la télé… je me suis inscrit dans une école de formation dramatique, le Studio 34… j’y suis restée 3 ans.

 

Ensuite, Laetitia a enchaîné les pièces (voir son site).

1131251745.png

-Avec les rôles que l’on joue au théâtre, on a la possibilité d’aller explorer, de dire, de donner des sentiments, des émotions ni courantes, ni usuelles. Dans la vie, on a tendance à les cacher parce qu’il faut un masque social et surtout ne pas embêter les gens… le théâtre m’a permis ça.

En parallèle, elle est devenue une « as » du doublage (synchronisation). Elle est la voix, notamment de Lucy Liu.

 

-Avec ce métier, il faut essayer de devenir l’autre, de réussir à imiter à la perfection ce que l’autre fait, de le respecter au maximum. Et pour qu’il en soit ainsi, en général, il faut savoir comment on joue soi-même pour pouvoir jouer autrement. C’est passionnant parce qu’à chaque fois, on rencontre un autre corps, une autre façon de réagir, de pleurer, de crier, d’aimer… et ton champ de comédienne s’ouvre vers d’autres ailleurs.

 

D’autres ailleurs, comme la chanson, par exemple…

1202285918.png
1305883746.png

-Quand j’ai basculé dans la musique, j’ai vite compris que la synchro m’avait beaucoup apporté. Il faut parler dans un rythme qui n’est pas le sien, il faut suivre et s’arrêter à un temps précis… quand on chante, il en est de même.

Pour apprendre la musique, Laetitia Godes a suivi 25 heures de cours par semaine à l’école Atla ensuite, elle a continué son travail de chants avec différents professeurs réputés. Elle s’est donnée les moyens de réussir…

1972701436.jpg
Photo de la pochette: Patricia de Gorostarzu.
 

Venons-en aux chansons. Elle nous offre dans Prière Profane des textes à la fois très personnels et universels. Des textes qui touchent, qui ne peuvent laisser personne indifférent. Je ne rentre pas dans les détails, mais je crois comprendre que Laetitia n’a pas eu que des moments très beaux dans son enfance. Et avec pudeur, elle raconte…

 

-La démarche est impudique et en même temps, non. C’est comme la pochette du disque. Je suis nue, mais on ne voit rien. C’est pareil dans mes textes. Il n’y a que ceux qui ont des oreilles qui entendent. Entre le fond et la forme, j’ai voulu une vraie communauté d’élégance et de pudeur.

Quand à la musique, là aussi, c’est une question d’instinct…

 

-Ma première chanson, A toi l’enfant est arrivée avec sa musique. Après je n’ai jamais été capable que d’écrire sur mélodie. J’entends sur les notes quelle est la syllabe qui doit correspondre. Je crée donc des mélodies avant d’écrire des chansons.

Les 12 chansons de l’album ont toutes été écrites par Laetitia et composées en partenariat avec Alexis Didier.

Une présentation des musiciens qui entourent la chanteuse s’impose :

Guitares : Jacky Arconte.

Percussions : Alain Douïeb

Claviers : Ronny Gold

Flûte traversière: Hervé Meschinet de Richemond.

1937568498.JPG
248748765.JPG

J’aime beaucoup ce disque. Il est vrai, simple et bouleversant parfois. Assez troublant, je dois dire.

Ce soir, donc, Au Théâtre des Déchargeurs.

Au programme : authenticité, sourire et émotion.

 

Son MySpace.

30 mars 2008

Myrtille Chartuss... humoriste décalée!

1962899387.jpg 

J’ai connu Myrtille Chartuss, il y a un mois. J’étais chez Frédéric Vignale. Quand il me l’a présenté, je l’ai tout de suite reconnu. Je l’avais vu chez Delarue parler de son nez. Oui, Myrtille à un nez qui se voit un peu et elle l'assume complètement. Elle m’avait paru très sympathique, positive, toujours le sourire aux lèvres, bref, je l’avais remarqué.

Je savais qu’elle était mannequin et humoriste, mais, c’est tout.

Et là, je ne sais pas, ni pourquoi, ni comment, nous nous sommes tout de suite appréciés (je m’avance peut-être un peu là, mais, disons que c'était comme si nous nous connaissions depuis des lustres).

On a d’ailleurs fait une séance de photos impromptue pour immortaliser cette première rencontre. Voici deux clichés dont un subversif (en noir et blanc signé Vignale, évidemment)...

894193210.JPG
2001245294.JPG
Je rappelle que les deux personnes sur la photo sont deux comédiens hors pairs...
Donc, là, nous jouons...
Je ne veux pas d'ennuis avec la police, ni avec ma femme.

En rentrant chez moi, je fouine un peu sur Internet et je vois pas mal de trucs sur elle à droite et à gauche. Des extraits de spectacles, des interviews, des dessins animés… Elle semble avoir une forte personnalité et un humour un peu trash. Tout ce que j’aime. L’idée de la mandoriser s’impose à moi, d’autant plus qu’elle est en pleine actu.

Elle se produit tous les mercredis du 2 au 30 avril dans une jonque… La dame de Canton.

Son nouveau spectacle s’intitule : Myrtille donne la banane à ceux qui en ont… dans le citron !?

1481521288.jpg

Le 19 mars dernier, Myrtille me donne rendez-vous en bas de son domicile. Elle me suggère de nous rendre au Chalet des Îles. Il pleut, il fait froid, mais l’idée me tente. Il faut traverser en navette pour accéder à cette petite île « restaurant ». C’est assez sympa. Mais en arrivant, on nous dit qu’on ne fait pas « salon de thé » en semaine… Nous, on s’en fout, on ne vient pas pour boire du thé, mais pour déguster des coupes de champagne.

1624866568.jpg

681583701.jpgOn nous laisse nous installer « très exceptionnellement »… et je sors mon Sanyo. Je lui demande de me raconter ses débuts… parce que j’ai bien compris que parler chez Delarue, ça peut faire accélérer les choses, mais je sais aussi, qu’elle est loin d’être une débutante.

 

-Je joue depuis que je suis toute petite. Ma mère, une femme « originale », sort du TNS (Théâtre National de Strasbourg) et j’ai évolué dans une ambiance de scène toute mon enfance… Magique Lisette est devenue ma « metteuse en scène ».

Je lui demande si la situation n’est pas un peu bizarre. Une mère qui dirige sa fille, dans un spectacle sans concessions…

-On a un amour fusionnel dans la vie, mais elle ne m’épargne pas professionnellement. C’est vrai que nous abordons des sujets comme le SIDA, les MST, certains sont choqués de savoir que ma mère adhère à tout ce que je raconte. Nous n’avons aucun tabou, mais on ne s’en rend pas compte.

271259351.jpg

Myrtille Chartuss évoque aussi dans son spectacle le mal de reconnaissance, un homme violet, une femme amoureuse d’un homme homosexuel et qui ne le sais pas, les femmes battues, j’en passe et des pires.

-Je parle beaucoup de la condition féminine, sous un angle assez tragique, je dois dire. Je prends toujours le pire du pire et je me permets d’en rire. C’est entre le sketch et le slam… la musicalité des mots et le côté drôle font que le message passe, enfin, j’espère… Il y a, en tout cas, une direction dans laquelle je ne veux pas aller, c’est vers le pathos.

912545127.jpg

Je regarde Myrtille s’exprimer. Elle ponctue quelques phrases avec son rire. La joie de vivre personnifiée. Son univers humoristique est 928933123.jpgnoir tandis qu’elle montre une image d’elle resplendissante. Si l’homme est paradoxal, que dire des femmes…

(Ahem… Ca va sinon, chez vous ?)

 

Je demande si la Myrtille de la scène prend souvent le pas sur la Myrtille de la vraie vie… si elle quitte parfois son personnage. Je lui dis ça parce qu’elle est habillée toujours de manière étudiée et originale.

-C’est ma touche graphique. Je viens des beaux-arts, donc, la façon dont je me montre n’est jamais anodine. En société, je ne suis jamais complètement comme on m’imagine. Je suis introvertie chez moi, extravertie dehors… j’ai une vie de moine dans la réalité, mais quand j’enfile la parure, je deviens la Myrtille des spectacles.

348767507.jpg

A un moment, elle me dit que je ressemble un peu à Pierre-Louis Basse (d’ailleurs, grand respect au monsieur !). Mais z’enfin, je ne lui ressemble pas ! Pef encore, je veux bien croire qu’il y a quelque chose, on n’arrête pas de me le dire, mais Pierre-Louis Basse, là, je ne vois pas.

Pour me venger, je lui rétorque qu’elle ressemble à une fille qui vient d’une autre planète. Elle s’étonne de cette remarque… puis répond.

 

-En tout cas, j’ai l’impression de me dire en permanence que je ne suis pas dans le bon monde. Quand on est un peu décalé, on est vite pris à rebours. Parfois, les gens ne te prennent pas au sérieux sous prétexte que tu ne leur ressembles pas.

1401001005.jpgAprès la deuxième coupe de champagne, je décide d’arrêter l’entretien. Nous parlons un peu de son livre Ni parfaite, ni refaite.

-C’est un éditeur Suisse qui a lu le Psychologies magazine dans lequel je figurais. Cette histoire de mannequin humoriste au physique atypique l’a intéressé. Du coup, j’ai écrit un livre sur mon histoire.

« Elle nous montre, à grand renfort d'humour, d'ironie et de jeux de "maux", comment rire de soi pour ne pas sombrer ou finir clonée sous le diktat de l'image et de la chirurgie.
Dans ce livre, quelques rencontres avec l'anorexie, l'abandon, les complexes, la manipulation, la boulimie, le célibat et les combats à mener pour arriver enfin à s'aimer » (dixit cet article)…

Le temps file à vitesse grand V. Nous devons nous quitter… jusqu’à la prochaine fois. En attendant, nous prenons quelques photos, certes sous la flotte, mais aussi sur la navette…

765917906.JPG
918781586.JPG
448367198.JPG
1517734851.JPG
195254050.JPG

J’ai passé un bon moment avec cette jeune femme drôle, sensible et très attachante.

Un peu surréaliste parfois.

Mais une artiste hors-norme.

A découvrir.

Si vous aimez le « jamais vu » !

Peut-être puis-je ajouter que Myrtille a fait un buzz récemment avec cette parodie du Mépris de Godard.

Myrtille Chartuss et Frédéric Vignale n’en sont pas revenus.

 

 

IMPORTANT: Si vous souhaitez vous faire une idée du personnage avant d'aller la voir sur scène... rendez-vous à la Fnac St-Lazare vendredi prochain (le 4 avril) à 17h30 pour une rencontre et un show case...

27 mars 2008

Alexandre Kinn... sur la bonne roots!

859715466.jpg

Encore un qui déboule et qu’on n’avait pas vu venir… un bon en plus.

Alexandre Kinn. On entend sa chanson Aude (Emmène-moi) sur pas mal de radios.

La voici.

Sa bio ne nous apprend pas grand-chose sur le monsieur. Extraits :

« Parti pour devenir égyptologue, Alexandre se prendra les pieds dans la musique pour de bon, après un voyage de plusieurs mois à la Nouvelle-Orléans et la découverte du blues... Il entame un autre voyage à Paris qui ne devait durer que quelques jours pour finalement y rester et faire ses classes en écumant les bars. Le répertoire se forme, et les rencontres se multiplient… »

Un peu court jeune homme, comme explication !

1017735431.jpgLe 6 mars dernier, je suis allé à sa rencontre, chez AZ/Universal, pour en savoir un peu plus sur lui et son premier disque, Dans la tête d'un homme. (Sur son MySpace: 4 titres à écouter!)

En bas de l’immeuble de la multinationale, je rencontre une amie attachée de presse d’une autre maison de disques. On papote quelques minutes et elle finit par me demander qui je viens interviewer. Je réponds, mais elle ne voit pas qui est ce Alexandre Kinn. Au moment où je réponds : « il fait un peu comme Christophe Maé, mais en plus authentique, moins variétoche... », l’artiste en question passe devant nous en nous regardant bizarrement. Comme je connais mal son visage, je ne suis pas certain qu’il s’agisse de lui. Je le suis. Nous montons ensemble dans l’ascenseur. Je lui demande opportunément : « vous êtes Alexandre Kinn ? ». Il me regarde amusé. « Non, je suis Christophe Maé ! ».

Très drôle. Bon, ça y est, on est pote puisqu’on se taquine déjà…

En vrai son style, ce serait plutôt John Butler trio, G.love and Special Sauce, Bob Dylan, Ben Harper ou Jack Johnson dans la composition musicale, m’explique-t-il, une fois installé dans la salle d’interview.

-J’ai placé des textes français sur de la musique américaine. Tu enlèves le texte en Français, ça sonne ricains, je t’assure. Tout est roots. Pour être plus précis, mon album est un condensé de ce que j’ai joué jusqu’à présent. Du blues, du folk et de la chanson « song writer ». J’ai tordu le système dans tous les sens pour trouver la bonne alchimie de tout ça. J’ai plein d’abats… sur 80 chansons, 13 sont sur le disque, le reste est à la poubelle.

Je lui réponds, en plaisantant à moitié, qu’il s’agit donc d’un best of de ses meilleures chansons.

Il acquiesce en se marrant.

1104641940.jpg

Je lui demande ce que ça lui fait d’être là, à parler de son « œuvre », de marcher dans la rue et de voir sa tronche sur tous les murs de Paris (car tel était le cas)…

-C’est vraiment bizarre. Il y a peu, je chantais dans les bars, je faisais la manche dans le métro, personne ne venait me poser des questions. Je trouve ça intéressant de parler soudain de mes chansons. Elles sont la fin d’un trajet. Je démarre un nouveau cycle avec ce disque. Je considère que c’est la fin de 8 ans de galère parisienne.

1104107899.JPG
Je suis un vrai pro de la photo... je sais. Merci!

Rassurez-vous, il ne se croit pas arrivé. Il sait parfaitement qu’il va falloir se battre pour rester dans ce milieu et construire une carrière. Alexandre Kinn est un type humble et sympathique. Juste, il a quelques étoiles dans les yeux et je trouve ça beau.

-Moi, j’attendais la reconnaissance de mes pairs, les musiciens. Je commence à sentir que je suis un peu respecté. Quant au public, il y a tellement de paramètres pour que la sauce prenne, ou pas… Je suis très lucide. Nous vivons dans un monde ou le CD est en train de disparaître. Il n’y en aura plus dans 5 ans, c’est une certitude. Tout va désormais se jouer sur le live.

Je lui fais remarquer que, quand même, il y a sur le marché du disque français de plus en plus de chanteurs « roots ». Je ne prends pas comme exemple des artistes comme Maé et De Palmas, mais je le pense très fort…

-Les gens en ont marre du superficiel dans la musique. Ils ont besoin d’authenticité. Des prises de guitares simples, de voix, de chansons pures… et moi, c’est ce que j’ai toujours fait.

Il n’ira pas plus loin dans ses explications.

107946923.JPG
Il n'est pas beau et souriant, là?

Je remarque qu’il est très curieux. Il me pose quelques questions du genre : « tu définirais comment ma musique ? », « quelles chansons tu préfères dans l’album ? ». Je réponds un peu maladroitement à tout ça. Je suis plus à l’aise dans l’exercice inverse. Poser des questions, je sais faire, y répondre, je ne suis pas un as…

Alexandre Kinn est très sincère. Il ne veut pas jouer à l’artiste au passé tumultueux et difficile : « Je viens du sud de la France , de Hyères, plus précisément. Je n’ai jamais eu de problèmes dans on enfance. Tout à été toujours très calme… ». N’est pas Édith Piaf qui veut.

(Très intéressante, cette dernière remarque… de mieux en mieux, Mandor).

Il me confie aussi qu’il a besoin de repères pour avancer dans ce métier :

-J’ai une petite équipe avec moi. Un « crew » comme on dit dans le milieu Hip Hop, que je respecte d’ailleurs beaucoup. Mon manager, mes musiciens, mon régisseur et mon ingé son sont un peu ma deuxième famille. Nous sommes très soudés et c’est rassurant pour moi.

990841371.JPG
(Y a-t-il quelqu'un qui pourrait m'expliquer dans un langage clair, comment je peux résoudre mon problème de photos prises en haute déf' qui apparaissent en basse déf' sur mon blog? Merci, parce que ça commence à me courrir sur le système!)

 

 

J’aime les gens qui ne cachent pas leurs failles. Alexandre Kinn n’est pas Superman, mais il joue bien, il chante bien, ces textes ne sont pas dénués d’intérêt. C’est tout ce qu’on lui demande.

Pour le découvrir, voici un extrait du making of du vrai clip de Aude (emmène-moi).

Celui d’en haut, c’était un pré clip…

Avant cela, quelques explications :

-On a tourné le clip « officiel » à Los Angeles au volant d’une Aston Martin. On voulait juste faire des images caméra à l’épaule. En 4 jours, on a eu toutes les galères du monde. Un truc de fou ! On en a fait un making of, tellement c’était dingue.

Et puis un extrait d’un de ses concerts. Dans la tête d’un homme. (J’adore vraiment ce titre !)

    

Pour le voir et l’apprécier en live. C’est ce soir que ça se passe.

Au Café de la Danse.

Impératif !

26 mars 2008

David Lafore... trash dandy!

455058365.jpg

 J’avais tout entendu sur lui… pas que des compliments. Rien à dire sur son côté artistique, mais humainement, c’était une autre histoire.

Un bon ami chanteur ne l’aimait pas du tout, pour son comportement hautain envers lui et les autres artistes (me disait-il). Insidieusement, j’avais donc de mauvais préjugés sur David Lafore.

Bon, en même temps, je me surprenais à écouter maintes fois ses deux albums et notamment le dernier né David Lafore Cinq Têtes II. Pour être franc, j’étais même plutôt très amateur de ses chansons. En écoutant ses textes, je me disais qu’il pouvait effectivement être comme mon pote me l’avait décrit (non, z’êtes fou, pas de nom… mais je l’ai mandorisé il n’y a pas si longtemps…). Ironique, sarcastique, distancier, nonchalant, impudique sont des mots qui conviennent assez à son répertoire et à sa façon de l‘interpréter. Mais, il faut ajouter, poétique, drôle, fin et réaliste.

1520415842.jpg

Quand son attachée de presse m’a proposé de le rencontrer avant son passage à L’Européen (ce soir), j’ai couru sur l’occasion.

(Juste un détail… la veille pour le lendemain, ça me fait un peu cravacher quand même…)

Nous nous sommes donné rendez-vous hier dans un bar à proximité du cimetière du Père Lachaise.

Je n’étais pas entièrement rassuré au regard de mes fameux « préjugés ». Mais je vois débouler un type discret, souriant, au regard malicieux.

Il s’installe après une chaleureuse poignée de main. Il commande un Perrier.

(Pfff… n’importe quoi !)

Il est venu avec une mini guitare. Il me la montre et en joue un peu. Pas très bien accordée, certes, mais je n’ose l’interrompre. Il s’amuse. Je me dis que cette interview va être épique.

Et puis non. L’homme répond calmement, sans précipitations. Avec gentillesse même.

C'est le pied.

530184756.jpg
Si, c'est lui... photo envoyée par son attachée de presse...

Je commence à disserter sur le fait que le « discours » de ses chansons n’est pas direct et qu’il faut plusieurs écoutes pour en apprécier, à sa juste valeur, sa substantifique moelle. J’ai dû mal m’expliquer parce qu’il me répond honnêtement un truc qui me déconcerte.

-C’est certainement un problème de réalisation, d’arrangement et de voix. Je sais que j’ai une part de ma création artistique pas assez mûre. Dans mes deux albums, je pense qu’il y a des chansons assez réussies, mais sans plus.

Mais que me raconte-t-il ? Je lui explique mieux le fond de ma pensée. Comme quoi, je suis tout à fait de l’avis opposé. Son disque est même réjouissant. On oscille en permanence entre douceur et tension, sexe et mélancolie, pessimisme et je-m'en-foutisme… C’est à la fois pop, sexy et ambitieux. Rien a voir avec un disque raté. Il faut juste s’accaparer son univers, c’est tout.

Il ne désarme pas.

-Mais, enfin, je sais désormais ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire…

475372074.jpg

Dans la presse, il est constamment comparé à des géants tels que Boris Vian, Jacques Dutronc et Serge Gainsbourg. Si ces comparaisons sont flatteuses, ne préfèrerait-il pas que l’on dise que David Lafore fait du Lafore. ?

(Encore une question à la con, je le conçois.)

(Je rappelle que j’organise des stages d’interviews…)

-Non, parce que je vois pourquoi c’est fait. Ça me convient même tout à fait. C’est une technique de journalistes pour informer sur ce qui n’est pas connu des autres. Je le fais moi aussi quand je veux présenter quelqu’un à une personne qui ne voit pas de qui je parle.

Il réfléchit et ajoute :

-Tu sais, j’en ai mangé du Gainsbourg par exemple. Il est normal que quelque chose en ressorte. D’ailleurs, je suis certain d’avoir déjà écrit des chansons aussi belles que les siennes. Sur mon dernier album, je peux citer : Laisse-moi mourir un peu. (Vous pouvez l’écouter sur son MySpace !)

Avec David Lafore, je ne sais jamais s’il plaisante et quand.

Mais, après tout, ça n’a aucune d’importance.

 

 

Je lui lis un bout de son dossier de presse : « Immédiate ou mystérieuse, son écriture à la fois douce et écorchée s’équilibre d’elle-même avec des petits coups d’humour pince-sans-rire. Et s’il manie le sarcasme, il ne recule pas non plus devant l’émotion à fleur de peau et la simplicité des sentiments. »

Le crooner à la voix blanche ne répond pas. Quoi répondre ? Rien.

Question suivante.

Je lui parle de la scène.

Il aime ça. Il s’y amuse, improvise beaucoup, taquine parfois son public. Il explique qu’il n’y va pas pour faire un acte de prestation académique. Entendez par là qu’il aime les imprévues, qu’il n’hésite pas à recommencer une chanson si elle a mal démarrée et qu’il sait même parfois jouer des silences... « Il faut se dégager de toutes ces choses qui font partie du paraître plutôt que de l’être ». Pas mieux.

-Sur scène, il faut créer une ambiance hitchcockienne. Avec un petit coquin sur scène, il peut tout se passer…

J’arrête assez vite l’interview… j’ai envie d’être tranquillos. Ne pas jouer au journaliste. Parler littérature, par exemple. Sa passion des mots, sa façon de les travailler de manière ludique. David Lafore écrit aussi des nouvelles, mais estime ne pas en avoir assez pour en faire un livre.

Évoquer le métier de comédien. Il souhaite s’engager dans cette voie sérieusement, plus particulièrement au théâtre… « Le cinéma, c’est trop long ». Il me dit aussi qu’un « chanteur c’est aussi un comédien… ».

J’écoute cet espèce de Buster Keaton avec passion. Parfois, il susurre ces phrases, je peine à l’entendre. Il se met soudain à chanter une chanson italienne.

1125858264.JPG

Bref, cet artiste mérite qu’on s’y intéresse.

Pas qu’un peu.

Ce soir, à L’Européen.

Vous m’en direz des nouvelles (peut-être).