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19 août 2008

Amazing Grace!

Grace est une parfaite inconnue, mais risque bien de ne pas le rester longtemps. Le disque Hall of Mirrors, aux influences planétaires (rien de moins), est un disque majeur. Cette jeune femme aux allures de danseuses orientales est une Américaine (née au Canada), empreinte de spiritualité et de sagesse. C’est en tout cas ce qu’elle dégage à l’écoute de ce premier album folk- blues- reggae-soul en tout point réussit.

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Mon rendez-vous s’est tenu le 25 juillet dernier dans le bureau du président de Universal Music France, Pascal Nègre. Avant de rencontrer la belle, je patiente tranquillement sur le canapé. Un homme s’assoit à côté de moi en me disant bonjour. Je suis en train de relire mes notes. J’entends qu’il me pose une question. Sa voix me dit quelque chose.

Je réponds : « non, non, je n’attends pas monsieur X ! (je ne me souviens plus du nom…) Je patiente pour interviewer Grace. »

L’homme me dit : « Tant mieux, je suis un peu pressé, ça m’évitera d’attendre…». Il se lève, je le regarde et Florent Pagny me lance : « bonne attente ! ». Je souris en repensant à ce jour où Eric Genetet et moi, l’avions déguisé en nain lors d’une interview.

Bref, je m’égare.

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Grace m’accueille avec un sourire timide, une poignée de mains chaleureuse, mais semble trouver incongrue l’idée de devoir parler d’elle à un inconnu, même s’il est journaliste.

-C’est tout nouveau pour moi et ce n’est pas un exercice facile pour quelqu’un qui pense tout exprimer de sa vie et de sa pensée dans ses chansons.

Plutôt humble de nature, après maintes questions, la chanteuse finit par expliquer qu’elle est une enfant de la balle et que sa vie a toujours été bercée par la musique… par « les » musiques, serait plus exact.

-Mes deux parents sont des musiciens de « folk » américains et j’ai vraiment grandi en tournée avec eux. J’ai appris à marcher dans un bus.

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Je vous passe sa vie de baroudeuse en Alsace, en Californie, dans le Montana ou à Paris.

-Je n’ai pas de repère. Je me sens chez moi partout et je me sens étrangère partout. C’est paradoxal, mais je suis ainsi. Je m’identifie à une gitane.

C’est l’Afrique et l’Inde qui semblent avoir influencé sa musique et sa façon de vivre.

-Au Kenya, on a fait des rencontres absolument fabuleuses dans le désert. C’était transcendant pour un enfant de 7 ans de vivre avec la musique acoustique du désert. C’était un élément déclencheur important de mon amour pour la musique africaine.

Grace raconte ensuite ses allers-retours vers ce continent pour apprendre l’art des griots. Nomade insatiable, elle part ensuite en Inde pour s’imprégner de yoga et de musique soufie.

-Je suis un peu révolutionnaire. Je veux comprendre comment fonctionnent l’être humain et plus généralement, la marche du monde… Je lis beaucoup puis j’explore les concepts que je lis, j’écris aussi énormément. J’adore les ponts entre la musique, les gens et la littérature. La planète est tellement petite, personne ne se rend compte qu’on est tous pareils. On passe son temps à parler de nos différences alors qu’au fond, on veut tous la même chose.

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Avec une voix exceptionnelle, elle aborde dans ses chansons des thèmes universels dans lesquels l’amour, la tolérance et la fraternité dominent.

-Je me considère comme une « transmetteuse ». Avec la musique, on a une responsabilité. On doit partager des valeurs. Je ne prends surtout pas à la légère le fait d’avoir la parole, je vais en profiter pour ne pas la gâcher et pour creuser sur la vérité. Vous savez, partager et donner, c’est aussi recevoir.

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Je suis assez conquis par la demoiselle, mais son discours un chouia ésotérico-naïvo-philosophique me laisse de marbre. Je lui demande si, pour elle, faire un disque est une suite logique de son parcours de vie.

-Ma mère possède encore des chansons que je chantais quand j’avais 4 ans. Je les avais inventé moi même. Dans la famille, on écrit tous des chansons. Ca fait partie d’un fonctionnement. On digère la vie avec la réponse musicale. La musique, finalement, je l’ai apprise de manière intuitive… et non scolaire.

Elle chante donc depuis son enfance et sa guitare est toujours à portée de main.

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Aujourd’hui, Grace interprète, sans aucune once de prétention, « la sensation d’être perdu, alors qu’il suffit souvent d’ouvrir les yeux pour avancer, la difficulté des rapports amoureux, la rébellion contre l’égoïsme qui fait tourner le monde, ou l’affirmation que la vraie richesse est celle du cœur…

Le premier album de Grace Hall of Mirrors (sortie le 15 septembre) est une pépite dans laquelle chacun peut deviner son propre reflet. À découvrir impérativement !

Voici son premier (et superbe) clip: Imagine One Day.


Des extraits de concerts sont visibles sur son MySpace.
La critique élogieuse et bien sentie d'Impudique.net.

22 juillet 2008

William Baldé... MC solaire!

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"Un matin suspendu
Au fleurs de ton jardin,
Ma main sur ton petit cul,
Cherche le chemin… "

Il y a des chansons qui encombrent des carrières.

Ce tube de l’été (que l’on entend partout) va coller à la peau de William Baldé très longtemps.

Et c’est dommage parce que cet artiste là (qui n’est pas un perdreau de l’année : 43 ans et des années de carrière), vaut largement plus que cette honnête chansonnette.

Son album En Corps Etranger est un bijou reggae, pop, folk, soul.

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La Spöka team m’a arrangé un rendez-vous en deux temps, trois mouvements…

Rares sont les fois où j’arrive à la bourre à un rendez-vous, mais ce mercredi 16 juillet, ce fut le cas. Un quart d’heure de retard, ce n’est pas bien grave. Sauf pour moi. J’arrive dans la pièce où m’attend William Baldé. Il lit tranquillement un journal en m’attendant. Je lui demande de m’excuser.

Il sourit gentiment. Je crois qu’il s’en fout. Cool attitude !

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Je passe sur ses origines : " William est né à Kindia, élevé à Conakry, la capitale guinéenne par sa mère médecin, avant d’être envoyé à Dakar où vit son père, tailleur et styliste, d’origine peule et touarègue. A l’âge de 15 ans il débarque à Paris où il espère devenir avocat, mais bien vite, il fréquente des musiciens bohèmes avec qui il finira par interpréter des succès internationaux sur les marches du Sacré-Cœur, dans le métro et dans les bars ". C’est ce qu’explique, en substance, le dossier de presse.

Bon, je vais vite, parce que parfois, les bios, c’est limite lassant à lire…

l_bd7c93236f2902035a4f590b9d813d64.jpgEn 1996, le sympathique Baldé sort un disque chez EMI avec d’autres musiciens. Ils forment le groupe Yuba. Le public n’est pas au rendez-vous.

-Déjà qu’un artiste doute tout le temps, alors, quand on a l’occasion de signer dans une maison de disque et que ça ne fonctionne pas, on se remet forcément en question. Notre album était en wolof (la langue du Sénégal) et en anglais. La personne qui nous a découvert s’en fichait complètement parce qu’il aimait notre travail. A la sortie de l’album, il a été remercié et, dans le même temps, les quotas sur la chanson française sont apparus. La maison de disque n’a pas su trop quoi faire avec nous.

Pas folle la bête, le premier album solo de l’ami William est donc en langue française (à l’exception près de Sayiima lagissé et Yönn-gui, sa chanson préférée du disque…).

-C’était un défi. J’étais tellement vexé par rapport à Yuba que je me suis dis que j’allais travailler comme un fou la langue française, de manière à ne pas avoir honte de mes textes. Il faut dire que j’avais placé la barre très haute. Mes références sont Léo Ferré, Jean Ferrat, Jacques Brel et Edith Piaf. J’aime aussi beaucoup Berthe Sylva.

Je plaisante avec lui en lui suggérant de sortir un jour un disque intitulé : William Baldé chante Berthe Sylva. 

Il se marre.

Il est poli.

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Bref, je persiste à dire qu’il ne faut pas que vous vous contentiez de juger cet artiste sur Rayon de soleil. Il y a des chansons magnifiques comme En corps étranger, Sweet Lady ou Exil.

-J’ai fait des chansons sociales, parfois sombres. Je n’avais pas envie de plomber l’ambiance dès le premier disque. Que le public me découvre avec un titre léger et rigolo, ça ne me dérange pas. Je leur demande juste de faire l’effort d’écouter le reste, d’essayer de me découvrir réellement avec mes autres chansons.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’apprends par Warner que le disque est déjà disque d’or en moins d’une semaine.

N°1 des singles.

Ce qui laisse présager un score plus qu’honorable à la rentrée…

Le clip, objet du délire...

 

Comment William Baldé gère-t-il ce succès (pas si soudain que cela) ?

-Je n’en reviens pas. Heureusement que je fais de la promo, comme ça, je cours tout le temps. Je n’ai pas le temps de réaliser. En fait, ce sont les copains qui me disent qu’ils n’arrêtent pas de me voir à la télé, sur Internet, à la radio. Je pense que pour ne pas perdre la tête quand arrive un truc comme ça, il vaut mieux avoir un peu de vécu professionnel, afin d’avoir un peu de recul. Moi, j’ai eu mes années de métro, de bars... Je relativise donc un peu tout ça.

Il s’arrête, réfléchit puis ajoute.

-Je suis surpris par la réaction de mes 2 filles. Elles m’ont vu des années un peu galèrer pour jouer, mais elles me disent aujourd’hui que ce qui arrive autour de moi est une évidence. Une évidence, elles disent. C’est fou ça ! Je me dis que je ne dois pas m’affoler. Ce succès peut ne pas durer. Le marché du disque étant ce qu’il est, il faut raison garder.

Effectivement, difficile de s’enthousiasmer trop longtemps.

Le sieur Baldé tient à ce que je précise qu’il remercie Christophe Maé.

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Au milieu, ce n'est pas Louisy Joseph.

-Un jour, un mec nous a demandé de chanter avec nous. Je lui avais dit de passer en première partie. Il était étonné parce qu’on n’avait pas écouté sa musique. Je lui avais répondu que s’il tenait à chanter, c’est qu’il savait le faire… 

Vous l’aviez compris, le mec, c’était Christophe Maé. De là est né une amitié et une admiration réciproque.

-Christophe est quelqu’un d’entier. Il aime avoir sa petite famille d’amis. Il m’impressionne. Il est plus jeune que moi et il mène sa carrière de façon éclatante et simple. C’est un bel exemple de réussite.

William Baldé, à la fin de l’interview se prête au jeu des photos mandoriennes.

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Avant que l’on se quitte, il m’avoue :

-Les gamins que je croise dans la rue me demandent si c’est bien moi qui chante " ton p’tit cul " ! Je suis bien obligé de rester à ma juste place.

L’artiste est lucide, il n’en reste pas moins un songwriter inspiré et lumineux. Ses compositions sont riches en harmonies, sophistiquées et très efficaces.

Un mélange de balade au grand air et de voyage intérieur.

J’adore !

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14 juillet 2008

Une Picard, sinon rien!

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L’album de Pascale Picard est sorti il y a deux semaines (le 30 juin).

J’en suis fou.

Ici, son MySpace.

Au début, quand on m’en a parlé, j’ai répondu, intraitable : « Tu sais, moi, les folkeuses, ce n’est pas my cup of tea ».

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je parle British. Ce n’est pas bien malin parce que ça n’impressionne plus personne, de plus, c’est totalement faux !)

Et puis, comme je ne suis pas influençable, je me suis fait envoyer le squeud. J’ai kiffé grave !

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je suis jeune. Ce n’est pas bien malin parce que personne n’est dupe, par contre, c’est totalement vrai !)

(27 ans, j’ai.)

Quand je l’ai écouté, je l’ai réécouté (ainsi, plusieurs fois de suite).

Quelle voix, non de Zeus !

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je maîtrise parfaitement la mythologie grecque. Ce n’est pas bien malin parce que ça n’impressionne plus personne, de plus, c’est vrai que je pars 15 jours en Crête à la fin du mois !)

(Ce qui n’a pas un grand rapport avec une note consacrée à Pascale Picard, parce que je ne pars pas avec elle.)

Bref, OK ! donc pour une mandorisation.

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J’aime les symboles.

J’ai été convié dans un hôtel de la place Charles Dullin, à Paris, le 21 juin.

Le jour de la fête de la musique.

La chanteuse et son « band » se produiront sur le plateau Métro, place de la Bastille , le soir même.

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Ces photos de concert n'ont pas été prises à la Bastille (ne pas confondre avec "prise de la Bastille"... Ahem!), mais au Québec.
(je préfère préciser...)

Une (très) ravissante jeune fille de chez AZ m’accueille.

Elle me mène à Pascale Picard, dans le jardin. Pour le moment, elle est seule à une table. L’énergie de la jeune québécoise est communicative. Souriante, positive et un accent à couper au couteau.

Très vite, nous rentrons dans le vif du sujet.

 

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L’album Me, Myself & Us (marrant ça, c’est tout à fait un slogan qui pourrait convenir aux blogueurs…) est sorti au Québec en avril 2007. Le public comme la critique a craqué. Près de 200.000 exemplaires vendus.

Et un méga tube au texte doux amer: Gate 22.

 

Pascale Picard est devenue La révélation pop anglophone de l’année dans son pays.

-Je ne peux pas m’expliquer ce succès. Peut-être que tous les gens qui ont nous ont vu dans des petits pubs québécois ont voulu nous faire plaisir en achetant le disque… en tout cas, nous sommes ravis parce qu’on va pouvoir en faire un nouveau, assurément. Notre maison de disque doit être un peu rassurée.

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Les membres du « band » arrivent tous au fur et à mesure de l’interview. Il s’installe, écoute Pascale, parfois participe. On sent une vraie synergie/complicité entre eux.

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C’est en 2002 que la chanteuse auteur(e) rencontre Mathieu Cantin (guitare), Philippe Morissette (basse) et Stéphane Rancourt (percussions). Ils enregistrent une démo qui atterrit un jour dans une maison de disque, qui les signe immédiatement.

La miss Picard a alors 24 ans.

-Quand j’ai commencé à jouer dans les bars, j’avais 18 ans. J’étais vraiment timide. Je ne disais pas un mot entre les chansons. Avec mes musiciens, dont la plupart sont, scéniquement, beaucoup plus expérimentés que moi, j’ai appris le contact avec le public.

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Aujourd’hui, à 26 printemps, elle explique le processus de création du Pascale Picard band.

-On compose en groupe. J’arrive avec une mélodie, ou Matthieu avec un riff, on jamme, et c’est ainsi qu’une chanson va naître. Ensuite, j’affine sa structure autour du texte.

« Pourquoi chante-t-elle en langue anglaise ? » est une question qu’elle ne cesse d’entendre.

Ça ne la dérange pas de se justifier.

-Au Québec, tout le monde chante en Français, c’est donc une façon de se démarquer. Mais, ce n’est pas l’unique raison. En vrai, toute ma jeunesse, je n’écoutais que de la musique en Anglais, c’est donc une question d’influence, il ne faut pas chercher plus loin. Depuis toujours, on me disait que si je ne chantais pas en Français, ça ne fonctionnerait jamais. Je me disais : « Tant pis, si je n’ai pas de succès, c’est comme ça que je le sens, je ne peux faire autrement… ». Quand on suit son instinct, on est parfois récompensé…

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Et oui, le "Pascale Picard band" est un peu joueur!
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Ce disque a un succès si éclatant qu’il ne connaît pas d’équivalent dans l’histoire récente de la musique populaire au Québec. Pascale Picard dessine le portrait sans fard d’une fille à la fois fragile et forte. Elle raconte ce qui la blesse : l’opportunisme et la fausseté.

-La musique m’aide à prendre de la distance par rapport à certaines émotions, pour mieux les apprivoiser. Je n’ai pas composé mes chansons dans l’optique de faire un album à tout prix, mais parce que j’en ai besoin.

Si on lui demande pourquoi un titre si narcissique Me, Myself & Us (« moi, moi-même et nous »), elle répond tranquillement :

-C’est on attitude par rapport à la vie en général : seul, on n’est rien. Et si personne n’est là pour aimer ta musique, tu n’es rien non plus. 

Avec Pascale Picard, la question ne se pose plus. Le public suit en masse. Pour une fois, l’instinct grégaire, je trouve qu’il est justifié. Rallions-nous tous à son panache, la générosité de cette formidable chanteuse va conquérir le monde.

Vous pariez ?

 

 

 

(Pas mal mes photos dans le jardin, isn’t it ?)

(Concernant le titre de ma note, je présente toutes mes excuses à : l’artiste, la maison de disques, ma famille et vous !)

 

Et hop! Un dernier pour la route...

Pascale Picard chante du Portishead: Glory Box.

(Que c'est bon!)

(Vous me dites si je suis trop enthousiaste!)

 

09 juillet 2008

Comment j'ai réussi à m'engueuler avec Dany Boon...

C'était cet après-midi dans le beau village de Montévrain.

Je l'ai quand même mandorisé, mais je n'étais pas content.

Ca se voit d'ailleurs.

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Peut être un peu de ma faute, peut être un peu de la sienne...

Une belle incompréhension, en tout cas.

Demain, des explications sur: "comment se prendre la tête avec le comédien le plus gentil de sa génération".

(avec des guests en sus!)

EDIT Le 10 juillet 2008, 18h15: Les explications:  (parce que vous n'en dormez certainement plus!)

Dany Boon : Après, parce que là je dois me préparer pour tourner une nouvelle scène.

Mandor : Non ? Vous plaisantez là ?

DB : Pourquoi ?

M : Mais parce que vous m’avez dit que vous répondriez à mon interview après que vous ayez déjeuné.

DB : Non, je n’ai jamais dit ça. J’ai dit "peut-être ".

M : Non, vous m’avez dit après le déjeuner.

Dany Boon est à la porte de sa caravane loge. Il tourne à Montévrain des scènes du film De l’autre côté du lit, un film de Pascale Pouzadoux (d’après le roman éponyme d’Alix Girod de l’Ain).

Montévrain est à 17 km de Meaux. Alexandre, (un ancien stagiaire de 77FM) qui habite ce beau village nous a donné l’info qu’aucun autre média ne sait. Dany Boon, Sophie Marceau et Armelle tournent dans son fief (et, initialement, en toute discrétion).

Evidemment, le truc d’aller sur place sans prévenir quiconque pour interviewer les uns et les autres s’est imposé à nous (mon boss et moi !)

Je sais pertinemment que, dans ce genre de contexte, rien ne sert de préparer le terrain. Si je passe par les voies officielles, je n’obtiendrai pas d’accord pour faire mon boulot. Les comédiens ont autres choses à faire que de répondre aux journalistes locaux quand ils tournent un film. J’en ai pleine conscience et je le comprends parfaitement.

Mais, voilà, je me suis dit que parfois, il faut y aller au culot.

Je me suis donc rendu sur place hier en tout début d’après-midi. J’ai retrouvé le fameux Alexandre chez lui afin qu’il m’amène sur les lieux du tournage… on y retrouve un de ses sympathiques amis, François-Xavier.

On assiste à une scène du film, maintes fois répétées.

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(Photo de la scène: Alexandre Colonel)

Une heure plus tard, je vais à la rencontre de Dany Boon.

Il me signifie, charmant, qu’il se rend dans sa loge quelques minutes et qu’il viendra répondre à mes questions après.

Un type de la régie, soudain, vient me voir. Il me dit que, non, ce n’est pas possible, Dany Boon n’a pas le temps. Je tente de parlementer avec le monsieur car, c’est lui qui tiendra le rôle de l’obstacle à franchir pour interviewer le comédien. Dany Boon n’a donc pas envie de donner d’entretiens, mais a préféré me le faire savoir par une tierce personne.

Je dis au gars (pas méchant, il fait juste son boulot) que je viens de Meaux, que j’ai fait 40 bornes pour interviewer Dany Boon. Il me regarde me justifier en souriant, puis il m’assène un fort mérité: " Meaux n’est qu’à 17 kilomètres d’ici. " Merde, il est du coin.

Je bredouille un " Enfin, oui, mais je viens du Val d’Oise, là où j’habite ", ce dont le type se contrefout.

Tout ça pour dire que je reste à proximité de la loge du ch’ti. Il me voit et me dit qu’il va déjeuner et que…

Je reprends donc la conversation laissé plus haut.

Dany Boon : Mais, bon sang, ne m’énervez pas, je vais devoir tourner dans quelques minutes, il faut que je reste calme.

Mandor : Je ne veux pas vous énerver, mais je suis là depuis 3 heures et vous reportez toujours à plus tard. Je fais quoi ? Je reste stoïque à vous attendre ? Je ne peux me permettre de rester ici toute la journée.

DB : Personne ne vous oblige à rester.

Là, mon sang commence à bouillir.

M : Je ne comprends pas. Je vous observe depuis ce matin. Vous êtes quelqu’un de très sympathique. Vous parlez aux jeunes qui viennent vous voir, vous signez des autographes, vous posez avec tout le monde, le tout avec le sourire et vous refusez de prendre quelques minutes avec moi.

DB : Vous savez, je suis ENORMEMENT sollicité par les médias en ce moment. Je ne peux pas répondre à tout le monde ! En plus je me suis réveillé à 6 heures du matin !

Je ne sais plus ce que j’ai répondu, mais je crois que nos voix ont augmenté de volume puisqu’une petite troupe s’est formée autour de nous. C’est marrant, quand j’ai l’impression que l’on me prend pour un con (en l’occurrence, pour un petit journaliste sans expérience qui bosse dans une radio sans importance du coin de la rue), je perds tout sens de la mesure et j’oublie qui est en face de moi (vous ai-je raconté mon aventure avec Pascal Obispo?).

M : Je suis très déçu. Vraiment. Vous me faites mariner depuis 3 heures pour rien, ce n’est vraiment pas sympa.

(Mince, moi qui ai tourné avec Anne Marivin, sa postière préférée, interviewé son patron fictif et la femme de son patron, moi qui suis un ami de longue date de l'inspecteur de la poste qui vire son patron fictif…)

DB : Oh, mais ne jouez pas à l’homme pressé, en plus ! Si c’est ça, même plus tard, je ne répondrai pas à vos questions.

Na na na na nè-reu…

Je ne veux pas céder. Il est hors de question que je revienne bredouille à la radio, question d’honneur.

J’suis con parfois.

Je reste là avec mon micro dans les mains. Tout le monde me regarde. Je m’attends à ce qu’un service d’ordre vienne me " déloger ".

Et un miracle se produit.

DB : Allez, montez !

J’ai gagné.

Dans sa caravane nous nous expliquons plus sereinement.

Puis je lui pose des questions sur ce nouveau film.

Pas un vrai échange comme j’aime en avoir.

J’étais énervé, lui poli.

Le résultat est écoutable sur ce podcast très court:


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Je suis déçu, c’est vrai. J’aime bien cet artiste. Je crois qu’il n’en peut plus de répondre aux journalistes, de toujours entendre les mêmes questions, que la terre tourne autour de son nombril.

Curieusement, je le sens humble.

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(Un peu après tout ça... Pas rancunier et toujours souriant. Photo: Alexandre Colonel).

Je ne le plains pas, hein… Dany Boon est millionnaire, populaire, heureux en amour… mais je peux comprendre qu’il en ai ras le bol de parler de lui et de son succès.

Ce que je voulais, c’est qu’il soit franc avec moi dès le départ. Qu’il ne me fasse pas poireauter comme un abruti. Que la situation soit plus claire.

Quand j’ai quitté la caravane de Dany Boon, une jeune fille de l’équipe de tournage m’a regardé droit dans les yeux en me disant : " Ce n’est pas très classe ce que vous avez fait. Un forcing comme ça… Pfff ! ".

Grosse conne !

Le régisseur principal, lui aussi, m’est tombé dessus.

-Vous êtes qui ?

Je me présente une nouvelle fois, donc.

-Vous savez qu’il faut passer par moi pour les interviews ?

-Non. Mais, vous, vous me voyez depuis 3 heures avec mon micro à la main et faire des interviews… Vous auriez pu vous présenter à moi.

-Oui, ben, hein, c’est moyen comme façon de faire. Ne recommencez pas !

A ce moment Sophie Marceau passe à côté de nous. J’ai failli m’approcher d’elle pour lui demander une interview, je n’en ai pas eu la force.

Tout le monde m’a fatigué.

Plus d’énergie, même pour déconner.

Je suis retourné à la radio épuisé.

Vraiment.

Si je raconte ça, c’est que ce genre d’anecdotes fait aussi partie du métier.

On peut louper des rencontres.

Un artiste, même avec un cœur gros comme ça, peut ne pas vouloir se faire emmerder par un journaliste parfois un peu lourd quand il veut obtenir quelque chose.

Lourd ou tenace ?

Je ne me sens pas tout à fait fautif. 

Un peu quand même.

(Et puis, pour résumé, il n’y a pas mort d’homme…)

(Je ne vais pas en faire un plat.)

Bonus : Avant ce bordel, j’avais interviewé Armelle. La déjanté Armelle, pourrais-je dire…

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EDIT, le 11 juillet:
Sinon, le résultat de ma formidable investigation (ça va chez vous?) est écoutable ici.

08 juillet 2008

David Salsedo

 

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J’ai raconté ici dans quel contexte j’ai rencontré David Salsedo. Je n’y reviens donc pas.

(Et , j’ai publié mon article paru dans le magazine Virgin.)

Juste, je rappelle que c’était le 23 juin dernier au Door Studios.

Salsedo vient de sortir son premier album solo :Wine and Pasta. Je dis son premier album solo, car il est le leader (et chanteur) du groupe Silmarils.

Un groupe de hardcore, comme leur plus gros succès ne l’indique pas.

 

David Salsedo m’attend au premier étage du Door Studios avec son staff : manager, musiciens et alcool fort.

Il me propose de nous isoler. Ce qui est déroutant, c’est que le type est charmant, poli et pas très rassuré de la prestation qui l’attend.

 

« Pendant les répètes, je me suis rendu à l’évidence… le son est pourri. J’avais les mêmes enceintes dans ma chambre quand j’étais gosse ». 

 

Il dit ça avec le sourire.

 

-Vous savez, je ne suis pas un habitué des « sauteries », mais, là, effectivement, le concept original de la soirée me plaisait bien. 300 blogueuses rien que pour moi… en plus, le lieu est sublime. J’aime délocaliser la production. (Rires.) Tiens, je parle comme

le patron de chez Renault !

Voici le premier clip extrait de l'album.

 

l_67c67b408e9c6f5a2753edefc52e9889.jpgJe commence à lui parler des deux premiers albums de Superbus, des tubes pour Dolly, de sa chanson pour Hallyday, de ses albums « dynamites » avec Silmarils, bref de son art de ne jamais être là où on l’attend…

-J’ai toujours des besoins assez larges. Faire du hardcore avec Silmarils parce que ça me plait et de temps en temps renouer avec une certaine tradition des mélodies, de jolis arrangements. Je ne voulais pas me réveiller un matin en me disant : « je n’ai pas fait tout ce que je voulais, je n’en ai fait qu’une partie. Je ne voudrais pas avoir des regrets, je préfère avoir des remords… »

Je lui indique qu’effectivement, avec Silmarils, ce n’était pas très mélodique.

Il se marre.

 

-A l’époque, à partir du moment où il y avait 2 notes dans une chanson qui pouvaient se transformer en mélodie, je considérais que c’était un compromis vers la variété. J’ai non seulement mûri, mais aussi découvert des auteurs compositeurs qui savent faire des mélodies et de belles chansons sans se compromettre. Je suis donc revenu sur cette position stupide de jeunesse…

salsedo_wine_pasta.jpgAvec son Wine and Pasta (clin d’œil à ses origines siciliennes) il a puisé ses influences dans toutes les époques. Ce génial multi-instrumentiste et excellent songwriter nous offre un album « différent », original et très varié. Sans queue ni tête, certes, mais curieusement, qui tient parfaitement droit sur ses pattes. Pas vraiment un disque alternatif, mais un juste milieu entre le folk, le classic rock et l’indie-pop.

-Il est vrai qu’à côté de Silmarils, ce disque est moins hardcore, il est plus relax. On me parle tout le temps de Mon amour, en ce moment. Il y a des gens qui ont adhéré tout de suite et d’autres qui n’apprécient pas de me trouver dans ce répertoire là. Une chanson d’amour, pensez-vous ! Pas pour Salsedo ! Ben si, justement. Je voulais, du coup, qu’elle soit classique et y aller franchement au niveau du texte. C’est une vraie déclamation à la façon Polnareff, mais avec un environnement musical un peu épicé, relevé.

 

À ce propos, j’ai lu dans sa bio qu’il pouvait être considéré comme un fils de Polnareff et d’Higelin.

-Je trouve ça très flatteur. Cela dit, je n’ai jamais écouté Higelin de ma vie, mais c’est un bon mec rock’n’roll, donc respect. Il n’y a rien à dire. Quant à Polnareff, j’ai coutume de dire que, de son vivant, je l’aimais beaucoup.

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En tout cas, Salsedo a tenté de gommer le cynisme que était propre à Silmarils « pour le tronquer et le transformer en ironie, sans pour autant devenir un béni-oui-oui ou un ravi de la crèche. »

C’est plaisant.

Je termine en évoquant le groupe. Où en est-il avec lui exactement ?

 

-C’est juste un break. On est ensemble depuis la classe de seconde. On avait 15 ans, j’en ai 35 aujourd’hui et on n’a jamais arrêté. Les autres membres et moi avons eu besoin de souffler, de respirer. A 6 constamment, tous les jours sauf le week-end, c’est ça le quotidien de Silmarils. C’est une vraie famille. Le groupe existe encore… on reprendra quand tout le monde aura envie ensemble.

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Chaleureuse poignée de mains et promesse de se revoir  la fin de son set acoustique parce que « tu restes pour voir le show case, hein ? ».

Évidemment, avec 300 blogueuses à mes côtés, je ne risque pas de décamper.

Ce serait très mal me connaître.

Ahem…

EDIT: Pour écouter un mini mag de 2 minutes sur Salsedo, cliquez ici.

01 juillet 2008

Christophe... légende vivante!

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Aimer ce que nous sommes est sorti hier.

Un disque de toute beauté.

De Christophe.

(Ni Maé, ni Willem, je parle de THE Christophe).

La vedette des années 60, 70, 80, devenue icône branchée des années 2000 est de retour après 6 ans d’absence discographique. Il poursuit sa quête du Graal personnel : fabriquer de manière artisanale un univers parallèle fait de sons, d’images et de sensations… le tout porté par sa voix aérienne unique.

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Il fallait que je rencontre Christophe.

Ce n’est pas tous les jours que l’on papote avec une légende de la chanson française.

Avant le moment fatidique, il faut tenter de virer les clichés qui remontent à la surface quand on pense à lui. Vous savez, les grosses bagnoles, les juke-box, les nombreuses conquêtes féminines, les éternels tubes guimauves (pourtant classique indémodable), son côté ours fuyant les médias… mais ce n’est pas facile de se l’imaginer autrement.

Le 16 juin dernier, l’attachée de presse te donne rendez-vous à 22h30 à l’hôtel Costes. Tu acceptes parce que bon, quand même, c’est Christophe.

L’interprète d’Aline, des Marionnettes, des Mots bleus, de Senorita, de Petite fille du soleil, de Succès fou (je continue où j’arrête ?) arrive pile à l’heure (son heure) : 23h45.

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Marie-Pierre Chevalier, sa manageuse et néanmoins parolière de 4 de ses chansons de son nouvel album est là pour me tenir compagnie. Charmante en plus, la compagnie. Il finit par arriver tout timide, s’installe à la table et bredouille un bonjour poli. Il m’explique que ce matin, il s’est levé aux aurores (15h30) pour faire de la promo pour la télé (il a enregistré notamment le CD’aujourd’hui que vous pouvez voir là). Une coupe de champagne pour se réveiller ne lui fera donc aucun mal. (A moi non plus !)

Je lui demande pourquoi il ne boit plus de " piscines " (grand verre de champagne millésimé sur un lit de glaçon rehaussé d’un soupçon de fruit de la passion).

-Mon médecin m’a conseillé d’arrêter ça tout de suite. Les glaçons, ce n’est pas bon pour les intestins…

Je souris. Et je lui fredonne " À cause des glaçons… ".

Il me regarde curieusement.

Il ne doit pas connaître la chanson " À cause des garçons ".

Où alors, ce n’est peut-être pas drôle.

Pendant ce temps là, Marie-Pierre Chevalier nous paparazzine avec un téléphone portable. "J'aime bien prendre les journalistes qui rencontrent Christophe!" a-t-elle ajouté...

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Je lui avoue l’image que j’ai de lui et lui parle de mon étonnement de le voir joué le jeu de la promo (même s'il ne déroge en rien à ses habitudes, puisque ce sont les journalistes qui se mettent à son rythme. Très fort, ça!)

-En ce moment, il fait bon. Pas trop chaud, pas trop froid. Le moment idéal pour faire des rencontres, pour parler de soi. Je me sens bien pour faire des choses… de plus, je suis très sélectif dans mes choix d’interlocuteurs. Si on m’a conseillé d’accepter que vous soyez là, c’est que je présume que ça ira.

Euh… présumons, présumons…

-Vous avez vu l’Aston Martin garé devant le Costes ? Moi, les voitures, ça me rend fou. Je n’ai plus de permis, mais, je vais vous dire, quand je vois des voitures comme ça, ça me tue. J’ai le frisson. Je ne me suis pas soigné à ce niveau là.

Je tente de l’aiguiller sur le chemin que je veux prendre. Pas facile. Il faut être patient.

-Vous avez faim ?

-Non merci.

-Vous avez mangé avant ?

-Oui.

-C’est bien de l’avouer… j’aime bien les gens qui disent la vérité.

Il me tend la carte et me demande de choisir quand même.

-Il faut toujours manger quand on a faim. Moi, là, je ne veux pas rater mon repas. J’ai vraiment la dalle. J’aime le Costes parce que je mange d’habitude vers 2 heures du matin et parce que c’est très bon. Les pâtes sont très bonnes ici et j’adore les pâtes. Comme j’ai la flemme de les faire à la maison, je viens les manger ici.

(Pour les nouveaux venus, je rappelle qu’ici, c’est un blog dans lequel je raconte les coulisses de mes rencontres. Mine de rien, avec des détails jugés " insignifiants ", on en apprend parfois beaucoup sur les gens. Il faut juste lire entre les lignes…)

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Bon, allez, je m’y mets. Je parviens à ce qu’il me raconte, à la façon de Modiano (c'est-à-dire en parlant tout doucement, titubant vocalement et en finissant une phrase sur deux), la genèse de son album commencé en octobre 2006 et terminé seulement il y a quelques jours.

-Tout arrive comme ça… je ne prémédite rien. L’album se construit au milieu de plein de choses qui existent déjà. Moi, je ne prépare pas un disque. Je le fais, presque sans le faire exprès. Simplement avec feeling et avec passion. Je voulais une ouverture et un générique de fin. Isabelle Adjani s’est occupée de la première et Daniel Filipacchi du second.

Il s’arrête de parler, prend une bouchée de sa salade de homard et son regard se fait lointain. Ça y est, il est parti dans son monde. Je me demande, si je l’ai perdu. Non. Il reprend.

-Mon disque est conçu comme un film. Il y a bien des films sans son. Moi, j’ai fait un film sans image. 

Il m’avoue ensuite être dans un état indescriptible lorsqu’il crée.

-Je suis comme un peintre qui peint sa toile (il me cite Basquiat), comme un cinéaste qui tourne un film (il me cite David Lynch), comme un auteur qui écrit son livre (il ne me cite personne), je porte longtemps en moi ma création. C’est lourd long et très dur. Je passe par des souffrances terribles et par des bonheurs fugaces… Tout se mélange et ça me met dans un drôle d’état. Aujourd’hui, heureusement, j’ai fini et ça fait du bien.

Je lui demande pourquoi, entre deux albums, il y a ce silence si assourdissant.

-Je refuse tout ce qu’on me propose. Je veux aller à mon rythme. Je ne veux avoir de compte à rendre à personne, ni avoir le moindre contrat. Je suis dans ma bulle, j’ai ma cadence…

Il s’interrompt à nouveau. Demande de nouvelles coupes de champagne, puis il sourit et se justifie.

-Ce n’est pas une question d’argent. Je suis suffisamment inconscient pour vivre comme si j’étais le roi du pétrole. Mais, je ne suis pas le roi du pétrole, alors, j’ai des hauts et des bas. J’ai pas mal de bas d’ailleurs. Ce qui compte, c’est d’avoir de la ressource, comme sur un ring… d’avoir le deuxième souffle pour mettre KO tout le monde ! 

Allez, une pause. Une version récente des Mots bleus... Je ne m'en lasse pas.

Je lui parle du syndrome de Peter Pan.

-Moi, je vis à 63 ans exactement dans le même état qu’à 18 ans. Plus on vieillit, plus on est nostalgique de la jeunesse. Personnellement, je ne cours plus comme un lapin et ça me fait vraiment chier. Je parle toujours de mes 50 ans parce que c’était ma période préférée. Je me prenais pour un dieu.

Un silence. Puis il ajoute.

-En plus, avec la nouvelle technologie, je préférerais avoir 40 ans que l’âge que j’ai aujourd’hui.

Ce qui me donne l’occasion de lui demander ce qu’il pense de l’Internet.

-Je n’y comprends rien. Je regarde juste les vidéos sur You Tube. Euh… non ! Je regarde les vidéos sur Dailymotion. You Tube, ils m’énervent… ils n’ont pas grand-chose sur Lou Reed. Lou Reed, vous comprenez, c’est mon idole, c’est un killer…

Et je vous jure, à ce moment précis, dans les enceintes du Costes qui ne diffusaient jusqu’à présent que de la musique lounge, on entend le classique de Lou Reed… Walk on the Wilde Side.

Il me regarde et me dit. Ne vous inquiétez pas… ça m’arrive tout le temps.

Re pause... duo Christophe/Sébastien Tellier: La dolce vita.

Le disque de Christophe, Aimer ce que nous sommes, ne peut pas s’expliquer. Juste, comme il se fonde sur l’émotion, il se ressent (ce qui n’est pas pratique à décrire pour un journaliste musical.) Je ne peux que vous conseiller de pénétrer dans cette superproduction hollywoodienne dans laquelle il fait bon se perdre. Les chemins sont sinueux, tortueux, mais majestueux. Ne pas trouver la sortie est une récompense tellement il est plaisant d’évoluer dans le paysage que nous offre cet artiste unique.

-Si je vends mon album, je n’aurai pas honte. Je le mériterais. Si je ne le vends pas, je serai heureux de l’œuvre...

La nuit se poursuit.

J’apprendrai pêle-mêle qu’il n’aime bien son " œuvre " que depuis 1995 et l’album Bevilacqua, qu’il ne se considère pas comme un intellectuel (il ne sait même pas ce que c’est que d’être " intellectuel ", que sa passion pour les femmes est toujours aussi grande, qu’il est un homme libre (qui fait des choix de vie en prenant tous les risques), qu’il n’est pas branché, qu’il aime beaucoup Abd El Malik (qui a fait un disque de " différence ") et toutes sortes de choses qui aliment une conversation.

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À deux heures du matin, je dois laisser ma place à une certaine Valérie.

Qui est en fait Valéry Zeitoun (patron du label AZ, la maison de disque du chanteur) que Christophe a gaillardement fait patienter une demi-heure pour finir notre conversation et son repas.

La grande classe.

Je résume : Christophe est franc, lucide, un eu écorché vif. Mais il est surtout l’un de nos artistes français les plus originaux et essentiels…

Ici, une interview plus dans les normes sur le nouvel album..., là une chronique bien troussée et pour clore le sujet, un article intellectuellement masturbatoire.

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25 juin 2008

Rit... un grand (mais personne ne le sait!)

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(Photo: Malou)

Rit est un grand. Cet homme orchestre marseillais est méconnu du grand public.

C’est injuste.

C’est la loi du marché, de l’industrie du disque, de la vie... bref, la faute à pas de chance.

S’il y a un artiste que je vous recommande d’écouter tout particulièrement, c’est bien lui.

Rit est un grand. Il ne faut pas passer à côté.

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(Photo: Malou)

Depuis quelques jours, j’ai installé sa musique (à écouter et éventuellement télécharger) dans la colonne de droite, chose que je ne fais jamais pour quiconque.

Pourquoi ai-je fait exception à la règle ? Parce que…

Rit est un grand.

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(Photo: Malou)

sans tambour.jpgJ’ai connu Rit avec son deuxième album Sans tambour, ni trompette. Textes intéressants, mais musique trop dépouillé, trop minimaliste. Ce baladin manquait encore d’étoffe. Je présageais cependant qu’avec plus de moyens, Rit pourrait tout casser. Tranquillement, mais efficacement. J’avais hâte de retrouver " son goût mêlé, du reggae, du folk, du blues et de la chanson, au service d’un humanisme de rebelle zen ".

Quand j’ai reçu son Bric à Brac, j’ai été conquis immédiatement. Il était net que Rit avait progressé, qu’il était pétri de talent et qu’il fallait que cela se sache.

Ainsi quand je craque pour un artiste, je le rencontre. Je ne peux faire autrement.3700426904766.jpg

Comme mon emploi du temps est compliqué à gérer en ce moment, quand je viens à Paris, je tente de donner rendez-vous à plusieurs artistes dans le même coin.

Le 27 mai dernier, Arthur H m’ayant donné rendez-vous chez Universal, j’ai donc demandé à Rit de me rejoindre au café d’en face une heure plus tard. J’étais ravi de le choper au passage, car ce troubadour des temps nouveaux ne vient que très rarement dans la capitale…

Rit arrive, en jogging vert, la guitare à la main. Cool, zen. A l’image que je m’imaginais du personnage. Nous commandons du thé.

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(Photo: Vision trouble)

Je lui dis tout le bien que je pense de lui. Il me répond que son attachée de presse lui a parlé de ma bienveillance à l’égard des artistes. Je lui réponds que je ne suis pas tout le temps bienveillant. J’explique juste que je m’arrange pour ne rencontrer que des gens qui m’inspirent quelque chose de positif. Je m’aperçois en tentant une justification inutile que je suis un peu vexé. J’ai donc cette réputation-là. La bienveillance. Je décide finalement de le prendre comme un compliment.

J’interroge Rit sur son évolution.

-Ça fait presque 10 ans que j’écris des chansons. J’ai appris à écrire, puis à composer, puis à faire des concerts… j’ai fait cela dans cet ordre qui me parait logique. En ce moment, j’aimerais bien que ma situation évolue. Mon boulot, c’est d’aller de village en village, de colporter la bonne parole et le plaisir. Je suis comme un troubadour. Je constate un truc qui me chiffonne…Je suis plus connu par les professionnels que par le grand public. Il y a un problème quelque part…

J’acquiesce. Je ne trouve pas cela normal, parce que…

Rit est un grand.

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-Au départ, je viens plutôt du rock… Led Zep, Hendrix, Red Hot… puis j’ai réellement découvert Bob Marley il y a une dizaine d’années. J’ai compris que l’on pouvait dire des choses énervées tout en étant cool, zen avec une belle mélodie, un beau message. Si le support est déjà très agréable, tu vas pouvoir écouter plus attentivement…

En discutant avec l’artiste, je comprends qu’il est dans une période charnière, qu’il souhaite que son travail soit reconnu à sa juste valeur.

-J’avais eu de très bonnes critiques pour mon précédent album. Ca met une petite pression pour le suivant. Bric à Brac, à mon avis, est moins mélancolique, moins dépouillé, moins sombre… De plus, nous avons eu plus de jours de studio. Cela permet des finitions de meilleure qualité.

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(Photo: Caruel Baptiste)

Les textes de Rit ont la particularité d’être simple et de contenir un message, souvent contestataire… tout en douceur.

-J’ai un style très direct. Je ne me suis jamais considéré comme un poète. J’écris comme je parle. Je tente d’être le plus clair et le plus compréhensible possible. Il faut que ce soit mélodique, colorée, chantant... et que surtout, que mes chansons ne soient pas inutiles. Qu’elles disent quelque chose.

Rit a construit son répertoire au rythme d’une vie rétive depuis toujours à la hiérarchie et à l’autorité. Des chansons comme Robin des quoi ? (ma préférée) ou T’es qui toi ? sont de véritables charges sur la société dans laquelle nous vivons. Sans discours moraliste, sans démagogie… il fait juste des constats. C’est très fort, mais après tout…

Rit est un grand.

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Et j’ai l’impression aussi qu’il est un homme libre, sans concessions.

-Je pars du principe qu’on à tous la liberté que l’on se donne. La liberté, c’est une clôture que l’on va installer, plus où moins largement. C’est quelque chose que l’on s’impose. Personnellement, très tôt, j’ai choisi de ne pas avoir de patrons, d’avoir le mode de vie que j’ai actuellement. Et je t’assure, si tu crois que c’est facile… Non, c’est dur. Très dur parfois.

Je ressens dans le regard de Rit un peu de dureté. Pas de la méchanceté, de la dureté. Même s’il sourit… Étrange mélange.

-Avec moi, je suis intraitable, c’est parfois très fatiguant d’être ainsi. J’ai plus de largesses avec les autres qu’avec moi-même. C’est pour ça que je travaille seul. Il m’arrive d’être très dur. Implacable, même parfois.

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Le vrai prénom de Rit est Éric. Rit est donc un personnage. Un double de lui-même ?

-Il ne faut pas exagérer. Ça me permet juste d’avoir un garde fou. Le recul ne fait de mal à personne. Je ne sacralise surtout pas ma condition de chanteur. Au contraire, j’aurais tendance à la désacraliser. Dans la vie, je suis mon premier bouc émissaire et mon premier sujet de moqueries.

Ce que j’apprécie chez Rit, c’est qu’il ne manie pas du tout la langue de bois.

Ses collègues chanteurs en prennent pour leurs grades… écoutez ici sa participation au Fou du Roi sur France Inter, la reprise des Élucubrations d’Antoine…

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Globalement, il n’aime pas certains artistes de la nouvelle scène française…

-T’as déjà écouté Bénabar ?

-Euh… non, pas souvent.

(Quel menteur ce Mandor !)

-Je respecte son art, mais quand tu écoutes une chanson, tu les as toutes entendues. Tu écoutes Renan Luce, pour moi, c’est super lisse. Il écrit bien le gars, mais il faut arrêter le côté super léché des choses pour absolument vendre. Renan Luce a un réel talent, je ne le conteste pas, mais c’est toujours les mêmes accroches de guitare, toujours les mêmes gimmicks de piano. C’est toujours pareil ! Je n’adhère pas. Par contre, un mec comme Erwan Séguillon du groupe Java, je l’admire vraiment. Il est un vrai poète, un génie de l’écriture. On fait tout un pataquès sur Raphaël, Cali et Bénabar… Ecoute Erwan, tu vas redécouvrir une manière d’écrire les choses.

Bon, puisqu’il à l’air bien parti, profitons-en. Le bienveillant que je suis lui demande ce qu’il pense de la condition d’artiste (le thé m’inspire de grandes questions…).

-Il faut arrêter de sacraliser les artistes. Il n’y a pas de métier qui est mieux que l’autre. Ce n’est pas parce qu’on est sous la lumière qu’on est différent. On est des saltimbanques, mais que faisons-nous ? On permet juste aux gens de se déconnecter pendant 5 minutes de leur condition métaphysique d’humain. Il faut arrêter le côté gros bizness ! C’est insupportable ! J’ai fait pas mal de premières parties de chanteurs " célèbres "… certains sont plus de la marchandise que des musiciens ou des chanteurs…

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Marrant, je croyais Rit timide. Pas du tout.

-On dit ça souvent de moi. Rien n’est plus faux. Je suis plutôt réservé, en retrait, mais c’est parce que j’observe. Je suis un contemplatif de mes contemporains.

Nous terminons la discussion avec ses projets.

-J’en ai plus qu’avant, c’est certain. Je vais jouer avec des touaregs d’Algérie, comme je l’avais fait avec mon projet africain (l’album Voyageur, enregistré au Bénin en 2007, sous le nom de Jawa Rit… à voir là). Je vais aussi créer un conte pour enfants. Il y aussi de nombreux concerts en perspective…

A découvrir absolument parce que son disque réunissant du bricolage hip-hop blues, du folk balnéaire, des expériences dub et électro et son reggae des garrigues est magistral.

Ses textes ne le sont pas moins… magistraux.

C’est vraiment mon coup de cœur du moment parce que…

Rit est un grand.

(Son MySpace)

EDIT:
Et pour écouter le magazine de 2 minutes, tiré de cette interview... ça se passe ici (77FM).

10 juin 2008

Arthur H... artiste du monde!

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Sarah, de chez Spöka, (dont j’ai dit le plus grand bien ici), m’explique que le choix des sites et blogs sélectionnés pour interviewer Arthur H fut draconien. Nous n’étions que 4 ou 5, je crois.

Je le prends évidemment comme un compliment. Et je tente donc d’être à la hauteur du privilège.

(Bon, je le méritais bien au fond, j’ai teasé à mort, , et  (carrément la grosse déconne!)… et puis je viens pour ce blog, Zik Addict et 77FM, ce qui commence à faire du monde…)

(Mandor, t’arrêtes d’être prétentieux !)

Bref, rendez-vous chez Universal, le 27 mai dernier… Arthur H semble décontracté. Un peu nerveux peut-être, mais gentil.

Avant de parler de son album, regardons le clip de Dancing with Madonna.

 

arthur_h_homme_monde-cfd2d.jpgArthur H revient donc avec un album plus groovy, plus dansant, beaucoup moins introverti.

-J’ai voulu me renouveler, ne pas perdre qui je suis, mais aller dans une énergie plus ouverte. Je trouve que la société d’aujourd’hui est tellement bloquée, stressé en général… il y a une telle rage, une telle tristesse dans l’air, que j’éprouve le désir d’aller vers quelque chose de vibrant, de positif, pour foutre un peu d’air et de lumière dans ce chaos.

L’homme du monde est son tournant rock… un tournant autant personnel que musical. Arthur H prétend que ce disque lui permet de sortir du conformisme ambiant. Je lui dis que je ne l’ai jamais vraiment trouvé conformiste.

-Non, mais j’étais dans le trip : « Venez, rentrez dans mon petit cirque nocturne et merveilleux, nous allons faire des voyages incroyables. Le problème, c’est que les voyages que je proposais étaient très intérieurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le temps de faire ça. C’est le temps de danser. On n’est pas sur Terre que pour râler, on est là aussi pour vivre des moments très joyeux, pour s’amuser, pour vibrer ensemble.

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(Photo: Laurent Seroussi)

Arthur H a repris le meilleur de la musique de chaque époque. Le côté soul et relax des années 70 et son côté joyeux du disco également. Pour autant, on ne peut pas dire que le fils du Jacques Higelin a composé un album qui sonne seventies. Non, le style Arthur H est là et bien là. Etrange, mais envoûtant mélange.

-J’aime toutes les musiques en fait. Contre toute apparence, j’apprécie énormément celles qui se dansent. Vous savez que je danse beaucoup, seul, chez moi ? D’ailleurs, sur scène aussi, je ne m’économise pas à ce niveau-là. Pour ce disque, je voulais donc faire du groove poétique. Quelque chose qui soit à la fois dansant, sexe et en même temps qui raconte des choses. Je voulais avoir une vision poétique et rythmée sur la société. Du texte et du sexe…

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(Photo: Laurent Seroussi).

Après quelques questions d’usages sur l’album, les musiciens, la séance d’enregistrement, son inspiration sous le soleil de la Grèce avec femme et enfant… que vous avez déjà lu ça et là, je lui demande s’il n’en a pas marre du service après-vente.

La promo, quoi.

-C’est quelque chose que j’apprends au fur et à mesure. La plupart du temps, c’est un échange sympathique. Si mon interlocuteur a écouté et compris mon disque, ça me donne de l’énergie. Si je mets tout mon cœur dans la création et l’élaboration d’un album, ce n’est pas pour qu’il ne soit acheté et apprécié que par 3 personnes. J’ai évidemment envie de le partager au plus grand monde. J’ai déjà fait l’expérience de jouer devant des salles à moitié vides… c’est flippant. J’ai fait aussi l’expérience contraire, là, je revis. D’arriver dans une salle bourrée à craquer, où les gens ont envie de s’amuser est plus que jubilatoire. Carrément jouissif. Il se passe quelque chose, tout le monde vibre ensemble.

Une grosse partouze, finalement !

-La musique, c’est un moyen  d’échanger de l’énergie, de l’amour et du rythme. Plus tu l’échanges avec un nombre important de gens, plus la vibration est forte.

Je sens qu’il décroche. Il commence à regarder son téléphone portable. Je change de conversation…

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Parlons d’Internet. L’homme du monde, est-il un homme du monde moderne ?

-C’est un univers fascinant. Il est à la fois très riche et très pauvre. Il est très riche dans le sens où il y a une profusion d’informations, dont certaines sont hyper intéressantes, d’autres beaucoup moins. Il y a aussi un tel potentiel de contacts, de rencontres avec des gens, que je trouve ça fabuleux. Bien sûr, le côté parfois superficiel de la rencontre et la surabondance de l’information peuvent tuer l’intérêt, mais globalement, je trouve ça plutôt passionnant.

Je lui demande s’il surfe beaucoup.

-Pas beaucoup parce que dès que tu commences, ça prend pas mal de temps. Je vous avoue que parfois, je me perds dans MySpace. Je passe d’un artiste à l’autre et je découvre plein de gens marrants, talentueux (ou pas) et inattendus. J’aime bien cette idée de s’abandonner dans des espaces qui n’en finissent plus, qui sont quasiment infinis à notre échelle. Ca m’arrive parfois.

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Avant de finir cet entretien, je vous rediffuse le moyen-métrage de 26 minutes qui est, en quelque sorte, la version filmée du disque…

 

Visiblement, Arthur H prend son rôle au sérieux… il m’avoue son envie de « faire l’acteur ».

-Oui, mais dans des formes créatives ouvertes. Le cinéma français est trop psychologique, trop réaliste. J’ai envie de jouer dans des films un peu fous, marrants, surprenants, non consensuels.

Pour conclure, il ajoute cette phrase qui m’incite moi-même à ne rien ajouter et à vous dire au revoir…

-Le rêve n’est pas une évasion… juste un moyen d’avoir plus d’énergie dans la vie réelle.

EDIT!!!

Si vous souhaitez écouter un magazine de 2 minutes compilant ma note Arthur Hachienne... c'est ici que ça se passe!

08 juin 2008

Whee Jay... rap classe!

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Je voulais vous présenter un artiste qui n’est pas encore connu.

Il rappe.

J’aime bien son flow et son discours.

Whee Jay n’a à son actif discographique qu’une participation à la compile Rap Révolution (Wagram), pas mal de concerts et de « featuring ».

Il travaille à un éventuel nouvel album.

Son MySpace.

Vous n’êtes pas sans savoir que ce n’est pas facile en ce moment pour ceux qui n'ont pas encore un nom.

(Je veux dire par là un nom connu...)
Alors, je pointe du doigt ceux que je trouve "intéressants".

J’en rencontre et interviewe certains.

J’aime ça.

(Parfois, il faudrait que je m’abstienne, d’ailleurs)

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Whee Jay m’a invité chez lui.

Nous sommes restés une petite heure ensemble.

Marrant parce qu’il était un peu sur la défensive… moi qui viens toujours en ami.

 

-Tu poses tes questions en tant que journaliste, je te réponds en tant qu’artiste. Il faut savoir faire la part des choses. Ne sois pas surpris, je suis très réactif.

OK man ! Sauf que je tente de ne jamais me comporter en journaliste quand j’interroge un artiste.

J’ai donc mis ce comportement sur le compte d’une certaine méfiance envers ma corporation.

Faut dire, je lui avais demandé s’il ne se posait pas en donneur de leçon. Vous savez les textes de rap sont parfois un peu ainsi… la frontière entre dire les choses et faire la morale est parfois mince.

 

 -Pour répondre à ta question, je dirais non, je mentirais. Mes propos sont du 3e degré, car je ne veux pas faire de rentre-dedans. Tu sais on est dans la matrice, on fait partie des rouages. Moi, j’essaie de dire aux gens : « ici, tu n’as qu’une vie. Si tu fais une bêtise, c’est fini. Tu dois pouvoir profiter et aimer tout de suite en respectant l’autre. Dieu a dit : Respecte ton prochain.

 

Je sais bien que Dieu a dit toutes sortes de choses intéressantes, mais quand on le cite à tout va, j’ai envie de prendre la poudre d’escampette.

Je n’y peux rien.

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Derrière Whee Jay, la déclaration des droits de l'homme... (punaisée dans son appartement!)

 

Je dis ça, mais, franchement, je sens bien que Whee Jay est un type sympathique.

Qu’il ne veut faire que le bien autour de lui. Son message principal est simple.

« Il faut se réveiller, faire bouger les consciences et les choses. »

Whee Jay rappe la réalité social, le monde qui va de travers… tout en laissant un message d’espoir.

J’ai capté d’autres phrases pendant l’entretien.

« Le plus important, c’est ce que tu vis. Si ton cœur ne bat pas, ne vibre pas, ça ne sert à rien… »

Pas faux.

« Les gens souffrent et comme ils souffrent, ils deviennent méchants. »

Pas faux non plus.

« Travaillons tous ensemble, pour voir ce qui ne va pas dans cette société et faire en sorte que nous tous, nous puissions aller très bien ».

Un chouia utopique, mais ça part d’un bon sentiment.

Je ne me moque pas, hein… juste, ce genre de discours glisse sur moi comme un glaçon sur sur une patinoire.

(Cette expression est de moi… et ça se voit. Ce n’est pas demain que l’on publiera un livre de mes aphorismes.).

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De gauche à droite: Martin Luther King, Whee Jay et Mandor.
(Quoi?)

J’sais pas… peut-être ne crois-je plus en la bonté de l’âme humaine ? Peut-être suis-je complètement désabusé par l’Homme ? Peut-être ai-je mes raisons ?

Quoi qu'il en soit, le Whee Jay, un producteur devrait s’y ntéresser.

Du rap esthète et raffiné, ce n’est pas tous les jours qu’on nous en propose…

 

 


Pardonner
envoyé par Tosma-prod
(Pour être tout à fait honnête, le réalisateur du clip est un pote de très longue date...)

30 mai 2008

Stéphanie Lapointe... chanteuse humanitaire!

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« La jeune québécoise qui monte s’appelle Stéphanie Lapointe. Révélée dans son pays grâce à la « Star Académie 2004 » dont elle fut la gagnante, la jeune demoiselle nous offre là un premier album sensible et touchant. Même si elle ne cesse de s’interroger sur le temps et sur l’enfance, la douceur de sa voix et la mélancolie de ses mélodies nous attirent dans une bulle intemporelle et feutrée. Difficile de lutter. La chanteuse se montre à la fois taquine, profonde et légère. Elle joue avec pudeur de son côté femme enfant. Surtout, ne vous fiez pas à son joli minois et à sa voix enfantine, à 24 ans sa maturité et son exigence du bel ouvrage imposent le respect. Cerise sur le gâteau, la miss Lapointe est une personne engagée. Depuis l’année dernière, elle est devenue ambassadrice d’Unicef Québec. Ses prochaines chansons gagneront certainement en épaisseur… mais après tout, un peu de finesse dans ce monde chaotique, ça ne fait pas de mal. Bien au contraire. »

 

Voilà pour l’article paru (dans le Virgin du mois de mai… à ce propos, je crois que je n’en ai oublié aucun…)

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.

Le 9 mai dernier, je suis allé à sa rencontre dans les bureaux de l’antenne française de sa maison de disque Exclaim. Bien sûr qu’elle avait l’air un peu fatigué. Elle était quasiment en transit après un mois passé au Darfour et deux semaines au Rwanda.

Pour en connaître les raisons, je vous conseille fortement de cliquez ici. La petite à tout d’une grande…

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Bref, vous l’avez compris en lisant mon article, je suis très client de ce que fait la demoiselle. Elle m’accueille de manière fort chaleureuse et finit par me dire : « J’avais entendu toutes sortes d’histoires sur les journalistes français. Ariane Moffat ne m’avait pas rassuré sur vous… j’avais certaines craintes et en fait, tout le monde est très gentil ».

Tiens donc ! Marrant parce que j’ai interviewé Ariane Moffat pour son premier album il y a 3/4 ans et l’ambiance était effectivement très froide. C’est d’ailleurs suffisamment rare pour que je m’en souvienne parfaitement. Peut-être est-ce une question comportementale de l’artiste elle-même ? Faudrait creuser au lieu de médire sur les journalistes auprès d’autres artistes d’un autre pays. Parce que je peux dire, c’est qu’ici, on est plutôt accueillant avec les Québécois…

 

1721043154.jpgEn tout cas, Stéphanie Lapointe est si gentille et simple qu’il serait difficile d’être désagréable avec elle. On parle longuement de son album… qui date d’il y a 3 ans maintenant. Elle sort son prochain bientôt au Québec. Ici, en France, elle doit recommencer à zéro pour se faire connaître.

 

-Je suis extrêmement fébrile de venir travailler ici. Tout est à refaire, c’est pour moi un gros défi. C’est curieux de faire des interviews devant des gens qui ne me connaissent pas. Je change de rôle et de costumes d’un pays à l’autre, c’est amusant…

Nous parlons un long moment de ses chansons qui finissent toutes par faire un joli clip.

Voilà un bel exemple: Je sais déjà.

 

 

-Pour mon album, j’ai eu envie de l’imager, d’aller plus loin avec les metteurs en scène. On a tourné une dizaine de courts-métrages qui sont venus illustrer ce que les chansons voulaient dire. Dans mon frigidaire, il y avait un quart de nourriture et 3 quarts de pellicules.

Et elle rit.

Rafraîchissante la jeune demoiselle. Très naturelle, très humaine. J’apprécie le personnage.

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Je ne peux passer sous silence la Star Ac de son pays.

 

-Quand on gagne cette émission, il est vrai qu’après il faut essayer rapidement de sortir des préjugés, des clichés qu’il y a autour. En même temps, beaucoup de portes se sont ouvertes. Il ne faut pas que je néglige cela.

Je ne peux m’empêcher d’évoquer mon chanteur préféré francophone du moment… et qui porte le même nom qu’elle (et que j'ai mandorisé ici).

-Moi aussi j’adore Pierre Lapointe. C’est quelqu’un d’extrêmement talentueux. Il veille à ce que tout soit bien fait dans toutes les sphères qu’il occupe. Les clips, les spectacles, les disques… Il ne fait pas partie de ma famille, mais sur un plateau de télé, les animateurs ont sorti un arbre généalogique expliquant qu’on était cousins au 16e degré. En plus, Pierre est très cultivé, gentil, humble.

Ce doit être spécifique aux Lapointe.

En tout cas, moi, je suis impressionné par la nouvelle scène québécoise… Terminée l’époque des chanteuses à voix.

 

-Je pense que chaque génération se recycle à sa façon. Il y a beaucoup de recherches dans nos créations. Nous sommes influencés par toutes sortes de courants. Mes préférés sont Pierre Lapointe justement et Ariane Moffat. J’aime aussi beaucoup Marie Jo Thério.

Moi aussi.

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Pour terminer l’entretien, je lui parle du Darfour, région agitée pour laquelle elle s’engage sans  compter… comme elle en revient, elle semble parfois encore là-bas.

-J’ai l’impression qu’il va me falloir un peu de temps pour digérer ce que j’ai vécu. Pour le comprendre aussi. Là, aujourd’hui, je suis avec vous, hier j’étais avec des petits africains… c’est un contraste bizarre. Je dois parler de moi et ça me parait tellement sans importance… Il y a quelque chose d’incompréhensible dans le fait de vivre dans deux mondes aussi différents.

Il n’en reste pas moins que Stéphanie Lapointe ne peut s’empêcher de parler de ce qu’elle a fait là bas.

-Dans les documentaires que nous tournons, nous voulions un angle qui consiste à redonner de la dignité à ces gens là. A la télévision, dans les médias en général, c’est un conflit qui a été dépeint de façon très noir et blanc, les méchants et les gentils. J’avais vraiment envie d’aller voir ce que les intéressés avaient à dire quand on leur proposait un micro.

Que tout ceci n’occulte pas le fait que le disque Sur le fil de Stéphanie Lapointe est un beau disque. Majestueux.

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J’ai hâte de voir comment elle va poursuivre ses aventures musicales et humaines.

Vraiment hâte.

Allez, fait pas très beau... tant pis, je vous emmène quand même à La mer...

 

 

 

 

 

Et puis, comment écouter 35 minutes d'interviews réduites en 2 minutes pour un magazine radiophonique diffusé sur 77FM...

21 mai 2008

Victoria Tibblin: rockeuse "brut(e)"!

 

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C’est marrant comme parfois, je peux passer à côté de certains artistes en ignorant complètement leur existence. Un jour, je reçois un mail m’expliquant que tel ou tel artiste est en concert à Triffouilli-les-Oies, en l’occurence, dans le cas présent, Victoria Tibblin, joue à L'Empreinte de Savigny-le-Temple, ce vendredi. Heureux de l’apprendre. Comme je suis d’une insatiable curiosité, je tape son nom sur un moteur de recherche qui commence par Go et qui finit par ogle. Son MySpace m’en apprend pas mal sur elle ainsi que son site perso.

 

Et je trouve la belle bien destroy, pas comme toutes ses chanteuses estampillées rock depuis quelques mois… vous voyez de qui je veux causer (Mademoiselle K, Ina Ich, Nadj…), elle, c’est encore plus fort, sans concessions. Du rock garage pur, dur, violent, puissant, un peu crade…

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Je me demande bien qui se cache derrière cette jeune fille de 21 ans complètement déjantée.

Ni une ni deux, je m’arrange pour (dans l’ordre) :

1557692963.jpg-Recevoir son disque illico.

-La rencontrer dans un bar de la capitale pour la mandoriser.

Ce qui fut réglé en 4 jours.

(Je me sens très fort, parfois…)

Un p’tit coup de bio avant de vous raconter notre tête à tête :

« Victoria Tibblin est Suédoise. A 18 mois sa famille déménage à Londres où elle vit jusqu'à ses neuf ans. Depuis elle habite à Paris.

Elle commence le piano à 5 ans, chante en chorale, fait de la danse classique. En arrivant à Paris elle arrête le piano puis commence à 16 ans à apprendre la guitare électrique en autodidacte avec l'instrument qu'elle reçoit en cadeau pour son anniversaire. A 17 ans elle se met progressivement à composer ses premières chansons ».

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(C’est chiant ces précisions inutiles, hein ? Mais bon, j’ai copié-collé ça sur Wikipédia).

(En plus, ils ne disent même pas qu’elle a été mannequin à l’âge de 13 ans… Pfff…)

Allez, le reste de sa bio, je vais m’en charger, en presque live.

D’abord, le truc qui m’a plu, c’est qu’elle m’a donné rendez-vous dans un bar qui s’appelle Ne nous fâchons pas, comme le film de Lautner.

Des photos de cet oeuvre cinématographique partout.

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Le patron me tutoie sans me connaître.

-Tu veux quoi ?

-Euh, j’attends quelqu’un. Je suis un peu en avance.

-Tu bois quoi, en attendant ?

-Une pression.

-Une pinte ou une normale?

-Une normale, parce que je ne veux pas perdre mes moyens, là.

-J’t’incite pas à la consommation, mais tu sais, c’est Happy Hour à c’t’heure ci.

-Oui, d’accord, mais je garde la normale.

-Ok ! Tu fais ce que tu veux !

Bien. Où suis-je tombé ? Et Victoria qu’est en retard. Elle ne va pas me jouer la rock’n’roll attitude quand même !

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Soudain, elle arrive.

-Excuse-moi, je me suis trompée de numéro. Je suis allée au 40.

Elle me claque la bise.

Je lui réponds.

-Moi aussi, je suis allé au 40, c’est ton attaché de presse qui m’a dit que c’était au 40. Alors qu’on est au 7. J’ai du appeler le 118 218 pour qu’on me donne la véritable adresse.

(Il y a des débuts de conversation qui sont tout bonnement passionnants…et qui installe une relation !)

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Bref, nous décidons de nous isoler en bas. On entend moins la musique tonitruante que diffuse mon meilleur ami, le patron du bar.

J’enclenche mon nouvel enregistreur (oui, j’ai un peu abandonné mon Sanyo) parce que, désormais, j’en profite pour ramener du son pour 77FM. (Je mets ici le lien de l’interview bientôt).

Donc, j’ai du matos de chez matos.

Je lui dis, tout de go, que son rock à elle, n’a rien à voir avec le rock des autres nanas.

(Ce qui est une espèce de compliment habile et discret. Ahem !)

-Je dirais qu’en ce moment, on est dans une période où c’est un peu mou. On se laisse porter par des choses faciles. Moi, je veux bousculer un peu tout ça. Sans concessions ni chichis. Dans mon album, il y a des chansons que j’ai écrites quand j’étais ado. Quand on est ado, on est révolutionnaire, on veut changer le monde. C’est clair que j’ai une rage au fond de moi, depuis que je suis toute petite…

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Je lui demande de me raconter comment est né son disque. Après une première expérience sans lendemain avec Daddy Longlegs elle rencontre Didier Odieu. C'est avec lui et Jean-Marie Aerts qu'elle prépare son premier album.

-Cet album a mis du temps à se faire. Il me fallait trouver un parolier très doué pour traduire mes mots en français. Je l’ai trouvé en la personne de Didier Odieu. Il a été parfait.

Ce que j’aime dans son album, c’est l’aspect bancal qui s’en dégage. Alors qu’il ne l’est pas. Elle montre juste l’étendue de son talent. Il est multiple.

-J’ai voulu interpréter des chansons très différentes. Je pars dans du punk et tout d’un coup, je deviens crooneuse, puis, je me plonge dans de l’émotion pure. Ça représente toutes mes facettes artistiques. Cet aspect « bancal » est d’ailleurs mal accepté. Les français, en général, aiment bien la régularité, l’aspect linéaire, sans aspérité, des choses… Bon, en même temps, on ne peut pas plaire à tout le monde.

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J’aime quand les gens sont francs, quand ils se moquent totalement de ce que pourront penser les autres… Victoria Tibblin n’a pas sa langue dans sa poche et c’est tant mieux.

-Malheureusement, je suis comme ça. Parfois, ça me joue des mauvais tours, parfois des bons. Je pense que je vais rester comme je suis, parce que, de toute façon, je ne serai jamais une plante verte. Je n’y arriverai pas. J’ai déjà essayé et c’est impossible, mon naturel revient au galop. J’ai besoin de faire ce qui me plait et de dire ce que je pense.

Du pain bénit pour un journaliste.

Plus on parle, moins j’ai justement envie de jouer mon rôle. J’ai envie de creuser, pas de poser des questions banales. Comme celle-ci (que je pose quand même) : qu’est-ce que le rock aujourd’hui ? (Oui, je suis capable de ce genre de question !)

-Ça ne veut plus rien dire. Apparemment, tu joues de la grat’ distorsionnée, t’es rock’n roll ! Pour moi, c’est plus vaste que ça. Patti Smith ou Billie Holiday sont vraiment des rockeuses dans l’âme, ou des crooneuses, ou des blues women… des femmes qui ont de l’émotion et qui savent la faire ressortir avec une rage et une volonté de persévérance.

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Je préfère lui poser des questions plus personnelles. Mais l’exercice est un peu casse-gueule. Je n’aime pas en dire plus que nécessaire sur la réalité de l’existence des artistes que je rencontre. Mais quand je lui dis que je la trouve à part des autres et que ça ne doit pas être facile à vivre tous les jours, elle se confie (un peu).

-J’ai toujours été solitaire de toute façon. Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis. Quand je suis arrivé en France, c’était d’ailleurs la grosse galère pour en trouver. Personne ne me comprend. Je ne sais pas, je dois avoir une attitude suédoise qui ne correspond pas à la mentalité française… C’est marrant, je me fais plus accepter dans des univers masculins. Nos relations sont saines. Il y a très peu de filles qui arrivent à comprendre ça. Ça vient peut-être de moi. J’ai un peu de mal avec les filles…

Je décide, au bout d’un moment, d’arrêter l’interview. En fait, je me rends compte que je suis bien, là, à cet instant précis…

Après avoir fait la photo mandorienne, elle me dit : « On remonte ? J’ai envie de fumer une clope dehors. »

 

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En vrai, Victoria Tibblin est très souriante...

On a pris nos verres de bière et on a conversé un long moment à l’extérieur.

Puis nous sommes rentrés de nouveau et on a repris des verres.

On s’est raconté nos vies. Moi, j’ai même dit des trucs que pas grand monde ne sait sur moi, ma mère…

Tout ce qu’on se disait était assez personnel.

Question d’ambiance.

Je ne raconte rien ici, évidemment.

Décidément, une chose est certaine. Quand je suis avec des écorchés vifs, je me sens de la même famille.

 

 

 

 

 

EDIT:

 

Le magazine de 2 minutes diffusé sur 77FM de cette rencontre.

17 mai 2008

Marion Beaupère... plasticienne à découvrir IMPERATIVEMENT!

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Ce que j’aime dans ce métier, c’est que l’on croit avoir tout vu et BOUM ! Il y a toujours quelqu’un qui parvient à te surprendre, à t’impressionner, à te laisser pantois d’admiration.

Ce jeudi, alors que je sortais d’une interview de la maire adjointe délégué à la culture, au Patrimoine historique, au Tourisme et aux Fêtes et cérémonies de la ville de Meaux (Muriel Héricher) et du directeur des affaires culturelles (Charles Beauchard) pour évoquer « Éclats d’arts », je tombe sur une chapelle au sein même de la direction des affaires culturelles où je me trouve…

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La Chapelle Marquelet de la Noue. Je rentre pour aller prier, comme à mon habitude, tous les soirs…

Bon, d’accord, je rentre parce qu’il y avait une affiche annonçant une exposition d’une certaine Marion Beaupère.

Deux jours avant, j’avais été interpellé par un article diffusé dans l’édition Seine et Marnaise du Parisien (ma nouvelle lecture quotidienne) : Marion, 16 ans, jeune plasticienne de génie.

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En lisant l’article, je m’étais dit : « La pauvre fille ! Elle est jeune, très jolie, tout le monde ne va s’intéresser qu’à cette particuliarité là
plutôt qu’à son travail.

Je tape son nom sur Google, parce que, quand même, cette artiste plasticienne m’interpelle.

Je tombe sur ce site qui explique en détail son travail et sur son blog qui montre beaucoup de ses œuvres… bref, je me dis que ses toiles et le personnage sont suffisamment intéressants pour que j’aille y jeter un coup d’œil.

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Et donc, complètement par hasard, je me retrouve devant cette chapelle où la demoiselle expose.

Il y a des fichues coïncidences, tout de même.

Non, sérieusement, vous ne trouvez pas ?

Je pénètre en ce lieu saint et tombe sur Marion, accompagnée du plasticien Christophe Alzetto, qui a organisé cette exposition. Bref, je parle avec eux un moment avant de visiter la chapelle dans tous les recoins.

 

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Je fais un singulier voyage visuel et tactile à la mise en scène étudiée, entre douceur et violence, entre abîme et profusion. J’ai l’impression d’être dans le langage sensuel et secret de la matière.

-Une chapelle est un lieu très connoté, on a donc joué avec ce fait. Il y a des échanges, beaucoup de contrastes entre plusieurs thématiques : le plein/le vide, l’intérieur/l’extérieur, l’intime/le grandiloquent, la violence/le charnel… Christophe Alzetto a élaboré pour moi une scénographie importante conçue comme un tableau où les personnes deviennent fluides et circulent à l’intérieur.

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Au début, Marion Beaupère avait construit un univers graphique à la richesse et à la méticulosité interpellantes.

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-Je dessinais sur feuille A4. C’était très sec, très plat, sans fluide, sans matière. Je cherchais comment dominer l’espace, comment le remplir. Je faisais des dessins très graphiques, maniaques, symétriques, quelque chose de très perfectionniste. En passant à la peinture, il y a deux ans, je me suis intéressée à la matière, au matériau, et principalement au cuir, qui est devenu ma marque de fabrique.

Pour ses peintures, elle utilise des tissus, des cordes et donc, du cuir qu’elle râpe, brûle, coud, extrude, comme pour en libérer l’âme secrète et enfouie.

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Là, elle est en plein travail. Dans le chœur de la chapelle, elle a installé son atelier.

(Bon, j’avoue, elle pose pour la photo… Avouez que Mandor est le roi de la mise en scène !).

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Avec Marion Beaupère, « la matière craque et coule, la toile tend au monumental, l’intrusion de matières extrêmement variées et d’objets hautement connotés devient massive. Clés, cadenas, boutons, clous, chaînes, objets tranchants parlent de blessure et de cicatrice, d’ouvrir et de fermer, d’autoriser ou d’interdire, insistant à nouveau sur la question du secret et de l’indicible ». (Source : dossier de presse sur l’exposition.)

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-Je veux donner à voir, à toucher, à sentir… je veux essayer de susciter tous les sens. Il faut qu’il y ait un rapport, un échange entre la toile et la personne. Une sorte d’intimité doit se créer…

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Je suis stupéfait par l’aisance artistique de cette jeune fille. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il y a dans sa tête pour sortir tout ceci de son âme. L’artiste reste décidément un éternel mystère.

Christophe Alzetto me confie :

-Ce n’est pas simple pour Marion. Quand on voit son âge et son apparence, les gens ont tendance à réduire son travail à cette rareté là. C’est dommage. Ça fait partie des jeux des apparences et des médias. Marion souhaite qu’on s’intéresse plus à son œuvre.

Je la regarde. Elle confirme.

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Je me dis juste qu’elle n’est pas sortie de l’auberge. Pour le moment, elle n’est connue que dans la région, mais je suis certain qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.

Pour ses toiles, bien sûr, mais pas que.

Il va falloir qu’elle s’y fasse.

Les clichés ont la vie dure.

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Christophe Alzetto a réalisé quelques clichés pour mon blog. Je le remercie chaleureusement, (ainsi que Marion), d’avoir jouer le jeu. Je présume qu’ils n’ont pas compris comment ce « localier » s’est soudain transformé en Mandor…

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Remarquez, le Alzetto, a bien des talents…

J’aime les doubles identités, les faces cachées des personnes.

Mais, la question qui me turlupine.

Qui se cache derrière la douce Marion Beaupère ? 

(Hop là ! Tenez, un nouveau cliché !)

Pour tenter de déceler le mystère, il ne vous reste plus que cet après-midi et demain de 14 h à 19 h.

Elle sera là.

Lieu : Chapelle Marquelet de la Noue 6, rue des Vieux Moulins 77100 Meaux.

Les photos du vernissage sont ....

(Sinon… je n’ai évidemment pas besoin de préciser qu’une toile en photo n’a strictement rien à voir avec une toile placée dans son lieu d’exposition…)

La dernière photo... très poétique.

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EDIT:

Voici le mini mag de 2 minutes sur Marion Beaupère, multidiffusé sur 77FM.

14 mai 2008

Damien Saez, l'incorruptible!

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« Vous dites que je ne suis indifférent à personne. Tant mieux. Je ne puis souffrir les tièdes, et j’aime mieux être haï de mille à outrance et aimé de même d’un seul. » Cette maxime de Rousseau s’applique parfaitement à Damien Saez.

 

Globalement, il se fout de déplaire. A 30 ans, il poursuit son chemin à toute allure. Cet « homme pressé » a déjà à son actif : 4 disques : Jours étranges (1999),  God blesse (2002) et Debbie (2004), une B.O de film Femme fatale de Brian de Palma, un recueil de poésie: A ton nom chez Actes Sud. Saez revient avec un triple album de 29 titres :Varsovie-L’Alhambra-Paris (troisième du top dès sa sortie derrière Cabrel et Madonna). Et ses futurs concerts aux Bouffes du Nord affichent complet. Saez est certainement l’artiste de sa génération le plus décidé à faire parler de lui. Avec art, hargne et classe.

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L’homme m’amuse. Il ne cesse de répéter qu’il emmerde les médias. Sauf que Mandor, il s’en tape qu’on ne l’aime pas* (il s’en tape encore plus qu’on n’aime pas ses confrères qu’il ne porte pas, lui-même, en haute estime). Mais Mandor, il va au charbon quand même… et contre toute attente, il ne s’est pas fait insulter. Bon, ce n’était pas la franche rigolade, mais, j’ai connu ambiance plus pourrie (juste une fois, avec Obispo… faudra que j’vous raconte un jour…).
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Mandor : Je sais que la promo n’est pas ta tasse de thé.

Saez : Je n’aime pas les explications de textes. C’est un non sens pour moi. Je choisis un mode de communication qui est une sorte de poésie populaire. L’expliquer est une mise en abîme perpétuelle.

Mandor : Mais parfois, ta poésie est telle qu’il faut s’accrocher pour saisir toutes les nuances de tes propos.

Saez : J’essaie toujours d’avoir une perspective sur ce que veut dire le texte tout en ayant plusieurs lectures. La fainéantise due à un minimum de bon sens avec une plume peut te faire reposer sur tes lauriers. Il faut éviter la démagogie de l’écriture.

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Mandor : Tu affirmes que ton dernier disque est le meilleur de toute la prod actuelle avec un tel aplomb que ça frise la prétention !

Saez : Dans mon travail, je n’ai pas de doute. Vraiment. C’est la première fois que j’ai le sentiment d’avoir fait un album qui ne fait qu’un. Un voyage du début à la fin. Ma hantise profonde et perpétuelle est de réitérer ce qu’on attend de moi. Refaire « Jeune et con » par exemple, pas question !

Mandor : La presse utilise des termes à ton endroit du genre : provocateur, engagé, rebelle, mystérieux, ténébreux, insolent…

Saez : Je ne suis arrivé de nulle part dans le monde de l’industrie du disque, sans vouloir vraiment y rentrer, en ne jouant pas le jeu. Ca a beaucoup énervé et je suis passé pour un dédaigneux, un arrogant. Je ne veux simplement pas aller faire le con à la télé. Attention, je ne parle pas seulement de la Star Ac ’, j’évoque aussi les talk shows à 3 francs. Parler de mon disque à côté d’une star du porno, je n’y arrive pas !

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(Scoop! Damien Saez est capable d'un léger rictus de contentement...)

Mandor : Mais quand le lendemain du 21 avril en réaction du résultat de l’extrême droite tu écris « Fils de France » (non commercialisé mais à dispo en téléchargement sur le web), tu peux comprendre que ça agace.

Saez : Tu sais, je suis fils d’immigré (un mélange Algérien/espagnol), ça a été comme une pulsion. La limite était atteinte. Un parti fasciste au second tour, ce n’est pas rien quand même ! C’est d’ailleurs le seul acte d’engagement que j’ai fait dans ma vie. Le seul.

Mandor : Je ne te sens pas très bien dans cette époque.

Saez : Effectivement. Je ne suis pas en phase, je suis décalé. Du coup, je ne serais jamais à la mode, donc jamais démodé non plus ! J’aurais aimé vivre dans les années 70. Voir Led Zep’, grandir au son de « Paint it black »…

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Sans rires, je ne sais pas pourquoi, tout le monde me disait: "tu vas te faire jeter, Saez est détestable avec les journalistes!". 

Peut-être.

Mais là, non.

Un peu sur la défensive pendant quelques secondes, le temps d'écouter passer les premières questions.

Suis-je bienveillant où un ennemi?

Devinez?

Je crois qu'il ne s'est pas senti en danger.

En tout cas.

 

Pour en savoir plus sur l'album et le personnage, allez voir et ... et ma copine Lou, aussi.

 

Clip de "Jeunesse lève-toi".
Réalisé par Damien Saez et Régis Fourrer.
Texte et musique : Damien Saez.
Editions 16 Art © 2008.
*Même pas vrai, il ne s'en tape pas du tout. C'était pour faire genre...
PS: Non, je n'ai pas écrit qu'il faisait du sous Noir désir, qu'il chantait des chansons démagogiques d'adolescent rebelle de mes deux...etc. Ce n'est pas mon style de crier avec les loups. Nombreux.
Il me semble que ce triple album marque un sacré tournant et que le jeune homme est devenu un monsieur.
A vous de juger!
PS (bis): Toutes les photos sont de Mondino, sauf celles où j'suis dessus (c'est con!).

13 mai 2008

Rodolphe Testut... chanteur poli pas policé!

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Quand j’ai reçu le disque de Rodolphe Testut, Jure sur ma tête, je me suis dit : « Tiens, oui, intéressant… », mais je n’avais pas approfondi l’écoute. Je me souvenais l’avoir entendu dans une compil’ CQFD 2005 des Inrockuptibles. Puis, quand j’ai été chargé (par moi-même) d’aller l’interviewer, j’ai remis le disque, en écoutant vraiment. Et je me suis dit (je me dis souvent des trucs passionnants) : « Ah ouais, quand même ! ».

Non parce que le monsieur, certes, il chante l’amour qui finit mal, mais il manie à merveille le double sens, l’ironie et le second degré. Ce n’est pas franchement pour me déplaire.

Son MySpace.

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Le 8 avril dernier, nous nous sommes donné rendez-vous devant la Flèche d’or où il devait jouer le soir même avec quelques collègues de l’écurie Warner. Je tombe sur un type sympa, avec l’accent toulousain et le phrasé de Cabrel. Je lui propose d’aller dans le bar d’à côté parce que faire une interview avec des artistes qui répètent, c’est un peu comme vouloir boire un ti punch à la cantine de la crèche de sa fille. Très difficile…

(Non, mais les images qui me traversent l’esprit, j’vous jure !)

(Ne serais-je pas alcoolique au dernier degré ?)

 

1201498020.gifBref, nous nous installons au fond d’un rade. J’aime les rades.

Il me raconte ses débuts. Il a fait ses premières armes dans différentes formations du Sud-Ouest avant de s’établir en solo.

Rodolphe a commencé en jouant du rock, dans une formation, à mi-chemin entre les Stooges et Eddie Cochran. Il frappe les fûts dans un groupe rock chantant en anglais en semaine et les week-ends, il se transforme en chanteur de folk en français, de plus en plus tenté par une carrière en solitaire.

 

-Il y a juste 7 ans que je me suis mis à chanter. En jouant dans les groupes, il y avait toujours un truc qui me gênait. Soit la voix, soit les paroles… je me disais souvent que si j’étais à la place du chanteur, je serais plus naturel, plus sincère. Je ne me planquerais pas… donc je m’y suis mis tranquillement.

Il joue de plus en plus souvent dans les bars, en interprétant des chansons dont certaines  figurent déjà sur l’album.1336457504.gif

-Pas grand monde ne croyait en moi au début. Mais ça s’est si bien passé que je me suis concentré là-dessus. 

Rodolphe Testut peaufine ses compositions à la guitare sèche, tout en s’inspirant de son expérience personnelle dans ses paroles. Mais il se fait fort de ne jamais tomber dans l’auto complaisance, ni les formules trop poétiques.

Il se dit « inspiré » par les romans de Philippe Djian. Voyez le genre de texte à quoi vous pouvez vous attendre…

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Un concert à ne pas louper, hein!!!

 

Et l’arrivée chez Warner ?

 

-Un coup de chance énorme. Pendant que je faisais pas mal de concerts sur Toulouse et sa région, j’ai maquetté mes titres. J’ai dit à un copain régisseur : « je te file 5 démos, dès que tu croises des gens qui peuvent être susceptible d’être intéressé, tu leur files. » Le premier mec qu’il a rencontré était quelqu’un de chez Warner… Il était vraiment très intéressé, au point de venir me voir jouer à Toulouse. J’ai trouvé que ça commençait à sentir bon.

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Très vite, on lui donne la possibilité de jouer dans d’excellentes conditions. Avec le batteur Philippe Entressangle (Ignatus, Miossec) et le bassite-guitariste Daniel Roux (Jean-Louis Aubert, les France Cartigny), il rentre en séances dans le petit studio de Tarn.

-On a bossé 15 à 16 heures par jour. Je ne voulais pas que le disque soit daté. C’est pourquoi on n’a pas mis de banjo, ukulélé ou de boucles de batterie. Une bonne chanson doit sonner avec une voix, une guitare acoustique, un tambourin et une grosse caisse. L’esprit rock ne passe pas forcément par des grosses guitares et des amplis à fond. 

Vrai.

Et le fait d’être enfin leader, est-ce appréciable ?

 

-Oui, car les places sont enfin bien définies. Dans un groupe, chacun donne son avis et ça devient vite le bordel. Aujourd’hui, même si j’écoute les conseils, les envies de chacun, c’est moi qui valide ou pas. Mes musiciens savent la place que j’occupe désormais. Beaucoup de choses reposent sur moi, donc je prends mes responsabilités.

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J’observe Rodolphe Testut se raconter. Il est fin, semble doux, gentil… je lui dis.

 

-Oui, mais ça ne m’empêche pas de savoir ce que je veux. Je suis loin d’être mou. Je suis quelqu’un qui se bat beaucoup, en fait. (Rires). Je n’ai pas de grosses facilités au départ. Je bosse, je bosse, je bosse…Mon disque est réellement à mon image. Un peu roots, un peu sensible, fragile, mais énergique aussi.

Jure sur ma tête, l’album de Rodolphe Testut est direct et très simple. Sa bio souligne qu’on peut le cataloguer entre Jonathan Richman, Violent Femmes, Louise Attaque ou Grant Lee Buffalo

Il y a de bien pires comparaisons.

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Son manager vient le chercher. « C’est à toi de répéter ! ».

« OK ! Je te libère », lui dis-je en n’ayant pas le choix. « Non, non, ça va, je prends le temps qu’il faut… ». Je l’ai libéré quand même, mais j’ai beaucoup apprécié cette réaction immédiate.

Elle est significative d’un état d’esprit.

Allez, voici son premier clip : Personne.

Quand je vous parlais de second degré…

 

 

02 mai 2008

Padam... groupe revigorant!

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Le journal Marianne avait écrit sur Padam : « Du Carné-Prévert revisité par Kusturica et Gatlif. Étonnant ! »

Bien trouvé.

(Allez écouter sur leur MySpace)

 

 

Enfin, je rencontre Nader Mekdachi, le leader du groupe. Ce type-là m’a toujours interpellé. Un peu grande gueule, mais la gentillesse dans le regard. Il a quelque chose de touchant et de malicieux quand il interprète ses chansons. Il  joue souvent les dragueurs maladroits et les losers magnifiques. Ça, Nader, il aime bien les losers magnifiques. Presque sa marque de fabrique.

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Malgré tout, sur cette petite terrasse ensoleillée de la rue des martyrs, le jeudi 17 avril, je lui dis que j’ai toujours un peu considéré qu’il était le Lino Ventura de la chanson française. Il se marre parce qu’avec ce qu’il chante, il ne voit pas le rapport. Je ne sais pas… un comportement général. L’aspect un peu bourru de sa personne et le côté pince-sans-rire. (Oui, Ventura avait un côté pince-sans-rire… vous l’avez déjà entendu dans des interviews ? Enfin, bref, je fais les comparaisons que je veux… Tsss…)

 

-Au fond, tu as peut-être raison, les losers que je raconte dans mes chansons, ce n’est absolument jamais moi. J’écris évidemment ce qui ne m’arrive pas. Je parle des autres.

Je ne sais pas pourquoi, je sens que c’est du second degré, toutes ses remarques.

(Mandor : 25 ans d’interviews. Pensez s’il sait déceler l’ironie…)

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Mine de rien, Nader et son groupe fête cette année sa dixième année d’existence avec cet excellent 4eme album, Bonheur bordel. Fichtre, le temps a passé à une vitesse folle…

 

-Oui, parce que nous avons toujours été dans l’urgence. Nous n’avons cessé d’être en tournée, jouer des concerts et faire de la route. Après, il fallait que je recompose, qu’on enregistre, qu’on reparte en tournée… une histoire sans fin. On ne va pas se plaindre, c’est comme ça que nous aimons vivre.

Rappelons que Padam puise ses inspirations dans l’héritage de la chanson réaliste à texte, comme dans le folklore musique des Balkans, avec une petite pincée de musique orientale, de jazz et de rock électrique (mais pitié, ne dites pas que c’est un groupe « festif ». J’aime pas, moi, les groupes festifs !). C’est en tout cas un cocktail rare, percutant et qui transporte son auditoire. L’ambiance des concerts de Padam est toujours survoltée, jouissive, à la limite de l’extase.

(Hum ! Parfois, vous me dites si je me trompe, je me demande si je n’en fais pas un chouia trop. Ne me laisse-je pas dépasser par une espèce de lyrisme dégoulinant ? Je ne sais pas, je m’interroge.)

Bref, Padam, j’adhère totalement.

(Je me sens le besoin de préciser, au cas où je n’aurais pas été assez clair.)

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Nader Mekdachi m’avoue qu’il vient de traverser une période de doute. Fallait-il continuer encore l’aventure Padam ou l’interrompre ?

(Suspens !)

 

-Au bout de 8 ans de rythme effréné, comme dans une vie de couple, il y a eu une lassitude de bosser avec les gens avec lesquels nous évoluions jusqu’à présent. Le groupe a hésité à se séparer il y a deux ans, car nous avions l’impression de tourner en rond. La routine, quoi ! Et puis, lors des dix derniers concerts de notre précédente tournée, notamment lors d’un concert en première partie de Bénabar devant 6000 personnes, ça s’est tellement bien passé, que nous avons changé d’avis. Au moment où nous avons compris que c’était la dernière ligne droite, l’enthousiasme est revenu.

Padam a juste changé de tourneur, de maison de disques, d’attachée de presse… histoire de se donner un nouvel élan. Parfois, le changement à du bon.

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Nader est truculent. Il parvient à me faire marrer quand il me raconte ses voisins en colère parce qu’il fait du bruit, les plaintes adressées contre lui, les avertissements du proprio, les heures de négociations pour qu’il puisse finir de mixer…. (Oui, il fait tout dans son appartement). Nader me parle aussi de sa boite de prod. Enfin de celle qu’il possède avec ses deux frères. RNW (les initiales de chacun d’eux).

 

-C’est en plus de mes activités avec Padam. Pour faire vivre notre petite entreprise, il faut que je travaille sur d’autres projets. Je fais, par exemple, des disques de musiques instrumentales, des musiques d’ambiance pour des marques et des boutiques de fringues. Je sais bien faire ce genre de travail, même s’il est purement alimentaire !

« Mon cher Watson ! » ai-je envie de préciser.

(Parce que, hein, vous l’aviez remarqué, j’ai un humour d’une finesse rarement atteinte.)

 

Les petites histoires drôles, ironiques, parfois pathétiques de Padam, je les apprécie. Mélange d’amour et d’humour, « Nader livre une peinture acide de notre monde, de l'homme, de ses sentiments pas toujours francs, de ses défauts exacerbés ».

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Ce blog est aussi ludique: jouez au jeu des 7 différences!
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La réalisation de Bonheur Bordel a mis près d’un an.

 

-L’enregistrement  a commencé dans une vaste grange abandonnée depuis 10 ans, en Touraine. On a tout réaménagé après avoir récupéré du matériel. Dans notre démarche, le système D fait la loi. Ensuite, on répété et réarrangé dans une cave, puis je suis parti m’exiler à Berlin 10 jours pour écrire les 3 derniers morceaux. J’ai fini le pré mixage chez moi. Avec les soucis que je t’ai racontés tout à l’heure…

Et il conclut ainsi.

-Toute l’année de conception n’a été que bordel et bonheur, engueulades et embrassades, orgies et indigestions.

Mazette ! Quel réjouissant programme !

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Nader Mekdachi est un type avec qui il fait bon discuter, même si je sens que nous sommes dans son quartier. Et vas y que je taille la bavette avec une serveuse (très jolie) puis avec une autre (très jolie), puis avec une passante (très jolie).

J’aime ce quartier.

Nous parlons enfin du clip à venir. Celui de « J’aime pas. ».

À l’époque, il était en phase de finalisation.

Aujourd’hui, il est prêt.

Le voici.

 

 

Merci à Nader pour sa disponibilité et d’avoir fait ce qu’il avait dit qu’il allait faire.

J’aime les gens qui tiennent parole.

Ils ne sont pas légion.