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22 juin 2011

Rodrigue : interview d'un fabriquant d'imaginaire (libertaire)

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Je ne me lasserai jamais de découvrir de nouveaux artistes (et par la même occasion, de faire découvrir). Ceux qui tournent depuis quelques années, qui parfois ont déjà un large public (ou pas), mais qui n’ont toujours pas la notoriété qu’ils méritent. Par le biais de son attachée de presse, Flavie Rodriguez, j’ai écouté les deux albums d'un certain Rodrigue, que je ne connaissais pas du tout. Je suis aussi allé voir toutes sortes d’articles et de vidéos le concernant. Et je suis tombé sur une émission d’LCI dans lequel il était invité par Michel Field... l’artiste autant que l’être humain (mais est-ce indissociable ?) m’ont intéressé.

Il n’en a pas fallu plus pour que nous calions un rendez-vous le 13 mai dernier dans un bistrot parisien.

rodrigue, interview, l'entre-mondesVoici la biographie (copié/collé sur sa page Facebook):

Rodrigue, c’est une ode aux illuminés, à l’évasion, à la liberté.
Il a acquis ses lettres de noblesse en concert par un sens audacieux de la mise en scène.
Là, l’artiste interpelle et vient secouer nos âmes pour les éprouver.
De la pop française axée sur « l’idée », rageuse, éléphantesque ou impromptue, dopée à la folie, furieuse, ingénieuse ou ingénue.
Rodrigue est un fabriquant d’imaginaire où pourtant notre réalité ne cesse d’être questionnée en filigrane.
Un premier album en 2008 chez PIAS, une centaine de dates et un dvd sorti en 2009,
Rodrigue soigne maintenant l’éclosion de son deuxième album "L’Entre-Mondes" (sorti le 14 Mars dernier.)
De la chanson rock avec un côté théâtral décalé.

Pour en savoir plus:

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Interview:

rodrigue,interview,l'entre-mondesJ’aime bien quand un artiste à son propre univers. Ce deuxième album, L’Entre-Mondes, est la suite logique du premier, Le jour où je suis devenu fou.

Oui, il y a toujours une moitié « pop » et une moitié « chanson à histoire »  qu’on peut assimiler à du conte ou du théâtre. Mais le style s’apparente plus à ce que font les Anglo-saxons que ce qu’on entend dans la chanson française actuelle. J’aime bien raconter des histoires et quand je raconte des histoires, je fais en sorte qu’elles se déroulent comme dans un film. Du coup, je ne m’impose pas de règles de durée ou autres.

Tu as un imaginaire hyper développé. Il te vient de lectures de jeunesse.

C’est vrai que j’ai beaucoup plus d’influences littéraires que musicales. La première chanson de l’album, « Square Morrison », parle d’une troupe de théâtre avant tout, mais il y a plein de clins d’œil littéraires. J’adore Desnos par exemple, Vian aussi, tous les courants surréalistes. À travers des images, ils arrivaient à faire passer des idéesbeaucoup plus dures.

Tu considères que ton travail est proche du surréalisme ?

Pour moi, le surréalisme, ça peut être allié au psychédélisme des années 60/ 70, la deuxième période des Beatles que j’aime vraiment beaucoup. J’aime bien aussi le travail de quelqu’un comme Tim Burton. En fait, je me sens proche des allumés.

Toi, sur scène, tu es complètement barré !

En tout cas, j’espère donner quelque chose de différent. J’aime bien faire dans mes albums quelque chose de très pop, de très cadré et puis monter sur scène avec un costume, une bougie et d’essayer de rentrer en inter action avec le public. J’ai envie qu’à un moment, le spectateur ne soit pas là que pour voir de la musique, je veux leur proposer du spectacle vivant.

Tu as deux formules de spectacle, il me semble…

En fait, j’ai deux spectacles.  Un, un peu « unplugged ». Ce set-là, je l’ancre dans la réalité. J’ai enlevé ce qui était un peu « rêve » et je l’ai plutôt conçu comme un voyage. J’ai un autre set, électrique, celui-là. Là, j’essaie plutôt de rentrer dans l’imaginaire et de donner un lien par rapport aux chansons.

Dans ton nouvel album, il y a une retranscription de ce que tu faisais sur scène…rodrigue,interview,l'entre-mondes

Il y a peu de compromis sur l’album par rapport à une structure radiophonique. Il y a un moment, je veux la rupture parce que pour moi, elle a un vrai sens. Si je ressens quelque chose à faire musicalement, je ne m’interdis rien. J’aime le côté : «  Tiens le pont arrive, mais le pont est totalement différent de la chanson ! ».

J’ai lu tes textes sans musique. Ça le fait bien !

Merci, c’est un compliment. Il y avait une sorte d’introspection dans tous mes premiers textes. Au bout d’un moment, on a envie de parler d’autre chose de plus pertinent, sans être démago non plus.

Au fond, tu es un chanteur libertaire.

Ce terme-là, je le revendique. La liberté est dans tout mon album. Mais si je dois dire quelque chose d’engagé, je n’aime pas le dire frontalement. Souvent, c’est sous le texte, il faut gratter.

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Un artiste sert à rêver, mais penses-tu qu’un artiste sert aussi à faire réfléchir son auditoire ?

Moi, c’est comme ça que j’envisage ce métier. Des chansons doivent au moins exprimer des nouvelles visions du monde, apporter de nouvelles informations pour pulvériser les œillères de tout le monde. L’art apporte des liens entre  les gens, j’en suis persuadé.

Ta conception du métier est originale. Comment te sens-tu dans ce milieu ?

Malheureusement, j’ai tendance à être considéré comme assis le cul entre 10 chaises. J’aime bien la chanson, le rock, le théâtre et je ne suis pas typiquement tout ça. Moi, ce que j’aime bien, ce sont les mariages des genres. Mon disque est un disque de partage, que ce soit avec les graphistes ou les musiciens. Il y a même trois textes qui ne sont pas de moi…

Tu casses les barrières comme nul autre.

Avec mon réalisateur, on s’est dit que, soit toutes les chansons allaient être dans le même moule, soit elles allaient toutes être différentes. J’ai trouvé ça beaucoup mieux de donner à chaque chanson son univers. 

rodrigue,interview,l'entre-mondesComment travailles-tu ?

Toutes les chansons ont été enregistrées en même temps, mais j’avais déjà en l’idée que cette chanson-là serait rock, cette chanson-là serait folk, cette chanson-là aurait un univers années 20 et celle-là électro rock. Les textes ont été écrits entre 2007 et 2010.

Les textes ne sont pas frontaux, il y a beaucoup de poésie.

 Je n’aime pas si tout le travail est mâché. Je veux laisser la place à l’imagination. Il faut que l’auditeur fasse le chemin pour aller dans votre univers, pour qu’il soit en adéquation avec l’œuvre de l’artiste.

Quand on te voit, là, tu sembles très sage. Ce n’est pas le même homme que j’ai vu sur scène.

Dans mes chansons, il y a des histoires de clés et de serrures. C’est évident, je cherche à me libérer de quelque chose. J’aime bien être à mi-chemin entre le théâtre et la musique, entre le rock et la chanson.

Tu évoques Peter Pan dans « Square Morrison ». Est-ce qu’il faut avoir le syndrome de Peter Pan pour faire ce métier ?

Il faut avoir une part d’insouciance en tout cas. Il faut être peut-être un peu torturé, avoir des choses à dire, à ressentir, avoir envie de partager ce qui nous indigne. Ca n’a rien à voir avec la jeunesse physique. L’important, ce n’est pas d’être bien dans le monde, c’est d’être bien dans sa peau.

Faut-il que tu sois dans un état particulier pour créer ?

J’ai besoin d’être mal dans ma peau pour écrire et bien pour monter sur scène. La scène c’est vraiment un moment de plaisir. Je ne stresse pas, je n’ai pas peur, j’ai juste envie d’y aller !

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Te sens-tu compris par rapport à ton œuvre ?

J’ai l’impression que je travaille pour toute une discographie. Petit à petit, je rencontre un public qui est intéressé par ce que je fais et ce que je dis. Je n’arrive pas à me dire que j’ai déjà un public, mon public, mais quand même un peu dans le nord. Je suis nordiste.

Y a-t-il des gens qui font le même métier que toi, avec lesquels tu te sens proche ?

Des gens comme Jacques Higelin ou Ange, je ne me sens pas aux antipodes de ce qu’ils font, même si je ne suis pas fan, fan. J’ai en tout cas beaucoup de respect pour eux. Par contre, il y a des gens que j’aime beaucoup, mais qui n’envisagent pas le métier de la même façon que moi. Batlik, par exemple ou encore Thomas Fersen. En rock, j’aime bien Eiffel. Je suis très Beatles, sinon. Dans ma jeunesse, j’étais très les Guns, Metallica, Nirvana… j’ai eu aussi ma période Daft Punk et j’écoutais beaucoup de techno.

Jean-Jacques Goldman a écouté ton album…

Oui par l’intermédiaire d’une fan à moi qui a des liens avec lui. Il a répondu 10 lignes. J’ai beaucoup apprécié ce qu’il a écrit parce que c’est exactement ce que je pense. En gros, il disait : « On ne peut pas savoir ce qu’avait les Beatles ou ce qu’avait les Rolling Stones. La musique n’est pas qu’une question de talent, c’est à un moment réussir à être séduisant et désirable par rapport à l’ensemble de la profession ». Être désirable, c’est peut-être encore ce qu’il me manque aujourd’hui.

Son clip de "Square Morrison"...

Et hop! Rodrigue, en flagrant délire de lecture essentielle!

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14 juin 2011

Rachel des Bois : Interview pour la sortie de "Un peu plus à l'ouest"

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Dans les années 90, j'avais beaucoup apprécié la provocante, farouche, et aiguisée Rachel des Bois. 2 albums au compteur et des prix d’importance tels que : Révélation féminine de l’année aux Victoires de  la Musique en 1995, Grand Prix de l’Académie Charles Cros, Grand Prix de la Ville de Paris…etc.

cover rachel.jpgRachel des Bois sort aujourd’hui son troisième album intitulé Un peu plus à l’Ouest. Sa voix s’est faite plus blues et les guitares plus rock. Aujourd’hui, elle chante « la monogamie sans illusion mais sans faiblesse, elle regarde droit au fond des sentiments ». Rencontre avec l’incisive Rachel des Bois, le 9 juin dernier, dans un cagé cuturel parisien, quelques jours avant son concert à la Maroquinerie (mercredi 15 juin 2011).

Pourquoi as-tu décidé de revenir 15 ans après?

C’était vital. J’ai essayé plusieurs fois de revenir, mais à chaque fois, je suis tombée enceinte. C’est un truc de fou ! Après mon deuxième album, quand ça s’est arrêté avec Barclay, je suis revenu 3 ans plus tard, 5 semaines au Sentier des Halles et j’ai beaucoup tourné avec « le chaînon manquant »… 300 dates dans l’année.

Bon, après, il fallait aussi que tu gagnes ta vie correctement.

Oui, c’est pour ça que j’ai commencé à coacher des acteurs qui devaient chanter dans des films. Après, j’ai fait de la formation professionnelle. C’est une époque où je me sentais très équilibrée. Je vivais une vie plus normale que lorsque ça marchait bien pour moi. Et puis, il y a toujours un moment où je commence à avoir une suractivité cérébrale, qui est également le moment où j’ai envie d’aller chanter.  Chanter moi, et pas de faire chanter les autres.

C’est le comédien Pascal  Elbé qui vous a incité à revenir dans le circuit.

Il m’a demandé un jour : « Rappelle-moi pourquoi tu ne chantes plus ? J’ai commencé à avoir le menton qui tremble et j’ai répondu : « Personne ne m’a appelé ». Il a rétorqué : « Rachelle, il faut se multiplier. Si tu ne chantes pas, écrit. Si tu n’écris pas, fais une mise en scène, mais tu as besoin de laisser ta créativité s’exprimer. »  Ce qu’il m’a dit est rentré directement dans le cœur. Parce que lui et Olivier Sitruk sont deux mecs qui m’ont toujours soutenu. S’ils sont tous les deux dans mon clip « Sorry My Love », ce n’est pas pour rien, ce sont mes frères. Après cette réflexion, en tout cas, je suis parti à New York et je suis revenue complètement électrisée, galvanisée. Ensuite, tout est allé très vite.


Pascal Elbe aime Rachel des Bois, et le fait... par Mediaholic

Dans les années 90, il y avait 3 femmes chanteuses guitare voix qui dépotaient : Toi, Clarika et La Grande Sophie. Aujourd’hui, elles sont pléthores, les filles « insolentes » qui chantent. Qu’est-ce que tu en penses ?

Au tout début, quand je me suis fait virer par Barclay, ça m’a ennuyé. J’ai senti une frustration, mais elle n’a pas duré. J’ai senti qu’il ne fallait pas que je bascule vers l’aigreur. Si j voulais refaire ce métier, à aucun moment, il fallait que j’ai de la rancœur envers ce métier. Quand je regardais certaines chanteuses, parfois même primées aux Victoires de la Musique, j’avais l’impression d’avoir ouvert une voie vers laquelle je ne pouvais plus me diriger.

Tu avais l’impression que ton retour était attendu ?

Pour le public d’aujourd’hui, je ne suis pas connu, mais j’ai une belle image.  Il y a un truc qui s’est bonifié avec le temps. Ce n’est pas grave s’il y a autant de temps qui est passé, il y a de jolies choses qui sont restées. Pour mon retour, je ne m’attends à rien et prendrai tout ce qui me tombera dessus.

Ce nouvel album a été élaboré et enregistré avec Kris Sanchez (guitariste du Cri de la Mouche, d’Ultra Orange ou de Tomahawk …)..

C’est une histoire d’amitié entre nous. J’admire son talent depuis longtemps. J’ai été le voir et je lui ai demandé de faire un album ensemble.  Au début, il a un peu rechigné, mais quand je lui ai expliqué quelle direction je voulais prendre, il a accepté. Ce que je faisais avant était rock par l’attitude, pas vraiment musicalement. C’était pop saupoudré de musique de l’est. Mes origines polonaises et tunisiennes ressortaient beaucoup plus qu’aujourd’hui.

rac 2.jpgPourquoi cette direction rock ?

Kris est un guitariste qui compose à la guitare et Gilles Martin (Indochine, Venus, Miossec, Dominique A, Claire Diterzi, dEUS, Hector Zazou), le réalisateur, nous a emmenés dans cette voie. J’ai mis les guitares en avant.

Quand on revient 15 ans après, est-ce qu’on a une pression supplémentaire ?

La pression elle était surtout envers les gens qui continuaient à me suivre alors qu’il n’y avait pas d’albums depuis des lustres. Je ne voulais pas les décevoir. Je ne souhaitais surtout pas être où l’on m’attendait.  La seule solution que j’ai trouvée à ça : être pure et ne pas chercher à plaire. Tu ressors de ta cuisine 15 ans plus tard pour dire : « j’ai un truc à dire ! ». Il faut vraiment que ce soit ce que tu as dans les tripes et non essayer de plaire à la masse. Pour moi, il y avait urgence de sortir tout ça, je n’en dormais plus. Je ne pouvais pas faire autrement que de revenir en me retrouvant, ou plutôt, en trouvant la Rachel des Bois d’aujourd’hui. Il a fallu que je mette en avant le côté sauvage qui me caractérise dans la vie. J’ai abandonné le côté « glamour » pour laisser la place à zéro faux semblant, quitte à me faire dégommer.

La presse est unanimement conquise. Même la presse la plus exigeante, Le Monde, Télérama…

Je suis heureuse d’avoir réussi mon pari, tu ne peux pas t’imaginer. La reconnaissance de ses paires, c’est très important.

Rachel des Bois 09.06.11 5.JPGTu es quelqu’un qui doute ?

Je suis le genre d’artiste qui ne cesse de se dire que personne ne l’aime. Je me retrouve souvent comme un bébé. (Rires) Tu vas me prendre dans tes bras pour me consoler dans deux minutes, tu vas voir. En fait, j’avais tout simplement peur que personne n’attende mon retour. J’avais même dit à Yvan Taïeb de Roy Music que je ne voulais plus m’appeler Rachel des Bois. Je voulais m’appeler juste Rachel. Il m’a répondu : « Mais Rachel, le peu que tu as, exploite le ! »

Cet album est notamment dédié à Marie Trintignant et une chanson lui est consacrée.

Je la connaissais bien et la considérais comme une fée clochette. Je l’ai coaché pour un film qui s’appelle Janis et John. Je n’avais pas encore cette activité avant qu’elle insiste pour que je la coache. Je lui ai autant appris qu’elle m’a appris. C’était une femme d’une immense générosité. Je vais jusqu’à dire que je n’aurais pas refondé une famille ou refais un album si je ne l’avais pas eu en exemple. Marie, c’est vraiment une des personnes qui m’a redonné confiance en moi.

Si musicalement, tu as un peu changé de style, côté texte, tu as gardé ton naturel provocant.

Je ne le fais pas exprès. Quand j’écris, j’ai vraiment l’impression d’écrire la chanson d’amour lambda, mais comme je dis ce que je ressens avec ma personnalité. À l’âge que j’ai, maintenant, j’ai conscience d’avoir toujours été une femme libre. C'est-à-dire qu’à la moindre astreinte conjugale ou maternelle, je n’ai jamais compris pourquoi il fallait que je subisse. Pourtant, je t’assure que je pense être une bonne mère et une bonne épouse… je fais le mieux que je peux en tout cas. Je n’ai jamais été adepte des concessions. Tant qu’il y a de la joie et de l’envie, c’est super. À partir du moment où tu commences à faire des efforts, ça devient problématique. Je ne dis pas qu’il ne faut pas travailler une relation d’amour. J’agis comme un homme, mais je suis une femme bien dans son sexe. Dans mes textes, cet état d’esprit doit se ressentir.

Ton concert de mercredi à la Maroquinerie, tu dois l’attendre avec une certaine impatience…

Depuis février de l’année dernière, sur Paris, c’est mon 5e concert et à chaque fois les salles étaient remplies et les concerts des succès. A La Maroquinerie, c’est mon premier concert de sortie d’album. C’est un rendez-vous important avec le public et les professionnels. Je vais être terrorisé avant le concert, mais tout devrait bien se dérouler… c’est à chaque fois comme ça que ça se passe.

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Voici son clip "Sorry My Love", réalisé par Bertrand Jacquot avec Michel Boujenah, Pascal Elbé et Olivier Sitruk.

Deux photos... (merci à Rachelle et à Flavie Rodriguez pour ce délicieux moment!)

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04 juin 2011

Lise: chanteuse à suivre de très près!

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Son premier EP, je l’avais depuis un moment. J’aimais beaucoup. Mais, j’avais indiqué à l’attaché de presse de Lise qu’une rencontre était envisageable pour MusiqueMag et Les chroniques de Mandor quand l’album sortirait.

Il sort ce lundi 6 juin 2011.

Qui est Lise ?

Adoubé par Dominique A et Mathias Malzieu, la jeune chanteuse Lise sort un premier album à l’atmosphère à la fois classique et sortant des sentiers battus, dans lequel le piano occupe la place nº 1. Lise martèle les touches depuis l’âge de 5 ans, mais il lui a fallu des années d’études au Conservatoire de Narbonne pour parvenir à en maîtriser les subtilités. Aujourd’hui, Lise ose, explore des terrains…  et chante aussi bien en anglais qu’en français. Difficile de rester insensible à l'univers délicat et précieux de la jeune artiste. Rencontre avec une jeune pianiste chanteuse en devenir, dans les locaux de sa maison de disque Cinq 7, le 13 mai dernier.

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L’ambiance est toujours la même sur tout l’album, mais on ne s’ennuie jamais. Curieuse sensation…

Comme, paradoxalement, je trouvais que les chansons étaient un peu différentes les unes des autres, du coup, quand on a voulu les mettre ensemble sur l’album, on a eu tendance à vouloir les englober dans une espèce d’homogénéité. On voulait vraiment une fluidité. Comme on a utilisé qu’un seul instrument, le piano, il y a forcément une unité. Toutes mes chansons sont cousines.

Pourquoi n’avoir utilisé qu’un seul instrument dans cet album ? C’est rare comme choix.

D’abord, je trouvais que le piano était sous exploité dans les chansons, alors que je trouve que c’est un instrument qui est très riche, hyper rythmique. J’ai aussi l’étrange sensation d’avoir une dette envers mon instrument. Il m’a tellement apporté que du coup, j’avais envie de lui rendre ce qu’il m’a donné.

Qu’est ce que vous a apporté le piano précisément ?

J’ai toujours eu un piano à la maison. Ma chaise, c’était ma place. Je suis sûr que dans ma construction personnelle, d’avoir un endroit qui m’appartenait a été primordial.

Qu’écoutiez-vous dans votre prime jeunesse ? Uniquement du classique, comme votre disque le laisse le supposer ou tous les genres de musique, comme votre disque le laisse supposer aussi.

Je ne sais pas quoi répondre. Dans ma vie, j’ai l’impression d’avoir plus joué qu’écouté. J’ai passé plus de temps à travailler mon instrument qu’à m’intéresser aux autres musiques. La musique classique, je l’ai apprise grâce aux morceaux que je travaillais.

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Comment on passe de musicienne classique à chanteuse?

Déjà, le fait de ne pas devenir musicienne classique, ça s’est confirmé assez tôt. Je manquais de rigueur. On me disait : « Ce Beethoven, il est un peu rock’n’roll, ce Haendel, c’est limite une réécriture. » Je jouais comme je le sentais, j’avais peut-être un manque de recul. Comme j’avais une grande musicalité, on m’a quand même poussé à continuer. C’était difficile pour moi de continuer. Ça mettait en avant mes défauts et mes qualités ne pouvaient pas s’exprimer. Ce n’était pas mon périmètre.

Qu’avez-vous fait après ?

Des études littéraires. Pendant deux ans, je n’ai pas fait de piano, ça a été la déprime totale.

Bon, aujourd’hui, vous êtes là, vous faites de la promo. Ça vous fait bizarre d’être dans la peau d’une chanteuse à part entière?

L’officialisation de cette activité, si l’on peut parler d’officialisation pour un métier comme celui-là, s’est déroulée hyper lentement. Il y a des choses auxquelles j’étais préparée, comme la fabrication du disque, mais tout le reste, pas du tout. On a fini l’album de façon indépendante, ensuite, on l’a proposé à Cinq 7, ils l’ont accepté, mais le temps de finaliser les contrats, ça a pris longtemps. Quand on est plus maître de quoi que ce soit et qu’on attend, le temps paraît très long.

Vous semblez être une grande perfectionniste ?

Jusqu’à présent, je manquais de rigueur dans mon travail. Dans l’élaboration de ce disque, je n’ai pas du tout été bordélique. Je me suis découverte beaucoup plus ordonnée dans un cas de figure comme celui-là. La création de cet album m’a montré une facette de moi que je ne connaissais pas.

Il y a quelques reprises dans cet album (« Where is My Mind » des Pixies, notamment) et un poème d’Apollinaire, « L’émigrant de Landor Road ». Un poème d’Apollinaire, c’est quand même un peu cliché, non ?

Oui, c’est cliché, je le sais bien. Mais, j’ai lu ce poème et il m’a beaucoup plu. Je ne suis pas allée chercher plus loin.

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Expliquer le pourquoi du comment de la présence de tel ou tel titre, ça ne vous dérange pas ?

Non, moi j’aime bien. J’adore ça même, parce que j’ai très envie de défendre cet album. La fabrication a été heureuse, alors quand j’y repense et que j’en reparle ça me fait plaisir. C’est vrai qu’expliquer une chanson, ce n’est pas facile. Quand on me demande pourquoi j’ai écrit ça ou ça, je ne peux pas répondre parce que j’ai oublié. Une chanson se fait souvent dans un moment d’exaltation, mais quelques années après, il est difficile de s’en souvenir.

Vous faites rentrer des titres rock ou pop dans votre univers classique et sage.

Le piano classique, je l’ai vraiment dans les mains. C'est-à-dire que mes mains peuvent jouer toutes seules. Comme j’aime bien la musique pop rock, je trouve que c’est amusant de me porter vers cette voie-là. Le piano il fait tout ce qu’on peut imaginer. Une mélodie, une ligne de basse… il reproduit tout. Tout ce que l’on entend peut-être traduit en piano. On présente le classique et la pop comme deux pôles éloignés alors que je ne trouve pas.

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Vous vous situez quelque part dans la chanson française ?

Je n’ai fait que quelques chansons que pour l’instant quasiment personne n’a entendues, donc il est trop tôt pour que je me pose ce genre de question. J’ai énormément écouté l’univers de Dominique A, par exemple. Mais les chanteurs français que j’apprécie, j’ai du mal à les situer les uns par rapport aux autres. Même si tout le monde fait des choses différentes, je ne vois pas ce qui sépare les uns des autres. Quand on vient du classique, on a l’habitude d’aborder des répertoires  différents. Pour moi, la musique implique réellement d’aller dans toutes les directions. On est tous dans une grande nébuleuse musicale.

Vous faites pas mal de concerts et des premières parties?

Oui, j’ai un trac fou. Cela étant, la seule chose qui est en jeu, c’est notre estime de soi et faire passer une bonne soirée aux gens. Même si ce n’est pas anodin, je ne suis pas pompier, la vie des autres ne dépend pas de moi, il faut donc relativiser.

Voici le clip du premier single de Lise et le teaser de l'album.


Lise - Paris par CInq7


Lise - Teaser EP ! par CInq7

Quelques photos prises après l'interview... liées à un évènement littéraire majeur (que la pudeur et l'humilité qui me caractérisent m'empêche de préciser).

(Quoi, je sors? Je suis chez moi, là, hé ho!)

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La version de cette interview pour MusiqueMag, c'est ici!

19 mai 2011

Joseph d'Anvers: interview pour Rouge Fer

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Joseph d’Anvers, cela fait un moment que je me disais qu’il fallait que je me retrouve en tête à tête avec lui. La sortie de Rouge Fer m’en a donné la possibilité. Nous nous sommes donné rendez-vous au Zimmer, restaurant de la place du Châtelet, le 10 mai dernier.

Avant l’interview, voici, pour se remettre dans le contexte mon article publié dans le Actu FNAC daté du mois d’avril 2011.

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Joseph d'Anvers 10.05.11 4.JPGMandor: Rouge Fer a été enregistré en deux semaines et dans des conditions particulières…

Joseph d’Anvers : Je considère cet album comme celui des plans B. Les plans que j'avais choisis au départ n'ont jamais pu se faire. J'aurais aimé travailler avec Mario Caldato Jr (producteur de Björk ou Beck) pour la production, de faire 15 jours de pré-prod à Paris avec les musiciens que j’avais choisis, puis d'aller en enregistrement à Paris et aux États-Unis. Rien ne s’est passé comme prévu. Ce sont des histoires de planning, de concours de circonstances, de gens qui sont partis du label, de musiciens indisponibles, etc. Début février 2010, je me suis retrouvé avec un plan B. Au final, je suis très content du résultat. J'avais quand même passé plusieurs mois chez moi à maquetter, à peaufiner les choses. On a arrangé ensemble toutes les maquettes. On aurait pu très bien se planter, mais au contraire, il y a eu une belle alchimie. On a rit, on a travaillé avec légèreté. Bon, il fallait tout de même que je mène la barque, j'étais donc un peu moins insouciant que les autres. On est parti dans l'idée de faire un titre par jour. On s’y est tenu.

Ce troisième album, c’est un mix des deux premiers ?

Quand j’ai fini les prises de son, je me suis vraiment dit que c’était un mélange des deux, effectivement. Dans le premier je voulais rentrer dans des gammes précises de chansons folks, un peu calmes, mais très vite la vague folk est arrivée en anglo-saxon, donc je n’ai plus voulu prendre ce chemin. Dans le second, je suis vraiment parti dans des expérimentations. Pour commencer, humaines, je suis parti au Brésil, à Los Angeles où j'ai rencontré les Beastie Boys, j’ai fait confiance à une jeune artiste, The Rodeo… Du coup, je suis allé un peu dans tous les sens. Je n’ai plus bossé avec les gens avec lesquels j’avais toujours œuvré jusqu’à présent. Attention, je suis très fier de cet album, mais dans ce troisième, j’avais envie de synthétiser les deux précédents. J’ai formé une équipe composée de personnes ayant participé aux deux albums et aux deux tournées, ce qui m’a permis d’avoir un résultat cohérent.

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Tu fais très attention aux sonorités entre la musique et les mots.

Cet album a failli être en Anglais. J'aurais pu céder aux sirènes de la mode, car j’ai plus de facilité à écrire en anglais. Je voulais vraiment me coller aux références que je citais depuis quatre ans. Je n’arrêtais pas de parler de The Kills, de Gorillaz et moi, je chantais guitare-voix en français. Ma maison de disque m’a conseillé de ne pas faire ça, afin que je garde mon identité. Mes proches aussi m’ont tenu ce même discours. Je me suis remis à l’ouvrage et j’ai pensé très fort aux leçons de Bashung. C’est l’album qui m’a donné le plus de travail au niveau de l’écriture. Les deux premiers, c’était presque de l’écriture spontanée, presque automatique… Dans celui-là, il y a la marque au fer rouge de Bashung. Il faut savoir ce que tu veux dire et après, trouver le mot juste pour le dire. Je suis parti en me disant : si 1000 personnes peuvent dire une idée de telle manière, toi tu peux le dire différemment. De manière poétique ou métaphorique, ou alors carrément très frontale. Tout ce travail sur les mots a été pour moi très délicat. J’avais envie d’y accorder une importance particulière.

Tu as la réputation d’être un des meilleurs auteurs de la nouvelle génération…

Je ne savais même pas que les chansons que j’écrivais aller figurer sur un album. Je les faisais pour moi, comme ça, dans mon coin. Le parti pris était d’écrire des chansons. Une fois le texte terminé, je relisais et s’il me plaisait, je mettais la date, le titre et je n’y touchais plus. En studio, je n’ai rien voulu toucher, je n’ai  pas triché. Le deuxième, j’ai un peu retouché quand même… Je me suis rendu compte que j’accordais beaucoup plus d’importance aux textes que j’écris pour les autres que pour les miens. Mes textes perso sont très honnêtes, jamais dans l’impudeur. En écrivant pour d’autres, j’ai compris qu’il fallait que je mette en avant un style. Je suis plus un littéraire qu’un scientifique, mais en travaillant pour d’autres, je me suis vu une espèce d’abnégation et une force de travail que je n’avais pas pour moi même. Pour Rouge Fer, je me suis imposé d’appliquer pour moi-même ce que j’accorde aux autres.

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Raconte-nous un peu ce que tu as appris d’Alain Bashung pour lequel tu as écrit "Tant de nuits" dans son ultime albumBleu Pétrole.

C’est impressionnant. Avec l’idée qu’il allait prendre les phrases telles qu’elles étaient, je l’ai vu se réapproprier mon texte. La musicalité aussi, il a fait ce qu’il a voulu, des phrases découpées d’une certaine manière, Il n’est pas parti dans la direction vers laquelle je serais parti. Bashung, il est comme les gens du cirque. Il fait le grand écart et il sourit.

Tes textes sont plutôt sombres. Tu chantes les désillusions amoureuses, les aspirations à une vie meilleure…les gens ne sont pas super bien dans leur peau dans tes chansons.

Ce que j'aime lire, c'est la littérature américaine contemporaine. J'aime les auteurs qui parlent des "beautiful loosers", les perdants magnifiques. J’aime ces histoires ordinaires de gens qui ne seront jamais des héros et qui dans la vie se battent pour quelque chose. Les gens dont la vie les emmène au bord d’un précipice dans lequel ils se jettent ou pas. Dans mon album, finalement, je ne parle que de ça. Le premier disque, je chantais des relations amoureuses, le deuxième, j’évoquais les maux de l’âme, l’addiction (la drogue, l’alcool, la vie, l’amour). Celui-là, j’ai voulu faire un constat. Ce qui me passionne, c’est la façade qu’on est tous obligés d’avoir en société. Le masque. Tous ces masques que la société nous impose, tous ces désordres qu’on a tous. On a tous connu des drames et pourtant, on continue à vivre, on continue à avoir ce masque… Pourquoi ?

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Tu as une réputation de chanteur intello. Tu aimes être considéré comme un chanteur textuel ?

Je cherche un peu ces appellations. J’aime bien que l’on prenne mes chansons au sérieux. Il n’y a pas d’humour, il n’y a pas de second degré. Dans la vie, j’aime bien me marrer et je suis plutôt optimiste. Dans mes chansons, il n'y a que la part sombre de moi-même que je suis capable d'exprimer. Je suis sensible, un écorché et cette part d’ombre, je sais qu’elle peut m'emmener très loin, donc je l’exorcise. On est sur Terre pour exprimer quelque chose et on veut tous laisser une petite trace. Moi, j’ai une petite fille, quand je ne serai plus là, elle pourra se replonger dans mes trois albums et dans le roman que j’ai écrit et pourra se dire : "Une part de mon père c’était ça !". L’éphémère me fait peur.

Dans un journal, j’ai écrit (voir plus haut) que tu n’étais pas homme à te placer là où l’on t’attend. Es-tu d’accord avec cette affirmation ?

C’est bien vu. Je fuis même les évidences. J’ai écrit des morceaux qui auraient pu être plus grand public, mais que je n’assumais pas complètement. Après le premier album qui avait bien marché, j’aurais pu enchaîner  avec un deuxième album du même tonneau. Je n’ai pas voulu capitaliser là-dessus. Si j’ai choisi ce métier, c’est pour prendre des risques. Dans dix ans, je veux regarder mes disques et en être fier. J’ai horreur de l’ordre, des pouvoirs, des petits chefs… Dès que quelque chose s’installe, j’essaie de fuir.

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6 jours après cet entretien, Jospeh d'Anvers (qui, ma foi, à de saines lectures) se produisait à la Maroquinerie...

Voici  "Las Végas", extrait de Rouge Fer.

Et une session acoustique d'un autre extrait: "Ma peau va te plaire".


Joseph dAnvers - Ma peau va te plaire (acoustic) par ATMOSPHERIQUES

16 mai 2011

RTL2: flash info avec Christophe Dechavanne

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Petit flashback, en passant.

Ce week-end, j’ai retrouvé dans mes archives des CD avec pas mal de flashs infos de ma période à RTL2 (2000 à 2007).

J'y travaillais tous les week-ends et parfois en remplacement dans la semaine.

À l’époque où Christophe Dechavanne animait une émission quotidienne, j’intervenais de temps en temps.

Je me souviens que la première fois qu’il m’a vu débarquer dans les studios, il a voulu me tester pour savoir à qui il avait à faire.

Voici le son d’un flash un peu particulier (le 7 mai 2003). A écouter jusqu'au bout. L’occasion aussi de vous faire découvrir une autre palette de mes activités. (Palette à laquelle je m’adonnerai bien de nouveau… sans lâcher la vie passionnante que je mène déjà, bien sûr. Tant qu'à faire. J'ai toujours été un adepte de cumuls d'emplois.).
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18 avril 2011

Marc Louboutin : interview pour "Flic, c'est pas du cinoche"

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(Photo : Pierre-Emmanuel Rastouin)

Marc Louboutin… cela faisait longtemps que j’entendais parler de lui. Je savais de cette personne qu’il était un ancien flic. Un de la vieille école. Un flic ayant vécu son métier comme ceux que l’on voyait au cinéma. Je savais aussi que c’était lui qui avait arrêté le célèbre Michel Vaujour. Il ne m’avait pas échappé non plus qu’il continuait à défendre la cause des policiers d’aujourd’hui sur des blogs et sur Facebook. Un jour, je ne sais plus comment, nous sommes devenus amis Facebook (quelques amis communs, sans doute…). Et nous avons commenté parfois nos pages respectives. Puis, il est venu à une soirée dans laquelle je présentais mon livre. Et donc, nous nous sommes co-appréciés. En tout cas, Marc Louboutin m’a intéressé. On ne peut pas dire que ce soit le type de personne qui laisse indifférent. Et puis, j’aime les hommes de conviction. Et j’aime aussi donner la parole, sans (trop) de coupes, à ceux à qui on offre que très peu d’espace pour s’exprimer. L’occasion était toute trouvée. La sortie de son livre Flic, c’est pas du cinoche (Éditions du Moment). Nous avons donc déjeuné ensemble le 31 mars dernier, magnéto posé sur la table.

Un peu écœuré par le non-intérêt que lui portent les médias ou la mauvaise foi dont il fait l’objet quand on l’interroge (et quand il lit le résultat après publication), Marc Louboutin, a décidé de ne plus donner d’interview. Selon lui, celle-ci était donc la dernière.

flic.jpg4e de couverture :

Au cinéma comme à la télévision, le genre policier ne connaît pas la crise. Mais ces fictions, surgonflées à coups de 9 mm, correspondent-elles vraiment à la réalité ? L’auteur a vécu une partie de sa carrière d’inspecteur dans les années quatre-vingt entre flingages, bavures et infiltrations, dans un milieu parfois peuplé de ripoux et souvent porté sur l’alcool. Pour autant, la vie actuelle des policiers est très loin des clichés véhiculés par les films et les séries. Les flics ne sont pas tous des experts en arts martiaux. « Les interpellations finissent souvent au sol… et le policier se blesse. » Les femmes ne peuvent pas toujours compter sur leurs équipiers. « Une adjointe de quarante-cinq kilos a traîné à l’abri un collègue au fémur brisé alors qu’un grand costaud était parti se planquer. » Leur vie sociale et amoureuse est compliquée. « À l’annonce de notre union, beaucoup d’amis de ma femme l’ont quittée. Comme si nous avions la gale. » Les cellules de garde à vue ne sont pas des décors de ciné.    « La geôle n’est qu’un nid à microbes où sèchent la merde, le sang malade et le glaviot format familial. » Et ces « héros » ont aussi des failles. « Une nuit, j’ai craqué. J’ai décidé d’en finir avec la vie… Je suis rentrée chez moi avec mon arme de service. »

Dans cette enquête inédite, de nombreux policiers se livrent sans concessions ni fausse pudeur, avec humour et parfois désespoir, faisant émerger une réalité très crue : être flic, c’est pas du cinoche.

MARCO-4_3.jpgL’auteur :

Marc Louboutin a été, entre 1985 et 2001, inspecteur puis lieutenant de police, successivement en poste à Paris, Chambéry et Quimper. Spécialiste des interventions de flagrant délit, il a encadré diverses unités (brigade des mineurs, poste ZUP – zones à urbaniser en priorité -, groupe d’intervention et de recherches, unité de traitement judiciaire, groupe de lutte contre les stupéfiants). Titulaire de la médaille de bronze des actes de courage et de dévouement pour l’arrestation en 1986 de Michel Vaujour, Marc Louboutin a rendu cette décoration avec toutes ses lettres de félicitations avant de démissionner en 2001. Journaliste et photographe indépendant depuis cette date, il a lancé en août 2009 un blog sur Facebook, « Le blog de police », qui est une interface de dialogues alimentée par un fil d’actualités sur le thème de la sécurité publique en général.

(Source : Les grandes oreilles).

Marc Louboutain 31.03.11 5.JPG

Interview :

Mandor : J’ai l’image de toi d’un flic des années 80 et 90 que l’on voit dans les films noirs. Dans ton  livre, tu expliques qu’être flic aujourd’hui, ça n’a rien à voir avec l’imagerie décrite dans les films. 

Marc Louboutin : Tous les films de genre policier, comme ceux d’Oliver Marchal, sont basés sur nos vies de flics dans les années 80. Les réalisateurs se sont contentés, pour se mettre à la page, de remplacer Inspecteur et Inspecteur principal par Lieutenant et Capitaine, alors qu’aujourd’hui, ce sont les gardiens de la paix qui font le boulot… et d’une autre manière. Aujourd’hui, on n’est plus dans la même réalité.

Pour ce livre, tu as interviewé plus de 80 gardiens de la paix, plutôt jeunes. Ils témoignent sur ce dur métier.

Ils racontent l’évolution par rapport à ces films et à ce que j’ai connu moi-même… ceux qui sont rentrés récemment dans la police et qui se retrouvent avec des instructions ahurissantes, alors qu’ils rêvaient d’attraper des délinquants… ils sont un peu dépités, voire écœurés. Il y a de plus en plus de jeunes gardiens de la paix qui quittent la police. Avant, un flic qui démissionnait, c’était une exception.

Toi, tu as démissionné en 2001… quand tu as compris que l’esprit de la police changeait et que tu n’allais plus être bien.

Moi, je suis rentré dans la police pour arrêter des délinquants. À partir du moment où la priorité de l’administration, ce n’était plus ça, j’ai considéré que j’avais fait ce que j’avais à faire. J’ai vécu ma vie de flic comme je m’imaginais ce métier quand je regardais des films policiers. Je ne voulais pas vivre cette profession de manière technocratique. La gestion de population et la gestion de statistiques, très peu pour moi !

metier de chien.jpgTu parles beaucoup de Nicolas Sarkozy dans ce livre et surtout dans le précédent Métier de chien, lettres à Nicolas. Pour toi, c’est lui le responsable de tous ces changements ?

Il a institué un système quand il a été ministre de l’Intérieur, sans doute avec des conseillers qui n’étaient pas très bons. Aujourd’hui, cette administration est devenue un grand n’importe quoi. Les jeunes policiers, ceux qui ont 10 ans de police, ils n’ont connu que Sarkozy. Et, c’est clair, ils ont la nette impression de s’être fait avoir.

Les jeunes que tu as interviewés, te connaissaient-ils de réputation ?

Tu sais, j’ai écrit deux livres, j’ai monté une surface de dialogue qui leur permet de s’exprimer et ils savent que j’essaie de défendre une vision du métier très républicaine. Beaucoup ont lu mon premier livre Métier de chien, lettres à Nicolas, sorti en 2007, juste avant les élections présidentielles. Ce livre est devenu presque culte  parce qu’on ne le trouve plus maintenant. S’est véhiculé, après la sortie de ce bouquin, une sorte de légende parce que, pour eux, je suis l’exemple même de ce que devrait être la police. C’est en tout cas, pour ce genre là de vie, qu’ils sont rentrés dans cette administration.

Pourquoi ont-ils témoigné anonymement ?

Ils ne peuvent pas témoigner sous leur nom. Aujourd’hui, s’exprimer sur la réalité de son métier, ça va tellement à l’encontre du discours politique que ça devient quasiment une démarche partisane politiquement, alors que ce n’est pas du tout leur but. Leur but, c’est vraiment une démarche citoyenne et républicaine, quelle que soit leur opinion politique, souvent de gauche d’ailleurs. Ils partent du principe que s’exprimer fait partie de leur devoir de flic. Le gouvernement considère que s’ils s’expriment, c’est un contre-feu politique, une démarche d’opposition. Du coup, on se trouve dans une position schizophrénique où le policier qui veut parler légitimement de sa condition devient sanctionnable. En gros, ce que veut l’administration, ce sont des fonctionnaires parfaits qui ne disent rien ou qui disent du bien du gouvernement. Si on laissait s’exprimer les policiers, la population comprendrait mieux le malaise qu’il y a dans la police. Et, pour être tout à fait clair, je considère qu’un flic qui arrête de penser, c’est la porte ouverte à n’importe quelle dictature.

Crois-tu que tu déranges le pouvoir ?

Je sais que je suis, entre autres, dans les petits papiers de l’IGS (l'Inspection générale de la police nationale). J’ai des copains de promos qui sont toujours à la DCRI (la Direction centrale du renseignement intérieur) et donc je suis au courant de ce qui peut se dire autour de ma personne … avoir une démarche citoyenne peut conduire à être dans les objectifs de la police. Ça ne cesse pas de m’étonner.

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Marc Louboutin (à gauche) en 1990.

Tu as quitté la police, il y a presque 10 ans, mais, au fond, tu n’as jamais décroché.

J’ai tourné la page pendant 3 ans. Entre temps, je suis devenu pigiste permanent à VSD. Je m’occupais de sports extrêmes et de tourisme… j’étais très loin de tout ça. Un jour, le rédacteur en chef de ce journal m’a demandé si j’avais encore des contacts dans la police pour écrire un article sur ce que les policiers pensaient de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à ce ministère. Il avait restauré une sorte d’image de la police dans le discours et je pensais donc que les policiers étaient plutôt favorables à Sarkozy. Je me suis bien vite rendu compte, en interviewant une trentaine de policiers dans toute la France, que la culture du chiffre était devenue omniprésente et qu’il y avait déjà des problèmes d’effectifs… J’ai écrit un article et le chef de l’information du journal l’a un peu édulcoré. À l’époque, personne n’avait osé écrire un article mettant un bémol au nouveau et pétillant ministre de l’Intérieur. Ça a fait un gros buzz à l’époque, tant et si bien que, suite à un courrier du directeur de la police de l’époque, je me suis retrouvé viré comme un malpropre de VSD. Et curieusement, j’ai eu le droit à une sérieuse taxation fiscale… Ça m’a mis dans une situation assez compliquée. Je me suis retrouvé dans la rue, au sens propre du terme. Je n’ai eu aucune solidarité de mes collègues journalistes. De toute façon, quand on est un ex-flic, on est toujours un ex-flic. On est toujours plus un flic que ce que l’on devient après. J’ai trouvé ça si injuste que, depuis, j’ai décidé de ne pas lâcher l’affaire. Il ne faut pas chercher mon caractère de breton têtu. Voilà ce qui m’a amené à travailler sur les affaires de police pour différents titres de presse et  à écrire Métier de chien, lettres à Nicolas.

Marc Louboutain 31.03.11 1.JPGPourquoi ce livre ?

Je trouvais un peu étonnant que l’année précédent les élections de 2007, on parle principalement de la sécurité et que finalement, personne ne savait ce que pouvait être une carrière de flic. Donc, j’ai raconté la mienne… de manière extrêmement crue, sous forme de dialogue avec Nicolas, pensant que lui ou son entourage aurait l’intelligence de se poser les bonnes questions. Au final, ça a été exactement le contraire. Deux ans plus tard, après un passage à Complément d’enquête, les librairies ont cessé d’être alimentées de mon livre. Il restait 2500 livres à écouler, on ne sait toujours pas où ils sont. J’ose espérer que monsieur Sarkozy a autre chose à faire que de s’occuper de mon cas.

Il me semble que tu as une mentalité à shooter dans la fourmilière…

Aujourd’hui, malheureusement, il y a une grande partie des journalistes qui ne sont plus du tout curieux. On est dans une période où, pour faire sortir les problèmes, il faut être dans l’outrance. Les politiques s’en servent parfaitement. Il faut juste utiliser les armes de la communication d’aujourd’hui. Je ne fais que m’adapter.

Pour faire parler de ton livre, tu as créé le buzz avec des vidéos de témoignages de policiers qui témoignent filmés de dos sur leurs conditions de travail. Manière d’ouvrir le débat ?

Une fois de plus la presse s’est trompée. On mélange les causes et les conséquences, la forme et le fond. La grosse question de la presse a été « qui est derrière ce collectif de policiers ? », mais personne n’a écouté ce que ces policiers avaient à dire. Il y a un vrai autisme des médias sur la réalité de la police. La grande majorité (pas tous, hein, j’en connais des sérieux), veut servir à leurs lecteurs principalement des bavures, alors que le vrai sujet n’est pas là. Il ne faut pas s’étonner que les seules personnes qui soient à l’écoute et qui parlent de cette réalité, c’est le FN. Alors que les policiers sont majoritairement de gauche, quel paradoxe ! Cela prouve bien la très mauvaise santé de notre démocratie. Les policiers qui ont parlé le disent bien : ils ne sont pas au service d’un parti politique, mais ils sont au service des citoyens. Ils seraient temps de revenir aux fondamentaux.


FPC #4 Epilogue: « Flic c’est Pas du Cinoche » par feeld


FPC : L'ANCIEN FLIC EXPLIQUE SON BUZZ par latelelibre

La police d’aujourd’hui se prête apparemment moins bien à un système narratif de fiction.

Pour autant, il y a des choses à raconter. Flic, c’est une vraie expérience de vie. Ce sont des gens qui vivent dans un autre monde. Aujourd’hui, ils deviennent un peu les bannis de la société. Ce livre se voulait pédagogique. À part quelques journalistes qui ont fait l’effort intellectuel de le lire, les autres pensent que ça ressemble tellement peu à leur fantasme idéologique du flic. Non, sous chaque uniforme, il n’y a pas de gestapiste en puissance, non, ils ne sont pas tous alcoolos, violents, racistes…

Tu remets en question le métier de journaliste d’aujourd’hui.

Chez les journalistes, il y a un conformisme de faits. Ils cherchent dans l’information ce qui comporte leurs idées préétablies. Ce n’est pas comme ça que j’envisage ce métier. Moi, dans ce livre, je dis la vérité et ne cache rien de la réalité des faits exprimés. Je suis resté dans la ligne droite de ce que j’ai fait pour Métier de chien, lettres à Nicolas. J’ai expliqué exactement ce qu’était un flic. Leur désespérance, la violence avec tout ce que ça implique de dérapage possible. La sécurité, aujourd’hui, c’est aussi comment on gère la violence de la société et comment les acteurs qui sont là pour l’arrêter gèrent cette violence. La gestion de la violence est extrêmement compliquée et n’est pas une science exacte. On parle de la violence à longueur de temps, mais personne ne sait ce que c’est. Dans la rue, c’est la loi du plus fort. Le Code pénal, il n’existe pas dans la rue. Tout ça, c’est bon pour les intellos qui discutent à la télévision.

Tu racontes dans ton livre que toi aussi, dans ta jeunesse, tu aurais pu basculer du mauvais côté. Qu’est-ce que tu es devenu flic plutôt que voyou ?

Déjà, quand j’étais plus jeune, je ne me suis pas fait choper pour les conneries que j’ai faites. Entre 16 et 18 ans, j’ai perdu des potes. L’un d’eux est mort dans une cage d’escalier. Ça permet d’avoir un certain recul. Et puis, tu sais, j’ai été élevé avec les bouquins de Kessel, de Lartéguy (notamment, Tout homme est une guerre civile) et de Schoendoerffer. Ça me paraissait plus utile d’utiliser cette énergie que j’avais et cette violence intrinsèque au service d’autres choses que l’argent. Je suis donc devenu militaire. Je n’ai jamais été un bon financier, moi. Il ne faut pas oublier que les voyous, ce sont les pires des capitalistes.

Il y a un côté Zorro en toi. Défendre la veuve et l’orphelin…

Oui, il y a un peu de ça. Il faut être un peu idéaliste pour rentrer dans la police. Encore plus aujourd’hui d’ailleurs. A mon époque, on était idéaliste, mais a on pu faire le métier pour lequel on était payé, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Tu racontes dans le livre, la difficulté de pouvoir se servir de son arme en service.

Aujourd’hui, le policier qui fait  usage de son arme, le temps que la légitime défense soit établie, il peut être suspendu, être mis en garde à vue, bref, avoir de sérieux problèmes. Il est traité comme un voyou. Moi, je n’ai pas connu ça. À mon époque, un mec qui avait un flingue, on tirait, point, basta, c’était réglé. Quelque part, je trouve ça logique. Je ne vois pas quel droit idéologique on peut donner à quelqu’un de normalement constitué de se promener avec une arme s’il n’en a pas le droit. C’est une menace implicite pour les gens. Aujourd’hui, j’entends des tas de bobos gauchistes, les intellos de Saint-Germain des Près, souvent des gens qui sont loin d’être des imbéciles, qui par des moyens détournés, arrivés à faire croire insidieusement que les flics sont d’extrême droite, alors que la réalité, c’est que les composantes globales de la police, syndicalement, sont plutôt à gauche. Ça me désespère un peu parce que c’est un manque flagrant d’analyse. Ils sont dans une espèce de formatage dans lequel ils ne comprennent pas que la violence n’est pas une vue de l’esprit. Moi, j’ai ramassé des collègues qui se sont fait tirer dessus… moi-même, j’ai tiré sur des gens. Je pars du principe que la légitime défense, elle est déjà constituée dans la défense de la société. Il y a une immense injustice par rapport à ça. Plus les discours d’un gouvernement sont durs avec la sécurité, plus il y a une peur de la bavure qui pourrait tacher le discours sécuritaire et plus les flics sont contrôlés. C’est une espèce de fumisterie intellectuelle.

La police se fait cracher dessus de toute part, expliques-tu.

Tu ne vas pas me dire que ce n’est pas la réalité ! Les flics continuent à bosser, parce qu’ils ont conscience que, globalement, quand ils agissent, ils sont des victimes et ces victimes-là ne constituent pas une entité. Ce sont de vraies victimes. Aujourd’hui, on est méprisé par la société. Il y en a beaucoup qui se demande si ça vaut le coup de se faire tuer pour une société qui ne nous aime pas.

marc louboutin,flic c'est pas du cinoche,interviewTu es devenu pote avec Michel Vaujour. Tu l’as arrêté et mis une balle dans la tête quand même !

Nous nous sommes dédicacés nos livres respectifs. Lui m’a signé : « Après s’être échangé des balles, on s’échange des livres ! ». Il sait pertinemment que les choses étaient claires. Tu prends une arme, tu vas sur la voie publique, tu tombes sur les flics, c’est le premier qui tire qui a raison. Tous ces journalistes donneurs de leçons, ils peuvent penser ce qu’ils veulent, mais ils sont à des années-lumière de la réalité. Il faut qu’ils lisent Flic, c’est pas du cinoche et ils seront ce qu’est la réalité de la vie de flic. Michel Vaujour, quand on l’a arrêté, il y a quand même eu 50 coups de feu de tirés à 3 heures de l’après-midi, porte de Bagnolet. Ça tirait dans tous les sens, c’est un miracle qu’aucun civil n’ait été touché. Mais au fond, je préfère de loin un voyou qui me tire dessus qu’un journaliste qui me crache dessus et qui ne me donne pas le droit de répondre.

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Après le déjeuner et l'interview...

Le lendemain de cette interview Marc Louboutin s’envolait pour la Bolivie pour une durée indéterminée. Un ras le bol général, une envie de régénérer, de voir autre chose. Il se demande s’il ne va pas s’y établir…

Bonne chance pour sa nouvelle vie!

Pour terminer, voici une page de publicité, offert par Marc Louboutin...Il vous conseille ce livre absolument passionnant!!!

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14 avril 2011

Guy Criaki : interview d'un chanteur à la voix d'or...

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criaki.jpg« Cher Guy,

Au début des années 80, tu étais une de mes idoles.

J'avais acheté Qui créa qui?

J'écoutais ton album en boucle dans ma petite chambre Kouroucienne.

Ta voix...

Cette voix improbable.

Qui me filait des frissons.

Et puis, il y a 5 ans, nous nous sommes connus.

En vrai.

Nous nous sommes fréquentés.

Souvent.

Chez toi, chez moi, chez toi...

On refaisait le monde.

Toi et ta magnifique compagne avez embrassé Stella, fait connaissance de ma femme et découvert la vie que je ne dévoile jamais.

Je t'ai promis des trucs.

Je n'ai pas tenu.

Parce que voilà.

Fausses excuses.

Parce que la vie.

Parce que trop d'enthousiasmes de ma part.

Et la réalité des faits.

Ce soir, je suis retombé sur un de tes 33 tours.

Je me suis traité de salaud.

J'ai refusé ton amitié.

Par lâcheté.

Si je n'avais rien promis.

Nous serions encore potes aujourd'hui.

Mais tu sais Guy, en ce moment, je déconne avec tous mes vrais amis.

Ceux de longues dates aussi.

Plus le temps d'alimenter mes amitiés.

Une amitié doit-elle s'alimenter (mon cher Watson)?

Je ne sais pas.

Mais, moi, je ne suis pas très doué pour ça.

Pardon.

Pour toi.

Pour tous. »

 

J’avais écrit ce message sur ce blog en avril 2009.

Guy Criaki en a eu connaissance et nous avons repris contact.

criaki 2.jpgDepuis septembre 2008, Guy Criaki part régulièrement à la Réunion et à l’Ile Maurice chanter. Seul ou avec des compagnons des années 80. Il y rencontre un succès fou.

Des salles de 2000 ou 3000 places.

Un public en folie…

Je me suis dit qu’une mandorisation s’imposait…

Ainsi le 3 février dernier, nous avons déjeuné ensemble.

Extrait de notre conversation (avec la permission du chanteur).

 

 

Guy Criaki 03.02.11 1.JPG

Mandor : Comment s’est passé ton dernier passage à La Réunion ?

Guy Criaki : J’avais l’impression d’être en 1984, au sommet ! J’avais 10 musiciens et l’ambiance était de folie !

-Tu ne te demandes pas pourquoi les gens t’aiment là-bas et que tu es un peu oublié en France métropolitaine ?

-Parce que là-bas, les gens sont restés très simples. Ils aiment la musique, ils aiment s’amuser et ne sont pas débordés comme le sont les métropolitains. Il y a la mer, il fait très chaud, les gens sont plus cools. Ils sont restés nostalgiques et écoutent encore ces musiques-là. Ici, nous sommes vite blasés de tout.

-Quelles sont les chansons qui rencontrent le plus de succès là-bas ?

-Sans conteste, « Elle disait » et « Je chante pour qu’elle revienne ».

-Pas « Je m’en vais » ?

-Aussi, mais un peu moins quand même.

-C’est celle que je préfère, moi, tu le sais. Quand j’ai écouté ce 45 tours en 1982, je suis devenu fan. J’ai acheté tous tes disques. Je ne comprends pas pourquoi depuis les années 90, tu n’as plus eu de tubes.

-En France, on n’en a plus rien à faire de moi. J’en ai conscience. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi. Il me faudrait trouver un tourneur, je suis réellement un homme de scène. Pour me faire applaudir, il faut que j’aille dans l’océan Indien… tu trouves ça normal toi ?

"Je m'en vais" (1982)... son premier grand succès.

-Mais au-delà de la déception personnelle, est-ce que tu as cherché à comprendre le pourquoi du comment ?

-Le fond de ma pensée c’est que le métier de la musique est mort. « Ils » ont tué la poule aux œufs d’œufs en niquant le pouvoir d’achat des plus de 16 ans. Il ne reste plus que de la musique pour des gamins qui ont 14 ans et qui eux la téléchargent illégalement. Aujourd’hui, tu fais un disque d’or avec 25 000 disques, avant, c’était avec 500 000. Les gens n’achètent plus de disque parce que tout les emmerdent. Ils ne se retrouvent nulle part. Personne n’est servi musicalement, donc ce métier se meurt. Les productions ne savent plus comment faire, qui promouvoir, qui il faut choisir, sur qui miser. Ils se gavent en éditions de vieux titres et en attendant, ils ne produisent pas. Et des artistes comme moi sont délaissés. Mon public, ce sont les 25 ans et au-delà. Quand je vais à la Réunion, je fais le plein. C'est-à-dire que les salles sont remplies à 25/30 euros… C’est fascinant et anormal.

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-Je te trouve plus énervé que les précédentes fois où nous sommes vus…

-La dernière fois que nous nous sommes vus, je n’avais rien. Donc, j’étais un peu résigné, abasourdi par le résultat de quelques années de néant. Depuis, je me suis rendu compte que quelque part, j’étais très apprécié, je trouve cette situation complètement dingue. En même temps, je ne te cache pas que ça m’a rendu confiance.

-Qu’est-ce qui te désole le plus ?

-De savoir que mes disques doivent traîner dans toutes les bibliothèques de France, mais que personne ne les écoute parce qu’on ne me voit nulle part. La plupart des artistes des années 70 et début des années 80 sont tous des gens qui chantent leurs propres chansons de l’époque, leurs succès d’antan… et bien moi, je veux sortir de ce processus et je m’acharne à faire connaître aux gens que je rencontre mes nouvelles chansons. Bien sûr, je chante toujours mes anciens succès, mais je ne reste pas là-dessus.

Son second grand succès, "Elle disait" (1982).

-Que fais-tu aujourd’hui ?

-Je donne des cours des chants et réalise des chansons pour d’autres artistes. Je gagne ma vie, comme ça, mais, forcément, je trouve dommage de voir le temps passer comme ça. Je pensais que ma carrière remonterait un peu plus tôt.

-Te sers-tu d’internet, des réseaux sociaux pour te faire (re) connaître ?

-Sur Youtube, je publie tout ce que j'ai fait et ce que je fais actuellement. "Elle disait" a été vu 11 000 fois. Pour moi, c’est un bien Internet, ça m’a réhabilité auprès d’un public demandeur. Que ce soit MySpace ou Facebook, ça m’a permis de me montrer de nouveau et surtout de faire écouter ma musique d’aujourd’hui. Il y avait une demande de fans.

Guy Criaki 03.02.11 4.JPG-Qu’est-ce qu’il pourrait t’arriver de mieux ?

-Il me faudrait une télé pour refaire des spectacles. Je demande juste aux gens de ce métier d’être curieux. Il faut qu’ils sachent que des artistes qui ont de l’expérience et du talent sont en sommeil. Ils ne demandent qu’à être réveillés pour s’épanouir et épanouir le public. Je regrette juste de ne pas avoir vu de tourneurs dans mes concerts à La Réunion ou à l’Ile Maurice. Ils auraient pris une claque…

- La tournée des années 80, tu n’y es pas. Pourquoi ?

-Ils ne veulent pas me prendre. Je ne peux pas les forcer avec un revolver sur la tempe. Ils disent qu’ils ne prennent pas d’artistes qui chantent des slows. Pour ces tournées, ce n’est pas l’avis du public qui compte, c’est l’avis d’une seule personne. L’organisateur.

-En parlant comme ça, tu ne vas pas te faire que des amis…

-Tu peux m’expliquer ce que j’ai à perdre François ? Et puis, je ne suis pas un pondéré. Je suis quelqu’un qui gicle de partout. Je n’aime pas les gens lisses, j’aime l’aspérité dans le caractère…

-Pourquoi sur ta page Facebook ne montres-tu pas tes archives ?

-Je te l’ai expliqué. Je préfère montrer ce que je fais aujourd’hui. Mais, bon, beaucoup d’anciens fans me le demandent… je vais donc racheter mes vidéos et mes passages télé, chez Drucker et autres et je vais les publier… il y en a 100 que je peux acheter à l’INA.


"Un aveu de l'autre" - Guy Criaki par Criaki

Une chanson récente...

-J’adorerai te voir sur scène à Paris, en tout cas…

-Merci. Tu sais, je ne trouve pas ma situation très normale, mais je ne suis pas désespéré… J’essaie d’avancer, en même temps, il y a la vie. J’ai une petite fille qui vient de naître. Au fond, c’est ça le plus important !

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Merci à Guy Criaki... je suis très fier de le connaître. Je n'oublie jamais ceux que j'ai aimé naguère...

Son site officiel.

Son MySpace.

Sa page Wat TV.

Guy Criaki sur Facebook.

Guy Criaki sur Idolesmag (grande interview bien menée).

25 mars 2011

Melissmell : interview pour son album "Ecoute s'il pleut"

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Melissmell, je l’ai vu sur scène pour la première fois le 3 juin 2008 lors de la finale de l’[opération Tremplin] nouv’Elles, opération découverte de talents féminins dans le cadre du festival les Muzik’Elles de Meaux. Elle n’avait pas gagné… et je l’ai vu triste de cette défaite. Depuis, la chanteuse a fait du chemin.

Le 22 février dernier, je suis allé à sa rencontre dans un bar de la rue Ambroisie (Cours Saint-Emilion)… pour une interview destinée au magazine Addiction, le mag daté du mois de mars 2011.

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Bonus track mandorien : 4 questions supplémentaires!

La société a changé, il y a donc de nouvelles choses à dire, à dénoncer…

Vous savez, il y a des choses qui n’ont pas changé depuis plus de 200 ans. Ce qui n’a pas changé c’est que l’on court toujours après le fric, après la possession. Ce qui a changé, c’est une espèce d’émancipation des femmes, une espèce de conscience féminine.

Est-ce que vous voulez aussi prouver qu’une femme peut gueuler et dire les choses haut et fort autant qu’un homme.

Moi, je veux prendre ce droit-là. Parce que des femmes qui gueulent haut et fort, il n’y en a pas beaucoup, à part peut être Catherine Ribeiro. Aujourd’hui, il reste des rappeuses et puis, dans un autre genre, Flow et moi. J’ai encore la fougue de la jeunesse de croire qu’on peut encore changer les choses.

Justement, peut-on changer le monde avec une ou des chansons ? N’est-ce pas utopique de penser cela ?

Une chanson ne change pas le monde, c’est un ensemble d’œuvres qui pourrait arriver à faire réfléchir. Moi, je n’ai pas la prétention que je peux changer la vie d’une personne, mais si ça peut aider des personnes à se reconnaître et à trouver leur voie et leur donner envie d’aller vers ce qu’ils sont et non vers ce qu’ils croient vouloir être, moi ça me va. Je suis sûr que l’on pourrait changer une société si tout le monde se mettait à faire vraiment ce qu’il a au fond de lui et non courir après cet argent qui ne nourrit pas, mais qui détruit.

Et si ça marche pour vous et que vous gagnez beaucoup d’argent, qu’en ferez-vous ?

Je donnerai la chance à des gamins d’accéder à la culture. Moi, je n’ai pas eu cette chance dans ma jeunesse de rentrer dans une quelconque école artistique alors que depuis toute petite, je savais ce que je voulais faire. J’ai donc dû faire autre chose pour bouffer. Après, la frustration mène au combat, le combat mène à la liberté et la liberté mène à faire des œuvres comme la mienne. Du coup ne pas avoir tout eu n’a pas été une tare. On avance…

A la fin de l'interview... Melissmell a tenu à me montrer le livre qu'elle était en train de lire avec passion et avidité.

Hein, quoi?

Qui me traite de mytho?

Tsss...

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Le premier clip tiré de son album...


Melissmell - Aux Armes par Discograph

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22 mars 2011

The Do : interview, chronique à propos de "Both Ways Open Jaws"

Le 27 janvier dernier, j'ai rencontré les deux The Do dans les locaux de leur maison de disque, Cinq 7. Un couple dans la vie et dans leur activité professionnelle. La fusion entre eux est perceptible... A découlé de cette interview une chronique pour Le magazine des espaces Culturel Leclerc...

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Et aussi une interview pour Addiction, le mag.

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Evidemment, une séance photo finale (un peu liée à mon actualité personnelle du moment... saurez-vous la découvrir... un indice se cache quelque part dans les mains d'Olivia...)

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Finissons avec leur nouveau clip...


The Dø - Slippery Slope par CInq7

09 mars 2011

Hubert Mounier: interview pour La maison de pain d'épice (disque et BD)

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Hubert Mounier, je l’ai connu comme beaucoup à l’époque où il se faisait appeler Cleet Boris et qu’il faisait partie du groupe L’affaire Louis’trio. Dans les années 80, 90 et 2000, j’ai suivi son parcours et rencontré parfois l’homme. J’ai une profonde admiration pour l’auteur compositeur. Et aujourd’hui, pour l’homme qu’il est devenu. Avec La maison de pain d’épice, pour la première fois, le musicien et le dessinateur se rejoignent. Entre 2007 et 2010, l’ancien chanteur de L’affaire Louis’Trio, prépare et enregistre un album en solo. Pendant ce temps Cleet Boris tient le journal en images de cette aventure discographique. Rencontre avec un chanteur lumineux, dans un bar parisien.

167241_145605338828815_145423462180336_219719_4862570_n.jpgLa maison de pain d’épice est votre troisième album solo, après Le Grand Huit et Voyager Léger. Vous n’aimez pourtant pas trop travailler seul. 

On est souvent seul dans ce métier, d’où l’intérêt que j’ai eu d’avoir un groupe pendant des années. Une fois que l’on se retrouve seul face à ses chansons, le doute peut nous faire perdre beaucoup de temps, alors je trouve que partager avec quelqu’un permet de mieux voir où l’on en est. Sur ce disque, il y a une chanson, "Triste saison", pour laquelle je peinais à trouver les paroles, je l’ai envoyé à 4 ou 5 de mes amis. Ils m’ont envoyé des textes complets. Le fait de lire ce que cela inspirait aux autres, ça m’a permis de m’affermir sur le fait que je devais faire quelque chose de sentimental.

Votre album parle d’amour. Des histoires pas très positives, mais sur un rythme un peu plus enlevé que dans vos deux autres albums solos. 

Sur les deux précédents, je m’étais trop épanché sur mes pauvres malheurs personnels et surtout sentimentaux, là, le monde n’allait pas mieux, mais moi si. Je me suis dit qu’au moins, musicalement, il fallait que je revienne à ce que j’aime le mieux écouter. Mes précédents disques étaient des disques dans lesquels je me livrais et la musique correspondait à mes états d’âme. Tristes. Dans celui-ci, je me suis interdit la tristesse.

Écrire des chansons tristes sur de la musique triste, n’est-ce pas un pléonasme musical? 

Si. Mais, sur l’album précédent, par exemple, c’était pour aller au bout de la démarche. Sur Voyager Léger, il n’y a quasiment pas de musique rapide. Chaque fois qu’un artiste fait un disque, on s’efforce d’avoir une image globale de l’ensemble terminé. C’est vrai que pour celui-ci, on se rapproche de ce que je faisais avec l’Affaire Louis'Trio où les chansons étaient calibrées pour pouvoir faire de la scène.

Certaines chansons de ce disque me font effectivement penser à ce que vous faisiez à la fin du groupe, l’époque Mobilis in mobile.

Parce que je suis parti du même principe. J’ai fait ma chanson guitare-voix, ensuite, on est rentré en studio pour enregistrer  directement les instruments. Les chansons de cet album sont plus simples que celles de mon œuvre passée. Je me suis interdit d’avoir recours à des harmonies trop complexes. La maison de pain d’épice, c’est un bon vieux rock, il y a trois accords. Pour revenir à Mobilis in mobile, j’ai toujours senti que c’était mon premier album solo. J’avais emmené les choses un peu « clefs en main ».

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Vous prenez 4 ans entre chaque disque. C’est le temps idéal et nécessaire pour se renouveler.

Bizarrement, avant de commencer ce disque ou la BD, dans les années 2004, 2005, 2006, j’ai laissé tourner mon petit magnétophone à chaque fois que je jouais de la guitare. J’ai décidé de réécouter tout ça, ce qui est toujours fastidieux. Et dans le tas, j’ai découvert des tas de bouts de chansons ou des chansons complètes sur lesquelles il suffisait d’écrire des paroles. En fait, le disque s’est retrouvé quasiment prêt avec une douzaine de chansons sans que j’aie eu l’impression de travailler. Après, évidemment, il faut penser aux textes et à la structure.

Les textes ne sont jamais écrits avant la musique. Pour quelqu’un qui écrit ses textes, je trouve ça curieux.

S’il y avait une chose que j’espérais changer avec les années, c’était ça parce que je pense que c’est une chose difficile et aléatoire d’avoir une mélodie terminée et de devoir écrire un texte en Français. Ma première démarche est de n’utiliser que des mots qui sonnent bien. Après, il faut un sens. Souvent, il y a mon subconscient qui me précède et qui fait en sorte que les mots se juxtaposent intelligemment. C’est toujours un casse-tête chinois.

Êtes-vous parfois étonné que le subconscient agisse autant sur votre création ?

Oui, surtout, côté textes. J’ai l’impression que ce n’est pas du tout le même cerveau qui fonctionne quand il s’agit de compositions. La composition, c’est liberté absolue, avec possibilité de ma part de diriger. Dans La maison de pain d’épice, c’est une chanson que j’ai quasi improvisée, j’ai mis un programme de boite à rythmes et je me suis dit que j’allais faire paroles et musiques tel que ça viendra. Le même jour, j’en ai fait sept autres qui ont donné des trucs marrants, mais sans plus. J’ai le goût de l’accident, du hasard un peu forcé. Ca fait partie des vrais plaisirs de la composition. L’écriture, c’est toujours un coup de bol.

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Parlons de votre bande dessinée, La Maison de Pain d’épice, le journal d’un disque, signé Cleet Boris, votre pseudo du temps de l’Affaire Luis Trio.

Le challenge était d’arriver à être authentique pour raconter les choses telles qu’elles se passent. J’ai pris beaucoup de plaisir à le faire, parce que, pour une fois, on laissait un vrai chanteur, auteur, compositeur, raconter sa vérité en mettant les caméras où il voulait pour faire sa bédé-réalité à lui. Après toutes les conneries que j’ai pu voir à la télé, j’ai bien compris que les téléspectateurs considéraient que c’était facile de faire des chansons et de devenir artiste. Ils pensaient qu’il suffisait de passer à la Nouvelle Star ou je ne sais pas quoi. J’ai voulu dire que non, ce n’est pas si facile que ça. On est seul dans son coin, on compte sur ses enfants et sur sa femme pour se faire une idée de l’impact que peut avoir une chanson. Je raconte dans ce bouquin que c’est un peu de l’artisanat. Je raconte aussi les affres de la création et de l’âme humaine. Si je suis artiste, c’est aussi parce que j’ai des petits vices de forme, des petites fêlures ou des cassures remontant assez loin, avec lesquelles on apprend à vivre, qui servent à faire des chansons, qui parfois sont rigolotes d’aspect et qui, si on se penche un peu sur le texte, ne sont pas aussi roses que je l’aurais aimé.

hubert mounier,interview,la maison de pain d'épice

La chanson et cette BD vous servent aussi d’auto-analyse ?

Mon antidépresseur c’était l’alcool et mon traitement, c’était les chansons. Sauf que ça ne soigne pas forcément les maladies et que l’alcool ne fait que grossir les problèmes psychologiques. Moi, j’ai arrêté de boire plus pour des raisons psychologiques que physiques. Donc à la sortie, il faut se retrouver seul face à soi même, sans expédient. Dans la BD, l’alcool, je ne pouvais pas ne pas en parler parce que, quand on a passé des mois en studio avec toujours une bière à la main, une clope au bec, sans parler de mes acolytes qui fumaient des joints toute la journée. Se retrouver sans rien, comme un adulte digne de ce nom en studio, je croyais que ça ne m’arriverait jamais en fait. Finalement, j’y suis arrivé parce que mon amour pour la musique a été plus fort. Le premier à avoir subi le changement, c’est Benjamin Biolay à l’époque du Grand Huit. Je venais d’arrêter de boire, je n’étais pas bien, je ne savais plus comment je m’appelais, ça ne nous a pas empêché de faire un bel album. C’est effectivement une aide que de pouvoir créer et mener à bien ses projets parce qu’on a l’impression d’exister pour autre chose que ses souffrances personnelles. Ou qu’en tout cas, ces souffrances aient du sens pour d’autres et qu’on partage aussi nos souffrances, mais de façon élégante.

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Dans cet album, Benjamin Biolay a moins participé que dans vos deux autres disques solos parce qu’il était en plein succès de son album La superbe. Il est toujours là, à vos côtés, en tout cas.

Sur le dernier album de L’affaire Louis’Trio, Mobilis in mobile, j’étais très fier d’avoir un nouveau collaborateur avec une vision des choses qui était moins classiciste, plus débridé. Nous, on avait tendance à écouter les Weezerou mêm Nirvana, bref, des choses qui étaient un peu plus de guingois que la pop un peu propre de Blur et autres que je pouvais écouter. Dès que j’ai senti que c’était fini avec le groupe, c’est à lui que j’ai pensé pour produire Le Grand Huit, puis Voyager léger. Avec lui, s’est installée une vraie amitié qui faisait que la musique était presque un truc subalterne. Pendant des années, il m’a demandé mon envie, parce qu’il se cherchait, mais je me suis vite rendu compte que, très vite, il n’aurait plus besoin de mes conseils. Il avait cette faculté d’entendre quelque chose, à la digérer et à en faire quelque chose de personnel. Moi, je suis un petit artisan qui travaille toujours le même sillon. Pour mon nouveau disque, le côté « débrouille-toi tout seul » m’a stimulé à me mettre au piano, je pense qua ça a aidé mes compos.

Je reviens à l’amour, sujet n°1 de vos chansons. Amour avec un grand A et fortement décliné.

C’est un peu ce que j’ai trouvé de plus efficace pour supporter la vie. C’est l’amour comme une vraie béquille qui rend la vie possible, en fait.

Pour son disque «L’homme de Mars », Kent, lyonnais lui aussi, a eu la même démarche. Un disque et une BD couplés.

Kent, je l’aime beaucoup. On est de la même ville, c’est mon ainé et je le considère comme mon grand frère. Je trouvais ça admirable qu’il s’occupe des pochettes de ses disques. Quand je l’ai rencontré en 1983, ça m’a ouvert des portes. Il était déjà un professionnel qui avait sorti des albums. C’est en grande partie grâce à lui que je me suis retrouvé chez Barclay. On se voit plus en ami qu’en musicien.

Vous vous trouvez à votre place dans la chanson française actuelle ?

Quand je vois la chanson française telle qu’on la propose aujourd’hui, ça ne m’étonne pas que je ne sois pas au sommet de tout ça.

hubert mounier, interview, la maison de pain d'épice

Il y a des chansons sociétales, ce qui n’est pas dans vos habitudes. 

Je suis d’une génération qui pensait que l’état était là pour aider le peuple. Là, je constate que l’état est là pour niquer le peuple. Point à la ligne. Ça me dérange  profondément. Plus pour mes enfants que pour moi d’ailleurs. Moi, j’ai la chance de vivre de mes droits d’auteurs, donc je ne me plains pas parce que je suis un privilégié. Ça ne me suffit pas à être serein pour autant. Il y a trop d’injustice en fait. Mon disque avait envie de parler de ça, avec mes mots simples et des musiques assez lumineuses pour que ce ne soit pas ennuyeux.

Hubert Mounier 08.02.11 4.JPGLa maison de pain d’épice, ça veut dire qu’on a besoin de douceur dans ce monde de brute…

Mais qu’en même temps, il ne faut pas se laisser hypnotiser par cette gourmandise qu’on nous propose. La maison de pain d’épice, c’est la télé, c’est le truc qu’il vous faut absolument, l’Ipod, l’Ipad, dont on a finalement pas tant besoin. Si je rentre là dedans, c’est un peu mon intelligence que je mets en danger. Mais les gens qui rêvent de cette maison de pain d’épice métaphorique, ce sont des gens qui n’ont pas un avenir et des perspectives très passionnants devant eux, donc ils se résument à des plaisirs rapides et consuméristes.

 Je vous sens plus en confiance avec ce nouvel album qu’avec les deux précédents…

Parce que je vais mieux. J’ai eu du mal à me sortir de plein de trucs, mais il y avait plein de choses qui implosaient ma vie. Voyager léger, c’était déjà une façon de dire : c’est moins lourd que le précédent. Maintenant je voyage au-dessus du sol et je suis bien. Je suis bien dans un monde qui ne va pas bien.

Voici à présent la chronique de sa BD dans publié dans Addiction, le mag daté du mois de mars 2011.

 

hubert mounier, interview, la maison de pain d'épice

Je ne peux vous laisser, sans vous proposer quelques archives mandoriennes concernant Hubert Mounier. Comme je le disais en introduction, je l'ai interviewé très souvent dans les années, 89, 90 et 2000.

En voici quatre.

Le 28 décembre 1988 à RTL dans les coulisses de l'émission Studio 22 :

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Le 26 février 1993 à la FNAC de Strasbourg lors d'une rencontre/show case que j'animais:

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Dans les loges de la Salle des Fêtes de Schiltigheim, le 03 novembre 1993:

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Et pour finir, le 16 juin 2005, chez Warner...

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13 février 2011

"Elle s'appelait Sarah" : rencontre avec des élèves de Provins !

 

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bv000002.jpgJeudi dernier, dans le cadre du Festival Encres Vives/Salon du Livre, à la demande de David Sottiez, j’ai animé une projection-rencontre autour du roman bestseller de mon amie Tatiana de Rosnay, Elle s’appelait Sarah  (éditions Héloïse d'Ormesson) et de son adaptation cinématographique. Cet évènement exceptionnel a permis aux élèves et aux enseignants de Troisième et de Première du Collège-Lycée Sainte-Croix (Provins), d'échanger avec la romancière, Tatiana de Rosnay, la jeune actrice Mélusine Mayance (Sarah dans le film) ainsi qu'avec Arlette Testyler, personne rescapée de la rafle du Vel' d'Hiv' et présidente de l'association Mémoires et Vigilance des Lycéens.

 

Présentation des forces en présence :

 

TATIANA_DE_ROSNAY.jpgTatiana de Rosnay :

Née en 1961, Tatiana de Rosnay est franco-anglaise. Elle est l’auteur de dix romans. Selon Bookseller, elle a été, en 2009, l'auteur français le plus vendu en Europe.

Elle est aussi l’auteur français le plus lu aux Etats-Unis, où Elle s’appelait Sarah figure depuis plus de deux ans sur la liste des meilleures ventes. Les ventes mondiales de Elle s’appelait Sarah et de Boomerang s’élèvent aujourd’hui à plus de 5 millions d’exemplaires.
Rose
, son nouveau roman sort le 3 mars 2011.

 

13568_199248586646_140658126646_3477006_8206009_n.jpgMélusine Mayance :

C'est à la télévision que la jeune Mélusine débute sa carrière d'actrice, en 2008, dans la série Vive Les Vacances. Mais c'est au cinéma qu'elle se fait remarquer du grand public, en 2009, dans le rôle de Lisa, fille d'Alexandra Lamy et belle-fille de Sergi Lopez, dans le film fantastique de François Ozon, Ricky.

En 2010, le cinéaste Gilles Paquet-Brenner lui offre l'un des rôles principaux, aux côtés de Kristin Scott Thomas, dans le drame Elle S'Appelait Sarah.
La même année, elle rejoint l'actrice Pascale Arbillot au casting du téléfilm Un Soupçon D'Innocence, dans lequel Mélusine interprète une enfant tourmentée.

Mélusine Mayance a 12 ans.

 

ACtestyler-048d1.jpgArlette Testyler :

Arlette Testyler est une personne rescapée de la rafle du Vel’ d’Hiv’ (Paris) ainsi que du camp d’internement de Beaune-la-Rolande (Loiret). Elle est présidente de l'association Mémoires et Vigilance des Lycéens.

Arlette Tesyler et Charles, son mari (A 15 ans, un long martyr le mènera successivement et durant 3 années, dans 7 camps de travail, rattachés aux complexes d'Auschwitz et Gross-Rosen), viennent de publier un livre témoignage : Les enfants aussi ! (éditions Delattre, 2010) Préface de Tatiana de Rosnay / Témoignages recueillis et rédigés par François Fouquet.

 

Voici quelques photos de cette rencontre exceptionnelle. Elles sont signées Marie-Pierre Canapi et Jean-Pierre Mangin.

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Marie-Pierre Canapi, professeur de Français de classe de 1ere.

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Le déjeuner après cette rencontre riche en émotion...

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Remerciements à :

-Tatiana de Rosnay, Mélusine Mayance, Arlette et Charles Testyler pour leur générosité, leur présence solaire et leur "lumière" évidente.

-Marie-Pierre Canapi et Jean-Pierre Mangin pour leurs photos (très belles) et leur gentillesse.

-David Sottiez pour m'avoir permis de vivre ce moment plus important pour moi qu'il peut l'imaginer... (et pour m'offrir sa confiance permanente).

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24 janvier 2011

Cyril Romoli : Interview d'un lion (méconnue) de la chanson française!

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Commençons la présentation de mon invité du jour, Cyril Romoli, avec sa bio rapide (copié/collé à partir de son site officiel) :

« Tour à tour comédien, chanteur et musicien, Cyril Romoli joue sous la direction de Jean-Laurent Cochet , Robert Hossein, Guy Rétoré, Jean Menaud, Marion Bierry... Il chante dans Chance, La guinguette a rouvert ses volets, Ce soir il pleuvra des étoiles, Paradisco et plus récemment dans Le Roi Lion au Théâtre Mogador où pendant deux ans il double les rôles de Scar et Pumbaa. Il compose également de nombreuses musiques de spectacles, travaille avec Laurent Viel, accompagne Néry, chante dans le Bringuebal. Dernièrement il a composé la musique du spectacle de Fellag, C’est à Alger, qu’il l’accompagne sur scène comme pianiste et comédien. »

Le 11 février 2008, j’ai écrit une première note sur Cyril Romoli. Je l’avais Mandorisé avec et sur les bons conseils d’une grande spécialiste de la chanson française, Laurence Goubet (alias Lou Poulain).

 3 ans plus tard, il m’a envoyé son nouveau disque A l’heure où les lionnes apparaissent.

Il chante l’amour, beaucoup, avec des textes ciselés comme rarement. Mais le romantisme apparent laisse souvent la place à la noirceur et l’ironie. Cyril Romoli est tout sauf mièvre… non, il est même diablement subversif. L’homme derrière son piano est un obsédé textuel qui joue si bien ses textes qu’on a l’impression qu’il raconte sa propre vie. Rien n’est plus faux. A l’écoute de ce disque aussi bouleversant que surprenant, une certitude s’impose : Romoli est un digne représentant du métier d’interprète. Il nous fait passer du rire aux larmes, sans transition, mais avec une humanité qui laisse pantois.

Avant qu’il ne se produise au Ciné 13 (1, avenue Junot, 75018 PARIS 18e), dimanche prochain (30 janvier à 21h), je lui ai proposé une deuxième rencontre. En tête à tête cette fois-ci. C’était le 18 janvier 2011 dans un bar à proximité de mon boulot :

Tu n’en as pas marre que l’on dise que pour apprécier ton répertoire, il faut te voir sur scène ?

Je vais te faire une double réponse. D’un côté, oui ça m’embête parce que j’aimerais que mes chansons soient accessibles facilement. Le disque est le moyen le plus pratique. En même temps, je viens de la scène. Je ne peux pas nier cette habitude, ce plaisir et cette évidence que j’ai à interpréter mes chansons en concert. Bon, en plus, comme les gens n’achètent plus de disque, mais vont encore au concert, ça ne me dérange pas trop. Avec A l’heure où les lionnes apparaissent, c’est la première fois que je suis heureux d’avoir fait un disque.

Il reflète bien ce que tu voulais faire au départ ?

Oui, j’avais même minimisé mon envie. Je pensais clore une page avec ce disque et passer à autre chose après. Mais finalement, ce disque m’a ouvert d’autres envies.

La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, nous avions évoqué ensemble le fait que tu parlais beaucoup des femmes dans tes chansons. C’est encore le cas dans ce disque. Enfin, comme c’est mélangé avec de l’humour noir, disons que c’est un disque d’amour noir !

La formule est belle. Mais, je tiens à dire une chose importante. Les textes ne sont pas de moi. Ils sont pour la plupart d’Éric Chantelauze, mais aussi de Camille d’Avril et d’Olivier Breitman. Les gens sont persuadés que c’est moi qui écris tout. Ça me rassure, cela veut dire que ses textes m’habillent bien et qu’ils sont donc bien choisis.

Cyril Romoli 18.01.11 4.JPGDu coup, tu fais aussi un travail de comédien. Il faut rentrer dans la peau des personnages…

Quand bien même, j’écrirais les paroles, il faut quand même rentrer dans l’histoire. Pour mon précédent disque, les professionnels de la profession m’ont reproché de ne pas écrire mes textes. Je souligne juste que, par exemple, Julien Clerc n'en écrit pas non plus. Si j’écrivais ma vie, vraiment, je t’assure que ce serait inintéressant. Louis Jouvet disait aux apprentis comédiens : « Ne montre pas tes tripes, c’est vraiment dégueulasse ! ».

Tu passes ta vie à faire croire, finalement.

Ben oui. Évidemment. Mais, en même temps, j’ai l’impression de me montrer tel que je suis en concert et dans mes disques. C’est paradoxal, je sais. On est multiple. Je ne veux pas mentir, mais j’aime bien arriver à parler de quelque chose qui n’est pas encore ce moment-là dans la réalité. J’aime fantasmer les choses.

Tu aimes l’ironie et l’humour noir…

J’ai le droit d’être horrible, méchant, sarcastique, amoureux… C’est un vrai bonheur quand tout à coup, on assassine le héros de la chanson. C’est jouissif parce que l’on sait que l’on va cueillir les gens à un endroit particulier. À la fin d’une chanson, j’adore casser le jeu d’une écoute. Dans la vie, je suis trop bien élevé pour être comme je me représente dans mes chansons. Je ne suis pas quelqu’un qui joue de sur méchanceté, mais l’humour noir est la forme de transgression qui me plait le plus.  J’ai toujours adoré Desproges par exemple. C’est typiquement un auteur dont je me délecte sans me lasser depuis des années.

Tes textes sont quasiment des courtes nouvelles.

Tu n’as pas tort, mais que veux-tu, j’aime raconter des histoires, alors effectivement, les textes sont très longs.

scar.jpgDepuis notre dernière rencontre, tu as joué dans Le Roi Lion pendant deux ans. C’est tellement différent de ton univers musical personnel…

Je doublais deux rôles. Scar, le méchant et Pumbaa, le gros phacochère gentil. En gros, je jouais au moins une fois par semaine, mais j’étais présent au théâtre tous les soirs. C’est un poste très particulier.

Ce n’est pas un peu frustrant d’être doublure ?

Si, ça peut être très frustrant. Chaque rôle à 3 remplaçants. On doit être à niveau à n’importe quel moment pour les différents rôles.

Dans ce genre d’expérience, apprends-tu beaucoup et peux-tu te servir des connaissances acquises dans tes propres concerts ?

Je m’en sers à plusieurs niveaux. Déjà, ce que je fais moi est du jeu chanté, donc il y a une similitude non négligeable dans ces deux exercices. Les personnages que je devais interpréter dans Le Roi Lion étaient des personnages qui avaient des voix très graves, ce qui n’étaient pas ma voix à l’origine. Ma voix est médium « modéré ». J’ai dû travailler pendant deux ans pour construire une voix solide, ça ma permis de gagner du confort et jouer sur des nuances que je n’avais pas encore abordées. Et puis, quand on joue devant 1600 personnes à Mogador presque tous les jours et que l’on revient à ses propres spectacles seul avec son piano, il y a un stress beaucoup plus grand parce qu’on est tout seul, mais tout à coup il y a aussi un confort, un retour aux sources. Ce sont deux facettes de mon métier que j’aime et qui m’amuse. J’ai des plaisirs de comédiens dans chacune d’elle. Je crois que si je ne faisais que de la chanson, je m’ennuierais. Si je ne faisais que du théâtre, il me manquerait quelque chose. J’ai vraiment besoin des deux.

Les gens qui aiment la belle chanson française te connaissent et apprécient ton travail. Malgré tout, tu n’as pas encore une grande notoriété. N’est-ce pas un peu décourageant ?

Oui et non… ça dépendant des moments. Ne pas être signer dans une maison de disque, ne pas être encadré, effectivement, c’est fatiguant parfois, parce qu’on a l’impression de constamment repartir à zéro à chaque album, chaque concert. Il y a des choses dont on aimerait se délester. En même temps, on est entièrement libre. Par exemple, cet album, il ressemble à 100% à ce que je voulais faire. C’est moi qui ai choisi les studios, le photographe, le graphiste, les gens avec lesquels j’avais envie de travailler. La contrainte économique limite le cadre, mais en même temps, tout ce que je réalise seul me ressemble.

Cyril Romoli 18.01.11 3.JPGTes textes, c’est le fruit de conversations avec chacun de tes auteurs ?

Il n’y a aucun texte de commande, en tout cas. Éric Chantelauze me connait bien, Camille d'Avril un petit peu. J’ai demandé à Olivier Breitman de m’écrire un texte, mais il était libre du sujet. Pour moi, il y a le plaisir d’aller chiner et dénicher un texte. C’est là que je revendique le fait que ce n’est pas moi qui écris les chansons, mais c’est moi qui les mets en lumière.

Tu as un frère danseur étoile à l’Opéra de Paris (Wilfried Romoli), à part lui, fais-tu parti d’une famille d’artiste ?

 Non, mais l’art à une place importante chez chacun. Je suis le petit dernier de la famille et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui considéraient que ce que je voulais faire était un métier. Je leur en suis reconnaissant tous les jours, car c’est extrêmement rare. Il y a une attention affectueuse sur mon travail, mais sans plus. Dans notre famille, on a plus une considération humaine qu’artistique. Mais, en même temps, l’un ne va pas sans l’autre.

Tu n’es pas uniquement chanteur et comédien…

J'ai assisté des metteurs en scène, je compose des musiques de spectacles. Ce qui m’intéresse, ce sont les histoires, le texte et le spectacle. Là, j’ai fait des musiques pour Fellag, l’humoriste algérien. Je l’accompagne aussi sur scène au piano et je joue quelques personnages. Je me suis retrouvé à tous les endroits à la fois. C'est vraiment ainsi que j'envisage mon métier...

 

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22 janvier 2011

Fergus: point de vue objectif et interview destructurée...

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« Né en banlieue parisienne, Stephane Dorey se découvre musicien à Caen et devient bassiste dans plusieurs formations locales nourries au punk et au cold wave. De retour de son service militaire, il se met à la guitare, rencontre Sylvie Hoarau et fondent Topaze.

La musique de Topaze se mute en pop nerveuse et prend un nouveau virage musical sous le nom de Vendetta. Le groupe signe chez Barclay et travaille avec des artistes et des producteurs comme Arthur H, Calogero, Peter Von Poehl , Clive Martin, Dorian, Jérôme Attal... Vendetta se séparera après deux albums.

Stephane Dorey continue alors en solo sous le nom de Fergus, il écrit un album de 11 chansons dont il est le compositeur et l’interprète en collaboration avec Francis Hutin pour les textes.

Le premier album de Fergus « les règles du je » est sorti le 2 novembre 2010 chez Pias… »

J’ai beaucoup aimé cet album.

Je l’ai d’ailleurs chroniqué dans le Addiction, le mag du mois de janvier 2011.

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J’ai rencontré Fergus le 10 janvier dernier dans un bar de la rue Henri Monnier (Paris).

Je l’ai kidnappé avant qu’il n’aille se faire shooter chez un photographe avec La Fiancée pour je ne sais quel canard.

Merci à son attachée de presse, Carine Chevanche, pour m’avoir concocté ce rendez-vous aux petits oignons.

Fergus, s’il est sympathique et attachant, n’est pas précisément l’artiste le plus facile à interroger.

Il n’aime pas l’exercice. Il ne suit d’ailleurs pas forcément une ligne directrice dans la conversation.
Il faut s’adapter, rebondir sur ce que l’on peut et tenter de mener l’entretien au mieux.

Plutôt que de m’arracher les cheveux en essayant de structurer tout ça, je vous propose quelques phrases glanées ici et là pendant l’interview… mais qui explique bien la personnalité et l’œuvre du bonhomme.

En fond musical de ce bar, il y avait du Britney Spears à fond… pas l’idéal pour se concentrer non plus.

 

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-Moi, je compose, je chante et j’arrange seul. J’ai fonctionné par étapes. J’ai commencé par la basse, ensuite, je me suis mis à la guitare, après au clavier er aujourd’hui, c’est le chant que j’apprivoise peu à peu. Ca ne fait que 4 ans que je chante.

Fergus 10.01.11 4.JPG-Je me suis mis à la guitare, parce que la basse, c’est trop limité pour composer. Après Vendetta, j’ai voulu reproduire la même chose. Trouver une chanteuse pour qu’elle interprète mes compositions. Je n’ai trouvé que des chanteuses entre 25 et 30 ans et moi, je leur demandais de faire un bond de 10 ans. Et je voulais aussi une chanteuse qui trouve des mélodies. C’est rare. Avant de trouver Sacha, je n’ai vu que des psychorigides. Une des premières que j’ai essayées était une chanteuse lyrique. Elle s’offusquait quand je lui demandais de chanter de manière plus sexy. Quelqu’un qui rejette sa sensualité et sa sexualité, ça ne m’intéresse pas. Une interprète qui ne souhaite que joliment chanter, il y en a à la pelle.

-Moi, j’ai un chant un peu neutre dans l’album. Sacha a un timbre clair et je trouve que nous sommes complémentaires.

-Avec mon parolier, Francis Hutin, je suis souvent en conflit. Moi, je ne cherche pas les choses longtemps, je suis un instinctif, ça peut déstabiliser. Les gens avec qui je bosse me demandent des explications sur mes décisions artistiques et je suis incapable d’en donner.

-Francis Hutin a su mettre en mots mes idées. C’est amusant parce qu’on ne se ressemble pas du tout. Lui a 50 fergus_regelesduje.jpgbalais, moi 42. Il a de l’expérience et va à l’essentiel, lui.

-Mon travail me parait indicible. Et c’est pour ça aussi que je fais de la musique. Par exemple, je pense qu’une mélodie explique beaucoup plus de choses que les mots.

-Mes héros sont souvent cocus, ils ne sont pas très bien dans leur peau et n’ont pas la bonne place dans le couple.

-Quand j’écoute un disque, j’écoute d’abord l’ambiance et les mélodies. Mais les paroles, ce n’est pas ce que j’écoute en premier. Les paroles sont là pour souligner les ressentis de la mélodie.

- Plus je vieillis, plus je prends mon temps. Je ne veux plus me précipiter. J’ai compris que le temps était malléable.

-Moi, je ne me focalise pas sur les notes, je suis plus focalisé sur la rythmique.

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Tiens, celle-là, je la laisse... vous comprendrez mieux pourquoi les photos prisent par Mandor sont d'une qualité inégalable (et abolument jamais flou).

(Il paraît que photographe est un métier).

-Je ne suis pas un bon communiquant. Je n’aime pas parler de moi et je ne trouve aucun intérêt à parler de moi-même… je ne suis pas un bon vendeur de moi-même en interview.

-C’est difficile de parler de mon album aujourd’hui. Les chansons datent de plus de 3 ans, je suis passé à autre chose, une autre vie.

-Au moment où j’ai écrit ce disque, je n’avais plus de groupe, je n’avais plus de copine non plus, mais je venais d’avoir un enfant. Donc, j’avais un enfant et plus rien. Au fond, c’était le meilleur moment pour écrire des chansons. Quand je suis dans la déprime, le temps s’efface et je suis plus précis dans la mélodie. Je me suis même posé la question : est-ce que je cherchais à être un peu mal pour parvenir à composer ?

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-Raconter le bonheur dans une chanson, ce n’est pas une bonne idée. Tout le monde s’en fout du bonheur dans une chanson.

-Avec les femmes, on est dans le paradoxe. Elles veulent des hommes qui soient protecteurs, gentils et pas machos. Au final, quand tu es trop gentil, elles n’aiment pas ça. Elles veulent aussi des hommes qui ont des couilles.

-J’ai eu une culture groupe pendant 15 ans. A un moment, j’en ai eu marre du groupe. On passe son temps à faire des compromis. Maintenant, même si je joue avec des musiciens, c’est moi qui dirige tout. C’est une équipe, mais qui est à mon service musical et en me respectant, en plus.

-Si on a trop de matériel, on peut se perdre dans la création. À la maison, dans mon home studio, mon matos est très cheap. J’ai un petit Farfisa, qui est un jouet. Ça permet de faire des sons un peu atypiques, du coup je m’en suis servi pour pas mal de chansons. Je n’utilise pas les nouveaux logiciels qui permettent d’obtenir des sons infinis. À utiliser trop de sons différents, ta musique devient impersonnelle, voire même un peu aseptisée.

 

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Merci à Fergus d'avoir accepté de jouer le jeu avec gentillesse. Répondre aux questions d'un journaliste n'est pas un acte naturel. Je le sais bien.

10 janvier 2011

Sam Neves : romantick'n roll!

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sma neves d'égal à egal.jpgJ’ai découvert Sam Neves en voyant le clip « L’Amour Flou » sur internet (vu 27 000 fois par les internautes). Pas tout de suite convaincu par l’ambiance générale que je jugeais, à tort, un peu mièvre, je suis allé écouter le reste de la production de la jeune femme sur Deezer.

Et là, j’ai découvert un disque plus rock que je ne l’imaginais et des textes moins sages qu’il n’y paraissait. Bref, j’avais juste vérifié une nouvelle fois qu’il ne faut jamais s’arrêter à l’écoute d’un seul titre et à une première impression.

Je ne sais plus par quel hasard, je suis devenu ami Facebook de Frantz Fagot, son compositeur, réalisateur, producteur et par ailleurs ex-guitariste d’un paquet d’artistes (voir plus bas).

Puis de Sam, elle-même.

J’ai suivi leurs activités musicales avec intérêt.

Un jour, je leur ai proposé une mandorisation.

Ce qu’ils ont accepté.

La rencontre entre le binôme et moi s’est déroulée dans un café parisien le 31 décembre dernier. C’était donc ma dernière interview de l’année 2010.

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Sam et moi, prenons la décision de commander des bières (merde, c’est presque le réveillon, là !). Frantz, lui, opte du thé.

(Que sont nos rockeurs devenus ?)

On se marre tout de suite. Elle ne prend pas la posture de la vedette interviewée par le journaliste, je ne prends donc pas celle du journaliste qui se la joue journaliste (ce que je fais peu, en règle générale, de toute façon !)

Je ne lui demande pas de se présenter. J’aurais obtenu un truc du genre : « Sam Neves, née le 30 juin 1976, je suis cancer, dans une petite bourgade du 63… ». Là n’est pas le propos.

Sam_Neves_single.jpgD’ailleurs, voici un extrait de sa bio :

Sam Neves s'inspire dès son plus jeune âge de groupes tels que A-ha, U2, Pink Floyd, Depeche Mode. Adolescente, elle commence à chanter dans le groupe de rock de son lycée.

En 2000 elle devient la chanteuse du groupe Hodakan et participe à de nombreux projets parallèles qui lui forgent une forte personnalité artistique et lui permettent d'acquérir une bonne connaissance du métier.
En 2002 elle devient pour la première fois maman d'un petit garçon. Elle aura par la suite une petite fille.
En 2007 elle rencontre Franz Fagot, compositeur arrangeur et réalisateur qui propose à Sam Neves de devenir sa muse. Il lui produit son premier album. Sa phrase récurrente est Let's do it !

Interview :

Sam Neves 31.12.12 1.jpgMandor : Sam, tu utilises beaucoup Facebook pour te faire connaître. C’est un élément essentiel à la promo des années 2010 ?

Sam : On a plein de plans par ce biais. Des gens souvent super sympas qui sont venus hyper naturellement et simplement. C’est aussi un outil de communication qui me permet d’être proche de mes fans.

Frantz : Oui, c’est important pour nous, vu que nous ne sommes pas en major. La relation artiste/fan est primordiale. On est obligé de se faire une grosse « Fan base » pour faire avancer le projet.

Sam : Ça ne m’empêche pas d’être nature et très franche. Moi, j’ai deux pages officielles et une page personnelle. Sur mes pages « artistes », je prends le temps de répondre à tout le monde. J’aime la communication, mais je ne fais pas semblant. Si je n’ai pas envie de répondre, je ne réponds pas.

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Vous deux, vous vous êtes connus grâce à MySpace, je crois…

Frantz : Par le biais d’un auteur avec qui je travaillais, Bénédict Abalio. On s’était perdu de vue depuis un an et un jour il m’appelle pour me parler de Sam. Ils se sont rencontrés dans une école où Sam travaillait pour asseoir  sa technique vocale. Il leur fallait un compositeur pour que Sam puisse chanter les textes de Bénédict. Je suis allé l’écouter sur son MySpace et j’ai trouvé sa voix très intéressante. On s’est rencontré une première fois. On a essayé un titre et ça a été direct. J’ai pris la guitare, elle a posé sa voix et l’histoire pouvait commencer.

C’est beau ! Toi Frantz, tu étais guitariste pour plein de gens (Johnny Hallyday, Maxime le Forestier, Gino Vanelli, Renaud Hantson, Patricia Kass...).

Frantz : oui, puis je suis devenu compositeur. J’en avais marre de jouer la musique des autres. J’ai travaillé beaucoup pour des médias. J’ai fait des jingles, des génériques, des musiques de pubs, de films et de téléfilms. J’ai eu envie de m’exprimer plus longuement et autrement. Je suis donc retourné aux sources. J’ai composé des chansons et il me fallait une interprète. Et Sam Neves est arrivée…

Peut-on considérer que Sam est ton double au féminin ?

Frantz : Oui, on peut dire ça. On a  beaucoup de points communs, même musicalement. Je ne crois pas au hasard. Cette rencontre devait avoir lieu !

Sam : On est en fusion. Nous sommes très complices.

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Sam, toutes tes chansons sont autobiographiques. Et pourtant, ce n’est pas toi qui écris.

Sam : Moi, j’ai écrit « Untitled » avec Liloo Zillac, et « Rappelle-moi ». J’ai co-composé avec Frantz « Un signe de toi ». Pour les autres textes, c’est le fruit de longues conversations entre les auteurs et moi…

Frantz : Dans son prochain album, Sam en fera beaucoup plus. 

Sam : Oui, on rentrera plus dans mon univers, ma personnalité.

Le clip de "L'amour flou".

 

La première fois que j’ai entendu Sam, c’est avec « L’amour flou ». Bon, je me suis dit que c’était de la variété romantique. Quand j’ai écouté l’album en intégralité, je suis tenté de dire que cette chanson n’est pas du tout son reflet. C’est beaucoup plus pop, rock…

Sam : Je t’aime pour cette parole ! On m’a souvent dit que j’étais une chanteuse romantique et un peu lisse. Ce n’est tellement pas ce que je suis dans la réalité. Je suis au contraire très rock’n’roll. Dans l’album, même si on parle d’amour, il y a un côté « douce violence ». Franchement, pour se premier album, on s’est retenu de lâcher la purée. Des filles qui font du rock, en France, il n’y en a pas beaucoup. Zazie, elle fait de l’electro, les autres font du folk ou de la variété… je vais donc encore plus assumer et mettre en avant ma personnalité un peu « destroy ». J’ai une chanson qui s’appelle « Sage et sauvage ». Elle me correspond tout à fait.

Frantz : Comme on est en France, pour ce premier disque, on a voulu proposer quelque chose qui soit le plus large et ouvert possible. Alors, il y en a qui diront que c’est de la variété, d’autres de la pop… difficile de ne pas avoir d’étiquette déterminée.

Sam : Il y a même des radios qui disent que ce que je fais était trop rock pour elles et d’autres trop variété.

En effet, il vous manque des passages dans une grosse radio nationale.

Frantz : Tu sais comment ça se passe. Si tu n’es pas dans un gros label ou chez Universal, Sony ou Warner…

Sam : En même temps, nous, on est libre. On fait ce qu’on veut. On ne se force de rien. Moi, je n’ai pas envie de tricher. Je ne me crée pas un personnage. Je suis comme je suis. Il faut que mon comportement et mes chansons correspondent à la réalité. Sam Neves n’est pas un pantin.

Frantz : Oui, ça prend juste plus de temps pour ce faire connaître. Je trouve ça plus gratifiant de voir le projet Sam Neves grandir petit à petit… lentement, mais surement. On travaille à l’ancienne, à la roots ! On va au charbon…

Une session acoustique de "A la surface"

Sam, tu as deux grandes qualités. Tu es franche et généreuse.

Sam : Ça peut me porter préjudice parfois… je suis juste très naturelle. Quand je donne ma confiance, il ne faut pas me prendre pour une conne. Je suis portugaise, j’ai un cœur grand ouvert, mais il ne faut pas me faire un bébé dans le dos. Je suis proche des gens. Il ne faut pas qu’on oublie d’où l’on vient, parce que c’est l’amour du public qui nous a portés. J'ai des fans qui sont partout où je vais. Je commence à les connaître. Je les appelle mes chouchous. J’ai même un groupe de fans de Belgique. Ils sont venus à tous mes concerts dans toute la France.

Frantz : La relation fan/artiste directe, c’est quelque chose qui va se développer de plus en plus, j’en suis sûr.

SAM NEVES 13 01 2011.jpgAvant que vous vous rencontriez, Sam, tu as toujours voulu faire ça ?

Sam : Moi, j’ai toujours, toujours voulu faire ce métier. Mon oncle était chanteur d’opéra et mon père jouait de l’accordéon. Je sais, ce n’est pas trop glamour, mais bon, c’est de la musique… Je suis issu d’une famille assez simple. Pour elle, la musique, il ne faut pas en faire professionnellement. On ne gagne pas d’argent avec cette activité. Il fallait que j’aie la sécurité et la certitude de l’emploi, donc j’ai laissé tomber la musique pour y revenir aujourd’hui. J’ai commencé à chanter dans le groupe rock de mon lycée. On chantait notamment du Queen et du U2. Mais, c’est la première fois que les choses prennent une tournure si sérieuse.

Ce disque est une très belle production.

Frantz : C’est presque un peu trop léché pour moi. C’est un super boulot et je suis très fier de cet album, surtout dans les conditions dans lesquelles on la fait. On la composé sur une année à raison d’une séance par semaine. C’était assez long à faire, mais le résultat est très cohérent. Celui-là, on la fait à la maison tous les deux. Le prochain sera fait avec des musiciens.

Vous passez le 13 janvier au Zèbre de Belleville…  

Sam : Ça sera très rock, mais il y aura quelques titres planants. Une heure et demie de concerts où on va tout donner. Il y aura de l’ambiance, je t’assure et la participation de quelques guests.

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Après l’interview, nous sommes restés un long moment à discuter (et boire). Sam Neves est une fille très attachante et talentueuse. Elle mérite qu’on la découvre.

Le Zèbre de Belleville, ce jeudi, donc.

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15 décembre 2010

Vincent Baguian : Interview vérité, clips et photos... et une sacrée Java !

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Vincent Baguian n'est pas un interprète encore très connu. Mais, peut-être l'avez-vous vu en première partie de Zazie? Il est aussi l'un des initiateurs, avec la même Zazie et Jean-Marie Leau, du conte musical Sol en Cirque. Récemment, il s'est brillamment illustré en coécrivant avec Dove Attia la plupart des chansons de Mozart, l'Opéra Rock. "L'Assasymphonie", entre autre, c’est lui. Fort de quatre albums, ce soir et mercredi prochain, vous allez pouvoir retrouver ce chanteur à l'humour décapant et à l'écriture précise dans des concerts "en toute intimité" dans la salle parisienne La Java. Le 25 novembre, interview vérité où l'on constate que le chanteur n'a pas du tout la langue dans sa poche. D’abord, j’apporte à l'artiste une information personnelle.

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Extrait de la conversation :

- Tu sais que je suis mariée avec un arménienne ?

- Ah oui ? Elle s’appelle comment ?

Je dévoile donc son patronyme finissant par an (anciennement ian).

J’ajoute :

-Du coup, depuis que j’ai une fille moitié arménienne, je me suis intéressé à ce peuple et à cette culture.

Vincent Baguian me pose quelques questions. Le sujet l’intéresse. Je dévoile des pans énormes de ma vie privée à cet homme que je ne connaissais pas personnellement 30 minutes avant.

-Emmène ta femme et ta fille en Arménie, je t’assure ! Moi, j’y suis allé il y a deux ans. Ca m’a mis une grosse gifle.

-Tu as toujours vécu en France, toi ?

-Oui. Mais mon père me parlait beaucoup du pays. En tant que 100% arménien, il parlait la langue et me racontait beaucoup l’Arménie. Il avait bâti une Arménie totalement imaginaire, sans jamais la voir, alors que c’était ses racines. Quand j’y suis allé,  j’ai découvert que la nourriture que je prenais comme quelque chose de folklorique quand j’allais voir mes grands-mères arméniennes, c’était le quotidien des gens. Je me suis rendu compte que j’avais la même tête qu’eux. Quand je mangeais quelque part, quand un type me regardait, je me disais que s’il me précisait que nous étions cousins, c’était fort probable. Aujourd’hui, quand je me balade dans la rue à Paris, je ne me sens plus complètement français. Autre anecdote, je suis en voiture,  j’arrive dans un village et je vois marqué Pambag. C’est mon vrai patronyme, Pambaguian. Je me suis senti chez moi tout de suite.

-Tu te sens plus quoi, alors, aujourd’hui ?

-Je me sens Français, très proche des arméniens. Mais, c’est un peu comme si on me demandait lequel de mes deux enfants je préfère. Ce que j’ai compris, c’est que ça m’émeut plus d’être en Arménie qu’en France.

-Tu es revenu changé de ce voyage ?

-Oui. Je suis revenu plus fort. C’est comme si j’avais une situation de repli.

Voici sa chanson en duo avec une chanteuse arménienne, Diane Minassian : Je suis une tombe.


Making Of de "Je suis une tombe" en duo avec Diane Minassian
envoyé par VincentBaguian

Ensuite, je commence ma vraie interview…

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Mandor : Parlons de tes concerts à la Java. Ca m’intéresse pour deux raisons. La première, c’est que j’apprécie tes disques depuis le début de ta carrière, la seconde, c’est que ton pianiste, Hugo Renard, m’avait scotché avec son roman « J’aime les filles ».

Vincent Baguian : Ah oui, tu l’as lu ?

Oui, à sa première sortie aux éditions du Rocher.

Tu sais que je le réédite ?

Ah bon ? Belle idée, en tout cas.

En fait, comme je  viens de bien gagner ma vie avec Mozart et que je trouve que le livre de Hugo est phénoménal, qu’il vaut le coup d’exister longtemps,  je me suis arrangé pour le rééditer par mes propres moyens, c'est à dire dans ma propre maison d'édition, "Cul et Chemise". Advienne que pourra. Il ne s’agit pas de faire en sorte que je gagne ma vie en publiant ce livre, juste, je souhaite qu’il ne meurt pas.

Il est vendu à la fin de vos spectacles ?

Exactement, tu es très fort !

En tout cas, l’ambiance est tendue avec lui dans ton spectacle à La Java.

Oui, très. Ce que je peux te dire, c’est que jusqu'à présent, l’humour, je l'employais dans les chansons, pas entre les chansons. Ce que j'aime faire dans les spectacles ce sont des trucs que tu ne peux pas faire à la télévision ou à la radio. Je veux faire voyager les gens. Hier, ça a marché parce que les gens se sont dits : "C’est chaud entre eux, ils s'engueulent". Le principe du spectacle c’est : on joue ensemble, mais on ne s'aime pas.

Dans tes textes, en règle générale, tu ne dis jamais les choses au premier degré. Je me trompe ?

Je pense que je suis un peu comme ça dans la vie. Mais moins. Ils m'ennuient ceux qui se prennent toujours au sérieux. Par exemple, les hommes politiques utilisent toujours les mêmes mots. On ne croit plus à ce qu'ils racontent, ils défendent toujours les mêmes idées, ils ont un langage formaté, donc on ne les écoute plus. Moi, comme j'ai envie que l'on m'écoute, je prends un autre registre. Un jour,  je voulais enregistrer une chanson sur les gens qui tendent la main dans la rue et sur notre attitude par rapport à eux. Dans ma première version je me suis trouvé hyper donneur de leçon, c’était insupportable. J'ai inversé les rôles, je me suis mis dans la peau d'un mec qui ne donne pas. Je suis dans ma Daimler, il y a un enfant qui frappe à mon carreau, et on se dit : "Putain, c'est l'hiver, il faut ouvrir la fenêtre, je crains le froid et le chaud…". Tout d’un coup, on est à la place de tout le monde. Ca fonctionne plus comme ça que quand tu fais le prêtre.


Vincent Baguian - Ce Soir C'Est Moi Qui Fais La Fille
envoyé par VincentBaguian

C’est le même principe que quand tu as écrit pour Florent Pagny, "Si tu n’aimes pas Florent Pagny". C’est très second degré…

C'est plus premier degré que tu ne le crois. L'histoire avec Florent Pagny, c'est qu'un jour, il y a Calogero qui m'appelle et qui me demande si je veux bien écrire une chanson pour Florent Pagny. Je lui réponds : « Non, je ne connais pas Florent Pagny et ses chansons m'indiffèrent. Je n’ai rien à dire sur lui. ». Et je raccroche. Puis la fonction économique est rentrée en jeu et j’ai fini par accepter en me demandant ce que j’allais bien pouvoir raconter sans me renier. J’ai écrit ce que je pensais de lui. Point. J’ai commencé à écrire : « Oui, je suis dans mon état normal, non, je n’ai pas honte de mon look, c'est du gel, je n’ai pas les cheveux sales »… bref, ce que je pense. Quand je le vois je me demande toujours combien de temps il doit mettre pour se préparer. Son look, ses lunettes jaunes… toujours paraître, ça doit être fatiguant, changer de look pour ne pas avoir la même tête d’une émission à l’autre… Il chante trop fort, aussi, je trouve. Ca me saoule, alors, je l'ai écrit. Je me suis dit que si Florent Pagny était capable de chanter une telle chanson, j'allais l'aimer d'avantage. À la première écoute, il a été un peu étonné. À la deuxième, il a bien aimé.  C'est son précédent label qui lui a conseillé de ne pas la chanter. Pendant quatre ans, cette chanson est restée dans un tiroir. Aujourd'hui, elle sort dans son nouvel album, Tout et son contraire. Mais, bon, il m'a fait changer quelques mots.

Lesquels ?

J’avais écrit : "Je voudrais me vanter d'être  honnête, me voir en héros dans la glace". Il m'a appelé en me disant : "Je ne peux pas chanter ça, parce que je me sens honnête". Il a changé les mots lui-même, ça a donné : "Je voudrais me vanter d’être pas trop bête". Franchement, c'est très peu comme changement.


Florent Pagny - Si tu n'aimes pas Florent Pagny
envoyé par Florent-Pagny

Comment considères-tu ta position dans le métier ? Trois disques, l’album Sol en Cirque avec Zazie, des tas de chansons pour les uns et les autres, Mozart, l’Opéra Rock… Mais tu n’es pas du tout médiatisé.

Je ne choisis pas cette situation. Ce qui ne m'empêche pas de bien le vivre quand mes concerts sont pleins. Mais tu sais, faire de la télé ne m’intéresse pas. Je pense même y être mauvais. À chaque fois que j'en ai fait, ça m'a perturbé. Ce n'est pas possible d'être mauvais à ce point. Faire des sourires à des gens virtuels, je n'y arrive pas et ça ne m'intéresse pas. Je suis super motivé à chaque fois que j'y vais, mais après je me demande : "À quoi bon ?". Mes chansons ne correspondent pas non plus au format radio, donc on m’a rarement diffusé… Mais en concert, je suis bon. Comme je ne passe nulle part médiatiquement, je fais confiance au bouche à oreille,  je produis moi-même mon spectacle et advienne que pourra.

Tu as co-écrit avec Dove Attia, les trois-quarts des chansons de Mozart, l’Opéra Rock. Ça te permet de gérer financièrement ta carrière personnelle.

Tu peux le dire, oui. Ca me permettra aussi de t’offrir le café que nous prenons ensemble.

Tu n’écris pas de la même façon pour des chansons dites "populaires" que pour ton propre répertoire. Tu fais des concessions au style ?

Non, mais ce n'est pas évident d'écrire pour un opéra rock. C'est bien plus compliqué que pour mes chansons. On te donne des musiques qui existent avec des textes en yaourt. On t'explique qu'à tel moment du spectacle, c’est telle personne qui chante et on te dit qu'il faut que ça raconte ça. Ça devient des mathématiques. Quand tu combines le tout, c’est un boulot de dingue. Les gens pensent que c'est léger à faire, alors que c’est tout le contraire. Le nombre de nuits que j'ai passé sur les textes... Je suis parti 15 jours avec Dove Attia dans une maison isolée et nous bossions tous les jours 12 heures sur les textes. On a faillit devenir fou.

Comment es-tu arrivé sur le projet ?

Avant moi, Dove Attia avait vu une quinzaine d’auteurs. Il m'a proposé d’écrire juste un texte sur une musique. On y a passé 15 jours… Et puis après s’être "dompté", il m'a proposé d’écrire le reste avec lui.

Quand tu-as constaté que le spectacle cartonnait, as-tu eu un sentiment de fierté de voir tous ses interprètes chanter tes mots ?

Oui, il y a beaucoup de fierté parce que j’ai réussi à faire passer des choses dans ce spectacle. Par exemple dans "L'Assasymphonie", j'ai un inventé un mot, je ne parle pas d'amour, c’est même plutôt un sentiment un peu noir… Et en faire un tube sans que personne ne s'en rende compte au final, ça me rend heureux parce que c'est ce que je voulais faire. Faire d'une chanson qui n'a rien de "tubesque", un vrai tube. Il y a aussi une chanson qui s’appelle "Victime de ma victoire",  je fais dire à l’interprète : "Je me croyais l’élu, en volant mon histoire, mais je me suis perdu pour gagner, à vaincre sans vertu, on triomphe sans gloire, l'honneur vaut mieux que le trophée". C’est une des chansons qui marchent bien dans le spectacle. Je l'ai écrite en pensant à Nicolas Sarkozy. Ça me fait rire de la voir dans le spectacle. Autre exemple : dans "J’accuse mon père", en l'écrivant,  j'ai pensé à mes filles… 


Mozart l'Opéra Rock - L'Assasymphonie - Clip Officiel
envoyé par MozartOperarock

Il y a des doubles lectures que toi seul et Dove Attia peuvent percevoir…

Oui, mais en même temps, je pense que ça marche parce que les gens se retrouvent et leur inconscient comprend qu'il y a une double lecture.

Tu as hâte de faire un tube en tant qu’interprète ?

Je m’interroge sur la capacité des gens à être ému. J’ai conscience que les chansons de Mozart sont biens, mais je n’oublie pas que leur succès est aussi dû a un outil de marketing phénoménal qui fausse un peu la donne. Les gens qui sont venus voir Mozart en ont eu pour leur argent. Les décors, les costumes clinquants… ils font confiance à ça, il faut que l’argent se voie. Jacques Brel, sans tous ces artifices, délivrait certainement à lui tout seul bien plus d'émotion, mais comme les gens ne font plus confiance à leurs sensations, ils ont besoin qu’on leur montre que l’on ne s’est pas foutu de leur gueule… 

Se produire à la Java, c’est quand même deux extrêmes par rapport à Mozart, l’Opéra Rock

Dove est venu me voir et je t’assure qu'il n'a pas sa langue dans sa poche avec moi. On se fait mutuellement zéro cadeau. Il m'a dit : "Ce que vous faites avec ton pianiste, il faut que vous le poussiez davantage parce que ça va tout casser parce que ça va détourner le stand up. Vous vous moquez de vous, mais les chansons tiennent la route à côté".

Les artistes doutent tous. Un succès comme Mozart doit te conforter sinon te réconforter.

Mozart me permet de vivre uniquement de mon métier, ce qui n'était pas le cas avant. J’ai reçu d’autres propositions d’écriture pour d'autres, mais je n'y vais pas. On s'épuise si on écrit trop. Maintenant, dans mes journées, je ne fais que ce que veux. Aujourd’hui, quand on me demande si je suis libre tel jour, je peux systématiquement dire "oui".

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Ce qu’il me dira juste sur ses projets dans un futur proche, c’est qu’il va travailler de nouveau avec Dove Attia pour sa prochaine comédie musicale, Les amants de la Bastille. Et qu’il écrit des scénarios de films (dont certains verront le jour en Belgique très vite), parfois seul, parfois avec Maureen Dor.

Ce qui me permet d’enchaîner judicieusement avec la soirée à La Java à laquelle j’ai assisté le mercredi 1er décembre dernier. Maureen Dor était la guest de la soirée… (les photos suivantes ont été prises par bibi, alors, soyez indulgent, merci !)

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Elle n’était pas la seule, il y avait aussi la talentueuse, sensuelle et corrosive Marjolaine Piémont.

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Et aussi Diane Minassian, pour interpréter "Je suis une tombe" (voir clip, plus haut).

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Si vous aimez le tendre, le beau, l’ironique, le drôle, le très drôle, le mordant et l’émotion, ce spectacle est fait pour vous…

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En enfin, le final avec Hugo Renard.

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Ce soir, dès 21h, retrouvez Vincent à la Java pour l’avant dernière date de l’année. En première partie : Marjolaine Piémont. Billets sur place ou en préventes dans les points habituels : Moxity / Digitick / Fnac

La Java : 105 rue du Faubourg-du-Temple, Paris 10.
Métros : Goncourt / Belleville.