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04 novembre 2009

Bob Garcia contre Moulinsart!

 

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J'ai reçu avant-hier ce mail de Bob Garcia:

Bonjour,
Pour avoir commis l'irréparable (j'ai publié 5 études tintinophiles - dont deux seulement contiennent des images de Tintin - tirées à qq centaines d'ex par une asso loi 1901), les "ayant-doit" de Hergé m'ont traîné en justice pendant 4 ans et me réclament au terme d'un procès grotesque et injuste fondé sur une somme de mensonges et d'hypocrisies la somme de 48.000 euros.
Comme je ne suis pas en mesure de payer une telle somme (les livres en question ne m'ont pas rapporté un centime), Rodwell m'envoie par huissier un ordre de saisie-vente de mes biens...
j'ai décidé de combattre la bêtise et la cupidité par l'humour.
Je vous invite à me rejoindre sur mon blog : "Bob Garcia et le spectre du tocard" !
http://lespectredutocard.blogspot.com/
Amitié définitivement tintinophile,
Bob
Voir aussi ma page FaceBook et la presse en ligne :
http://www.afnews.info/public/afnews/2009/10/moulinsart-b...
http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/287233/tin...
http://www.rue89.com/2009/10/29/il-ecrit-cinq-livres-sur-...
http://www.facebook.com/home.php#/profile.php?id=11681487...
http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/10/27/moulinsart-l...
http://lecomptoirdelabd.blog.lemonde.fr/2009/10/27/moulin...

image002.jpgNi une, ni deux, lundi soir, je file chez Bob Garcia à Chelles.

Je déboule chez l’auteur, à 19h. Bizarre la sensation d’arriver au château de Moulinsart (version minimale, certes, mais quand même).

L’homme est accueillant. Il sait que je viens en ami. Je lui propose de me dire ce qu’il a sur le cœur. Je n'ai entendu aucun podcast explicatif sur cette histoire qui secoue le monde des tintinophiles.

On s’installe dans son bureau et je branche le magnéto (Serge !).

Première partie : la genèse de l'affaire.
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Les albums incriminés:

Ouvrages MacGuffin en proc-s[1].JPG
Deuxième partie : Que reproche-t-on à Bob Garcia? Les complexités de l'affaire et du jugement. David contre Goliath.
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Lundi, chez lui... un peu dépité.

Troisième partie : Dans quel état est-il face à ce rouleau compresseur? Son blog.  Qu'espère-t-il précisement en alertant les médias?
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Avant l'interview, il envoie encore un mail à son avocat (véridique!).

Quatrième partie : Va-t-il encore écrire sur Tintin? Comment va-t-il réagir?
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Après l'interview... la contrebasse a souhaité poser avec nous (ce que je trouve parfaitement ridicule, soit dit en passant. Non seulement, je ne suis pas venu pour rigoler, de plus, vous le savez bien, je ne suis pas très photos photos...).
Voici à présent, un des meilleurs articles sur le sujet.
Celui de Charlie Hebdo.
Charlie hebdo ce jour[1].JPG
Deux documents pour vous faire votre propre opinion:
Le premier communiqué de presse de Moulinsart s.a
La réponse de Bob Garcia à ce communiqué:
Pour finir, je sais que mon statut de journaliste implique un devoir de réserve.
Je ne dis donc pas que je trouve le comportement de Nick Rodwell dégueulasse.
Un peu de coeur et d'humanité, monsieur l'"ayant droit"?
"De quoi, du coeur et de l'humanité? Saperlipopette! on parle bizness Môssieur!"
Pour finir, quelques liens pour découvrir Nick Rodwell:
« Nick Rodwell veut tout contrôler », La Dernière Heure, Frédéric Seront, 9 janvier 2008
Tintin: l'affaire du blog suspendu Nouvelobs.com, par Sylvie Prioul, 11 août 2009
Le « beau-père » de Tintin dérape contre des journalistes, Rue89.com, Augustin Scalbert, 11 août 2009

24 octobre 2009

Prix Ozoir'Elles 2009!

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Ce jeudi (le 22 octobre), pour des raisons que j’expliquerai plus tard (parce que pas encore tout à fait officielles), je me suis rendu à la délibération du Prix Ozoir’Elles 2009.

Au Café des Éditeurs, carrefour de l’Odéon à Paris.

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Avant l'arrivée des invités... le calme avant la tempête.

 

Initié par Luc-Michel Fouassier, conseiller municipal chargé de l’événementiel littéraire et lui-même nouvelliste (par la même occasion, très bon ami de Mandor), et sous l’impulsion de Jean-François Oneto, Maire d’Ozoir-la-Ferrière, le Prix Ozoir’elles est un prix littéraire récompensant un recueil de nouvelles parmi 4 ouvrages publiés par une maison d’édition de renom.

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Avant le début des hostilités. de gauche à droite: Emmanuelle Urien, Annie Saumont, une habitante d'Ozoir, Mandor et Jean-François Oneto, maire d'Ozoir-la-Ferrière. (Crédit: mairie d'Ozoir-la-Ferrière)
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Annie Saumont a notamment obtenu en 1981 le prix Goncourt de la nouvelle avec Quelquefois dans les cérémonies (Gallimard), le grand prix SGDL de la Nouvelle pour Je suis pas un camion, (Seghers), en 1989, le Prix Renaissance de la Nouvelle pour Les voilà quel bonheur, (Julliard) en 1993, le prix des Éditeurs en 2002. Femme adorable et pleine de vie.
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Mandor et Jean-François Oneto, maire d'Ozoir-la-Ferrière. (Crédit: mairie d'Ozoir-la-Ferrière)
Son témoignage:

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La grande originalité de ce prix réside dans la composition de son jury exclusivement féminin, présidé par Régine Deforges, accompagnée de  Victoria Bedos, Annie Saumon, Véronique Genest, Macha Méril, Emmanuelle Urien et Simonetta Greggio. Quelques Ozoiriennes ont également pris une part active dans le choix du jury en donnant leur avis sur les ouvrages, l’ensemble de leurs voix comptant pour une aux côtés de celles des membres précédemment cités.

Les recueils sélectionnés pour le prix Ozoir'elles étaient, cette année, les suivants :
- Presque rouge (de Sébastien Amiel) éditions de l'Olivier
- Petites faiblesses inavouables (de Véronique Fiszman) éditions Léo Scheer
- Qui comme Ulysse (de Georges Flipo) éditions Anne Carrière
- Clémence et l'acteur nu (de Benoît Fourchard) éditions La Dragonne

Avant de passer aux délibérations, les discours (courts, donc les meilleurs) du maire de la ville et de Luc-Michel Fouassier, devant le jury et les journalistes.

 

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Bout de nez de Victoria Bedos, Véronique Genest, Luc-Michel Fouassier et Jean-François Oneto.
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Emmanuelle Urien, Victoria Bedos, Véronique Genest, Luc-Michel Fouassier et Jean-François Oneto.
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Deux habitantes d'Ozoir-la-Ferrière, Luc-Michel Fouassier et Jean-François Oneto.
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Véronique Genest, Emmanuelle Urien, Johnny Depp (je sais, je l'ai déjà faite sur Facebook!), Annie Saumont et Victoria Bedos.

Après deux minutes (montre en main) de délibération, le choix s’est imposé.

The winner is : Georges Flipo pour « Qui comme Ulysse » aux éditions Anne Carrière.

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Explications de cette rapide décision par trois membres (de choc) du jury : dans l'ordre, Victoria Bedos, Emmanuelle Urien et Véronique Genest.


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Véronique Genest et Anne Carrière.

 

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 Anne Carrière remercie le jury pour ce choix qu'elle estime mérité.

Elle était très émue.


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Ce prix est attribué toujours quelques jours avant le Salon du Livre d’Ozoir-la-Ferrière. Cette année, il se tient le 21 novembre  au Centre d'Exposition Artistique et Littéraire, Ferme Pereire de 10 heures à 19 heures. Et j’y serai pour des raisons que je ne peux pas encore expliquer parce que bla bla bla, pas encore officiel, bla bla bla…

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Le parrain de cette troisième édition sera Yves Simon (mandorisé, il n’y a pas très longtemps, en compagnie de Luc-Michel  Fouassier).

Il nous explique la raison de sa présence à ce salon.


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 Quelques photos du jury, de l'organisateur, d'habitantes d'Ozoir... avec le livre gagnant...

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(Crédit : La mairie d'Ozoir-la-Ferrière.)
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Macha Méril arrivée un peu en retard et la seule n'ayant pas votée pour Georges Flipo (ce qui est son droit le plus strict!)

 

 

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(Crédit de cette photo : La mairie d'Ozoir-la-Ferrière.)

21 octobre 2009

L'interview de Michaël Furnon!

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L’album de Mickey [3d] est sorti le 21 septembre.

J’ai rencontré le chanteur Michaël Furnon, le 27 juillet dernier.

Plus de 3 mois.

Je ne suis pas bien en avance, dites-moi.

Mon blog passe un peu en dernier actuellement.

Y a du lourd en attente…

Obispo, Michaël Jackson (enfin, son récent biographe) et bien d’autres sont dans les startings blocks.

Je vous propose aujourd’hui mon article sur "La Grande Evasion" écrit pour Virgin.

Puis l’interview découpée pour une "semaine spéciale Mickey [3d]" diffusée sur 77FM.

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Première partie : pourquoi est-il revenue à une formule groupe après avoir tenté une aventure solo?
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Deuxième partie : après "Mickey tout seul", Michaël Furnon sort un album joué en compagnie de 13 musiciens.
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Troisième partie : Pourquoi Michaël Furnon a-t-il un souci constant d'indépendance?
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Quatrième partie : Pour lui, aider les autres artistes est un sacerdoce. Il n'envisage pas le métier autrement.
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Cinquième partie : Michaël Furnon explique pourquoi il a voulu sortie de son image de chanteur social.
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Sixième partie : Le chanteur des Mickey [3d] ne voit pas un grand intérêt à faire de la promo, mais il s'y plie poliment. Il n'aime pas les explications de textes.
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Septième partie : Michaël Furnon a su garder son art des mélodies que l'on retient facilement. Créer des textes et des musiques simples... est-ce facile?

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Huitième partie : Il est un artiste de son temps. Il se sert beaucoup des nouveaux médias pour promouvoir sa musique. Par exemple, il a mis sur Internet quelques clips "maisons" de ses nouveaux titres.
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Neuvième partie: Pour finir, Michaël Furnon nous livre ses sources d'inspirations. En l'occurence, des lieux qu'il a visités et des livres qu'il a lus.
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Après l'interview chez EMI, Michaël Furnon me joue un morceau en privé... "Tu n'enregistres, pas, hein?".
Non.
Dommage.
Voici à présent les teasers dont il est question dans l'interview...

Playmobil:

L'homme qui prenait sa femme pour une plante.

 Paris, t'es belle.

 Méfie toi l'escargot.

On termine avec une page de pub...

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24 septembre 2009

Michel Galabru à Claye-Souilly.

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Hier, je suis allé dans une petite commune seine-et-marnaise située non loin de mon lieu de travail afin d'aller interviewer l'un des derniers monstres sacrés du cinéma et du théâtre français. Je sais qu'il dit ne pas mériter cette appellation et pourtant, il le mérite.
 Il est est résidence avec toute son équipe à l'espace André Malraux depuis quelques jours, afin de répéter la pièce "L'entourloupe".
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C'est un Michel Galabru avenant, mais un chouia fatigué que j'ai rencontré.
Cette interview est destiné à 77FM, donc, les questions sont axées sur l'évènement et sur la région.
C'est ce qu'on appelle "l'alibi local".
Voici le podcast en deux parties de 3mn30 chacune.
Bonne écoute!
Première partie:
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Deuxième partie:

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27 juillet 2009

La lumineuse Luciole...

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Luciole a 22 ans et vient de sortir un délicieux album, entre chant et parlé.

Ombres.

l_6372d4a090b646aa93935c8e51a27ba7.jpgDepuis février dernier, j’ai ce disque à la maison. On me l’avait proposé en interview. Problèmes de planning, de timing ou je ne sais plus quoi…

Il vient de ressortir avec quelques titres inédits (chez Blonde Music/Mercury).

Pour l’occasion, la rencontre a (enfin) eu lieu.

Ce mercredi 22 juillet.

Au Charbon.

Un bar branchouille de la capitale.

Evidemment, j’arrive en retard.

Mon précédent rendez-vous (avec Wax Tailor, bientôt ici, donc) n’était pourtant qu’à 3km 500 de là.

35 minutes pour faire cette distance en voiture... on a vu plus rapide.

La jeune artiste d’origine bretonne est donc là, sirotant un jus de citron.

Souriante, elle est en pleine conversation avec Benoît, son attaché de presse " spécial Web ".

Gars sympathique et efficace.

Je ne vais pas vous écrire le CV de Luciole, il suffit d’aller sur son MySpace. Mais ce que je peux vous dire, c’est que pour ce premier album, elle a travaillé avec l’excellent Dominique Dalcan (dont je vous parlais récemment) et que le résultat est vraiment à la hauteur. Ensemble, ils ont cherché, essayé, expérimenté, recommencé jusqu’au moment où le résultat leur a paru acceptable.

La demoiselle a du talent (même si je préfère quand elle chante que lorsqu’elle slame).

Voici son podcast (dans un joyeux bordel sonore) en deux parties de 4 minutes.

La première :
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La deuxième :
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Et pour clore cette note étincelante, voici les deux premiers clips de luciole.


Ombre
envoyé par luciolesenvole.

A consommer sans modération!

22 juillet 2009

Un (rapide) petit-déjeuner avec Marie-Laure Bigand...

 

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Extrait de la 4eme de couverture du nouveau roman de Marie-Laure Bigand: Clarisse et Emilie ont une vie que tout oppose. Rien n'est fait pour qu'elles se rencontrent. Mais un jour, leurs chemins se croisent dans des circonstances qui pourraient sembler anodines... Jusqu'au jour où le destin va s'en mêler. Ces deux jeunes femmes vont alors s'unir d'une manière surprenante..."

Cela fait longtemps que nous avions décidé de nous rencontrer. Nous sommes deux lecteurs de nos blogs respectifs (le sien s'apelle Les mots partagés), mais ce n’est pas pour cette raison que j’ai tenu à mandoriser Marie-Laure Bigand. Non, c’est parce qu’elle a un sacré talent pour émouvoir et transporter les lecteurs dans ses histoires psychologico-amoureuses. Les deux livres que j’ai lues d’elle, Le premier pas (Editions Pietra Liuzzo) et le nouveau, D’une vie à l’autre (Laure Mare Editions), sont menés tambour battant et écrits d’une plume qui fait jaillir la sensibilité (féminine ?) que j’ai en moi.

Je n’exagère pas.

Marie-Laure Bigand, femme forte et fragile à la fois, sait se montrer convaincante en nous offrant des personnages qui nous ressemblent.
Une romancière dans l'air du temps qui vient de remporter le Prix "Lions Club 2009"pour la région Ile de France Paris, avec son deuxième ouvrage, Le premier pas.

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Nous avons réussi à caler un rendez-vous hier matin à 9h30 devant le Casino d’Enghien. Malheureusement, je n’avais que 30 minutes à lui consacrer. A 10h, je devais filer à Meaux pour aller à la radio. Le temps de trouver un endroit où nous poser (la honte, c’était un Class’Croute… Mandor, tu n’assures pas !) et de l’interviewer, la demi-heure est passée à vitesse grand V. Il faut dire que Marie-Laure Bigand est d’une telle gentillesse et d’une telle générosité qu’on aimerait passer la journée à discuter. Une présence solaire, tout simplement.

 

-Je ne comprends pas que tu ne sois pas dans le cœur du public parmi les Isabelle Jary, les Laurence Tardieu, les Tatiana de Rosnay… tu es de cette trempe là d’écrivain.

 

-Peut-être qu’il me manque un petit quelque chose pour les grosses maisons d’édition parisienne ? Je ne peux pas savoir, car, il est difficile de se juger soi-même. Tu sais, je suis très bien chez Laura Mare. C'est une femme dynamique et je suis certaine qu'elle portera très loin sa maison d'édition.

 

-Tu écris depuis longtemps ?

 

-J’ai commencé à l’adolescence. Il fallait que je sorte ce que j’avais en moi et ensuite, je déchirais. Je ne voulais pas que l’on tombe dessus. Plus tard, j’ai écrit des histoires pour mes enfants. Souvent le soir, j’avais l’irrépressible envie de noiricir des pages. Un jour, j’ai osé franchir le cap en me confrontant aux maisons d’édition. C’est difficile de se faire publier…

 

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-Tu as appris à écrire des romans ou c’est inné ?

 

-Je lis beaucoup, ça c’est un premier point. Et puis, je fais partie de l’association Les Mots migrateurs. Il y a des ateliers d’écritures animés par le président de l’association Philippe Raimbault, auxquels je participe une fois par mois. Ce que j’aime bien dans les ateliers d’écriture, c’est que cela te permet de réfléchir autrement. Quand on écrit, on est dans sa bulle. Il m’arrive de me servir des idées évoquées lors de ces ateliers.

 

-Sinon, j’imagine que tu puises l’inspiration dans la vie que tu mènes, les gens que tu croises…

 

-J’aime beaucoup observer et j’écoute beaucoup. Je me nourris de tout ce que je vois et j’entends. Les gens qui me lisent me disent souvent qu’ils apprécient mes livres pour la psychologie des personnages.

 

-Tes livres évoquent des rencontres qui changent le fil de la vie de chacun des protagonistes, mais pas de manières discrètes. Les destins croisés sont souvent bouleversés.

 

-J’aime bien partir du fait que si je n’avais pas rencontré cette personne, il ne me serait pas arrivé ça… et puis, j’adore ce genre de livre. Isabelle Jarry, Philippe Claudel et Laurence Tardieu sont des auteurs dont je me sens proche. Leurs histoires me parlent et me touchent beaucoup.

 

-Tu crois au destin, au fait qu’il n’y a pas de hasard, que les gens doivent se rencontrer ?

 

-Quand on regarde bien le parcours de nos vies, on se dit que si on n’avait pas vécu ça, il ne nous serait pas arrivé ça.

 

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-Avant de commencer un livre, tu fais quoi ?

 

-J’ai toujours un fil conducteur, mais je ne sais pas toujours ce qui va se passer en écrivant. J’ai des personnages qui arrivent, des situations que je n’avais pas prévues… c’est ça la magie de l’écriture.

 

-La passion de l’écriture te dévore-t-elle ?

 

-Même quand je n’écris pas, je sais que je suis toujours avec mon livre. Je suis souvent un peu dans la lune, ce n’est pas toujours évident pour ma famille.

 

-Justement, ta famille, comment voit-elle ta vie de romancière ?

 

-Ils m’encouragent, me soutiennent et, d’après ce qu’ils me disent, aiment bien mon travail (rires). Non, franchement, ils m’aident à croire en moi, parce que, sur ce point là, j’ai du mal. Je manque de confiance…

 

-Tu as aussi un blog, que, soit dit en passant, je lis depuis longtemps. Pourquoi t’es-tu réservé un espace virtuel ?

 

-Quand j’étais en séance de dédicaces, les gens qui venaient me demandaient si j’avais un blog. Je disais que non, et comme j’avais plusieurs personnes autour de moi qui en avaient, je m’y suis mise. C’est une façon pour moi de parler de mon actualité littéraire et puis comme je lis beaucoup, j’en profite pour faire partager mes coups de cœur littéraires. Ça permet aussi d’échanger et de faire de belles rencontres.

 

-Le quatrième roman en cours d’écriture parle de quoi ?

 

-C’est l’histoire d’une femme qui est à bout de beaucoup de choses. J’aime pousser mes personnages pour les faire réagir. Je n’en dirai pas plus. C’est un roman intimiste.

 

-Dans ton œuvre, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. La vie de tes héros peut vite basculer vers une série d’événements étranges.

 

-C’est simplement la vie. Je suis sûr qu’il y a des situations encore plus particulières dans la vraie vie de certaines personnes. La fiction est parfois moins forte que la réalité.

 

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Après l'interview... hier matin au Class'Croute (je sais, l'endroit fait rêver...).

10h00.

Il est temps de nous séparer.

Je m’excuse 1000 fois de ce départ précipité.

Nous nous promettons de nous revoir plus longuement… et pour ma part, ce sera avec beaucoup de plaisir. 

Marie-Laure Bigand mérite une visibilité plus importante. Lisez-là, vous comprendrez.

10 juillet 2009

Jean-Louis Murat avec un petit goût d'inachevé...

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Ce mardi, mon rendez-vous avec Jean-Louis Murat à l’hôtel Les jardins du Marais, ne commençait pas sous les meilleurs auspices.

Rendez-vous à 10h45 jusqu’à 11h30. Pour parler de son prochain album Le Cours Ordinaires des Choses (sortie le 21 septembre).

Les embouteillages à Pierrefitte, les feux rouges parisiens à foison…etc. ont eu comme conséquence un retard pas conséquent.

Je déteste être en retard !

Je déboule dans le rue Amelot à 10h47.

2 minutes de retard… l’inimaginable pour Mandor.

Pas de place, of course.

Ah si ! Une grosse place spéciale LIVRAISON devant l’hôtel.

C’est bonnard.

Le pied !

Les dieux des journalistes sont avec moi.

 

Je me gare consciencieusement.

Je me dirige vers Carine, l’attachée de presse de chez Polydor/Universal qui gère la journée « interview Murat avec la presse écrite ». Je lui demande de m’excuser pour mon retard impardonnable, me répond que « ces deux minutes-là ne seront pas inscrites dans mon dossier ».

Je lui explique je me suis garé devant l’hôtel. Qu’elle jette un coup d’œil de temps en temps, merci !

Nous allons de concert dans la chambre du chanteur. Murat est avec Philippe Barbot. Journaliste fort respectable spécialisé dans la chanson française (dont je lis les articles depuis des années et son blog depuis quelques mois). C’est lui qui va écrire la petite bio envoyée aux journalistes pour présenter son nouvel opus (que je vais donc recevoir dans quelques jours). Carine me le présente, puis il quitte la suite/chambre. Jean-Louis Murat a toujours été sympathique avec moi (lire ma première mandorisation du monsieur), mais je crois que, plus généralement, il est beaucoup plus conciliant avec les gens de la presse écrite qu’avec les animateurs de télévision. Je lui fais vite remarquer que la dernière fois que nous nous sommes vus, il y avait du vin rouge et qu’aujourd’hui, nous étions à la Vittel. « C’est la crise pour tout le monde, mon bon ami ! » me répond-il.

 

image001.jpgInterview :

 

-Parlons de cet album enregistré à Nashville. Ça vous a apporté beaucoup de changer d’environnement et de rencontrer des musiciens qui sont de grosses pointures ?

 

-Ça m’a apporté de la confiance en moi. Je n’en menais pas large, mais, finalement, je me suis senti comme un poisson dans l’eau. Les musiciens de là-bas sont les antis requins de studios que l’on connait en France. Ils sont extrêmement attentifs, disponibles et gentils.

 

-Ils sont curieux de savoir avec quel chanteur français ils vont jouer ?

 

-A un point que vous ne pouvez pas soupçonner. Sur Internet, ils voulaient même voir où j’habitais, ils me posaient 1000 questions, bref, des gens curieux et normaux. Cela dit, quand je suis arrivé à Nashville, avant les palabres, nous avons joué directement. Je suis arrivé les mains dans les poches, le patron du studio m’a prêté une guitare, les musiciens se sont assis en rond autour de moi et j’ai chanté quelques-uns des morceaux que je voulais enregistrer avec eux. Je savais parfaitement ce que j’avais à faire. Il faut dire que j’ai l’habitude, c’est quand même mon 25e album que je produis, je connais donc tous les rouages de ce métier. Il était évident pour moi, qu’en arrivant, il fallait que je sois super pro parce que j’arrivais dans le monde des pros. Mais, pas dans le sens péjoratif. Je parle de comment les studios sont tenus, la maintenance, le matériel, l’égalité entre le réceptionniste et l’ingénieur du son, tout ça est d’un extrême professionnalisme et d’une extrême gentillesse.

 

-Il y a dans ce disque une ambiance très « Nashvilienne ». Excusez cette saugrenue question, mais, épouse-t-on obligatoirement le style musical du lieu où on enregistre ?

 

-Je ne vois pas les choses comme ça. Avec l’ego que j’ai, je n’allais pas à Nashville pour faire de la musique américaine. Je n’ai d’ailleurs pas laissé beaucoup de latitude aux musiciens pour faire autre chose que ce que j’avais envie de faire. Mes chansons étaient hyper cadrées, il était difficile pour les musiciens d’en sortir. Si ça sonne très « Nashville », ça sonne aussi très « Murat » et très « français » aussi.

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-Ce qu’il y a d’étonnant avec vous, c’est qu’à chacun de vos albums, on ne sait pas ce qui nous attend. Par exemple, même quand vous chantez Baudelaire, le style Murat est là, bien ancré.

 

-Le style fait l’homme. Je tente de poser ma marque sur ce qu’on est et ce qu’on fait.

 

-Vous êtes toujours « maître à bord » quand vous enregistrez et on vous dit très dirigiste.

 

-Je suis très bien dans ce genre de situation. J’aurais été très très bon à la guerre. J’aurais été excellent colonel de cavalerie. J’aime bien avoir une vision et donner des indications à chacun. J’ai une mentalité de chef, ça, c’est sûr. Depuis l’école. Je n’ai jamais joué au foot et au rugby si je n’étais pas capitaine. Je ne sais pas d’où ça vient, mais c’est comme ça.

 

arton1742-54dbf.jpg-Vous avez combien de chansons d’avance ? Vous êtes à ce point prolifique que j’imagine vos tiroirs déborder de chansons non utilisées.

 

-Détrompez-vous. J’écris au fur et à mesure.

 

-Ce qui fait que vous sortez un album par an. À chaque rentrée, son Murat nouveau.

 

-C’est vrai. Après avoir terminé celui-là, je rentre dans une espèce de dépression, quasi géographique et géologique du terme. Je m’emmerde tellement à ne rien faire que les chansons arrivent naturellement.

 

- Le message de votre chanson « Chanter est ma façon d’errer » est que vous n’êtes bien que lorsque vous créez et chantez.

 

-Je me demande si tous mes efforts pour faire des disques, pour avoir une petite place je ne sais où, ce n’est pas uniquement dans le but d’avoir quelques minutes de grande satisfaction d’être sur scène. Dans ce cas de figure, je ne sais plus où je suis, je ne sais plus ce que je fais, j’ai une sorte d’oublie de tout. Mon disque dur est déconnecté. Je ne me souviens jamais de ce qu’il s’est passé après un concert. Ce sont toujours les gens de la technique qui me précisent ce qu’il s’est passé.

 

-Vous êtes en transe ?

 

-Ça ressemble à ça. Le retour à la réalité est super difficile. Tu rebranches le disque dur, tu as toutes les emmerdes qui reviennent. D’ailleurs, ce pauvre Michael Jackson, c’est la réalité de la vie qui l'a tué, pas son job. Les artistes ne peuvent pas passer leur temps dans l’irréalité de leur travail. Il y a une certaine façon de faire le job qui suppose qu’on meurt jeune. Pour rentrer dans la légende, il faut mourir jeune. Quand on vit au ralenti, on vit longtemps. Michael Jackson était l’envers de tout le monde.

 

-Vous ne voulez pas rentrer dans la légende rassurez-moi ?

Il se marre.

-Non, non, c’est foutu, j’ai passé les 50 ans.

 

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-Vous n’avez pas la langue de bois, ça, c’est un fait. C’est parce que vous ne voulez pas perdre votre temps en palabres inutiles.

 

-C’est très couteux, vous savez. La satisfaction que j’ai a laissé aller ma nature, à dire ce que je pense tout à fait franchement à la télévision, c’est amusant, mais ça me coûte cher. Je trouve profondément immoral de parler au nom de la morale. Comme on est dans une époque très morale, être comme je suis, sans concession, est un signe d’idiotie et pas un signe de clairvoyance. J’ai un côté impulsif qu’on a tous dans la famille. Ma mère réagit au garde de tour, mes sœurs, c’est encore pire. Moi, je suis peut-être le moins réactif de toute la famille.

 

-Bonjour les repas familiaux !

 

-Oui, ça chauffe souvent !

 

-Votre chanson Comme un incendie est extrêmement dure envers la société et les gens qui la composent. Et envers vos origines auvergnates.

 

-Il ne faut pas se voiler la face, je suis le fruit de siècles de pochetronneries et de baises entre cousins. Sur moi, ça a produit un certain nombre de comportements incontrôlables et pas toujours justifiés.

 

485.jpg-Dans M le maudit, on comprend que vous parlez de Murat. Vous vous sentez vraiment poète maudit ?

 

-Je vis comme une malédiction d’avoir une telle vie. Je me suis trompé de temps. Je ne vais pas pour cette époque.

 

-Je vous aurais bien vu au temps des croisades…

 

-Toute période de guerre m’aurait plu. J’aurais aimé être chef de guerre.

 

-Vous croyez en la réincarnation. Pensez-vous avoir eu ce genre de vie ?affiche_concerts_09.jpg

 

-Je l’ai toujours pensé. Dans ma première chanson, Suicidez-vous, le peuple est mort, le type qui me produisait avait inventé un slogan pour vendre mon disque : "Avant, j’étais un héros!" Je n’ai jamais dépassé ce truc-là. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir une sous-vie, d’avoir juste la mémoire d’une vie antérieure. Le cours ordinaire des choses (NDLR: titre de son nouvel album) ne me va pas du tout, car j’ai l’impression d’avoir vécu 1000 choses passionnantes avant.

 

-Le combat par les armes est plus important que le combat que vous menez… le combat par les mots ?

 

TOC TOC TOC !

 

Je dis à Murat : « Quoi, déjà, je devais avoir trois quarts d’heure, là, ça fait tout juste 20 minutes ».

Le poète auvergnat se lève pour ouvrir.

 

-François, viens vite, on enlève ta voiture ! Grouille !

 

-Putain ! dit Murat.

 

Il m’ordonne presque de filer au plus vite en éteignant mon magnéto.

En courant, Carine parvient à me préciser qu’elle a demandé à l’homme qui enlève les véhicules des mauvais « gareurs » de m’attendre.

 

En arrivant dans la rue, je vois ma voiture dans le camion d’enlèvement et un conducteur, l’air goguenard, qui attend mes explications.

 

- ‘Tain, pourquoi vous enlevez juste ma voiture à moi ? Regardez, derrière une voiture est garée sur un passage piéton et là et là des voitures garées en double file qui gênent carrément la circulation.

(Et là, je me dis que l’homme n’est qu’un sale délateur.)

 

-Oui, ben, hein, c’est pas moi qui décide, m’sieur ! Regardez.

 

Il me présente une machine sur laquelle sont mentionnés des numéros de plaques d’immatriculation, la mienne en première position.

Il me tend aussi une feuille qui indique que l’enlèvement de ma pauvre Fiat Panda bleu électrique a été demandé à 10h49.

10h49 !!!

Je suis arrivé à 10h47.

A croire que les policiers étaient cachés en m’attendant rien que pour me faire chier.

(Et là, je me dis que l’homme croit que la planète tourne autour de son nombril.)

 

J’explique à mon kidnappeur de voitures, au demeurant pas méchant, que je suis journaliste, que j’avais rendez-vous avec un chanteur, que j’étais très en retard, qu’il n’y avait aucune place à proximité, que bon sang de bonsoir, je ne gène personne ici devant un hôtel, que je suis forcément de passage, que, merde, pourquoi, c’est ma voiture qu’on enlève ?

 

-Calmez-vous monsieur. J’appelle la police, ils viennent, vous faites un chèque de 126 euros et vous repartez avec votre voiture.

 

Ah ! Cool ! Bon, je ne vais pas être obligé de me rendre à la fourrière, c’est déjà ça.

J’accepte sa proposition.

Et nous attendons.

Carine vient aux nouvelles. Je lui dis de faire passer le prochain journaliste, je finirai mon interview après lui.

25 minutes plus tard, j’attends toujours. Carine me rapporte, mon magnéto et mon sac que j’avais laissé dans la chambre. Je suis à deux doigts de péter un câble.

10 minutes plus tard, une policière arrive en scooter.

Gentille.

Mais elle fait son boulot. Je lui signe un chèque de 126 euros. En remerciement, elle me tend un PV de 35 euros. J’hésite à la remercier.

On me rend ma voiture.

Mais, je ne trouve aucune place pour me garer et finir ma conversation avec Murat. Au bout de 20 minutes de recherche, je capitule. Me gare de nouveau devant l’hôtel, file rejoindre Carine et lui annonce que ne trouvant pas de place, je ne terminerai pas l’interview. En quittant l’hôtel, je croise Jean Théfaine, (dont je lis les articles depuis des années et le blog depuis quelques mois). Nous nous saluons, mais je suis trop énervé pour engager une conversation plus poussée.

Je repars chez moi écœuré et ruiné.

161 euros l’interview non terminée de Jean-Louis Murat… qui dit mieux ?

Sinon, Murat est un grand poète, rare et possédé par de beaux esprits.

Je me dis que rencontrer un homme comme ça n’a pas de prix.

La positive attitude…

29 juin 2009

Luc-Michel Fouassier raconte Richard Bohringer...

Luc-Michel Fouassier est devenu un ami. Je l’ai rencontré il y a presque un an car il est l’organisateur du Salon du Livre d’Ozoir-la-Ferrière.

Et auteur aussi.

Je l’ai donc mandorisé là.

Puis ensuite, je l’ai invité deux fois à la FNAC Val d’Europe en bonne compagnie. (Elle et lui).

Et un jour il m’a invité pour un déjeuner mémorable avec un chanteur que j’affectionne depuis longtemps.

Bref, on est devenu ami.

Quand j’ai reçu Richard Bohringer à la FNAC Val d’Europe, il est venu voir.

 Ça lui a donné des idées.

Et Luc-Michel Fouassier, quand il a une idée derrière la tête… il la concrétise.

Je lui ouvre les portes pour me raconter, à ma manière, les coulisses de son café littéraire.

Voici donc son texte reçu hier soir (à ma demande):

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7342 minutes

Richard Bohringer au café littéraire d'Ozoir-la-Ferrière

 

J'ai toujours adoré le tennis. Et cela est peut-être dû à la façon dont on compte les points. Tant que la dernière balle n'a pas rebondi deux fois, il reste toujours un espoir de renverser la situation. Combien de victoires restées célèbres dans les annales après un retard de deux sets à zéro et une remontée fantastique !

Jamais, cependant un match n'a duré 7342 minutes.

De ma rencontre avec Richard Bohringer, je suis sorti épuisé après une tension terrible tout au long d'une semaine qui m'a semblé ne jamais vouloir finir. Mais ça valait le coup. Avec Richard, nous ne nous sommes pas serré la main au-dessus du filet, nous nous sommes pris dans les bras l'un et l'autre.

Que je vous raconte cette semaine. Chronologiquement !

 

Lundi 8 juin, 15h20.

Sur mon portable, appel émanant des bureaux de Gilles Paris, l'agent de Richard Bohringer. Dernières mises au point avant la venue de Richard au tout nouveau Centre artistique et littéraire d'Ozoir-la-Ferrière, le samedi suivant. En tant que délégué à la gestion de l'événementiel littéraire, j'animerai la rencontre. Je propose de venir chercher Richard sur Paris. Je suis rassuré, la semaine précédente, Richard avait annulé une dédicace qu'il devait faire en province.

A Ozoir, tout le monde se réjouit de sa venue. Les affiches ont fleuri sur les panneaux de la ville. Jean-François Oneto, le maire, est impatient d'assister à la rencontre.

 

Mardi 9 juin, 10h46.

Nouvel appel. Richard annule toutes ses dates en juin pour quelques soucis de santé. Coup de massue sur ma tête. Je m'étais préparé depuis des semaines, revoyant sans cesse mon interview, depuis toutes ces années que je suis la carrière du bonhomme, j'ai tout lu (de C'est beau une ville la nuit à Bouts lambeaux), tout vu (même L'Italien des roses), tout entendu (ah, les heures de gloires d'Europe 2, le dimanche soir). Tout s'écroule !

J'appelle en urgence le service communication pour qu'on annule tout. Ordre est donné d'imprimer les bandeaux que j'imagine déjà et qui me vrillent le cœur, portant la mention annulé. Nous contactons les médias pour leur annoncer la triste nouvelle.

 

Richard_Bohringer_008[1].jpgMardi 9 juin, 12h39.

Je suis doublement triste. L'événement est annulé certes, mais Richard ne doit pas être en forme. On m'a donné son numéro de portable. J'hésite à l'appeler. Composer le numéro d'un géant comme ça, pour moi qui le voyais à la télé, quand j'étais gamin, sur TF1, au cinéma du dimanche soir, c'est pas rien.

Je tape les dix chiffres sur le clavier de mon téléphone. Je flippe.

La voix mythique de Richard là-bas. Eraillée.

Allo, Richard Bohringer ? Je vous appelle d'Ozoir. Je suis inquiet, ça va ? J'ai appris que vous annuliez vos dates. Je voulais savoir si ça allait, je veux dire, rien de grave...

Et là :

Non, pour toi, je viendrai. Tu prends de mes nouvelles. Alors, je viendrai.

Merci Richard !

Je raccroche. Je n'y crois pas encore. Je suis abasourdi. Tremblant. Vite rappeler les services en mairie.

 

Mardi 9 juin, 12h46.

Allo ? On relance tout !

 

Mardi 9 juin, 13h51.

Sonnerie. Je décroche. La voix éraillée. Tu passes me chercher à l'hôtel L... Samedi à midi. OK ?

Merci Richard. Merci.

 

Mercredi 10 juin, 11h17.

Agence Gilles Paris. Rendez-vous confirmé. Richard tient absolument à venir sur Ozoir. Nous nous en réjouissons et nous excusons pour l'appel d'hier.

 

Durant trois jours, je peaufine mes interventions. J'hésite à appeler mon ami François Alquier pour lui demander des conseils. J'y renonce, ne veux pas le déranger, il a tant à faire.

 

Samedi 13 juin, 11h31.

J'arrive sur Paris, j'essaie d'avoir Richard au téléphone pour lui dire que j'arrive bientôt. Rien. Boîte vocale. A-t-il oublié ? Tout le monde l'attend à Ozoir et si ça se trouve, il a oublié et se trouve loin de Paris à l'heure qu'il est ! J'angoisse.

Heureusement, le fait de trouver une place boulevard St-Germain, juste devant l'église me rassérène. La chance est avec moi.

 

Samedi 13 juin, 11h45.

Alors que je marche Rue de Seine, pour me rendre au lieu de rendez-vous, j'entends une voix éraillée, à une terrasse. Mon cœur explose. Richard est là. Il prend son petit-déjeuner. Il n'a pas oublié. Nous nous serrons la main.

 

Samedi 13 juin, 12h02.

Richard claque la portière de la voiture. Je démarre. En route pour Ozoir...

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Richard Bohringer se faisant interviewer par Luc-Michel Fouassier.
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Le fils de Luc-Michel Fouassier, Louis lisant un texte de Richard Bohringer (très ému).
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Séance de dédicaces après la conversation...

 

La salle était pleine. Cela a commencé par une standing ovation. Une petite fille a offert une rose à Richard. Très vite, j'ai abandonné mes questions qui m'ont paru trop réfléchies, pas assez spontanées. Richard a été comme un torrent de montagne qui saute au-dessus des mottes de terre, se fracasse sur les rochers mais qui continue quand même son chemin... Il nous a tous emmenés avec lui...

 

Samedi 13 juin, 17h42.

Rue Mazarine, Richard me demande de le déposer là, presque à l'angle du carrefour de Buci. Nous ne nous serrons pas la main, nous nous embrassons.

Merci Richard.

 

Cette semaine a duré 7342 minutes et quelques années... 

 

Luc-Michel Fouassier.

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Le maire d'Ozoir-la-Ferrière, Jean-François Oneto, avec le comédien/auteur.
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Madame Oneto, la femme du maire, offrant un livre sur Ozoir-la-Ferrière.

09 juin 2009

Ridan... des mots à Meaux.

blocridan.jpgAvant de partir en tournée, Ridan a eu la bonne idée de venir à Meaux en résidence au Théâtre Luxembourg, pour répéter, répéter et répéter.

En résidence, ça veut dire qu’il reste quelques jours au même endroit.

Un chanteur, faut pas qu’il reste à côté de Mandor plus de 5 minutes, sinon, Mandor il débarque.

C’est sûr.

Alors 4 jours…

C’est de la provoc !

Donc, cet après-midi, je l’ai interrompu pendant le « filage ».

Je sais… Ridan a été mandorisé récemment (avec interview filmée et tout et tout…), mais je ne résiste quand même pas.

Suis incorrigible.

Mais, le Ridan, je lui trouve beaucoup de talent.

Il a mis dans son troisième album, "L'un est l'autre", une énergie particulièrement solaire et fédératrice, dont les relations humaines et affectives sont le fil conducteur.
J'aime bien le concept.

77FM, soit dit en passant, on a fait gagner des places pour le concert privé de demain soir.

Une sorte de générale… mon caporal!

Voici quelques clichés de l'interview de tout à l'heure... dans sa loge du théâtre Luxembourg.

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Merci à Valentin Marcinkowski pour les photos...
Et voici, pour clore cette note, une vidéo de Ridan enregistré à Cap 24.
(Parce que le clip de "Passe à ton voisin", je l'ai déjà présenté dans ma précédente note sur le monsieur...)

07 juin 2009

Polo et Ami Karim dans un parc meldois...

L’un est l’ancien leader du groupe des années 90, Les Satellites.

Groupe de rock alternatif, parfois légèrement punk, qui a bercé une période de ma vie.

Pour les nombreux nostalgiques de ces fous déjantés... Les situations claires, en 1990.

A découvrir sur un site officiel plutôt bien ficelé.

Polo, donc.

Il vient de sortir son cinquième album solo chez Atmosphériques.

Alexandres.

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Dans ce disque, il explore, s'approprie et réinvente d'anciennes formes fixe de poésie, (ballades, odes, rondeaux redoublés, vers mêlés...) pour nous offrir douze chansons écrites pour la plupart en alexandrins. Une écriture en "trompe l'œil", dont le lyrisme touffu et le sens du détail réjouissent l'esprit et l'oreille.
Alexandres est réalisé par Régis Ceccarelli (Souchon, Henri Salvador, Abd Al Malik...) et le compositeur Olivier Daviaud (Dionysos, Jacques Higelin, Emily Loiseau...) qui signe ici de somptueux arrangements.


"Alexandres", making off

Vous en apprendrez plus sur Polo en allant ici.

Son site officiel.

Sa première mandorisation.

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L’autre est Ami Karim, un slameur qui a sorti un très bel album l’année dernière chez EMI.

Eclipse totale.

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Un artiste à la plume frontale, sans concession et poétique.

« Peu de métaphores directes, beaucoup d’images filées. Il scrute et embrasse le quotidien. Qu’il finit par transcender. Il part du personnel, du visuel, de l’équivoque, du ressenti ou du cocasse. Un impressionniste du quotidien », explique ce site, plutôt acquis à sa cause.

Ami Karim travaille avec l’équipe de Grand corps malade. Mais pas que. Plus diversifié musicalement que son pote de Saint-Denis.

 

Son site officiel.

Sa première mandorisation.

Avant-hier (vendredi 5 juin), ces deux artisans des mots sont venus au Parc Chenonceau de Meaux en compagnie de 200 collégiens de la ville pour présenter leurs travaux réalisées lors des Ateliers Muzik’Elles 2009.

Un vrai challenge que de faire travailler des classes entières sur un thème commun.

Et quel thème ! « Les femmes de tous les temps ».

Comme je les connais tous les deux et que je les apprécie, je suis passé les interviewer.

Dans un contexte assez inhabituel.

Portfolio.

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Au loin, sur la scène... de gauche à droite: un élève, Ami Karim et Polo.
(Les loupes ne sont pas transmises par Mandor!)
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Ami Karim... seul sur scène.
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Les deux artistes et leurs "élèves".
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Polo en pleine conversation avec Mandor (et sa chemise fichtrement bien repassée)...
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Ami Karim, Polo et un journaliste/blogueur qui continue à bloguer quotidiennement, même si ce n'est plus à la mode...

 

27 mai 2009

Visitez la planète Mars!

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Je ne connaissais pas du tout Frédéric Mars, par contre, Frédéric Ploton (qui avait naguère un blog), c’est quelqu’un que je vois de temps en temps, pour refaire le monde, le milieu littéraire et sa comédie humaine…

…plus beaucoup d’ailleurs, en ce moment.

Une histoire d’agendas respectifs un peu chargés, quelque chose comme ça.

Bref, Mars est Ploton, c’est le même.

Deux auteurs, mais chacun avec ses spécificités.

L’un écrit des romans, l’autre est auteur multi fonctions (voir quelques-uns de ses ouvrages, pour vous faire une idée. Et puis là aussi.).

 

Nous nous sommes quand même donné rendez-vous récemment dans un bar parisien (La Machine à écrire), à l’occasion de la sortie le 20 mai dernier de son dernier (deuxième) roman, L’amour est une femme, en poche chez J’ai lu.

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Avant le condensé de l’interview, le « pitch » de l’Amour est une femme (quel joli terme, messieurs les académiciens ! Remerciez Saint Ardisson…) :

 

Paris, printemps 2010.

Tom Albrecht, 38 ans, journaliste reporter d'images pour la chaîne d'information en continue américaine Fly News, part en reportage en Irak, un pays toujours déchiré par une guerre civile qui n'en finit pas. Une manière pour lui de fuir la douleur de sa récente séparation de Louise, sa femme depuis 15 ans. À peine quelques jours sur place et il est victime d'un attentat qui vise le bus de journalistes étrangers dans lequel il se trouve. Plus de deux mois plus tard, il se réveille dans le service de neurochirurgie du Professeur Ledor, à l'hôpital militaire du Val de grâce. Il est le seul rescapé… mais des pans entiers de sa mémoire lui font défaut. Seul soutien à son chevet, Jamie, son cadet au comportement d'aîné, qui produit pour le compte de la chaîne publique La Seconde une émission de télévision exceptionnelle dans le service même où Tom a été admis : l'Ultime voyage ou, pour la première fois, la retransmission en direct de ce que voit un homme en train de mourir.

 

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Mandor : Pourquoi as-tu changé de nom ?

 

51jCvbCfviL__SL500_AA240_.jpgFrédéric Mars : Depuis le début, en 2006 pour Son parfum, j’ai voulu prendre un pseudo. Mais, l’éditeur n’a pas voulu pour des raisons un peu obscures. Avant mon premier roman, j’écrivais déjà beaucoup de bouquins et j’estimais qu’il ne fallait pas mélanger les genres. Une commande n’est pas comme un roman perso. Dans notre beau pays, les gens ont du mal à comprendre qu’une seule personne peut avoir plusieurs genres, plusieurs registres à son actif. Et qui plus est, si l’un des registres est de l’érotique et du sexe… Et puis, franchement, je n’ai pas un beau patronyme. Ploton, ça ne sonne pas comme Saint Exupéry… Je me suis donc refait une virginité en changeant de nom.

 

Mandor : Mars… pourquoi ? Parce que Ploton ressemble à Pluton ? Une histoire de planète ?

 

Frédéric Mars : Je n’y ai même pas pensé une seconde. Non, simplement, je voulais garder mon vrai prénom qui comporte trois syllabes, donc il me fallait un pseudo court. Je me suis amusé à faire des espèces d’acronymes, associations de lettres qui définissaient mon projet « romanesque ». Je suis arrivé à ce résultat : Merveilleux, Amour, Recherche scientifique et Sensualité.  Tu sais, j’ai fait des études de marketing et c’est une vieille ficelle que d’employer un terme que les gens connaissent déjà. La barre chocolatée, la série Véronica Mars, la planète ou le mois… Mars parle à tout le monde.

 

623.jpgMandor : Son Parfum, c’était plus Amour et Sensualité que Recherche scientifique et Merveilleux, non ?

 

Frédéric Mars : Oui, tu as raison. L’amour est une femme, lui, est plus Recherche scientifique et Merveilleux. Le prochain projet alliera tout ça, je pense. Je suis d’ailleurs en cours d’écriture de mon 3e roman, pour les éditions Michel Lafon. Toujours un récit où l’imaginaire est roi… mais qui m’emmène bien loin de mes intrigues contemporaines habituelles, puisqu’il s’agit cette fois d’un thriller historique, situé en des temps reculés. Une période clé de l’histoire de l’humanité.

 

Mandor : Tu me tiendras au courant… Pour en revenir à L’amour est une femme, sa construction narrative est compliquée. Il y a beaucoup de flash-back, du rêve, de la réalité, des phantasmes… le présent, le passé s’entrechoquent souvent. Mazette, quel boulot !

 

Frédéric Mars : Je procède comme un scénariste. J’ai un synopsis très détaillé. Séquence par séquence. Dans ce livre, il y en a une trentaine, dans laquelle je place tous les tenants et les aboutissants. Qui intervient, ce qu’il s’y passe, d’où ça vient, vers où ça doit aller…etc.  Je structure énormément, mais je me laisse aussi surprendre. Mes personnages m’amènent parfois dans des directions que je n’avais pas toujours prévus d’une scène à l’autre.

 

Mandor : Comment peut-on parler de L’amour est une femme sans trop déflorer le sujet ? C’est extrêmement compliqué de parler de MARS-2008616-1342-b.jpgce roman.

 

Frédéric Mars : J’ai eu du mal pour la promo. Il fallait que je trouve un discours standard afin que j’en dise suffisamment pour un peu accrocher, mais pas trop. Si je vais au-delà de la page 30, j’en dis déjà un peu trop.

 

Mandor : Comment conçois-tu ta « carrière » littéraire ?

 

Frédéric Mars : Je veux faire des livres faciles à lire, dans des registres plutôt populaires. A la Douglas Kennedy…

 

Mandor : Tu es un touche à tout éditorial, tu n’as pas l’impression d’être né dans le mauvais pays ?

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Frédéric Mars : Souvent, je me le dis. Aux États-Unis, les gens qui écrivent et qui foisonnent d’idées, de concepts sont admis plus facilement qu’en France. Là-bas, ils sont même valorisés. En France, il faut rester dans un seul domaine.

 

Mandor : Vous êtes peu nombreux en France à vivre de votre plume.

 

Frédéric Mars : Effectivement, je suis très sollicité sur de multiples projets. Je vais vers ce qui m’intéresse et j’en suis à un point ou je peux me permettre de ne pas faire n’importe quoi. Je ne veux écrire que des livres qui ont du sens.

 

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Les photos prises à La Machine à Ecrire ont été réalisées par Mandor et son déclencheur automatique...
Mal réglé, comme en témoigne ce dernier cliché.

08 mai 2009

Agnès Abécassis: La grande interview!

Alors bon, j’avais lu consciencieusement son livre. Tout en m’arrêtant parfois pour sourire franchement (voire, soyons fou, bien rigoler !). Comme d’habitude, je m’étais dit avant de commencer Chouette une ride ! que ça n’allait intéresser que les femmes.

Parce que les hommes, hein, les rides, ça ajoute à leur charme !

C’est bien connu.

Agnès Abecassis (mandorisée pour son précédent livre, ici) à l’art de faire rire avec des événements de  la vie quotidienne. Des petites histoires qui deviennent hilarantes sous sa plume.

Donc, j’avais pris plein de notes judicieuses, extrêmement originales et qui allaient permettre de réaliser une interview hors du commun.

(Pour faire simple : mon talent de journaliste au service de la littérature d’aujourd’hui.)

(Un truc à la Pivot/Soljenitsyne… bref, « un grand entretien » bientôt édité par l’INA.)

 

Donc, nous avons tenté de nous donner rendez-vous plusieurs fois.

Sans succès.

(Nous avons tous les deux des agendas à faire pâlir de jalousie Barak Obama, Nicolas Sarkozy, Sylvio Berlusconi et Tatiana de Rosnay réunis.)

Et puis, nous nous croisons au dernier Salon du Livre de Paris.

Le 15 mars 2009 dernier.

(Pour être honnête, je suis passé la voir alors qu’elle dédicaçait à tour de doigts ses ouvrages.)

(Toute l'après-midi, elle a signé non stop...)

 

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-Hello Mandor ! (Agnès est parfaitement bilingue !)

-Bonjour Agnès ! (Pas moi.)

 

Et nous papotons de manière un peu hachée, car ses lectrices s’impatientent.

 

-Comme nous n’arrivons pas à caler un moment pour nous voir, on peut faire la mandorisation tout à l’heure ? Je finis à 16h… tu n’as qu’à venir me chercher et on se met dans un coin tranquille. D’accord, merci à tout à l’heure !

 

Et une nuée de lectrices me chassent du stand en me jetant des pierres.

 

Un coin tranquille au Salon du Livre.

Décidément, Agnès Abécassis à un sens inné de l’absurde.

Bien.

J’ai lu le livre il y a plus d’un mois.

Il est à la maison et mes notes (vous savez, celles qui allaient changer la face du monde de l’interview… et patati et patata) sont dans l’ouvrage en question.

 

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Pub dans Elle (pleine page).

Je calcule mentalement la probabilité qu’elle et moi parvenions à nous libérer dans les prochains jours.

Je veux dire, pour réaliser l’interview de la mort qui tue (et qui éventuellement pourrait déchirer sa race.)

Aucune probabilité, ni à court, ni à moyen terme.

 

Je reviens donc la chercher à l’heure pile (+10 minutes).

Le coin tranquille est donc le stand d’en face celui de Calmann-Lévy.

 

-Viens, installe-toi à côté de moi. On n’a qu’à faire ça là.

 

Nous voilà donc assis côte à côte face à une pile de livres d’Agnès.

Le stand du Livre de Poche est lui aussi, fichtrement visité.

 

Et là…

 

Je ne sais absolument pas quoi poser comme question.

Je sèche, je cale, je tremble, j’étouffe, je vomis la bière précédemment ingurgitée avec Emmanuelle Urien, je me ressaisi…

…et je parviens à me lancer.

 

- Comment t’est venue l’idée de parler des rides et du temps qui passe ?

 

(La puissance phénoménale de la question. Vous la ressentez ?)

 

Agnès éclate rire.

 

- C’est juste la question qu’absolument tout le monde me pose.

 

- Bon, bon…je passe à une autre question. Est-ce qu’avant de débuter un nouveau livre, tu te demandes « de quoi je vais parler » ? … Agnès, Agnès ?

 

Je ramasse Agnès, écroulée de rire sous la table.

 

- Tu tu tu… as déjà essayé d’écrire un livre ? parvient-elle à extraire de sa bouche entre deux reprises de respiration. Ah ! Tu es marrant quand tu déconnes !

 

- Euh…

 

- Allez, vas-y, je t’écoute.

 

- Hum ! Non, mais j’insiste un peu là. Pourquoi as-tu choisi de parler des femmes qui prennent de l’âge ?

 

- Quand ma fille est entrée en 6e, ça m’a mis un méchant coup de vieux. Là, j’ai réalisé qu’elle devenait concrètement une adolescente avec tout ce que cela implique comme transformation, comme changement d’attitude physique et intellectuelle et que, du coup, ce n’était plus moi la mère adolescente insouciante. Par contre, c’est moi qui allait devenir has been… j’ai réellement pris conscience que le temps passait. Ce « collège blues » a été temporaire, mais il m’a donné l’idée de ce livre.

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Article dans Prima.

 

- Tu as finalement exorcisé cette pseudo angoisse en écrivant Chouette une ride ?

 

- C’est comme ça que je fonctionne, j’exorcise. J’exorcise mes angoisses et comme j’ai beaucoup d’angoisses, j’ai beaucoup de matières.

 

- C’est un sujet grave les rides qui se pointent ?

 

- Non, c’est un sujet ridicule qui peut prendre des proportions ridicules. Quand tu vois des nanas de 30 ans qui se font injecter du Botox, c’est ridicule. J’ai aussi des copines de mon âge qui oublient parfois leur date de naissance, qui la rétrécisse un peu…Moi, personnellement, ça ne me dérange pas d’avouer que j’ai 23 ans.

 

- ? ? ?

 

- C’est de l’humour Mandor. Pfff… t’es lourd…

 

- Non, sérieusement, je trouve que c’est une chance de pouvoir vieillir, de pouvoir regarder grandir ses enfants… alors, effectivement, il y a des désagréments esthétiques, mais si tu ne te laisses pas aller, ça se combat tout ça.

 

- Tes lectrices se sentent concernées par ce thème ?

 

- Oui, à des degrés divers. Il y a des femmes de 50 ans qui sont bien dans leur peau et des jeunes filles de 20 ans qui se mettent des plâtres de crème antirides tellement elles ont peur d’avoir un trait d’expression.

 

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- Ton héroïne est écrivain de polar. Tu donnes quelques exemples de ce qu’elle écrit. Et du coup, on s’aperçoit que tu pourrais toi même écrire ce genre littéraire.

 

- Merci, c’est gentil. D’abord, j’adore les thrillers, ensuite, c’est une façon de faire comprendre que je déteste qu’on dise que je ne suis qu’un auteur de "chick lit". Je déteste ce terme et cette réduction. Je ne suis pas blonde, j’écris de la comédie, ce n’est pas évident d’écrire de la comédie, la preuve, je peux aussi m’amuser à écrire du thriller. Dans aucun des genres, je ne me prends au sérieux, mais je n’aime pas qu’on dévalorise mon travail. Je répète que la comédie n’est pas un sous genre. C’est un genre. Point. Il y a de la daube et de l’excellence dans tous les styles.

 

- C’est de la faute aux méchants journalistes !

 

- En tout cas, les lecteurs n’ont aucun complexe à lire mes livres. Au contraire, ils aiment rire. Offrir un rire, c’est offrir un peu de bonheur.

 

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Article dans Télé 7 jours.

- Ce livre, c’est aussi pour remonter le moral de tes lectrices ?

 

- C’est fait surtout pour dédramatiser. C’est une façon de remettre les choses à leur place. Ce sujet-là n’est pas grave, on peut en rire.

 

- Moi, j’adore lire tes livres. J’en apprends beaucoup sur les femmes et vraiment, je me marre souvent.

 

- Tu sais que j’ai beaucoup d’hommes qui me lisent. Je dois avoir un quart de mon lectorat qui est masculin. 

 

J’interromps là l’interview. Trop de lectrices (et deux trois lecteurs) attendent leur signature. Je sens que si je persiste à ne pas rendre Agnès Abecassis au peuple, le peuple va me pendre haut et court.

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Je préfère m’éclipser.

(Enfin, disons que nous avons aussi pris un peu de temps pour faire les clichés suivants.)

(D'un naturel et d'une aisance déconcertante...)

(Pivot et Soljenitsyne possèdent le même genre de photo, m'a-t-on dit...)

 

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Note de l’auteur : Agnès, quoi, j’ai mis deux mois pour écrire cette note ???

Pour Frédéric Mars/Ploton, j’entame mon 5eme mois…

 

28 avril 2009

Le panache de Syrano!

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Syrano, je l’ai remarqué en 2006, dès son premier album, Musiques de chambre. Je me suis demandé qui était ce type qui mélangeait dessins, images, musiques " urbaines ", musique classique, la chanson et la littérature du 19e.
Un cas vraiment à part.

Avec ce premier disque, il a vendu plus de 10.000 exemplaires et a effectué une tournée de plus de 140 concerts.

Puis, j’ai reçu son deuxième disque. Le goût du sans.

" La parfaite illustration de son écriture à vif dans un étroit rapport au vécu, intime et social.

Syrano vit la création comme un exutoire, et sa sensibilité politique, à fleur de peau, est le contrepoint de son désir viscéral d’amour et de tendresse qui s’exprime au fil des chansons. "

C’est beau, hein ?

(Merci monsieur le rédacteur du dossier de presse).

Avec cet album, la barre est placée haute.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce garçon.

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Voici un (très) court extrait audio de mon interview de lui (le 7 janvier dernier dans un bar parisien, très tôt le matin...)

Son site perso.

Son MySpace.

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Et les deux clips tirés du Goût du sans.

L'enfant moitié (mon préféré).

 La marche des géants d'acier (un peu space et très noir).

09 avril 2009

Claude Brasseur, ce soir...

Parce que:

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Je suis donc allé lui poser des questions sur Sacha Guitry.
Un de mes maîtres.
Pour écouter quelques extraits, c'est là!
Dans sa loge, à 19h00.
Au Théâtre Luxembourg de Meaux.
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J'ai une profonde admiration pour Claude Brasseur...
Vraiment. Et depuis toujours.
J'ai beau avoir l'habitude de rencontrer des artistes de tous genres, parfois, il y a des moments où je redeviens un gosse.
Et je suis décidément content de faire le métier que je fais.
Comment voulez-vous que je devienne blasé?
Bref... voici le podcast (monté) de cette rencontre.

podcast

07 avril 2009

Le premier roman d'Emmanuelle Urien!

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Emmanuelle Urien, je l’ai rencontré .

Je n’avais rien lu d’elle.

Alors qu’elle a écrit plusieurs livres.

9782070123568.jpgL’auteure m’a envoyé son premier et tout récent roman Tu devrais voir quelqu’un (Gallimard). Entre temps, je l’ai recroisé au dernier Salon du Livre de Paris (j’ai d’ailleurs encore une note en retard sur le sujet, mademoiselle Agnès A!) et nous avons passé un bon moment ensemble.

Je viens de le terminer.

Le livre.

L’histoire de Sarah Zimmerman. Une jeune femme qui rêve d’exister. Exister et le sentir. « En être persuadée. »

 

« On dit de Sarah qu’elle est jolie, intelligente. Elle a de l’humour, et quelques fantaisies tout à fait séduisantes. Une fille discrète et sympathique, capable de réparties rares, mais brillantes… elle a cette retenue et ce retrait en soi qui attisent la curiosité, qui séduisent plus que les attitudes ou des paroles… »

La femme idéale n’est pas loin.

 

Sarah écrit. Pas qu’à ses moments perdus. « Il faudrait aussi raconter les nuits blanches qui s’étiolent en petits matins gris, la carbone des crayons qui tache les vêtements et les mains, qui s’étalent jusqu’à son visage quand elle se frotte les yeux, doublement cernés, fatigue et mine de plomb. »

 

Sarah a une meilleure amie formidable. « Épouse généreuse, équilibrée et belle. »

Sarah a un unique amant formidable (aussi), prêt à quitter sa femme pour elle. C’est Sarah qui ne le souhaite pas. Rôles inversés.

 

Ne croyez pas que Sarah soit gentille. « Sarah est douce et brutale, surprenante et prévisible, ferme et hésitante, drôle et tragique. Sarah est un pays inexploré, une terre à conquérir. »

 

Et puis un jour, Sarah a un nouvel homme dans sa vie.

Janvier ne la quitte plus.

Du tout.

Étrange personnage peu disert dont je ne peux rien dévoiler ici.

Juste qu’il représente le début de la fin.

Amour, trahison, perte d’identité, manipulation, folie, violence…

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Avec Manu Causse lors d'une séance de lecture en musique...

En reposant le livre, je me suis juste demandé comment Emmanuelle Urien était parvenue à me balader avec autant d’aisance, sans que je ne me sois aperçu de rien.

Quoi ?

Parce que c'est une bonne auteur(e) !

Ah oui, c’est ça !

 

Ce livre d’Urien, ce n’est pas rien.

Bien au contraire.

(Rappelez-moi juste, si nous nous croisons un jour en vrai, de travailler un peu plus mes conclusions de notes. Merci à vous !)

 

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(Toutes les photos ont été prises par bibi au Salon du Livre de Paris le 15 mars dernier.)
(Merci à Luc-Michel Fouassier qui est à l'origine de cette belle rencontre.)
(Merci à Emmanuelle Urien d'avoir accepté toutes ces photos. Je sais son horreur des clichés d'elle...)