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07 décembre 2008

Bertrand Soulier... chanteur multiple!

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Le 20 mars 2008, j'ai rencontré Bertrand Soulier. J'ai déjà écrit une note sur cette interview.

Je la réédite et la complète aujourd"hui car cet artiste fort talentueux est à l'Olympia demain soir (lundi 8 décembre).

 

Et puis, autant vous l'avouer tout de suite, Discorama est l'un de mes deux coups de cœur de cette année (avec l'album de William Rousseau, cité dans la note précédente...).

Quand j’ai reçu le premier disque de Bertrand Soulier, j’ai tout de suite accroché. Je n’avais pas lu la bio, je ne comprenais donc pas pourquoi, parfois, il me semblait reconnaître des ambiances, des notes, des arrangements, déjà écoutées chez d’autres. En même temps, je trouvais que l’ensemble était original et qu’il y avait déjà une patte Soulier (si je puis dire !).

Voyez ce petit reportage...

Je lis ensuite le dossier de presse envoyé par l’agence de promotion qui s’occupe du monsieur (dont le site officiel est ici). Et là, je comprends mieux l’étrange sensation de déjà « entendu ». En fait, Discorama est un album concept. « Une fausse compilation 1971-2017 d’un artiste n’ayant jamais existé, mais dont toute ressemblance avec des génies « disque-d’orisés » ne serait pas complètement fortuite ». Il précise même :

-Une compilation d’un chanteur imaginaire qui serait né dans les années 50 et qui nous casserait encore les pieds.

(Que personne ne se sente visé.)

Là, j’adhère complètement… un type qui déboule avec un premier album et qui casse les codes directement, ça me plait beaucoup. A tel point que je finis par avoir rendez-vous avec lui. C’était jeudi dernier, dans les locaux d’Ephélide.

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Je suis encore largement en avance, j’en profite pour tailler la bavette avec les forces en présence. Bertrand Soulier et sa manageuse Karine Saurat arrivent à l’heure pile poil. Nous nous installons dans une pièce « interview ». Je suis moins à l’aise quand une tierce personne reste pour écouter l’entretien… vous savez Ô combien j’aime les têtes à têtes ! Mais z’enfin… je ne me sens pas le cœur à faire mon journaliste star (en plus, elle a l’air très sympathique et une présence féminine ne ma jamais vraiment gêné…).

Bertrand Soulier me raconte un peu ses débuts, ce qui est tout à fait normal, puisque je lui ai demandé de s’allonger sur le sofa pour qu’il se confie à moi… Je ne prends pas cher. 150,00 euros TTC la séance de 30 minutes.

-Adolescent, je me suis lancé dans une étrange aventure : la basse. Je suis devenu musicien de studio, mais il fallait bien vivre, j’ai donc mal fini…

Je lui demande des explications.

-Et bien, je suis devenu journaliste spécialisé dans la musique…

Effectivement, c’est atroce comme revirement. Quel sale boulot ! Pouah ! Ça me dégoûte presque.

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-Je bossais pour Best notamment (je crois aussi pour Actuel, mais Bertrand Soulier ne parlait pas assez fort et mon Sanyo, toujours en service finalement, n’a pas bien capté ses propos…) et puis pour faire plaisir à mes parents, pour Le Point. Ensuite, par la force des choses, je suis devenu directeur de création dans la pub.

(Je ne vois pas bien le rapport entre le journalisme et la pub… quoique… de toute manière, dans la vie, les chemins sont parfois tortueux …)

(Woaw ! Trois points de suspension dans une seule parenthèse… qui dit mieux ?)

Et puis l’album de BashungFantaisie militaire, le réconcilie avec la chanson française. Il en tombe raide dingue amoureux. Il se dit que, finalement, on peut de nouveau faire des disques intéressants en France.

C’est ce qu’il a fait, le lascar. Jamais vu un premier album si abouti.

 

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Il y a du Sheller, du Bénabar, de Berger, du Beatles, du Biolay, du Joseph d’Anvers, du Miossec, du Manu Chao, du Gainsbourg… mais en fait, c’est surtout du Soulier (si vous vous attendez à ce que je m’abaisse à faire un ou des jeux de mots foireux sur ce patronyme, certes tentant, c’est mal me connaître…).

Je ne sais pas comment expliquer cela, ce sont surtout des clins d’oeils parsemés ci et là, mais ses chansons restent personnelles. Je suis confus ? C’est normal, ce phénomène n’est pas simple à expliquer. Ce que je peux affirmer, c’est qu’il a écrit 20 chansons et de façon aléatoire, l’artiste à tenté de les arranger, de les relier chacune aux courants, modes, époques, tendances qui traversèrent la chanson depuis 40 ans. Exercice de style qui m’épate.

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Je lui demande s’il est un génie ou un usurpateur.

-Rien de tout ça. Je fais juste des chansons à la manière de... Toute la gageure du disque était d’arriver à avoir mon propre style tout en emprunter pas mal de références. Je propose plusieurs niveaux de lecture aux gens qui écoutent.

Il sourit, presque content de lui, comme un gamin qui vient de sortir une bonne blague.

-Ce qui me fait marrer, c’est d’arriver dans le monde de la chanson française en prenant le problème à l’envers. Je commence ma carrière directement avec un best of.

Bertrand Soulier, insidieusement, casse les codes de l’industrie du disque et il adore ça.

Et moi aussi. Je lui dis tout le bien que je pense de lui et de son oeuvre. Je suis comme ça, quand j’aime, il faut que ça sorte. J’ai toujours peur d'être considéré comme un horrible flagorneur… mais c’est ainsi.

(Il y a un petit coeur qui bat sous le journaliste professionnel intransigeant que je suis...)

Heureusement, un tel enthousiasme de ma part est rare.

(Si !)

( Tsss…)

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Question: Pourquoi faisons nous la gueule sur ses photos, alors que nous nous sommes plutôt bien entendus?
Mystère de l'immortalisation d'un moment.

Bertrand Soulier est aussi pince sans rires et provoc' que tendre et sensible. Dans Discorama, il y a un « foutage de gueule » revendiqué, mais quand il maîtrisé de si belle manière, je trouve ça jubilatoire.

Perso, j’en redemande.

Ce soir donc, en première partie de Véronique Sanson, à l'Olympia...

Ca pourrait donner des moments comme celui-ci (mais avec une batterie en plus...)

Le MySpace de Bertrand Soulier.

02 décembre 2008

Mathieu Boogaerts...

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Mathieu Boogaerts a longtemps été un énigme pour moi.
Je le croyais réservé, un peu ours, sauvage…
Pas vraiment comme je m’attendais qu’il soit.

Interview, le matin du 17 novembre dernier, aux Pères Populaires, bar du XXe arrondissement de Paris.

Quand je lui explique que je raconte tout sur mon blog, il me dit : « Dites bien que ce n’est pas moi qui ai choisi le lieu… ce n’est pas du tout le type de café que je fréquente ».

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Mandor : Vous avez la réputation d’être décalé, solitaire, perfectionniste, lent dans la conception d’un album… est-ce que tout ça est vrai ?

Mathieu Boogaerts : Je ne savais pas avoir cette réputation, c’est marrant. On n’est très peu conscient de sa  réputation.

M: J’ai lu ça partout. Aucun journaliste ne vous l’a dit !

M.B : Non. On n’est jamais objectif sur soi-même donc, ce que vous me racontez là m’intéresse. Si j’ai cette réputation, je ne la sens pas à l’opposé de ce que je suis. Je veux juste préciser, en ce qui concerne le terme « décalé », que je le fais exprès. Je le suis volontairement. Ce qui m’intéresse c’est de faire ce qui n’a pas déjà été fait.

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M : Vous êtes un des artistes les plus inventifs.

M.B : Pour moi, ça fait partie du postulat. C’est la moindre des choses d’être original. Pour assumer de faire ce métier, assumer de mettre mon nom sur un disque avec ma photo, le vendre 20 euros en disant « achetez moi », il faut que je me sente en phase avec ce que je propose et pour me sentir en phase, il faut ma production musicale évolue.

M : Chaque sortie d’album est une épreuve pour vous? Vous vous demandez s’il va se vendre, si le public va bien l’accueillir… ce genre de chose.

M .B : Si je fais des disques, c’est pour plaire, pour séduire, pour être écouté, pour que des gens me prennent en considération. Je peux adorer écouter quelqu’un qui n’aime pas ce que je fais en me disant pourquoi. Ce que je n’aime pas, quand on a écouté mon album, c’est le silence.

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M : Je ne pensais pas que vous attachiez de l’importance à tout ça ! Je suis surpris.

M.B : Si. J’adorerais vendre 100 millions de disques ! Certains font de la musique pour eux, dans leur chambre de bonne, mais quand on fait la démarche d’enregistrer un disque, avec toutes les joies et contraintes que ça implique, on a envie que toute l’humanité en profite. J’adorerais que Michel Drucker m’invite dans une émission spéciale… dans la mesure ou je ne change pas ce que je fais, ce que je suis.

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M : Ce qu’on est en train de faire en ce moment, la promo, vous aimez ?

M.B : Oui. Ca me grise de parler de mon nouvel album avec quelqu’un qui l’a écouté, qui a lu les textes… aujourd’hui, nous sommes dans un café. Ma maison de disque m’a prévu 8 interviews. Vous, vous êtes le premier de la journée, je suis ravi de vous parler… peut-être qu’à 17 heures, j’en aurais marre.

M : I love you est un album qui frise l’expérimental. Qu’est ce que vos premiers auditeurs en ont pensé ?

M.B : Honnêtement, je ne peux tirer aucune synthèse. Il y a toujours une chanson qui ressort plus que les autres, mais ce n’est jamais la même. Ce disque plaît surtout aux gens qui  ne s’attendent à rien. Pour tous ceux qui s’attendaient à quelque chose de moi, le côté un peu fleur bleue, tendre qu’il y avait sur les précédents albums, ils sont très déroutés, déstabilisés. J’ai eu des gens qui adoraient vraiment et d’autres qui détestaient.

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IMPORTANT:

Pour en savoir plus sur le disque de Mathieu Boogaerts en lui-même, vous pouvez écouter ici le magazine de deux minutes que je lui ai consacré (avec un titre en intégralité !)

29 novembre 2008

Marianne Feder(e)!

 

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J’ai connu Marianne Feder alors qu’elle se faisait appeler Marianne Farouch’. J’avais apprécié son album Le nombril du monde. La première fois que je l’ai mandorisé, elle était enceinte (voir là !).

Aujourd’hui, elle sort un deuxième album, Toi mon indien.

J’ai donc revu Marianne le 18 septembre dernier, dans le même café que la première fois, L’île enchantée.

A 20 heures.

Je suis arrivé une heure en retard à cause des bouchons parisiens.

Marianne Feder à modifié son emploi du temps pour moi. Elle et polie, elle a fait semblant de ne pas être énervée… merci à elle !

 

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Mandor : Votre deuxième album est différent du premier. Il y a plus d’inspirations en provenance des Balkans...

Marianne Feder : Je suis sortie du jazz manouche. Je m’étais un peu enfermée dans ce style malgré moi, parce que je l’adore. Cette fois-ci, au lieu de faire un voyage à travers le monde, j’avais plus envie d’un voyage intérieur. Comme j’aime la musique de l’Est, la musique des Balkans est effectivement présente. Autre différence avec mon premier disque, j’étais plus dans l’exploration de ma voix. J’avais envie d’aller dans les hauts, les aigus, je faisais des vocalises. Dans Toi, mon indien, j’ai préféré être dans ma voix parlée. J’avais envie d’oser des choses que je ne sais pas faire. J’adore le rap, par exemple. J’écoute beaucoup de funk, mais, voilà, je n’ai pas la voix adéquate, mais ça ne m'empêche pas de groover...

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M : Vous avez des origines de l’Est, il me semble ?

M F : Mes grands-parents sont originaires de Pologne, je suis très attachée à mes origines, j’ai donc voulu aller à leur rencontre…

M : C’est quoi les dérives intérieurs dont vous parlez ?

M.F : C’est un album que j’ai écrit à un moment de ma vie où je faisais une pause. J’étais enceinte. J’ai souhaité parler de mes rêves, de mes fantasmes, de mes contradictions, de mon voyage imaginaire et tout simplement de moi.  Je suis très idéaliste, une militante. Je suis quelqu’un qui admire beaucoup le courage… tout cela est évoqué dans cet album.

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M : Vous avez écrit les textes et les musiques presque seule, cette fois-ci…

M.F : J’ai beaucoup de mal à laisser la place aux autres pour les musiques. J’ai besoin de chanter les mélodies. Pour les textes, comme pour le premier album, j’ai travaillé avec Vincent Rothenburger. J’aime beaucoup sa manière d’écrire, alors je lui ai pris deux musiques, Baisée de pluie et Les mots. J’ai chanté un duo (de nouveau) avec Alexis HK, j’ai invité les fanfares tzigano-rock de la Caravane Passe et de Ziveli pour la couleur slave-parisienne. Je chante aussi avec Toma Feterman, l’inventeur fou du serbo-parigot !

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M : Et Daniel Yvinec ?

M.F : Mon travail à ses propres limites, j’avais donc envie de réaliser l’album avec quelqu’un d’expérimenté. Daniel Yvinec est un super jazzman. Un grand bonhomme. Il a respecté mon univers et mes arrangements. Notre travail a été très complémentaire.

M : C’était une aventure de faire cet album ?

M.F : Oui, car j’ai rencontré beaucoup de musiciens que je ne connaissais pas pendant l’enregistrement. Des créateurs plus que des musiciens… Je parle notamment de Stéphane Guillaume à la clarinette basse et aux flûtes envoûtantes, d’Albin de la Simone aux claviers et de Seb Martel à la guitare Surf… En faisant ce disque, j’ai l’impression que j’ai évoluée. La musique est une aventure infinie.

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M : C’est le fameux album de la maturité ?

M.F : Non, c’est l’album de l’épanouissement…

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TRANSIT de MARIANNE FAROUCH'ORCHESTRA

14 novembre 2008

Le bon goût d'Anis...

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Le 25 septembre dernier, rencontre avec Anis dans les jardins de chez EMI.
Pour parler de son deuxième album Rodéo Boulevard.
J’en ai tiré, interviews radio et papiers sur différents supports.
Voici, par exemple, une chronique publiée dans le dernier Culturissimo (consumer des espaces culturels Leclerc).

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19076.jpgEt pour ce blog, voici une interview express (ça vous change, moi, qui suis plutôt long dans mes notes…)


Tu as eu besoin de te ressourcer après le maelström de l’année 2007?

-Après la tournée de l’album La Chance qui a duré jusqu’au mois d’août 2007, j’ai fait un petit break, mais j’avais conscience qu’il ne fallait pas trop traîner non plus avant de sortir mon prochain album. Comme je n’avais rien, je me suis tiré à Lisbonne, au Portugal, pour changer d’air, couper les ponts avec la vie parisienne, dont je suis de moins en moins fan. Là-bas, un coup de fraîcheur, l’excitation de découvrir un nouvel environnement et ça a été le déclic pour commencer à écrire.

-Tu te sens attendu au tournant ?


-Quand tu as du succès dès le premier album, les gens se demandent vite si la suite sera du même acabit. Servira-t-il la même soupe, est-ce que ce sera du réchauffé, où arrivera-t-il à surprendre ? Je suppose que les gens se pose ce genre de question. Je ne me suis pas mis de pression. Le symbole du deuxième album ne m’a pas obnubilé. J’ai l’impression d’avoir réussi mes chansons, ça me donne déjà entière satisfaction. J’ai aujourd’hui, envie de les faire sur scène.

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-Quelles sont les différences entre La Chance et Rodéo Boulevard ?

-Sur le premier album, j’ai écrit beaucoup beaucoup de paroles. Un vrai torrent J’avais une façon d’écrire très rap, un flow rapide. Dans mon nouveau disque, je continue sur cette voie là, mais parfois, je me calme un peu. J’ai fait plus de refrains aérés et mélodiques. Dans Dieu, protège nos os, José, Swing javanaise, là, j’ai eu envie de mettre plus d’espace dans les chansons et plus de places pour les mélodies. J’ai tenté d’être plus succinct. Pas la peine de faire 12 phrase pour dire qu’une femme est belle par exemple. Et puis, là, j'ai plusieurs invités: Oxmo Puccino, Mardi Gras Brass band (fanfare Soul allemande), Philippe Almosnino (Wampas), Petit Louis (Jim Murple Mémorial). J'ai voulu écrire et interprété un album ouvert.

(Dans ce deuxième disque, il y a des déclarations d’amour pleines de fraîcheur et de gourmandise, des autoportraits trempés de dérision, le tout sous des entrelacs de mots poético-comiques.

Et le groove, le flow, du monsieur...

Délectable et jubilatoire!)

Son blog.

Son MySpace.

Le nouveau single... Rodéo Boulevard.

11 novembre 2008

Jérôme Commandeur... toujours en toute discrétion!

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image.jpgVendredi soir, j’ai amené mon ami Olivier Louvet (qui sait oh combien, j’apprécie son amitié !) voir mon ami Jérôme Commandeur (qui sait oh combien, j’apprécie son amitié !) au Théâtre du Petit Palais des Glaces pour son spectacle Jérôme Commandeur se fait discret. Il me semblait judicieux que ces deux-là se rencontrent. Je connais l’un est l’autre depuis plus d’une dizaine d’années.

Après le spectacle, qu’évidemment je vous conseille vivement parce qu’il n’est pas possible de ne pas y rire à gorge déployée (en toute objectivité !), nous sommes allés dîner tous les trois.

Bien mangé, peu bu (sous antibiotique je suis actuellement) et beaucoup parlé. En off d’abord, donc très détendu. Olivier (La Louve), Jérôme et moi avons un point commun qui nous permet de ne pas s’ennuyer dans la conversation. Une connaissance de tout ce qui est lié à la télé d’hier et d’aujourd’hui et sur le « show-biz » en général. La politique est arrivée aussi sur le tapis.

Et puis, j’ai sorti mon magnéto. Parce que Jérôme est lecteur de mon blog et que je ne vois pas pourquoi, sous le prétexte qu’on se connaît, je ne traiterais pas son cas comme tous les artistes «mandorisés ».

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-Ça m’amuse de t’interviewer, en même temps, ça me gêne. J’ai du mal à jouer au journaliste avec un ami de longue date. Allez, je me lance. Est-ce qu’il est sympa Dany Boon ?

-(Rires). T’es con !

 

(Ma note sur lui a d'ailleurs beaucoup amusé jérôme.)

l_b85bf15ba05ed996bb60cdaea457150d.jpg-Tu aimes être interviewé.

-Je vais te dire, moi, j’ai compris récemment qu’il fallait que je communique mon émotion d’avoir eu l’expérience Bienvenue chez les Ch’tis. D’aller à Lille, (il y avait 80.000 personnes dans les rues), d’y être reçu comme à la coupe du monde 98. Il y a eu le Festival de Cannes et plein d’autres évènements hallucinants pour moi. J’ai vécu une année que je ne revivrai pas de si tôt. Enfin… a priori. Les journalistes ne savent pas tout ça, alors, je leur raconte.

-Mais, parler de toi, ça te dérange ?

-C’est très pervers comme question. C’est beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît. T’es un malin.

(Il prend son temps pour mâcher.)

(Trop.)

-Alors ?

-C’est agréable quand il y a un rapport, quand le journaliste met en perspective ton travail, qu’il étaye…là il vient te toucher. C’est toujours pareil, il faut un petit plus. Il y a aussi des journalistes qui me disent que si ce n’était pas Dany Boon qui avait produit et mis en scène mon spectacle, ils ne seraient pas là. J’aime quand les gens sont francs. Je ne suis pas un enfant de cœur, ni idiot. Je sais comment les choses se passent.

bienvenue_chtis-2.jpg-Je me souviens qu’il y a deux ans, nous étions précisément dans ce restaurant et tu m’as dit que tu partais tourner dans un petit film de Dany Boon dans le Nord de la France. À ce moment, tu ne savais pas dans quoi tu mettais les pieds.

-Personne ne pouvait se l’imaginer. Tu sais, Dany pensait faire deux millions, deux millions et demi… Bon, très vite, il y a eu un vent de panique positive, et je me souviens que plus les jours passaient, plus les pronostics enflaient. On disait à Dany, « tu feras 2, puis 3, puis 4 millions d’entrées », selon des indices compliqués à comprendre. Après l’avant-première à Lille, on nous parlait de 8 millions d’éventuels spectateurs. C’était dingue ! C’est lors de la soirée « chiffre », le premier mercredi de la sortie nationale. On a fait 120.000 sur la France en une journée. Ça voulait dire que mathématiquement, le film irait au moins jusqu’au score de La Grande Vadrouille. Les mecs des études, pas vraiment des saltimbanques, regardaient les scores évoluer. Le compteur tournait et les mecs tremblaient. Ils savaient déjà qu’on était en train de vivre un truc historique.

- Revenons à ton spectacle actuel. J’ai vu la première version il y a deux ans, bien avant que Dany Boon y mette son grain de sel éclairé. Il y a effectivement une sacrée évolution… Comment a-t-il décidé de te produire ?

-Je travaillais dans les matinales de Rire et Chansons, un jour il était invité et quand il m’a vu, il a dit « Oh ! C’est Jérôme Commandeur ! ». Un peu parano, alors que j’avais une image formidable de ce type, je me suis dit qu’il allait se payer ma tête. Pas du tout. Il me dit qu’il a vu mon sketch « L’espagnole » à la télé et qu’il avait beaucoup apprécié. Il a été super gentil et m’a demandé si quelqu’un me produisait. J’ai répondu par la négative et m’a donc dit qu’il allait venir me voir. L’après-midi même, il m’a appelé. Il est venu avec son fils et son directeur de production me voir dans le petit théâtre où je jouais. Très vite, il m’a invité à déjeuner et ça s’est tellement bien passé qu’il m’a proposé de me produire et de me mettre en scène. Je me demandais s’il déconnait. Pas du tout. Deux trois jours après, je suis arrivé dans ses bureaux, tout le monde était au courant et nous avons conclu l’affaire. Pour moi Dany Boon, c’est vraiment, « l’ami qui me veut du bien ». Je cherche toujours s’il y a un loup quelque part… mais non.

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Scan10005.JPG-C’est quoi ta forme d’humour, finalement ?

-J’aime bien l’esprit chamboule tout. L’esprit Guignol Lyonnais qui tape sur Gnafron. Très souvent, parce que je n’ai pas encore la notoriété nécessaire, il y a plein de gens qui ne sont pas de ma génération que je choque. Quand je fais dire à un curé : «  j’ai été bloqué au commissariat pour une affaire de pédophilie, t’inquiète pas, c’est de la paperasse ! », j’en vois qui prennent ça au premier degré. Mon challenge, c’est de tenir sur toute la longueur de mon spectacle l’esprit « on va au cirque, on va chez Guignol » et qu’on se laisse embarquer dans des histoires burlesques. Tout ce que je mine, je le démine. J’ai envie de montrer que le rire peut être libérateur. Je ne suis pas porteur de quelque chose, ma parole n’est pas politique. Les plus grands fous rires entre copains, c’est quand on bave sur les autres de manières excessives. Le rire rond, ça n’existe pas. Ce qui fait rire les gens, c’est quand on pousse.

-Toi, ça ne te gêne pas d’aller au bout du bout. Je te connais depuis plus de 10 ans et quand je te vois sur scène, limite, tu arrives encore à me choquer…

- C’est parce que tu es sensible… J’aborde le physique des femmes, les curés, les nains, les portugais, les marocains… et bien d’autres choses. Par contre, je dois avouer que les cathos laissent aux humoristes une liberté de ton exceptionnelle. C’est bien simple, on peut tout dire. Il faut que ça reste comme ça, c’est formidable.

-Tu prends autant de plaisir à jouer le même spectacle tous les soirs ?

-Oui, parce que je continue à chercher des choses pour l’améliorer. Je cherche de meilleures chutes, sur certains sketches, par exemple.

-Des projets cinématographiques ?

-Oui, un film qui s’appelle Pression. L’histoire de VRP loosers français qui vont vendre de la mauvaise bière française en Belgique. Je jouerai avec Olivier Soler. C’est un film que nous avons écrit tous les deux. Il est en production, en financement et un bon réalisateur est intéressé.

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-Qu’est-ce qu’il te faudrait pour « exploser » ?

-Peut-être une meilleure visibilité à la télé. Il me faudrait une bonne chronique récurrente dans une bonne émission. En même temps, je veux te préciser que je ne suis pas en attente d’exploser. D’abord, ce ne serait pas vivable. Je ne suis pas Jamel, je ne suis pas Jean Dujardin, je suis au courant. Mais je vis bien, je suis dans de beaux projets, j’ai un univers professionnel qui est magnifique.

-Oui, je sais ça… et je sais aussi que ton programme est bien chargé dans les mois à venir.

-Là, au Petit Palais des Glaces, je m’arrête fin février, ensuite, je fais une tournée partout en France, puis je fais deux mois la première partie de Dany Boon à l’Olympia, de novembre 2009 à janvier 2010, ensuite je prends un 400 places à la rentrée de janvier genre Trévise ou le Splendid.

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(Photo prise par Olivier avec mon téléphone Sony Ericsson 2.0 Mega Pixels auto focus, pendant le diner. Je sais, derrière, il y a l'affiche de Jérôme. Coïncidence...)

J’ai arrêté mon magnéto. J’avais peur qu’Olivier commence à s’ennuyer, malgré mes excellentes questions… et puis, avec Jérôme, je ne peux pas jouer à ce jeu d’intervieweur trop longtemps.

Pas l'exercice de style que je préfère.

On a fini la soirée en se remémorant des anecdotes du bon vieux temps, comme de vieux cons…

C’était en tout cas, une belle soirée entre amis.

(Olivier, il est bon de se retrouver enfin, dans ce genre de contexte...)

(Très bon, même...)

Son site officiel.

Son MySpace.

Jérome Commandeur se fait discret au Petit Palais des Glaces, du mardi au samedi à 20h.

Adresse: 37, rue du Faubourg du Temple, Paris 10eme.

Réservations: 01.48.03.11.36.

02 novembre 2008

Marie Modiano...

 

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Récemment, j’ai pris « a cup of tea » avec Marie Modiano au Café Rouge, dans le 9eme, à proximité de son domicile.

Bon, très sincèrement, a priori, je ne suis pas très amateur de ce genre musical. Pop folk plutôt lent avec une voix douce, sans aspérité.

Et puis en fait, très vite, dès la seconde écoute, je suis rentré dans son univers.

Je ne dis pas que ce disque est mon album de l’année, mais enfin, je risque bien de le réécouter parfois. Il est apaisant.

 

La finesse de son écriture, je l’avais déjà décelé dans son premier album I’m not a Rose. Elle prend toute sa dimension aujourd’hui dans Outland.

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Elle écrit des chansons en anglais et revendique la dimension nomade de sa musique. C’est avec Peter Von Poehl (son désormais mari) que Marie Modiano a enregistré (en prenant son temps) ses nouvelles compositions. Ces deux-là, qui se sont rencontrés à Berlin lors de l’enregistrement du premier album de Marie, ont cette fois décidé de travailler en étroite collaboration.

 

modiano2.jpg Outland a demandé des mois de travail, pendant lesquels « ils se sont appliqués à tracer les contours d’un paysage qui doit autant aux grands espaces qu’à l’introspection. Des climats qui racontent aussi bien le désir d’évasion que la nécessité de se construire une carapace », explique le dossier de presse.

 

-J’avais envie de chansons à la fois profondes et légères. Sur mon premier disque, j’avais besoin de me libérer de certaines obsessions personnelles. Sur celui-ci, j’avais envie d’adopter un point de vue plus détaché. 

 

Ses chansons sont à tiroirs, grattez et vous découvrirez des doubles sens. On croise dans ses perles, les deux enfants du film La Nuit du chasseur, Martin Eden, héros du roman de Jack London

C’est, il faut bien l’avouer, truffé de références...

Parfois trop.

Son style se suffit pourtant à lui même.

 

Il y a dans ce répertoire des chansons pop joyeuses (Spider’s Touch, Tightrope Walkers, Butterfly Girls) et d’autres plus mélancoliques (Drifters in the Wood, Last Early Spring, Martin).

 

Si Peter Von Poehl (qui est passé nous faire un coucou après l’entretien) signe la majorité des arrangements, il a fait appel à Martin Hederos (membre des groupes Hederos & Hellberg et The Soundtrack of Our Lives) pour en écrire quelques-uns.

 

Cet album est aussi beau, onirique, sensible que déroutant. Il faut se l’approprier.

Peut-être aussi, faut-il la voir sur scène ?

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Pendant que nous conversions, elle, Mélissa (son attachée de presse) et moi, Marie Modiano me dit :

 

-Vous êtes le seul journaliste que j’ai rencontré qui ne m’a pas demandé pourquoi je chante en anglais et, surtout, qui ne m’a pas parlé de mon père… Merci !

 

Tsss… vous me voyez préciser qu’elle est la fille de Patrick Modiano et suggérer qu’elle chante en anglais pour ne pas qu’on puisse faire une étude comparative avec l’écriture de son paternel ?

 

Et ce n’est pas sur ce blog que je préciserai qu’elle à de qui tenir.

Que l’écriture est dans ses gènes.

Trop fastoche.

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Photo prise par le BlackBerry de Mélissa...

Marie Modiano, vous savez quoi ? Je vais continuer à m’intéresser à son cas.

En faisant abstraction du reste.

Sans importance.

Et d’abord, je ne saurais répondre à cette saugrenue question :

Le talent est-il transmissible ?

On s’en fout !

Non ?

Allez, voici Spider's Touch, version, je suis à la maison et je joue, peinarde, en famille...

 

30 octobre 2008

Guillaume Cantillon... des ballons rouges, des étincelles!

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Guillaume Cantillon, vous connaissez ?
C’est le leader du groupe Kaolin.
Grâce au tube Partons Vite, le groupe est devenu l’une des révélations marquantes de l’année 2007 avec plus de 100.000 albums vendus.
Petit rafraîchissement.


3596971363123.jpgGuillaume Cantillon a sorti le 15 septembre dernier son premier album solo : Des ballons rouges.
Je ne suis donc pas en avance pour en parler.
Je sais, je sais.
On a pris notre temps pour se trouver un moment pour aller boire un coup ensemble.
En face de sa maison de disque Cinq7.

Installés devant une bonne bibinne, je lui demande si c’est salvateur d’aller voir ailleurs, de se débrancher de ses habitudes de groupe.
Il me répond :

-Oui, c’est salvateur…Adamo.


Quoi ?
Je le jauge.
Le pauvre, il ne sait pas où il met les pieds.

Je rétorque, donc, tout de go :

-Ah bon ? Tu ne trouves pas que c’est plutôt salvateur… Dali ?


D’un commun accord, nous avons décidé de nous en tenir là.
Terrain glissant.
Combat inutile.
Sagesse de quarantenaires.

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-Bon, disons que je me suis fais du bien. Je fais de la musique uniquement pour ça. Me faire du bien. Cet album n’est pas qu’une toute petite parenthèse. Pour moi, c’est très important. C’est quasiment comme si c’était mon premier disque.

Je le traite de puceau.

-Ouais… Hé ! N’exagère pas !  Bon, ceci dit, ça me fait la même excitation que lorsque nous avons sorti le premier disque de Kaolin. Le truc au bide, il est vraiment là. Je me souviens de pleins de moments où je me suis retrouvé tout seul, sans mes potes, dans un studio pour enregistrer ce disque. J’ai fais hou là là ! J’ai eu un truc bizarre, un espèce de manque. Au bout de 3 jours, heureusement, ça a disparu.

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C’est Edith Fambuena qui a réalisé l’album… elle est toujours sur les bons coups cette musicienne/réalisatrice exigeante.

-Merci pour le « bon coup » ! Edith est une personne que je respecte beaucoup, avant même la musicienne qu’elle est. On s’entend bien. Nous sommes potes. On a enregistré le disque chez un ami commun à Saint-Emilion, dans un ancien chais. Tout a été très facile parce qu’on a fait la fête… pour tout dire, on a dégusté pas mal de vins. On s’est créé une ambiance autour de l’album et des chansons…

Note de Mandor : J’aime cette façon de travailler. Je vais proposer à la radio, mais je ne suis pas certain que ça passe.
Des ballons rouges est un disque épuré. Pas de fioritures.

-Comme cet album traite pas mal de l’enfance, de mes relations amoureuses, de ma part féminine des choses,  j’ai choisi la simplicité et presque la naïveté.  D’où cette épure, cette guitare voix et pas mal de bricolages autour. Si les chansons marchent ainsi, c’est qu’on tient des chansons qui sortent vraiment de nous.

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Quoi? Surexposé? Vous trouvez?

Ses textes sont moins simplistes qu’avec Kaolin, je ne sais pas comment lui dire. Je lui dis « vos textes sont moins simplistes qu’avec Kaolin, je trouve, non ? », ce qui me paraît une formule assez honnête.

-Je me suis vraiment attaché aux paroles, aux textes… ça m’importait beaucoup. Pas uniquement la musicalité des choses ou des mots. Parfois, pour mettre en valeur un texte, il faut enlever les peintures qu’il y a autour. Je m’éloigne de plus en plus du côté lyrique des choses que ce soit pour moi ou pour le groupe. J’adore de plus en plus, le côté naïf de mes histoires. De tout dire sans métaphores… de dire vraiment sans chemins détournés.

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Bref, l’album de Guillaume Cantillon est agréable à écouter.
Du pop folk à la française… guitares revigorantes, mélodies fraîches, ambiance mélancolique.
J’adore.

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Et pour finir, son nouveau clip:
Des ballons rouges, des étincelles...


23 octobre 2008

Abd Al Malik: "ça, vraiment... c'est du lourd!"

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l_e5d8d24f2a8942c8b029f67e1032d0a0.jpgDante, le nouvel album d’Abd Al Malik sort le 3 novembre prochain. Il fera date. Le rappeur/poète/philosophe parvient à se renouveler tout en faisant plus fort que son déjà légendaire premier disque Gibraltar. Abd Al Malik dissèque la France sous toutes les coutures et toutes les cultures avec l’aide du pianiste arrangeur de Jacques Brel, Gérard Jouannest et du réalisateur de Serge Gainsbourg, Alain Goraguer. Un album choc, révolutionnaire et brillant.

Je l’ai donc rencontré hier matin. C’est la 4eme fois que je l’interviewe. On ne peut pas dire que l’on se connaît vraiment, juste, on aime bien parler ensemble. Il m’accueille invariablement en précisant aux attachées de presses présentes que je suis le premier journaliste à l’avoir interviewé pour Gibraltar.
Mon fait d’arme ? Mon titre de gloire ?
Je ne sais pas.
Mais j’ai senti que cet artiste était à part.
Il m’avait remué, pour être franc.
C’était au Mac Do de l’Aquaboulevard.
Drôle d’endroit pour une rencontre…

Ici, ma précédente note sur Abd AL Malik.

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Je précise que j’apprécie l’humanité et le talent du monsieur.
Mais je précise aussi que parfois, il m’exaspère.
Trop de name dropping, trop de discours moralisateurs… mais au final, il m’impressionne. Et on ne peut que reconnaître qu’Abd Al Malik fait avancer les choses.
Qu’il est doué.
Et que cet album est énorme.
Je vous le dis. Vous allez entendre parler de ce disque pendant de nombreuses années. Il va devenir un classique. Déjà que Gibraltar… mais alors Dante
(Je ne finis pas ma phrase. Il faut comprendre qu’il enfonce le clou. Spirituellement, musicalement et éthiquement.).

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l_1211e216618342be85cf3a7d053de2dd.jpgMandor : Un duo avec Juliette Gréco, un hommage à Nougaro, un Serge Reggiani samplé, les fantômes de Deleuze, Sartre, Camus, Malraux et Césaire, un conte en alsacien, la plume de sa femme Wallen… votre album est un album d’influences, de références et de passions.

Abd Al Malik : Nous avons un patrimoine qui est merveilleux et pour moi, ce patrimoine ne doit pas rester dans un musée. Devant ses monstres sacrés, l’idée n’est pas de dire qu’on va les égaler, mais qu’il faut être à la hauteur de l’impulsion qu’ils ont donné, tout en faisant son propre bonhomme de chemin. Autour de tous ses fantômes, je tente de trouver ma singularité. Je me nourris de ce patrimoine et j’amène ma touche en restant dans la modernité.

Mandor : Vous souhaitez élever le rap français ?
Abd Al Malik : Je souhaite porter haut et de manière décomplexée l’étendard d’une certaine idée de la culture française, de la culture populaire. J’ai envie de revivifier un état d’esprit et, humblement, en être porteur là où je suis. Avec mon histoire et mon art.

Mandor : Le duo avec Juliette Gréco… « c’est du lourd » ! Je paraphrase votre premier simple qui porte le même titre.

Abd Al Malik : Il y a longtemps que je voulais faire quelque chose avec une rappeuse. Je me suis dit que j’allais prendre la rappeuse la plus subversive et hardcore que l’on a en France depuis un petit bout de temps. Ce qui est fou avec elle, c’ets qu’elle a eu une vie incroyable. Ses amis étaient Boris Vian, Malraux, Sartre et j’en passe. Depuis 3 ans que le fréquente régulièrement, aucune fois, elle ne m’a parlé du passé. Elle est toujours dans le présent. Très actuelle.

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Mandor : Quand vous interprétez Circule, petit, circule, vous pleurez presque… c’est votre côté Brelien qui ressort ?
Abd Al Malik : Ce que j’aime chez Brel, c’est sa capacité à ne pas interpréter, sa capacité à être dans la vie. Dès qu’il arrivait sur scène, les lumières s’éteignaient et il était parti dans son monde. En studio, c’était la même chose. Il vivait ses textes. J’ai ce côté là.

Mandor : Vous évoquez les événements mondiaux de la fin des années 50 aux années 70 ? Pourquoi cette période ?
Abd Al Malik : C’est l’après-guerre. Il y a une sorte de dynamisme. Des héros incroyables vont naître. Autant aux Etats-Unis qu’en France, c’est un foisonnement incroyable, au cinéma, dans la littérature, dans la philosophie.

Mandor :
Avec votre complice de toujours, Bilal, votre musique est moderne. Avec Jouannest et Goraguer, elle est plus « à l’ancienne ».
Abd Al Malik : Je vous arrête tout de suite. La vraie musique est intemporelle. Pour moi, la modernité, c’est l’individu. Il faut juste être en phase avec le monde dans lequel on vit et être en phase avec la société. Il y a toujours quelque chose de l’ordre de l’universelle, de l’ordre de l’intemporalité.

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Mandor : Vous m’aviez expliqué pour Gibraltar, que votre écriture venait d’un jet. C’est toujours le cas ?
Abd Al Malik : Oui, plus que jamais. En fait, si dans la vie je suis quelqu’un de très patient, pas dans la musique. Pour écrire et en studio, je ne suis pas du tout patient. Ca marche que si ça vient tout de suite. J’y reviens après pour effectuer quelques retouches, mais la base doit jaillir, tel un rayon de lumière.

Mandor : La plus grande difficulté est de trouver la fluidité ?
Abd Al Malik : La fluidité est quelque chose que l’on veut avoir, mais sans avoir l’assurance de la maîtriser. C’est une méthodologie, une ergonomie de travail. Lorsque tout se passe bien au niveau de l’inspiration, on est tributaire de quelque chose. Il n’y a rien de laissé au hasard et en même temps, tout est hasard. C’est ça la magie de la musique !

Mandor : Vous n’avez pas le trac ? Je veux dire pour la sortie du disque…
Abd Al Malik : Non. Je sais ce que je sais faire. Je ne me pose pas de questions. Je ne suis pas un traqueur de nature. Je n’ai pas peur en général. Que l’on pense ci ou ça de moi ne me dérange pas. On est dans pays libre et chacun peut penser ce qu’il veut. Rien ni personne ne m’empêche d’être qui je suis.

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Hier matin... dans les locaux de Universal Music France.

Mandor : Vous mettez en avant des similitudes  entre hier et aujourd’hui, parfois, en vous prenant en exemple…
Abd Al Malik : Parce qu’un artiste n’est pas à côté ou en périphérie de la société. Il est en plein dedans. Forcément, sa vie personnelle se mêle au mouvement sociétaux. Permettez-moi de citer Gilles Deleuze : Ecrire, c’est se lancer dans une affaire universelle.

Voici le clip de C’est du lourd !

14 octobre 2008

Gabriella Cilmi...

Allez zou ! La vie continue.

The show must… comme qui disait l’ami Freddy M.

Donc, il y a 3 semaines, j’ai rencontré en exclusivité radio la jeune star australienne Gabriella Cilmi.

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17 ans la fille.

Une voix de diva, un comportement de jeune fille polie.

Pas une prétentieuse pimbêche.

Son MySpace.

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Tout avait pourtant mal commencé.

Je débarque au lieu de rendez-vous à l’heure pile.

Chez Spöka.

Les forces en présence me disent… " ce n’est pas ici, c’est à l’hôtel Trucmuche ".

Ce n’était donc pas le lieu de rendez-vous.

Non.

J’abhorre être en retard.

J’arrive en retard.

30 minutes.

Je salue des gens que je ne connais pas.

Le staff de Gabriella Cilmi.

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Je vois Sarah Ichi.

Celle qui m’a décroché l’interview.

Fondatrice avec Mathieu Bouillon de Spöka.

(J’en parle là).

Mais qui ne m’a pas donné la bonne adresse.

Ou alors, je n’ai pas fait gaffe.

Ce qui ne m’étonnerait pas de moi.

Mais je préfère accuser Sarah

C’est mieux pour ma réputation.

Et pour la crédibilité de mon blog.

Je suis en sueur.

Enervé.

Contre personne.

Contre la situation.

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Je demande : " qui me fait la traduction ? ".

Sarah s’y colle.

Bon, je lui pardonne.

A ce moment là, je considère qu’elle n’est plus tout à fait fautive.

Mais, j’espère qu’elle va assurer.

Parce que je suis une bille en anglais.

Sarah Ich a assuré.

J’ai donc pu faire une semaine spéciale Gabriella Cilmi sur 77FM.

Le résultat est là.

(5 magazines de 2 minutes 30).

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Peut-être aimeriez-voir ses deux clips officiels?
Le premier: Sweet about me.
Le second: Save The lies.

13 octobre 2008

Mort de Guillaume Depardieu.

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Je viens d'apprendre la mort de Guillaume Depardieu des suites d'une pneumonie foudroyante contractée il y a trois jours.

J'aimais bien le garçon.

Je republie sans toucher une ligne ma note sur notre rencontre.

Hommage donc.

e75394ee9763ae5d9dad789b6f22c02f.jpg Guillaume Depardieu a sorti un livre d’entretien (avec Marc-Olivier Fogiel) le 11 février 2004. J'ai déjeuné avec lui la veille.

Plutôt que Donner tout, il aurait pu s’appeler Dire tout. Il évoque avec force détail, la prostitution, la drogue, l’alcool, les relations houleuses avec son père, ses amours, mais aussi son avenir, la musique, le cinéma et surtout son nouveau combat contre les maladies nosocomiales. Quand on lui dit : paranoïa, mégalomanie, mal être, il répond : esprit rebelle, vérité et liberté. Guillaume Depardieu est complexe mais il s’en fout. S’il est loin d’être un saint, il a le mérite de la franchise. Rendez-vous chez Pépita, restaurant bien connu de la rue Bayard (avec franchement une petite crainte d’en prendre plein la gueule…son amour pour les journalistes étant plus que modéré).

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Il est attablé, seul et pensif. Lorsque je me présente, il m’observe avec acuité puis il dit, tout sourire:

Guillaume Depardieu : Tu manges avec moi sinon pas d’interview… (Est-ce du lard ou du cochon ?) Tu n’as pas le choix de toute manière ! Ils ont du fric dans ton canard. Tu feras une fiche ! (En se marrant franchement devant mon air perplexe)… et ne m’oblige pas à foutre mon pistolet sur ta tempe !

Mandor : (Comprenant la bonne blague) Mais ce sera avec plaisir… Pourquoi quelqu’un qui affirme en avoir marre qu’on évoque son passé choisi justement de le raconter.

Guillaume Depardieu: Au départ, je ne voulais pas. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’au contraire c’était une manière de botter en touche à chaque fois qu’on va m’emmerder avec ces histoires là ! Après ça, quand on me parlera de mon passé, je dirai « achetez mon livre ! ». Ca sera pratique.

: Vous avez été tenté d’enjoliver ou de dramatiser certains moments de votre vie ?

G.D : Non, c’était suffisamment fort comme ça. J’ai plutôt atténué. En fait, j’ai parlé de seulement 25% de choses qui me sont arrivées. Je ne voulais pas faire de mal à certaines personnes.

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: Vous dites dans le livre : « Le meilleur moyen de se trouver, c’était de se perdre. Quand on veut vraiment savoir qui on est, il faut tout essayer ».

G.D : L’écueil, c’est la répétition. Je ne me raconte pas d’histoire et j’essaie de profiter de mes expériences. Il faut aller de l’avant tout le temps !

: Allez, je vous cite encore : « J’étais une œuvre vivante en permanente mutation, comme tous les enfants aimeraient le rester », et de préciser : « l’erreur est d’avoir mis plus d’art dans ma vie que de vie dans mon art ».

G.D : Quand on est artiste, on a tendance à mélanger la vérité et la réalité. On est dans sa vérité. Moi, j’ai décidé de vivre complètement en adéquation avec ce que je pensais. C’est comme ça que j’en ai pris plein la tronche.

M : Parce que la société n’est pas faite comme ça…

G.D : En même temps, elle laisse un espace d’expression et de liberté qu’il faut exploiter au maximum.

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M : La liberté justement… Vous aimez dire que vous vivez dans la liberté la plus absolue.

G.D : Oui, ça me plait par ce que j’ai payé très cher cette liberté là, cette indépendance. Plus j’avance, plus je suis libre parce que je m’enlève toutes les fausses contraintes. Les vraies sont inhérentes à l’existence. Il suffit juste de les appréhender de manière saine, c'est-à-dire sans alcool. Light. Parce que moi, je n’ai vraiment pas besoin de ça !

M : Etes vous resté le même que celui dont la vie est racontée ?

G.D : Mais, bon sang, je ne changerai jamais ! Il ne faut pas confondre changement et évolution. Sur le fond, je revendique haut et fort ce que je dis et je le penserai jusqu’à ma mort. Et même après d’ailleurs…

M : Evidemment, il y a un long chapitre dans le livre sur votre accident de moto et votre amputation. Moi, je préfère insister sur votre combat actuel. Vous êtes le président d’honneur de l’association «Le lien ».

G.D : Oui, c’est une association qui vise à aider les victimes d’infections contractées dans une clinique ou un hôpital. Je leur envoie les personnes qui m’écrivent et qui ont besoin d’aide.

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: C’est pour votre fille de 3 ans que vous faites tout ça ? Ce livre par exemple, c’est pour qu’elle sache qui est son père ?

G.D : Un peu oui, mais elle n’aura pas le droit de le lire avant ses 16 ans. Vous savez, je l’ai appelée Louise. Comme Louise Michel. Ouvrez vos bouquins d’histoire les jeunes ! Voilà un exemple à suivre !

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Après l’entretien, il s’est détendu. Son secrétaire personnel, en aparté, me demande de lui envoyer mon papier avant parution. Ce que je refuse poliment. « Il va mal le prendre » me dit-il. Je demande à l’acteur :

-Vous voulez lire mon papier?

-Euh... d’habitude, oui, je l’exige… mais là, ce n’est pas la peine.

-C’est gentil de me faire confiance.

-Juste, ne me le faites pas regretter…

Guillaume Depardieu ne m’a pas cassé la gueule après parution.

Au contraire, quelques jours plus tard, j'ai reçu ce petit mot de sa part...

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Venant de lui, ça m'avait touché.

 

(Sinon, toutes les photos sont de ma copine Valérie Archeno. Merci à elle!).

(Précision du 13 octobre 2008: Attention! Les 7 premiers commentaires datent du 12 juillet 2007.)

02 octobre 2008

Nelly Olson Vs Mandor: match amical (très)!

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C’est amusant, j’ai rencontré un paquet d’artistes de tout poil et de tous les horizons sans que cela m’émeuve particulièrement.

J’aime les artistes et je passe ma vie à les rencontrer, c’est un fait établi.

Mais là, je dois dire… j’étais un peu ému.

La Nelly Oleson de mon enfance.

Celle qu’on a aimé détester en regardant La petite maison dans la prairie

Cette tête à claque de petite garce qui faisait rien qu’à embêter Laura Ingalls.

Un rendez-vous avec elle.

Hier soir.

Dingue le truc !

Tout ça parce qu’elle passe à Charny (Seine et Marne) le 17 octobre prochain.

Oui, parce que maintenant, Nelly Olson a grandi.

Et Nelly Olson, c’est pas son vrai nom.

Non.

En vrai, c’est Alison Arngrim qu’elle s’appelle.

Elle est toujours comédienne.

En ce moment, elle joue Confessions d’une garce dans la prairie dans quelques petits villages français. Comme elle me l’a expliqué, c’est un choix volontaire de sa part d’aller dans des endroits où personne ne vient jouer. Elle souhaite « une tournée familiale dans l’esprit de la série dans laquelle elle a joué et de son petit village de Walnut Grove. »

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Donc, me voici à Montreuil city.

C’est là que loge provisoirement l’ex-petite peste.

Chez une sympathique personne répondant au prénom de Gérald (et dont je n’ai pas bien compris qui il était dans l’histoire, à part un ex-fan et mon sauveur es-traductions quand je ne comprenais pas la dame.).

Accueil chaleureux, malgré mes trois quarts d’heures d’avance.

Ils venaient de rentrer de je ne sais où.

La table du salon était encore pleine de miettes.

Bon, au début, il y a eu un micmac.

Gérald pensait que je causais bien l’Angleterre.

Je cause bien mieux la France.

Donc l’interview a été réalisée dans un franglais des plus surprenants.

Mais Alison Arngrim s’est débrouillée comme elle a pu.

Bien.

Dans ce modeste appartement, je vous assure, cela me fait tout drôle de discuter avec elle.

Elle représente tellement une part d’enfance. Elle me raconte que lorsqu’elle tournait, les gens dans la rue (et principalement les jeunes) lui crachaient dessus et l’insultaient. Elle a souffert de ne pas avoir été aimée. Aujourd’hui, les choses ont changé. C’est l’effet inverse. Les gens l’adorent.

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Alison Arngrim ponctue l’interview d’interjections, de rires, de grands yeux ouverts. Elle me raconte ce qu’il y a dans son spectacle, sorte de stand up, intégralement en langue française, of course. C’est l’adaptation par elle-même et Patrick Loubatière (biographe officiel de La petite maison dans la prairie), d’un spectacle américain à succès.

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Avec Michaël Landon...

Dans ce spectacle, elle raconte comment on peut grandir avec une étiquette de garce, quelques anecdotes du tournage de la série, sa vision de la France, ses rencontres avec les célébrités françaises, les différences culturelles avec les États-Unis…le tout interrompu par des extraits sur écran géant des scènes les plus drôles de la série.

Bref, on se marre et on se souvient.

Une soirée drôlo-nostalgique.

Je tente de creuser un peu la vie qu’elle mène aujourd’hui, sa carrière de comédienne.

 

Elle me raconte le tournage du film de Mocky, Le deal (sorti en mars 2007).

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Avec Jean-François Stévenin dans Le deal.

Rien sur ce qui est d’ordre privé.

Tant mieux.

Je ne suis pas du genre.

Puis nous évoquons le fait qu’elle soit élue « garce la plus populaire de la télé » par une chaîne suisse (TV8). Edie Brit des Desperate Housewives arrive en deuxième position.

Alison Arngrim a une seconde vie. Plus humanitaire, celle-ci.

Elle est ambassadrice de la lutte contre le sida depuis 1986, et instigatrice de nouvelles lois américaines pour la protection de l’enfance (pédophilie…).

« C’est atroce, toutes ces choses ! »

Elle vient de recevoir la première « Protect National Leadership Award » et elle est la marraine de l’association belge Celebrities Unit for Child Protect.

Voyez qu’il faut gratter pour voir ce qui se cache derrière les apparences (voir note précédente).

Après l’interview, elle s’en va dans une autre pièce et reviens tout sourire avec des photos d’elle époque « petite maison ».

Je n’avais rien demandé, mais elle s’installe et me demande mon prénom.

Elle se met à dédicacer les photos.

La force de l’habitude, je suppose.

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Je lui en demande une pour ma femme qui n’en pouvait plus de savoir que j'allais rencontrer Nelly Olson.

"Tu lui diras que quand j'étais enceinte, je regardais tous les jours...".

"Oui, mon amour, compte sur moi!"

"Et puis aussi que quand j'étais jeune, je..."

"Oui, oui, promis!"

Evidemment, je n'ai pas dit tout ça.

Juste un peu.

 

(Les femmes sont impressionnables, je sais, je sais… pfff…)

Ensuite, séance photo sur le balcon.

Fait frisquet.

On se marre.

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Merci, c’était sympa, au revoir.

On se donne rendez-vous après le spectacle du 17 à Charny.

Je dis oui.

Je dis toujours oui.

Avec plaisir.

Mais, je ne viens jamais féliciter les artistes après un spectacle. Je ne sais pas quoi dire. Tout est toujours si convenu, banal que je préfère m’éclipser.

Quand je pense que, marmot, je n’avais qu’un souhait en la voyant. Lui tirer les couettes.

À la place, je lui sers la main chaleureusement.

Quelle girouette, je suis !

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(Spéciale dédicace à Ron...)

(Il existe un groupe rock bordelais qui s'appelle Nelly Olson... à découvrir ici!)

24 septembre 2008

Olivia Baum... ce soir au Réservoir!

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0602498402542.jpgJe connaissais mal Olivia Baum. Son album, Bande Originale, je l’avais pourtant reçu il y a plus d’un an et demi. Mais, la chanteuse était un peu noyée dans la masse des CD reçus.
Un de ses attachés de presse m’a incité à la rencontrer à l’occasion de la sortie d’un single inédit…Les jeux sont faits.
Je ne fais jamais ça d’habitude.
Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté.
Bon, vous me connaissez, je suis un peu curieux.
Et j’ai du mal à dire non.
C’est un problème ça, vous savez, dans la vie.

Les jeux son faits... en public!


En allant sur son MySpace, on peut y lire cette mini bio …
« Bien plus qu'une interprète du monde de la variété, Olivia Baum est en réalité une artiste complète, capable d'installer des ambiances lentes et chaudes (J'attends la balle qui m'assassine), dansantes et sucrées sur fond de sonorités soul et jazzy (Réalité(s))... De sa voix solide, elle rend hommage à des lieux et à des personnes, tout en ayant constamment à l'esprit que la musique reste un formidable catalyseur d'émotions."

Le 2 septembre dernier, j’arrive donc au Bar des Artistes.
Je l’observe à travers la vitre.
J’aime bien faire ça. C’est évocateur, un comportement pris sur le vif, je trouve.
Elle lit Courrier International.
Elle semble naturelle. Pas de posture.
Je m’approche.
Un sourire lumineux, une poignée de main et vouvoiement de rigueur.

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Pendant toute l’interview, je n’ai pas réussi à briser la glace. Je n’ai pas trouvé le chemin où m’engloutir pour obtenir ce que je voulais. Un truc un peu personnel.
Peut-être un peu crevé moi, parce qu’Olivia Baum est une fille sympathique et fraîche.
Je n’étais pas inspiré pour dépasser mon travail de journaliste.

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Elle répond à mes questions.
En pro.


-J’ai grandi avec la Malka Family. Je les côtoyais même. Mais, je suis passée à la musique professionnellement grâce aux rencontres de la vie. Des artistes talentueux m’ont aidé à franchir le pas, à faire mon album et à avoir mes propres compositions. Je peux nommer Bastien Burger. Il a cosigné les compositions avec moi et a coréalisé l’album avec Dominique Blanc-Francard. Didier Golemanas, Pierre-Dominique Burgaud et Tété m’ont signé quelques perles…


-J’ai toujours un petit carnet sur moi, je m’inspire de tout ce qui m’entoure, des gens. Je suis une contemplative.

-Pour être chanteuse, il faut se remettre en question souvent, il ne faut surtout pas oublier d’être généreuse. La musique, c’est un don de soi.

-J’ai un style clairement pop. Après, c’est au niveau des arrangements que l’on peut colorer ses chansons avec ses influences personnelles.

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-Moi, je me refuse les barrières. Je tente tout de même de créer une cohérence dans ma musique, c'est-à-dire, rester toujours très pop. Mais j’aime inclure la fusion des genres et tout ce qui est métissage musical.

-J’ai longuement hésité entre la chanson et journaliste cinématographique.

Voilà, des informations de ce genre…

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A la fin de l’interview, je lui demande ce qu’elle lit en ce moment.
J’ai beaucoup aimé sa réponse : Tonina Benacquista : Quelqu’un d’autre.

Quoi? Les photos mandoriennes?

Si, si, y en a.

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Pourquoi ne souris-je pas en si belle compagnie?


Pour découvrir la belle talentueuse demoiselle dans ses œuvres…
C’est ce soir au Réservoir.
Parfois, la curiosité est un bien joli défaut.

Le clip de : En chacun de nous.


Et youplaboum! un cadeau bonus...

23 septembre 2008

Thomas Fersen: le retour (1)

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Plus jamais, ça!

Ce matin, j'avais une heure d'avance à mon rendez-vous chez Thomas Fersen.

Je me gare devant chez lui à 10h30, pour 11h30.

Que faire, en attendant?

Je marche.

Dans son quartier.

Tombe sur un Jean-Louis David de mes deux.

J'y rentre.

Explique que je veux juste rafraîchir ma coupe.

(Non, parce que je déteste être ratiboisé...)

Et youpla boum!

Massacre à la grosse tondeuse!

Une coupe de merde de la mort qui tue.

J'arrive chez Thomas Fersen, le front plein de cheveux fins.

Quelques uns finissent par tomber sur mon nez pendant l'entretien.

J'éternue.

Cause, les cheveux qui se débrouillent pour s'incruster insidieusement dans une narine.

(Les gars de la narine, z'ont rien fait pour empêcher ça!)

(Ce jeu de mot capillo-tracté (c'est le cas de le dire!) est dédié à Largentula!)

Pfff...

Ca c'est de la note musicale, convenez-en!

Ouaips!

Je suis un pro, il est bon de le rapeller.

Sérieusement, bientôt ici, le compte rendu de cette deuxième rencontre en moins d'un an.

(Pour relire la première, c'est ici!)

Son nouvel album Trois petits tours, j'en suis dingue!

(Je l'ai chroniqué pour Virgin, ).

La suite dans quelques jours...

(en attendant, régalez-vous avec ma tête d'oeuf!)

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Ces deux photos ont été prises par bibi ce matin, dans son jardin, après l'interview.

22 septembre 2008

Mandorisation champagnisée avec Eric Genetet!

eho_genetetp.jpgPour moi, c’est un exercice extrêmement difficile. Et à chaque fois que cette situation se présente, je ne suis pas très bon. Je le sais, je n’arrive pas à faire semblant.

Interviewer quelqu’un que je connais bien n’est pas ma spécialité.

Lorsqu’il s’agit d’un véritable ami de longue date, encore moins.

Eric Genetet sort un livre. Le Fiancé de la lune.

 

En 6eme, à Freiburg (Allemagne), nous étions (très) amoureux de la même fille.

Marilyne, elle s’appelait.

Quelques années plus tard, nous nous sommes retrouvés de 1992 à 1994 à Strasbourg, lui et moi animateurs à Top Music. On aimait travailler en binome.

Il m’a hébergé chez lui quand j’ai eu quelques soucis de cœur…

Je n’ai jamais oublié qu’il m’a été d’un grand secours moral.

 

Bref, Eric Genetet sort en 2008 un livre.

Il vient d’être sélectionné parmi les auteurs défendus par les magasins Cultura.

Je leur laisse le soin de faire le pitch du livre.

Je ne peux pas passer à côté.

Je l’ai lu, j’ai aimé.

Mais, je l’ai lu en pensant à ce que je connaissais de lui.
Lecture brouillée.

Il m’a appelé, je suis venu.

 

Rencontre, jeudi soir dernier, chez Drouant (dont il est un ami personnel des patrons…)

 

Une table, un micro, du foie gras et une coupe de champagne.

 

eho_genetetc.jpg- Ça m’énerve de lire que c’est ton premier roman. J’ai chroniqué Chacun ton Foreman dans Virgin ! (Mon pote Frédéric Vignal aussi!) Je ne sais pas en quoi ça fait bien d’insister sur le fait que Le Fiancé de la lune est ta première œuvre. Je trouve ça énorme !

 

-On va en parler… L’histoire démarre il y a 3 ans avec un premier livre qui n’est pas vraiment un roman. C’était un récit. Une commande strasbourgeoise, quoi ! Le distributeur n’était pas très performant, aucune autre ville ne l’a eu dans ses librairies. À propos de ton article, je me souviens parfaitement que tu avais écrit que j’étais le nouveau Yves Simon. C’est marrant parce qu’après, j’ai vécu un rêve.

 

-Tu as rencontré Yves Simon, ton idole littéraire de jeunesse ?

 

-Mieux que ça. Pendant un an et demi, je suis venu écrire Le Fiancé de la lune à Paris dans le fameux appartement des éditions Héloïse d’Ormesson. Un jour, au Flore, Gilles Cohen Solal me présente Yves Simon. Je lui offre mon roman, euh… mon récit. Le lendemain, j’y retourne et au moment de partir, je croise Yves Simon et il me dit : j’ai lu ton livre, j’adore ton style.

Yves Simon, le mec qui m’a donné envie d’écrire.

 

-Aujourd’hui que tu as grandi, évolué, tu es toujours aussi fan de cet auteur ?

 

-Oui, mais, je ne l’ai pas relu. Le voyageur magnifique est un livre que je n’oublierai jamais. Il m’a accompagné pendant des années.

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Quel beau gosse ce type! Désormais, il me convoque chez Drouant. Classe...

 

-J’ai un peu parcouru ce que l’on dit de toi sur Internet. C’est assez dithyrambique, mais tout le monde insiste sur ton image de romantique…

 

-Cette image m’embête parce que je ne suis plus ça.

 

-Dans Le fiancé de la lune, qu’est-ce qui rapproche Arno Reyes d’Éric Genetet ?

 

-Des préoccupations similaires, peut-être. L’arrivée de l’enfant, l’angoisse du père, les questions que l’on se pose, la transformation de la relation avec la mère de l’enfant. Ça, c’est personnel, le reste non.

 

-Je suis toujours étonné par ton écriture. Épurée, pas de fioritures… elle ne correspond pas à ce que je connais de toi. Je trouve que tu es un peu plus fou fou dans la vie, malgré ton apparence calme. Cela dit, on ne se voit plus comme avant, tu t’es peut-être assagi.

 

-Ben, j’ai plus de 40 ans, j’ai changé. Mais, je suis quand même un peu d’accord avec toi. Tu sais, ce livre a été écrit avec les tripes, mais édité. C'est-à-dire qu’il y a eu un travail d’édition dessus. Quand j’ai donné ma première version, Héloïse d’Ormesson a écrit quelques notes dessus et elle m’a surtout dit un truc essentiel : tu dois passer une petite couche de vernis dessus. Pour moi, ça voulait dire épurer. Héloïse a fait son travail d’éditrice. Quand tu es sur un texte pendant deux ans, je t’assure, tu n’as plus aucun recul. Tu ne sais plus ce que tu dois écrire… Elle ne m’a rien imposé, elle m’a juste alerté sur des détails, mais j’ai tout pris en compte. J’ai rendu une deuxième version, puis une troisième. Moi, je suis très heureux d’avoir été édité par Héloïse… pas juste publié, je dis bien édité.

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C'est qu'il est fier le bougre!

 

-C’est la première fois que j’entends ce discours en interview. Un écrivain suggère généralement qu’il a tout fait lui-même sans l’aide de personne.

 

-C’est un travail de collaboration. Je le souhaite comme ça, en tout cas.

 

-Ca y est, tu es devenu une star mondiale grâce à ce livre ! Je suis fier d’être ton ami.

 

-Que t’es con ! Toi, par contre, tu n’as pas changé. Toujours ce même sens de l’humour…

 

-Mais, franchement, c’est top classe de dire que tu es écrivain, non ?

 

-J’ai trop de respect pour des gens qui écrivent toute la journée et qui publient des chefs d’œuvres… moi, j’aime bien dire que je suis auteur d’un livre. Je ne suis pas encore écrivain, je le deviendrai peut-être un jour. Je me vois plus devenir écrivain vers la fin de ma vie.

 

-Est-ce qu’être édité dans une maison d’édition reconnue te donne te l’assurance ?

 

-Ca donne confiance. J’ai déjà commencé le troisième et…

 

-Le deuxième tu veux dire. Parce que le premier était un récit, non ?

 

-Euh… oui, le deuxième.

 

-C’est difficile de faire comme si, hein ?

 

-Donc, je viens de commencer le deuxième. Hum !

 

-Bon, il faut que je te dise. J’ai eu du mal à avoir une opinion définitive avec ton livre. Parce que je te connais trop et je n’arrêtais pas de faire des rapprochements avec ce que tu es.

 

-Je te comprends bien. Surtout toi, je t’ai envoyé mes tout premiers textes pourris qui étaient les prémices de ce que je voulais faire.

 

-Ils étaient loin d’être pourris, crois-moi. J’étais déjà même un peu impressionné.

 

-Je vais encore progresser, tu verras. Je suis complètement autodidacte sur la totalité de ce que je fais dans la vie, parce que je ne suis pas allé beaucoup à l’école, je n’ai pas fait d’étude. J’ai appris les choses que je sais aujourd’hui depuis l’âge de 18ans. Je m’en fous, je suis ce que je suis, ça donne une écriture sans code, sans référence. C’est peut-être ce qui permet d’avoir une vraie sincérité.

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Là, c'était lors de l'anniversaire des 3 ans des éditions Héloïse d'Ormesson. Le 16 mars dernier.
Au centre, Isabelle Alonso.

 

-Les histoires d’amour que tu racontes ne sont jamais simples. C’est encore un rapprochement que je fais avec le Eric Genetet que j'ai toujours connu.

 

- Dans la vraie vie, la relation à deux, l’amour, ce qu’on essaie de nous faire croire depuis l’enfance n’est qu’une vaste fumisterie. Je crois profondément que les hommes et les femmes ne sont pas faits pour vivre ensemble. On tente quand même parce que l’idée est pas mal, le tableau est joli. C’est une arnaque et quand on a compris ça, je crois finalement qu’on peut finalement le vivre, parce qu’on l’aborde différemment. On ne cherche pas à être le prince charmant pour une femme ou la princesse pour un homme.

 

-Tes héros cherchent pourtant toujours leur alter ego dans tes romans/récits !

 

-Oui. Dans Le fiancé de la Lune, Giannina est une princesse. Quand Arno la voit, c’est tout de suite l’héroïne de ses rêves.

 

-Paradoxe, donc.

 

-Paradoxe, en effet.

 

-Pourquoi ce titre très énigmatique ?

 

-Depuis que je suis papa, ça fait 4 ans, je me pose une question essentielle parmi d’autres questions essentielles, c’est : jusqu’à quel point on influence la vie de nos enfants? Par nos gestes, nos mots, nos passions. Je me dis que si le papa était totalement passionné par la lune, son fils a de grandes chances d’être passionné également. Ce roman se déroule dans un futur proche. On peut voyager sur la lune. Le fils, Arno, a tout fait pour être un des premiers à être de ce voyage extraordinaire. C’est un lien avec son père. Pour comprendre mieux le titre… il faut lire le roman. Si j’explique pourquoi Le fiancé de la lune, j’en dis déjà trop.

 

-C’est vrai. Selon toi un livre doit-il s’expliquer ?

 

-Non, évidemment. Il doit se ressentir. On lit, on ressent des choses, peut-être qu’on adapte certaines situations à sa propre vie, on peut aussi trouver des réponses à deux trois petites questions de sa vie personnelle en lisant un livre. Pour mon livre, j’espère que des mecs se diront : oui, j’ai un comportement comme ça, peut-être changer quelques bricoles pour être un peu mieux.

 

-Comment réagit ta famille par rapport à ton nouveau statut d’écrivain.

 

-Je n’en sais rien. Juste ma mère m’a dit : la prochaine fois, tu éviteras de faire pleurer ta mère. Je ne suis pas dans une famille où on exprime ses sentiments. Tu les connais.

 

-Tu te souviens qu’on s’était dit naguère : le premier qui réussit en littérature aide l’autre !

 

-Oui. Mais tu connais plus de monde que moi dans ce milieu… tu connais même mon éditeur. Si tu écrivais un livre, ce serait un bon début, non ?

 

-Changeons de conversation. Tu es animateur/journaliste, tu connais toutes les ficelles du métier, ça te fait quoi de renverser les rôles ?

 

-Si le journaliste est bon, tu deviens bon. S’il est nul, tu t’embourbes. Parfois, je me demande pourquoi il pose cette question à ce moment là de l’interview et pas un peu plus tard… des détails sans importance. J’ai ma méthode d’interview, mais je tente de me détacher de cela. Ta méthode à toi est bordélique, mais diablement efficace, mon salaud. Tu conversationnes.

 

-Oui, je tente de sortir du traditionnel "question réponse".  Bon, on arrête là, ch'uis nazebroc. C’est épuisant d’interroger un pote…

 

-François, tu me promets d’être super sincère. Pas de flagornerie dans ta note !

 

-Promis, Mandor est un pro. Pas de favoritisme !

 

Pas de favoritisme, ok! mais des images qu'il n'aimerait peut-être plus voir.

Avant cela, voici quelques critiques du livre (beaucoup plus constructives que la mienne!)

Celle de Clarabel, de Daniel Riot, de Rencontresdartistes, d'à lire, d'actualité du livre, de cultura et enfin celle de ma chère amie ecaterina.

Hé hé!

 

Le voici le BONUS TRACK de la mort qui tue!

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Avec le réalisateur Alain Cavalier le 8 novembre 1993 à l'hôtel de la cathédrale.
Strasbourg.
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Avec Dany Brillant à Top Music le 15 février 1994.
Strasbourg.
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Avec Florent Pagny et un nainconnu le 16 juin 1994 à Top Music.
Strasbourg.

25 août 2008

Tatiana de Rosnay... auteur(e) mondiale!

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Vendredi dernier (22 août).

-Allo, Tatiana !

-Oui ?

-C’est François !

-Qui ?

-François Alquier !

-Qui ?

-Ben, Mandor quoi !

-Hein ?

-Tu sais le jeune, beau et brillant journaliste blogueur que tu as connu avant que tu sois un auteur best-seller ?

-Pfff… t’es con ! J’entendais très mal. Et d’abord, pourquoi ton numéro ne s’affiche pas ?

-…

-Non, parce que je tu es dedans normalement.

-Bon, je t’appelle pour te proposer un truc fou que tu es obligée d’accepter.

-C’est encore un rendez-vous improvisé et rapidement ?

-Euh… oui.

-Pour quand ?

-Euh… demain.

-Demain samedi ?

-Ben oui, tu sais, en semaine, je suis un peu bloqué sur Meaux, alors, je me disais comme ça, si tu avais un petit moment.

-Bon, je vais tenter de m’organiser. Pfff… c’est compliqué, mais je te rappelle.

(Vous le savez, quand je raconte une conversation téléphonique, je traficote un peu les propos… mais pas tant que ça !)

Et donc, Tatiana de Rosnay et moi, nous nous sommes vus samedi après-midi, au soleil, sur la terrasse d’un café de la rue Raymond Losserand  (Les Tontons).

L’excuse à ce rendez-vous était la réédition, juste avant l’été, de son livre La mémoire des murs (aux éditions Héloïse d’Ormesson) et la sortie d' Elle s’appelait Sarah au Livre de Poche.

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Je vais éviter les questions qu’elle entend systématiquement.

Pour parer aux éventuelles redondances, Tatiana de Rosnay a publié récemment sur son blog une FAQ.

À lire, donc, avant de continuer.

Ca y est ? C’est fait ?

OK !

Merci !

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Top départ :

9782253122081-G.jpg-Pourquoi la réédition d’un livre sortit en 2003 ? Un coup marketing ?

(Oui, c’est terrible… J’aime jouer au " méchant ".)

-Non, tout simplement parce que mes précédents livres sont tous épuisés. Aujourd’hui, j’ai récupéré les droits de pratiquement tous les titres. Ca a été long et compliqué, mais je l’ai fait. Tu vas les voir renaître soit en poche, soit aux éditions Héloïse d’Ormesson. Sortir La mémoire des murs était logique, puisque j’ai écrit Elle s’appelait Sarah juste après.

-Tu l’as retravaillé ?

-Non, Héloïse m’a juste demandé d’ajouter une préface afin d’expliquer comment ce livre-là a ouvert la porte à Sarah. Le texte est intégral. Je n’ai pas eu besoin de changer quoi que ce soit. En le relisant, j’ai trouvé qu’il tenait la route. On suit bien la spirale atroce de la folie de cette femme.

-Pascaline, l’héroïne de La mémoire des murs, est-elle imprégnée de ce que tu as vécu toi même ?

-Je n’ai pas vécu le drame qu’elle vit dans sa vie personnelle. Je ne suis pas non plus divorcée… Le seul lien, c’est que j’ai effectivement aménagé un jour dans un immeuble jouxtant un autre où le tueur en série Guy George a tué sa première victime. Ça m’avait horrifié. Tous les soirs, en rentrant, je voyais la lumière allumée dans la pièce où avait eu le drame. Je me suis demandé comment on pouvait habiter un endroit pareil. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de cette histoire.

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-Tu crois réellement que les murs ont de la mémoire, des âmes?

-Si on a une sensibilité prononcée, je crois qu’on peut ressentir certaines choses dans certains lieux. Moi, ça m’arrive souvent de me sentir bien ou mal quelque part, sans en connaître les raisons. Je ne préfère d’ailleurs pas savoir pourquoi. Tu sais, lors de la promo de ce livre, j’ai reçu pas mal de mails de témoignages de personnes qui ont vécu des évènements insensés et parfois terribles en aménageant dans des maisons. Je ne suis donc pas un cas unique.

-Ton livre est parfois difficile à supporter, car certaines scènes sont douloureuses à lire, surtout quand on est parent.

Ma mère n’a pas pu lire ce livre. Mon père, quand je l’ai fini, m’a demandé si je voyais un psy et si je dormais bien. Je dois t’avouer que jamais je n’ai autant souffert en écrivant un livre. Je n’étais jamais allée dans des terrains aussi noirs et sombres. J’ai dû me faire violence pour écrire certaines scènes. Elles m’effrayaient moi-même. D’habitude, quand je commence un roman, je sais où je vais. Là, non. Je partais juste de cette Pascaline qui rentre dans cet appartement où un meurtre ignoble a été commis. Ensuite, j’ai eu du mal à trouver quel chemin je devais prendre. Il fallait lier le drame de ce meurtre épouvantable à quelque chose de très personnel pour Pascaline. C’est là que j’ai compris qu’en tant que mère, en écrivant un livre comme ça, c’est une mise en danger. J’ai une fille, toi aussi. Nous savons donc que l’on vit dans la peur permanente de ce qui peut arriver à ses enfants.

(Oui, en en ce moment, Tatiana de Rosnay ne croit pas si bien dire…)

-L’écriture de La mémoire des murs fut donc une véritable épreuve ?

Franchement oui. Mais, ce livre m’a permis d’explorer l’indicible et sans lui, Elle s’appelait Sarah aurait été très édulcoré, limite à l’eau de rose.

-Ce livre, tu l’as écrit avec les tripes.

-Oui, les précédents, c’était de la gnognotte. Ils étaient gentils, inoffensifs.

grdvoisin.jpg-Puisqu’ils vont ressortir, tu n’as pas envie de les " retravailler " ?

-Non, je ne vais pas " remachiner ", " rebidouiller " des choses qui existent dans leur jus. Ces livres là correspondent à ce que j’étais à une époque. Je ne vais pas me renier. Il y en a un qui est carrément érotique, Le dîner des ex, dont à vrai dire, j’ai un peu honte aujourd’hui. Il y en a un autre, Le voisin, un pseudo polar qui est assez efficace comme ça. Bref, il faut assumer ce que l’on a écrit.

-Un jour, tu m’as dit qu’au fond, intérieurement, tu avais une certaine noirceur.

-Je ne le montre pas en tout cas. Les gens qui me connaissent dans la vie savent que je fais souvent la pitre. Je raconte des blagues, je fais des imitations… je fais parfois pleurer de rire mon entourage. J’adore ça. Dans mes livres, souvent, je suis sinistre, c’est vrai. Je pense que j’ai un fond grave et angoissé.

-Parlons chiffres, je sais que tu adores ça ! Le poche d’Elle s’appelait Sarah a cartonné il me semble…

-Tu sais très bien que je n’aime pas ce genre de questions… mais je vais te répondre. 130.000 exemplaires vendus.

-Plus 40.000 exemplaires dans la version sortie chez Héloïse d’Ormesson. Ça commence à chiffrer… et dans le monde entier ?

-Tu ne vas pas me croire, mais c’est vrai. 500.000 exemplaires. Quand on m’a annoncé ça, j’ai demandé si ce n’était pas plutôt 50.000.

-Woaw ! En plus, dans certains pays, il ne va pas tarder à sortir. Il manque encore 5 traductions.

-Je l’avoue, je n’en reviens pas.

-Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal font tout pour te garder, je présume.

-Je vais te dire. J’ai toujours été très bien traité dans cette maison d’édition. C’est vrai que je suis très sollicitée en ce moment, je ne te le cache pas, mais je n’ai aucune envie de m’en aller. Dis le bien sur ton blog. Même avec des ponts d’or, je ne partirai pas. Je suis très bien chez eux. Héloïse est une femme qui respecte infiniment ses auteurs et leurs ouvrages. Là, nous sommes en train de travailler ensemble mon prochain livre Boomerang. Il n’y a ni prise de tête, ni rapport de pouvoir. Je suis contente de l’avoir connu maintenant parce que d’ici une dizaine d’années, ce sera tellement une grosse maison, que l’on aura plus la chance et le privilège de travailler avec elle en direct. Je pense que c’est une très grande éditrice. Quant à Gilles, on l’aime où on ne l’aime pas, mais je trouve que c’est un personnage extraordinaire.

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-Parlons de Boomerang, ton prochain roman qui devrait sortir en avril 2009. Je sais juste que c’est un homme d’aujourd’hui confronté à un sombre secret de famille.

-Ce livre, c’est un gros truc et pas léger du tout. Je ne te dis rien.

Quelques secondes plus tard…

-Bon, tout ce que je peux te dire, c’est que cet homme va se retrouver coincé entre ce secret qui revient comme un boomerang (qu’il tient de sa mère qui est morte) et sa vie d’homme d’aujourd’hui. Divorcé, un boulot d’architecte qui ne lui pas beaucoup, 3 ados qui lui font mener une vie infernale…il va être pris en sandwich entre le passé qui ressurgit et le présent qui est déjà très lourd à gérer. Mais il va faire une rencontre absolument extraordinaire. Une femme. Angèle. Une thanatopractrice qui conduit une Harley Davidson. Je n’ai jamais été aussi emballé par une de mes héroïnes. Quant à mon héros, je le raconte en tant que fils, père, mari, amant. J’ai beaucoup observé les hommes de mon entourage pour construire ce personnage. Et tu sais quoi ?

-Non.

-J’ai dû écrire des scènes d’amour.

-Avec du sexe et tout et tout ?

-Oui.

-Ah ! J’ai hâte de lire ça. Il y a aussi une autre nouveauté dans ton œuvre. Il y a des passages drôles. Tu t’agnesabecassises ?

(rires)

-Tu ne crois pas si bien dire. Il y a peut-être deux écrivains qui ont déteint sur moi récemment. C’est Abha Dawesar (mandorisée ) qui m’a fait parler de cul et Agnès Abécassis (mandorisée ici) qui m’a fait mettre du rire. J’aime beaucoup ces deux personnes autant que leurs livres.

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Avec Abha Dawesar, la caution "cul".
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Et la toujours très sérieuse Agnès Abecassis, la caution "rire"...

Voilà, fin de l’interview… nous avons ensuite un peu parlé du milieu de l’édition. Sujet qui nous passionne tous deux. Puis de sa tournée américaine entre le 7 et le 14 novembre. Sept conférences en une semaine pour parler de sa Sarah. A Saint-Louis, Atlanta, Detroit, Chicago, Cincinnati, Milwaukee et Miami (peut-être pas dans l’ordre…)

Tant que j’y suis, je vous annonce qu’elle publie dans le VSD de cette semaine, une nouvelle. Amsterdamnation…

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Je ne vous quitte pas avant faire le point sur ses nombreux sites, blogs, MySpace, facebook (non, parce que faut suivre...)

Site officiel.

Blog en langue française.

Blog en langue anglaise.

Blog "international" consacré à l'aventure Elle s'appelait Sarah.

Myspace.

Facebook.

(Cadeau bonus: quelques notes mandoriennes dont elle est déjà l'héroïne: , là et ...)