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07 juin 2009

Polo et Ami Karim dans un parc meldois...

L’un est l’ancien leader du groupe des années 90, Les Satellites.

Groupe de rock alternatif, parfois légèrement punk, qui a bercé une période de ma vie.

Pour les nombreux nostalgiques de ces fous déjantés... Les situations claires, en 1990.

A découvrir sur un site officiel plutôt bien ficelé.

Polo, donc.

Il vient de sortir son cinquième album solo chez Atmosphériques.

Alexandres.

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Dans ce disque, il explore, s'approprie et réinvente d'anciennes formes fixe de poésie, (ballades, odes, rondeaux redoublés, vers mêlés...) pour nous offrir douze chansons écrites pour la plupart en alexandrins. Une écriture en "trompe l'œil", dont le lyrisme touffu et le sens du détail réjouissent l'esprit et l'oreille.
Alexandres est réalisé par Régis Ceccarelli (Souchon, Henri Salvador, Abd Al Malik...) et le compositeur Olivier Daviaud (Dionysos, Jacques Higelin, Emily Loiseau...) qui signe ici de somptueux arrangements.


"Alexandres", making off

Vous en apprendrez plus sur Polo en allant ici.

Son site officiel.

Sa première mandorisation.

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L’autre est Ami Karim, un slameur qui a sorti un très bel album l’année dernière chez EMI.

Eclipse totale.

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Un artiste à la plume frontale, sans concession et poétique.

« Peu de métaphores directes, beaucoup d’images filées. Il scrute et embrasse le quotidien. Qu’il finit par transcender. Il part du personnel, du visuel, de l’équivoque, du ressenti ou du cocasse. Un impressionniste du quotidien », explique ce site, plutôt acquis à sa cause.

Ami Karim travaille avec l’équipe de Grand corps malade. Mais pas que. Plus diversifié musicalement que son pote de Saint-Denis.

 

Son site officiel.

Sa première mandorisation.

Avant-hier (vendredi 5 juin), ces deux artisans des mots sont venus au Parc Chenonceau de Meaux en compagnie de 200 collégiens de la ville pour présenter leurs travaux réalisées lors des Ateliers Muzik’Elles 2009.

Un vrai challenge que de faire travailler des classes entières sur un thème commun.

Et quel thème ! « Les femmes de tous les temps ».

Comme je les connais tous les deux et que je les apprécie, je suis passé les interviewer.

Dans un contexte assez inhabituel.

Portfolio.

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Au loin, sur la scène... de gauche à droite: un élève, Ami Karim et Polo.
(Les loupes ne sont pas transmises par Mandor!)
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Ami Karim... seul sur scène.
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Les deux artistes et leurs "élèves".
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Polo en pleine conversation avec Mandor (et sa chemise fichtrement bien repassée)...
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Ami Karim, Polo et un journaliste/blogueur qui continue à bloguer quotidiennement, même si ce n'est plus à la mode...

 

27 mai 2009

Visitez la planète Mars!

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Je ne connaissais pas du tout Frédéric Mars, par contre, Frédéric Ploton (qui avait naguère un blog), c’est quelqu’un que je vois de temps en temps, pour refaire le monde, le milieu littéraire et sa comédie humaine…

…plus beaucoup d’ailleurs, en ce moment.

Une histoire d’agendas respectifs un peu chargés, quelque chose comme ça.

Bref, Mars est Ploton, c’est le même.

Deux auteurs, mais chacun avec ses spécificités.

L’un écrit des romans, l’autre est auteur multi fonctions (voir quelques-uns de ses ouvrages, pour vous faire une idée. Et puis là aussi.).

 

Nous nous sommes quand même donné rendez-vous récemment dans un bar parisien (La Machine à écrire), à l’occasion de la sortie le 20 mai dernier de son dernier (deuxième) roman, L’amour est une femme, en poche chez J’ai lu.

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Avant le condensé de l’interview, le « pitch » de l’Amour est une femme (quel joli terme, messieurs les académiciens ! Remerciez Saint Ardisson…) :

 

Paris, printemps 2010.

Tom Albrecht, 38 ans, journaliste reporter d'images pour la chaîne d'information en continue américaine Fly News, part en reportage en Irak, un pays toujours déchiré par une guerre civile qui n'en finit pas. Une manière pour lui de fuir la douleur de sa récente séparation de Louise, sa femme depuis 15 ans. À peine quelques jours sur place et il est victime d'un attentat qui vise le bus de journalistes étrangers dans lequel il se trouve. Plus de deux mois plus tard, il se réveille dans le service de neurochirurgie du Professeur Ledor, à l'hôpital militaire du Val de grâce. Il est le seul rescapé… mais des pans entiers de sa mémoire lui font défaut. Seul soutien à son chevet, Jamie, son cadet au comportement d'aîné, qui produit pour le compte de la chaîne publique La Seconde une émission de télévision exceptionnelle dans le service même où Tom a été admis : l'Ultime voyage ou, pour la première fois, la retransmission en direct de ce que voit un homme en train de mourir.

 

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Mandor : Pourquoi as-tu changé de nom ?

 

51jCvbCfviL__SL500_AA240_.jpgFrédéric Mars : Depuis le début, en 2006 pour Son parfum, j’ai voulu prendre un pseudo. Mais, l’éditeur n’a pas voulu pour des raisons un peu obscures. Avant mon premier roman, j’écrivais déjà beaucoup de bouquins et j’estimais qu’il ne fallait pas mélanger les genres. Une commande n’est pas comme un roman perso. Dans notre beau pays, les gens ont du mal à comprendre qu’une seule personne peut avoir plusieurs genres, plusieurs registres à son actif. Et qui plus est, si l’un des registres est de l’érotique et du sexe… Et puis, franchement, je n’ai pas un beau patronyme. Ploton, ça ne sonne pas comme Saint Exupéry… Je me suis donc refait une virginité en changeant de nom.

 

Mandor : Mars… pourquoi ? Parce que Ploton ressemble à Pluton ? Une histoire de planète ?

 

Frédéric Mars : Je n’y ai même pas pensé une seconde. Non, simplement, je voulais garder mon vrai prénom qui comporte trois syllabes, donc il me fallait un pseudo court. Je me suis amusé à faire des espèces d’acronymes, associations de lettres qui définissaient mon projet « romanesque ». Je suis arrivé à ce résultat : Merveilleux, Amour, Recherche scientifique et Sensualité.  Tu sais, j’ai fait des études de marketing et c’est une vieille ficelle que d’employer un terme que les gens connaissent déjà. La barre chocolatée, la série Véronica Mars, la planète ou le mois… Mars parle à tout le monde.

 

623.jpgMandor : Son Parfum, c’était plus Amour et Sensualité que Recherche scientifique et Merveilleux, non ?

 

Frédéric Mars : Oui, tu as raison. L’amour est une femme, lui, est plus Recherche scientifique et Merveilleux. Le prochain projet alliera tout ça, je pense. Je suis d’ailleurs en cours d’écriture de mon 3e roman, pour les éditions Michel Lafon. Toujours un récit où l’imaginaire est roi… mais qui m’emmène bien loin de mes intrigues contemporaines habituelles, puisqu’il s’agit cette fois d’un thriller historique, situé en des temps reculés. Une période clé de l’histoire de l’humanité.

 

Mandor : Tu me tiendras au courant… Pour en revenir à L’amour est une femme, sa construction narrative est compliquée. Il y a beaucoup de flash-back, du rêve, de la réalité, des phantasmes… le présent, le passé s’entrechoquent souvent. Mazette, quel boulot !

 

Frédéric Mars : Je procède comme un scénariste. J’ai un synopsis très détaillé. Séquence par séquence. Dans ce livre, il y en a une trentaine, dans laquelle je place tous les tenants et les aboutissants. Qui intervient, ce qu’il s’y passe, d’où ça vient, vers où ça doit aller…etc.  Je structure énormément, mais je me laisse aussi surprendre. Mes personnages m’amènent parfois dans des directions que je n’avais pas toujours prévus d’une scène à l’autre.

 

Mandor : Comment peut-on parler de L’amour est une femme sans trop déflorer le sujet ? C’est extrêmement compliqué de parler de MARS-2008616-1342-b.jpgce roman.

 

Frédéric Mars : J’ai eu du mal pour la promo. Il fallait que je trouve un discours standard afin que j’en dise suffisamment pour un peu accrocher, mais pas trop. Si je vais au-delà de la page 30, j’en dis déjà un peu trop.

 

Mandor : Comment conçois-tu ta « carrière » littéraire ?

 

Frédéric Mars : Je veux faire des livres faciles à lire, dans des registres plutôt populaires. A la Douglas Kennedy…

 

Mandor : Tu es un touche à tout éditorial, tu n’as pas l’impression d’être né dans le mauvais pays ?

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Frédéric Mars : Souvent, je me le dis. Aux États-Unis, les gens qui écrivent et qui foisonnent d’idées, de concepts sont admis plus facilement qu’en France. Là-bas, ils sont même valorisés. En France, il faut rester dans un seul domaine.

 

Mandor : Vous êtes peu nombreux en France à vivre de votre plume.

 

Frédéric Mars : Effectivement, je suis très sollicité sur de multiples projets. Je vais vers ce qui m’intéresse et j’en suis à un point ou je peux me permettre de ne pas faire n’importe quoi. Je ne veux écrire que des livres qui ont du sens.

 

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Les photos prises à La Machine à Ecrire ont été réalisées par Mandor et son déclencheur automatique...
Mal réglé, comme en témoigne ce dernier cliché.

08 mai 2009

Agnès Abécassis: La grande interview!

Alors bon, j’avais lu consciencieusement son livre. Tout en m’arrêtant parfois pour sourire franchement (voire, soyons fou, bien rigoler !). Comme d’habitude, je m’étais dit avant de commencer Chouette une ride ! que ça n’allait intéresser que les femmes.

Parce que les hommes, hein, les rides, ça ajoute à leur charme !

C’est bien connu.

Agnès Abecassis (mandorisée pour son précédent livre, ici) à l’art de faire rire avec des événements de  la vie quotidienne. Des petites histoires qui deviennent hilarantes sous sa plume.

Donc, j’avais pris plein de notes judicieuses, extrêmement originales et qui allaient permettre de réaliser une interview hors du commun.

(Pour faire simple : mon talent de journaliste au service de la littérature d’aujourd’hui.)

(Un truc à la Pivot/Soljenitsyne… bref, « un grand entretien » bientôt édité par l’INA.)

 

Donc, nous avons tenté de nous donner rendez-vous plusieurs fois.

Sans succès.

(Nous avons tous les deux des agendas à faire pâlir de jalousie Barak Obama, Nicolas Sarkozy, Sylvio Berlusconi et Tatiana de Rosnay réunis.)

Et puis, nous nous croisons au dernier Salon du Livre de Paris.

Le 15 mars 2009 dernier.

(Pour être honnête, je suis passé la voir alors qu’elle dédicaçait à tour de doigts ses ouvrages.)

(Toute l'après-midi, elle a signé non stop...)

 

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-Hello Mandor ! (Agnès est parfaitement bilingue !)

-Bonjour Agnès ! (Pas moi.)

 

Et nous papotons de manière un peu hachée, car ses lectrices s’impatientent.

 

-Comme nous n’arrivons pas à caler un moment pour nous voir, on peut faire la mandorisation tout à l’heure ? Je finis à 16h… tu n’as qu’à venir me chercher et on se met dans un coin tranquille. D’accord, merci à tout à l’heure !

 

Et une nuée de lectrices me chassent du stand en me jetant des pierres.

 

Un coin tranquille au Salon du Livre.

Décidément, Agnès Abécassis à un sens inné de l’absurde.

Bien.

J’ai lu le livre il y a plus d’un mois.

Il est à la maison et mes notes (vous savez, celles qui allaient changer la face du monde de l’interview… et patati et patata) sont dans l’ouvrage en question.

 

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Pub dans Elle (pleine page).

Je calcule mentalement la probabilité qu’elle et moi parvenions à nous libérer dans les prochains jours.

Je veux dire, pour réaliser l’interview de la mort qui tue (et qui éventuellement pourrait déchirer sa race.)

Aucune probabilité, ni à court, ni à moyen terme.

 

Je reviens donc la chercher à l’heure pile (+10 minutes).

Le coin tranquille est donc le stand d’en face celui de Calmann-Lévy.

 

-Viens, installe-toi à côté de moi. On n’a qu’à faire ça là.

 

Nous voilà donc assis côte à côte face à une pile de livres d’Agnès.

Le stand du Livre de Poche est lui aussi, fichtrement visité.

 

Et là…

 

Je ne sais absolument pas quoi poser comme question.

Je sèche, je cale, je tremble, j’étouffe, je vomis la bière précédemment ingurgitée avec Emmanuelle Urien, je me ressaisi…

…et je parviens à me lancer.

 

- Comment t’est venue l’idée de parler des rides et du temps qui passe ?

 

(La puissance phénoménale de la question. Vous la ressentez ?)

 

Agnès éclate rire.

 

- C’est juste la question qu’absolument tout le monde me pose.

 

- Bon, bon…je passe à une autre question. Est-ce qu’avant de débuter un nouveau livre, tu te demandes « de quoi je vais parler » ? … Agnès, Agnès ?

 

Je ramasse Agnès, écroulée de rire sous la table.

 

- Tu tu tu… as déjà essayé d’écrire un livre ? parvient-elle à extraire de sa bouche entre deux reprises de respiration. Ah ! Tu es marrant quand tu déconnes !

 

- Euh…

 

- Allez, vas-y, je t’écoute.

 

- Hum ! Non, mais j’insiste un peu là. Pourquoi as-tu choisi de parler des femmes qui prennent de l’âge ?

 

- Quand ma fille est entrée en 6e, ça m’a mis un méchant coup de vieux. Là, j’ai réalisé qu’elle devenait concrètement une adolescente avec tout ce que cela implique comme transformation, comme changement d’attitude physique et intellectuelle et que, du coup, ce n’était plus moi la mère adolescente insouciante. Par contre, c’est moi qui allait devenir has been… j’ai réellement pris conscience que le temps passait. Ce « collège blues » a été temporaire, mais il m’a donné l’idée de ce livre.

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Article dans Prima.

 

- Tu as finalement exorcisé cette pseudo angoisse en écrivant Chouette une ride ?

 

- C’est comme ça que je fonctionne, j’exorcise. J’exorcise mes angoisses et comme j’ai beaucoup d’angoisses, j’ai beaucoup de matières.

 

- C’est un sujet grave les rides qui se pointent ?

 

- Non, c’est un sujet ridicule qui peut prendre des proportions ridicules. Quand tu vois des nanas de 30 ans qui se font injecter du Botox, c’est ridicule. J’ai aussi des copines de mon âge qui oublient parfois leur date de naissance, qui la rétrécisse un peu…Moi, personnellement, ça ne me dérange pas d’avouer que j’ai 23 ans.

 

- ? ? ?

 

- C’est de l’humour Mandor. Pfff… t’es lourd…

 

- Non, sérieusement, je trouve que c’est une chance de pouvoir vieillir, de pouvoir regarder grandir ses enfants… alors, effectivement, il y a des désagréments esthétiques, mais si tu ne te laisses pas aller, ça se combat tout ça.

 

- Tes lectrices se sentent concernées par ce thème ?

 

- Oui, à des degrés divers. Il y a des femmes de 50 ans qui sont bien dans leur peau et des jeunes filles de 20 ans qui se mettent des plâtres de crème antirides tellement elles ont peur d’avoir un trait d’expression.

 

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- Ton héroïne est écrivain de polar. Tu donnes quelques exemples de ce qu’elle écrit. Et du coup, on s’aperçoit que tu pourrais toi même écrire ce genre littéraire.

 

- Merci, c’est gentil. D’abord, j’adore les thrillers, ensuite, c’est une façon de faire comprendre que je déteste qu’on dise que je ne suis qu’un auteur de "chick lit". Je déteste ce terme et cette réduction. Je ne suis pas blonde, j’écris de la comédie, ce n’est pas évident d’écrire de la comédie, la preuve, je peux aussi m’amuser à écrire du thriller. Dans aucun des genres, je ne me prends au sérieux, mais je n’aime pas qu’on dévalorise mon travail. Je répète que la comédie n’est pas un sous genre. C’est un genre. Point. Il y a de la daube et de l’excellence dans tous les styles.

 

- C’est de la faute aux méchants journalistes !

 

- En tout cas, les lecteurs n’ont aucun complexe à lire mes livres. Au contraire, ils aiment rire. Offrir un rire, c’est offrir un peu de bonheur.

 

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Article dans Télé 7 jours.

- Ce livre, c’est aussi pour remonter le moral de tes lectrices ?

 

- C’est fait surtout pour dédramatiser. C’est une façon de remettre les choses à leur place. Ce sujet-là n’est pas grave, on peut en rire.

 

- Moi, j’adore lire tes livres. J’en apprends beaucoup sur les femmes et vraiment, je me marre souvent.

 

- Tu sais que j’ai beaucoup d’hommes qui me lisent. Je dois avoir un quart de mon lectorat qui est masculin. 

 

J’interromps là l’interview. Trop de lectrices (et deux trois lecteurs) attendent leur signature. Je sens que si je persiste à ne pas rendre Agnès Abecassis au peuple, le peuple va me pendre haut et court.

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Je préfère m’éclipser.

(Enfin, disons que nous avons aussi pris un peu de temps pour faire les clichés suivants.)

(D'un naturel et d'une aisance déconcertante...)

(Pivot et Soljenitsyne possèdent le même genre de photo, m'a-t-on dit...)

 

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Note de l’auteur : Agnès, quoi, j’ai mis deux mois pour écrire cette note ???

Pour Frédéric Mars/Ploton, j’entame mon 5eme mois…

 

28 avril 2009

Le panache de Syrano!

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Syrano, je l’ai remarqué en 2006, dès son premier album, Musiques de chambre. Je me suis demandé qui était ce type qui mélangeait dessins, images, musiques " urbaines ", musique classique, la chanson et la littérature du 19e.
Un cas vraiment à part.

Avec ce premier disque, il a vendu plus de 10.000 exemplaires et a effectué une tournée de plus de 140 concerts.

Puis, j’ai reçu son deuxième disque. Le goût du sans.

" La parfaite illustration de son écriture à vif dans un étroit rapport au vécu, intime et social.

Syrano vit la création comme un exutoire, et sa sensibilité politique, à fleur de peau, est le contrepoint de son désir viscéral d’amour et de tendresse qui s’exprime au fil des chansons. "

C’est beau, hein ?

(Merci monsieur le rédacteur du dossier de presse).

Avec cet album, la barre est placée haute.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce garçon.

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Voici un (très) court extrait audio de mon interview de lui (le 7 janvier dernier dans un bar parisien, très tôt le matin...)

Son site perso.

Son MySpace.

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Et les deux clips tirés du Goût du sans.

L'enfant moitié (mon préféré).

 La marche des géants d'acier (un peu space et très noir).

09 avril 2009

Claude Brasseur, ce soir...

Parce que:

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Je suis donc allé lui poser des questions sur Sacha Guitry.
Un de mes maîtres.
Pour écouter quelques extraits, c'est là!
Dans sa loge, à 19h00.
Au Théâtre Luxembourg de Meaux.
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J'ai une profonde admiration pour Claude Brasseur...
Vraiment. Et depuis toujours.
J'ai beau avoir l'habitude de rencontrer des artistes de tous genres, parfois, il y a des moments où je redeviens un gosse.
Et je suis décidément content de faire le métier que je fais.
Comment voulez-vous que je devienne blasé?
Bref... voici le podcast (monté) de cette rencontre.

podcast

07 avril 2009

Le premier roman d'Emmanuelle Urien!

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Emmanuelle Urien, je l’ai rencontré .

Je n’avais rien lu d’elle.

Alors qu’elle a écrit plusieurs livres.

9782070123568.jpgL’auteure m’a envoyé son premier et tout récent roman Tu devrais voir quelqu’un (Gallimard). Entre temps, je l’ai recroisé au dernier Salon du Livre de Paris (j’ai d’ailleurs encore une note en retard sur le sujet, mademoiselle Agnès A!) et nous avons passé un bon moment ensemble.

Je viens de le terminer.

Le livre.

L’histoire de Sarah Zimmerman. Une jeune femme qui rêve d’exister. Exister et le sentir. « En être persuadée. »

 

« On dit de Sarah qu’elle est jolie, intelligente. Elle a de l’humour, et quelques fantaisies tout à fait séduisantes. Une fille discrète et sympathique, capable de réparties rares, mais brillantes… elle a cette retenue et ce retrait en soi qui attisent la curiosité, qui séduisent plus que les attitudes ou des paroles… »

La femme idéale n’est pas loin.

 

Sarah écrit. Pas qu’à ses moments perdus. « Il faudrait aussi raconter les nuits blanches qui s’étiolent en petits matins gris, la carbone des crayons qui tache les vêtements et les mains, qui s’étalent jusqu’à son visage quand elle se frotte les yeux, doublement cernés, fatigue et mine de plomb. »

 

Sarah a une meilleure amie formidable. « Épouse généreuse, équilibrée et belle. »

Sarah a un unique amant formidable (aussi), prêt à quitter sa femme pour elle. C’est Sarah qui ne le souhaite pas. Rôles inversés.

 

Ne croyez pas que Sarah soit gentille. « Sarah est douce et brutale, surprenante et prévisible, ferme et hésitante, drôle et tragique. Sarah est un pays inexploré, une terre à conquérir. »

 

Et puis un jour, Sarah a un nouvel homme dans sa vie.

Janvier ne la quitte plus.

Du tout.

Étrange personnage peu disert dont je ne peux rien dévoiler ici.

Juste qu’il représente le début de la fin.

Amour, trahison, perte d’identité, manipulation, folie, violence…

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Avec Manu Causse lors d'une séance de lecture en musique...

En reposant le livre, je me suis juste demandé comment Emmanuelle Urien était parvenue à me balader avec autant d’aisance, sans que je ne me sois aperçu de rien.

Quoi ?

Parce que c'est une bonne auteur(e) !

Ah oui, c’est ça !

 

Ce livre d’Urien, ce n’est pas rien.

Bien au contraire.

(Rappelez-moi juste, si nous nous croisons un jour en vrai, de travailler un peu plus mes conclusions de notes. Merci à vous !)

 

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(Toutes les photos ont été prises par bibi au Salon du Livre de Paris le 15 mars dernier.)
(Merci à Luc-Michel Fouassier qui est à l'origine de cette belle rencontre.)
(Merci à Emmanuelle Urien d'avoir accepté toutes ces photos. Je sais son horreur des clichés d'elle...)

27 mars 2009

Alexis HK: le clip de "Les Affranchis" et l'interview!

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l_2d9b897bef5241b6a66d8f7b905633b8.gifJ'ai rencontré Alexis HK, le 6 mars dernier, tard, un soir... chez Danièle Molko, une grande dame pour laquelle j'ai un profond respect (pour ce qu'elle a fait et ce qu'elle continue à faire pour la belle chanson francophone...).

Une petite sauterie, à laquelle j'étais convié, était organisée la veille du tournage du clip de "Les Affranchis".

Un clip dont tout le monde va parler car il est tout à fait exceptionnel.

Des guests de la chanson française par dizaines.

Alors qu'Alexis HK compare le monde de la chanson française avec la mafia...

Très second degré, comme la majeure partie du répertoire de ce garçon que je suis depuis le premier album.

Là, c'est le troisième (qui est sorti ce lundi).

Amusez-vous à compter combien il y a d'artistes présents... et éventuellement, tentez de tous les citer.

Si le coeur vous en dit...

(J'ai compté à peu près 10 ex mandorisés...)

Un tel casting, c'est dans l'ordre du "jamais vu"!

Faites buzzer!

(Oui, je trouve que, pour une fois, le jeu en vaut la chandelle!)

 

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Extraits de l’interview:

Dans votre troisième album, musicalement, il y a une évolution notable avec quelques variations musicales.


Effectivement. Dans tous ce que j’ai pu faire précédemment, l’accordéon avait une place prépondérante. Dans mon humeur du moment, j’avais envie de le mettre de côté et de passer à des sonorités beaucoup plus folk : des guitares, des batteries plus péchues. Je me suis aussi laissé porter par les gens qui ont travaillé avec moi. Le fait d’avoir un autre réalisateur, Matthieu Ballet, on a échangé plutôt que de s’imposer chacun son point de vue.

 


Dans vos chansons, il y a beaucoup d’ironies, de doubles sens… Il faut toujours gratter pour savoir ce qu’il se cache derrière. C’est le cas par exemple de Les Affranchis. Parler de la chanson française en évoquant la mafia à la Scorsese… Vous aimez bien aller dans un univers pour en décrire un autre ?

 

J’aime bien mélanger ce qui peut représenter mes influences, les films de ma vie, leurs morales. Je fais autant de « clin d’œil » aux œuvres que j’aime autant que je les utilise. Moi, je suis un auteur de chanson française qui aime le film Les Affranchis donc, j’en fais un disque. Tout ce que je raconte dans mes chansons est cohérent avec ce que je suis. Il y a une certaine logique à tout ce que je décide d’imposer.

 

La chanson française, dites-moi franchement, c’est vraiment la mafia ?

 

Je n’ai pas voulu dire que nous étions tous des crapules. Je voulais juste dire que dans la musique en général, tout comme chez les gangsters, il y a des familles et on ne peut pas aller jouer sur les territoires des uns et des autres. J’ai vu ce cloisonnement des familles sous un aspect ludique. L’autre idée que j’ai voulu faire passer, c’est que le mode de vie d’un chanteur, c’est le mode de vie d’un affranchi. Pas dans le sens d’un gangster, mais dans le sens de l’homme qui est libre de sa vie et qui échappe au modèle social  un peu astreignant du salariat ou de ce genre de situation. Je trouvais, en tout cas, le parallèle intéressant.

 

Autre parallèle intéressant : la politique et la basse cour dans Chicken Manager. Chanson que vous « rapper » presque.

 

J’avais envie d’écrire une fable depuis très longtemps. J’aime beaucoup les anachronismes, les retours en arrière. Le contexte politique se prêtait à écrire une fable sur les animaux. Ce n’est pas très méchant, mais par contre, assez réaliste.

 

R-wan, vous a offert un superbe texte : La fille du fossoyeur.

 

Je suis très client de Java et d’R-wan dans son écriture et sa personnalité. Je le trouve fin, irrévérencieux et dérangeant.Pas du tout dans le consensuel actuel, c’était donc un honneur de recevoir un texte de lui.

 

Il y aussi votre pote Renan Luce et Liz Cherhal (la femme que vous préférez au monde). C’est la familia ?

 

Oui. J’ai dans l’idée qu’un album, c’est aussi un album photo. Il représente un instant de notre vie avec les gens que l’on croise à ce moment-là et les histoires qu’on a envie de raconter.  Au-delà du succès ou non d’un disque, il sera toujours là, il représentera toujours une certaine époque. Je ne suis pas très conservateur, ni un grand archiviste, je ne prends pas de photo*… pour me souvenir des étapes de ma vie, j’aurai mes disques.

 

Vous n’êtes pas encore un chanteur populaire. Comment vous sentez-vous accepté dans ce milieu ?

 

Je me sens accepté comme quelqu’un qui ne pratique pas un art populaire par excellence. Je n’ai jamais été à la recherche d’un public immense. S’il arrive, j’en serai ravi, mais je ne ferai aucune concession pour y parvenir. Atteindre le public ne se fait pas à coup de concessions. Parfois, on fait une chanson, le message passe et on devient « grand public », on ne sait pas trop pourquoi. On peut le calculer, mais pour moi, c’est une autre démarche. Il faut faire les choses telles qu’on les aime.

 

Bon, en même temps, vous avez des millions d’amis sur Internet.

 

Je ne suis pas seul grâce à internet. Je peux m’adresser au monde entier. Cette chanson sur Myspace, Thanks for the Add, est aussi un clin d’œil. Dans la réalité des faits, je ne me sens pas seul. J’ai toujours réussi à réunir autour de moi des équipes de personnes qui m’ont toujours suivi fidèlement, avec respect, et qui n’attendaient pas de moi que je devienne populaire pour un public de masse. Ceci étant, ils font le travail pour qu’éventuellement, cela le devienne. C’est une démarche assez saine tout ça. Moi, j’ai juste besoin d’humanité autour de moi.

 

Vous aimez la langue française. Le vieux français même… Maudits Anglois en est la preuve.

 

Je tenais absolument à ce qu’il y ait une chanson de geste et puis, j’aime beaucoup les formes anciennes remises au goût du jour avec un peu d’humour. Je parle dans cette chanson de la lutte perpétuelle entre les français et les anglais. Je l’ai toujours adoré car, elle est pleine de mauvaise foi et en même temps pleine de tendresse. Au fond, ces deux peuples s’adorent et font semblant de se détester.

 

Dans cet album, dans la deuxième partie, vous vous dévoilez un peu plus qu’à l’accoutumée, je trouve. Il y a des textes plus personnels.

 

J’ai considéré que si je voulais faire ce métier encore un moment, il fallait prendre le parti d’être un peu plus frontal avec des émotions, avec des sentiments, avec des événements plus personnels sans être pour autant barbant ni trop impudique. Je me suis permis deux/trois titres dans lesquels j’évoque quelques souvenirs d’enfance et des nostalgies que j’ai. C’est intéressant de faire partager des sentiments dont on sait qu’ils ont été partagés ou vécus par d’autres…

 

C’est l’album qui vous ressemble le plus ?

 

Si cet album s’appelle Les affranchis, c’est aussi parce que j’ai l’impression de reprendre une certaine liberté. Mes nouvelles chansons sont nées d’une remise en question de mon passé et de mon chemin. J’ai voulu faire les choses uniquement selon mes envies. On m’en a donné les moyens humains et logistiques. Quand on me fait confiance, je donne tout.

 
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16 mars 2009

Polo... chanteur inspiré et passeur!

Ce matin (alors que j'étais un peu crevé... Salon du Livre de Paris+soirée anniversaire Héloïse d'Ormesson et tout le toutim d'hier), je suis retourné en classe.

Un truc surhumain pour moi.

J'ai abhoré l'école.

Mais vraiment.

Traumatisé.

Aller dans une salle de classe est un effort surhumain pour Mandor.

Et pourtant, aujourd'hui, j'ai décidé de briser en 1000 morceaux ce trauma à la con.

Je me suis assis au fond de la classe et j'ai assisté à un cours.

Regardez:

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Pourquoi ai-je accepté de pénétrer dans une école?
Parce que j'aime ce professeur d'un jour.
Polo.
Ex chanteur des Satellites.
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Là, le prof est avec Kent...
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Et ici, avec l'excellentissime Franck Monnet.
Bref, le Polo, c'est un grand de la chanson française, mais la chanson française n'a pas encore intégré cette information.
Polo est pour moi, l'un des plus importants chanteur/poète français de notre génération.
Regardez un peu son travail... au Renard.
(J'y étais, d'ailleurs.)

POLO AU RENARD

Ce matin, Polo était à deux pas de la radio.

Au collège Sainte-Marie de Meaux. Je suis donc allé faire un sujet pour 77FM sur ses ateliers musicaux.

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J'ai fait mon boulot de journaliste, puis, nous avons fait des photos pour mon blog.
(Lui aussi est blogueur, soit dit en passant.)
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J'aime ce type.
Point barre.
Tellement de talent.
Un dernier clip du monsieur pour la route...
Dédié aux Petits Français.

Petit Français

10 mars 2009

Interview de Ridan.

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Né en 1975, d'origine algérienne, Ridan (Nadir écrit à l'envers) grandit à Chelles dans la banlieue parisienne. Depuis son plus jeune âge, il écrit des poèmes, puis se met à la rédaction de textes qu'il transforme en chanson. Il s'illustre dans un premier temps en participant à la production du projet 30 rappeurs contre la censure. Il sort son premier disque Le Rêve ou la vie en 2004. Le public est conquis. Il remporte une Victoire de la Musique en 2005 dans la catégorie album révélation de l'année. En mars 2007, Ridan sort son 2ème album, très attendu par la critique, intitulé L'ange de mon démon. Ange et démon. Ce chantre de la chanson vindicative vient de sortir son 3eme album L'un est l'autre.
Rencontre le 6 février dernier pour le site 77info.fr.
1) Ridan sort un troisième album et conclut ainsi un cycle commencé avec les deux opus précédents:
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2)Ridan et son amour des beaux mots:
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3)Ridan et la liberté de l'artiste:
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4)L'évolution musicale de ce troisième album:
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5) Ridan et son idée du succès:

Toutes les vidéos de 77info.fr Ici
Enfin, pour terminer, voici le clip du premier single: Passe à ton voisin.

22 février 2009

Un après-midi avec Yves Simon...

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J’ai 41 ans.

Soit.

Mes idoles musicales de jeunesse sont des grands de la chanson française, toujours présents aujourd’hui (sauf, le premier cité, bien sûr et malheureusement).

Balavoine, Goldman, Cabrel, Souchon et…

Yves Simon.

Les chansonniers de la Table Ronde...

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J'aime Yves Simon...

Pour Les gauloises bleues, J’ai rêvé New York, Les fontaines du Casino, Diabolo Menthe, Ma jeunesse s’enfuit, Qu’est-ce que sera demain (une de mes préférées…), Amazoniaque et aussi Je pense à elle tout le temps (avec l’apparition sonore et fugace de Daniel Balavoine)…

 

Pour aussi, La dérive des sentiments (Prix Médicis), Océan, Sorties de nuits, La manufacture des rêves

 

Pour ses chroniques dans Chorus (ma bible qui vient d’ailleurs de lancer une nouvelle version de son site) et aussi pour celles parues dans Libé pendant longtemps…

 

Quand Luc-Michel Fouassier, le président du salon du livre d’Ozoir-la-Ferrière (et néanmoins nouvel ami) m’a proposé d’aller déjeuner avec Yves Simon, dont il est un admirateur de longue date, vous pensez bien… j’ai accepté.

Au Méditerranée (place de l’Odéon).

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Nous avons beaucoup parlé, beaucoup bu, un peu mangé.

Moments de grâce…

Au bout d’une heure de conversation sur les légendes qu’Yves Simon a connu de près (ses rapports avec Montant, Signoret, Brassens...), anecdotes comme des fulgurances, j’ai demandé l’autorisation de sortir mon magnéto.

Accepté.

Mais la conversation a pris une tournure plus personnelle.

Nous nous sommes racontés nos vies.

Beaucoup de coïncidences étranges avec Yves Simon.

Des connaissances communes très proches ou qui me tiennent à coeur (Jacques Rigaud, la comédienne Corinne Dacla…)

Un même regard sur le monde.

Pareil avec Luc-Michel.

On était bien.

 

J’ai demandé à Luc-Michel Fouassier de m’écrire la façon dont il a vécu cette rencontre…

L’homme est enthousiaste…

Je publie, tel quel.

 

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Un passeur d'humanité

(Ma rencontre avec Yves Simon)

 

Le samedi 14 février 2009 restera gravé à vie dans ma mémoire ! Oh pas la peine de rechercher le journal de ce jour-là  pour y lire les gros titres, vous ne trouveriez pas l'explication. Point de résultat sportif extraordinaire, ni de cagnotte du loto, encore moins de découverte scientifique propre à bouleverser l'humanité.

Bouleversement, il y eut pourtant. De tout mon être. Humanité, j'y fus plongé entièrement, sans restriction.

Que je vous raconte. Mais, attention, aucun mot ne sera assez fort pour transcrire les émotions ressenties ce jour-là. Donc tout ça, faudra le multiplier par dix, par cent, par 10 puissance 12 !

Savez vous que les ordinateurs vont bientôt connaître la picoseconde, c'est-à-dire 10 puissance -12 secondes, un millionième de millionième de seconde...(Jours ordinaires) Combien de picosecondes durant quatre heures ?

Tout est parti du concours de nouvelles que j'organise pour la ville d'Ozoir-la-Ferrière et dont Yves Simon a accepté la présidence du jury. Enfin, pas tout à fait. Tout est parti d'une dédicace que j'ai demandée, un jour de juin 1989, à mon écrivain, chanteur, auteur préféré. Quoique, tout est parti d'un vieux 33 tours vinyl, qu'on avait prêté à mon frère vers le milieu des année 70 et que j'avais dupliqué sur une cassette. Nous nous sommes tant aimés dans les années 70.

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Ce samedi 14 février (délaissant honteusement ma femme en cette St-Valentin) rendez-vous fut pris pour 13 h dans un restaurant proche de l'Odéon, Paris 75, pour une rencontre interview d'Yves Simon, menée par mon ami journaliste François Alquier.

Parking souterrain, proche de la Seine, pour garer ma voiture. Aujourd'hui, je n'ai pas pris Les bateaux du métro. Petit détour par la Rue de la Huchette pour acheter un bijou à ma femme, deux ou trois choses pour elle.

En avance, je traîne dans le quartier des éditeurs. Café de Flore, librairie La Hune. Je suis fébrile. J'ai même un peu peur. François m'appelle sur mon portable. Il m'attend rue de l'Odéon. Je le rejoins. J'ai le trac François. Peur de décevoir, d'être déçu. C'est pas n'importe quoi ce que je vais vivre là, François. Je vais déjeuner avec l'homme qui m'a accompagné  durant plus de trente ans, presque toute ma vie, avec ses chansons, ses romans. L'homme sans qui je n'aurais jamais écrit une ligne. J'ai peur François. Mots rassurants du journaliste chevronné, de l'ami.

Je me retourne. Yves est là, sur le trottoir. Il remonte la rue vers nous. Il me fait un signe de la main, sourire aux lèvres. Il m'a reconnu. Il n'a pas oublié les quelques rencontres au gré des séances de dédicaces au salon du livre, à la Fnac... Yves Simon m'a reconnu ! Il m'a souri ! Regarde-moi, Regarde, regarde camarade de rencontre, tu vois, c'est ma façon de te dire que je t'aime.

Nous rentrons dans le restaurant où Yves a réservé une table. Il est détendu. Ses premiers mots, ses premières pensées sont pour Patrice-Flora, sa compagne. Il l'aime. Et ça fait du bien de le sentir heureux de cet amour. Je ne sais pas pourquoi, j'ai envie de l'embrasser. Cette envie ne me quittera pas de toute la rencontre. Je voudrais tellement lui témoigner mon affection.

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François avait préparé la rencontre, organisé l'interview et puis, très vite, nous nous écartons de ce qui était prévu. Nous parlons comme de vieux amis, tous les trois. Nous n'avons pas commandé de Diabolo menthe. Nous avons attaqué direct avec un vin blanc, Chablis, excellent. Ou Meursault ? Peu importe, il est vraiment excellent.

La conversation n'est plus seulement paroles, échanges de mots, d'idées. C'est plus que cela. Cela tient du partage, c'est Mille aujourd'hui, nous ne rêvons plus New-York, ni l'Abyssinie, nous y sommes. Ma femme Valérie croise Juliet Berto, nous rigolons avec Gérard Depardieu, Corinne Dacla nous sourit avec tendresse. Nous courons dans les forêts Vosgiennes, et dansons, le soir, devant les fontaines du casino. Daniel caresse le ventre gonflé de vie de sa femme. Nous allons le retrouver dans le désert pour lui dire qu'on l'aime. JMG commande un jus de fruit et nous lit un passage de L'inconnu sur la terre. Nous faisons voler des avions en papier.

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Je me prends à imaginer un torrent de montagne qui traverserait le restaurant, au milieu des tables et des chaises, et je nous y vois plonger nos visages. Tout est fulgurant, intense. Nous mêlons nos émotions, nous parlons de l'amour, de la création, de nos envies, de la vie. Parler de la vie avec Yves... Yves vit, là, devant nous et il nous emmène avec lui. Et j'ai maintenant envie que l'on se prennent tous les trois dans les bras.

Nous sommes heureux. Et je ne sais pas pourquoi. Peut-être comme l'impression d'avoir trouvé quelque chose après une longue errance dans des jungles amazoniaques.

Nous ne voulons pas rompre tout cela. Yves nous propose de boire un verre à la rhumerie. Nous acceptons volontiers, tellement heureux que ces instants se prolongent. Nous pensons à nos épouses. Nous nous sentons un peu fautifs. Mais aujourd'hui, grâce à Yves, nous avons en nous comme un supplément d'âme, nous les aimons encore plus.

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François partira le premier. Je raccompagne Yves jusque devant chez lui, ne mettant pas garé très loin. Nous parlons de l'amour une dernière fois, de celles qu'on aiment. Le tout, c'est de ne jamais se coucher fâchés. C'est ce que m'ont toujours dit mes parents. Yves retient le conseil. Il est content de retrouver Patrice-Flora. Je ne l'ai jamais rencontrée et pourtant, j'ai déjà l'impression de la connaître.

Nous nous embrassons comme deux frères.

Quelque chose passe. De l'humanité.

Il est 17h30. Nous avons existé quatre heures ensemble, proches. Je me demande combien cela fait de picosecondes...

 

Luc-Michel Fouassier

 

Qu'ajouter de plus?

Rien.

Voici son dernier clip en date.

Irène, Irène.

 

 

 

22 janvier 2009

Philippe Labro... la comédie humaine d'aujourd'hui!

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Romancier, journaliste, cinéaste, parolier, actuel vice-président de la chaîne Direct 8… Depuis toujours, malgré toutes ses activités, Philippe Labro trouve le temps d’écrire des romans. Son 19e livre, Les Gens, est une fresque pleine de regards et d’humour sur notre époque.
Il m’a reçu le 16 décembre dernier.
Il y a plus d’un mois.
Philippe Labro m’a demandé l’embargo jusqu’à mi-janvier. J’ai accepté.
Les gens sort le 29 janvier.

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Nous avons parlé également de sa condition d'écrivain et de son point de vue sur les blogs...

Mandor : Longtemps on vous a reproché de parler trop de vous, d’écrire des livres très autobiographiques. Ce n’est pas du tout le cas dans celui-ci…

Philippe Labro : Un écrivain ne doit pas se répéter de livres en livres. J’ai bouclé un cycle de romans autobiographiques, même s’ils étaient « de fiction ». J’y parlais, en effet, de ma jeunesse, de mon métier, de l’Amérique, de ma maladie… c’est fini tout ça. C’est derrière moi. J’ai écrit cette fois-ci une véritable comédie humaine. Les gens se déroulent aujourd’hui à Paris et aux États-Unis. Il y a des univers qui au départ sont parallèles et qui finissent par se croiser. J’ai voulu changer définitivement et radicalement de mon style habituel… Je veux qu’on admette que je suis simplement un romancier et non un type qui se contente de raconter sa vie.

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Mandor : C’est un livre sur le manque d’amour, la solitude avec, en arrière-fond, la société du spectacle.

Philippe Labro : Je me suis beaucoup servi de mes carnets de notes. Je prends constamment des notes depuis l’âge de 15 ans. J’inscris des phrases, des citations, des blagues, des expressions... Le personnage principal du livre, c’est une jeune femme, Maria, une étonnante orpheline polono-américaine, dont la traversée, la saga, l’itinéraire forment la colonne vertébrale du récit. À travers elle et les autres personnages principaux, Caroline, une jeune « working girl » française d’aujourd’hui, Marcus Marcus un producteur de télé, j’ai voulu portraiturer l’univers dans lequel on vit, le monde de l’apparence et la recherche permanente de la reconnaissance. Mes personnages sont cependant tendres, émouvants, pathétiques. Ils sont juste en manque d’amour.

Mandor : En lisant votre livre, j’ai pensé à une chanson de Souchon qui évoque la solitude dans la multitude…

Philippe Labro : Vous avez parfaitement raison. Certains de mes personnages connaissent le succès, la notoriété, mais sont seuls. Ils ont tous vécu une rupture. Ils tentent avec difficulté de se diriger vers la recherche de l’amour, d’un compagnon, d’un complice, d’un ami ou d’un collaborateur. J’ai voulu que ce livre soit construit comme un film. Au début, on voit des séquences parallèles qui nous incitent à nous demander où vont tous ces gens-là. A un moment, on va s’apercevoir qu’il y a quelque chose qui va les réunir.

Mandor
: Dans ces trois destins, finalement, chaque lecteur peut s’y retrouver.

Philippe Labro
: Quand j’ai écrit ce roman, j’ai essayé de faire en sorte que tout le monde soit intéressé par mes protagonistes et leur histoire. Mon obsession est de tenir le lecteur par l’épaule, qu’il veuille tourner les pages et qu’il se demande sans cesse ce qu’il va se passer.

Mandor : Vos personnages sont loin d’être mièvres et faibles. Limite extrême.

Philippe Labro : Je n’ai pas voulu raconter la vie de gens banals et classiques. Moi, par exemple, j’aime Maria. Elle a une espèce de don médiumnique qui fait qu’à l’âge de 17 ans elle juge mieux que vous et moi les êtres humains. Elle voit la vérité. Elle est tellement belle qu’elle a vite compris qu’il fallait qu’elle dissimule sa beauté, sinon elle rendait toutes les autres femmes jalouses et tous les hommes amoureux d’elle. Ce genre de femme parfaite, évidemment, est très rare. C’est aussi ça écrire un roman. Donner aux lecteurs le sens de l’évasion et du rêve en rencontrant des personnages qui n’existent pas. Caroline, elle, est une fille honnête, qui croit en certaines vertus et valeurs, qui a beaucoup de mal à accepter l’idée qu’on parle de sexe comme on parle des voitures. À cause de cela et surtout parce qu’elle s’est fait plaquer sinistrement, elle a du mal à tomber amoureuse d’un homme ou à tomber dans les bras d’un homme alors que la plupart de ses contemporaines font l’amour comme on prend le thé, le matin au petit déjeuner. Quant à Marcus Marcus, le producteur de télévision, bien sûr, il a l’air d’un méchant, mais en fait, il est pathétique, il est malheureux, il se cherche. Il ne s’aime pas, il sait qu’il n’est pas aimé, alors il essaie de se réfugier dans la célébrité et la gloire… Je souhaite que quand les lecteurs lisent les gens, ils les voient.

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Mandor : Malgré leur force apparente, vos héros sont faillibles en bien des points.

Philippe Labro : Ils sont comme vous et moi. Ils sont capables de rompre, de trahir, de tromper… je les ai faits malléables aussi, parce que les événements transforment les gens. La phrase centrale de mon livre est une phrase de Balzac que j’ai mis en exergue au début : « Rien dans ce monde n’est d’un seul bloc, tout est mosaïque ». Ma vision de la vie, c’est ça… une mosaïque.

Mandor : Vous critiquez beaucoup le monde de la télévision et des médias en général.

Philippe Labro : Je me suis permis de jeter un regard lucide et d’ailleurs auto critique parce que j’appartiens à ce monde, pour le démystifier un peu. Il n’est pas le sujet central du livre, loin de là, mais je continue à le traverser. Je me juge donc, moi-même. Je suis parfois aussi victime d’erreurs et de comportements. Comme la pub, le cinéma, la mode, le journalisme, ce sont des univers où il y a des créatifs. Les héros de mon roman sont donc des âmes sensibles, fragiles, mais ce sont aussi des gens porteurs de grandes ambitions et de beaucoup de vanités et d’orgueil. Ce sont des personnages intéressants qui ne sont pas dans la norme.

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Mandor : Vous portez ce livre depuis longtemps ?

Philippe Labro
: J’avais très envie de créer un vrai courant dans lequel on voit plusieurs bateaux sur les mêmes rivières qui s’en vont on ne sait où… J’avais envie d’un peu d’ambition dans ma vision du monde.

Mandor
: Y a-t-il une morale dans votre livre ?

Philippe Labro
: J’explique que dans la vie, à un moment donné, il faut se trouver sa ligne de conduite et essayer de s’y tenir. Je dis aussi que nous vivons dans un mode chaotique, pour lequel désormais, il y a très peu de repères, de phares, de points fixes et qu’il vaut mieux le trouver en soi ou dans l’amour des autres. Pour trouver de l’amour, il faut en donner. Si vous n’en donnez pas, vous êtes foutu.

Mandor : Écrivez-vous dans la douleur ou dans la joie ?

Philippe Labro : Pour moi, ce n’est jamais douloureux d’écrire. C’est difficile, mais pas douloureux. Je pense qu’on ne peut pas identifier comme une douleur ce qui est une chance. C’est une chance de pouvoir écrire, de savoir écrire et d’aimer écrire.

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Mandor : Vous avez des doutes quand vous écrivez ?

Philippe Labro: La vérité c’est que je suis marié depuis 35 ans avec une femme géniale, intelligente, fine, qui m’aime et qui a un très bon jugement dans la lecture. De temps en temps, en cours d’écriture, je lui parle du roman. Je ne lui montre rien quand j’écris, je lui montre quand c’est fini. Si on commence à montrer ce qu’on écrit pendant la phase d’écriture, là, on tombe dans d’interminables discussions qui ne font que renforcer vos doutes. À un moment donné, il faut accepter ses propres doutes et ne pas s’occuper de celui des autres sinon, on est foutu. Françoise lit une fois que le manuscrit est fini, que je l’ai bien nettoyé, peigné et là, les réflexions qu’elle me fait sont primordiales. Elle a un regard vierge et le regard vierge de ceux qui vous entourent et qui vous aiment est capital, parce qu’ils voient tout de suite ce qui ne va pas. C’est mon 19e livre et j’ai compris que le jugement des autres à une valeur.

Mandor : Vous êtes dans quel état d’esprit avant de sortir un livre ? Un peu d’appréhension, de trac ?

Philippe Labro
: Le trac non, je suis devenu un « routier », comme on dit. Je suis dans la non-quiétude et l’interrogation. Mais, c’est un peu comme quand on lance un bateau sur la mer, il y a un moment donné où il navigue. Mais, vous n’êtes pas maître des vents, ni des marées, ni des courants, ni du temps. Le livre est écrit, ça va sortir, bon… adieu vat ! Je suis fataliste désormais et je suis beaucoup moins préoccupé par la réaction des professionnels et des critiques, je me préoccupe surtout de savoir si les lecteurs de mes livres précédents vont adhérés à celui-ci. Ça, c’est ma vraie question.

Mandor : Le rôle de l’interviewer interviewé, vous l’aimez bien ?

Philippe Labro : Votre question est très judicieuse parce que, justement, en rencontrant des journalistes qui vous interrogent sur votre livre, vous découvrez vous même ce que pensent les autres et surtout des points de vue que je n’avais pas imaginés moi même. Je ne cache pas que j’éprouve un certain plaisir à rencontrer des confrères qui m’interrogent après que j’ai moi-même interrogé beaucoup de gens. Ca m’intéresse de vous rencontrer parce que, ça me rend très humble. Vous vous rendez compte que vous n’êtes pas le seul. La veille, vous avez vu quelqu’un d’autre qui a fait des choses formidables… il faut situer les choses, j’ai fait un livre, basta ! Ce n’est pas non plus, la fin du monde…

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Mandor : Vous allez consacrer beaucoup de temps à la promotion de ce livre. C’est un exercice qui vous intéresse et que vous aimez ?

Philippe Labro : Il faut être honnête avec soi-même. Un écrivain est un peu narcissique. Ce n’est pas qu’il s’aime, mais il s’écoute, il se regarde beaucoup. D’ailleurs, si il ne se regardait pas, il ne pourrait pas écrire parce qu’on va chercher en soi ce qu’on met souvent, dans les autres personnages. Ce n’est pas épuisant, vous savez. Je me refuse à jouer au type blasé, lassé, qui accepte parce qu’il faut bien remplir la formalité de l’interview… non, il faut admettre et aimer dialoguer.

Mandor
: Vous vous moquez un peu des blogs dans Les gens.

Philippe Labro : Il y a blog et blog. Il y a des bons et des mauvais sites. Je ne critique pas, c’est une forme moderne de communication que l’on ne peut pas refuser. Moi, je n’ai jamais pris le temps de faire un blog parce que je pense que ça occupe beaucoup. J’en parlais récemment à un de mes copains, Pierre Assouline, qui a un très beau et bon blog littéraire. Il me disait que ça lui prenait 5 heures par jour. Moi, je ne peux pas. Peut-être changerais-je d’idée un jour…

21 janvier 2009

La Bestiole... ce soir en concert!

Redif' d'une note qui date de décembre 2007 (mais quand même largement réactualisée...)

(Je ne suis pas une feignasse!)

(Quand même...)

Et puis, La Bestiole, elle a sacrément bougée depuis...

 

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Voilà, on est sollicité pour animer une soirée rock en Seine-et-Marne (souvenez-vous), on fait son boulot, on papote avec les uns et les autres (artistes, directeur de salle, organisateurs de l’évènement, public…) et on finit par avoir un coup de cœur.

Musical et humain.

Pendant le concert, je regarde les groupes sur scène et un retient particulièrement mon attention.

La Bestiole.

Quand le rock pur et dur rencontre la chanson française.

Un duo qui dégage une énergie folle.

Assis à ma table d’intervieweur, je suis hypnotisé par leur prestation.

3 titres, puis ils descendent me rejoindre pour discuter avec l’animateur Mandor.

(C’était un peu le principe de la soirée…)

-Vous êtes deux, on dirait Les Tambours du Bronx.

(Ce qui n’est pas ce que j’ai réellement dit puisqu’ils ne jouent pas la même musique, mais, je trouve que pour expliquer qu’ils occupent le terrain scénique de manière stupéfiante, c’est une image qui assez parlante. Non ? Ah bon !)

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Le feeling passe immédiatement. On se revoit (au bar) à l’issue de spectacle et j’annonce à la manageuse du duo (Vanessa) que je compte les revoir pour les mandoriser.

 

Ce qui fut fait.

Une présentation s’impose :

Delphine Labey : Chant, percussions, textes, compositions et arrangements.

Olivier Azzano : Guitares, chants, compositions et arrangements

Stéphanie Labbe : Direction artistique.

Oui, ils ont une directrice artistique.

(Précisons aussi que Delphine et Stéphanie sont aussi comédiennes, mais comme ça n’a rien à voir avec La Bestiole , je n’en parlerai pas…)

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Ils me donnent rendez-vous chez la chanteuse.

Mazette! Un appartement situé à côté du Parc Monceau.

Accueil généreux et sympathique.

Les trois membres du groupe sont là. Bonne ambiance, chaleureuse conversation en off.

Puis en on.

Sanyo TRC-960c, à toi de jouer !

Nous parlons de leur rencontre.

Tout a débuté en 2002.

Delphine m’explique :

-Avant de travailler ensemble, j’avais un projet de chansons latino Jazz. Quand j’ai vu Olivier lors d’un concert, un soir, je me suis dit que l’instinct de ce musicien me plaisait. Nous nous sommes très vite entendus et nous avons travaillé ensemble. Notamment sur mon album solo intitulé Labay. Olivier sait faire sortir beaucoup de choses que j’ai au fond de moi. Si j’ai une tradition chanson française, je ressentais souvent le besoin de sortir mes griffes.

Olivier d’ajouter :

-Tous les deux, dans notre travail, nous sommes dans la réalité, dans la justesse. Nous ne voulons pas être dans la mouvance. Musicalement, nous sortons ce qu’il y a au fond de nous. Delphine et moi nous ressemblons beaucoup intérieurement malgré nos parcours différents, c’est pour ça que ça fonctionne. Elle, c’est Brel et Ferré, moi, les Pixies et les Sex Pistols.

Je trouve que cela résume parfaitement leur univers. Du rock, blues, folk dynamique avec des paroles qui ont du sens.

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La société de consommation, le narcissisme, le travail de mémoire, l’amour (charnel parfois, très même…) et quelques chansons plus légères…

Joli croisement.

Et la voix de Delphine, je l’aime beaucoup. J’y suis très sensible. Je lui dis, elle est gênée.

Recevoir un compliment n’est pas toujours chose aisée.

Constatation évidente… le duo est cohérent.

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Stéphanie Labbe est une des raisons majeures de cet équilibre.

Maillon essentielle de la chaîne pour que tout tourne rond.

-Mon rôle de directrice artistique est de canaliser ces deux personnalités. Je tente de gommer les scories, les fioritures et recentrer tout ça. Je fais aussi un travail de directrice d’acteurs. Le comportement scénique devient primordial.

Je m’aperçois que Delphine et Olivier lui font une confiance absolue.

On sent de l’amitié dans ce trio.

Et une ouverture d’esprit non négligeable.

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Rock'n'roll attitude... Olivier étranglé par Delphine. On y croit. C'est criant de vérité!

Ils viennent de finir le mixage de leur premier disque contenant, à priori, 14 titres. Auto produit, puis ils vont démarcher les maisons de disques.

Car, comme le dit Delphine :

-Pour tourner, ça ne suffit plus d’être des artistes de scène, il faut avoir une actualité discographique. C’est comme ça…

C’est effectivement con, mais, c’est comme ça.

On reste un peu ensemble après l'interview...

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Pas rock'n'roll attitude! (Et Stéphanie qui ne veut pas se montrer. Rester la femme de l'ombre...)

Marrant, pas envie de partir.

Mais route à faire.

On the road again...

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A voir et écouter sur leur site officiel.

Sur leur MySpace.

 

EDIT aujourd'hui:

Ce soir… sur scène.

Au Zébre de Belleville.

(Demain aussi).

Leur premier album officiel sort le 31 janvier.

22 décembre 2008

Jérôme Attal et William Rousseau!

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Jérôme Attal est l’un des auteurs les plus doués de sa génération. Il est parolier pour des artistes aussi différents que Johnny Hallyday, Pierre Guimard, Jane Birkin, Florent Pagny, Constance Amiot, Bertrand Soulier, Vendetta et quelques autres. A son actif : Trois disques, deux romans et un récit. Je l’ai mandorisé fréquemment (par ordre de publication, , ici et encore ...), car je déplore qu’il ne soit pas encore considéré en France comme un très grand. J’ai une réelle admiration pour lui.

William Rousseau, lui est un compositeur hors pair. En 2002, Caroline Molko le signe chez Warner Chappell. Il écrit des musiques pour des artistes comme Florent Pagny, Faudel, Chimène Badi… Il est aussi l’un des compositeurs de l’opéra rock à venir, Mozart (d’Albert Cohen et Dove Attia).
William Rousseau sort fin janvier son premier album intitulé Ton homme en passant.
Son disque est mon coup de cœur de ses 6 derniers mois.
(Et vous connaissez ma totale objectivité ! )

Jérôme Attal a écrit tous les textes de ce disque.

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Là, ils partagent une scène...

Il m’a semblé intéressant de les réunir pour une conversation à bâtons rompus.
Ce que nous avons fait le 3 décembre dernier au Zébra Square
En plein après-midi.

Mandor : J’ai lu que votre rencontre était le pur fruit du hasard. Si je ne m’abuse, c’était un peu provoqué…

Jérôme Attal : Oui, d’autant plus qu’on a déjà fait plusieurs chansons ensemble pour Marie-Amélie Seigner, dont une très jolie : On se regardait. Et puis un tube d’entreprise pour Warner.

Mandor
: ??? C’est quoi un tube d’entreprise ?

Jérôme Attal
: C’est un titre qu’on nous a demandé, qui a été enregistré et qui est sorti sur une compil’ internationale de chez Warner. C’est une jeune fille qui chantait et c’est un disque qui, finalement, n’existe pas. C’est ça que j’appelle un « tube d’entreprise ».

Mandor : Et ça ne vous a pas découragé de bosser de nouveau ensemble.

Jérôme Attal
: Pas du tout. J’adorerais un monde où la valeur de ce que tu fais a une sanction immédiate. On aurait pu faire un truc très médiocre et qu’il cartonne… il n’y a aucune logique.

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De gauche à droite, William Rousseau et Jérôme Attal.

3700187633080.jpgMandor : Bon, pour cet album Ton homme en passant, qui a décidé de travailler avec l’autre.

Jérôme Attal : Comme on s’entend bien et que j’adore les mélodies de William, l’idée était loin de me déplaire. Tu sais que j’aime les Beatles et bien, je trouve que le côté mélodique de William est très Beatles. C’est rare en France de faire de si belles mélodies…

William Rousseau : C’est amusant parce que l’on s’est retrouvé dans un séminaire à l’environnement un peu particulier. Nous étions très esseulés l’un et l’autre. On devait composer des chansons pour des projets virtuels ou à-venir. On n’avait pas le droit de de se mettre avec des gens avec qui on avait l’habitude de travailler. À table Jérôme m’a glissé discrètement un texte. Je me suis enfermé dans une petite pièce tout seul et j’ai commencé à composer sur ce texte. Ça a bien fonctionné.

Jérôme Attal
: Pendant ce temps, moi, je draguais les filles…

William Rousseau
: En fin de journée, j’ai interprété la chanson devant notre éditrice préférée. Je me suis dit à ce moment-là que je pourrais interpréter des chansons moi-même plus souvent. Jérôme m’a un peu poussé à ça. Il m’a incité à faire mon album, tout en me précisant qu’il me ferait tous les textes.

Jérôme Attal
: Oui, en effet. Je pensais que mes mots iraient bien sur ses mélodies.

William Rousseau
: Ensuite, Jérôme m’a envoyé quelques textes sur lesquels j’ai placé ma musique.

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Mandor : Il faut bien se connaître pour écrire pour les gens, Jérôme ?

Jérôme Attal : Très franchement, j’écris pour moi. Il faut que ce soit cohérent avec ce que je fais d’habitude. Ce que j’aime avec William, c’est que j’ai pu faire exactement ce que je voulais.

William Rousseau : Un texte peut diriger une façon de composer un titre, donc, une musique peut inspirer un auteur. Obligatoirement, les choses étaient reliées par l’envie de l’un et de l’autre de faire quelque chose d’assez personnelle.

Jérôme Attal
: Oui, et puis mon écriture est assez ouverte. J’essaie de faire en sorte que chacun puisse se l’approprier. Ce qui était génial, c’est que William m’envoyait des musiques qui m’inspiraient des couleurs et des mots. En plus, travailler pour un nouvel album, c’est excitant. Chaque chanson dépend des autres chansons.

(Le premier clip tiré du disque de William Rousseau.)

William Rousseau : Tu travailles dans un répertoire.

Jérôme Attal
: J'aimerais que mon travail pour mes chansons personnelles et pour celles
que j’écris pour les autres, soit cohérent avec mes romans et mon Journal.
Je crée des liens, je tisse une toile.

William Rousseau
: Dans les chansons de Jérôme, j’ai l’impression que c’est une seule grande et même histoire, avec plusieurs petits scénarios. Il a choisi une thématique qui touche et qui intéresse tout le monde : la relation entre hommes et femmes.

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Mandor : William, tu as testé les chansons sur scène avant de les enregistrer. Il y en avait au départ 16, il n’en reste plus que 11 sur l’album.

(William sur scène...)

William Rousseau : On sent vite quelle chanson fonctionne et quelle chanson fonctionne moins. Bon, il est vrai que le retour public est toujours faussé. C’était plus pour savoir ce qui raisonnait ou pas.

Mandor: Jérôme prétend que tu es un chanteur à femmes. Qu’elles sont pantoises d’admiration quand elles te regardent chanter en concert…

William Rousseau : Je ne peux pas dire ça. Mais, dès qu’un garçon commence à avouer ses faiblesses, ça peut plaire à une catégorie de femmes… On fera le bilan dans quelques mois. Pour le moment, je n’ai pas un public très nombreux. Je suis ce qu’on appelle « en devenir ».

Mandor
: William, as-tu déjà lu des livres de Jérôme ?

William Rousseau : En fait, je n’ai pas encore lu Le garçon qui dessinait des soleils noirs. Je ne me le suis pas encore procuré, je l’avoue. Mais j’ai lu les deux autres.

Mandor
: Que penses-tu de sa manière d’écrire des romans ?

William Rousseau
: J’ai découvert Jérôme par les chansons. Je trouve dans ses livres exactement la même fluidité. On peut lire Jérôme comme on peut découvrir ses chansons… avec facilité. Désormais, je peux me vanter en disant que mon disque fait partie de l’œuvre de Jérôme.

(Le clip du livre Le garçon qui dessinait des soleils noirs...)

Mandor : Jérôme, parlons donc de ton nouveau roman. Dans Le garçon qui dessinait des soleils noirs, tu développes la personnalité de Basile Green, musicien de rock, déjà présent dans L’amoureux en lambeaux. Arrêtons-nous sur ce que tu écris sur le rapport entre un artiste et « le » public.

Jérôme Attal : Ce qui me fait toujours rire, c’est quand les gens parlent du public comme si ce n’était qu’une personne. Basile est un chanteur particulier, dans le sens où il n’a pas envie que des gens qu’il n’aime pas soient son public.

William Rousseau : C’est très toi, ça !

Jérôme Attal : Ce misanthropisme est très difficile à négocier avec l’idée de faire des chansons à succès et d’être populaire.

William Rousseau : Je trouve que c’est un avantage de dire que le public est une seule entité. On ne perçoit plus les gens qu’on n’aime pas.

Jérôme Attal
: Tu as raison. Tu es plus souple que moi !

Mandor : Toi, William, tu acceptes tout le monde ?

William Rousseau : J’accepte surtout les gens dont Jérôme se débarrasse.
(sourires). C’est pour ça que j’ai récupéré beaucoup de filles.

Jérôme Attal : Je vais faire une digression, là. Je tiens à signaler que Mandor nous emmène dans des endroits où les madeleines que l’on sert avec le café, sont un croisement entre la Madeleine et le Financier… c’est assez chic ! Je conseille à tous les chanteurs de se faire interviewer par Mandor, l’après-midi…

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Mandor : Oui, bon, revenons à ton livre… tu esquisses le milieu de l’industrie du disque…

Jérôme Attal : Ce n’est pas le problème principal de mon roman. Un jour, j’aimerais bien publier un livre sur l’industrie du disque. J’ai plein d’anecdotes rigolotes à raconter. Mais, Mandor, mon propos dans la littérature n’est pas d’écrire des anecdotes, tu le sais... c’est aussi de faire des livres comme des gens que j’aime bien… Fitzgerald, Sallinger. En même temps, il est vrai que je fais dire à Basile que ce milieu a "basculé dans la misère et le cynisme".

Mandor : Tu en penses quoi, toi, William ?

William Rousseau : J’ai tendance à dire que j’ai un pied qui avance plus vite que l’autre. Je suis édifié par le manque de compétence qui règne dans les bureaux des maisons de disques. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de passionnés. Il y en a très très peu. Ceux que l’on croise sont comme des bêtes fauves esseulées. L’argent est utilisé aujourd’hui pour gagner du terrain sur les nouveaux médias, sur la promotion au maximum. Il faut mettre extrêmement en avant tous les artistes pour pouvoir à un moment donné, toucher les gens. Le travail artistique et de développement n’existent plus vraiment. C’est triste.

Jérôme Attal : Je suis d’accord avec toi, sauf que le pouvoir est encore aux artistes. Même si les artistes ne sont pas valorisés par rapport à leur travail, on n’est jamais à l’abri de faire un single qui va cartonner.

Mandor : Ton héros, Basile Green, lui, a eu du succès, puis beaucoup moins.

Jérôme Attal : Il faisait partie de la vague de petits groupes rock parisiens qui ont été montés en épingle par les maisons de disque. Il a eu un succès fulgurant, mais il est tombé dans l’indifférence assez rapidement. En plus, il a eu du succès avec une chanson « moyenne ». Celles qui sont venues après étaient bien meilleures, mais n’ont pas attiré le public. Il est dans ce déséquilibre entre la médiatisation, le goût orienté qu’on veut dire du public et son travail personnel. Derrière tout ça, il y a une histoire d’amour qui le malmène. Il n’a pas de refuge, finalement. Ni dans son travail, ni dans sa vie personnelle. Je vais citer une phrase tirée de l’évangile de Saint Luc : « Les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids, mais les fils de l’homme n’ont pas de lieux où ils peuvent reposer leur tête. »

Mandor : Anika, sa petite amie, est fuyante. On retrouve dans ton œuvre toujours ce même schéma.

Jérôme Attal : Quand j’étais adolescent, je n’avais jamais la fille dont j’étais amoureux. Moi, j’étais toujours à courir derrière. J’écrivais des lettres d’amour, maintenant, j’écris des romans. Aujourd’hui, heureusement, j’écris indépendamment de si ma vie est heureuse ou pas. J’ai toujours cette idée de conquête adolescente. Deleuze, que j’adore, dis qu’on écrit ou on crée pour combler un décalage entre la réalité, ce qu’on voit et ce qu’on ressent dans le cœur. Moi, c’est exactement ça.

Mandor : Tu n’as pas l’impression d’écrire toujours le même roman, mais avec un axe différent à chaque fois ?

Jérôme Attal : C’est ce que j’aime en peinture. J’aime les peintres qui peignent toujours la même chose, comme Bacon, Balthus, Modigliani… Un artiste se doit d’être cohérent. Moi, je tente de l’être dans mes chansons et dans mes livres en gardant les mêmes thèmes. Tu crées ton univers, tu crées ton village Play Mobil.

 

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William Rousseau , Jérôme Attal et Mandor, hommes sandwichs!

Mandor : Dernière question : Qu’appréciez-vous, professionnellement, l’un chez l’autre ?

Jérôme Attal : Je trouve que William est le Paul Mc Cartney français, mais tout reste à accomplir pour lui, à la différence de Paul…

William Rousseau
: Ce qui m’impressionne chez lui, c’est cette faculté qu’il a de garder son écriture sur des musiques qui sont différentes des siennes.


(L'EPK du disque de William avec la participation de Jérôme...)

Et comme Jérôme, il est sympa, il vous souhaite un joyeux Noël avant l'heure...


Merci à tous les deux pour leurs disponibilités, quasi immédiates...
MySpace de Jérôme (avec tous ses clips dedans!)

16 décembre 2008

Ce que je n'ai pas dit à Philippe Labro...

 

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... qu'il a été mon patron lors de mes passages à RTL.

(J'ai notamment été monsieur météo pendant un an...)

Que j'ai beaucoup de respect pour sa carrière journalistique, et ce, depuis que j'ai commencé ce métier (1982).

Pas un exemple, mais... presque.

Que son amabilité, sa prévenance et sa courtoisie m'ont rendu un peu gauche.

Que sur ses 19 livres publiés, j'en ai lu la moitié.

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Qu'interviewer un intervieweur hors pair est déroutant.

Je me fais fort de ne jamais avouer à quelqu'un que j'admire, que je l'admire.

Je suis journaliste, merde, il faut savoir rester objectif et neutre.

Mais, quand même, ce matin, j'ai eu le trac en interrogeant Philippe Labro.

J'ai fais comme si non, mais si, en vrai.

Et son compliment sur ma façon de mener une interview, je l'ai bu comme du petit lait.

Peut-être était-il seulement poli et qu'il a essayé de me mettre dans sa poche?

(Parce que, bon, c'est quand même pour une double page d'un "consumer" très lu...)

Philippe Labro l'écrit dans son nouveau roman, Les gens (sortie le 29 janvier), les gens (justement) adorent qu'on les flatte.

(Mais en même temps, je pense que le monsieur a dépassé le stade de ce genre de stratagème qui ne trompe personne.)

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Ce matin, dans le bureau de Philippe Labro (chez Bolloré Média).

Les gens, une fresque, une comédie humaine, "pleines de regards et d'humour sur notre époque, de dialogues, de portraits et observations"... dont je n'ai pas le droit de parler avant sa sortie.

Mais qui mérite le détour.

Détour qui passera par ce blog le moment dit.

 

09 décembre 2008

Ju'l...

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Demain soir, Ju'l est à l'Etage...

Je republie sa mandorisation (et la complète).

Parce qu'elle le vaut bien...

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Un jour, je reçois un petit mot personnalisé d’une chanteuse avec son disque autoproduit. Elle me demande de l’écouter et de la contacter si j’aime son travail.

Pour tout vous dire, ce n’est pas tout à fait la première fois que ça m’arrive et je rappelle rarement. Enfin si, juste par politesse et pour dire ce que j’en ai pensé (avec diplomatie), mais ça n’a jamais abouti à une rencontre et une mandorisation dans les règles de l’art.

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Là, j’écoute et je suis un peu déçu par la réalisation. Je réécoute et je tombe vite dans l’univers de cette jeune trentenaire appelée Ju’l. Il gomme les défauts d’un premier disque produit sans beaucoup de moyens…

1103320928.jpgC’est du piano/voix, et j’aime beaucoup les disques sans fioritures. L’épure d’artistes comme Sheller ou Barbara ne m’a jamais dérangé…

Comme je pense à Sanson et Barbara en l’écoutant, je me dis qu’elle a largement été influencée par ses deux grandes dames, mais qu’elle parvient à ajouter sa jolie patte.

Vous l’avez compris, j’ai fini par l’appeler.

 

Ainsi, le 15 avril (oui, je sais, je ne suis pas en avance dans certaines de mes notes), nous nous retrouvons au bar du Lutetia. Endroit qu’elle n’a pas choisi au hasard… « J’y ai vécu des choses, j’ai de beaux souvenirs…et ce piano, là, c’est assez symbolique ». Moi, à chaque fois, je dis bien à chaque fois, qu’on me donne rendez-vous là, je pense à ce qu’il s’est passé pendant la Deuxième Guerre mondiale.

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Dans la salle, je remarque Ju’l. Première constatation, elle est plus belle au naturel qu’en photo. Je trouve même qu’elle est lumineuse. Son sourire peut-être. Je lui dis. Elle semble un peu gênée… Je l’interroge sur son passé musical, je suis plus là pour ça que pour parler photogénie.

-Je suis d’une famille d’artistes contrariés. Personne n’est allé au bout de son art… mais j’ai été bercé toute mon enfance par la musique. Mon arrière grand-mère faisait du piano de manière fabuleuse par exemple.

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Le piano étant l’instrument de prédilection de Ju’l. Initialement, c’est une guitare qu’on lui avait mise dans les mains, finalement, elle préférera l’instrument aux touches d’ébène et d’ivoire (c’est poétique un piano…).

-Avant de me lancer complètement dans la musique, il a fallu que je tente un chemin qui rassure tout le monde. J’ai été orthophoniste, puis j’ai arrêté pour faire une école d’infirmière. Là, j’ai complètement déprimé. Je me suis retrouvée en stage en gériatrie et j’étais très mal dans mes pompes. Curieusement, c’est là que j’ai pris mon destin en main. Une vieille dame dont je m’occupais et qui était soi disant « démente » m’a dit droit dans les yeux : « vous n’avez pas l’air heureuse ma petite fille. Vous savez, la vie passe en un clin d’œil. Moi, je me suis retrouvée ici, je n’ai rien vu venir. Soyeux heureuse, faites ce que vous avez à faire ! ». Je te promets, je suis sortie de la chambre, j’ai mis mes affaires dans un sac et j’ai tout quittée pour aller à Paris… J’avais 21 ans, j’en ai 31 aujourd’hui…

J’aime ce genre d’histoire.

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Depuis, Juliette Tourret tente de s’imposer dans le fabuleux monde de la chanson française de qualité. Beaucoup d’appelés, peu d’élus. Il faut du courage pour se lancer dans cette bataille là. Elle semble ne pas en manquer…

-J’ai enregistré mon disque seule et ça n’a pas été facile, mais je voulais faire découvrir ma musique au public et aux professionnels. Je voulais aussi que les directeurs de salles me fassent confiance. Ce qui a été le cas avec le programmateur de La Reine Blanche. Boris Gasiorowski m’a fait passer une audition et m’a permis de jouer dans sa salle. Pour moi, c’est primordial car il faut me découvrir sur scène. Je suis quelqu’un de scène. C’est là que l’on peut se rendre compte de mon travail.

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Ju’l cherche un tourneur, soit dit en passant.
Je lui parle de ses influences, elle les assume parfaitement.

-Je me suis attaquée au répertoire de Barbara parce qu'elle a été aussi un élément déclencheur. Je l’ai vu en 1992 dans la ville dont je suis originaire, Montluçon. J’ai pris une énorme claque et j’ai compris où se situait mon destin.

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Elle a travaillé avec Elzbieta Jeznach -créatrice de marionnettes- (Compagnie Miettes de spectacles) pour laquelle elle a composé une musique sur mesure lors de son dernier spectacle « Alice aux pays des lettres ». En 2006, Olivier Barrot lui a emprunté un de ses thèmes pour une de ses émissions : Volte Face.

Oui, parce que Ju’l est avant tout compositrice et une mélodiste douée.

-Je fais de la chanson, certes, mais aussi de la musique « classique ». J’aime faire parler mon piano. Plus que les mots, la musique est le plus beau moyen d’évasion. On peut tout se permettre dans l’expression de la musique…

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Eclatante de vie!
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Ju’l a participé aux 27eme Rencontres d’Astaffort. Elle m’en avait parlé avant de partir… Il n’est pas impossible que je la recroise bientôt.

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L’album de Ju’l est disponible .

Contact : jul-ici-et-maintenant@hotmail.fr

Son Myspace.

(Les photos sont de Patrick Lazic... sauf celles prises au bar du Lutétia (les 4 dernières) qui sont de moi et ça se voit!)

Ju'l sera en concert demain soir, mercredi 10 décembre à 20h à L'Etage.