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13 février 2011

"Elle s'appelait Sarah" : rencontre avec des élèves de Provins !

 

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bv000002.jpgJeudi dernier, dans le cadre du Festival Encres Vives/Salon du Livre, à la demande de David Sottiez, j’ai animé une projection-rencontre autour du roman bestseller de mon amie Tatiana de Rosnay, Elle s’appelait Sarah  (éditions Héloïse d'Ormesson) et de son adaptation cinématographique. Cet évènement exceptionnel a permis aux élèves et aux enseignants de Troisième et de Première du Collège-Lycée Sainte-Croix (Provins), d'échanger avec la romancière, Tatiana de Rosnay, la jeune actrice Mélusine Mayance (Sarah dans le film) ainsi qu'avec Arlette Testyler, personne rescapée de la rafle du Vel' d'Hiv' et présidente de l'association Mémoires et Vigilance des Lycéens.

 

Présentation des forces en présence :

 

TATIANA_DE_ROSNAY.jpgTatiana de Rosnay :

Née en 1961, Tatiana de Rosnay est franco-anglaise. Elle est l’auteur de dix romans. Selon Bookseller, elle a été, en 2009, l'auteur français le plus vendu en Europe.

Elle est aussi l’auteur français le plus lu aux Etats-Unis, où Elle s’appelait Sarah figure depuis plus de deux ans sur la liste des meilleures ventes. Les ventes mondiales de Elle s’appelait Sarah et de Boomerang s’élèvent aujourd’hui à plus de 5 millions d’exemplaires.
Rose
, son nouveau roman sort le 3 mars 2011.

 

13568_199248586646_140658126646_3477006_8206009_n.jpgMélusine Mayance :

C'est à la télévision que la jeune Mélusine débute sa carrière d'actrice, en 2008, dans la série Vive Les Vacances. Mais c'est au cinéma qu'elle se fait remarquer du grand public, en 2009, dans le rôle de Lisa, fille d'Alexandra Lamy et belle-fille de Sergi Lopez, dans le film fantastique de François Ozon, Ricky.

En 2010, le cinéaste Gilles Paquet-Brenner lui offre l'un des rôles principaux, aux côtés de Kristin Scott Thomas, dans le drame Elle S'Appelait Sarah.
La même année, elle rejoint l'actrice Pascale Arbillot au casting du téléfilm Un Soupçon D'Innocence, dans lequel Mélusine interprète une enfant tourmentée.

Mélusine Mayance a 12 ans.

 

ACtestyler-048d1.jpgArlette Testyler :

Arlette Testyler est une personne rescapée de la rafle du Vel’ d’Hiv’ (Paris) ainsi que du camp d’internement de Beaune-la-Rolande (Loiret). Elle est présidente de l'association Mémoires et Vigilance des Lycéens.

Arlette Tesyler et Charles, son mari (A 15 ans, un long martyr le mènera successivement et durant 3 années, dans 7 camps de travail, rattachés aux complexes d'Auschwitz et Gross-Rosen), viennent de publier un livre témoignage : Les enfants aussi ! (éditions Delattre, 2010) Préface de Tatiana de Rosnay / Témoignages recueillis et rédigés par François Fouquet.

 

Voici quelques photos de cette rencontre exceptionnelle. Elles sont signées Marie-Pierre Canapi et Jean-Pierre Mangin.

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Marie-Pierre Canapi, professeur de Français de classe de 1ere.

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Le déjeuner après cette rencontre riche en émotion...

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Remerciements à :

-Tatiana de Rosnay, Mélusine Mayance, Arlette et Charles Testyler pour leur générosité, leur présence solaire et leur "lumière" évidente.

-Marie-Pierre Canapi et Jean-Pierre Mangin pour leurs photos (très belles) et leur gentillesse.

-David Sottiez pour m'avoir permis de vivre ce moment plus important pour moi qu'il peut l'imaginer... (et pour m'offrir sa confiance permanente).

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24 janvier 2011

Cyril Romoli : Interview d'un lion (méconnue) de la chanson française!

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Commençons la présentation de mon invité du jour, Cyril Romoli, avec sa bio rapide (copié/collé à partir de son site officiel) :

« Tour à tour comédien, chanteur et musicien, Cyril Romoli joue sous la direction de Jean-Laurent Cochet , Robert Hossein, Guy Rétoré, Jean Menaud, Marion Bierry... Il chante dans Chance, La guinguette a rouvert ses volets, Ce soir il pleuvra des étoiles, Paradisco et plus récemment dans Le Roi Lion au Théâtre Mogador où pendant deux ans il double les rôles de Scar et Pumbaa. Il compose également de nombreuses musiques de spectacles, travaille avec Laurent Viel, accompagne Néry, chante dans le Bringuebal. Dernièrement il a composé la musique du spectacle de Fellag, C’est à Alger, qu’il l’accompagne sur scène comme pianiste et comédien. »

Le 11 février 2008, j’ai écrit une première note sur Cyril Romoli. Je l’avais Mandorisé avec et sur les bons conseils d’une grande spécialiste de la chanson française, Laurence Goubet (alias Lou Poulain).

 3 ans plus tard, il m’a envoyé son nouveau disque A l’heure où les lionnes apparaissent.

Il chante l’amour, beaucoup, avec des textes ciselés comme rarement. Mais le romantisme apparent laisse souvent la place à la noirceur et l’ironie. Cyril Romoli est tout sauf mièvre… non, il est même diablement subversif. L’homme derrière son piano est un obsédé textuel qui joue si bien ses textes qu’on a l’impression qu’il raconte sa propre vie. Rien n’est plus faux. A l’écoute de ce disque aussi bouleversant que surprenant, une certitude s’impose : Romoli est un digne représentant du métier d’interprète. Il nous fait passer du rire aux larmes, sans transition, mais avec une humanité qui laisse pantois.

Avant qu’il ne se produise au Ciné 13 (1, avenue Junot, 75018 PARIS 18e), dimanche prochain (30 janvier à 21h), je lui ai proposé une deuxième rencontre. En tête à tête cette fois-ci. C’était le 18 janvier 2011 dans un bar à proximité de mon boulot :

Tu n’en as pas marre que l’on dise que pour apprécier ton répertoire, il faut te voir sur scène ?

Je vais te faire une double réponse. D’un côté, oui ça m’embête parce que j’aimerais que mes chansons soient accessibles facilement. Le disque est le moyen le plus pratique. En même temps, je viens de la scène. Je ne peux pas nier cette habitude, ce plaisir et cette évidence que j’ai à interpréter mes chansons en concert. Bon, en plus, comme les gens n’achètent plus de disque, mais vont encore au concert, ça ne me dérange pas trop. Avec A l’heure où les lionnes apparaissent, c’est la première fois que je suis heureux d’avoir fait un disque.

Il reflète bien ce que tu voulais faire au départ ?

Oui, j’avais même minimisé mon envie. Je pensais clore une page avec ce disque et passer à autre chose après. Mais finalement, ce disque m’a ouvert d’autres envies.

La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, nous avions évoqué ensemble le fait que tu parlais beaucoup des femmes dans tes chansons. C’est encore le cas dans ce disque. Enfin, comme c’est mélangé avec de l’humour noir, disons que c’est un disque d’amour noir !

La formule est belle. Mais, je tiens à dire une chose importante. Les textes ne sont pas de moi. Ils sont pour la plupart d’Éric Chantelauze, mais aussi de Camille d’Avril et d’Olivier Breitman. Les gens sont persuadés que c’est moi qui écris tout. Ça me rassure, cela veut dire que ses textes m’habillent bien et qu’ils sont donc bien choisis.

Cyril Romoli 18.01.11 4.JPGDu coup, tu fais aussi un travail de comédien. Il faut rentrer dans la peau des personnages…

Quand bien même, j’écrirais les paroles, il faut quand même rentrer dans l’histoire. Pour mon précédent disque, les professionnels de la profession m’ont reproché de ne pas écrire mes textes. Je souligne juste que, par exemple, Julien Clerc n'en écrit pas non plus. Si j’écrivais ma vie, vraiment, je t’assure que ce serait inintéressant. Louis Jouvet disait aux apprentis comédiens : « Ne montre pas tes tripes, c’est vraiment dégueulasse ! ».

Tu passes ta vie à faire croire, finalement.

Ben oui. Évidemment. Mais, en même temps, j’ai l’impression de me montrer tel que je suis en concert et dans mes disques. C’est paradoxal, je sais. On est multiple. Je ne veux pas mentir, mais j’aime bien arriver à parler de quelque chose qui n’est pas encore ce moment-là dans la réalité. J’aime fantasmer les choses.

Tu aimes l’ironie et l’humour noir…

J’ai le droit d’être horrible, méchant, sarcastique, amoureux… C’est un vrai bonheur quand tout à coup, on assassine le héros de la chanson. C’est jouissif parce que l’on sait que l’on va cueillir les gens à un endroit particulier. À la fin d’une chanson, j’adore casser le jeu d’une écoute. Dans la vie, je suis trop bien élevé pour être comme je me représente dans mes chansons. Je ne suis pas quelqu’un qui joue de sur méchanceté, mais l’humour noir est la forme de transgression qui me plait le plus.  J’ai toujours adoré Desproges par exemple. C’est typiquement un auteur dont je me délecte sans me lasser depuis des années.

Tes textes sont quasiment des courtes nouvelles.

Tu n’as pas tort, mais que veux-tu, j’aime raconter des histoires, alors effectivement, les textes sont très longs.

scar.jpgDepuis notre dernière rencontre, tu as joué dans Le Roi Lion pendant deux ans. C’est tellement différent de ton univers musical personnel…

Je doublais deux rôles. Scar, le méchant et Pumbaa, le gros phacochère gentil. En gros, je jouais au moins une fois par semaine, mais j’étais présent au théâtre tous les soirs. C’est un poste très particulier.

Ce n’est pas un peu frustrant d’être doublure ?

Si, ça peut être très frustrant. Chaque rôle à 3 remplaçants. On doit être à niveau à n’importe quel moment pour les différents rôles.

Dans ce genre d’expérience, apprends-tu beaucoup et peux-tu te servir des connaissances acquises dans tes propres concerts ?

Je m’en sers à plusieurs niveaux. Déjà, ce que je fais moi est du jeu chanté, donc il y a une similitude non négligeable dans ces deux exercices. Les personnages que je devais interpréter dans Le Roi Lion étaient des personnages qui avaient des voix très graves, ce qui n’étaient pas ma voix à l’origine. Ma voix est médium « modéré ». J’ai dû travailler pendant deux ans pour construire une voix solide, ça ma permis de gagner du confort et jouer sur des nuances que je n’avais pas encore abordées. Et puis, quand on joue devant 1600 personnes à Mogador presque tous les jours et que l’on revient à ses propres spectacles seul avec son piano, il y a un stress beaucoup plus grand parce qu’on est tout seul, mais tout à coup il y a aussi un confort, un retour aux sources. Ce sont deux facettes de mon métier que j’aime et qui m’amuse. J’ai des plaisirs de comédiens dans chacune d’elle. Je crois que si je ne faisais que de la chanson, je m’ennuierais. Si je ne faisais que du théâtre, il me manquerait quelque chose. J’ai vraiment besoin des deux.

Les gens qui aiment la belle chanson française te connaissent et apprécient ton travail. Malgré tout, tu n’as pas encore une grande notoriété. N’est-ce pas un peu décourageant ?

Oui et non… ça dépendant des moments. Ne pas être signer dans une maison de disque, ne pas être encadré, effectivement, c’est fatiguant parfois, parce qu’on a l’impression de constamment repartir à zéro à chaque album, chaque concert. Il y a des choses dont on aimerait se délester. En même temps, on est entièrement libre. Par exemple, cet album, il ressemble à 100% à ce que je voulais faire. C’est moi qui ai choisi les studios, le photographe, le graphiste, les gens avec lesquels j’avais envie de travailler. La contrainte économique limite le cadre, mais en même temps, tout ce que je réalise seul me ressemble.

Cyril Romoli 18.01.11 3.JPGTes textes, c’est le fruit de conversations avec chacun de tes auteurs ?

Il n’y a aucun texte de commande, en tout cas. Éric Chantelauze me connait bien, Camille d'Avril un petit peu. J’ai demandé à Olivier Breitman de m’écrire un texte, mais il était libre du sujet. Pour moi, il y a le plaisir d’aller chiner et dénicher un texte. C’est là que je revendique le fait que ce n’est pas moi qui écris les chansons, mais c’est moi qui les mets en lumière.

Tu as un frère danseur étoile à l’Opéra de Paris (Wilfried Romoli), à part lui, fais-tu parti d’une famille d’artiste ?

 Non, mais l’art à une place importante chez chacun. Je suis le petit dernier de la famille et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui considéraient que ce que je voulais faire était un métier. Je leur en suis reconnaissant tous les jours, car c’est extrêmement rare. Il y a une attention affectueuse sur mon travail, mais sans plus. Dans notre famille, on a plus une considération humaine qu’artistique. Mais, en même temps, l’un ne va pas sans l’autre.

Tu n’es pas uniquement chanteur et comédien…

J'ai assisté des metteurs en scène, je compose des musiques de spectacles. Ce qui m’intéresse, ce sont les histoires, le texte et le spectacle. Là, j’ai fait des musiques pour Fellag, l’humoriste algérien. Je l’accompagne aussi sur scène au piano et je joue quelques personnages. Je me suis retrouvé à tous les endroits à la fois. C'est vraiment ainsi que j'envisage mon métier...

 

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22 janvier 2011

Fergus: point de vue objectif et interview destructurée...

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« Né en banlieue parisienne, Stephane Dorey se découvre musicien à Caen et devient bassiste dans plusieurs formations locales nourries au punk et au cold wave. De retour de son service militaire, il se met à la guitare, rencontre Sylvie Hoarau et fondent Topaze.

La musique de Topaze se mute en pop nerveuse et prend un nouveau virage musical sous le nom de Vendetta. Le groupe signe chez Barclay et travaille avec des artistes et des producteurs comme Arthur H, Calogero, Peter Von Poehl , Clive Martin, Dorian, Jérôme Attal... Vendetta se séparera après deux albums.

Stephane Dorey continue alors en solo sous le nom de Fergus, il écrit un album de 11 chansons dont il est le compositeur et l’interprète en collaboration avec Francis Hutin pour les textes.

Le premier album de Fergus « les règles du je » est sorti le 2 novembre 2010 chez Pias… »

J’ai beaucoup aimé cet album.

Je l’ai d’ailleurs chroniqué dans le Addiction, le mag du mois de janvier 2011.

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J’ai rencontré Fergus le 10 janvier dernier dans un bar de la rue Henri Monnier (Paris).

Je l’ai kidnappé avant qu’il n’aille se faire shooter chez un photographe avec La Fiancée pour je ne sais quel canard.

Merci à son attachée de presse, Carine Chevanche, pour m’avoir concocté ce rendez-vous aux petits oignons.

Fergus, s’il est sympathique et attachant, n’est pas précisément l’artiste le plus facile à interroger.

Il n’aime pas l’exercice. Il ne suit d’ailleurs pas forcément une ligne directrice dans la conversation.
Il faut s’adapter, rebondir sur ce que l’on peut et tenter de mener l’entretien au mieux.

Plutôt que de m’arracher les cheveux en essayant de structurer tout ça, je vous propose quelques phrases glanées ici et là pendant l’interview… mais qui explique bien la personnalité et l’œuvre du bonhomme.

En fond musical de ce bar, il y avait du Britney Spears à fond… pas l’idéal pour se concentrer non plus.

 

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-Moi, je compose, je chante et j’arrange seul. J’ai fonctionné par étapes. J’ai commencé par la basse, ensuite, je me suis mis à la guitare, après au clavier er aujourd’hui, c’est le chant que j’apprivoise peu à peu. Ca ne fait que 4 ans que je chante.

Fergus 10.01.11 4.JPG-Je me suis mis à la guitare, parce que la basse, c’est trop limité pour composer. Après Vendetta, j’ai voulu reproduire la même chose. Trouver une chanteuse pour qu’elle interprète mes compositions. Je n’ai trouvé que des chanteuses entre 25 et 30 ans et moi, je leur demandais de faire un bond de 10 ans. Et je voulais aussi une chanteuse qui trouve des mélodies. C’est rare. Avant de trouver Sacha, je n’ai vu que des psychorigides. Une des premières que j’ai essayées était une chanteuse lyrique. Elle s’offusquait quand je lui demandais de chanter de manière plus sexy. Quelqu’un qui rejette sa sensualité et sa sexualité, ça ne m’intéresse pas. Une interprète qui ne souhaite que joliment chanter, il y en a à la pelle.

-Moi, j’ai un chant un peu neutre dans l’album. Sacha a un timbre clair et je trouve que nous sommes complémentaires.

-Avec mon parolier, Francis Hutin, je suis souvent en conflit. Moi, je ne cherche pas les choses longtemps, je suis un instinctif, ça peut déstabiliser. Les gens avec qui je bosse me demandent des explications sur mes décisions artistiques et je suis incapable d’en donner.

-Francis Hutin a su mettre en mots mes idées. C’est amusant parce qu’on ne se ressemble pas du tout. Lui a 50 fergus_regelesduje.jpgbalais, moi 42. Il a de l’expérience et va à l’essentiel, lui.

-Mon travail me parait indicible. Et c’est pour ça aussi que je fais de la musique. Par exemple, je pense qu’une mélodie explique beaucoup plus de choses que les mots.

-Mes héros sont souvent cocus, ils ne sont pas très bien dans leur peau et n’ont pas la bonne place dans le couple.

-Quand j’écoute un disque, j’écoute d’abord l’ambiance et les mélodies. Mais les paroles, ce n’est pas ce que j’écoute en premier. Les paroles sont là pour souligner les ressentis de la mélodie.

- Plus je vieillis, plus je prends mon temps. Je ne veux plus me précipiter. J’ai compris que le temps était malléable.

-Moi, je ne me focalise pas sur les notes, je suis plus focalisé sur la rythmique.

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Tiens, celle-là, je la laisse... vous comprendrez mieux pourquoi les photos prisent par Mandor sont d'une qualité inégalable (et abolument jamais flou).

(Il paraît que photographe est un métier).

-Je ne suis pas un bon communiquant. Je n’aime pas parler de moi et je ne trouve aucun intérêt à parler de moi-même… je ne suis pas un bon vendeur de moi-même en interview.

-C’est difficile de parler de mon album aujourd’hui. Les chansons datent de plus de 3 ans, je suis passé à autre chose, une autre vie.

-Au moment où j’ai écrit ce disque, je n’avais plus de groupe, je n’avais plus de copine non plus, mais je venais d’avoir un enfant. Donc, j’avais un enfant et plus rien. Au fond, c’était le meilleur moment pour écrire des chansons. Quand je suis dans la déprime, le temps s’efface et je suis plus précis dans la mélodie. Je me suis même posé la question : est-ce que je cherchais à être un peu mal pour parvenir à composer ?

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-Raconter le bonheur dans une chanson, ce n’est pas une bonne idée. Tout le monde s’en fout du bonheur dans une chanson.

-Avec les femmes, on est dans le paradoxe. Elles veulent des hommes qui soient protecteurs, gentils et pas machos. Au final, quand tu es trop gentil, elles n’aiment pas ça. Elles veulent aussi des hommes qui ont des couilles.

-J’ai eu une culture groupe pendant 15 ans. A un moment, j’en ai eu marre du groupe. On passe son temps à faire des compromis. Maintenant, même si je joue avec des musiciens, c’est moi qui dirige tout. C’est une équipe, mais qui est à mon service musical et en me respectant, en plus.

-Si on a trop de matériel, on peut se perdre dans la création. À la maison, dans mon home studio, mon matos est très cheap. J’ai un petit Farfisa, qui est un jouet. Ça permet de faire des sons un peu atypiques, du coup je m’en suis servi pour pas mal de chansons. Je n’utilise pas les nouveaux logiciels qui permettent d’obtenir des sons infinis. À utiliser trop de sons différents, ta musique devient impersonnelle, voire même un peu aseptisée.

 

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Merci à Fergus d'avoir accepté de jouer le jeu avec gentillesse. Répondre aux questions d'un journaliste n'est pas un acte naturel. Je le sais bien.

10 janvier 2011

Sam Neves : romantick'n roll!

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sma neves d'égal à egal.jpgJ’ai découvert Sam Neves en voyant le clip « L’Amour Flou » sur internet (vu 27 000 fois par les internautes). Pas tout de suite convaincu par l’ambiance générale que je jugeais, à tort, un peu mièvre, je suis allé écouter le reste de la production de la jeune femme sur Deezer.

Et là, j’ai découvert un disque plus rock que je ne l’imaginais et des textes moins sages qu’il n’y paraissait. Bref, j’avais juste vérifié une nouvelle fois qu’il ne faut jamais s’arrêter à l’écoute d’un seul titre et à une première impression.

Je ne sais plus par quel hasard, je suis devenu ami Facebook de Frantz Fagot, son compositeur, réalisateur, producteur et par ailleurs ex-guitariste d’un paquet d’artistes (voir plus bas).

Puis de Sam, elle-même.

J’ai suivi leurs activités musicales avec intérêt.

Un jour, je leur ai proposé une mandorisation.

Ce qu’ils ont accepté.

La rencontre entre le binôme et moi s’est déroulée dans un café parisien le 31 décembre dernier. C’était donc ma dernière interview de l’année 2010.

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Sam et moi, prenons la décision de commander des bières (merde, c’est presque le réveillon, là !). Frantz, lui, opte du thé.

(Que sont nos rockeurs devenus ?)

On se marre tout de suite. Elle ne prend pas la posture de la vedette interviewée par le journaliste, je ne prends donc pas celle du journaliste qui se la joue journaliste (ce que je fais peu, en règle générale, de toute façon !)

Je ne lui demande pas de se présenter. J’aurais obtenu un truc du genre : « Sam Neves, née le 30 juin 1976, je suis cancer, dans une petite bourgade du 63… ». Là n’est pas le propos.

Sam_Neves_single.jpgD’ailleurs, voici un extrait de sa bio :

Sam Neves s'inspire dès son plus jeune âge de groupes tels que A-ha, U2, Pink Floyd, Depeche Mode. Adolescente, elle commence à chanter dans le groupe de rock de son lycée.

En 2000 elle devient la chanteuse du groupe Hodakan et participe à de nombreux projets parallèles qui lui forgent une forte personnalité artistique et lui permettent d'acquérir une bonne connaissance du métier.
En 2002 elle devient pour la première fois maman d'un petit garçon. Elle aura par la suite une petite fille.
En 2007 elle rencontre Franz Fagot, compositeur arrangeur et réalisateur qui propose à Sam Neves de devenir sa muse. Il lui produit son premier album. Sa phrase récurrente est Let's do it !

Interview :

Sam Neves 31.12.12 1.jpgMandor : Sam, tu utilises beaucoup Facebook pour te faire connaître. C’est un élément essentiel à la promo des années 2010 ?

Sam : On a plein de plans par ce biais. Des gens souvent super sympas qui sont venus hyper naturellement et simplement. C’est aussi un outil de communication qui me permet d’être proche de mes fans.

Frantz : Oui, c’est important pour nous, vu que nous ne sommes pas en major. La relation artiste/fan est primordiale. On est obligé de se faire une grosse « Fan base » pour faire avancer le projet.

Sam : Ça ne m’empêche pas d’être nature et très franche. Moi, j’ai deux pages officielles et une page personnelle. Sur mes pages « artistes », je prends le temps de répondre à tout le monde. J’aime la communication, mais je ne fais pas semblant. Si je n’ai pas envie de répondre, je ne réponds pas.

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Vous deux, vous vous êtes connus grâce à MySpace, je crois…

Frantz : Par le biais d’un auteur avec qui je travaillais, Bénédict Abalio. On s’était perdu de vue depuis un an et un jour il m’appelle pour me parler de Sam. Ils se sont rencontrés dans une école où Sam travaillait pour asseoir  sa technique vocale. Il leur fallait un compositeur pour que Sam puisse chanter les textes de Bénédict. Je suis allé l’écouter sur son MySpace et j’ai trouvé sa voix très intéressante. On s’est rencontré une première fois. On a essayé un titre et ça a été direct. J’ai pris la guitare, elle a posé sa voix et l’histoire pouvait commencer.

C’est beau ! Toi Frantz, tu étais guitariste pour plein de gens (Johnny Hallyday, Maxime le Forestier, Gino Vanelli, Renaud Hantson, Patricia Kass...).

Frantz : oui, puis je suis devenu compositeur. J’en avais marre de jouer la musique des autres. J’ai travaillé beaucoup pour des médias. J’ai fait des jingles, des génériques, des musiques de pubs, de films et de téléfilms. J’ai eu envie de m’exprimer plus longuement et autrement. Je suis donc retourné aux sources. J’ai composé des chansons et il me fallait une interprète. Et Sam Neves est arrivée…

Peut-on considérer que Sam est ton double au féminin ?

Frantz : Oui, on peut dire ça. On a  beaucoup de points communs, même musicalement. Je ne crois pas au hasard. Cette rencontre devait avoir lieu !

Sam : On est en fusion. Nous sommes très complices.

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Sam, toutes tes chansons sont autobiographiques. Et pourtant, ce n’est pas toi qui écris.

Sam : Moi, j’ai écrit « Untitled » avec Liloo Zillac, et « Rappelle-moi ». J’ai co-composé avec Frantz « Un signe de toi ». Pour les autres textes, c’est le fruit de longues conversations entre les auteurs et moi…

Frantz : Dans son prochain album, Sam en fera beaucoup plus. 

Sam : Oui, on rentrera plus dans mon univers, ma personnalité.

Le clip de "L'amour flou".

 

La première fois que j’ai entendu Sam, c’est avec « L’amour flou ». Bon, je me suis dit que c’était de la variété romantique. Quand j’ai écouté l’album en intégralité, je suis tenté de dire que cette chanson n’est pas du tout son reflet. C’est beaucoup plus pop, rock…

Sam : Je t’aime pour cette parole ! On m’a souvent dit que j’étais une chanteuse romantique et un peu lisse. Ce n’est tellement pas ce que je suis dans la réalité. Je suis au contraire très rock’n’roll. Dans l’album, même si on parle d’amour, il y a un côté « douce violence ». Franchement, pour se premier album, on s’est retenu de lâcher la purée. Des filles qui font du rock, en France, il n’y en a pas beaucoup. Zazie, elle fait de l’electro, les autres font du folk ou de la variété… je vais donc encore plus assumer et mettre en avant ma personnalité un peu « destroy ». J’ai une chanson qui s’appelle « Sage et sauvage ». Elle me correspond tout à fait.

Frantz : Comme on est en France, pour ce premier disque, on a voulu proposer quelque chose qui soit le plus large et ouvert possible. Alors, il y en a qui diront que c’est de la variété, d’autres de la pop… difficile de ne pas avoir d’étiquette déterminée.

Sam : Il y a même des radios qui disent que ce que je fais était trop rock pour elles et d’autres trop variété.

En effet, il vous manque des passages dans une grosse radio nationale.

Frantz : Tu sais comment ça se passe. Si tu n’es pas dans un gros label ou chez Universal, Sony ou Warner…

Sam : En même temps, nous, on est libre. On fait ce qu’on veut. On ne se force de rien. Moi, je n’ai pas envie de tricher. Je ne me crée pas un personnage. Je suis comme je suis. Il faut que mon comportement et mes chansons correspondent à la réalité. Sam Neves n’est pas un pantin.

Frantz : Oui, ça prend juste plus de temps pour ce faire connaître. Je trouve ça plus gratifiant de voir le projet Sam Neves grandir petit à petit… lentement, mais surement. On travaille à l’ancienne, à la roots ! On va au charbon…

Une session acoustique de "A la surface"

Sam, tu as deux grandes qualités. Tu es franche et généreuse.

Sam : Ça peut me porter préjudice parfois… je suis juste très naturelle. Quand je donne ma confiance, il ne faut pas me prendre pour une conne. Je suis portugaise, j’ai un cœur grand ouvert, mais il ne faut pas me faire un bébé dans le dos. Je suis proche des gens. Il ne faut pas qu’on oublie d’où l’on vient, parce que c’est l’amour du public qui nous a portés. J'ai des fans qui sont partout où je vais. Je commence à les connaître. Je les appelle mes chouchous. J’ai même un groupe de fans de Belgique. Ils sont venus à tous mes concerts dans toute la France.

Frantz : La relation fan/artiste directe, c’est quelque chose qui va se développer de plus en plus, j’en suis sûr.

SAM NEVES 13 01 2011.jpgAvant que vous vous rencontriez, Sam, tu as toujours voulu faire ça ?

Sam : Moi, j’ai toujours, toujours voulu faire ce métier. Mon oncle était chanteur d’opéra et mon père jouait de l’accordéon. Je sais, ce n’est pas trop glamour, mais bon, c’est de la musique… Je suis issu d’une famille assez simple. Pour elle, la musique, il ne faut pas en faire professionnellement. On ne gagne pas d’argent avec cette activité. Il fallait que j’aie la sécurité et la certitude de l’emploi, donc j’ai laissé tomber la musique pour y revenir aujourd’hui. J’ai commencé à chanter dans le groupe rock de mon lycée. On chantait notamment du Queen et du U2. Mais, c’est la première fois que les choses prennent une tournure si sérieuse.

Ce disque est une très belle production.

Frantz : C’est presque un peu trop léché pour moi. C’est un super boulot et je suis très fier de cet album, surtout dans les conditions dans lesquelles on la fait. On la composé sur une année à raison d’une séance par semaine. C’était assez long à faire, mais le résultat est très cohérent. Celui-là, on la fait à la maison tous les deux. Le prochain sera fait avec des musiciens.

Vous passez le 13 janvier au Zèbre de Belleville…  

Sam : Ça sera très rock, mais il y aura quelques titres planants. Une heure et demie de concerts où on va tout donner. Il y aura de l’ambiance, je t’assure et la participation de quelques guests.

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Après l’interview, nous sommes restés un long moment à discuter (et boire). Sam Neves est une fille très attachante et talentueuse. Elle mérite qu’on la découvre.

Le Zèbre de Belleville, ce jeudi, donc.

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15 décembre 2010

Vincent Baguian : Interview vérité, clips et photos... et une sacrée Java !

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Vincent Baguian n'est pas un interprète encore très connu. Mais, peut-être l'avez-vous vu en première partie de Zazie? Il est aussi l'un des initiateurs, avec la même Zazie et Jean-Marie Leau, du conte musical Sol en Cirque. Récemment, il s'est brillamment illustré en coécrivant avec Dove Attia la plupart des chansons de Mozart, l'Opéra Rock. "L'Assasymphonie", entre autre, c’est lui. Fort de quatre albums, ce soir et mercredi prochain, vous allez pouvoir retrouver ce chanteur à l'humour décapant et à l'écriture précise dans des concerts "en toute intimité" dans la salle parisienne La Java. Le 25 novembre, interview vérité où l'on constate que le chanteur n'a pas du tout la langue dans sa poche. D’abord, j’apporte à l'artiste une information personnelle.

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Extrait de la conversation :

- Tu sais que je suis mariée avec un arménienne ?

- Ah oui ? Elle s’appelle comment ?

Je dévoile donc son patronyme finissant par an (anciennement ian).

J’ajoute :

-Du coup, depuis que j’ai une fille moitié arménienne, je me suis intéressé à ce peuple et à cette culture.

Vincent Baguian me pose quelques questions. Le sujet l’intéresse. Je dévoile des pans énormes de ma vie privée à cet homme que je ne connaissais pas personnellement 30 minutes avant.

-Emmène ta femme et ta fille en Arménie, je t’assure ! Moi, j’y suis allé il y a deux ans. Ca m’a mis une grosse gifle.

-Tu as toujours vécu en France, toi ?

-Oui. Mais mon père me parlait beaucoup du pays. En tant que 100% arménien, il parlait la langue et me racontait beaucoup l’Arménie. Il avait bâti une Arménie totalement imaginaire, sans jamais la voir, alors que c’était ses racines. Quand j’y suis allé,  j’ai découvert que la nourriture que je prenais comme quelque chose de folklorique quand j’allais voir mes grands-mères arméniennes, c’était le quotidien des gens. Je me suis rendu compte que j’avais la même tête qu’eux. Quand je mangeais quelque part, quand un type me regardait, je me disais que s’il me précisait que nous étions cousins, c’était fort probable. Aujourd’hui, quand je me balade dans la rue à Paris, je ne me sens plus complètement français. Autre anecdote, je suis en voiture,  j’arrive dans un village et je vois marqué Pambag. C’est mon vrai patronyme, Pambaguian. Je me suis senti chez moi tout de suite.

-Tu te sens plus quoi, alors, aujourd’hui ?

-Je me sens Français, très proche des arméniens. Mais, c’est un peu comme si on me demandait lequel de mes deux enfants je préfère. Ce que j’ai compris, c’est que ça m’émeut plus d’être en Arménie qu’en France.

-Tu es revenu changé de ce voyage ?

-Oui. Je suis revenu plus fort. C’est comme si j’avais une situation de repli.

Voici sa chanson en duo avec une chanteuse arménienne, Diane Minassian : Je suis une tombe.


Making Of de "Je suis une tombe" en duo avec Diane Minassian
envoyé par VincentBaguian

Ensuite, je commence ma vraie interview…

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Mandor : Parlons de tes concerts à la Java. Ca m’intéresse pour deux raisons. La première, c’est que j’apprécie tes disques depuis le début de ta carrière, la seconde, c’est que ton pianiste, Hugo Renard, m’avait scotché avec son roman « J’aime les filles ».

Vincent Baguian : Ah oui, tu l’as lu ?

Oui, à sa première sortie aux éditions du Rocher.

Tu sais que je le réédite ?

Ah bon ? Belle idée, en tout cas.

En fait, comme je  viens de bien gagner ma vie avec Mozart et que je trouve que le livre de Hugo est phénoménal, qu’il vaut le coup d’exister longtemps,  je me suis arrangé pour le rééditer par mes propres moyens, c'est à dire dans ma propre maison d'édition, "Cul et Chemise". Advienne que pourra. Il ne s’agit pas de faire en sorte que je gagne ma vie en publiant ce livre, juste, je souhaite qu’il ne meurt pas.

Il est vendu à la fin de vos spectacles ?

Exactement, tu es très fort !

En tout cas, l’ambiance est tendue avec lui dans ton spectacle à La Java.

Oui, très. Ce que je peux te dire, c’est que jusqu'à présent, l’humour, je l'employais dans les chansons, pas entre les chansons. Ce que j'aime faire dans les spectacles ce sont des trucs que tu ne peux pas faire à la télévision ou à la radio. Je veux faire voyager les gens. Hier, ça a marché parce que les gens se sont dits : "C’est chaud entre eux, ils s'engueulent". Le principe du spectacle c’est : on joue ensemble, mais on ne s'aime pas.

Dans tes textes, en règle générale, tu ne dis jamais les choses au premier degré. Je me trompe ?

Je pense que je suis un peu comme ça dans la vie. Mais moins. Ils m'ennuient ceux qui se prennent toujours au sérieux. Par exemple, les hommes politiques utilisent toujours les mêmes mots. On ne croit plus à ce qu'ils racontent, ils défendent toujours les mêmes idées, ils ont un langage formaté, donc on ne les écoute plus. Moi, comme j'ai envie que l'on m'écoute, je prends un autre registre. Un jour,  je voulais enregistrer une chanson sur les gens qui tendent la main dans la rue et sur notre attitude par rapport à eux. Dans ma première version je me suis trouvé hyper donneur de leçon, c’était insupportable. J'ai inversé les rôles, je me suis mis dans la peau d'un mec qui ne donne pas. Je suis dans ma Daimler, il y a un enfant qui frappe à mon carreau, et on se dit : "Putain, c'est l'hiver, il faut ouvrir la fenêtre, je crains le froid et le chaud…". Tout d’un coup, on est à la place de tout le monde. Ca fonctionne plus comme ça que quand tu fais le prêtre.


Vincent Baguian - Ce Soir C'Est Moi Qui Fais La Fille
envoyé par VincentBaguian

C’est le même principe que quand tu as écrit pour Florent Pagny, "Si tu n’aimes pas Florent Pagny". C’est très second degré…

C'est plus premier degré que tu ne le crois. L'histoire avec Florent Pagny, c'est qu'un jour, il y a Calogero qui m'appelle et qui me demande si je veux bien écrire une chanson pour Florent Pagny. Je lui réponds : « Non, je ne connais pas Florent Pagny et ses chansons m'indiffèrent. Je n’ai rien à dire sur lui. ». Et je raccroche. Puis la fonction économique est rentrée en jeu et j’ai fini par accepter en me demandant ce que j’allais bien pouvoir raconter sans me renier. J’ai écrit ce que je pensais de lui. Point. J’ai commencé à écrire : « Oui, je suis dans mon état normal, non, je n’ai pas honte de mon look, c'est du gel, je n’ai pas les cheveux sales »… bref, ce que je pense. Quand je le vois je me demande toujours combien de temps il doit mettre pour se préparer. Son look, ses lunettes jaunes… toujours paraître, ça doit être fatiguant, changer de look pour ne pas avoir la même tête d’une émission à l’autre… Il chante trop fort, aussi, je trouve. Ca me saoule, alors, je l'ai écrit. Je me suis dit que si Florent Pagny était capable de chanter une telle chanson, j'allais l'aimer d'avantage. À la première écoute, il a été un peu étonné. À la deuxième, il a bien aimé.  C'est son précédent label qui lui a conseillé de ne pas la chanter. Pendant quatre ans, cette chanson est restée dans un tiroir. Aujourd'hui, elle sort dans son nouvel album, Tout et son contraire. Mais, bon, il m'a fait changer quelques mots.

Lesquels ?

J’avais écrit : "Je voudrais me vanter d'être  honnête, me voir en héros dans la glace". Il m'a appelé en me disant : "Je ne peux pas chanter ça, parce que je me sens honnête". Il a changé les mots lui-même, ça a donné : "Je voudrais me vanter d’être pas trop bête". Franchement, c'est très peu comme changement.


Florent Pagny - Si tu n'aimes pas Florent Pagny
envoyé par Florent-Pagny

Comment considères-tu ta position dans le métier ? Trois disques, l’album Sol en Cirque avec Zazie, des tas de chansons pour les uns et les autres, Mozart, l’Opéra Rock… Mais tu n’es pas du tout médiatisé.

Je ne choisis pas cette situation. Ce qui ne m'empêche pas de bien le vivre quand mes concerts sont pleins. Mais tu sais, faire de la télé ne m’intéresse pas. Je pense même y être mauvais. À chaque fois que j'en ai fait, ça m'a perturbé. Ce n'est pas possible d'être mauvais à ce point. Faire des sourires à des gens virtuels, je n'y arrive pas et ça ne m'intéresse pas. Je suis super motivé à chaque fois que j'y vais, mais après je me demande : "À quoi bon ?". Mes chansons ne correspondent pas non plus au format radio, donc on m’a rarement diffusé… Mais en concert, je suis bon. Comme je ne passe nulle part médiatiquement, je fais confiance au bouche à oreille,  je produis moi-même mon spectacle et advienne que pourra.

Tu as co-écrit avec Dove Attia, les trois-quarts des chansons de Mozart, l’Opéra Rock. Ça te permet de gérer financièrement ta carrière personnelle.

Tu peux le dire, oui. Ca me permettra aussi de t’offrir le café que nous prenons ensemble.

Tu n’écris pas de la même façon pour des chansons dites "populaires" que pour ton propre répertoire. Tu fais des concessions au style ?

Non, mais ce n'est pas évident d'écrire pour un opéra rock. C'est bien plus compliqué que pour mes chansons. On te donne des musiques qui existent avec des textes en yaourt. On t'explique qu'à tel moment du spectacle, c’est telle personne qui chante et on te dit qu'il faut que ça raconte ça. Ça devient des mathématiques. Quand tu combines le tout, c’est un boulot de dingue. Les gens pensent que c'est léger à faire, alors que c’est tout le contraire. Le nombre de nuits que j'ai passé sur les textes... Je suis parti 15 jours avec Dove Attia dans une maison isolée et nous bossions tous les jours 12 heures sur les textes. On a faillit devenir fou.

Comment es-tu arrivé sur le projet ?

Avant moi, Dove Attia avait vu une quinzaine d’auteurs. Il m'a proposé d’écrire juste un texte sur une musique. On y a passé 15 jours… Et puis après s’être "dompté", il m'a proposé d’écrire le reste avec lui.

Quand tu-as constaté que le spectacle cartonnait, as-tu eu un sentiment de fierté de voir tous ses interprètes chanter tes mots ?

Oui, il y a beaucoup de fierté parce que j’ai réussi à faire passer des choses dans ce spectacle. Par exemple dans "L'Assasymphonie", j'ai un inventé un mot, je ne parle pas d'amour, c’est même plutôt un sentiment un peu noir… Et en faire un tube sans que personne ne s'en rende compte au final, ça me rend heureux parce que c'est ce que je voulais faire. Faire d'une chanson qui n'a rien de "tubesque", un vrai tube. Il y a aussi une chanson qui s’appelle "Victime de ma victoire",  je fais dire à l’interprète : "Je me croyais l’élu, en volant mon histoire, mais je me suis perdu pour gagner, à vaincre sans vertu, on triomphe sans gloire, l'honneur vaut mieux que le trophée". C’est une des chansons qui marchent bien dans le spectacle. Je l'ai écrite en pensant à Nicolas Sarkozy. Ça me fait rire de la voir dans le spectacle. Autre exemple : dans "J’accuse mon père", en l'écrivant,  j'ai pensé à mes filles… 


Mozart l'Opéra Rock - L'Assasymphonie - Clip Officiel
envoyé par MozartOperarock

Il y a des doubles lectures que toi seul et Dove Attia peuvent percevoir…

Oui, mais en même temps, je pense que ça marche parce que les gens se retrouvent et leur inconscient comprend qu'il y a une double lecture.

Tu as hâte de faire un tube en tant qu’interprète ?

Je m’interroge sur la capacité des gens à être ému. J’ai conscience que les chansons de Mozart sont biens, mais je n’oublie pas que leur succès est aussi dû a un outil de marketing phénoménal qui fausse un peu la donne. Les gens qui sont venus voir Mozart en ont eu pour leur argent. Les décors, les costumes clinquants… ils font confiance à ça, il faut que l’argent se voie. Jacques Brel, sans tous ces artifices, délivrait certainement à lui tout seul bien plus d'émotion, mais comme les gens ne font plus confiance à leurs sensations, ils ont besoin qu’on leur montre que l’on ne s’est pas foutu de leur gueule… 

Se produire à la Java, c’est quand même deux extrêmes par rapport à Mozart, l’Opéra Rock

Dove est venu me voir et je t’assure qu'il n'a pas sa langue dans sa poche avec moi. On se fait mutuellement zéro cadeau. Il m'a dit : "Ce que vous faites avec ton pianiste, il faut que vous le poussiez davantage parce que ça va tout casser parce que ça va détourner le stand up. Vous vous moquez de vous, mais les chansons tiennent la route à côté".

Les artistes doutent tous. Un succès comme Mozart doit te conforter sinon te réconforter.

Mozart me permet de vivre uniquement de mon métier, ce qui n'était pas le cas avant. J’ai reçu d’autres propositions d’écriture pour d'autres, mais je n'y vais pas. On s'épuise si on écrit trop. Maintenant, dans mes journées, je ne fais que ce que veux. Aujourd’hui, quand on me demande si je suis libre tel jour, je peux systématiquement dire "oui".

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Ce qu’il me dira juste sur ses projets dans un futur proche, c’est qu’il va travailler de nouveau avec Dove Attia pour sa prochaine comédie musicale, Les amants de la Bastille. Et qu’il écrit des scénarios de films (dont certains verront le jour en Belgique très vite), parfois seul, parfois avec Maureen Dor.

Ce qui me permet d’enchaîner judicieusement avec la soirée à La Java à laquelle j’ai assisté le mercredi 1er décembre dernier. Maureen Dor était la guest de la soirée… (les photos suivantes ont été prises par bibi, alors, soyez indulgent, merci !)

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Elle n’était pas la seule, il y avait aussi la talentueuse, sensuelle et corrosive Marjolaine Piémont.

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Et aussi Diane Minassian, pour interpréter "Je suis une tombe" (voir clip, plus haut).

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Si vous aimez le tendre, le beau, l’ironique, le drôle, le très drôle, le mordant et l’émotion, ce spectacle est fait pour vous…

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En enfin, le final avec Hugo Renard.

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Ce soir, dès 21h, retrouvez Vincent à la Java pour l’avant dernière date de l’année. En première partie : Marjolaine Piémont. Billets sur place ou en préventes dans les points habituels : Moxity / Digitick / Fnac

La Java : 105 rue du Faubourg-du-Temple, Paris 10.
Métros : Goncourt / Belleville.

07 décembre 2010

Bilan du Salon du Livre d'Ozoir-la-Ferrière 2010

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C'est la seconde fois que j'anime le salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière. L'année dernière, j'y avais pris beaucoup de plaisir (comme je l'expliquais ici). Et bien, cette année aussi, figurez-vous. Toujours aussi fatiguant, mais toujours aussi exaltant. Plus de 40 interviews, un quizz littéraire et 3 tables rondes (interviews approfondies et participatives). Je commence ce port-folio de cette manifestation avec le début du salon. Luc-Michel Fouassier, l'organisateur (et surtout un ami cher) m'avait préparé un quizz littéraire. Je lisais la première phrase d'un "classique" et il fallait deviner le nom de l'auteur et le titre du roman. De brillants érudits ont répondu à quasiment tout. Bravo à eux!

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Sur cette photo, comme sur la précédente, on peut voir Gaëlle Pingault (lisant le roman de Jérôme Cayla, Mathilde) et Pascal Arnaud, le fondateur de la maison d'édition D'un noir si bleu.

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Et le monsieur, là, qui se tient les hanches est Patrick Dupuis, le co-fondateur des éditions Quadrature.

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Ici avec Laurent Luna. Cet écrivain dont j'entends un bien fou un peu partout (et qui vient de signer chez Plon), à ceci de particulier qu'il ne veut jamais faire d'interviews. Je le rencontre sur pas mal de salons et on finit par s'en amuser...

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Valérie Bettencourt est comme Laurent Luna. Pas d'interview. Mais, tous les deux sont des personnes fort sympathiques et nous avons passé de longs moments ensemble lors de ce salon...

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Jérôme Cayla en train d'immortaliser Luc Doyelle et une de ses fans...

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La team de Laura Mare Editions présente à Ozoir ce jour-là : de gauche à droite, Luc Doyelle, bibi et Jérôme Cayla.Salon Ozoir 20.11.10 15.JPG

Georges-Olivier Châteaureynaud (Prix Renaudot 1982, secrétaire général du prix Renaudot) (par Philippe Schroeder).

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Laurent Luna et Mandor (par Philippe Schroeder, sans prévenir).

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De gauche à droite: Astrid Eliard (Prix Ozoir Elles 2010), Vassilis Alexakis (Prix Médicis 97 et Grand Prix du roman de l'Académie Française 2007) et Simonetta Gregio. (Par Philippe Schroeder).Salon Ozoir 20.11.10 32 (2).jpg

Vassillis Alexakis pendant sa table ronde pour débattre de son dernier livre Le dernier mot (les deux photos suivantes : La mairie d'Ozoir-la-Ferrière)

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Après la table ronde, le maire d'Ozoir-la-Ferrière, Jean-François Oneto, raccompagnant Vassilis Alexakis, le tout brillament commenté par Léon Zitrone (par La mairie d'Ozoir-le-Ferrière).

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Avec Vassilis Alexakis (par Philippe Schroeder).

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Pendant la table ronde de Marc Kravetz (journaliste à France Culture et Prix Albert Londres 1980) pour évoquer notamment son ouvrage Portraits du jour (par la mairie d'Ozoir-la-Ferrière).

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Avec Marc Kravetz, après la table ronde.

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Luc-Michel Fouassier (organisateur du salon et brillant auteur) en pleine séance de dédicaces de son dernier ouvrage, Les hommes à lunettes n'aiment pas se battre.

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Jean-François Oneto (maire de la ville) et sa femme entourent Guy Bedos (par Philippe Schroeder).

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Guy Bedos bien entouré. Victoria Bedos à gauche et Simonetta Gregio à droite, donc (par Philippe Schroeder).

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Victoria et Guy Bedos, complicité père-fille évidente (par Luc Doyelle).

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Guy Bedos tout à fait attentif à l'objectif et votre serviteur (par Philippe Schroeder).Salon Ozoir 20.11.10 28.jpg

Guy Bedos (par Luc Doyelle qui signait ses ouvrages juste en face).

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Astrid Eliard et Guy Bedos attentifs et souriants (par Philippe Schroeder).

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Astrid Eliard (lauréate du prix Ozoir'Elles pour son recueil de nouvelles Nuits de noces) et moi écoutant la cérémonie de sa remise de Prix (par Philippe Schroeder).

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Eric Holder, Luc-Michel Fouassier et la lauréate du concours de nouvelles, Anne Lurois.

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Eric Holder, après sa table ronde (pour l'ensemble de son oeuvre et plus particulièrement ses deux romans, Mademoiselle Chambon et L'Homme de chevet adaptés au cinéma en 2009.)...

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Pour finir, je remercie encore une fois Luc-Michel Fouassier qui persiste à me faire confiance pour l'animation de son salon littéraire. A l'année prochaine, sans doute!

 

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04 décembre 2010

Clarika : interview à propos de ses (premiers) adieux au Palace !

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À l’occasion de ses "premiers" adieux à la scène qui se tiendront ce lundi (6 décembre 2010) au Palace, j’ai rencontré Clarika (pour MusiqueMag). Coïncidence ou pas, le même jour sortira en téléchargement légal son nouveau single interprété avec Mariam Doumbia (du duo Amadou et Mariam), "De fille à femme" (en écoute ici). J’ai souvent interviewé Clarika parce que je suis un fervent admirateur de la dame depuis toujours. (Vous pouvez voir ici un reportage sur sa venue à la FNAC Val d’Europe pour un showcase que j’animais et là, une interview filmée réalisée pour 77 infos, à l’occasion de la sortie de son dernier album, Moi en mieux). Je considère que cette grande dame de la chanson française n’est pas reconnue à sa juste valeur.

Nous sommes nombreux à penser ainsi.

Hop ! Interview express…

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Mandor : C’est quoi cette histoire de "premiers" adieux à la scène ?

 Clarika : C'est une plaisanterie. C’est la dernière date et on a voulu marquer le coup. J’ai trouvé ça rigolo de faire un truc autour des adieux qui commencent et qui ne s’arrêtent jamais. Dans le spectacle, je me traite d’icône, donc, je pars du principe que toute icône se doit de faire ses adieux.

 À quoi devons-nous nous attendre lors de ce concert exceptionnel ?

C'est le concert de la tournée, mais évidemment, il y a aura des évènements non prévus et quelques surprises. Je vais faire aussi un medley de tous mes "tubes"… On est allé piocher des trucs que seulement les fans de base connaissent, je parle de ceux qui me suivent depuis le premier album.

l_cacf2c65f72a45538efb76b3dccdabcd.jpgParlez-nous de la première partie de votre concert.

Ça va déménager avec le groupe Electroboy 80. Ce sera un retour aux années 80 grâce à leurs reprises déchainées, revisitées, rock, techno, on ne sait plus, mais c'est surtout à ne pas manquer, énergie et bonne humeur...

Dans votre parcours il y a cette particularité que vous ne vendez pas vos albums en masse, mais que vos concerts sont toujours pleins à craquer.

D'album en album, les ventes sont croissantes, donc ça me rend un peu sereine. Dans la mesure où un album en emmène un autre, que je sens qu’il y a un public qui grandit dans les salles, tout va bien ! En plus, je vends assez de disques pour être suffisamment crédible auprès de mon entourage professionnel. C’est vrai que je ne suis pas une grosse vendeuse, mais je suis quand même bien installée. Moi, ma peur, c’est plutôt de ne plus avoir d’inspiration.

Vous vous demandez parfois : "Est-ce que je serai capable de faire un nouvel album ?"

C'est exactement ça ! Les deux premiers albums, on les fait un peu dans l’insouciance et après, ça commence un peu à se corser, car il ne faut pas redire les mêmes trucs. Forcément, on revient toujours vers les mêmes thèmes : l’amour, la séparation… Il faut trouver un autre moyen d’en parler. Bizarrement, avec l'expérience, on devrait considérer qu’écrire une chanson, c’est de plus en plus facile. C’est tout le contraire.

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Vous écrivez tout le temps des chansons ?

Clairement pas. Les tournées, c'est l’histoire de l'album qu’on vient de faire, je trouve donc difficile de se projeter vers de nouvelles histoires. Quand j'arrête une tournée (130 dates, à peu près, entre deux albums), pour retrouver l'inspiration, il faut que je me pose un peu, que je reprenne tout à zéro.

filleafemme.jpgVous sortez un single d’une chanson qui figure sur votre dernier album, Moi en mieux. Mais, cette fois-ci  interprété en duo avec Mariam Doumba (de Amadou et Mariam).

Je me suis toujours dit que cette chanson méritait d’être chantée avec une autre représentante de la gent féminine. Avec Jean-Jacques Nyssen (pygmalion et "homme de sa vie" de Clarika), on a cherché plusieurs pistes et on a fini par considérer que l’univers de Mariam convenait parfaitement au morceau. Elle nous a dit qu’elle appréciait beaucoup le texte et que le thème la touchait. Elle et moi, c’est une rencontre entre deux univers différents. On aimait bien l’idée que ce soir Mariam seule qui chante, sans Amadou. De toute façon, ils sont tout de même indissociables. Il était là lors de l’enregistrement. Pour Amadou, c’est une expérience assez nouvelle, de se mettre plus en avant. La chanson a été réarrangée. C’est un mélange de nos deux cultures respectives.

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Vous êtes très partageuse, musicalement parlant. Vous interprétez très souvent des duos…

Ce sont souvent des questions d’opportunités, de hasard total ou d’invitations qui m’ont été faites. Quand Jonasz t'invite, tu ne dis pas non, par exemple. Avec Mariam pour ce single et avec Bernard Lavilliers aussi, c’est nous qui sommes allés les chercher.

Vous devenez une artiste qui compte, une artiste qui d’album en album devient de plus en plus reconnue.

Même si ma notoriété publique est assez lente, depuis que je suis dans le métier, elle est en constante progression. J’ai une vraie reconnaissance du métier, des critiques et des artistes, c’est ce qui me rassure pas mal. Certaines personnes me considèrent comme un espèce d'électron, moi, je ne me sens pas du tout marginal.

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En fouinant sur Internet, j’ai essayé de trouver des articles négatifs sur vous et votre œuvre. Je n’ai rien trouvé de la sorte.

Tant mieux, tant mieux (rires). C’est souvent très gentil, autant pour mes concerts que pour mes disques.

Pourquoi n’y-a-t-il jamais eu de captation de vos concerts en CD ou en DVD ?

Les "live" représentent "peanuts" pour les maisons de disque. On ne peut pas dire que ce soit leur priorité. Ceci étant, personnellement, je ne suis pas fan des albums live. Je me rends compte que je préfère écouter les albums studios.

Avec La Grande Sophie et Rachel des Bois, vous faites partie des toutes premières chanteuses rock "qui ont des choses à dire" de la scène française. Toutes les trois, vous avez ouvert une grosse brèche.  Aujourd’hui, vous suivez la carrière de quelle chanteuse ?

J'aime beaucoup Yael Naim qui vient de sortir son deuxième album. J'aime aussi des artistes à voix comme Cat Power et Feist, cette lignée pop folk. Dans les Françaises, j'apprécie La Grande Sophie, Jeanne Cherhal, Émilie Loizeau, des chanteuses comme ça…

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Je remercie Patricia Téglia pour l'organisation sans faille de la rencontre... et pour ces "sensationnelles" photos de l'interview prises par elle-même avec un iPod (il me semble).

On termine avec le clip de "Bien Mérité", extrait du dernier album de Clarika, Moi en mieux.


Clarika - Bien Mérité
envoyé par Clarika. - Regardez la dernière sélection musicale.

13 novembre 2010

Souad Massi : interview pour la sortie de "Ô Houria"

Pour Musique Mag et pour ici, le 28 octobre dernier, j'ai rencontré Souad Massi dans un hôtel parisien. J'avais une bonne excuse, son nouvel album Ô Houria sortait la semaine suivante. Avant de lire l'interview, je vous propose ma chronique du disque publiée dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc datée du mois de novembre 2010 :

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-Avant de commencer, j’ai besoin d’un bon café… ça ne vous dérange pas. Et puis, je vais faire un effort pour te vouvoyer, parce que je sens que je ne vais pas y arriver.

-Non, mais, tutoyez-moi !

-Tutoie-moi tu veux dire !

-Oui.

-Tu veux un café.

-Oui, je veux bien.

(Les dialogues ne sont pas vraiment de Michel Audiard !)

Souad Massi s’installe à mes côtés. Je lui raconte que mes voisins de l’étage inférieur de mon immeuble sont algériens, que je les adore et qu’à chaque fois qu’elle sort un disque, je leur offre parce qu’ils sont fans d’elles. Ça semble lui faire plaisir…

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saoud-massi.jpgMandor: Pourquoi as-tu choisi de vivre à Paris depuis onze ans ?

Souad Massi : En fait je navigue entre Alger et Paris. J’ai deux enfants qui vont à l’école à Paris et  pour le travail c’est plus pratique je vive ici. Tous mes musiciens y vivent aussi. Mais j’ai besoin d’aller en Algérie régulièrement, toute ma famille habite là-bas.

-Cette rencontre avec Michel Françoise et Francis Cabrel est pour le moins surprenante.

-Francis Cabrel, je l’ai rencontré il y a six ans. J’ai fait partie de son juré des "Rencontres d’Astaffort". Je ne me souviens pas de grand-chose de ce premier rendez-vous avec lui. Ca s’est passé tellement vite ! L’année dernière, j’ai rencontré Michel Françoise parce que nous devions travailler sur un projet commun qui n’a rien à voir avec celui-là. On devait écrire et réaliser un disque pour un autre artiste.

-Qui ça ?

-Non, je ne peux pas te le dire, ça ne s’est pas fait.

-Donc, que s’est-il passé avec Michel Françoise ?

-Dans la voiture, avec mon mari, il nous a fait écouter quelques morceaux et nous a demandé ce que nous en pensions. Il m’a fait comprendre que je pourrai éventuellement les utiliser. Ca tombait bien, j’avais très envie de chanter aussi en français. Je suis totalement tombé sous le charme de deux titres, "Tout ce que j’aime" et "Ô Houria". Après, il m’a fait visiter le studio de Cabrel ce qui est extrêmement rare. J’ai adoré l'endroit. Il y a une ferme, la maison de Cabrel n’est pas loin. C’est la vraie campagne, ce qui oblige les musiciens à vraiment travailler. Ils ne peuvent pas sortir. Tu te rends compte, si on oublie le sel, on est obligé de faire 30 kilomètres pour aller le chercher ! Sans plaisanter, c’est l’endroit idéal, il y a une très belle acoustique. Quand je suis retournée à Paris, Michel Françoise m’a proposé d’enregistrer un album dans le fameux studio de Cabrel. J’ai accepté et ça s’est fait comme ça. Aussi simplement.

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34620_10150234074935727_347885505726_13801639_7180518_n.jpg-Francis Cabrel est un artiste important pour toi ?

-Oui, évidemment. Il faut savoir qu’en Algérie, je ne sais pas pourquoi, nous sommes très francophones. Ma génération et celle d’un peu avant, tout le monde adore Francis Cabrel.

-Tu as un sentiment de fierté de travailler avec lui et Michel Françoise ?

-Plus que ça. Je ne trouve même pas les mots. Je suis contente, honorée et très fière.

-Il paraît qu’il est très pointilleux lors des enregistrements…

-Il est très à cheval sur la prononciation. Il ne lâche rien et nous pouvons rester deux heures sur un seul mot. Je n’ai jamais vu ça !

-Et quand il a dû chanter en arabe pour "Tout reste à faire", j’imagine que tu as eu ta revanche…

-Même pas. C’est ça qui m’a énervé ! Il me reprenait même quand je chantais dans ma langue alors qu’il ne comprenait pas. Il voulait la justesse du chant, le reste n’importait pas. Lui, je lui ai donné la phrase qu’il devait chanter en phonétique et il l’a fait en une seule prise. C’était insensé !

-Ta musique a des échos du Cap Vert ou du Brésil, un parfum de flamenco et différentes influences.

-Tu sais, l’Algérie, c’est le carrefour de toutes les musiques. On est méditerranéen, on est ouvert sur l’occident, on est africain, on est arabe.

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Souad_Massi.jpg-Tu parles beaucoup des femmes dans tes chansons…

-Dans "Samira Meskina", je parle des vieilles filles qui ne peuvent pas sortir, qui sont frustrées, qui ne peuvent pas faire des études. Dans "Nacera", je raconte le quotidien d’une femme divorcée. Elle est très mal vue et n’attend plus rien de la vie.

-Tu es une ardente défenseuse des droits des femmes ?

-Non, je ne l’ai jamais été. Pas officiellement, en tout cas. J’ai même été un parfait garçon manqué. Je n’aimais pas les filles qui pleurnichaient sans cesse sur leur sort. Il faut se battre dans la vie ! Avec l’âge, j’ai enfin compris des choses. J’ai rencontré des personnes qui travaillent dans des associations et j’ai complètement modifié mon point de vue. Quand on a un couple où règne le respect et où il y a de l’amour, les vrais problèmes paraissent loin.

-Ce sont les femmes battues qui te préoccupent le plus aujourd’hui…

-Quand j’étais en Algérie, j’ai rencontré la sœur d’une amie qui a été battue. Elle m'a montré sa tête qui était cousue. Quand son mari était énervé, il prenait sa tête et la cognait sur le mur. Quand elle allait déposer une plainte au poste de police, on lui rétorquait qu’elle avait dû faire quelque chose de mal. Cette histoire m’a mise hors de moi. J’en ai fait une chanson.

-Comment es-tu perçue par ta famille ?

-Comme une rebelle. Je faisais même peur à ma mère. J’ai beaucoup de chance parce que j’ai deux frères qui sont musiciens. Ils m’ont beaucoup soutenu pour que je mène à bien ma carrière… Ce n’est pas commun dans la société maghrébine. Au sein de ma famille, j’ai véhiculé des idées de liberté et de choix d’être différent. Dès mon adolescence, je ne voulais pas être comme les autres.

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MS01001_BIG.jpg-Quel rapport as-tu avec le pouvoir en place ?

-Aucun. Le pouvoir n’a rien à voir ni à dire avec ce que je fais dans mon métier. Je sais que j’ai été censurée à la radio un certain moment, je ne sais pas si c’est à cause de mes textes, mais en tout cas plus maintenant. En Algérie, sans te mentir, je passe sur les ondes du matin au soir. Peut-être qu’avec ce nouvel album, la censure va recommencer,  je n’en sais rien. Dans "Une lettre a… Si H’Med", c’est l’histoire d’un maire corrompu, celui d’Alger, qui a volé de l’argent. Il est aujourd’hui en prison.

-Tu as déjà rencontré des politiciens algériens ?

-Grâce à mon statut d’artiste, il m’est arrivée de m’assoir face à face à des ministres et discuter avec eux. J’ai émis pas mal de critiques et ils m’ont écouté attentivement. Je ne sais pas si, au final, ça sert à quelque chose, mais j’ai eu des débats avec eux plusieurs fois. Les politiciens savent qu’ils ont besoin d’artistes, parce que les artistes ont des personnes qui croient en eux.

-Même s’il ne comprend pas les textes, le public français aime beaucoup tes chansons… Tu l’expliques comment ?

-Je pense que les français viennent à mes concerts parce qu’ils aiment le pop folk. Ils sont nostalgiques de Leonard Cohen ou d’artistes comme Bob Dylan. Dans mes concerts, j’explique systématiquement de quoi parlent mes chansons. Même les Maghrébins de cette génération, ils ne comprennent pas tous l’arabe. Les jeunes algériens, je suis toujours étonnée qu’ils viennent. Ils écoutent du rap, de la variété ou du RnB. Je ne corresponds pas aux goûts de la jeunesse d’aujourd’hui.

-Tu as été élevée au folk ?

-Oui, mais pas seulement. Mes parents adoraient la musique. De James Brown, Jacques Brel, Édith Piaf à des groupes de rock comme AC/DC, Aerosmith, ZZ Top et aussi du flamenco. Bref, ma culture musicale a été large…

-À quand un vrai disque de rock de Souad Massi, toi qui a aussi chanté dans un groupe de hard rock dans ta prime jeunesse ?

-C’est un vrai projet que j’ai avec Michel Françoise, en français en plus. Il faut du rock pour dire plein de choses revendicatives.

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souad massi - o houria.jpg-Tu as peur que ton public soit désarçonné par ce disque ?

-J’avais peur de heurter mes fans. Le fait que je chante quatre titres en français n’est pas bien passé pour tout le monde. Je me suis fait insulter sur mon site.  On m’a reproché de faire comme les autres, de devenir un produit. Quand je sortirai un album tout en français, je me demande comment ils réagiront ?

-Tu es franco-algérienne. Comment te sens-tu en France par rapport à ce qu’il se passe au niveau de l’immigration ?

Moi, je n’ai aucun problème pour en parler. Je me sens bien en France.J’aime ce pays. Les ministres comme Besson ou Hortefeux, qui jouent la carte de l’insécurité pour arriver à des fins politiques, qu’ils sachent qu’ils ne font pas peur aux gens honnêtes qui travaillent, qui ont des devoirs et qui respectent les lois. Moi, je viens d’Algérie. Je suis venue ici à l’âge de 25 ans après mes études et je connais mon histoire. Je n’ai pas de problèmes d’identité. Les jeunes d’ici en ont. Ils n’arrivent pas à se retrouver. On leur donne quoi ? De l’incertitude. On les insulte, on les montre du doigt. Ils n’ont pas besoin de ça, ce sont des Français, ils sont de la 3e génération issue de l’immigration. Ce n’est pas juste pour ces jeunes, ce n’est pas juste non plus pour les gens qui se lèvent tôt et qui vivent de manière irréprochable dans leur comportement et dans l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants.

-On te demande de t’exprimer officiellement sur ces sujets-là ?

On me demande de m’exprimer sur plein de sujets. Comme dans mes chansons, je dénonce pas mal de choses, il ne serait pas normal que j’évite de me prononcer sur ces sujets. J’en parle à cœur ouvert. Je suis citoyenne, j’appartiens à une société et je me sens concernée par ce qu’il se passe autour de moi. La politique, c’est la vie de tous les jours en fait. J’ai l’impression qu’en France, il fallait un sujet pour cacher la crise. Le chômage, les retraites, on les a mis un peu de côté pour parler insécurité. Moi, je suis le contraire des politiciens qui font tout pour séparer les gens. Heureusement que dans la vie, il y a l’art, la musique et l’amitié…

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Petite dédicace pour mes voisins, Souad (aussi) et son mari Kader...

Note de l'auteur : Certaines photos illustrant cette chronique sont "volées" outrageusement du Facebook officiel de Souad Massi. Qu'elle me pardonne ! Celles qui ne sont pas signées sont de moi. Que je me pardonne ! Quant aux photos "champêtres", je remerçie Thomas Lang.

 Pour terminer voici le premier clip tiré de l'album... "Ô Houria".

13 octobre 2010

Raphaël : interview (et photos) pour la sortie de "Pacific 231" !

Le 17 septembre dernier (près d’un mois déjà…), j’ai rencontré le chanteur Raphaël pour Addiction, le mag et pour  le site MusiqueMag. J’étais plutôt ravi parce que l’album « Pacific 231 » m’avait particulièrement plu.

Un bijou…

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17.09.10 Raphael 1.JPGRendez-vous m’avait été donné, un matin, à l’Hôtel Particulier, situé sur les hauteurs de Montmartre. J’arrive en premier (après avoir trouvé ce lieu somptueux avec beaucoup de difficulté). Dire qu’il faut montrer pattes blanches pour franchir les quelques portes fermées à clef (et particulièrement surveillées) est un euphémisme. Je m’installe sur un confortable canapé. Une jolie demoiselle veille à mon confort. « Tout va bien monsieur ? Vous n’avez besoin de rien ? ». J’aime la bienveillance professionnelle, mais mon éducation me fait répondre que « tout va bien ! », alors que j’avais très envie de boire un thé bien chaud. Sur ces entrefaits de la plus haute importance, deux attachées de presse de chez EMI arrivent. Je les connais depuis des années. On discute ensemble un moment assez long. Le chanteur, lui, arrive une vingtaine de minutes en retard.

-Excusez-moi, ce n’est pas tout à fait mon heure !

Après une petite minute de conversation, il me demande si c'est la première fois que l'on se voit.

-Non, c'est la seconde... pour le précédent album nous nous étions déjà vu une heure dans une suite de je ne sais plus quel palace parisien.

-Je me disais bien que je vous avais déjà vu quelque part. Je n'oublie personne... juste, je ne resitue pas toujours.

Nous nous installons dans le salon, à l’écart de tout le monde… voilà le résultat pour Addiction, le mag.

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Et voici, la version sensiblement identique, pour MusiqueMag.

Son clip du premier single, "Au bar de l'hôtel", censuré sur M6...

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 Raphaël et Mandor le 17 septembre 2010 à l'Hôtel Particulier, Paris. 10h30 du matin...

Pour finir, si vous souhaitez télécharger légalement (of course) le n°1 des ventes de cette semaine, rendez-vous ici.

 

13 septembre 2010

Bertrand Guillot... "Hors Jeu", enfin en poche !

A l'occasion de la sortie du livre de Bertrand Guillot, Hors Jeu, en édition de poche chez J'ai Lu (le 25 août dernier), je vous propose la note publiée en août 2007 (date de sortie de ce même livre aux éditions Le Dilettante)...

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Le truc, c’est de faire comme si je n’avais jamais vu ce garçon, comme si je n’avais jamais fait de sorties nocturnes avec lui ou bu des coups (diurnes) ensemble. Allez, je vais faire comme si ce n’était pas un bon ami. Comme si je n’adorais pas passer des moments avec lui.

Comme si.

D’accord ?

Donc, je prends rendez-vous avec lui pour organiser une vraie interview.

Genre, on se voit dans un café et on discute sur l’objet du délit.

0fa058a3f0884411aee7cdde9d81ebdd.jpgEn l’occurrence un livre.

Celui de Bertrand Guillot (dont, rappelons-le, je n’ai jamais entendu parler, hein), Hors jeu.

L’histoire de Jean-Victor Assalit. Un ex d’une grande école (HEC) qui traverse une période creuse et donc, qui est un peu rejeté de la horde de ses amis « dominants ». Et quand on est plus dans le coup, on fait un peu n’importe quoi. Une blague d’un de ses potes (lui, tout à fait « dominant actif ») va le transporter dans le monde épique du jeu télévisé. Il s’agit, très précisément pour notre héros, de participer à l’émission La Cible , présentée par Olivier Minne.

C’est lui, à côté de je ne sais pas qui.

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Alors, raconté comme ça, je ne sais pas si je motive le lecteur érudit que vous êtes à vous jeter sur l’ouvrage. Mais, les amis, je tiens à ajouter que, d’accord il est question de « tests, farandoles de questions, quiz mutins, trous de mémoire et érudition lance-roquette, coaching et training » mais pas que.

Jean-Victor devient, en quelque sorte, « l’ambassadeur officiel des Dominants dans le monde fascinant de la télévision populaire ». Il veut gagner « avec la manière » et doit donc passer des castings « élément central d’une société de castes » le plus brillamment possible. Je vous passe les détails, mais, comme pour lui c’est un moyen de rebondir, ses amis deviennent son staff… évidemment, tout ne se passera pas comme prévu.

C’est mieux là ?

Sinon, je peux dire qu’il y a une bonne tranche d’amour, d’humanité et de morale dans cette histoire. Je peux le dire parce que c’est vrai.

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Donc, je rencontre ce jeune homme dans un bar d’à côté de chez lui. Admirez, sur la photo, comme on sent qu'il est un ancien "dominant!".

Comme je ne le connais pas, je ne sais pas qu’il prend du café l’après-midi et de l’alcool qu’à partir de 18 heures (en gros), donc, comme c’est la première fois que je le rencontre, je lui demande :

-Vous buvez quoi maître ?

-A cup of tea, please.

Il se prend pour Marc Lévy ou quoi ? C’est ridicule, je sais très bien qu’il est français et qu’il boit comme tout 36304fffbc87af1f61a1949613443573.jpgbon français, un café. Moi, je reste au vin rouge (je suis français également, mais un peu plus que lui, visiblement).

Je pose à cet intrigant personnage tout plein de questions vachement passionnantes. Il me regarde admiratif.

Je lui fais remarquer que, bon, je sais, je suis Mandor, mais quand même, il n’est pas obligé de me déifier (c’est gênant).

 

Je lui demande s’il s’est rendu compte que son livre est aussi un manuel du parfait candidat :

-J’ai pourtant pas mal élagué. Si quelqu’un veut participer à un jeu télévisé, qu’il m’appelle pour que je lui donne la version longue.

Après une telle déclaration, ce type, là, devant moi, que je découvre en vrai (puisque je ne l’avais jamais vu jusqu’à présent) m’apparaît tout à coup comme un mec généreux.

Comme je ne connais rien de sa vie, de son passé, je l’interroge sur la part autobiographique de son roman.

3b66f08a4884f2fd9b315473968668b8.jpg-Je sors moi aussi d’HEC. Des «  dominants », j’en connais, j’en côtoie encore, j’ai été chez le même éleveur. J’ai commencé à bosser dans des boîtes de « dominants » puis j’ai fait un pas de côté parce que je trouvais ça vain. L’idée de dominer ne m’amusait pas spécialement. Jean-Victor n’est pas moi. Fondamentalement, le héros de mon livre est un garçon que je considérerais dans la vie comme quelqu’un d’antipathique. Pour être franc, la seule partie autobiographique du roman est le casting. J’ai vraiment passé celui de La Cible. Je devais y aller avec un copain qui m’a finalement lâché. J’ai pris cette expérience comme une aventure, un voyage dans un monde inconnu. J’ai vite senti qu’une histoire pouvait sortir de ce que je vivais à ce moment précis. Je me suis mis dans une disposition particulière. Les yeux et les oreilles grands ouverts mais dans l’action. Le lendemain, j’ai gratté une trentaine de pages.

Il est bavard, ce Bertrand Guillot (dont je ne sais même pas qu’il est aussi connu sous le pseudonyme de Second Flore, c’est vous dire, s’il est un parfait étranger pour moi).

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La grande question (vous allez constater par vous-même, j’ai parfois des éclairs de génie quand je me mets à interroger).

-Tu as le trac ?

(Sous-entendu, quand votre livre va sortir… la réaction des gens, les chiffres de ventes…etc.)

(Ne me demandez pas ce que peut signifier le …etc., je n’en sais fichtre rien, mais ça veux dire que si je voulais, je pourrais donner bien d ‘autres exemples.

Si je voulais.)

-Globalement, depuis que j’ai signé avec Le Dilettante, cette histoire de bouquin a réveillé chez moi des pulsions paranoïaques que je ne connaissais pas. Je suis plutôt un type zen, mais, là, je ne suis plus du tout serein.

S’il n’est pas serein, l’oiseau (oui, je sais, elle est franchement bonne, celle là) risque bien de remporter son petit succès.

À mon humble avis de garçon tout à fait objectif.

Bertrand Guillot a écrit un roman populaire, amusant, positif et (un peu) philosophique.

Une manière de voir la vie intéressante.

Avec tout plein de trucs qui émotionnent son homme (ou sa femme).

(Avouez que comme critique littéraire, je me pose là. Mon style est tout à fait étonnant !)

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Bref, j’ai aimé.

Et, imaginons un instant que ce Bertrand, en vrai, ce soit un sacré bon pote. Et ben, je n’aurais pas apprécié, j’aurais fait plus soft.

Si.

Assurément.

Sinon, quelle idée de sortir son premier roman lors de la rentrée littéraire !

-Mon éditeur, Dominique Gaultier m’a expliqué : comme c’est votre premier roman, vous avez le choix entre prendre le risque d’être noyé à la rentrée et avoir une certitude d’être ignoré un autre moment.

Bon, ça calme les ardeurs !

Le livre est en vente dans toutes les librairies et le bouche à oreille est excellent.

Donc, vous faites ce que vous voulez, mais je vous conseille d’être curieux.

Message personnel : Bertrand, pour le resto promis, c’est le Fouquet’s.

Je déconne.

Pfff… aucun humour.

Cadeaux bonus:

 Quelques liens sur le livre de cet auteur en devenir:

http://blogclarabel.canalblog.com/archives/2007/08/24/580...

http://lectures-de-stephanie.blogspot.com/2007/08/bertran...

 http://papercutswebzine.wordpress.com/2007/08/27/bertrand...

http://www.evene.fr/livres/livre/bertrand-guillot-hors-je...

L'article de Biba de ce mois-ci:

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08 septembre 2010

"Elle s'appelait Sarah", le film: Projection privée et interviews

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Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv.
En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans en juillet 1942.
Ce qui n'était que le sujet d'un article devient alors, pour Julia, un enjeu personnel, dévoilant un mystère familial.
Comment deux destins, à 60 ans de distance, vont-ils se mêler pour révéler un secret qui bouleversera à jamais la vie de Julia et de ses proches ?
La vérité issue du passé a parfois un prix dans le présent...

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 Julia : l'éblouissante Kristin Scott-Thomas.

 

37744_143707072321427_108349532523848_349902_2334899_n.jpgVous êtes nombreux à avoir lu le livre de Tatiana de Rosnay : « Elle s’appelait Sarah », livre vendu à plus de 2 millions d’exemplaires (voir la vidéo de « 1000 feuilles » avec l’auteur) et qui a fait de Tatiana de Rosnay l’auteur français la plus lu en Europe (autre rencontre là). C’est un roman qui touche au cœur et qui a fait beaucoup pour le devoir de mémoire.

 

(Personnellement, j’avais expliqué, lors de ma toute première rencontre avec elle, pourquoi ce livre était important dans ma vie).

 

Le 13 octobre prochain, « Elle s’appelait Sarah » sort dans sa version filmée. Un film de Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott-Thomas, Mélusine Mayance, Niels Arestrup, Frédéric Pierrot.
Adaptation fidèle du roman. De l’émotion tout en finesse, pas d’esbroufe, des comédiens hors pair. J’avais peur d’être déçu.

 Je ne l’ai pas été.

 

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 Sarah : la phénoménale Mélusine Mayance.

 Les Éditions Héloïse d’Ormesson ont invité lundi une cinquantaine de personnes pour une projection privée…

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Avant la projection, Tatiana de Rosnay (l’auteur), Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen Solal (les éditeurs) ont expliqué avec humour l’histoire magique du livre et de son succès fulgurant, puis ont remercié le public présent.

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 Après la projection, un cocktail a été organisé… Mandor en a profité pour interroger 3 personnes.

 Interviews flash de Tatiana de Rosnay, sa fille Charlotte Jolly et Héloïse d’Ormesson.

 

Tatiana de Rosnay : 

 

Mandor : Tu sors de la projection. Je sais que ce n’est pas la première fois que tu vois ce film.

 

Tatiana de Rosnay : C’est la troisième fois et à chaque fois c’est énormément d’émotion. Là, je l’ai vu assise à côté de ma fille Charlotte. Elle était en larmes. A chaque fois que je vois ce film, je suis bouleversée, tout remonte.

 

 

M : Tu ne t’es jamais sentie trahie dans cette adaptation ?

 

TdR : Jamais. Pas un moment. Ce sont mes personnages, c’est ma Sarah, c’est ma Julia. Tout est là.

  

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 Tatiana de Rosnay et la comédienne qui incarne Sarah, Mélusine Mayance

M : Je me souviens que lorsque je t’ai interviewé pour la sortie du livre, nous parlions d’une éventuelle adaptation au cinéma, à l’époque, absolument pas d’actualité. Tu me disais que s’il y en avait une, tu aurais bien vu Kristin Scott Thomas dans le rôle de Julia…C’est fou, ça !

  

P1030645.JPGTdR : Il y a une magie autour du livre. Cela dit, j’ai quand même galéré trois ans pour le faire publier. Je n’y croyais plus. J’ai écrit ce livre entre 2002 et 2005. C’est Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal qui ont miraculeusement cru en moi à un moment où j’étais persuadée que ça n’allait jamais se faire. Pour moi, c’est une aventure humaine très riche et passionnante.

 

M : Ressens-tu de la fierté à voir ton nom au générique de ce film ?

 

TdR : Non, je ressens une incrédulité totale. J’ai l’impression que je vais me réveiller demain en ayant rêvé. J’essaye de savourer tout ce qui m’arrive, mais j’ai du mal.  

 

Charlotte Jolly de Rosnay (fille de Tatiana):

 

Mandor : Alors, ce film tiré du livre de ta maman?

 

Charlotte Jolly de Rosnay : Je l’ai regardé avec un sentiment de fierté du travail de ma mère. Dans le film il n’y a pas de « trop », c’est sobre et émouvant. Moi, j’avais commencé à lire le livre et comme je suis très très sensible, j’ai eu du mal à le continuer. Maintenant, ça me donne envie de finir le livre et d’être encore plus fière de ma mère. Ça m’a tellement remuée que là, vraiment, je suis complètement…

 

Elle ne termine pas sa phrase.

 

M : Ta mère m’a dit que tu avais pleuré.

 

 

CJdR : J’ai pleuré plein de fois pendant la projection. Je tenais très fort la main de ma mère. Je n’oublierai jamais ce moment.

 

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 Héloïse d'Ormesson, Tatiana de Rosnay et sa fille Charlotte Jolly après la projection.

M : Ce film t’a-t-il renvoyée à des choses personnelles avec ta maman ?

 

CJdR : Je me suis rappelée au début, quand ma mère était malheureuse parce que personne ne voulait de son livre. Il y a eu beaucoup de moments de tristesse avant qu’ « Elle s’appelait Sarah » ne soit publiée. Le fait que maintenant tout se réalise pour elle, ça me rend la plus heureuse des filles.

 

 

M : Comment tu vis sa nouvelle notoriété ?

 

CJdR : Je suis vraiment très très fière d’elle. En plus, elle n’a pas changé. Elle n’a pas du tout un caractère à avoir la grosse tête. Elle sait parfaitement gérer sa nouvelle célébrité, ce qui me rend encore plus fière d’elle.

 

M : Ça te donne envie d’être écrivain également ?

 

CJdR : J’aimerai bien avoir son talent. Moi aussi j’aime beaucoup écrire et lire et je dois avouer que ma mère est un bel exemple à suivre.

 

Héloïse d’Ormesson :

 

Mandor : C’est la seconde fois que vous voyez le film. Vous en ressortez comment ?

 

Héloïse d’Ormesson : Cette fois-ci, je n’avais pas de mouchoirs et ça m’a beaucoup manqué. C’est un film merveilleux, on est vraiment transporté. J’ai trouvé que c’était une adaptation extraordinaire, très fidèle. Mais une adaptation fidèle doit aussi se réapproprier le texte pour le bien du film. Il faut gommer certaines choses, en gommer d’autres. Tout le travail d’adaptation, c’est quand même de transformer un roman en un film réussi. Il y a des petits aménagements, mais qui sont pour le meilleur du scénario et pour une transposition à l’écran. C’est bizarre, les émotions du livre et du film ne viennent pas des mêmes scènes…

  

M: Est-ce que l’éditrice à son mot à dire pour une adaptation ?

 

 

Hd’O : L’éditrice n’a strictement rien à dire, éventuellement l’auteur pourrait mettre son grain de sel. Quand on en parlait avec Tatiana, elle me disait qu’elle ne voulait surtout pas interférer. Je l’ai d’ailleurs encouragé dans ce sens en lui disant que ce n’est jamais très bon pour l’auteur qui risquerait de se crisper et de ne pas comprendre certains choix. Il faut éviter les frictions inutiles et faire confiance aux adaptateurs. C’est un peu comme l’auteur qui doit faire confiance à son éditeur, là l’éditeur et l’auteur doivent faire confiance au réalisateur et au scénariste. C’est ce qu’on a fait et on ne le regrette absolument pas.

 

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M : Avec le recul, l’histoire du livre en lui-même est belle, non ?

 

Hd’O : Il doit y avoir un ange gardien, une étoile quelque part qui veillent sur cette Sarah sur toutes ses formes. Cette étoile est extrêmement protectrice. Je dois signaler que Tatiana de Rosnay a été associée au lancement et à la promotion du film et c’est très rare. L’histoire autour de Sarah est folle. Ce livre, d’un seul coup, à transformé la vie de ses lecteurs, de son auteur et de son éditeur. C’est ça un beau livre…

 

Pour finir, la bande annonce du film :

 

 

17 juillet 2010

Bernard Giraudeau : interview pour Les dames de nage

medium_V87_Livres_Bernard_Giraudeau_Photo_2_par_Sylvie_Lancrenan_.JPGAprès lui, l’idée d’aller chez Bernard Giraudeau, dans son appartement parisien jouxtant l’avenue des Champs-Élysées, me plaisait beaucoup. J’ai toujours admiré ce comédien. Celui des années 70 et 80, léger et celui d’après, plus torturé, ambigu, voire dramatique…

(Sa filmographie est ici).

Cet homme m’intrigue, m’impressionne même.

En ce jour de mars 2007, j’avoue que j’ai un peu le trac en montant dans l’ascenseur. Pendant les 6 étages, je croise les doigts pour que l’entretien se passe bien.

Je sonne. Un moment que j’estime long passe et Bernard Giraudeau finit par arriver. Le portable collé à l’oreille.

Un sourire, il me fait signe de le suivre.

Il raccroche rapidement puis s’excuse. Dans son salon, il me demande de m’installer, de faire « comme chez moi »… ce qui, évidemment, est une formule de politesse.

Je sors mon bazar de mon sac. Magnéto, mes fiches et mon exemplaire du livre.

Il me propose un thé, que j’accepte puis me demande si j’ai déjà lu un livre de lui. Je réponds que oui, son tout premier, Le marin à l’ancre, mais pas le second Les Hommes à terre.

-Le problème, monsieur Giraudeau, c'est que je n'ai le temps de lire uniquement des livres que je critique dans mon journal. C’est parfois frustrant, vous savez.

-Ce n’est pas grave, cher monsieur, vous avez de la chance… au moins, vous lisez.

39261_1.jpgJe suis là afin de parler de son nouveau livre Les dames de Nage (qui sort ce jeudi). Sa forme narrative oscille judicieusement entre le roman, le récit et les nouvelles. L’écrivain voyageur multiplie les pistes littéraires pour écrire la recherche de l’amour (et de lui-même) à travers le monde. Pour être franc, il s’est inventé un héros qui lui ressemble un peu (beaucoup ?)… un cinéaste doublé d’un sensationnel aventurier.  

-Je me sers de lui et de son chemin initiatique pour établir un parcours qui, sans être tout a fait similaire, me ressemble un peu. Marc Austère me permet de faire le point sur ma propre vie. Si j’avais écrit une fiction absolue, je m’éloignais de l’essentiel… 

Son enfance à La Rochelle , racontée par petites touches, tel un peintre impressionniste, explique le destin qu’il s’est choisi. Une mère aimante, mais délaissée, un père qui n’a pas su être père, des grands parents pathétiques… Marc Austère n’a trouvé qu’une solution pour fuir cette vie. S’engager dans la marine à l’âge de 15 ans. La fuite du quotidien par l’évasion, l’aventure et le voyage.

-J’ai tout le temps fui l’ordinaire, ce que la vie me proposait et que je ne trouvais pas intéressant. Mon souhait était d’écrire un livre qui interroge. Pourquoi ne prenons-nous pas conscience plus tôt que le bonheur, le plaisir et la vie sont ailleurs et que le sens de la vie, c’est être, tout simplement ? 

Giraudeau raconte ensuite, avec une jubilation communicative, les tribulations épiques et amoureuses de son jumeau fictif en Afrique, à Sarajevo, à Madagascar, au Chili ou encore en Bolivie. Une femme dans chaque port, en quelque sorte. Elles sont attachantes ses Mama, Jo, Ysé, Marcia et autre Camille. Mais il y a surtout Amélie (Ame et lit), l’amour de jeunesse retrouvé puis envolé, fil conducteur de ce roman aux troublants accents de vérité.

Bernard Giraudeau fait dire à Marc Austère : «  Le paradoxe était que je voulais sans cesse peindre plus vite que la nature elle-même. Je voulais à toute force réussir cette harmonie, la dompter, alors qu’il fallait seulement changer le regard et deviner les énergies à rassembler. J’avais trop d’impatience à vivre le bonheur. J’étais déchiré entre le vouloir faire, entre la quête et la paix, entre le désir et l’abandon. J’étais deux ainsi à me battre. »

Je lui dis que cette confession lui ressemble quand même beaucoup. Il sourit.

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Je cite une autre phrase de son héros : « J’épinglais des instants. J’ai aimé faire cela, mais je n’ai regardé le monde que dans l’étroite fenêtre de mon appareil. J’ai aimé tricher avec le vécu, j’ai inventé, recousu, sculpté autrement la réalité. »

Troublant, non, la ressemblance avec la vie qu’a mené Bernard Giraudeau?

Je lui demande si c’est difficile de s’occulter de l’écriture ?

-C’est marrant que vous me posiez cette question aujourd’hui. Je me la suis posé récemment. Sans être prétentieux, j’ai fait tellement de choses dans ma vie que pour en inventer d’autres, il faut que je passe par-dessus tout ça. J’ai supprimé 40 pages dans ce livre, j’avais peur que les situations ne soient pas crédibles…alors qu’elles étaient vraies. Vous savez, je ne suis pas un écrivain. Je suis plutôt un conteur. Je me sers de mon métier d’acteur, de cinéaste, pour visualiser. Je raconte des histoires, donc la vie et donc, je pille ce que la vie m’apprend. Chez moi, chez les autres… 

Quant à sa condition de non-auteur, je lui explique que je le trouve dur avec lui-même. Les gens du métier (qui ne sont pas tous des tendres) reconnaissent en lui une belle plume. Jamais, je n’ai lu qu’il n’est qu’un comédien medium_giraudeau-02.jpgqui écrit…

Il m’avoue en être fier.

Puis il me dit :

-Le bouquin ne vient pas par hasard. Il arrive parce que j’ai cette maladie. Je dois changer mon comportement et j’ai un regard différent sur la vie. J’ai dû abandonner le théâtre, peut-être même devrais-je oublier carrément ce métier. Je ne le fais pas avec souffrance, juste, je me dirige vers une autre vie.

Je ne voulais pas évoquer son combat contre le cancer, mais il en parle spontanément tout seul.

Il cite René Char dans son livre : « Vivre, c’est s’obstiner à achever un souvenir » et son héros Marc Austère, de préciser : « peut-être que je m’obstine, moi, à fabriquer des souvenirs pour que cette vie ne s’achève pas. »

L’homme qui est devant moi est bien vivant, positif, plein de projets de voyages et ne se laisse pas aller à l’abattement. Au contraire.

La création est son arme.

L’écriture ses minutions.

Il tire juste.

Dans le mille.

Après l’interview, Bernard Giraudeau se plie avec gentillesse à ma séance de photos Mandoriennes.

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Je ne cesse de vous le dire, cet exercice me gêne toujours un peu. Ensuite, nous discutons encore un moment, mais je constate que cela fait une heure et demie que je suis chez lui.

N’abusons pas.

Dommage, je me sentais bien chez lui.

Vivement son prochain livre !

Que mon âme s’abandonne à ses voyages…

Intérieurs et extérieurs.

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16 juillet 2010

Dead Pop Club : le retour des survivants de la scène power punk pop !

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Home Rage, le nouvel opus des Dead Pop Club est rentre-dedans, énergique à souhait, pétri de pop-culture (les no life, les films d’horreur, les séries TV, les teen movies… mais aussi des trucs plus personnels).

Les Dead Pop Club sont : Jérôme Boulet Kerr à la batterie, Olivier Ducroix à la basse et les chœurs, Guillaume Boulet Kerr à la guitare et aux chœurs et enfin Olivier Portnoi au chant et à la guitare…

Les voici en version figurine en carton :

 

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Je vais vous dire la vérité.

Mon mandorisé d’aujourd’hui, je travaille avec lui 7 heures par jour.

Olivier Portnoi est journaliste « rock » (et autres) pour MusiqueMag. Moi, je m’occupe de tout ce qui est « chanson française » (et autres).

Tenez, notre rédac avec tout le monde à l’œuvre…

Olivier est le jeune homme souriant qui fait semblant de travailler pour la photo (à droite, c’est Sabine, dont il m’arrive de causer sur ce blog…).

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Et celle-là, c’est pour vous expliquer notre promiscuité quotidienne. Mon fauteuil est celui qui se trouve à sa gauche (juste derrière la bouteille d’eau).

Je vous livre un sacré pan de ma vie privée, là !

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Alors, oui, quand j’ai décidé de chroniquer le nouvel album du groupe Dead Pop Club (leur MySpace), dont il est le chanteur guitariste, je me suis trouvé devant un cas assez inédit dans ma vie professionnelle. Comment interviewer un type que j’aime bien, qui fait le même métier que moi et avec lequel il nous arrive de nous moquer (gentiment) de nos confrères qui posent parfois des questions affligeantes à certains artistes… comprenez si banales quelles en deviennent parfaitement insipides. Évidemment, nous nous mettons dans le lot (mais, le moins possible, s’il vous plait !).

Tout ceci pour dire qu’hier matin, j’ai décidé de passer à l’acte.

 

l_13b43010168849278783cf19b7d851af.jpgPour éviter de me ridiculiser, j’ai choisi un concept fort simple. J’ai relevé quelques phrases glanées ici et là sur le net à propos de leur disque Home Rage et j’y ai ajouté mon grain sel. Je lui ai fait commenter ce que l’on dit de Dead Pop Club. C’était tout à fait hypocrite de ma part, mais, au final, assez efficace, je trouve.

En toute modestie, bien sûr.

 

Entre deux news écrites pour MusiqueMag, nous nous sommes installés dans la cour de l’agence (au soleil). J’ai branché mon magnéto et la conversation a roulé… interrompue parfois par quelques collègues voulant nous rejoindre, ne sachant pas que nous nous adonnions à une activité que l’on pratique habituellement sur les autres…

 

"Olivier Portnoi, bonjour !"

(Ceci est une private joke, je répète, ceci est une private joke... pas très drôle, en plus. Pardon !)

Et lui de réagir aux écrits des journalistes web…

 

IndeSsence :

« Dead Pop Club, c'est la classe à l'état pur : dix ans de carrière, quatre albums en poche, un following impressionnant de concerts dans l'Europe entière et surtout, surtout j'insiste un véritable label garanti en matière de power pop punky ».

 

Olivier Portnoi : Généralement, nous mettons 4 ans entre chaque album, le même temps qu’entre chaque Coupe du Monde. C’est notre rythme parce que, faire un disque, ça demande beaucoup de préparations. Nous ne sommes ni prolifiques, ni rapides pour composer et aussi, cela demande un gros investissement financier. Il nous faut de plus en plus de temps pour rentabiliser ce qu’on a fait auparavant. Honnêtement, quatre ans entre chaque album, j’estime que c’est trop long. On ne peut jamais surfer sur la vague précédente…

 

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Kritikrock

« Des mélodies très pop, un chant écorché parfois à la limite de la rupture, des refrains qui emballent dès la première écoute ».

 

Olivier Portnoi : Quand on parle de ma voix, ça me fait marrer. Parfois, j’ai un timbre de voix un petit peu rauque. « A la limite de la rupture », ce doit être le forçage de la voix. Tu sais, j’ai toujours eu du mal à prendre au sérieux ma fonction de chanteur. Je me suis retrouvé au chant par élimination… parce que les autres membres ne pouvaient pas le faire. Du coup, j’ai toujours du mal à me placer dans le rôle de chanteur, alors que c’est un poste assez sérieux parce que la voix, c’est quasiment ce qu’on entend en premier et c’est ce qui ramène la mélodie. Plus ça va, plus je me sens à l’aise et plus je commence à m’assumer. Je pense avoir fait de nets progrès sur ce disque.

 

CD1D :

« Home Rage » n’est peut-être pas l’album de la maturité, par contre il est sans aucun doute celui de la maturation. La force mélodique du groupe n’a jamais aussi bien été mise en valeur ».

 

Olivier Portnoi : À force de répéter, de faire des concerts, on évolue et on progresse. Cette histoire de maturité, on l’a mis dans notre dernière bio. C’est le cliché que chaque groupe entend : « c’est l’album de la maturité… ». Nous on ne sent pas « mature », on a trouvé rigolo de parler de « maturation ».

 

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La Quatrième Équipe :

« La machine à tubes est repartie. Les DPC sont revenus avec une énergie qui avait à mon goût disparu de trailer park. Ce « home rage » range au placard la pop punk pour la remplacer par un indie rock tendu, à la croisée de Weezer période Pinkerton, Jawbreaker et les Pixies, mais toujours avec cette petite patte DPC. On sent les années 90's transpirer au travers de chaque chanson. »

 

Olivier Portnoi : Avec ce disque, on se rend compte que l’on prend un coup de vieux. Nous, les Dead Pop Club, on a grandi dans les années 80, mais notre source musicale vient des années 90. Je ne suis pas du tout étonné que l’on nous trouve des similitudes avec tous ces groupes cités.

 

Stop! Petite pause avec un extrait du disque Home Rage.

Un clip tourné en 20 minutes dans le local de Dead Pop Club, en toute fin de répétition. Manque plus que l'odeur de la sueur, mélangée à celle de la bière. "Shut The F*** Up and Sing" est extrait de l'album Home Rage.

 

Portail de ressources pour discothécaires :

« Dead Pop Club n’a apparemment pas encore tout dit. Mieux : désormais, c’est presque sans concurrence directe qu’il évolue, laissant les autres courir après leurs fantômes quand ils n’ont pas tout simplement jeté l’éponge. »

 

Olivier Portnoi : Quand nous sommes apparus en début 2000, c’était en même temps qu’une dizaine d’autres groupes français avec qui, d’ailleurs, nous étions amis et avec lesquels nous partagions les mêmes références musicales. Aujourd’hui, il reste encore quelques groupes comme ça, mais peu sont encore debout. 10 ans pour un groupe indépendant comme nous, je t’assure, c’est long. C’est pour ça qu’on est presque les seuls de cette mouvance et de cette période là à perdurer.

 

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Mandor : Trouves-tu normal que des types frisant la quarantaine se préoccupent de problèmes de jeunes ados boutonneux ? Comprends bien que je caricature le truc…

 

Olivier Portnoi : C’est vrai que notre inspiration vient d’une culture post adolescente. Nous devons avoir un côté « adulescent ». Je considère l’adolescence comme un moment important parce que les rapports que tu as avec la musique, c’est pendant cette période. La musique a carrément un rôle éducatif, elle t’aide à traverser ce cap-là, je trouve. Même aujourd’hui, où nous avons tous d’autres responsabilités, personnelles ou professionnelles, quand on joue de la musique, on redevient un peu celui que l’on été. Il y a un peu de nostalgie dans tout ça.

 

Punk Fiction :

« Une certaine scène française, celle pas tout à fait passée au XXIe siècle, celle restée campée solidement dans ses chères 90’s, celle qui perpétue un son bien identifiable et qui a donc parfois du mal à se renouveler. »

« Ce qui frappe avant tout, au fil des réécoutes c’est la manière qu’a le groupe de décliner sur plusieurs registres un même son. On n’ira pas dire qu’il s’agit douze fois de la même chanson, mais ce sont ici les arrangements et le soin apporté aux nuances qui font le gros de la diversité de ce disque ».

 

Olivier Portnoi : On a le même son depuis le départ. Nous ne sommes pas Radiohead qui tente de se réinventer à chaque fois. On a vraiment un univers avec des codes que l’on aime. Je suis persuadé qu’à chaque album, il y a un peu le même genre de chansons qui reviennent. Nous, à chaque fois, on veut raconter la même chose, mais mieux. 

 

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Collective Anthem :

« Plus sage que les Clash, des compositions frappa-dingue à la Sex Pistols, un chant anglais plus mélodieux que l’américain de NOFX, les Dead Pop Club vous mettrons de la bonne humeur dans la tête et une sacrée énergie dans les pattes. »

 

Olivier Portnoi : Évidemment, c’est très flatteur, mais je doute que l’on mérite d’être comparé aux groupes cités qui sont des groupes fondamentaux. Mais, c’est tout de même très gentil et ça caresse notre ego dans le sens du poil…

 

Addictif-zine :

« Les DPC font partie de mes chouchous, j’ai toujours pensé qu’avec des singles en heavy rotation et quelques passages TV, ils pourraient en vendre des palettes ! Etre les équivalents des Foo Fighters, Farewell ou des All American Rejects. »

 

Olivier Portnoi : Les Foo Fighters sont une de nos influences majeures. Toutes ces chroniques que tu me cites sont extrêmement positives, donc, je me dis que nous sommes compris. Ceci étant, parfois quand je lis ce que l’on peut écrire sur nous, même si c’est élogieux, je n’ai pas forcément l’impression que l’on parle de la musique que l’on a fait.

 

Mandor : Et ça s’appelle comment la musique que vous jouez ?

 

Olivier Portnoi : On fait du rock, mais on ne peut pas dire que l’on fait du rock, car c’est un univers trop immense. Le rock, c’est un peu une musique de « niches ». Dès le début, on a essayé de se classifier pour définir ce que l’on voulait jouer. On a utilisé des termes presque médicaux pour définir ce que l’on fait, du genre power punk pop.

 

Mandor : Parlons du clip de Freaks and Geeks. Il fait un buzz sympa. Plus de 14.000 vues en une semaine… et ce n’est pas fini.

 

Olivier Portnoi : Je trouve que le réalisateur David Basso est quelqu’un d’extrêmement doué. On voulait faire un clip drôle avec Thomas VDB qui est quelqu’un que je connais et que j’aime bien. Pour des groupes comme le nôtre qui ne bénéficient pas beaucoup de presse, en 2010, le net est essentiel. Il faut savoir l’utiliser. On n'a pas fait un buzz aussi énorme que Téléphone de Lady Gaga, mais nous sommes très contents que ce clip soit relayé sur des supports internet très variés.

 

The clip/court-métrage :

32119_123951190972644_123950977639332_168238_350940_n.jpgMandor : Et pour finir, parle-moi du groupe Maladroit. Tu y chantes aussi…

 

Olivier Portnoi : C’est un « side project ». Une espèce de « all star band ». Tous les membres de Maladroit font partie de formations qui ont certaines réputations. Participer à ce groupe, pour moi, c’est histoire de jouer avec des copains, faire d’autres morceaux. Autant avec Dead Pop Club, on prend notre temps, autant, à l’inverse, avec Maladroit, on fait tout vite. En fait, Maladroit, c’est comme si c’était ma maîtresse et Dead Pop Club ma femme. Maladroit, je peux lui faire plein de choses que je ne peux pas faire à ma femme. On a déjà fait un 45 tours (oui, oui, un 45 tours!) et on s’apprête à sortir un album... Olivier est ici avec les autres Maladroit :

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Pour clore ce reportage d'investigation musicale de haute tenue, je vous laisse avec deux photos prises juste avant l'entretien par notre confrère Aurélien Kievitch...

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03 juillet 2010

Yannick Noah en interview: "Frontières" et Stade de France !

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Le mardi 29 juin dernier, la maison de disque m’a invité à écouter six titres du prochain album de Yannick Noah, Frontières, qui sort le 23 août prochain. À l’issue de l’écoute, une interview a été organisée de manière à ce que je puisse écrire des articles pour certains médias dans lesquels je travaille.

Tout commence par mon arrivée à l’Hôtel de Sers. L’attachée de presse m’accueille gentiment puis m’amène dans un salon du 1er étage pour écouter une partie du disque. Tout n’est pas encore finalisé, alors les journalistes se contenteront de 6 titres : « Ma pomme », « No one’s land », « Angela », « Marcher sur le fil », « Hello » (duo avec Asa), « Ca me regarde » et « Frontières ». Une nuée de jeunes filles me montrent comment on met le disque… et me laisse seul (comme le montre cette photo prise avec un retardateur. Je sais, c’est pathétique !).

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Je fais mon travail consciencieusement. Je lis les paroles que l’on a mises à ma disposition en buvant de l’eau plate. (Je ne touche pas au buffet mis à notre disposition…)

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Bref, l’attachée de presse de chez Sony (que je connais maintenant depuis quelques années et dont j'apprécie le professionnalisme) vient me chercher tout sourire… « Alors, tu as aimé ? ».  Je ne sais trop quoi répondre parce qu’après une seule écoute, je n’arrive jamais à me faire une opinion. Musicalement, c’est impeccable en tout cas. C’est parfois funky, reggae, rock, pop… sur scène, ça devrait bien « claquer » !

Je passe un peu de temps à la table du staff Sony en attendant que le précédent journaliste finisse d’interviewer Yannick Noah.

C’est enfin à moi de jouer.

Je ne lui rappelle pas cette nuit chargée d’émotion où nous nous étions rencontrés… il y a13 ans déjà ! L’homme est toujours aussi avenant. Et surtout, il ne mâche pas ses mots.

Nous avons évoqué cet album très rythmé aux messages toujours positifs et abordé quelques sujets moins consensuels (l'interview, dans son intégralité, a déjà été publiée dans MusiqueMag, il y a quelques jours).

Deux chansons évoquent New York : "Ma Pomme" et "Angela". A l’issue de vos deux ans passés là-bas, il fallait que vous rendiez hommage à cette ville ?

Je ne rends pas hommage, je raconte ma vie, ma relation avec mon public nombreux depuis 10 ans. Au début, je leur ai raconté mon métissage, ensuite mes croyances, puis mes rêves… aujourd’hui, je leur raconte ma vie, mon quotidien. Ils savaient tous que j’étais à New York donc, la moindre des choses en revenant, c’était de raconter mon expérience américaine. Vous savez, je tiens compte des envies des gens qui me suivent. Ils souhaitaient que je raconte ce qu’il y a derrière ces deux ans.

(Le clip d'Angela. Il y évoque le souvenir d'Angela Davis, une militante américaine des droits de l'homme. Professeur de philosophie, elle a notamment participé au mouvement des droits civiques aux Etats-Unis dans les années 1960 et 1970, pour donner aux noirs le droit de vote et en finir avec la ségrégation.)

Votre vie new yorkaise a-t-elle changée votre vision du monde ?

On est tous en évolution constante. Partout où je passe, j’observe et j’en tire des leçons. J’ai vécu des moments très forts. Les débats Obama/McCain, l’élection d’Obama, mes moments assis sur le trottoir à regarder les gens passer, mes nuits à Central Park, ma vie en famille avec tous mes gosses… Tout ça, c’étaient des moments très forts. Mais, j’avais aussi des moments de mélancolie où j’avais envie de revenir en France, où je me sentais loin de ma petite sœur ou de ma mère, où mes potes me manquaient.

Ces fameux moments-là ont-ils été source d’inspiration ?

Non, pas vraiment. L’album n’est pas écrit par moi. Je n’ai pas cet investissement psychologique, moral, spirituel lié à la création d’un album. J’appelle mes potes auteurs, je leur demande de m’écrire une chanson sur tel ou tel sujet avec tel ou tel rythme. Maintenant, il faut que je me prépare à être de nouveau Yannick Noah, personnage public. J’ai envie de partager, d’avancer, de donner la pêche aux gens.

Est-ce qu’il faut réellement que vous vous mettiez dans la peau d’un chanteur ?

Oui, ça prend du temps. Celui des répétitions et d’un ou deux concerts. C’est un jeu… C’est un peu un rôle. On devient la chanson, on est un peu acteur de la chanson, on se met derrière elle. On n’est plus du tout dans le quotidien "normal".

Vous travaillez toujours avec la même bande d’auteurs et de compositeurs. Les anciens du groupe Canada (Jacques Vénéruso, Gildas Arzel…)

Il n’y a aucune raison de changer.

Vous n’aviez pas envie de jouer avec des musiciens américains rencontrés sur place ?

Ca ne m’intéresse pas. Ca aurait pu, mais ça n’a pas été le cas. L’équipe avec laquelle je travaille m’a pris dès le départ de mon aventure musicale. Ils avaient des chansons pour moi dans lesquelles ils me montraient tels que j’étais dans la réalité. Quand ils m’ont fait écouter les premières maquettes, j’étais franchement bouleversé. Je ne les connaissais pas, je n’en revenais pas. J’ai envie de travailler avec eux pour toujours.

Dans "Marcher sur le fil", vous rendez hommage à ceux qui, d’une idée portée à bout de bras, décident de changer les choses. Coluche et l’Abbé Pierre, en l’occurrence. 

Je parle des gens qui m’ont motivé, qui me stimulent et c’est aussi une façon de les remercier. Souvent, j’ai l’impression d’être un petit peu trop devant. Beaucoup trop, même. Donc, j’essaie de me remettre à niveau.

Il y a une chanson qui s’intitule "Ca me regarde". Ce n’est pas ce que vous avez envie de répondre parfois à certains journalistes ? On sollicite votre avis sur Sarkozy, sur le comportement des bleus et sur bien d’autres sujets…

Oui, ça m’arrive très souvent, mais je ne le dis jamais. Je pense qu’à un moment, il faut faire face. Quitte à se tromper. Il faut assumer ses convictions. Il y a trop de personnages publics qui se planquent. Je ne veux pas être un planqué. Je fais face. Je ne vous cache pas que j’ai parfois des doutes sur le bien fondé de mes interventions, mais au moins, je dis ce que je pense…

Il n’y a que lorsque l’on vous interroge sur le sport que vous vous sentez légitime ?

(En riant). Ben, oui ! J’étais le meilleur avant ! J’étais capitaine de l’équipe de France de Tennis, on a gagné des coupes… Je sais de quoi je parle. Comme depuis, il n’y a pas eu grand-chose, on sort les vieux.

Noah.jpgA 23 ans vous gagnez Roland Garros, à 50, vous chantez au Stade de France… Quel bilan !

Merci ! Mais, je vous signale  que l’un n’est pas si éloigné de l’autre. Je prépare mon Stade de France comme un véritable tournoi. Encore plus aujourd’hui qu’il y a 15 ans. A 50 balais, il faut que je sois en forme, donc, que je m’entraîne. Ce genre de performance n’est pas naturel à mon âge. D’une partie de la scène à l’autre, il faut couvrir bien 130 mètres en chantant, en dansant et en courant… Ça fait de sacrés kilomètres. Mon objectif est de survoler le Stade de France et provoquer des émotions unique à mon public. Une soirée comme celle-là n’arrive qu’une fois dans sa vie !

Vous savez comme ce concert exceptionnel va se dérouler. Pouvez-vous nous en dire plus?

Non. (Petit sourire amusé). Sur un tel évènement, je peux vous dire qu’il y aura des guests. On a travaillé sur pas mal de choses qui sont en place, mais je ne dévoile rien…

Dans "Frontières", chanson dans laquelle vous aimeriez voir tomber les frontières, j’ai relevé cette phrase : "Infantile utopie ou combat d’une vie". On vous a déjà reproché d’avoir des textes utopiques ?

Je n’ai jamais entendu ça. C’est ce que vous êtes en train de me dire ?

Pas tout le temps, mais parfois…

Je suis un artiste qui a pris le parti de proposer des choses positives. J’essaie de garder l’enfant qui est en moi. Parfois, j’ai envie de m’adresser aussi à eux en interprétant des contes. Mon public est aussi bien composé d’enfants que de grands-parents qui m’ont connu môme quand je jouais au tennis. Pour parler d’une réalité, j’aime bien, dans mes chansons, avoir un côté rêveur. Mine de rien, le message passe.

Est-ce qu’il y a une méthode Coué chez vous ? Il faut dire ou chanter les choses souvent pour qu’elles finissent par se mettre en marche ?

C’est une méthode qui a porté ses fruits. Je pense qu’aujourd’hui, on nous raconte beaucoup de conneries. On essaie de nous diviser beaucoup trop en nous parlant uniquement de choses négatives. On met en avant surtout nos différences. On va parler de la burqa pendant un mois et demi alors que ça concerne une dizaine de personnes. Il y a beaucoup de sujets essentiels dont on ne parle jamais. Moi, j’en parle et tant pis si l’on considère que c’est de l’utopie. De temps en temps, je pense qu’il est important de dire que l’on n’est pas si différent que ça, que l’on peut passer des moments ensemble. A la fin, quand on est cynique à ce point, ça donne les bleus ! C’est la France d’aujourd’hui. On râle, on est nul, on n’est jamais content.

La suite à lire sur MusiqueMag...

A l’issue de l’entretien, photo mandorienne et au suivant ! Une équipe de TF1 pour enregistrer le module « Là où je t’emmènerais ».

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Et voici la version de cette interview publiée dans le magazine des espaces culturels Leclerc du mois de septembre 2010.

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19 juin 2010

Chloé Clerc : rencontre... enfin!

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« Une pop intimiste, un swing insolent, une énergie débordante qui vous fait voir la vie du bon côté sans vous faire ignorer l'autre. Elle revendique haut et fort son appartenance à la chanson française. Sans jamais sortir du tourbillon de la vie, elle se laisse porter par les sons et les mots qui l'entrainent aux confins d'un monde imaginaire où se mêlent quotidien et féérie... Vous retrouverez sur scène des personnages que vous avez sans doute vous aussi croisés sans forcément les remarquer. Chloé vous parle d'eux, d'elle, de vous... »

l_00b4febc493c442db496e302d1594133.jpgAinsi est présentée Chloé Clerc sur son MySpace.

Je connais virtuellement cette chanteuse depuis 4 ans grâce à un blog qu’elle tenait régulièrement et que j’avais découvert avec intérêt. Elle, de son côté, suivait mon blog très discrètement.

En octobre 2007 déjà, j’avais écrit une note sur elle (je viens de la relire et je ne change pas un mot). Suite à ses commentaires, s’en était suivi une discussion animée avec la talentueuse Fanny Berrebi, puis une note de sa part sur son blog.

Avec Chloé Clerc, nous ne nous étions jamais croisés.

Jusqu’à hier.

À côté de mon boulot, dans un café à côté du Grand Rex.

Et nous avons parlé comme de vieux amis qui ne se sont pas vus depuis longtemps. C’est ça la magie du virtuel!

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26029_382012541934_35939911934_4083484_4896385_n.jpgSon premier EP "A part ça?" est sorti le mois dernier et son premier album "Je parle croate" est prévu à la rentrée.

Avec mes faibles moyens, je vais tenter de l’aider à faire connaître cet album. C’est, en tout cas, ce que je lui ai promis.

Et (généralement), je tiens mes promesses.

Voilà déjà un endroit où vous pourrez découvrir l’EP 5 titres.

Sa page Facebook officielle.

Son site très bien ficelé.

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