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05 septembre 2012

Jean-Christophe Grangé : interview pour Kaïken

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Cela devient un rite. À chaque début septembre, un nouveau thriller de Jean-Christophe Grangé. À chaque nouveau thriller de Grangé, une nouvelle interview (voir celle de l’année dernière).

Jean-Christophe Grangé ne donne pas beaucoup d’entretiens, mais il me fait l’amitié de me faire confiance.Merci à lui.

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02 juillet 2012

Alain Chabat : interview pour la sortie en DVD de "Sur la piste du Marsupilami"

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Pour Le Magazine des Espaces culturels Leclerc daté du mois de Juillet/Août 2012, j'ai interviewé Alain Chabat...

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Sur la piste du Marsupilami - Bande-Annonce... par Lyricis

05 juin 2012

Caryl Ferey : Interview pour "Mapuche" (prix Landerneau Polar 2012)

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Comme je m’occupe en grande partie des pages littéraires du magazine des espaces culturels Leclerc, j’ai rencontré les deux autres Prix Landerneau 2012. Celui du roman, Maylis de Kerangal (mandorisation ici) et celui de la découverte, Antoine Lorain (mandorisation là). Il ne me restait plus que le dernier Prix Landerneau en date, celui du polar. Il a été décerné à l’excellent Caryl Ferey pour Mapuche.

Je l’ai rencontré au bar du Train Bleu (Gare de Lyon). 30 minutes d’entretien, montre en main. Voici le fruit de cette conversation pour le magazine (et un peu plus encore pour ce blog).

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Le petit plus de Mandor :

Pourquoi y a-t-il toujours une ethnie mise en avant dans chacun de vos polars ? Dans celui-ci, c'est le peuple Mapuche.

J’ai fait le tout du monde à 20 ans. En Nouvelle-Zélande, j’ai été fasciné par les Mahorais, en Afrique du Sud, à travers Mandela, les zulu m’ont intéressé. Ces peuples dits « premiers » m’intéressent. Nous, on a un regard ethnocentrique sur le monde. Eux, ils pensent juste de manière différente, ça ne veut pas dire qu’ils sont mieux ou moins bien que nous. Si on les comprend, on devient moins bête nous même. On élargit notre champ de réflexion.

Quelle image aviez-vous de l’Argentine avant d’y aller ?

Pendant 20 ans, j’ai eu une image déplorable de l’Argentine à cause de la coupe du monde 78. Un copain m’avait parlé de ce qu’il se passait là-bas… la répression, la dictature, l’horreur que subissait le peuple argentin. Ça m’a horrifié. Quand il y a eu la crise de 2001-2002, j’ai regardé comment ils ont réagi et je me suis dit qu’il se passait beaucoup de bonnes choses là-bas. En allant sur place, je me suis rendu compte que c’était un pays génial.

Vous y êtes allé la première fois en 2008.

Oui, j’y suis allé en repérage, sans aucun contact et en essayant de suivre le tourisme. J’y suis retourné en 2010, deux mois en immersion totale à travers le pays, c’était fantastique.

Ce livre est attendu par les gens que vous avez rencontrés là-bas. Notamment par les mères de la place de mai (devenues grand-mères).

Une m’a dit : « Que tu en vendes 10 ou que tu en vendes 10 millions, on s’en moque. Ce qu’il faut c’est que tu parles de ça, que tu fasses un travail de mémoire. »

DSC04033.JPGVous acceptez que l’on dise de vous que vous êtes un écrivain engagé ?

Je suis de gauche, mais je fuis l’idéologie. Le terme « engagé » renvoie à l’idéologie des années 60 ou 70. Je suis de la génération de la crise, j’étais ado dans les années 80, je n’ai pas fait mai 68, le « Grand Soir », je n’y crois pas. Par contre, je suis engagé dans la vie, à fond. Je ne suis pas mou. Mon tempérament est plutôt énergique. Quand je fais une chose, j’essaie de le faire à fond.

Vous êtes fous de musique. Vous écrivez en musique ?

Oui. Je n’écoute que du rock… du rock où tout le monde meurt à la fin.

Vous avez une sacrée bonne réputation dans le monde du polar. On dit de vous que vous êtes le James Ellroy français.

Il y a quelque chose qui m’agace un peu. Plein de fois j’ai entendu avec Zulu. « C’est vraiment bien pour un polar français… parce que le polar français, c’est nul ! ». Je demande à ces gens, souvent, s’ils en lisent. Ils répondent : « ben, non, c’est nul ! ».  Je leur parle donc de certains de mes confrères, comme Antoine Chainas. Ça vaut très largement les Américains. Il y a une toute nouvelle génération des 35-45 ans qui sont très très talentueux, je vous assure.

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Caryl Ferey et Mandor, au Train Bleu de la Gare de Lyon, le 15 mai 2012.

04 juin 2012

Les Marins d'Iroise : interview pour "La belle aventure"

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Pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de juin 2012), j'ai interviewé le leader et créateur des Marins d'Iroise. Mandon qu'il s'appelle.

Mandor interroge Mandon.

Rien que pour ça...

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12 mai 2012

Jean-Roch : Interview (video) pour "Music Saved My Life"

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roch1.JPGJean-Roch, tout le monde le connait comme le maître des nuits parisiennes, tropéziennes et cannoises. Mais, l’homme est aussi un dingue de musique. La musique qui fait bouger les pieds. Pas celle qui fait penser, d’autres s’en chargent parfaitement, non, la musique qui nous fait onduler le corps sans pouvoir le maîtriser (enfin, le votre, parce que le mien, il ne fait qu’écouter et je le maîtrise parfaitement. Je sais lui éviter les débordements).

Bref, Jean-Roch sort un album dance : Music Saved My Life.

Le site pour lequel je travaille, MusiqueMag est partenaire de cette sortie. Je me suis donc rendu dans son antre parisien, au VIP Room, le 12 avril dernier, pour une interview filmée.

La voici.

Et comme l’agence pour laquelle je travaille possède une sérieuse synergie d’entreprise, voici la version écrite destinée au Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2012).

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Jean-Roch, le 12 avril 2012, au VIP Room de Paris, devant une oeuvre de Bono (U2). Après l'interview.

Et voici pour terminer, son nouveau clip en exclusivité mondiale de l'univers intersidéral, "Saint-Tropez".


JEAN-ROCH FEAT. SNOOP DOGG - SAINT-TROPEZ par Jean_Roch_Official

11 mai 2012

Alain Damasio : interview pour "Aucun souvenir assez solide"

Interview d’Alain Damasio, un auteur dont je connaissais l’existence, mais dont je n’avais lu aucun livre. Rien. Nada.

Et puis, pour les besoins de mon travail, je me suis plongé dans Aucun souvenir assez solide. J'ai senti souvent qu'il me manquait quelques repères intellectuels liés à ce genre littéraire... dont, habituellement, je ne suis pas le plus fervent amateur.

Voici sa bio trouvée sur le site de sa maison d’édition :

alain damasio,aucun souvenir assez solide,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorNé à Lyon en 1969, Alain Damasio caracole sur les cimes de l'imaginaire depuis la parution en 2004 de son deuxième roman, La Horde du contrevent (La Volte), Grand Prix de l'Imaginaire. Il explique sa prédilection pour les récits polyphoniques, et pour le travail physique, physiologique de la langue, par un besoin vital d'habiter plusieurs corps, et de se laisser lui-même habiter. Après la réédition par la Volte en 2007 de La Zone du Dehors (Cylibris, 2001), récit d'anticipation inspiré par Michel Foucault, il s'est lancé dans la création d'un ambitieux jeu vidéo et prépare actuellement son troisième roman.

Amplement salué par la critique, dévoré par le public, Alain damasio construit une œuvre rare, sans équivalent dans les littératures de l'imaginaire. Bienvenue au cœur d'un cyclone !

La Horde du Contrevent a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire 2006 et le prix Imaginales des Lycéens 2006. La Zone du Dehors a reçu le Prix Européen Utopiales 2007.

Voici l'interview publiée dans Le Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2012).

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10 mai 2012

Yannick Noah : interview pour "hommage"

Troisième rencontre avec la personnalité préférée des Français (la première, en 1997, ici, la seconde, en 2010, ).

C’était le 3 avril dernier dans une chambre de l’Hôtel de Sers, à l’occasion de la sortie de son album Hommage à Bob Marley…

Si je ne suis pas fan de son œuvre musicale, j’apprécie toujours les interviews qu’il m’accorde.

Voici le fruit de ce moment passé avec Yannick Noah… pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2012).

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A l'issue de l'interview... le 3 avril 2012.

09 mai 2012

Gaspard Proust : interview pour la sortie DVD de "L'amour dure trois ans"

Gaspard Proust est mon humoriste préféré. Il est cinglant, féroce, décapant, cru, une mauvaise foi jubilatoire. Un fils de bonne famille qui débite des horreurs sans ciller. Pas un mot plus haut que l'autre. Aucun effet théâtral.

Je suis fan.

Pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2012) qui sort aujourd’hui, je l’ai interviewé à l’occasion de la sortie en DVD du film L’amour dure trois ans. Avant de commencer notre conversation, je lui ai demandé d’abandonner son second degré pour le bien de mon article. Il a accepté.

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L’AMOUR DURE TROIS ANS : BANDE-ANNONCE Full HD... par baryla

04 avril 2012

Bref, j'ai interviewé le mec de Bref !

kyan khojandi,bref,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorOrganiser une vraie rencontre n’a pas été possible. Je le regrette, mais des délais de bouclage ont eu raison de l’emploi du temps de Kyan Khojandi (ou vice versa).

À l’occasion de la sortie en DVD des 40 premiers épisodes de Bref, j’ai donc interrogé par téléphone  le jeune comédien et auteur de la série de Canal+ pour Le Magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois d'avril 2012.

Je n’aime pas les interviews téléphoniques, je l’ai déjà expliqué plusieurs fois. On n’obtient pas la même chose qu’en face à face. Je ne peux appliquer ma méthode d’interview. Ce sont des questions plus banales. On ne peut pas passer par des chemins de traverse et je n’aime pas ça.

Et ne pas voir les yeux des gens, leur sourire quand on leur parle… j’ai du mal. Cela étant Kyan Khojandi a été disponible, très sympathique et d'une rare humilité. J'ai juste l'impression d'être passé à côté.

Bref, je n’ai pas fait l’interview idéale du mec de Bref.

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Bref, j'ai visionné le DVD de Bref.

 

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

03 avril 2012

Laetitia Chazel : interview pour son livre "Dégoût"

laetitia chazel,dégoût,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandor Laetitia Chazel sort son premier roman, Le dégoût. Il vient de recevoir le Prix du roman du mois des Espaces culturels Leclerc et Télé 7 Jours. L’occasion pour moi de découvrir ce livre particulièrement prenant et sulfureux mettant en scène un "renifleur du mal". J'ai beaucoup aimé son écriture à la fois singulière et fédératrice. Du coup, je l’ai interviewé pour Le magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois d’avril 2012 (en magasin depuis hier). C'était sa toute première interview, mais elle ne m'a pas semblé impressionnée... elle était même plutôt à l'aise. Il y a une forte probabilité qu'on assiste là à la naissance d'une auteure à succès. Je le sens ainsi. Nous verrons bien. Quoi qu'il en soit, voici la substantifique moelle de notre entretien.

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Edit : Un an plus tard, le 24 avril 2013, Laetitia Chazel est venue à l'agence m'offrir le vin de la propre cuvée qu'elle commercialise. (http://www.midilibre.fr/2012/08/14/laetitia-chazel-de-ret...). Merci à elle!

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10 mars 2012

Harold Cobert : interview pour "Dieu surfe au Pays Basque"

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Deuxième mandorisation de l’écrivain Harold Cobert (la première, ici). Son nouveau livre, Dieu surfe au Pays Basque est un témoignage inédit, émouvant, parfois même drôle sur la perte d’un enfant dans le ventre de sa maman. Ici, le point de vue du papa, un peu paumé, un peu écœuré par les injustices de la vie, mais finalement découvrant une force intérieure insoupçonnée. Il devient fort pour lui, fort pour sa femme et fort pour l’enfant perdu. Harold Cobert fait d'un sujet considéré comme tabou, la fausse couche, de la très belle littérature.

Le 29 février dernier, je l’ai donc invité à m’en parler pour Addiction, le mag (daté du mois de mars 2012). Ensuite, vous pourrez lire la suite de notre conversation.

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Suite de la confession sur canapé:

As-tu  écrit d’une traite chaque période ?

Non, je les ai écrites en alternance. Ce livre a été conçu, de la première à la dernière phrase dans l’ordre. Comme le lecteur, j’avais moi aussi besoin de respirer un peu.

Comment as-tu affronté les évènements ?

On affronte tous les évènements avec les armes qu’on a. C'est-à-dire pas grand-chose, mais, ma femme et moi, on a réussi à dépasser ces événements parce qu’aujourd’hui, on a retrouvé quelque chose de léger. C’est important de retrouver la grâce du début. Ce qui est très dangereux quand tu passes par ce genre d’évènement, c’est que la sexualité se retrouve plombée d’un drame. Il faut retrouver une sexualité légère, indexée sur le plaisir et pas sur l’envie d’avoir un enfant. Il faut désacraliser cet « endroit », sinon c’est foutu après. Il faut renouer avec une « bêtise » très adolescente.

harold cobert,dieu surfe au pays basque,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorAvec la promo de ce livre, comme nous le faisons là, tu vas te replonger dans ces évènements. Tu n’as pas peur d’ouvrir de nouveau des cicatrices ?

Non, tu sais, ça m’apparaît presque comme un cauchemar qui n’a pas existé. Je crois que l’esprit est assez bien fait. Il y a une sorte de résilience. Moi, ça m’a posé quelques soucis très personnels, mais j’ai travaillé dessus avec les professionnels qu’il faut, je suis donc très apaisé par rapport à tout ça. Ce narrateur excessif et vitupérant me semble rigolo à voir de loin. De plus, entre-temps, je suis devenu père aussi. Ça clôt tout un chapitre. C’est une autre histoire qui a commencé.

Il ya des scènes ou tu ne nous épargnes rien de l’aspect sanguinolent des choses, notamment un avant curetage. C’est à la fois pudique et impudique.

Si tu prends un sujet comme ça, soit tu le traites frontalement, soit ce n’est pas la peine d’y aller. Les hommes ne veulent pas voir certaines choses, notamment que les femmes saignent, ils ne veulent pas voir la tuyauterie interne, l’arrière-plan… quand tu es confronté à ça, il faut comprendre l’aspect biologique et animal des choses.

Ta femme, comment vit-elle ce roman ?

Elle l’a lu en 2009, quand je venais de le terminer. Elle ne l’a pas relu depuis. Elle m’a juste demandé d’enlever deux choses qui ne l’impliquaient pas elle, mais d’autres personnes. Tu sais, ma femme n’est pas très expansive. Quand elle est aux anges, elle dit « je suis contente » et quand elle est furieuse, elle dit  « je suis furieuse ». Elle, ce livre, ça ne la dérange pas. On est tous les deux d’accord que si on me demande si c’est autobiographique, je réponds oui, si on ne me demande pas, je n’en parle pas. Je ne vais pas biaiser non plus.

Elle l’a pris comme un message d’amour ?

Elle est trop pudique pour me le dire.

Tu cites Oscar Wilde qui dit : « Il ne faut pas voir des signes partout, ça rend la vie insupportable » et pourtant, tu en as vu plein.

Au-delà de ce que je raconte dans le livre. Ça va encore plus loin. Le livre sort le 8 mars, ce n’était pas du tout calculé. Le 8 mars, c’est la Saint Jean de Dieu. La boucle est bouclée.

Tu es dans quelle disposition vis-à-vis de Dieu aujourd’hui ?

J’oscille entre l’athéisme, la croyance en passant par l’agnosticisme. Je ne suis jamais fixé. Pour moi, c’est le grand mystère. Vit-on dans un monde relatif ou y a-t-il une vérité absolue ?  On le saura quand on sera mort.

Tu es fier de tes origines basques. Le pire comme le meilleur.

Les Basques sont excessifs, chauvins, ils passent leur temps à dire "font chier tous ces touristes !", mais sans les touristes, ils ne peuvent pas vivre… ce sont des têtes de cons. Mais ils ont la générosité de leur emportement. Quand ils t’aiment, tu peux compter sur eux, comme sur un roc.

Cyrano de Bergerac et d’Artagnan viennent de là.

Les personnages hâbleurs et hauts en couleur, oui, j’aime ça. J’ai été élevé dans le culte de ces personnages-là.

Tes origines t’ont-elles aidé à traverser ses épreuves.

Oui, il y a un côté rugbyman. On va passer à travers la mêlée.

Ce livre est le premier volet d’un triptyque. Ayant pour thème "les rendez-vous manqués".

Effectivement, celui-ci, sur la paternité manquée, le prochain sera sur la filiation manquée.  Comment, sur 3 générations, les pères et les fils se ratent parce qu’ils ne comprennent pas les signes que les uns envoient aux autres. Le troisième sera un volume sur l’amour manqué et plus particulièrement, l’amour que l’on rate quand on a 15 à 18 ans.

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Le 29 février 2012, à "mon" agence, après l'entretien.

07 mars 2012

Prix Landerneau "Découverte" 2012 : Antoine Laurain pour Le chapeau de Mitterrand

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Hier, je vous ai présenté Maylis de Kerangal , Prix Landerneau 2012, pour Tangente vers l’est. Cette année, les libraires des Espaces Culturels Leclerc ont décidé de créer un deuxième Prix : Le Prix Landerneau « découverte ». Le premier lauréat est Antoine Laurain pour Le chapeau de Mitterrand. Je suis très content, car je suis la carrière de cet auteur depuis un moment (1ere mandorisation (radiophonique) du monsieur ici).

Avant que l’auteur se rende à la soirée des remises de Prix, le 16 février dernier, il a fait un petit crochet par « mon » agence afin de répondre à quelques questions pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mars 2012).

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DSC03205.JPGPetit complément:

Aujourd’hui, vous portez vous aussi un chapeau. C’est un sujet qui vous touche plus qu’on pourrait l’imaginer…

Il y a quelques années de cela, j’ai oublié mon chapeau dans un café. Quand je suis revenu le lendemain, il n’y était plus. J’ai été très perturbé et intrigué. Au moment où je le cherchais, quelqu’un le portait certainement quelque part dans la ville. C’est peut-être le point de départ de ce livre… un chapeau, c’est vraiment très personnel et c’est une affaire à laquelle on tient.

Je ne prétends pas que ce livre est fou, mais enfin... êtes-vous déjà allé voir un psy, comme l’un de vos héros ?

Non, je ne préfère pas démonter l’horloge… je ne suis pas sûr de savoir la remonter après.

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06 mars 2012

Prix Landerneau Roman 2012 : Maylis de Kerangal pour Tangente vers l'est

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Le 17 février dernier, je me suis rendu chez Gallimard à la rencontre de Maylis de Kerangal. On m’installe dans le bureau de Gaston Gallimard. Mazette ! Je n’ose imaginer ce qui a pu se passer dans cette pièce. L’auteur(e) arrive un peu en retard. Je patiente en regardant le jardin, puis la bibliothèque, puis le jardin, puis mes chaussures, puis la bibliothèque, puis le jardin, puis je vérifie mon matériel, puis je relie mes fiches, puis je regarde le jardin, puis la porte s’ouvre. Le sourire de Maylis de Kerangal me fait oublier le temps passé à regarder le jardin, la bibliothèque, mes chaussures, mes fiches et mon matériel…

La veille, la jeune femme a reçu le Prix Landerneau (prix décerné par les libraires des Espaces culturels E. Leclerc) pour son livre Tangente vers l’est. Je suis d’ailleurs là pour évoquer le roman (que j’ai dévoré d’un trait tant je l’ai aimé) et le Prix pour Le journal des magazines des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mars 2012).

Le voici…

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Deux questions bonus:

Pendant votre voyage, vous avez ressenti un sentiment de confinement que vous avez su parfaitement traduire dans votre livre.

Ce sentiment est décuplé par le fait qu’autour, c’est exactement l’inverse. Les espaces sont symétriquement opposés. Nous, on est dans un espace confiné, bruyant, saturé d’auteurs, de chaleur et de présence. Dehors, c’est l’inverse. C’est illimité et extrêmement silencieux. J’ai été prise de vertige devant ce paysage aussi immense, monotone et complètement enivrant. Ce n’est pas à la mesure de l’homme, c’est démesuré.

C’est quoi l’intérêt pour un écrivain d’aller sur place, au fond ?

Je ne sais pas. Je me demande si l’expérience sensible, l’expérience physique auxquelles je suis attachée, c'est-à-dire de la manière dont le corps fixe les émotions, peut faire littérature ou non. C’est une question qui peut trouver une forme de réponse dans ce livre-là… en fonction de cette plongée dans le transsibérien.

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Demain, mon invité sera le Prix Landerneau Découvertes...  Antoine Laurain pour son roman Le chapeau de Mitterrand.

25 février 2012

Dominique Eddé : grand entretien pour Kamal Jann

dominique-edde.jpgObtenir un entretien avec Dominique Eddé a été compliqué à organiser. Elle donne des interviews avec parcimonie. J'ai tant aimé son Kamal Jann que je n'ai pas lâché le morceau. Et voilà... une heure d'entretien avec/chez elle le 18 janvier dernier. Je peux affirmer qu’il s’agit-là d’une de mes plus belles rencontres littéraires de ces deux dernières années. Ce livre a été un vrai électrochoc pour moi. Merci donc à Dominique Eddé de la confiance qu’elle m’a accordée.

Une partie du fruit de cet entretien à été publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de février 2012).

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Voici la suite de cet entretien en exclusivité pour  Les chroniques de Mandor .

401174_10150503778184958_169071404957_8824627_972394037_n.jpgÇa fait 40 ans que vous suivez le fonctionnement des pays arabes, est-ce que l’on suit tout de même facilement ce qu’il s’y passe ?

Facilement, non. Tenir tous les fils, prendre en compte toutes les contradictions, demande d’autant plus d’effort que la spirale de la manipulation est sans fin dans cette partie du monde.

Parce que tout est compliqué, n’avez-vous pas eu peur de perdre quelques lecteurs en route ?

Je  ne crois pas qu’on rende service au lecteur en l’ayant à l’esprit quand on écrit un roman. Ce qui me paraît essentiel, c’est d’être au plus près des personnages, de se concentrer sur ce dont ils ont besoin pour vivre. Ce qui me souciait c’était de trouver une forme compatible avec la décomposition du monde auquel j’avais à faire. On respecte mieux le lecteur en allant jusqu’au bout de ce travail d’écriture, qu’en cherchant à le séduire.

Un de vos personnages, Anton, tape sur Google pour en savoir plus sur sa famille qu’il ne connait pas. Il tombe sur la situation dans cette partie-là du monde. « Il ne veut pas lire, il veut savoir. Tout savoir en même temps. Le Liban, la Syrie, Israël, la Palestine. Il cherche à fuir par tous les moyens. À fuir la géographie, le tourisme, les guerres, les noms des villes, des villages, l’histoire, l’économie. Tout est trop long, trop compliqué. » Ce passage rassure le lecteur… parce que personnellement, je n’ai pas tout assimilé.

Je comprends ce que vous dites. J’ai eu la tentation de supprimer ou de raccourcir ce passage et c’est mon éditrice, à qui je dois beaucoup, Claire Delannoy, qui m’a dit à peu près la même chose que vous. « Ce passage donne aux lecteurs un peu de la familiarité dont il a besoin dans un univers qui lui est étranger ». Je l’ai écoutée.

Vous avez dit: « C’est peu dire que j’ai été troublée d’en découvrir, après coup, le caractère prémonitoire. »

Je me demande si « le caractère prémonitoire » de ce roman ne tient pas essentiellement au fait que j’ai choisi de m’attaquer au noyau de la décomposition plutôt que d’improviser des issues et des remèdes artificiels. Dès la première page, je me suis mise en état de sentir et d’imaginer, en dehors de toute quête d’idéal. Les Jann et leur monde sont à bout de force, piégés par leur passé. Ils ne peuvent plus continuer à faire « comme avant ».  De telle sorte qu’on assiste, séquence après séquence, à la fin inéluctable d’un cycle tout en sachant que la pieuvre politique - régionale et internationale - reste à l’œuvre. Quand on voit ce qui se passe en Syrie aujourd’hui - l’horreur endurée par le peuple, d’un côté, l’impotence des puissances à la stopper de l’autre, on retrouve en effet la figure - omniprésente dans Kamal Jann - des alliances et mésalliances morbides qui entretiennent le marécage de la réalité. Dans ce contexte la crise de Kamal anticipe, au plan individuel, la crise collective qui n’allait pas tarder à se manifester. À ceci près que son cri, son  «ça suffit, c’est fini tout ça » s’adresse autant à lui-même qu’aux autres.  La scène se passe en octobre 2010, le mois où je termine le livre, quelques semaines avant que les tunisiens demandent au pouvoir de dégager. Il est vrai que j’ai été troublée de voir à quel point la vision de Kamal Jann a rencontré l’histoire.

Ce livre colle de très près à l’actualité de la situation en Syrie. Vous continuez au jour le jour à suivre les événements de près ?

Forcément. Avec une admiration sans bornes pour le courage des insurgés et une peine immense. Et toujours ce sentiment d’impuissance assorti d’une grande inquiétude pour l’avenir.

Ce thriller politique ne nous épargne rien des guerres intestines, des trahisons et des violences du genre. C’est inimaginable pour un Occidental de regarder cette mise en scène d’un monde rongé, déformé par des décennies d’abus, de répression, d’impunité. Le terme de thriller vous convient-il ?

Le livre vit sa vie. Je ne l’ai pas écrit comme un thriller, mais je suis frappée du fait que le mot revient dans les comptes-rendus. Ce qui fait un bon livre – thriller ou pas – c’est son écriture, son rythme, son architecture. J’ai envie de croire qu’en lisant ce roman comme un thriller le lecteur me signifie que j’ai tenu le bon rythme. D’autres critiques font référence à Dostoievski ou à la tragédie grecque, d’autres à l’écriture cinématographique. Dans l’ensemble, les lecteurs arabes rient davantage que les français. La part comique du livre  relève probablement d’une forme d’humour plus familière à ceux qui vivent la dérision comme un état quasi permanent. En rire, ne leur fait pas peur. Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’idée que ce roman est une construction à multiples entrées, à multiples étages.

À un moment, il y a un dialogue :

-Mourad Jann est lié à une branche dure des Frères musulmans.

-Les Frères musulmans ne sont pas des terroristes.

-N’en faisons pas une question de vocabulaire.

L’importance du vocabulaire est primordiale quand on évoque le monde arabe?

L’importance du vocabulaire s’applique à toutes les situations. Disons que, dans ce domaine, le monde arabe a fait l’expérience et les frais d’un degré de confusion maximal. Dès que l’on dit, par exemple, les musulmans, les chrétiens, les islamistes, les arabes, les palestiniens, les israéliens, on est déjà à côté de la plaque. Chacune des catégories que je viens de citer est faite de un + un + un… Le luxe d’un roman, c’est entrer dans les vies une par une. Alors bien sûr, il y a des archétypes. Mourad Jann est un archetype d’islamiste prêt à tuer et à se tuer. Mais l’accès à cette part commune passe par le récit de la singularité.

Vous vous mettez dans la tête de Mourad qui doit se faire sauter dans quelques jours. C’est la première fois que je lis une explication de ce qu’il se passe dans la tête d’un kamikaze.

Mourad est privé de vie. Il est dans une solitude sans pitié et sans complaisance. Il n’essaye pas de connaître l’autre ou plutôt il n’en a pas les moyens. Il fait peur parce qu’il n’a pas peur. Il est froid, rempli de courage et de haine. Son frère Kamal en parle bien quand il dit : « on l’a laissé seul avec Dieu ».

Vous êtes une intellectuelle engagée, quand on écrit un livre comme celui-ci, on n’a pas envie de donner son opinion ?

Comme je viens de vous le dire au sujet de Mourad, ce qui m’intéresse c’est d’essayer de comprendre comment ça marche, comment ça ne marche pas. L’opinion n’est pas la meilleure amie de la pensée.

Est-ce que l’on peut considérer que ce livre est la synthèse de toutes ses années à étudier ce monde arabe.

Le mot de synthèse est très approprié. Kamal Jann est sans doute le plus ambitieux de mes romans,  le plus chargé. Il ne traite pas seulement avec beaucoup de personnages et de lieux mais aussi avec plusieurs temps. Des temps courts, rapides, minutés d’un côté et un temps long, très ancien de l’autre, qui est  celui de cette région, de la Syrie en  particulier, et qui résiste à la vitesse. Il y a plusieurs folies chez les Jann et chacune de ces folies a quelque chose à voir avec le heurt et le déréglement de ces deux temps. Travailler à relier les folies individuelles et la folie du monde, m’a demandé en effet un gros effort de synthèse.

Vous faites dire à un personnage : « Tu connais un spécialiste du monde arabe qui ne rêve pas d’être né dans un monde sans Arabes ? » Et vous ?

Je crois que bien des arabes vous diraient, comme moi, que durant ces cinquante dernières années le monde arabe leur a beaucoup coûté. Mais dans cette phrase le « spécialiste » est plus visé que « le monde arabe ».

Ce livre est un peu le livre de votre vie. Est-ce que cela pose un problème pour la suite ?3851305694.jpg

Ayant eu à traiter, dans ce roman, avec un monde sans pitié, j’ai gagné en liberté parce que je n’ai pas reculé. Alors pour la suite, le mieux que je puisse faire, quels que soient le sujet ou la forme, c’est de continuer à ne pas reculer. Autrement dit : me laisser surprendre. Et si tout va bien, surprendre en retour.

Vous dites beaucoup de choses dans ce livre… n’avez-vous pas peur des conséquences pour vous ?

Ce qui me terrifie, jour après jour, c’est ce que vivent les syriens qui sont sous les bombes et sous la torture.

Récemment, vous avez fait la Une du Monde des livres. Il y a deux pages sur votre ouvrage. Vous êtes flattée ?

Flattée ? Non.  Très agréablement surprise.

09 février 2012

Zebda: interview pour la sortie de l'album Second Tour

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Le 20 janvier dernier, dans un bureau de chez Universal,  j’ai interviewé Magyd Cherfi pour la sortie du nouveau Zebda, Second Tour. (Je l’avais déjà mandorisé en mars 2007 pour la sortie du deuxième album de sa courte carrière solo…).

Voilà le fruit de notre conversation pour Le magazine des espaces culturels Leclerc, daté du mois de février 2012, suivi d'une partie un peu plus personnelle concernant Magyd Cherfi, non publiée. 

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La même interview recyclée pour MusiqueMag... (synergie d'entreprise, quand je te tiens!)

 

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Voici à présent le bonus des chroniques de Mandor. En exclu, Magyd Cherfi revient avec sincérité sur la séparation de Zebda…  j’ai axé la conversation dans ce sens.

Pendant ces 8 ans d’absence avec Zebda, tout le monde était quand même bien occupé. Mouss et Akim ont sorti deux albums, vous aussi !

Mais ce n’était pas une vraie séparation. Je sais que les gens ont pensé que nous nous étions fâchés. C’est juste moi qui avais pété les plombs. L’usure de milliers de concerts, l’usure du collectif.

C’est vous qui étiez à l’origine de l’arrêt ?

Je voulais écrire des pièces de théâtre, des bouquins, je voulais écrire pour d’autres. Puisque toute ma vie n’avait été que du collectif, sportif, associatif, politique, j’ai ressenti le besoin irrépressible de créer seul. Ca a été dur parce que les autres membres du groupe n’avaient pas particulièrement d’aspirations individuelles.

Vous avez eu peur de leur annoncer votre décrochage d’avec Zebda ?

Oui. J’ai eu l’impression de les trahir. On est une famille, on a une histoire à porter. Tu ne peux pas,  pour des délires individuels, dire que tu veux faire un break. C’est ce que j’ai fait. Ca a impliqué tout le monde… je m’en veux encore aujourd’hui.

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(photo: Bernard BENAND)

Quand vous avez sorti vos albums solos, ils ont réagi comment ?

Je les ai cachés au maximum et je ne voulais pas leur avis. Je suis parti du groupe mécontent et j’ai vécu une espèce de plongée dans les abymes. J’avais l’impression que mes disques passaient dans le vide, qu’ils passaient inaperçus, je jouais dans des salles vides. Le premier album n’a rien construit, le deuxième non plus. J’avais la sensation d’un truc étrange ressemblant à une chute infinie. Magyd Cherfi n’a pas attiré grand monde, ma destinée est donc dans Zebda. C’est peut-être mieux ainsi d’ailleurs.

C’est frustrant de n’être considéré que dans le collectif ?

Oui. Franchement, l’ego en prend un coup. Seules, mes chansons sont moins pétillantes.

Politiquement, vous vous situez à gauche, mais pas tous au même niveau.

Certains naviguent ou ont navigué avec l’extrême gauche, certains, comme moi, avec le PS. Il y a dans le groupe les radicaux et les modérés. Akim et Mouss  sont plus radicaux que moi.  Leurs parents étaient communistes, les miens absolument pas politisés. J’ai un peu honte de l’avouer, mais j’ai une mécanique sociale démocrate.

Le titre de l’album, Second Tour,  est sacrément lié à l’actualité !

On est ravi que cet album sorte dans un moment de forte actualité. C’est l’occasion pour nous de dire notre parole. Mais en même temps, on ne peut pas dire que nous ayons organisé la sortie du disque précisément pour 2012. Ca fait 4 ans que l’on a décidé de partir sur cet album. Ce sont 40 textes, 50 musiques, donc nous n’avions aucune idée de quand on allait se dépatouiller de tout ça. Disons que ça s’est bien goupillé.

zebda,second tour,magyd cherfi,interview,leclerc,musiquemagPar rapport à il y a 8 ans, la situation de la France a évolué…

Il y a une amertume qui va prendre de plus en plus de place dans ce que nous racontons. Une désillusion, parce qu’il y a une trentaine d’années, on a pensé que le parti socialiste était la voix/voie divine pour un certain nombre de choses auxquelles nous croyions. Aujourd’hui, on entend parler du droit de vote des immigrés, et puis plus du tout parce que les élections présidentielles arrivent. Arrêtez de vous foutre de notre gueule ! Je me demande jusqu’à quel point il faut divorcer avec la gauche, alors que nous sommes porteurs des valeurs de gauche. On se retrouve philosophiquement dans un no man’s land  avec des idées théoriques et des applications nauséabondes. Avec l’émergence de Motivés, on avait proposé une espèce de troisième voie improbable. Elle était peut-être un peu trop porteuse d’utopie. On ne fait pas les choses qu’avec de l’utopie. Il faut du fric, de l’organisation, des élus volontaires et une dynamique de démocratie. Nous, on promettait la mixité sociale. Evidemment, on a explosé en vol ! Nous, on est allé au bout de la démarche, mais on a fini par s’écraser contre le mur.

Tout ceci a donc été inutile ?

Nous, Zebda, à l’intérieur de Motivés, on est peut-être allé trop loin dans l’élaboration du programme. Le mec qui écoute un disque, pendant 3 minutes, il est dans un idéal imaginaire, un champ de possible infini et sans danger parce que c’est juste une chanson. Dans la politique, si tu t’amuses à ouvrir des champs infinis, tu te fais fracasser.

Pour terminer… c’est quoi Zebda exactement ?

Zebda, c’est une musique populaire, accessible et immédiate à l’oreille avec des textes plus profonds qu’il n’y paraît. Il y a des aigreurs, des colères qui sont cachés quand on gratte un peu les textes. Le tout sur des rythmes qui permettent la digestion de tout ça.