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08 avril 2013

Tonino Benacquista : interview pour Nos gloires secrètes

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(Photo : Le Dauphiné.com)

Interviewer Tonino Benacquista est un quasi-évènement pour un journaliste culturel tant l’auteur sélectionne ses interlocuteurs et livre ses entretiens au compte-goutte. Depuis la fin des années 80, il m’est d’ailleurs passé sous le nez un nombre considérable de fois. Allez savoir pourquoi, cette fois-ci, il a accepté de me recevoir à l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles, Nos Gloires secrètes. Le rendez-vous s’est tenu dans les locaux de sa maison d’édition, Gallimard, le 20 mars dernier.

C’est un Tonino Benacquista prudent et observateur qui m’accueille. Puis, au fur et à mesure de l’interview, il se détend. (Et moi aussi).

Voici l’essentiel de notre conversation pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’avril 2013). Puis un petit plus pour le blog.

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Tonino-Benacquista1.jpgBonus mandorien :

(Suite de la précédente question)

Ça vous travaille ?

Dès que je lis un livre ou le héros est un bon et bien pensant, estampillé gentil, quand on me propose un type qui a tous les défauts avec un certain type de physique, répugnant,  je referme illico le livre. La vie n’est pas ça. Ce n’est pas ça. Ou alors, que l’on se débrouille pour m’y faire croire. L’important, au fond, c’est de proposer un personnage en laissant sa liberté aux lecteurs.

Avez-vous écrit ces 6 nouvelles dans le but d’en faire un recueil  ou existaient-elles avant ?

J’en avais pas mal qui existaient depuis un moment. J’ai un tiroir dans lequel j’ai des textes non publiés. J’ai retravaillé celles qui pouvaient correspondre à cet ouvrage de manière à ce que cela fasse un tout, qu’elles aillent dans un sens précis avec une thématique commune.

Un recueil de nouvelles, ça ne se vend pas aussi bien qu’un roman.

Le succès d’un recueil de nouvelles se fait sur la longueur,  sur un bouche-à-oreille, il faut que ça s’installe un peu, mais il y a un a priori sur la nouvelle en France.

Vous vous l’expliquez ?

Je pense que la France a été considérée comme le pays des Lettres et de la littérature pendant longtemps. Je pense que le vrai truc, la vraie consistance, c’est le roman. Par contre, les Anglo-saxons, les lecteurs d’Amérique du Sud, les Italiens adorent le format court. Ce qui est bizarre, c’est qu’une gloire française comme Maupassant en a écrit beaucoup. Moi, depuis quelques années, les auteurs qui m’ont marqué sont des auteurs de nouvelles.

Comment travaillez-vous ?

D’abord, il faut que je sois absolument sûr de la proposition que je vais faire et qu’elle soit le plus aboutie possible. Je ne me lance pas par hasard sur un récit, si je ne sais pas quelle va être sa structure, quelle va être sa fin précise et ce qu’elle dit aux lecteurs. Je connais presque la fin avant le début. Avant de me lancer dans un récit, je m’interroge pendant très longtemps sur sa légitimité.

Avant de vous rencontrer, j’avais l’image d’un auteur qui n’aime pas donner d’interview… un peu ours.

Parce que déjà, tout est dans le livre. À quoi bon surligner ? Quand je mets deux ans à écrire un roman et qu’on me demande  de résumer en 3 phrases ce pour quoi je l’ai écrit, j’ai l’impression que quelque chose à foiré. Je sais qu’on est dans un monde de communication et que je suis obligé de m’adonner à cet exercice. Et puis, je vais vous dire la vérité, en ce qui me concerne, écrire c’est pour ne pas parler.

Vous donnez extrêmement rarement des interviews et je crois pouvoir dire que pour beaucoup, vous êtes mystérieux.

Moi, j’aime bien les auteurs dont je ne connais pas la tête par exemple. J’aime bien la part de mystère en plus. Si je vois un auteur sur tous les plateaux de télé, ça dépoétise l’œuvre immédiatement. Kundera, par exemple, c’est la perfection. Pas une photo de lui, pas une interview. De temps en temps, il se montre pour faire une communication dans une université. Voilà, ça, c’est la perfection.

Pourquoi vous considérez-vous comme un écrivain récréatif ?

Parce que j’ai fait de la BD, du cinéma, du polar. Je préfère dire que je raconte des histoires, que je suis un conteur.

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Après l'interview, le 20 mars 2013, chez Gallimard.

05 avril 2013

Jacques Higelin : interview pour la sortie de Beau Repaire

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On ne part pas  interviewer Jacques Higelin l’esprit serein et sûr de soi. On a beau avoir de l’expérience et avoir rencontré toutes sortes de personnalités depuis près de trois décennies, le cas Higelin impressionne toujours. Parce qu’on le sait incontrôlable. Il fait ce qu’il veut, va dans tous les sens et s’arrange toujours pour déstabiliser celui ou celle qui est devant lui pour l’interroger.

Le 15 mars dernier, l’artiste n’a pas fait exception à sa règle quand il m’a reçu chez Sony Music pour parler de son nouveau disque Beau Repaire. Mais, pour l’intervieweur chevronné que je suis,  sortir de son « ordinaire » fait du bien. Se faire bousculer aussi.

Maître Higelin m’a demandé d’abandonner mes questions et de le suivre dans son monde. Ce que j’ai fait, tout en tentant de garder un certain cap… j’ai adoré.

Voici le résultat publié dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (dont il fait la couverture, merci à Valérie Archeno pour les photos) daté du mois d’avril 2013. Ensuite, vous lirez le bonus mandorien, pas piqué des hannetons.

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(Photo: Valérie Archeno)

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(Photo: Valérie Archeno)

jacques higelin,beau repaire,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorBonus mandorien:

Vous sentez-vous un survivant? Un peu seul, donc…

Tout le monde est survivant. Depuis la naissance, non ? Tout le monde va mourir un jour, donc tout le monde est survivant. On est tous des survivants de quelque chose. Dans survivant, ça me plait bien parce qu’il y a vivant et il y a au-dessus encore, sur-vivant. C’est mieux que sous-vivant.

Il y a d’ailleurs une chanson qui s’appelle « Seul » dans cet album. Vous avez voulu dire…

Je vous arrête. Ne commencez pas à m’expliquer mes chansons que moi-même, j’ai du mal à expliquer. Je n’ai pas de schéma, je n’ai pas d’idée arrêtée. « Seul », ce n’est pas sur la solitude, c’est sur le plaisir de se promener, au Printemps, dans une forêt.

C’est une chanson aussi sur quelqu’un qui se promène dans les châteaux hantés par les poètes.

Oui. Parfois, quand tu te balades, tu découvres un château en ruines. J’adore m’y promener et imaginer la vie avant. J’aimerais bien que, tout à coup, cela se reconstruise en un éclair et que je me retrouve au milieu de ce château qui fonctionne, avec des reines au balcon ou peut-être un abruti qui voudrait me foutre un coup de hallebarde dans le cul… j’ai du mal à parler. Je n’ai aucune idée pour discuter.

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(Photo: Valérie Archeno)

Voulez-vous que je pose une autre question ?

Non.

Je vais quand même en poser une autre. On va parler de l’enregistrement. J’ai lu dans la biographie envoyée avec l’album qu’en fait, l’enregistrement lui-même s’est déroulé de manière simple, souple, rapidement.

(Regardant la bio). Qui est-ce qui a écrit ça ?

C’est Gilles Verlant.

Je ne savais pas qu’il avait écrit un truc. Pourquoi il décrit l’enregistrement ? Il n’était pas là.

Non, mais il a écrit d’après des propos « de témoins de bonne foi ».

Toute l’histoire est écrite par des témoins de bonne foi, y compris la vie de Jésus Christ par les apôtres. Il y avait quatre apôtres qui ont écrit l’évangile et il n’y en a pas un qui a écrit la même chose. C’est comme quand il y a un meurtre ou un accident dans une rue, il y a autant de versions que de personnes interrogées. Personne ne voit la même chose.

Mais c’est joyeux l’ambiance ?

Très. Il y a des moments joyeux et des moments difficiles. Et il y a des moments de concentration.

Les moments difficiles, c’est quand vous ne trouvez pas la bonne voie ?

Il y a plein de moments qui ne se ressemblent jamais et qui se suivent les uns après les autres. Il y a des jours où il fait beau dehors ou des jours où la nuit a été très froide ou des jours où je n’ai pas trouvé de textes et le matin ça va mieux… c’est toujours une aventure de vivre.

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(Photo: Valérie Archeno)

Vos chansons racontent une histoire ou une vision ?

Ce sont souvent des visions. C’est à moi de les communiquer aux autres, si je veux que ça se passe bien. Pour résumer, parce que vous allez me trouver très embrouillé, mais ce n’est pas le cas. On ne peut pas trop parler de ce qu’on fait quand on est une équipe comme ça. Moi, je ne suis pas journaliste, vous comprenez. Je ne vais pas vous faire un reportage sur ce qu’on a fait. C’est fait. Par contre, si j’en parle avec ceux qui l’ont fait avec moi,  là, on peut se dire des tas de choses, même des choses sans importance parfois. Ce qui m’ennuie un peu, c’est que vous ayez lu ce texte de Verlant avant. Si on parle d’autre chose, on va arriver là où il faut arriver, je vous assure.

Moi, vous savez, dans ma vie professionnelle, j’adore rencontrer les gens. Surtout des gens que j’admire, comme c’est le cas avec vous. Mais, parfois, je sais aussi que je vais les emmerder parce qu’ils n’aiment pas la promo, qu’ils n’aiment pas parler de leurs chansons…

Alors, voilà. Si je peux vous aider en quelque chose que ce soit, c’est qu’il ne faut jamais avoir d’a priori. Je vais vous donner un exemple. Un jour, il était question que Jean-Louis Foulquier me présente Léo Ferré aux Francofolies. On devait diner ensemble. J’avais le cœur qui battait la chamade. Rencontrer Léo Ferré, le truc de fou. Cet homme-là, il m’a complètement bouleversé de puis des années et tout à coup, on me dit « tu vas le rencontrer ». Je suis monté aux toilettes à un moment donné pour pisser et pendant ce temps-là, il s’est assis à la table. On nous avait assis l’un en face de l’autre. Je redescends l’escalier en colimaçon et il a dit en me voyant : « Oh, un prince ! ». À l’époque, j’étais tout maigre, tout fin, j’avais des boucles d’oreilles, des pompes incroyables et un costard très noir et brillant. On se sert la main. J’avais plein de choses à lui dire. Je voulais lui parler de ses textes, lui raconter des anecdotes de moments où je l’avais rencontré de loin. On commence à manger une soupe. Moi, j’étais intimidé et tout d’un coup il dit : « Dégueulasse ». Moi, je croyais qu’il s’était passé quelque chose. C’était Léo Ferré le révolté. Je pensais qu’il avait appris qu’on avait fusillé dans l’après-midi un révolutionnaire, quelque chose de cet ordre-là. Je lui demande ce qui est dégueulasse, il me répond « la soupe ». Tout à coup, la glace était brisée. Tout à coup, j’ai vu l’homme. Il trouve la soupe dégueulasse, parce qu’elle est dégueulasse. C’est juste un être humain.

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Après l'interview, le 15 mars 2013, dans les locaux de Sony Music...

07 mars 2013

Prix Landerneau Découvertes (et Prix Goncourt 2013 du premier roman) : Alexandre Postel pour Un homme effacé

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Hier, je vous présentais Le Prix Landerneau Roman 2013, aujourd’hui, je vous propose de découvrir Le Prix Landerneau 2013 Découvertes. Alexandre Postel pour son livre L’homme effacé. «Le style glacial, imprégné d’un humour distant, évite toute compassion et tout sentimentalisme, restituant très efficacement la solitude effrayante du personnage», fait valoir Gallimard.

Né en 1982, Alexandre Postel enseigne la littérature française à Paris.

Il est venu à l’agence le 18 février dernier pour évoquer ce livre et ce prix. Pas encore habitué aux interviews, je l’ai trouvé un peu timide, mais très sympathique.

Et puis, avant-hier, la nouvelle tombe. Alexandre Postel devient également le lauréat du Prix Goncourt du premier roman 2013 (élu avec sept voix sur dix par l'Académie Goncourt). Nous n’en faisons pas référence dans cette interview publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (datée du mois de mars 2013), car nous ne le savions pas encore.

(C’est ballot).

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Alexande Postel à l'agence le 18 février 2013, après l'interview.

Alexandre Postel - Un homme effacé from Librairie Mollat on Vimeo.

06 mars 2013

Prix Landerneau Roman 2013 : Christian Oster pour En ville

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Je travaille pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc depuis quelques années. Du coup  je rencontre annuellement en févier les deux gagnants des Prix Landerneau « Roman »  (la lauréate 2012 est ici) et « Découvertes » (le lauréat 2012 là).

Commençons aujourd’hui avec le Prix Landerneau 2013 « Roman », en la personne de Christian Oster pour son livre En ville. Après la version publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois de mars 2013, vous lirez un discret bonus…

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Petit bonus mandorien (mais vraiment petit):

Dans En ville, il est aussi question de petites lâchetés quotidiennes.

Je ne veux pas que cela puisse renvoyer à une humanité médiocre. Ces hypocrisies et ces lâchetés, on les pratique tous les jours. On est tous égoïstes et on a tous besoin des autres.

Votre livre est parfois drôle.

Je ne suis jamais à la recherche de situation de drôlerie, je suis à la recherche d’écriture de roman et d’une trajectoire de personnage, après j’écris. Au fil des lignes, de temps en temps surgit une situation un peu rocambolesque.

Vous avez peur de la mort ?

Oui, ça me fait peur. J’essaie de me consoler avec diverses idées traitées çà et là que des gens plus avisés que moi ont déjà étudiées. Une des récentes consolations que je me suis trouvée c’était de me dire qu’en fait, la mort, on en vient. Je suis malheureusement trop matérialiste pour croire en la réincarnation par exemple.

Autre nouveauté dans ce roman, il n’y a pas de paragraphe.

Oui, c’est la première fois. Ma femme, Véronique Bizot, est écrivain. Elle écrit comme ça. Je la lis et je l’apprécie beaucoup… elle est devenue une influence. Cette influence rencontrait enfin mon projet littéraire. En fait, je voulais un roman où je me laissais toute la place pour le soliloque. Je voulais une liberté absolue de partir là où j’avais envie de partir sans perdre le fil général.

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Le 18 février 2013 chez Christian Oster.

Christian Oster présente "En ville".

(Parution le 3 janvier 2013 aux éditions de L'Olivier.)

05 février 2013

David Foenkinos : interview pour "Je vais bien"

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David Foenkinos, je le croise pas mal ces derniers temps (voir là et par exemple). Tant mieux, je l’aime bien. Lui, ses livres, sa sensibilité, son amabilité et sa fragilité (plus ou moins cachée). Pour le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de février 2013), Je suis allé chez lui. Quand il m’a accueilli, je l’ai senti tracassé. Il a fini par m’avouer que la veille, il avait enregistré On n’est pas couché jusqu'à tard le soir et qu’il n’avait pas été épargné par les deux chroniqueurs de l’émission. Je vous propose l’interview publié suivi d’un bonus dans lequel il se livre sans langue de bois. Il est rare que David Foenkinos se lâche devant un journaliste. Il m’a paru intéressant de ne pas trop censurer ses propos et de vous le présenter tel qu’il est réellement. Un type bien qui se dépatouille comme il peut avec le succès.

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FOENKINOS-ED-DU-MOTEUR-PREST-FL-0316-BG-Retouche-LOGO1.jpgBonus mandorien:

Pour ton héros, un couple finit en « anesthésie collective »…

En tout cas, il y a quelque chose qui a à voir avec la bienveillance et à la tendresse. On survole les plaies de l’autre avec délicatesse. Cette tendresse aurait pu durer toute leur vie, mais j’ai écrit un livre sur une remise en question, sur une crise. L’homme et la femme se rendent compte que ce n’est pas ça le bonheur et que l’on peut avoir envie d’être plus épanoui.

Ton roman est une fable absurde qui, mine de rien, aborde des questions contemporaines comme la place de l'individu dans le monde de l'entreprise, la solitude face à la maladie, les relations familiales, la crise du milieu de vie...

Ce que j’aime bien dans mon personnage, c’est que le mal de dos va le pousser à réagir. Quand on a une douleur, on est au bord de la folie. Il souffre tellement qu’il dérape un peu. Il prend des décisions nouvelles. Souvent, quand on a mal, on fait beaucoup de conneries. Au moins, dans son cas, ça va lui permettre de dénouer les problèmes, donc son dos.

Ton héros a la quarantaine et fait le bilan de sa vie.

Il a sa crise de milieu de vie. Il l’a matérialise par le corps. On passe tous par une période de remise en question. Lui n’en aurait pas été capable, alors son corps se réveille. Il lui dit : regarde bien ta vie, tu es en train de finir écrasé, tu passes à côté de grandes décisions, tu passes à côté de choses que tu devrais dire aux gens, et quelque part, tu passes à côté de ta propre vie et de ton propre épanouissement. D’une manière ou d’une autre, on est poussé à réagir. On ne peut pas indéfiniment supporter le poids des autres, le poids des suspicions et le poids du monde. Je trouvais une manière comique d’aborder cette crise-là à travers un type qui est plié en deux.

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J’ai relevé quelques phrases de Je vais mieux, j’aimerais que tu les commentes… je veux vérifier que l’auteur est d’accord avec son personnage : « Quand on souffre, il faut organiser quelque chose d’encore plus désagréable, car seul le mal peut divertir le mal ».

Je trouve que c’est une phrase juste, mais je ne ferai jamais un truc comme ça. Quand je parle avec humour des salles d’attente dans lesquelles ça peut soulager de voir quelqu’un qui va moins bien que vous. Voir des gens qui sont dans une situation encore plus périlleuse et plus lourde que la sienne, ça peut permettre de relativiser.

« Au début, dans la vie de couple les choses drôles ne le sont plus au bout d’un moment ».

C’est vrai, c’est triste. Au début, on rit beaucoup des approximations, puis l’intérêt diminue. C’est la tristesse absolue et commune que chacun peut vivre. Je trouve ça hyper agréable aussi la vie de couple avec moins de séduction. Le bonheur du confort, mais pas au sens péjoratif. Dans le sens, on est ensemble, on se comprend, ça doit être bien à vivre…

« Être en vie ne suffit pas à faire de nous un être vivant ».

J’ai vécu la proximité de la mort et de la maladie et je me suis rendu compte qu’être en vie et être vivant étaient deux choses différentes. Souvent on est passager de notre vie…

David-Foenkinos-120834_L.jpg« En cherchant la clarté, je tombais souvent nez à nez avec la confusion ».

Si on va chez le psy, on croit qu’on va éclaircir les choses et puis, plus on avance, plus on est perdu, plus c’est le bordel. La confusion elle est souvent quand on recherche la clarté.

« Je n’étais pas assez politique, pas assez comédien, je n’avais pas le don d’être un autre. Je me sentais en permanence retenu dans une sorte de premier degré, condamné à être moi. »

Honnêtement, je pense que je suis très naturel. Je ne suis pas condamné à être moi parce que j’ai deux personnalités. J’ai une personnalité qu’on connait moins, qui peut être très renfermée, très timide, très introvertie qu’on ne voit pas forcément quand je suis dans une situation sociale. L’agressivité ou la violence, ça modifie beaucoup son caractère. On se protège plus, on peut être plus effrayé. J’étais très cool et bienveillant, maintenant je vais demander qui est la personne qui veut me rencontrer. On se fragilise en fait. Je me suis rendu compte avec le succès qu’on est dans un monde qui n’est pas forcément bienveillant. Du coup, j’ai plus de retenue. Je fais plus attention. J’ai besoin d’être avec des gens avec lesquels je sais qu’il n’y aura pas d’agressivité…

« On n’écrit pas parce que la vie vous laisse du temps libre. Il faut organiser sa vie autour des mots, et non le contraire ».

J’ai mis toute ma vie au service de l’écriture. Tu sais, je fais souvent des signatures, des gens viennent me voir et me disent « moi aussi j’écris, mais je n’ai pas le temps… ». Je pense que quand on est obsédé par l’écriture, on trouve le temps et ce n’est pas parce qu’une personne a subitement du temps dans sa vie qu’elle va se dire qu’elle va se mettre à écrire. Quand on la nécessité d’écrire, on dégage du temps, quitte à faire des sacrifices.

Tu as beaucoup de succès… ça a changé quoi pour toi ?

Le succès, les lecteurs, ça ne change rien à ta vie quotidienne. Tout le monde ne se rend pas compte qu’être exposé, ça peut être déstabilisant. Les gens pensent que parce qu’on est connu, parce que ça marche pour toi, c’est toujours cool. Non, parfois, on peut être abimé, fragilisé et même parfois dépressif. Je ne suis pas quelqu’un qui partage trop mes états d’âme d’habitude. La période de promotion, je n’en raffole pas. Ce qu’on fait là, ce n’est pas pareil, on discute, je te connais, j’ai confiance…

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(Photo tirée du blog de Sophielit)

C’est l’émission de Ruquier que tu as enregistré hier soir qui t’a mis dans cet état un peu... fragilisé ?

Tu sais, tu passes devant deux millions de personnes et tu es jugé par deux personnes qui sont payées pour dire du mal.

Tu regrettes d’avoir fait l’émission ?

Non, je ne regrette pas. Je l’avais refusé déjà trois fois. Je connais la télévision, je savais à l’avance ce qu’ils allaient dire et ce qui allait se passer. Je n’ai donc aucun regret parce que je l’ai fait en conscience. Et puis, je dois dire que Laurent Ruquier était cool et était plutôt de mon côté.  

Tu as une côte de sympathie énorme de la part de tes lecteurs. Tu le sens ?111213.33-foenkinos3copie.jpg

Les gens qui viennent me voir, oui, je le sens. Ça me fait plaisir, parce que je me nourris de ça aussi. Quand tu fais quelque chose d’artistique, quand tu crées quelque chose, c’est un échange.

Tu as besoin d’amour ?

Je ne comble pas quelque chose, en fait, si c’est ça ta question. Je n’étais pas malheureux quand je marchais moins. J’aime avoir l’affection du public, mais il m’arrive de vouloir de nouveau la carte. Que le milieu dans lequel tu évolues te respecte plus. J’étais tellement aimé de la presse avant de fonctionner, j’étais favori du Goncourt, j’étais sur toute les listes… cette mutation est étonnante et je la vis moyennement bien.

Tu as été tant égratigné que ça ?

Oui, je l’ai beaucoup été. C’est normal, j’étais numéro un des ventes, je faisais un premier film avec Tautou, les gens ont pété un plomb avec moi. Mais de haine… tu ne peux pas savoir.

On peut parler du film sur lequel tu travailles ? C’est un peu top secret pour le moment ?

Oui un peu.

C’est tiré d’un de tes romans ?

Non. Ce que je peux te dire c’est que c’est l’adaptation d’un livre inédit de Françoise Sagan. D’un livre inachevé, même.

Inachevé ?

Oui, j’ai écrit la fin. Je peux déjà te donner les titres de certains journaux : « Foenkinos achève Sagan ».

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Le 11 janvier 2013, chez David Foenkinos après l'interview...

04 février 2013

Rose : interview pour "Et puis juin"

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Rose fait la une du Magazine des Espaces Culturels Leclerc de ce mois (comme vous l’avez remarqué). Je suis donc allé lui poser quelques questions sur son troisième album, Et puis juin. Ce que j’aime chez Rose c’est qu’elle n’a aucun frein dans ses propos (du coup, l'entretien n'est pas lisse), alors comme l’interview « officielle » doit tenir sur un certain nombre de signes, je vous propose un bonus mandorien…

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831_10151153307420642_120337207_n.jpgLe bonus de Mandor :

Sur votre blog, vous vous dévoilez beaucoup.

J’ai du mal à rester discrète. Même dans les interviews, il faut souvent que je fasse gaffe. Je me complais facilement à balancer des choses sur moi, sur ma vie et je pense parfois que ce n’est pas utile d’aller aussi loin. Mais mon blog, je l’ai créé pour pouvoir dire tout ce que je voulais dire, sans me censurer. Certains sont étonnés que je raconte par exemple que pafois, les dimanches, je peux m’ennuyer avec mon enfant à Paris. Tout à coup, beaucoup de mamans me tombent dessus en me disant merci. On s’emmerde toutes au bac à sable. Moi, j’aimerais bien que des artistes que j’aime fassent des blogs comme le mien.Sincère.

En tant qu’homme, en écoutant les paroles de vos chansons, je me suis dit que ça ne devait pas être facile de vivre avec vous. Ça peut faire peur aux hommes.

Ça tombe bien, je ne leur propose pas de vivre avec moi (rires). Mais, c’est ça. Quand même, je cite mon mec qui dit que « c’est pas la joie tous les jours » et qu’avec moi, « il faut aimer vivre le cœur lourd ». Aujourd’hui, nous les femmes, on est dure à vivre, parce qu’on veut tout, mais j’avoue, qu’autour de moi, mes copines ne m’arrivent pas à la cheville en chiantise. C’est déjà difficile pour moi de vivre avec moi-même, alors pour un homme… Il faut me supporter et j’ai l’impression que je ne m’améliore pas quoi.

Le clip de "Et puis juin".

Sur votre blog, vous dites par exemple : « J'avais un fils, mais j'étais pourtant toujours cette fille qui cherchait l'approbation dans les yeux d'une mère. J'étais femme, mais tellement petite face à cette immensité qui me tombait dessus ».

Parfois, j’ai l’impression que je manque à mes devoirs vis-à-vis de ma mère et de mes parents. J’ai l’impression de trop donner en dessous à la hiérarchie et d’être "une mauvaise fille", comme le nom du roman de Justine Lévy.

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(Photo : Yann Orhan)

Chanter, c’est aussi pour impressionner ses parents ?

Psychologiquement, tout est lié, c’est sûr. Moi, je n’ai jamais su quoi faire de ma vie. Mon père a toujours dit : « mais elle, c’est une artiste ». Lui, il a toujours cru en ce fait. Un jour, il y a 15 ans, il m’a ramené un disque en me disant : « Regarde, elle t’a volé ton nom ». C’était Keren Ann. Je m’appelle Keren et ma sœur s’appelle Anna, il m’a dit: "c’est comme ça que tu aurais dû t’appeler : Keren Ann". J’ai écouté le disque de cette chanteuse et je l’ai trouvé formidable. Je suis devenu fan d’elle. Mon père, quelque part, il m’a porté jusque-là et j’ai fait de lui un homme heureux. Quand je ne chante plus, que je ne suis plus dans les médias, il est triste. Je lui manque. Ca fille ne lui manque pas, mais Rose lui manque.

Pour des parents, ce doit être bizarre de découvrir leur fille à travers des textes de chansons…

Quand mon père a entendu, « Je me manque », il a pleuré en se disant : « ce n’est pas possible, nous on ne voit pas, mais c’est ça que notre fille a dans sa tête ? ».

Vous écrivez pour d’autres artistes…

J’ai fait des chansons pour Jenifer, Amandine Bougeois, Pierre Guimard… là, je travaille avec des chanteurs de The Voice. J’espère que ça va se savoir que je peux faire des textes rapidement et bien. Zazie, par exemple, elle a la carrière que je rêverais d’avoir. Pour elle, elle a fait des chansons les plus tubesques qui soient sans aucune faute de goût. Elle a remis Axel Bauer sous les feux des projecteurs grâce à leur duo « A ma place », elle a écrit « Allumez le feu » pour Johnny, avec Obispo « Les meilleurs ennemis »… À chaque fois qu’elle fait une chanson, c’est dans le mille, quoi. Un jour, j’espère arriver à sa cheville.

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(Photo : Yann Orhan)

Vous avez une "fan base" fidèle. Je le vois sur votre profil Facebook.

C’est un peu factice parfois les relations qu’on entretient sur Facebook. Mes proches me disent : « mais arrête, tu crois que tu es en train de prendre de l’amour. On est sur Facebook, merde. Réalise ! ». Malgré tout, quand je mets une chanson à moi ou que je donne des dates de concerts et qu’il y a plein de gens qui viennent commenter, ça me fait très plaisir et je n’ai pas envie de m’en priver. C’est marrant parce que ces gens-là, ils ne se rendent pas compte à quel point je les connais aussi. Comme je suis très curieuse, souvent, je vais voir leur page. Du coup, je connais pas mal de choses de mes fans.

Vous faites attention à ce que vous écrivez sur votre page ?

Oui. Avant, je mettais trop de choses personnelles. Je suis un peu vanneuse aussi. Sur Twitter par exemple, quand je regarde la Nouvelle Star, je tweete beaucoup, je suis capable de dire que je n’aime pas untel ou untel. Il faut que je fasse gaffe, je suis très tweeteuse instinctive.

Parlons de votre collaboration avec I Music-school. Vous faites des Master class de guitare acoustique. On peut apprendre à jouer à la guitare 22 de vos titres, avec des cours très détaillés, et plus de 200 vidéos!

On me l’a proposé, je ne voulais pas. Je n’y croyais pas. Je leur ai dit qu’ils étaient fous. Mais, au fond, je pense que je suis une bonne guitariste. Ce que je sais faire, je le fais bien. J’ai un bon jeu de guitare parce que je joue depuis l’âge de 3 ans… la guitare, c’est un prolongement de moi-même. Bon, j’étais instit et je joue de la guitare, il était finalement logique que j’associe les deux. En fait, les débutants adorent et moi, je me suis éclatée…

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(Après l'interview, le 16 janvier 2013, chez Sony Music)

07 décembre 2012

Patrick Bruel: interview pour "Lequel de nous"

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Nos chemins se sont déjà croisés. Dans les années 90, en Guyane, et pour son précédent album, Des souvenirs devant. Le 12 novembre dernier, je suis allé à sa rencontre dans les locaux de sa boîte de production. C’est un Patrick Bruel avenant qui m’accueille. Très soucieux de savoir ce que je pense de son album. Il m’informe que je suis le deuxième journaliste à l’interviewer pour Lequel de nous, et qu’il est encore très attentif aux réactions et aux ressentis de ceux qu’il rencontre.

Voici le fruit de notre demi-heure passée ensemble pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté des mois de décembre2012/janvier2013).

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Le premier clip tiré de l'album : "Lequel de nous".

198653_411475722241494_698581708_n.jpgPetit bonus:

Est-ce jubilatoire pour un auteur/chanteur qu’une de ces chansons soit comprise d’autant de manière qu’il y a d’auditeurs ?

C’est le but. Le caractère universel des chansons est indispensable. Il faut que quand vous l’écoutez, ça parle et ça évoque des choses à tout le monde. Soit ça représente quelque chose que vous avez vécu, soit ça représente quelque chose que vous regardez avec intérêt. Ca peut passer du premier degré absolu aux compréhensions qui vont dans tous les sens. C’est magique.

Vous réfléchissez à comment vient une chanson, comment arrive l’inspiration qui permet de créer ? 

J’y réfléchis surtout quand ça ne vient pas. Je me suis demandé pourquoi j’ai eu ce trou de 5 ans sans créativité personnelle, sans pouvoir écrire un nouveau texte. Et d’un coup, c’est reparti. Concentration et beaucoup de travail. Il m’a fallu beaucoup de patience pour cet album. Je ne savais pas où j’allais. J’ai eu du mal à trouver les axes, à faire des choix. Quelque part, je pense que tout arrive quand ça doit arriver. Et si je n’ai pas fait ce disque avant, c’est qu’inconsciemment, j’ai tout fait pour ne pas le faire avant. J’ai fait une tournée acoustique qui n’était pas prévue, j’ai fait une pièce de théâtre que je n’ai pas pu refuser (Le prénom), derrière j’ai fait un livre d’entretien avec Claude Askolovitch. D’ailleurs, s’il n’y a pas ce livre, il n’y a pas l’album. Ensuite, j’ai fait le film de la pièce de théâtre. A un moment, à la force de retarder l’échéance, tu te retrouves face au mur et là, tu es obligé de te lancer. Du coup, c’est devenu une priorité… et quand ça devient une priorité, tu te lances complètement Ca a été profond, douloureux et parfois même violent.

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Après l'interview, dans son bureau, le 12 novembre 2012...

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04 décembre 2012

Olivia Ruiz : interview pour Le calme et la tempête

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(Crédit: Jean-Baptiste Mondino)

Quasiment invisible dans la sphère médiatique en 2011, Olivia Ruiz a profité de sa mise en retrait pour voyager et effectuer ses grands débuts au cinéma, dans la comédie Un jour, mon père viendra. En 2012, on a pu la retrouver en musique pour quelques reprises de jazz en big band. Hier (le 3 décembre), la chanteuse a sorti son quatrième album studio, Le calme et la tempête. Olivia Ruiz ôte son voile pudiquement. Elle continue à piquer, mais réussit de plus en plus à nous émouvoir. Pour Le magazine des espaces culturels Leclerc, je suis allé à sa rencontre le 7 novembre dernier, en terrasse d’un bar de Montmartre.

J'étais avec ma fille, car j'étais un peu de garde ce jour-là. Elle a assisté sagement à l’interview (voir photos à la fin de l’interview).

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(Crédit: Jean-Baptiste Mondino)

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(Crédit: Jean-Baptiste Mondino)

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Music video by Olivia Ruiz performing My Lomo & Me (Je Photographie Des Gens Heureux). (C) 2012 Polydor/TF1 Entreprises

Et voici deux photos de ma fille Stella avec Olivia Ruiz (qu'elle appelle "La femme chocolat" à cause du clip de cette chanson qu'elle a beaucoup regardé et apprécié) à l'issue de l'entretien. Merci à Olivia pour la tendresse qu'elle a eue pour elle...

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On se quitte avec une page de pub!

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08 novembre 2012

Francis Cabrel: interview pour Vise le ciel

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(Crédits : Claude Gassian)

Cabrel-Gassian8538.jpgL’exercice était amusant. Interviewer un artiste, Francis Cabrel, sur un même sujet, la sortie du disque Vise le ciel, pour deux journaux différents. Et ne pas publier la même interview. La méthode est simple. Faire un entretien un peu plus long que d’habitude (qui s’est tenu il y a deux mois, le 10 septembre dernier au bar du Park Hyatt Paris) et poser beaucoup de questions. Ensuite, partager la substantifique moelle de l'interview entre les deux magazines de manière à ne léser aucun des deux, tout en gardant une fluidité et une cohérence.

Donc, en lisant les deux interviews, vous saurez tout sur ce disque, n°1 des ventes des disques en France depuis deux semaines consécutives.

Voici pour commencer la version du Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2012).

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Francis Cabrel - Comme une Femme
Extrait de l'EPK
Nouvel album "Vise le Ciel" sortie le 22 octobre 2012

A présent, l’interview pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan. Vous pouvez comparez... aucun doublon.

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Le 10 septembre 2012 au bar du Park Hyatt Paris.

Elie Seimoun : interview pour la sortie DVD et Blu-ray de Tranches de vies

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(crédit : Polo Doury)

Mardi (6 novembre 2012) est sorti en DVD en Blu-ray le nouveau spectacle d’Élie Seimoun, Tranches de vies. C’est à cette occasion que l’humoriste m’a accordé une interview (téléphonique… voir introduction de ma chronique sur Audrey Lamy) pour Le Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2012).

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BA Elie Semoun Tranches de Vie par upvfrance

06 novembre 2012

Françoise Hardy : interview pour L'amour fou (le livre et le disque)

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J’ai été ravi d’apprendre que je devais interviewer Françoise Hardy pour un de mes journaux à l’occasion de la sortie de son 50e anniversaire de carrière. Elle sort un disque et un livre portant le même titre, L’amour fou. Pour obtenir un rendez-vous, il y a eu plusieurs attaché(e)s de presse sur l’affaire. Entre ceux de la maison de disques et ceux de la maison d’édition, ça aurait pu devenir un joyeux bordel, mais non, en fait. J’ai obtenu un rendez-vous assez rapidement. (Merci donc à EMI et à Albin Michel).

Rendez-vous est pris le 10 octobre dernier dans le nouvel appartement de Françoise Hardy. Je dois avouer que je suis arrivé chez elle moyennement rassuré. J’avais entendu dire que la chanteuse (et désormais officiellement écrivain) n’était pas d’un premier abord très sympathique. Qu’elle avait ses têtes.

Je ne m’étendrai pas sur l’accueil (qui fut chaleureux), ni sur les coulisses de cette rencontre. Mais, j’ai été très ému pendant cet entretien. Très. Françoise Hardy est une grande dame.

Voici le fruit de cet entretien pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2012). Il sera suivi de la version longue de l'interview et de différentes chansons filmées en studio tirées de ce disque délicieux, raffiné et très émouvant.

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Voici deux premiers titres tirés de l'album L'amour fou.

"Pourquoi vous?"

"L'amour fou"

Suite de l'interview pour Les chroniques de Mandor...

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J’insiste un peu, je vous l’accorde, mais vous semblez quand même un peu inquiète de la destinée de votre livre.

Pour le disque, je ne m’inquiète pas précisément. Mes meilleurs albums ne se sont jamais vendus. Je considère celui-ci comme mon meilleur, alors j’espère qu’il sera l’exception qui confirme la règle. Je sais quoi en penser parce que je suis dans mon élément. Tandis que je suis très inquiète des réactions pour mon récit. J’ai un peu peur, c’est un récit que je ne voulais pas publier. On m’a un peu forcé la main. Évidemment, je ne me considère pas du tout comme un écrivain. En même temps, j’adore les écrivains, j’adore lire et j’ai un très très grand respect pour l’écriture, donc, évidemment, je me suis donné un mal de chien pour écrire correctement.

Ce livre est-il vraiment entièrement autobiographique ?

C’est nourri de mon vécu, mais il y a aussi beaucoup de subjectivités et de fantasmes. Dans un premier temps, je n’ai pas écrit tout ça pour que cela soit publié. Depuis le succès de mon autobiographie, mon éditeur me presse un peu pour que je poursuive dans une voie littéraire. Il prétend que j’écris bien. J’ai commencé à travailler sur un livre sur la spiritualité, puis j’ai abandonné le projet parce que j’ai réalisé que je n’avais aucune crédibilité pour faire ça, c’est dire s’il me reste encore un peu de lucidité sur moi-même (rires). C’est sacré la spiritualité, il ne faut pas faire n’importe quoi. Bref, mon éditeur qui avait lu un chapitre ou deux de ce récit m’a relancé avec insistance par rapport à ça. Ce qui m’a incité à accepter, c’est l’avis de Jean-Marie Périer, qui est mon premier grand amour, mais qui est mon ami depuis toujours. Il a lu quelques pages et il m’a fortement conseillé de le sortir. Je peux dire même qu’il a été catégorique.

Votre héroïne, vous donc, rencontre des hommes qui sont comme elle. Ils n’arrivent pas à communiquer leurs sentiments.

Par moment, on est tellement empêtré dans ses inhibitions et ses difficultés à communiquer, qu’on en occulte totalement l’éventualité que l’autre puisse être aussi empêtré que vous.

Vous avez peur des réactions des gens après lecture de votre récit ?

Je ne serais pas étonnée d’avoir des critiques très négatives. Je ne suis pas sûre de moi du tout pour ça. Pas du tout du tout. Avant les dernières épreuves, on devient fou parce qu’on relie, on remanie. Jusqu’à la dernière seconde, on trouve encore des choses à améliorer. Tout ça rend fou. Moi, j’ai une indigestion de ce texte, je ne veux plus jamais le lire. Je n’ai plus du tout le recul, donc je ne sais plus du tout si c’est bien, si ce n’est pas bien. Je pense que mon livre n’est pas grand  public. Mon éditeur pense le contraire, mais moi je pense qu’il est fou.

Avant de lire la suite de cette interviews, deux autres titres somptueux...

"Si vous n'aviez rien à me dire"

"Normandia"

Travaillez-vous tout le temps ?

Je n’écris que quand je prépare un album, sinon je lis énormément. Je lis trop.

Oui, votre amour de la littérature se perçoit même dans vos chansons. La chanson « L’amour Fou » est inspirée d’un roman d’Henry James par exemple. C’est la littérature du 19e qui trouve grâce à vous yeux ?

Je n’aime que ça. Les deux écrivains sur lesquels je me suis focalisée depuis 6 ans sont Édith Warton et Henry James. Focalisation totale parce que je les ai lus et je les relis.

Quel est votre rapport à l’objet livre.

Mes livres sont dans des bibliothèques fermées pour les protéger. Ce sont pour moi des objets précieux, même les livres de poche. Ils sont précieux par leur contenu. J’ai relu récemment Adolphe de Benjamin Constant, ça m’a fait autant d’effet que la première fois. Un peu avant, j’ai relu aussi Adrienne Mesurat de Julien Green. Un chef-d’œuvre absolu ! Aujourd’hui, au point où j’en suis, j’ai plus envie de relire des livres que j’ai adorés étant plus jeune plutôt que de découvrir des auteurs actuels. Je ne suis pas intéressée par les auteurs actuels.

Aucun ?

Le dernier qui m’ait intéressé, c’est Houellebecq. Quand j’ai vu la première fois Houellebecq à la télévision, il m’a touché. Il m’a donné le sentiment de percevoir à quel point il avait de la souffrance en lui. C’est pour ça que j’ai eu envie de le lire. Uniquement. Sinon, le seul grand auteur français contemporain, pour moi, c’est Patrick Modiano. Cet ami de très longue date est grand, sous tout rapport. Je ne me lasse pas de sa littérature. Son style a une force d’envoûtement incroyable !

Après ce récit-là, vous songez à en écrire un autre ?

Pas du tout. Je vais vous dire franchement, comme je suis en ce moment, j’ai du mal à me projeter dans l’avenir.

Vous êtes étonnée, parfois, d’être encore là à continuer votre métier de chanteuse ?

Je vais vous raconter une chose. Quand j’ai eu 18 ans, j’ai enregistré mon premier disque, « Tous les garçons et les filles », qui a eu le succès que l’on sait. J’ai signé un contrat de 5 ans avec ma maison de disque. Et je me souvienscomme si c’était hier, de m’être dit : « Mais dans 5 ans, plus personne ne me connaîtra ! ». Finalement, malgré mon parcours en dent de scie, avec des hauts et des bas, je suis encore là.

Si vos derniers albums ne sont pas beaucoup vendus, les critiques étaient dithyrambiques.

J’ai eu la chance d’avoir un bon accueil de la part des médias. La plupart du temps, j’ai eu de bonnes relations avec mes maisons de disque et aussi avec les gens de radio.

Un dernier titre. Peut-être le plus émouvant. Peut-être...

"Rendez-vous dans une autre vie".

Avant de vous rencontrer, je me suis dit que vous deviez en avoir marre de rencontrer des journalistes depuis 50 ans.

Ça ne me dérange pas parce que j’aime bien papoter, j’aime bien les têtes à têtes. L’entrevue ne me dérange pas, je suis plus dérangée quand je lis de ce que l’on fait de mes propos. Là, ça me rend souvent malade.

Je vous assure que moi, je ne déforme jamais les propos des artistes que j’interviewe.

Ah, mais attendez ! Ça ne suffit pas, parce qu’il y a beaucoup de journalistes qui retranscrivent mot à mot et qui ne font absolument pas le travail de transposition qui est nécessaire entre le langage parlé et le langage écrit.

Je vous assure que je fais ce travail, rassurez-vous !

Je vous dis ça parce que la dernière interview que j’ai faite récemment, j’étais consternée par le résultat. Je me suis dit que le prochain journaliste que j’allais voir, je ferais très attention. En fait, j’ai compris, ce n’est pas le cas avec vous, c’est le journaliste lui-même qui part dans tous les sens. Quand il part dans tous les sens, vous ne pouvez pas avoir un discours structuré. Bref, de toute manière, je suis meilleure à l’écrit qu’à l’oral.

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Avec Françoise Hardy, le 10 octobre 2012, chez elle.

05 novembre 2012

Interview : Audrey Lamy pour Dernières avant Végas

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Audrey Lamy est une des comédiennes du moment qui montent. Je l'ai interviewé par téléphone pour Le Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2012), à l'occasion de la sortie du DVD de son spectacle Dernières avant Végas (qui sort le 14 novembre prochain). Donc service minimun pour Mandor. Je tiens à préciser que je ne parviens JAMAIS à obtenir un rendez-vous en tête à tête avec les humoristes. Toujours "overbookés". Les écrivains, les chanteurs, finger in the noise (mes nombreuses années de journaliste dans ces deux milieux doivent compter), les comédiens de "one man show", nada (faut dire, je débute en comique). Un phoner. Du coup, interview banale qui ne met pas autant qu'il le mériterait un artiste en avant. Avec Audrey Lamy, il y avait pourtant à creuser...

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Quelques extraits du DVD...

04 octobre 2012

John Mamann : interview pour son deuxième album

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Voici l’interview que m’a accordée le chanteur auteur-compositeur John Mamann, pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de d'octobre 2012). C’était un beau matin du 13 septembre dernier à l’Hôtel Amour.

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Avec John Mamann, le 13 septembre 2012, à l'hôtel Amour.

03 octobre 2012

Jérôme Ferrari : interview pour Le serment sur la chute de Rome

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« Je n’avais aucune raison de croire que mon roman était très attendu pour cette rentrée, ça a donc été une grande et bonne surprise pour moi de voir ça. Être à Abu Dhabi me permet effectivement d’avoir d’autres préoccupations que la rentrée littéraire. C’est plutôt sain pour ma santé psychologique » me dit Jérôme Ferrari en préambule alors qu’il sait pertinemment que son Sermon sur la chute de Rome est en lice pour le Goncourt et l'Interallié. Vous l’avez compris, l’auteur  m’a accordé cet entretien des Émirats arabes unis (il y habite désormais pour exercer son métier d'enseignant) par téléphone pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’octobre 2012).

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06 septembre 2012

Marc Lavoine : interview pour Je descends du singe

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 Marc Lavoine est un homme que j’apprécie. L’artiste aussi. Mais j’insiste sur la personnalité du Monsieur (avec un grand M). A chaque fois qu’il m’a été donné de le rencontrer, il a toujours été d’une élégance et d’une courtoisie rares. En 30 ans d’interviews, je crois pouvoir affirmer qu’il est le plus sincèrement sympathique, abordable et classe des chanteurs français. Encore une fois, pour cet entretien destiné au Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de spetembre 2012), Marc Lavoine me l’a prouvé.

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Voici le bonus mandorien pour le blog...

marc lavoine,je descends du singe,le magazine des espaces culturels leclerc,interview,mandorLa pochette est très belle. Elle est signée de votre directeur artistique et chef de projet, par ailleurs remarquable écrivain, Arnaud le Guilcher.

Oui, je l’apprécie énormément dans toutes ses activités. J’ai lu En moins bien et Pas mieux. Il est en train d’écrire le 3e. Quand il m’a demandé qui je voulais comme photographe, je lui ai dit que je voulais qu’il fasse la pochette lui-même. Il était déjà très impliqué dans l’écriture du scénario du petit film de 17 minutes et très impliqué à l’écoute des chansons, j’avais envie qu’il aille au bout du travail qu’il avait envie de faire. J’avais aussi conscience des pochettes qu’il avait déjà réalisées. Celle de Bashung ou celle de Gaëtan Roussel. C’est aussi un garçon qui dessine extrêmement bien, bref… il me rend plus intelligent. A chaque fois que je parle avec lui, je ri, je suis intéressé parce qu’il me dit. Il a fait un travail remarquable.

Vous allez bientôt sortir un livre d’art avec Cyrille Putman aux éditions de la Martinière.

Ça fait des années que je travaille sur la photographie, sur des polaroïds. Je me suis pris au jeu, marc lavoine,je descends du singe,le magazine des espaces culturels leclerc,interview,mandorcomme une thérapie. Une sorte de polathérapie qui est devenu une poladépendance. Je me suis laissé prendre au piège par l’appareil photo lui-même. J’ai travaillé pendant 7 ans sur des supports différents. Avec ma femme j’ai rencontré Cyrille, quand on cherchait à acheter un tableau qu’il détenait. Nous avons discuté, il avait déjà écrit son roman Première pression à froid, je connaissais son histoire, je connaissais sa maman Andrée, une des plus grandes designers du monde. Cyrille connait l’histoire de l’art sur le bout du cœur. Il m’avait proposé d’écrire quelque chose sur moi et j’ai décliné. En revanche, je voulais qu’on écrive quelque chose sur nous.  On a commencé à faire un abécédaire, ensuite, on a installé le livre comme une sorte de galerie dans laquelle il y a plusieurs pièces. Cyrille a écrit plusieurs tableaux qui racontent notre histoire et les photos que je fais. Ce livre s’appelle Rendez-vous et sort au mois d’octobre.

marc lavoine,je descends du singe,le magazine des espaces culturels leclerc,interview,mandorAu moment où l’on se parle, vous êtes entre deux scènes du Cœur des hommes 3. Je vous interroge sur votre nouvel album… vous passez de l’un à l’autre facilement ?

Oui, c’est une question de concentration. Évidemment, la musique est quelque chose que je pratique tout le temps, avec une équipe qui est devenue une famille. C’est même une façon de vivre. Le cinéma me permet d’accepter des projets qui correspondent aussi à mes valeurs. Je fais attention autant au scénario qu’à la personne qui va réaliser, que les acteurs qui vont jouer. Le cœur des hommes, c’est une famille depuis longtemps. Ce sont toujours les mêmes techniciens, les mêmes acteurs,  le même metteur en scène, Marc Esposito. J’en suis à 4 films avec lui… c’est comme si j’étais dans une troupe. C’est une continuité, alors ce n’est pas difficile de passer de la chanson au cinéma.

Le point commun entre le cinéma et les disques, c’est que vous travaillez avec les mêmes personnes.

J’ai la chance de ne pas postuler pour tourner dans les films. Ca créé des liens particuliers. Quand j’ai fait le film avec Jean-Louis Trintignant, Fiesta, on est resté en contact après. On se revoit, on se donne des nouvelles, on se donne de l’affection. Si je suis très lié à Marc Esposito, parfois, les familles s’agrandissent. Quand j’ai tourné Liberté avec Tony Gatlif, on s’est aussi revu beaucoup après. Il se trouve que j’ai participé à l’écriture d’un album avec Calogero, Circus. Quand on a discuté avec Calo pour savoir qui était le plus coloré, le plus poétique, le plus sensible pour monter ce projet-là sur scène, j’ai pensé immédiatement à Tony Gatlif. Donc on est relié ensemble par un projet d’écriture et de mise en scène. J’aime beaucoup les projets à long terme, les relations non obligatoires, mais désirées. Comme dans le couple, d’ailleurs. J’aime la famille, les projets, la perspective d’un parcours ensemble. J’aime assez les histoires qui durent.  Je m’attache beaucoup à tout ça, mais ça ne m’empêche pas de rencontrer de nouvelles personnes.

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