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25 juin 2009

Sébastien Fritsch revient sur le lieu du crime...

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C’est bizarre, je me souviens plus comment nous nous sommes connus. Je sais juste que nous lisons nos blogs respectifs depuis des lustres (« lustres » en langage 2.0 est au moins égal à 3 ou 4 ans).

Sébastien Fritsch, je ne l’avais croisé « en vrai » qu’une fois, il y a deux ans, en coup de vent, au Salon du livre de Paris… dans une allée.

 

SFrtisch.jpg-Bonjour, vous êtes Mandor ?

-Oui, à qui ai-je l’honneur ?

(D’ailleurs, je me demande toujours comment on peut me reconnaître, je suis pourtant si discret sur mon blog. Vous trouverez bien une photo ou deux de mois, en cherchant bien, mais pas plus. L’ego surdimensionné, très peu pour moi !)

-A Sébastien Fritsch.

-Ah, bonjour, ça me fait plaisir de vous voir. Moi, c’est Mandor.

-Oui, bonjour, moi, c’est Sébastien Fritsch…

-Ça me fait plaisir de vous voir, j’aime bien ce que vous faites.

-Moi aussi.

-Bon, ben, à bientôt alors…

-Oui, c’est ça, à très vite.

                         

Bref, un premier contact enrichissant.

 

1038001814_2.jpgEt puis, j’ai reçu son deuxième livre Le Sixième Crime.

J’ai adoré.

Mais vraiment.

Je l’ai donc mandorisé par téléphone, quelques jours après lui avoir posé un lapin de chez lapin.

Aujourd’hui encore, j’ai honte.

Je raconte tout ici.

 

Bref, après avoir lu son dernier roman en date, Derrière toute chose exquise, j’ai décidé de lui sortir le grand jeu.

L’inviter dans ma radio.

(Enfin, la radio en elle-même ne m’appartient pas, j’y travaille juste… mais c’est une façon de parler. Non, parce que je ne veux pas qu’on dise « Hé ho, l’autre, il dit qu’il a une radio, alors qu’en fait, il est juste employé et »… euh… bref.)

J’ai demandé à Sébastien Fritsch de venir à Meaux.

Cette ville est d’ailleurs citée plusieurs fois dans son livre.

La gare de Meaux, plus précisément.

Mais, le léger détail, c’est que l’auteur habite à Lyon.

Donc, après une enquête d'investigation poussée sur Mappy.com (je suis journaliste d’investigation, il est hors de question que je ne vérifie pas une information majeure), Lyon n’est pas très proche de Meaux.

 

(Remarquez combien un blog tenu par un journaliste professionnel est d’une tenue intellectuelle irréprochable. Excusez-moi de surligner cette évidence, mais sachez que c’est inné. Je n’y peux rien, la rigueur est comme une deuxième peau.)

 

Bon, j’accélère un peu le rythme parce qu’il est possible que certains d’entre vous commencent à s’impatienter.

 

32074779_p.jpgVoici le pitch de Derrière toute chose exquise (copié collé sans remord sur le site de la maison d’édition de Sébastien Fritsch, Pierregord. Un journaliste consciencieux cite ses sources. Ne me remerciez pas, c’est une règle d’or…) :

 

Jonas Burkel, photographe quadragénaire, mène depuis toujours une vie sans à-coups, sans ambition, sans émotion excessive.
Ses journées ne sont qu’un simple assemblage d’habitudes : le confort de son appartement, ses disques d’Oscar Peterson, ses heures de contemplation ou d’errance solitaire dans les rues de Paris et, surtout, les femmes qui se succèdent, au fil des ans, face à son objectif.
Elles aussi, comme le décor, la musique ou la lumière de ses clichés, le rassurent. Et pour cela, elles se doivent de ne jamais varier : toujours jeunes, grandes, brunes, fragiles, elles sont surtout exceptionnellement belles. Belles comme des anges, pense Jonas.
À la différence que les anges, eux, ne meurent pas.

 

Allez hop ! L’interview :

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 - C’est un livre noir.

(Une phrase, pas plus, pour engager la conversation. Court et efficace, chapeau Mandor !)

 

- Oui, comme le précédent. En même temps, il est teinté d’une petite couleur bleue. C’est à la fois un roman noir et un roman d’amour. J’ai, entre mes personnages, des relations qui sont très approfondies et très sentimentales. On décèle ce romantisme au fil des pages. Même s’il y a des descriptions, une ambiance qui est donnée, il y a tous ces sentiments qui sont étudiés et disséqués, je conduis mes lecteurs de façon à ce qu’ils aient envie de tourner les pages.

 

P1000494.JPG- Tu parles de Meaux et nous sommes à Meaux, c’est fou, non ?

(Il faut impliquer l’invité pour qu’il se sente bien. Le mettre en confiance pour qu’il se dévoile.)

 

- Effectivement, la rencontre entre le photographe quarantenaire, Jonas et la mystérieuse jeune fille fascinée par Oscar Wilde, se déroule à la gare de Meaux. Un matin de février Jonas monte dans le train et il a un coup de foudre. C’est un coup de foudre de plus parce qu’effectivement, il rencontre toujours de très belles femmes. Celle du train de Meaux est très mystérieuse, très absente dans le livre et malgré cette absence, elle s’impose et joue avec Jonas un jeu de séduction  et de frustration qui va bouleverser ses petites habitudes. 

 

- Difficile de ne pas en dire trop.

(Réactivité par rapport à une réponse donnée. Le journaliste doit montrer qu’il s’intéresse au sujet. Et ça tombe bien, car il s’intéresse auP1000510.JPG sujet.)

 

- Comme dans tous romans avec du suspens, il faut pouvoir donner envie de le lire sans trop en dire et sans rentrer trop dans le détail. C'est un exercice difficile que de trouver le juste milieu.

 

-Jonas ne semble pas être bien dans son époque. On a l’impression qu’il l’a subit plutôt qu’il ne la vit.

(Là, le journaliste professionnel analyse le héros et, du coup, impressionne l’invité par une telle puissance de déduction.)

 

-Le roman se situe au début des années 90, mais c’est un homme qui est très attaché au passé, qui n’écoute que des musiques qui ont quelques dizaines d’années et surtout il crée autour de lui une ambiance qui ne doit jamais changer.

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-Il y a un labyrinthe sentimental dans ce roman. L’amour se rapproche de la mort.

(Je reçois un mail qui me dit : Mandor ! Ta gueule !)

 

-Et le labyrinthe dont tu parles est parcouru par toute une galerie de personnages. Jonas et la jeune fille, mais aussi quelques anciennes conquêtes de Jonas qui continuent de prendre une place et dont certaines vont connaître un destin tragique.

 

-C’est ton troisième roman. Tu écris depuis longtemps ?

(Bon OK ! Je ne dis plus rien. Motus…) 

 

-Ça m’a pris tout petit. Quand j’avais une dizaine d’années, déjà j’écrivais. C’est 10 ans plus tard que j’ai pu écrire des projets aboutis qui tenaient debout.

 

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-Tu nous concoctes un nouveau roman en ce moment ?

(… et bouche cousue.)

 

-Oui. Ce ne sera pas un "policier" ni un livre historique. Ce sera une histoire familiale entre Paris, Nancy, d’autres régions et même à l’étranger.

 

-Je sais que tu aimes aller à la rencontre de tes lecteurs.

(Non, parce que ça paralyse le discours, il paraît…)

 

-Oui, j’aime toucher les lecteurs.

(C’est une image les amis. Ne prenez pas tout au premier degré !)

Évidemment, comme je n’écris pas uniquement pour moi, j’apprécie les réactions des gens qui me lisent, discuter avec eux lors des salons du livre, avoir un retour concret de mes écrits.

 

-Tu as déjà un public acquis à ta cause? Des lecteurs fidèles ?

(Ah attendez, je reçois un deuxième mail! « Si tu continues, on file chez Wrath bavasser sur toi ! ». Non, pitié, pas ça !!! J’arrête, j’arrête !)

 

-Il y a des lecteurs qui ont lu tous mes romans et qui me demandent quand le prochain va sortir. Certains me demandent des détails sur les prochaines histoires ou me racontent comment ils ont perçu tel ou tel livre.

 

-Tu as un public plus féminin, je suis certain.

 

-Effectivement, mais c’est parce qu’il y a plus de femmes qui lisent des romans que d’hommes. Peut-être que la touche de romantisme que je distille ici et là les touche plus que le public masculin…

 

-Il y a un style Fritsch, je trouve.

 

-Je le prends comme un compliment. Je préfère que l’on me dise cela plutôt que l’on prétende que mon style ressemble à celui d’untel ou untel. Je ne veux pas être considéré comme un copieur. Je m’applique à avoir mon propre style avec une certaine musicalité, une ambiance, un rythme qui est très important, car il permet d’entraîner le lecteur.

 

-Quels sont tes écrivains préférés ?

 

-Je peux citer pour le mécanisme d’écriture, Agatha Christie, mais mes écrivains préférés sont John Irving, Patrick Modiano, Stefan Sweig, des écrivains très différents. Je dois avoir un amalgame de tout ça qui construit mon style. C’est difficile de se rendre compte.

 

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-Ta plume est alerte, maligne, pleine de chausses trappes, intelligente, mais accessible à tous.

 

-J’espère ne pas être rébarbatif. Il faut écrire en ce faisant plaisir. Je reste accessible sans faire de concessions, sans vouloir simplifier ni mon écriture, ni mon histoire.

 

-Tu t’organises comment pour écrire ?

(Ça va ? Vous êtes là ? Non, parce que j’aimerais bien continuer à vous donner des cours de journalisme littéraire. Je peux ?)

 

-Je suis enseignant, donc théoriquement, ça me laisse du temps libre, mais comme c’est ma première année, ça me prend beaucoup de temps pour préparer mes cours. À côté de ça, j’ai une famille nombreuse et il faut aussi que je m’en occupe. C’est donc trois pôles de ma vie que je tente de concilier pour pouvoir écrire.

 

-La première version de Derrière toute chose exquise date de 1992. Tu n’as cessé de la remodeler. 

(Par exemple, on ne tutoie pas l’invité. On exclut le lecteur sinon…)

 

-Pour moi un roman se conçoit sur plusieurs années. Un roman, ce n’est pas juste s’asseoir devant une feuille de papier, c’est concevoir, agencer les différents personnages, caractères, situations…les lieux, après on peut commencer à écrire.

 

-Un écrivain est-il un suceur d’âme ?

(Poser des questions originales, fortes, inédites, troublantes est un point important de ce métier, surtout lorsque c’est pour clore un entretien…)

 

-Oui. On prend autour de nous les différents personnages et caractères que l’on peut observer. En tant qu’écrivain, on n’invente rien. Il faut juste tenter de métamorphoser des ressentis en histoires, de préférence à rebondissements et pas portées sur sa petite personne.

 

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Après ce brillant entretien, j’ai emmené Sébastien Fritsch au Bureau de Meaux (comme je le fais souvent avec les invités qui se déplacent jusqu’à moi). En terrasse. Et nous avons refait le monde, le milieu littéraire et la blogosphère tout en dévorant de bonnes salades meldoises.

Sans aucune médisance, car Sébastien Fritsch n’est pas du genre à jacasser sur son prochain.

Malheureusement…

Merci à lui d’être venu de si loin et d’avoir absolument ben joué le jeu.

(Et je conseille à tous de lire Le 6eme crime et Derrière toute chose exquise. Vous ne le regretterez pas, foi de Mandor !)

(Ici, Sébastien Fritsch raconte son rapide passage à Meaux...)

L'interview diffusée sur 77FM est à écouter ici.

17 juin 2009

Kaoutar Harchi, auteure choc!

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harchi.jpgFrançaise d’origine marocaine, née à Strasbourg, Kaoutar Harchi à 23 ans. L’année dernière, elle s’est installée à Paris pour préparer une thèse sur le poète Kateb Yacine. La jeune fille a des velléités d’écriture depuis toujours… et une envie de raconter une histoire la taraudait. « Tout sauf celle d’un nombril : une histoire de béton. Contre lui, surtout », précise-t-elle.

 

Dans ses références, on peut distinguer : Tassadit Imache, Evgueni Grichkovets, Paul Celan, Abdelhak Serhane, Eugène Guillevic, Malika Mokkedem, Georges Perec, Vasko Popa, Yves Bonnefoy, Frantz Fanon, Heiner Muller, Nabile Farès, James Sacré, Fabrice Melquiot, Kateb Yacine, Maimouna Gueye.

(Je vous avoue humblement que je ne les connais pas tous).

 

La lecture de son premier roman : « Zone Cinglée » (aux éditions Sarbacane) m’a renversé.

Une écriture choc et une histoire originale.

Peu communes.

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Voici le résumé (source Evene) :

« Zone cinglée est cet endroit qui existe au-delà de la frontière de la ville-centre : un au-delà inquiétant, menaçant, un no man’s land dont personne ne s'échappe ou alors, pour ceux qui ont voulu vivre dans la lumière, le retour au pays se solde par un suicide.
Dans cette cité perdue, les mères sont devenues folles et dangereuses, nourrissent les rangs de la haine et de l'inceste en donnant naissance à une armée d’enfants-monstres. Au milieu de ce chaos, Tâarouk, le narrateur, qui veut vivre l’amour, l'amour interdit avec les hommes, l'amour fraternel avec Feyi et l'amitié avec Izare, souhaite quitter cette banlieue mortifère pour vivre enfin ses désirs naissants. A l'issue de ce qui s'avère être un véritable chemin de croix, Tâarouk va trouver sa voie parmi les hommes et sortir de l'ombre pour exister au plus près de lui-même et des autres, de ceux qui sont partis
, de ceux qu'il va aimer. »

 

J’ai demandé à Kaoutar Harchi de me rejoindre à Meaux pour me parler de son livre.

Un jour de pluie battante.

Drue l'averse.

Je vais de ce pas et sans détour éviter les clichés du genre: "elle est apparue devant la gare de Meaux, tel un rayon de soleil..."

Pas digne de Mandor.

 

-Présentez-moi cette « Zone Cinglée ».

 

-Les premiers mots qui me viennent à l’esprit, ce sont « syncrétisme » ou  « hybridation ».  Dans mon parcours personnel, je suis passé par différentes structures et différentes tendances. Dans mon roman, ça se retrouve un peu. Ce mélange entre quelque chose de très noir et de très précis qu’on peut rattacher à certaines dimensions de la réalité, d’autre part, des choses plus imaginaires, plus inventives, qui touchent à l’extrapolation d’un évènement réel à part entière.

 

-C’est un roman hybride. À la fois un conte mythologique, un roman de Science Fiction ou même un journal intime d’un ado très tourmenté.

 

-Je ne savais pas exactement ce que je voulais faire jusqu’à ce que mon roman soit définitivement fini. A la base Tâarouk était là, ensuite, tout ce qui relève de la cité, des mères, « la cause », du frère et des parents de Tâarouk, ce sont des éléments qui sont venus au fur et à mesure du travail avec mon éditeur. Je ne voulais pas que ce livre tourne autour d’une forme auto-fictionnelle ou intimiste. Je voulais construire un univers qui soit autre chose que la réalité. Un univers qui ne soit pas qu’une simple copie de ce qui se passe au quotidien dans nos vies respectives.

 

-Vous avez choisi un narrateur (Tâarouk) pour raconter cette « Zone Cinglée ». Vous vous êtes donc mis dans la peau d’un homme pour écrire…

 

-Curieusement, j’ai plus de facilité à écrire en utilisant un « je » masculin qu’un « je » féminin  parce que du côté du monde des filles, je n’aurais pas grand-chose à dire. Je connais mal le monde des garçons, c’est ce qui m’a intéressé. C’est plus agréable, plus fertile et plus fécond de m’éloigner de ce que je tente de créer comme proximité, comme dimension saisissable à travers le roman.

 

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Adjani's attitude...

-Dans votre roman, les femmes n’ont pas le beau rôle. Ni les jeunes, ni les mères qui deviennent complètement folles.

 

-J’ai commencé mes études en apprenant l’anthropologie. A ce titre, je suis très sensible aux questions relatives aux rituels, aux mythes et aux différentes structures que les gens mettent en œuvre  pour tenter de canaliser ou maîtriser leur peur. Je me suis demandé, dans ce livre, comment on faisait pour gérer la mort. J’ai mis en scène des mères ne supportant plus le deuil de leurs fils, tous suicidés, et qui décident de s’installer au cimetière pour rester proche d’eux. J’ai voulu aussi montrer mon point de vue sur ce qu’il se passe quand des évènements individuels deviennent collectifs. Que se passe-t-il quand la folie continue, quand, à aucun moment, il n’est possible de revenir en arrière ou de trouver une porte de sortie. J’ai raconté plusieurs folies. Celle du narrateur, de sa famille et celle de la cité.

 

-Y a-t-il une morale dans votre livre ?

 

-Les livres à moral ou à une quelconque pédagogie, c’est quelque chose que j’admire dès lors que ce sont les autres qui le font. Moi, j’ai de la difficulté à assumer ce genre de dessein. Il n’y a rien que je veux faire passer comme étant un message ou quoi que ce soit à comprendre ou à retenir. Dans « Zone Cinglée », je ne mets en avant que mes impressions et sensations personnelles d’une difficulté à gérer ses rêves.

 

-On peut penser en regardant la couverture et en lisant le résumé de l’histoire, que c’est encore un roman sur une cité de banlieue… et pourtant, ce n’est pas la réalité du contenu de votre roman.

 

-La question de la littérature de banlieue est très compliquée parce que ça met en œuvre à la fois l’ambition d’un individu à être reconnu comme un écrivain et, à la fois, les difficultés qui se posent à lui à partir du moment où il évoque un territoire particulier. Un roman de banlieue, c’est réducteur et c’est créer un sous-genre qui de manière formelle ou stylistique, n’existe pas.

 

-Je sais que vous êtes une passionnée de rap et de slam. Est-ce la raison pour laquelle vos phrases sont courtes, incisives, précises et percutantes ?P1000476.JPG

 

-J’ai écouté énormément de rap français. C’est un mouvement dans lequel je me reconnais, mais je suis juste une auditrice régulière, je ne me suis jamais impliquée dans le mouvement. Si je devais citer quelqu’un, au niveau du style, de l’écriture et de la capacité à mettre en rythme les mots, ce serait Oxmo Puccino. Il a une écriture et une facilité à créer des images qui m’ont toujours frappé et attiré. En tout cas, les phrases courtes, le caractère parfois rapide et haletant me convenaient bien parce que l’histoire est comme ça. Mes personnages sont habités par le désir, la folie, l’amour et, finalement, il y a une correspondance entre la forme et le fond.

 

-Pour finir, Kaoutar Harchi, aviez-vous l’ardent désir d’être publiée ?

 

-Je trouve ça très difficile d’écrire et de ranger ses mots et ses histoires dans son tiroir et de les ressortir le lendemain comme si de rien n’était. Il y a toute la dimension du partage qui n’existe pas. Quand un éditeur vous prend au sérieux et qu’il accepte de travailler avec vous, c’est un gage de confiance qui a été nécessaire…

 

-Vous avez eu du mal à trouver un éditeur ?

 

-J’ai eu du mal au début, mais simplement parce que ce que je proposais était d’une qualité très faible. Les gens me renvoyaient à moi-même en me disant de travailler encore et encore. Un jour, j’ai compris ce que je voulais écrire et j’ai vite trouvé un éditeur. Il m’a d’ailleurs beaucoup aidé sur bien des points.

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Interview diffusée sur 77FM à écouter là.

16 mai 2009

Festival Country et Dance Line (1) et (2)

AfficheFestivalCountryDisne.gifHier, entre 18h et 20h, j'ai animé pour 77FM une émission avec tout un tas de personnes très connues, mais que je ne connaissais pas.

Je suis entré dans un monde mystérieux.

Celui de la Country Music et du Line Dance.

(Qui est loin d'être ma musique de prédilection et, donc, ma spécialité).

J'étais au Billy Bob's Country Western Saloon à l'occasion du Festival Country et Dance Line du Disney Village...

 Deux heures de direct avec une dizaine d'invités...

J'adore ce genre d'émission où tout est toujours sur le fil du rasoir, mais où tout se termine toujours bien.

Là, en l'occurence, deux heures dynamiques et festives que j'ai apprécié.

Je vous propose un port folio de mes invités les plus réputés. 

Commençons avec Tony Burrows: un chanteur anglais qui vit en France et qui a sorti en février dernier un nouvel album.

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Le monsieur qui me parle au micro c'est Tony Burrows, l'homme en blanc est l'un de ses musiciens, le guitariste Bertrand Clouard et enfin le monsieur au fond qui surveille au casque si Mandor ne dit pas trop de bétises, c'est mon boss Richard Jabeneau.
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L'actualité de Tony Burrows:
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frontcover_billycurtis_linedancermagazine.jpgVoici maintenant, Billy Curtis.
Star de la musique country en Angleterre.
Comme en témoigne cette couverture.
A gauche, juste là...
Quand il est arrivé sur notre "plateau", une nuée de filles/femmes est apparue.
Comme par enchantement.
C'est sûr, ce chanteur a ses fans.
Avec nous, sur les photos, la très sympathiques Karine Elsener, qui est la représentante officielle en France de Billy Curtis.
Elle a eu la gentillesse de me servir d'interprète...
(En off, j'ai appris qu'elle avait vécu en Guyane les mêmes années que moi.
Que nous avons travaillé dans le même journal (La Semaine Guyanaise).
Nous ne nous sommes pourtant jamais croisés... ce qui me paraît complètement improbable...)
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Voici une vidéo de présentation de Billy Curtis:

Voici maintenant Urbain Lambert.

Outre le fait qu'il est le guitariste de Tony Burrows, il est surtout un chanteur musicien qui a une belle carrière solo.

Déjà quatre albums à son actif.

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Là, Urbain Lambert et moi sommes avec "ma bible du country", Johnny Dapiedade, l'animateur/producteur du fameux Big Cactus Country...
Il est l'un des artisans très actifs de la réussite de cette opération radiophonique.
Merci à lui!
L'actualité d'Urbain Lambert:
Son nouveau disque.
Excellent!
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La, c'est un clip tiré du précédent album Le vieux homme.
Rendez le ciel.
Pour terminer, quelques photos en vrac:
Avec Johnny Dapiedade, donc.
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Ici avec l'importateur du Line Dance en France.
Une sommité dans ce milieu.
Il est professeur de "la danse en ligne".
Il est même le professeur de tous les professeurs.
Une vraie star, comme en témoigne son site.
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Et puis, pour le fun... deux amatrices férues de Country et de Line Dance...
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La suite, ce soir, en direct de 18h à 20h au Billy Bob's du Disney Village...
Edit: le 17 mai 2009...
Hier après-midi, j'ai poursuivi cette opération avec le même plaisir.
Voici d'autres clichés (tous signés Nathalie Desnoix de La Marne et 77FM)
Nous étions donc installés là:
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Avec François Legagneux (dit La Bestiole), président de 77FM.
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Avec la londonienne Nadine Somers, l'une des deux stars de la soirée... et Johnny Dapiedade, toujours.
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Voici un extrait du spectacle de Nadine Somers, le soir même sur la scène du Billy Bob's.
Avec l'autre star... Stacie Collins (MySpace ).
Celle-ci est américaine.
Elle vient de Nashville, Tennessee.
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Je sais... une équipe de winner!
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Petite présentation de la chanteuse...
Ici, Richard Coléon, le responsable de la production des spectacles à Disney Village.
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Là, un personnage tout à fait fascinant.
Un certain Jean-Charles.
Un renard mort sur le cuir chevelu et une tête de crotal à la place du noeud de cravatte.
Depuis 15 ans, il vient se montrer à Disney Village.
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Et pour terminer et surtout pour prouver à la face du monde que j'ai tout à fait le profil d'un cow-boy, voilà une dernière photo qui vous clouera le bec.
Je suis avec un grand professeur de Line Dance, David Linger, qui officie en Côte d'Or à Quetigny.
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Alors, convaincu?
Oui.
Merci!
Quoi?
Le casque sur les oreilles avec un chapeau, ça le fait pas!
Vous êtes durs.

06 mai 2009

Déjeuner country avec Johnny Da Piedade!

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countrymusic2-ew41.gifLes 15 et 16 mai prochain, j’anime des émissions en direct du festival country ci-dessus.

Le vendredi 15 de 18h à 20h et le samedi 16 de 18h à 20h (également).

Je recevrai tous les invités signalés sur l’affiche ainsi que d’autres guests (dont Urbain Lambert que j’apprécie beaucoup).

Je ne suis pas un spécialiste de ce genre musical (fidèles lecteurs, je suis sûr que vous vous en doutiez).

Hier, j’ai déjeuné au Annette’s Diner de Disney Village (Marne La Vallée) avec Le spécialiste français de la country music, Johnny Da Piedade.

Quand je ne maîtrise pas un sujet, il me faut le meilleur professeur.

(Oui, je suis comme ça.)

(Ca vous impressionne, hein?)

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Il est connu pour être celui qui présente quasiment tous les festivals country de France et surtout, il est l’animateur/producteur/concepteur du Big Cactus Country Radio Show. Son émission est diffusée sur 103 Fréquences FM, 81 radios ou web-radios (en France métropolitaine, Guyane, Ile de la Réunion, Saint-Pierre et Miquelon, Îles Canaries, Belgique, Suisse et Québec.)

Si nous nous sommes rencontrés hier, c’était pour préparer mes 2 émissions (calage des invités…) et pour qu’il m’explique cette musique à laquelle je ne connais pas grand-chose, son histoire et ses artistes.

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Johnny Da Piedade sera un peu ma bible humaine es-country music lors de ce festival.

Merci à lui !

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03 mai 2009

Focus sur Yves Duteil...

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Un petit Tout petit déjà en passant… avec Yves Duteil.

Je l’ai rencontré la première fois le 12 juin 1995. À l’époque, j’étais proche de Claire Balavoine et de l’association Daniel Balavoine.

J’avais donc participé à l’organisation d’une soirée au profit de l’association.

Il y avait pléthore d’invités.

Dont Yves Duteil, qui n’est pas le dernier à consacrer sa vie aux autres.

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12.06.1995 dans les coulisses de l'Olympia.

Et puis, plus récemment, le 12 mars dernier, je suis allé chez lui dans la commune seine-et-marnaise dont il est maire, Précy-sur-Marne.

J’ai d'ailleurs écrit un article un peu second degré ici.

J’y évoquais ma condition de journaliste localier…

Certains avaient considéré que j’ironisais sur le chanteur poète.

Que Nenni.

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J’ai une profonde admiration pour lui.

Il a quand même écrit quelques chefs-d'œuvre inoubliables.

Il allie à merveille son rôle d’artiste et celui de maire au service de ses administrés.

Son dernier album (Fr)agiles est superbe. Le public est passé à côté alors qu’il est d’une belle modernité.

Et (ce n’est pas si secondaire que cela), il était l’un des chanteurs préférés de ma défunte maman.

Alors, me moquer d’Yves Duteil…

 

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Sur 77FM, nous venons de lui consacrer la semaine.

Mon interview est écoutable là.

Et à propos de l'album Fr(agiles)...

01 mai 2009

Le retour de Ricky Amigos!

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77FM, le 15 avril 2009 :

-Allo, bonjour, c’est Ricky Amigos !

-…

-Allo ?

-Ricky Amigos ? Le Ricky Amigos des années 80 ?

-Il n’y a qu’un Ricky Amigos !

-Je me souviens bien de vous, j’avais votre disque Delirios, dans les années 80.

-1989.

-Oui, c’est ça ! Et votre version de Téquila ! Imparable !

l_40d774166b602e6b7435c6a96474aa2d.jpg-Euh... voilà, je vous signale que je joue à Crouy-sur-Ourcq ce samedi. Vous pourriez en parler sur votre antenne?

-…

-Allo ?

-D’accord, aucun souci. Mais j’ai mieux à vous proposer. Je me souviens que vous êtes celui qui avez importé le flamenco-rock en France, que vous avez fait débuter Manu Chao et que vous avez eu votre heure de gloire. Je veux faire le point avec vous sur votre parcours et ce que vous faites aujourd’hui.

 La suite est là.

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Mandor est toujours drôle en interview...
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On y croit, évidemment, que je suis un as de la guitare...
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Des sourires naturels, comme on les aime.
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Dans le bureau "années 50" de Ricky. Avec le disque de lui que j'avais dans ma jeunesse...
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J'aime les gens qui se stabilisent à une époque donnée et qui s'y tiennent.
Ce n'est pas toujours évident à assumer.
Les photos ont été prises lors de l’entretien (et après) chez l’artiste, à Crouy-sur-Ourcq, le 20 avril dernier.
Allez, je vous laisse avec cette vidéo filmée à la Guinguette Pirate, en 2001...
Précision 1: Le monsieur avec Ricky Amigos, sur la photo en noir et blanc, est l'excellent Willy de Ville.
Précision 2: Le dialogue téléphonique qui ouvre la note est, dans son ensemble, plutôt fictif.

23 avril 2009

Tatiana de Rosnay et Abha Dawesar à la FNAC Val d'Europe: portfolio.

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n802569201_733374_6214.jpgSamedi dernier (le 18 avril), 77FM a proposé une rencontre/dédicace (que j'ai présenté) avec Tatiana de Rosnay et Abha Dawesar à la FNAC Val d’Europe.

Ces deux auteur(e)s ont d'ailleurs déjà été mandorisées: Tatiana de Rosnay ici et et Abha Dawesar, juste ici.

L’une et l’autre sont des auteur(e)s connues dans le monde entier.

Tatiana de Rosnay, après les 45 minutes d'interview, a dédicacé son dernier ouvrage Boomerang ainsi que La mémoire des murs et elle s’appelait Sarah.

Quant à Abha Dawesar, elle, a signé Babyji et Dernier Eté à Paris.

Il y a quelques jours, Tatiana de Rosnay avait répondu à quelques questions téléphoniques de moi même sur sa venue à la Fnac Val d'Europe.

 Je vous livre quelques photos de cette après-midi amicalo-littéraire.

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Tatiana de Rosnay vient de sortir son nouveau livre Boomerang.
Une histoire familiale à rebondissements, drôle, émouvante, sensuelle et contemporaine en diable.
Cette auteur(e) franco-anglaise a connu un succès rarement atteint, il y a deux ans avec la sortie de son livre Elle s’appelait Sarah, vendu à un million d’exemplaires dans le monde, traduit dans 30 pays et porté à l’écran l’année prochaine.
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Née en 1974 en Inde, à Delhi, Abha Dawesar, elle, est diplômée de Harvard. Elle a travaillé dans la finance à New York avant de se consacrer à l’écriture. Elle vit entre Delhi, New York et Paris et vient d’être élue par Indian Today, le premier magazine du pays, comme l’une des vingt-cinq personnalités de l’année. Son précédent roman, Babyji, (qui vient de sortir chez 10/18), s'est vendu en France à 10 000 exemplaires. Il a été couronné par de nombreux prix et a été dans la première sélection du Médicis étranger.
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Tatiana et Abha, malgré le succès mondial qu'elle remporte, sont restées très simples.
Cette phrase n'est pas si naïve et anodine qu'on pourrait le penser.
J'ai suffisament traîner mes guêtres dans les différents milieux artistiques (musicaux, littéraires et cinématographiques) pour savoir de quoi je parle.
J'ai connu Tatiana avant le maelstrom autour de Sarah... elle est restée la même.
La même, vraiment.
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(Photos: Nathalie Desnoix: La Marne)
Le petit plus:
L'article paru la semaine suivante dans La Marne:
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08 avril 2009

Lisa Portelli... la relève!

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Le 4 mars dernier, j’étais content d’aller récupérer Lisa Portelli à la gare de Meaux.

Je la vois sortir avec sa guitare. Pimpante et souriante. Elle grimpe dans ma voiture et hop ! Direction 77FM.

Feeling immédiat.

Jeune fille simple et naturelle.

Mais bon sang, avec un talent fou encore méconnu.

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J’avais remarqué la demoiselle lors des dernières Muzik’Elles de Meaux.

J’étais présent lors de sa prestation.

Filmée ici…

 

C’est mon amie Lou (Laurence Goubet), dont le (bon) goût pour la bonne chanson française est proche du mien (en toute modestie... hum!), qui m’avait incité il y a deux ans à m’intéresser à Lisa Portelli. Un premier album difficile d’accès quand on l’écoutait juste une fois, mais de plus en plus envoutant à chaque écoute supplémentaire. Un truc de dingue.

J’attendais avec impatience la suite de ses aventures musicales. Un second album, pas encore sorti, dont certains morceaux sont écoutables sur son MySpace.

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Plus abordable, mais toujours aussi exigeant.

Pour moi, c’est un compliment. Lisa Portelli ne donne pas de la soussoupe à ses contemporains.

Ne partez pas en courant, elle finira par vous rattraper.

Pop et intimiste.

Textes minutieux, universels.

 

Fraîche et spontanée, découvrez là en écoutant le magazine que je lui ai consacré…

C’est ici que ça se passe !

 

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Je lui souhaite une bien longue carrière.

Prochain concert de Lisa Portelli, là...
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01 avril 2009

Pollux et son livre enchanté!

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49ec017b42a062e00c2df110_L.jpgCe petit livre reçu à la radio il y a quelques jours, traînait sur mon bureau depuis deux semaines. « Tiens, si j’y jetais un coup d’œil ? ». Et j’ai commencé à lire J'étais sur le chemin du retour, j'étais libre (Editions Praelego). Je l’ai reposé très vite… pas par dépit, juste parce qu’à la radio, j’ai pas mal de différentes choses à faire dans une journée.

(Ah bon?)

Mais le soir même, je l’ai lu. En intégralité. Deux heures de lecture.

Pourtant, je trouvais l’histoire assez mince sur la 4eme de couverture :

Lorsque M. Jaspe entre au commissariat pour porter plainte pour harcèlement aux bouquets de fleurs, il déclenche l’hilarité générale. A la fois victime des sentiments amoureux d’une ombre, et en proie à la fascination pour une femme qui ignore tout de ses affects, il bascule.

 

Il faut se méfier des 4eme de couverture (ce n’est pas nouveau).

Ce livre est à la fois drôle et émouvant. On s’attache à ce quarantenaire qui rêve juste d’une femme gentille, d’un amour simple.

(Quel sacré pervers !)

 

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Bref, j’ai demandé à l’auteur Pollux (oui, c’est un pseudo !), de venir m’en parler à l’antenne.

Je n’en dis pas plus, car il dit tout dans ce magazine

08:19 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (4)

23 février 2009

Ce samedi à la Fnac Val d'Europe...

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(Photo: Nathalie Desnoix)
... j'animais pour 77FM, une rencontre avec l'auteur de "Un secret", Philippe Grimbert. À ses côtés, il a tenu à la présence de Luc-Michel Fouassier (déjà le héros de ma précédente note) qui a publié son premier livre "Histoires Jivaro", 100 nouvelles de 100 mots.
FNAC LIVE était là pour filmer.
Voici le résultat... 45 minutes réduites à 2x5 minutes.

 Première partie: 5:35

2eme partie: 4:50

Retrouvez plus d'actualité littéraire sur fnaclive: http://www.fnaclive.com

15 février 2009

Booder à la Fnac Val d'Europe!

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Extrait du Parisien de jeudi...
Tout c'est bien passé vendredi soir au Forum de la Fnac Val d'Europe!
Personnage très sympathique, public réceptif, ambiance bon enfant.
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Bientôt la vidéo de cette rencontre.
Le prochain rendez-vous à la Fnac Val d'Europe, (samedi prochain) sera beaucoup plus psycho-littéraire...
(Merci à Nathalie Desnoix de La Marne pour les photos...)

01 février 2009

Richard Andrieux... lettres et le néant!

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Bon, vous n’allez pas mourir de rire en lisant le deuxième roman de Richard Andrieux.

C’est dit.

Le premier, José, je ne vais pas y revenir, je l’avais beaucoup apprécié, comme le précise ma première mandorisation de l’écrivain.

Moi qui aime la noirceur, je me suis jeté avec avidité dans la lecture de cet Homme sans lumière.

Sans regret.

Le rien à ce point à quelque chose de fascinant.

« Ce roman épistolaire mène le récit du chagrin comme un thriller haletant », explique la quatrième de couverture.

Pas faux.

Mais les lecteurs suivront-ils cette descente  abyssale dans les tréfonds d’une vie terne où il ne se passe pas grand chose ?

La triste banalité du quotidien et la folie cachée des gens, leurs insondables déprimes et dépressions… pas sûr que les lecteurs des Musso-Lévy-Werber-Nothomb se jettent sur ce roman parfois anxiogène.

Je ne vais pas tenter de les inciter à changer d’avis.

Chacun sa bulle.

 

Richard Andrieux est venu à 77FM pour parler de ce livre.

Merci à Anne-Laure, son attachée de presse (et néanmoins personne que j’apprécie beaucoup…) d’avoir accompagné son auteur jusqu’à Meaux.

 

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Mandor : L’homme sans lumière raconte l’histoire, je vous cite « de quelqu’un qui se considère comme un petit homme triste, sans avenir ni passé, un pas grand-chose en quelque sorte ». Pourquoi raconter l’histoire d’un homme de si peu d’envergure ?

 

Richard Andrieux : J’ai eu envie d’écrire un livre sur les sentiments humains les plus intimes et plus encore, de décrire la noirceur de l’âme d’un être, de manière jusqu’au-boutiste. Ce personnage est profondément tourmenté face à ses peurs, face à ses regrets, face à sa solitude. C’est un roman épistolaire sur un homme qui se confie avec honnêteté, par rapport à ce qu’il est.

 

Mandor : Votre héros est incapable d’approcher le bonheur, il vit dans l’ennui et dans la souffrance… dans quel état avez-vous écrit ce livre ?

 

Richard Andrieux : Ce roman a été très difficile à écrire. Je n’ai pas suffisamment d’expérience dans l’écriture pour avoir une forme de distanciation. J’ai vécu avec ce personnage pendant plus d’un an, ça n’a pas été chose facile…

 

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Mandor : Vous expliquez que votre héros, Gilbert Pastois, « est persuadé que l’homme tient à vivre parce qu’il ne tient pas trop à mourir… ». Jolie formule ! Dans vos deux romans, la mort est très présente. C’est d’ailleurs le seul lien entre les deux romans.

 

(Il ironise sur le fait qu’il n’est pas le seul à avoir peur de la mort.

Je lui demande de développer un peu.

L’explication n’est pas aisée.)

 

Richard Andrieux : La mort est un sujet qui mérite qu’on s’y attarde. Et je suis sûr que je ne suis pas le seul au monde à avoir des difficultés à l’accepter. L’acceptation de la mort nous renvoie en permanence au sens de la vie. 

 

Mandor : Vous écrivez : « Le malheur, c’est une maladie que l’on se refile de génération en génération… ». Le malheur est donc génétique !

 

Richard Andrieux : Je le pense. On se trimballe des choses de manière ancestrale. Très souvent, les casseroles que l’on traîne peuvent devenir des quincailleries.

 

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Mandor : Gilbert Pastois, c’est un personnage de 64 ans qu’on arrive ni à aimer, ni à détester. J’ai eu beaucoup de mal à avoir une opinion tranchée sur lui.

 

Richard Andrieux : C’est un personnage qui va coucher à travers toutes les lettres qu’il envoie à ce mystérieux destinataire, tout ce qu’il est réellement, avec ce qu’il peut y avoir d’épouvantable, de terrible et en même temps, parfois de beau chez lui. À travers des lettres, on peut aller beaucoup plus loin dans la confidence parce qu’on a le choix des mots, parce qu’on peut avoir du recul par rapport à ce que l’on écrit. Gilbert Pastois pense que le destinataire de ses lettres a une forme de reconnaissance du malheur, ce qui lui permet d’être honnête par rapport à ce qu’il lui écrit. Je pense qu’il y a dans l’existence une forme de reconnaissance, à travers les autres, de certaines douleurs communes, même si ce ne sont pas vraiment les mêmes affres.

 

Mandor : Quels sont les points communs entre les deux histoires de José et de L’homme sans lumière ?

 

Richard Andrieux : Il y a une certaine analogie entre les deux, même si José, à 8 ans et Gilbert Pastois en a 64. Ce sont finalement deux personnages qui rencontrent des problèmes avec leur existence. Je ne pense pas que ces deux personnages soient si éloignés.

 

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Anne-Laure serait-elle en train de méditer sur mes questions ou boit-elle les propos de Richard Andrieux?
Je me pose encore la question aujourd'hui...

 

Mandor : Vous aimez le noir. Écrire la joie et le bonheur, ça n’a pas l’air d’être votre truc !

 

Richard Andrieux : Effectivement, je n’en vois pas l’intérêt ? J’ai une carrière de musicien et je n’ai jamais réussi à écrire des histoires positives. La gaieté, j’ai envie de la vivre, mais je n’ai pas envie de l’étaler sur des pages. Je n’ai pas envie d’écrire sur la frivolité. Pas certain d’ailleurs que je sois doué pour cela.

 

Mandor : Votre 3eme roman est déjà dans votre tête…

 

Richard Andrieux : Oui. Ca se passe au sortir de la guerre d’Algérie en 1962. C’est l’histoire d’un ouvrier qui a eu un accident de voiture et qui va vivre une amitié profonde avec un algérien en France…Je ne peux pas trop en parler encore…Il y aura encore dans ce livre une même couleur que les deux précédents.

Certes, ce sera noir, mais dans ce que j’écris, ce n’est jamais une noirceur sans issue, il y a toujours une lueur, un espoir.

 

En ayant lu L’Homme sans lumière, je suis tenté de lui répondre : ah bon ?

Parce que, quand même, Richard Andrieux raconte l’histoire d’un homme qui, « toute sa vie a cherché une étoile sans jamais la trouver, et à fini par se noyer dans un océan de pénombre au milieu des tempêtes. ».

Voici le podcast de l'entretien, en deux parties:

Première partie (avec, au début, le temps que je règle le son, une superbe imitation d'Edouard Balladur).


podcast

Deuxième partie:


podcast

 

30 janvier 2009

Spécial Costa-Gavras!

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Le 8 janvier dernier, j'ai passé une heure chez Costa-Gavras, dans le but d'enregistrer une série de magazines sur sa vie, son oeuvre.

77Fm étant la radio partenaire du Festi-ciné-Meaux (qui commencent d'ailleurs cet après-midi), nous avons organisé une semaine spéciale Costa-Gavras...

Mes magazines sont écoutables ici.

(Celui de jeudi comprend des interviews de Jorge Semprun, de Mehdi Charef et de Julie Gavras.)

(Si vous aimez le cinéma engagé et politique, c'est pour vous!)

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Ces deux photos chez le réalsiateur ont été prises par bibi!
(Je sais, ça se voit!)
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Des explications sur cette opération, dans un article sortie avant-hier dans un journal local:

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Pour clore ce premier chapitre sur Costa-Gavras, voici la bande-annonce de son nouveau film, Eden à l'Ouest.


Et trois extraits...




EDIT le mardi 3 février...
Je suis allé à l'inauguration de ce festival vendredi soir.
Costa-Gavras et Jorge Semprun ont été reçu par le maire de Meaux Jean-François Copé...
Ce dernier a remis la médaille de la ville à Costa-Gavras.
J'ai fait quelques photos.
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28 janvier 2009

Régine Deforges et Luc-Michel Fouassier!

 

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L’idée de base était simple.

Réunir un auteur confirmé et un auteur « débutant » autour d’une même table et discuter de l’actualité de l’un et de l’autre.

Tous les mois deux nouveaux invités.

Un peu casse-gueule le concept.

Surtout dans le centre commercial le plus grand d’Europe. A priori (j’en ai des tonnes, des aprioris ), les gens viennent plus pour baguenauder ou pour faire des emplettes que pour s’installer une trentaine de minutes à écouter 3 personnes deviser sur la littérature et son petit monde germanopratin de la fin des années 60 à nos jours.

C’est pourtant bien ce qu’il s’est passé samedi dernier au Forum des rencontres de la FNAC Val d’Europe.

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Pour cette première, Régine Deforges a « adoubé » Luc-Michel Fouassier.

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La première est venue présenter son dernier ouvrage A Paris au printemps, ça sent la merde et le lilas (éditions Fayard).

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Dans ce livre, elle promène sur l’année 1968 un regard amusé, certes ironique, mais honnête toujours. C’est à cette époque que Régine Deforges est devenue « la scandaleuse », « la polissonne », « la papesse de l’érotisme ». Il faut dire qu’elle a été la première femme éditrice en France… et que son premier livre publié était Le con d’Irène de Louis Aragon. Elle ne compte plus les fois où elle a été condamnée pour, notamment, « outrage aux bonnes mœurs par la voie du livre »… Bref, on peut dire ce qu’on veut d’elle, mais, personnellement, j’ai toujours trouvé que cette femme-là avait des couilles !

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Au côté de Régine Deforges, un nouvel auteur, Luc-Michel Fouassier, né précisément en ce fameux mois de mai 68. Il publie son premier ouvrage, Histoires Jivaro, 100 nouvelles de 100 mots (éditions Quadrature).

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J’ai déjà mandorisé cet auteur, car j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet opuscule. Il est aussi le directeur du Salon du Livre d’Ozoir-la-Ferrière. Luc-Michel Fouassier essuie les plâtres de ces rencontres littéraires originales, car il n’est pas loin d’être celui qui nous en a donné l’idée.

(Et comment j’ai jubilé à l’idée d’être celui qui allait animer « la chose »…)

(Et comment, je compose moi-même les plateaux, en suggérant habilement le nom de certains auteurs qui me tiennent à cœur…)

(J’ai les noms des deux prochains auteurs confirmés, mais je ne dis rien pour le moment.)

(Hors de question que je vous livre ne serait-ce qu’une once d’indice… mais, quand même lui et elle évoquent dans leurs livres respectifs des pages de l’histoire qui me passionnent.)

EDIT LE 1er février 2009:

Voici en ligne l’intégralité audio de l’interview.

A écouter parce que La Deforges, elle ne mâche pas ses mots !

Boudiou!

19 décembre 2008

Jean Hartleyb... écrivain fouilleur d'âmes!

Parfois, je trouve que Facebook a de l’intérêt. Disons qu’il peut servir à faire de belles rencontres et à découvrir des livres saisissants.

Un jour Jean Hartleyb, Docteur en sociologie qui vit à Strasbourg, me contacte. Il me parle de son livre Névropolis (sortie aux éditions Bénévent).

 

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Voici la 4eme de couverture :

 

« L’existence de Nathan Wilbe, peintre new-yorkais réputé, ami volage et soupirant désastreux, ressemble à une ville de lendemains d’attentats, battue par des vents violents et n’en finissant plus de trembler sur ses fondations. Cloîtré chez lui, ne sortant que pour se rendre aux rendez-vous fixés par son psychiatre, il vit au milieu de ses toiles inachevées, de ses manies et d’étranges apparitions qui l’éloignent chaque jour un peu plus de sa propre histoire. Intimement convaincu d’avoir eu plusieurs vies, ses toiles sont les réceptacles de ses souvenirs, des bons comme des mauvais, de ses désirs enfouis et de sa folie douce. Sous l’œil d’un ange cynique et glaçant, il cherche dans un univers en ruines à retrouver la voie de la raison avant celle du cœur, reproduisant là une erreur vieille comme le monde… »

 

Poli et un peu curieux de ce qu’il m’en dit, je lui demande de m’envoyer son ouvrage.

Ce qu’il a fait quelques jours plus tard.

Je finis par trouver le temps de le lire, un mois plus tard.

Et là, je reste scotché par ce livre sans complaisance sur notre époque et si ironique sur notre société.

« Ah ouais, quand même ! », me dis-je en refermant la dernière page (ce qui est une analyse et une synthèse tout à fait intéressante pour un journaliste culturel…)

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Je contacte de nouveau Jean Hartleyb pour lui dire le bien de ce que je pense de son livre. Je tiens à le mandoriser. Il accepte. À tel point que pour cela, il est prêt à venir à 77FM.

Non, non, ça ne m’a pas touché qu’il fasse le trajet Strasbourg-Meaux…

Je le récupère le mardi 9 décembre dernier à la gare de Meaux.

Il neige comme vache qui neige.

Limite tempête.

Je lui dis qu’il n’était pas obligé de venir du Bas-Rhin en amenant le climat de là-bas.

Il sourit par politesse. (Hé ho ! Je n’ai pas appris à faire de l’humour avec des sociologues spécialisés en "politique", moi! Je reste nature… spirituel, donc. Ahem !)

 

Je l’emmène déjeuner dans un restau meldois. Nous en profitons pour faire connaissance. L’homme est sympathique, disert, drôle.

Et on papote, comme de vieux amis que nous ne sommes pas (encore).

 

Allez, il est temps d’aller interviewer le monsieur.

Juste une petite photo enneigée au sortir du restaurant.

 

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Voici des extraits de l’entretien :

 

Mandor : Votre premier livre était un essai sur le nazisme

 

Jean Hartleib : C’est une thèse sur le nazisme qui a été publié après ma soutenance. J’avais choisi un angle bien particulier. La situation des Alsaciens pendant la Deuxième Guerre mondiale. Etaient-ils aussi indifférents qu’on la dit ? Il me semblait qu’il y avait un vide au niveau de l’approche de la question dans la région.

 

M : Vous avez une formation d’historien ?

 

J.H : Quand on fait de la sociologie politique, on fait forcément de l’histoire. 

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M : Parlons de Névropolis. Votre héros s’appelle Nathan Wilbe. Il est peintre new-yorkais et surtout il est dans un état mental assez complexe.

J.H : L’état mental est à l’image de la ville après le 11 septembre. Il y a un parallèle qui est fait en permanence entre ce qu’il traverse, ce qu’il vit au quotidien et les conséquences de ce traumatisme historique qu’est la chute de ses deux tours. Névropolis s’applique autant à la situation de New York qu’à la situation de l’un de ses habitants.

M : Nathan Wilbe est maniaco-dépressif…

 

J.H : Oui, il est bi polaire. La bi polarité fait référence à quelque chose de cyclique. On passe d’un état maniaque, d’hyper excitation à des états extrêmement dépressifs. Tout l’art du psychiatre étant de trouver le bon traitement pour avoir une sorte d’équilibre, pour ne pas basculer constamment d’un bord à l’autre.

 

M : Il est borderline ce peintre. À la frontière de la folie…

 

J.H : Tout dépend de la lecture qu’on fait du livre. De mon point de vue d’écrivain, aujourd’hui, je ne sais toujours pas où il se situe exactement. Soit il est bi polaire, soit il est comme vous et moi… je ne sais pas.

 

M : Ce dont je suis sûr, c’est que mon état n’est pas « déphasé dans des fantasmes de grandeurs de décadences cycliques »… c’est ainsi que son psy le décrit.

 

J.H : Il est artiste. Donc, par définition, il exagère des questions que, nous, on se pose au quotidien. Il fonctionne beaucoup dans les superlatifs, les exagérations, dans le grossissement des traits et donc, forcément, il a un délire de grandeur et d’honorabilité. C’est quelqu’un qui veut être connu et aimé pour son art.

 

M : Il est déstabilisant pour son entourage, car Nathan a toujours un bon sens exaspérant. Malgré son maelström intérieur, il est plein de bon sens.

 

J.H : Il est parfaitement logique et ça rejoint ce courant de la fin des années 60 avec Deleuze qui disait que, finalement, il fallait écouter les fous parce que les fous ont quelque chose à dire, parfois même, des évidences qu’on ne voit pas. Un bi polaire n’est pas un fou au sens ancien du terme, mais il dit des vérités à ses proches. Forcément, ils sont appelés à se poser des questions sur eux et sur lui.

 

M : Son psy, Parish, est complètement perturbé par son patient.

 

J.H : Il rentre un peu trop dans son jeu. J’ai voulu le peintre séduisant. Il a de la répartie, de l’humour…

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M : Vous dites de Nathan Wilbe que « le calme et la distance avec lesquels Nathan percevait les désordres fonctionnels du monde imprégnaient la conscience de ses interlocuteurs ». Il pourrait devenir quasiment un gourou…

 

J.H : Sauf qu’il est un solitaire. C’est quelqu’un qui est terrorisé par les autres. Il ne s’engage pas, il est très individualiste. Il nous ressemble en exagérant un peu les traits. C’est un peu nous au quotidien. Il aime l’humanité, mais ce sont les autres qu’il ne supporte pas, comme dirait André Gide.

 

M : Est-ce que ce livre est aussi un moyen de faire réfléchir sur différents points : Qu’est-ce que la folie ? Qu'est-ce que la normalité ?

 

J.H : Oui, il y a de ça. Pour moi, la frontière est poreuse. Chez un bi polaire ou un maniaco-dépressif, il est flagrant qu’on a parfois du mal à se situer par rapport à leur trouble.

 

M : Votre livre évoque la relation entre le patient et son psy.  Ils ont tous les deux « une volonté farouche d’attirer ceux qui leur résistent dans leur toile ». Ils ont une personnalité proche.

 

J.H : Je voulais insister sur le fait que ce n’est pas parce qu’on est détenteur d’un savoir qu’on sait mieux faire les choses.

 

M : Oui, Nathan met son psy, Parish, devant des évidences. Il le fait réfléchir sur sa propre condition.

 

J. H : Il le gêne. Il ne le maîtrise pas dans sa logique, même s’il comprend parfaitement qu’il détient une vérité.

 

M : Nathan, lui, construit son existence sur ses souvenirs de vies antérieures.

 

J.H : Disons que pour son psychiatre, ses troubles relèvent de la bi polarité, pour Nathan, ce ne sont que la conséquence de ses vies antérieures. Il pense un jour avoir rencontré le christ, mais il a du mal a en persuader son entourage. Il y a des évocations de la Deuxième Guerre mondiale, il y a des choses plus oniriques, plus mythologiques. Il est absolument convaincu que ses rêves ont un fondement de réalité.

 

M : Vous êtes proche de Nathan ?

 

J.H : Forcément, même si, fort heureusement, je ne souffre pas des mêmes maux que lui. Il y a évidemment des choses autobiographiques dans le texte. Elles sont maquillées, cachées et ne sont perceptibles que par les gens qui m’entourent et qui me connaissent.

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M : Ce livre est un peu le regard du sociologue que vous êtes sur son monde ?

 

J.H : Oui. Il y a un fond de pessimisme sur l’évolution de ce monde, c’est bien pour cela qu’il y a très souvent, une évocation des anges et la présence d’une idée de Dieu. Tous les personnages de mon roman s’interrogent sur la raison de leur présence sur Terre. Nathan, ça le rassure de penser qu’après cette vie-là, il y en aura encore une autre qui suivra, qu’on a plusieurs vies derrière nous et que les choses continuent.

 

M : C’est rassurant !

 

J.H : Oui, si Dieu existe, il faut s’interroger sur la liberté que l’on a par rapport à sa présence, à son existence… mais, s’il n’existe pas, les choses sont beaucoup plus déprimantes.

 

M : Il y a une phrase dans votre livre qui explique bien le personnage de Nathan : « Il lui était difficile d’admettre que ses immersions dans les univers parallèles pouvaient n’avoir d’autres buts que de prendre la fuite en tournant le dos à une réalité trop anxiogène. »

 

J.H : Il n’a pas le choix. Pour lui, il n’y a rien d’autre. Le traitement qu’il suit ne lui sert à rien. Il n’y a pas de changement d’état. Il vit donc avec ses souvenirs, avec ses images qui lui reviennent en permanence et qu’il exprime à travers ses tableaux.

 

M : Pourquoi avoir écrit ce livre qui n’est pas forcément un exutoire ?

 

J.H : J’ai voulu écrire sur la ville de New York. J’avais envie de parler d’un personnage qui, tout en habitant cette ville, n’a pas voulu voir le 11septembre en direct. Il n’a pas voulu être témoin, il n’a pas voulu ressembler à ses congénères. Il a regardé à la télé et il n’est sorti dans la rue que quand les cendres recouvraient déjà les rues New Yorkaises. Ce personnage me semblait symptomatique de son époque. Si on est très voyeur, on est, malgré tout, très à distance de la souffrance humaine, des maux qui touchent la Terre et l’humanité en permanence.

 

Pour en savoir plus sur Jean Hartleyb:

 

A propos de Névropolis:

http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article5180
http://chatperlipopette.blogspot.com/2008/08/comme-dans-u...
http://www.editions-benevent.com/presse/9782756305523_284.pdf
http://www.editions-benevent.com/presse/9782756305523_580.pdf



Jean est aussi chroniqueur à Transversalles.

 

Et enfin, son blog littéraire: L'écume des livres.