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02 novembre 2013

Cats on Trees : interview pour leur premier album

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Voilà un duo indie-pop fort rafraîchissant. Formé en 2007 par la chanteuse et pianiste Nina Goern et le batteur Yohan Hennequin, Cats On Trees joue intensément depuis quelques années déjà. Les textes sont prenants, intimes tout en touchant des thématiques universelles.

J’ai rencontré les deux sympathiques jeunes gens, le 10 septembre dernier dans un bar parisien.

983603_10151671630071858_124711940_n.jpgBiographie officielle (un peu raccourcie) :

Une fille, un garçon. Un piano, une batterie et une voix envoutante. De la virtuosité et de l’énergie. Cats on Trees a trouvé l’osmose idéale, le mélange de sons et de rythmes qui parlent au corps et à l’âme.

Né en 2007, révélé par des prestations scéniques et un premier EP repérés par la presse spécialisée. Épris de liberté ces félins-là ont pris leur temps. Le temps d’aller au fond des choses.

Trois ans durant, Nina Goern et Yohan Hennequin ont laissé mûrir leur projet d’album, testant, gommant, recommençant, explorant. Pas en chercheurs maniaques plutôt en philosophes. Le vécu comme matière première. Des petits contes du quotidien sur ce qui compte vraiment. Du très perso qui devient de l’universel. Le tout greffé sur un squelette innovant : une ossature batterie-piano aux émotions inédites. Mais logiques. Au fil des rencontres, l’album prenant corps, se sont ajoutés d’autres regards, d’autres sons, comme ces intenses vagues de cordes qui étoffent le propos. Celles d’un véritable orchestre avec la complicité d’Albin de la Simone aux arrangements de cordes. Ou celles des guitares acoustiques de Pierre Rougean et Jean-Christophe Urbain, coréalisateurs de l’album.
Alternent pour finir de la pop brillante ou légère, toujours bien enracinée.

DSC08420.JPGInterview :

Vous vous êtes rencontrés comment ?

Nina : Grâce à une amie qu’on a en commun avec qui on a formé un projet. Il s’est passé quelque chose d’inexplicable humainement et artistiquement, entre nous. On a senti qu’il fallait que l’on travaille ensemble parce qu’on se comprenait immédiatement. Tout paraissait simple quand on composait tous les deux. L’alter ego, il n’est pas que dans la musique, il est aussi dans la vie et l’amitié.

Yohan : Ce que l’on fait ensemble est un projet humain. On aurait pu jouer n’importe quel instrument, il fallait que l’on fasse quelque chose tous les deux. C’était évident. On le ressent encore aujourd’hui dans notre travail. On continue à se comprendre presque sans se parler. On compose de manière très fluide et très spontanée. C’est une collaboration très riche.

C’est une fusion totale entre vous deux ?

Nina : Une fusion sans concession.

Yohan : On a une visée commune sur laquelle on n’a pas besoin de débattre pour être d’accord.

Nina : Quand bien même, il y a des moments de désaccords, on trouve toujours rapidement une solution.

Vous existez et tournez depuis 2007. Considérez-vous que les choses sont allées vite avantAna Bloom.jpg de signer chez tôt Ou tard ?

Nina : Les choses se sont faites assez naturellement et plutôt rapidement. De 2007 à 2013, on a fait pas mal de concerts, ensuite, nous avons pris notre temps pour enregistrer.

Yohan : C’est une évolution dans la durée, mais jalonnée de beaucoup de chance. Déjà avec Nina, on s’est trouvé. C’est une rencontre humaine énorme et une rencontre artistique super complice. Musicalement, on fait tout ensemble. Un premier EP, quelques concerts. On a trouvé un tourneur avec lequel on travaille toujours. Nous avons gagné le Printemps de Bourges en 2010, on a donc eu une exposition un peu plus grande. Nous avons également trouvé un directeur artistique et c’est grâce à lui qu’on a rencontré l’équipe de tôt Ou tard. On a eu énormément de chance parce qu’ils nous ont laissé le temps, avec des moyens extraordinaires, de faire l’album que nous voulions réaliser. On a mis trois ans, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

En effet, ils n’étaient pas pressés !

Yohan : On a fait plein de morceaux et on a ensuite sélectionné ceux que nous estimions les meilleurs. Ça a été dur de faire un best of. Un premier album, tu as une vie pour le préparer. C’est le condensé de plein d’années de boulot et d’expériences de vie. On est super content du résultat.

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Clip officiel de Sirens call.

Vous avez été surpris par l’accueil réservé à votre premier single, Sirens call ?

Nina : On a été très étonné, en effet. Nous avons la chance d’avoir beaucoup de passages sur des radios importantes et les radios locales nous suivent de manière conséquente depuis le début. C’est gratifiant et encourageant.

Les textes de vos chansons ne sont pas toujours positifs.

Nina : Chaque chanson raconte des histoires que l’on a vécues et elles ne sont pas toutes heureuses. Mais il y a toujours une résolution positive à la fin parce qu’on a pris chaque histoire avec beaucoup de philosophie et de recul.

Yohan : C’est important de partir d’expérience propre pour garder la sensibilité et le côté touchant d’une histoire. Ce qui nous parle dans l’art, au cinéma, en peinture ou en littérature, ce sont des œuvres dans lesquelles tu sais ou devines une vulnérabilité de l’artiste. On veut voir l’humain sans masque. Il  faut donc que nos chansons soient sincères et que cela évoque quelque chose à l’auditeur.

Vous avez un sacré sens de la mélodie. À tel point que chacun de vos titres est un tube potentiel.

Yohan : On adore la mélodie. C’est un truc primordial.

Nina : Ce qu’on aime dans la mélodie, c’est qu’elle parle d’elle-même, sans avoir besoin forcément d’un texte.

Yohan : Après, on attache de l’importance au sens du texte. Le texte fait partie d’une pierre angulaire du morceau autant que la mélodie. Il faut que la musique sublime le texte et que le texte sublime la musique. Tout est intrinsèquement lié.

"Tikiboy" live au Studio Ferber 2013.

Il y a des noms connus qui ont collaboré à votre album.

Yohan : Albin de la Simone, Jean-Christophe Urbain… on a eu un orchestre de 12 cordes sur 4 morceaux. Nous sommes réellement gâtés.

Pourquoi chanter en anglais ?

Yohan : On adore des chanteurs français tels que Thomas Fersen, Dominique A ou Vincent Delerm, mais si on avait chanté en français, on aurait eu l’impression que le texte passait avant la musique. Dès qu’il y a un texte en français, on focalise dessus et la musique passe au second plan. C’est en tout cas comme ça que l’on ressent la chose.

C’est difficile d’avoir sa propre identité ?

Yohan : Je vois ce que tu veux dire, mais je pense que quand tu te montres tel que tu es avec tes défauts et tes qualités, c’est ça qui fait que tu es une personne unique et que tu as un truc différent à proposer. Nous, on se montre tels que nous sommes, on ne se cache pas derrière des masques. Ce n’est jamais bon de trop se maquiller.

Comment vivez-vous ce qui se passe autour de vous en ce moment ?

Nina : On ne peut pas nier qu’on a une pression. On fait de cette pression une source d’inspiration aussi. On est déjà en train de faire les titres du deuxième album. Ca nous permet aussi de ne pas nous focaliser sur comment les gens vont prendre le premier disque.

Votre pochette est à l’image de vos chansons, je trouve. Très travaillée.

Yohan : La photographe, Anna Bloom et le graphiste, André  Palais, nous ont bien cernés. Il y a le côté organique et humain qui correspond bien aux morceaux amples et sensibles qui se développent sur la longueur. Après, il y a le côté plus pop, plus moderne, plus spontané.

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01 novembre 2013

Gérard de Villiers... mort d'un auteur polémique!

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L'écrivain Gérard de Villiers, auteur de la saga de romans d'espionnage SAS, est mort hier à l'âge de 83 ans d'une longue maladie, selon un message sur Twitter de son avocat Éric Morain.

Me Morain a précisé à l'AFP : "Il avait souhaité que son décès soit annoncé comme cela".

Christine de Villiers épouse de l'auteur et dirigeante des éditions Gérard de Villiers a indiqué que son mari souffrait d'un cancer du pancréas avec des métastases au foie. "Sur les dernières semaines il restait conscient mais très fragile. Il n'avait pas supporté la chimiothérapie", ajoute Christine de Villiers. "C'est exactement la mort qu'il ne voulait pas".

Début février, le New York Times l'avait consacré comme "l'auteur de romans d'espionnage qui en savait trop". Il venait de passer dix jours en Afghanistan, théâtre de ses deux SAS à venir, les 198 et 199es de la série. Gérard de Villiers déclarait récemment ignorer le nombre exact de livres vendus depuis 1965 et la publication de SAS à Istanbul, le premier de la série mettant en scène Son Altesse Sérénissime (SAS) le prince Malko Linge : "Sans doute entre 120 et 150 millions tous pays confondus", avançait-il.

Je republie aujourd’hui sa mandorisation datée du 30 janvier 2007.

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img569.jpg"Holà! Tu parles de Gérard de Villiers aujourd'hui!

Attention, terrain glissant!

Il est raciste et homophobe.

Il a dit des trucs chez Ardisson, j'te dis pas."

Je sais, j'ai vu.

D'ailleurs, je viens de le regarder de nouveau...

Ca me choque... j'avais oublié certains propos.

Mais, pourquoi ne pas accepter de le rencontrer?

L'homme m'a toujours intrigué.

Et la connerie n'est pas contagieuse.

Heureusement parce que j'ai déjà mon lot d'obscurité.

De toute manière, je ne peux pas m'en empêcher.

Chacun sait que l'homme n'est pas manichéen.

Le tout blanc ou tout noir, je n'y crois pas... donc j'aime me faire ma propre idée.

 

Petit, j’ai vu un documentaire dans lequel Gérard de Villiers dictait ses textes à une jeune fille… avec des gros seins, comme sur les couvertures de ses SAS. Je le trouvais libidineux. Personnellement, je n’ai jamais pu lire un de ses livres (sauf le dernier parce que je l’ai chroniqué) mais j’en ai toujours vu traîner à la maison.

Papa, c’est une chose que j’ai du mal à te pardonner !

Hier, je me suis donc retrouvé chez celui qui a vendu 150 millions d’exemplaires de SAS. Quarante ans d’histoire du monde, quarante ans d’évolution géopolitique sont rassemblés dans ces 166 volumes, publiés au rythme de quatre par an.

Ce mois-ci, l’auteur sort Rouge Liban. Je ne sais pas pourquoi la décision a été prise d’en parler dans mon magazine, mais évidemment, j’ai trouvé intéressant de le rencontrer…

Il m’accueille fort courtoisement, j'irais presque jusqu'à dire chaleureusement. Le salon est un musée. Statue de femme nue, toiles (de maîtres) et photos de jeunes filles aux poitrines généreuses… entre autres, mais c’est ce qui m’a sauté aux yeux !

medium_devilliers.jpgIl est toujours prolixe pour parler de sa production "littéraire".

Force est de constater que Gérard de Villiers est toujours bien informé. Si les nombreux voyages sont une source substantielle et fiable pour ses informations et ses repérages « mes livres reflètent 80% de la réalité », il n’en demeure pas moins qu’il a un réseau fourni d’amis, de journalistes et de diplomates pour bénéficier de connaissances supplémentaires et diffuser en douce ce qui se passe en coulisse...

-J’ai beaucoup d’amis dans le monde du renseignement. Ce n’est pas pour ça que je suis un espion à la solde de je ne sais quel pays ! Disons que je suis à la marge. Je suis immergé dans ce monde là, c’est ce qui donne de l’authenticité à mes SAS.

Dans SAS, il navigue à vue entre le sexe, l’espionnage, la réalité et la fiction. Le terrain et l’imagination sont les deux mamelles de son succès. Mais alors, quid de ses nègres?

-Tous les journalistes que je côtoie sur le terrain en rigolent encore. Dans les pays en guerre, je fais exactement le même travail qu’eux sur le terrain. Je ne sais pas d’où ça vient cette histoire de nègre.

La publication d’au moins un livre tous les 3 mois, peut-être ? 

Toujours à la pointe des évènements géopolitiques et à l’affût de ce qui fait sensation, l’auteur a vécu 1000 vies,medium_Sabreau.jpg même si parfois, il les invente. Récemment, Gérard de Villiers a sorti Sabre au clair et pied au plancher, une autobiographie « la plus exacte possible ! ». Pour la première fois, il enlève une partie de son masque, raconte sa période de journaliste, distille des anecdotes sur des célébrités rencontrées. Le premier chapitre explique son enfance.

-Mon père était absent, j’ai été élevé par ma mère et ses deux sœurs, j’aurais pu finir homosexuel…

Affligeante cette réflexion.

Au lieu de quoi, il voue un culte sans borne pour le corps des femmes.

-C’est génétique. On appelait déjà mon grand-père, « Divan le terrible »… Mon père s’est marié 4 fois, j’ai fait comme lui...

Plus loin, il justifie ses amitiés avec des gens et agents « troubles ». Par contre, aucun règlement de compte ni de révélation croustillante. « À cause des avocats ! ».

Courage, fuyons!

Villiers sort discrètement de l’obscurité et réduit sa part d’ombre à dose homéopathique. Il s’énerve pourtant quand on lui parle des intellectuels de gauche qui le rangent dans la littérature d’extrême droite.

-Tout ceci est complètement inventé. C’est ridicule ! C’est grotesque ! Je suis de la droite libérale, tendance Sarko, pas Chirac !

Il est content quand je lui affirme que ces derniers temps, il semble en voie de réhabilitation.

Ce qui est la vérité.

Je lis des papiers sur lui assez consensuels.

 

-Franchement, je ne sais pas. Là, je vois beaucoup de journalistes, tous aimables. Maintenant, j’attends la sortie des articles…

Chat échaudé craint l’eau froide. Il n’en reste pas moins une certitude, Gérard de Villiers n’est pas prêt d’arrêter d’écrire, de voyager, d’enquêter, de baiser.

-Vous savez, la retraite, c’est une invention des compagnies d’assurance pour gagner de l’argent !

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Je sens pour moi, qu’après ce cliché, il est temps de le laisser. Il est 15 heures, Gérard de Villiers baille souvent. A 75 ans, les z’héros (???) ont bien le droit d’être fatigués.