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03 juin 2013

Emma Solal : interview pour Robes du soir

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Pierre Faa est un auteur-compositeur interprète doublé d’un talentueux journaliste musical. Si je ne le connais pas très bien, quand nous nous voyions, on a l’impression d’être pote depuis longtemps. Bref, j’aime bien son travail et j’aime bien nos rencontres. Quand j’ai su qu’il avait travaillé (et pas qu’un peu) avec une jeune femme, Emma Solal, je me suis donc intéressé de près à son travail.

«  D’histoires d’amour, fragiles et mystérieuses, piquantes ou légères, du désir d’Italie, de la beauté tragique des fleurs, Emma Solal butine un jardin musical empreint de couleurs et de fragrances, oscillant entre langueur et facétie ».

Du coup, j’ai demandé à Pierre de me mettre en contact avec la chanteuse. Ainsi le 11 avril dernier, elle est venue à l’agence pour que nous fassions connaissance... (son site, ici).

emma solal,robes du soir,pierre mc faa,interview,mandorBiographie officielle, mais un raccourcie :

Emma Solal écrit, chante, rêve... Elle réinvente cette chanson colorisée qu'ont pratiquée Paris Combo, Pink Martini, Enzo Enzo… Il y a en elle des souvenirs de Saint Germain des Prés. On imagine bien cette longue fille brune et lunaire dans la bande à Gréco, époque Rose Rouge, entre Queneau, Boris Vian et Sagan. En même temps, Emma est radicalement de son temps, avec des émotions aussi diverses et spontanées que les couleurs de sa pochette.
Après le succès de sa résidence au théâtre des Déchargeurs, elle sort son premier album « Robes du soir » très encouragé par les internautes. Pour ce premier opus, Emma choisit sa bande, ses amis de musique, avec le talent pour toute considération marketing.
Ça s'appelle la liberté, la fraîcheur, le changement.

Hormis ses créations, il y a des chansons de Pierre Faa (son groupe Peppermoon a séduit l'Asie), un texte d’Éric Chemouny (auteur notamment de "Sang pour sang" d'un certain Johnny Hallyday), Giuseppe Cucè, des musiques de Joël Ducourneau, Charles Rouah...

À vous d'entendre son grain de folie, les saveurs de sa voix et le bel avenir qui l'attend !

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(Photo : Stéphane Chouan)

emma solal,robes du soir,pierre mc faa,interview,mandorInterview :

Comment a commencé ton histoire d’amour avec la musique ?

Ça a toujours été là. J’ai fait du piano toute jeune et j’ai poursuivi en chorale universitaire. Ma mère a toujours organisé des concerts de musique classique, donc j’ai toujours été bercée par cet environnement.

Tu tentes de vivre de ta musique aujourd’hui, mais tu as eu une autre vie avant de prendre cette décision.

J’étais économiste pendant longtemps dans des services de recherches économiques, mais tout en faisant de la musique. D’ailleurs, je suis partie en Italie pendant 4 ans pour faire ma thèse d’économie. C’est à mon retour que j’ai commencé à travailler avec des pianistes sur des répertoires de chansons, notamment celles de Serge Rezvani, Mireille, Dalida, des artistes comme ça. Je négociais des temps partiels avec mes employeurs de manière à gagner du temps pour la musique. Concrètement, j’ai mené de front les deux activités pendant 10 ans. Pendant ces 10 ans, j’ai vu que la musique prenait une place fondamentale, cruciale, vitale. J’ai donc fini par cesser l’économie pour me consacrer uniquement à la musique. Quand je suis partie de la banque dans laquelle je travaillais, la crise est arrivée, je pense qu’il y a un lien de cause à effet (rire).

Clip de "Robes du soir".

Il y a donc un moment où on ressent le besoin de choisir.

Oui, la vie est courte et on a tellement de belles choses à faire. Et puis, c’était deux activités un peu trop parallèles.

Tu as investi Les déchargeurs de mars à juin 2011.

C’était tous les samedis soirs. Et c’était complet tout le temps. Bon, cette salle ne peut contenir que 22 personnes, mais pour quelqu’un qui débutait, c’était déjà extraordinaire. La promiscuité avec le public, la chaleur qui s’en dégageait, j’ai adoré. Cette expérience a été très formatrice en tout cas.

Tu as rencontré Pierre Faa, 6 mois avant d’avoir signé le contrat avec la programmatrice du lieu.

Pierre est une rencontre fondamentale dans ma vie musicale. Il a écrit des chansons, paroles et musiques de plus de la moitié des chansons, mais il a fait aussi l’artwork, il m’a mis en contact notamment avec l’arrangeur qui est un de ses amis d’adolescence et les musiciens qui ont participé à mon album.

Quand on l’écoute, c’est le jazz qui domine, mais pas que. Ce que je trouve étonnant, c’est cette musique un peu « d’avant », finalement d’une modernité absolue.

C’est un peu à l’image de ce que je suis, je pense. Un peu antique et moderne. J’aime beaucoup de choses en fait. J’aime la « variété ». À la fin de mon album, il y a même une tendance electro. Je ne ferme la porte à rien. Il y a des chansons mélancoliques et d’autres plus up tempo, plus solaires… j’ai des origines italiennes par ma grand-mère, alors, le soleil est souvent là.

Clip de "A toi enfant".

Tu as fait appel à un site participatif, Ulule pour faire ton disque.

Grâce à Ulule, j’ai pu financer cet album sans problème. Il fallait 3500 euros… que j’ai eus facilement. Comme je te l’ai expliqué en évoquant mon parcours, ce n’est pas un caprice cette histoire de musique. Ça s’est vraiment ancré dans ma vie progressivement. Et je suis très persévérante, très déterminée. Ça a pris le temps que ça a pris, mais nous y sommes parvenus.

Ce disque est une très belle carte de visite pour se présenter aux gens, pour montrer l’étendue de ton travail.

J’y tenais vraiment, même si le disque n’est plus vraiment le sens de l’histoire.

Quand on t’évoque Saint-Germain-des-Prés, Gréco, Vian… c’est une époque dans emma solal,robes du soir,pierre mc faa,interview,mandorlaquelle tu aurais réellement vivre ?

J’aurais bien aimé, mais je suis bien aussi en 2013. Ce sont des références de chansons qui me touchent et avec lesquelles j’ai grandi.  Ce que j’aimais à cette époque, c’est une certaine légèreté et une audace. Ces chansons étaient plus distancées, ironiques, joyeuses, plus drôles même… on est aujourd’hui dans une époque anxiogène, à tous les niveaux, ce n’est pas pour autant que je suis passéiste. Je trouve juste qu’il y a beaucoup de choses aujourd’hui à réinventer, à proposer. C’est un challenge intéressant.

Il y a une chanson très poétique, « J’ai racheté la tour Eiffel ». Je crois qu’elle s’est fait repérer ailleurs qu’en France.

En Asie, elle figure sur une compilation distribuée en chine, Taïwan Hong Kong. Elle s’appelle French Café. Sinon, certaines de mes chansons ont été relayées sur des radios étrangères avec plus de facilité qu’en France. Espagne, Hollande, Angleterre, Pays-Bas. Il y a moins de catégorisation à l’extérieur. En France, j’ai l’impression que dès lors qu’on n’est pas clairement identifiable, tout devient compliqué. Les programmateurs hésitent à te diffuser, car ils ne savent pas dans quelle case te ranger.

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(Photo : Stéphane Chouan)

La question qui tue. Tu chantes pour quoi ? T’épanouir ou rendre les autres heureux ?

Les deux à la fois. Il y a quelque chose de très, non pas thérapeutique parce que ce n’est pas ça, mais de très essentiel dans ce rapport à la vibration, au corps, à la respiration… quelque chose de très basique qui vient des tripes. Chanter, c’est un accès au corps qu’on n’a pas forcément dans la vie de tous les jours. Au-delà de ça, le plaisir de partager, de proposer un univers. J’adore la scène et ses moments de partages autant avec les musiciens qu’avec le public. C’est émouvant de constater qu’il y a quelque chose qui passe dans ce qu’on a envie de dire. Ce sont des moments de vie uniques et incroyables.

Tu écoutes quoi chez tes confrères et consœurs  de la chanson française.

J’adore Barbara Carlotti, Clarika, la Grande Sophie, Loane, Nicola Son… mais aussi Arthur H, des gens comme ça.

emma solal,robes du soir,pierre mc faa,interview,mandorCe métier est-il difficile ?

C’est tellement agréable d’être dans son désir et faire des choses qu’on aime. En France, il y a un peu trop le discours comme quoi tout est difficile. Il faut travailler, il faut y aller, même si le climat est quand même très morose.

Tu recherches un tourneur, pas forcément une maison de disque.

J’ai l’impression qu’il y a des artistes qui perdent beaucoup de temps et beaucoup d’énergie a essayé de rentrer en contact avec les maisons de disque qui sont, elles même en difficulté. C’est peut-être dans l’autre sens qu’il faut le faire. Il faut proposer et voir si on peut capter l’attention de quelqu’un.

Es-tu positive pour l’avenir ?

Oui. Je crois aux chances que l’on se donne soi-même. Je crois au fait que quand on est dans son désir, le monde répond. S’il ne répond pas, ce n’est pas grave. Il y a plein d’autres choses à faire.

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02 juin 2013

Daniel Martinange : interview pour L'ouragan

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Lire Daniel Martinange est une expérience littéraire unique. On est blackbaboulé par son inclassable et remuant ouragan. Vous lirez, si vous l’osez, une histoire d’amour passionnelle, menée tambour battant (jamais expression aura été si proche de la réalité).

Le cinquantenaire Antoine, rencontre enfin la perle de sa vie, la sensuelle (et plus que ça encore) Bahia. L’ouragan (chez Stéphane Million Editeur) est l’histoire d’un amour fou qui va les mener au pire sur un rythme haletant (ah bon ! Vous aviez compris ?). Ce livre sans aucune fioriture, sans aucun temps mort, est un melting pot de petites histoires hantées par cette femme disparue. Antoine va croiser d’autres personnages tout aussi singuliers et paumés que lui. Une albinos perdue dans les méandres de la quête de l’amour, un Indien Navajo très particulier, une nymphomane qui se fout de ce que l’on peut penser d’elle, un fakir et sa planche à clous et des animaux qui parlent. Bref, ce roman est complètement dingue, mais addictif. Il m’a paru évident qu’une rencontre avec son auteur s’imposait. Ainsi, Daniel Martinange est venu à l’agence le 10 avril dernier.

daniel martinange,l'ouragan,editions stéphane million,interview,mandor4e de couverture :
Un premier roman à l’écriture qui tranche dans le vif - saccadée, syncopée. On se laisse embarquer dès les premières pages, dans une ambiance technicolor qui rappelle les films de Wim Wenders.

Antoine, cinquante ans, rencontre Bahia.
«Il l’avait rencontrée aux Baléares lors d’un voyage organisé, après le décès accidentel de ses parents. Elle beuglait des airs chaloupés dans un boui-boui à touristes. Dix ans de moins que lui, peau sombre, avalanche de cheveux noirs, croupe canaille, seins flambeurs, aisselles acides. La première fois il jouit très vite, en grognant. La seconde, elle lui mord le cou. Il l’avait ramenée. Pour le village : une extraterrestre. Pour lui : l’inespérée salvatrice.»

L’auteur :
Daniel Martinange habite dans la Loire. Il a publié de nombreuses nouvelles chez divers éditeurs. L’Ouragan est son premier roman.

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daniel martinange,l'ouragan,editions stéphane million,interview,mandorInterview :

Daniel Martinange, c’est un pseudo… Vous avez écrit sous votre vrai nom, il y a très longtemps.

Mon vrai nom de famille est le deuxième nom de famille français le plus courant et il y a déjà deux homonymes qui publient des livres. Il y en a un qui est prof à l’université de Poitiers et qui publie des ouvrages historiques. Et un autre qui publie des romans du terroir. J’ai cru bon de me distinguer d’eux. Martinange, c’est le nom d’un hameau proche de là où j’habite.

Mais, vous avez publié sous votre vrai nom, un recueil de poèmes en 1973, qui n’est pas passé inaperçu.

En effet, je l’ai publié chez Guy Chambelland. Le recueil s’appelait Amour de terres. J’ai remporté un prix de l’Académie Française qui m’a permis d’empocher un chèque de 500 francs (sourire). J’étais content, c’était la moitié de mon salaire de l’époque… J’ai eu pour cet ouvrage une superbe critique d’Alain Bosquet dans la NRF. Suite à cette critique, j’avais un deuxième recueil de nouvelles qui était terminé, on m’a mis en contact avec un éditeur de chez Gallimard, Jean Grosjean. Il était aussi membre du comité de lecture, secrétaire général de la revue NRF et était connu comme un grand poète chrétien. Il avait beaucoup aimé ce deuxième recueil et avait décidé de le publier chez Gallimard dans un opuscule que la maison d’édition sortait tous les deux-trois ans qui s’appelait Les cahiers de poésies. Ces cahiers regroupaient trois ou quatre jeunes poètes. J’avais été choisi pour être l’un d’entre eux, mais Les cahiers de poésies ont été finalement supprimés peu avant la publication dans laquelle je devais figurer…

Vous étiez fortement déçu, j’imagine.

Un peu. Du coup, je n’ai pas insisté dans la poésie. J’ai décidé de me lancer dans la nouvelle sous le nom de Daniel Martinange.

daniel martinange,l'ouragan,editions stéphane million,interview,mandorDes nouvelles de science-fiction.

J’ai commencé à écrire des nouvelles, mais je ne savais absolument pas qu’il s’agissait de nouvelles de science-fiction. Pour moi, c’était juste des nouvelles « fantastiques », qui relevaient de l’imaginaire. À l’époque, je n’avais jamais lu une ligne de SF, pas même Jules Verne que pourtant tout le monde avait lu dans sa jeunesse.

Des éditeurs ont commencé à publier vos nouvelles de SF en tout cas.

Bernard Blanc pour son fanzine, mélange d’écologie et de science-fiction, ainsi que pour les éditions Kesselring et aussi Yves Frémion, chez J’ai Lu pour une anthologie trimestrielle de science-fiction qui s’appelait Univers. (Note de Mandor : dans les n°15 en 1977 et 18  en 1978, pour les amateurs qui seraient tentés de les retrouver).

Ensuite, Bernard Blanc et Yves Frémion vous ont mis en contact avec d’autres éditeurs.daniel martinange,l'ouragan,editions stéphane million,interview,mandor

Oui, avec des gens qui préparaient des anthologies collectives chez Denoël, j’ai d’ailleurs publié deux nouvelles dans la collection Présence du futur et j’ai publié beaucoup de nouvelles dans leur revue Fictions. Par contre, on me disait à chaque fois qu’on aimait bien ce que j’écrivais, mais que ce n’était pas de la science-fiction, ce que je savais parfaitement. Je demandais ce que c’était, mais personne n’était capable de me le dire. Du coup, aucun éditeur de l’époque n’a souhaité publier le roman que j’avais écrit. Tout passait bien en nouvelles, mais le roman, lui, ne passait pas.

Vous avez aussi failli intégrer Fleuve Noir dans ces années-là. On est là à la fin des années 70, début des années 80.

Ça m’intéressait d’écrire des romans dits « populaires ». Ça tombait bien, Patrick Siry, le directeur littéraire du Fleuve Noir, voulait me voir. Il m’aurait bien recruté comme auteur maison, mais pour rentrer dans cette maison, il fallait fournir la collection Anticipation et la collection Spécial Police. À l’époque, j’étais employé de banque, je n’ai pas osé tout plaquer pour me lancer dans cette aventure risquée.

Paradoxalement, peu de temps après, vous avez démissionné de cette banque.

Au bout de 10 ans d’ennuis au quotidien, je ne supportais plus de travailler dans un bureau. Alors, je me suis remis à écrire des romans de science-fiction, mais ça ne passait toujours pas auprès des éditeurs. Alors, j’ai pris la décision radicale d’écrire.

Pendant 20 ans. C’est énorme.

Au début, je touchais des droits d’auteurs. Après, je suis devenu « nègre » et je faisais aussi des lectures de manuscrits dans une petite maison d’édition de Saint-Étienne. Après deux dépressions nerveuses graves qui m’ont empêché d’écrire, j’ai recherché un travail salarié. Mes droits d’auteurs, puis mes économies commençaient à chuter. Je suis marié, je ne voulais pas être à la charge de ma femme. À l’époque, j’habitais à Saint-Étienne et j’achetais un quotidien national qui s’appelait Le Matin de Paris. Je me suis rendu compte qu’il n’avait pas de correspondant dans la Loire. Je les ai appelés pour proposer ma candidature. Ils ont accepté. C’est comme ça que j’ai commencé à faire du journalisme. Dans les mois qui ont suivi, je suis devenu correspondant de la région Rhône-Alpes de L’évènement du Jeudi. J’ai fait par exemple 3 pages sur l’art moderne à Saint-Étienne.

Après, moment de gloire, vous avez travaillé pour Le bois national, l’hebdomadaire  national de la filière bois.

Oui, et je suis surtout devenu correspond du Monde grâce à Bruno Frappat qui a lancé les pages Rhône-Alpes.

daniel martinange,l'ouragan,editions stéphane million,interview,mandorEt aujourd’hui, vous êtes revenu dans le monde de la littérature.

Je ne pensais pas pouvoir recommencer à écrire, mais j’ai quand même décidé de faire de la littérature générale. Ça a donné L’ouragan, livre pour lequel vous me recevez aujourd’hui. Stéphane Million a programmé mon deuxième roman au mois de mars 2014.

Vous êtes très à l’aise dans la littérature générale, si j’en juge ce livre brillant.

Mais je serais aussi à l’aise dans la littérature de l’imaginaire. J’ai du mal à laisser tomber cet aspect-là de mon écriture, même si ce n’est pas celle qui est mise en avant en ce moment. J’aime la littérature réaliste quand c’est du polar ou du roman noir. J’adore Nadine Monfils par exemple. Parce qu’en plus, elle ajoute une dose d’humour non négligeable. J’aurais bien aimé être l’auteur de certains de ces ouvrages (rires). C’est un réalisme très exagéré, donc souvent drôle.

C’est intéressant ce que vous me dites là, parce que dans L’ouragan, tout n’est pas toujours « réaliste », justement. Votre écriture et vive et complètement folle. À la limite du surréalisme…

Je n’ai aucune culture classique. Les seuls auteurs du 19e siècle que j’ai lu sont Rimbaud et Baudelaire. Mais pour moi, ce ne sont pas des auteurs classiques, ce sont des auteurs modernes. Ce qui m’intéresse dans la littérature, c’est ce qui s’écrit aujourd’hui. Enfin, la littérature du 20e et du 21e siècle. Albert Camus et Paul Morand en font partie. Vous me dites que  L’ouragan est surréaliste, je ne suis pas d’accord. Il est pour moi est un roman très réaliste. C’est comme Paris. C’est un bordel monstre, mais il y a plein de choses intéressantes et notamment sur le plan culturel. Mon roman, c’est pareil, vous découvrirez beaucoup de choses dans ce bordel, il vous suffit juste de prendre un peu le temps pour visiter avec attention, pour gratter pour découvrir ce qu’il y a derrière les lignes. Mon roman, c’est la vie, la société, le monde… bref, un bordel monstre.

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Critique dans le magazine ELLE ( 22 juin 2012).

Tous les personnages sont à la fois insensés et « borderline ». Ils n’ont peur de rien.

Dans la vie, il ne faut avoir peur de rien, sauf de la bêtise et de l’ignorance. Moi, ce sont les deux seules choses qui me font vraiment très peur. Les drames qui arrivent dans le monde depuis quelques décennies viennent de ça.

Votre héros principal, Antoine, est pourtant complètement inculte et ignorant.

C’est vrai, mais il est intelligent. Il a une intelligence sauvage. C’est aussi un écologiste abrupte. À 50 ans, il s’est rendu compte qu’il s’emmerdait dans sa vie. Il est tout seul, sans relation sentimentale, donc, sans relation sexuelle, sinon tarifée et la masturbation devant la télé. En plus, il s’emmerde dans son boulot qui le rend esclave. Je raconte l’histoire de ce type qui explose, qui sort de lui-même grâce à la jolie Bahia.

Grâce ou à cause. Au début du roman, il finit par tuer Bahia et son amant. Il rencontre ensuite une jeune fille, Hélène, avec laquelle il s’enfuit en Argentine, une Patricia déboule dans leur vie, il part aux États-Unis, il monte un élevage de zébu pour faire de la mozzarella… je schématise l’histoire, mais tout va très vite.

Ce qui est important aussi, c’est sa rencontre avec le patron d’un ranch, un indien Navarro. Antoine est un petit paysan qui se trouve plein de points communs avec cet indien si différent de lui à la base. Notamment l’amour de la nature et le fait de se sentir bien avec les arbres et avec les animaux.

daniel martinange,l'ouragan,editions stéphane million,interview,mandorOui, il est beaucoup question d’animaux d’ailleurs.

Je ne fais aucune différence entre l’espèce humaine et l’espèce animale. La différence, c’est juste la culture et la conscience d’être mortel. Nous sommes des singes, nous descendons du singe et plus précisément, comme l’a confirmé une équipe de chercheurs américains, des bonobos. D’ailleurs, savez-vous comment font les bonobos pour résoudre les conflits ?

Oui, ils copulent. Enfin, ils font l’amour…

C’est ça. Je trouve très burlesque que nous descendions des bonobos. Nous ne sommes rien d’autre que des singes améliorés. Tout ça pour vous dire que j’aime autant la vie humaine, que la vie animale, que la vie végétale. Je place tout à la même échelle de valeurs.

Daniel Martinange est un auteur qui fait voyager le lecteur…  

J’aime beaucoup le film de Wim Wenders, Paris Texas, c’est même un film culte. Les thèmes de l’errance et du nomadisme sont pour moi très importants. Je pense que nous sommes tous des nomades qui ont été sédentarisés soit par la force, soit volontairement. Je pense que l’attirance de beaucoup de gens pour la littérature, le cinéma ou la musique, c’est le nomadisme. Ces formes d’expression artistiques font voyager. On est extirpé de soi, on sort de là où on est. C’est essentiel pour traverser nos vies réelles. Une soupape obligatoire pour ne pas se flinguer.

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01 juin 2013

Marie Cherrier : interview pour la sortie de Billie

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(Photo: Jean-Marc Lubrano)

3 ans qu’on n’avait pas eu de nouvelles de Marie Cherrier. Elle manquait. L’amateur de chanson française suit cette jeune femme depuis la sortie de son premier album, Ni vue ni connue, en 2004. Je l’ai déjà mandorisé à l’occasion de son album Live à La Cigale. Je m’étais amusé à expliquer pourquoi je l’aimais (l’artiste, évidemment, mais j’avais laissé planer le doute).

Marie Cherrier est passée à l’agence le 8 avril dernier pour évoquer son 3e disque studio Billie (dans les bacs depuis le 27 mai dernier). Comme d’habitude, j’ai passé un bon moment…

Marie-Cherrier-3-JM-Lubrano.jpgBiographie officielle (et un peu raccourcie):

Marie Cherrier, auteur-compositeur-interprète de la scène française grandit à Onzain (Loir-et-Cher). À 17 ans elle se produit dans des bars pour interpréter ses chansons, et complète son répertoire en reprenant Renaud et Serge Gainsbourg.
Elle enregistre son premier album Ni vue ni connue en 2004, réalisé par Jean-François Delfour (compositeur de Caroline d’MC Solaar et directeur artistique des Rencontres d’Astaffort auxquelles Marie participe).
Début du succès : elle est invitée au journal de France 2, France Inter, dans les grands festivals (Printemps de Bourges, Francofolies, Alors Chante à Montauban…), dans les salles parisiennes (Casino de Paris, Trianon, Bataclan…), et en première partie de Francis Cabrel, Juliette Gréco, Thiéphaine, …
Distingué par le coup de coeur de l’Académie Charles Cros et les 3 clés de Télérama : l’album Ni vue ni connue se vend à plus de 20 000 exemplaires.
Alors quoi? Son deuxième album, sort en 2007. Plus grave, avec un regard sans concession sur le monde (et avec une chanson coup de poing pour réveiller Renaud). La tournée continue en France, en Europe, ainsi qu’au Maroc, Laos, Colombie…, et se termine sous les acclamations du public à la Cigale en mars 2008. Cette soirée est enregistrée, et gravée dans un Live à la Cigale.

En 2010, Marie décide de prendre du recul et observe le monde changer.
Elle fait une rencontre déterminante avec Michael Désir, batteur de renom. Il  lui propose une collaboration musicale et devient co-compositeur et réalisateur de son nouvel album.
Portée par des musiques pop, la fougue revient de plus belle. Marie créé un personnage sauvage, audacieux et iconographique qui incarne la liberté : Billie.

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DSC0743nn5.JPGInterview :

Billie est un personnage fictif. Pourquoi as-tu endossé la peau de ce personnage qui est toi et pas tout à fait toi ?

Elle est plus que moi. Plus extraordinaire. Moi je suis chanteuse, auteur-compositeur interprète, Billie, elle, est plus une femme d’aventures. Tout ce qu’elle est, c’est ce que j’admire chez une femme, du coup, j’essaie de lui ressembler. Elle est ce que l’on ne peut pas être parce que sinon, on n’aurait pas de vie sociale correcte. Ce personnage est sans limites, un peu mystérieux et solitaire. Moi, j’aime la solitude, mais j’aime aussi  les gens, l’amitié… Billie, en fait, c’est plus une attitude, un charisme qu’une vraie personne. C’est un modèle d’attitude pour récupérer un peu de fierté qui me manque terriblement. C’est aussi pour se souvenir qu’être entier, c’est être vivant. Billie personnalise la vie. Il ne faut pas oublier les sentiments les plus puissants que l’on a. Elle, elle s’assume pleinement. Billie, c’est la sauvagerie d’un être.

Dire que Billie n’est pas toi, ça permet de dire beaucoup plus de choses dans ton album… bien que tu n’as jamais eu la langue dans la poche dans les disques précédents.

Je n’ai jamais eu l’habitude de planquer mes sentiments, même sous mon nom… c’est dans l’ordre des choses. Billie, c’est un nom et un être plus sauvage, un peu androgyne. Moi, je me suis bien reconnu dans Lucky Luke, un homme peut bien se reconnaître dans Billie.

Billie est présentée comme sauvage, libre, révoltée, j’ajoute rebelle. Je persiste à dire 431835_356012727831706_943301722_n.pngqu’elle te ressemble au moins en partie. Derrière tes textes, que je connais bien et depuis longtemps, c’est la trace de toi qui est restée en moi.

Disons que c’est ma petite sœur Billy. Mais sans limites. C’est marrant que tu me parles de « laisser une trace ». C’est quelque chose à laquelle je n’ai jamais pensé. Sauf depuis cette année en fait.  J’ai presque 10 ans de carrière. J’ai écrit mon premier disque à 18 ans, j’en ai 28 aujourd’hui. Après m’être arrêté à peu près 3 ans et que je constate que, lorsque je reviens, il reste encore des gens qui sont encore là à m’attendre, je me rends compte que mes chansons ont vécu. Je n’avais pas la notion de durée dans le temps et d’impact à long terme. Dans mes chansons, j’ai toujours envie de laisser une petite philosophie de vie, tant mieux si elles perdurent, alors.

D’ailleurs, quel regard as-tu sur tes deux premiers albums studio ?

J’ai beaucoup de tendresse pour eux. Je m’aperçois que ce que je pense et fais aujourd’hui est juste une continuité de ce que je faisais avant. Je n’ai pas changé radicalement de vision des choses. J’ai toujours chanté des histoires de choses cassées par un réel trop dur. Je suis assez contente et fière d’avoir laissé des chansons comme celles-ci. Pendant qu’elles existent, moi, je continue à évoluer, à progresser.

Billie a plein de valeurs.

Elle est attachée à des choses puissantes. L’amour, la passion… et puis aussi la violence, là aussi c’est puissant. Je le répète, elle est comme ça, un peu extrême et radicale parce qu’elle veut se sentir vivante.

Mais, toi non plus, j’ai l’impression que tu ne fais pas les choses à moitié.

J’aime bien aller au bout des choses, je ne m’arrête pas avant. Juste, si j’étais comme Billie, je n’aurais plus d’amis parce qu’elle est trop extrême dans sa passion. Elle en devient égoïste. Dans la vraie vie, il faut composer, il faut faire attention. Moi, j’essaie d’être au maximum telle que je suis réellement, mais ce n’est pas toujours possible de lutter contre les conventions. Il faut être extrême, comme il faut être réservé. Elle n’a pas ce côté réservé, elle n’y pense pas, elle n’a pas ce côté dans sa vie.

"La cavale" (Live aux 5 Baudets le 7 mai 2013)

Dans la chanson « La cavale », dans laquelle tes inspirations gainsbouriennes sont marquées, c’est une déclaration d’amour nerveuse, mais alors, pas du tout gnangnan.

Je n’aime pas le gnangnan. J’ai toujours balancé mon côté très féminin avec des mots un peu tranchés. J’ai des références très masculines en termes de chansons et de textes. J’ai peu d’idoles féminines. À part peut-être Édith Piaf. Dans l’écriture, je l’ai toujours dit, ceux que je respecte sont Renaud, Brassens et Brel. Du coup, mon vocabulaire est très masculin et m’empêche donc de tomber dans le côté gnangnan, comme tu dis.

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(Photo : Fifou)

« Collée à ta bouche » est aussi une chanson aussi gainsbourienne, mais surtout très… charnelle.

Là, j’ai pris une autre direction. Je suis très contente d’avoir ce genre de morceau, parce que cela exprime de façon différente une histoire d’amour. Jusqu’à présent, j’étais plus terre à terre. C’était toujours sous forme de petite comptine. 

La chanson « Billie brouillard », fait-elle référence à « La ballade Willy Brouillard » de Renaud ?

Pour le titre, oui, il y a une légère inspiration (sourire). Cependant, la chanson n’a rien à voir et c’est peut-être celle qui ressemble le moins à mes chansons inspirées de son œuvre. Dans cet album, c’est « T’es où » qui se rapproche le plus de lui. Je ne peux pas dire le contraire, il y a toujours eu un peu de Renaud dans mon travail.

Clip de "T'es où?"

Parlons de « T’es où » justement.  Qui sont les « bandits honnêtes qui changeaient la vie » ?

J’ai écrit cette chanson en 2008 et il y a encore des révolutionnaires en 2013, heureusement. Mais en 2008, je n’avais pas encore internet, et je me demandais où ils étaient passés. Je croyais qu’ils étaient tous morts. J’ai toujours eu besoin d’aimer les grands hommes,  les grandes personnalités, que ce soit en chanson, en cinéma, en politique… des gens pour qui on a envie de dire « je suis avec toi, je pense comme toi ». Ces gens m’aident à être plus exigeante avec moi. Il y a des êtres humains qui savent dire et faire les choses, qui savent mener, qui savent faire rêver, qui savent porter plus haut. Ça, ça m’a toujours fasciné, porté et aidé tous les jours. Là, récemment, il y en a un qui vient de mourir, Hugo Chavez.

Hugo Chavez ? Je suis étonné.marie cherrier,billie,mandor,interview

Oui, je lui ai dédié  « T’es où ». Tous les grands personnages sont décriés. Comme je n’écoute pas les médias et que je vais voir les vidéos à leur source, du coup, j’ai écouté des discours entiers. Je peux affirmer que cet homme-là m’a beaucoup touché. Et bien avant qu’il ne meure. C’était quelqu’un que je respectais énormément et que je respecte encore. Il me donne envie de continuer à lever le poing.

Tu as dû être révolutionnaire dans une autre vie !

Je respecte les grandes idées et les philosophies de vie qui font que ça avance.  On peut espérer autre chose que la médiocrité ambiante.

Mais, dans la vie, on est tous un peu médiocres et on n’y peut rien.

Oui, mais chacun peut prendre la décision de s’élever. Les gens, effectivement, c’est médiocre, l’individu, pas du tout. Chacun à son libre arbitre pour faire le bien, au moins un peu, et ne pas se laisser bouffer par la médiocrité.

"J'm'appelle Billie" (clip officiel signé Neels Castillon)

Michael Désir, batteur de renom, est devenu co-compositeur et réalisateur de cet album. Une vraie collaboration artistique qui a rendu ce disque carrément rock parfois. Du coup, ta façon de chanter est sensiblement différente sur certains titres.

Oui. C’est plus d’exigence encore. En travaillant ensemble, on a mélangé deux mondes. Moi, je viens de la pure chanson française et lui, plus de la pop. Michael a baigné dans Michael Jackson, Toto et compagnie. Il a joué aussi bien avec Keziah Jones, Ayo qu’avec Obispo ou Christophe Maé. Il y avait quelque chose à trouver pour que l’on puisse travailler ensemble. Ça passait aussi forcément par un travail sur la voix. Là, il y a une place énorme pour la rythmique, donc c’était une autre façon de placer le chant. J’ai laissé une place aux chœurs, ce que je n’avais jamais fait avant parce que c’est moins dans la tradition de la chanson. Il fallait trouver le bon mélange et le bon dosage. Il a fallu que je défende d’où je venais, tout en étant très attirée par le monde de l’autre, en voulant même me l’approprier, mais du coup, en faisant attention de ne pas perdre ce qu’on a à apporter. Ça a été délicat à ficeler et en même temps, très naturel. Ce qui est marrant, c’est que les compositions ont été faites très vite, mais c’est dans la réalisation qu’il a fallu faire attention. Ça m’a apporté énormément. J’avais beaucoup à apprendre musicalement parlant.

marie cherrier,billie,mandor,interviewIl y a une discipline de vie à acquérir quand on fait un album.

Oui, mais avant, je n’en avais aucune conscience. Ma discipline de vie, c’était vivre et en profiter. Je n’avais aucune barrière. 

Tu ne fumes plus par exemple ?

Je fume beaucoup moins et je ne garde que les cigarettes qui vont me faire vraiment plaisir. Certains, après m’avoir vu sur scène, m’en ont fait la remarque. Quand je vois dans quel état est Renaud, je suis triste pour lui. Il a manqué de quelqu’un qui lui dise de se calmer à ce niveau-là. Moi, de toute manière, mes modèles ont toujours été des gens qui se détruisaient… Entre Gainsbourg et Renaud, tu vois de quoi je parle ? Je ne veux pas tomber dans un trip autodestructeur pour pouvoir continuer à créer et m’exprimer sur scène.

marie cherrier,billie,mandor,interview

C’est marrant parce qu’avant que je reçoive ce nouvel album et que l’on se voit ici aujourd’hui, je me demandais ce que tu étais devenue.

Moi aussi, je me demandais quand j’allais revenir (rires).

Pourquoi ce long moment de silence ?

Ma rencontre avec Michael Désir m’a un peu fâché avec le monde de la chanson. J’étais fâché contre le manque d’exigence, de travail, du laisser-aller des artistes.  C’est un travail d’écrire des chansons, si on ne va pas au bout, il y a plein de choses qu’on laisse passer. J’étais fâché que tout le monde trouve tout sympa et que tout le monde s’en contente. J’étais ravie, du coup, de tomber sur quelqu’un de très exigeant autant avec lui-même qu’avec les autres. J’ai pris du recul et je reviens plus apaisée par rapport à ce métier. Avec Michael, on a eu la même ambition démesurée de travailler à tout prix sur quelque chose, jusqu’au bout, et le penser un peu large. On a refusé la facilité ou le commercial. C’était une grande aventure menée par deux grands amoureux de la musique. J’espère que le public sera touché.

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Pour découvrir (ou redécouvrir) cette artiste, si vous habitez à Paris ou en région parisienne...

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Bonus: le point de vue de ma copine es blog musical Le blog de la blonde (qui est allée la voir aux 3 Baudets).

Les éditions du Chemin de Fer et Mercedes Deambrosis invité de "La virgule du printemps" à Ozoir la Ferrière

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C’est la deuxième année que j’anime La Virgule de Printemps à Ozoir-la-Ferrière organisée par Luc-Michel Fouassier (qui est déjà à l’origine du Salon du livre de la ville). L’année dernière, l’invité principal était François Bégaudeau (voir là). Cette année, Luc-Michel a pris des risques en n’invitant pas une personnalité médiatique. Il faut prendre des risques, sinon, les choses n'avancent pas. Il a choisi de mettre en avant une maison d’édition qu’il aime beaucoup. Les éditions du Chemin de fer, éditent, depuis 2005, des textes courts illustrés par des artistes contemporains. Les deux éditeurs de cette maison, François Grosso et Renaud Buenerd étaient donc présents, accompagnés de l’une de leurs auteures fétiche Mercedes Daambrosis.

Pour annoncer l’évènement, la ville avait placé des affiches absolument partout…

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Pendant cette rencontre (dont le public se comptait sur tous les doigts de trois mains, malgré la campagne d'affichage, donc), on a appris notamment (je résume) qu’"à chaque nouveau projet, chaque nouvelle rencontre doit savoir enthousiasmer et participer à la réponse à ces questions: pourquoi des mots, comment des images, pourquoi un livre ?"
"Les éditions du Chemin de fer proposent à des auteurs ayant déjà publié la mise en image d'un texte inédit par un plasticien, rééditent également des textes épuisés, inédits ou méconnus du patrimoine littéraire". La rencontre a duré une heure, alors, évidemment, nous avons abordé de nombreux sujets dont les relations auteurs/éditeurs, la fabrication d'un livre, les choix éditoriaux, les difficultés économiques d'une maison d'édition, comment être et rester original, l'écriture de ce type d'ouvrage, le choix du plasticien pour tel ou tel livre...

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Quant à Mercedes Deambrosis, dont j’avais fait la connaissance lors du dernier Salon du livre de Provins, ce que j'aime chez elle, c'est qu'elle se distingue par sa plume assassine. "Elle dénonce les faux-semblants que nous imposent la société, les masques que nous sommes tenus de revêtir" (si, si, même vous !)

"Et si l’Espagne de ses origines est souvent la scène de ses romans et nouvelles, c’est sans doute parce que là, plus qu’ailleurs, le carcan de la religion, de la bourgeoisie, des apparences a pesé et pèse encore".

"Ayant vécu les heures sombres du franquisme, Mercedes Deambrosis prend donc souvent l'Histoire d'Espagne comme décor de ses livres. En 2004 elle publie un recueil de nouvelles, La promenade des délices, relatant la vie quotidienne sous la guerre civile espagnole, et un roman, Milagrosa, traitant de l'emprise du pouvoir du Caudillo sur les Espagnols".

"Pour Mercedes Deambrosis, la vie est un théâtre où les existences sont vouées à l’aliénation. Le dialogue, la communication sont alors le seul moyen qui reste à ses personnages pour ne pas faire face à la vacuité de leurs vies".

L’essentiel de ses romans est publié chez Buchet Chastel et récemment, elle a sorti un thriller aux éditions La Branche.

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Après la rencontre, les signatures... Ici Mercedes Deambrosis et un de ses éditeurs, Renaud Buénerd. L'un à illustré l'histoire de l'autre dans Rien de bien grave. Oui, un éditeur peut aussi être peintre/plasticien/illustrateur.

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Photo souvenir. A mes côtés, Renaud Buénerd, François Grosso (les deux éditeur des Editions du Chemin de Fer), Mercedes Deambrosis (l'auteure) et Luc-Michel Fouassier, l'organisateur de l'évènement (avec lequel je travaille depuis près de 5 ans).

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Dernière minute (et c'est une sacrée belle coïncidence): La Société des Gens de Lettres a décerné deux jours après cette rencontre ses Grands prix de printemps 2013. Les Editions du Chemin de Fer viennent d'obtenir un prix notable : Le grand prix SGDL de la nouvelle à Annie Mignard pour La fête sauvage (vu par Emmanuel Tête).

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