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05 mars 2008

Staël... human pop!

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 Le groupe Staël, il est clair que je ne pouvais passer à côté… cela fait des mois que je reçois dans ma boite aux lettres différentes versions de leur premier album. Des CD 5 titres, d’autres complets, mais pas définitifs et encore des non mastérisés… bref, tout ça pour dire que la maison de disque semble croire à la destinée de Staël. Visiblement, elle mise sur eux.

 

Ce n’était pas la peine d’insister, moi, tout de suite, j’ai mis le premier envoi dans ma pile : « à traiter ». J’attendais juste la sortie officielle. Puis, pris par tout plein de trucs à faire, j’ai laissé passer la sortie. Alors, aujourd’hui, je me rattrape parce que cet album est beau.

 

Une collection de chansons passant volontiers du pastel d’une pop nerveuse ou d’une folk enflammée à l’esquisse d’une chanson simple, intense et dépouillée. On sent dans ce combo grenoblois une solide culture rock et un goût prononcé pour la littérature.

 

Une présentation de Staël s’impose :

C’est d’abord Yann Rambaud (chant-guitares et tous les textes), Julien Silvano (basse-guitares-harmonica), Marc Di Malta (batterie, guitares, Claviers) et Damien Monet (guitares, claviers, basse, chœurs).

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J’ai rencontré le leader et créateur du groupe, il y a quelques semaines dans un hôtel de Belleville. J’ai habité longtemps dans ce quartier, je ne savais pas qu’il y avait un endroit comme ça Rue Louis Bonnet. On en apprend tous les jours.

Yann Rambaud est un type souriant. La tête bien faite et bien vissée sur les épaules. Humain, quoi. Normal.

Comme l’univers de Staël.

 

-J’ai été éducateur pendant 10 ans. J’ai bossé avec des cas sociaux, des gens dont le handicap était lourd, des prostitués, bref, pour beaucoup, des cabossés de la vie. Ces années ont une incidence évidente sur mes textes de chansons.

Yann a écrit un disque généreux, sincère et authentique. Il se refuse tout cynisme ou autre ironie facile…

-Sur le cynisme, on ne construit rien. Plus que la méchanceté ou d’autres défauts humains, le cynisme est en pole position du sale côté humain.

Bien sûr, expliqué ainsi, on pourrait penser que ce discours ressemble au message véhiculé par l’Ile aux enfants. Non, parce que la gravité est présente, les travers de l’Homme ne sont pas mis à la corbeille de l’indifférence. Avec la poésie, on peut dire beaucoup de choses. Cet album est léger, mais intense.

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Yann m’éclaire un peu plus.

 

-Un disque, il ne faut pas l’absorber à la première écoute. Il faut y revenir pour s’imprégner. C’est comme la nourriture, il ne faut pas que soit trop sirupeux, trop sucré. Si on a tout de suite le goût, on est vite écoeuré. Notre musique, nous souhaitons qu’elle se déguste pour aller jusqu’à l’âme. L’âme est toujours enfouie très loin, c’est donc un long parcours…

N’allez pas croire que ce disque est inaccessible. Cette pop simple et efficace touche au cœur sans qu’on s’en aperçoive tout de suite. Curieuse sensation, je vous assure.

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Staël cultive volontiers une finesse et une subtilité toute féminine. Et les femmes hantent d’ailleurs souvent jusqu’aux titres même des chansons : Héloïse, Anna relève-toi ou Magdalène et moi, Un bouquet de fleurs pour Lucy.

 

-Il y a une certaine féminité dans ce disque. On exprime notre fascination de la femme par son exploration. Et puis, il faut bien le dire les choses, les hommes sont en perte de repères. On ne sait plus comment se positionner. Ce sujet là, s’il n’est pas original, m’inspire beaucoup. Il me permet aussi de révéler la part de féminité qui est en moi.

Et comme une femme, il est très instinctif.

-C’est marrant que tu me dises ça, parce qu’effectivement, je travaille de manière très instinctive. Et puis je n’écris jamais le texte avant la musique. La musique va m’inspirer les mots. Je me laisse porter, absorber par elle.

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Je dis à Yann Rambaud que je trouve qu’il devrait écrire pour d’autres artistes. Je ne croyais pas si bien dire…

-J’en ai extrêmement envie aussi. Des gens de ma maison de disque m’ont dit qu’il y avait une pénurie d’auteurs en ce moment. Ils partent tous peu à peu et la nouvelle génération d’auteurs ne parvient pas à les remplacer complètement. Je vous assure, les éditeurs ont du mal à trouver des personnes qui sachent vraiment écrire des textes pour chansons. Moi, j’aimerais travailler avec quelqu’un, mais pour un album entier. Un peu comme le fait Benjamin Biolay.

Voilà, je ne vais pas faire un long discours sur ce groupe. Il me fait juste penser à un slogan très mitterrandien: La force tranquille.

Staël, c’est tout à fait ça.

 

Pour clore cette note, voici leur MySpace... allez, je vous laisse découvrir leur premier clip, La disgrâce.

 

04 mars 2008

Une Cascada de plaisir!

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Savez-vous faire le grand écart ?

Moi oui et j’adore ça !

Le grand écart rédactionnellement parlant, bien sûr.

Qui peut oser enchaîner deux notes aussi aux antipodes l’une de l’autre ?

De Rodolphe Burger à Cascada vous trouverez un isthme de Gibraltar informatif.

Bon, vous, je sais bien, vous ne connaissez même pas cette Allemande qui chante sur de la dance music depuis bientôt deux ans et qui cartonne dans toute l’Europe.

Mais, appelez vos petits frères et vos frangines adolescentes, voire vos enfants… (Oui, il y a des vieux croûtons comme moi qui passent ici, je suis au courant.), vous constaterez qu’ils connaissent.

Pour votre culture personnelle, voici son MySpace français.

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Donc, quand l’attachée de presse m’a proposé de rencontrer Cascada, je ne vous cache pas que j’ai hésité (au moins 2 secondes). Les puristes de la musique rock, pop, les amateurs de la jolie chanson française, les mélomanes de tout poil allaient m’assassiner (rien que ça !), c’était sûr !

Ce 30 janvier 2008 (je n’avais pas encore rasé mon bouc pour cause de carrière gigantesque dans le monde du 7eme art !), je débarque à l’hôtel Duret (décidément, c’est un endroit ou je rencontre des vedettes étrangères). Mince, ma traductrice n’est pas encore arrivée…

-‘tain, Marine, kess tu fous ????

-Ben, je n’ai que deux minutes de retard !

-Oui, mais ils sont en avance et m’ont déjà baragouiné des trucs dans une langue inconnue. J’ai rien compris…

-Euh... Mandor, ce n’est que de l’anglais !

-Ah, c’est de l’anglais ! Peuvent pas causer la France , comme tout le monde !

(NDLR : Aucune traductrice bénévole et sympathique (et jolie) n’a été maltraitée. Ce dialogue est un dialogue fictif écrit dans le seul but de vous faire sourire et je suis sûr que le but est atteint (comme une tarte) parce que l’humour déployé ici est absolument irrésistible.)

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Donc, ce que je savais de Cascada.

C’est qu’en 2007, elle avait fait sensation avec deux singles : Miracle et Everytime we touch (cliquez sur les titres pour voir les vidéos).

Vous vous en souvenez, hein ?

Oui.

Merci d’être poli.

 

Ils s’étaient vendus à plus de 450.000 exemplaires et se sont classés respectivement nº 1 et nº 2 du Top Ifop (je mets au défi quiconque de vérifier cette info que j’ai piqué dans un argu envoyé par la maison de disque mais que je prends pour argent comptant parce que dans mon pays imaginaire, le marketing n’existe pas.) Son premier album a été couronné de succès puisque disque d’or il fut.

J’ajoute que Cascada a été récompensée aux World Music Award 2007 dans la catégorie Best selling artist from germany, ce qui en jette un max, avouez-le !

Que puis-je vous dire encore sur cette jeune allemande ?

Que je la rencontre, car elle sort son deuxième album.

Perfect Day, il s’appelle.

Et, il y a déjà un clip de son nouveau tube, What hurts the most, qui tourne partout.

 

 

J’ai fait une interview, peut-être faut-il que j’en parle.

Je ne sais pas.

J’ai un peu peur de vous bouleverser. Une crainte que vous regardiez le monde d’une autre manière. Telle n’est pas la vocation de ce blog… moi, je veux juste vous instruire, rien de plus.

Ahem…

Donc, je demande à Natalie Horler (c’est le nom de la chanteuse du groupe) pourquoi, elle se présente seule sur scène ou à la télé alors qu’il s’agit d’un trio.

(Étudiants en journalisme, prenez des notes, je vous prie. Admirez ce qu’est une interview rondement menée.)

 

-Il a été décidé que je sois la seule représentante du groupe Les autres ne montent pas sur scène. Manuel Reuter et Yann sont des producteurs dj’s… des hommes de l’ombre.

(La réponse est claire, nette, sans bavures. Je me prosterne devant tant de talent.)

A moi d’être à la hauteur des réponses.

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Je poursuis mon travail de journaliste d’investigation.

Je demande à Marine de lui traduire cette question essentielle. Se remet-elle de ce succès mondial et si soudain ?

(Non, je ne donne pas de conférences, ni de cours sur l’art d’interroger des artistes qui ont des choses à dire, je garde ça pour moi. Est-ce que quelqu’un a déjà donné la recette du Coca-Cola ? Non. Ben, là, c’est pareil…)

 

-Ca n’a pas été si immédiat que cela. Avant de se faire connaître, on a tourné 3 ans et demi. Il n’y a que depuis presque deux ans que l’on cartonne.

(Voilà par l’exemple une preuve qu’il faut tenir ses fiches à jour.)

Sinon, peut-elle me raconter son passé parce qu’au fond, personne ne sait rien sur elle.

Et c’est parfaitement dommageable pour la bonne marche du monde.

 

-J’ai grandi en Allemagne, mais de parents anglais. J’ai toujours aimé la musique. Je chantais dans la chorale de l’église puis dans les cocktails (Marine, tu es sûr qu’elle a bien dit « cocktails « ? Oui ? Ah bon !), ensuite, j’ai travaillé dans des studios et rencontré des dj’s et des producteurs. Le projet Cascada est né ainsi.

Quand je pense que j’allais m’apprêter à lire tout Schopenhauer ! Je me contente de demander à sa compatriote si elle ne souhaite pas sortir de la barque Cascada.

(Parfois, il faut prendre des risques, être insolent, mais toujours garder le sourire. Tout passe mieux en gardant un visage avenant. Notez, notez…)

 

-J’ai 26 ans, je suis encore jeune. Je n’ai pas encore de projets précis pour l’instant. Mais, dans 10 ans, si je continue de chanter, il est fort possible que je fasse quelque chose dans un registre différent.

Comme il faut bien l’interroger aussi sur la raison de notre entretien (le nouvel album, je le répète pour les lecteurs qui se seraient endormis… ce qui me paraîtrait complètement incompréhensible, vu l’intérêt de cette chronique.)

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Donc, Natalie, concernant la sortie de ce deuxième disque, des pressions ?

(Je n’ai pas dit dépression).

 

-Ce n’est pas la peine de s’inquiéter. Ca ne sert à rien.

En effet.

Je ne sais plus quoi ajouter.

Tout a été dit.

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(Message personnel aux gens du forum de Cascada qui vont atterrir ici très vite : je ne me moque pas de votre artiste préféré, j’écris juste une note au second degré sur un journaliste (moi) qui n’a pas assuré un caramel et qui n’a proféré qu’un tissu de banalité confondante à une artiste disponible, fraîche, sympathique, à l’énergie contagieuse. Sa musique, vous l’avez compris, n’est pas ma tasse de thé, alors, très lâchement, je fais preuve d’ironie (et surtout de beaucoup d’auto-ironie). Ne soyez pas heurtés, je respecte tous les artistes. Il en faut pour tout le monde et ce n’est pas l’auteur de ce blog très varié qui vous dira le contraire…)

(Message personnel aux personnes de la maison de disque : idem que pour ceux du forum).

(Message personnel à la famille de la chanteuse du groupe Cascada : Ca va ? Vous allez bien ?)

03 mars 2008

Rodolphe Burger... l'homme blues!

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Oui, ben hein, permettez-moi parfois d’être encore impressionné. Rencontrer un type comme Rodolphe Burger, c’est impressionnant, voilà. Sa stature d’ours mal léché, ses yeux bleus perçants, sa carrure imposante et surtout son indéniable putain de talent…

 

J’ai beau avoir 25 ans d’interviews dans la tronche, parfois, je balise encore un peu. Pour moi, c’est comme si je rencontrais Gainsbourg (trop tard !), un type comme ça. Je demande, comme un débutant, à Xavier (un de ses attachés de presse) : « Mais, il est sympa le Burger ? ». Il me rassure : « oui, il est adorable. » Ah bon ?

On se fait des idées sur les gens. J’ai du mal à comprendre, avec l’expérience que j’ai, pourquoi je continue à faire des plans sur la comète sur telle ou telle personne.

Bref, ce vendredi 15 février, j’ai rendez-vous chez EMI avec l’ex leader du groupe Kat Onoma. Oui, presque une légende, quoi ! (Ceux qui connaissent le bonhomme comprendront de quoi je parle.)

L’œuvre de monsieur Burger est impossible à catégoriser. « Entre rock mutant, boucles de mélancolie obsessionnelles, jungle de samples, électronique acide ou lunaire et poésie contemporaine… » dixit sa biographie officielle.

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Allez, je résume son parcours :

Prof de philo au début des années 80 tout en appartenant au groupe Dernière Bande, puis le fameux Kat Onoma.

De 1986 à 2004, ce combo strasbourgeois, dont il est le leader, a enregistré 7 albums. 7 joyaux, implacables, sans concessions, avec « une musique racée, obsédante ». J’habitais à Lingolsheim près de Strasbourg dans les années 90, c’est dire si je les ai vus sur scène à cette époque. Je ne comprenais pas tout, mais leur musique avait le don de me transporter dans un autre monde. Kat Onoma sur scène, je vous jure, c’était un choc.

Et donc, là, j’ai devant moi ce grand type qui m’impressionnait terriblement dans mes jeunes années. En vrai, un type un peu timide, qui parle tout doucement (j’ai mis le volume de mon Sanyo pour décrypter l’interview, c’est dire…), qui laisse un temps entre ma question et sa réponse (pour ne jamais dire de conneries, sans doute), qui te regarde avec bienveillance.

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Je lui demande s’il sait pourquoi il n’est pas reconnu à sa juste valeur… (je veux dire par là, si vous demandez à n’importe qui, croisé dans la rue, s’il connaît Rodolphe Burger, pas sûr qu’il répondra oui.)

-Ça, je m’en fous un peu. Mais, j’aurais aimé avoir un plus large public. J’ai eu souvent un sentiment d’injustice. Je ne veux ni avoir l’air prétentieux, ni avoir l’air de me plaindre, parce que c’était une belle histoire. Kat Onoma est devenu culte, mais n’a jamais eu beaucoup de succès. On n’a pas aidé par l’époque. Dans les années 80, on était pris entre deux feux. On ne correspondait pas aux exigences du « mainstream » en France. Notre musique n’était pas politiquement correcte par rapport à la domination du modèle de la chanson française ou des groupes « alternatifs » du moment. Kat Onoma n’a jamais été branché, donc la presse branchée nous a parfaitement ignoré.

Je lui objecte qu’ils avaient beaucoup de presses, et souvent dithyrambiques.

-Non, vraiment, pas tant que ça. Tu habitais la région, alors forcément, tu as lu beaucoup d’articles sur nous dans la presse locale, mais je t’assure, on est passé à côté de beaucoup de choses. Nous, on n’avait pas envie d’être un groupe underground. Communiquer et avoir du succès ne nous aurait pas gênés… je suis sûr, qu’aujourd’hui, Kat Onoma serait plus en phase avec l’époque.

Il me raconte aussi que son groupe, c’était une croisade. Rien n’était simple…

-Chaque album était une montagne à gravir. On a été souvent paralysé par des histoires de contrats, de labels et d’autres choses emmerdantes qui ne facilitent pas la vie d’artiste. Finalement, je n’ai qu’un regret avec ce groupe, c’est de ne pas avoir eu la possibilité de plus jouer à l’étranger et de ne pas avoir été diffusé en Angleterre, par exemple. À l’époque, là-bas, c’était une tare d’être français. Depuis que Daft Punk est passé par là, ça a modifié la donne. On n’est plus regardé avec autant de condescendances.

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Parallèlement à Kat Onoma, Rodolphe Burger s’est lancé dans une carrière solo (qui lui a permis de décrocher le Grand Prix de 411311115.jpgl’académie Charles Cros) et surtout, depuis le milieu des années 90, il réalise des projets avec d’autres artistes. Françoise Hardy (sur Le Danger, Clair-Obscur et Parenthèses), et Alain Bashung (sur Fantaisie Militaire)… mais son grand succès récent reste sa collaboration avec Jacques Higelin. C’est lui l’artisan de son somptueux dernier album Amor Doloroso (enregistré dans sa ferme vosgienne).

-J’ai longtemps hésité parce que l’enjeu était énorme. Je ne le connaissais pas et c’est lui qui est venu me trouver pour me proposer d’être son partenaire pour son disque. Il m’a fait comprendre qu’il avait un peu perdu les clefs…

Comprendre que le sieur Higelin n’était pas satisfait de ses précédents récents albums.

 

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Avec ce troisième album solo, Rodolphe Burger nous offre l’un des plus beaux disques de ces dix dernières années. Je n’ai pas peur de dire cela. Minimaliste, sophistiqué, et blues à mourir… plus accessible que certaines de ses autres productions.

-Avec No Sport, j’ai fait table rase du passé. J’ai tout remis en question. Ce que je voulais raconter, faire, avec qui je voulais travailler… Je souhaitais faire du neuf en allant dans des endroits encore non explorés par moi. J’étais terrorisé de me répéter. C’est mon premier disque en français, je me suis mis à écrire à la première personne, il y a très peu d’artifices dans les arrangements, j’utilise moins de « machines ». Je me suis vraiment avancé, dénudé, exposé…

Pour en savoir plus, lisez la critique des Inrocks. Pour une fois, je suis d’accord avec eux.

Bon, je ne vais pas en faire des tonnes, hein, après, on va encore dire que je suis trop long quand j’aime bien quelqu’un…

C’est vrai.

Mais, je fais ce que je veux.

Si j’ai encore envie de préciser qu’il n’aime pas qu’on lui rappelle que les artistes avec lesquels il bosse avec son label perso Dernière Bande (créé en 2002), c'est-à-dire : Jeanne Balibar, le mythique guitariste free James Blood Ulmer, Erik Marchand, Bashung et sa compagne Chloé Mons, Yves Dormoy et l’écrivain Olivier Cadiot, je le précise. Na !

-Moi, je n’ai pas de famille. Si j’en ai une, elle très largement recomposée.

Et toc Mandor ! Prends ça dans ta face.

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Je ne vous quitterai pas sans ajouter que Rodolphe Burger est aussi le créateur du festival Trans-genres C’est dans la vallée. 7 ans que ça bouge dans sa petite ville d’origine, Sainte-Marie-aux-Mines.

Chapeau bas, Monsieur Burger!

Pour finir, voici un avant goût de ce qui vous attend dans ce disque...

 

 

Et quelques autres teasings...

Et puis, tenez ici, voyez ce qu'a réalisé mon pote Frédéric Vignale qui était juste avant moi et qui m'a passé le relais une demie heure et retard! (oui, je ne suis qu'un cafteur!)

02 mars 2008

Philippe Léotard... et un peu Richard Berry.

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Je suis en plein trip cinéma en ce moment.

Oui. Hum! vous l'avez remarqué?

Ah bon?

Quoi?

J'en parle beaucoup?

Mais ça les amis, c'est le problème des enthousiastes... ils ne savent pas s'arrêter.

Donc le Tout petit déjà de ce dimanche vous propose une redif' d'une très ancienne note sur un comédien que j'aimais beaucoup (mais là, je ne cache plus ma tronche...)

Philippe Léotard, donc.

Et un bonus, à la fin...

 

 

medium_leotard_2.jpgAu milieu des années 80, j’habitais à Montpellier

J’animais le matin de 9h à 13h dans une radio qui s’appelait Studio 101 et le soir de 19h à 20h dans une autre, un peu écolo, Radio Air Libre…

 

Cette dernière était partenaire d’une avant-première d’un film d’Alain Maline : Ni avec toi, ni sans toi dont l’acteur masculin principal était Philippe Léotard (qui, avec Patrick Dewaere, était mon acteur préféré. Vous avez dit écorchés vif ?)

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J’ai été chargé tout l’après-midi de ce 31 mai 1985 de m’occuper du comédien. Visite de la ville (j’ai même servi de chauffeur), restaurant, hôtel, cinéma… Bref, bons moments avec un mec gentil, fragile, un peu barré parfois.

 

Sur la place de la comédie, il signait autographe sur autographe, répondait gentiment aux gens qui l’interpellaient.

Entre deux verres.

Souriant, jamais lassé.

Un peu fatigué aussi.

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833476440.jpgLe soir, au cinéma le Royal je l’ai présenté au public après la diffusion du film.

Je me souviens de sa timidité avant de répondre aux questions des personnes présentes et de quelques journalistes locaux.

Mais il se prêtait au jeu.

La salle enfin vide d'humains cinéphiles m'a incité à prendre quelques clichés. Philippe Léotard a bien voulu m'honorer de quelques poses.

Une partie orne cette note.

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Quand je le vois dans un film, je ne peux m’empêcher de me rappeler une phrase qu’il m’a jeté à la face, en buvant un coup.medium_Leotard_4.jpg

-Jeune homme, il faut consommer la vie avant qu’elle ne te consume.

Il est parti en 2001, à l’âge de 61 ans.

Consumé jusqu’au bout !

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 Petit bonus inédit:

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 Quelques jours plus tard, j'interviewe un autre comédien apprécié de beaucoup (n'est-ce pas les filles?), Richard Berry.

Il devait être une heure du matin.

Le 19 juin 1985, à l'hôtel Frantel de Montpellier.

J'étais un acharné pour choper les gens... rien ne me faisait peur.

Il venait promouvoir le film de Michel Vianey, Spécial Police.

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(A l'époque, le numérique n'existait pas... il en résulte ce genre de photos où le journaliste, on croit qu'il dort parce qu'il est une heure du matin.

Non. Le journaliste, il devait juste cligner des yeux.

Vive la nouvelle technologie!)

01 mars 2008

Petit bilan avant la prochaine session...

Pardonnez-moi, une nouvelle fois de revenir sur le tournage de ce film… mais, cela fait presque deux ans que je raconte chaque jour mes aventures professionnelles (et ses coulisses), je ne vois pas pourquoi je tairais cette expérience très nouvelle pour moi.

J’ai passé la semaine à Bry-Sur-Marne dans les studios de la SFP … j’ai déjà expliqué ce que j’y faisais ? Je n’y reviens donc pas.

Je veux juste dire que j’ai été parfaitement bien accueilli, que bien sûr, l’ambiance n’est pas toujours sereine, mais pas non plus électrique (remarque de normand que je ne suis même pas), que les comédiens ont été simples et très abordables et que je me suis attaché très rapidement à certaines personnes.

Parmi lesquelles, Dominique, l’ingénieur du son du film (qui a trouvé mon blog en deux temps trois mouvements, le petit malin !). Dominique est le genre de type dont on lit sur le visage qu’on peut lui faire confiance. De plus, il est sympa et compétent.

Avant-hier, il me demande gentiment.

-Tu peux me rendre un petit service, Mandor ?

Je suis sur le plateau du matin au soir et loin d’être constamment occupé (ce qui pour un hyper actif comme moi, n’est pas facile à gérer…), je réponds donc avec enthousiasme par l’affirmative. Et aussi parce que je l’aime bien et que je ne me vois pas lui refuser quoi que ce soit ayant un rapport avec mes capacités professionnelles.

-Oui, bien sûr, Dominique. De quoi est-ce qu’il s’agit ?

(Il me plait de faire semblant de ne pas parler correctement notre belle langue ! Faut dire, je suis un sacré déconneur. )

-Pour les scènes où la radio est audible en fond, tu peux m’écrire quelques textes et on les enregistre demain, pendant l’heure de la pause…

-Euh oui, bien sûr, tout ce que tu veux!

Et nous nous installons dans un coin. Il me pointe du doigt les scènes en question.

-Ah ouais, quand même !

Le petit service m’a pris trois heures, bien tassées, de recherches et de rédaction. Ma femme était ravie de la plaisanterie quand je suis revenu chez moi le soir…

(Tu culpabilises, j’espère Dominique ! Espèce d’exploiteur de journalistes !)

Le lendemain, (hier, donc), nous avons enregistré mes 5 pages de textes. Avec des tons et des rythmes différents.

Je pensais être seul avec Dominique pour effectuer ce petit travail, mais non, Frédéric, le réalisateur du film, décide de rester avec nous.

-Comme ça, je saurai de quoi tu parles. Ce sera plus facile au montage et au mixage. Allez, tiens, je vais faire ton perchman !

Me voilà donc avec deux micros et une perche au dessus de ma tête.

En fait, j’ai l’air d’ironiser, mais j’ai adoré m’adonner à cet exercice de style. J’étais installé dans le décor même où les scènes étaient tournées.

J’ai demandé à Dominique d’immortaliser ce passionnant moment.

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Oui, je sais, c'est émouvant.

Je reviens sur la gentillesse des comédiens présents. Celui avec lequel j’ai eu le plus de conversations et de contacts était Omar Sy. Vraiment charmant garçon. (Mais pas très bon magicien !).

Là, c'était hier, en fin d'après-midi.

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Avec Lanvin, c’est autre chose. Il est très courtois, sympathique aussi, mais, tu ne vas pas lui taper dans le dos comme s’il était ton meilleur ami. Respect à lui.

Il est le genre de type qui répond avec une voix tendre au téléphone entre deux prises et qui, en raccrochant dit : « C’était maman ! La seule personne que je ne peux pas envoyer valser quand je tourne ! ». Touchant.

Quant à Gérard Jugnot, il est très en retrait. Il joue ses scènes puis retourne dans sa loge. Il est moins présent. Poli, respectueux, pas l’once d’une prétentieux, mais moins abordable.

Hier, j’ai réussi à lui faire esquisser un sourire…

Tiens, une dernière pour la route. Petite pose dans le décor avec ma nouvelle copine à moi que j’ai (elle maquille Omar… principalement).

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Ça peut paraître un peu con con, mais hier soir, en partant, j’étais un peu triste, du coup. Je m’attache vite, moi.

M’en fous, la suite de cette aventure se tiendra du lundi 10 au jeudi 13 mars…