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10 février 2008

Nino Ferrer... l'indémodable! (2eme version!)

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Ce Tout petit déjà dominical date de décembre 2006. Je la repropose car je suis un peu plus lu qu'à l'époque...

Passer de 3 visites uniques par semaine à 34.000 visites uniques par jour, je pense que je peux me permettre de considérer que cette note est, éventuellement, passée inaperçue.

(Un blogueur doit gonfler ses stats, c'est la moindre des choses).

(Quoi? Raisonnablement? Ah bon! Mais, je ne suis jamais raisonnable, moi.)

Mais, bon, j'ai ajouté des photos et un clip. 

Il s'agit là, d'un hommage à un chanteur qui a bercé mon enfance.

Je l'ai rencontré le 29 octobre 1986.

Nino Ferrer vivait alors dans une caravane à Pantin.

Il jouait sa propre comédie musicale pour enfants, "l'Arche de Noé", montée à Paris au théâtre de l'Unité. Auteur des musiques, il y interprètait Dieu ! Le spectacle a plutôt bien marché et a attiré jusqu'à 200.000 spectateurs.

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Il n’aimait pas trop les journalistes mais, j’étais si jeune et enthousiaste qu’il s’est laissé amadouer. Et puis, je travaillais alors pour la radio de Daniel Guichard (Radio Bocal). Ils étaient peut-être potes? Je ne sais pas, peut-être pas.

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Un jour cette dépêche est tombée dans toutes les rédactions :

25/08/1998 -  C'est au milieu d'un champs de blé à quelques kilomètres de chez lui dans le sud-ouest de la France, que le chanteur Nino Ferrer a choisi de se donner la mort jeudi 13 août, deux jours avant son 64ème anniversaire. Retiré du spectacle dès les années 70, il avait ponctué une carrière en dents de scie de tubes majeurs du répertoire français.

Quelques chanteurs lui ont rendu hommage il y a trois ans avec un disque formidable: On dirait Nino.

Ce mal compris du milieu reste aujourd’hui indémodable…

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Pour finir, un joli moment de télévision...

Le Sud.

Une grande chanson.

09 février 2008

Quand Richard Andrieux dédicace...

Tout avait pourtant bien commencé...

Hier soir, je suis allé voir mon très vieil ami (je parle de son âge, hein, parce que, moi, personnellement, je ne le connais que depuis un an!), Richard Andrieux.

Un type, malgré son âge canonique, tout à fait merveilleux.

Son talent n'égale que sa gentillesse.

Que je croyais.

Bon, je raconte.

J'arrive à la librairie Tropiques (dans le 14eme arrondissement de Paris) vers 18h.

L'auteur est déjà là, attablé devant ses nombreux exemplaires de José et son litre de jus d'orange.

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Entre deux signatures, nous parvenons à discuter un peu... je suis quand même un peu l'artisant de son immense succès.
Ah?
Oui.
Grace à ma note sur lui qui a été lu par le monde entier, et notamment par l'ensemble du milieu littéraire qui a suivi mon avis.
(Vous savez, tous les journalistes sont un peu des moutons panurges. Dès qu'un éminent confrère écrit un éloge sur un nouveau génie, les autres suivent.)
(Ca va, vous, sinon?)
Je fais une pause, parce que la suite est un peu violente...
J'organise pour vous un jeu concours au prix extraordinaire, histoire de détendre l'atmosphère.
(Qu'on ne vienne pas me dire après que je suis radin!)
Une personnalité du monde de l'écriture est passé faire un petit coucou.
Si vous devinez qui est ce(tte) brillant(e) auteur(e), visible de dos, là, sur la photo, vous gagnez son dernier livre dédicacé à votre nom.
(Je ne plaisante pas, même si ce jeu est un évènement à vous couper le souffle!)
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Bon, ensuite, l'ambiance s'est un peu gâté...
Avant de continuer, je dois vous avouer un secret.
Je rêve de devenir écrivain. Je n'en ai pas le talent, mais c'est juste pour avoir une crédibilité auprès des autres.
(Parce que journaliste, c'est d'un commun, par contre, auteur, ça en jette pas mal...)
Bref.
Je fais boire Richard Andrieux, pour l'amadouer.
(En vrai, pour lui faire faire n'importe quoi après.)
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Ne résistant pas au vin blanc, il cède à mes assauts.
Nous nous adonnons à quelques libations.
Innocemment, je lui demande s'il peut aller me chercher des clopes au tabac d'à côté.
Il accepte.
Il est gentil, à la base, je vous rappelle.
Pourquoi ai-je fait cela?
Et bien, pour prendre sa place.
Je voulais réaliser un vieux phantasme...
Je l'ai réalisé.
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Prendre sa place.
Chausser ses lunettes.
Jouer à l'auteur qui signe ses livres à de jolies filles.
(Parce que le public d'Andrieux, bizarrement, est très féminin. Pourtant, son âge devrait... enfin, je ne veux pas être lourd...)
En tout cas, les personnes présentes n'y ont vu que du feu.
J'ai signé 47 ouvrages de Richard Andrieux.
(En truffant chaque phrase de fautes d'ortographe. C'était d'un drôle.)
Quelle jouissance!
Une heure et quart plus tard, par contre, le vrai auteur est revenu.
(En fait, il n'y a pas de "bar tabac" dans le quartier... j'avais vérifié!)
Je ne sais pas, j'ai eu comme la vague impression qu'il n'avait pas bien pris le subterfuge.
Tsss... aucun humour.
Un paparazzi présent à photographié la scène...
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Je sais, c'est proprement insoutenable!
Pour me racheter, je tiens à vous signaler que Richard Andrieux sera de nouveau en "signature" cet après-midi.
A 18h, à la Bibliothèque Vaugirard : 154 rue Lecourbe dans le 15e arrondissement de Paris.
Il y aura un autre invité: Philippe Fréling, pour "Ceinture jaune", chez Arléa.

08 février 2008

Ma Valise en concert ce soir!

 

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Le lundi 21 janvier dernier, j’ai rejoint dans un bar proche de la Maison de la radio trois des cinq membres du groupe Ma Valise.

Ma Valise est un groupe Nantais qui sévit sur scène depuis 1999. S’ils ne sont pas encore très connus du grand public, nombreux sont ceux qui ont eu la chance de les découvrir sur scène. Plus de 400 concerts en tout dont plusieurs dates à l’étranger, notamment en 2006 (Allemagne, Bosnie, Maroc).

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Avec leur attachée de presse, Marie, ils m’attendent à une table. Enfin, disons qu’ils finissent de papoter avec le précédent journaliste. Ca me fait toujours tout drôle de voir des rockeurs tout sages. Je regarde sur la table… café, thé… je cherche le milk shake.
Evidemment, dans ces cas là, je reste sobre (c’est extrêmement difficile de jouer ce rôle de composition…). Hop! Un café pour Mandor.
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Je reconnais là Raphael Rialland (chant/accordéon), Ronan Niel (chant/guitare/batterie) et son frère Gweltaz Niel (contrebasse/chœurs).

Manque donc Michel Pinault (batterie/guitares/chœurs) et Donatien Pavageau (chant/tubas). Il n’y a aucune raison que je ne les cite pas.

Je dois vous  avouer que je ne suis jamais très à l’aise quand je dois interroger plusieurs personnes à la fois. Je suis un chantre du tête à tête. Mon mode de fonctionnement, je l’ai déjà dit ici, est la conversation. Faire semblant d’aller dans tous les sens pour aboutir où je veux. Je maîtrise bien le grand n’importe quoi. Les interrogés baissent la garde et ils se confient plus facilement.

Je sais faire ça.

Mais quand il y a plusieurs personnes, c’est plus délicat. Mes grosses ficelles habituelles, je ne peux pas les utiliser.
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Heureusement ses 3 musiciens là sont très sympathiques. Ils sentent bien que je ne connais pas bien leur discographie mais que j’ai potassé. Je leur parle du style du groupe. Entre rock, chanson et world… avec des sonorités africaines et latines, de la musique tziganes populaires d’Europe de l’Est et bien d’autres couleurs.

J’évite de leur demander ce que signifie le titre de ce troisième album Maya Yé ! parce que je l’avais lu dans le dossier de presse (j’ai potassé, j’vous dis !) : Maya Yé, veut dire en langue africaine dioula « voilà quelqu’un de sincère, de généreux, d’humaniste ».

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Je récite ma leçon en leur disant que leur premier album était très « nouvelle chanson française » (terme le plus con de cette décennie pour évoquer les petits nouveaux qui déboulent dans le milieu, mais, à part ça, personne ne sait trop ce que ça veut dire…), le deuxième, très world music à donf’…

Et celui là ? La synthèse des deux ?

(Là, je sens que je les impressionne.) Je ne sais plus lequel des trois me répond, mais j’ai obtenu une réponse que voici.

79f461e7cf3cdcef2995908636eb273a.gif-Dans cet album, on a surtout recherché une cohérence. Maya Yé est plus « raisonnable que les précédents ». On a mieux catalysé les influences que l’on avait de partout. Nous étions un peu trop influençables, nous avons donc décidé de ne pas trop se barrer dans la word music. Je pense qu’on a enfin notre son. Ce disque est un aboutissement.

Ce que j’aime dans Ma Valise, c’est qu’ils interprètent des chansons sérieuses et graves sur une musique festive et un ton humoristique non dénué d’intérêt. Un mélange vraiment détonnant. Attention, ils dénoncent quand même la violence et l’injustice dans le monde. Je sais, dit comme ça, on pourrait se dire : « tsss… encore un groupe démago ! ».Oui, mais non. Ils ont l’art et la manière. Il en faut de la retenue, de la délicatesse, du savoir faire pour évoquer l’immigration « forcée », les sans papiers, la chasse au faciès (par exemple) sans passer pour des donneurs de leçons (ceux là, je ne les aime définitivement pas). Avec Ma Valise, ça passe. On en redemanderait presque.

Vous pouvez ôter le « presque ».

J’apprends aussi qu’ils s’investissent dans des projets associatifs et qu’ils participent à toutes sortes d’évènements culturels portés vers « l’autre », c'est-à-dire son « prochain ».

Partout où ils passent, la mélancolie trépasse.

 

Les voici. Je constate qu'un couvre chef porté par un musicien devient ridicule porté par un journaliste...

(Qui a dit, "c'est le journaliste qui est ridicule?")

Pfff...
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Je ne vais pas en dire trop aujourd’hui.

Je tiens juste à signaler (pour les parisiens) qu’ils se produisent ce soir et demain à La Dame du Canton.

Vous trouverez les coordonnées en haut sur l'affiche qui ouvre cette note fantastique..

Et si vous avez besoin d’un peu de dépaysement, d’évasion et de musiques endiablées et ensoleillés, c’est le moment de prendre votre ticket pour ce tour du monde musical décapant.

Enfin, c’est juste un conseil.

(Sinon, à la télé, y a la Star Ac  ‘).

(C’est vous qui voyez !)

Leur MySpace.

07 février 2008

Agnès Abécassis... comiques books!

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951710bfbae446aaf5bc73fda2856e07.jpgJe connaissais Agnès Abécassis de nom, mais je ne l’avais jamais lu. J’avais un sacré à priori sur ses livres. Pas négatif, je pensais juste que c’était des livres pour femmes.

(Parce que, hein, c’est bien connu, dès que l’on écrit des comédies, ça ne concerne pas les hommes. Le sexe fort n’aime pas rire à gorge déployée quand il lit. Il y a des études qui prouvent ce phénomène. Si, si.)

Évidemment, c’est n’importe quoi !

Et puis, nous sommes devenus amis Face book. Je ne sais plus qui a fait la demande à l’autre, mais, du coup, vous pensez bien, ça nous a rapprochés !

Elle m’a envoyé son troisième roman, Toubib or not toubib, (qui vient de sortir) et je l’ai lu à la vitesse de la lumière tellement il m’a amusé.

 

C’est l’histoire de Yohanna Béhar, un(e) médecin généraliste. Elle travaille dans un petit cabinet médical parisien avec des collègues complètement barges (chacun avec son propre style). Un gynécologue bourru, une dentiste gaffeuse (et son con de chat) et un acupuncteur qui fait craquer toutes les femmes. Une de ses clientes Sonia Amram, productrice à la télé, pour la remercier de ses bons soins l’incite à participer à une émission de télé très populaire. Yohanna angoisse, mais accepte cette proposition ainsi que d’être mit en relation avec le professeur Leitner, un neuropsychologue réputé, censé pouvoir gérer son stress. Mais le psy réputé se révèlera vite très énigmatique. Les séances d’hypnoses vont transformer le mental de Yohanna. Elle va développer des pouvoirs étonnants. Elle parle japonais, devine la pensée des gens, parvient à battre deux kidnappeurs en faisant du kung-fu…

Bref, qui est vraiment cet homme ? 

Voilà, c’est la trame de l’histoire. Il y a beaucoup de rebondissements, des scènes d’anthologie (un accouchement en douleur, un mariage désastreux…), du rire à chaque page et du second degré en pagaille.

Ce livre est tordant.

Je ne regrette pas d’avoir donné rendez-vous à Agnès Abecassis. Parce qu’en fait, quand on lit un de ses livres, on a envie de la connaître. Mardi dernier (le 5 février), nous nous retrouvons dans un café du 13e arrondissement « Les funambules ».

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J’arrive en premier. Elle ne tarde pas à faire son entrée. Poignet de main chaleureuse. Je savais qu’elle me reconnaîtrait, car elle m’a avoué lire régulièrement mon blog et il se trouve que parfois, je laisse échapper un cliché ou deux me représentant. Elle est tombée dessus, je ne sais pas, par quel prodigieux hasard. (Elle a du consulter mes archives !).

Moi aussi, d’ailleurs, je lis son blog personnel (trouvable sur son site). Il me fait souvent sourire.

Première constatation, je l’aime bien.

Comme nous nous lisons respectivement, je suppose qu’on pense déjà se connaître un peu. C’est toujours étrange cette sensation.

Deuxième constatation, je sens que je ne vais pas m’ennuyer.

Le garçon vient nous déposer notre commande sur la table. Mais un geste un peu précipité a pour conséquence d’envoyer en l’air, au moins à 10 mètres, une tasse de café. Le serveur et la salle sont trempés. (Bon, relativisons ! Une tasse de café qui se renverse, on ne va pas se noyer quand même…)

Bref, ça me la rend encore plus sympathique parce que d’habitude, c’est moi qui me distingue de la sorte.

Agnès Abécassis se confond en excuse et moi je la regarde glisser sous la table de gêne.

Je la relève pour lui poser quelques questions dites « professionnelles » alors que j’ai plutôt envie de parler de tout et de rien, comme on discute entre amis.

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Photo: Franck Prignet.

Parlons donc de son écriture. Je lui demande si on est bien considéré quand on écrit des comédies… ne serait-ce pas un sous-genre?

Avouez que j’attaque fort en posant de telles questions... si provocantes.

 

-Je n’ai pas la prétention de faire autre chose que de la littérature populaire. Mais, c'est loin d'être un sous genre. Je veux faire rire les gens et je vous assure que ce n’est pas si facile que ça. La comédie me plait parce qu’on a souvent tendance à s’apitoyer sur son sort, ses petits bobos quotidiens, alors que, globalement, dans 99,9% des cas, on finit par en rigoler. Quand on regarde les choses avec le recul, le temps qui a passé, les blessures qui ont cicatrisé, on finit par se dire que ce n’était pas si grave. J’écris des livres qui permettent aux femmes qui vivent les situations que je décris et que souvent j’ai vécu, de relativiser et de moins se sentir seule.

J’ajoute que ses romans, toujours truculents, devraient être remboursés par la sécu, mais je crois que ce n’est pas le moment de soumettre cette idée officiellement.

Que pense-t-elle du milieu de l’édition ? Je sens qu’elle ne s'y sent pas au mieux.

(Je passe souvent du coq à l’âne, je sais).

-J’ai un peu de mal dans cet univers là. Depuis que je suis passé du journaliste à auteur, j’ai eu du mal à m’adapter. Ce monde est très particulier. Il y règne la superficialité, le faux semblant, les fausses émotions, les faux sentiments. J’ai souvent le besoin de me retrouver avec des gens comme moi. Authentiques.

Je ne creuse pas le sujet. J’enchaîne sur sa façon d’écrire très « cinématographique », très visuelle…

-Ça me rassure un peu d’écrire ainsi. C’est parce que je ne suis pas quelqu’un qui brille par mon assurance. Si j’exagère les situations, c’est non seulement pour créer des effets comiques, mais aussi parce que ça me donne l’impression d’être mieux comprise.

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Photo: Franck Prignet.

Je crois comprendre aussi, au fil de la conversation, que répondre à une interview ne la rend pas très à l’aise…

-Je suis une fille timide, plutôt renfrognée, pas très sociable, marchant en baissant les yeux, qui dit gentiment bonjour aux voisins, mais sans plus. De plus, je suis une angoissée chronique.

J’apprécie beaucoup les gens peu sûrs d’eux-mêmes.

Et de leur talent.

Alors qu’elle en a beaucoup. Savoir faire rire son prochain est pour moi une des plus grandes qualités. Je lui dis. Elle rougit en se tripatouillant les cheveux qu’elle a pourtant attachés.

Changeons de sujet, Agnès (c’est une amie à présent) me confie qu’elle a de bonnes relations avec ses lecteurs. Oui, j’ai bien dit « lecteurs ». Un quart de son public sont des hommes. Elle n’en ai pas peu fière.

-J’estime écrire des documentaires animaliers sur la femme. Les hommes aiment lire ce genre de livre, ils en apprennent beaucoup sur nous.

A un moment donné, je stoppe mon Sanyo. (Qui a bien fait son boulot ce jour-là). Elle se fout un peu de moi, parce qu'elle a lu ma note sur le dit objet qui m'a lâchement abandonné récemment.

J’aime ce moment.

Je lui demande, puisqu’il est 12 h 30, si elle ne veut pas rester avec moi pour déjeuner.

(Je n’ai pas d’ami).

Elle accepte. Je lui fais pitié, je pense.

 

Le reste de cette rencontre n’est pas racontable.

J’ai été martyrisé sous le prétexte que j’ai voulu…

Non, je ne dis rien.

Voyez sa version des faits dans la rubrique "blog-notes"

Elle donne quelques explications, certes, contestables sur le pourquoi de ces photos...

Le journalisme est un métier à risque...

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06 février 2008

Un moment avec M Pokora...

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« Hello Mandor,

Je propose de t’inviter à la conférence de presse que donnera M. Pokora le 05 février à 15 heures chez Emi. Il s’agit de tables rondes. M. Pokora passera de l’une à l’autre pour discuter avec les journalistes présents qui auront droit à une écoute par Share (internet) de l’album au préalable à cette rencontre. Les caméras sont les bienvenues. Pour les photos par contre, un photocall est prévu à la fin de la conférence où tout le monde pourra shooter à loisir. Merci de me prévenir au plus vite si vous souhaitez venir, vite vite, les places sont chères !

A bientôt ! »

d85bfb03be8c6624c5f09176b3509809.jpgQuand j’ai reçu ce mail, j’ai failli répondre par la négative. Je l’ai dit souvent ici, je ne fais que des entretiens en tête à tête… puis je me suis ravisé. Je ne sais même pas pourquoi. J’avais déjà une interview à 11 h 30 avec Agnès Abécassis (qui s’est gaillardement transformé en déjeuner… À ce propos, vous lirez et verrez demain comment un journaliste se fait martyriser par une auteur(e)), puis à15h30 avec Juliette (chez elle) et une soirée littéraire pour clore la journée. Autant dire que j’avais sûrement peur de m’ennuyer…

Je me suis retrouvé à l’heure prévue (17 h) à la réception d’EMI. J’ai comptabilisé 14 journalistes qui attendaient que l’attaché de presse vienne les récupérer.

On nous récupère 30 minutes plus tard…

Ce qui ne présage pas d’une exactitude parfaite dans le timing à venir.

Nous voilà donc dans la salle où se tiennent parfois des concerts privés au sein de la maison de disques. M Pokora arrive, dit bonjour à la cantonade. Il est visiblement épuisé. Mais toujours poli. Un gentil garçon. Il se prête aux desiderata des photographes présents. Pose à n’en plus finir. Moi, je prends quelques clichés des photographes. Parce que, mince, je raconte les coulisses, non ?

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Et puis, je finis par papoter un long moment avec Frédéric Vignale (que je ne cesse de rencontrer en ce moment). Nous nous auto congratulons mutuellement, ce qui, pour deux personnes aux ego surdimensionnés comme nous, est tout à fait normal.

20 minutes, plus tard. Fin de la séance. Une jeune fille qui semble gérer « l’affaire », nous intime l’ordre de sélectionner 7 d’entre nous pour nous installer autour de l’artiste. Il y aura donc deux sessions.

Vignale, le salaud, arrive à s’intégrer dans la première. Je suis moins rusé que lui…

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Les malchanceux du deuxième tour doivent quitter la salle et partent rejoindre la cafétéria, juste à côté. Moi, je pense à la soirée à laquelle je dois me rendre le soir même. C’est bibi, évidemment, qui a les invitations et il a (si, si, je parle de moi là) rendez-vous à 20h avec quelques membres de la FAPM et de Strictement Confidentiel (deux sectes très étranges…) dans un pub irlandais.

Je vais arriver en retard c’est sûr. Il est 18 h 15 et nous patientons. J’observe depuis un moment une jolie fille qui semble à la fois perdue et énervée… j’engage la conversation.

Subtilement.

-Bonjour, vous travaillez pour qui ?

-Bonjour. Pour un site qui s’appelle (Bip !).

(Je respecte l’anonymat…)

Bon, on finit par pas mal discutailler.

-On va fumer dehors ? Ça me calmera. Je n’aime pas attendre. Pfff… je n’ai pas envie d’arriver chez moi à 20 heures.

-Allons donc dehors, oui.

(Mandor, on lui fait faire tout ce qu’on veut.)

Nous nous racontons nos faits d’armes. Ça tue le temps.

18 h 35.

Je dis à la jeune fille.

 

-Bon, je vais prévenir l’attaché de presse que j’y vais. C’est trop long !

(Ouaips ! Je suis un rebelle.)

C’est à ce moment que l’on vient nous chercher.

Je me suis retrouvé avec mes collègues autour de Matt, à poser quelques questions chacun, à tour de rôle, comme en classe. D’ailleurs, les écoliers que nous sommes redevenus étaient très sages.

Je débute les festivités.

Je pose une question sans intérêt. Matt Pokora répond gentiment. J’arrive à atteindre péniblement mon quota de 3 questions. 

Ma nouvelle copine à moi que j’ai, installée juste à mes côtés, en pose deux.

Elle prend des notes.

Moi, j’ai installé mon Sanyo presque sur les jambes du "performer". M.Pokora le regarde. Je vois le rictus poindre.

Bref, je vous la fais en version accélérée. En gros, j’apprends que son nouvel album qui sort le 25 mars MP3, a été enregistré entre la France et les États-Unis. Que deux producteurs de renommées internationales y ont mis un sacré grain de sel. Timbaland (5 titres) et Ryan Leslie (2 titres). Il a signé chez Capitol pour s’ouvrir à l’international. Après, sachez qu’il « kiffe » la musique et que le reste l’importe peu.

Ah oui! J'allais oublié de vous annoncer qu'il a de nouveaux tatouages.

À 19 h 15, fin des festivités.

M Pokora accepte de poser pour moi…

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Mais je ne vais pas jusqu’à faire la photo mandorienne. Là, non, quand même… je n’ai pas osé.

Mes collègues n’auraient pas compris le truc.

Bon, en même temps, je l’ai déjà.

Pendant que j'y suis, voici son MySpace.

Bref, Matt se dirige vers le somptueux buffet dressé à notre attention.

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Il mange un truc que je n’arrive pas à déterminer. Je me dirige vers lui pour le saluer. Il me dit : « Très bien tes questions… merci à toi ! ».

Je repars rassuré sur ma qualité de journaliste d’investigation.

M Pokora me l’a affirmé. Je suis un bon. Et comme je suis un homme qui doute...

En attendant, je parle encore quelques minutes avec ma nouvelle copine puis je file retrouver mes deux groupuscules de la sphère Internet.

La suite tout à l’heure !

Merci d’avoir lu jusqu’au bout ce passionnant moment de ma vie professionnelle.

Vous êtes vraiment chouette (cria le hibou.)

 

(Et j'ai l'air, comme ça, de me moquer, d'ironiser tout ça tout ça (alors que vous savez parfaitement que je ne suis pas de ce genre là...), j'ai passé un moment sympathique et aucun journaliste n'a été maltraité.)

05 février 2008

Ce soir au Nouveau Casino... Philippe Uminski!

85451bda45a77152f1c08f6593efd03c.jpgCa faisait longtemps que je lisais son nom dans les crédits d’albums d’artistes français, que je le croisais dans les couloirs de chez Warner, qu’il me saluait toujours très gentiment. Uminski est connu dans le métier comme réalisateur et arrangeur. Les derniers albums de La Grande Sophie et de Calogero, c’est lui. Il est moins connu pour sa carrière personnelle de chanteur. Il a déjà enregistré 2 albums "rock" (voir "rock garage"). Le premier, éponyme, en 2002 et le second Sain et Sauf en 2004. Ils n’ont pas trouvé leur public.

Le 3eme opus, Les curiosités, est plus un album de variété (au sens non péjoratif du terme), très « pop-rock » raffiné et entraînant.

Parmi ses faits de gloire, Philippe Uminski est aussi l’ancien frontman du « cultissime » groupe néo-sixties Montecarl (dont certains membres font maintenant partie d’A.S Dragon).

Je voulais donc rencontrer ce personnage hors norme, qui est loin d’avoir la langue dans sa poche. On m’avait prévenu. Il est adorable et très franc.

J’adore le concept !

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Le mardi 22 janvier dernier, j’arrive donc à 17 h dans les locaux de chez Warner. Je suis crevé, parce qu’en vadrouille depuis 6 h du matin (rapport à cette note-là…). Philippe Uminski m’attend sagement dans une « salle de réunion ». Je ne sais pas pourquoi, direct, je lui explique que je suis lessivé, ce qui n’est pas très poli comme introduction de conversation. Il me répond en souriant que lui aussi est H.S parce qu’il répond aux journalistes depuis le début de la journée.

(Bon, je sais bien, nous ne sommes pas à la mine et nous n’avons aucune raison de nous plaindre. Mais, parfois, on se fout royalement (à tort) de ce détail. La fatigue, la lassitude sont les causes de cet oubli. En vrai, nous savons très bien que nous sommes des chanceux.)

(Mais l'être humain aime se plaindre pour des broutilles.)

On se regarde et je lis dans ses yeux ce que je pense… « et si nous ne la faisions pas, cette interview ? Si on rentrait chacun chez soi, tranquille Bill ! ».

Ben, non.

Personne n’ose suggérer cette idée à l’autre.

Et tant mieux parce que j’ai bien aimé ce moment.

STOP !!!!

Allez, une première pause musicale :

Un clip « maison » illustrant sa chanson Lola Lola.

 

 

 

Je me rends vite compte qu’il est parfaitement lucide sur sa carrière personnelle.

 

-Je bosse beaucoup, j’ai des activités musicales très différentes. Ça me permet d’exister alors que mes disques n’ont pas eu beaucoup de succès. C’est une chance parce que j’aurais pu, depuis longtemps, rentrer chez ma mère dans ma province. J’ai réussi d’une autre manière, mais à force, tout se rejoint…

Parce qu’à travailler avec des artistes issus de la variété française, Philippe Uminski a compris qu’il s’était un peu trompé de direction personnelle.

-Ils m’ont beaucoup aidé à enlever mon costume de rocker, à enlever des protections en fait. En bossant avec et pour d’autres compositeurs, je les ai vus plus spontanés que moi. Ils se posaient moins de questions que dans le milieu rock dans lequel j’évoluais. Ça m’a instruit.

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Le milieu du rock français, parlons-en ! Uminski ne mâche pas ses mots.

-J’ai fait partie du petit monde du rock français… et dans ce monde là, on se raconte beaucoup d’histoires, on se ment. J’ai vu défiler tous les « babys rockeurs », des mecs de 16 ans qui se là jouent Iggy Pop sans en avoir le talent. Tous les médias rock se sont jetés là-dessus, je me suis soudain demandé ce que je foutais là.

Il s’arrête un moment, bredouille un truc que je ne comprends pas, puis continue.

-C’est un milieu avec des gens pas très intéressants. Tout est très réglementé et pas très créatif. Si on a la confédération paysanne à la sortie de ses concerts et qu’on crie « altermondialiste » lors des interviews, on est plus rock qu’en jouant vraiment du rock… ça me saoulait ! »

Moi qui suis habitué, de la part des artistes, à un discours policé et convenu, je dois dire que je ne suis pas déçu. Il insiste pour me dire qu’il n’y a chez lui aucune aigreur. Juste, il veut dire les choses telles qu’elles sont.

(Vas-y mon gars ! Ne te gêne pas !)

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Mais alors, passer du rock « garage » à la variété, ce n’est pas un virage un peu casse-gueule ?

 

e3bb9db685f06bae8d83b3a2a6aef721.jpg-Non. Je dirais même que mon nouvel album colle beaucoup plus à mon identité d’aujourd’hui. Il est plus en adéquation avec ma maturité actuelle. Tu sais, dans la variété, je m’aperçois qu’il y a une gaieté, une fraîcheur, une envie que je ne retrouvais pas dans le rock. Et puis, j’ai fait le conservatoire, je sais écrire des cordes, j’écoute Brel et Trenet depuis l’âge de 5 ans, j’aime autant la musique classique que le jazz… mes influences sont multiples et je me contentais de les utiliser sur les travaux des autres. A un moment donné, je me suis dit que cette richesse-là, il fallait que je la montre dans mes chansons à moi.

Philippe Uminski insiste sur la notion de sincérité.

-Pour m’empêcher de mentir, j’ai enregistré Les curiosités, en 5 jours, en live complet. Je voulais que mon chant soit comme je parle, comprenez, que l’on reconnaisse ma voix quand je chante et quand je parle. Ce n’était pas le cas avant. Je me suis aussi obligé à écrire les musiques et les textes en même temps. Je voulais qu’une chanson soit un acte unique. C’est très difficile d’être sincère. Nous, les artistes, on se voile beaucoup la face en essayant d’être un autre. Je répète que la sincérité et la vérité doivent être les premières valeurs.

Je trouve que le gars Uminski a une belle plume.

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Je lui avoue avant de se quitter que j’ai fait mienne les paroles de sa chanson (1er single de l’album) Un jour je partirai.

Un jour je partirai,

J’irai dépenser ma chance

En vidant jusqu’à l’outrance

La coupe pleine du passé.

(Vrai !)

Et aussi

Un jour je partirai

Je m’en irai à tous les diables

Loin des abords respectables

Et des odeurs de sainteté.

(Encore plus vrai !)

Voici le clip…

 

 

 

L’album sort bientôt, mais il est déjà en vente en téléchargement légal.

Si j’écris ma note sur lui aujourd’hui, c’est qu’il se produit ce soir au Nouveau Casino.

Il m’a promis « un spectacle de dingue ! ».

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Il faut voir Uminski en concert pour comprendre ce qu’il veut dire par « dingue ».

(Non, parce que sur scène, ce type est complètement allumé. Un vrai showman !)

Pour les places, c’est .

 

MySpace de Philippe Uminski.

Son site officiel.

04 février 2008

Héléna Marienské... du sens et de l'esprit!

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Le vendredi 25 janvier dernier, j’étais à la bourre… coincé dans les embouteillages. Je ne voulais pas être en retard. Je ne sais pas pourquoi, Héléna Marienské m’a très vite imposé le respect. (Notez que je n’aime faire attendre quiconque, Héléna Marienské ou pas…). Je ne sais pas, le fait que le ramage se rapporte autant au plumage. Une belle femme avec un si grand talent, ce n’est pas rare, mais là, ça frisait la caricature. Hé, j’suis timide moi, ho !

(Quoi ? Il y en a qui trouvent que ces propos sont légèrement sexistes ? Dirais-je ça d’un homme ? Il est beau et intelligent. Et bien oui. Tenez, Nicolas Fargue, il n’est pas moche et sa plume non plus… bon, et que dire de Florian Zeller, et qu’est-ce que vous faites de Louis Lahner, Marc Lévy… etc. Liste non exhaustive. Alors ? Vous ne savez plus quoi rétorquer, hein ? Ha Ha ! Je vous ai bien eu. Et toc !)

Bref.
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Rendez-vous à 15 h aux éditions Héloïse d’Ormesson. A 15 h 10, je tournais encore pour trouver une place. J’appelle Audrey, une des deux attachées de presse de la maison. Elle me rassure en me disant que l’auteur(e) n’est pas encore arrivée. (Audrey commence à bien me connaître, elle sait qu’il faut ménager mon émotivité et ma sensibilité à fleur de peau… Mandor est fragile.)

Je cours pour arriver à l’heure, ce qui est impossible, car il est déjà 15 h 15 et ce n’est pas en courant vite que l’on remonte le temps. Tenez ! Ça n’a rien à voir, mais ça me rappelle une phrase de Pierre Dac (ou Francis Blanche, je confonds toujours) : Plus tu pédales moins vite, moins tu avances rapidement. (Avouez que ça valait le coup que je fasse cette halte culturelle !).

Devant l’immeuble, une jeune fille me tient la porte… Merci mademoiselle. La demoiselle a un visage qui ressemble fichtrement à celui d’Héléna Marienské. Bon, OK ! C’est elle. Je l’interpelle en me présentant.

Waow ! Je récapitule, elle est talentueuse, belle et en plus, sympathique. Nous prenons l’ascenseur ensemble et démarrons la conversation sur je ne sais plus quel sujet. Peut-être la difficulté de se garer à Paris ou l’importance d’arriver à l’heure à ses rendez-vous…

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Audrey nous installe dans « le bureau » de la maison d’édition… et je branche mon Sanyo pour ne pas perdre une miette de la conversation.

Mais, si vous avez lu la note de vendredi, vous avez déjà compris que rien n’a été enregistré.

Et c’est bien dommage.

Ce qui est croquignolesque dans cette mésaventure (je sais, ça fait 1000 ans que personne n’a utilisé cette expression… et alors ?), c’est que justement, j’expliquais à Héléna avant de démarrer que je ne comprenais pas comment faisaient les journalistes qui n’enregistraient pas les interviews pour rédiger leur papier quand ils rentraient chez eux.

Et elle de répondre : « Moi, je vais jusqu’à dire que ça me déstabilise quand ça arrive parce que je me demande ce qu’ils vont retenir de l’entretien… »

Gasp !

Redevenons un professionnel irréprochable. D’abord, il est important de rappeler que c’est une anecdote qu’on lui a racontée dans un café parisien, qui a déclenché l'idée d'écrire Le Degré suprême de la tendresse. Je vous la fais courte. Un homme et une femme récemment rencontrée sortent éméchés d’un bar de Bastille. Ils flirtouillent tranquillement quand le vilain et entreprenant monsieur force un peu la dame à lui administrer une petite fellation, comme ça, rapidement. La demoiselle, ayant fort peu apprécié l’aimable « plaisanterie », mordit d’un coup sec l’objet du délit. Le gland, tranché net, roula dans le caniveau, ce qui calma, je pense pouvoir le préciser sans trop me tromper, les ardeurs du facétieux bonhomme.

Comme Héléna Marienské l’écrit si bien : « …le temps n’est plus où les femmes se laissaient clouer le bec. Qu’on tente de leur encombrer la bouche, elles trancheront désormais le problème. »

Et comme elle l’explique parfaitement « la violence du sujet devait être traduite, métaphorisée par un tour littéraire ». En l’occurrence, le pastiche.

Là, je cite, de mémoire…

-Le pastiche est une forme littéraire comme une autre. Je m’approprie le style l’imaginaire et même l’inconscient des auteurs sans leur demander leur avis et ensuite, j’en fais ce que je veux.

Donc, là, elle inverse le rapport de forces. « La dominée du fait divers s’approprie par la plume de l’auteur(e) le verbe de l’autre – et par la même son pouvoir ».

-Quand j’ai écrit ce livre, je ne savais pas que j’allais l’assumer en public. Je ne pensais pas le faire éditer, ce qui m’a permis de me lâcher et d’aller loin dans les propos tenus. Je ne me suis pas freinée.

c5f5c0e0b1f2e6edec89e398a0acf721.jpgJe souris parce qu’avec son premier livre Rhésus, elle ne s’était déjà pas beaucoup freinée pour écrire cette histoire hallucinante d’un bonobo gérontophile qui met le feu aux mœurs d’une maison de retraite. (Prix du 15 minutes plus tard, la Mention spéciale du Prix Wepler Fondation La Poste et le Prix Madame Figaro/le Grand Véfour).

Héléna Marienské, même si elle s’emploie à m’expliquer le contraire est une provocatrice. Je lis dans son sourire qu’elle aime bien ça. Choquer, mettre un coup de pied dans les fourmilières, désarçonner son lecteur, s’amuser avec, écrire cru sans franchir la frontière de l’égrillard… elle s’en amuse. Mais, elle insiste sur le fait que ce livre est un livre féministe.

-Toutes les héroïnes de mon livre sont des femmes libres et libertines. Elles ne se laissent pas imposer l’acte sexuel qui serait contraire à leur désir. Elles savent dire non. Elles ont l’art d’expliquer qu’elles ont une bouche qui sert aussi à parler. Elles ne s’en privent pas.

Héléna Marienska m’expliquera aussi qu’elle a voulu venger la femme.

« Le désir de la femme si souvent puni, Sali, mais qui refuse toute facilité de l’oppression. On dérobe à la femme la parole, elle dérobe momentanément le sexe. »

L’agrégée de lettres, elle, dérobe à ses auteurs le style, le temps d’un récit.

Elle écrit donc des « horreurs » à la manière de Michel Houellebecq, Gédéon Tallemant des Réaux, Louis-Ferdinand Céline, Jean de la Fontaine , Christine Angot, Michel de Montaigne, Vincent Ravalec et Georges Perec.

Vous dire mes préférences n’aurait aucun intérêt.

Mais, vous me connaissez, je vais quand même le faire.

Jean de la Fontaine m’a bluffé, Perec impressionné (comme dans son livre La Disparition , écrire une histoire sans un seul « e », boudiou !!!) et surtout (parce que je suis fan), Ravalec m’a estomaqué. Je ne sais pas comment Héléna Marienské parvient à un tel mimétisme, mais c’est impressionnant.

Ce sont tous des textes libertins écrits sur le mode fantastico-comique, badins, désinvoltes et surtout, j’insiste car je n’utilise pas tant que cela ce mot : « jubilatoire ! »

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Je lui dis tout le respect que j’ai pour Ravalec, un auteur pas assez reconnu à sa juste valeur. Personnellement, j’ai bien fait quelques tentatives de mise en avant sur mon blog (ici et ), mais il n’a toujours pas reçu le prix Goncourt depuis.

Ce que je trouve très agaçant, à la fin !

A quoi ça sert que j’écrive des notes si Nourissier ne les lit pas (quoi, il a donné sa dém’ de l’Académie Goncourt!)

Nous parlons un long moment de Vincent Ravalec et nous échangeons nos impressions sur quelques-uns de ses livres.

Et Audrey vient pour clore l’entretien.

Ah ! Je ne suis pas tout seul sur Terre ?

D’autres journalistes souhaitaient rencontrer Héléna Marienské ?

Oui.

Bien.

Je m’efface.

À regret.

Et, je conseille à tous de lire cette performance littéraire, ses huit variations sur le même thème, ce monument de la littérature coquine et…exquise.

Allez, soyons fous ! J’estampille ce « degré suprême de la tendresse », coup de cœur du mois.

Ici, une jolie critique...

03 février 2008

Un étranger nommé Burnel...

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Des débuts en 1975 avec Patti Smith à l’apparition provocatrice en pleine période punk avec les singles Get a grip on yourself, Peaches, et leur premier opus Rattus Norvegicus, les Stranglers ont marqué à leur manière les trois dernières décennies de l’histoire du rock.

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A l’image de Down in the Sewer (viol d’un rat dans les égouts), du sexiste Sometimes ou de l’hymne No more heroes, les hommes en noir sont apparus comme autant de cavaliers de la Rédemption à l’imagerie volontairement sordide et maléfique.

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Le Tout Petit Déjà d’aujourd’hui revient sur ma rencontre avec l’un des Stranglers. Le bassiste franco-britannique Jean-Jacques Burnel. Un peu une icône rock, quand même.

C’était le 7 mars 1993 dans une salle de concert de Strasbourg.

La Salamandre.

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Les influences psychédéliques des Stranglers ont fini par déboucher par des titres plus "commerciaux" comme Golden Brown (81)

 

 

et Always the Sun (86).

 

 

Les puristes me tueront, c’est sûr, mais c’est un peu ma période préférée du groupe.

Je dois dire que je garde de cette interview un goût un peu amer. Les Stranglers n’étaient pas au top du succès à l’époque et j’ai ressenti une espèce d’aigreur dans les propos de Burnel.

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Une envie d’envoyer tout jeter (et tous, par la même occasion). De la mauvaise volonté dans ses réponses, des phrases très courtes, non développées, ce qui a eu pour conséquences de voir s’envoler ma batterie de questions, toutes plus judicieuses les unes que les autres (évidemment!). Moi, qui aime bien improviser selon les réponses, il ne m’en a pas laissé le loisir. Il a fallu que je lui tire les vers du nez. À tel point que je me suis demandé si ça venait de moi… mais, mon copain Christian English (ex-journaliste à RTL, désormais éditeur et, présentement, auteur des photos de l'interview) qui me succédait, m’a confirmé plus tard qu’il en avait été de même avec lui.

Ça a à voir avec une certaine rock’n’roll attitude, je pense.

En même temps, il ne m’a pas insulté, ni craché dessus, encore moins cassé la gueule, donc, disons que je m’en suis bien sorti.

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Mais, les stars du rock, j’ai vite laissé tomber.

Même si j’en ai eu pas mal, hein… Phil Collins (voir sur ce site), Peter Gabriel, Al Jarreau (pas vraiment rock, je sais), Jim Kerr (le leader des Simple Minds), les Scorpions et quelques autres… ce n’est pas ce genre d’interviews que je préfère faire. (fère faire, c’est joli, non ?).

Ici, un entretien récent du monsieur et , il parle un peu plus de sa carrière solo...