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05 janvier 2008

Didier Marouani... compositeur très spatial!

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Ce Tout Petit Déjà dominical est dédié aux nostalgiques du tout début de la musique électronique (et populaire) en France à la fin des années 70.

Jean-Michel Jarre n'était pas le seul précurseur... il y avait aussi Didier Marouani.

Le créateur et leader du groupe Space, dont voici les trois succès de l'époque.

 

 

Oui, bon, d’accord, ce Tout Petit déjà est surtout l’occasion de se dépayser une nouvelle fois. Retour en Guyane. Une fois n’est pas coutume (quel dicton complètement con !).

 

(Je fais un aparté… hier, j’ai reçu un mail, par le biais de mon blog, d’une fille que j’ai connue à Kourou dans ma prime jeunesse. Je ne sais pas comment elle est tombée sur moi. Je suppose, qu’il y a quelques indics chez mes amis guyanais qui viennent parfois ici. En tout cas, Isabelle, j’ai souvent pensé à toi et à ta sœur. Ravi de reprendre contacte avec toi).

(Et, juste, je constate que les amis que je retrouve, ce n’est jamais grâce à Face Book mais grâce à ce blog. Je n’en tire aucune conclusion.)

(J’aime beaucoup blablater sur des sujets qui n’ont rien à voir avec ma note du jour. Peut-être est-ce une astuce pour combler le néant abyssal qui est en moi pour commenter les photos du jour.)

(Je ne sais pas).

(Si, en fait).

(Sinon, ça va, vous ?)

(Non, parce que moi, ce n’est pas précisément la grande forme).

(Ce matin, je me suis levé à 4 heures. J’en ai profité pour lire le livre de Nicolas Cauchy De manière à connaître le jour et l’heure (c’est le titre, pas un but en soi) en intégralité. Très bon livre. Bien dérangeant, bien comme j’aime. Bien comme ça m’incite à mandoriser l’auteur.)

(Là, je vous explique. « On » me dit que je fais parfois trop de teasing. Soit. Là, je viens d’en faire un, mais il est déguisé.)

(C’était discret, non ?)

(Vous me dites, si vous voulez que je revienne à ma note initiale…)

4f27d33eb569805ec18bf46e9721e9d7.jpgDonc, aujourd’hui, je vais vous parler de Didier Marouani.

C’est quoi ce nom d’imprésario ?

Et surtout, qui est ce Didier Marouani ?

Oh la honte ! Vous ne connaissez pas ?

Pfff…

Ce musicien  a vendu plus de 8 millions d’albums avec son groupe Space. Les vidéos ci-dessus donc, qui sont quelques-uns de leurs tubes.

Il a été classé numéro un en Angleterre, aux États-Unis et dans d’autres pays, mais il a surtout fait carrière en URSS (voir le troisième clip).

Il est aussi le créateur du groupe Paris-France-Transit et le compositeur du générique de l’émission des frères Bogdanoff Temps X (je sais, un truc de dingue !)

Pour en savoir plus :

, c’est très complet comme biographie.

Tandis que là, l’auteur de cet article revient sur les années Space. 77f1b64c9d35e40a8bda23df8a29c17b.jpg

Moi, quand j’étais petit (je devais avoir 11 ans), j’aimais beaucoup Space. On peut presque dire que ce groupe-là a marqué mon enfance (en même temps j’écoutais Balavoine, Souchon, Trust, Taxi Girl et Téléphone, c’est dire si j’étais déjà bien hétéroclite dans mes choix musicaux).

Donc, rencontrer Marouani à Kourou était pour moi très important.

Il est venu faire la promo de son premier album solo.

Space Opéra.

Là, c’est à Radio Plus, la radio que je co-dirigeais. Le 17 juin 1988.

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Et rapidement, nous nous sommes appréciés.

Il était invité par une personne que je connaissais bien. J’ai, pour ainsi dire, passé quelques jours avec lui.

Là, c’est au JM club, boîte de nuit à la mode du vieux bourg de Kourou. (Le même jour qu’à Radio Plus).

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Et puis, nous sommes partis ensemble une journée à l’île Royale, l’une des 3 îles du Salut.

Le  18 juin 1988.

Dans la navette Kourou-Ile Royale.

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Posant devant l’île du Diable.
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Dans l’eau.
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Dans l’eau, mais moins profond. (Le jeté de sable est un art un peu perdu, je sais bien).
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(Vous ai-je dit que le deuxième album d’Etyl Les souris, est absolument formidable ?)

(Non, je ne crois pas.)

(Elle mérite aussi une mandorisation en règle.)

 

(Voilà, soit dit en passant).

 

(Et non pour faire une séparation, parce que je n’ai pas grand-chose à raconter, entre les autres photos qui vont suivre.)

 

(C’est mal me connaître que de s’imaginer un instant que je suis capable d’un tel subterfuge.)

 

(Ce serait gros, quand même.)

J’ai dîné de nouveau avec Didier Marouani quelques mois plus tard. En novembre 1988 dans un restaurant du vieux bourg de Kourou.

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Il était revenu en Guyane en repérage, pour préparer un concert gigantesque, un an plus tard sur la Place des Palmistes, à l‘occasion du 10e anniversaire de la fusée Ariane.

C’est à cette occasion que je l’ai interviewé deux dernière fois, cette fois- ci à RFO que je venais d’intégrer.

Le jour même du fameux « concert de l’espace ».

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Un an plus tard, en voyage à Paris, Didier Marouani m’a invité à déjeuner chez lui. Ensuite, il m’a fait visiter son 513ace74095d59e2744c6904c80dbae2.jpgstudio d’enregistrement et nous avons écouté quelques anciens morceaux de sa composition. C’était assez magique. Je me revoyais, gamin, faire suer mon père pour qu’il m’achète le 45 tours de Magic Fly, puis les 33 tours qui suivirent.

Je n’ai plus eu de nouvelles de cet artiste depuis ce jour.

Pourquoi?

Encore une fois.

Je n’en sais rien.

La vie.

Simplement.

Je crois savoir qu’il veut relancer le groupe en sortant un best of et des inédits.

Fausse bonne idée ?

04 janvier 2008

Antoine Dole... profession (h)auteur!

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Avant-hier, j’ai rencontré Antoine Dole. Ce n’est pas la première fois que je m’entretiens avec lui d’un de ses livres. L’année dernière, c’était pour son recueil de nouvelles (enfin, pas vraiment des « nouvelles », mais le propos du jour n’est pas là...) : Les autopsies intimes.

Antoine est avec moi pour me parler de son premier roman publié dans une maison d’édition (parce qu’il en a d’autres qui traînent ici et là sur quelques sites Internet) : Je reviens de mourir.

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Il me paraît plus calme, plus serein. Allez, j’ose… presque heureux.

Ce qui n’a pas toujours été le cas chez ce garçon.

Nous nous installons à la Villa Pereire (au même endroit qu’à cette occasion).

Une menthe à l’eau pour lui, un thé citron pour moi.

(Je signale au passage que je me calme nettement au niveau de la boisson euphorisante…)

(Enfin, juste l’après-midi.)

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Nous parlons un peu de comment nous allons bien tous les deux et d’autres sujets plus confidentiels. Et puis, je sors mon Sanyo.

Antoine sourit. Il sait qu’à partir de ce moment-là, nous ne serons plus tout à fait naturels, mais que ça fait partie du jeu quand on rencontre Mandor.

Ce livre est un « conte défait ».

Il y a Marion, il y a Eve.

Marion aime Nicolas, jusqu’aux coups reçus, jusqu’aux « clients » qu’il la force à voir.

Eve est une dévoreuse d’homme (rencontrés sur Internet), jusqu’au jour où elle rencontre David. Un alter ego masculin.

Du destin de l’une dépendra la survie de l’autre… (Dixit la 4eme de couverture).

Bien sûr, c’est parfois violent, mais Antoine Dole n’en rajoute pas.

Écriture tout en parcimonie.

Prose simple, percutante et efficace… pas un mot de trop, pas de longueurs, du rythme et une diversité de style selon les personnages.

-Cette fois-ci, je me suis fait plaisir, beaucoup plus qu’avec Les autopsies intimes. Je me suis lâché en images et en métaphores.

Et notamment sur l’amour. J’ai hésité à vous donner quelques exemples, mais ce serait vous gâcher le plaisir.

Donc, je m’abstiens même si ça me démange.

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Antoine est un malin. Il nous balade.

Tant est si bien qu’il est extrêmement difficile d’évoquer ce roman, car il faut ménager le suspense, ne rien dévoiler, laisser la surprise aux lecteurs.

C’est un livre à clefs, un livre de perceptions et de fantasmes. Quelle est la vraie réalité de ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux ?

Un livre piège.

 

-Le point de départ de ce livre est venu d’une réflexion que je me suis posé à la fin d’une relation destructrice. Quelle question doit-on se poser ? Jusqu’où est-on capable d’aller par amour ? Ou bien: Jusqu’où la personne qui t’aime est capable de te laisser aller ? Mes deux héroïnes sont les pendants de ces deux questions. Marion est celle qui laisse l’autre décider et Eve, elle, décide de se poser ses propres limites.

Antoine Dole réfléchit puis reprend.

-C’est l’histoire de deux trajectoires. Deux jeunes femmes qui, à un moment de leur vie, sont liées par la notion d’incommunicabilité. Chacune en fait quelque chose de différent. Au final, elles aboutissent au même endroit.

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S’il est effectivement beaucoup question d’incommunicabilité, ce livre résume aussi une certaine philosophie sur la misère amoureuse de notre temps.

f4bc882f1936cdef8f7e303307aee893.jpgPour tout dire, Antoine est un garçon un peu dur avec l’amour, un brin désillusionné. « On est une génération qui a peur de souffrir. » Il m’explique que les jeunes de son âge, ceux qu’ils fréquentent en tout cas, ont un regard peu positif à l’égard des grandes histoires d’amour et surtout du couple.

 

-Si je parle de prostitution au sens propre dans mon livre, ce n’est pas un hasard. Au fond, dans un couple, on est tous amené à se prostituer. Mentalement, en tout cas, pour être ce que l’autre demande.

Oui, le jeune Dole est radical, violent parfois, mais sensible, beaucoup.

Un mélange aussi détonant qu’étonnant.

(Formule facile, mais, dans le cas présent, très vraie !)

Il me confie qu’une jeune comédienne est intéressée « pour porter le projet d’une adaptation cinématographique »

Je ne donne pas son nom, parce qu’il m’a prié d’être une tombe.

Ce que je sais être.

Parfois.

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Antoine file pour un autre rendez-vous. Il voit beaucoup de monde, car il fourmille de projet.

Un jeune homme dont je pressens que l’on n’a pas fini d’entendre parler.

Nous nous reverrons bientôt.

Pour son prochain livre, je pense.

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J’aime bien mon rendez-vous annuel avec lui.

Pour finir, je vous rediffuse la bande-annonce de son livre…

Bande-annonce qui fait pas mal réagir chez les blogueurs littéraires (voir et aussi ici).

 

 

Ici, le MySpace d'Antoine...

Là, son blog de "critique littéraire".

Et enfin, l'article Strictement Confidentiel de Dahlia.

03 janvier 2008

Henri Tachan... poète rebelle et éternel.

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« Crier est un remède contre les larmes. Chanter aussi, je pense ! Lorsque Tachan déboule en scène, petit et noir, étincelant comme une cassure d'anthracite, le front buté, le regard pointu, la lèvre en gouttière ; déjà en sueur, déjà écumant, j'ai chaque fois l'impression de voir surgir un tourbillon, fou furieux avant même sa sortie du torril… » (Frédéric Dard)

« D'abord Tachan, il est jamais d'accord ! Il critique tout. Les curetons, il a du mal à les encadrer ! Il fait comme Brel, il raille les bourgeois, il est pas patriote pour deux ronds . . . De là à dire qu'il aime pas la guerre, y a qu'un pas ! Il fait de la provoc systématique, il profère des gros mots, on se demande s'il le fait exprès… » (Pierre Perret)

« J'aime Tachan, insolent, triomphant. Il cogne, il mord, il ravage, il saccage, il taille en pièces, il poignarde en plein cœur… Il aime, je l'aime. » (Serge Reggiani)

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Voilà vers qui je me rends ce 13 décembre 2007.

Vers un homme que ma famille écoutait quand j’étais bambin.

(Souvent, j’aime rencontrer des artistes qui ont hanté mon enfance… celui-ci, avait un goût de "rebelle attitude" qui plaisait à mon père.)

Quarante ans de carrière.

90db84922a6c92f0405580faaaaa7745.jpgAvec une odeur de soufre qui lui colle à la peau.

Celui dont Brel, son parrain dans le métier, disait : « Le fauve est lâché ! » est un grand pourfendeur de la morale bourgeoise, bouffeur de curés jamais rassasié, antimilitariste jusqu'à l'os… il adore provoquer en exhibant ses pensées génitales.

Dans ma voiture, j’ai presque le trac en pensant à cette rencontre. L’homme m’impressionne.

Il n’est pas pro journaliste, non plus, je le sais, il l’a souvent exprimé.

(Les journalistes culturels le lui rendent bien parce qu’au final, aucun média ne parle plus de Tachan.)

Alors qu’il vient de sortir un nouveau disque : De la pluie et du beau temps.

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J’ai rendez-vous à 16 h à l’hôtel Royal Fromentin, dans le 9e arrondissement de Paris.

Il est 15 h 45, je suis bloqué par une manifestation d’Asiatiques qui marchent lentement dans le quartier de Pigalle. Je suis le cortège en pestant. Je déteste être en retard. Je tente de modifier mon chemin pour les dépasser, mais dès que je reviens sur le bon chemin, c’est pour aboutir juste derrière eux. J’arrive avec 15 minutes de retard, mais j'ai pris soin d’appeler l’attachée de presse pour la prévenir de mon problème.

Henri Tachan est assis dans le salon de l’hôtel. Il m’accueille en se foutant de ma gueule.

Genre, le coup de la manif d’Asiatiques, il n’y croit pas des masses.

En enclenchant mon Sanyo, je tremble intérieurement. Franchement, je ne suis pas rassuré.

Je lui demande comment il fait pour continuer à exister sans aucune aide de quiconque, à commencer par celle des médias.

 

-Je travaille comme dans les années 60. De manière artisanale. C’est le bouche à oreille qui prime. Les6b009f38b991f6b2cc722327d0f7f5d5.jpg médias me boudent car nous ne sommes pas tellement d’accord, mais je m’en passe totalement. Je tiens beaucoup à ma liberté. Je l’ai depuis 40 ans. Il y a un prix à payer pour cela. Le combat dans la solitude. Mais, heureusement, j’ai un public très fidèle. Au fil des années, il emmène ses enfants et petits-enfants. Évidemment, j’aimerais qu’il s’élargisse, mais il faudrait que je fasse des concessions et ça, c’est hors de question.

J’insiste un peu pour savoir si on ne finit pas par choper de l’aigreur quand on se sent victime d’injustice :

-Le succès, c’est les clefs du hasard. J’ai été très longtemps joueur. Au poker, aux courses. Ça m’a beaucoup appris. Je suis très bon perdant. Quand je gagne, je suis toujours surpris de gagner.

Dans son nouveau disque, il observe notamment, la société du spectacle d’aujourd’hui, mais il parle aussi d’amour, de la vie et de la mort. Sa plume est moins acérée, plus douce, peut-être.

-J’ai passé 40 ans à chanter « contre ». Aujourd’hui, j’ai envie de chanter « pour ». Je n’ai plus de temps à perdre pour fustiger les choses. J’ai sorti il y a deux ans, une intégrale de toutes mes chansons chez Naïve. Il y a 7 doubles albums, près de 400 chansons. Il y a là tout ce qui m’énerve et me révolte. Je ne veux plus recommencer. Je préfère désormais m’appesantir sur tout ce qui me plait dans la vie. J’ai aussi envie d’évoquer ce qui est futile. La futilité peut devenir de la poésie, je vous assure.

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Je lui pose la question qui fâche. Est-ce la vieillesse qui l’assagit ? (Il a 68 ans).

Il ne sourit plus.

-Ma tête est jeune et mon corps à son âge. On peut avoir mal au corps et avoir toujours le cœur d’un adolescent.

Il réfléchit :

-Par contre, j’ai une certaine fatigue, mais je n’ai pas perdu mon instinct de révolte. Par exemple, je suis révolté contre la vieillesse et la mort. Ça m’a toujours hanté depuis que je suis jeune. C’est mon seul ennemi préféré. La seule chose importante, c’est qu’un jour on disparaît, on perd des amis autour de soi, et que soi-même, on est programmé pour disparaître. C’est mon idée fixe.

Je sors les idées reçues qui traînent sur sa personne. Un peu pour le provoquer.

1) Tachan, chanteur engagé ?

55693af06f3a057d9fe951584abfe052.jpg-Il n’y rien de pire que cette insulte. Les artistes engagés m’emmerdent. C’est une fausse réputation que j’ai. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai écris il y a une trentaine d’année, un texte qui s’appelle « Ni gauche, ni centre, ni droite. » Après, on ne m’a plus fait chier avec ça. Sauf vous, aujourd’hui. Sachez, monsieur, que je suis en révolte permanente contre les conneries de la vie et je suis en tendresse permanente pour les belles choses de la vie. J’essaie juste de faire rêver les gens, de les faire rire parfois.

2) Tachan vit reclus loin de tout, sans personne ?

-Vous le faites exprès là ? Pourquoi dites-vous ça? Ma porte est toujours entrebâillée. Je dis comme Léautaud : on ne vit jamais seul. Je vis avec ma famille et j’ai des amis. Peu du métier certes. À part Pierre Perret et Jean-Claude Vannier.

 

3) Tachan n’aime pas les nouveaux chanteurs français. Delerm, Bénabar…

-Qui ?

-Delerm, Bénabar.

-Qui ?

Idée reçue tout a fait exacte donc. Les seuls qui trouvent grâce à ses yeux, sont Alain Souchon et Thomas Fersen qui ne sont tout de même pas les perdreaux de l’année.

J’aime Henri Tachan, parce qu’il est, avec Aznavour, le dernier des mohicans (mais personne ne le sait).

Autre point commun, ils sont arméniens tous les deux. Enfin, je présume, car le vrai patronyme de Tachan est Tachdjian.

(Et vous savez à quel point cette communauté est importante pour moi aujourd’hui…)

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Henri Tachan me dira après l’interview qu’il s’est bien amusé. Je ne sais pas comment le prendre, mais je suis de bonne humeur, je le prends donc comme un compliment (et ça m’arrange bien… je suis sensible et susceptible.)

Nous devisons encore quelques minutes avant qu’un taxi le récupère. Il s’en va au bout du monde pour un concert le soir même.

A Issy-les-Moulineaux.

Moi, je retrouve ma voiture. Un PV de 33 euros sur le pare-brise.

Youpi ! La vie est belle.

Pas d’Asiatiques sur le chemin du retour.

Je réécoute le disque de Tachan et je me dis qu’il n’est pas si terrible que ça.

Un tendre révolté.

Juste.

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P.S : Voici un documentaire très récent de 10 minutes sur lui. Regardez-le en intégralité pour comprendre le personnage.

 

 

Et , des images d’archives de lui en « tour de chant » en 1972.