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08 décembre 2021

Emilie Marsh : interview pour Nevada

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(Photo : Alexandre Attias)

emilie marsh,nevada,interview,fraca!!!,mandorLe deuxième album d’Emilie Marsh, Nevada, est un jouissif road trip musical. Elle nous embarque dans un voyage faisant constamment dialoguer l'intérieur et l'extérieur, l'intimité et l'immensité. Les titres sont les étapes de cet itinéraire. Tout le monde peut s’y laisser emporter et rêver autour d’elles. Nevada paraît sur son label FRACA !!!, co-fondé en 2018 avec Katel et Robi.

Pour évoquer cet album, nous nous sommes retrouvés sur la terrasse d’un café parisien pour une deuxième mandorisation (la première ici, pour le précédent disque).

Son site officiel.

Sa page Facebook officielle.

Pour écouter l’album Nevada.

Argumentaire de presse officiel :

C’est une amoureuse qui roule. Tenue en éveil par des mélodies immédiates et une énergie rock’n’roll, les rugissements du moteur. Elle s’appelle Émilie Marsh, et elle réinvente aujourd’hui ce qu’est le Nevada. Un état américain, direz-vous. Or, la musicienne d’origine franco-britannique n’y a jamais mis les pieds. Nevada, pour ce véhicule qui n’existe plus, ce vintage qu’on recherche sans cesse, mués de nostalgie. Nevada, parce que « va » inscrit la musique et les textes d’Emilie Marsh dans un mouvement qui se poursuit, quelle que soit sa destination. Du moins si elle y parvient… Car Nevada, c’est l’histoire d’une femme qui prend la route pour retrouver l’être aimé, avant de se laisser désorienter par ses pérégrinations et changer de trajectoire. Finalement, le point d’arrivée ne sera peut-être pas celui qu’on croit. Piste après piste, Émilie Marsh révèle de nouvelles facettes de son jeu d’autrice, compositrice, chanteuse et multi-instrumentiste. On la découvrait par bribes sur son premier album éponyme, paru en 2019, on l’envisage dans son entièreté plurielle grâce à Nevada. Parce qu’elle aime partager le studio, elle a travaillé avec un autre musicien surdoué, réalisateur et mixeur, Sébastien Collinet. Ensemble, ils ont façonné un Nevada déjà produit seul par Émilie. Ils ont aussi rassemblé, le temps d’une journée, des chanteuses devenues d’enthousiastes choristes : Buridane, Pascale Abécassis, Clou, Inès Desorages, Garance, Claire Joseph, Skye, Karen Lano, Latchmy, Lonny, Marilyne Maillot

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Bercée par les westerns visionnés en boucle durant le confinement, Paris-Texas de Wim Wenders, la musique de Ry Cooder, les road movies, de Pierrot le Fou à Thelma et Louise, Émilie Marsh crée une narration musicale au rythme implacable et multi référentielle – en cela, elle fait écho au cinéma de Tarantino qu’elle affectionne. Ces mariages contraires font de ses chansons des hymnes immédiats, portés par la légèreté, parfois ironique, de la pop, dotés d’une énergie rock’n’roll que ne renierait pas Dani. De l’icône de la chanson française, Émilie Marsh a beaucoup appris au fil de leur collaboration sur scène, puis sur l’album Horizons dorés. Notamment à ressentir l’image dans la musique. Entrecoupé d’interludes, des Errances enregistrées sur iPhone sous la carcasse d’une voiture, improvisées puis retaillées à la serpe, Nevada s’amuse des humeurs et des personnages.

Le disque (toujours extrait de l’argumentaire de presse) :emilie marsh,nevada,interview,fraca!!!,mandor 

Le fil rouge, c’est la voix d’Émilie Marsh, capable de multiples variations. Tube instantané, Nevada est une invitation au voyage, tant géographique que sentimental, souligné de riffs vénéneux. Les chœurs de « Tout commençait la nuit » nous emportent comme une vague, avec Émilie comme prêtresse de la mélodie électrique qui, sur « Salam Saravah » devient chaman, avant de laisser libre cours à la fièvre stellaire de « (La nuit) Tombée de haut » jusqu’à la flamboyante conclusion de « Danser Marco ». Au programme également, deux duos avec des artistes dont Emilie admire le parcours comme la personnalité : La Grande Sophie dans « Mélancolie sur la Riviera » et « Héros », avec Gaëtan Roussel, écouté dès l’adolescence par Emilie, et qui a aussitôt accepté. Parmi les influences d’Emilie, du son et des mots : Anna Calvi, Sylvia Plath, Catherine Ribeiro, Arthur Rimbaud, Blaise Cendrars, Isabelle Mayereau, dont elle reprend la trépidante « Chevrolet Impala », Apollinaire, Henri Michaux… Par sa recherche de vocabulaire, le manque voulu d’articles, le parti pris énumératif et nominal, s’impose l’écriture poétique d’Émilie Marsh, qui a toujours été la sienne – rappelons qu’elle a étudié la littérature et qu’elle a été, à peine vingtenaire, lauréate du concours national Poésie en liberté.

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(Photo : Alexandre Attias)

emilie marsh,nevada,interview,fraca!!!,mandorInterview :

Tu avais ton fil rouge dès l’écriture des premières chansons?

Oui. Avec les quatre premières chansons, « Nevada », « Héros », « Salam Sarava » et « Tout commençait la nuit », je savais déjà quelle direction j’allais prendre. Pendant la période d’écriture, j’avais besoin de grands espaces et surtout de me décentrer de là où j’étais. Je cherchais un contraste entre l’intérieur intimiste de la voiture et l’extérieur, lié aux grands paysages américains, réels ou fantasmés. Celui entre le jour et la nuit, dont je suis amoureuse. J’ai regardé pas mal de road movies et j’ai écouté de nombreuses musiques de film. Ça évoque immédiatement des images.

L’album commence par la chanson d’Isabelle Mayereau, « Chevrolet Impala ». Elle te correspond parfaitement. On dirait un titre de toi.

Je suis flattée que tu me dises ça parce que je suis très admirative du travail d’Isabelle Mayereau. Il manquait une chanson pour terminer l’album. J’ai pensé à celle-là car je savais qu’elle allait coller à l’ensemble. J’ai donc fait un arrangement dans la journée et je lui ai envoyé. Elle a beaucoup apprécié, du coup, ça nous a rapprochées. Nous avons tourné le clip ensemble, mais nous le sortirons plus tard.

 Clip de "Nevada". Réalisation & images : Alexandre Attias.

Quelle est la différence entre ce nouvel album, Nevada, et le précédent ?

Mon premier disque était une photographie de qui j’étais et de ce que je faisais à l’époque. Sur celui-ci, je raconte une histoire sous forme de road-trip. C’est un voyage en temps réel.

Il y a un duo avec La Grande Sophie, « Mélancolie sur la Riviera ». A la première écoute, j’ai eu du mal à identifier qui chantait quoi.

On me l’a déjà dit, mais ça m’étonne. Je connais tellement sa voix. En tout cas, la sienne et la mienne se mélangent bien. J’ai découvert cette artiste quand j’étais ado et elle fait partie des gens qui m’ont donné envie de faire de la musique. En 2019, j’ai eu le bonheur de faire ses premières parties et je l’ai donc mieux connue. J’avais très envie de travailler avec elle. Il y a notre duo et elle a fait les arrangements de la chanson « Nevada ». C’est un petit rêve d’enfant que j’ai réalisé.

On peut découvrir un autre duo, « Héros », avec Gaëtan Roussel.

Lui aussi m’a construite musicalement. Adolescente, j’écoutais beaucoup Louise Attaque et j’adorais ça. Je suis fière qu’il ait accepté de chanter avec moi.

Clip de "Ironie. Réalisation & images : Alexandre Attias.

Il y a de nombreuses choristes sur cet album (voir l’argumentaire de presse).

Ce disque a été réalisé à deux avec Sébastien Collinet. On était dans notre bulle, mais à un moment donné, nous nous sommes dit qu’il serait bon d’élargir le cercle. Nous avons considéré qu’avoir des chœurs féminins allait ajouter un supplément d’âme. J’ai appelé plein de copines chanteuses et nous nous sommes retrouvées une journée à l’Alcazar pour enregistrer. C’était un moment magique.

Ton écriture est devenue plus rythmée.

Je me suis inspirée de la poésie de Blaise Cendrars. Dans « La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France », par exemple, on voit les images défiler et on sait qu’il avance. J’ai donc choisi une écriture du défilement qui passe par beaucoup d’énumérations. J’ai enlevé des articles, des phrases nominales. Je voulais que ce soit direct et immédiat.

Clip de "Dunhill". Réalisation & images : Alexandre Attias.

Musicalement, tu te situes dans quelle catégorie ?

Je me moque des étiquettes. Je n’ai pas de problèmes à dire que c’est un disque de variétés. Plus exactement, je suis au carrefour de la chanson, de la variété française, de la pop et du rock.

Tu es fière de cet album ?

Très. Il s’est fait dans un temps court, je lui trouve donc beaucoup d’intensité et d’énergie. Je peux défendre ce disque de A à Z.

Est-ce que tu penses avoir enfin trouvé ta voie ?

Je le pense. C’est la première fois que je me sens autant alignée, que ce soit dans ma vie, dans mes chansons et dans mes différents projets. Sans renier ce que j’ai fait avant, il me semble avoir trouvé un équilibre global. Il y a un avant et un après Nevada.

Tu chantes un peu différemment, je trouve.

J’ai beaucoup travaillé ma voix dans les graves. Dans cet album, j’ai enregistré plus bas par rapport à mes capacités vocales habituelles. J’ai tout baissé parce que je voulais quelque chose d’intime dans mes couplets.

Tu es guitariste pour Dani et Hildebrandt, tu fais partie du trio féminin Bodie… parfois, tu es difficile à suivre.

Je suis beaucoup dans le collectif. Être guitariste pour d’autres me permet d’avoir un autre rapport avec mon instrument parce que je ne chante pas. J’aime me mettre au service d’artistes que j’apprécie. Ça nourrit mes propres chansons et ma façon d’évoluer sur scène. Il est inconcevable pour moi de m’occuper uniquement de ma petite carrière personnelle.

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Après l'interview.

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01 décembre 2021

Martin Luminet : Interview pour l'EP Monstre

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(Photo : Chloé Nicosia)

martin luminet,mandor,interview,monstreMartin Luminet a sorti un premier vrai EP, Monstre.

Parfois, au début d’une carrière, on se cherche. Il arrive donc que des artistes enregistrent des disques qui ne représentent pas exactement qui ils sont. Donc, on les oublie.

Pour des raisons qui lui sont propres, Martin Luminet est désormais incapable d’écrire des choses fictives. Il explique ne pas avoir assez confiance en lui pour inventer des histoires de toutes pièces. Besoin de régler pas mal de choses. Tout déballer, même les choses les moins reluisantes de sa personne. Il raconte tout ce qu’il n’arrive pas vraiment à dire dans la vie et, curieusement, je m’y suis retrouvé. Et beaucoup vont s’y retrouver. Quand le très personnel peut devenir universel.

Pour être honnête, j’ai une grande affection humaine pour ce garçon que je suis depuis quelques années maintenant (lire les deux premières mandorisations ici et là). Mais ses chansons me touchent au cœur, comme rarement. Une écriture tranchante et touchante. Mélange rare. Artiste rare.

Sa page Facebook.

Pour écouter son EP, Monstre, c'est notamment ou là.

(Paroles & Musiques : MARTIN LUMINET
Producer / Réalisation : BENJAMIN GEFFEN
Prises de Son / Mix : TONY BAKK
Master : CHAB
Direction Artistique : MARION RICHEUX
(c) LA PERCÉE)

Argumentaire de presse :martin luminet,mandor,interview,monstre

Sensation de la dernière édition (réinventée) des Francofolies de la Rochelle, Martin Luminet a mis longtemps à s'autoriser le droit d'être en colère. L'éducation, certainement. Attiré par le décloisonnement des arts, le lyonnais n’endossera finalement ni le rôle du héros séducteur ni celui de l’ami irréprochable auquel certains le destinaient.

Ne pas se réfugier derrière un « best of » de lui-même, ne plus chercher à se donner le beau rôle. Le bain a débordé, c'est maintenant un déluge. Violence sensible et lucidité couperet surgissent de son spoken word. Il assume pleinement sa face sombre. Cru parfois, cash souvent, percutant toujours. A l'évidence, il se joue chez Martin Luminet quelque chose d'important, de viscéral et de vital. Il suffit d'écouter « Cœur », envoyé en éclaireur et balancé comme quatre vérités, pour recevoir un pur shoot d'adrénaline. Il y a là une confrontation belliqueuse et sans merci avec cet organe de trahison. Il y a là encore une électro cinématographique et cinglante, une tension, un télescopage entre le Biolay d'À l'origine et la noirceur viciée d'Odezenne. Il y a là surtout une urgence à sauver sa peau.

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(Photo : Chloé Nicosia)

martin luminet,mandor,interview,monstreInterview :

Dans ce disque, est-ce que l’on connait enfin le vrai Martin Luminet ?

Il y a en tout cas, un côté de moi que je ne voulais pas montrer pour plaire au plus grand nombre. Avec cet EP, j’ai ressenti le besoin de tout déconstruire. Toutes mes chansons parlent de ça : déconstruire l’amour, déconstruire le couple, déconstruire les parents, déconstruire le modèle que l’on a sous les yeux. Du coup, je me suis déconstruit aussi, ainsi que le chanteur que l’on attendait de moi. Comme je suis un peu branlant dans la vie, j’ai essayé de montrer une image de moi plus belle que la réalité. Je me suis donné le bon rôle alors qu’il ne fallait pas du tout faire ça.

C’est vrai que tu as commencé un peu en chanteur de charme. J’exagère, mais on sentait que tu avais la volonté de séduire.

J’avais envie de réparer un truc que je n’arrivais à faire dans la vie. Aujourd’hui, je ne suis plus dans la posture du chanteur. Je veux être le plus sincère possible.

Mais est-ce que tu n’exagères pas ton côté sombre ?

Exagérer son côté sombre, c’est juste le remettre à sa juste place. On nous pousse beaucoup à ne parler que de nos qualités, nos forces, de ce que l’on réussit. Maintenant, je me dézingue. Je suis intraitable avec les autres, il faut que je le sois aussi avec moi.

Clip de "Cœur". 

Depuis que tu te montres avec un regard dur envers toi dans tes chansons, ton entourage te voit-il différemment ? 

C’est un risque de se montrer tel que l’on est parce qu’il y a un risque de se faire rejeter. Là ce serait se faire rejeter pour ce qu’on est vraiment. Cela dit, se faire accepter pour les mauvaises raisons, ce n’est pas honnête. Au final, parce que j’ai déjà des relations déjà intenses avec mon cercle d’amis et mes proches, ils connaissent déjà un peu celui que je raconte.

Dans tes chansons, désormais, tu lâches le monstre !

Je le lâche parce que je ne peux plus le retenir. Dans la vie, je l’ai retenu longtemps, même si personne n’était dupe. Si les gens que j’aime restent après tout ce que je raconte, c’est qu’ils m’aiment vraiment.

Le fait que tu te racontes, même cruellement, avec de la musique, ce n’est pas comme si tu racontais ça dans une conversation.

Tu as raison. La musique rajoute de la saveur au discours.

Clip de "Monde".

Tu as chassé le côté superficiel de ta vie ?

Oui, j’ai besoin d’intensité. D’ailleurs, je suis comme ça dans la vie. Quand je suis avec des potes, je peux être chiant. Je parle de choses graves et profondes. Plutôt que m’adapter et d’essayer de vivre moins intensément, je vais décréter que je ne vivrai les choses qu’intensément parce que c’est mon langage. Je ne veux plus m’adapter à un monde qui refuse les émotions fortes, les fragilités et les aveux de faiblesse.

Il faut être courageux pour se raconter sans filtre ?

Oui. C’est une forme d’abandon et parfois l’abandon, c’est du courage. J’essaie de compenser des années de lâcheté, à ne pas chercher le fond des choses alors qu’il n’y avait que ça qui m’intéressait. J’ai passé beaucoup d’années à me censurer et à me nier.

Finalement, nous sommes tous un peu comme ça.

Tu as raison. C’est pour ça que je ne me sens pas différent des gens. Nous avons tous cette dualité en nous. Ce que l’on montre et ce que l’on ne montre pas (ou ce que l’on ne monstre pas). Il faut arrêter de voir le monde uniquement du bon côté, c’est vivre avec un œil crevé.

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(Photo : Chloé Nicosia)

Quel est son nom ?

A qui ?

A ton psy.

(Rires) J’ai longtemps milité pour ne pas avoir de psy pensant que je faisais un gros travail sur moi grâce à la musique. Finalement, ce n’est pas vrai, j’étais plutôt dans une quête.

Tu vois donc un psy aujourd’hui ?

Oui, mais pas parce que j’avais des soucis ou des blocages. J’en avais sans doute, mais je faisais en sorte de ne pas les voir. J’ai voulu rencontrer quelqu’un pour m’accompagner au moment où je sais où je veux aller. J’ai tellement eu autour de moi des gens qui m’ont dit ce que je devais faire de ma vie professionnelle ou amoureuse que je ne voulais pas d’un psy qui, lui aussi, m’explique comment je dois gérer mon existence.

Clip de "Magnifique".

Ce que j’aime chez toi, c’est que tu es très fort en punchline.

Je n’essaie pas de faire de la punchline pour la punchline. Je m’inspire beaucoup de comment procède Souchon. Il te pose une phrase et tu as le décor, la personne et dans quel état elle est. J’ai envie d’écrire en très peu de mot ce à quoi on a affaire.

Tu fais partie d’une génération d’artistes français qui ont l’amour du mot.

La chanson évolue et c’est une bonne chose. Dans les années 90 et 2000, la tendance était aux chanteurs bien sages et aux rappeurs bien engagés. A part des gens comme IAM ou Oxmo Puccino, il y en avait très peu qui réunissaient les deux. C’est bien qu’aujourd’hui nous assumions que le rap et la chanson ciselée se retrouvent.

Tu as trouvé ta voie avec cet EP ?

Je me présente sous un jour le plus honnête possible. Et je compte rester dans cette direction. Je pense que mon écriture ne pourra pas trop s’éloigner de ce côté viscéral. Je veux que mes chansons prennent aux tripes, au corps et au cœur. Je veux qu’on pleure en dansant (rires).

J’ai l’impression que tu as tout dit dans ces chansons. Que peux-tu dire de plus monstrueux sur toi ?

Je me sens tellement encore en mouvement et heurté par plein de choses que je trouverai encore quoi dire sur moi. Mais après avoir déconstruit, peut-être que je vais me décider à écrire sur le fait de construire.

Tu te sens un bad boy ?

Non, je me sens boiteux, comme tout le monde. Par contre, je mets un point d’honneur à ne pas vouloir être parfait et à chasser le faux-semblant. Je vois les choses en face sans être tendre avec moi et je l’exprime. J’essaie de devenir un meilleur humain, mais pas un meilleur humain selon un schéma ou selon que l’on nous demande d’être.

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Le 3 juin 2021, après l'interview.