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05 novembre 2021

Stéphane Mondino : interview pour Sous les abat-jours du soleil

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stéphane mondino,sous les abat-jours du soleil,album,mandor,interviewStéphane Mondino sort son sixième album, Sous les abat-jours du soleil. Tout simplement de la bonne variété comme on en fait beaucoup moins. Cet artiste est l’un de mes préférés. Je le suis et le soutiens depuis son premier album en 2004 (lire ses deux dernières mandorisations : En 2017 et en 2012).

J’ai rencontré une nouvelle fois Stéphane Mondino le 2 novembre 2021, quelques jours avant son concert aux Trois Baudets.

Sa page Facebook officielle.

Son site officiel.

Pour écouter l’album Sous les abat-jours du soleil.

Mini biographie officielle :

Né le 6 juin 1975 à Aubervilliers (93). Originaire d'une famille Italienne et Picarde. Fan de Daniel Balavoine, quitte les cours à 16 ans pour se consacrer à la musique.

Il participe aux Rencontres d'Astaffort en mars 2002 et se fait repérer par Francis Cabrel qui le signe sur son label Cargo. Deux albums naitront de cette collaboration : St-Lazare (2004) et Roll over (2007).

Mondino trace sa route avec plusieurs albums entre labels indépendants et autoproduction. Il reçoit de l'UNAC et la SACEM le prix du meilleur album autoproduit en 2013 pour l'album 1975 réalisé par Michel Françoise.

Il réalise également plusieurs clips pour divers artistes.

Son dernier album Sous les abat-jours du soleil, réalisé par Romain Roussoulière, est sorti le 1 octobre 2021.

Argumentaire de presse :stéphane mondino,sous les abat-jours du soleil,album,mandor,interview

D’amour, il en est profondément question dans le nouvel album de Stéphane Mondino, tant le thème s’écrit en fil rouge de sous les abat-jours du soleil. Avec ce titre, le chanteur appuie d’ailleurs l’interrupteur d’une lumière tamisée qui va éclairer une exploration aussi intime que protéiforme. Déclaration d’amour limpide, la chanson d’ouverture éponyme ouvre ainsi les voies d’un registre beaucoup plus large : la violence dans le couple, la paternité, les rencontres virtuelles, la trace du temps, une histoire d’amour dans l’Histoire de la déportation, la fausse couche aussi... Même Uma Thurman, petit ovni au milieu de tout ça, parvient finalement à se raccrocher au fil conducteur sous les contours fantasmés de l’image de l’actrice américaine.

Album proche du cœur, sous les abat-jours du soleil marque aussi le souhait de Stéphane Mondino de « revenir à la chanson ».

Couleur bleu électrique, les chansons flottent comme les méduses, symbole gracieux des tentacules de l’amour, qui se baladent sur la pochette de l’album. Prêt pour la piqure ?

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stéphane mondino,sous les abat-jours du soleil,album,mandor,interviewInterview :

A l’inverse de tes albums précédents, c’est au piano plutôt qu’à la guitare que tu as composé la majorité des morceaux.

C’est en effet assez nouveau pour moi. L’objectif était d’abord que les chansons puissent fonctionner autour d’un piano-voix.

Dans ce 6e album, tu retournes aux fondamentaux : la chanson.

Tout est parti d'une soirée en tournée sur le dernier album (Les rêves de Babylone). J'ai fait écouter à Romain Roussoulière une maquette, c'était la chanson « Sous les abat-jours du soleil ». Il a complètement craqué sur elle. J'ai enchainé en lui disant que j'aurais beaucoup aimé qu'il réalise l'album suivant, avec ce titre comme phare. Je n'avais pas de volonté pop, rock, folk mais l'envie de retrouver mes racines : la chanson française, avec la réalisation d'un jeune musicien de 27 ans. L'album est un voyage parfois mélancolique, dans l'intimité humaine. 

Je sais que lorsque tu commences un album, il faut que tu aies d’abord le titre, en l’occurrence, cette fois-ci, Sous les abat-jours du soleil.

Avoir un titre me met une ambiance et un concept qui peuvent parfois dévier. Mais, j’ai vraiment besoin d’avoir une base. Après il y a parfois des chansons qui s’imposent et qui n’ont rien à voir avec la direction que je comptais prendre. C’est la magie de la création.

Toutes les chansons qui composent ce nouveau disque sont-elles récentes ?

Cet album a été écrit sur plusieurs décennies. J’ai toujours 300 chansons d’avance. Si je pouvais, je ferais bien deux albums par an.

Je sais que dans tes textes, tu fais attention autant au sens qu’au son des mots.

Parfois le son me donne le sens. Je me dis rarement : « Tiens, je vais écrire une chanson sur tel thème ». C’est souvent l’inconscient qui parle. Je ne maîtrise pas toujours tout.

Dans « Orages », tu évoques la déportation, mais on ne le comprend pas forcément si on n’a pas lu le dossier de presse. En règle générale, il y a dans tes chansons plusieurs niveaux de lecture.

Parfois, les gens passent à côté de l’histoire que j’ai voulu raconter, mais finalement, ça me va. S’il y a un sens pour eux, je prends. Je n’aime pas les chansons trop frontales, celles qui expriment une histoire au premier degré.

En 2017, tu as eu une petite fille. Tu parles d’elle dans « Petit royaume ».

La chanson dit : « Neuf mois avant toi, j’étais roi d’un petit royaume, mon ego ». Je ne suis plus autocentré. Il y a plus important que moi et mes angoisses sont démultipliées. Tu ne dors plus de la même façon quand tu as un enfant.

Il y a aussi « Baby Blues ».

C’est une chanson miroir à « Petit royaume ». C’est une histoire de fausse-couche. Là encore, je ne peux pas en parler en utilisant le terme « fausse-couche ». C’est laid comme mot dans une chanson. De plus, quand un sujet me touche, je n’ai pas envie de l’aborder de manière pathos, je préfère poétiser le sujet.

Tu acceptes désormais d’être considéré comme un chanteur de variété.

A 45 ans, j’assume plus mes goûts qu’à 25. Mes potes de jeunesse écoutaient Nirvana, je ne pouvais pas dire que j’écoutais Berger et Balavoine. Pourtant un mec comme Balavoine s’est beaucoup battu pour ne pas avoir l’image d’un chanteur de « variétoche ». Il disait qu’il ne faisait pas du Sardou et c’était vrai. Il sortait de scène en sueur, comme un chanteur de rock.

A chaque fois que tu sors un album, je ne cesse de te dire que je ne comprends pas que tu ne fasses pas partie des chanteurs populaires d’aujourd’hui.

Ce que tu me dis là, je l’ai entendu une centaine de fois. Aujourd’hui, je me fais une raison, mais des gens comme Charles Talar m’ont fait beaucoup de mal pour des raisons que je ne vais pas expliquer. Pour résumer, certains ont cru en moi, mais ceux qui auraient dû m’élever m’ont plutôt descendu.

Je pense que tu n’as pas fait beaucoup de concessions.

Si des gens intelligents m’avaient parlé avec bienveillance, j’aurais suivi leurs conseils.

Tu as produit et financé ton nouveau disque et ton concert aux Trois Baudets toi-même.

Oui, mais je ne le ferai plus seul. Si personne ne s’intéresse à mon projet, je vais certainement arrêter de m’investir de cette manière. Je ne pourrai jamais arrêter de chanter, mais si les choses n'évoluent pas comme je le souhaite, je continuerai mes concerts de reprises et mes hommages à Daniel Balavoine. Je vis pour la musique. 

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Avec Stéphane Mondino, le 2 novembre 2021, après l'interview. 

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