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18 septembre 2021

Gilbert Montagné : interview pour la réédition de The fool

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CT-014710.jpgPhoto de gauche © Gianni Candido

Gilbert Montagné démarre véritablement sa carrière musicale en 1968, alors qu’il n’a que 16 ans, en passant quelques auditions et en enregistrant deux 45 tours « Le phénomène » et « Quand on ferme les yeux ». Les deux sont des échecs. Dépité, il part rejoindre sa sœur aux Etats-Unis. Il ne tarde pas à intégrer l'université où il suit des études musicales classiques. Passionné par la soul music et le jazz, il se produit rapidement dans des clubs de Miami et de New-York.

C’est Salvatore Adamo qui va bouleverser son destin lorsqu’il lui demande en 1971 de rentrer en Europe. Retour gagnant car il va enregistrer deux titres. « Hide away » et un certain... "The fool" qui fait un véritable carton planétaire.

Dès lors, interviews et tournées s'enchaînent. Un court métrage lui est même consacré... il n'a que 20 ans. Entre 1973 et 1976, l'artiste sort deux albums qui connaissent un succès mitigé.
Dans les années 80, une série de tubes lancent Gilbert Montagné prince de la variété : « On va s’aimer » (1983), « Les sunlight des tropiques » (1984), « J’ai le blues de toi » (1984)…

A la fin du mois de juin dernier, le chanteur m'a accordé quelques minutes pour évoquer la réédition de l'album The fool.

Son site officiel.

Sa page Facebook officielle.

Pour écouter l’album.

MONTAGNE-THE-FOOL-768x768.jpegArgumentaire de presse :

Tube de l’année 1971, « The fool » a révélé Gilbert Montagné et s’est imposé dans le monde entier.

Gilbert Montagné publie le 11 juin une version remasterisée de son premier album ainsi qu’une nouvelle version « The fool in love » disponible depuis le 5 juin, à l’occasion du 50ème anniversaire de ce standard international.

Réalisé à Londres au studio Trident, avec les musiciens de Joe Cocker et les cordes d'Elton John puis au château d’Hérouville par Dominique Blanc-Francard, cet album de Soul Music franco-anglais reste d’une modernité incroyable.

Le groove de Montagné est unique sur ses propres compositions, celles du jeune Michel Jonasz, de son mentor André Georget ou de son producteur qui n’est autre qu’un certain Salvatore Adamo !

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Photo à gauche : © Fonds Sacem

Interview :

Vous avez conçu la mélodie de « The fool » sur un chemin de campagne dans l’Allier.

Ce qui est magique avec la création, c’est qu’on ne sait jamais comment l’inspiration va arriver. C’est parti de quelques notes d’un chant d’oiseau. La mélodie m’est tombée dessus. Couplet, refrain… tout était fait.

Comment avez-vous pu la garder, le temps de l’enregistrer ?

Effectivement, je n’avais pas d’appareil pour immortaliser tout ça. Et pourtant, je m’en suis souvenu. Aujourd’hui, c’est plus simple. On prend le dictaphone de son iPhone et c’est bon.

En règle générale, vos mélodies arrivent sans que vous ne cherchiez à en créer ?

Ça peut arriver n’importe quand. Et paradoxalement, il m’arrive de me mettre au piano et rien ne vient. Il faut savoir répondre au toc toc sur la porte de votre esprit.

Vous aviez quel âge lors que vous avez composé « The fool » ?

J’avais 16 ans et je ne me doutais pas que trois ans plus tard, ce titre serait numéro 1 dans 11 pays.

Avant « The fool », vous aviez sorti deux singles qui n’avaient pas du tout marché. Si ce morceau n’avait pas trouvé son public, vous auriez arrêté ?

Pas du tout. A la base, je suis musicien et chanteur, je n’aurais pas arrêté à cause d’un nouvel échec. Je suis quelqu’un de persévérant. J’aurais pu aussi devenir un simple musicien derrière un chanteur. Mon obsession n’était pas d’être en avant, mais ça m’a toujours paru naturel de l’être. Les choses se sont faites simplement.

J’ai l’impression que rien ne vous a surpris dans votre parcours.

En tout cas, je suis toujours émerveillé de plaire au public et d’avoir un certain succès. Je ne me suis jamais senti blasé de cela, bien au contraire.

Que gardez-vous de l’enregistrement de ce premier album The fool ?

Je garde le bonheur d’avoir un titre qui est passé beaucoup à la radio et qui s’est vendu à la pelle. Mais j’avais aussi une certaine frustration car, à l’époque, je n’étais pas assez mature pour avoir plus de contrôle sur tout ce que je faisais. Quand vous avez une équipe, il est important d’imprimer le fait que c’est vous la locomotive. A 19 ans, je me pensais simplement en tant que wagon. Dès le premier disque, il est très important d’avoir la force de caractère pour diriger.

Vous n’étiez donc pas entièrement satisfait ?

Je considérais qu’en France, on ne jouait pas la musique que j’aimais, mais je garde une reconnaissance sans faille à celui qui a produit ce premier album, Salvatore Adamo. Il a cru en moi sans réserve, je ne l’oublie pas.

Dans cette réédition, il y a un titre inédit, une nouvelle version de « The fool », « The fool in love ».

Oui, c’est une version plus rythmée et complètement réarrangée. Je me suis vraiment éclaté à la faire. Je n’ai rien changé dans la structure mélodique, ni dans le texte, mais je suis parti vers d’autres harmonies. Il faut comprendre que l’on fait un métier de plaisir et qu’il est important d’en prendre.

Dans ce disque, il n’y a pas que des titres en anglais. On retrouve, « Raconte-moi » et « Il me reste très peu de temps ».

Nous nous étions demandés si tout l’album devait être en anglais. Considérant que les français ne parlant pas cette langue seraient contents de comprendre certaines paroles, on a décidé d’en sortir deux. « Il me reste très peu de temps » a été composée par Michel Jonasz. J’ai beaucoup d’affection pour celle-ci car mes parents, qui ne sont plus de ce monde, l’adoraient. Je pense donc à eux quand je la chante.

Depuis ce disque, vous n’avez plus jamais chanté en anglais sur un disque.

C’est marrant que vous me disiez cela, car il est possible que le prochain soit tout en anglais. On y réfléchit en tout cas.