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20 novembre 2020

Lombre : interview pour l'EP La lumière du noir

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(Photo : Gabrielle Aybram)

lombre, andrèas touzet, la lumière du noir, interview, mandor« Entre Rock et Spoken Word, Rap et Pop, Chanson Française et Exutoire Poétique, Lombre déroule ses textes comme on part en guerre contre ses propres démons. Sans tomber dans le piège du pathos, il transforme l’essai grâce à une retenue dans les envolées et un flow maîtrisé, laissant les guitares et les lignes synthétiques parler pour lui une fois que les textes ont tout dit », dixit son site internet. Il est clair qu’on peut difficilement rester insensible aux propos tenus par Lombre et à sa façon de clamer ses textes souvent fulgurante. Il vient de sortir son deuxième EP, La lumière du noir. J’ai connu cet artiste lors du Pic d’Or 2018. Tant il a fait l’unanimité, il a été décerné lauréat haut la main. Depuis, je le suis. Et ne le lâche pas. Lors de sa dernière venue parisienne, aux Trois Baudets,  le 15 octobre dernier,  nous avons passé un  moment pour évoquer son deuxième disque et faire le point sur sa jeune, mais déjà bien remplie, carrière.

Son site officiel.

Sa page Facebook.

Pour écouter l’EP.

Ce qu'en pense Patrice Demailly dans Libération.

Mini biographie officielle :lombre, andrèas touzet, la lumière du noir, interview, mandor

Enfant du rap, c’est la sincérité de #Fauve qui déclencha l’envie d’aller plus loin. L’avatar Lombre pouvait vivre avec la rage de son modèle Georgio qui l’anime toujours, la sagesse d’un Ben Mazué ou d’un Gaël Faye et les valeurs – l’honnêteté et l’humilité – de Bigflo et Oli qui sont siennes. Né comme lui à Rodez, Lombre se rapproche de Pierre Soulages ainsi son noir devient lumineux et l’écriture de son parlé-chanté tend de plus en plus vers la notion de beau.

Précis et touchant, cet artiste a rejoint la lumière récemment. Il n’hésite pas à confronter son style empreint de fraîcheur à des mélodies percutantes. Une instrumentation corrosive pour englober ce flot de paroles singulières. De tous ces ingrédients, il en sort une belle mixture. La noirceur saisissante de ses textes débouche sur une lueur et une note positive. Tout cela réuni fait de lui un authentique espoir du genre.

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(Photo : Gabrielle Aybram)

Interview :

La lumière du noir est ton deuxième EP. Je crois que tu assumes moyennement le premier.

Il s’est fait dans la précipitation. Très rapidement, sur scène, je me suis rendu compte que je ne l’assumais effectivement pas beaucoup. Je n’avais pas encore trouvé l’équilibre entre mes textes qui sont hyper denses et la prod. Plus clairement, je n’avais pas trouvé une prod qui entourait convenablement le texte. Cela dit, il m’a permis de belles choses, notamment d’avoir été lauréat du Pic d’Or en 2018, du Prix Jacques Brel l’année dernière et de participer au Mégaphone Tour. Pour ce deuxième EP, j’ai voulu prendre mon temps pour trouver exactement ce qui me correspondait. Je voulais être sûr que je pouvais l’entendre et l’assumer à fond pendant  longtemps sur scène.

Clip de "Quand la ville dort encore".

La plupart des chansons de La lumière noire sont nées dans ta chambre d’étudiant à Castres, il y a plus de deux ans.

Oui, mais je voulais trouver le bon réalisateur. J’ai commencé avec deux  premiers, mais on ne s’est pas compris artistiquement. Parce que je l’ai presque harcelé, j’ai fini par avoir Clément Libes (ex Kid Wise) qui a réalisé les deux derniers albums de Big Flo et Oli. C’est un réalisateur en vogue actuellement.  Je savais au fond de moi que ça allait coller entre nous et qu’il allait comprendre mon projet. Ça n’a pas loupé. Le premier morceau qu’il a réalisé pour « essayer », c’est sur le titre « Quand la ville dort encore ». J’ai été ébloui par ce qu’il en avait fait. Les cordes et le côté cinématographique m’ont tout de suite parlé. Ça m’a tellement plu qu’on a décidé de faire l’EP ensemble.  

Clip de "Lombre".

Le premier morceau s’intitule sobrement « Lombre ». C’est la présentation de qui tu es ?

C’est le premier texte que j’ai écrit de manière évidente au début du projet en 2016. Ca expliquait qui était Lombre.

Lombre est-il un double de toi-même ?

Oui, dans le côté sombre, mélancolique et introspectif. Je vais m’appliquer désormais a montrer le côté plus positif du personnage. J’ai deux nouvelles chansons qui vont dans ce sens. J’ai 23 ans, j’ai envie d’explorer beaucoup de territoires.

Clip de "Espoir noir".

Dans « Espoir noir », tu dis qu’il y a de l’espoir en toi et que la lumière brille encore. L’espoir est noir, mais l’espoir n’est pas mort. Tu ne trouves pas cela paradoxal ?

J’adore jouer avec mes paradoxes. Faire affronter la douleur à la douceur, la noirceur à la lumière. Pour moi, conjuguer les opposés a du sens. Dans nos existences, c’est important de connaitre toutes nos extrémités.

A l’époque dans laquelle on vit, je trouve que ton disque devient générationnel.

Ces morceaux, effectivement, riment bien avec le présent. Dans notre société, ou même dans la musique, on est beaucoup sur le paraitre, sur la consommation, sur la vitesse, le zapping. J’avais envie de prendre le contre-sens de tout ça. J’ai été très influencé par le côté très brut et même parfois violent du groupe #Fauve. Leurs textes m’ont beaucoup aidé. J’essaie d’en faire de même avec des messages similaires.

Qu’as-tu voulu dire dans « Crypté » ?

L’idée de départ est venue de l’image que j’ai eue d’un coffre bloqué dans le grenier de mes grands-parents.  Je ne sais pas pourquoi ça m’a inspiré ce texte. Les messages cryptés sont ceux que l’on garde en nous. C’est important pour notre équilibre mental d’avoir notre jardin secret. J’ai évoqué les choses que l’on n’ose pas forcément dire…

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(Lombre au musée Soulages à Rodez. Photo : France 3 Occitanie)

Dans « La lumière du noir », on entend le peintre de ta ville, Rodez, Pierre Soulages.

A la base, je ne suis pas du tout amateur de peinture. Mais quand j’ai sorti mon premier EP, j’ai fait beaucoup de scène. Pas mal de personnes, à l’issue de ma prestation, m’ont dit : « C’est fou, tu viens de Rodez et dans tes textes, tu fais effectivement ressortir la lumière du noir et jaillir tes noirceurs intérieures, un peu comme le fait Pierre Soulages. » Je pense que ce peintre a été une inspiration involontaire… qui était peut-être dans mes gènes.

Tu es jeune, tu as remporté plein de prix, tu as des articles dans Libération, Rock & Folk, L’Obs, tu es accueilli sur France Inter, RFI, France Info… Aujourd’hui, te sens-tu légitime dans le monde de la musique ?

Quand je fais le constat de ce qu’il m’est arrivé, je suis bien obligé de reconnaitre qu’en quatre ans, il s’est passé beaucoup de choses. J’ai conscience d’être chanceux. Même si je reste encore un artiste de première partie (rires), effectivement, ça me donne l’impression d’avoir moins à prouver. J’aime bien ce jeu, même s’il est cruel. Il permet de se forger.

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Lombre, consacré au Pic d'Or 2018 (prix remis par Cali et Arnold Turboust). Photo : Cedrick Nöt.

Estimes-tu que cet EP est « grand public » ?

Quand je fais les premières parties de Big Flo et Oli, je signe des autographes sur des chaussures et dans les salles qui aiment les textes, des gens de 70 ans me disent merci parce que, grâce à mes morceaux, ils ont appris des choses. J’aime que ma musique me fasse faire le grand écart de public. Je ne veux pas être prétentieux, mais je veux continuer à toucher et concerner tout le monde en gardant l’esthétique de ma musique. C’est magnifique de rassembler plusieurs générations.

Ca ne t’ennuie pas de devoir expliquer tes chansons ?

Absolument pas. J’explique toujours l’idée générale d’un morceau, mais je sais qu’il y a plein de gens qui la recevront différemment. Selon le public que j’ai, les retours et les perceptions ne sont jamais les mêmes. C’est génial d’avoir des avis différents selon l’âge. La seule chose que je ne veux pas, c’est que mon explication d’un texte bloque une vision personnelle. Chacun doit percevoir comme il l’entend. C’est le propre de l’art.

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Pendant l'interview...

Tu écris dans quel état d’esprit ?

Pour moi ce n’est pas toujours une joie et un plaisir d’écrire. J’essaie d’être au plus proche de moi-même, ça me rend parfois triste.

Je finis souvent avec une question conne. Tu préfères Lombre ou Andréas Touzet ?

Elle n’est pas conne, elle est surtout très dure. J’adore les deux et les deux me font vivre. Lombre devrait être celui que je devrais détester parce que c’est celui qui me fait vivre les choses pas forcément agréables à vivre, mais en même temps, c’est celui qui me permet d’avoir cette interview, de faire des concerts, de rencontrer des gens, de me faire vivre ma passion… je ne peux pas lui en vouloir car je suis ultra heureux grâce à lui. Andréas Touzet n’est pas du tout jaloux. Lombre est une partie d’Andréas, alors quand on l’applaudit lui, on m’applaudit moi. Lombre est moi-même accentué.

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Après l'interview, le 15 octobre 2020, entre deux confinements, aux Trois Baudets.

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