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10 avril 2020

Julien Belliard : interview pour Le mirage de Zo

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zo,julien belliard,le mirage de zo,interview,mandor« 10 chansons comme 10 ballades, un album sur l'errance au hasard d'un voyage imaginaire qui j'espère vous emmènera en chemin en ces temps d'immobilité physique. » C’est ainsi que Julien Belliard présente sur sa page Facebook son album Le mirage de Zo.

ZO, clin d’œil à son pseudonyme du début de sa carrière. En 2007, ZO et les dents de scie signaient l’album Sous mon pébroque, puis en 2015, ZO, cette fois-ci seul, nous proposait Les Paradis Ordinaires

Le mirage de Zo, dix titres pop et entraînants dans lesquels Julien Belliard brouille les frontières entre chanson française et indie folk.

Toujours sous confinement, j’ai appelé en  début de semaine ce sympathique artiste pour évoquer cet album, véritable épopée mystique et resplendissante.

Son site officiel.

Sa page Facebook officielle.

Pour écouter l’album Le mirage de ZO.

Biographie officielle (par HUMANOSCOPE) :zo,julien belliard,le mirage de zo,interview,mandor

Après deux albums signés sous le patronyme de ZO, Julien Belliard dévoile un troisième opus écrit cette fois en son nom. Les voiles sont levées. Le mirage de ZO nous embarque dans un monde ambulant entre le réel à l’état brut et la poésie du rêve. Les grands espaces pris en filature, des parenthèses zoomées au fil du voyage. Une échappée belle. 

Julien se décrit dans le train des envies du moment. Profondément inspiré par la liberté de mouvement. Ce mouvement si familier dans ses chansons. De l’une à l’autre, on traverse des espaces où les émotions se rencontrent. La liberté de la plaine, l’aridité des montagnes.

Le Mirage de ZO est un album traversé par le mouvement. C’est un album de frontières, de passage, où les villes et les espaces s’entrelacent pour nous mettre en chemin. Dans ces chansons on y trouve autant d’images que d’itinéraires inspirées du réel ou de l’imaginaire. Rêveries, déambulations, errance, le but n’est pas une fin en soi. L’essentiel tient dans un état mobile, le long d’une écriture qui se déroule comme un long travelling musical. Le lien et les chemins, autant d’allusions représentées dans le visuel de l’album, où cette tige de fleur forme comme des lacets de routes avec au bout un chardon.es, le vent dans les éoliennes, l’agitation de la ville, puis ce calme à l’infini. On erre sans but mais toujours vers un ailleurs, entre songe et réalité. 

zo,julien belliard,le mirage de zo,interview,mandorL’album (par HUMANOSCOPE) :

Julien Belliard cavale à son rythme, réfléchi et emballé. La vie est une grande ballade et il la met en musique. Son album raconte ce défilé de paysages, d’ambiances sonores, le tout en parfum d’aventure. Un road-movie sans terminus. Où l’on croise des accords sixties aux nineties, sortis droit de son eldorado puis l’amour en ville, aperçu par la fenêtre des souvenirs.

Chacun de ses titres pourrait être un petit bout du scénario de son album. Autodidacte, il conçoit la musique en artisan. Une fabrique où il mêle les sons et les mots « à la mano ». Il sourit d’entendre parfois sur ses maquettes les bruits de la maison de famille. Son studio est ouvert sur le salon. La musique forme une fratrie. La même depuis des décennies. S’il écrit et compose en solitaire, Julien s’entoure pour mixer, arranger, illustrer les sons en images et laisser les amis, nourrir son projet de leur créativité. Sur cet opus, Yann Arnaud (La Maison Tellier, Olivier Marguerit, Sammy Decoster) tient les manettes du mixage et Dino Trifunovic (compagnon de route d’Alister) s’attelle à la coréalisation. Pour Julien, l’amitié musicale, c’est aussi ensemble arpenter les salles de concert et parler musique à travers les âges, chiner des vinyles... 

L’artiste aime ajuster les mots, ouvrir le champ des libertés. Et dans le flou du Mirage ou de la Brume, créer la musique d’un film. Alors on laisse son esprit vagabonder et la magie opère.

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(Photo : Alexis Barbera)

Interview :

Pourquoi as-tu placé ton ancien pseudo dans le titre de ton album ?

Il y a évidemment un aspect symbolique. Même dans les albums de ZO, je signais mes chansons de mon vrai nom. Là, j’ai décidé de remettre Julien Belliard en premier. J’ai l’impression de boucler une boucle en évoquant ZO dans le titre.

Tu te cachais derrière le personnage ZO ?

C’est possible, mais c’était de l’ordre de l’inconscient.

Ce nouvel album sur l’errance se réfère-t-il uniquement au livre de Raymond Depardon, Errance

Non, mais c’est vrai qu’en tombant sur ce livre magnifique, ça m’a conforté dans l’idée d’écrire sur ce thème-là. Je suis très sensible à la figure de style du road show. Des films comme Stranger Than Paradise de Jim Jarmush et Paris, Texas de Wim Wenders ont toujours été présents dans mes inspirations. J’essaie aussi de faire en sorte que mes chansons aient un esthétisme à la Twin Peaks de David Lynch, une série qui a mille portes d’entrées.

C’est exactement ce que j’ai ressenti en écoutant tes nouvelles chansons. Je m’y suis perdu souvent.

La définition du  mot « errance » est intéressante puisqu’il s’agit d’errer sans but et sans fin. Ça me donne une sensation de liberté forte dans la création. Mes chansons sont libres de lieux de vie.

Clip de "Cette fenêtre", réalisée par Adrien Heinz / Danseuse : Alice Kinh.

Quand tu écris, tu es dans quelle condition psychologique ?

Je joue entre concentration et déconcentration. C’est très étrange. Je commence à travailler un morceau, puis je fais totalement autre chose la minute d’après. Le quart d’heure suivant, je reviens sur le morceau. J’ai procédé ainsi pour ce disque en tout cas.

Il y a 10 chansons dans ton album. A l’ancienne quoi !

C’est un exercice de style que je m’impose. J’essaie d’avoir une thématique, de la travailler, de trouver quelles directions prendre… ça se fait de moins en moins aujourd’hui. On marche plus à coup de singles ou d’EPs. Pour ma part, je veux produire des disques où il faut faire l’effort d’écouter du premier au dernier morceau. J’aime qu’on écoute un disque comme un lit un livre. Parfois, on accroche peut-être moins, mais on fait l’effort d’aller jusqu’au bout. Quand on sort d’un format long, je trouve que le ressenti émotionnel marque plus.

Clip de "Le mirage", réalisé par Adrien Heinz / 2019.

Il y a déjà trois clips de tes nouvelles chansons, "Le mirage", "Cette fenêtre" et "L'autre hémisphère".

Sur ce disque, j’ai pris beaucoup de plaisir à mettre en images mes morceaux. Mon écriture est de plus en plus inspirée par des mouvements cinématographiques.

Te sens-tu appartenir à une famille musicale française ?

Pas vraiment. J’ai écouté des choses assez diverses, mais je n’ai pas l’impression d’avoir une famille type qui ressort de musique chantée en français. J’ai du mal à me projeter dans une famille très poésie, ou très folk, ou très pop, ou très rock, ou très chanson…

Personne ne trouve grâce à tes yeux en France ?

Je n’ai pas dit ça! Il y a beaucoup de gens que j’aime. Dominique A, Mano Solo et Gainsbourg, par exemple. Dans un registre plus rock, j’ai toujours été touché par l’écriture de Romain Humeau. J’aime aussi beaucoup les premiers albums de Franck Monnet, La  Maison Tellier et Ludéal. Tu vois, le spectre de mes goûts est large. Il y a un lien entre tous ces artistes, c’est qu’il y a une recherche de poésie dans l’écriture.

Clip de "L'autre hémisphère", réalisé par Adrien Heinz. Comédienne : Maika Louakairim. Comédien : Augustin Passard.

Je sais que tu aimes beaucoup les livres de poésie.

J’ai beaucoup lu Arthur Rimbaud, Tristan Corbière, le Comte de Lautréamont, Charles Cros, Jacques Prévert... Quelque part, il a dû m’en rester quelque chose. En cette période de confinement, ça m’a traversé l’esprit d’écrire des poèmes sans musique.

Parlons de ta pochette très originale.

On y a voit un chardon avec une longue tige qui s’entrelace. J’avais envie d’une interprétation de la thématique de l’album, mais vu par quelqu’un d’autre. J’ai rencontré Valentin Abad du studio de création Akatre et, du coup, c’est ce studio qui m’a fait quelques propositions. Celle-ci m’a beaucoup plu parce que c’est une œuvre en soi et elle passera le temps.

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