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04 mars 2020

Mira Cetii : interview pour Cailloux & Météores

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©Thomas Guerigen

mira cétii,aurore reichert,cailloux & météores,interview,mandorJe ne connaissais pas du tout Mira Cétii, qui pourtant évolue déjà depuis 2014, et j’avoue que l’écoute de son album Cailloux & Météors m’a véritablement charmé. Voix céleste, texte poético-onirique sur une pop entre acoustique, organique et électronique. Vous seriez bien inspirés de ne pas passer à côté.

Moi, en tout cas, je ne le pouvais pas. Il fallait que je mandorise cette auteure-compositrice-interprète surdouée.

Son site officiel.

Sa page Facebook officielle.

Pour écouter l’album Cailloux & Météores.

Biographie officielle :mira cétii,aurore reichert,cailloux & météores,interview,mandor

Mira Cétii c’est le nom d’une étoile.

Avec deux « i » et deux poings sur les hanches, c’est le nom de la chanteuse autrice et compositrice : Aurore Reichert.

Après ses précédents EP portant des noms de constellations et chargés de mythologies célestes, Mira Cétii décide d’atterrir sur le sol (mais est-ce le sol de la Terre ?) avec une douceur fracassante pour son premier album Cailloux & Météores.

De comptines poétiques susurrées au creux de l’oreille, en chansons plus rythmées, ironiques ou revendicatrices, sa voix dépose ses mots doucement ou bien les projette en avant comme pour mieux avancer sur son chemin intérieur. Inspirée par des artistes aux musiques organiques et minimalistes telles Camille et Kate Bush pour le côté expérimental ou comme Alain Bashung pour la poésie, Aurore utilise dans cet album toutes les nuances de sa voix, suspendues entre mélodies diaphanes et refrains plus rocailleux. En solo ce sont ses double voix et le fil de la guitare qui la porte mais il y a aussi ses machines : sur la lignée d’Émilie Simon ou de Björk, Aurore ancre ses morceaux avec des sons électro, sorte de cailloux cubiques qui construisent brique par brique la plupart des rythmiques et des ambiances étranges et lunaires.

Laissez-vous emporter dans l’univers étrange de Mira Cétii tout au long des 11 titres de son premier album aussi onirique que magnétique (avec la participation exceptionnelle de Christian Décamps/Ange sur une chanson).

Mira Cétii cherche peut-être à ne pas se perdre en semant des cailloux… à moins que ce ne soit une invitation à la suivre sur sa planète ?

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©Thomas Guerigen

mira cétii,aurore reichert,cailloux & météores,interview,mandorInterview (photo ©Thomas Guerigen) :

Tu as commencé la musique avec ton père, guitariste et « bidouilleur de son ».

Grâce à lui, je suis rentrée dans le bain de la musique de façon assez naturelle. Il était du genre à nous faire assoir ma mère, ma sœur et moi pour nous proposer des séances d’écoute en commentant le disque en question. Très vite, je me suis rendu compte que jouer de la musique était ce que je voulais faire, mais petite, je ne m’en sentais pas capable parce que j’étais très timide, ou disons, très réservée. La musique, c’était mon secret. Un jour mon père m’a entendu chanter et, du coup, il m’a incité à continuer. Au début, ça m’amusait et, très vite, je me suis prise au jeu et j’ai eu envie d’aller plus loin.

Tu as écumé les petites salles et caf’conc’ de Moselle de 1996 à 2000 avec ton père dans le duo T’Aï. Puis, avec Jean-Pascal Boffo, tu as intégré le groupe pop folk electro Alifair, expérience qui a duré 10 ans.

C’est avec Alifair que je suis vraiment devenue intermittente et semi-professionnelle. Avec Jean-Pascal, on a pu facilement faire des albums de qualité (quatre en tout) sans trop dépenser d’argent parce qu’il avait un studio. De travailler avec des musiciens plus âgés que moi a été une belle école de musique et une aubaine. J’ai appris beaucoup avec Jean-Pascal et j’ai gagné pas mal d’années d’expérience. C’est en le voyant travailler que j’ai découvert mon intérêt pour les ordinateurs et les possibilités qu’ils offraient.

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©Thomas Guerigen

Comme Alifair a commencé à s’essouffler, le groupe s’est séparé. De 2011 à 2014, tu décides de vivre dans la forêt dans une maison avec ton compagnon d’alors. C’est un changement de vie radical.

Alifair est au départ un duo et on ne s'est pas séparé. On a juste ralenti notre travail sous ce nom là, mais Jean-Pascal est toujours très présent. Il m'avait aidé à développer Mira Cétii, et quand l'occasion se présente il fait encore parfois mon son en concert. Nous collaborons également à d'autres projets... En tous les cas, on reste très  proches et il n'est pas exclu que l'on fête dignement les 20 ans d'Alifair en 2021 !

Mira Cétii, c’est un double d’Aurore Reichert ?

Ce n’est pas un autre personnage, c’est plus une robe, une tenue spéciale pour monter sur scène. J’aime l’idée de trouver un look que je n’aurais pas dans ma vie quotidienne pour vivre ma vie d’artiste. Mira Cetii, c’est juste une partie de moi, celle que j’ai envie de mettre en avant.

Tu finis par enregistrer un triptyque d’EP nommé Ce que les étoiles commettent avec Orion en 2015, Persée en 2016 et Cetus en 2018.

Fin 2014, j’ai participé à un appel à projets musicaux. Il m'a permis de jouer en première partie d’Emilie Simon à La Laiterie, à Strasbourg. Je ne suis pas la seule à avoir été sélectionnée puisque c'était pour sa tournée nationale : elle cherchait des groupes par région. Bref, je n’avais pas de chansons prêtes. Mira Cétii n’était pas prête non plus, mais je m’en suis sortie. L’accueil du public a été parfait. Ça m’a incité à foncer. J’ai donc sorti ces 3 EPs assez rapidement.

Clip de "La source" réalisé "à la maison" par shelleygrafx & MiRA CÉTii

En mai 2019, tu fais la première partie du groupe Ange à Nancy. Là, tu rencontres leur producteur, Jean Christophe Boileau, qui te propose d'intégrer leur label, ArtDisto.

Comme il avait apprécié ma prestation, Jean-Christophe Boileau m’a dit qu’il cherchait quelqu’un pour les premières parties de leur tournée. La condition était que je fasse un album pour pouvoir les vendre à l’issue des concerts. Je ne m’y attendais pas, donc je n’avais pas beaucoup de chansons dans ma besace. J’avais neuf mois pour en créer et les enregistrer. Ils m’ont présenté un réalisateur, Laurent Lepagneau. J’ai travaillé sur l’album, avec un musicien additionnel : qsb, avec lequel j’avais déjà bossé sur mes deux précédents EP, car j'adore son travail et son style électro-déglingué. Il m’aide à faire un pas de côté sur mes arrangements pour que mes chansons aient toujours un petit truc original et inattendu. Laurent aussi a apporté beaucoup de sa touche personnelle. Il m'a notamment aidé à élaguer mes excès éventuels, car la liberté apportée par la MAO me pousse souvent à en faire des tonnes ! (rires)

Vous avez partagé le travail comment ?

J’ai composé des chansons que j’ai aussi arrangées. Il y a des chansons que nous avons co-composés et co-arrangés qsb et moi, puis nous avons donné le fruit de notre collaboration au réalisateur. Il y avait une trentaine de chansons ! Laurent Lepagneau en a choisi onze qui lui paraissait les plus cohérentes pour l’album, puis il a également retravaillé certains arrangements.

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©Thomas Guerigen

Qu’est-ce que ça t’a apporté de travailler avec un réalisateur ?

J’ai trouvé ça très intéressant. Au début, j’avais peur d’être dépossédée de mon projet, mais en fait, pas du tout. Il a cerné l’artiste que je suis et il a fait au mieux pour se fondre dans mon univers et m’apporter son savoir pour que le projet parle aux gens. Un regard extérieur est essentiel. Je n’aurais pas cru que cela me facilite autant les choses.

Je crois savoir qu’il t’a aussi conseillé dans ta façon de chanter.

Je considère que ma voix est un instrument. J’adore chanter, donc j’aime le faire de plein de manières différentes. Il m’a demandé de me concentrer sur une seule façon, celle qui correspondait le plus, selon lui, à ma personnalité et aux chansons de l’album. Avec le recul, je trouve qu’il a bien fait, car il m’a aidé à affiner la personnalité de Mira Cétii.

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©Thomas Guerigen

Textuellement, il est question d’amour, de nature, de paysage… on est dans les sensations et la poésie… .

J’aime bien dire que je fais de la poésie pop. La musicalité des mots est très importante, mais j’aime les textes qui restent le plus ouvert possible à l’interprétation. En tant qu’auditrice, j’aime bien interpréter le sens d’une chanson comme je le veux. Dans mes chansons, j’aime donc proposer plusieurs niveaux de compréhension. J’aime aussi créer des combinaisons de mots que l’on n’utilise pas dans la vraie vie. Il m’arrive également de changer le sexe des mots. Et je ne suis pas la seule : une amie chanteuse (Veren Ka)
avec qui j'ai beaucoup travaillé avait écrit un jour une chanson nommée "La soleil », j'avais trouvé cela très beau. Et c'est dans ce genre de prise de liberté que je me retrouve. Je souhaite que mes mots soient créateurs d’émotions et générateurs de beauté, même si celle-ci peut être cruelle parfois. Quoiqu'il en soit, le langage est une force, une arme… j’essaie de l’utiliser le mieux possible.
 

Et musicalement ?

Dans ce disque, j’ai essayer d’utiliser des sons que l’on n’a pas l’habitude d’entendre. J’ai aussi tenté de trouver un équilibre, ou un déséquilibre, entre l’organique et l’électronique.

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