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03 mars 2020

Morgane Imbeaud : Interview pour l'album Amazone

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(®Goledzinowski)

morgane imbeaud,amazone,interview,mandorDans son premier album solo, Morgane Imbeaud se livre sans concession, sans maquillage, à l’image de la photo de la pochette. Comme l’indique le dossier de presse, « il est loin le temps où la jeune fée folk courait ses premières scènes avec le duo Cocoon. Pour ce projet, la compositrice s’est exilée en Norvège, seule, loin des autres, plus proche d’elle. Son constat : malgré une première partie de carrière bien remplie (au sein de Cocoon, Peaks et Orage, nombreuses collaborations avec Jean-Louis Murat, Julien Doré, Elias Dris, sans oublier son conte musical Les Songes de Léo » (pour lequel je l’avais mandorisé une première fois).

Avec ce premier disque en solo, Amazone, la carrière de Morgane Imbeaud va prendre un nouveau chemin, celui de la légitimité mérité. Accueillons-là dans le monde des artistes français qui comptent. De la pop folk délicate, épurée, aux mélodies d’une redoutable efficacité. La voix plus affirmée, sur des textes à la fois légers et profonds (si, c'est possible) interprétés en français et en anglais et une assurance musicale qui fait plaisir à entendre. Elle sera en concert le 12 mars 2020 aux Étoiles (Paris). Une deuxième mandorisation s’imposait.

Sa page Facebook officielle.

Son site officiel.

Pour écouter son disque, Amazone.

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(®Goledzinowski)

morgane imbeaud,amazone,interview,mandorInterview :

Depuis toutes ces années de carrière, c’est ton premier album solo. Tu te dis enfin ?

A la pause de Cocoon en 2011, on m’a souvent reproché d’avoir eu des projets en duo. Avant de me lancer seule, j’avais besoin de grandir encore un peu et de m’affirmer. C’est un souci que j’avais aussi dans ma vie personnelle. A 32 ans, j’ai des choses à dire et il est tant que j’assume parce que rien n’est grave. Aujourd’hui, je me suis émancipée et affirmée. J’ose être qui je suis. Nous n’avons qu’une vie et elle est très courte, alors à quoi bon se cacher, à quoi bon être angoissée, à quoi bon être mal ? On est dans un monde très anxiogène, autant faire les choses que l’on a envie de faire en essayant de faire du mieux que l’on peut. Advienne que pourra… c’est ça qui rend heureux.

Tu as ôté ton masque ?

J’ai toujours été très angoissée, donc ça a été toujours très compliqué de me montrer tel que j’étais. J’ai toujours eu envie de plaire, pas en mode séduction ou amoureux, mais je n’avais pas envie de décevoir. Aujourd’hui, je crois que je m’en moque. J’ai compris que ça ne rendait pas heureux d’essayer d’être un caméléon. Comme cet album, je sais qu’il y en a qui l’aimeront beaucoup et d’autres qui ne l’aimeront pas… et bien tant pis !

"Gressholmen" (Home session)

Ce que j’ai lu de-çi de-là sur cet album est très positif. morgane imbeaud,amazone,interview,mandor

Ça me fait super plaisir parce que l’on a tenté de faire un album intemporel. On n’est pas dans les sons du moment, dans l’electro. Nous avons essayé de marier la froideur des machines à la chaleur des cordes, les bandes analogiques aux sons électroniques. Dans cette optique, on a enregistré cet album au mythique studio Black Box, à Angers, fondé par Iain Burgess et Peter Deimel. Sur place de l’analogique et des trésors vintage, dont une table de mixage Flickinger de 1969. Des jouets d’un autre temps…c’est justement cela qui a rendu ce disque intemporel. En huit jours, non seulement nous avons enregistré sur bande treize morceaux, mais en plus en live. C’était génial !

L’album est réalisé par Renaud Brustlein de H-Burns. Que t’a-t-il apporté ?

Il m’a aidé à m’assumer, à lâcher-prise, notamment sur la voix. Je n’essaie plus de chanter comme une petite fille. On a trouvé un bon équilibre. Il a su me faire confiance pour que je sorte un peu de mes habitudes passées. J’ai cassé le côté lisse que j’avais avant. Renaud a réussi à m’emmener là où je voulais aller. Je ne savais pas comment y parvenir seule.

A l’image de ta musique, tu as épuré le propos et durci le ton.

Quand on fait un travail sur soi, le but est de revenir à l’essentiel. On m’a souvent reproché ma gentillesse, elle m’a d’ailleurs joué des tours plein de fois. Maintenant, j’en ai un peu marre ! Je pense que tout peut se faire en douceur et de façon affirmée. J’en ai marre que la douceur et la gentillesse soient considérées comme des traits de caractère négatifs. Je ne supporte plus qu’ils soient assimilés à de la faiblesse et de l’idiotie. Avant, j’étais un peu trop timide, aujourd’hui, j’arrive à tout dire. J’ai même du mal à me taire, mais en respectant toujours les gens.

Il y a eu un déclic qui t’a fait prendre conscience de tout ça ?

En me retenant toute ma vie, j’ai accumulé trop de choses en moi. J’en suis la seule responsable. J’avais peur des conflits et je craignais de blesser les autres, mais aujourd’hui, j’en ai marre.

Clip d'"Amazone".

Dans le clip d’ « Amazone », tu te montres comme une femme qui assume aussi sa féminité.

Il y a très longtemps, j’avais un ami qui m’appelait « petite chose ». Cela m’énervait. D’accord, je ne suis pas très grande, je suis menue et j’ai un visage assez juvénile, je le sais, mais je ne suis pas une petite chose fragile qui a besoin d’être protégée. J’y arrive très bien toute seule. Dans ce clip, j’utilise un langage corporel d’une femme désormais forte.

Il y a un duo avec Marina Hands, « Messenger ».

Je voulais absolument un duo avec une femme. Je connaissais Marina parce que nous avons des amis communs. J’ai pensé à elle parce que je trouve qu’elle est la définition parfaite de l’amazone des temps modernes. C’est une femme libre et indépendante. Elle fait ce qu’elle veut et passionnément. Nous avons testé nos voix dans un studio à Paris et ça s’est super bien passé. Marina Hands est décidément douée dans tout. Je la trouve parfaite.

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(®Goledzinowski)

C’est quoi une amazone des temps modernes ?

Les amazones ont des figures de guerrières. Il y a plein de légendes autour de ces femmes-là. Moi, je ne me sens pas guerrière, dans le sens violent, c’est plus une affirmation et le fait d’être une femme libre et indépendante en 2020. Les femmes sont libres depuis pas si longtemps que cela… et il y a encore du boulot.

Tu te sens féministe ?

On devrait tous se sentir comme cela. Ce qui est aberrant, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui n’osent pas le dire, comme si c’était un gros mot. Etre féministe, c’est juste normal. C’est vouloir l’égalité entre les hommes et les femmes. Je ne comprends même pas comment on peut ne pas l’être. Le droit des femmes n’est-il pas celui de chaque être humain avant tout ? Je suis féministe, j’ose espérer qu’on le sera tous un jour, ainsi le mot disparaitra.

Il y a un autre duo. Cette fois-ci avec le New-Yorkais Chris Garneau pour un dialogue cotonneux à l’esthétique glam-rock down tempo, « Je t’en veux ».

Chris, c’est mon chouchou. Il avait fait quelques premières parties, en 2007, quand j’étais la chanteuse de Cocoon. J’avais adoré. J’étais hyper fan de sa voix. Nous sommes restés en contact. Je lui ai proposé cette chanson et elle lui a plu. Je suis super contente parce que j’attendais ce duo depuis des années (rires).

La chanson « Si l’amour est un sport » est écrite par l’ami auvergnat Jean-Louis Murat. Il n’est jamais loin de tes productions…

On bosse ensemble depuis longtemps. Nous avons souvent fait des duos et nous avons quelques scènes en commun. En évoluant avec lui, ça m’a décoincé sur mon jeu de scène et sur ma façon d’écrire en français. Je lui demande souvent de l’aide.

"Je ne vous oublierai jamais" (audio).

Il y a aussi un texte écrit par Mickael Furnon, « Je ne vous oublierai jamais » sur une mélodie easy listening et un peu sixties.

Cette chanson m’a parlé tout de suite, dès la première phrase. Elle correspondait parfaitement à ma façon d’être dans ma vie. « Je ne vous oublierai jamais, même si mon nom ne vous dirait rien… » Quand tu te fous de l’avis des gens, ça change aussi ta façon d’aimer. J’arrive désormais à donner sans rien n’attendre en retour. Ça m’a beaucoup apaisé.

Tu lis ce que les journalistes écrivent sur toi ?

Avant je ne lisais pas trop les articles par peur des mots ou des remarques que j’allais trouver. Maintenant, j’apprends à tout lire parce qu’il faut apprendre à encaisser n’importe quoi. Même les choses positives, j’avais du mal à les recevoir. Aujourd’hui tout va bien.

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