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09 février 2020

Cyril Adda : interview pour son premier album L'îlot

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(Photo : Benjamin Chauvet)

cyril adda,l'îlot,interview,mandorAprès plusieurs centaines de concerts, 2 EPs et des milliers de kilomètres parcourus, le premier album de Cyril Adda, L'îlot est enfin paru, le 7 février dernier chez InOuïe Distribution.

Cet album a été le fruit de plusieurs et longues années de travail. Désormais, son répertoire est intégralement représenté sur disque, grâce aux talents de ses musiciens Xavier Roumagnac à la batterie et Bertrand Beruard à la basse - contrebasse, sans oublier celui des ingénieurs du son qui ont accompagné son travail.

J’aime beaucoup les chansons, la voix et la sensibilité mélodique de Cyril Adda. Je l’avais déjà reçu il y a deux ans, pour son EP Epreuves. Nous nous sommes donc retrouvés dans une brasserie de la Gare du Nord pour une deuxième mandorisation.

Son site officiel.

Pour écouter le disque L’îlot, c’est ici.

Mini biographie officielle :

En solo, duo ou en trio, soutenu par une section rythmique influente, le jazz accompagne l'écriture des chansons de Cyril Adda jusqu'à la sortie de son premier EP A l'étroit paru en 2014. Un virage s'opère dans ce nouvel album : l'acoustique laisse peu à peu place à l'amplifié, l'humour s'efface au profit d'une chanson plus revendicative et plus sensible. Cyril Adda met en scène des personnages, raconte des histoires, des bouts de chemin de vie dont les protagonistes, témoins de notre époque, vivent et nous livrent une certaine réalité sociale.

Le disque (argumentaire de presse officiel) :cyril adda,l'îlot,interview,mandor

L’îlot est un lieu imaginaire, un endroit rêvé, une sorte d’arche de Noé où nous pourrions nous retrouver en cas de troubles, de catastrophe majeure. Quelles que soient les raisons de nos conflits, politiques, économiques ou climatiques. L’îlot sera notre refuge, celui de toutes les espèces survivantes hommes, plantes et animaux.

L’îlot incarne tout d’abord une terre saine, sauvage et préservée. Mais il représente également la quête du bonheur, cette part de l’être humain qui le pousse à progresser dans l’espoir d’une vie meilleure et à s’accomplir malgré les difficultés.

Lampedusa, Samos, Bornéo, la réalité ne fait que nourrir nos fantasmes, saison après saison. Ainsi, nous nous faisons inexorablement à l’idée que le monde tel que nous l’avons connu est condamné à disparaître. Sans chercher à exposer une vision fataliste ou catastrophique, cet album tente d’exprimer avec humanité les problèmes d’une société à bout de souffle.

Les inégalités sociales, la violence infligée aux plus fragiles et la course aux profits sont autant de sujets abordés, laissant entrevoir les possibles causes du déclin de notre civilisation. Au-delà de l’urgence sociale ou climatique. L’îlot raconte la vie de personnages du quotidien, en proie aux injustices de notre monde moderne.

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cyril adda,l'îlot,interview,mandorInterview :

Raconte-moi un peu tes débuts…

J’ai commencé la pratique de la guitare assez jeune, la guitare tout d’abord, puis le piano. A l’adolescence je me suis aussi intéressé à l’informatique musicale et aux claviers. J’ai d’abord accompagné des groupes de jazz du côté de Montpellier. C’est ma région d’origine et là où j’ai grandi.

Tu as commencé à écrire tes premières chansons au début des années 2000, je crois.

Oui, elles étaient fortement influencées par la nouvelle scène de l’époque : Thomas Fersen, les Têtes Raides, Mano Solo, sous oublier Jean-Louis Murat qui a été une rencontre déterminante.

Parallèlement à la chanson, tu es suivi des études de son puis, des formations dans le domaine de la production de spectacle.

Ces connaissances m’ont aidé à développer mes différents projets, à monter des « assos ». Aujourd’hui, cela me permet d’être 100% indépendant. ABM-All By Myself est la structure que j’ai créée et qui produit mes disques et mes concerts.

Clip de "Oreste".

Depuis ton deuxième EP Epreuves, en 2017, tu es moins jazz qu’au début de ta carrière… 

Je suis passé progressivement du jazz au rock, en abandonnant complètement le côté folk du début.

Il y a une chanson comme « L’ours polaire », qui est carrément electro. Tes arrangements sont de plus en plus modernes en tout cas.

Il n’est pas impossible que le prochain album soit dans cette mouvance. Cela dit, je n’en suis pas encore là. Comme L’îlot reprend les chansons de mon précédent EP, il y a toute mon évolution d’hier à aujourd’hui mixée par Laurent Jais… ce qui permet une certaine homogénéité. Je me suis posé la question de savoir si je gardais les chansons telles qu’elles étaient, si je recommençais tout ou si, carrément, je ne mettais que de nouvelles chansons. Après réflexion, j’ai donc décidé que cet album retrace ma "carrière" depuis le début et j’y ai ajouté six nouveaux titres. Il est représentatif du set complet que l’on fait sur scène. Je vais chanter toutes ces chansons pendant au moins deux ans, peut-être parfois agrémentées de nouvelles, et ensuite, je passerai une bonne fois pour toutes à autre chose.

"La chute", le 06 Octobre 2019, Froggy's Session à La Boule Noire, Paris.

Tes chansons parlent des hommes que nous sommes dans cette société difficile.

C’est dur d’affirmer, de revendiquer, d’écrire des chansons réellement engagées. La génération d’avant savait bien le faire. Moi, pour dire les choses, je prends des chemins de traverse. Je ne veux pas écrire des chansons dont les gens pourraient démonter mes arguments en me disant tout et son contraire. J’ai mes limites dans l’engagement, j’avoue.

Tes chansons sont pourtant bien sociales, tout de même.

Je raconte des bouts de chemins de vie que les protagonistes, témoins de notre époque vivent. A travers leurs histoires, je tente de développer des thèmes sociaux forts. J’aime raconter des choses vraies, de front. Je parle notamment d’un taulard accusé à tort, d’un élève qui subit des du harcèlement, de violences conjugales…

"L'îlot", le 06 Octobre 2019, Froggy's Session, La Boule Noire, Paris.

A part la chanson « L’îlot » qui est un peu plus abstraite, toutes tes chansons sont narratives.

J’aime quand il y a un début, un milieu, une fin et un développement. Je suis un raconteur d’histoire que j’ai envie que l’on comprenne. L’intérêt de mon travail est d’arriver à mettre les textes en avant grâce à la musique. J’insiste sur ce point, c’est vraiment le texte que je tiens à mettre en avant.

Sur scène, c’est qui Cyril Adda ?

Un auteur chanteur qui est bien derrière son piano, qui n’a pas besoin d’en faire trop. Il m’arrive de parler entre les chansons, mais ce sont elles que je privilégie. Je donne quelques anecdotes, mais ça reste soft.

S’il y a du Souchon en toi dans les thèmes abordés et la manière de les mettre en avant, il y a aussi du Michel Berger en toi dans ton sens inné de la mélodie et dans ta manière de jouer.

Et bien merci. Rien ne peut me faire plus plaisir, ce sont de très belles références.

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