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31 décembre 2019

Octave Noire : Interview pour l'album Monolithe

octave noire,monolithe,patrick moriceau,interview,mandorauteur d’un premier album remarqué,patrick moriceau alias octave noire peut s’enorgueillir d’avoir ,de même que quelques dignes représentants de la chanson français,surtout jacques higelin. octave noire a longtemps bidouillé avan,qu’il veut maintenant ouvert et accessible. après néon,ce monolithe (qui sort le 3 février prochain) marque le grand re,octave noire m’attendait dans une brasserie de la capitale pour ,qui représentent des rayons pétrifiés. ce second album nait dans,cette fois en se donnant le temps,notamment d’accoucher de « los angeles »,le single de l’album. l’écriture creuse le sillon pop-orchestral,conviant clavinet,moog,mellotron et basses lourdes,dans la lignée des grands arrangeurs français,de jean-claude vannier à françois de roubaix. l’exigence archite,sur un mélange électronique et cinématographique,portent sa voix au velours grave,parfois presque parlée. on pense autant à jean-michel jarre qu’à,à justice qu’à michel colombier. monolithe chante la condition h,« le soleil » et les hommes,le rêve américain à « los angeles ». « sous blister » inventorie,jusqu’à la rupture,que rappe arm invité sur « monolithe humain ». mais octave noire,de la séparation sur « l’avalanche »,à la disparition de son père sur « retiens cette image »,inspirée d’une photo où il lui tenait la main sur une plage. « p,en litanie avec mesparrow,qui chante tous les chœurs de l’album. « inland sea »,reprise en français d’un morceau anglais d’aliplays de 2010,intériorise ce manque dans la mer intérieure du corps. une absen,qui avait déjà adoré néon. si monolithe touche à la mélancolie,il ne se départit pourtant jamais d’une intemporalité solaire,d’une beauté épique qui sublime nos doutes. c’est la promesse fo,dès les premiers mots de l’album : « on est carré dans nos faibl,nos cœurs ont laissé des adresses,on n’est pas là par hasard ». interview :  on a l’impression qu’,tu es reparti de zéro. c’est exactement ça. j’ai voulu changer d,néon,était très orienté chanson française avec des arrangements des a,certes,mais je viens aussi de l’electro. dans ce disque,j’ai trafiqué les sons et j’ai souhaité que la musique soit plus,un puzzle dont je fais moi-même les pièces… donc je gagne à tous,les synthétiseurs du magasin paul beuscher à bastille  m’ont hap,je rejouais la musique des publicités et des dessins animés vus

(Photos : Fabien Tijou)

octave noire,monolithe,patrick moriceau,interview,mandorauteur d’un premier album remarqué,patrick moriceau alias octave noire peut s’enorgueillir d’avoir,de même que quelques dignes représentants de la chanson français,surtout jacques higelin. octave noire a longtemps bidouillé avan,qu’il veut maintenant ouvert et accessible. après néon,ce monolithe (qui sort le 3 février prochain) marque le grand re,octave noire m’attendait dans une brasserie de la capitale pour,qui représentent des rayons pétrifiés. ce second album nait dans,cette fois en se donnant le temps,notamment d’accoucher de « los angeles »,le single de l’album. l’écriture creuse le sillon pop-orchestral,conviant clavinet,moog,mellotron et basses lourdes,dans la lignée des grands arrangeurs français,de jean-claude vannier à françois de roubaix. l’exigence archite,sur un mélange électronique et cinématographique,portent sa voix au velours grave,parfois presque parlée. on pense autant à jean-michel jarre qu’à,à justice qu’à michel colombier. monolithe chante la condition h,« le soleil » et les hommes,le rêve américain à « los angeles ». « sous blister » inventorie,jusqu’à la rupture,que rappe arm invité sur « monolithe humain ». mais octave noire,de la séparation sur « l’avalanche »,à la disparition de son père sur « retiens cette image »,inspirée d’une photo où il lui tenait la main sur une plage. « p,en litanie avec mesparrow,qui chante tous les chœurs de l’album. « inland sea »,reprise en français d’un morceau anglais d’aliplays de 2010,intériorise ce manque dans la mer intérieure du corps. une absen,qui avait déjà adoré néon. si monolithe touche à la mélancolie,il ne se départit pourtant jamais d’une intemporalité solaire,d’une beauté épique qui sublime nos doutes. c’est la promesse fo,dès les premiers mots de l’album : « on est carré dans nos faibl,nos cœurs ont laissé des adresses,on n’est pas là par hasard ». interview :  on a l’impression qu’,tu es reparti de zéro. c’est exactement ça. j’ai voulu changer d,néon,était très orienté chanson française avec des arrangements des a,certes,mais je viens aussi de l’electro. dans ce disque,j’ai trafiqué les sons et j’ai souhaité que la musique soit plus,un puzzle dont je fais moi-même les pièces… donc je gagne à tous,les synthétiseurs du magasin paul beuscher à bastille  m’ont hap,je rejouais la musique des publicités et des dessins animés vusAuteur d’un premier album remarqué, Patrick Moriceau alias Octave Noire peut s’enorgueillir d’avoir contribué à agrandir l’horizon de la musique d’ici en jetant un pont entre l’électronique vintage et la chanson pop en passant par les soundtracks seventies.

L’électro expérimentale de Kraftwerk comme le synthé de Jean-Michel Jarre lui ont toujours trotté dans un coin de la tête, de même que quelques dignes représentants de la chanson française, surtout Jacques Higelin. Octave Noire a longtemps bidouillé avant de trouver son style, qu’il veut maintenant ouvert et accessible. Après Néon, ce Monolithe (qui sort le 3 février prochain) marque le grand retour d’Octave Noire et risque bien de devenir un des albums les plus importants de 2020 (trois artistes ont accepté l'invitation d'Octave Noire à poser leurs voix et leurs textes sur cet album : Dominique A sur "J'ai choisi", ARM sur "Monolithe humain" et Mesparrow sur "Parce que je suis".

Sa page Facebook officielle.

vous pouvez dès aujourd'hui précommander Monolithe ici :
https://www.wiseband.com/yo/shop.php?boutique=6707

Le 28 novembre, Octave Noire m’attendait dans une brasserie de la capitale pour une première mandorisation.

L’album Monolithe (argumentaire de presse) :octave noire,monolithe,patrick moriceau,interview,mandorauteur d’un premier album remarqué,patrick moriceau alias octave noire peut s’enorgueillir d’avoir,de même que quelques dignes représentants de la chanson français,surtout jacques higelin. octave noire a longtemps bidouillé avan,qu’il veut maintenant ouvert et accessible. après néon,ce monolithe (qui sort le 3 février prochain) marque le grand re,octave noire m’attendait dans une brasserie de la capitale pour,qui représentent des rayons pétrifiés. ce second album nait dans,cette fois en se donnant le temps,notamment d’accoucher de « los angeles »,le single de l’album. l’écriture creuse le sillon pop-orchestral,conviant clavinet,moog,mellotron et basses lourdes,dans la lignée des grands arrangeurs français,de jean-claude vannier à françois de roubaix. l’exigence archite,sur un mélange électronique et cinématographique,portent sa voix au velours grave,parfois presque parlée. on pense autant à jean-michel jarre qu’à,à justice qu’à michel colombier. monolithe chante la condition h,« le soleil » et les hommes,le rêve américain à « los angeles ». « sous blister » inventorie,jusqu’à la rupture,que rappe arm invité sur « monolithe humain ». mais octave noire,de la séparation sur « l’avalanche »,à la disparition de son père sur « retiens cette image »,inspirée d’une photo où il lui tenait la main sur une plage. « p,en litanie avec mesparrow,qui chante tous les chœurs de l’album. « inland sea »,reprise en français d’un morceau anglais d’aliplays de 2010,intériorise ce manque dans la mer intérieure du corps. une absen,qui avait déjà adoré néon. si monolithe touche à la mélancolie,il ne se départit pourtant jamais d’une intemporalité solaire,d’une beauté épique qui sublime nos doutes. c’est la promesse fo,dès les premiers mots de l’album : « on est carré dans nos faibl,nos cœurs ont laissé des adresses,on n’est pas là par hasard ». interview :  on a l’impression qu’,tu es reparti de zéro. c’est exactement ça. j’ai voulu changer d,néon,était très orienté chanson française avec des arrangements des a,certes,mais je viens aussi de l’electro. dans ce disque,j’ai trafiqué les sons et j’ai souhaité que la musique soit plus,un puzzle dont je fais moi-même les pièces… donc je gagne à tous,les synthétiseurs du magasin paul beuscher à bastille  m’ont hap,je rejouais la musique des publicités et des dessins animés vus

Tels les obélisques égyptiens, qui représentent des rayons pétrifiés. Ce second album nait dans le plaisir solitaire du studio, cette fois en se donnant le temps, notamment d’accoucher de « Los Angeles », le single de l’album. L’écriture creuse le sillon pop-orchestral de Néon, conviant clavinet, moog, mellotron et basses lourdes, dans la lignée des grands arrangeurs français, de Jean-Claude Vannier à François de Roubaix. L’exigence architecturale et les mélodies simples, sur un mélange électronique et cinématographique, portent sa voix au velours grave, parfois presque parlée. On pense autant à Jean-Michel Jarre qu’à Sébastien Tellier, à Justice qu’à Michel Colombier. Monolithe chante la condition humaine, « Le soleil » et les hommes, le rêve américain à « Los Angeles ». « Sous blister » inventorie la récupération publicitaire, jusqu’à la rupture, que rappe ARM invité sur « Monolithe humain ». Mais Octave Noire trempe aussi les douleurs de l’amour dans des crescendos lumineux, de la séparation sur « L’Avalanche », à la disparition de son père sur « Retiens cette image », inspirée d’une photo où il lui tenait la main sur une plage.

« Parce que je suis » déroule l’incommunicabilité d’un couple, en litanie avec Mesparrow, qui chante tous les chœurs de l’album. « Inland sea », reprise en français d’un morceau anglais d’Aliplays de 2010, intériorise ce manque dans la mer intérieure du corps. Une absence que vient fuir sur « J’ai choisi » Dominique A, qui avait déjà adoré Néon. Si Monolithe touche à la mélancolie, il ne se départit pourtant jamais d’une intemporalité solaire, d’une beauté épique qui sublime nos doutes. C’est la promesse forte et fragile d’Octave Noire, dès les premiers mots de l’album : « on est carré dans nos faiblesses, nos cœurs ont laissé des adresses, on n’est pas là par hasard ».

octave noire,monolithe,patrick moriceau,interview,mandorauteur d’un premier album remarqué,patrick moriceau alias octave noire peut s’enorgueillir d’avoir,de même que quelques dignes représentants de la chanson français,surtout jacques higelin. octave noire a longtemps bidouillé avan,qu’il veut maintenant ouvert et accessible. après néon,ce monolithe (qui sort le 3 février prochain) marque le grand re,octave noire m’attendait dans une brasserie de la capitale pour,qui représentent des rayons pétrifiés. ce second album nait dans,cette fois en se donnant le temps,notamment d’accoucher de « los angeles »,le single de l’album. l’écriture creuse le sillon pop-orchestral,conviant clavinet,moog,mellotron et basses lourdes,dans la lignée des grands arrangeurs français,de jean-claude vannier à françois de roubaix. l’exigence archite,sur un mélange électronique et cinématographique,portent sa voix au velours grave,parfois presque parlée. on pense autant à jean-michel jarre qu’à,à justice qu’à michel colombier. monolithe chante la condition h,« le soleil » et les hommes,le rêve américain à « los angeles ». « sous blister » inventorie,jusqu’à la rupture,que rappe arm invité sur « monolithe humain ». mais octave noire,de la séparation sur « l’avalanche »,à la disparition de son père sur « retiens cette image »,inspirée d’une photo où il lui tenait la main sur une plage. « p,en litanie avec mesparrow,qui chante tous les chœurs de l’album. « inland sea »,reprise en français d’un morceau anglais d’aliplays de 2010,intériorise ce manque dans la mer intérieure du corps. une absen,qui avait déjà adoré néon. si monolithe touche à la mélancolie,il ne se départit pourtant jamais d’une intemporalité solaire,d’une beauté épique qui sublime nos doutes. c’est la promesse fo,dès les premiers mots de l’album : « on est carré dans nos faibl,nos cœurs ont laissé des adresses,on n’est pas là par hasard ». interview :  on a l’impression qu’,tu es reparti de zéro. c’est exactement ça. j’ai voulu changer d,néon,était très orienté chanson française avec des arrangements des a,certes,mais je viens aussi de l’electro. dans ce disque,j’ai trafiqué les sons et j’ai souhaité que la musique soit plus,un puzzle dont je fais moi-même les pièces… donc je gagne à tous,les synthétiseurs du magasin paul beuscher à bastille  m’ont hap,je rejouais la musique des publicités et des dessins animés vus

(Photo : Fabien Tijou)

octave noire,monolithe,patrick moriceau,interview,mandorauteur d’un premier album remarqué,patrick moriceau alias octave noire peut s’enorgueillir d’avoir,de même que quelques dignes représentants de la chanson français,surtout jacques higelin. octave noire a longtemps bidouillé avan,qu’il veut maintenant ouvert et accessible. après néon,ce monolithe (qui sort le 3 février prochain) marque le grand re,octave noire m’attendait dans une brasserie de la capitale pour,qui représentent des rayons pétrifiés. ce second album nait dans,cette fois en se donnant le temps,notamment d’accoucher de « los angeles »,le single de l’album. l’écriture creuse le sillon pop-orchestral,conviant clavinet,moog,mellotron et basses lourdes,dans la lignée des grands arrangeurs français,de jean-claude vannier à françois de roubaix. l’exigence archite,sur un mélange électronique et cinématographique,portent sa voix au velours grave,parfois presque parlée. on pense autant à jean-michel jarre qu’à,à justice qu’à michel colombier. monolithe chante la condition h,« le soleil » et les hommes,le rêve américain à « los angeles ». « sous blister » inventorie,jusqu’à la rupture,que rappe arm invité sur « monolithe humain ». mais octave noire,de la séparation sur « l’avalanche »,à la disparition de son père sur « retiens cette image »,inspirée d’une photo où il lui tenait la main sur une plage. « p,en litanie avec mesparrow,qui chante tous les chœurs de l’album. « inland sea »,reprise en français d’un morceau anglais d’aliplays de 2010,intériorise ce manque dans la mer intérieure du corps. une absen,qui avait déjà adoré néon. si monolithe touche à la mélancolie,il ne se départit pourtant jamais d’une intemporalité solaire,d’une beauté épique qui sublime nos doutes. c’est la promesse fo,dès les premiers mots de l’album : « on est carré dans nos faibl,nos cœurs ont laissé des adresses,on n’est pas là par hasard ». interview :  on a l’impression qu’,tu es reparti de zéro. c’est exactement ça. j’ai voulu changer d,néon,était très orienté chanson française avec des arrangements des a,certes,mais je viens aussi de l’electro. dans ce disque,j’ai trafiqué les sons et j’ai souhaité que la musique soit plus,un puzzle dont je fais moi-même les pièces… donc je gagne à tous,les synthétiseurs du magasin paul beuscher à bastille  m’ont hap,je rejouais la musique des publicités et des dessins animés vusInterview :

On a l’impression qu’avec cet album, tu es reparti de zéro.

C’est exactement ça. J’ai voulu changer d’optique et de direction. L’album de 2017, Néon, était très orienté chanson française avec des arrangements des années 70. J’ai voulu moderniser un peu tout ça. Je viens de la chanson française, certes, mais je viens aussi de l’electro. Dans ce disque, j’ai trafiqué les sons et j’ai souhaité que la musique soit plus organique.

Qu’est-ce que tu préfères dans la conception d’un album ?

Je prends mon pied dans les arrangements. C’est là que je m’éclate le plus. C’est un jeu de construction, un puzzle dont je fais moi-même les pièces… donc je gagne à tous les coups (rires).

Chacune des chansons de Monolithe est différente.

C’est un exercice de style. Quand j’avais 11 ans, les synthétiseurs du magasin Paul Beuscher à Bastille m’ont happé. A l’oreille, je rejouais la musique des publicités et des dessins animés vus à la télé. Bref, j’ai toujours voulu faire de la musique de film ou de pub. Quand on s’adonne à cette activité, c’est quelqu’un d’autre qui t’aiguille sur le chemin à prendre. Il faut s’adapter à son idée. Dans ce disque, le quelqu’un d’autre, c’était moi. Ça m’a permis de m’inventer mon propre univers, mon propre langage. Il n’y a pas beaucoup d’autres domaines dans la vie où on peut faire cela. C’est une liberté qui, pour moi, se transforme en jeu.

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(Photo : Fabien Tijou)

Tu as fait des études de musicologie. Tu as aimé?octave noire,monolithe,patrick moriceau,interview,mandorauteur d’un premier album remarqué,patrick moriceau alias octave noire peut s’enorgueillir d’avoir,de même que quelques dignes représentants de la chanson français,surtout jacques higelin. octave noire a longtemps bidouillé avan,qu’il veut maintenant ouvert et accessible. après néon,ce monolithe (qui sort le 3 février prochain) marque le grand re,octave noire m’attendait dans une brasserie de la capitale pour,qui représentent des rayons pétrifiés. ce second album nait dans,cette fois en se donnant le temps,notamment d’accoucher de « los angeles »,le single de l’album. l’écriture creuse le sillon pop-orchestral,conviant clavinet,moog,mellotron et basses lourdes,dans la lignée des grands arrangeurs français,de jean-claude vannier à françois de roubaix. l’exigence archite,sur un mélange électronique et cinématographique,portent sa voix au velours grave,parfois presque parlée. on pense autant à jean-michel jarre qu’à,à justice qu’à michel colombier. monolithe chante la condition h,« le soleil » et les hommes,le rêve américain à « los angeles ». « sous blister » inventorie,jusqu’à la rupture,que rappe arm invité sur « monolithe humain ». mais octave noire,de la séparation sur « l’avalanche »,à la disparition de son père sur « retiens cette image »,inspirée d’une photo où il lui tenait la main sur une plage. « p,en litanie avec mesparrow,qui chante tous les chœurs de l’album. « inland sea »,reprise en français d’un morceau anglais d’aliplays de 2010,intériorise ce manque dans la mer intérieure du corps. une absen,qui avait déjà adoré néon. si monolithe touche à la mélancolie,il ne se départit pourtant jamais d’une intemporalité solaire,d’une beauté épique qui sublime nos doutes. c’est la promesse fo,dès les premiers mots de l’album : « on est carré dans nos faibl,nos cœurs ont laissé des adresses,on n’est pas là par hasard ». interview :  on a l’impression qu’,tu es reparti de zéro. c’est exactement ça. j’ai voulu changer d,néon,était très orienté chanson française avec des arrangements des a,certes,mais je viens aussi de l’electro. dans ce disque,j’ai trafiqué les sons et j’ai souhaité que la musique soit plus,un puzzle dont je fais moi-même les pièces… donc je gagne à tous,les synthétiseurs du magasin paul beuscher à bastille  m’ont hap,je rejouais la musique des publicités et des dessins animés vus

C’est l’université. C’est très formel, théorique et trop académique. On apprend l’histoire de la musique, l’histoire de l’art, un peu d’harmonie… Je me dis qu’à 19 ans, j’aurais dû faire un BTS câblage. Si j’avais été roadie, j’aurais vraiment appris le métier. C’est là qu’on a les mains dans le cambouis et que l’on se construit son réseau. La vie de Jean-Sébastien Bach, c’est super intéressant pour la culture générale, mais ça ne fait pas apprendre le métier.

Tu as aussi appris le piano pendant ces années-là. Avoir une connaissance « classique » de la musique permet peut-être d’en sortir, non ?

Sûrement, mais c’est inconscient. Pendant cette période, en même temps, je jouais dans des groupes, je faisais des musiques pour des spectacles. La musique vivante m’attirait. C’est autant de temps où je ne préparais pas mes cours. Bon, je ne vais pas cracher sur ces années d’études. Tout ce qui est orchestral dans mes chansons, je pense que ça vient de là.

Le son, les synthétiseurs et l’ordinateur t’amènent à Aliplays, pseudonyme sous lequel tu enregistres deux albums d’indielectro qui ne passent pas inaperçus, Todotesorosisland en 2004 et Happy Ours en 2010.

J’étais signé sur un label allemand, ensuite sur un label français. On me passait beaucoup sur Radio Nova. Pour être clair, comme beaucoup d’artistes, j’ai slalomé. On se cherche et on attend qu’on nous trouve.

Clip de "Los Angeles", réalisé par Gaëtan Chataigner et produit par Ronan Le Borgne.

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Non, je suis juste sur un chemin dans lequel ce que je fais se passe plutôt bien. Il faut simplement essayer de garder le cap.

La musique, c’est aussi pour fuir la réalité ?

Je n’ai jamais vécu la musique comme un refuge contre le monde qui est méchant. J’ai vécu le début de ma vie en Afrique. J’y suis resté 10 ans. Quand je suis rentré en France, la musique m’a permis le développement d’un univers personnel. Ça a été une sorte de béquille qui m’a aidé à me structurer. C’est comme une extension de soi pour développer un manque qu’on peut avoir. Je ne me suis pas enfermé dans une solitude échappatoire.

Ton premier album sous le nom d’Octave Noire, Néon, a été très bien accueilli. On ne compte plus les articles dithyrambiques sur ce disque. Tu en as été surpris ?

Je n’arrive pas trop à intégrer cela dans ma tête. C’est trop abstrait. Je suis très honoré et flatté de ça, mais je me dis que ça va passer. Tous les 15 jours, il y a un nouveau. Ça a été mon moment à cette époque-là, mais il y en eu d’autres ensuite. Je ne suis pas dupe. Il faut relativiser les choses et savoir redescendre. Il faut se dire que le plus dur est à venir, mais que le meilleur aussi.

On dit que le deuxième album est souvent le plus attendu ?

Je préfère me dire que c’est une connerie (rires). Forcément, si ça s’est bien passé pour le premier, la curiosité pour le deuxième est logique. Du coup, il y a une attente. Et dès qu’il y a une attente, on n’est forcément un peu déçu. Mais je vais te dire franchement, j’y ai pensé lors de la création de ce deuxième album. Cela a même été un des moteurs. C’est pour ça que je suis parti dans d’autres directions. Je ne voulais pas tomber dans le piège de refaire le premier album ou un morceau comme « Le nouveau monde » qui a été le titre qui m’a fait vraiment connaître. Il fallait casser les codes, refaire une direction artistique et essayer de s’y tenir.

Clip d'"Un nouveau monde" réalisé par Gaëtan Chataigner et produit par Yotanka, extrait de l'album Néon.

Textuellement, cet album-là est nettement plus personnel. J’ai l’impression que tu te caches moins.

J’avais envie de parler de choses plus intimes, même s’il y a toujours les mêmes thèmes d’universalisme, d’étoiles et de soleil. J’aime évoquer la place de l’homme dans l’univers, le rapport au soleil, le fait que l’on soit, au sens littéral du terme, des enfants du soleil. Dans tout ça, j’ai donc ajouté mes histoires personnelles que beaucoup ont vécues, comme la rupture par exemple. Il faut trouver l’angle et l’éclairage pour en faire des chansons originales.

J’ai l’impression que la musique raconte autant tes histoires que les textes.

C’est même la musique qui raconte le plus le propos. Je commence toujours par composer et c’est seulement quand les musiques sont terminées que je commence à penser aux textes. C’est en écoutant la musique que je me pose la question de savoir ce qu’elle raconte. C’est elle qui me dit de quoi je vais parler.

Tu es un excellent musicien, mais te sens tu un bon auteur ?

Pas vraiment. J’ai un co-auteur, Frédéric Louis, avec lequel je travaille depuis 25 ans et qui a coécrit la moitié des textes de cet album. On se connait par cœur et nous fonctionnons de la même manière, complètement à l’instinct, aux ressentis et aux impressions. J’appuie sur play, lui chante en yaourt en improvisant totalement et grâce aux sonorités, ça finit par donner des mots. Ca sort tout de suite… il ne faut pas que ça sente la sueur.

octave noire,monolithe,patrick moriceau,interview,mandorauteur d’un premier album remarqué,patrick moriceau alias octave noire peut s’enorgueillir d’avoir,de même que quelques dignes représentants de la chanson français,surtout jacques higelin. octave noire a longtemps bidouillé avan,qu’il veut maintenant ouvert et accessible. après néon,ce monolithe (qui sort le 3 février prochain) marque le grand re,octave noire m’attendait dans une brasserie de la capitale pour,qui représentent des rayons pétrifiés. ce second album nait dans,cette fois en se donnant le temps,notamment d’accoucher de « los angeles »,le single de l’album. l’écriture creuse le sillon pop-orchestral,conviant clavinet,moog,mellotron et basses lourdes,dans la lignée des grands arrangeurs français,de jean-claude vannier à françois de roubaix. l’exigence archite,sur un mélange électronique et cinématographique,portent sa voix au velours grave,parfois presque parlée. on pense autant à jean-michel jarre qu’à,à justice qu’à michel colombier. monolithe chante la condition h,« le soleil » et les hommes,le rêve américain à « los angeles ». « sous blister » inventorie,jusqu’à la rupture,que rappe arm invité sur « monolithe humain ». mais octave noire,de la séparation sur « l’avalanche »,à la disparition de son père sur « retiens cette image »,inspirée d’une photo où il lui tenait la main sur une plage. « p,en litanie avec mesparrow,qui chante tous les chœurs de l’album. « inland sea »,reprise en français d’un morceau anglais d’aliplays de 2010,intériorise ce manque dans la mer intérieure du corps. une absen,qui avait déjà adoré néon. si monolithe touche à la mélancolie,il ne se départit pourtant jamais d’une intemporalité solaire,d’une beauté épique qui sublime nos doutes. c’est la promesse fo,dès les premiers mots de l’album : « on est carré dans nos faibl,nos cœurs ont laissé des adresses,on n’est pas là par hasard ». interview :  on a l’impression qu’,tu es reparti de zéro. c’est exactement ça. j’ai voulu changer d,néon,était très orienté chanson française avec des arrangements des a,certes,mais je viens aussi de l’electro. dans ce disque,j’ai trafiqué les sons et j’ai souhaité que la musique soit plus,un puzzle dont je fais moi-même les pièces… donc je gagne à tous,les synthétiseurs du magasin paul beuscher à bastille  m’ont hap,je rejouais la musique des publicités et des dessins animés vus

(Photo : Fabien Tijou)

Comment composes-tu ?

Beaucoup par analogie. Quand j’entends un truc qui me plait à la radio, je ne peux pas m’empêcher de me dire que c’est ça que je veux faire. Je fais le truc et je suis content. Puis j’entends autre chose, et je me dis que finalement, c’est ça que je veux faire. C’est un peu compliqué, car j’ai un côté schizophrène et insatisfait. Mais c’est parce que j’adore la musique, au sens large. Je suis toujours attiré par plein de trucs qui m’aiguillent et qui me font changer de direction. Je suis très influençable, mais je ne copie jamais.

Devenir chanteur, ça a été difficile pour toi ?

J’ai toujours fuit la lumière parce que je suis quelqu’un de plutôt réservé et timide. J’ai passé une grande partie de ma vie à accompagner les autres. Tu sais, je suis le pianiste à côté du chanteur (rires). Un jour, j’ai chanté et je me suis fait prendre à mon propre jeu. Curieusement, ça a marché. Au début, je n’aimais pas du tout et maintenant j’aime bien. Je prends ça comme un rôle. Quand je suis chanteur, ce n’est pas tout à fait moi. C’est quelqu’un d’autre qui monte sur scène.

Tu es plutôt un homme de studio, mais la scène, tu aimes ?

Quand la précédente tournée était presque terminée, c’est là que j’ai commencé à prendre du plaisir. Là, je suis trop content de revenir. On prépare un super show qui va en étonner plus d’un.

Tu vis sereinement la sortie d’un album ?

Je suis d’un caractère fataliste. Ce qui doit arriver arrivera. J’ai fait de mon mieux, après je ne maîtrise pas le reste.

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Après l'interview, le 28 novembre 2019.

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30 décembre 2019

Dalton Télégramme : interview pour l'album Victoria

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dalton télégramme,quentin maquet,victoria,rencontres d'astaffort,interview,mandorLe quatuor liégeois, formé en 2010, Dalton Telegramme est un gang qui a piqué les racines de la musique folk et western pour les faire pousser dans ses propres chansons (en langue française, s''il vous plait) et qui parlent d’aventures, d’amours, d’amitié, des autres et d’eux-mêmes. Le groupe peut s’enorgueillir d’un grand nombre de dates de concerts en Belgique (Dour festival, Francofolies, Botanique…) et à l’étranger. Trois ans après l’album Sous la Fourrure, Dalton Telegramme revient avec Victoria, un disque tourné vers le rock et la mélodie.

Les membres de Dalton Télégramme sont Quentin Maquet (guitare, chant, ukulélé), Rémi Rotsaert (guitare, banjo, harmonica), Olivier Cox (percussions multiples et pipeau) et Bernard Thoorens (contrebasse, guimbarde)… avec en invitée Fanny (du groupe Faon Faon).

En concert le samedi 8 février au Reflektor à Liège.
Infos et tickets =>
Dalton Telegramme au Reflektor le 8 février
Ecouter l'album Victoria :
orcd.co/victoria

Leur site officiel.

Leur page Facebook.

Le 21 novembre dernier au soir, la tête pensante du groupe, Quentin Maquet, m’a donné rendez-vous dans une brasserie de la capitale.

Argumentaire de presse:dalton télégramme,quentin maquet,victoria,rencontres d'astaffort,interview,mandor

Dalton Telegramme revient avec un deuxième album : « Victoria »

Résultat d’un profond désir de la bande de s’embarquer dans une nouvelle aventure, ce disque écrit en partie durant la tournée de leur premier album et au gré de leurs escapades en Baie de Somme et autres « pow wow » bucoliques se veut plus ambitieux et plus doux.

Si le musc et les parfums boisés coloraient leur précédent album, Victoria s’annonce résolument plus féminin, délicat par ses arrangements et profond dans ses cordes. Plus féminin dans la forme aussi car les quatre potes du bord de Meuse accueillent dans le gang Fanny (du groupe Faon Faon), amie du groupe et cousine dans la famille franco-faune belge. Fidèle à leur plaisir coupable de se retrouver en huis clos cocon pour créer et enregistrer, l’album a été mis en boite à la Frette (manoir/studio de légende) sous la houlette de l’excellent Yann Arnaud (Air, Phoenix, Maissiat, Alex Beaupain…).

Un changement de cap pour l’équipage Dalton qui s’éloigne un instant du francophile wild wild west fantasmé de leurs débuts pour s’épanouir ici dans de nouveaux paysages sonores avec le même mot d’ordre… se laisser pousser les envies.

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(Photo : Jean-Philippe Humblet)

dalton télégramme,quentin maquet,victoria,rencontres d'astaffort,interview,mandorInterview :

Vous jouez ensemble depuis l’enfance. Comment avez-vous décidé de devenir professionnels ?

Après avoir beaucoup joué dans des bars et des petites salles, l’idée d’en faire notre vie est venue naturellement. Il faut dire qu’à Liège, il y a une sacrée vivacité musicale. On dénombre beaucoup de groupes, de petites structures, de petits labels, de petits tourneurs… qui font que ce n’est pas si difficile que ça de sortir un album quand on a un minimum d’envie et de talent

Le premier disque, Sous la fourrure, était plus folk, western, rugueux.

Au début du groupe, alors que nous n’avions pas encore notre identité musicale, on est parti jouer au Québec. Là-bas, nous avons découvert la scène qui chante en français, mais qui fait de la musique folk américaine super roots. On a eu un vrai coup de cœur pour cette musique.

Pourtant l'album Victoria n'a plus rien à voir. Il est carrément plus féminin? 

On trouvait que donner un titre féminin à notre album était une bonne idée. Les sonorités sont plus douces, plus sophistiquées, peut-être un peu plus féminins, donc. De plus, l'arrivée de Fanny dans le groupe gomme la masculinité totale que nous avions dans le premier disque. C'est une bonne chose. 

Clip de "Sparadra" réalisé par Louan Kempenaers & Romain Habousha extrait de l'album Victoria.

Votre base musicale à vous, c’était quoi ?

La seule chose que nous voulions, c’est écrire en français. On écoutait –M- ou des gens comme ça, qui savent utiliser la guitare rythmique. En fait, au départ, on était partie pour jouer ce genre-là.

Mais toi, personnellement, tu avais cette culture de chanson francophone ?

Oui, j’écoutais Nougaro, Brel, Stephan Eicher… Je suis aussi passé par la phase Fonky Family, NTM, IAM. Je trouvais les textes très savoureux. J’aime bien quand ça chante en français et que c’est ambitieux dans le jeu et le plaisir de la langue.

Vous avez fait plein de festivals, gagné pas mal de tremplins et de prix avec cette musique folk western. Ce n’est pas risqué de revenir avec un deuxième album différent ?

Après la tournée de notre premier album, nous nous sommes demandé si nous voulions continuer à jouer uniquement ce style. En y réfléchissant, on s’est dit qu’il était inutile de vouloir être plus américain que les américains… on a eu l’impression que cela nous limitait.

Clip de "Le jour du seigneur" réalisé par Lily Rensonnet et Arnaud Gurdal, extrait de l'album Victoria.

C’est une stratégie presque dangereuse de faire deux albums si différents.

On le sait bien, mais tant pis. On prend le risque. On ne veut pas se trahir. Même au niveau de la scène, ça nous posait problème. Comment allions nous jouer nos deux répertoires ? Ce que je peux te dire aujourd’hui, c’est que ce deuxième album est beaucoup plus rock en live.

Prendre ce nouveau chemin, ce n’est pas pour conquérir plus facilement la France ?

Non. D’abord, je ne pense pas que faire de la musique plus généraliste ouvre plus de portes. Je pense qu’aujourd’hui, dans le monde de la musique, il vaut mieux être dans une niche. Deuxièmement, comme je viens de te le dire, cette musique nous est venue naturellement. Chez nous, rien n’est calculé. Nous avons travaillé autour d’un logiciel d’enregistrement et tout était possible. Nous avions une liberté totale pour mettre les couches que l’on voulait et essayer des trucs. Nous ne nous sommes plus donnés de consignes d’identités trop claires.

Toutes les chansons sont différentes, mais elles ont toutes un potentiel tubesque. C’est rare de nos jours.

Nous n’avons pas une culture underground ou alternative, ce n’est donc pas étonnant que l’on écrive des titres qui pourraient devenir « populaires ». Il y a un auteur belge qui s’appelle Jacques Duvall, qui a écrit pour Lio et Alain Chamfort, notamment. En termes d’écriture, c’est mon espèce de Graal. C’est simple mais d’une redoutable efficacité. Il m’a fait comprendre qu’il n’était pas obligatoire d’avoir un sens logique à tout. Avec lui, j’ai découvert que l’écriture pouvait être libre.

Clip de "Si tu reviens, j'annule tout", réalisé par Simon Medard, d'après une idée originale de Quentin Maquet. Extrait de l'album Victoria.

Comme Duvall, tu écris pour les autres ?

Oui, depuis peu. Je suis allé aux Rencontres d’Astaffort, il y a deux ans. Ca a débloqué pas mal de choses en moi. Depuis j’écris plus vite et je suis revenu chez moi avec énormément de confiance parce que là-bas, j’étais valorisé… J’étais dans la fameuse session que Cabrel a beaucoup aimée. A tel point qu’il nous a permis de faire un disque, STAFF (pour en savoir plus, voir la mandorisation ici). Il y a 4 chansons dont j’ai fait les paroles. J’adore écrire pour les autres, mais ce n’est pas si simple. Le but n’est pas d’imposer sa patte, mais de se fondre dans l’univers de la personne pour laquelle tu écris.

Justement, tu écris comment ?

J’essaie d’être totalement immergé mentalement dans l’histoire que je raconte. Tout est précis : l’instant, le décor, les visages… Ecrire une chanson provoque un plaisir narratif et musical. Il n’y rien de plus jouissif qu’un texte que se fond dans une mélodie. Pour moi, le sens est aussi important que le son.

Lyric video de "Ton portrait" réalisé par Marie Cox, extrait de l'album Victoria.

Il n’y aucune chanson triste dans ce deuxième album.

On n’utilise jamais le langage de l’apitoiement. Plutôt qu’être tragique, on essaie d’être plus dans le tragi-comique. On ne va pas faire de chansons plombantes.

Dans Dalton Télégramme, on peut dire que tu l’auteur compositeur…

Je suis celui qui arrive avec une chanson qu’il faut habiller. Les autres membres du groupe en font une chanson encore meilleure que ce que j’imaginais. J’aime être surpris par un arrangement auquel je ne m’attendais pas.

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Avec Quentin Maquet, après l'interview, le 21 novembre 2019.

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17 décembre 2019

Les Goguettes, en trio mais à quatre : interview pour Globalement d'accord

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Depuis 2013 Les Goguettes (en trio mais à quatre) ce sont : des centaines de parodies, près de 25.000 spectateurs, plus de 200 spectacles dans toute la France (+1 au Luxembourg), plus de 3 millions de vues sur leur chaîne YouTube, 1 triomphe au Festival d’Avignon… et l’aventure est loin d’être finie. Ils seront notamment le 7 avril 2020 à La Cigale (pour réserver, c'est là).

Avant de faire plus ample connaissance avec ce quatuor exceptionnel, rappelons ce qu’est une goguette : une parodie de chanson connue pour parler de l’actualité, en prenant le parti d’en rire.

Invité par l’un des membres du groupe, Valentin Vander, que je connais un peu (et mandorisé là en 2016… toujours pas seul), je suis allé voir Les Goguettes (en trio mais à quatre) à l’Alhambra (salle comble et comblée), il y a quelques semaines. J’ai rarement autant ri lors d’un spectacle musical. Du coup, j’ai demandé à Valentin de m’organiser une rencontre avec ses trois acolytes, Aurélien Merle, Stan et la pianiste de formation classique Clémence Monnier. Les agendas des uns et des autres étant un peu chargés, la mission n’a pas été simple.

Le 28 novembre dernier, nous sommes parvenus à nous retrouver dans un bar de la capitale.

Leur site officiel.

Leur page Facebook.

Leur page YouTube (richement fournie en vidéos).

Pour écouter le disque, Globalement d'accord.

Pour commander le disque, Globalement d'accord.

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(@Marylène Eytier)

les goguettes,en trio mais à quatre,valentin vander,aurélien merle,stan,clémence monnier,interview,mandor,globalement d'accordArgumentaire de presse :

En 6 ans de carrière, on peut dire que Les Goguettes (en trio mais à quatre) ont renouvelé avec un certain succès l’art ancestral des chansonniers, grâce à leur humour décapant, incisif, parfois cruel, mais jamais méchant ni vulgaire. Ces quatre auteurs-chanteurs-musiciens piochent dans le répertoire considérable de la chanson populaire d’ici et d’ailleurs pour traiter et maltraiter l’actualité. Ils tentent alors de soigner par le rire tous les agacements et sentiments de ras-le-bol provoqués par notre usage collectif et souvent trop intensif de la télévision, de la presse ou des réseaux sociaux. Face à la saturation d’informations tous azimuts, le rire reste un médicament des plus efficaces.

Biberonnés dans les années 80 et 90 à l’humour des Guignols, du Canard Enchaîné, de Charlie, de Renaud, des Inconnus…, ces goguetiers proposent un spectacle qui s’apparente à un grand jeu de chamboule-tout où tout y passe : la droite, la gauche, le centre, les têtes de gondole (pour rester polis) de l’arène politique, les grands sujets brûlants, les petites polémiques tartes-à-la-crème, la campagne électorale qui vient, la dernière mode à la mode… ils sont capables de se moquer de tout, y compris d’eux-mêmes.

Le teaser du spectacle 2019.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Depuis les années 2000, les scènes ouvertes de « goguettes » redeviennent populaires et se multiplient en France. À Paris, l’une d’entre elles se tient alors tous les lundis dans un restaurant-cabaret célèbre : Le Limonaire. C’est là que nos acolytes vont se rencontrer en 2009 : Stan y chante depuis déjà quelques années, Clémence Monnier vient d’intégrer la bande de musiciens qui accompagnent les chansonniers du lundi soir, et enfin Aurélien Merle et Valentin Vander, tous deux auteurs-compositeurs-interprètes, par l’humour alléchés, se mêlent à cette communauté de joyeux drilles. Quelques années plus tard, ces quatre-là décident d’unir leurs forces et leurs meilleures goguettes pour monter un spectacle, qui ne cessera alors de nécessiter des salles de plus en plus grandes pour accueillir un public toujours plus nombreux.

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(@Marylène Eytier)

Avant mon interview, leur FAQ :

- Ils sont d’où ? Clémence et Aurélien ont grandi près d’Angers, Valentin en Normandie, et Stan à Versailles. Ils se sont connus à Paris.
- Qui écrit les textes ? Chacun écrit dans son coin, propose au groupe. Puis tout est mis en commun, retravaillé, mis en scène par Yéshé Henneguelle.
- Pourquoi ils sont habillés comme ça ? C’est parce qu’à leurs débuts, les affiches de leurs spectacles étaient des parodies d’affiches d’autres groupes. L'une d'elles parodiait le groupe allemand Kraftwerk. Le costume leur allait tellement bien qu’ils l’ont repris tel quel.
- Quand est-ce qu’ils jouent près de chez moi ? Le site www.lesgoguettes.fr met à jour régulièrement le calendrier des spectacles. C’est l’adresse à surveiller pour se tenir au courant.
- Peut-on rire de tout ? Oui.

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(@Marylène Eytier)

les goguettes,en trio mais à quatre,valentin vander,aurélien merle,stan,clémence monnier,interview,mandor,globalement d'accordInterview :

Le groupe à 7 ans, mais vous avez explosé il y a 3 ans.

Valentin : Oui, quand on commencé à jouer dans les théâtres parisiens. A la base, on jouait dans les restos et les cafés. A partir du moment où l’on s’est mis à jouer au Théâtre Essaïon à Paris chaque semaine, le bouche à oreille a fonctionné. On a fini par jouer dans de plus grandes salles, comme le Théâtre Trévise. C’était plus facile pour les gens de venir nous voir quand ils entendaient parler de nous.

Sur l'air de "Elle est d'ailleurs" de Pierre Bachelet. Enregistré en public au Théâtre André Malraux à Rueil-Malmaison le 18 octobre 2018. Avec Valentin Vander au chant et Clémence Monnier au piano.

Le Limonaire a été un endroit important dans votre carrière.

Valentin : Oui, on se retrouvait souvent dans ce cadre pour des scènes ouvertes le lundi soir.

Stan : Désormais, cela se passe à la péniche El Alamein. Nous continuons d’ailleurs à nous y rendre régulièrement.

Valentin : Nous y allons parce que c’est un extraordinaire terrain de création. On peut tester de nouvelles chansons devant un public bienveillant et dans une bonne ambiance. Ça nous maintient dans une espèce d’émulation.

Sur l'air de "Les mots bleus" de Christophe. Enregistré en public au Café de la Danse à Paris le 4 avril 2019.
Avec Aurélien Merle au chant, Clémence Monnier au piano, Valentin Vander dans le rôle du jeune et Stan dans le rôle de la vieille.

Il faut préciser que tout le monde peut venir et participer. Pas besoin d’être professionnel.

Clémence : Il y en a qui ne savent pas chanter et ce n’est pas un problème. Il y a même très peu de professionnels. Ce sont des gens qui viennent pousser un coup de gueule sur un sujet d’actualité avec ce mode d’expression.

Valentin : « La goguette des énervés » a commencé en 2004 au Limonaire et ça se poursuit aujourd’hui. Ca draine beaucoup de jeunes.

Stan : Ca existait déjà dans les années 90, mais pas sous ce nom. C’est le musicien Christian Paccoud et le linguiste Claude Duneton qui étaient à l’origine du premier retour des goguettes (qui existaient déjà au 19e siècle). Au départ, c’était un public et des participants assez âgés, plutôt politisés. On peut dire que c’était des militants de gauche. Maintenant, c’est plus jeune et moins politisé.

Sur l'air de "Quand on arrive en ville" par Daniel Balavoine. Enregistré en public à l'Alhambra à Paris le 9 octobre 2019. Avec Clémence Monnier au chant et au piano.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé aux goguettes ?

Aurélien : Je faisais de la chanson, mais pas drôle. Je suis quelqu’un d’assez politisé par ailleurs. A la base, je n’aime pas les chansons engagées, mais l’humour permet de faire passer des messages sans donner de leçons. Au début, quand j’allais voir « La goguette des énervés », je ne chantais pas, je me contentais d'observer. J’ai mis 6 mois avant d’oser écrire ma première goguette. C’est vraiment un exercice de style.

Stan : Comme Aurélien, les chansons engagées m’ont toujours saoulé, mais j’écrivais des textes humoristiques depuis longtemps. J’ai mis beaucoup de temps à faire des goguettes, parce que je n’étais pas chanteur, mais je m’y suis mis parce que je trouvais bien de plaquer des textes drôles sur des musiques existantes. Ma première, c’était en 1993 à la Folie en Tête, sur l’air de « Tel qu’il est, il me plait » de Fréhel. Je me suis planté cinq fois, bref, ce n’était pas une parfaite réussite.

Clémence : Je suis musicienne classique, j’ai fait le Conservatoire, une thèse de musicologie, ce qui ne m’a pas empêché d’aimer la chanson depuis toute petite. Un soir, je suis arrivée au Limonaire avec des copines qui m’avaient incité à venir. J’ai immédiatement trouvé ça génial. J’ai commencé les goguettes en accompagnant au piano. J’aimais le côté immédiat et vivant de l’exercice par rapport à ce que je faisais par ailleurs. Au départ, je ne chantais pas, c’est venu petit à petit. C’est d’ailleurs pour cela que l’on a appelé notre groupe Les Goguettes (en trio mais à quatre). Au début, seuls les trois garçons chantaient. Moi, je m’y suis mise bien après.

Valentin : J’aime les goguettes parce que ça relie l’humour et la chanson. C’est une combinaison idéale. Au Limonaire et désormais à la Péniche El Alamein, j’ai trouvé des amis, une sorte de famille même. Je venais d’arriver à Paris, je me suis senti bien avec ces gens et cet art... ça a défini ma vie d’une manière assez entière. Même si, aujourd'hui, c’est moins fondamental parce que j’ai d’autres activités musicales et d’autres connaissances…

Aurélien : Puisque nous étions d’une autre génération, nous sommes arrivés avec d’autres références en termes d’humour, peut-être un peu plus absurdes. On ne traitait pas les sujets de la même façon. Nous avions un autre regard sur la politique, moins binaire il me semble.

Valentin : On a rajeuni aussi la musique. On chantait sur des chansons des années 70 et 80… nous avions mis de côté Fréhel et Damia.

Aurélien : On utilise les tubes qui parlent à tout le monde. Dans notre spectacle actuel, nous sommes très années 80, même s’il n’y a pas que cette période, elle est bien représentée.

Sur l'air de "Les Histoire d'A." des Rita Mitsouko. Enregistré en public au Café de la Danse à Paris le 4 avril 2019. Avec Valentin Vander à la guitare et au chant, Aurélien Merle au chant, Clémence Monnier aux claviers et au chant, Stan à la batterie et aux chœurs.

les goguettes,en trio mais à quatre,valentin vander,aurélien merle,stan,clémence monnier,interview,mandor,globalement d'accordJe vous ai vu à l’Alhambra, j’étais mort de rire du début à la fin. Une goguette doit-elle être toujours drôle ?

Aurélien : Non. Nous, on a choisi cet axe, drôle et caustique, parce que c’est ce que l’on préfère.

Stan : Encore une fois, si on n’est pas drôle, je trouve qu’on est dans le message.

Clémence : Non, regarde ce que fait Patrice Mercier (qui excelle dans l’art des goguettes et mandorisé là). Il n’est pas toujours drôle, mais il ne fait pas la leçon. Ses goguettes sont sociétalement impliqués. Il est toujours très fin dans ce qu’il chante.

Aurélien : Nous sommes tellement dans l’ironie que parfois on nous dit qu’on ne sait pas ce que l’on pense du sujet évoqué. Avec Patrice, on est moins dans l’équivoque.

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Pendant l'interview...

Votre spectacle drôle, moderne et rafraichissant est mis en scène par Yéshé Henneguelle. Vous avezles goguettes,en trio mais à quatre,valentin vander,aurélien merle,stan,clémence monnier,interview,mandor,globalement d'accord ressenti le besoin d’avoir un metteur en scène ?

Aurélien : C’était une évolution logique. C’est arrivé petit à petit.

Clémence : La première fois que Yéshé nous a vus sur scène, il a trouvé ça très intéressant, mais il savait que notre jeu de scène était perfectible, c’est le moins que l’on puisse dire. Ça marchait déjà très bien avec le public sans aucune mise en scène, mais il estimait qu’il y avait encore plein de choses à faire pour parfaire un spectacle.

Valentin : Pendant longtemps, les goguettes, c’était un truc à côté de nos vies. Le but n’était pas que ça marche nécessairement plus. Et puis, quand on a commencé à se professionnaliser, on s’est mis de la pression et on a joué le jeu à fond.

Que faut-il pour faire une bonne goguette ?

Valentin : Un angle et un support parodique percutants.

Aurélien : Il faut ce qu’on appelle « l’effet goguette », c'est à dire un détournement absurde, un double sens avec un à peu près par rapport à une phrase de la chanson d’origine.

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De gauche à droite: Stan, Valentin Vander, Clémence Monnier et Aurélien Merle devant La Cigale, le 28 novembre 2019, après l'interview.

Vous allez vous produire à La Cigale le 7 avril 2020.

Aurélien : Oui, on est hyper contents. Il y aura d’ici là, évidemment, plein de nouvelles chansons.

Clémence : C’est ça qui est intéressant. On ne fait pas un spectacle figé. On suit pas mal l’actualité et il y a beaucoup à dire…

Dernière question pour Aurélien et Valentin. Vous avez tous les deux vos carrières respectives de chanteurs en solo. Est-ce que les goguettes influences vos propres répertoires ?  

Valentin : Les goguettes me permettent de faire l’économie du drôle dans mon répertoire. Ma case drôle est déjà bien remplie, mais il n’y a que là où je suis humoriste. Avec les goguettes, j’ai un terrain de jeu dans lequel je peux me lâcher complètement. Pour mes propres chansons, je n’ai plus envie de faire rire. Disons que ça ne me vient plus.

Aurélien : Moi, ça fait quatre ans que je n’ai pas fait de chansons pour mon répertoire personnel. Je vais bien voir ce qu’il va sortir, mais effectivement, j’ai l’impression qu’il y aura un avant et un après. On peut faire des chansons très autarciques en se faisant plaisir, mais avec les goguettes, j’ai pris conscience qu'il fallait penser aussi à la réception du public.

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Après l'interview, le 28 novembre 2019.

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Bonus :

Quelques prestations pour RTL:

Extrait de l'émission "À la bonne heure" de Stéphane Bern, du vendredi 10 février 2017. Sur l'air de "Femme libérée" de Cookie Dingler.

Extrait de l'émission "À la bonne heure" de Stéphane Bern, du jeudi 9 novembre 2017. Sur l'air de "Allo maman bobo" d'Alain Souchon.

Extrait de l'émission "Les grosses têtes" de Laurent Ruquier, du 26 février 2018. Sur l'air de "Ella, elle l'a" de France Gall.

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Les Goguettes avec Jeanfi Janssens, Laurent Ruquier et Dany Boon. 

16 décembre 2019

Watine : interview pour Phôs : A l'oblique

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(@Nicolas Barrié)

Watine est une artiste à part. Cela fait des années que je l’écoute et que j’observe ses projets. Hors du temps, à la fois complexe et accessible, l’univers de Watine oscille entre le clair-obscur de sa musique et sa voix, lumineuse et profonde.

Avec PHÔS (lumière en grec), elle fait un pas de côté dans son œuvre. Bien plus qu’une simple collaboration, ce disque est le fruit d’un échange artistique rare et puissant avec le compositeur Intratextures (sa page Bandcamp). Album à part dans sa discographie, il ouvre une porte, une de plus, de la Maison Watine.

Le 5 novembre dernier, Catherine Watine m’a reçu très gentiment chez elle pour une première mandorisation.

watine,intratextures,phôs à l'oblique,interview,mandorArgumentaire de presse :

L’un compose et joue (Intratextures), l’autre écrit et parle (Catherine Watine) Il y a un lien de l’ordre gémellaire entre ces 2 sensibilités, une entité très lumineuse, musicale dans son entier, paroles et musique.

Comme un trou noir qui absorbe la lumière créée tout au long de la gestation de l’album. Deux énergies qui se sont croisées et emmêlées, au point de ne faire plus qu’une, l’énergie d’un temps hors du terrestre.

Si l’on connaît Intratextures pour son projet de dark-electro et de drone music, on le découvre ici dans des courants plus mélodiques. Catherine Watine, musicienne prolifique, a cette fois-ci laissé libre cours à son écriture, comme entraînée par des compositions exceptionnelles, que l’on pourrait qualifier d’electro-rock. Mais ce serait tellement réducteur. Les textes de Watine, s’envolent littéralement grâce à la puissance retenue d’une musique qui rappelle tour à tour les écossais d’Arab Strap, le post-folk de Gravenhurst. Dans cette veine, on peut parler d’un genre qui s’apparente à la Poetic Wave Rock.

Son site officiel.

Groupe Facebook dédié au projet Phôs: A l'oblique.

Sa page Bandcamp où vous pouvez écouter et acheter l'album.

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(@Hervé All)

Biographie (écourtée) de Watine :

Pour lire biographie complète, c’est ici.

Watine fait son apparition en 2005, avec l’album RANDOM MOODS, une aventure punk rock  qui lui fait rencontrer les producteurs electro influents de l’époque : Fila Brazillia, Gus Gus, Riton, Volga Select, The Underwolves, Aaron Carl. Cet album est très vite reconnu en Allemagne et en Angleterre, et circule dans les milieux underground.

En 2006, Watine sort son 1er album de songwriter DERMAPHRODITE, dream electro-folk symphonique qui reçoit un très bel accueil des médias et notamment les labellisations Ecouté et approuvé les Inrocks. Une découverte Trax, la Ferarock et la Fnac Aime.

C’est en 2009 que sort B-SIDE LIFE avec quelques singles qui tournent beaucoup en radio, particulièrement « Nothing else » et son très joli clip qui passera sur M6.

Cette même année, Watine est l’initiatrice du projet INDIE MOODS (20 artistes à découvrir dont Cascadeur, Reza, Maud Lübeck, ….).

En 2011, Watine sort son 3e opus, STILL GROUNDS FOR LOVE, en conviant à nouveau Nicolas Boscovic pour la réalisation.

En 2013 un nouveau projet folk pop réunit Catherine Watine et Paul Levis autour d’une galaxie appelée THIS QUIET DUST qui prend pour prétexte lumineux la poésie sensorielle et échevelée d’Emily Dickinson, son mysticisme mélancolique et ardent, son art de la concision et de la juxtaposition.

2015: l’année de l’album ATALAYE. Quelque part entre le spleen lumineux de Barbara et le soleil noir de Nerval, Watine invite son piano épique au milieu des cordes et des vents. La liberté dans la solitude, la solitude dans l’amour. Un hymne à la vie.

2018 : L’album GEOMETRIES SOUS CUTANEES est cinématographique, electro-acoustique, comme un film dérushé, filtré, déstructuré, répétitif, des inserts électroniques, des orchestrations de cordes, quelque chose comme une incantation spirituelle, parfois hypnotique.

Fin 2019, Watine fait un pas de côté. Elle qui s’appelle la femme-piano, prend le costume de la femme-crayon pour une collaboration rock poétique avec Intratextures. L’album s’appelle PHÔS : A L’OBLIQUE.

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watine,intratextures,phôs à l'oblique,interview,mandorInterview :

Dans ta carrière, ce qui est impressionnant, c’est que tu n’as jamais fait de concessions.

Je ne cherche ni la gloire ni l’argent. Ca pervertit tout. Je cherche des collaborations avec des artistes dont le travail m’intéresse fortement. Je suis exigeante et sensible à l’esthétique des choses. J’ai envie que ce que je fais soit beau tant musicalement, textuellement, que les pochettes, les visuels et les clips. Il me semble important de travailler autant le fond que la forme.

Dans PHOS : A l’oblique, tu collabores avec le compositeur Intratextures. Comment s’est passé votre rencontre ?

Lukas, comme je l’appelle, est un musicien, un collectionneur de vinyles et un amoureux de la musique depuis tout petit. C’est quelqu’un qui fait tout le temps de la musique, mais qui ne la diffuse jamais. Dès qu’il a composé quelque chose, il le jette. Cet album en duo n’aurait peut-être pas existé sans une conjonction d’évènements qui nous ont poussés à faire connaissance. Il est des hasards ainsi dans la vie qui mettent en présence deux êtres dont les trajectoires ne semblaient pas faites pour se croiser.

Vous correspondiez beaucoup.

Oui, c’était l’occasion de longues discussions autour de la musique, écoutes et découvertes réciproques d’artistes. Un jour, il m’a envoyé des musiques à lui que j’ai trouvées extraordinaires. De mon côté, je lui ai envoyé des textes que j’avais écrit. Quand il a reçu « Mensonges des sentiments », qui fait partie de l’album, il m’a demandé si ça m’ennuyait qu’il fasse une musique dessus. Je lui ai dit en rigolant que ça me faisait plaisir et que si ça marchait, on pouvait même envisager un album. De fil en aiguille, on a monté petit à petit ce disque. Les choses étaient claires. Lukas allait composer toutes les musiques et  moi, j’allais écrire avant de poser ma voix sur les compositions. Il y a juste le texte en anglais « Doorway » qui est signé de Lukas.

Teaser de l'album Phôs : A l'oblique.

A part pour « Mensonges et sentiments », tu écrivais sur ses musiques.

Exactement, tout le monde pense le contraire. Quand je recevais les musiques, il fallait que je me débrouille. J’écoutais et je devais découvrir les moments où j’allais pouvoir m’insérer. L’harmonie vient de là. Du coup les mots collent parfaitement à la musique. Ça m’a pris un temps fou et ça m’a obligé à la concision la plus ultime.

Avec ce disque, chacun est sortie de sa zone de confort ?

Pour Lukas, ça a été une expérience musicale différente de son parcours de l’époque, musique de drone et punk rock déchiré. Pour ce disque, il a dit vouloir m’offrir des musiques plus apaisées. De mon côté, j’écrivais en pensant à ce qu’il pourrait lui-même vouloir écrire. Expérience nouvelle pour moi aussi, je m’imprégnais pendant de longues heures d'écoute pour laisser venir un paysage, une sensation, un début d’histoire, puis, je veillais à laisser beaucoup d’espace et de silences, pour laisser parler la musicalité. Nous étions chacun au service de l’autre, et c’est ainsi que certains ont pu nous parler de gémellité.

Tu n’as pas écrit de la même façon pour ce projet que pour tes disques habituels…

Je n’aurais sans doute jamais écrit ces textes pour les mettre sur mes propres musiques. Ici, la pudeur s’est effacée, rien n’est tabou, tout est l’histoire de nos vies, des premières émotions aux échecs, souvent répétés, nos peurs, nos soumissions, nos révoltes, tout est là. J’en suis très fière.

Clip de "Dans la brume", extrait de l'album Phôs : A l'oblique.

Réalisation : Renaud de Foville
Avec Flore Layole et Catherine Watine

Tu ne chantes pas dans ce disque, tu récites.

Quand j’ai reçu les musiques de Lukas, spontanément, je n’ai pas eu envie de chanter dessus. Nous avons convenu avec lui que c’était mieux que je prenne ma voix récitée. C’est aussi le parti pris du mix. On n’a pas fait un mix anglo-saxon où on met la voix derrière. La voix est mise en avant.

Est-ce que ce disque est aussi un exercice de style ?

J’écris tout le temps. J’ai écrit un roman, une pièce de théâtre, des essais de pensées… que je n’ai envoyés nulle part. J’ai le sens des formules et le sens des jeux de mots. J’arrive à trouver l’association d’images et la sonorité dans les mots. La sonorité m’arrive même avant les mots. Pour revenir à ta question, comme je n’ai pas fait la musique, il fallait que je sois à la hauteur des compositions. Pour être claire, je voulais que Lukas soit impressionné quand il recevait mes textes.

Et il l’a été ?

Je crois.

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Watine au piano, après l'interview. 

Tu as besoin que la personne avec qui tu travailles soit séduite ?

Je suis en permanence en séduction avec tout le monde, malgré moi. Là encore, ça me ramène à mes terrains de début de vie. Je parle d’abandons, de trahisons, de manque d’amour dans mes textes… on peut deviner que c’est ce qui m’est arrivé. Dès que j’ai quelqu’un en face qui a un regard sur moi, j’ai l’envie que ce regard reste et qu’il m’enveloppe de quelque chose de chaleureux. Pour cela, il faut que je lui montre que je suis capable de faire des choses. Toute ma vie, dans tous les métiers que j’ai faits, j’ai toujours voulu être la meilleure. Pas pour briller, mais pour avoir dans le regard de l’autre de l’admiration.

Il va y avoir récidive ?

L’aventure est terminée, nous ne savons ni l’un ni l’autre si elle se remettra en marche pour un nouvel album. Moi, j’ai adoré le rôle que j’ai joué dans cet album, mais nous avons repris nos vies musicales chacun de notre côté. Le hasard à nouveau décidera pour nous. Laissons pour l'instant vivre cet album.

Intratextures est très mystérieux. On ne sait rien de lui.

Il veut rester absolument dans l’anonymat le plus total. Il n'a pas souhaité affronter la sortie du disque. A tort, il pense ne pas être assez professionnel. Il n’assume pas les coups de projecteurs sur lui, mais avec la sortie de ce disque, il a quand même un sentiment d’accomplissement.

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Catherine Watine, pourtant toujours hors cadre...

Il n’y aura donc pas de scènes pour ce disque ?

Lukas, dès le départ, m’a dit qu’il ne ferait jamais de scène. Il m’a bien précisé qu’il en était incapable. Je lui ai donc demandé si je pouvais monter une équipe dans ce but-là. Il a évidemment accepté. Avec Christian Quermalet de The Married Monk, on a commencé à travailler quelques titres dans l'hypothèse de se montrer en showcase, mais rien n'est encore vraiment décidé.

Toi, artistiquement, tu as confiance en toi ?

Pas tant que ça. Je dis que je suis une artisane, une bidouilleuse. Mais, je ne me retire pas le fait que je sais composer.

Tu m’as dit en off que tu avais trois projets de disques.

Oui, mais pas avec certitude. La suite de Géométries sous cutanées, un album uniquement de compositions au piano et un album en piano voix de chansons françaises qui s’écoutent.

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Après l'interview, le 5 novembre 2019.

14 décembre 2019

Cyril Mokaiesh : interview pour Paris-Beyrouth

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(@Tamina Manganas)

cyril mokaiesh,paris beyrouth,liban,interview,mandorCyril Mokaiesh revient avec son 4ème album solo, Paris-Beyrouth. Ecrit, composé et produit entre la France et le Liban (l’artiste est né d’un père libanais et d’une mère française).

Ce nouvel album est une rencontre entre l’Orient et l’Occident, aussi électronique qu’oriental. « Et cet Orient n’est pas un décor mais une bonne part de sa matière, notamment par des rencontres avec des artistes libanais. Paris-Beyrouth est un retour à ses origines, un album aussi politique que poétique » indique l’argumentaire de presse. « Ce disque est un chemin spirituel, personnel et politique dans lequel le chemin n’apporte pas forcément l’évidence d’une lumière, mais plutôt la certitude que la lumière se déplace avec celui qui chemine… »

Cette interview est ma 4e mandorisation de lui. Quand j’apprécie un artiste, je lui reste fidèle. Je vous conseille de lire la précédente qui date d’il y a deux ans. Il dit beaucoup de lui, de sa vision du monde et de son rapport à la musique.

Le 20 novembre dernier, nous avons parlé de son nouveau disque dans un bar parisien du 10e arrondissement.

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(@Tamina Manganas)

cyril mokaiesh,paris beyrouth,liban,interview,mandorInterview :

Cet album dans lequel tu remontes vers tes origines s’est imposé à toi?

En tout cas, c’était impératif de le faire. Et de l’écrire sur place, à Beyrouth. Après une longue tournée avec l’album Clôture, qui s’est terminée en beauté avec les premières parties de Bernard Lavilliers, je ne me voyais pas écrire dans les brasseries parisiennes, de rester composer dans mon appartement, bref, de reprendre les mêmes habitudes. J’avais envie de voir autre chose, de parler d’autre chose.

Un endroit influence donc les textes et la musique d’un album ?

Si j’étais resté à Paris, je pense que j’aurais été tenté de m’inspirer de l’actualité du monde. Je suis un grand dévoreur de journaux et c’est pour moi une grande source d’inspiration. Je pense que j’aurais été dans une énergie qui n’aurait pas été hyper lumineuse. J’ai ressenti le moment d’aller ouvrir la porte du Liban et de m’y plonger réellement. J’avais envie de fouler une terre vierge, me réveiller avec d’autres parfums, d’autres gens. Chercher quelque chose. Jusque-là, j’y allais en touriste pour passer un peu de temps avec ma grand-mère.

Clip de "Beyrouth", extrait de l'album Paris-Beyrouth.

Tu te sens plus français que libanais ?

Je suis français, mais je tiens à cette part libanaise. Par contre, je ne me sens jamais vraiment à ma place. Je ne me sens pas une culture particulière. Ni au Liban, ni en France, comme si j’étais un étranger partout.

Mais quand tu es au Liban, tu ressens que c’est chez toi ?

J’ai eu envie de jouer les mecs à l’aise, je me suis affirmé à moi-même que j’étais d’ici, mais ça n’a pas marché. Je ne parle pas la langue et je ne connaissais pas toute les richesses et les paradoxes de Beyrouth. Le Liban, de manière générale, est impressionnant et ses habitants sont remarquables. J’ai des sentiments pour ce pays qui a une vraie vitalité, une vraie lumière, mais qui a connu beaucoup de renversements et de chaos.

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(@Tamina Manganas)

Dans cet album, tu rends hommage à ce pays.

Oui, mais aussi à sa culture et surtout à ma famille. A mon père, à sa maman et aux autres membres que je n’ai pas connus.

Ta grand-mère t’a beaucoup influencé dans ta vie ?

Oui. C’est quelqu’un qui est d’une grande écoute, qui ne parle pas pour rien, qui a une grande poésie en elle et une grande sensibilité.

Tu tiens d’elle, on dirait. A chaque fois que je t’interviewe, j’ai remarqué que tu ne parlais jamais pour ne rien dire.

Ah bon ? C’est gentil. Ça vient de plus haut. Le silence, l’observation sont des qualités libanaises assez impressionnantes. Les libanais poétisent facilement.

Tu as toujours besoin d’un moteur assez fort pour démarrer un album ?

C’est exactement ça. Du coup, musicalement, mon disque tire vers l’orient et l’electro. C’est aussi beaucoup grâce à Valentin Montu, rencontré pendant l’enregistrement de mon premier album solo, Du rouge et des passions, en 2011, qui était très motivé par ce projet. Moi, j’avais besoin de me recharger d’une énergie nouvelle et lumineuse.

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(@Tamina Manganas)

Après tes nombreux allers-retours Paris-Beyrouth, tu en es ressorti comment ?

Pas tout à fait pareil. Il y a eu des amitiés qui se sont créées et j’ai encore plus resserré les liens avec ma grand-mère. Aujourd’hui, je me sens concerné par les évènements qui se passent là-bas. Je suis abonné à L’Orient-Le Jour (un quotidien francophone libanais). Si j’ai envie d’y retourner régulièrement, j’adore revenir ici. Je suis un amoureux de Paris.

Dans « Pardon Paris », tu lui dis pourtant au revoir.

Parce que j’ai avec cette ville une relation passionnelle. Par moment, j’étouffe à Paris, cette ville m’étrangle… parfois financièrement.

Au Liban, tu t’es trouvé ?

J’ai trouvé quelque chose. J’ai trouvé un réconfort, un horizon, une forme de spiritualité aussi. On ne peut pas passer à Beyrouth sans y échapper. C’est dans l’air, dans les mots, dans la poésie, dans Dieu, pour ceux qui y croient. Je passerais ma vie à chercher d’avantage. Si je ne cherche plus, je n’écris plus. Ce serait dommage pour moi.

Clip de "la vie est ailleurs" feat. Bachar Mar-Khalifé, extrait de l'album Paris-Beyrouth.

Dans ce disque, il y a des artistes libanais, comme le pianiste Bachar Mar-Khalifé dans « La vie est ailleurs ».

Son père était un grand chanteur au Liban, mais lui fait une carrière en France. Il arrive même à faire une tournée au Proche-Orient. Dans ses disques, il chante en arabe. J’avais envie de lui proposer une participation vocale, mais il m’a dit qu’il sentait plus un dialogue avec un piano. Du coup, j’aime bien cet échange voix-piano. Les gens qui ont participé à mon disque, il me semble qu’ils l’ont fait intelligemment.

Dans « Au nom du père », la comédienne Razane Jammal (vue chez Olivier Assayas, Robert Guédiguian ou dans un court métrage de Kanye West) t’accompagne dans une traversée amoureuse de Beyrouth.

Je l’ai vu dans le court métrage de Kanye West, Cruel Summer, au moment où j’écrivais mes chansons. Ça m’a donné envie de la contacter. Je sentais que le mélange de nos deux voix collées l’une sur l’autre pouvait être intéressant. Elle m’a répondu par l’affirmative immédiatement, ça m’a fait hyper plaisir.

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(@Tamina Manganas)

Dans « La Lueur », tu as invité la comédienne et rappeuse Sòphia Moüssa.

Son seule-en-scène m’avait impressionné. Elle décrivait Beyrouth sans concession. Elle est devenue une amie. Elle chante sa vision de Beyrouth en arabe dans un texte qui est un peu dur.

Dans « Le grand changement », tu dis que le prophète est dur en affaire.

La religion est souvent un prétexte pour faire de la politique.

Tu es croyant ?

Non, mais j’aime les symboles. J’aime croire qu’il y a quelque chose qui nous dépasse. J’aime croire aux énergies. Je suis persuadé que les choses arrivent quand on les a imaginées. Il est bon de savoir qu’on n’est pas seulement là pour rien. J’aime l’idée que tout ça est une quête et que l’on va passer par des épreuves qui nous aideront à trouver un début de sagesse.

Diane Dufresne : "Mais vivre" (Paroles et musique : Cyril Mokaiesh), extrait de l'album Meilleur après.

Tu as écrit 3 chansons, paroles et musique, pour le dernier album de Diane Dufresne, Meilleur après.

J’évolue un peu. Ca fait une dizaine d’année que je suis dans le métier, j’ai envie de faire des choses nouvelles. Je fais de rares collaborations, mais cela a toujours été des aventures très belles. Que Diane Dufresne ait craqué sur mon écriture, ça m’a beaucoup touché. Les auteurs ont besoin de signaux très encourageants pour continuer, ça redonne du baume au cœur et ça motive pour poursuivre son chemin. Ce genre de petites étoiles qui s’éclairent sur mon parcours font aussi l’intérêt et la beauté de ce métier.

Tu doutes beaucoup de toi ?

Comme beaucoup d’artistes. Si on se contente de regarder froidement la rentabilité des choses, on peut se poser des questions. Le métier est de plus en plus difficile. On fait des propositions artistiques, on est exigeant avec nous-mêmes, on a envie d’offrir des choses vraies et ambitieuses aux gens, mais on ne s’en sort pas financièrement… et puis, il y a un concert, un moment, un encouragement que l’on va vivre qui va nous faire comprendre que l’on fait tout ça juste pour ça. Tant que ces moments sont encore là, il n’est pas question d’arrêter.

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Pendant l'interview...

Je trouve que tu fais partie des artistes qui prennent des risques à chaque album.

J’ai une part de moi qui considère que les grandes choses arrivent avec le risque et la beauté. Je n’ai pas choisi ce métier pour rester dans mon petit siège pépère. J’ai envie de me surprendre et ensuite, j’ose toujours espérer que les gens seront surpris et aussi remplis que je l’ai été au moment de le faire.

J’ai bien compris que tu ne fais pas les choses pour la rentabilité.

Je ne peux pas parce que sinon ça tuerait ce qui est pour moi le plus précieux, la création. C’est un métier de risques et de passion. J’ai de la chance. Je suis entouré de gens qui m’encouragent dans ce sens-là. J’ai un producteur qui me soutient dans mes choix.

Ton parcours est vraiment atypique.

Je fais partie des artistes qui croient à l’idée de construire une petite œuvre… et ça se construit dans la durée.

Sais-tu pourquoi tu es artiste ?

Non, mais j’aime bien traverser cette vie en laissait quelque photos et si possible qu’elles soient transmises aux générations d’après, à commencer par mon fils, sa copine ou son copain. J’aime traverser la vie comme un voyage dans lequel on met et transmet un peu de sens.

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A l'issue de l'interview, le 20 novembre 2019.

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12 décembre 2019

Sèbe : interview de présentation.

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(@Anne-Laure Etienne)

@Anne-Laure Etienne.jpgSèbe est mon vrai coup de cœur du moment. Je l’ai découvert au Pic d’Or 2019, puis je suis allé le voir récemment en concert à la Dame de Canton. Cet auteur compositeur interprète allie tout ce que j’aime dans la chanson dite « traditionnelle ». La poésie, l’humour, l’autodérision, le second degré et les histoires de looser qui vit des amours un peu ratées (que nous avons tous connus) de Sèbe donnent un répertoire absolument pas « traditionnel », du coup. C’est là sa force et son originalité.

Seul avec sa guitare, on le regarde et on l’écoute chanter avec ravissement (c’est vraiment le mot). Il émeut autant qu’il fait sourire, voire rire. Comme Souchon, c’est un subversif « mine de rien ».

Sèbe est finaliste du concours Centrakor - Loft Music Sud Radio. Pour voter pour lui, c’est ici que cela se passe.

Le 28 novembre dernier, il m’a rejoint dans une brasserie de la Gare du Nord. A la fin de l’interview, j’ai ressenti la furieuse envie qu’il devienne mon pote. Ce gars-là, il te met dans sa poche naturellement en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (expression française non utilisée depuis 1975.)

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(@Vincent Assie)

Autobiographie de Sèbe (où je constate que nous sommes frères de second degré ):79419681_2575928459319967_8640402407643152384_n.jpg

Sèbe est un chanteur monoglotte dont la poésie flirte parfois avec le punk. Il est considéré par ses pairs comme le nouveau «diamant brut» de la scène francophone, tant par sa beauté, ses qualités humaines indéniables, et son talent prodigieux (à la limite du concevable) qui le situent au point de rencontre entre l’impossible et l’inouï. L’écriture de Sèbe est ciselée comme du bon persil. On y aborde les thèmes (jusqu’alors inexplorés) de la rupture amoureuse, de l’engagement politique, du paraître et de la violence au sein de nos sociétés normatives. Un spectacle « tendre comme la caresse d’un rayon de soleil » et « frais comme une douce brise d’été » diront certains... Avec son âme en bandoulière, épaulé par ses deux fidèles compères : brio et entrain, Sèbe, est la véritable figure de proue de la “Villeurbanne Touch”, mouvement alliant précarité et absence de beat electro. Il illumine depuis quelques mois la périphérie lyonnaise de sa célèbre “noirceur festive”. Bête de scène incontestable, Sèbe est un gagneur. Sa “win” est évidente, naturelle et sans chichi. Il Alexander Roth-Grisard (2).jpgcommence la guitare au stade fœtal. Plutôt à l’aise, il améliore instantanément un à un, les riffs de Jimmy Hendrix et de Kurt Cobain, les détrônant dans la foulée, et faisant d’eux des artistes de seconde zone. Sèbe a su faire preuve d’humilité ces derniers temps en acceptant les premières parties d’artistes émergents tels que Sanseverino (SMAC les Abattoirs), Oldelaf (Radiant Bellevue), La Rue Ketanou, Barcella (Festival “Changez d’Air”), et en foulant la scène du Festival Les Chants de Mars. Sèbe terminera, en mai dernier, finaliste du Pic dOr 2019 avec deux récompenses (Coup de cœur du magazine Francofans, et le prix du Big Bag Festival). En parallèle, il a irradié la tournée du Mégaphone Tour 2019 et sera mis en lumière cette saison par le TrainThéâtre lors de la soirée Talents SACEM /Chantier des Francofolies. Bon nombre de professionnels pensent déjà qu’il va « tuer le game ».

Merci, je vous aime, bisous.

Ayant remporté le coup de cœur du magazine  FrancoFans lors de l'édition 2019 du Pic d'Or, Sèbe a donc été chroniqué par la membre du jury et journaliste du bimestriel indé de la scène francophone. 

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IMG_5232 (2).jpgInterview :

Dans ta famille, quelqu’un t’a poussé à jouer de la musique ?

Pas vraiment, mais j’avais un cousin rockeur. Il était au Conservatoire et jouait parallèlement dans des groupes de rock assez violents pour l’époque. Il avait une guitare Strat rouge dans sa chambre, ça me fascinait. Je bidouillais des trucs avec elle, puis j’ai demandé à mes parents de m’acheter une guitare.

Tu as fait deux années de guitare classique au Conservatoire, toi aussi.

J’ai arrêté car je ne supportais pas le côté tyrannique des cours. J’avais l’impression de perdre mon temps et je n’avais aucun plaisir à jouer. Je ne m’en rendais pas compte à l’école, mais ça m’a tout de même donné une conscience du son, du touché, de comment faire sonner les cordes correctement.

Je crois savoir qu’après ça, tu as bossé chez toi, à l’oreille.

Oui, c’est là que j’ai commencé à m’éclater. J’ai eu des groupes de punk. On faisait des reprises et je proposais aussi des chansons originales de piètres qualités. Je me souviens d’un titre « Le monde est bad, la planète est crade, mieux vaut crever ». Aujourd’hui, j’essaie de faire plus attention aux textes (rires).

"Valérie Subutex", session au Studio Lancy Road à Genève.

Tu as eu combien de groupes ?

Huit, je crois. Je jouais dans des bars. J’ai été aussi guitariste accompagnant pour des chanteuses telles que Buridane. J’ai fait une tournée de belles salles avec elle, dont le Casino de Paris.

Tu as fait partie d’un groupe qui a eu sa petite réputation, Charlie Tango.

La formule de base était un duo, mais quand j’avais du budget, il y avait tout un groupe derrière moi. On a fait un EP qui a pas mal marché dans la région. C’était un projet qui pouvait se rapprocher de Luke ou Damien Saez. Nous avons eu des touches dans les maisons de disque, mais ça ne s’est pas fait. Chez Wagram, on avait presque le stylo en main pour signer le contrat… et le label a fermé. Finalement, on a arrêté car nous n'avions plus la même énergie. Et puis, pour être sincère, ma copine s’est installée en Chine et c’était simple : soit j’arrêtais tout pour la rejoindre, soit l’histoire était finie. J’ai arrêté tout… et elle a fini par me demander de ne pas venir.

C’est ce que tu racontes dans une de tes chansons, "In Fine".

Cette histoire m’a nourri. Les disques post-ruptures des artistes que j’apprécie sont souvent les plus magnifiques. Ça doit débloquer des choses intérieures dans l’écriture, peut-être un certain lâcher-prise. Donc, finalement, malgré ma peine, ça m’a aussi beaucoup stimulé. Je suis parti en guitare voix. Pas d’effets sur les guitares, juste du bois, de l’acier, un chant et une écriture. En fait, je me suis épanoui comme jamais musicalement et artistiquement. Je pose désormais mon rythme et je fais ce que je veux sur scène. Ces deux dernières années, je ne cesse de kiffer.

Live à la maison de "In Fine". Vidéo : Nicolas Dormont.

As-tu une ambition dans la chanson ?

Celle de ne pas être trop plombant.

Tu es fou, c’est tout le contraire !

Je l’étais avant. Aujourd’hui, quand j’ai des soucis et que je veux les exprimer, j’essaie de trouver des formules pour se marrer. Malgré la vie difficile, je calibre mes chansons de manière à ce qu’elles soient un peu légères quand même.

Sèbe, c’est un personnage ou c’est toi et rien que toi ?

C’est une vraie question. Il y a des chansons où je suis très premier degré, notamment mes ballades un peu romantiques, et d’autres avec lesquelles j’ai envie de m’amuser. Les chansons dans lesquelles j’aborde des problématiques sociales sont très cyniques et très second degré. Globalement, le personnage maladroit et pataud que j’incarne sur scène me ressemble beaucoup, mais j’accentue certains traits. Je vais d’ailleurs amplifier le côté drôle et mordant.

"En apparence", version culinaire. 

Tu as un côté décalé, un peu hors cadre, comme Sophie Le Cam. Ça fait du bien parce que j’en ai marre d’entendre toujours les mêmes chansons « à l’ancienne ». Je trouve que vous êtes deux artistes qu’on devrait mettre nettement en avant.

Merci. Je suis d’accord avec toi, il y a dans la chanson françaises beaucoup « d’héritiers ». Nous sommes jeunes, c’est à nous de créer un nouveau chemin. Attention ! Je ne dis pas que je révolutionne les choses, je fais les mêmes accords que tout le monde, mais j’essaie d’aborder l’écriture différemment. J’essaie juste d’apporter ma touche perso à la chanson.

Tu écris souvent ?

Pratiquement tous les jours. Ce qui m’éclate, c’est le cynisme avec de l’intelligence dedans, parce que ça me fait marrer. J’aime bien racler dans le bas-fond de l’humanité avec une touche d’humour. J’ai encore un peu de mal à y aller complètement… il faudrait que je place mon curseur plus haut. Je suis fan de l’auteur de bande dessinée, Fabcaro. C’est très absurde, mais il y a du cynisme et une noirceur dans le fond. Tout ce que j’aime. Je vais être clair, tout ce qu’il fait en BD, c’est ce que j’aimerais faire en chanson. 

(Découvrir l'univers de Fabcaro, ).

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Live à la maison de "Korben-Dallas". Vidéo : Nicolas Dormont.

Qu’est ce qui t’inspire ?

Le cynisme justement. La violence dans les rapports humains aussi. Quand j’écris sur ça, je fais attention à comment le public pourrait recevoir le texte. Je ne veux pas l’agresser, mais plutôt le faire réfléchir tout en l’amusant. C’est difficile d’expliquer, mais je crois que ça se rapproche de ça.

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Pendant l'interview...

Tu aimes Didier Super ?

Tu fais bien d’en parler, j’ai beaucoup d’admiration pour lui. C’est un vrai personnage qui ne perd jamais le fil, même en interview, il va au bout de sa démarche. Il est d’une intelligence rare. Je connais son régisseur. Il m’a dit qu’il est adorable, qu’il ne se paye pas plus que les autres et qu’il place tout le monde au même niveau. C’est un mec qui vit son truc en étant profondément humaniste. J’ai d’ailleurs remarqué que ce sont souvent les plus misanthropes qui sont les plus humanistes.

Musicalement, même si tu joues des morceaux « pas très énervés », on sent que tu as écouté beaucoup de punk dans ta jeunesse.

C’est totalement vrai. Ça m’a procuré une certaine facilité à faire des refrains. Dans les musiques punks, et aussi dans la pop, il y a un sens du refrain exceptionnel et super efficace.

Reprise de la chanson d'Alain Souchon, "Rien ne vaut le vie". Vidéo : Nicolas Dormont.

Tu t’impliques humainement dans les chansons. Quand je parle de toi, je résume en disant que tu es un petit Souchon, encore plus drôle.

C’est le plus joli compliment que l’on puisse me faire. Il y a tout chez Souchon. Des textes poétiques simples, tendres et d’une redoutable efficacité. Avec lui, nous sommes connectés avec le cœur et avec les tripes. J’aime quand on ne me considère pas juste comme un chanteur drôle, parce que c’est dur de sortir de ça et surtout, je ne suis pas que ça. J’assume de la même façon mes ballades tendres ou romantiques.

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Après l'interview, le 28 novembre 2019.

Ses futurs concerts (cliquez sur la photo pour mieux voir... ou prenez une loupe!)

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09 décembre 2019

Louis Ville : interview pour Eponyme

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(@Quévin Noguès)

louis ville,eponyme,interview,mandor,balandras éditionsJe peux le dire avec certitude, Louis Ville est l’un des meilleurs songwriter français. Il totalise 20 ans de carrière impeccable, mais reste mésestimé. Pourquoi ? Mystère. Vraiment, grand mystère.

Dans ce nouvel album, Eponyme, il poursuit sa quête, celle de comprendre l'Humain à travers ses parts d'ombres et de lumières. Pour ceux qui ne connaissent pas Louis Ville, découvrez le en lisant les trois mandorisations que je lui ai consacrées. La première en 2012 pour la sortie de la nouvelle édition de Cinémas, Deluxe Édition, la deuxième en 2017 pour son précédent album Le bal des fous (J’y évoque notamment son passé artistique et son rapport à la musique et aux textes…) et enfin la troisième en 2019 pour son EP, Et puis demain (à lire aussi car j’y aborde quelques chansons qui figurent sur Eponyme.)

Le 7 novembre dernier, c'est dans une brasserie de la Gare de l'Est que nous nous sommes posés pour une nouvelle conversation.

Son site officiel.

Sa page Facebook officielle.

Pour écouter ce nouvel album.

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louis ville,eponyme,interview,mandor,balandras éditionsInterview :

Ton éditeur, Laurent Balandras, m’as dit qu’il te considérait comme le Tom Waits français. Tu es d’accord ?

Je ne fais pas du pur blues, c’est un peu de la pop.

Ah bon ? La dominante est pourtant assez blues chez toi.

Dans pop, j’entends « populaire ». Ma musique n’est pas élitiste. Elle est abordable à tous.

Il y a eu une période comme ça, quand même, non ?

C’était plus au niveau des textes. Je n’avais pas trouvé le langage simplifié dont j’avais envie. Ou alors peut-être que je voulais faire trop à la manière de. En fait, tu ne connais jamais ton cheminement intellectuel quand tu écris tes textes. Par contre, ce qui m’est apparu évident depuis deux albums, c’est qu’il fallait que je simplifie au maximum le discours et que j’essaie de trouver les images les plus fortes pour qu’elles parlent à tout le monde. Je ne veux plus de sectarisme du langage dans mes chansons.

Oui, tu fais bien parce que sinon, on s’adresse à un public parfois un peu sectaire.

Ceux qui sont très amoureux et pointilleux de la langue sont souvent déconnectés de tas d’autres langages, qui sont pourtant en français. J’adore les mots, j’adore la langue, mais je ne fais pas partie de ce genre de personnes qui ont une opinion intellectuelle tranchée. Si on est trop sectaire, on se coupe de nouvelles formes d’expression d’aujourd’hui.

Tu veux décloisonner la chanson ?

Je n’ai jamais voulu la cloisonner en tout cas. Quand je me suis vu rentrer dans un cloisonnement, je me suis très vite repris parce que ce n’est pas moi. Je n’ai jamais supporté la moindre forme de sectarisme.

Extrait du nouvel album "EPONYME" (Balandras Editions). Sur une idée d'Yvanna Zoia.
Chorégraphe, danseur : Eliot Joecool. Avec Margot Barnaud, la fille du train. Images : Pierre Goupillon. Réalisation : Pierre et Eliot Goupillon. Merci PANDRAVOX pour les images volées.

Est-ce que ce disque est celui qui est le plus ouvert depuis tes débuts ?

Comme je viens de te le dire, il est plus abordable, parce que j’ai simplifié le discours au maximum.

Dans tes chansons, tu t’es toujours glissé dans la peau de personnages. Moins dans Eponyme.

Disons qu’il y a trois chansons où c’est vraiment moi. Quand je déclare mon admiration/amour pour une certaine personne, dans « Qu’est-ce qu’elle me trouve ? » et la chanson pour mon père, « Et l’étoile »… mais j’essaie de ne pas me placer tout le temps au centre de l’histoire. L’histoire, je la veux universelle.

C’est un album dans lequel tu dis beaucoup de choses. Est-ce que tu te demandes ce que tu vas bien pouvoir raconter la prochaine fois ?

Non, parce que dans cet album, je n’ai pas pu tout mettre. Dans ma tête, il se passe plein de choses et il va falloir que je les couche bientôt.

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Tu viens d’avoir un article dans Télérama et trois clés. Enfin !

C’est bien. Ça me permet une visibilité et de travailler plus facilement. Je suis reconnaissant envers Valérie Lehoux, pour cela. Peut-être qu’un jour, je te recevrai dans une Cadillac (rires).

Avant de te connaître, j’avais l’impression que tu étais quelqu’un de sombre et ténébreux, alors que dans la vie, tu es quelqu’un de solaire, comme en témoigne la pochette de ton nouveau disque.

Beaucoup de gens croient que je passe mes nuits à picoler du Whisky (rire). Personnellement, quand je rencontre des gens qui ont des univers hyper sombres, je constate que ce sont des gens hyper déconneurs et joyeux. Ça s’explique. Ils se débarrassent de tous leurs démons dans leurs supports, romans ou chansons. Et inversement, les gens drôles sur scène ne le sont pas forcément dans la vie. Chacun sa thérapie.

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Louis Ville sur scène...

Ecrire vaut un psy?

Ça vaut 1000 psys, d’une part d’écrire et d’autre part de monter sur scène.

Tu m’as toujours dit que tu avais une vie banale et que tu étais heureux depuis quelques années. Comment trouves-tu tes thèmes de chansons alors ?

L’humain et la bêtise humaine sont autour de moi. Je n’ai pas besoin de vivre des choses dramatiques pour les voir et pour être dans une forme d’empathie afin d’en parler.

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Pendant l'interview...

Tu aimes ce nouveau disque ?

Sur 8 albums, c’est le 3e disque que je commence à apprécier, après Cinémas et Le bal des fous.

As-tu l’impression de progresser ?

Non. Je ne sais pas ce que ça veut dire progresser. Il me semble que j’avance et que j’évolue.

Bonne nouvelle ! Tu sors une intégrale de ton œuvre.

Mon éditeur, Laurent Balandras veut sortir une intégrale de mes disques, en effet. On va y ajouter un disque live inédit. On rentre en résidence pour répéter les 26, 27 et 28 janvier 2020 à la Souris Verte avec un nouveau musicien qui nous rejoint, le contrebassiste, bassiste, Benjamin Cahen (frère de Laura Cahen). On enregistrera ensuite ce fameux live en partenariat avec La Souris Verte, Balandras éditions et le département des Vosges. L’intégrale devrait sortir fin 2021.

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Après l'interview, le 7 novembre 2019.

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Pub dans FrancoFans (avec le petit mot de Mandor…)

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06 décembre 2019

ITAK : interview pour l'EP La joie.

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(@Maxime Potherat)

Itak pochette.jpgIntitulé La joie le premier EP d’ITAK est sorti sur toutes les plateformes il y a quelques jours. Comme l’indique l’argumentaire de presse, ITAK propose « une pop douce et rugueuse, comme du sable chaud avec un gout de transe sous les talons. Avec sa voix profonde grave et tendre, la chanteuse, auteure, compositrice propose une poésie solaire aux mélodies enveloppantes. Un opus pop teinté d’électro et de rock aérien, avec Valentin Verrier à la réalisation et à la co-composition. »

Le 18 novembre dernier, j’ai interviewé Soizic Martin, (la chanteuse d’ITAK) dans une brasserie de la Gare du Nord.

La page Facebook d'ITAK

Pour écouter l'EP, La joie.

Line up :

Soizic Martin: chant, orgue, sampler
Jean-laurent Cayzac: guitare électrique
Florian Huygebaert: Batterie
Valentin Verrier: son  

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IMG_5132.JPGInterview :

Tu as commencé le piano vers l’âge de 7 ans.

Oui. J’étais dans une école avec une pédagogie alternative dans laquelle l’artistique avait une grande place. On conseillait fortement aux élèves de jouer un instrument. L’environnement de base était musical. Il y avait des cours de musique et une chorale… Le piano était un peu mon journal intime. Je pouvais passer des heures à improviser dessus, mais je ne me projetais pas du tout à jouer devant un public.

Par contre, tu voulais être comédienne.

Ça, je l’ai su assez tôt. J’ai fait une école de théâtre et paradoxalement, c’est là que j’ai commencé à écrire des chansons. Et comme je fréquentais des gens qui chantaient dans les bars, j’ai fait pareil… bien que je ne me sentais absolument pas légitime en tant que chanteuse.

Au début des années 2000, tu as même créé un duo avec ta sœur, Lise Martin (mandorisée récemment là), Les Fées d’Hiver.

On a fait quelques premières parties et nos propres concerts. En un an et demi, on a joué sur pas mal de scènes parisiennes. Puis nous avons cessé le duo. Je me considérais comme une comédienne qui chantait à côté.

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(@Maxime Potherat)

Bon, aujourd’hui tu sors un EP sous le nom d’ITAK. Tu as donc décidé de devenir chanteuse officiellement.

Même quand je faisais du théâtre, je chantais et je jouais de la musique. Ça fait trois ans que j’ai pris la décision de revendiquer le fait que je sois musicienne et chanteuse. C’est une évidence que j’ai mis du temps à découvrir… Je pense qu’inconsciemment, comme ma sœur était chanteuse et qu’elle avait un public non négligeable, je lui ai laissé cette place. J’ai mis longtemps à me dire que j’avais peut-être aussi la mienne.

Avant de créer ITAK, tu es passée par la Manufacture Chanson pour travailler ta voix.

Il y a avait un programme d’accompagnement avec La boite à outils. J’ai bénéficié d’un coaching avec Céline Ollivier (mandorisée là). Le fait de n’avoir jamais pris de vrais cours de chant avant me donnait l’impression que je n’avais pas l’autorisation de devenir chanteuse.

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(@Maxime Potherat)

Quelles sont celles qui t’ont influencé ?

Je dirais Nina Simone, Lhassa, Catherine Ringer et Beth Gibbons de Portishead. J’aime bien sentir la puissance de leur voix. Ça n’a rien à voir, mais j’aime aussi beaucoup Zombie Zombie, un groupe de musique électronique français né de la rencontre entre Étienne Jaumet, saxophoniste de The Married Monk, et Cosmic Néman, le batteur d'Herman Düne.

La rencontre avec Valentin Verrier, avec qui tu as fait cet EP, a été déterminante.

Je l’ai rencontré alors que j’étais professionnellement dans un creux de vague. Lui était dans la même situation. Nous nous sommes retrouvés chez lui, dans son studio. J’écoutais ses petites bidouilles…. elles m’inspiraient des textes et des mélodies. J’étais loin de la MAO (musique assistée par ordinateur), mais plutôt dans un environnement de musique acoustique. Je me suis rendu compte que ce qui me touche et ce que j’avais envie d’explorer allaient dans le sens du travail de Valentin. Il m’a aidé à me rapprocher de cet univers-là. On a vraiment créé les chansons ensemble. Il y a eu beaucoup d’allers-retours. Nous avancions un peu chacun de notre côté entre les séances studio. Pour nos futurs concerts, le groupe formé pour la scène et moi, nous avons eu la volonté d'aller un peu plus vers le rock psyché, avec de la transe.

Clip de "Dans l'eau" réalisé par Maxime Potherat.

Avec cet univers, tu prends plus de plaisir qu’avant ?

Oui, assurément. Déjà, dans mes textes, je n’écrivais plus ce qui me faisait mal, mais ce qui me faisait du bien. Pour moi, avant ITAK, l’écriture était le meilleur moyen pour sortir ce que je n’avais pas envie de garder en moi.

C’est bien d’être artiste. Tu rends beau les épreuves que tu traverses…

Je pense que c’est même ma philosophie de vie. Je pense qu’on est là pour essayer de rendre beau le laid.

Tu es tellement devenue positive dans tes nouvelles chansons qu’il y en a même une qui s’intitule « La joie ».

Le fait de me sentir à ma place, de me donner ma place dans le style musical qui me correspond, m’a incité à ne plus chanter la douleur. J’ai ressenti le besoin de chanter la joie. Ce n’est pas aussi simple que l’on pourrait le penser. Dans notre langue française, des textes légers peuvent vite être considérés comme des niaiseries. Pour moi, la joie c’est tout sauf niais. Ce sont les viscères et les tripes. Dans cette chanson, j’ai donné du corps et de la matière à la joie.

Tu as écrit « La joie » lors de ton séjour de trois mois en Argentine.

Ça m’a beaucoup aidé. Comme j’ai constaté que l’on pouvait chanter la joie en espagnol, ça m’a motivé pour en faire de même en français.

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(@Maxime Potherat)

Pourquoi ne chantes-tu pas sous ton vrai nom ?

Je n’ai ni l’envie, ni le besoin que mon nom soit mis en avant. Pour moi, l’important c’est le projet. Et c’est le projet qui a un nom. ITAK, c’est moi et les gens avec qui je travaille. C’est une entité. J’ai essayé d’en faire un personnage, celui que l’on voit sur la pochette de l’EP. Il est mi-humain, mi-végétal, mi-animal…

D’après l’Odyssée d’Homère, Ulysse était le roi d’Ithaque, île qu’il retrouva après avoir longuement erré en mer, après avoir subi de multiples épreuves. Il y a un rapport avec ton projet ?

Oui. Cette île grecque qui a une histoire représente le chez-soi qui ne bouge pas. On peut partir loin, se perdre, on a toujours une partie de soi qui est là, qui ne nous abandonnera pas et qu’on retrouvera toujours. C’est ce qu’il s’est passé dans mon rapport avec la musique. J’ai essayé plein de choses, mais c’est à cet endroit que je me sens profondément moi. C’est une île dans laquelle je peux inviter des gens et partager des choses.

Le métier est difficile aujourd’hui. Pourquoi le fais-tu ?

Parce que j’en ai besoin. Je crois qu’aujourd’hui, quoi que l’on choisisse, c’est dur. Alors, autant choisir un métier qui me procure assez de plaisir pour endurer la difficulté.

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Après l'interview, le 18 novembre 2019.

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04 décembre 2019

Gérald Genty : interview pour l'album Là-haut

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(@Patrick Cockpit)

gérald genty,là-haut,interview,mandorGérald Genty, ça faisait un moment que je l’écoutais, l’observais, l’appréciais. Mais sans jamais l’avoir rencontré. J’ai toujours été impressionné par sa maîtrise de la musique (au large spectre), ses mélodies imparables et sa capacité à trouver des arrangements limpides. Genty est un multi-instrumentiste chevronné, toujours à la recherche du son parfait. S’il aime les calembours, c’est surtout un adepte de la paronomase (figure de style qui consiste à employer dans une même phrase des mots dont le son est à peu près semblable, mais le sens différent). Il excelle en la matière. Bref, le type est doué. Et trop injustement méconnu du grand public. 

Gérald Genty sera au Zèbre de Belleville le 17 janvier 2020 (avec Julien Carton). Pour les places, c'est ici.

Pour parler de son nouvel album, Là-Haut, nous nous sommes retrouvés le 21 novembre en terrasse d'une brasserie de la Gare du Nord pour une première mandorisation…

Son site officiel.

Sa page Facebook officielle

Pour écouter son disque

Argumentaire de presse (légèrement raccourcie et remanié) :gérald genty,là-haut,interview,mandor

Voilà, il l’a fait. Ce disque sur la fin, la disparition, celui auquel il songeait lorsque l’urgence de capter les voix fragiles de ses deux jeunes fils l’avait finalement incité à aller au bout du format court avec l’album Hippopopopopopopopopopopotame.

Les précédents disques de Gérald Genty comportaient toujours une ou deux de ces chansons courtes, mais aussi une ou deux plus sérieuses : l’envie d’aller au bout de ces deux formes explique pourquoi arrive maintenant Là-haut, qu’on peut qualifier de concept-album. L’artiste reconnaît qu’il réfléchit désormais « un peu en terme d’œuvre globale » et qu’un disque comme celui-là aurait manqué à sa discographie. Dans Là-haut « il y a encore pas mal de calembours mais ils sont presque invisibles » explique Gérald, « le jeu de mot, lorsque l’on le recouvre de mélancolie, qu’on le baigne dans le drame, il a tendance à disparaitre, il s’efface »...

gérald genty,là-haut,interview,mandorSa voix sur le début de « La Station » évoque Dominique A mais ce n’est pas son inspiration première, loin s’en faut (il aime surtout l’album La Musique). Parmi les artistes qu’il admire figurent surtout Raymond Devos, Bertrand Belin, ou encore Mathieu Boogaerts dont le premier album Super avait durablement marqué Gérald dans son envie de gaîté, de légèreté. Cela a pris le temps, mais Là-haut c’est un peu son Michel. Voire son Tchao pantin.

Si la question de la postérité présente en filigrane de ses deux premiers albums n’est plus vraiment le souci d’un Gérald Genty déjà content d’avoir un public fidèle, il englobe dans la thématique de son nouveau disque la disparition... des radars, de l’actualité, de l’esprit des gens.

S’il est bien trop tôt pour deviner quelle sera la trajectoire de ce nouvel aéronef musical, avouons qu’en guise de calembour, ce serait un joli pied de nez de faire qu’un disque sur la disparition soit finalement un album qui restera.

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(@Patrick Cockpit)

gérald genty,là-haut,interview,mandorInterview :

Là-haut est un disque qui évoque la mort ou la disparition. C’est fini le Gérald Genty aux thèmes plus légers ?

Le disque devait s’appelait Dix End, dix chansons sur la fin, mais je n’ai reçu aucune adhésion sur ce titre-là, à part chez les artistes. Tu sais, j’ai toujours eu dans chaque album des chansons un peu tristes, en tout cas qui n’avaient pas vocation à faire rire… mais elles étaient noyées au milieu de chansons un peu plus déjantées. Dans la globalité des disques, souvent avec des pochettes marrantes, on oubliait ces chansons-là.

J’ai l’image de toi d’un artiste qui a une sacrée plume et qui sait en jouer. Je t’ai toujours trouvé beaucoup de sensibilité. Je ne t’ai jamais considéré comme un chanteur « rigolo » à l’instar d’un Oldelaf, que j’apprécie aussi beaucoup au demeurant.

En tout cas, je n’écoute jamais les chanteurs drôles. Pour ma part, je préfère être rigolo, mais sans faire gaffe. Et je vais te dire la vérité, ce que je préfère dans les chansons, c’est la musique. C’est de jouer de la musique. C’est ça que j’aime explorer et c’est ça qui m’éclate. Quant aux textes, j’ai la sensation qu’ils viennent presque tout seul.

D’ailleurs, tu dis souvent que tu ne te considères pas comme un chanteur à textes.

Parce que j’ai l’impression que, quand on est un chanteur à textes, la musique est derrière. Je ne veux pas que les gens se disent : « Concentrons-nous sur ce que le chanteur dit, c’est ça le plus important ! »

Tu travailles dans ton propre studio ?

Oui, habituellement, je fais tout chez moi. Mais pour cet album, j’ai été épaulé par Julien Carton au piano qui m’accompagne désormais sur scène, et Carol Teillard d’Eyry à la batterie. Ainsi j’ai rompu avec ma façon de travailler en petite séquence, en copier / coller, chaque instrument jouant ici du début à la fin. Je précise aussi que c’est Thomas De Fraguier qui est aux manettes.

"Pour les parents que nous sommes ou serons peut-être et pour les enfants que nous resterons, voici "planeur"! Un clip participatif réalisé avec des bouts d'vous, des bouts d'choux et pas mal de bouts d'ficelle !"

« Planeur » est une chanson magnifique qui parle de la disparition du père et des enfants qui quittentgérald genty,là-haut,interview,mandor le nid un jour…

Je rassure tout le monde, mon père est encore vivant. Mes enfants ont 6 et 8 ans, mais je ne suis pas pressé qu’ils partent faire leur vie. Ça me fait un peu peur de me dire que peut-être, le meilleur est passé. Cette chanson explique qu’il faut essayer d’en profiter malgré le côté éphémère de la chose.

Es-tu devenu plus mélancolique et inquiet depuis que tu as des enfants ?

Je ne pense pas. Je ne sais pas si ça se perçoit dans ma discographie, mais c’est plus tout ce qui touche à l’hôpital qui me fait peur. Cette angoisse, je l’ai casé dans la chanson « Rien ». Ça parle de mon frère qui a eu un truc assez sérieux qui le menaçait vitalement. A Ajaccio, la clinique est au bord d’une plage. On attendait des résultats d’examens en se baladant sur la plage en question. Il y avait un décalage entre ce que l’on pouvait ressentir sur le moment et la pression des résultats à venir. Toute cette beauté devant nous ne servait à rien s’ils n’étaient pas bons. Ils étaient bons.

gérald genty,là-haut,interview,mandor

(@Michaël Foucault)

gérald genty,là-haut,interview,mandor« Le fil » et « La station » parlent des NDE (« Near Death Experiences »).

Ce sont deux chansons liées. C’est un sujet que je trouve fascinant. J’ai été assez marqué par L’experience interdite de Joël Schumacher, par l’accident de son malheureux homonyme l’ex-pilote Michaël, ou par le livre Le test de Stéphane Allix.

Dans « Le métier qui sort », tu évoques la difficulté d’être un artiste non « mainstream » aujourd’hui. Tu te sens comment dans « le métier » justement ?

L’important pour moi, c’est que d’année en année, je parvienne à continuer à faire de la scène et des disques. Comme je n’ai jamais eu de grands succès, c’est plus facile pour moi d’en rigoler dans des chansons. Je fais beaucoup de dates solos et je dors souvent chez l’habitant. C’est amusant parce que, sur chaque album, je fais une chanson sur « qu’est-ce que ça va être la célébrité ? »

Dans « Le facteur », tu t’es inspiré de l’histoire d’une écrivaine du Nouveau Mexique retrouvée chez elle des mois après son décès.

Je me suis dit que si ça pouvait arriver à une auteure qui a reçu des prix littéraires, ça pouvait aussi arriver à un chanteur. Quand je la joue sur scène, je dis au public que j’imagine que c’est ma propre histoire.

Tu crains la mort ?

Oui, mais ce n’est pas une obsession. Je te le répète, je crains l’hôpital. Le souci, c’est que je ne me surveille pas, du coup. Je ne surveille rien de moi. Je devrais faire des prises de sang et je ne le fais jamais. A 45 ans, je crois qu’il faut faire attention à son corps. Surtout que je mange énormément de Petit Ecolier. J’essaie de faire gaffe, mais c’est pour moi une drogue dure. Je peux m’enfiler deux paquets par jour quand je suis en tournée.

Clip de "MH370".

gérald genty,là-haut,interview,mandorTu as eu un oncle marin qui a sombré dans l’Océan Indien quand tu avais 6 ans. Ce souvenir a été réveillé par la mystérieuse disparition du vol MH370. Tu en as fait une chanson, « MH370 », mais cette fois l’issue de cette superbe chanson est plus heureuse.

Quand il y a eu cette catastrophe –là, je me souviens m’être dit que je préférais que l’on ne retrouve rien et que tout était encore possible.

Tu es tennisman, classé 4/6, et dans cet album, tu as rendu hommage à Roger Federer, dans « Fais des rêves ».

Le jeu de mot est tellement énorme que j’ai dû aller vérifier que cela n’avait pas déjà été maintes fois utilisé. J’ai composé cette chanson après sa victoire surprise à l’open d’Australie en 2017, alors qu’on le disait fini. A la fin de la chanson le gamin qui joue contre lui, c’est moi... Fondamentalement, échanger des balles avec lui est mon rêve absolu. Entre ça et jouer à l’Accord Hôtel Arena et taper la balle avec Federer, je choisis sans hésiter la deuxième proposition. Je ne sais pas comment faire. Il est très sympa, mais quasiment inabordable à cause de son entourage.

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(@Allain Huchet)

Ton frère, dont nous parlions tout à l’heure, est garde forestier en Corse, mais aussi musicien.

Oui, il m’a donné plusieurs chansons, dont « Tu n’es pas » qui est sur l’album Nul si pas découvert en 2009. Dans ce nouveau disque, je lui ai pris le premier couplet d’une chanson qu’il avait faite pour lui et il figure désormais dans « Planeur ». Il est chanteur depuis plus longtemps que moi. C’était lui le musicien de la famille. Moi, j’étais le tennisman. C’est curieux cette situation. Là, j’ai bientôt trois dates à Montpellier, il va me rejoindre. Je vais le faire monter sur scène.

Je sais que tu aimes beaucoup ton frère.

A l'adolescence, j'étais un peu plus éloigné de lui, mais quand j’ai découvert ses chansons sur des cassettes, ça m’a foutu une claque.

C’est ça qui t’a donné envie de faire de la musique ?

Peut-être. J’étais bassiste et je faisais des reprises des Pixies. C’est vraiment quand je suis tombé sur ses chansons que je me suis dit que la chanson, c’était pas mal.

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(@Carolyn Caro)

Tu as l’impression d’appartenir à une famille dans la chanson, celle de Mathieu Boogaerts par exemple.

Mathieu Boogaerts, c’est vraiment quelqu’un qui a compté pour moi. Son album Super en 1996, a été une claque. Je me souviens d’avoir été au Virgin Megastore de Bordeaux et d’avoir écouté ce disque sans être convaincu. A l’époque, j’étais dans le rock indépendant. Dans la nuit, mon cerveau travaille, je retourne écouter et paf ! J’adore ! Je deviens raide dingue de ce disque.

Il t’a influencé dans tes premiers disques ?

Il était tellement important pour moi qu’il a fallu que je m’en sépare complètement, que je ne l’écoute plus du tout pendant des années. Il m’influençait trop. Quand j’ai sorti mon premier album chez Wagram, ils ont mis le paquet. J’ai eu des pubs sur Canal Plus, j’avais des clips qui tournaient sur M6. Complètement matraqués partout, les fans de Mathieu Boogaerts qui sont tombés sur moi ont considéré que j’étais un connard de plagieur. En plus, je lisais tout. J’allais sur les forums qui lui étaient consacrés. Je m’en prenais plein la gueule. Je me suis bien fait du mal.

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Pendant l'interview.

gérald genty,là-haut,interview,mandorTu fais une carte blanche en avril 2020 avec lui.

C’est un fan à moi qui me propose cette carte blanche chaque année. C’est très compliqué de construire une carte blanche. La dernière fois, j’avais Vincent Baguian et Emmanuel Donzella. Là, j’ai choisi Mathieu Boogaerts. Puisqu’il est aussi batteur, je vais lui demander de faire mon set avec lui à la batterie. Evidemment, il va aussi chanter.

En ce moment, tu es en première partie du groupe Archimède.

C’est marrant comment cela s’est produit. Parfois, je tape mon nom dans Google pour voir s’il se dit des choses sur moi. Un jour, je suis tombé sur un article concernant Archimède dans lequel ils disaient que je faisais partie des artistes qu’ils appréciaient beaucoup. Je les ai contactés pour les remercier et ils m’ont proposé des dates.

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Après l'interview, le 21 novembre 2019.

01 décembre 2019

Loft Music sur Sud Radio : avec Thomas Fersen, La Maison Tellier et Navii.

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loft music,yvan cujious,sud radio,thomas fersen,la maison tellier,navii,françois alquierTous les soirs sur Sud Radio, à partir de 20h, Yvan Cujious invite des artistes à s'installer dans le canapé du Loft Music pour parler musique et se confier, jouer en live et nous faire découvrir de nouveaux artistes coup de cœur...

De temps en temps, Yvan Cujious m’invite en tant que journaliste spécialisé « musique » (comme et ).

Le 6 novembre dernier, il m’a convié pour participer à son émission en compagnie de Thomas Fersen (mandorsisé là) pour son album C’est tout ce qu’il me reste, La Maison Tellier (mandorisé ici) pour Primitifs Modernes et le jeune chanteur Navii pour son single « En attendant mon heure ».

Comme d’habitude avec Yvan, l’ambiance était très détendue et pro (c’est sa marque de fabrique).

Pour écouter l'émission diffusé le 29 novembre 2019, c'est par ici.

Commençons avec la prestation de Thomas Fersen et ses musiciens, sous le regard d'Helmut Tellier

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(@Didier Venom)

Le maître de cérémonie, Yvan Cujious...

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(@Didier Venom)

Yvan, Thomas Fersen et son guitariste Pierre Sangrà m'écoutent religieusement parce que je raconte doit être passionnant et primordial, comme toujours. #seconddegré

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(@Didier Venom)

C'est reparti pour une nouvelle chanson en live.

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(@Didier Venom)

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(@Mandor)

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(@Mandor)

Suite de l'interview de Thomas Fersen.

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(@Didier Venom)

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(@Didier Venom)

Clip de "C'est tout ce qu'il me reste". 

Helmut Tellier, Navii et Yvan Cujious pendant la prestation de Thomas Fersen.

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(@Mandor)

Helmut Tellier, tête pensante (avec Raoul Tellier) de La Maison Tellier, en live. 

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(@Mandor)

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(@Didier Venom)

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(@Didier Venom)

Cover de "Losing my religion" du groupe REM. (@Didier Venom)

Clip de "Chinatown".

Yvan, Boris et moi. On me dit que Boris était absent. Pardon.

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(@Didier Venom)

Navii interviewé par Yvan Cujious.

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(@Didier Venom)

Mile Davis Mile Davis Miles Davis Miles davis

Clip de "J'écoute du Miles Davis" en 2015.

Navii.

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(@Didier Venom)

Navii en live.

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(@Didier Venom)

Clip du nouveau single de Navii, "En attendant mon heure". 

Belle émission! Il est temps de se dire au revoir.

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(@Didier Venom)

Avec Yvan Cujious et Thomas Fersen.

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Et la fameuse photo d'après émission avec tous les invités. 

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(@Didier Venom)

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