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30 décembre 2019

Dalton Télégramme : interview pour l'album Victoria

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dalton télégramme,quentin maquet,victoria,rencontres d'astaffort,interview,mandorLe quatuor liégeois, formé en 2010, Dalton Telegramme est un gang qui a piqué les racines de la musique folk et western pour les faire pousser dans ses propres chansons (en langue française, s''il vous plait) et qui parlent d’aventures, d’amours, d’amitié, des autres et d’eux-mêmes. Le groupe peut s’enorgueillir d’un grand nombre de dates de concerts en Belgique (Dour festival, Francofolies, Botanique…) et à l’étranger. Trois ans après l’album Sous la Fourrure, Dalton Telegramme revient avec Victoria, un disque tourné vers le rock et la mélodie.

Les membres de Dalton Télégramme sont Quentin Maquet (guitare, chant, ukulélé), Rémi Rotsaert (guitare, banjo, harmonica), Olivier Cox (percussions multiples et pipeau) et Bernard Thoorens (contrebasse, guimbarde)… avec en invitée Fanny (du groupe Faon Faon).

En concert le samedi 8 février au Reflektor à Liège.
Infos et tickets =>
Dalton Telegramme au Reflektor le 8 février
Ecouter l'album Victoria :
orcd.co/victoria

Leur site officiel.

Leur page Facebook.

Le 21 novembre dernier au soir, la tête pensante du groupe, Quentin Maquet, m’a donné rendez-vous dans une brasserie de la capitale.

Argumentaire de presse:dalton télégramme,quentin maquet,victoria,rencontres d'astaffort,interview,mandor

Dalton Telegramme revient avec un deuxième album : « Victoria »

Résultat d’un profond désir de la bande de s’embarquer dans une nouvelle aventure, ce disque écrit en partie durant la tournée de leur premier album et au gré de leurs escapades en Baie de Somme et autres « pow wow » bucoliques se veut plus ambitieux et plus doux.

Si le musc et les parfums boisés coloraient leur précédent album, Victoria s’annonce résolument plus féminin, délicat par ses arrangements et profond dans ses cordes. Plus féminin dans la forme aussi car les quatre potes du bord de Meuse accueillent dans le gang Fanny (du groupe Faon Faon), amie du groupe et cousine dans la famille franco-faune belge. Fidèle à leur plaisir coupable de se retrouver en huis clos cocon pour créer et enregistrer, l’album a été mis en boite à la Frette (manoir/studio de légende) sous la houlette de l’excellent Yann Arnaud (Air, Phoenix, Maissiat, Alex Beaupain…).

Un changement de cap pour l’équipage Dalton qui s’éloigne un instant du francophile wild wild west fantasmé de leurs débuts pour s’épanouir ici dans de nouveaux paysages sonores avec le même mot d’ordre… se laisser pousser les envies.

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(Photo : Jean-Philippe Humblet)

dalton télégramme,quentin maquet,victoria,rencontres d'astaffort,interview,mandorInterview :

Vous jouez ensemble depuis l’enfance. Comment avez-vous décidé de devenir professionnels ?

Après avoir beaucoup joué dans des bars et des petites salles, l’idée d’en faire notre vie est venue naturellement. Il faut dire qu’à Liège, il y a une sacrée vivacité musicale. On dénombre beaucoup de groupes, de petites structures, de petits labels, de petits tourneurs… qui font que ce n’est pas si difficile que ça de sortir un album quand on a un minimum d’envie et de talent

Le premier disque, Sous la fourrure, était plus folk, western, rugueux.

Au début du groupe, alors que nous n’avions pas encore notre identité musicale, on est parti jouer au Québec. Là-bas, nous avons découvert la scène qui chante en français, mais qui fait de la musique folk américaine super roots. On a eu un vrai coup de cœur pour cette musique.

Pourtant l'album Victoria n'a plus rien à voir. Il est carrément plus féminin? 

On trouvait que donner un titre féminin à notre album était une bonne idée. Les sonorités sont plus douces, plus sophistiquées, peut-être un peu plus féminins, donc. De plus, l'arrivée de Fanny dans le groupe gomme la masculinité totale que nous avions dans le premier disque. C'est une bonne chose. 

Clip de "Sparadra" réalisé par Louan Kempenaers & Romain Habousha extrait de l'album Victoria.

Votre base musicale à vous, c’était quoi ?

La seule chose que nous voulions, c’est écrire en français. On écoutait –M- ou des gens comme ça, qui savent utiliser la guitare rythmique. En fait, au départ, on était partie pour jouer ce genre-là.

Mais toi, personnellement, tu avais cette culture de chanson francophone ?

Oui, j’écoutais Nougaro, Brel, Stephan Eicher… Je suis aussi passé par la phase Fonky Family, NTM, IAM. Je trouvais les textes très savoureux. J’aime bien quand ça chante en français et que c’est ambitieux dans le jeu et le plaisir de la langue.

Vous avez fait plein de festivals, gagné pas mal de tremplins et de prix avec cette musique folk western. Ce n’est pas risqué de revenir avec un deuxième album différent ?

Après la tournée de notre premier album, nous nous sommes demandé si nous voulions continuer à jouer uniquement ce style. En y réfléchissant, on s’est dit qu’il était inutile de vouloir être plus américain que les américains… on a eu l’impression que cela nous limitait.

Clip de "Le jour du seigneur" réalisé par Lily Rensonnet et Arnaud Gurdal, extrait de l'album Victoria.

C’est une stratégie presque dangereuse de faire deux albums si différents.

On le sait bien, mais tant pis. On prend le risque. On ne veut pas se trahir. Même au niveau de la scène, ça nous posait problème. Comment allions nous jouer nos deux répertoires ? Ce que je peux te dire aujourd’hui, c’est que ce deuxième album est beaucoup plus rock en live.

Prendre ce nouveau chemin, ce n’est pas pour conquérir plus facilement la France ?

Non. D’abord, je ne pense pas que faire de la musique plus généraliste ouvre plus de portes. Je pense qu’aujourd’hui, dans le monde de la musique, il vaut mieux être dans une niche. Deuxièmement, comme je viens de te le dire, cette musique nous est venue naturellement. Chez nous, rien n’est calculé. Nous avons travaillé autour d’un logiciel d’enregistrement et tout était possible. Nous avions une liberté totale pour mettre les couches que l’on voulait et essayer des trucs. Nous ne nous sommes plus donnés de consignes d’identités trop claires.

Toutes les chansons sont différentes, mais elles ont toutes un potentiel tubesque. C’est rare de nos jours.

Nous n’avons pas une culture underground ou alternative, ce n’est donc pas étonnant que l’on écrive des titres qui pourraient devenir « populaires ». Il y a un auteur belge qui s’appelle Jacques Duvall, qui a écrit pour Lio et Alain Chamfort, notamment. En termes d’écriture, c’est mon espèce de Graal. C’est simple mais d’une redoutable efficacité. Il m’a fait comprendre qu’il n’était pas obligatoire d’avoir un sens logique à tout. Avec lui, j’ai découvert que l’écriture pouvait être libre.

Clip de "Si tu reviens, j'annule tout", réalisé par Simon Medard, d'après une idée originale de Quentin Maquet. Extrait de l'album Victoria.

Comme Duvall, tu écris pour les autres ?

Oui, depuis peu. Je suis allé aux Rencontres d’Astaffort, il y a deux ans. Ca a débloqué pas mal de choses en moi. Depuis j’écris plus vite et je suis revenu chez moi avec énormément de confiance parce que là-bas, j’étais valorisé… J’étais dans la fameuse session que Cabrel a beaucoup aimée. A tel point qu’il nous a permis de faire un disque, STAFF (pour en savoir plus, voir la mandorisation ici). Il y a 4 chansons dont j’ai fait les paroles. J’adore écrire pour les autres, mais ce n’est pas si simple. Le but n’est pas d’imposer sa patte, mais de se fondre dans l’univers de la personne pour laquelle tu écris.

Justement, tu écris comment ?

J’essaie d’être totalement immergé mentalement dans l’histoire que je raconte. Tout est précis : l’instant, le décor, les visages… Ecrire une chanson provoque un plaisir narratif et musical. Il n’y rien de plus jouissif qu’un texte que se fond dans une mélodie. Pour moi, le sens est aussi important que le son.

Lyric video de "Ton portrait" réalisé par Marie Cox, extrait de l'album Victoria.

Il n’y aucune chanson triste dans ce deuxième album.

On n’utilise jamais le langage de l’apitoiement. Plutôt qu’être tragique, on essaie d’être plus dans le tragi-comique. On ne va pas faire de chansons plombantes.

Dans Dalton Télégramme, on peut dire que tu l’auteur compositeur…

Je suis celui qui arrive avec une chanson qu’il faut habiller. Les autres membres du groupe en font une chanson encore meilleure que ce que j’imaginais. J’aime être surpris par un arrangement auquel je ne m’attendais pas.

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Avec Quentin Maquet, après l'interview, le 21 novembre 2019.

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