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17 décembre 2019

Les Goguettes, en trio mais à quatre : interview pour Globalement d'accord

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Depuis 2013 Les Goguettes (en trio mais à quatre) ce sont : des centaines de parodies, près de 25.000 spectateurs, plus de 200 spectacles dans toute la France (+1 au Luxembourg), plus de 3 millions de vues sur leur chaîne YouTube, 1 triomphe au Festival d’Avignon… et l’aventure est loin d’être finie. Ils seront notamment le 7 avril 2020 à La Cigale (pour réserver, c'est là).

Avant de faire plus ample connaissance avec ce quatuor exceptionnel, rappelons ce qu’est une goguette : une parodie de chanson connue pour parler de l’actualité, en prenant le parti d’en rire.

Invité par l’un des membres du groupe, Valentin Vander, que je connais un peu (et mandorisé là en 2016… toujours pas seul), je suis allé voir Les Goguettes (en trio mais à quatre) à l’Alhambra (salle comble et comblée), il y a quelques semaines. J’ai rarement autant ri lors d’un spectacle musical. Du coup, j’ai demandé à Valentin de m’organiser une rencontre avec ses trois acolytes, Aurélien Merle, Stan et la pianiste de formation classique Clémence Monnier. Les agendas des uns et des autres étant un peu chargés, la mission n’a pas été simple.

Le 28 novembre dernier, nous sommes parvenus à nous retrouver dans un bar de la capitale.

Leur site officiel.

Leur page Facebook.

Leur page YouTube (richement fournie en vidéos).

Pour écouter le disque, Globalement d'accord.

Pour commander le disque, Globalement d'accord.

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(@Marylène Eytier)

les goguettes,en trio mais à quatre,valentin vander,aurélien merle,stan,clémence monnier,interview,mandor,globalement d'accordArgumentaire de presse :

En 6 ans de carrière, on peut dire que Les Goguettes (en trio mais à quatre) ont renouvelé avec un certain succès l’art ancestral des chansonniers, grâce à leur humour décapant, incisif, parfois cruel, mais jamais méchant ni vulgaire. Ces quatre auteurs-chanteurs-musiciens piochent dans le répertoire considérable de la chanson populaire d’ici et d’ailleurs pour traiter et maltraiter l’actualité. Ils tentent alors de soigner par le rire tous les agacements et sentiments de ras-le-bol provoqués par notre usage collectif et souvent trop intensif de la télévision, de la presse ou des réseaux sociaux. Face à la saturation d’informations tous azimuts, le rire reste un médicament des plus efficaces.

Biberonnés dans les années 80 et 90 à l’humour des Guignols, du Canard Enchaîné, de Charlie, de Renaud, des Inconnus…, ces goguetiers proposent un spectacle qui s’apparente à un grand jeu de chamboule-tout où tout y passe : la droite, la gauche, le centre, les têtes de gondole (pour rester polis) de l’arène politique, les grands sujets brûlants, les petites polémiques tartes-à-la-crème, la campagne électorale qui vient, la dernière mode à la mode… ils sont capables de se moquer de tout, y compris d’eux-mêmes.

Le teaser du spectacle 2019.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Depuis les années 2000, les scènes ouvertes de « goguettes » redeviennent populaires et se multiplient en France. À Paris, l’une d’entre elles se tient alors tous les lundis dans un restaurant-cabaret célèbre : Le Limonaire. C’est là que nos acolytes vont se rencontrer en 2009 : Stan y chante depuis déjà quelques années, Clémence Monnier vient d’intégrer la bande de musiciens qui accompagnent les chansonniers du lundi soir, et enfin Aurélien Merle et Valentin Vander, tous deux auteurs-compositeurs-interprètes, par l’humour alléchés, se mêlent à cette communauté de joyeux drilles. Quelques années plus tard, ces quatre-là décident d’unir leurs forces et leurs meilleures goguettes pour monter un spectacle, qui ne cessera alors de nécessiter des salles de plus en plus grandes pour accueillir un public toujours plus nombreux.

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(@Marylène Eytier)

Avant mon interview, leur FAQ :

- Ils sont d’où ? Clémence et Aurélien ont grandi près d’Angers, Valentin en Normandie, et Stan à Versailles. Ils se sont connus à Paris.
- Qui écrit les textes ? Chacun écrit dans son coin, propose au groupe. Puis tout est mis en commun, retravaillé, mis en scène par Yéshé Henneguelle.
- Pourquoi ils sont habillés comme ça ? C’est parce qu’à leurs débuts, les affiches de leurs spectacles étaient des parodies d’affiches d’autres groupes. L'une d'elles parodiait le groupe allemand Kraftwerk. Le costume leur allait tellement bien qu’ils l’ont repris tel quel.
- Quand est-ce qu’ils jouent près de chez moi ? Le site www.lesgoguettes.fr met à jour régulièrement le calendrier des spectacles. C’est l’adresse à surveiller pour se tenir au courant.
- Peut-on rire de tout ? Oui.

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(@Marylène Eytier)

les goguettes,en trio mais à quatre,valentin vander,aurélien merle,stan,clémence monnier,interview,mandor,globalement d'accordInterview :

Le groupe à 7 ans, mais vous avez explosé il y a 3 ans.

Valentin : Oui, quand on commencé à jouer dans les théâtres parisiens. A la base, on jouait dans les restos et les cafés. A partir du moment où l’on s’est mis à jouer au Théâtre Essaïon à Paris chaque semaine, le bouche à oreille a fonctionné. On a fini par jouer dans de plus grandes salles, comme le Théâtre Trévise. C’était plus facile pour les gens de venir nous voir quand ils entendaient parler de nous.

Sur l'air de "Elle est d'ailleurs" de Pierre Bachelet. Enregistré en public au Théâtre André Malraux à Rueil-Malmaison le 18 octobre 2018. Avec Valentin Vander au chant et Clémence Monnier au piano.

Le Limonaire a été un endroit important dans votre carrière.

Valentin : Oui, on se retrouvait souvent dans ce cadre pour des scènes ouvertes le lundi soir.

Stan : Désormais, cela se passe à la péniche El Alamein. Nous continuons d’ailleurs à nous y rendre régulièrement.

Valentin : Nous y allons parce que c’est un extraordinaire terrain de création. On peut tester de nouvelles chansons devant un public bienveillant et dans une bonne ambiance. Ça nous maintient dans une espèce d’émulation.

Sur l'air de "Les mots bleus" de Christophe. Enregistré en public au Café de la Danse à Paris le 4 avril 2019.
Avec Aurélien Merle au chant, Clémence Monnier au piano, Valentin Vander dans le rôle du jeune et Stan dans le rôle de la vieille.

Il faut préciser que tout le monde peut venir et participer. Pas besoin d’être professionnel.

Clémence : Il y en a qui ne savent pas chanter et ce n’est pas un problème. Il y a même très peu de professionnels. Ce sont des gens qui viennent pousser un coup de gueule sur un sujet d’actualité avec ce mode d’expression.

Valentin : « La goguette des énervés » a commencé en 2004 au Limonaire et ça se poursuit aujourd’hui. Ca draine beaucoup de jeunes.

Stan : Ca existait déjà dans les années 90, mais pas sous ce nom. C’est le musicien Christian Paccoud et le linguiste Claude Duneton qui étaient à l’origine du premier retour des goguettes (qui existaient déjà au 19e siècle). Au départ, c’était un public et des participants assez âgés, plutôt politisés. On peut dire que c’était des militants de gauche. Maintenant, c’est plus jeune et moins politisé.

Sur l'air de "Quand on arrive en ville" par Daniel Balavoine. Enregistré en public à l'Alhambra à Paris le 9 octobre 2019. Avec Clémence Monnier au chant et au piano.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé aux goguettes ?

Aurélien : Je faisais de la chanson, mais pas drôle. Je suis quelqu’un d’assez politisé par ailleurs. A la base, je n’aime pas les chansons engagées, mais l’humour permet de faire passer des messages sans donner de leçons. Au début, quand j’allais voir « La goguette des énervés », je ne chantais pas, je me contentais d'observer. J’ai mis 6 mois avant d’oser écrire ma première goguette. C’est vraiment un exercice de style.

Stan : Comme Aurélien, les chansons engagées m’ont toujours saoulé, mais j’écrivais des textes humoristiques depuis longtemps. J’ai mis beaucoup de temps à faire des goguettes, parce que je n’étais pas chanteur, mais je m’y suis mis parce que je trouvais bien de plaquer des textes drôles sur des musiques existantes. Ma première, c’était en 1993 à la Folie en Tête, sur l’air de « Tel qu’il est, il me plait » de Fréhel. Je me suis planté cinq fois, bref, ce n’était pas une parfaite réussite.

Clémence : Je suis musicienne classique, j’ai fait le Conservatoire, une thèse de musicologie, ce qui ne m’a pas empêché d’aimer la chanson depuis toute petite. Un soir, je suis arrivée au Limonaire avec des copines qui m’avaient incité à venir. J’ai immédiatement trouvé ça génial. J’ai commencé les goguettes en accompagnant au piano. J’aimais le côté immédiat et vivant de l’exercice par rapport à ce que je faisais par ailleurs. Au départ, je ne chantais pas, c’est venu petit à petit. C’est d’ailleurs pour cela que l’on a appelé notre groupe Les Goguettes (en trio mais à quatre). Au début, seuls les trois garçons chantaient. Moi, je m’y suis mise bien après.

Valentin : J’aime les goguettes parce que ça relie l’humour et la chanson. C’est une combinaison idéale. Au Limonaire et désormais à la Péniche El Alamein, j’ai trouvé des amis, une sorte de famille même. Je venais d’arriver à Paris, je me suis senti bien avec ces gens et cet art... ça a défini ma vie d’une manière assez entière. Même si, aujourd'hui, c’est moins fondamental parce que j’ai d’autres activités musicales et d’autres connaissances…

Aurélien : Puisque nous étions d’une autre génération, nous sommes arrivés avec d’autres références en termes d’humour, peut-être un peu plus absurdes. On ne traitait pas les sujets de la même façon. Nous avions un autre regard sur la politique, moins binaire il me semble.

Valentin : On a rajeuni aussi la musique. On chantait sur des chansons des années 70 et 80… nous avions mis de côté Fréhel et Damia.

Aurélien : On utilise les tubes qui parlent à tout le monde. Dans notre spectacle actuel, nous sommes très années 80, même s’il n’y a pas que cette période, elle est bien représentée.

Sur l'air de "Les Histoire d'A." des Rita Mitsouko. Enregistré en public au Café de la Danse à Paris le 4 avril 2019. Avec Valentin Vander à la guitare et au chant, Aurélien Merle au chant, Clémence Monnier aux claviers et au chant, Stan à la batterie et aux chœurs.

les goguettes,en trio mais à quatre,valentin vander,aurélien merle,stan,clémence monnier,interview,mandor,globalement d'accordJe vous ai vu à l’Alhambra, j’étais mort de rire du début à la fin. Une goguette doit-elle être toujours drôle ?

Aurélien : Non. Nous, on a choisi cet axe, drôle et caustique, parce que c’est ce que l’on préfère.

Stan : Encore une fois, si on n’est pas drôle, je trouve qu’on est dans le message.

Clémence : Non, regarde ce que fait Patrice Mercier (qui excelle dans l’art des goguettes et mandorisé là). Il n’est pas toujours drôle, mais il ne fait pas la leçon. Ses goguettes sont sociétalement impliqués. Il est toujours très fin dans ce qu’il chante.

Aurélien : Nous sommes tellement dans l’ironie que parfois on nous dit qu’on ne sait pas ce que l’on pense du sujet évoqué. Avec Patrice, on est moins dans l’équivoque.

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Pendant l'interview...

Votre spectacle drôle, moderne et rafraichissant est mis en scène par Yéshé Henneguelle. Vous avezles goguettes,en trio mais à quatre,valentin vander,aurélien merle,stan,clémence monnier,interview,mandor,globalement d'accord ressenti le besoin d’avoir un metteur en scène ?

Aurélien : C’était une évolution logique. C’est arrivé petit à petit.

Clémence : La première fois que Yéshé nous a vus sur scène, il a trouvé ça très intéressant, mais il savait que notre jeu de scène était perfectible, c’est le moins que l’on puisse dire. Ça marchait déjà très bien avec le public sans aucune mise en scène, mais il estimait qu’il y avait encore plein de choses à faire pour parfaire un spectacle.

Valentin : Pendant longtemps, les goguettes, c’était un truc à côté de nos vies. Le but n’était pas que ça marche nécessairement plus. Et puis, quand on a commencé à se professionnaliser, on s’est mis de la pression et on a joué le jeu à fond.

Que faut-il pour faire une bonne goguette ?

Valentin : Un angle et un support parodique percutants.

Aurélien : Il faut ce qu’on appelle « l’effet goguette », c'est à dire un détournement absurde, un double sens avec un à peu près par rapport à une phrase de la chanson d’origine.

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De gauche à droite: Stan, Valentin Vander, Clémence Monnier et Aurélien Merle devant La Cigale, le 28 novembre 2019, après l'interview.

Vous allez vous produire à La Cigale le 7 avril 2020.

Aurélien : Oui, on est hyper contents. Il y aura d’ici là, évidemment, plein de nouvelles chansons.

Clémence : C’est ça qui est intéressant. On ne fait pas un spectacle figé. On suit pas mal l’actualité et il y a beaucoup à dire…

Dernière question pour Aurélien et Valentin. Vous avez tous les deux vos carrières respectives de chanteurs en solo. Est-ce que les goguettes influences vos propres répertoires ?  

Valentin : Les goguettes me permettent de faire l’économie du drôle dans mon répertoire. Ma case drôle est déjà bien remplie, mais il n’y a que là où je suis humoriste. Avec les goguettes, j’ai un terrain de jeu dans lequel je peux me lâcher complètement. Pour mes propres chansons, je n’ai plus envie de faire rire. Disons que ça ne me vient plus.

Aurélien : Moi, ça fait quatre ans que je n’ai pas fait de chansons pour mon répertoire personnel. Je vais bien voir ce qu’il va sortir, mais effectivement, j’ai l’impression qu’il y aura un avant et un après. On peut faire des chansons très autarciques en se faisant plaisir, mais avec les goguettes, j’ai pris conscience qu'il fallait penser aussi à la réception du public.

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Après l'interview, le 28 novembre 2019.

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Bonus :

Quelques prestations pour RTL:

Extrait de l'émission "À la bonne heure" de Stéphane Bern, du vendredi 10 février 2017. Sur l'air de "Femme libérée" de Cookie Dingler.

Extrait de l'émission "À la bonne heure" de Stéphane Bern, du jeudi 9 novembre 2017. Sur l'air de "Allo maman bobo" d'Alain Souchon.

Extrait de l'émission "Les grosses têtes" de Laurent Ruquier, du 26 février 2018. Sur l'air de "Ella, elle l'a" de France Gall.

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Les Goguettes avec Jeanfi Janssens, Laurent Ruquier et Dany Boon. 

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