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09 décembre 2019

Louis Ville : interview pour Eponyme

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(@Quévin Noguès)

louis ville,eponyme,interview,mandor,balandras éditionsJe peux le dire avec certitude, Louis Ville est l’un des meilleurs songwriter français. Il totalise 20 ans de carrière impeccable, mais reste mésestimé. Pourquoi ? Mystère. Vraiment, grand mystère.

Dans ce nouvel album, Eponyme, il poursuit sa quête, celle de comprendre l'Humain à travers ses parts d'ombres et de lumières. Pour ceux qui ne connaissent pas Louis Ville, découvrez le en lisant les trois mandorisations que je lui ai consacrées. La première en 2012 pour la sortie de la nouvelle édition de Cinémas, Deluxe Édition, la deuxième en 2017 pour son précédent album Le bal des fous (J’y évoque notamment son passé artistique et son rapport à la musique et aux textes…) et enfin la troisième en 2019 pour son EP, Et puis demain (à lire aussi car j’y aborde quelques chansons qui figurent sur Eponyme.)

Le 7 novembre dernier, c'est dans une brasserie de la Gare de l'Est que nous nous sommes posés pour une nouvelle conversation.

Son site officiel.

Sa page Facebook officielle.

Pour écouter ce nouvel album.

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louis ville,eponyme,interview,mandor,balandras éditionsInterview :

Ton éditeur, Laurent Balandras, m’as dit qu’il te considérait comme le Tom Waits français. Tu es d’accord ?

Je ne fais pas du pur blues, c’est un peu de la pop.

Ah bon ? La dominante est pourtant assez blues chez toi.

Dans pop, j’entends « populaire ». Ma musique n’est pas élitiste. Elle est abordable à tous.

Il y a eu une période comme ça, quand même, non ?

C’était plus au niveau des textes. Je n’avais pas trouvé le langage simplifié dont j’avais envie. Ou alors peut-être que je voulais faire trop à la manière de. En fait, tu ne connais jamais ton cheminement intellectuel quand tu écris tes textes. Par contre, ce qui m’est apparu évident depuis deux albums, c’est qu’il fallait que je simplifie au maximum le discours et que j’essaie de trouver les images les plus fortes pour qu’elles parlent à tout le monde. Je ne veux plus de sectarisme du langage dans mes chansons.

Oui, tu fais bien parce que sinon, on s’adresse à un public parfois un peu sectaire.

Ceux qui sont très amoureux et pointilleux de la langue sont souvent déconnectés de tas d’autres langages, qui sont pourtant en français. J’adore les mots, j’adore la langue, mais je ne fais pas partie de ce genre de personnes qui ont une opinion intellectuelle tranchée. Si on est trop sectaire, on se coupe de nouvelles formes d’expression d’aujourd’hui.

Tu veux décloisonner la chanson ?

Je n’ai jamais voulu la cloisonner en tout cas. Quand je me suis vu rentrer dans un cloisonnement, je me suis très vite repris parce que ce n’est pas moi. Je n’ai jamais supporté la moindre forme de sectarisme.

Extrait du nouvel album "EPONYME" (Balandras Editions). Sur une idée d'Yvanna Zoia.
Chorégraphe, danseur : Eliot Joecool. Avec Margot Barnaud, la fille du train. Images : Pierre Goupillon. Réalisation : Pierre et Eliot Goupillon. Merci PANDRAVOX pour les images volées.

Est-ce que ce disque est celui qui est le plus ouvert depuis tes débuts ?

Comme je viens de te le dire, il est plus abordable, parce que j’ai simplifié le discours au maximum.

Dans tes chansons, tu t’es toujours glissé dans la peau de personnages. Moins dans Eponyme.

Disons qu’il y a trois chansons où c’est vraiment moi. Quand je déclare mon admiration/amour pour une certaine personne, dans « Qu’est-ce qu’elle me trouve ? » et la chanson pour mon père, « Et l’étoile »… mais j’essaie de ne pas me placer tout le temps au centre de l’histoire. L’histoire, je la veux universelle.

C’est un album dans lequel tu dis beaucoup de choses. Est-ce que tu te demandes ce que tu vas bien pouvoir raconter la prochaine fois ?

Non, parce que dans cet album, je n’ai pas pu tout mettre. Dans ma tête, il se passe plein de choses et il va falloir que je les couche bientôt.

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Tu viens d’avoir un article dans Télérama et trois clés. Enfin !

C’est bien. Ça me permet une visibilité et de travailler plus facilement. Je suis reconnaissant envers Valérie Lehoux, pour cela. Peut-être qu’un jour, je te recevrai dans une Cadillac (rires).

Avant de te connaître, j’avais l’impression que tu étais quelqu’un de sombre et ténébreux, alors que dans la vie, tu es quelqu’un de solaire, comme en témoigne la pochette de ton nouveau disque.

Beaucoup de gens croient que je passe mes nuits à picoler du Whisky (rire). Personnellement, quand je rencontre des gens qui ont des univers hyper sombres, je constate que ce sont des gens hyper déconneurs et joyeux. Ça s’explique. Ils se débarrassent de tous leurs démons dans leurs supports, romans ou chansons. Et inversement, les gens drôles sur scène ne le sont pas forcément dans la vie. Chacun sa thérapie.

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Louis Ville sur scène...

Ecrire vaut un psy?

Ça vaut 1000 psys, d’une part d’écrire et d’autre part de monter sur scène.

Tu m’as toujours dit que tu avais une vie banale et que tu étais heureux depuis quelques années. Comment trouves-tu tes thèmes de chansons alors ?

L’humain et la bêtise humaine sont autour de moi. Je n’ai pas besoin de vivre des choses dramatiques pour les voir et pour être dans une forme d’empathie afin d’en parler.

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Pendant l'interview...

Tu aimes ce nouveau disque ?

Sur 8 albums, c’est le 3e disque que je commence à apprécier, après Cinémas et Le bal des fous.

As-tu l’impression de progresser ?

Non. Je ne sais pas ce que ça veut dire progresser. Il me semble que j’avance et que j’évolue.

Bonne nouvelle ! Tu sors une intégrale de ton œuvre.

Mon éditeur, Laurent Balandras veut sortir une intégrale de mes disques, en effet. On va y ajouter un disque live inédit. On rentre en résidence pour répéter les 26, 27 et 28 janvier 2020 à la Souris Verte avec un nouveau musicien qui nous rejoint, le contrebassiste, bassiste, Benjamin Cahen (frère de Laura Cahen). On enregistrera ensuite ce fameux live en partenariat avec La Souris Verte, Balandras éditions et le département des Vosges. L’intégrale devrait sortir fin 2021.

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Après l'interview, le 7 novembre 2019.

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Pub dans FrancoFans (avec le petit mot de Mandor…)

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