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24 novembre 2019

Marlène Rodriguez : interview pour Histoire de C

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(@Sally)

marlène rodriguez,histoire de c,interview,mandorAuteure, compositrice et interprète, Marlène Rodriguez vient de sortir son premier album Histoire de C (disponible depuis le 25 octobre). « Un album naturel, non prémédité, non formaté, non « ciblé » pour un public ou un autre, dont le ton, la diversité se sont imposés d’eux-mêmes, au fur et à mesure, une suite d’évidences, une harmonie. » explique l’argumentaire de presse. Un très bel album de variété, au sens propre du terme et dans le sens qu’il est très varié. Il pourrait même devenir populaire.

Son site officiel.

Sa page Facebook.

Sa page Instagram.

Et pour écouter son premier disque, Histoire de C, c’est ici.

Le 5 novembre dernier, j’ai rencontré cette nouvelle artiste dans les bureaux de Music Media Consulting (qui s’occupe de sa promotion).

Argumentaire de presse :marlène rodriguez,histoire de c,interview,mandor

Depuis toujours elle avait chanté, voulu chanter avant tout, mais plutôt ses chansons que celles des autres … et ce n'était pas venu.

Et tout d'un coup, en juin 2016, le besoin s’est imposé, presqu’inexplicable: une soudaine envolée magique de textes et de mélodies est sortie d’elle, dix, bientôt quinze chansons en quelques semaines, un signal fort.
Pas question d’en faire abstraction, comme si elles n'existaient pas, n'avaient aucun sens, aucune raison d’être. Le moment, son moment, était venu, elle le savait.

Peu après, le hasard (en l’occurrence le tennis), la providence mettent sur sa route un complice expérimenté, JP Domboy (conseiller en communication, agent artistique et musicien) qui est immédiatement séduit par le projet ; il contacte et convainc facilement ses amis musiciens/réalisateurs/arrangeurs Celmar Engel et JJ Cramier de se joindre à l’aventure. La décision est prise d’enregistrer sans tarder quelques titres, en auto-production histoire d’avancer vite et de maîtriser, rester libre.

Été/automne 2017: journées en studio pour enregistrer les trois premiers titres (« Comment », « L’Arrêté » et « La Septième »). Dans la foulée est réalisé un premier clip sur sa chanson « Comment »… Un premier show-case au Réservoir, à Paris, le 11 juin 2018; excitant et si convaincant que Marlène prend la décision d’enregistrer sept autres chansons pour constituer son premier album. 

marlène rodriguez,histoire de c,interview,mandorLe disque :

Les textes traitent presque tous d’histoires de Cœur, des relations amoureuses, de couple, si complexes, différentes, belles ou difficiles: abandon, fusion, séparation, amour fou ou foutu, parfois unilatéral, la désinvolture masculine, le plaisir du partage, l’espoir du retour, la fameuse et cruciale septième année du couple (habilement entremêlée ici à la septième note de la gamme de do, le Si). Elle évoque aussi les gens qui ont choisi de ne plus continuer à vivre.

Une dizaine de titres multicolores (rock, blues, zouk, rumba, valse, reggae, ballade,…) sur ses textes très personnels, soignés et marqués d’un vrai style, la participation de musiciennes/ciens rares et formidables : guitaristes, claviers, cuivres, choristes, bassistes, violoncelliste, percussionniste, accordéoniste, musiciens / ingésons / réalisateurs comme Fred Jaillard ou Sergio Tomassi... qui ont travaillé avec Jean-Jacques Goldman, Barbara, Thomas Dutronc, Carla Bruni, Charles Aznavour, Kassav, Michel Berger, Richard Gotainer

Le 31 décembre 2018 Marlène Rodriguez a mis officiellement un terme à son activité dans la finance pour enfin réaliser, sans filet, pleinement son rêve, sa certitude de toujours: être une chanteuse auteure/compositrice à 100%.

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(@Sally)

marlène rodriguez,histoire de c,interview,mandorInterview :

Tu viens de la finance internationale où tu occupais des postes à responsabilité entre Londres et Paris.

Si la musique ne m’était pas tombée dessus, j’avais une carrière toute tracée. Je suis restée dans ce milieu une dizaine d’années et puis j’ai tout arrêté pour la musique.

Revenons en arrière. Dans ta jeunesse, tu as fait de la danse classique, de la chorale, du chant classique, de la flûte traversière au conservatoire de ta ville (Clamart, 92)… Toi et la musique, ce n’est donc pas une rencontre subite ?

Pas d u tout. A un moment, à la suite de toutes ces études de musique au Conservatoire, s’est posée la question de me professionnaliser ou pas. J’ai rencontré des gens formidables qui m’ont donné le goût de l’effort et du travail. Ma prof de flûte, par exemple, a été quelqu’un de fondamental dans ma vie. Elle m’a construite avec cette phrase : « La vitesse se travaille lentement. » Dans n’importe quel domaine, on a envie de réussir vite, alors que c’est en prenant son temps, en ayant de la patience, de l’écoute et du travail que les choses arrivent.

Tes parents ont été derrière toi pour faire de la musique ?

Oui. Ma maman était particulièrement assidue. Elle répétait beaucoup avec moi. C’était drôle parce que quand je répétais la flute, alors qu’elle ne lisait pas le solfège, elle repérait tout de même les erreurs que je pouvais faire dans une partition. Elle me faisait reprendre, reprendre, jusqu’à ce que l’erreur s’efface. Elle avait l’oreille musicale ou alors, à force d’écouter mes répétitions, elle savait que je ne faisais pas la même chose que précédemment.

J’ai bien compris que tu as eu une maman et des professeurs qui t’ont donné le goût de l’effort, mais aimais-tu les examens de Conservatoire pour passer d’une classe à l’autre?

J’en ai passé pour la danse, pour la flute et plus tard pour le chant. Il fallait « prouver » qu’on était assez bon pour être accepté au niveau supérieur. Je ressentais du stress parce qu’il y avait un enjeu social. En tout cas, curieusement, ça m’a donné ce goût d’être exposée.

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(@Sally)

Un beau jour de 2016, tout ce que tu as gardé en toi pendant des années est sorti soudainement. Onmarlène rodriguez,histoire de c,interview,mandor peut expliquer l’écriture de tes premières chansons ainsi ?

C’était une gestation. Quelque chose d’écrit dans l’ADN. Pendant deux ans, entre 2016 et 2018, j’ai beaucoup été dans l’écriture et la composition. C’était surprenant pour moi parce que, quand vous avez attendu quelque chose toute la vie et que vous avez la conviction absolue que ça va arriver, le jour où ça arrive, on a du mal à réaliser. J’ai conscience de la chance incroyable que cette conviction se soit réalisée.

C’était de l’écriture automatique ?

Oui. C’est comme si mon cerveau se mettait sur off pour laisser la place à la création. J’utilisais le logiciel Evernote sur mon téléphone. J’écrivais les paroles et j’enregistrais ma voix presque en même temps que les paroles sortaient. Quand je rentrais le soir chez moi, j’écrivais, je maquettais sur mon piano et je chantais avec mon micro. J’extrayais ça en MP3 et j’écoutais sans savoir si c’était bien où pas. Mais au fond, c’est comme tout dans la vie. Est-ce que l’on se trompe vraiment en étant dans l’action ? Surtout quand l’action est menée par quelque chose qui est plus fort que vous.

Tu as compris tes textes immédiatement ?

Tu as raison de me poser cette question. Je n’ai pas toujours tout compris. En tout cas, beaucoup de choses étaient obscures pour moi, et parfois même, elles le sont restées. Il y a une inconscience profonde dans la conception de ces titres. En tout cas, j’ai remarqué que quand je chantais ces chansons, cela provoquait un défoulement d’émotions à l’intérieur de moi.

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(@Sally)

Pendant ces deux années, entre 2016 et 2018, tu menais de front ton activité dans la finance internationale et ta création artistique. Est-ce que l’on continue à bien faire son boulot rémunérateur principal ?

Tu mets le doigt sur le point qui m’a préoccupé très vite. En mai 2018, j’ai annoncé à mes équipes que je ne pouvais plus faire les deux. Je leur ai dit que j’étais prête à sauter dans l’océan. Ils m’ont répondu très gentiment qu’ils allaient voir comment ils allaient aménager mon temps pour que je puisse faire les deux. Il y avait vraiment de la bienveillance dans cette démarche. Ils étaient très soutenants dans ce projet. Mais, à cette époque, ils ne savaient pas que cela faisait déjà deux ans que je menais ceux deux vies en même temps. En règle générale, j’ai du mal à faire les choses à moitié, je suis plutôt du genre à les faire à 300%. Là, je sentais que je pouvais devenir un peu moins bonne et moins énergique dans la finance. Je l’ai quitté 6 mois plus tard, le temps de trouver quelqu’un pour me remplacer.

marlène rodriguez,histoire de c,interview,mandorTa rencontre avec Jean-Pierre Domboy (photo de gauche) est importante dans ton histoire musicale, puisque c’est lui qui a fait la direction artistique de ton disque.

Mon papa et lui sont dans le même club de tennis. Un soir, il voit Jean-Pierre avec Véronique Sanson dans une émission. Quelques semaines après, c’est-à-dire six mois après que j’ai commencée à écrire, ils se voient au club. Papa lui demande ce qu’il faisait dans la vie avant. Il lui explique ensuite que sa fille écrit des chansons et qu’elle a attendu ça depuis toujours. Jean-Pierre lui répond que se lancer dans la musique est hyper compliqué. Il n’était pas du tout dans l’objectif de remettre un pied dans la musique, mais il demande à mon père que je lui envoie mes maquettes. Au moins, il me dira vraiment ce qu’il en pense. Je lui ai envoyé une dizaine de chansons. Nous nous sommes rencontrés en mars 2017 et tout s’est enchainé parce qu’il a aimé. Aujourd’hui, à cause de moi, il a de nouveau les deux pieds dans ce milieu-là (rires).

Tu viens de parler de Véronique Sanson. Je crois savoir que c’est une chanteuse que tu aimes marlène rodriguez,histoire de c,interview,mandorbeaucoup.

C’est quelqu’un que j’ai toujours beaucoup écouté. J’étais présente lors de son 70e anniversaire qu’elle a fêté au Palais des Sports. Jean-Pierre a pu avoir des places et nous l’avons rencontré à l’issue du concert (voir photo à droite). Quand elle parle ou quand elle chante, je me sens concernée par ce qu’elle raconte. Il y a beaucoup d’artistes que j’apprécie, mais elle, c’est différent. J’ai l’impression de vivre les choses avec elle. Cette sensibilité qu’elle arrive à partager, ça m’a toujours beaucoup touché.

Qu’est-ce qui fait qu’à 15 ans, on envoie des lettres à Jean-Jacques Goldman (ma relation avec lui expliquée ici) ?

C’est à cause de sa tournée « Chansons pour les pieds ». Je l’ai vu une première fois au Zénith de Paris. J’ai tellement été emportée par son spectacle, j’ai senti une telle communion avec les gens, que j’ai voulu y retourner. Deux jours après, c’est ce que j’ai fait. J’ai ressenti le besoin de lui écrire. Je ne me souviens plus de ce que je lui ai raconté, mais ça faisait six pages. Un an plus tard, chez mes parents, je reçois une petite lettre qui venait de Chamonix. Il me conseillait de poursuivre mes études, de trouver un groupe, de commencer à chanter dans les mariages ou dans quelques fêtes de la musique. Il m’a dit que le chemin était long, mais merveilleux. C’est fou, Goldman répond toujours à ceux qui lui écrivent.

Clip de "Comment". 

marlène rodriguez,histoire de c,interview,mandorRevenons à ton album. Musicalement, aucune chanson ne ressemble à une autre.

Les idées qui ont été mises en place sont venues très naturellement. On ne s’est pas dit « on va faire différent ». L’inspiration a été très variée, donc les chansons le sont aussi. C’est un album multicolore qu’on ne peut pas mettre dans une case. Enfin, si. Je pense qu’on peut quand même le mettre dans la case chanson française, pop à textes.

Tu chantes l’amour, mais qui ne finit pas toujours bien. Parfois tu utilises des mots en rapport avec la musique. Par exemple dans « L’arrêté », tu chantes : Sur une portée en quelques lignes, et en deux temps, trois mesures, ont résonné fortissimo de longs silences.

C’est exact. Il y a des parallèles qui se sont faites de manière extrêmement inconsciente. J’ai eu une formation musicale qui a duré très longtemps, de 5 ans à 18 ans, il y a donc des chansons dans lesquelles se retrouvent des mots qui ont rapport avec la technique musicale. C’est bizarre quand la technicité se met au service de l’émotion, sans qu’on y pense plus.

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Pendant l'interview...

Tes musiciens sont des grands. J’imagine que tu mesures ta chance de les avoir eus. marlène rodriguez,histoire de c,interview,mandor

Ce sont de grands musiciens, je le sais, mais ce sont surtout des personnes qui ont une sensibilité incroyable. Ils ont mis leur talent au service de la mienne et de mes chansons. On ne se connaissait pas, mais en studio, il y a quelque chose qui s’est passé entre nous. Devant eux, j’ai donné ce que je suis. J’ai été complètement transparente, je n’ai pas essayé d’être quelqu’un d’autre. Ils ont apprécié, je crois.

Le titre de l’album s’appelle Histoires de C. Tu joues un peu sur l’ambiguïté là. 

La limite est fine sur le C (rires). Au milieu de tous ses titres, il y a une phrase que j’ai écrite qui était : « Parce que tout commence souvent par une histoire de cœur ». Cette phrase est très représentative de ma vie. Mes rencontres dans ma vie amoureuse ou professionnelle ont été conduites par le cœur. C’est comme cela que je suis mon chemin. Je m’étais toujours dit que si je sortais un album un jour, je l’appellerai Histoire de C.

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Après l'interview, le 5 novembre 2019.

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