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17 juillet 2019

Les Francofolies de La Rochelle (10): Interview Flavien Berger

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francofolies de la rochelle,flavien berger,interview,mandor« Flavien Berger surprend et interpelle pour finalement nous charmer. En jouant avec les mots pour créer des histoires d’amour, en testant des sons tourbillonnants, le compositeur autodidacte s’est fait rapidement un nom en apportant un vent de fraicheur à la scène française. Flavien Berger, membre du Collectif sin~ travaillant sur l’expérimentation, a toujours été intéressé par le bidouillage de machines pour en sortir des sons. Sur ce point, c’est assez difficile de définir son style : Il va au-delà, mélangeant francofolies de la rochelle,flavien berger,interview,mandorhabilement les passages effrénés et les longues plages de synthétiseurs. Écouter toutes ses sorties ou le voir jouer sur scène confirme son génie à emmener le public dans une expérience émotionnelle profonde, pleine d’imagination.
Il a joué le 14 juillet prochain sur la scène du Théâtre Verdière. Dans la journée, il est passé à la salle de presse pour me parler de ce concert et de son nouvel album (près d’un an après Contre-Temps, sorti l’année passée), Radio contre-temps, une collection de morceaux issus du processus de création de l’album précédent.

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francofolies de la rochelle,flavien berger,interview,mandorInterview :

C’est important pour toi ce premier FrancoFolies ?

Je vais te paraître ingrat, mais aucun festival ne me fascine, parce que ce n’est pas du tout ma culture. Avec les Francos, je n’ai pas un rapport très sacré. Après, je découvre ce monde et ce milieu et ça me plait beaucoup parce qu’en effet, quand j’arrive et que je vois des photos de concerts qui ont eu lieu depuis plus de 20 ans, je me dis qu’il s’est passé des choses. De plus, on est fort bien reçus.

Les photos des personnes « mythiques » t’impressionnent?

« Mythiques »… il faut faire attention avec ce terme. Pour moi, aucun homme n’est sacré et

personne ne m’impressionne.

Quand as-tu commencé à faire de la musique ?

Peut-être à partir du moment où j’ai commencé à l’écouter. Et puis, il y a un jour ou ça se développe, ou on se met à produire et à enregistrer. Mon système d’annotation n’était pas par la portée, parce que je ne connais pas le solfège, il a été par le data, la mémoire… j’ai découvert la composition musicale sur ma Playstation 2.

Le fait de ne pas connaître le solfège permet d’aller là où ne vont pas les autres ?

Je ne sais pas. Connaître la musique permet aussi d’aller dans des territoires encore plus précis.

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Quand tu es à pparu en 2015 avec ton premier album Léviathan, tu es devenu francofolies de la rochelle,flavien berger,interview,mandorimmédiatement l’artiste du moment, un peu à part.

Je m’en foutais un peu. J’étais ravi des retours que l’on me faisait et des mises en avant que j’avais dans certains médias, mais la case de celui qui monte, c’est une case… et les cases me font peur parce qu’une fois qu’on y est, on ne peut qu’en sortir. Je me protège beaucoup d’une possible descente après une ascension. Je crois beaucoup à la racine Huzohide et à l’oscillation. On ne peut pas être dans une croissance et une progression constante. Une carrière, c’est du travail, de la patience, mais je n’ai pas d’attente sur ce métier. Ce n’était d’ailleurs pas un métier que je voulais faire et je ne le ferai certainement pas toute ma vie.

J’ai l’impression que tu as un sérieux détachement sur le milieu musical…

Pour moi, la musique sert plus à rencontrer des gens, à avoir des expériences. Je fais de la musique seul, pour ensuite travailler à plusieurs, que ce soit sur le live et sur la finition de l’album. Ce qui m’arrive, je n’en suis pas détaché, contrairement à ce que tu penses. C’est gratifiant, mais je ne suis pas dans un storytelling de l’artiste qui mène son petit bout de chemin, guitare au dos. Je m’intéresse juste à la création en soi.

francofolies de la rochelle,flavien berger,interview,mandorJe suppose que tu n’aimes pas trop les interviews.

Si, j’aime bien. J’ai un côté narcissique qui aime bien parler de moi et de mon travail. Je fais juste attention à ne pas mettre mon image en avant. Ça me fait plaisir de parler à des gens qui en ont fait la demande, comme toi. Je ne vois pas pourquoi je refuserais.

Tu viens de sortir un nouvel album, Radio Contre-Temps qui est le pendant du précédent, Contre-Temps.

C’est un disque corollaire à l’album précédent en effet. J’avais une folle envie de sortir un disque en deux semaines. Avec mon label, c’est ce que nous avons fait. Radio Contre-Temps est un disque commenté qui s’adresse à celui qui l’écoute.

Expliquer un disque, ce n’est pas démythifié le truc ?francofolies de la rochelle,flavien berger,interview,mandor

J’explique ce que j’aurais aimé qu’il y ait, mais qu’il n’y a pas. J’explique ce que j’aurais aimé faire, mais que je n’ai pas fait. Après, je suis d’accord avec toi, le mystère est hyper important. C’est primordial de ne pas tout donner, de ne pas tout expliquer, de ne pas tout montrer.

On ne peut pas dire que l’on te voit beaucoup dans les médias. On ne sait rien de toi, de ta vie…

Ma vie n’est pas très intéressante. Ce n’est d’ailleurs pas ce que je fais de mieux. Je préfère que l’on creuse les discutions artistiques et culturelles et plus largement politiques.

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francofolies de la rochelle,flavien berger,interview,mandorAux Francos, vous êtes combien sur scène ?

Nous sommes 5… mais je suis le seul humain. Je suis entouré de fantômes. Si tu viens au concert, tu auras l’occasion de les voir tourner. Ce sont des présences que j’ai toujours eu dans la tête, mais qui sont matérialisées aujourd’hui. Je suis le seul à faire de la musique, ils se contentent de tourner et de danser.

Tu as un monde imaginaire intense en toi ?

Oui, et que j’ai l’intention de matérialiser un jour dans l’espace physique. La musique c’est physique. Ce sont des ondes qui percent l’air et qui font bouger les molécules. La musique, c’est de la communication à travers de la matière.

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Après l'interview, le 14 juillet 2019.

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Les Francofolies de La Rochelle (9) : Interview Canine

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francofolies de la rochelle,canine,interview,mandor« Elle chante en français, elle chante en anglais, elle chante surtout une langue étrange, personnelle, d'une voix déterminée et languide : on se demande parfois si Canine est homme, est femme. Le chant de Canine est grave, car on ne peut pas tricher avec la soul qu'elle détourne vers une version très personnelle du genre, qui doit autant au R&B de pointe qu'au vintage Phantom Of The Paradise. La voix de Canine ne fut pourtant pas toujours si grave : dans son adolescence passée entre Nice et Paris, elle coloria ainsi des chansons espiègles, aux limites de la pop et du dancefloor. C'est peu dire qu'on est mordu de Canine. Elle s’est produite au Théâtre Verdière le 13 juillet 2019 ! »

Bon, aujourd’hui, après une phase de mystère de quelques mois (sur scène et en promo, elle ne quittait jamais un imposant masque fait de plumes noires), nous savons désormais que la tête pensante du projet Canine est Magali Cotta. Et c’est à visage découvert, le sourire aux lèvres, que l’artiste pluri disciplinaire est venue, le 13 juillet 2019, dans la salle de presse pour me parler de son groupe.

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francofolies de la rochelle,canine,interview,mandorInterview :

Je sais que la musique est arrivée dans ta vie à l’âge de deux ans.

J’étais dans une école d’éveil. On enfermait pendant une heure et demie des enfants de deux ans avec une personne hyper gentille. On avait le droit de toucher tous les instruments. Ça allait des percussions au piano. Je me souviens d’un joyeux bordel. A 3 ans, j’ai continué, mais c’était encore un peu le bordel. C’est à 4 ans que j’ai commencé à apprendre à lire la musique et à travailler le piano. Je considère que j’ai appris mon métier à cet âge-là. Ça a complètement influé sur le reste de ma vie.

Très vite, tu t’es dirigée vers le jazz. D’ailleurs, on l’entend dans la musique de Canine.

Le jazz m’a appris à la fois une exigence, un travail d’harmonie assez complexe… et une grande liberté. Quand tu es dans un bon jazz, tu es dans un lâcher prise sans nul autre pareil.

Avoir une grande technique permet de sortir des cadres imposés habituellement ?

Tout à fait. C’est le cas pour moi et pour mes musiciennes, chanteuses et instrumentistes. Elles ont toutes une technique imparable. Il y en a qui viennent du jazz, mais pas uniquement. Certaines viennent de la soul, du gospel et même deux qui viennent de la comédie musicale. Elles sont toutes malléables, ouvertes et libres.

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Dans ton show, il y a plusieurs chants.

Oui, d’ailleurs, celles qui m’accompagnent sont contentes d’explorer des choses nouvelles, vocalement, pour elles.

Tu as composé toute la musique du projet. Te considères-tu comme un chef d’orchestre ?

C’est exactement ce que je suis sur les lives, mais je suis aussi metteur en son et metteur en scène. C’est presque ce qui m’intéresse le plus.

Ce projet à 5 ans. Je trouve qu’il évolue très vite.

J’ai désormais une petite équipe autour de moi composée de personnes qui me donnent confiance en moi et qui sont excités par le projet. Nous sommes tous heureux de tous travailler ensemble et de faire évoluer Canine à vitesse grand V.

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Canine aux Francofolies le 13 juillet 2019.

J’ai l’impression que tu as du recul par rapport au métier ?

Je ne cours pas derrière le succès à tout prix, en tout cas, sinon, je ferais autre chose. Je suis ravie d’être là, mais ce n’est pas une fin en soi. Je ne me pose pas trop de questions.

Tu ne te demandes pas si scéniquement tu ne vas pas trop loin ?

Non, je ne me bride jamais. Mais parfois, la production me signale que c’est trop cher (rire). Je vois toujours les choses en grand, or, les budgets ne sont pas extensibles. Je n’ai jamais de contraintes artistiques, juste des contraintes financières.

Tes spectacles sont un mélange de danses (sauvages, souvent) et d’expériences vocales.

Au niveau des corps, je voulais qu’ils se reconnectent avec des choses pas du tout cérébrales, mais plutôt animales. Les animaux est un thème qui m’est très cher, autant que notre propre animalité. Dans le chant aussi, nous sommes connectées à nos sensations et à nos corps. C’est un ensemble indissociable.

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Canine aux Francofolies le 13 juillet 2019.

As-tu la volonté de ne rien faire comme les autres ?

Pas du tout, mais c’est une bonne question que je ne me pose pas. Tu es d’ailleurs le premier à m’interroger sur ce sujet. C’est juste un projet que je veux voir, moi. Je suis dans une époque où je suis un peu frustrée avec ce qu’il se passe dans la musique actuellement. Dans la musique mainstream, je ne n’y trouve pas beaucoup mon compte. Il y a des artistes qui ont des projets admirables, mais ils sont méconnus et on n’y a pas accès facilement.

Comme il n’y a que des femmes dans Canine, que tu évoques les femmes de manière non caricaturales, on dit que c’est un projet féministe. Qu’en penses-tu ?

Je voulais montrer un féminin qui a différentes facettes et qui ne soit pas dans les stéréotypes : la vierge, la pute, la maman… En live ou dans les vidéos, je veux mettre en avant des femmes qui peuvent être violentes, douces, agressives, bêtes, intelligentes. Un féminin qui regorge de choses beaucoup plus complexes et intéressantes. Je n’aime pas les sentiers balisés.

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Au début de Canine, tu ne dévoilais pas ton visage et tu ne répondais pas aux sollicitations des journalistes.

Quand j’ai monté ce projet, je souhaitais que l’on s’intéresse aux valeurs que je voulais défendre et je sentais que si je me mettais en avant, j’allais être dans un truc personnel et marketé. Pour être très franche, j’étais aussi très timide. Maintenant, je le suis moins et je suis ravie de rendre ce projet lisible parce que j’ai envie qu’il parle au plus grand nombre.

Ce n’est pas dommage d’expliquer un projet ?

Je donne juste des pistes de compréhension. Je parle des sens qui passent par les voix, la musique, mais aussi par le corps. Je ne rentre pas trop dans les détails.

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Quelles sont les valeurs que tu souhaites véhiculer ?

Le féminisme, le combat pour les animaux et la justice sociale et personnelle. La nature aussi, la mer, la montagne, la forêt.... La nature est pour moi un grand refuge et elle est présente dans quasiment tous mes morceaux.

La musique est un combat ?

La musique est un combat politique. Elle permet de revenir à des choses qui semblent inutiles, sans valeurs marchandes, comme le beau, la poésie et les choses gratuites. J’ai l’impression que si on parvient à faire de l’art pour le collectif, on fait un pas en avant.

Est-ce que Magali Cotta et Canine ?

Canine, c’est beaucoup moi puisque c’est mon projet. C’est plus que moi. C’est plus gros que moi… après j’espère que ce n’est pas que moi.

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Avec Magali Cotta "Canine", le 13 juillet 2019, pendant l'interview.

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16 juillet 2019

Les Francofolies de La Rochelle 2019 (8) : interview Ramo

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(c) Jeronimo Acero

francofolies de la rochelle,interview,ramo,mandor« Qu’aurait bien pu penser le célèbre Douanier Rousseau des mélodies tropicales du jeune Ramo ? – Ramo est davantage un fantasme qu’un simple musicien de plus tentant de suivre ses aînés. Lui a commencé par écrire ses musiques tout seul, puis a attendu que les chansons grandissent, comme des plantes.

C’est cette pop écologique sans colorants qui permet aujourd’hui au Français d’aborder les thèmes qui lui tiennent à cœur : des histoires d’hommes qui, à force de ne plus trouver leur place en ville, reviendraient à la nature, et des comptines aux couleurs inspirées par les plus belles œuvres de Miyazaki. Dans la lignée de Voyou, Myd et François & the Atlas Mountain (qui l’a marqué), Ramo est donc ce Robinson Crusoé rêvant d’un écosystème simple où les refrains seraient chantés au premier degré, et la musique conçue comme un engrais à bonnes vibrations. Ecrit tout seul et produit avec Romain Drogoul, cet EP est donc le premier chapitre d’un livre de la jungle qu’on imagine déjà plus grand. »

Toutes ses vidéos, ici.

Le samedi 13 juillet, Ramo s’est produit sur la scène Jean-Louis Foulquier lors des "Intercales" (interplateau) devant 13 000 personnes et le lendemain, à 15h00 au Théâtre Verdière dans le cadre de Première Francos.

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Ramo, le 13 juillet, sur la scène Jean-Louis Foulquier.

Interview :

Tu te sens chez toi aux Francofolies ?

Oui, il y a beaucoup d’affects liés à cet endroit. J’ai passé une semaine aux Chantiers des Francos. C’était hyper intense et positif. Ces moments étaient chargés de bonnes ondes et d’excellentes vibrations. Je suis rentré aux Chantiers, je jouais derrière des machines, un peu comme un DJ. Je chantais avec mes petits synthés. Bref, j’ai remis en question beaucoup de mes comportements scéniques. Vu le propos et mes textes, il est apparu qu’il était évident que je devais me contenter de chanter.

Comment ça se passe les Chantiers ?

Il y a trois groupes. La semaine commence par un concert ensuite tu discutes. Les autres du groupe et un coach te font te poser les bonnes questions : Que veux-tu transmettre ? C’est quoi ton propos ? Pourquoi tu fais de la musique ? C’est quoi un concert idéal ? Que veux-tu que les gens retiennent ? Qu’as-tu déjà essayé et qui n’a pas marché ? Qu’est-ce que tu aimerais essayer et que tu n’as pas encore osé ou eu le temps de faire ? Une fois ces questions posées, la discussion s’engage là-dessus. Ce qui est bien, c’est que tu comprends vers où tu dois aller juste en échangeant entre nous.

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Ramo, pendant les Chantiers des Francos en avril 2019.

A la fin des Chantiers, tu dois te produire de nouveau en concert, mais avec ce que tu as appris dans la semaine.

C’est super parce que c’est une grosse bulle de création, mais la veille du concert, j’ai hyper mal dormi. Je me réveillais toutes les heures pour gamberger sur ma prestation. Et le miracle finit par opérer. Tu trouves une formule dans laquelle tu te sens bien et ou tu parviens à transmettre des choses que tu ne parvenais pas à transmettre avant. C’est hyper gratifiant.

Ce soir, c’est toi « l’intercale » sur la scène Jean-Louis Foulquier pour trois morceaux devant 13 000 personnes. Ce sera donc le Ramo nouveau ?

J’ai fait les Chantiers en avril, donc depuis, j’ai eu quelques dates et j’ai eu le temps de roder cette nouvelle formule. Pour moi, symboliquement, c’est émouvant de revenir ici. Revoir les gens avec qui j’ai partagé plein de bons moments, revoir les endroits que j’ai fréquentés… Notre corps garde la mémoire des émotions et des états d’esprit. Je suis très heureux et reconnaissant de pouvoir jouer ici ce soir. Depuis que je fais de la musique, Les Chantiers des Francos est de très loin le dispositif qui m’a le plus apporté.

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Ramo sur scène.

J’aime bien les artistes de ta génération. Ils jouent une pop à la fois plus positive et plus engagée. Toi, tu passes discrètement des messages écologiques, sans que cela soit culpabilisant pour les autres.

Toutes ces thématiques d’hommes, d’animaux, de forêts…etc. sont venues de manière très instinctive.

D’où viennent-elles?

Quand j’étais gamin, j’habitais à Laval, la ville du Douanier Rousseau. On m’emmenait régulièrement au château de la ville qui est transformé en musée des arts naïfs. J’ai découvert l’art pictural par ce biais. Je passais beaucoup de temps devant les toiles du Douanier Rousseau à réfléchir sur ce qu’il s’y passait, ce que cela me faisait ressentir… Tout ce vocabulaire du vivant, du végétal, de l’animal, de l’homme… me permet aujourd’hui d’évoquer dans mes chansons des thèmes de société qui m’interrogent et m’angoissent. Mon rapport à l’environnement, mon rapport à l’autre, aux animaux, aux végétaux…

Pourquoi fais-tu de la musique ?

Pour participer à créer un imaginaire collectif vers lequel nous devrions tendre. Pas uniquement les musiciens, mais aussi les scientifiques, les cinéastes, les cuisiniers et tous spectres de la société. Il y a beaucoup de défis sociétaux devant nous. Notre gestion de notre manière de vivre, des espaces, des inégalités entre les gens… Il faut arriver à créer quelque chose de désirable dans lequel nous allons nous reconnaître.

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Après l'interview, selfie par et avec Ramo, le 13 juillet 2019.

13 juillet 2019

Les Francofolies de la Rochelle 2019 (7) : interview Alexis HK

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« Alexis HK est un poète funambule : en équilibre, il chante avec humour mais sans cynisme, avec tendresse mais sans fadeur. Une qualité salutaire au milieu de la grisaille. Si des loops lancinants ont remplacé les batteries, sa finesse d’écriture et son humour lui permettent d’aborder des thèmes plus sombres… même si la lumière n’est jamais loin !
Avec Comme un ours, Alexis nous dévoile une nouvelle facette de son talent, toujours tout en élégance et en poésie…
Rendez-vous ce soir à 23h à la Salle Bleue !

Toutes ses vidéos ici.

Alexis HK m'a rejoint le 13 juillet après-midi à mon bureau du service de presse.

(Pour en savoir plus sur son nouveau disque Comme un ours, vous pouvez lire sa récente mandorisation.)

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francofolies de la rochelle,interview,alexis  hk,mandorInterview :

Tu es un habitué des Francofolies.

La première année où j’aurais dû y jouer, il y a 18 ans, il y a eu la grève des intermittents. C’est la première fois que j’ai entendu à la radio une nouvelle qui me concernait directement. Je me préparais à venir. J’ai allumé France Inter, ils ont dit que le festival était annulé… et je suis allé me recoucher. Après, j’ai été très bien suivi par le festival sur la plupart de mes albums. Pour moi, c’est très important d’être ici. Je fais de la chanson française, il n’y a pas beaucoup de festival de chansons comme celui-là. C’est aussi l’occasion de revoir plein de gens qui sont très importants et que je ne recroise pas forcément dans l’année, car nous sommes tous par monts et par vaux.

Je trouve que tu es de plus en plus drôle entre tes chansons lors de tes spectacles.

Comme je fais de la chanson parfois un peu neurasthénique, j’essaie de la contrebalancer en montrant au public qu’il ne faut pas être dupe, que ça reste de la chanson et qu’on est surtout là pour passer un bon moment et relativiser tous nos petits malheurs. J’aime bien l’idée de proposer à la fois de la chanson et en même temps d’utiliser la chanson pour raconter une histoire dans l’histoire. Il y a ainsi une connivence avec le spectateur qui s’installe.

Dans ce monde où on dramatise tout, c’est agréable de détendre l’atmosphère pesante.

On est dans une époque où on n’arrête pas d’envisager la fin du monde, où on nous dit qu’en 2030, nous serons tous morts. Nous sommes dans quelque chose de très anxiogène et en même temps, on profite du moment présent et on essaye de se régaler. La chanson est un vecteur permettant d’avoir de l’ironie sur le malheur.

Tu es présent dans le métier depuis 18 ans. Cela commence à faire…

J’ai conscience de la chance infinie que j’ai dans mon parcours. Comme tu l’as dit, ça fait 18 ans que je fais cela et que je peux continuer à le faire. On sait à quel point ça peut être difficile. J’ai été suivi dans mes envies par des collaborateurs hyper motivés qui m’ont toujours fait confiance. J’ai toujours été convaincu que la chance était un facteur fondamental dans le déroulé d’une carrière. Je vais citer le chanteur Dave : « Ce métier, c’est travail, talent et chance. » S’il manque l’un des trois, ça devient un petit peu compliqué.

Toi tu ne fais que ça. Travailler.

Je suis intégralement mobilisé pour avoir une nouvelle idée de chanson. Ma vie se mélange perpétuellement à mon activité artistique. Je n’ai aucun mérite à ça parce que j’ai tout le temps pour le faire.

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Pendant l'interview...

Tu es sensible aux critiques ? L’article peu élogieux de Valérie Lehoux sur Comme un ours dans Télérama t’as touché je crois.

Ce n’est pas le premier article d’elle que j’ai eu et qui a été critique à mon égard. Certaines fois, je les trouvais assez pertinentes, mais sur ce dernier article, je n’ai pas eu le sentiment que l’album avait été vraiment écouté. Ça m’a fait de la peine. Télérama est un grand journal qui a de l’influence, alors j’aurais préféré qu’on ne parle pas du tout de mon disque plutôt qu’on en parle de cette façon-là. En plus, généralement, elle est toujours la première à écrire et donc ça met tout de suite une ambiance un peu dure autour d’un projet. Le jour où j’aurais un article élogieux de madame Lehoux, je serais aussi très content parce que je respecte son avis. C’est une vraie chroniqueuse et c’est quelqu’un qui connait bien la chanson.

Un concert aux Francos, c’est un concert normal ?

Pas tout à fait. D’abord parce qu’on est au milieu de plein d’autres artistes qui se produisent, il y a donc une énergie qui n’est pas la même que quand on fait un concert plus isolé dans un centre culturel. Ici, le public vient à votre concert, mais il va voir plein d’autres artistes. Je ne vis donc pas les choses de la même façon.

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Après l'interview, le 13 juillet 2019.

Les Francofolies de la Rochelle 2019 (6) : interview Maud Lübeck

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(Photo : Marie Magnin)

66307946_10156674185548768_8490483885526745088_n (2).jpg« Maud Lubeck écoute ses aîné(e)s, elle les respecte toujours, s’en inspire parfois. Elle ne demande qu’à les croire cependant, pour elle, côté cœur c’est différent : elle refait le chemin, intimement marquée par tout. Par tout. Moins fataliste, moins rieuse. Et tant mieux si elle se consume : les grands tourments forment les grandes chansons. Comme elle, comme d’autres avant elle, Maud Lübeck dit tout et toujours avec pudeur. Son art : sublimer les émotions. »

Elle sera à découvrir en ouverture de la Salle Bleue à 16h, en première partie d’Alain Chamfort (mandorisé là) ! 

Toutes ses vidéos ici.

(Pour en savoir plus, voici la récente mandorisation de Maud Lübeck à l’occasion de son album (vrai bijou), Divine.)

Le 12 juillet 2019, Maud Lübeck m'a rejoint au service de presse pour une mini interview.

Interview :

C’est ta première fois aux Francofolies ?

Oui. Je découvre. Je suis un peu comme un enfant qui débarque dans un monde merveilleux et qui regarde tout (rires). J’ai toujours rêvé de jouer ici. Il se trouve qu’en plus, c’est pour faire la première partie d’Alain Chamfort… c’est beaucoup d’émotion.

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Maud Lübeck et Alain Chamfort (photo : Maÿlis Pioux)

Je suis membre du jury depuis 7 ans et chaque année, j'écris ma note sur le Pic d'Or (voir làlà, et .) Je vois passer sous mes yeux de formidables artistes, dont beaucoup pourraient devenir ceux qui compteront dans les années à venir tel Radio Elvis, Pic d’Or 2014 et vainqueurs aux Victoires de la Musique 2017 dans la catégorie "Album Révélation" et Caruso, Pic d’argent 2016 qui vient de signer chez Barclay et qui écrit des chansons pour de nombreux artistes comme Louane (dont il fait actuellement la première partie de la tournée des Zenith). Quant à Dani Terreur, Pic d’Argent 2017, il a rejoint le label AT(h)ome en mars 2018 et prépare la sortie son 1er album.

Mais bien d’autres artistes passés par le Pic d’Or ont largement le niveau pour en faire autant. Après, on  peut contester les choix des jurés, un tremplin ne sera jamais totalement juste et sera toujours sujet à controverse. Mais personne ne pourra contester l’intégrité de tous, de l’organisation au jury. Un seul but : choisir avec le cœur et en notre âme et conscience. 

Je suis membre du jury depuis 7 ans et chaque année, j'écris ma note sur le Pic d'Or (voir làlà, et .) Je vois passer sous mes yeux de formidables artistes, dont beaucoup pourraient devenir ceux qui compteront dans les années à venir tel Radio Elvis, Pic d’Or 2014 et vainqueurs aux Victoires de la Musique 2017 dans la catégorie "Album Révélation" et Caruso, Pic d’argent 2016 qui vient de signer chez Barclay et qui écrit des chansons pour de nombreux artistes comme Louane (dont il fait actuellement la première partie de la tournée des Zenith). Quant à Dani Terreur, Pic d’Argent 2017, il a rejoint le label AT(h)ome en mars 2018 et prépare la sortie son 1er album.

Mais bien d’autres artistes passés par le Pic d’Or ont largement le niveau pour en faire autant. Après, on  peut contester les choix des jurés, un tremplin ne sera jamais totalement juste et sera toujours sujet à controverse. Mais personne ne pourra contester l’intégrité de tous, de l’organisation au jury. Un seul but : choisir avec le cœur et en notre âme et conscience. 

Alain Chamfort fait partie des artistes que tu aimes beaucoup ?

Oui… et depuis l’enfance. J’adore son travail, à toutes les époques.

Tu as fait un duo avec lui.

L’idée était de sortir un nouveau single, « A deux ». J’étais tellement heureuse de faire cette date avec Alain, qu’il m’est venu l’envie d’interpréter cette chanson avec lui. Il a dit oui tout de suite.

Il connaissait ton album Divine ?

Par les hasards, les connaissances en commun, il avait déjà écouté le disque. Me retrouver avec lui en répétition et pendant l’enregistrement, j’ai trouvé ça complètement fou. Chanter avec une de ses idoles donne une bonne dose d’énergie positive.

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Maud Lübeck en répétition avec Alain Chamfort (photo : Maÿlis Pioux)

Il chantera avec toi sur scène ?

C’est prévu.

Cet après-midi, tu chanteras seule ou accompagné ?

Je serai accompagnée aux chœurs par Amandine Maissiat et Edward Barrow, les deux mêmes qui ont fait les chœurs sur l’album. Il y a aura quelques morceaux de Divine saupoudré d’autres chansons de l’album précédent, Toi non plus.

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Après la mini interview, le 12 juillet 2019.

12 juillet 2019

Les Francofolies de La Rochelle 2019 (5) : interview de Terrenoire

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Terrenoire est un duo composé de deux frères, Théo et Raphäel Herrerias… Quelque part entre la musique électronique, le hip-hop et la chanson française, les machines du petit frère se baladent vers la lumière, se tirent vers les ombres : productions raffinées, poignantes, émouvantes, elles sont les images du film que racontent les textes. Le grand, lui, chante comme un point d’interrogation, des histoires de la grande ville, d’excès, de fuites vers les falaises, la voix clame puis se brise, engueule puis supplie. Découvrez Terrenoire en clôture de la Scène de l’Horloge, à 18h00 ce soir !

Ils sont passés me voir une heure avant leur prestation. 

Toutes les vidéos de Terrenoire à voir ici.

terrenoire,francofolies de la rochelle,interview,mandorInterview :

Comment vivez-vous ce début de notoriété ?

Raphaël : Pour le moment, nous avons sorti 8 chansons. Là, nous sommes en train d’enregistrer notre premier album, donc nous sommes au tout début de quelque chose. Nous avons eu la chance d’avoir eu de supers beaux ambassadeurs de notre musique dont notamment Les Inrocks et Didier Varrod. Nous avons juste franchi le premier passage qui a duré un an. J’ai la sensation que nous avons tout à recommencer pour aller toucher d’autres personnes et pour confirmer auprès de ceux qui ont aimé le premier passage. Tout ne se joue pas dans l’immédiat. Le plus beau c’est de dessiner une relation avec le public et nous avons conscience que ça prend du temps.

Tous les médias sont dithyrambiques à votre encontre.

Raphaël : Ca veut dire que notre duo est encore confidentiel. Si nous avions un fort taux de notoriété, dans le lot, il y aurait des avis négatifs.

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Le 1er EP.

Plus vous écrivez des chansons, plus vous vous améliorez ?

Théo : C’est un travail d’artisanat. En japonais, artiste et artisan, c’est le même mot. Pour moi, écrire et composer une bonne chanson, c’est comme construire un beau portail ou une belle porte selon que l’on soit menuisier ou ferronnier. Nous on joue des heures et des heures tous les jours, histoire de se parfaire.

Est-ce que jouer de la musique est un travail ?

Théo : J’aime à le penser. Je me suis toujours inspiré de modèles comme Frank Zappa ou Damon Albarn. Ce dernier raconte dans les interviews qu’il se lève à 8 heures… à 9 heures, il est au travail et à 18 heures, la journée est finie. Zappa, c’est plutôt de 7 heures jusqu’à minuit.

Vous avez une discipline, une rigueur dans le rythme du travail ?

Théo : Oui. Et ce sera encore plus facile de l’être parce que nous aurons un lieu qui nous sera propre.

Raphaël : On achète un studio, ce qui nous permettra de n’être dépendants de personne. « Comment faire pour créer des territoires qui nous appartiennent ? » est un de nos thèmes récurrents. On l’applique dans la vie en ayant ce studio. On pourra aussi inviter d’autres artistes et partager.

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Pendant l'interview...

Libé a dit de vous : « Chansons électroniques Alien qui s’emparent des codes hip-hop et du r’n’b.

Raphaël : J’aime bien l’idée d’Alien parce que nous n’avons jamais suivi les codes traditionnels de la musique populaire. Nous, on aime les artistes qui ont innové et qui ont une voix singulière. Souvent ça dissone pour l’époque et ce n’est pas toujours bien compris. Il faut prendre ses aises avec l’époque.

Vos textes sont littéraires, modernes et simples à comprendre. Ils se fondent parfaitement dans la musique.

Raphaël : On essaie de polir très longtemps nos productions, les prises de voix et les mélodies pour que cela fasse un film global.

Vous travaillez sur un nouvel album. Vous en êtes où ?

Raphaël : Nous sommes en train de créer tout un nouveau langage pour l’album. Nous avons déjà envie d’aller ailleurs de ce que nous avons déjà proposé. On ne va pas faire du réchauffé de ce qu’on a déjà fait, parce qu’on a l’impression qu’on a déjà perdu ce que l’on voulait dire On a envie de raconter autre chose, d’une autre manière..

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Après l'interview, le 12 juillet 2019.

Les Francofolies de la Rochelle 2019 (4) : interview Renan Luce

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C'est sur la scène du Grand Théâtre de la Coursive que Renan Luce donnera aux FrancoFolies ce soir, à 20h, la primeur de son nouvel album éponyme, avant une tournée à l’automne. Des chansons puissantes et intimes à la fois (évoquant une séparation amoureuse), aux textes poignants et poétiques, portées par une formation inattendue, en écho aux arrangements orchestraux de la chanson française des années 1960.

Toutes ses vidéos ici.

Le 11 juillet, Renan Luce est venu au service de presse pour parler de ce spectacle et de son nouvel album.

les francofolies de la rochelle,interview,renan luce,mandorInterview :

Il y a eu 5 ans de battements entre ton précédent album et celui-ci.

Les trois premières années, j’ai passé beaucoup de temps sur les routes. Ce n’est qu’à l’issue de cette période que je me suis attelé à l’écriture. Ma vie a fait que des grandes émotions m’ont traversé et m’ont inspiré cet album-là. Les chansons sont arrivées les unes après les autres, très naturellement. Mais bon, je suis aussi lent, il faut bien le reconnaître (rires). Je cherche, je fais, je défais, je construis et déconstruis… J’ai besoin de laisser reposer les choses, ensuite, cela me permet d’être plus objectif sur mon travail.

Tu avais aussi besoin de temps pour que l’inspiration revienne ?

J’avais besoin de temps pour ouvrir d’autres portes que je n’avais pas encore ouvertes. Des portes plus intimes, des thématiques plus personnelles, de nouvelles portes musicales, une nouvelle manière de composer, plus au piano…

Il n’y a que des chansons sur ta séparation d’avec la mère de votre enfant.

Cela s’est imposé sans que je ne puisse rien y faire. Ses sentiments intenses, quand ils vous traversent, ont tendance à recouvrir tout. Il est parfois difficile de regarder ailleurs, il faut un peu de temps. Cet album a été créé sur deux ans et je suis passé par plusieurs états, ce qui m’a permis d’aborder ce thème avec des angles différents.

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Renan Luce sur scène, avec sa nouvelle formation orchestrale.

Tu n’as pas eu peur de lasser les gens qui écoutent le disque avec ce même thème ?

J’ai eu cette crainte un petit peu, mais je n’ai pas pu faire autrement. Je le répète, c’est plusieurs périodes et plusieurs regards sur une séparation et sur ce que je ressens. Tour à tour de la détresse, de la tristesse, puis de l’espoir, de l’inquiétude, des remises en question…

Tes chansons sont très intimes, mais paradoxalement assez pudiques.

Dans mon tempérament, il y a déjà une pudeur qui m’incite à ne jamais aller trop loin. Ensuite, je pense que le prisme de l’écriture, la démarche plus poétique, fait qu’il y a une petite distance. J’essaie de faire quelque chose provoquant de l’émotion brute.

L’orchestration de cet album est superbe. les francofolies de la rochelle,interview,renan luce,mandor

C’est pour moi un retour aux sources musicales de ce que j’écoutais dans mon enfance. Cette chanson orchestrale des années 60 à la Bécaud, Brel ou Aznavour m’a beaucoup marqué. Il y a une telle richesse entre les vents, les cordes et les percussions, que l’on peut passer à quelque chose de très intime, très cotonneux, à quelque chose de très tumultueux. Pour ces chansons très personnelles, j’avais envie de retrouver ma musique de cœur. J’ai l’impression de revenir à mes essentiels. J’avais besoin d’être dans le confort d’une musique qui me correspond bien.

Chantes-tu de la même façon avec cette orchestration.

J’ai un souffle plus posé, plus installé, pour suivre la largesse de l’orchestre.

Ça fait du bien d’écrire des chansons si intimes ?

Bien sûr. Ça donne une distance aux évènements. Fabriquer de l’art avec des sentiments qui remuent le couteau dans la plaie, ça m’a apaisé.

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Pendant l'interview...

La principale intéressée a écouté l’album ?

Evidemment. Elle a écouté les chansons les unes après les autres. On a cette chance d’être des parents, certes séparés, mais très proches, avec beaucoup d’affection et une belle histoire. Avec ce disque, c’est ce que je voulais faire : terminer une belle histoire.

Aux Francos, ce sera quelle formation ?

Je serai avec un orchestre plus réduit que ce qu’il y a dans l’album, mais nous sommes quand même 16 sur scène. On retrouve les textures du disque : les cordes et les vents, un trio jazz, piano, contrebasse, batterie… et beaucoup d’énergie. Il y aura une force nouvelle différente de l’album.

C’est ta 4eme participation aux Francos.

Oui. Je suis venu à chaque album. C’est pour moi un passage incontournable.

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Après l'interview, au service de presse, le 11 juillet 2019.

11 juillet 2019

Les Francofolies de La Rochelle 2019 (3) : Conférence de presse (express) d'André Manoukian

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Juillet 85, première édition des Francofolies de la Rochelle.

Une idée un peu folle née un soir, très tard, de l’imagination débridée de Jean-Louis Foulquier. Vouloir créer le festival de la scène française aux pieds des tours de la Rochelle son port d’attache.
Juillet 2019, le festival célèbre sa 35ème édition ! Et pour fêter ça, André Manoukian, le pianiste et présentateur de l’émission La vie secrète des chansonssur France 3, vous invite à le retrouver ce soir pour un concert très spécial.
Avec ses amis chanteuses et chanteurs, il revisitera 35 ans de Francofolies à travers les chansons qui ont marqué l’histoire du festival.

Rendez-vous ce soir au Grand Théâtre de la Coursive à 20h00 pour une création inédite !

En collaboration avec la Sacem.

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Voici quelques précisions d’André Manoukian lors de sa conférence de presse de ce matin (et merci au journaliste se voulant spirituel qui pose des questions stupides, sans intérêts pour ses collègues présents... mais qui prennent du temps de réponse sur un temps déjà hyper limité):

Comment avez-vous choisi les chansons ?

Avec le directeur du Festival, Gérard Pont, on a choisi à travers tous les artistes qui sont venus aux FrancoFolies 22 chansons. Après, nous avons fait un casting d’artistes de la nouvelle génération parce qu’il est de notoriété publique que je chante comme un jambon. Ils ont tous une forte personnalité originale et ils amènent tous leur lumière et leur interprétation à cette histoire. Je les accompagnerais au piano avec un quatuor à cordes et je ferai le MC. On a l’impression que chaque chanteur est un invité qui vient s’intégrer dans un son. Du coup, l’homogénéité, elle est dans la musique et le fil conducteur qu’il y a à travers cette jolie histoire.

Ce soir vous raconterez l’histoire des Francos ?

Oui et l’histoire de certaines chansons, mais surtout le rapport des artistes avec les Francofoliesde La Rochelle.

C’est quoi votre souvenir principal des Francos ?

C'est  lorsque l'on s'est retrouvés sur la scène avec Liane Foly, Maurane et d'autres artistes, qui sont venus juste parce que Foulquier avait décroché son téléphone. Quand on est sur la scène du parking Saint-Jean d'Acre, on voit ce public si particulier, qui pogote... mais  sur de la chanson française. C'est  le seul festival qui existe dans notre pays, à ce niveau-là.

Que pensez-vous de la variété française d’aujourd’hui ?

Elle est morte. Aujourd’hui, il y a de la chanson française qui est devenu un genre, le rap et quelques musiques de niche qui sont en train d’arriver. Certains qui viennent du rap ajoutent d’ailleurs de la chanson pure. La grande variété est devenue une musique classique, qu’on peut revisiter. Cela fait partie de l’évolution des choses. Avant, en France, les jeunes artistes se faisaient développer par des majors. Aujourd’hui, tout ça c’est mort, chacun se débrouille dans sa “niche”, puisqu’il faut utiliser des termes de marketing. Du coup, on n’a jamais eu autant de richesses musicales et autant de genres complètement différents. On se trouve dans une autre forme de variété puisqu’on est dans un éclatement de styles et une profusion de créativité de dingue.

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Le 11 juillet 2019, conférence de presse d'André Manoukian.

Edit : Deux photos de la soirée...

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André Manoukian et ses invités, Elodie Frégé, Ben Mazué, Maissiat, Barbara Carlotti et Tim  Dup.

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André Manoukian et ses invités, Elodie Frégé, Ben Mazué, Maissiat, Barbara Carlotti et Tim Dup.

Les Francofolies de la Rochelle 2019 (2) : interview Gainsbourg for Kids

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francofolies de la rochelle,gainsbourg dor kids,françois guernier,ben ricour,cheveu,mandor,interview« À l’image de « Ce petit garçon nommé Charlie » qui se casse la figure à tous les coins de la ville, chanson touchante et pas si désespérée qu’il avait écrite pour le dessin animé Charlie Brown et qu’il avait sans doute perçu comme un miroir de lui-même, Serge Gainsbourg avait aussi sa part d’enfance. Et comme beaucoup d’enfants, il avait le goût des mots qui sonnent, et des « Shebam ! Pow ! Blop ! Wizz ! » qui explosent dans les bulles des comic-strips. De quoi donner l’envie à la dreamteam de Wanted Joe Dassin de fouiller dans le répertoire monumental de Gainsbourg, d’en extraire quelques pépites connues et inconnues, et d’imaginer ce nouveau spectacle destiné aux grands enfants et aux familles. Bienvenue dans le comic-strip des Gainsbourg for Kids ! » Ainsi est présenté officielle ce projet.

Avec : Cheveu, François Guernier, Ben Ricour.

Conception et mise en scène : Olivier Prou
Régie et création son : Stéphane Andrivot
Création lumières : Philippe Arbert

Ce matin, aux Francofolies de La Rochelle, les 3 artistes se sont produits dans la salle bleue dans le cadre des Franco Juniors. Cette scène est spécialement dédiée au jeune public, pour le plaisir des petits, mais des grands aussi !

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De gauche à droite : Ben Ricour, Cheveu et François Guernier.

Interview :

Après Nino Ferrer et Joe Dassin, voici un hommage à Serge Gainsbourg. L’idée est de faire découvrir aux enfants un répertoire qu’on entend plus dans les médias ?

François Guernier : Oui, mais c’est surtout leur faire découvrir un répertoire de 600 chansons vers lequel ils n’ont plus accès. Quel enfant connait Serge Gainsbourg aujourd’hui ? L’idée est que son répertoire devienne un élément fédérateur entre les enfants et les parents. C’est bien qu’ils aient un artiste en commun à partager.

Le répertoire de Gainsbourg est parfois sulfureux. J’imagine que vous avez choisi des chansons comme « L’ami Caouette »…

Cheveu : Il y a plein d’autres chansons qui sont accessibles aux enfants. Je rappelle qu’avant Gainsbarre, il y a eu Gainsbourg.

Ben Ricour : Et on a pioché uniquement dans Gainsbourg. Du début de sa carrière à la période reggae, fin 1970, début des années 1980. Dans des chansons comme « Laetitia », il y a des jeux de mots qui sont hyper accessibles.

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Gainsbourg For Kids aux Francofolies de Rochelle, ce matin.

Vos concerts sont scénarisés.

Ben Ricour : On ne fait pas juste de la reprise de Gainsbourg. Il y a une histoire. Nous sommes trois déménageurs qui livrons un piano au 5 rue de Verneuil, là où habitait Gainsbourg. On sonne, il n’y a personne. Que va-t-on pouvoir faire en attendant que le propriétaire arrive ? On fait des histoires, des devinettes et de la chanson. Après, je n’en dis pas plus par respect pour le public qui viendra.

Il n’y a que des chansons interprétées par lui ?

François Guernier : Non, nous avons puisé aussi dans celles qu’il a écrites pour d’autres, comme « La gadoue » pour Jane Birkin et « Pourquoi un pyjama » pour Régine…

Ben Ricour : Il y en a un peu pour tout le monde. Il y a du connu et des chansons très peu connues. Même les fans de Gainsbourg sont souvent surpris.

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Le choix des chansons a dû être draconien ?

Cheveu : Nous avons été aidés par le metteur en scène Olivier Prou. A la base chacun en avait choisi trois que l’on avait maquetté chez nous. Après, Olivier a pioché dans notre listing commun de 35 chansons. On en a pris 18 pour le spectacle.

François Guernier : Ca a mis en évidence la part d’enfance qu’il y avait chez Gainsbourg.

Et musicalement, il pouvait connecter tous les genres musicaux.

François Guernier : T’aimes le rap, tu aimes Gainsbourg. Tu aimes le funk, tu aimes Gainsbourg. Tu aimes le rock, tu aimes Gainsbourg. Tu aimes le reggae, tu aimes Gainsbourg. Tu aimes la poésie, tu aimes Gainsbourg. Ils sont peu dans ce cas à être se balader de style en style d’époque en époque.

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Après l'interview, le 10 juillet 2019, en terrasse à La Rochelle.

Les Francofolies de La Rochelle 2019 (1) : Conférence de presse d'Angèle

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(Photo après la conférence de presse: Sébastien Acker)

Les FrancoFolies de La Rochelle 2019, c’est parti ! Pour connaitre la programmation, allez faire un tour ici.

Comme l’année dernière, je vous proposerai au quotidien des interviews d’artistes.

La première, c’est Angèle qui s’est produite hier soir sur la scène Jean-Louis Foulquier. Bon, ce n’est pas une interview en face à face (son succès est tel que les demandes étaient gigantesques), mais une conférence de presse. Un exercice journalistique auquel je n’aime pas m’adonner… sauf quand je n’ai pas le choix. Angèle ne donnera plus d’interviews avant pas mal de temps, elle lève le pied sur la promotion (elle a beaucoup donné depuis un an), il est donc intéressant d’écouter ses propos post silence.

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(Photo après la conférence de presse: Mandor)

Florilège de quelques questions.

Il s’est passé beaucoup de choses pour vous en un an. Comment avez-vous vécu cette année ?

Super bien. Il y a eu plein de rebondissements. Il y a eu la finition de l’album, le mixage, le mastering ensuite l’album est sorti. A la suite de cela il y a eu une grosse phase où j’étais très présente dans les médias et, en parallèle, il y a eu la préparation de la tournée des SMAC et des Zénith. Je n’ai pas arrêté.

Vous êtes une des nouvelles voix de votre génération, comprenez-vous ce qui plait dans vos chansons aux jeunes d’aujourd’hui ?

Peut-être qu’ils se sentent compris ? Comme je parle de moi, je parle de ma génération, donc certaines jeunes se reconnaissent dans mes chansons.

Et personnellement ?

Ça a été très positif et très intense.

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Hier soir, sur la scène Jean-Louis Foulquier

C’est quoi pour vous, être chanteuse ?

C’est un métier qui demande énormément d’implications à plein de niveau. Ça peut paraitre idiot, mais pour moi, être chanteuse c’est chanter des chansons que j’ai écrites. C’est un réel exutoire de ressentir des choses et de pouvoir ensuite les exprimer en chanson. Dans la vraie vie, j’ai du mal à exprimer ce que je ressens.

L’année dernière vous étiez aux Francos au théâtre Verdière, une salle fermée, cette année c’est la grande scène mythique Jean-Louis Foulquier. Quelle évolution !

Je trouve ça agréable. On parle de mon évolution en me disant « Ça va, tu tiens le coup ? », comme si, vraiment, j’avais un métier très dur. Il ne faut jamais oublier que c’est un métier que j’aime, que j’ai choisi et que je suis très chanceuse d’exercer. Là où ça peut être difficile, c’est la fatigue physique. Elle peut avoir un impact sur la fatigue mentale. Être constamment comme ça, avec des micros autour de moi et des gens qui m’écoutent, ça me donne l’impression de devoir dire uniquement des choses très intelligentes… et je n’ai pas toujours des choses intelligentes à dire. Etre tout le temps sur scène, ça demande d’être tout le temps en forme et je ne suis pas tout le temps en forme. Quand je marche dans la rue, ça impliquerait que je sois tout le temps souriante avec les gens, et je ne le suis pas tout le temps non plus. Le gros succès est un peu déshumanisant. On attend d’un artiste qu’il soit en permanence apte à faire son métier alors qu’on devrait être en représentation uniquement quand on est sur scène.

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Hier soir, sur la scène Jean-Louis Foulquier.

Il est compliqué de rester un être humain normal ?

Oui, c’est ça qui est le plus dur à gérer. J’essaie de ne pas m’en plaindre parce que mon succès me fait vivre des moments intenses.

Dans votre chanson « Flou », vous vous interrogez sur la notoriété. Est-ce qu’un an plus tard, c’est toujours aussi flou ?

C’est toujours aussi fou, mais un peu moins flou. Il y a plus d’information à intégrer. Je suis mieux entourée qu’il y a un an. Il n’y a autour de moi que des gens bienveillants et agréables, avec qui je peux partager tous ses moments que je traverse.

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Hier soir, sur la scène Jean-Louis Foulquier

Malgré le succès phénoménal, continuez-vous à vous sentir illégitime ?

J’avance dans la quête de la légitimité. Je crois que je l’ai trouvé, c’est bon. Si j’en suis arrivée là, c’est que j’ai beaucoup travaillé pour. A force de parler de ma famille, ça m’a fait croire que tout ce qui m’arrivait était dû à leur existence et à leur présence. Je réalise aujourd’hui que ce qui m’a vraiment aidé, c’est d’avoir des parents qui m’ont soutenu psychologiquement. Tout est arrivé tellement vite que je n’ai pas eu le temps d’analyser ce qui me tombait dessus.

Pensez-vous déjà à la suite, à votre prochain album ?

Non, je ne pense pas à un prochain album, mais je ne peux pas m’empêcher d’écrire. Il y a encore des trucs qui se passent dans ma vie dont j’ai besoin de parler. C’est comme ça que je procède. Quand des évènements m’arrivent, positifs ou négatifs, quand des questions s’imposent en moi, en général, ça fini en chansons. Je ne sais pas ce que j’en ferai parce que si c’est trop personnel, peut-être que je ne les partagerai pas.

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Hier soir, sur la scène Jean-Louis Foulquier.