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16 juillet 2019

Les Francofolies de La Rochelle 2019 (8) : interview Ramo

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(c) Jeronimo Acero

francofolies de la rochelle,interview,ramo,mandor« Qu’aurait bien pu penser le célèbre Douanier Rousseau des mélodies tropicales du jeune Ramo ? – Ramo est davantage un fantasme qu’un simple musicien de plus tentant de suivre ses aînés. Lui a commencé par écrire ses musiques tout seul, puis a attendu que les chansons grandissent, comme des plantes.

C’est cette pop écologique sans colorants qui permet aujourd’hui au Français d’aborder les thèmes qui lui tiennent à cœur : des histoires d’hommes qui, à force de ne plus trouver leur place en ville, reviendraient à la nature, et des comptines aux couleurs inspirées par les plus belles œuvres de Miyazaki. Dans la lignée de Voyou, Myd et François & the Atlas Mountain (qui l’a marqué), Ramo est donc ce Robinson Crusoé rêvant d’un écosystème simple où les refrains seraient chantés au premier degré, et la musique conçue comme un engrais à bonnes vibrations. Ecrit tout seul et produit avec Romain Drogoul, cet EP est donc le premier chapitre d’un livre de la jungle qu’on imagine déjà plus grand. »

Toutes ses vidéos, ici.

Le samedi 13 juillet, Ramo s’est produit sur la scène Jean-Louis Foulquier lors des "Intercales" (interplateau) devant 13 000 personnes et le lendemain, à 15h00 au Théâtre Verdière dans le cadre de Première Francos.

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Ramo, le 13 juillet, sur la scène Jean-Louis Foulquier.

Interview :

Tu te sens chez toi aux Francofolies ?

Oui, il y a beaucoup d’affects liés à cet endroit. J’ai passé une semaine aux Chantiers des Francos. C’était hyper intense et positif. Ces moments étaient chargés de bonnes ondes et d’excellentes vibrations. Je suis rentré aux Chantiers, je jouais derrière des machines, un peu comme un DJ. Je chantais avec mes petits synthés. Bref, j’ai remis en question beaucoup de mes comportements scéniques. Vu le propos et mes textes, il est apparu qu’il était évident que je devais me contenter de chanter.

Comment ça se passe les Chantiers ?

Il y a trois groupes. La semaine commence par un concert ensuite tu discutes. Les autres du groupe et un coach te font te poser les bonnes questions : Que veux-tu transmettre ? C’est quoi ton propos ? Pourquoi tu fais de la musique ? C’est quoi un concert idéal ? Que veux-tu que les gens retiennent ? Qu’as-tu déjà essayé et qui n’a pas marché ? Qu’est-ce que tu aimerais essayer et que tu n’as pas encore osé ou eu le temps de faire ? Une fois ces questions posées, la discussion s’engage là-dessus. Ce qui est bien, c’est que tu comprends vers où tu dois aller juste en échangeant entre nous.

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Ramo, pendant les Chantiers des Francos en avril 2019.

A la fin des Chantiers, tu dois te produire de nouveau en concert, mais avec ce que tu as appris dans la semaine.

C’est super parce que c’est une grosse bulle de création, mais la veille du concert, j’ai hyper mal dormi. Je me réveillais toutes les heures pour gamberger sur ma prestation. Et le miracle finit par opérer. Tu trouves une formule dans laquelle tu te sens bien et ou tu parviens à transmettre des choses que tu ne parvenais pas à transmettre avant. C’est hyper gratifiant.

Ce soir, c’est toi « l’intercale » sur la scène Jean-Louis Foulquier pour trois morceaux devant 13 000 personnes. Ce sera donc le Ramo nouveau ?

J’ai fait les Chantiers en avril, donc depuis, j’ai eu quelques dates et j’ai eu le temps de roder cette nouvelle formule. Pour moi, symboliquement, c’est émouvant de revenir ici. Revoir les gens avec qui j’ai partagé plein de bons moments, revoir les endroits que j’ai fréquentés… Notre corps garde la mémoire des émotions et des états d’esprit. Je suis très heureux et reconnaissant de pouvoir jouer ici ce soir. Depuis que je fais de la musique, Les Chantiers des Francos est de très loin le dispositif qui m’a le plus apporté.

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Ramo sur scène.

J’aime bien les artistes de ta génération. Ils jouent une pop à la fois plus positive et plus engagée. Toi, tu passes discrètement des messages écologiques, sans que cela soit culpabilisant pour les autres.

Toutes ces thématiques d’hommes, d’animaux, de forêts…etc. sont venues de manière très instinctive.

D’où viennent-elles?

Quand j’étais gamin, j’habitais à Laval, la ville du Douanier Rousseau. On m’emmenait régulièrement au château de la ville qui est transformé en musée des arts naïfs. J’ai découvert l’art pictural par ce biais. Je passais beaucoup de temps devant les toiles du Douanier Rousseau à réfléchir sur ce qu’il s’y passait, ce que cela me faisait ressentir… Tout ce vocabulaire du vivant, du végétal, de l’animal, de l’homme… me permet aujourd’hui d’évoquer dans mes chansons des thèmes de société qui m’interrogent et m’angoissent. Mon rapport à l’environnement, mon rapport à l’autre, aux animaux, aux végétaux…

Pourquoi fais-tu de la musique ?

Pour participer à créer un imaginaire collectif vers lequel nous devrions tendre. Pas uniquement les musiciens, mais aussi les scientifiques, les cinéastes, les cuisiniers et tous spectres de la société. Il y a beaucoup de défis sociétaux devant nous. Notre gestion de notre manière de vivre, des espaces, des inégalités entre les gens… Il faut arriver à créer quelque chose de désirable dans lequel nous allons nous reconnaître.

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Après l'interview, selfie par et avec Ramo, le 13 juillet 2019.