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12 juillet 2019

Les Francofolies de La Rochelle 2019 (5) : interview de Terrenoire

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Terrenoire est un duo composé de deux frères, Théo et Raphäel Herrerias… Quelque part entre la musique électronique, le hip-hop et la chanson française, les machines du petit frère se baladent vers la lumière, se tirent vers les ombres : productions raffinées, poignantes, émouvantes, elles sont les images du film que racontent les textes. Le grand, lui, chante comme un point d’interrogation, des histoires de la grande ville, d’excès, de fuites vers les falaises, la voix clame puis se brise, engueule puis supplie. Découvrez Terrenoire en clôture de la Scène de l’Horloge, à 18h00 ce soir !

Ils sont passés me voir une heure avant leur prestation. 

Toutes les vidéos de Terrenoire à voir ici.

terrenoire,francofolies de la rochelle,interview,mandorInterview :

Comment vivez-vous ce début de notoriété ?

Raphaël : Pour le moment, nous avons sorti 8 chansons. Là, nous sommes en train d’enregistrer notre premier album, donc nous sommes au tout début de quelque chose. Nous avons eu la chance d’avoir eu de supers beaux ambassadeurs de notre musique dont notamment Les Inrocks et Didier Varrod. Nous avons juste franchi le premier passage qui a duré un an. J’ai la sensation que nous avons tout à recommencer pour aller toucher d’autres personnes et pour confirmer auprès de ceux qui ont aimé le premier passage. Tout ne se joue pas dans l’immédiat. Le plus beau c’est de dessiner une relation avec le public et nous avons conscience que ça prend du temps.

Tous les médias sont dithyrambiques à votre encontre.

Raphaël : Ca veut dire que notre duo est encore confidentiel. Si nous avions un fort taux de notoriété, dans le lot, il y aurait des avis négatifs.

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Le 1er EP.

Plus vous écrivez des chansons, plus vous vous améliorez ?

Théo : C’est un travail d’artisanat. En japonais, artiste et artisan, c’est le même mot. Pour moi, écrire et composer une bonne chanson, c’est comme construire un beau portail ou une belle porte selon que l’on soit menuisier ou ferronnier. Nous on joue des heures et des heures tous les jours, histoire de se parfaire.

Est-ce que jouer de la musique est un travail ?

Théo : J’aime à le penser. Je me suis toujours inspiré de modèles comme Frank Zappa ou Damon Albarn. Ce dernier raconte dans les interviews qu’il se lève à 8 heures… à 9 heures, il est au travail et à 18 heures, la journée est finie. Zappa, c’est plutôt de 7 heures jusqu’à minuit.

Vous avez une discipline, une rigueur dans le rythme du travail ?

Théo : Oui. Et ce sera encore plus facile de l’être parce que nous aurons un lieu qui nous sera propre.

Raphaël : On achète un studio, ce qui nous permettra de n’être dépendants de personne. « Comment faire pour créer des territoires qui nous appartiennent ? » est un de nos thèmes récurrents. On l’applique dans la vie en ayant ce studio. On pourra aussi inviter d’autres artistes et partager.

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Pendant l'interview...

Libé a dit de vous : « Chansons électroniques Alien qui s’emparent des codes hip-hop et du r’n’b.

Raphaël : J’aime bien l’idée d’Alien parce que nous n’avons jamais suivi les codes traditionnels de la musique populaire. Nous, on aime les artistes qui ont innové et qui ont une voix singulière. Souvent ça dissone pour l’époque et ce n’est pas toujours bien compris. Il faut prendre ses aises avec l’époque.

Vos textes sont littéraires, modernes et simples à comprendre. Ils se fondent parfaitement dans la musique.

Raphaël : On essaie de polir très longtemps nos productions, les prises de voix et les mélodies pour que cela fasse un film global.

Vous travaillez sur un nouvel album. Vous en êtes où ?

Raphaël : Nous sommes en train de créer tout un nouveau langage pour l’album. Nous avons déjà envie d’aller ailleurs de ce que nous avons déjà proposé. On ne va pas faire du réchauffé de ce qu’on a déjà fait, parce qu’on a l’impression qu’on a déjà perdu ce que l’on voulait dire On a envie de raconter autre chose, d’une autre manière..

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Après l'interview, le 12 juillet 2019.

Les Francofolies de la Rochelle 2019 (4) : interview Renan Luce

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C'est sur la scène du Grand Théâtre de la Coursive que Renan Luce donnera aux FrancoFolies ce soir, à 20h, la primeur de son nouvel album éponyme, avant une tournée à l’automne. Des chansons puissantes et intimes à la fois (évoquant une séparation amoureuse), aux textes poignants et poétiques, portées par une formation inattendue, en écho aux arrangements orchestraux de la chanson française des années 1960.

Toutes ses vidéos ici.

Le 11 juillet, Renan Luce est venu au service de presse pour parler de ce spectacle et de son nouvel album.

les francofolies de la rochelle,interview,renan luce,mandorInterview :

Il y a eu 5 ans de battements entre ton précédent album et celui-ci.

Les trois premières années, j’ai passé beaucoup de temps sur les routes. Ce n’est qu’à l’issue de cette période que je me suis attelé à l’écriture. Ma vie a fait que des grandes émotions m’ont traversé et m’ont inspiré cet album-là. Les chansons sont arrivées les unes après les autres, très naturellement. Mais bon, je suis aussi lent, il faut bien le reconnaître (rires). Je cherche, je fais, je défais, je construis et déconstruis… J’ai besoin de laisser reposer les choses, ensuite, cela me permet d’être plus objectif sur mon travail.

Tu avais aussi besoin de temps pour que l’inspiration revienne ?

J’avais besoin de temps pour ouvrir d’autres portes que je n’avais pas encore ouvertes. Des portes plus intimes, des thématiques plus personnelles, de nouvelles portes musicales, une nouvelle manière de composer, plus au piano…

Il n’y a que des chansons sur ta séparation d’avec la mère de votre enfant.

Cela s’est imposé sans que je ne puisse rien y faire. Ses sentiments intenses, quand ils vous traversent, ont tendance à recouvrir tout. Il est parfois difficile de regarder ailleurs, il faut un peu de temps. Cet album a été créé sur deux ans et je suis passé par plusieurs états, ce qui m’a permis d’aborder ce thème avec des angles différents.

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Renan Luce sur scène, avec sa nouvelle formation orchestrale.

Tu n’as pas eu peur de lasser les gens qui écoutent le disque avec ce même thème ?

J’ai eu cette crainte un petit peu, mais je n’ai pas pu faire autrement. Je le répète, c’est plusieurs périodes et plusieurs regards sur une séparation et sur ce que je ressens. Tour à tour de la détresse, de la tristesse, puis de l’espoir, de l’inquiétude, des remises en question…

Tes chansons sont très intimes, mais paradoxalement assez pudiques.

Dans mon tempérament, il y a déjà une pudeur qui m’incite à ne jamais aller trop loin. Ensuite, je pense que le prisme de l’écriture, la démarche plus poétique, fait qu’il y a une petite distance. J’essaie de faire quelque chose provoquant de l’émotion brute.

L’orchestration de cet album est superbe. les francofolies de la rochelle,interview,renan luce,mandor

C’est pour moi un retour aux sources musicales de ce que j’écoutais dans mon enfance. Cette chanson orchestrale des années 60 à la Bécaud, Brel ou Aznavour m’a beaucoup marqué. Il y a une telle richesse entre les vents, les cordes et les percussions, que l’on peut passer à quelque chose de très intime, très cotonneux, à quelque chose de très tumultueux. Pour ces chansons très personnelles, j’avais envie de retrouver ma musique de cœur. J’ai l’impression de revenir à mes essentiels. J’avais besoin d’être dans le confort d’une musique qui me correspond bien.

Chantes-tu de la même façon avec cette orchestration.

J’ai un souffle plus posé, plus installé, pour suivre la largesse de l’orchestre.

Ça fait du bien d’écrire des chansons si intimes ?

Bien sûr. Ça donne une distance aux évènements. Fabriquer de l’art avec des sentiments qui remuent le couteau dans la plaie, ça m’a apaisé.

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Pendant l'interview...

La principale intéressée a écouté l’album ?

Evidemment. Elle a écouté les chansons les unes après les autres. On a cette chance d’être des parents, certes séparés, mais très proches, avec beaucoup d’affection et une belle histoire. Avec ce disque, c’est ce que je voulais faire : terminer une belle histoire.

Aux Francos, ce sera quelle formation ?

Je serai avec un orchestre plus réduit que ce qu’il y a dans l’album, mais nous sommes quand même 16 sur scène. On retrouve les textures du disque : les cordes et les vents, un trio jazz, piano, contrebasse, batterie… et beaucoup d’énergie. Il y aura une force nouvelle différente de l’album.

C’est ta 4eme participation aux Francos.

Oui. Je suis venu à chaque album. C’est pour moi un passage incontournable.

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Après l'interview, au service de presse, le 11 juillet 2019.