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30 juin 2019

Sylvain Cazalbou : Argumentaire de presse pour son album Dans les pas

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Il m'arrive parfois d'écrire des biographies et des argumentaires de presse pour des artistes ou des labels qui m'en font la demande. J'accepte à partir du moment où l'artiste m'intéresse. Même si ce n'est pas toujours le style de musique que j'écoute, si la qualité est là et qu'humainement, ça se passe bien avec l'artiste en question, je m'adonne à cette activité avec plaisir. J'adore cela. Etre celui qui synthétise une vie, un début de carrière et une personnalité. C'est même touchant d'être demandé (si, si). 

Ainsi, Sylvain Cazalbou que j'ai rencontré lors de mes deux passages aux Rencontres d'Astaffort (et avec qui le feeling a été immédiat) à fait appel à moi (merci de sa confiance). Je vous livre la version finale de mon travail (bientôt, sur le site officiel de Sylvain.)

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"Elle rêve", nouveau clip de Sylvain Cazalbou. Réalisation : Michel Françoise. Auteurs : Sylvain Cazalbou & Michel Françoise. Musique et arrangements : Michel Françoise

 

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"Tu m'attendais" en duo avec Pablo Villafranca.

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22 juin 2019

Louis Ville : interview pour l'EP Et puis demain...

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LV (E.Sawicki).jpgUn nouveau Louis Ville est toujours un évènement. Même si, sur ce coup-là, il est un peu frustrant. Juste 6 titres alors que l’on en voudrait au minimum le double. Il y a quand même une bonne nouvelle, cet EP, Et puis demain… est annonciateur d’un 7e album qui va sans nul doute nous surprendre. Louis Ville n’est pas artiste/artisan à tourner en rond. Chaque album/pépite est différent et nous emporte dans un nouvel environnement musical encore peu fréquenté.

Pour ceux qui ne connaissent pas Louis Ville, découvrez le en lisant les deux mandorisations que je lui ai consacrées. La première en 2012 pour la sortie de la nouvelle édition de Cinémas, Deluxe Édition et la deuxième en 2017 pour son précédent album Le bal des fous. J’y évoque notamment sa biographie, son passé artistique, son rapport à la musique et aux textes…

Son site (avec la petite phrase de Mandor).

Vous pouvez aussi écouter l'EP là.

Pour sa troisième mandorisation, nous nous sommes retrouvés entre deux émissions et deux trains dans un restaurant de la Gare de l’Est, le 13 juin dernier.

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unnamed.jpgInterview :

L’orientation de ce disque est différente.

C’est mon disque le plus intimiste. Je dévoile plein de choses de moi, de mon vécu, de mes joies, de mes peines, de mes passions…

Tu as nettement amoindri le côté sociétal… comme si tu avais déjà tout dit.

Si je me suis parfois exprimé sur certains faits de société, je n’ai jamais été un chanteur engagé, mais j’ai souvent été ému et touché par l’injustice, donc j’ai voulu en parler, mais je n’en ai jamais fait mon fonds de commerce.

Quelle vision as-tu de la société actuelle ?

Elle est très floue. Je n’arrive pas à cerner ce qu’il se passe aujourd’hui. Politiquement parlant, je ne vois que des gens qui gesticulent.

Le discours dominant est quand même que l’on va droit dans le mur.

Fin 1970, quand j’ai commencé à faire du punk, je me souviens que l’on disait déjà cela. Le mur est partout et tout le temps là. Tant que notre société capitaliste ne se sera pas effondrée pour laisser place à un quelconque renouveau, rien ne changera. Il y a aura tellement d’inégalité que l’on ne pourra toujours pas se sentir apaisé et serein.

Musicalement, cet EP ne ressemble pas à tes précédents albums.

Je n’aime pas rester figé. J’aime les genres, mais ils ne me conviennent pas sur la durée. Rester coincé dans un univers me fait peur. J’ai l’impression qu’il m’étouffe au bout d’un moment. Toute ma vie, je me suis nourri de tas de musiques et d’influences différentes. A terme, tout ce que j’ai écouté assidument a besoin de ressortir.

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Tu as envie de te mettre en danger à chaque fois ?

Exactement. En tout cas, je n’ai pas envie de faire dans la facilité. Je peux me planter ou réussir, peu importe, il faut que ma création soit vive et intense. Je ne peux pas me reposer sur les choses qui existent déjà. Je trouve que ce n’est pas honnête vis-à-vis du public. J’admire les carrières des artistes qui se sont renouvelés fréquemment.

Il y a dans cet EP un instrumental jazzy, « Raphaël ».

C’est un hommage à un ami pianiste qui a une fin de vie pas cool. Comme je l’aime terriblement, ça m’attriste. Un jour, j’ai vu un film qui se déroulait en Amérique du sud dans lequel le final montrait un pianiste complètement habité qui jouait en live. J’ai été subjugué par ce qu’il dégageait. Il rayonnait de joie. J’ai donc voulu jouer un morceau similaire. Je suis parti dans une fulgurance pianistique qui m’a presque dépassé. Il n’y a rien de plus excitant que d’aller dans des terrains musicaux que je n’ai jamais emprunté.

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Dans « Qu’est-ce que tu me trouves », il y a même un coté hispanisant.

Ce n’est pas faux parce que cette suite de deux accords sur un demi ton, c’est très espagnol. Après, dans cette chanson, je voulais rendre hommage à ma manière à David Bowie. La voix est restée très douce, comme une petite discussion intérieure.

A propos de voix, je trouve que tu chantes différemment également. 60489216_10218078295616502_9069925714500780032_n.jpg

Le mode d’expression que j’ai souvent utilisé est le crescendo. Ca partait très doucement et ça montait en puissance. Dans cet EP, je voulais raconter des choses de manière différente, avoir une sorte de recul par rapport aux propos. Dans « Et l’étoile » par exemple, je parle de mon père qui est parti il y a presque deux ans. Je voulais avoir la voix d’un adulte qui a aussi cette fragilité d’enfant. C’est un registre que je n’ai pas l’habitude d’explorer, mais cette thématique m’a incité à exploiter ce filon-là.

Tu déclares ta flamme à celle que tu aimes dans « Qu’est-ce qu’elle me trouve ».

C’est une réflexion intérieure par rapport à l’amour que quelqu’un porte à l’autre. On se demande toujours pourquoi on est aimé de cette manière-là. Il y a des amours qui sont tellement forts, tellement indestructibles, beaux, entiers, qu’il est normal que ceux qui en sont bénéficiaires se demandent s’ils le méritent.

Et ils le méritent ?

Mais non, jamais (rires).

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Tu évoques la maladie d’Alzheimer dans « Je ne me souviens plus ». Ce que j’ai aimé, c’est que cette chanson n’est pas du tout pathos.

Au-delà de l’affect et de la tristesse que l’on peut ressentir quand on a une personne proche qui est atteint de cette maladie-là, il ne faut pas oublier que la victime est dans un autre univers. Elle n’est pas consciente d’être malade, ni de la tristesse qu’elle engendre. Je me suis mis dans la peau de quelqu’un qui commençait à oublier beaucoup de choses. Le texte est enfantin, parce que cette maladie est aussi un retour en enfance. Alzheimer accélère la boucle de la vie.

61NfpSCsdVL.jpgTa chanson « La fille du train » a-t-elle un rapport avec le best-seller du Paula Hawkins ?

Absolument. J’ai dévoré ce livre. Je trouvais que ce qui était écrit dans ce roman pouvait devenir un excellent thème de chanson. Du coup, le texte m’est venu de manière fulgurante. Il y avait plein d’images qui défilaient dans ma tête. Le rythme que j’ai trouvé a facilité l’écriture. Je voyais un film et il se transformait en mots.

J’ai l’impression que dans cet EP, tes textes sont moins « poétiques », plus frontaux.

J’avais envie de simplifier mon langage. Être le plus simple possible est un objectif que je me suis fixé afin de devenir de plus en plus universel. Je n’ai pas envie de plaire à tout le monde, je plais à qui veut, mais j’ai envie que mon discours soit compris par tous.

Il y a tout de même toujours des paraboles, des métaphores…

J’essaie d’être toujours dans l’imagerie, mais en tentant d’être plus direct et abordable

C’est dur de faire simple ?

C’est hyper compliqué même. Il m’a fallu de temps et pas mal d’albums pour y parvenir.

J’ai lu quelque part que tu n’aimes pas te présenter comme un « artiste ».

Sur l’instant, on peut offrir du rêve, un voyage à quelqu’un, mais il y a une échelle de valeur à remettre correctement en place. L’escalier que tu utilises tous les jours, fabriqué par un artisan qui a travaillé avec passion, tu ne le remarques pas. On l’utilise pourtant beaucoup plus que l’on entend une chanson.

D’accord, mais l’art est primordial pour les êtres humains.

Je sais bien et personne n’est déméritant. Tu n’as pas idée combien je respecte certains plasticiens, cinéastes, chanteurs… Il faut juste remettre les choses à leur place.

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Pendant  l'interview...

Tu dis quoi quand on te demande ton métier ?

Chanteur de variété.

De variété ?

Je ne veux pas être un chanteur de chansons. Ce que je fais est un peu pop, un peu folk, un peu rock, un peu songwriter. C’est varié, alors je suis un chanteur de variété.

Si je ne peux pas te classer dans la catégorie « chanteur de variété », je ne saurais pas où te classer pour autant.

Tu vois, je n’appartiens pas à une famille spécifique. Je dois donc être inclassable.

Désormais, tu écris des musiques pour les documentaires et le cinéma.

J’ai toujours voulu faire de la musique de commande, ne pas travailler constamment et uniquement pour mon propre univers. J’y arrive petit à petit. C’est une démarche complètement différente et super intéressante. C’est très inspirant. A terme, cela pourrait me faire dévier sur mes créations personnelles.

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Après l'interview, le 13 juin 2019. 

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09 juin 2019

Cat Loris : argumentaire de presse pour son album Hypersensible

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(Photo : Gilles Crampes)

Il m'arrive parfois d'écrire des biographies et des argumentaires de presse pour des artistes ou des labels qui m'en font la demande. J'accepte à partir du moment où l'artiste m'intéresse. Même si ce n'est pas toujours le style de musique que j'écoute, si la qualité est là et qu'humainement, ça se passe bien avec l'artiste en question, je m'adonne à cette activité avec plaisir. J'adore cela. Etre celui qui synthétise une vie, un début de carrière et une personnalité. C'est même touchant d'être demandé (si, si). 

Ainsi l'hypersensible Cat Loris à fait appel à moi (merci de sa confiance). Je vous livre la version finale de mon travail (que Cat a un peu écourté pour son site (lire   et ) et les argumentaires de presse envoyés aux journalistes).

Pour écouter et acheter le disque, c'est par ici que ça se passe.

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Aragon disait « on pense à partir de ce qu’on écrit, jamais le contraire ». Pour la sensible Cat Loris ce serait plutôt « si je n’écris pas, je n’existe pas ». Dans sa vie, l’écriture est même de l’ordre de la catharsis : « Si je n’écris pas, je tombe malade, je me perds, je ne me comprends plus. »

La chanson à texte, elle aime depuis toujours.

C’est à 8 ans, en écoutant « L’encre de tes yeux » de Francis Cabrel qu’elle décide d’embrasser le métier d’auteur de chansons. D’autres artistes vont plus tard être des révélateurs d’elle-même, des tuteurs. Clarika et Renaud en tête de liste. « Renaud, c’est un mineur de fond. Il va chercher de l’or en lui pour nous, alors que c’est difficile parce qu’il y a aussi beaucoup de charbons en soi. »

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(Photo : Gilles Crampes)

Cat commence à écrire des poèmes et à chanter seule en imitant les autres… France Gall par exemple. Elle souhaite jouer du piano, apprendre le solfège, mais c’est trop onéreux pour sa famille, elle va donc inventer un système pour écrire à sa manière la musique qu’elle invente. Elle confie à son cousin qu’elle veut devenir chanteuse, il l’encourage. Cette envie irrépressible est dans sa tête et deviendra le phare qui lui permettra de garder le cap pour y parvenir.

Ses études reflètent ensuite son obsession : apprendre le plus possible sur la création artistique, les techniques d’art, l’histoire des arts, les écrits des philosophes et des artistes, bref Cat Loris se plonge dans l’apprentissage de manière jusqu’au-boutiste (ce qu’elle est par ailleurs en règle générale). Elle commence à peindre mais c’est une autre histoire. Pour mettre un peu d’argent de côté, elle pose comme modèle d’atelier. Le don de soi au service de la créativité des autres, c’est noble.

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(Photo : Gilles Crampes)

Peur de rien blues. Dans le même temps, elle prend des cours de chant. Comme tout être normalement constitué, elle ne craint pas le paradoxe. A 20 ans, elle enregistre une première maquette dans le studio d’un ami sur une chanson de Whitney Houston, « I Will Always Love You ». Bingo. Elle se retrouve un peu plus tard à chanter dans un groupe de Hard Rock. Des professionnelles de la voix lui signalent qu’avec ce genre de chant il y a un risque qu’elle perde ses aigus. Elle se tourne alors vers le piano-voix avec une amie qui a une formation « classique » et elle commence à prendre la direction qui est la sienne aujourd’hui.

Cat commence peu à peu à tourner dans les cafés concerts parisiens, avec ses amis Jean Olivet (pour qui elle a écrit deux textes sur son album sorti en 2007) et Jean-Marie Desbeaux, des artistes fondateurs et fondamentaux pour elle. Une famille de cœur. Des gens qui partagent sa sensibilité. Bonne élève qui veut tutoyer l’excellence, Cat Loris suit l’atelier d’écriture du légendaire auteur Claude Lemesle. Pour continuer « encore et encore » à apprendre.

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Dans les chœurs, de gauche à droite, Chadi Chouman, Armelle Yons, Cat Loris et Marine Williamson.

(Photo : Gilles Crampes)

Elle lance le chantier « album », en 2016. Il s’appellera Hypersensible, ce qu’elle est intrinsèquement. « Mon premier album, c’est comme le lest que je balance pour que la montgolfière pique enfin vers le ciel. J’ai fait ce disque pour sceller ce qui a été, pour pouvoir avancer… et je l’ai fait aussi pour mon fils. »

Elle s’est tournée vers Chadi Chouman (guitariste de Debout sur le zinc), dix ans après l’avoir rencontré sur Myspace. Il a accepté de réaliser ce premier album. «Avec Chadi, j’ai appris énormément. Il n’a pas la langue de bois. Il m’a managée, coachée et il a secoué le cocotier. Il m’a débarrassée du trop-plein de moi-même et je me suis souvent demandé s’il avait raison… mais au final, il avait toujours raison. Cette épure a mis du béton dans mes failles. »

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Cat et Chadi Chouman qui a réalisé l'album, joué, composé et co-composé...

(Photo : Gilles Crampes)

Autour d’eux, une bande d’instrumentistes et de choristes réunis par le simple plaisir d’enregistrer de bonnes chansons : Salvador Douézy (batterie/percussions), Cédric Ermolieff (batterie), Thomas Benoit (basse/contrebasse), Chadi Chouman (guitares, ukulélé, banjo, trompettes, percussions, claviers), Tchoubine Colin (trombone, percussions), Romain Sassigneux (clarinette), Brice Mirrione (clavier Rhodes et Wurlitzer), Sébastien Ménard (piano), Simon Mimoun (violons), Tony Meggiorin (piano et orgue), Frédéric Longbois (piano) et Cat Loris, Armelle Yons, Marine Williamson, Chadi Chouman, Tchoubine Colin (chœurs).

Dans les chansons ciselées de Cat Loris, à la simplicité et proximité désarmante, il y a de la nostalgie, ses peurs, ses plaies, ses joies, ses espoirs. Ce qui est sombre n’est pas forcément triste, ce qui est nostalgique ne fait pas couler nécessairement de larmes. Tout est nettement plus subtil que cela et c’est bien là la signature de l’artiste : jouer sur nos émotions et nos références passées, solliciter notre délicatesse d’analyse, nous dévoiler une autre interprétation des choses. Un style et des influences au service d’un travail de composition méticuleusement pensé.

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Au piano et à la composition de "Mauvais présage", Frédéric Longbois.

(Photo : Gilles Crampes)

Elle chante qu’il faut apprendre à aimer ce que l’on est et en faire une force (« Hypersensible »), qu’on peut aider quelqu’un à porter ses valises, mais qu’il faut savoir lui rendre rapidement (« Monsieur L’escale »), que le fait d’être rattrapé par la réalité de ses sentiments est une réussite qui peut se transformer en guérison, voire mener vers la liberté (« Mon cœur, parle-moi »), que dans un couple le rapport dominant-dominé est versatile (« Ça le fait marrer »), qu’il faut profiter du moment présent et de ses côtés insaisissables (« Bonheur éphémère »), qu’il faut suivre son cœur, pas ses peurs (« Et l’amour dans tout ça ?»), qu’on peut être une femme et avoir les boules (« J’ai les boules ») et qu’il est drôle parfois d’être une garce (« Reste dormir avec moi »). Elle chante aussi la fin de l’adolescence et l’entrée dans le monde adulte (« Lâcher prise »), son côté Pierrette Richard, distraite et maladroite, dont elle préfère rigoler (« Calamitas »), la non réciprocité de l’amour (« Oublie-moi »), l’espoir qu’il y ait quelque chose après la vie (« Mauvais présage »). Enfin, elle fait un clin d’œil à son mari (« Cerf-volant ») et rend hommage à une grande résistante, Colette Longbois, la mère du chanteur Frédéric Longbois (« L’ombre »)

Clip de "Hypersensible". Réalisation : Cyrielle Boucher (http://cyrielleboucher.com/)
Artwork : Cat Loris. Photos : Collection personnelle et David Desreumaux.

Hypersensible est un album de femmes. Multiple. A l’image de Cat Loris. Singulière, impatiente, à fleur de peau, révoltée, amoureuse, intrépide, excentrique ou indécise. Mettre en mots les sensations de la vie, profondes ou légères, telle est l’ambition réussie de son écriture. Elle puise dans l’humain et l’éloquent. Si l’amour fait évidemment partie du cœur narratif du disque, ce n’est pas sa seule préoccupation : « S’il fallait que je tatoue trois mots sur moi, ce serait liberté, amour et rire. » Cat Loris a l’idée chevillée au corps et au cœur que l’espoir, même lors des moments les plus sombres, est là si on sait le voir. Cette auteure, compositeure, interprète va vous toucher parce qu’elle est touchante. Et son album est poétique et vibrant. Indispensable donc.

François Alquier