Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2019-05-22 | Page d'accueil | 2019-05-30 »

28 mai 2019

Elmer Food Beat : interview pour Back in Beat

elmer food beat,back in beat,interview,mandor

(Photo : Jean-Marie Jagu)

elmer food beat,back in beat,interview,mandor Elmer Food Beat c’est 1 million de disques vendus, des disques d’or et de platine, l’Olympia à guichet fermé, une Victoire de la Musique, plus de 1 000 concerts (de 20 à 20 000 personnes), des millions de kilomètres parcourus et des milliers de filles aimées….

Leur 6ème album, Back in Beat vient de sortir. Vous y trouverez des influences à la AC/DC, à la Ramones voire quelques accents à la Stéréophonics si vous tendez l’oreille. Avec ce disque, le groupe nantais prouve une fois de plus que l’humour est le rock ne sont pas inconciliables. Les riffs de guitares que l’on peut entendre dans ce nouveau disque sont dignes des plus grands musiciens de rock. Les nouveaux titres des Elmer sont souvent délirants, parfois surprenants, jamais répétitifs.

L'album est écoutable ici.

Le 8 mai dernier, et oui, un jour férié, j’ai rejoint deux membres éminents du groupe, Manou Ramirez (chant) et Vincent Nogue (batteur) au bar Les Ondes, à côté de La Maison de la Radio où il devait se rendre juste après notre interview. Manquait à l’appel, Grand Lolo (Laurent Lachater) et Kalou (Pascal Ambroset).

elmer food beat,back in beat,interview,mandor

(Photo : Jean-Marie Jagu)

L’album (argumentaire de presse officiel, mais un peu écourté) :elmer food beat,back in beat,interview,mandor

Ce 6ème opus d’Elmer Food Beat intitulé Back in Beat est un clin d’œil au groupe mythique AC/DC. Clin d’œil tout d’abord graphique puisque la pochette, toute de noir et blanc vêtue avec une touche de rouge, fait référence à la non moins légendaire pochette de Back in Black des frères Young sortie en 1980. Il existe aussi un lien affectif entre Back in Black et Back in Beat. Le premier a servi d’éloge funèbre au très charismatique Bon Scott, décédé quelques mois avant la sortie du disque. Le second sort après la disparition de Twistos, guitariste, parolier et co-fondateur de Elmer. Mais la comparaison s’arrête là.

Back in Beat n’est certainement pas un album funèbre. C’est un album fun.

L’ensemble des titres célèbre plutôt un mode de vie dédié au rock. (« Ça c’est rock » ou « On a du bol »). Réalisé à Bruxelles dans le mythique studio ICP, les 4 membres d’Elmer se sont immergés pendant plusieurs semaines pour en sortir un son léché, quasi cousu main. Rien d’agressif ou de râpeux, plutôt une production tendue axée sur la guitare. Même si les filles et leurs atouts sont toujours aussi présents et sujets à convoitise, telle la belle « Lucille », c’est bien la guitare qui, avec ses courbes voluptueuses, reste la maitresse sans égale d’Elmer Food Beat (« Ma Guitare »).

Car Back in Beat est encore et toujours un album d’amour. Amour inconditionnel aux femmes et à tout ce qu’elles représentent, prenant même le parti engagé, en ces temps de #MeToo et autre #BalanceTonPorc, de s’adresser directement aux « lourdaux qui ne comprennent pas que l’on puisse refuser » et que « Quand la dame » dit non, et bien c’est non, ironisant même sur le train de vie libidineux d’un DSK dans « Dans ce cas ».

Cet album est peuplé d’excellentes chansons et taillé pour la scène où il n’est plus à prouver qu’Elmer prend corps et tout son sens. Loin de la vision étriquée d’un groupe qui chante des paroles égrillardes, Elmer Food Beat est composé de vrais et d’excellents musiciens. Et Back in Beat en est la preuve.

elmer food beat,back in beat,interview,mandor

(Photo : Jean-Marie Jagu)

elmer food beat,back in beat,interview,mandorInterview :

Votre album est encore plus rock que le précédent.

Manou : Nous avons évolué depuis que nous nous sommes reformés en 2010. Nous nous sommes tracés un chemin dans lequel nous évoluons à chaque étape. Twistos ayant disparu juste avant de créer Back in Beat, Lolo a pris plus de place dans les compositions. Cela a donc accentué le mouvement, mais il était déjà initié depuis un moment.

Vincent : J’ajoute que cela faisait un moment que l’on voulait faire des disques qui se rapprochent de notre façon de jouer sur scène. On a donc joué plus brut et énergique. Bravo à Lolo qui a su adapter sa façon d’écrire les textes et la musique à la façon Elmer Food Beat. Il nous prouve bien qu’il a un gros niveau d’analyse musicale. Grand respect pour ce qu’il a fait.

Du coup, l’enregistrement s’est passé plus rapidement ?

Manou : En studio, nous n’avons pas les mêmes automatismes que sur scène. Si nous sommes parfois allés plus vite, c’est que nous avons beaucoup bossé les morceaux en amont. Tout était prêt quand nous sommes arrivés au studio ICP. En 15 jours, nous avons enregistré tous les titres… et sans pression.

"Ça c'est Rock" (clip officiel), extrait de l'album "Back In Beat". Réalisé par David Vallet.

Il y a dans ce disque des chansons qui font partie de votre ADN, mélange de cul et d’amour…

Manou : On ne peut pas s’empêcher de baser nos chansons sur le sexe, les filles, l’amour, le romantisme… parce que oui, nous sommes des grands romantiques.

Dans « Quand la dame », vous expliquez que vous vous êtes bien éclatés avec les femmes, mais uniquement si elles étaient d’accord.

Manou : C’est une chanson engagée. Nous traitons du sexe entre un homme et une femme. Moi, depuis tout petit, c’est une question d’éducation, j’ai toujours respecté les femmes. Tous les membres du groupe sont comme ça. On sait tous que « non », ça veut dire « non ». Ça ne veut pas dire « oui, peut-être ».

Vincent : On a souvent traité de sujets de société importants sous couvert d’humour. En 1991, on a parlé des capotes dans « Le plastique c’est fantastique ».

Manou : On constate qu’en concert, les filles n’hésitent pas à s’amuser avec nous, à monter sur scène… elles ont compris qu’on est juste là pour rigoler et que ce n’est pas parce qu’on raconte souvent des histoires de cul que nous sommes des gros salauds. On s’amuse ensemble, mais d’un commun accord.

Vincent : Il n’y a jamais rien de libidineux chez nous ou d’attitudes déplacées.

elmer food beat,back in beat,interview,mandor

(Photo : Jean-Marie Jagu)

« De toutes tailles » est un hommage aux seins des femmes.

Vincent : Tu as interprété cette chanson ainsi, c’est bien, mais ce n’est pas que ça.

Manou : Disons qu’on ne nomme aucune partie de l’anatomie, mais que les femmes et les homos pourraient aussi se sentir concernés par cette chanson.

C’est la seule ballade du disque.

Manou : J’ai fait cette commande à Lolo. Je voulais un slow comme dans l’album 30 cm et la chanson « Brigitte ». Là, je lui ai même demandé de faire un slow à la Scorpion ou à la Metallica… un slow où les filles tombent comme des mouches quoi ! (Rires).

elmer food beat,back in beat,interview,mandor

(Photo : Gilles Simon)

Vous reprenez une chanson de Bijou, « Sidonie ». On dirait vraiment de l’Elmer Food Beat.

Manou : C’est Kalou qui nous a demandé de reprendre ce titre. Je le connaissais, mais en relisant le texte avec attention, j’avais l’impression que c’était du Elmer. C’était incroyable !

Depuis votre retour en 2010, vous sortez un disque tous les trois ans et n’arrêtez pas de faire des concerts. Elmer Food Beat est toujours en mouvement ?

Manou : Oui parce que lorsque nous sortons un disque, cela relance la machine pour deux-trois ans. Nous sommes tout le temps sur la route avec quelques pauses, mais c’est plutôt intensif. Moi, je ne fais pas de sport, mais j’ai besoin de faire des concerts pour sortir mon trop plein d’énergie. C’est quasi vital pour moi.

"Daniela", extrait du DVD Live des 30 ans filmé le 11 Juin 2016. Avec les caméras de TV Nantes, le son de France Bleu Loire Ocean, Les Machines de L'Ile, Stéréolux et la Ville de Nantes

Vous jouez vos nouvelles chansons, évidemment, mais aussi vos incontournables.

Manou : C’est agréable de jouer tous les nouveaux titres de l’album. C’est la première fois que l’on fait ça d’ailleurs. Mais on prend quand même beaucoup de plaisir à jouer les « tubes », car nous savons que le public les attend. On joue notamment presque en intégralité 30 cm, qui est un album culte, et quelques morceaux des autres disques.

Vincent : On adore interpréter Back in Beat car le public tente de nous suivre, mais il connait moins bien ces chansons. Ils sont très attentifs à tout et commence à s’approprier les nouveaux titres en même temps que nous. Par contre, dès que « Daniela » ou « Le plastique c’est fantastique » démarre, c’est de la folie totale.

elmer food beat,back in beat,interview,mandor

(Photo : Gilles Simon)

elmer food beat,back in beat,interview,mandorVotre public est fidèle et il évolue.

Manou : Nous sommes la Madeleine de Proust de certains. Nous leur rappelons leurs jeunes années, leurs premiers émois amoureux ou autres. Je vais dire un truc prétentieux, mais je le pense. Elmer, ça traverse les générations et c’est indémodable. 30 ans après, les gens disent qu’Elmer Food Beat c’est pareil qu’avant… c’est énorme !

Vincent : Nos fans de l’époque viennent désormais avec leurs enfants.

Manou : On n’est pas encore comme Aznavour où il y avait 4 générations, mais bon, si on tient encore un peu, qui sait ? Pour l’instant, nous sommes à deux générations.

Qui est le plus sage du groupe ?

Manou : Ca dépend des moments. Nous sommes tous à peu près sages ou à peu près pas sages.

Vincent : Le groupe, dans son ensemble, est plutôt sage, poli, bien élevé, modéré, réfléchi. Si en apparence on reflète un grand n’importe quoi, nous sommes tout l’inverse.

Manou : On a les pieds sur terre. Avec le recul, la sagesse et l’expérience, on profite à fond de ce qui nous arrive aujourd’hui.

"Les filles trop belles" et "Mytho", deux titres en acoustique d'ELMER FOOD BEAT pour La boite Noire du Musicien.

Vous êtes surpris d’être encore là ?

Manou : Parfois. Quand tu remplis des salles et que tu vois plein de gens chanter les chansons du groupe, tu n’en reviens pas. Nous savons que nous avons de la chance.

Vincent : Par contre, il y a une chose qu’il ne faut pas nous enlever : à chaque fois que l’on monte sur scène, c’est comme si nous repartions à zéro. Chaque soir, il faut prouver que nous méritons notre place. Nous ne nous sommes jamais reposés sur nos lauriers.

Manou : Twistos disait toujours, et ce depuis le début, que nous n’avions pas le droit de décevoir notre public : « Hier on était bons, mais il faut être bons ce soir parce que ce n’est pas le même public qu’hier. »

elmer food beat,back in beat,interview,mandor

(Photo : Gilles Simon)

Tout au long de votre carrière, les femmes vous jetaient des petites culottes et des soutiens-gorge. Ça se fait toujours aujourd’hui ?

Manou : De moins en moins, mais quand même un peu. Ce week-end, il y en a une qui l’a fait. J’en ai plein à la maison. Depuis 30 ans, j’ai deux gros sacs de sous-vêtements (rires).

Vous avez un gros capital sympathie.

Manou : C’est vrai que partout où nous passons, nous sommes superbement bien accueillis, et par les professionnels et par le public. Il parait que nous sommes sympathiques aussi dans la vie, ça doit y faire un peu.

elmer food beat,back in beat,interview,mandor

Avec Manou et Vincent, après l'interview, le 8 mai 2019 au bar Les Ondes.