Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Nicolas Paugam : interview pour Le ventre et l'estomac | Page d'accueil | Louis Arlette : interview pour Des ruines et des poèmes »

10 mai 2019

Abel Cheret : interview pour Amour Ultra Chelou

abel cheret, amour ultra chelou, interview, mandor

(Photo : Marie-Pierre Durand)

abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandor(Photo à gauche : Camille Pourcel)

« Des histoires d'amour chelou sur des rythmes tropicaux, de la nonchalance dans la voix et dans la dégaine, entre Souchon et Tellier, entre Katerine et Daho » nous explique le dossier de presse d’Abel Cherret. Pas faux. Perso, j’ai adoré ce deuxième EP, Amour ultra chelou. 5 récits pop d’histoires d’amour versant parfois vers le cynisme, le tout avec une très jolie plume sur une musique d’aujourd’hui.

EP à découvrir notamment ici.

J’avais hâte de faire sa connaissance. Et c’est un jeune homme (de 34 ans, mais qui ne les fait pas) avenant et souriant que je rencontre, le 12 avril dernier dans un bar parisien.

Mini biographie (officielle) :

Né aux Sables d'Olonne, en Vendée, son mélomane de père le berce en écoutant Bob Dylan, Dick Annegarn ou encore Jacques Higelin. Abel Chéret vit sa première expérience musicale à 15 ans comme auteur puis chanteur dans un groupe de rock. Il migre ensuite à Paris pour se libérer des fantômes de son enfance. Dans ce nouvel environnement, il écrit des chansons plus intimistes à l'humour tranchant.

L’EP (argumentaire de presse officiel) :abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandor

Après un premier EP très organique enregistré en trio (guitare / cuivres / batterie), Abel Chéret cherche un mode d’écriture plus personnel encore et sans concession. Il troque sa guitare contre un PC et s’enferme 3 mois pour écrire et composer de nouveaux morceaux qui raisonnent avec ses obsessions du moment : l’amour et le sexe dans toutes leurs formes. Il s’allie ensuite au producteur PAG qui finalise les arrangements puis il soumet les titres à l’oreille experte d’Etienne Caylou (Clara Luciani, Eddy De Pretto) pour le mixage.

Le résultat : 5 histoires « d’Amour Ultra Chelou » touchantes et cyniques sur fond d’une électro pop percussive. L’EP Amour Ultra Chelou vient de sortir.

abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandor

(Photo : Camille Pourcel)

abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandorInterview :

Je crois savoir que ton père écoutait beaucoup de musique ?

C'est un grand mélomane. Il écoute beaucoup de musique tous genres confondus, du classique, à la musique contemporaine en passant par le métal et la techno… Tout petit, j’entendais aussi Dick Annegarn, Higelin, deux artistes libres et exubérants et je les adorais. Mais celui que mon père a dû écouter le plus, c’est Bob Dylan. Il m’a donc beaucoup marqué.

A 15 ans, tu es déjà chanteur et auteur d’un groupe de ska punk.

A l’époque j’écoutais du rock, du punk, un peu de reggae, les groupes de rock festif à la Mano Negra. J’étais dans cette ambiance musicale quand j’ai appris qu’il y avait un groupe de rock qui se formait dans mon lycée. J'ai commencé par écrire des textes, puis au bout d’un moment, je suis devenu le chanteur et parolier. J’ai appris la musique avec ce groupe en fait. Beaucoup venaient du Conservatoire et connaissaient bien la théorie musicale et l’harmonie. Pendant 5 ans, j’ai appris la musique avec eux, entres potes.

Parallèlement, tu écrivais tes chansons personnelles.

A un moment, ils sont partie dans un délire plus pop… ils avaient d’autres ambitions. J’ai préféré rester avec mes chansons intimistes. Nous nous sommes séparés, mais eux existent encore. Ils commencent d’ailleurs à avoir du succès. C’est le groupe Léonie. Nous sommes toujours potes, mais j’ai fait mon chemin de mon côté.

Clip de "Calor Humedo". Images #animation. Réalisation : Simon Dronet http://www.simondronet.com/

C’est ton deuxième EP. Le premier est sorti en 2014.abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandor

A l’époque, j’avais un batteur et un musicien qui faisait les cuivres. Mon projet n’était pas assez mûr à mon sens, donc je n’ai pas beaucoup communiqué dessus. J’étais quand même bien implanté dans le réseau chanson à Paris. J’ai chanté dans des salles comme Les trois baudets par exemple. Mais bon, je sentais que je n’étais pas encore là où il fallait que je sois. Je cherchais mon identité musicale.

Amour ultra chelou. J’adore le titre de ton EP. Tu l’as choisi comment ?

Un jour une copine a entendu un de ces titres et elle m’a dit : « c’est encore une chanson d’amour ultra chelou, ce que tu nous as fait ». Je me suis dit : « c’est parfait ! J’ai mon titre ».

Pourquoi n’écris-tu que des chansons d’amour ?

Quand j’écris, j’essaie de ne pas m’imposer de contraintes. Je veux être le plus libre possible dans ce que je raconte. Je sens que ça marche quand ce que j’écris est plus ou moins automatique. Je lis beaucoup de livres, des poèmes, et au bout d’un moment, dans ma tête, ça murit, ça travaille, ça fermente… et il en sort quelque chose qui vient sans que je ne réfléchisse trop. Ce qui sortait était des chansons d’amour parce que j’étais fou amoureux à l’époque où j’ai écrit l’EP. Ca a forcément joué. Dès que j’essayais d’écrire autre chose que des histoires d’amour, ça sonnait faux.

Dans ta chanson « Lovely Doll », on comprend que c’est précisément un amour ultra chelou.

Au Japon, ils ont des poupées qui sont utilisées comme objets sexuels, voire même comme des prostituées. Je suis partie de là et ça a dérivé vers le viol domestique. Je parle des hommes qui violent leur femme soumise à eux et qui deviennent donc les objets sexuels de leur mari.

Il y a des chansons un peu ambiguës, pas très claires, dont on peut deviner des doubles sens…

J’aime bien l’ambiguïté alors j’image souvent les choses. La chanson « Irma » pourrait parler d’une femme, or j’évoque l’ouragan du même nom. Tant que c’est cohérent dans les deux sens, ça me convient.

Clip de "L'amour saignant". Scénario et réalisation : Rosalie Charrier
Abel Chéret joue le rôle du groom. Le couple est incarné par Eva Danino et Vassili Schneider.
Bernard Tiélès et Geoffroy de La Taille incarnent les serveurs.

abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandor(Photo à gauche: Marie-Pierre Durand)

Chez toi l’amour n’est pas doucereux, mielleux, dis-tu dans « L’amour saignant ».

C’est une ode ironique à l’amour jetable. Avec Tinder ou autres applications de rencontres, on a l’impression que tout le monde est accessible et que l’on peut coucher facilement avec n’importe qui. Je ne fais jamais la morale aux gens, mais je trouve dommage de ne pas prendre le temps de connaitre les gens, ça enlève tout romantisme à l’amour. Cela dit, je ne crache pas sur les sites de rencontres puisque j’ai justement rencontré ma copine sur l’un d’eux (rires).

Je trouve que tu as ta propre identité et que tu ne ressembles pas à d’autres artistes.

C’est gentil, mais certains voient dans « L’amour saignant », un côté Souchon. C’est vrai que, parfois, je suis proche de ses harmonies. D’autres m’affilient à Alex Beaupain. Tu vois je n’échappe pas aux comparaisons.

J’adore « Western eros », une chanson aventuro-coquine.

C’est la chanson la plus narrative de l’EP. Je raconte l’histoire d’un couple qui va dans un cinéma. Ils regardent un western. La fille masturbe le mec qui lui, essaie de se concentrer sur le film… mais les deux scènes se mélangent en lui. C’est une chanson très imagée là aussi.

Tu as changé ta façon de travailler tes musiques, je crois.

Avant, j’écrivais mes morceaux à la guitare. Pour cet EP, j’ai laissé tomber cet instrument pour tout ce qui est arrangements et compositions. J’ai gardé l’harmonie et je travaille tout avec un logiciel sur mon ordinateur. Je crée de la musique de façon électronique en m’inspirant de ce que j’écoutais à ce moment-là. En l’occurrence, j’étais fana de musique cubaine. J’ai donné le fruit de mon travail à mon acolyte PAG. Il a retravaillé mes sons pour qu’ils sonnent un peu mieux. J’adore sa finesse et son oreille.

abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandor

(Photo : David Desreumaux)

Tu as beaucoup fait de scène en guitare chant solo. Avec tes nouvelles chansons, tu vas être comment ?abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandor

Ma formule favorite c’est : batterie, séquences, moi au chant et aux claviers. Avoir un batteur rend les chansons plus percussives et ça donne beaucoup de vie aux morceaux. Avant cette EP, j’avais réussi à trouver une certaine liberté avec ma guitare et depuis que je ne l’ai plus, ça m’a déséquilibré complètement. Là, je commence à bien retrouver mes marques et une certaine fraicheur que je pouvais avoir avant.

Cet EP présage d’un album à venir j’imagine.

J’ai voulu que cet EP soit très abouti pour qu’il soit la meilleure carte de visite possible. Evidemment, je travaille sur d’autres chansons et évidemment, j’aimerais garder à mes côtés, PAG et le mixeur du disque Amour Ultra Chelou, Etienne Caylou. Ça s’est tellement bien passé entre nous que j’aimerais développer quelque chose avec eux.

C’est un combat pour toi d’exister dans ce métier ?

C’est d’abord un combat avec moi-même. J’aime bien parler, échanger avec les gens, mais je n’aime pas me mettre en avant et me vendre. Cela ne fait pas partie de mon ADN. Sinon, honnêtement, faire de la musique, c’est un plaisir avant tout.

abel cheret,amour ultra chelou,interview,mandor

Après l'interview, le 12 mai 2019, au Pachyderme.

Commentaires

Bonjour , je viens d'entendre sur France inter , la mélodie " Amour saignant " , j'ai adoré le ton , musical et l'harmonie des lettres , bravo , je vais essayer de vous suivre , et en avant !!!!!!!!

Écrit par : Rossignol Patricia | 14 septembre 2019

Bonjour , je viens d'entendre sur France inter , la mélodie " Amour saignant " , j'ai adoré le ton , musical et l'harmonie des lettres , bravo , je vais essayer de vous suivre , et en avant !!!!!!!!

Écrit par : Rossignol Patricia | 14 septembre 2019

Écrire un commentaire