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23 mars 2019

Val Reiyel : interview pour Irineï et le grand esprit du mammouth

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IMG_9157.JPG« Partez dans la toundra pour une aventure palpitante sur fond de découvertes scientifiques, de vivre ensemble et de protection de la planète ! » nous dit l’argumentaire de presse. Merci à Val Reiyel de tenir cette promesse dans ce diptyque intitulé Irinéï et le grand esprit du mammouth. Vous allez tous vous attacher à ce jeune chaman sibérien de 12 ans qui, à travers son regard, va vous interroger, notamment, sur la préservation et le respect de la vie animale et humaine. Personnellement, et je vous jure que je ne suis pas excessif, j’ai pris de grandes leçons de vie. Il y a des évidences qu’il est utile de rappeler… et, cela, sans jamais faire la morale aux lecteurs. C’est une performance. A lire impérativement !

Le 19 février, nous nous sommes retrouvés dans un bar de la capitale pour une première mandorisation. (Non pardon, une deuxième, mais la première était à une époque, en 2011, où Val Reiyel écrivait sous son vrai patronyme)

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Au cours d’une expédition scientifique en Sibérie, des paléontologues américains extraient du sol gelé une femelle mammouth parfaitement conservée. A leur retour à Los Angeles, ils se trouvent rapidement face à une incroyable énigme : la femelle mammouth porte un petit, les cœurs de la mère et du bébé battent encore… Seul Irineï, un jeune chaman de 12 ans qui vit dans une tribu de nomades éleveurs de rennes, connaît la clé du miracle: lors d’un voyage dans le monde des Esprits, il a redonné vie au Grand Esprit du Mammouth qui veut reprendre sa place sur Terre… Mais, bien loin des steppes glacées de Sibérie, le mammouth et son petit ne peuvent pas survivre sans Irineï. Pour les sauver, le jeune garçon va vivre loin de chez lui une formidable aventure humaine et spirituelle. Il va se battre pour le respect de la vie des animaux, et l’avenir de la planète.

(Note de Mandor : la fiction de Val Reiyel pourrait rejoindre la réalité. Lire ici.)

L’auteure :

Val Reiyel a plusieurs passions : l'écriture, l'image et la défense du monde animal. Il y a 18 ans, cette auteure, scénariste et comédienne, travaille sur un documentaire relatant l'incroyable découverte d'un mammouth en Sibérie. Elle s'empare de ce sujet et écrit son premier roman jeunesse autour de cette thématique chère à son cœur.

Val Reiyel nous raconte l'histoire d'Irineï sur les lieux du roman (documentaire réalisé par Sébastien Drouin).

IMG_9125 (2).jpgInterview :

Cette histoire, tu la portes depuis longtemps en toi, je crois.

Il y a plus de 20 ans, j’ai écrit pendant 3 mois des sujets dans une boite de prod de documentaires. Cette boite était en train de concevoir un 52 minutes intitulé Sur la piste du mammouth. Il racontait l’extraction d’un mammouth, censé être entier, en Sibérie par une équipe française dirigée par Bernard Buigues. Je voyais des images arriver et l’avancée du projet au fur et à mesure. Je trouvais cette histoire hallucinante et je me disais que ce serait géniale d’en faire une histoire, mais en faisant revivre le mammouth. Comme je ne voulais pas que ce soit un Jurassic Park bis, j’ai cherché ce qui pourrait faire la différence. J’ai donc inventé cet enfant chaman qui a des pouvoirs un peu magiques. A la base, j’ai écrit une trentaine de pages pour qu’il devienne un scénario pour le cinéma.

Tu l’as proposé à des producteurs ?

Oui, mais il y a 20 ans, ils me regardaient avec des yeux ronds. Comment faire vivre des mammouths ? A l’époque il n’y avait pas les effets spéciaux que l’on a aujourd’hui et surtout, on ne parlait pas encore des problèmes d’écologie, de la protection des animaux… Aux yeux de ces producteurs, mon projet est apparu farfelu et très cher à concevoir.

Aujourd’hui, on est en plein dedans.

Il y a deux trois ans, avec mon complice Sébastien Drouin, on a relancé le projet pour le cinéma, mais comme les décisions sont toujours un peu longue à se concrétiser, j’ai décidé d’en faire un roman pour que cette histoire existe concrètement.

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Photo de circonstance.

Ce livre est considéré comme un  roman pour les ados à cause de la magie et des pouvoir du chaman Irineï?

Oui, alors que les parents et les grands-parents peuvent aussi le lire. Je ne pense pas qu’ils s’ennuieront. Je reçois d’ailleurs plein de mails d’adultes qui adorent l’histoire soit par son côté écolo, défense des animaux, soit par le côté spirituel et chamanique, soit par son côté scientifique. Chacun y trouve le fil rouge qui l’intéresse : Irinéï, les mammouths, les animaux, la vie personnelle des protagonistes de l’histoire… Mon éditrice, Aude Sarrazin, qui épouse complètement l’idéologie véhiculée dans ce roman, considère que c’est un livre à partir de 12 ans, mais extensible.

Il y a de la science dans tes pages, mais accessible à tous et surtout, rigoureusement véridique.

C’est hyper documenté à différents niveaux, mais de manière très simple pour que même les plus jeunes puissent comprendre sans difficulté.

Il y a beaucoup de toi dans certains personnages, j’ai remarqué. Tu pars bénévolement à Bucarest régulièrement ramener des chiens en France pour une association.

De moi, il y a l’amour des animaux que j’ai depuis toujours, le respect de la planète, des peuples premiers qui ont une spiritualité que nous, occidentaux, nous avons complètement oublié. On a oublié le lien avec la nature, mais aussi avec les mondes spirituels.

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Dans tes deux livres, tu rappelles des évidences écologiques.

Ce qui me touche dans les messages que je reçois, c’est que beaucoup me disent que ça les a fait beaucoup réfléchir sur leur façon de vivre et qu’ils ont pris conscience de plein de choses. Je suis heureuse car c’était le but de ce roman. Je rappelle que les causes de l’extinction de certaines espèces ne sont pas naturelles. Elles sont toutes dues à l’activité humaine : la destruction de l’habitat des espèces, la déforestation, la surpêche, la surchasse, la pollution, le changement climatique si rapide… tout cela vient de l’espèce humaine, qui, elle, en revanche, est en surpopulation et en surconsommation. Autre chose, on a perdu 60% des animaux sauvages en 40 ans. Dans 10 ans, il n’y a plus d’éléphants, de lions, d’orangs outangs, il n’y a plus rien. Ça va à une vitesse monstrueuse. On est dans une sorte de dissonance cognitive.  On a les infos, on voit ce qu’il se passe très précisément et en même temps, on n’y croit pas ou on ne veut pas voir…

image006.jpgOn en parle de la disparition des insectes ?

Ce n’est absolument pas anodin et les gens ne s’en rendent pas compte. S’il n’y a plus d’insectes, il n’y a plus d’oiseaux, de fertilisation et de pollinisation. Greenpeace dit que 75% de la nourriture mondiale vient de pollinisation des insectes. S’il n’y en a plus, on fait quoi ? La disparition des espèces entraînent de graves conséquences en cascade sur les écosystèmes.

Pour toi, ce roman n’est pas un roman de plus, tu veux vraiment faire passer des messages primordiaux et salvateurs.

Pour nos enfants et pour nous, il faut que nous ayons tous une prise de conscience sur ce qui est en train de se passer. Dans 10 ans ou, au maximum dans 20 ans, la vie sur Terre deviendra très compliquée… 

Tu as peur ?

Ce n’est pas la peur qui domine chez moi. C’est la tristesse et la colère. On va dans le mur. La question est de savoir quand nous allons le percuter. Dès aujourd’hui, il faut prendre des mesures sérieuses contre le réchauffement.

Quand Irinéï arrive aux Etats Unis, il nous fait comprendre que la société de consommation et plus généralement le monde moderne, sont complètement illogiques voire fous.

Il a une sorte de naïveté et une logique sur tout ce qu’il peut voir et constater d’une civilisation qu’il découvre qui rend absurde ce que nous, on connait. Il n’a rien contre les américains, mais il ne comprend pas pourquoi ils vivent ainsi, sans respecter aucune forme de vie, animale ou même humaine.

Hélina, la grand-mère d’Irinéï, elle-même grande chaman, dit : « Ils vont devoir ouvrir leur esprit et apprendre qu’il y a bien plus de choses dans l’univers que ce que leurs yeux peuvent voir ».

Voilà. Tout est résumé dans cette phrase.

Tout est dit aussi dans ce qu’inculque le grand esprit du mammouth à Irineï, je cite : « Les hommes Gaïa-grille-énergie.jpgdeviennent fous. Dans leur aveuglement et leur égoïsme, il ravage Gaïa, la Terre. Ils ne pensent qu’à leurs besoins immédiats, et pas même à l’avenir de leurs propres enfants. Mais Gaïa est un être vivant qui souffre des mauvais traitements qu’ils lui infligent. Chaque marée noire dans l’océan, chaque accident de centrale nucléaire, chaque forêt qu’on détruit, chaque bombe qui explose, chaque prairie et chaque rivière transformée en poubelles géantes, sont autant de blessures qui la meurtrissent. Les hommes ne réalisent pas qu’en massacrant leur Mère la Terre et en exterminant les animaux, ce sont eux-mêmes qu’ils détruisent. »

Ai-je besoin d’ajouter quelque chose ?

Non. J’aimerais parler du personnage de Marion Delamare, une française basée à Los Angeles qui est à la tête d’une association de défense des animaux. Une activiste qui agit dans le monde entier. Je sais qu’elle t’a été inspirée par Isabelle Goetz, la porte-parole de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals).

Oui, c’est une amie à moi. Elle est très inspirante. Je trouve cette femme incroyable. Elle fait tellement d’happening pour faire bouger les choses. Je suis évidemment sympathisante de ce qu’elle défend.

Ce livre compte tellement pour toi, te demandes-tu ce que tu vas bien pouvoir écrire après ça ?

Ecrire d’autres aventures d’Irinéï ne me déplairait pas. Pas forcément avec des histoires qui se suivent… peut-être avec une histoire qui n’a rien à voir.

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Après l'interview, le 19 février 2019 au Pachyderme.

Bonus : 

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J’ai tellement aimé les deux volumes d’Irineï et le grand esprit du mammouth que, le 15 mars dernier, j’ai accepté avec plaisir d’interroger de nouveau Val Reiyel, mais cette fois-ci au Salon du Livre de Paris sur la scène « Sciences pour tous »... des jeunes lecteurs très intéressés qui posaient plein de questions et des moins jeunes très attentifs. Un débat sympathique et joyeux dont voici quelques photos.

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Et cela s'est terminé avec une longue séance de dédicaces pour Val Reiyel.

Bonus (bis) : Voici un documentaire de 50 mn, réalisé par Tim Walker en 2012. On y retrouve le scientifique Bernard Buigues évoqué par Val Reiyel au début de mon interview, mais ce n'est pas le film dont il est question dans ce même entretien. Il m'a tout de même semblé intéressant de le publier ici, car il y a des accointances avec les propos tenus par l'auteure dans cette mandorisation. 

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