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16 mars 2019

bESS: interview de Guillaume Fanchon pour l'album Metz

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bess,guillaume fanchon,metz,interviewLe Messin Guillaume Fanchon est à l’origine de bESS. Après des débuts en anglais, le groupe aux inspirations anglo-saxonnes s'est mis au français dans son troisième album, Metz (ils reprennent même Michel Legrand, « Les Moulins de mon cœur », voir le clip plus bas). Il n’est pas exagéré d’affirmer que leurs chansons s'autorisent de grands écarts musicaux, mais l'esprit de bESS est toujours là, car cette pop empruntée aux anglais leur colle à la peau.

J’ai rencontré Guillaume Fanchon, le 13 février dernier dans sa loge de La Boule Noire où bESS se produisait deux heures après.

Biographie officielle :

-bESS- (à l’origine brit ESSence) est un groupe français aux inspirations Brit pop. Bercé par The Divine Comedy et Radiohead, c’est sur scène que le quatuor fait ses armes enchaînant plus de 200 dates. Il se pose en studio pour enregistrer son premier album. Everybody wants to have a good life se veut un hymne à la vie. Lyrique, mélodique et rocailleux. Le magazine ELLE loue leurs « mélodies envoûtantes » et Le Magazine Rock One les nommera parmi les meilleurs espoirs rock.

L'histoire du groupe bESS (époque langue anglaise).

Ils remportent la 1ère place du Prix Ricard aux votes du public et enchaînent à 4 une tournée qui les bess,guillaume fanchon,metz,interviewmènera dans des grands Festivals français comme Musilac, Beauregard, Imaginarium et les Déferlantes. Ils enregistrent alors leur 2ème album Human, né de l’observation de ce monde où le beau et le laid se côtoient étrangement. André Margail rejoint le groupe sur ce 2ème opus pour apporter sa touche à la fois rock et aérienne. Guitariste incontournable de nombreux artistes, il a joué avec les plus grands : Jane Birkin, Jacques Higelin, Mark Knopfler... -bESS- partage alors la scène avec Supertramp.

Avec Human, le groupe atteint plus de 20 000 fans sur les réseaux sociaux et le clip « Human » totalise à lui seul plus de 200 000 vues Facebook. « Une Pépite Britpop atmosphérique, qui s’inscrit en droite ligne d’icônes pop » dixit Rolling Stone Mag. Krishoo (FFF) rejoint le groupe à la batterie pour la nouvelle tournée qui accompagne la sortie du nouvel album Metz.

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Le 13 février 2019 à La Boule Noire.

bess,guillaume fanchon,metz,interviewInterview :

Avant bESS, il y a eu un premier groupe qui a quand même remporté le titre de Découvertes du Printemps de Bourges.

C’est au début des années 90, les Tommyknockers. C’était presque du grunge, mais nous étions quand même très inspirés par des groupes comme Radiohead. A l’occasion de la sortie de leur premier album, Pablo Honey, on a fait la première partie de Radiohead en 1993 dans une librairie où ils jouaient en acoustique. On a discuté longuement avec Thom Yorke et Colin Greenwood et nous sommes devenus un peu potes. C’est une vraie rencontre.

Et The Divine Comedy ?

Pareil. On a fait trois concerts avec eux et là encore, nous sommes devenus amis. Avec ces deux groupes, on a perdu le contact aujourd’hui. Ils ont pris tellement d’ampleur…

Je t’interviewe comme jeune artiste alors que tu as plus de 20 ans de carrière.

(Rires). Je suis un artiste en développement toute ma vie. C’est un parcours de vie finalement. Il y a eu les Tommyknockers, London Sofa, In and Out et bESS. Comme je ne me vois pas faire autre chose, que je sois célèbre ou non, ça ne change pas grand-chose. Ça fait 20 ans que j’écris des chansons, que je fais de la musique, que je monte sur scène, que le plaisir est intact…

Est-ce qu’on peut dire que les choses sérieuses ont commencé quand tu es arrivé il y a dix ans à Perpignan ?

Je ne sais pas. J’ai monté un groupe avec le guitariste, Matthieu Tarbouriech. On était en duo pendant trois ans. Très vite, on a fait la première partie de Selah Sue dans un festival à côté de Perpignan. Sylvain Philipon, notre ingénieur du son, nous a repérés à ce moment-là. Lui, il bossait avec Cali et d’autres artistes. Il nous a demandé si on voulait bien enregistrer trois titres ensemble. On a accepté et nous nous sommes retrouvés dans le studio de Cali avec d’autres musiciens, dont certains à lui, parce qu’on ne pouvait enregistrer qu’à deux. Depuis 8 ans, les choses se sont professionnalisées pour nous. Nous avons des musiciens qui ont joué avec Cali, Niagara, FFF… Même si on n’est pas trop connus, j’ai vraiment l’impression d’avancer.

Clip de "Vingt Saint Valentin".

C’est ton premier album en français, mais musicalement, tes musiciens et toi êtes dans la même veine  que les deux albums précédents.

Oui, c’est pop, rock, Britpop… c’est vraiment la musique qui nous fait vibrer. Chanter en français me demande beaucoup plus de concentration  parce que quand on interprète en anglais, la mélodie prend le pas sur les paroles. En France, les gens font moins attention au texte quand ils entendent la langue anglaise, alors que personnellement, je fais toujours très attention à ce que j’écris. Ils vont plus faire attention à l’émotion que va dégager la voix et celle que vont dégager les mélodies. Quand on chante en français, l’attention du public est complètement modifiée.

Malgré le changement de langue, il y a la même patte musicale.

C’est une vraie envie que  j’avais. J’ai fait en sorte d’arranger les morceaux et de placer les guitares de la même manière qu’avant... il fallait que ça sonne encore anglais. Ma culture reste anglaise tout de même. Mon arrière-grand-père était anglais, j’ai vécu en Angleterre…

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Pendant l'interview...

Pourquoi chanter désormais dans ta langue natale ?

Quand j’écris une chanson, ça part toujours d’une émotion, d’un vécu, d’un ressenti… ensuite, je laisse venir les mots. Il s’avère que sur tous les derniers textes que j’ai écrits, ils venaient en français. Je ne sais pas pourquoi. Au final, quand j’ai fait écouter mes nouvelles chansons aux autres musiciens, ils ont été surpris, mais ils ont aimé.

Du coup, chantes-tu de la même façon ?

Non. Ce sont deux langues qui raisonnent sur deux fréquences différentes. La langue anglaise est plus dans les aigus. Ça me plaisait bien parce que cela me permettait d’utiliser ma voix de tête. En français, on est obligé de se poser un peu.

Clip de "Les moulins de mon cœur". Images: Kevin Froly - Aurélien Richter- Archives Idem creative Art school. Musique : Michel Legrand. Texte: Marilyn et Alan Bergman

Tu te cachais derrière les mots en anglais ?

En écrivant en français, je n’ai pas le sentiment d’être plus personnel, sauf qu’inconsciemment, si en fait. Je suis plus dans le sens…

L’album Metz fourmille de trouvaille. Il faut l’écouter plusieurs fois pour tout déceler…

Tu as absolument raison. On a beaucoup travaillé. Il y a plusieurs lectures dans nos chansons donc plusieurs écoutes sont nécessaires pour aller chercher tout ce que l’on a mis dedans. J’aime les albums riches. J’aime quand, à la première écoute, je sens que je n’ai pas tout entendu. Metz est un album qui se découvre par touches.

Clip de "Metz".

Parle-moi de l’histoire de la chanson « Metz ».

Ma maman est tombée malade, je suis donc retourné à Metz il y a un an. Elle a eu un cancer foudroyant et elle est décédée en juillet. Je voulais que cet album s’appelle Metz aussi pour elle. La chanson raconte la ville, ses lieux emblématiques mais aussi un voyage, une vie entière qui nous transporte de Lorraine en Catalogne, les gens que l’on rencontre et ceux qu’on laisse derrière soi. Je jette un regard sur mon passé. Inconsciemment, il y a une symbolique un peu « spirituelle ». C’est bizarre, à la base, j’ai écrit cette chanson pour mon épouse, mais quand je la réécoute aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a une double lecture et qu’on peut imaginer que c’est aussi pour ma maman. J’avais écrit le texte avant de la savoir malade. Les hasards…

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Le 13 février 2019 à La Boule Noire.

Tu as des thèmes récurrents dans tes chansons. Notamment sur l’observation du temps.

Oui, l’observation du monde et le temps qui passe. Ça me travaille quand je vois mes enfants grandir. Le temps prend de plus en plus de sens pour moi.

Tiens, je vais faire une lapalissade. La scène, c’est ce que vous préférez dans ce métier ?

C’est là où on est bien et, surtout, c’est là où  le groupe existe. On essaie de faire de jolis disques et de jolis clips, mais finalement, sans médiatisation, sans label connu, sans maison de disques, sans soutien financier derrière, pour faire exister un album, il n’y a que la scène. Ce qui compte le plus, c’est le partage avec le public.

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Après l'interview, le 13 février 2019.