Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2019-03-12 | Page d'accueil | 2019-03-16 »

14 mars 2019

BAST : interview pour son premier EP Vertiges

bast,vertiges,interview,mandor

bast,vertiges,interview,mandorIl y a une nouvelle génération de rockeur (un peu pop) qui arrive depuis quelques mois en France. Des artistes comme Dani Terreur, Arthur Ely, Solal Roubine, Antoine Elie… et BAST. Cette génération (qui peut compter comme grand frère Radio Elvis et Feu! Chatterton) est très enthousiasmante. BAST m’a tout de suite interpellé. Un physique à la James Dean et une attitude rock à la fois naïve et inspirée, très touchante. Son premier EP, Vertiges (que pouvez écouter là, à votre convenance), pas vraiment triste, mais un peu, souvent dansant,  parle d’évasion, de rêve et de décadence. Pas de doute, ce jeune homme de 26 ans cherche la place qu’il occupe dans la société… comme nous tous finalement.

Le 19 février dernier, BAST et sa manageuse m’ont convié dans leur fief, un bar de la capitale dans lequel on se sent bien, pour une première mandorisation…

Biographie officielle : bast,vertiges,interview,mandor

C’est à l’âge de 7 ans que BAST, de son vrai nom Bastien Jorelle, se retrouve sur un piano. Il se met très vite à écrire des chansons et décide d’intégrer la Maitrise des Hauts de Seine, chœur d’enfants de l’Opéra National de Paris

Il fait ses premiers pas sur scène à l’Opéra Bastille dans le rôle d’un des trois garçons de La flûte enchantée de Mozart et c’est ce jour-là, sous les acclamations du public, qu’il éprouve le désir d’en faire son métier. 

Durant sa mue, Bastien s’intéresse au rock avec Elvis Presley, les Rolling Stones ou encore Joy Division et monte son premier groupe The Croissants. Après plusieurs dates, dont une au Gibus et une autre au New Morning, la formation est finalement dissoute et donne naissance au groupe Inner Brain dont Bastien en deviendra le leader. Un EP  éponyme est auto produit et plus d’une cinquantaine de concerts sont donnés (La Cigale, Le Divan du Monde, Bus Palladium, Festival Les Déferlantes …). 

Inner Brain évoluant dans un style pop rock anglophone, Bastien se lasse et se lance en solo dans sa langue maternelle, le français : c’est ainsi que naît BAST

bast,vertiges,interview,mandor

(Photo : David Poulain)

bast,vertiges,interview,mandorArgumentaire de presse de l’EP Vertiges :

Il réunit cinq titres, tous écrits et composés par BAST.

Il aborde dans ses textes les thèmes de l’évasion, du rêve et de la décadence de son époque.  Dans « Paradise » et « La Nuit acidulée », l’homme, le protagoniste de ses histoires, apparaît comme dépendant d’une femme aux caractères mystiques.

BAST définit sa musique de « Rock’n’Pop à la française ». Le rock pour les tripes et la recherche d’une authenticité dans l’interprétation. La pop pour un esthétisme sonore et un désir d’efficacité.   

Versez dans un verre une goutte du Velvet Underground et de Jacques Higelin. Ajoutez un zeste de La Femme, de Flavien Berger et vous avez un avant-goût du cocktail préféré de BAST

bast,vertiges,interview,mandor

bast,vertiges,interview,mandorInterview :

Comment es-tu passé de ton groupe Inner Brain à BAST ?

J’étais le chanteur pianiste du groupe. On a fait un EP, une quarantaine de concerts, surtout à Paris, et pas mal de tremplins qui nous ont permis de jouer dans de grandes salles. C’était du pop-rock en langue anglaise. Au bout de trois ans et demi, on a décidé une reconversion en français. J’avais envie que l’on me comprenne. Ca a pris un peu de temps et le groupe a fini par se séparer. J’avais déjà commencé ma carrière solo en parallèle, ça n’a pas aidé.

Quand on fait partie d’un groupe, il faut l’avis de tout le monde… Tu avais le souci de devenir indépendant ?

Tu as raison. Je me suis rendu compte que j’avais envie de tout contrôler.

Tu es un artiste précoce. A 14 ans, tu avais déjà créé un premier groupe, The Croissants.

Oui, c’était un groupe de rock. Mais avant cela j’étais à la Maitrise des Hauts de Seine et dans le chœur d’enfants de l’Opéra National de Paris. J’ai fait mes premiers pas sur scène à 11 ans avec La flûte enchanté de Mozart. Quand j’ai commencé à muer, j’ai changé de direction musicale.

On écoutait quoi chez toi à ce moment-là ?

Mon père écoutait Michel Berger, Elton John, Michael Jackson… ce n’était pas tout à fait rock. C’est un pote qui m’a fait découvrir les Stones ou des groupes comme ça.

Il y a eu un déclic ?

J’aimais bien l’énergie que cela dégageait. C’est vraiment l’énergie qui m’intéressait le plus d’ailleurs… et qui continue à m’intéresser aujourd’hui.

Clip de "Franco".

Tu es passé aussi par l’école ATLA, qui forme aux métiers des musiques actuelles et du spectacle bast,vertiges,interview,mandorvivant.

J’y suis allé en sortant du BAC. J’ai fait un cursus autour du chant, de l’interprétation scénique, j’ai fait aussi un peu de travail théâtral. Qu’est-ce qu’on raconte à travers une chanson ? Ce sont des choses comme ça que l’on apprend. Il y avait une salle à disposition où était organisée des jams tous les mercredis et jeudis. J’y allais pour jouer avec plein de monde et c’était très intéressant. Sinon, j’ai aussi fait un stage aux Studios des Variétés avec notamment Olivier Bas. Ça m’a apporté beaucoup également.

Tu dis aujourd’hui que tu fais du « rock’n pop à la française ».

Il faut bien dire quelque chose (sourire). J’ai l’impression d’avoir cette énergie rock, mais avec des arrangements qui rappellent des artistes pop. Je ne peux pas prétendre faire du rock pur parce qu’il n’y a pas de grosses guitares saturées dans mes chansons. 

Clip de "Nos envols".

bast,vertiges,interview,mandorDans ce premier EP, tu as tout fait seul.

Sauf le mastering. J’ai demandé à Jean-Charles Panizza de Climax Mastering de s’en occuper. J’avais besoin d’un regard extérieur.

Quand on travaille seul, ce n’est pas compliqué d’être objectif sur son travail ?

C’est dur de prendre des décisions sans l’avis d’autres personnes, c’est vrai. J’ai perdu pas mal de temps en hésitations. Après plusieurs expériences de groupes, c’était quand même un vrai désir d’assumer seul un projet.

Tu décris un univers noir et un peu désespéré dans tes chansons…

Il y a tout de même un peu d’espoir dans certaines. J’avoue, il y a pas mal de vécu. Je raconte l’histoire d’un jeune homme entre 18 et 25 ans,  qui se cherche un peu, qui va dans des soirées arrosées avec de la drogue qui traîne… ça ne l’aide pas à trouver sa voie. Il y a une part de moi dans ces chansons. Sinon, en vrai, je suis quelqu’un d’assez joyeux.

bast,vertiges,interview,mandor

Pendant l'interview...

bast,vertiges,interview,mandorLe magazine FrancoFans t’a trouvé des influences avec Daho et Marquis de Sade. Es-tu d’accord avec ces rapprochements ?

Je respecte toutes les comparaisons. Daho, je ne vois pas trop, mais Marquis de Sade, au même titre que Taxi Girl, j’ai beaucoup écouté. Je n’ai pourtant pas l’impression que ça se ressent dans ma musique. C’est dur d’avoir du recul sur ce que l’on fait et je sais que les influences sont souvent inconscientes.

Plus que Taxi Girl, je pourrais te comparer à Daniel Darc…

Dans le son, je suis d’accord.

J’ai lu sur le site Phenixwebzine que comme tu n’étais pas encore très connu, tu pouvais te permettre toutes les audaces. Je cite précisément : « je me vois aujourd’hui comme un homme qui n’a rien à perdre. Je débute musicalement, je peux tout me permettre, j’ai une certaine liberté artistique, je suis complètement indépendant, je me permets d’avoir une audace que je n’aurai peut-être pas par la suite, mais pour l’instant c’est une audace qui peut me permettre d’aller loin. » Je trouve cette réflexion très pertinente.

J’ai l’impression qu’il ne peut rien m’arriver. Je me sens très libre de faire ce que je veux, ce que je ressens, ce que j’ai au fond de moi. Je fais ce métier aussi pour ça. La liberté totale. Si demain j’arrive à gagner ma vie en faisant la musique que je veux, j’aurai réussi quelque chose. C’est ça ma notion de la liberté.

bast,vertiges,interview,mandor

Après l'interview, le 19 février 2019. 

bast,vertiges,interview,mandor