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10 mars 2019

Hum Hum (Sophie Verbeeck et Bernard Tanguy) : interview pour leur premier EP

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(Photo: Richard Schroeder)

Hum Hum est un nouveau duo pop très accrocheur  composé de la comédienne Sophie Verbeeck (A Trois on y va de Jérôme Bonnel, Mes Provinciales de Jean-Paul Civeyrace, Le Collier Rouge de Jean Becker...) et le producteur / réalisateur Bernard Tanguy.

Elle écrit et chante. Il compose et joue. Pour se présenter au public, ils sortent un EP 4 titres le 15 mars  prochain, avec deux titres en anglais et deux en français. Ce sont les musiciens qui ont accompagné Etienne Daho sur sa dernière tournée qui jouent sur le disque. A la fois un son eighties, mais moderne, cette pop élégante et poétique va sans nul doute vous séduire.  

J’ai rencontré le très sympathique duo au mythique Hôtel du Nord, le 12 février dernier.

hum hum,sophie verbeeck,bernard tanguy,interview,mandorArgumentaire de presse officiel :

Issue d’une école nationale de théâtre et tournant au cinéma, Sophie rencontre Bernard sur le tournage de son premier long métrage Parenthèse, sorti en 2016, où elle tient l’un des rôles principaux (la musique de Parenthèse est signée Stupeflip, un des groupes préférés de Bernard). Formée au chant lyrique et attirée depuis toujours par la scène musicale, celle-ci chante et écrit des textes tantôt en anglais, tantôt en français. Elle convainc Bernard qui n’avait pas fait de musique depuis 20 ans (il a fait partie du groupe SAF, numéro 1 au Sénégal en 1991) de se remettre au piano et de composer des musiques pour elle. Frédéric Lo (mandorisé récemment là), un voisin de Bernard, est le premier à découvrir les morceaux issus de cette expérience. L’affaire se conclut près des boites aux lettres : Frédéric les signe sur son label Water Music pour un EP (que ce dernier réalise avec l’aide de musiciens de la dernière tournée d’Etienne DahoFrançois Poggio, Marcello Giuliani…) + un album à suivre.

Les chansons du futur album en cours de composition, prévu pour l’automne 2019, sont toutes en français.

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(Photo: Richard Schroeder)

hum hum,sophie verbeeck,bernard tanguy,interview,mandorInterview :

Comment avez-vous compris que vous alliez faire de la musique ensemble ?

Sophie : On ne l’a pas compris immédiatement. Nous nous sommes connus sur son film Parenthèse et, un jour, j’ai découvert qu’il faisait aussi de la musique. Il m’a fait écouter ses mélodies que j’ai trouvées très intéressantes. Comme de mon côté j’écrivais, on a rapidement décidé qu’on allait essayer d’allier ses mélodies et mes textes.

Il a fallu chanter pour présenter ces chansons…

Sophie : Je n’ai jamais été chanteuse, mais pendant 3 ans, dans une école nationale d’acteur,  j’ai suivi une formation de chant lyrique. J’étais soprano.

Bernard : Tu chantes aussi dans le film A trois on y va puisque tu joues le rôle d’une chanteuse.

Sophie : J’ai toujours eu très envie de chanter.

Bernard, faire de la musique te manquait ?

Bernard : L’envie ne s’est jamais dissipée. Dès que je vois un piano, je ne peux pas m’empêcher de jouer.

Sophie : Même sur les tournages… (sourire)

Bernard : Je n’ai jamais arrêté de jouer, mais j’ai arrêté de composer. Il y a 20 ans, j’ai eu un blocage. J’avais l’impression que tout ce que je tentais de composer était de la merde. C’était idiot parce qu’à 50 ans, je me suis rendu compte que j’étais capable de composer sans trop rougir du résultat. Je remercie Sophie de m’avoir poussé à récidiver.

Clip de "Blueberries".

Il y a dans votre EP 4  titres, deux titres en anglais et deux  en français. Pourquoi ?

Sophie : Il va y avoir un revirement. Toutes les prochaines chansons seront interprétées en français.

Bernard : Je trouve que Sophie est très douée en français, on a donc décidé d’aller dans ce sens-là.

L’album sera proche musicalement de cet EP ?

Bernard : Oui. Même si dans l’EP, aucune des chansons ne se ressemblent. C’est une carte de visite, alors on a voulu montrer l’étendue de nos possibilités. 

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(Sophie Verbeeck et Frédéric Lo lors de l'enregistrement de l'EP.)

hum hum,sophie verbeeck,bernard tanguy,interview,mandorFrédéric Lo a réalisé ce disque. Il était comment avez-vous ? (Photo à gauche 1 Epok Formidable)

Bernard : Il est gentil, donc c’est hyper sympa de bosser avec lui. C’est une grande rencontre.

Sophie : On a pris notre temps pour enregistrer et il était vraiment à notre écoute.

Bernard : Nous lui amenions des maquettes et il travaillait sur les arrangements. Il a aussi joué de la guitare.

C’est anecdotique, mais comment l’as-tu connu ?

Bernard : C’est un de mes voisins. Un jour, je le rencontre aux boites aux lettres et je lui demande s’il peut écouter certains de nos titres. J’ai vu sa tête qui disait : « Mince ! Encore un voisin qui m’impose son travail. » Mais comme il est gentil, il a accepté. Dès le lendemain, il m’a appelé en me disant qu’il trouvait ça bien. Il nous a donné rendez-vous dans son studio et le feeling a été immédiat entre nous. Il a vraiment apporté quelque chose de primordial dans nos chansons. Elles sonnent tellement mieux que sur nos maquettes. Ce n’est pas pour rien qu’il a cette réputation d’orfèvre et qu’il est très sollicité.

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(Photo: Richard Schroeder)

Bernard, tu composes tes chansons au piano je crois.

Bernard : Ca m’arrive de composer directement sur l’ordinateur, mais effectivement, généralement, c’est au piano.

Sophie : Je préfère recevoir les musiques de Bernard quand elles sont jouées au piano. J’écris plus facilement mes textes avec ce seul instrument. S’il y en a trop, ça encombre ma tête. Je préfère une ligne très économe. Si la mélodie est en détente et elle m’inspire plus facilement des textes. Je n’écris jamais un texte avant d’avoir entendu la musique.

Bernard : Pour composer, j’improvise beaucoup, puis soudain, quelque chose arrive. Pour trouver une mélodie, il y a un côté mathématique. C’est de l’harmonie, des proportions, le rythme, des fréquences… Le philosophe Leibniz affirmait que « la musique, c’est de l’arithmétique inconsciente ». On peut résoudre toute chanson à une équation mathématique.

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(Sophie Verbeeck et Frédéric Lo lors de l'enregistrement de l'EP.)

Vous travaillez facilement tous les deux ?

Bernard : Je trouve. C’est assez naturel. A chaque fois, j’ai trouvé que les textes collaient parfaitement à la musique. Il n’y a quasiment jamais eu de retouches.

Sophie : Parfois, Bernard ne comprend pas mes textes (rires). Il m’interroge sur le sens des certaines des chansons.

Bernard : Elle exagère… je suis très sensible à la poésie de Sophie. Le texte de « Parade », je  le trouve génial. Il me parle vraiment.

Sophie : Parfois, nous nous imposions des contraintes. Nous partions à l’Ile de Ré pour travailler. Bernard devait produire une mélodie ou améliorer une déjà existante et moi j’allais écrire en bas. Ensuite, nous tentions de fusionner le fruit de notre travail. Parfois, nous travaillions aussi de manière isolée.

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Pendant l'interview...

Sophie, tu écris depuis toujours, il me semble.

Sophie : J’ai fait des études de Lettres avant de faire l’Ecole Nationale du Théâtre. J’ai commencé à écrire de la poésie ou des nouvelles très jeune. Quand on écrit, on a l’impression d’être en contact avec un nouveau monde à part entière, de construire un corps. D’ailleurs, j’aime agencer les mots comme de la danse.

Il parait que c’est compliqué d’écrire une chanson.

Sophie : Je ne sais pas. Une fois que je suis rentrée dans la mélodie de Bernard et que je sens comment elle est structurée, l’inspiration me vient très vite. Juste, parfois, il me faut un peu de temps avant de rentrer dans ce sas.

Sophie, tu écoutes facilement vos chansons ?

Sophie : Pas facilement. C’est comme voir un film dans lequel j’ai joué. J’aime le travail, j’aime participer à la fabrique, mais je n’aime pas me retourner vers le résultat… vers le produit. Je ne le fais pas volontiers en tout cas. J’ai déjà envie d’être ailleurs.

Vous êtes surpris par les bons retours des professionnels ?

Bernard : Oui, très surpris. Ca encourage beaucoup à continuer en tout cas.

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Après l'interview, le 12 février 2019.