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16 février 2019

OK Choral : interview pour son premier disque

ok choral,grégory blanchon

ok choral,grégory blanchonJ’avais le premier disque d’OK Choral depuis plusieurs semaines chez moi et je ne l’avais pas encore écouté. Je pensais que ce groupe chantait en anglais. Je ne sais pas pourquoi j’ai parfois des a priori… Bref, faisant un peu de tri des disques reçus pour décider si tel ou tel artiste sera une future mandorisation ou tout simplement rangé dans ma discothèque, j’ai décidé d’écouter une bonne fois pour toute cet album. Bonne surprise ! Textes aiguisés, mélodies entêtantes, sens du rythme diablement efficace, jeu de guitare original, loin d’être lisse.

Le 25 janvier dernier dans un bar de la capitale, j’ai rencontré Grégory Blanchon, le chanteur, tête pensante du groupe, pour en savoir un peu plus sur cette formation qui risque de faire bouger la planète pop française.

Argumentaire de presse officiel :ok choral,grégory blanchon

OK Choral distille un mélange de pop en français, d’electro et une énergie venue du rock. Un mariage qui ne surprend plus quand on sait que le trio est originaire de Reims, qui a vu rayonner aussi bien Yuksek, The Shoes que The Bewitched Hands.

Emmené par le chanteur/auteur Grégory Blanchon, les chansons du premier album (paru en octobre 2018 - 33 Degrees / Universal Music France) parlent essentiellement de rencontres, d’histoires qui se font et se défont. Côté musique, OK Choral est une expérience froide et rythmée. On aperçoit des ombres s’abandonnant sur la piste d’un club, avec pour seule obsession de profiter de l’instant présent. Des corps qui se frôlent et se cognent dans un ballet sensuel futuriste. Un beat efficace, des sons synthétiques et quelques guitares sont là pour nous faire espérer que la nuit sera longue et que demain ne verra pas le jour…

Le groupe OK Choral est composé de Grégory Blanchon (chant, guitare, basse, claviers), Eddy Lambin (guitare) et Arnaud Lesniczek (batterie, percussions).

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ok choral,grégory blanchonInterview :

Tu as vécu dans un milieu familial ou la musique était très présente, je crois.

J’ai toujours été baigné dans un univers de musique. Mon père faisait beaucoup de piano et il était passionné de jazz. Il m’a transmis le virus. Je continue aujourd’hui à collectionner les vinyles de jazz.

Et de la bonne. La variété n’a pas franchi votre maison ?

Je vais te raconter une anecdote. Je suis allé en Irlande il y a une dizaine d’année avec des potes. A un moment, on va au Connemara et soudain, mes quatre potes se sont mis à chanter à tue –tête « Le lac du Connemara ». Je les ai regardés bizarrement, car je ne connaissais pas cette chanson. Par contre, à 8 ans, je savais que Louis Amstrong était trompettiste de jazz (rires).

Tes parents ont voulu que tu fasses du piano.

J’ai pris des cours particuliers pendant 5 ans. A 12 ans, j’ai dit à mes parents que je voulais jouer l’instrument que je voulais, c’est-à-dire la guitare.

Cela dit, les bases acquises en faisant du piano te permettent aujourd’hui de savoir jouer aussi du clavier.

Tu as raison. Je domine bien le solfège et je connais bien la musique il me semble.

Clip de "Collision".

Il faut les bases pour se permettre d’en sortir un peu ?

Pas forcément. Il faut désapprendre une partie de son bagage pour pouvoir se rouvrir l’esprit. Le tout est de ne pas être formaté, comme certains musiciens peuvent l’être en sortant d’une école de musique. Quand tu as un projet artistique, ce qui est intéressant, c’est de mettre de côté la partie technique acquise pour aller chercher ce que tu es. Même tes éventuelles erreurs font que ça sera peut-être intéressant. Personnellement, j’ai un côté brouillon, un peu sale, dans mon jeu de guitare… je me suis attelé à ne pas le gommer. Pour Ok Choral, je l’ai accentué, ou plutôt, je l’ai cultivé. 

Quand as-tu décidé de faire de la musique sérieusement, au point d’en faire ton métier ?

Dès le départ. Au début de mon adolescence,  j’avais un pote fou de guitare et tous les deux, on a bien compris que cet instrument était un des seuls trucs qui nous intéressait dans la vie.

Plus que les filles.

Oui, on avait douze ans, les filles c’était une autre sphère. Vraiment, la  guitare était notre priorité. On a monté un groupe. Be & Be. C’était les deux premières lettres de nos noms de famille. Nous avons tout de suite composés et écrits nos propres morceaux. On avait fait une cassette avec la pochette réalisée à la main. C’était sérieux, quoi !

Tu chantais déjà ?

Oui. Mon ami aussi, mais comme il était vraiment meilleur que moi à la guitare, j’avais tendance à plus chanter que lui pour contrebalancer. On ne faisait pas de reprises, on voulait créer tout de suite quelque chose à nous. On adorait créer… et c’est toujours le cas pour moi aujourd’hui.

Clip de "Le centre du monde".

Tu es resté avec ces amis musiciens jusqu’à l’âge de 20 ans.

Oui, on a changé plusieurs fois de noms, mais globalement, c’était la même équipe. Notre groupe, Huck, avant Ok Choral, a duré un peu quand même. On avait des rendez-vous avec des maisons de disque, on a fait pas mal de tremplins, bref, on a mené notre barque avec sérieux et envie d’en découdre.

Au tout début, tu chantais en Anglais.

Au bout de 3 ans, je me suis dit qu’en France, si tu veux développer un projet, c’est en français qu’il faut le faire. Je suis content d’avoir fait ce choix, mais ça a été long de trouver mon écriture en français.

Le premier concert d’OK Choral s’est tenu sur une scène du  Printemps de Bourges.

C’était en 2013. On s’était fait repérer mais nous n’avions que deux morceaux prêts. On a dû en bosser d’autres et en réadapter certains qu’on avait dans les tiroirs. Je suis repassé par une période de doute musicalement. Faire du pur rock, ajouter des touches electro ?

Et finalement ?

Aujourd’hui, je considère que ce que nous faisons est de la chanson et de la pop française. Pour être plus clair, je pense qu’on a trouvé le bon équilibre entre la chanson, la pop et l’electro.

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(Photo : ArtEos)

Revendiquer la chanson, c’est revendiquer le texte.

Exactement. Les textes ont une place importante dans OK Choral. Je veux marier la langue française avec des ambiances musicales qui ne sont pas forcément françaises.

Tes textes racontent l’histoire d’un jeune un peu désabusé, pas très heureux, qui vit la nuit, qui picole pas mal et qui se cherche un peu.

Dans les chansons, je cherche un peu la noirceur. Je trouve intéressant le côté « dark » des gens. Je présente aussi ma fragilité, je me mets à nu.

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(Photo : Christian Pitot)

Dans la vie, tu es quelqu’un de « dark ».

Pas vraiment. Je suis assez léger et déconneur au quotidien. Il n’y a rien qui m’inquiète vraiment, je relativise tout. A part la santé et le bien-être de mes proches, le reste est accessoire. Je suis comme ça peut-être parce que j’évacue mon côté noir par le biais de mes chansons.

Ça te fait du bien d’écrire de la musique.

Rarement j’atteins une  aussi grande plénitude que quand je sais que je suis en train d’écrire une bonne chanson. Il n’y a pas grand-chose qui égale ce frisson-là. Ça m’a fait ça pour « Collision ». C’est mon titre préféré de l’album et je l’ai écrit en deux heures.

Es-tu content de l’accueil de ce premier album ?

La visibilité de l’album est encore confidentielle, mais il est très bien accueilli par ceux qui l’ont écouté.

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Après l'interview le 25 janvier 2019.

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