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17 décembre 2018

Pur-Sang : interview pour leur premier EP

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Artwork et photo : Caroline Diard-Muriel Thibault.

46262663_354808211941872_4329283569298964480_n.jpgClaire Joseph et Skye sont deux chanteuses aux carrières bien distinctes qui, un jour, se sont rejointes. Après la fabuleuse épopée du trio Sirius Plan sept année durant, elles reviennent avec PUR-SANG. Ce choix de nom leur convient parfaitement tant on les imagine indomptables, indépendantes, fonceuses et infatigables. Elles sont habitées par la musique et rien ne les arrêtera. Comme elles le disent « ce disque a un battement de sabot unique, ça groove sévère en soulevant la poussière ! »

Pour écouter l’EP sur leur page bandcamp.

Rendez-vous est pris avec ces deux chanteuses musiciennes irréprochables… et très sympathiques, dans un bar de la capitale le 5 décembre dernier.

La biographe officielle (la plus courte de l’histoire de la biographie officielle) : Au son d'un Dust-Folk glissant vers le Blues, PUR-SANG avance au rythme du cœur, pour offrir une musique qui se vit en mouvement, droit devant.

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Artwork et photo : Caroline Diard-Muriel Thibault.

IMG_7763.JPGInterview :

Vous vous connaissez depuis 12 ans, je crois.

Skye : On a toujours aimé partager des scènes, chanter ensemble. Nous ne nous sommes jamais dit qu’on allait faire un duo ou un trio, les choses se sont simplement enchaînées comme une évidence. On n’a pas besoin de musique pour s’entendre et se comprendre, mais c’est un lien très essentiel pour faire naître de nous deux, dans n’importe quel projet, quelque chose qui va nous rendre heureuse et plus riche.

Vous avez travaillé avec Christophe Willem, Emmanuel Moire, Lulu Gainsbourg, mais aussi pour des projets plus indépendants comme Nathalie Réaux, Katel, Angèle Osinski…

Claire Joseph : Nous allons là où ça nous parle. Nathalie Réaux et Emmanuel Moire, je les ai rencontrés à Astaffort en 2002.

Skye : Moi, je connais Katel depuis que j’ai 15 ans. Mon premier duo signé en maison de disques, c’est avec elle. 

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Au Forum Léo Ferré, en novembre 2018 (photo :Christèle Fürbringer)

Quand vous avez arrêté Sirius Plan, c’était pour créer Pur-Sang ?

Skye : Quand on a arrêté ce trio, on pensait que chacune allait s’occuper de sa carrière solo. J’étais donc de nouveau partie dans mon projet Skye, mais ça ne s’est pas passé comme prévu. Je montre toujours mes compositions à Claire parce que j’aime son écoute et son regard. Je lui ai dit que j’étais embêtée parce que je considérais que ma première chanson n’était pas pour moi toute seule, mais que j’avais quand même envie de la chanter. Je la joue, Claire commence à mettre son grain de sel, on s’amuse… et on comprend vite qu’un duo s’impose.

Claire Joseph : On trouvait que c’était facile de chanter ensemble ce genre de chanson-là.

Skye : J’ai arrêté de me poser les mauvaises questions. Ça nous plaisait ? Ca nous mettait en joie ? Oui. Quatre chansons sont nées en même pas deux semaines. Les choses se sont enchaînées de façon aussi basique et enfantine que cela.

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Au Café de la Danse, le 26 novembre en 1ere partie de Lulu Gainsbourg.

Vous créez dans la joie ou dans la souffrance ?

Skye : Là, c’était dans la joie et la plénitude la plus complète. Pour avoir connue les deux, personnellement, je trouve que c’est un plaisir sans nom de faire de la musique dans un état positif. On touche à quelque chose de pure qui fait un bien fou.

Claire Joseph : Je suis d’accord avec toi. C’est un luxe. J’ai déjà composé très triste et très malheureuse des chansons que j’adore, mais ces nouvelles chansons ont autant d’intensités alors que nous les avons créées dans l’amusement et le soleil.

Est-ce que vous parvenez à associer les mots « travail » et « musique » ?

Skye : Dans le mot travail, étymologiquement, il y a le mot douleur dedans.

Claire Joseph : Moi, je ne peux pas associer « travail » et « musique ».

Skye : Ce qui ne nous empêche pas de jouer avec beaucoup de sérieux et de respect. Quand on arrive sur scène, nous sommes prêtes vocalement. Les gens payent pour venir voir des gens jouer, il faut les respecter.

Pur-Sang est donc parti de qui ?

Skye : C’est Claire qui l’a verbalisé. Moi, j’ai juste fait la remarque que ces chansons n’étaient pas faites que pour moi.

Claire Joseph : Ca a tracé la route. C’est souvent le cas parce que Skye a une façon de tout transformer en lumière, du coup, si tu t’acoquines à ce un de ses projets, tu prends le virus.

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(Photo : Caroline Diard)

37601754_278857336203627_868169558043656192_n.jpgJe crois qu’il s’est passé quelque chose sur la deuxième chanson, « Soleil ».

Claire Joseph : Un jour, je dis à Skye que ce serait bien qu’on aille chez ma mère, près de la mer méditerranée, afin de prendre le soleil, la chaleur… bref, un peu de bon temps. On arrive là-bas, on pose le pied sur le tarmac et il pleut des cordes. La gosse en moi était désespérée. J’avais 10 ans mentalement et je suis arrivée de très mauvaise humeur chez ma mère. Skye m’a laissé être ce que j’étais à ce moment-là et elle a pris sa guitare pour jouer. On a commencé à écrire un texte qui expliquait que tu peux avoir le pire ciel du monde,  juste au-dessus, il y a le soleil.

Skye : On doit tous s’accrocher à ça pour rester vivants. On a parlé de ce soleil comme quelque chose d’indétrônable auquel on s’accrochera toujours. Ça nous a fait du bien.

Les autres chansons sont venues comment ?

Claire Joseph : Ce sont elles qui sont venues à nous.

Skye : Après, c’était du ping-pong. J’ai ça, Claire ajoute ça et vice versa… et c’est parti.

Claire Joseph : On se connait tellement que tout est matière à rebondissement. Nous étions parfaitement en phase.

Skye : L’inspiration est arrivée rapidement et naturellement… en torrent. 39245203_2478467368833977_4675022664190918656_n.jpg

Claire Joseph : C’est comme si on avait décidé, sans se le dire, qu’on était prête à accueillir ce qui allait arriver.

Skye : Quand tout est juste, que c’est centré, que ça s’aligne, il n’y a pas photo, ça vient. 

Il y a juste quatre chansons dans cet EP, c’est un peu frustrant. 

Skye : Mais pour nous aussi c’est frustrant. On n’avait pas le temps d’en faire plus. On a réussi à avoir une semaine de studio en juillet à la maison des artistes de Chamonix. C’est de l’autoprod, on n’avait pas de gros moyens, donc on a fait un troc génial. On avait l’endroit pour enregistrer et en contrepartie, on a fait deux concerts gratuits.

Claire Joseph : En quatre jours, on a enregistré et mixé quatre titres.

Skye : D’ailleurs merci à Nicolas Falque qui était assisté par Robin Vandamme.

Vous avez déjà quelques années de musique et une réputation positive. Est-ce que monter un projet comme Pur-Sang, c’est repartir à zéro ?

Skye : Oui, mais on a recherché cette « virginité ». Il faut trouver l’équilibre entre l’expérience que nous avons et un jeune projet qui ne doit pas ressembler à ce que nous faisions avant. On se pose des questions sur comment interpréter, quelle intention donner… il faut lutter contre ses automatismes habituels pour rentrer dans un nouveau terrain de jeu. Si tu acceptes cela, tu t’éclates.

42147875_10156489600108211_1187982671263825920_n.jpgClaire Joseph : Moi, je me dis que c’est un nouveau voyage, mais nos bagages sont de mieux en mieux rangés et sont plus solides, du coup, le voyage ne fait pas peur. Avec Sirious Plan, j’ai changé trois fois d’instruments, j’ai placé ma voix en haut, en bas, dans tous les sens… Je me retrouve dans ce nouveau projet avec une voix plus forte et des aptitudes instrumentales plus affinées.

Skye : Avec Claire, à part la grande notoriété, je crois que nous avons à peu près tout connu. Sans être têtes d’affiche, nous avons joué plusieurs fois à l’Olympia, au Zénith, on a enregistré dans de supers beaux studios, nous sommes parties aux Etats Unis… on a vraiment fait des trucs de fous. Et en même temps, on a joué dans les plus petits clubs du monde, on a fait la manche, nous nous mettons au service d’autres artistes en tant que choristes. Tout ça créer un immense décor un peu féérique. Si la notoriété vient, c’est fabuleux, si elle ne vient pas, en tout cas, ce que nous avons vécu et ce que nous vivons en ce moment, on est super d’accord avec.

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(Photo : Caroline Diard)

Musicalement, vous dites que votre son est un Dust-Folk glissant vers le Blues…

Skye : On a inventé ce terme. On avait la sensation d’être dans quelque chose de blues, de folk aussi, de country parfois, mais sans que ce soit ça exactement. En tout cas, on avait les pieds dans la poussière, la poussière vole autour et même ça, c’est joyeux. Dust-Folk, ça nous parlait bien.

Claire Joseph : Ce sont des chansons qui se chantent en voyage.

Vous chantez en français. C’est bien.

Skye : C’était important pour nous. On n’a aucun problème avec la langue anglaise qu’on adore, mais on avait besoin que notre langue maternelle soit là.

Claire Joseph : Nous voulions que le propos soit le plus clair possible.

Photos ©Pur-Sang de l’enregistrement réalisé en quatre jours, dans les conditions du live, en juillet à la Maison des Artistes de Chamonix.jpg

Skye lors de l'enregistrement de l'EP.

Avec Sirious Plan, vous êtes allés en Louisiane, ça se ressent un peu musicalement.

Skye : Ce voyage nous a tellement émues, voire ébranlées. Nous, les français, on cherche la poésie dans toutes nos tournures de phrases, eux, leurs phrases sont très simples, mais mélangées à leur mélodie, c’est d’une redoutable efficacité. On a donc décidé d’aller vers du français le plus simple possible, mais qui crée une poésie après. Une poésie d’images, d’odeurs, de toucher.

Sur scène, comme vous n’avez que quatre titres, vous faites quoi ?

Claire Joseph : On les joue en boucle (rires).

(C’est pas beau de se moquer, mais ma question était naïve, j’avoue).

Skye : On n’a pas pu enregistrer plus de quatre titres, mais dès que le robinet a été ouvert, ça n’a pas arrêté. Nous avons bien une douzaine de titres finis… et nous les jouons donc.

Vous vous sentez comme des alter ego toutes les deux?

Skye : Je crois. Nous sommes vraiment différentes, mais il y a une complémentarité totale.

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Claire Joseph lors de l'enregistrement de l'EP.

Je sais qu’à la base, vous n’écoutiez pas la même musique.

Claire Joseph : Moi, je suis dingue de la musique dite « black », ça a été ma base vers 13 ans… et en même temps, il y a eu les Beatles et Elvis Presley. Je me sentais faite de tout ça. Après, j’ai constaté qu’Elvis était dingue de musique black. Quant aux Beatles, ils ont fait une sorte de rhythm’n’blues qu’on a fini par appeler la pop. Stevie Wonder et Jimi Hendrix ont repris les Beatles… tout est connecté. Je suis très amatrice de hip hop également.

Skye : Moi, quand j’aime un plat, je le cuisine trente fois. Par exemple Barbara et Brel, j’ai écouté à fond. Tout comme j’ai écouté à fond Prince, Paul Simon, mais aussi Crosby, Still Nash & Young, Joni Mitchell… J’ai eu ma période classique, notamment Robert Shumann.

Claire Joseph : Quand j’avais 15 ans, un voisin m’a offert un CD de Tori Amos et elle est devenue ma religion. C’est elle qui m’a amené vers la musique metal, vers Led Zeppelin, parce qu’elle en a fait une digestion. Elle était fan de Robert Plant, de Joni Mitchell, du coup, je me suis intéressée à tous ces artistes. Kate Bush aussi. 

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Joni Mitchell, c’est le seul nom commun entre vous deux.

Claire Joseph : C’est Francis Cabrel, aux Rencontres d’Astaffort, qui m’a dit que ma voix se rapprochait de la sienne. Je lui ai demandé s’il avait un album d’elle à me conseiller, il m’a dit Blue, un album qui date de 1971. J’ai écouté et j’ai tout compris. J’ai cru que c’était la base de tout.

Vous vivez la musique comme une mission ?

Skye : On a fait le constat que quand on était sur scène et que l’on chantait, on voyait les réactions du public. C’est là que l’on se dit que l’on est peut être fait pour cela. Pour rendre heureux les gens.

Pour moi, l’artiste est le maillon essentiel de la chaine humaine. Sans lui, on ne sort pas de notre quotidien souvent morne.

Claire Joseph : Les artistes sont indispensables. Moi, je pense que nous avons tous une mission. J’ai longtemps hésité. Au départ, je voulais être dans la médecine pour faire du bien, mais aujourd'hui, je pense que la musique peut aussi soigner, différemment. 

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Avec Claire Joseph et Skye, après l'interview.

14 décembre 2018

Christophe Misraki : interview pour l'année hommage à son père Paul Misraki

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christophe misraki, paul misraki, compositeur, interview, mandorEn 66 ans de carrière, le répertoire du compositeur français Paul Misraki contient plus de 790 titres incluant pas moins de 350 chansons, dont la plupart font partie du patrimoine culturel français du XXè siècle (« Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », « Tout va très bien Madame la Marquise » pour l'orchestre de Ray Ventura, « Je Chante » pour Charles Trenet… mais Edith Piaf, Yves Montand et les plus grands interprètes ont chanté sur les compositions de Paul Misraki). Le compositeur et pianiste de l'orchestre de Ray Ventura est aussi à l’origine de 185 musiques de films pour les plus grands cinéastes (Et Dieu créa la femme de Vadim, Le Doulos de Melville, Alphaville de Godard, mais aussi pour Buñuel, Chabrol, Welles, Clouzot, Becker…). Ce n’est pas tout, Paul Misraki a aussi composé 7 comédies musicales et opérettes, deux symphonies… et il a écrit quatorze romans et essais autobiographiques, philosophiques et religieux (dont l’un a été couronné par l’Académie Française).

Son site officiel.

Sa page YouTube.

Sa page Wikipédia (très complète).

"Tout va très bien, Madame la Marquise" par Sacha Distel, Jean-Pierre Cassel, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault 

Ray Ventura et ses collégiens : "Qu'est-ce qu'on entend pour être heureux".

Charles Trenet : "Je chante".

2018 est une année riche en anniversaires de Paul Misraki :

Né il y a 110 ans, le 28 janvier 1908,

Mort il y a 20 ans, le 30 octobre 1998,

Il a composé l’un de ses plus grands succès, « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? », en 1938, il y a 80 ans exactement.

Pour célébrer ces multiples anniversaires, une formidable année Paul Misraki 2018 vous est proposée, regorgeant d’événements rendant hommage à l’œuvre de l’artiste entre septembre 2018 et juin 2019.

Citons les plus proches :

-Qu’est-ce qu’on attend pour être mômes ?christophe misraki, paul misraki, compositeur, interview, mandor

200 enfants et adolescents sur scène, chansons et musiques de films. Christophe Misraki sera sur scène pour des interludes joués. Parrainage par le Grand Orchestre du Splendid.

Au Théâtre Déjazet, les 17 décembre 2018 et 25 mars 2019.

-Conférence de Christophe Misraki : La naissance du thème musical christophe misraki, paul misraki, compositeur, interview, mandordans un film.

A la Médiathèque Municipale de Paris, le 19 décembre, de 19h à 20h30.

-NORMANDIE : comédie musicale en deux actes, de Paul Misraki, Henry Decoin et André Hornez, présentée au public pour le première fois en 1936, est jouée avec l’Orchestre des Frivolités Parisiennes au Théâtre Impérial de Compiègne, en Première le 7 février 2019.

J’ai rencontré dans la maison familiale son fils, Christophe Misraki, grand chef d’orchestre de l’invocation de la mémoire de son père.

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Paul Misraki, chez lui, à la fin de sa vie.

christophe misraki,paul misraki,compositeur,interview,mandorInterview :

Pouvez-vous nous présenter votre père en quelques mots, ce qui doit être extrêmement difficile étant donné la multitude d’activité qu’il avait.

C’est effectivement très dur. Mon père est un compositeur qui a vécu 90 ans dans le XXe siècle, de 1908 à 1998. Il a déposé son œuvre à la SACEM  de 1928 à 1994, il a donc 66 ans de carrière. Il avait un talent fou parce que c’était naturel. La musique lui venait comme ça, instinctivement.

Ce qui est fou, c’est qu’il n’a même pas fait le Conservatoire.

Il n’a pas appris la musique, ça lui venait tout seul. Après, il y a un boulot de fou derrière son œuvre et ses partitions sont hyper complexes. C’est un musicien qui a duré très longtemps parce qu’il avait la possibilité de s’adapter… et il a accepté de s’adapter. Il était aussi moderne en 1972 qu’en 1928. Il était capable de faire une musique de film pour un réalisateur aussi classique que Jean Delannoy, que pour ceux de la Nouvelle Vague.

Votre père était, parait-il, quelqu’un de très gentil.

Je ne vais pas employer mes mots pour parler de comment était mon père. Je vais utiliser ceux de Martin Pénet qui a fait tout une série d’émission sur mon père (à écouter ici) sur France Musique : « Paul Misraki est un musicien surdoué qui a marqué l’histoire de la chanson et de la musique de films de façon indélébile. D’une gentillesse proverbiale, il avait en outre le talent d’aligner les tubes avec une régularité déconcertante. »

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UTOPIA (aka K), en 1951 avec de gauche à droite : Paul Misraki - compositeur, Suzy Delair, Max Elloy (debout), Oliver Hardy, Adriano Rimoldi Designer, Stan Laurel. Bref avec Laurel et hardy, quoi!

Vos grands-parents ne souhaitaient pas que votre père devienne musicien, mais plutôt assureur. Pour quelqu’un qui a composé sa première valse à 8 ans, ça devait être impossible d’emprunter une autre trajectoire que celle de la musique.

Evidemment qu’il ne pouvait pas faire autre chose. Il vivait pour la musique. Il n’a jamais compris comment les notes, voire des orchestrations complètes, lui venaient à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

Vous avez vécu dans une atmosphère musicale constante.

Justement pas. Mon père essayait deux trois notes, après il pouvait y avoir une heure et demie de silence total pendant lesquelles il écrivait ce qu’il entendait dans sa tête. Il y avait de longs silences à la maison, parce que dans ces moments-là, il ne fallait pas faire de bruit.

3 musiques de films composées par Paul Misraki.

Le doulos de Jean-Pierre Melleville. 

Chien perdu sans collier de Jean Delannoy.

"Les volets clos" de Jean-Claude Brialy.

Quand il créait, il était dans une certaine fragilité ?

Oui, absolument. C’est pour ça qu’il ne fallait faire aucun bruit. S’il entendait un peu fort un disque à moi, je détruisais le château de cartes qu’il y avait dans sa tête.

Il écoutait de la musique moderne ?

Il était obligé pour rester à la page et écrire des musiques de films modernes. Il écoutait mon disque des Pink Floyd, The Dark Side of the Moon, les Beatles, Simon & Garfunkel… Il essayait de comprendre cette musique électrique et électronique qui apparaissait. Il devait s’adapter constamment. La musique, dans cet appartement où nous sommes, c’était du boulot. Il n’en écoutait jamais pour lui, car ça lui donnait l’impression de travailler.

Vous tentiez vous-même de lui faire écouter des disques que vous appréciez ?

Oui, mais il considérait que c’était de la musique de sauvage. Je me souviens de ce fauteuil à côté de vous où il écoutait Wind and Wuthering de Genesis en 1976. Je ne peux pas vous dire qu’il s’en délectait.

Pourquoi défendez-vous la mémoire artistique de votre père ?

J’ai découvert l’univers de mon père il y a dix ans. Quand j’ai commencé à mettre mon nez dedans, j’ai trouvé que son œuvre était hallucinante. Je m’y suis immergé avec plaisir et j’ai vu arriver 2018, j’ai bien compris qu’il fallait qu’il se passe des choses autour de mon père. Je viens du marketing donc je sais ce que c’est que de créer un évènement ou des actus pour intéresser le public et les journalistes.

Que préférez-vous dans l’œuvre de votre père ?

J’aime bien ses chansons sentimentales avec une petite touche d’humour comme « Le petit souper aux chandelles » interprété par Henri Salvador. Mon père, lui, préférait « Insensiblement » et tout le monde est d’accord avec ça. Dans les musiques de films, on trouve aussi des joyaux. Pour le moment, j’ai un coup de cœur pour le final du film de Godard Alphaville.

Henri Salvador: "Un petit souper aux chandelles".

Alphaville de Jean-Luc Godard : Thème d'amour.

Renée Lebas : "Insensiblement".

Il n’était pas très mondain votre papa…

Il était timide. Quand il parlait musique avec des professionnels, pas de souci, mais dès qu’il s’agissait de faire des mondanités, c’était compliqué pour lui. Parler de son univers à des journalistes, par exemple, ça ne le dérangeait pas. Je suis allé sur le site de l’INA, j’ai vu qu’il y avait 351 extraits d’émissions de télé avec lui.

Lundi prochain, le 17 décembre 2018, il y a un premier spectacle, « Qu’est-ce qu’on attend pour être mômes », un cabaret musical autour des œuvres de Paul Misraki. 200 enfants et adolescents chanteront et joueront des compositions de votre père, tous gens confondus, c’est ça ?

Il y a plusieurs formations musicales d’enfants et d’adolescents qui sont impliquées. Il y aura une première partie « chansons » avec une formation orchestrale ensuite avec un big band d’enfants et d’ados. La deuxième partie, ce sera les musiques de films avec l’Orchestre des Petites Mains Symphoniques.

Vous-même, vous participez au spectacle.

Au lieu de me faire parler devant le public, on me fait jouer un rôle avec deux garçons de 13 ans qui me donnent la réplique. Ce sera un semblant de conflit de générations sur un mode humoristique pour annoncer et raconter les chansons qui vont venir. Je ne suis jamais monté sur scène pour jouer un rôle, c’est donc une grande première pour moi.

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Pendant l'interview...

christophe misraki,paul misraki,compositeur,interview,mandorVotre père écrivait beaucoup de livres sur le questionnement existentiel.

L’ensemble des livres de mon père est cohérent. On ne peut pas prendre un de ses bouquins de façon isolée, je trouve que ça a moins de sens. Le problème de Paul Misraki, c’est qu’il est né dans une famille d’assureurs. Son père voulait qu’il soit dans les assurances et lui ne vivait que pour la musique. A un moment donné, il y a eu un vrai conflit père-fils. A partir de là, il s’est posé beaucoup de questions. Qui suis-je ? A quoi ça sert que je sois ici ? Quel est le sens de tout ça ? Il a rencontré des hommes de religions diverses, il a beaucoup lu… il a fini par se convertir au catholicisme. Ses livres ont tous un rapport avec ça.

Vous les avez lus?

Oui, mais je ne suis pas un grand spécialiste de ses ouvrages. Ma sœur est beaucoup plus intéressée par cet aspect-là de sa création.

Vous êtes fier de votre papa ?

On aurait du mal à ne pas l’être. Mais, pour moi, c’est une découverte tardive. Je n’avais pas pris la mesure de son œuvre. Il a composé 180 musiques de films. Il y a des années, je ne comprends même pas comment c’est possible. En 1956, 1957 et 1958, il fait 12 musiques de films avec des partitions écrites la main, comme je vous les ai montrés dans le placard. Comment on fait ça ? Un par mois… C’est fou ! 

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Avec Christophe Misraki, dans la maison familiale, le 12 décembre 2018.

Bonus : Après mon interview, est arrivé le très sympathique Alain Leroy pour L'œil du spectacle. Voici le fruit de son travail  (parfaitement complémentaire du mien). 

10 décembre 2018

Arthur Ely : interview pour l'EP Standard

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MfmDoWIQ.jpeg.jpg« Débarqué de Strasbourg pour tutoyer la gloire, Arthur Ely s’est construit, pièce par pièce, un univers à sa mesure, un monde dont il est fatalement le prince, le roi. Un univers hérissé de guitares électriques et de beats hip-hop; de dictions fantaisies, de variété française aux rimes acérées. » C’est ainsi qu’est présenté Arthur Ely dans un mail à destination des journalistes musicaux pour nous le faire découvrir. J’y ai vu de la malice et de l’autodérision, pas de la prétention. Le mail nous demande de nous « laisser embarquer dans l'univers totalement fantasque et cliché d'Arthur ELY,  jeune artiste "en quête de gloire, parachuté dans un marché de la musique standardisée" ». Soit, faisons ça !

Après écoute de ce premier EP, Standard, j’ai appelé immédiatement l’attaché de presse de l’artiste tant j’ai eu l’impression rare de déceler un énorme potentiel. Il ne faut pas que je passe à côté de ce jeune homme, de toute  évidence, brillant et malin qui a, nous dit-on, « l'ambition de créer une variét' pertinente ».

Le  4 décembre dernier, rendez-vous est pris dans un bar de la capitale. J’ai devant moi un jeune homme moins insolent qu’il en a l’air, mais sûr de lui et loquace.

Le Pitch (officiel) : "... Ambitieux et décomplexé, le strasbourgeois surfe sur les styles musicaux qui l’ont forgé et fait le pari de rénover une musique endormie : la variété française. Nourrie de ses fantasmes, de sa vie quotidienne et de ses prétentions futures, la musique d’Arthur ELY coupe court à la frilosité ambiante pour assumer une identité forte : des riffs de guitare électriques sur des basses sombres, du rap sur des synthés épiques et des refrains lyriques. Voilà ce qui différencie Arthur ELY des autres produits !..."

Le disque (argumentaire officiel) :IMG_7750 (2).JPG

Standard, son premier EP (re) vient de loin: tennisman en devenir, Arthur Ely ne jure que par la raquette jusqu’à ce qu’un mauvais coup mette un terme à son cursus de Sport Etudes en même temps qu’à ses rêves de Grand Chelem. La guitare servira la catharsis: entre colère et déception, les 6 cordes deviennent une obsession. Jamais naïf, comme il le révèle désormais -« J’fais ça pour la thune », chante-t-il semi-ironiquement sur « À Raison ou À Tort » -, il plonge dans la musique, rêve de Miles Davis et écoute Django Reinhardt, obsédé par la soul, le blues et Jimi Hendrix. Jusqu’à ce que surgisse le rap, monolithique, immense et plein comme un soleil noir. Les manières des stars du genre, le home-studio et la MAO deviennent nouvelle religion  au service d’un ego trip qui sert à la perfection ses rêves de gloire et se décline désormais sur ces 5 titres au creux desquels se mêlent les lignes de l’intime, de l’authentique, et celles du fantasme. Mais il y a plus : on ne sait pas bien si Arthur Ely rappe sur une variété française dont il a envoyé promener le beau-parler, MaBZSWJQ.jpeg.jpgla poésie désuète, au profit d’un verbe egocentrique hanté par les rappeurs  français, ou s’il chante de manière neuve sur les beats  abrasifs  du  hip-hop  moderne  ;  le  fil  est  fin,  le  rasoir  aiguisé,  la  diction  singulière,  repeinte  d’un  chant  personnel, d’inflexions discrètes pillées en secret chez une poignée de rappeurs comme chez les grands conteurs de la variété française.

Propulsé par le clip de son single « Le Dernier homme  », il crève désormais les baffles, armé d’une séduisante désinvolture, d’un verbe lourd et chargé de sens,  tour à  tour moqueur, bourré d’ego ou de mépris  rentré. Un  fantasme de petit garçon arrogant où Blanche-Neige est une pute et où les portes s’ouvrent comme par magie. Une mégalomanie de poche, assumée et parfaitement mise en scène. 

Le rêve, le Grand Chelem et la gloire: voici Standard.

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IMG_7748.JPGInterview :

As-tu l’impression d’être différent des autres artistes de ta génération ?

Naturellement, j’ai toujours l’impression d’être super différent de tout le monde, pas que dans la musique d’ailleurs. J’ai la sensation que ma vie est plus forte et que mes émotions sont décuplées par rapport à celles des autres. Dans le métier, je me sens décalé, parce que j’évoque aussi l’Histoire et la mythologie dans mes chansons, mais je sais qu’il y a beaucoup de choses à choper dans l’énergie vivante des gens de ma génération.

Avant cet EP, tu étais plus dans la chanson « poétique ».

Au départ, j’étais simplement guitariste donc je faisais de la musique instrumentale. J’écoutais principalement du hard rock et du jazz. Quand j’ai commencé à écrire seul mes chansons, il est vrai que mon écriture était poétique. L’adolescent que j’étais visait Baudelaire, Rimbaud… c’était le passage obligé. Un jour, l’écriture poétique m’a fatigué parce qu’elle me paraissait désuète, déconnectée et superficielle, je me suis donc mis à écouter du rap. Beaucoup. Cela m’a incité à parler plus frontalement de ce que je vivais, quitte à ce que la poésie qui était encore en moi puisse sortir de manière différente.

Quel est ton rapport à la musique ?

Je suis persuadé, et ce de manière têtue, que je vais faire de la musique mon métier et que j’atteindrai la gloire. J’écris moi-même ma mythologie pour que la prophétie se réalise.

Clip de "Le dernier homme", extrait de l'EP Standard

La plupart de tes chansons évoquent aussi ta musique.XYE2MQLg.jpeg.jpg

J’ai tendance à être fatigué par les artistes qui prétendent que leur création est quelque chose de totalement pure et autonome. Je n’y crois pas. Il y a aussi beaucoup de business derrière. Ca me parait normal et sain, en tant qu’artiste, d’être un peu traversé et perturbé par ces trucs-là. De tout temps, l’art a été contraint par des considérations économiques. Je peux paraitre un peu provocateur sur le monde de la musique, mais je le suis surtout envers moi. Quand je dis « au début, la musique, c’était une passion, maintenant, j’ai l’impression de faire ça pour la thune », je ne dis pas ça pour énerver les gens, c’est quelque chose qui me perturbe vraiment.

Comme chez les rappeurs, il y a beaucoup d’ego trip dans tes chansons.

Quand j’ai commencé à mettre la poésie de côté dans mon écriture, je me suis beaucoup servi de l’ego trip. Ça m’amusait. L’ego trip finalement est plus sincère que tout autre texte poétique et faux modeste… et au final, ça permet de moins se prendre au sérieux et d’être plus direct. C’est aussi une manière de dédramatiser un peu quelque chose que j’ai en moi. Je me choque moi-même de la pulsion que j’ai de vouloir me sentir supérieur aux autres et de vouloir dominer tout le monde. En parler de manière assumée, ça me permet de ne pas être comme ça dans la vie de tous les jours avec ma famille et mes potes… et de ne pas être insupportable.

Je comprends en t’écoutant me parler que tes chansons sont au premier degré, alors que je pensais qu’elles étaient au second.

Tu as raison, il fallait que ça sorte et c’est sorti ainsi. Mais le second degré, je crois l’avoir vis-à-vis de moi-même.

Clip de "A raison ou à tort", extrait de l'EP Standard.

sME_oi5Q.jpeg.jpgEst-ce qu’Arthur Ely est un personnage ?

Ce n’est pas un personnage comme Matthieu Chédid se métamorphose en M par exemple. J’aime juste jouer sur un côté théâtral. Je fais en sorte qu’il y ait plusieurs personnages qui représentent chacune de mes pulsions. Je montre cela dans mes clips.

Es-tu un homme pressé ?ef4newfo.jpeg.jpg

Par rapport au fait d’atteindre la gloire à tout prix, oui. Je suis pressé, mais avec une certaine exigence. Quand je suis arrivé à Paris en guitare-voix, beaucoup me demandaient pourquoi je ne faisais pas The Voice. Je sentais que je n’étais pas encore assez solide et que se presser pour se presser ne servait à rien. Il fallait que je sois plus en accord avec ce que je voulais faire. Oui, je suis pressé, oui, j’ai la dalle, mais en sachant qu’il faut le temps de construire un vrai projet.

Vouloir dominer le monde, c’est bien dans ce métier. Ça permet d’avancer plus vite, sans état d’âme non ?

Ce métier est une grosse compétition quand même. J’ai fait pendant longtemps du sport de compétition, donc j’ai ce truc-là en moi. Il faut croire en soi, c’est le seul moyen d’avancer.

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(Photo : Photograsmique).

Tu sens que l’on s’intéresse à toi de plus en plus, professionnellement. Tu étais la semaine dernière, 3ZGuDdBw.jpeg.jpgl’invité de Didier Varrod dans Foule Sentimentale sur France Inter avec Patrick Bruel et Gringe notamment. Ça te fait bizarre de te retrouver dans ce genre de situation ?

Non, ça ne me fait pas bizarre. Depuis que j’ai commencé la musique, il y a 6 ans, je sais où je veux aller. Ça peut paraître prétentieux, mais je t’assure que ça ne l’est pas. Je ne suis surpris par rien parce que je suis au début de ma carrière et que je continue à construire, alors je n’ai pas le temps d’être subjugué par ce que je traverse. 

Tu es au début de ta période promo. Tu aimes ça ?

Les chansons de l’EP ont été composées entre 6 mois et un an. Je dois défendre des titres alors qu’en termes de création, je suis déjà sur autre chose. Il y a un léger décalage.

Tu sais que tu es un peu clivant ? Tu peux énerver certaines personnes par ton côté un peu arrogant et sûr de toi.

Ça ne me dérange pas. Je ne veux surtout pas être lisse et ne rien provoquer. Je lutte pour ne pas paraître banal. Dans mes chansons, il y a pas mal d’ego trip, je te l’accorde, mais si on écoute bien, il y a aussi beaucoup de sensibilité, de paradoxes. Il y a des jeux contradictoires.

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Tu parles aussi de tes parents. Le père disparu, la maman que tu as envie de gâter pour ne pas qu’elledPYDFzVg.jpeg.jpg ressente la perte de son mari…

Tout est vrai. Ça va avec la prophétie que je me souhaite. La figure de la mère et du père dans les cieux, c’est un peu ma mythologie… j’en ai besoin.

Vocalement, tu varies beaucoup les tonalités de ta voix.

Je me suis aperçu que les chanteurs que j’appréciais étaient ceux qui avaient des modulations différentes. J’essaie de travailler ça. Avoir une voix virile, puis enchaîner avec quelque chose de très rappé, puis plus susurré… je suis à l’étape 10 sur 100 de mon travail vocal, j’en ai conscience.

Te considères-tu comme un produit ?

Oui, et il vaut mieux l’assumer. C’est ce que je fais en appelant mon EP Standard et en mettant en avant une bouteille de parfum. C’est à la fois un produit de luxe et quelque chose que tout le monde peut acheter parce qu’au final, ce n’est pas si cher par rapport à d’autres produits de luxe. Une fois que l’artiste assume que c’est un produit, il est plus libre de créer comme il veut.

C’est dur d’être libre dans ce métier ?

La liberté, il faut savoir où elle est, il faut savoir la préserver, c’est très mouvant. J’essaie d'y penser sans cesse pour me sentir plus libre que je ne le suis. La liberté se construit et doit se maitriser.

Je crois savoir que tu apprécies Daniel Balavoine. Qu’aimes-tu chez lui ?

Le souffle, la voix, la force des paroles et des mélodies. Balavoine, c’est l’idéal que j’essaie d’atteindre.

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A la fin de l'interview, le 4 décembre 2018.

06 décembre 2018

La Pietà : interview pour l'EP Chapitre 5 & 6

La Pietà, chapitre 5 & 6, interview, virginie nourry

la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourry« Depuis un an La Pietà débarque dans la sphère musicale, à coup de mystères, masques, concerts bruyants, textes énervés, attitude punk, et clips désabusés. La Pietà, c’est décalé, provoc, pluridisciplinaire, actuel… Et en français. Une espèce de Virginie Despentes qui aurait pris un micro, beats electro, guitares noises, punk rap sarcastique et énervant. » C’est ce qu’indique le site de Dessous de Scène (qui fait le booking de l’artiste) et on ne peut mieux dire. La Pietà sort un 3e EP, Chapitre 5 et 6 avant la sortie d’un premier album en octobre 2019. Le projet La Pietà est pluridisciplinaire. Il est lié à la musique, au roman, à l'écriture, à   l'image… Autant vous dire que la rencontrer était pour moi impératif (ce n’était pourtant pas la première fois que j’interviewais celle qui endosse ce personnage, mais elle ne souhaite plus évoquer son autre passé de chanteuse musicienne.)

Elle m’a donné rendez-vous dans les locaux du site participatif Ulule la veille de son concert privé, le 28 novembre dernier, donc.

Présentation de l’artiste (par elle-même) :la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourry

La Pietà, c'est la mère douloureuse. La femme, la fille, la sœur, la mère, la trainée, la sainte, la folle, la forte, la fragile, la fière, la coup-rageuse, la brisée, la réparée, la cure, la toxique, la douloureuse. Electro-nique, éclectique, électrique, tantôt slameuse, tantôt mélodique, souvent entrainane entraineuse entremetteuse, toujours directe, comme un poing dans la gueule, comme les points sur les i, comme les pointillés qui deviennent horizon. La Pietà n'est pas là pour plaire, mais toujours pour déranger.

" Je ne suis pas devenue une icône, droguée et anorexique, non je ne suis même pas de cette trempe-là. Je suis devenue grosse. C'est moins glamour… je ne suis pas morte, mais pas vraiment en vie. Je la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourrytiens. Pour rien. Je suis de ces fantômes. Je suis la classe moyenne. Le beauf moyen. Le pas très intelligent, mais pas complètement demeuré. Juste assez pour savoir que je ne sais rien. Juste assez pour comprendre que je ne comprends rien. Juste assez pour voir que je ne suis pas comme eux. Juste assez pour voir que le monde fout la gerbe, pas assez pour vomir. Je suis pas vraiment blanche, pas vraiment noire. Je suis pas riche, pas si pauvre. je ne suis ni religieuse, ni athée. Je suis de la pire race, de la pire génération, de ceux qui ne croient en rien, qui ne viennent de nulle part, et qui ne vont nulle part. Je ne suis la fille de personne, mais je ne suis pas abandonnée. Je suis juste moyenne. Je suis la moyenne. A peine." La Moyenne, La pietà.

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(Photo : Brice Bourgeois)

la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourryInterview :

Je t’ai connu dans un autre projet, mais il est vrai que je trouve que La Pietà te va à ravir.

Mes précédentes expériences musicales n’ont pas été réjouissantes, du coup, il y a 4 ans, j’ai voulu arrêter la musique. J’ai claqué la porte à toute ma vie professionnelle et je suis partie dans le sud. Je pensais ne plus vouloir vivre de ma musique, alors je me suis occupée d’autres artistes en montant mon propre label. Je me suis retrouvée de l’autre côté de la barrière.

En parallèle, tu as commencé à écrire un début de roman, c’est ça ?

Oui et progressivement, je me suis rendu compte que j’avais envie de mettre en musique des extraits de ce roman. A la base, je n’avais pas du tout l’intention de faire écouter le résultat, ce qui m’a permis d’être plus libre artistiquement.

Du coup, tu as abandonné la perspective d’écrire un roman.

Je ne sais pas si c’est un roman. Je ne sais pas comment appeler ça. Ce n’est pas une autobiographie parce que je romance les choses. Même si c’est ma  vision du monde, ce que j’écris est à la fois personnel et à la fois extrapolé.

Pourquoi as-tu décidé de faire écouter tes textes finalement ?

Cela faisait quelques mois qu’un ami m‘obligeait à lui faire écouter. Il a trouvé ça super et m’a proposé de mettre mon travail au propre dans son studio. Ainsi est sorti le titre « La moyenne », dont j’ai réalisé le clip, seule chez moi. Après, il s’est passé beaucoup de choses pour La Pietà, donc je n’ai plus eu de temps du tout pour finir le livre. 

Clip de "Maintenant ou jamais" extrait de l'EP Chapitre 5 & 6.

Le projet La Pietà a vite trouvé la reconnaissance. la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourry

A la différence de mes précédents projets, j’ai complètement lâché prise. J’ai été plus libre artistiquement, car je n’ai pas cherché à plaire, ni aux gens du métier, ni à personne d’ailleurs. J’ai dit ce que j’avais envie de dire, sans frein. Je pense que les gens ont été intéressés par ma démarche sincère et droite. De plus l’écriture est ce qu’il y a de plus important dans tout mon travail, beaucoup m’ont prouvé une reconnaissance à ce niveau-là, rien ne me fais plus plaisir.

La Pietà est sacrément provocatrice. 

J’avais la hargne par rapport à ce que j’avais vécu avant dans le métier. Le fait de mettre un masque, c’était aussi une manière de faire un pied de nez aux gens du métier. Je ne voulais pas qu’ils aient un préjugé sur ce que je faisais. Le fait qu’on ne sache pas qui j’étais a permis à des gens qui détestaient ce que je faisais de trouver ce projet génial.

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(Photo : Romain Collet)

la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourryTu es d’accord qu’il peut y avoir un projet qui plaise moins qu’un autre.

Tout à fait. Mais tu sais, ce qui me dérange c’est le fait qu’il y a tellement d’artistes à écouter que les gens du métier ont tendance à se dire : « Cette artiste-là, je sais déjà ce qu’elle a fait avant… » même si on leur dit que c’est un nouveau projet. J’avais envie d’avoir le droit à une page blanche et à aucun préjugé.

En cassant les codes de la chanson, tu mets un bon coup de pied dans la fourmilière.

Je me suis sentie super libre de ne plus m’imposer de devoir vivre de ma musique. Quand on fait ce que l’on veut et que l’on ne dépend pas d’un projet pour vivre, on peut tout faire sans aucune concession. Vous aimez tant mieux, vous n’aimez pas, tant pis.

La Pietà est peut-être ton projet le plus personnel, mais il est déjà en train d’évoluer.

C’est parce que je me suis rendu compte que je m’auto-piégeais. Comme je voulais fuir des cadres que l’on m’imposait dans les maisons de disques, fuir le fait que l’on voulait lisser mon projet, fuir le fait que l’on me colle une étiquette, du coup, j’ai créé mon projet, très sombre, très différent, très énigmatique. Au fur et à mesure que j’avais de plus en plus d’accompagnements, de subventions, de gens autour de moi qui gravitaient, j’étais aussi coincée dans le personnage de La Pietà. Je commençais à entendre des gens me dire que je ne  pouvais pas écrire tel texte car il n’était pas assez sombre, que je ne pouvais pas montrer mon visage parce que La Pietà devait rester énigmatique avec son masque, que je ne pouvais pas ajouter de la couleur… Au printemps dernier, j’ai compris que je m’étais créé moi-même ma propre case. Comme la liberté est justement de ne pas s’enfermer dans un rôle, j’ai fini par casser mes propres codes.

Clip de "La salle d'attente", extrait de l'EP, Chapitre 5 & 6.

la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourryC’est pour ça que dans ton nouveau clip, La salle d’attente, tu as retiré ton masque ?

Tout à fait. On me voit avec des écritures sur le visage, ça me permet d’enlever le masque progressivement. Des écritures, j’en faisais déjà depuis un moment, notamment sur les bras. J’ai toujours aimé écrire, j’ai toujours aimé les mots. La première fois que je me suis présentée ainsi, c’était au Printemps de Bourges, dans une salle pleine de professionnels qui m’attendaient au tournant.

C’est un soir où ça a cartonné pour toi.

Avant la Pietà, j’avais l’impression d’avoir été jeté de ce métier. On employait des mots très durs envers moi. On me disait qu’on ne comprenait pas que je continue, que je n’avais aucun talent, que j’étais incapable… on avait mis mon estime de moi sous terre. Se relever de tout ça, faire ce projet et que les professionnels et le public y adhèrent assez naturellement, ça a été une bouffée d’air frais. A Bourges, j’ai senti qu’il s’était passé quelque chose. Je suis sortie de scène et j’ai dit à mes musiciens que j’étais satisfaite d’avoir fait ce que je voulais faire. Ca m’a fait me sentir invincible. Je me foutais presque que ça ne plaise pas aux autres, j’étais contente de ce que j’avais donné.

la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourry

(Photo : Flora Riffet aux iNOUïS du Printemps de Bourges)

Depuis que tu es devenue La Pietà, es-tu plus heureuse dans ce métier ? la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourry

J’ai fait la paix avec ce métier. Quand je me suis occupée d’autres artistes, je me suis rendu compte qu’il y avait aussi des gens très bien dans ce métier, des gens passionnés et honnêtes. J’ai compris que j’étais juste tombée sur quelques connards, parce qu’il y en a comme dans tous les métiers. J’ai arrêté de vampiriser les choses.

J’adore ta chanson, « La fille la moins féministe de la Terre ». Tu penses tout ce que tu dis ?

Dans cette chanson, je dis tout et son contraire. Je commence à affirmer quelque chose et je dis l’opposé à la fin. Je m’en amuse, mais en règle générale, dans mes chansons, effectivement,  je pense tout ce que je dis. Par contre, je ne vis pas tout ce que je dis. Beaucoup de gens ont du mal à faire le distinguo entre l’auteure et la narratrice. Cela dit, je le comprends parce que je mets beaucoup de mes émotions dans mon interprétation. L’émotion est vraie, mais les histoires que je raconte, je les multiplie, je les romance, je les mélange avec d’autres histoires que vivent des gens autour de moi. 

Clip de "Je suis la fille la moins féministe de la Terre", extrait de l'EP Chapitre 5 & 6.

la pietà,chapitre 5 & 6,interview,virginie nourryDans  « Défoncer le cœur », tu emploies des mots très crus et ça passe super bien. Tu es la seule à pouvoir faire ça.

Les gamins adorent cette chanson. Elle parle beaucoup de cul, mais surtout d’amour. C’est juste une histoire d’amour désabusée. Le côté provoc’ de cette chanson, c’était dans un sens humoristique, très second degré. Beaucoup de femmes me remercient d’employer ces mots-là pour une histoire que beaucoup d’entre elles ont vécue.

Es-tu féministe ?

Je préfère me voir comme humaniste que féministe. Le mot « féministe » est devenu un gros mot alors qu’il ne devrait pas l’être. En tout cas, je n’ai pas l’impression d’être une fervente défenseuse des droits des femmes. Je suis juste défenseuse des droits des êtres humains.

Clip de "Manger ta douleur", extrait de l'EP, Chapitre 5 & 6. (Chanson dédiée à son papa, Dominique Gabriel Nourry.)

On dit que ton travail se rapproche de celui de Valérie Despentes. Cela t’agace ou tu prends ?

C’est le côté « femme qui ose utiliser des mots crus ». J’aime beaucoup Virginie Despentes et j’ai lu pas mal de ses livres. Je me considère beaucoup moins trash qu’elle dans ma vision de la vie et dans ma vie à moi. J’ai joué avec elle aux « Femmes s’en mêlent » en mars dernier.

Avant de monter sur scène, tu es comment ?

Je suis une grande stressée, une grande anxieuse.

Tu attends quoi de ce métier ?

Déjà, le terme métier, c’était important pour moi de m’en détacher, même si aujourd’hui, je vis intégralement de La Pietà, je n’ai pas envie de dépendre d'elle. Je n’ai pas envie de devoir m’enfermer dans quelque rôle que ce soit. Depuis cette année, je mène beaucoup d’actions culturelles, des ateliers d’écriture dans un EHPAD, dans un collège… ça me plait parce que c’est un autre rapport à la musique et à l’écriture. Bientôt on va jouer dans une prison. Je préfère le partage et le côté humain que la mise en avant de l’ego… où on se perd facilement.

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Avec La Pietà, lors de l'interview, le 28 novembre 2018 dans les locaux d'ULULE.

03 décembre 2018

MESS : interview pour Les radiations de Suzanne Ribbes

mess,christophe rymland,morgane rymland,les radiations de suzanne ribbes

(Photo : Pierre Beteille)

mess,christophe rymland,morgane rymland,les radiations de suzanne ribbesMESS, ça veut dire Melodie en sous-sol. Non pour le film mais pour l'esprit de ce titre, explique leur page Facebook. MESS, c’est un duo, disons-le… un couple : Christophe Rymland : Chant / Guitare / Claviers et Megane Fleger-Rymland: Guitare / Claviers.

J’ai rencontré une première fois, Christophe, aux 46e Rencontres d’Astaffort où j’étais invité pour effectuer un reportage (voir là). Je connaissais déjà le duo de réputation (très bonne) et il me tardait de l’interviewer. Ainsi fut fait le 16 novembre dernier dans un bar en face de la Gare du Nord.

(Toutes les photos "studio" sont de Pierre Beteille.)

Biographie officielle :

Sélection FEDECHANSONS 2017, « Coups de Pousses 2017 » du Festival Détours de Chant et repéré par Le Bijou, ils se sont produits sur les off des Francofolies et d’Avignon... Ils ont donné une quarantaine de concerts en à peine une année et demi d’existence. Le groupe est soutenu par Christian Bordarier (Orelsan, Corneille, Pauline Croze) et Virginie Bergier du Bolegason. Christophe Rymland, la moitié masculin du duo, a étémess,christophe rymland,morgane rymland,les radiations de suzanne ribbes sélectionnée et a participé aux 46ème Rencontres d’Astaffort en mai 2018 avec Christophe Maé et Francis Cabrel.

Le disque (argumentaire officiel):

Un duo, une femme un homme, des chansons aux sonorités électro aquatiques, une nage synchronisée au sein d’un océan, à la fois légère et perdue dans son immensité... Comment accepter l’autre ? Comment se situer dans la multitude ? Sentiments où se révèlent pêle-mêle l’amour bien sûr, mais aussi la joie, la jalousie, la conquête, la démence ou même la haine.

Chroniques :

 « Il y a longtemps qu’on n’avait pas eu un aussi gros coup de cœur.» Opus

 « Sous les feux lumineux, vivifiants, alternants de blanc, bleu et violet, le public est intéressé́et capté par cette composition made MESS... Un concentré de bonnes surprises !» 2lives.fr

 «Le mélange avec la chanson nous a procuré un effet non escompté. Musique planante, voix posée, textes ciselés. On salue l’entrée de la chanson dans une forme très actuelle de la musique. Tant dans les petits lieux comme le Bijou que sur la belle scène du Bikini, le duo est bien dans ses pompes, on aime ça et on vous invite à le découvrir» Pascal Chauvet, programmateur du Bijou

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(Photo : Pierre Beteille)

mess,christophe rymland,morgane rymland,les radiations de suzanne ribbesInterview :

MESS est votre première collaboration commune ?

Christophe : Ça fait deux ans que MESS existe. Notre premier concert sous cette appellation s’est tenu en avril 2016, mais notre collaboration artistique est antérieure car fin 2012, nous avons joué ensemble dans un groupe rock appelé Caméra.

Vous vous êtes donc rencontrés par le biais de la musique ?

Megane : Oui. Ils cherchaient une bassiste et voilà.

Et vous vous êtes mariés en mai dernier. C’est beau. Revenons à la musique. Avant de vous rencontrer, chacun jouait déjà dans des groupes ?

Christophe : Moi, je jouais dans un groupe de rock francophone. J’ai toujours eu envie de faire sonner du français sur du rock. Il y a eu un moment avant que l’opéra se chante dans une autre langue que l’italien, pour le rock, ça a mis aussi pas mal de temps de sortir de l’anglais.

Tu le prends comme une mission de chanter en français.

Christophe : Oui. Ma langue, c’est le français, je la défends.

Megane : Je le confirme, quand il entend des anglicismes, il n’est pas content. Moi, j’ai commencé la guitare électrique, mon prof me faisait jouer du Téléphone. Ce n’est pas pour rien que l’on reprend « La bombe humaine » dans notre EP.

Christophe : Le texte est vraiment extraordinaire. Très poétique et abrasif.

Clip de "Brouillard sur nos ailleurs".

Vous faites du rock, vous ? mess,christophe rymland,morgane rymland,les radiations de suzanne ribbes

Christophe : Non, je suis partant pour que l’on dise que l’on fait de la variété.

Il y a quand même pas mal de guitares électriques.

Megane : On vient tous les deux de là, c’est normal qu’il nous en reste quelque chose.

Christophe : J’estime que l’on fait de la musique tous public sans être dans aucune niche musicale. Le terme variété, je l’aime bien parce qu’il y a le mot varié dedans… et notre musique est variée.

En tout cas, ce n’est pas purement « chanson ».

Mégane : Mais si. Pascal Chauvet du  Bijou (salle mythique toulousaine qui défend la chanson française) estime que la chanson, ce n’est pas forcément planplan. Ce sont de beaux textes sur lesquels on met la musique que l’on veut. Et tant mieux si elle est moderne.

Christophe : Nous, on écrit des chansons avec différentes couleurs musicales comme le rock, la pop et beaucoup l’electro.

Quelle est ton rôle, Megane, dans le duo ?

Megane : Je suis claviériste, bassiste et un peu chanteuse. Sur le disque, on m’entend moins que lorsque nous jouons en live. Sur scène, je prends de plus en plus de place parce que le côté duo nous tient à cœur. Le côté electro vient beaucoup de moi.

Teaser live.

mess,christophe rymland,morgane rymland,les radiations de suzanne ribbesSur scène vous être proche de ce que l’on peut écouter sur l’album ?

Christophe : C’est assez proche, maintenant, on ne s’interdit pas le droit de jouer certains titres de manières différentes et de réarranger certaines orchestrations.

Megane : C’est le cas pour « Le bonheur c’est débile » par exemple. On aime bien varier les plaisirs pour ne pas nous ennuyer nous-mêmes.

Qui écrit les textes et la musique ?

Christophe : C’est moi, mais on travaille beaucoup ensemble.

On sent une exigence tant musicalement que textuellement.

Megane : Christophe est hyper exigeant.

Christophe : Je ne suis pas le seul. La plupart des artistes le sont… ou devraient l’être en tout cas.

Clip de "J'attends". 

On vous sent un peu influencé par Noir Désir, Bashung, Dominique A… Pour les gens qui ne vous mess,christophe rymland,morgane rymland,les radiations de suzanne ribbesconnaissent pas du tout, on pourrait vous comparer à qui ?

Christophe : Quand on nous pose cette question, pour aller vite, je réponds qu’on est un mélange entre Bashung et Björk.  Portishead, Goldfrapp, on aime bien aussi.

Pourquoi chantez-vous ?

Christophe : C’est une question difficile parce qu’on a toujours ce problème de légitimité. Quelle est ma prétention à vouloir faire ce métier ? On aimerait transmettre quelque chose pendant une heure. Ça peut être du bonheur, de la réflexion, un message, un bien-être, qu’il soit sensoriel ou intellectuel.

Megane : Hier, on a entendu  Miossec parler du syndrome de l’imposture. Parfois, on se sent légitimes, parfois moins. On est souvent dans le doute.

Les concerts, c’est ce que vous préférez faire ?

Megane : Oui, on aime partager notre musique. On voit les gens réagir au fruit de notre travail, c’est plaisant.

Christophe : J’aime bien le studio, mais la scène aussi parce que c’est là que tu vois si une chanson marche ou pas.

Cet EP vient juste de sortir, comment voyez-vous la suite ?

Megane : Nous souhaitons sortir un album avec de nouvelles chansons en 2020. On aimerait travailler dans un vrai studio avec plusieurs claviers analogiques et pouvoir trifouiller…

Christophe : On veut travailler encore plus notre univers, notre son, nos arrangements.

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Le 16 novembre 2018, après l'interview.