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17 décembre 2018

Pur-Sang : interview pour leur premier EP

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Artwork et photo : Caroline Diard-Muriel Thibault.

46262663_354808211941872_4329283569298964480_n.jpgClaire Joseph et Skye sont deux chanteuses aux carrières bien distinctes qui, un jour, se sont rejointes. Après la fabuleuse épopée du trio Sirius Plan sept année durant, elles reviennent avec PUR-SANG. Ce choix de nom leur convient parfaitement tant on les imagine indomptables, indépendantes, fonceuses et infatigables. Elles sont habitées par la musique et rien ne les arrêtera. Comme elles le disent « ce disque a un battement de sabot unique, ça groove sévère en soulevant la poussière ! »

Pour écouter l’EP sur leur page bandcamp.

Rendez-vous est pris avec ces deux chanteuses musiciennes irréprochables… et très sympathiques, dans un bar de la capitale le 5 décembre dernier.

La biographe officielle (la plus courte de l’histoire de la biographie officielle) : Au son d'un Dust-Folk glissant vers le Blues, PUR-SANG avance au rythme du cœur, pour offrir une musique qui se vit en mouvement, droit devant.

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Artwork et photo : Caroline Diard-Muriel Thibault.

IMG_7763.JPGInterview :

Vous vous connaissez depuis 12 ans, je crois.

Skye : On a toujours aimé partager des scènes, chanter ensemble. Nous ne nous sommes jamais dit qu’on allait faire un duo ou un trio, les choses se sont simplement enchaînées comme une évidence. On n’a pas besoin de musique pour s’entendre et se comprendre, mais c’est un lien très essentiel pour faire naître de nous deux, dans n’importe quel projet, quelque chose qui va nous rendre heureuse et plus riche.

Vous avez travaillé avec Christophe Willem, Emmanuel Moire, Lulu Gainsbourg, mais aussi pour des projets plus indépendants comme Nathalie Réaux, Katel, Angèle Osinski…

Claire Joseph : Nous allons là où ça nous parle. Nathalie Réaux et Emmanuel Moire, je les ai rencontrés à Astaffort en 2002.

Skye : Moi, je connais Katel depuis que j’ai 15 ans. Mon premier duo signé en maison de disques, c’est avec elle. 

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Au Forum Léo Ferré, en novembre 2018 (photo :Christèle Fürbringer)

Quand vous avez arrêté Sirius Plan, c’était pour créer Pur-Sang ?

Skye : Quand on a arrêté ce trio, on pensait que chacune allait s’occuper de sa carrière solo. J’étais donc de nouveau partie dans mon projet Skye, mais ça ne s’est pas passé comme prévu. Je montre toujours mes compositions à Claire parce que j’aime son écoute et son regard. Je lui ai dit que j’étais embêtée parce que je considérais que ma première chanson n’était pas pour moi toute seule, mais que j’avais quand même envie de la chanter. Je la joue, Claire commence à mettre son grain de sel, on s’amuse… et on comprend vite qu’un duo s’impose.

Claire Joseph : On trouvait que c’était facile de chanter ensemble ce genre de chanson-là.

Skye : J’ai arrêté de me poser les mauvaises questions. Ça nous plaisait ? Ca nous mettait en joie ? Oui. Quatre chansons sont nées en même pas deux semaines. Les choses se sont enchaînées de façon aussi basique et enfantine que cela.

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Au Café de la Danse, le 26 novembre en 1ere partie de Lulu Gainsbourg.

Vous créez dans la joie ou dans la souffrance ?

Skye : Là, c’était dans la joie et la plénitude la plus complète. Pour avoir connue les deux, personnellement, je trouve que c’est un plaisir sans nom de faire de la musique dans un état positif. On touche à quelque chose de pure qui fait un bien fou.

Claire Joseph : Je suis d’accord avec toi. C’est un luxe. J’ai déjà composé très triste et très malheureuse des chansons que j’adore, mais ces nouvelles chansons ont autant d’intensités alors que nous les avons créées dans l’amusement et le soleil.

Est-ce que vous parvenez à associer les mots « travail » et « musique » ?

Skye : Dans le mot travail, étymologiquement, il y a le mot douleur dedans.

Claire Joseph : Moi, je ne peux pas associer « travail » et « musique ».

Skye : Ce qui ne nous empêche pas de jouer avec beaucoup de sérieux et de respect. Quand on arrive sur scène, nous sommes prêtes vocalement. Les gens payent pour venir voir des gens jouer, il faut les respecter.

Pur-Sang est donc parti de qui ?

Skye : C’est Claire qui l’a verbalisé. Moi, j’ai juste fait la remarque que ces chansons n’étaient pas faites que pour moi.

Claire Joseph : Ca a tracé la route. C’est souvent le cas parce que Skye a une façon de tout transformer en lumière, du coup, si tu t’acoquines à ce un de ses projets, tu prends le virus.

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(Photo : Caroline Diard)

37601754_278857336203627_868169558043656192_n.jpgJe crois qu’il s’est passé quelque chose sur la deuxième chanson, « Soleil ».

Claire Joseph : Un jour, je dis à Skye que ce serait bien qu’on aille chez ma mère, près de la mer méditerranée, afin de prendre le soleil, la chaleur… bref, un peu de bon temps. On arrive là-bas, on pose le pied sur le tarmac et il pleut des cordes. La gosse en moi était désespérée. J’avais 10 ans mentalement et je suis arrivée de très mauvaise humeur chez ma mère. Skye m’a laissé être ce que j’étais à ce moment-là et elle a pris sa guitare pour jouer. On a commencé à écrire un texte qui expliquait que tu peux avoir le pire ciel du monde,  juste au-dessus, il y a le soleil.

Skye : On doit tous s’accrocher à ça pour rester vivants. On a parlé de ce soleil comme quelque chose d’indétrônable auquel on s’accrochera toujours. Ça nous a fait du bien.

Les autres chansons sont venues comment ?

Claire Joseph : Ce sont elles qui sont venues à nous.

Skye : Après, c’était du ping-pong. J’ai ça, Claire ajoute ça et vice versa… et c’est parti.

Claire Joseph : On se connait tellement que tout est matière à rebondissement. Nous étions parfaitement en phase.

Skye : L’inspiration est arrivée rapidement et naturellement… en torrent. 39245203_2478467368833977_4675022664190918656_n.jpg

Claire Joseph : C’est comme si on avait décidé, sans se le dire, qu’on était prête à accueillir ce qui allait arriver.

Skye : Quand tout est juste, que c’est centré, que ça s’aligne, il n’y a pas photo, ça vient. 

Il y a juste quatre chansons dans cet EP, c’est un peu frustrant. 

Skye : Mais pour nous aussi c’est frustrant. On n’avait pas le temps d’en faire plus. On a réussi à avoir une semaine de studio en juillet à la maison des artistes de Chamonix. C’est de l’autoprod, on n’avait pas de gros moyens, donc on a fait un troc génial. On avait l’endroit pour enregistrer et en contrepartie, on a fait deux concerts gratuits.

Claire Joseph : En quatre jours, on a enregistré et mixé quatre titres.

Skye : D’ailleurs merci à Nicolas Falque qui était assisté par Robin Vandamme.

Vous avez déjà quelques années de musique et une réputation positive. Est-ce que monter un projet comme Pur-Sang, c’est repartir à zéro ?

Skye : Oui, mais on a recherché cette « virginité ». Il faut trouver l’équilibre entre l’expérience que nous avons et un jeune projet qui ne doit pas ressembler à ce que nous faisions avant. On se pose des questions sur comment interpréter, quelle intention donner… il faut lutter contre ses automatismes habituels pour rentrer dans un nouveau terrain de jeu. Si tu acceptes cela, tu t’éclates.

42147875_10156489600108211_1187982671263825920_n.jpgClaire Joseph : Moi, je me dis que c’est un nouveau voyage, mais nos bagages sont de mieux en mieux rangés et sont plus solides, du coup, le voyage ne fait pas peur. Avec Sirious Plan, j’ai changé trois fois d’instruments, j’ai placé ma voix en haut, en bas, dans tous les sens… Je me retrouve dans ce nouveau projet avec une voix plus forte et des aptitudes instrumentales plus affinées.

Skye : Avec Claire, à part la grande notoriété, je crois que nous avons à peu près tout connu. Sans être têtes d’affiche, nous avons joué plusieurs fois à l’Olympia, au Zénith, on a enregistré dans de supers beaux studios, nous sommes parties aux Etats Unis… on a vraiment fait des trucs de fous. Et en même temps, on a joué dans les plus petits clubs du monde, on a fait la manche, nous nous mettons au service d’autres artistes en tant que choristes. Tout ça créer un immense décor un peu féérique. Si la notoriété vient, c’est fabuleux, si elle ne vient pas, en tout cas, ce que nous avons vécu et ce que nous vivons en ce moment, on est super d’accord avec.

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(Photo : Caroline Diard)

Musicalement, vous dites que votre son est un Dust-Folk glissant vers le Blues…

Skye : On a inventé ce terme. On avait la sensation d’être dans quelque chose de blues, de folk aussi, de country parfois, mais sans que ce soit ça exactement. En tout cas, on avait les pieds dans la poussière, la poussière vole autour et même ça, c’est joyeux. Dust-Folk, ça nous parlait bien.

Claire Joseph : Ce sont des chansons qui se chantent en voyage.

Vous chantez en français. C’est bien.

Skye : C’était important pour nous. On n’a aucun problème avec la langue anglaise qu’on adore, mais on avait besoin que notre langue maternelle soit là.

Claire Joseph : Nous voulions que le propos soit le plus clair possible.

Photos ©Pur-Sang de l’enregistrement réalisé en quatre jours, dans les conditions du live, en juillet à la Maison des Artistes de Chamonix.jpg

Skye lors de l'enregistrement de l'EP.

Avec Sirius Plan, vous êtes allés en Louisiane, ça se ressent un peu musicalement.

Skye : Ce voyage nous a tellement émues, voire ébranlées. Nous, les français, on cherche la poésie dans toutes nos tournures de phrases, eux, leurs phrases sont très simples, mais mélangées à leur mélodie, c’est d’une redoutable efficacité. On a donc décidé d’aller vers du français le plus simple possible, mais qui crée une poésie après. Une poésie d’images, d’odeurs, de toucher.

Sur scène, comme vous n’avez que quatre titres, vous faites quoi ?

Claire Joseph : On les joue en boucle (rires).

(C’est pas beau de se moquer, mais ma question était naïve, j’avoue).

Skye : On n’a pas pu enregistrer plus de quatre titres, mais dès que le robinet a été ouvert, ça n’a pas arrêté. Nous avons bien une douzaine de titres finis… et nous les jouons donc.

Vous vous sentez comme des alter ego toutes les deux?

Skye : Je crois. Nous sommes vraiment différentes, mais il y a une complémentarité totale.

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Claire Joseph lors de l'enregistrement de l'EP.

Je sais qu’à la base, vous n’écoutiez pas la même musique.

Claire Joseph : Moi, je suis dingue de la musique dite « black », ça a été ma base vers 13 ans… et en même temps, il y a eu les Beatles et Elvis Presley. Je me sentais faite de tout ça. Après, j’ai constaté qu’Elvis était dingue de musique black. Quant aux Beatles, ils ont fait une sorte de rhythm’n’blues qu’on a fini par appeler la pop. Stevie Wonder et Jimi Hendrix ont repris les Beatles… tout est connecté. Je suis très amatrice de hip hop également.

Skye : Moi, quand j’aime un plat, je le cuisine trente fois. Par exemple Barbara et Brel, j’ai écouté à fond. Tout comme j’ai écouté à fond Prince, Paul Simon, mais aussi Crosby, Still Nash & Young, Joni Mitchell… J’ai eu ma période classique, notamment Robert Shumann.

Claire Joseph : Quand j’avais 15 ans, un voisin m’a offert un CD de Tori Amos et elle est devenue ma religion. C’est elle qui m’a amené vers la musique metal, vers Led Zeppelin, parce qu’elle en a fait une digestion. Elle était fan de Robert Plant, de Joni Mitchell, du coup, je me suis intéressée à tous ces artistes. Kate Bush aussi. 

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Joni Mitchell, c’est le seul nom commun entre vous deux.

Claire Joseph : C’est Francis Cabrel, aux Rencontres d’Astaffort, qui m’a dit que ma voix se rapprochait de la sienne. Je lui ai demandé s’il avait un album d’elle à me conseiller, il m’a dit Blue, un album qui date de 1971. J’ai écouté et j’ai tout compris. J’ai cru que c’était la base de tout.

Vous vivez la musique comme une mission ?

Skye : On a fait le constat que quand on était sur scène et que l’on chantait, on voyait les réactions du public. C’est là que l’on se dit que l’on est peut être fait pour cela. Pour rendre heureux les gens.

Pour moi, l’artiste est le maillon essentiel de la chaine humaine. Sans lui, on ne sort pas de notre quotidien souvent morne.

Claire Joseph : Les artistes sont indispensables. Moi, je pense que nous avons tous une mission. J’ai longtemps hésité. Au départ, je voulais être dans la médecine pour faire du bien, mais aujourd'hui, je pense que la musique peut aussi soigner, différemment. 

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Avec Claire Joseph et Skye, après l'interview.

Commentaires

J’adore ce groupe!!! Merci pour ce bel article.

Écrit par : Geneviève Gamel | 19 décembre 2018

Bonsoir, je viens d'apprendre l'excellente nouvelle de la naissance d'un nouveau "groupe" avec Claire-Joseph et Skye. c'est super super génial.
Y a-t-il déjà des dates de passages en Belgique de prévues et peut-on déjà les connaître ?
Ce serait formidable de les retrouver sur une scène.
Merci

Écrit par : Lucien MATHIEU | 27 janvier 2019

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